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Algérie: le triomphe de la mafia de l’argent sale

Algérie: le triomphe de la mafia de l’argent sale
Après un très bref intermède de moins de 60 jours durant lesquels un premier ministre technocrate et bien effacé a tenté de s’attaquer à quelques hommes d’affaires douteux ayant réussi à amasser des fortunes colossales grâce à l’octroi de gré à gré d’immenses marchés publics et d’un accès illimité aux prêts bancaires, la mafia a fini par contre-attaquer en obtenant le limogeage de ce responsable devenu l’ennemi public numéro un du pouvoir et en nommant un ancien premier ministre trés impliqué dans le pillage et la destruction systématiques des ressources économiques algériennes au profit d’une oligarchie de parvenus issus de la petite délinquance.

La nomination d’Ahmed Ouyahia au poste de premier ministre pour la quatrième fois depuis 1995 marque le triomphe définitif de la corruption en Algérie sous le regard très bienveillant de l’État profond français avec lequel il partage la même idéologie gauche caviar et en même temps néolibérale.

Selon un rapport du Sénat français commandé très peu de temps après le départ de Abdelmalek Sellal, un premier ministre très soutenu par Paris et qui se distinguait par ses bouffonneries en public ainsi que son apparente inculture (simulée selon nombre d’observateurs), mais par dessus tout sa promotion zélée des intérêts du patronat français, les populations algériennes se manifestent par une apathie totale à l’égard de la chose politique, voire de la répulsion, rendant ainsi possible un éventuel 5ème mandat du Président Bouteflika.

En réalité, la capacité du pouvoir à corrompre la majorité de la population et à y ériger l’argent facile ou mal acquis de la prébende en dogme a non seulement réussi à neutraliser toute opposition-inexistante au demeurant-mais également à acheter l’adhésion des chefs militaires.

Le système algérien ressemble de plus en plus au système, hautement prédateur et prévaricateur, du Maroc voisin tout en empruntant le caractère saint-simonien de la Tunisie dont les élites dirigeantes sont profondément attachées aux valeurs maçonniques pures et dures.

En France, les soutiens de Macron viennent d’être rassurés. Le business néocolonial avec le Maghreb a encore de beaux jours devant lui.


source: https://strategika51.wordpress.com/2017/08/15/algerie-le-triomphe-de-la-mafia-de-largent-sale/

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Comment Donald Trump accorde son soutien tacite au terrorisme contre les musulmans

La Maison Blanche envoie un message clair : elle ne condamnera pas la violence contre les Américains musulmans
Comment Donald Trump accorde son soutien tacite au terrorisme contre les musulmans
Quel que soit le sujet, il est impossible de faire taire Donald Trump. Dieu sait que ses trois responsables de campagne, l’actuel et l’ancien chef de cabinet de la Maison Blanche sont presque morts en essayant.

Ils ont supplié, ont imploré et ont amadoué le seigneur en chef pour qu’il renonce à son compte Twitter. Selon la rumeur, les responsables de la campagne républicaine auraient convaincu le candidat à la présidentielle d’alors d’abandonner son portable pendant les derniers jours de l’élection.

Mais ses tweets décousus, incohérents, insultants, clairement malhonnêtes et méchants s’enchaînent sans relâche. Peu importe les dommages politiques et personnels pour Trump, et peu importe les dommages irréparables que ses tweets communiquent au pays, il a été élu pour diriger : il ne sera pas réduit au silence.

Eh bien, presque. Il y a une question, une tragédie nationale croissante, que le 45e président des États-Unis ne commentera pas, ni ne condamnera.

Le silence de Trump sur les crimes de haine croissants à l’encontre des Américains musulmans est assourdissant.

Le samedi 4 août, des terroristes antimusulmans – vraisemblablement des nationalistes blancs – ont fait exploser une bombe dans une mosquée du Minnesota. Vingt fidèles américains musulmans étaient à l’intérieur. Cet acte correspond à la définition du terrorisme, car il ne visait pas seulement à instrumentaliser ses victimes désignées, mais aussi à transmettre un message important aux Américains musulmans : votre présence ici n’est pas souhaitée.

C’était un acte de terrorisme perpétré sur le sol américain. Le gouverneur du Minnesota, Mark Dayton, l’a qualifié ainsi. Après une rencontre avec les dirigeants locaux, il a déclaré aux médias que « si les rôles étaient inversés, cela s’appellerait une attaque terroriste. Et c’est ce que c’est, un acte de terrorisme. »
Le silence de Trump

Mais qu’en est-il du président des États-Unis, un homme chargé de rassurer le public en période d’angoisse et d’anxiété ? Pas un mot. Pas un seul tweet. Pas le moindre gazouillis.

Le refus de Trump de prononcer la moindre condamnation pour l’attentat dans cette mosquée du Minnesota équivaut à une approbation tacite du terrorisme contre les citoyens américains de confession musulmane.

Ce n’est pas comme si le président était trop occupé par son job de président. Non seulement il a réalisé 47 parcours de golf au cours de ses 200 premiers jours en fonction, mais aussi, comme l’observe John Harwood, Trump a envoyé une douzaine de tweets depuis l’attentat terroriste du Minnesota, contenant tous un ou plusieurs des termes suivants pour décrire les autres : « faux », « bidon », « totalement inepte », « mensonge », « escroquerie », « escroc », « enfant » et « bébé ».

Ce n’est pas la seule et unique fois où Trump n’a offert aucun soutien aux victimes musulmanes, ni condamné leurs assaillants.

Comment Donald Trump accorde son soutien tacite au terrorisme contre les musulmans
Quand un partisan déclaré de Trump est entré dans une mosquée à Québec avec un AK47 fin janvier et a assassiné six musulmans de sang-froid, Trump a gardé le silence.

Quand un terroriste nationaliste blanc a renversé avec sa camionnette des musulmans qui entraient et sortaient de la mosquée de Finsbury Park à Londres en juin, Trump a gardé le silence.

Quand des extrémistes chrétiens ont été arrêtés pour avoir projeté une attaque terroriste à grande échelle contre des Américains d’origine somalienne dans un complexe d’appartements au Kansas le jour des élections, Trump a gardé le silence.

La guerre aérienne de Trump a aujourd’hui tué plus de 2 000 civils en Irak et en Syrie. Trump garde le silence.

Pour résumer, lorsque des musulmans sont tués, Trump ne prononce pas un mot – mais quand un musulman tue des blancs, Trump a plus à dire qu’un narcissique suffisant lors d’une fête de Noël au bureau. Cela devient « l’islam radical » et le « terrorisme islamique » pour ceux qui l’écouteront.

Dans l’Amérique de Trump, il y a des victimes dignes et indignes – et il y a des assaillants dignes et indignes.

En mai, Trump a condamné le décès de deux bons samaritains poignardés dans un train de banlieue de Portland, tués en essayant d’empêcher un homme de harceler des femmes qui semblaient être musulmanes. Nasser Beydoun, président de la Ligue des droits civils arabes américains, explique à MEE : « Cela ne signifie rien. Ce sont ses électeurs. Il prospère dans la haine. Toute sa présidence repose sur la haine, donc ce n’est pas un tweet qui fera la différence. »

Christian Christensen, professeur d’études de journalisme à l’Université de Stockholm, constate que « les musulmans blessés par un homme blanc ne sont pas “dignes d’attention” car ils ne servent pas le projet plus vaste de Trump de diabolisation des musulmans, des réfugiés et des immigrants : une masse humaine indifférenciée aux yeux du président américain. Ils ne servent pas non plus les intérêts de représenter l’Europe chrétienne blanche (et, par association, l’Amérique chrétienne blanche) comme le bastion de tout ce qui est bon et décent.

Ce faisant, Trump communique qu’il est acceptable de terroriser les musulmans, en envoyant le message que si la Maison Blanche ne condamne pas la violence contre les Américains musulmans, alors l’appareil étatique de maintien de l’ordre fermera les yeux.
L’habilitation des extrémistes

Nous sommes arrivés à un dangereux point critique en Amérique. Tandis que la violence contre les musulmans s’est constamment accrue au cours de la dernière décennie, elle a connu un pic depuis que Trump a annoncé sa candidature à la présidence en 2015. En fait, les crimes de haine qui ciblent les musulmans ont augmenté de 584 % entre 2014 et 2016, selon le Conseil sur les relations américano-islamiques.

La candidature et la présidence de Trump ont mobilisé et habilité ceux qui souhaitent mener des actes de violence contre les Américains de confession musulmane. Ces éléments extrémistes de droite suivent l’exemple du président, qui a diabolisé les musulmans, l’islam et les immigrés. Ces éléments, longtemps consignés aux marges de la vie sociale et politique américaine, occupent désormais le devant de la scène et n’ont pas peur de se trouver sous les feux de la rampe. Cette semaine encore, CNN a annoncé que neuf mosquées par mois en moyenne ont été attaquées aux États-Unis jusqu’à présent cette année.

Comment Donald Trump accorde son soutien tacite au terrorisme contre les musulmans
Les milices de droite lourdement armées soutiennent ouvertement et activement les candidats et les responsables pro-Trump à travers le pays. À leur tour, les responsables du parti républicain et ceux qui cherchent à être élus embrassent des milices comme les Oath Keepers et Three Percenters.

Amy Cooter, sociologue à l’Université Vanderbilt, a déclaré à The Trace : « Avec des extrémistes de droite qui vénèrent le président à la recherche de nouveaux ennemis, certains politiciens locaux et nationaux qui renouvellent le sectarisme à l’image de Trump peuvent voir les milices comme un moyen de resserrer leur emprise sur le pouvoir. »

« Le style politique impertinent et le programme “l’Amérique d’abord” apporté au parti républicain par Trump, attirent les gens impliqués dans les milices, en les amenant vers le courant politique traditionnel. »

Ces milices ont joué le rôle d’organisatrices au milieu de cet animus antimusulman. Elles ont convoqué des manifestations armées contre les mosquées et répandent systématiquement de fausses théories du complot antimusulmanes dans leurs plateformes sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, elles sont ouvertement et activement impliqués dans la politique dominante.

En tant que président des États-Unis, Trump est responsable de la sécurité et du bien-être de tous les citoyens américains. Pas seulement ceux qu’il apprécie, et pas seulement ceux qui ressemblent à sa base politique.

Garder le silence face à une violence croissante contre les musulmans revient à mettre davantage en danger la sécurité et le bien-être des Américains musulmans.



- CJ Werleman est l’auteur de Crucifying America (2013), God Hates You. Hate Him Back (2009) et Koran Curious (2011). Il est également l’animateur du podcast « Foreign Object ». Vous pouvez le suivre sur Twitter : @cjwerleman.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Photo : Le président américain Donald Trump organise un rassemblement avec ses partisans dans un stade à Youngstown, Ohio, le 25 juillet 2017 (Reuters).

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Trump/Macron : sont-ils sur la même longueur d’onde?

Le président des États-Unis, Donald Trump, et son homologue français, Emmanuel Macron, se sont entretenus, le vendredi 4 août, au téléphone, sur un éventail de sujets, dont l’Iran, la Syrie et l’Irak.
Trump/Macron : sont-ils sur la même longueur d’onde?
LA VIDÉO EST DISPONIBLE SUR https://www.youtube.com/watch?v=ABYLjp3NUeg

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Selon un communiqué publié par la Maison-Blanche, Donald Trump et Emmanuel Macron ont discuté des moyens d’accroître leur coopération sur les dossiers irakien et syrien et de contrecarrer ce que Trump qualifie d’« influence néfaste » de l’Iran.
Dans une conjoncture où Donald Trump accuse l’Iran de jouer un « rôle déstabilisateur » dans la région, le président français Emmanuel Macron a récemment renouvelé l’engagement français envers l’accord nucléaire et confirmé le respect total de cet accord par l’Iran. De plus, le groupe français Total a signé, le dimanche 4 juin, un accord gazier avec Téhéran, malgré les pressions de Washington. Alors, le président français va-t-il se rallier à la phobie anti-iranienne de Trump ?
Robert Bibeau, analyste politique et éditeur du webmagazine Les 7 du Québec, répond à PressTV-IRAN.

La vidéo est disponible sur http://www.les7duquebec.com/7-au-front/trumpmacron-sont-ils-sur-la-meme-voie/
ET AUSSI SUR http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/08/05/530804/TrumpMacron-sontils-sur-la-mme-voie ET SUR https://www.youtube.com/watch?v=ABYLjp3NUeg

Le livre de l’année sur la gauche et la question nationale

QUESTION NATIONALE ET RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE SOUS L'IMPÉRIALISME MODERNE

Robert Bibeau

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En cette époque de tension guerrière meurtrière il faut revoir la politique prolétarienne sur la question des luttes de libération nationale afin de replacer le nationalisme dans une perspective de lutte de classes. La gauche a oublié que le prolétariat n'a pas de patrie et que la lutte pour le droit des bourgeoisies nationales au contrôle politique de leur État national n'entraînera jamais le combat révolutionnaire des prolétaires pour renverser le mode de production capitaliste et pour édifier le mode de production prolétarien. Afin de démontrer cette thèse l'auteur présente et commente six textes d'auteurs marxistes sur les luttes nationalistes.

Éditions L’Harmattan. Mars 2017 • 142 pages • 15,5 €
EAN : 9782343114743






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Crise au Venezuela : les USA veulent retrouver “leur” pays

Ce qui se passe au Vénézuela est une tentative de contre-révolution. Washington veut retrouver « son » pays, ce qui explique pourquoi elle apporte des soutiens ouverts et secrets à une opposition déterminée à ramener le pays à son ancien statut de filiale des USA.
Crise au Venezuela : les USA veulent retrouver “leur” pays
Ce qui doit être souligné est qu’en établissant une Assemblée constituante au Vénézuela, le président Nicolas Maduro agit en accord avec la Constitution de son pays :

Article 348 : L’initiative d’appeler à une Assemblée nationale constituante peut émaner du président de la république, avec le cabinet des ministres ; de l’Assemblée nationale, par vote des deux tiers de ses membres ; des Conseils municipaux en session ouverte, par vote des deux tiers de leurs membres ; et de 15% des électeurs enregistrés par le Bureau de l’état civil et électoral.

Quant aux tentatives de l’opposition pour saboter l’établissement de l’Assemblée constituante par des manifestations, des émeutes et un appel au boycott national de l’élection de délégués à la nouvelle assemblée, elles ont été entreprises en infraction de la Constitution, dont l’article 349 stipule : ‘Le président de la république n’aura pas le pouvoir de s’opposer à la nouvelle Constitution. Les autorités constituées existantes n’auront d’aucune façon l’autorisation de faire obstruction à l’Assemblée constituante.’

Il va sans dire, bien sûr, que les gens ne peuvent pas manger une Constitution. Avec des pénuries de nourriture, de médicaments et une inflation galopante, seuls les plus hardis tenteraient de suggérer que M. Maduro et son gouvernement n’ont pas à répondre à certaines questions sur une crise qui a bouleversé la société vénézuelienne.

Mais ces questions sont différentes de celles qui sont soulevées par le fatras de la couverture médiatique occidentale hostile au gouvernement vénézuelien. Dans ce qui a ressemblé à la cacophonie nocturne de grenouilles dans un étang, Maduro a été calomnié avec cette sorte d’hystérie réservée à ceux qui osent s’embarquer dans un programme de redistribution des richesses favorable aux pauvres et à la classe laborieuse. Pour ces personnages, le socialisme est une abomination, une menace mortelle contre leur conception de la liberté en tant que mécanisme par lequel, comme l’a dit Thucydide, ‘les forts (les riches) font ce qu’ils veulent, et les faibles (les pauvres) souffrent comme ils le doivent.’

Voici le traitement de CNN du choix, le 30 juillet, de mandater l’établissement d’une Assemblée constituante. ‘Les critiques du Vénézuela et de l’étranger expliquent que cette action de Maduro éroderait les derniers signes de la démocratie dans le pays. « Cela donnerait l’opportunité au gouvernement de transformer le Vénézuela en État à parti unique, sans les attributs de la démocratie, » dit Eric Farnsworth, vice-président du Council of the Americas, une association d'hommes d'affaires.

Deux éléments ressortent dans ce passage. Le premier est l’affirmation selon laquelle une assemblée constituante serait anti-démocratique. Étant donné le cadre déjà mentionné de la Constitution du pays, cette affirmation est fausse. La deuxième est la position de M. Farnsworth comme ‘vice-président du Council of the Americas, une association d'hommes d'affaires.’

Le Council of the Americas est une organisation basée aux USA, avec des antennes à Washington DC, New York et Miami. Dans sa déclaration de mission, elle de décrit comme ‘la principale organisation internationale d'hommes d'affaires, dont les membres partagent le même engagement pour le développement économique et social, le libre marché, le droit, et la démocratie à travers l’hémisphère occidental. »

En lisant ce passage, vous seriez bien en peine de trouver un soutien plus concis et plus clair au capitalisme de libre marché et des droits qu’il confère aux riches d’exploiter les pauvres au nom de la démocratie. Comme le souligne l’auteur George Ciccariello-Maher, « les aspirations anti-démocratiques de l’opposition se drapent dans le langage de la démocratie. » De plus, quand nous apprenons que le vice-président des USA, Mike Pence, est entré directement en contact avec des leaders de l’opposition vénézuelienne, notre mémoire collective devrait immédiatement nous transporter à travers le temps jusqu’à l’Iran de 1953, au Guatemala de 1954, à l’Indonésie de 1965, au Chili de 1973, et bien sûr à l’Ukraine de 2014 – des exemples de coups d’État fomentés ou soutenus par les USA contre des leaders assez téméraires pour refuser d’obéir à leur suzerain impérial.

Pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour comprendre, surtout dans le cas d’un pays où un coup d’État soutenu par Washington a raté en 2002.

Les problèmes économiques du Vénézuela sont principalement dus à l’effondrement des cours mondiaux du pétrole de ces dernières années. Entre 2014 et 2016, le prix du brut a chuté de 96,29 à 40, 68 dollars le baril, une baisse monumentale de plus de 40%. Et bien que le prix soit reparti à la hausse en 2017, à 50,31 dollars le baril, il reste à sérieuse distance de son zénith de 2012, à 108,45 dollars le baril.

Pour un pays aussi dépendant du prix du pétrole, une baisse de cette importance sismique représente la garantie d’un choc économique également sismique. Et au-delà, le pétrole étant le seul produit d'exportation notable du Vénézuela, la crise a exposé des faiblesses structurelles de l’économie bien antérieures à l’arrivée sur la scène d’Hugo Chavez, et a fortiori de son successeur Nicolas Maduro.

Comme déjà mentionné, malgré tout, le gouvernement Maduro a une part de responsabilité dans la crise actuelle. Revenons à George Ciccariello-Maher, dont nous apprenons que « le système mal conçu de contrôle de la monnaie qui gouverne la distribution des revenus du pétrole n’a jamais été totalement démantelé. Le résultat en a été un cercle vicieux de spéculation sur la monnaie sur le marché noir, le stockage et la contrebande d’essence et de nourriture, et une explosion de la corruption à l’intersection des secteurs public et privé. Confronté à des manifestations de rue et à des pénuries de nourriture, Maduro a répondu de façon désordonnée. Pour tenter de garnir les rayons des supermarchés en produits alimentaires, il a soutenu la production locale des communes tout en courtisant les entreprises privées. »

Ce qu’il faut comprendre est que les événements du Vénézuela ne se produisent pas dans le vide. Ce pays riche en pétrole, qui a été un espoir pour les pauvres, les indigènes et les opprimés du continent avec l’arrivée d’Hugo Chavez au pouvoir en 1999, fait l’expérience des défis spécifiques à la création d’un îlot socialiste au beau milieu d’une mer de capitalisme dominé par les USA.

Sa vulnérabilité à la volatilité des prix du pétrole ne fait que confirmer que la présence de grandes réserves de pétrole peut handicaper, plutôt que renforcer, le développement économique d'un pays, particulièrement dans le Sud du monde, où la diversification économique se heurte à la réalité de la domination des marchés mondiaux par les institutions financières et les entreprises occidentales.

En dernière analyse, c’est le capitalisme et non le socialisme qui a échoué au Vénézuela. Mais c'est au socialisme qu'on veut faire porter le chapeau.



Merci à Entelekheia
Source: https://www.counterpunch.org/2017/08/04/venezuela-crisis-the-us-wants-its-country-back/
Date de parution de l'article original: 04/08/2017
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=21181

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Les nouvelles sanctions américaines contre la Russie – Une erreur stratégique

Les nouvelles sanctions américaines contre la Russie – Une erreur stratégique
Les nouvelles sanctions américaines contre la Russie – Une erreur stratégique
Moon of Alabama
 
 
Récemment, le congrès américain a voté des sanctions contre la Fédération de Russie au motif de son ingérence présumée, mais absolument pas prouvée, dans les élections présidentielles américaines. Le vote a été quasi unanime.
 
Le président Trump a signé le décret. C'est une grossière erreur. Il aurait dû opposer son veto, même si cela n’aurait probablement rien changé. En signant la loi, Trump a renoncé à sa position de relative neutralité envers la Russie. Sans aucun bénéfice.
 
Les sanctions du Congrès sont presque toujours éternelles. L'amendement de Jackson-Vanik de 1974 a limité le commerce avec le « bloc communiste ». Il était censé favoriser l'émigration des Juifs d'Union soviétique vers Israël. Mais la loi et ses sanctions économiques ont été maintenues après l'effondrement de l'Union soviétique début 1990, après la disparition du « bloc communiste », et longtemps après la levée de toutes les limitations à l’émigration. L’amendement n'a été abrogé qu'en 2012 et seulement pour être immédiatement remplacé par la ridicule loi Magnitsky  qui a immédiatement établi une nouvelle série de sanctions contre la Fédération de Russie et ses intérêts.
 
C’est pour des raisons de politique intérieure que des sanctions comme l'amendement Jackson-Vanik et la loi Magnitsky ont été votées. La Russie n’aurait rien pu faire pour les éviter, ni pour les faire lever.
 
Les nouvelles sanctions américaines ne sont pas seulement dirigées contre la Russie, mais contre toutes les entreprises et les nations qui coopèrent avec la Russie en matière d'énergie. C’est une tentative cousue de fil blanc pour obliger les pays européens à acheter le gaz naturel liquéfié américain, qui coûte cher, à la place du gaz russe bon marché livré par pipelines. L'objectif immédiat est le pipeline Nord Stream 2, entre la Russie et l'Allemagne, qui traverse la mer Baltique pour éviter les points de potentiels conflits en Europe de l'Est. Les sanctions constituent une menace pour l’indépendance de la politique énergétique allemande. (Les autres partenaires du pipeline sont l'Autriche, la France et les Pays-Bas.) En conséquence, pour 35% des Allemands les États-Unis sont devenus la « principale menace pour le pays ». La Russie est considérée comme telle par seulement 33% des Allemands. Cette vision correspond à la perception générale dans le monde.
 
Ces sanctions façonneront la relation entre les États-Unis et la Russie pour les 30 prochaines  années et plus. Le 2 août, le Premier ministre russe Medvedev a dit que la faiblesse du président Trump était la principale cause de ces sanctions :
 
Le fait que le Président des États-Unis ait signé cette série de nouvelles sanctions contre la Russie ne sera pas sans conséquences. D'abord, il met fin à l'espoir d'améliorer nos relations avec la nouvelle administration américaine. Deuxièmement, c'est une déclaration de guerre économique totale contre la Russie. Troisièmement, l'administration Trump a montré sa grande faiblesse en remettant le pouvoir exécutif au Congrès de cette manière très humiliante. Cela modifie l’équilibre du pouvoir dans les milieux politiques américains.
 
Qu’est-ce que tout cela signifie pour eux? L'établissement américain a complètement triomphé de Trump; Le président ne voulait pas des nouvelles sanctions, mais il a été obligé de signer la loi. Les nouvelles sanctions ont pour objet principal de fragiliser Trump. Ce n’est qu’une étape, le but est de l'éliminer du pouvoir. Tout acteur qui ne joue pas le jeu du système doit être supprimé. Les intérêts du monde des affaires américain sont passés à la trappe, la politique prend le pas sur le pragmatisme. L'hystérie anti-russe est devenue un élément clé de la politique étrangère des États-Unis (ce n’est pas nouveau) et de la politique intérieure (ça, c’est nouveau).
...
 
Rappelez-vous que Medvedev, en tant que leader russe, était depuis longtemps l'espoir de l'élite américaine qui le croyait plus influençable que le président russe Poutine. Medvedev pourrait bien redevenir  à nouveau président. Mais aucun média américain, sauf le New York Post, n’a fait attention à sa déclaration. Cela est en soi étonnant et inquiétant. Personne aux États-Unis n’est-il capable de voir où tout cela mène? Voilà les prédictions de Medvedev:
 
Le régime des sanctions a été codifié et restera en vigueur pendant des décennies, à moins d'un miracle. [...] Les relations entre la Russie et les États-Unis seront extrêmement tendues, indépendamment de la couleur politique du Congrès et quel que soit le président. Il va y avoir d’interminables arguties dans les organes et tribunaux internationaux, ainsi qu’une augmentation des tensions internationales et un refus de régler de graves problèmes internationaux.
 
Sur le plan économique et politique, la Russie a les capacités de faire face à ces sanctions, a dit Medvedev. Mais les États-Unis l’ont-ils?
 
Pour maintenir leur suprématie sur la planète, les États-Unis doivent empêcher une alliance euro-asiatique, notamment entre la Russie et la Chine. Dans sa dernière contribution au « grand échiquier », [Vers un réalignement mondial,
le stratège américain Zbigniew Brzezinski - impitoyable, amoral et talentueux - affirme:
 
 
Il appartient aux États-Unis de mettre en place une politique dans laquelle au moins l'un des deux États potentiellement menaçants deviendrait un partenaire dans la quête d'une stabilité mondiale d’abord régionale puis plus large ; cela permettrait de contenir le rival le moins prévisible mais sans doute aussi le plus important à maîtriser. Actuellement le rival le plus important à contenir est la Russie, mais à plus long terme, ce pourrait être la Chine.
 
L’élite de la politique étrangère des États-Unis a déclaré la guerre à la Russie. La position de confrontation envers la Chine, qui était en vogue sous Obama, a clairement évolué. On ne parle plus du « pivot vers l’Asie » de Hillary Clinton / Barack Obama. L'accord anti-chinois de partenariat Trans Pacific a été annulé. Les provocations militaires contre la Chine au sud de la mer de la Chine ont été réduites et remplacées par des provocations continuelles contre la Russie en Europe de l'Est. Ces mesures sont conformes à la stratégie élaborée par Brzezinski.
 
La Russie a prouvé au cours de l’histoire qu’elle savait faire preuve d’imagination dans sa politique. Elle est extrêmement résistante à la pression. Avec les États-Unis dans une position moins hostile contre la Chine, Béhémoth va poursuivre sans relâche ses propres objectifs. La Russie sera bientôt l'une des principales sources chinoises d'énergie fossile et d'autres produits de base. Dans un tel contexte, il n'y a aucune raison majeure pour que la Chine et la Russie ne s’accordent pas. Il n’y aura pas de rupture russo-chinoise. Les principaux pays européens résisteront aux pressions qui mettent en danger leurs économies.
 
Brzezinski est aveuglé par sa haine de la Russie. (Il vient d'une famille galicio-polonaise de la petite noblesse). Sa stratégie est erronée car elle permet à la Chine d'établir sa suprématie. Même dans le cadre de la stratégie de Brzezinski, une alliance russo-européo-étatsunienne contre la poursuite chinoise de l'hégémonie aurait été ce qu’il y a de plus logique.
 
La stratégie d’Hillary Clinton d’accuser la Russie du fait qu’elle n’était pas populaire et qu’elle a échoué aux élections, aboutit maintenant à un échec majeur de la stratégie globale américaine. Si la Maison Blanche avait eu une vision et un projet politique, cela ne se serait pas passé comme ça, mais ce n’est pas le cas (pour l’instant) sous l’ère Trump.
 
Je ne vois pas comment cette stratégie, maintenant scellée dans le marbre par les sanctions du Congrès, pourrait jamais apporter le moindre bénéfice aux États-Unis, au niveau mondial.
 
 
MoA - New Sanctions Against Russia - A Failure Of U.S. Strategy
 

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Qui a peur de la Constituante vénézuélienne?

Mariano Rajoy craint la Constituante vénézuélienne. Felipe González et Jose Marie Aznar, Albert Rivera et Pedro Sánchez, jusqu’au calculateur Pablo Iglesias ont peur de la Constituante. L’opposition conjurée vénézuélienne et Donald Trump ont peur de la Constituante. Les entrepreneurs vénézuéliens qui spéculent sur la nourriture du peuple, les hordes de jeunes déclassés et bien équipés qui brûlent des chavistes, les intellectuels organiques, qui se taisent, ceux qui octroient, les parajournalistes qui n’arrêtent pas de tirer sur les publics européens. Tous sentent qu’il ne leur reste plus beaucoup de temps pour tordre le cou à la Révolution Bolivarienne.
Qui a peur de la Constituante vénézuélienne?
Il y a beaucoup de types de peurs qui traversent le milieu de la politique. La peur d’un processus constituant est pareille à la peur qui a historiquement terrorisé les oligarchies dès que celles-ci ont le moindre soupçon d’une possibilité de révolution. Parfois, c’est une peur irrationnelle puisqu’il y a des peuples soumis et écrasés par le talon de fer capitaliste et qui n’entretiennent aucune braise de révolte. Mais cela importe peu aux yeux du bourgeois replet classique ou jeune requin spéculateur. S’il y a une possibilité, même lointaine, que le peuple s’éveille, alors il y aura la menace terroriste, les lois-bâillons, le chaos tiers-mondiste et la crise économique qui explique tout. La peur des élites européennes face aux processus constituants tient beaucoup de la thérapie préventive, c’est un « au cas où, mieux vaut prévenir que guérir ».

La peur de l’impérialisme US est une autre sorte de peur. C’est la peur historique de l’esclavagiste, que les esclaves s’arrêtent de cultiver la terre et qu’ils se libèrent, c’est la peur du colon d’une attaque des Indiens survivants. C’est la peur que les Latino-américains assassinés, disparus, torturés et pillés, réclament justice. La peur que le portrait de l’impérialiste sorte à la lumière et et que l’on voie nettement et sans masque sa démocratie réellement existante. Donald Trump et avant lui, Barak Obama, craignent que l’Amérique Latine arrête d’être une arrière-cour où faire des affaires juteuses qui oxygènent l’économie US.

La peur espagnole est une peur néo-franquiste et elle trouve son origine dans une Constitution sans Assemblée Constituante’. L’histoire de notre Constitution est l’histoire d’un arrangement, d’un accommodement entre les élites franquistes et les nouvelles élites socialistes et nationalistes, les deux connectées par de fins fils géostratégiques aux intérêts US.

Il n’y a pas eu de peuple espagnol, ni basque, ni catalan, ni même franquiste qui ait participé à l’élaboration de la Constitution espagnole de 1978. Les élections du 15 avril 1977 n’ont pas eu lieu pour choisir une chambre constituante qui élabore une quelconque constitution. C’était la Loi de Réforme Politique (du 15 décembre 1976), approuvée par les Cortes franquistes qui a établi les bases pour élire quelques parlementaires qui ont désigné à leur tour une Commission des Affaires Constitutionnelles composée par seulement 7 membres répartis entre des membres au curriculum franquiste éprouvé comme le ministre de l’Information et du Tourisme Manuel Fraga Iribarne ou Miguel Herrero et Rodríguez de Miñón, avocat du Conseil d’État et Secrétaire Général Technique du Ministère de Justice, et des membres liés à l’ambitieux et émergent Parti socialiste ouvrier espagnol comme l’avocat Gregorio Peces Barba ou Jordi Solé Turá. C’est après, seulement après, que la pierre tombale du consensus eut enterré l’espoir de récupérer la démocratie républicaine, qu’un référendum légitimant eut lieu.

Pour la réforme constitutionnelle de 2011, on pas eu non plus besoin de demander quoi que ce soit au peuple, bien que l’article à réformer, le 135, n’était pas moins que celui qui oblige tout gouvernement, quel qu’il soit, à accorder la priorité au paiement de la dette avant toute autre dépense de l’État, d’abord la bourse et après la vie. Quinze jours pour ligoter le prochain gouvernement et même pas un référendum de ratification : Pourquoi le peuple aurait-il du donner son opinion si ses représentants l’avaient déjà fait ? Pourquoi demander si les réponses venaient données par la troïka européenne ?

À quoi doit-on que les Constitutions fassent tellement peur et les processus constituants beaucoup plus encore ?

La Constitution est la règle de base qui fonde et protège le système juridique d’un pays ainsi que le fonctionnement des institutions et les pouvoirs de l’État. On a l’habitude de dire que c’est la loi des lois. Les constitutions établissent les cadres juridiques mais à leur tour ceux-ci impliquent une redéfinition de l’État et de la source de la souveraineté. Quand c’est le résultat de processus constituants, ils supposent l’intégration des citoyens à la discussion, à l’élaboration et la ratification de la constitution, ce qui a été le cas au Venezuela en 1999 ; nous parlons des processus dans lesquels il y a une ratification populaire du contrat social , où les citoyens établissent et approuvent les instruments concrets pour l’exercice du pouvoir de l’État et de ses institutions. C’est un peu comme si les citoyens participaient à l’élaboration des instruments que l’État peut utiliser pour gouverner et qu’en même temps ils disaient quels outils ne peuvent pas être utilisés.

Les constitutions octroient un pouvoir à l’État mais limitent aussi l’exercice de ce pouvoir.

Les classes populaires, étant la source de pouvoir dans le processus vénézuélien, sont aussi devenues en 1999 une source de droit puisqu’elles ne se sont pas limitées seulement à voter une constitution préalablement élaborée par des juristes ou des mandataires non élus, mais ont activement participé à l’élection des responsables chargés d’élaborer l’articulation de la Constitution et aussi de discuter et de débattre des propositions que ceux-ci élaboraient.

Chaque constitution, dit le constitutionnaliste Roberto Gargarella, essaie de répondre à un ou plusieurs problèmes, ou ce qui revient au même, essaie de remédier à un mal. Gargarella nous dit : « les Constitutions naissent d’habitude dans des moments de crise, pour résoudre un drame politico-social fondamental » [1]

La Constitution de 1999 au Venezuela est venue résoudre trois problèmes basiques : l’intégration des classes populaires dans les travaux de gouvernement c’est-à-dire convertir ces secteurs en sujets politiques protagonistes, en deuxième lieu, retrouver la souveraineté sur les ressources naturelles (en particulier le pétrole), et en troisième lieu, résoudre le drame de l’inégalité sociale.

La mobilisation sociale, le changement de rapport de forces et l’accumulation du pouvoir social ont été le point de départ des nouvelles Constitutions latino-américaines tant au Venezuela qu’en Équateur ou en Bolivie et ont aussi mis en crise le modèle d’accumulation capitaliste dans ces pays.

Mais cette récupération de la souveraineté populaire qu’a signifiée la Constitution de 1999 pouvait seulement se stabiliser avec l’amélioration des conditions de vie au moment où se développait une culture politique de participation réelle et effective. Les deux processus, amélioration économique et participation politique, sont ceux qui ont donné et donnent une légitimité au gouvernement bolivarien. Ce sont les bases du pouvoir populaire qui a mis en échec le coup d’État contre le gouvernement bolivarien en 2002.

Durant les dix-huit ans qui ont suivi cette Constitution, 24 processus électoraux ont eu lieu, on a avancé dans presque tous les indicateurs sociaux (éducation, développement, logement, santé …), comme le démontrent les données de la Commission Économique pour l’Amérique Latine (CEPAL) des Nations Unies. Mais le contexte national et international a changé. Malgré l’avancée vers une culture démocratique et la participation – ou précisément pour cela - le gouvernement de Nicolás Maduro a perdu la majorité à l’Assemblée Nationale qui se trouve maintenant aux mains de la soi-disant « opposition vénézuélienne » – un conglomérat de plus de 20 partis unis seulement par la haine envers le gouvernement bolivarien [2], une Assemblée qui en plus siège en toute illégalité.

La soi-disant opposition et l’oligarchie patronale ont suivi une feuille de route qui, comme au Chili d’Allende, essaie de faire exploser l’économie (inflation induite, embargo commercial dissimulé, blocage financier international), de soumettre par la faim les classes populaires (boycott dans la fourniture de biens de première nécessité, pénurie programmée), de bloquer les institutions, de prendre la rue avec une violence extrême, de créer un gouvernement parallèle et finalement, si le gouvernement bolivarien n’est pas renversé, si on ne réussit pas à briser le soutien de l’armée bolivarienne, les meilleures conditions pour une intervention humanitairement armée auront été créees.

Peut-être pas à travers la IVème Flotte US proche des côtes vénézuéliennes, mais comme l’a dit il y a quelques jours Michael Richard Pompeo, directeur de la CIA, on travaille avec les gouvernements de la Colombie et du Mexique pour évaluer les manœuvres nécessaires pour obtenir un changement de gouvernement au Venezuela [3].

Sur la plan international la région latino-américaine a subi un recul provoqué par l’échec électoral du gouvernement progressiste de Cristina Kirchner, les putschs parlementaires au Brésil (2016) et au Paraguay (2012), précédés par les coups d’État en Haïti (2004) et au Honduras (2009). L’intégration régionale a été ralentie dans les États les plus proches des USA, comme la Colombie ou le Mexique. L’OEA (l’Organisation des États Américains) redevient cette organisation internationale instrumentalisée par l’empire contre les gouvernements latino-américains indociles.

Aussi à l’échelle mondiale, l’empire US et ses alliés ont sur leur tête l’épée de Damoclès d’une crise économique qu’ils ne peuvent résoudre qu’en augmentant la pression et la dépossession de leurs populations (pillage du secteur public, austérité, coupes, précarisation …). Porter la guerre partout dans le monde où il y a quelque chose à piller, récupérer des quotas d’influence face à la Russie ou la Chine et discipliner leurs propres populations, cela devient urgent et nécessaire. Ainsi, appuyer les soi-disant oppositions, modérées, armées ou de couleur est l’unique politique internationale réaliste pour les besoins impériaux.

Dans ce nouveau contexte national et international, le pouvoir électoral vénézuélien, sur proposition du Président (conformément à l’article 348 de la Constitution) a convoqué des élections pour une Assemblée Nationale Constituante le 30 juillet. Il n’y a pas de constitution qui tienne face à une telle offensive.

Chaque Vénézuélien pourra voter une fois territorialement, et une fois pour le secteur et le sous-secteur qui lui correspond. Les mandataires élus auront à réformer la Constitution de 1999 pour essayer de résoudre cette fois les graves et nouveaux problèmes qui se résument dans les neuf volets de la réforme envisagée :

1) Constitutionnaliser les Missions (santé, logement, éducation …) en créant un système public qui garantit par la loi les avancées sociales,

2) Se doter d’instruments plus efficaces pour défendre la souveraineté nationale et rejeter toute ingérence,

3) Constitutionnaliser les communes et les conseils communaux pour faire de la participation un préalable démocratique,

4) Créer des instruments juridiques et pénitentiaires pour lutter contre l’impunité, le terrorisme et le trafic de stupéfiants,

5) Marcher vers un système économique moins dépendant du pétrole,

6) Lutter contre le changement climatique et le réchauffement global,

7) Favoriser les processus de paix, réaffirmer la justice et l’isolement des violents,

8) Développer les droits et les devoirs sociaux,

9) Une spiritualité culturelle et une vénézuélanité nouvelles, garantir le caractère pluriculturel et l’identité culturelle.

La peur de la Constituante vénézuélienne est devenue une panique sur les écrans. Les parajournalistes donnent quotidiennement les nouvelles du front :

-80, 90, 100 morts, 20,30, 40 blessés. Qui étaient-ce, par qui ont-ils été tués ou blessés, étaient-ils dans la manifestation ?, - détails insignifiants- ;
-grève générale, 70 %, 90 % de suivi : qui donne ces chiffres, sont-ils vérifiés ? –détail insignifiant- ;
-nouvelle manifestation réprimée violemment ; pourquoi est-elle réprimée, en quoi la répression de la police consiste si nous voyons seulement des manifestants cagoulés qui jettent des cocktails Molotov tirent au bazooka ? –détails insignifiants.
- Quelle étrange « dictature » vénézuélienne où les journalistes nationaux et internationaux campent à volonté dans les rues en enregistrant la « répression policière ». Des parajournalistes qui s’abreuvent seulement aux sources de l’opposition, qui profitent de l’occasion pour se déguiser en reporters de guerre, qui n’interviewent jamais le peuple bolivarien, qui répètent comme des perroquets les slogans de la soi-disant « opposition ».

Tout est bon dans la propagande de guerre, qui paie commande. Le parajournaliste est toujours du côté correct, de celui de l’entrepreneur, de celui du gouvernement s’il est d’un média national, comme la télévision espagnole, et si le gouvernement espagnol s’est prononcé en déclarant ennemi le gouvernement vénézuélien, ils sont là pour servir la patrie.

Les paraperiodistes espagnols ont un entraînement sérieux : ils ont découvert des armes de destruction massive en Irak, ils nous ont convaincus que, pour enlever la burka aux Afghanes, il fallait faciliter l’intervention US, ils ont justifié le bombardement de l’OTAN en Yougoslavie, l’assassinat de Kadhafi, le coup d’État de 2002 au Venezuela, ils ont appuyé la plus que modérée, la modérissime opposition syrienne, et enfin , ils sont d’ une fidélité à toute épreuve aux agences d’Information et aux orientations impériales. Dommage que selon un Rapport de l’Université d’Oxford de 2015, des 11 pays consultés en Europe, les médias espagnols soient les moins crédibles et les deuxièmes moins crédibles des 12 pays étudiés au niveau mondial. [By the way : Consulter le Rapport 2017 pour la France]

Cependant, il y a ceux qui n’ont pas peur de la Constituante vénézuélienne, et qui la défendent même au risque de leur vie. C’est le peuple vénézuélien, ce sont les classes populaires qui ne se sont pas laissées tromper ni effrayer. C’est le peuple qui rend hommage à la mémoire de son commandant qui l’a placé dans l’histoire. Ce sont ceux qui ont reçu une éducation, des livres gratuits, un logement, des soins, … les responsables de quartiers, les ouvriers, les dirigeants, les milliers de Vénézuéliens ont postulé pour servir leur peuple, n’ont pas peur de la Constituante.

Personne qui connaît l’histoire récente du Venezuela, personne qui connaît les plans impériaux, personne qui a rêvé une fois qu’on le fasse participer à un processus constituant dans son pays, ne peut craindre la Constituante vénézuélienne.


Traduit par Estelle & Carlos Debiasi
Edité par Fausto Giudice

Merci à El Correo
Source: http://www.investigaction.net/es/quien-teme-a-la-constituyente-venezolana/
Date de parution de l'article original: 28/07/2017
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=21102

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L’empire russe rend la pareille

L'empire russe rend la pareille


    [Chose ahurissante,] La décision russe de réduire le personnel diplomatique US a été qualifiée d’« acte regrettable et injustifié » par le Département d'État. Ses représentants ont fait savoir qu'ils évalueraient la dernière mesure russe et penseraient à l’éventuelle riposte, tandis que Michael McFaul, l'ancien ambassadeur US, lance déjà des imprécations de problèmes inévitables, pas pour les autorités, mais pour le simple quidam russe.


    « Nous soupesons l'impact de pareille limitation et la manière dont nous répliquerons, » a-t-il été fait savoir à Washington dimanche. Vendredi, Rex Tillerson, secrétaire d'État, et John Tefft, ambassadeur US en Russie, ont exprimé leur « déception » à l'égard de la dernière décision russe. M. Tillerson a fait une déclaration qui a très étonné à Moscou. Selon lui, l’adoption à l'unanimité du projet de loi de sanctions au Congrès, a manifesté le souhait de voir la Russie prendre des mesures visant à améliorer ses relations avec les États-Unis d’Amérique.


    « Washington n'a jamais compris que ses méthodes de pression ne marchent pas avec la Russie, et que les sanctions ne peuvent guère aider à améliorer les relations, » ont répondu les responsables de l'ambassade de Russie aux USA.


    Fait intéressant, le nombre exact de diplomates US devant quitter la Russie n'était pas clair au début dans l’actualité. Au début, elle disait que plusieurs centaines d'entre eux devaient partir, puis leur nombre a été prévu entre 200 et 300. Plus tard, c’est le Président Poutine qui a donné le nombre exact. Lors d’une interview accordée à la chaîne de télévision Rossiya 1, il a dit que 755 Américains devront rentrer dans leur patrie : « Plus de 1000 employés – diplomates et techniciens – ont travaillé et travaillent toujours aujourd'hui en Russie ; 755 devront arrêter ce travail. »


    Dans l’ensemble de l'histoire des relations russo-US (y compris à l’ère soviétique), il n’y a jamais eu de coupe aussi drastique dans le nombre d'employés des bureaux de l'ambassade et du consulat des USA. Expulser des diplomates est certes pratique courante, mais à échelle bien plus réduite. Cette expulsion montre la fragilité des relations entre les deux pays. Pourraient-elles être pires ?


    Traditionnellement et de façon prévisible, Washington ne veut pas reconnaître sa responsabilité dans la crise des relations russo-US. Michael McFaul pense que les Russes n'avaient pas le droit de réagir pareillement. L'ancien ambassadeur a promis que les Russes du commun devront patienter bien plus longtemps avant de recevoir leurs visas US.


    M. McFaul met carrément sur le dos de la Russie la responsabilité de l’actuelle crise des relations entre la Russie et les États-Unis d'Amérique. De plus, il n'y a pas besoin de chercher de compromis : la Russie doit admettre ce qui se dit aux USA à propos d’événements et de leurs conséquences assurées, sinon la Russie sera déclarée ennemie.


    « Nous avons attendu longtemps que quelque chose change, nous espérions que la situation évoluerait. Mais visiblement, si ça doit changer, ce n’est pas pour bientôt, » a dit Poutine lors d'une récente interview.


    « Nous devrons, ce me semble logique, montrer que nous ne laisserons rien passer sans réagir », a ajouté le président.


    En même temps, le président russe a insisté sur le fait qu'au stade où en sont les choses, il n’était toujours pas favorable à restreindre les activités communes, car cela pourrait être « mal ressenti » aux USA. « Nous avons bien sûr notre mot à dire, et nous pouvons limiter les domaines de nos activités communes, ce qui sera mal ressentie dans le camp US, mais je ne pense pas que nous devrions le faire, car cela ne nuirait pas seulement aux relations russo-US en tant que telles, cela nous occasionnerait aussi des torts assurés, » a dit Poutine.


    Venant de Washington, les dernières informations indiquent que les USA ont basculé dans une politique hystérique de sanctions. Ils en imposent sans raison particulière. Ainsi, à cause de son peu d’empressement dans le règlement de la crise autour de la Corée du Nord, les Chinois seraient les prochains à faire les frais de l’hystérie US.


Pravda.Ru, Anton Kulikov, 31 juillet 2017

Original : www.pravdareport.com/russia/politics/31-07-2017/138294-usa_russia_sanctions_response-0/
Traduction Petrus Lombard



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Le mouvement Hamas négocie une représentation politique en Algérie

Le Hamas et l’Algérie discutent de la possibilité d’accueillir certains de ses dirigeants et d’ouvrir un nouveau bureau dans l’accueillant pays du nord de l’Afrique.
Le mouvement Hamas négocie une représentation politique en Algérie
Le porte-parole du Hamas, Sami Abu Zuhri, a déclaré le 15 juillet qu’il avait personnellement demandé à l’Algérie d’accueillir certains dirigeants du Hamas. Il a déclaré que les dirigeants du mouvement sont toujours les bienvenus à leur arrivée en Algérie et que leurs visas ne nécessitent que quelques heures pour être attribués, contrairement à d’autres pays arabes où il faut parfois plus de deux mois d’attente. Il n’a pas nommé les dirigeants du Hamas bénéficiant d’un tel traitement en Algérie, ni le nom des pays arabes qui prennent beaucoup plus de temps pour traiter les visas.

Abu Zuhri lui-même s’est rendu en Algérie depuis le début de cette année, pour y rencontrer des dirigeants politiques algériens. Sa dernière réunion a eu lieu le 26 juillet, lors de sa rencontre avec l’Association algérienne des chercheurs musulmans et le Parti des travailleurs algériens pour discuter des moyens de soutenir le peuple palestinien.

Le responsable des relations extérieures du Hamas, Osama Hamdan, a déclaré à Al-Monitor: « Nous avons visité plusieurs fois l’Algérie à titre officiel et nous avons rencontré ses dirigeants. Le Hamas bénéficie d’un soutien officiel et public algérien, et l’Algérie a contribué au succès des convois pour lever le siège sur Gaza. « Hamdan a noté que le parti apprécie également l’absence de liens entre l’Algérie et Israël, ajoutant que « le Hamas a de bonnes relations avec tous Les partis politiques algériens, en particulier le Front de Libération Nationale au pouvoir ».

Des convois d’aide à l’étranger se sont rendus par mer à Gaza depuis 2009, transportant des secours pour les Palestiniens sous forme de nourriture et de médicaments. Pourtant, les convois n’ont pas réussi à briser le siège et à livrer leur aide directement à Gaza.

Le 19 juillet, des nouvelles ont circulé qu’une délégation du Hamas dirigée par Hamdan devrait se rendre en Algérie pour participer à des événements politiques et rencontrer des dirigeants de différents partis dans les prochains jours. Les visites du Hamas en Algérie sont approuvées par l’État et bénéficient d’une protection officielle.

Le journal financé par les Saoudiens, Asharq Al-Awsat, a signalé le 17 juillet que le Hamas cherchait un point de chute en Algérie pour qu’y soient hébergés ses dirigeants qui ont quitté le Qatar au début de juin. L’Algérie a reçu une demande officielle du Hamas pour mettre en place un bureau de représentation pour le mouvement sur son territoire, mais elle n’a pas encore répondu.

Les dirigeants du Hamas sont maintenant répartis entre la bande de Gaza, la Cisjordanie, le Liban, la Malaisie, le Qatar et la Turquie. Une source politique du Hamas a déclaré à Al-Monitor sous couvert de l’anonymat: « L’inclinaison du Hamas vers l’Algérie a précédé la dernière crise du Golfe car le mouvement s’est rendu compte de l’importance des pays nord-africains aux niveaux médiatique et politique. Le Hamas cherche à mobiliser plus de pays en faveur de l’expansion de son influence dans le monde, sans devoir compter sur un seul pays ».

Le Hamas a porté son attention sur l’Algérie après le 9 juin, lorsque le ministre israélien de la Défense, Avigdor Liberman, a exigé de l’ambassadeur des États-Unis aux Nations Unies, Nikki Haley, de faire pression sur le Liban pour expulser les dirigeants du Hamas venus du Qatar.

Professeur de science politique à l’Université Al-Ummah, Hussam al-Dajani a visité l’Algérie en 2006. Il a déclaré à Al-Monitor: « Le Hamas a commis une erreur lorsqu’il n’a pas accordé suffisamment d’attention à l’Algérie après avoir remporté les élections législatives en 2006, alors que les Algériens sont très proches des Palestiniens. Mais le mouvement a évolué depuis ses dernières élections internes en mai et a commencé à réévaluer ses liens régionaux pour élargir son cercle d’amis. Bien que l’Algérie et les territoires palestiniens soient géographiquement éloignés les uns des autres, la mondialisation rapproche le Hamas de l’Iran, de la Turquie et du Qatar malgré leur distance. La même chose peut s’appliquer à l’Algérie. »

Les discussions sur l’ouverture d’un bureau pour le Hamas en Algérie ont coïncidé avec les déclarations faites le 11 juillet par l’ambassadeur d’Arabie saoudite en Algérie, Sami Al-Saleh, décrivant le Hamas comme organisation terroriste. Les déclarations de Saleh ne sont pas très bien passées en Algérie, et Abu Zuhri lui a répondu le 14 juillet en disant que si le Hamas était un groupe terroriste, l’Algérie n’aurait pas souhaité la bienvenue à ses membres.

Izzat al-Rishq, membre du bureau politique du Hamas, a remercié l’Association algérienne des chercheurs musulmans d’avoir envoyé un convoi d’aide d’une valeur de 3 millions de dollars à Gaza le 18 juin.

Ahmed Youssef, ancien conseiller politique du vice-président du bureau politique du Hamas, Ismail Haniyeh, a déclaré à Al-Monitor: « L’Algérie pourrait faire face à des pressions exercées par le monde arabe et l’Occident si elle accueillait le Hamas sur son territoire, d’autant plus que les États-Unis étiquettent le Hamas comme groupe terroriste. Les islamistes algériens n’ont pas assez de pouvoir politique pour faire pression sur l’État pour prendre fait et cause pour le Hamas ».

Il a ajouté: «Je ne suis pas sûr que l’Algérie puisse abriter les dirigeants du Hamas malgré la grande sympathie des Algériens pour le Hamas et la cause palestinienne. Je m’en suis rendu compte que lorsque je vivais en Algérie entre 2004 et 2006. Pourtant , ce serait un refuge approprié pour les dirigeants du Hamas à l’étranger et cela leur épargnerait la dispersion dans des capitales arabes ».

Le chef du Mouvement algérien pour la Société de la Paix, Abdul Razzaq Muqri a déclaré le 20 juillet que l’accueil du Hamas en Algérie dépendra de l’approbation officielle. Dans un entretien avec le journal tunisien Al-Jarida le 22 juillet, l’analyste tunisien Ali al-Zarmadini a déclaré qu’il s’attendait à ce que l’Algérie ne permette pas aux dirigeants du Hamas de se déplacer librement à l’intérieur du pays, au cas où elle leur permette de s’y établir. L’Algérie n’est pas comme le Qatar, qui donnait aux dirigeants du Hamas une totale liberté.

Abdullah Abdullah, membre du Conseil révolutionnaire de Fatah et responsable du comité politique du Conseil législatif palestinien, a déclaré à Al-Monitor: « Si l’Algérie accepte d’accueillir certains dirigeants du Hamas, sa décision sera basée sur des considérations humanitaires après leur départ du Qatar suite à la crise du Golfe. Mais cette décision n’aura pas de dimensions politiques, et Fatah ne s’y arrêtera pas. L’Algérie est un allié historique pour le Fatah et l’Organisation de libération de la Palestine, et il ne remplacera pas cette alliance par le Hamas. Le Hamas devrait savoir que tout rapprochement avec un État étranger se produira dans le cadre de l’OLP, et non pas derrière son dos. »

L’Algérie sera-t-elle la prochaine étape pour le Hamas, malgré la distance qui sépare les territoires palestiniens et l’Algérie? Ou risque-t-elle de céder aux pressions étrangères et tournera-t-elle le dos aux dirigeants du Hamas?


Le mouvement Hamas négocie une représentation politique en Algérie
Adnan Abu Amer est doyen de la Faculté des Arts et responsable de la Section Presse et Information à Al Oumma Open University Education, ainsi que Professeur spécialisé en Histoire de la question palestinienne, sécurité nationale, sciences politiques et civilisation islamique. Il a publié un certain nombre d’ouvrages et d’articles sur l’histoire contemporaine de la Palestine.

28 juillet 2017 – Al-Monitor – Traduction : Chronique de Palestine


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L’establishment US contre le reste du monde

La classe dirigeante états-unienne s’estime menacée par les changements internationaux impulsés par le président Trump. Elle vient de se coaliser pour le placer sous la tutelle du Congrès. Dans une loi votée à la quasi-unanimité, elle a instauré des sanctions contre la Corée du Nord, l’Iran et la Russie et a cassé les investissements de l’Union européenne et de la Chine. Il s’agit pour elle de stopper la politique de coopération et de développement du président et de revenir à la doctrine Wolfowitz de confrontation et de suzeraineté.
L’establishment US contre le reste du monde
C’est un scandale sans précédent. Le secrétaire général de la Maison-Blanche, Reince Priebus, faisait partie du complot chargé de déstabiliser le président Trump et de préparer sa destitution. Il alimentait les fuites quotidiennes qui perturbent la vie politique états-unienne, notamment celles sur la prétendue collusion entre l’équipe Trump et le Kremlin [1]. En le renvoyant, le président Trump est entré en conflit avec l’establishment du Parti républicain, dont Priebus est l’ancien président.

Observons au passage qu’aucune de ces fuites sur les agendas et les contacts des uns et des autres n’a apporté la moindre preuve des allégations avancées.

La réorganisation de l’équipe Trump qui s’en est suivie s’est faite exclusivement au détriment de personnalités républicaines et au profit des militaires opposés à la tutelle de l’État profond. L’alliance qui avait été conclue contre mauvaise fortune bon cœur par le Parti républicain avec Donald Trump lors de la convention d’investiture, le 21 juillet 2016, est morte. On se retrouve donc avec l’équation de départ : d’un côté le président outsider de « l’Amérique profonde », de l’autre, toute la classe dirigeante de Washington soutenue par l’État profond (c’est-à-dire par la partie de l’administration chargée de la continuité de l’État au delà des alternances politiques).

À l’évidence cette coalition est soutenue par le Royaume-Uni et Israël.

Ce qui devait arriver arriva : les leaders démocrates et républicains se sont entendus pour contrecarrer la politique étrangère du président Trump et préserver leurs avantages impériaux.

Pour ce faire, ils ont adopté au Congrès une loi de 70 pages instaurant officiellement des sanctions contre la Corée du Nord, contre l’Iran et contre la Russie [2]. Ce texte impose unilatéralement à tous les autres États du monde de respecter ces interdictions commerciales. Ces sanctions s’appliquent donc tout autant à l’Union européenne et à la Chine qu’aux États officiellement ciblés.

Seuls cinq parlementaires se sont désolidarisés de cette coalition et ont voté contre cette loi : les représentants Justin Amash, Tom Massie et Jimmy Duncan, et les sénateurs Rand Paul et Bernie Sanders.

Des dispositions de cette loi interdisent plus ou moins à l’Exécutif d’assouplir ces interdictions commerciales, sous quelque forme que ce soit. Donald Trump est théoriquement pieds et poings liés. Certes, il pourrait opposer son veto, mais selon la Constitution, il suffirait au Congrès de revoter le texte dans les mêmes termes pour pouvoir l’imposer au président. Celui-ci le signera donc sans s’imposer le camouflet d’être mis au pas par le Congrès. Dans les prochains jours va débuter une guerre inédite.

Les partis politiques US entendent casser la « doctrine Trump » selon laquelle les États-Unis doivent se développer plus vite que les autres pour conserver le leadership mondial. Ils entendent au contraire rétablir la « doctrine Wolfowitz » de 1992, selon laquelle Washington doit conserver son avance sur le reste du monde en ralentissant le développement de tout compétiteur potentiel [3].

Paul Wolfowitz est un trotskiste qui s’était mis au service du président républicain Bush père pour lutter contre la Russie. Il devint secrétaire adjoint à la Défense, dix ans plus tard, sous Bush fils, puis président de la Banque mondiale. L’année dernière, il apporta son soutien à la démocrate Hillary Clinton. En 1992, il avait écrit que le plus dangereux compétiteur des États-Unis était l’Union européenne et que Washington devait la détruire politiquement, voire économiquement.

La loi remet en cause tout ce que Donald Trump a accompli durant les six derniers mois, notamment la lutte contre les Frères musulmans et leur organisations jihadistes, la préparation de l’indépendance du Donbass (Malorossiya), et le rétablissement de la route de la soie.

En première rétorsion, la Russie a demandé à Washington de réduire le personnel de son ambassade à Moscou au niveau de celui de sa propre ambassade à Washington, c’est-à-dire à 455 personnes, expulsant 755 diplomates. De la sorte, Moscou entend rappeler que s’il a interféré dans la politique US, c’est sans commune mesure avec l’importance de l’ingérence US dans sa propre vie politique.

À ce propos, ce n’est que le 27 février dernier que le ministre de la Défense, Sergeï Choïgou annonçait à la Douma que les Armées russes sont désormais capables elles aussi d’organiser des « révolutions colorées », avec 28 ans de retard sur les États-Unis.

Les Européens réalisent avec stupeur que leurs amis de Washington (les démocrates Obama et Clinton, les républicains McCain et McConnell) viennent de stopper net tout espoir de croissance dans l’Union. Le choc est certainement rude, pourtant ils n’ont toujours pas admis que le prétendument « imprévisible » Donald Trump est en réalité leur meilleur allié. Complètement sonnés par ce vote, survenu pendant leurs vacances d’été, les Européens se sont mis en mode attente.

Sauf réaction immédiate, les sociétés qui ont investi dans la solution de la Commission européenne à l’approvisionnement énergétique de l’Union sont ruinées. Wintershall, E.ON Ruhrgas, N. V. Nederlandse Gasunie, et Engie (ex-GDF Suez) se sont engagées dans le doublement du gazoduc North Stream, désormais interdit par le Congrès. Ils perdent non seulement le droit de concourir à des appels d’offres US, mais tous leurs avoirs aux États-Unis. Ils sont interdits d’accès aux banques internationales et ne peuvent poursuivre leurs activités hors de l’Union.

Pour le moment, seul le gouvernement allemand a exprimé son désarroi. On ignore s’il parviendra à convaincre ses partenaires européens et à dresser l’Union contre son suzerain US. Jamais une telle crise n’est survenue et par conséquent il n’existe aucun élément de référence pour anticiper la suite des événements. Il est probable que certains États membres de l’Union défendront les intérêts US, tels que pensés par le Congrès, contre leurs partenaires européens.

Les États-Unis, comme tout État, peuvent interdire à leurs sociétés de commercer avec des États étrangers et à des sociétés étrangères de commercer avec eux. Mais, selon la Charte des Nations Unies, ils ne peuvent imposer leurs propres choix en la matière à leurs alliés et partenaires. C’est pourtant ce qu’ils ont fait depuis leurs sanctions contre Cuba. À l’époque, sous l’impulsion de Fidel Castro —qui n’était pas communiste—, le Gouvernement cubain avait lancé une réforme agraire à laquelle Washington entendait s’opposer [4]. Les membres de l’Otan, qui n’avaient que faire de cette petite île des Caraïbes, suivirent donc le mouvement. Progressivement, l’Occident, imbu de lui-même, a considéré comme normal d’affamer les États qui résistaient à leur puissant suzerain. Voici que pour la première fois, l’Union européenne est touchée par le système qu’elle a aidé à mettre en place.

Plus que jamais, le conflit Trump/Establishment prend une forme culturelle. Il oppose les descendants des immigrés à la recherche du « rêve américain » à ceux des puritains du Mayflower [5]. D’où, par exemple, la dénonciation par la presse internationale du langage vulgaire du nouveau responsable de la communication de la Maison-Blanche, Anthony Scaramucci. Jusqu’ici Hollywood s’accommodait parfaitement des manières des hommes d’affaire new-yorkais, mais soudainement ce langage de charretier est présenté comme incompatible avec l’exercice du Pouvoir. Seul le président Richard Nixon s’exprimait ainsi. Il fut contraint à la démission par le FBI qui organisa le scandale du Watergate contre lui. Pourtant chacun s’accorde à reconnaître qu’il fut un grand président, mettant fin à la guerre du Vietnam et rééquilibrant les relations internationales avec la Chine populaire face à l’URSS. Il est étonnant de voir la presse de la vieille Europe reprendre l’argument puritain, religieux, contre le vocabulaire de Scaramucci pour juger de la compétence politique de l’équipe Trump ; et le président Trump lui-même le renvoyer à peine nommé.

Derrière ce qui peut apparaître n’être qu’une lutte de clans se joue l’avenir du monde. Soit des relations de confrontation et de domination, soit de coopération et de développement.




[1] “State Secrets : How an Avalanche of Media Leaks is Harming National Security”, Senate Homeland Security and Governmental Affairs Committee, July 6, 2017.

[2] H.R.3364 - Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act

[3] « US Strategy Plan Calls For Insuring No Rivals Develop », Patrick E. Tyler, New York Times, March 8, 1992. Le quotidien publie également de larges extraits du rapport secret de Wolfowitz en page 14 : « Excerpts from Pentagon’s Plan : "Prevent the Re-Emergence of a New Rival" ». Des informations supplémentaires sont apportées dans « Keeping the US First, Pentagon Would preclude a Rival Superpower » Barton Gellman, The Washington Post, March 11, 1992.

[4] « El robo más largo de la historia cometido por un país contra otro », por Jorge Wejebe Cobo, Agencia Cubana de Noticias , Red Voltaire , 19 de julio de 2017.

[5] « Les États-Unis vont-ils se réformer ou se déchirer ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 25 octobre 2016.

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On saura que le Venezuela est devenu une dictature le jour où les médias arrêteront d’en parler

Au Venezuela (comme ailleurs), la différence entre une dictature de droite et une dictature de gauche est la suivante : sous une dictature de droite, les opposants "disparaissent". Sous une dictature de gauche, les opposants passent tous les soirs à la télé et dans tous les médias internationaux pour dénoncer la dictature.
On saura que le Venezuela est devenu une dictature le jour où les médias arrêteront d’en parler
Comme toujours, vous commencez par soulever un sourcil. Alors voici un test : citez-moi une seule dictature de droite. J’entends par là un régime de droite que les médias qualifient de dictature. L’Arabie Saoudite ? Raté. l’Arabie Saoudite n’est pas une « dictature » mais un « royaume », et elle n’est pas « de droite » mais « théocratique ». (*) Autre exemple ?

Vous séchez, et c’est normal.

Au Venezuela (comme ailleurs), la question de « qui est qui ? » est ignorée, sauf pour un des « qui ». Comme si le contexte n’avait aucune importance, comme si la nature de l’adversaire d’un processus ne déterminait pas le cours du processus. Annoncer 100 morts lors de manifestations sous-entend une foultitude de choses, aussi fausses les unes que les autres. Cela sous-entend que tous ces morts sont des « opposants ». Cela sous-entend qu’il n’y a aucun représentant des forces de l’ordre parmi les victimes. Ce que cela ne sous-entend pas, par contre, c’est la petite entorse à l’éthique journalistique – qui me paraît éminemment volontaire – qui consiste à ne pas trop insister sur l’identité de ces morts. Car cela démontrerait une chose : rarement un gouvernement aura fait preuve d’autant de retenue devant des violences systématiques, des violences qui cherchent à faire des victimes. Et rarement les forces de l’ordre d’une dictature (qu’elle soit instaurée ou en devenir) n’auront compté dans leurs propres rangs autant de victimes sans une réaction, disons, « déterminée ».

On saura que le Venezuela est devenu une dictature le jour où les médias arrêteront d’en parler
Cela sous-entend aussi que le nombre est « exceptionnel » (sinon, pourquoi en parler ?). Alors qu’on parle d’un pays qui a vu – mais c’était pendant la démocratie douce et bucolique d’antan – des manifestations se solder par des milliers de morts, fauchés à l’arme lourde par l’armée de l’époque. Cela sous-entend qu’on n’a jamais découvert des dizaines de charniers dans la Colombie voisine - dont certains contenaient jusqu’à 2000 cadavres – sous le règne d’une classe qui y est encore et toujours au pouvoir et qui - ô ironie – trouve le gouvernement vénézuélien peu fréquentable. USA en tête. Mais ils ne sont pas les seuls.

Il y a quelques jours sur France-Inter, un des préposés aux commentaires du matin s’est fendu d’une nouvelle attaque contre le président du Venezuela, Nicolas Maduro. Il expliquait qu’une vidéo appelant les électeurs à voter lors de l’élection de l’Assemblée constituante (qui vient d’avoir lieu) passait à la télévision, et que cette dernière était « bien-entendu, contrôlée par le régime ». Et dans des millions d’esprits d’auditeurs évoluant encore dans leurs brumes matinales, l’image s’imprègne d’un pays où les médias sont « contrôlés » par le pouvoir. Peu sauront, entendront ou comprendront que c’est exactement le contraire, et que les dits médias y sont d’une virulence extraordinaire.

Une coutume bien implantée - à gauche, notamment, encore dans sa phase d’auto-flagellation pour cause de recherche de crédibilité auprès des médias - voudrait que j’entame ici la ritournelle genre « certes, le gouvernement vénézuélien a commis des erreurs, je ne nie pas les problèmes, etc... ». Ne comptez pas sur moi. Oui, oui, je sais, camarades. Il faut éviter de soutenir des processus qui ne le méritent pas. Mais si vous attendez un processus qui mérite d’être soutenu en observant le monde à travers le prisme de vos grands médias préférés, vous allez attendre longtemps.

À chaque élection, à chaque consultation, à chaque référendum, le Venezuela « fait un pas vers la dictature ». Seulement voilà : il y a un an, le Venezuela était déjà qualifié de dictature par les médias. Maintenant, il ne l’est plus tout à fait mais ne va pas tarder à l’être alors qu’il l’était déjà avant de le devenir. Vous allez voir qu’un jour ils auront raison. Et vous saurez exactement quand car ce sera justement le jour où ils arrêteront d’en parler.

Viktor Dedaj
« je n’ai pas oublié le Honduras – ni les autres »

(*) pour ceux et celles à qui l’ironie de la phrase aurait échappé : l’Arabie Saoudite est évidemment une dictature de droite... mais jamais (ou très rarement) présentée comme telle.

Merci à Le Grand Soir
Source: https://www.legrandsoir.info/on-saura-que-le-venezuela-est-devenu-une-dictature-le-jour-ou-les-medias-arreteront-d-en-parler.html
Date de parution de l'article original: 31/07/2017
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=21089

Alter Info l'Information Alternative

Droite et violence, deux termes inséparables en Amérique Latine

Prisonniers politiques, coups d’État parlementaires, proscriptions, déstabilisation, groupes de choc, assassinat de dirigeants de mouvements sociaux, disparitions d’étudiants et de journalistes, répression de manifestations et immolation de personnes vivantes en pleine rue, au vu et au su de toute le monde : ce sont les traits qui caractérisent la droite en Amérique Latine.
Droite et violence, deux termes inséparables en Amérique Latine
Le rêve d’une droite qui dialogue, qui débatte et qui respecte les règles du jeu de la démocratie semble s’éloigner chaque jour davantage en Amérique Latine. Les travestissements à l’aide desquels les tout-puissants médias -un de leurs principaux outils- essaient de masquer les intérêts de ces secteurs rétrogrades ne tiennent plus la route.

Autoritarisme, violence, intolérance et mensonges : c’est ce qui caractérise la droite dans notre région du monde. De l’ Argentine au Mexique, obéissant aux ordres de Washington, elle se présente devant les caméras de télévision où, pétrie de bonnes manières, elle parle de dialogue et de respect des institutions, pendant qu’elle fomente en sous-main des coups d’État parlementaires, des opérations de déstabilisation, poursuit ses opposants politiques et tente de les interdire, de les emprisonner, ou, sans autre forme de procès, les assassine avec la plus grande violence.

Le nombre de Vénézuéliens -plus de vingt- qui ont été attaqués, arrosés d’essence et immolés vivants, n’est qu’une indication du niveau de barbarie qu’ont atteint les groupes politiques dirigés par Freddy Guevara, Lilian Tintori, Leopoldo López, Henry Ramos Allup, Henrique Capriles et Julio Borges.

De clairs exemples de manipulation des faits sont patents dans les discours du groupe de presse Clarín et du quotidien La Nación en Argentine, d’El Tiempo et de la chaîne Caracol en Colombie, de Televisa au Mexique, du groupe Prisa en Espagne, du réseau Globo au Brasil, de CNN aux USA etc. Tous ces médias se sont tus et continuent de se taire devant la violence exercée par les secteurs dont ils représentent les intérêts.

Los coups d’État parlementaires contre Manuel Zelaya (Honduras, 2009), Fernando Lugo (Paraguay, 2012) et Dilma Rousseff (Brésil, 2016) ; les coups d’État manqués contre Evo Morales (Bolivie, 2008) et contre Rafael Correa (Equateur, 2010); les attaques constantes contre le gouvernement de Cristina Fernández de Kirchner (Argentine) ; le bref coup d’éÉat contre Hugo Chávez en avril 2002 (Venezuela) ; les violentes « guarimbas » [actions qui consistent essentiellement à couper les voies de circulation -rues, routes, autoroutes- avec des barricades improvisées et généralement non défendues, le but étant d’empêcher le fonctionnement normal des services public, NdT] contre le gouvernement bolivarien (Venezuela, 2014 et 2017) ; et, bien entendu, les attaques constantes contre les gouvernements du Nicaragua, du Salvador et de Cuba, ne sont que quelques-uns des modes d’action de la droite quand elle ne contrôle pas le pouvoir politique (compte tenu de ce que les pouvoirs médiatique, judiciaire et économique leur appartiennent toujours).

Quand la droite parvient à se saisir du pouvoir politique, on assiste à des expériences comme dans l’ Argentine de Mauricio Macri, où les opposants comme Milagro Sala (et une dizaine d’autres militants) sont emprisonnés et, malgré les résolutions de l’ Organisation des Etats Américains (OEA), de Human Rights Watch, de la Commission interaméricaine des droits humains (CIDH) et du Groupe de Travail sur la Détention Arbitraire des Nations Unies, qui ont résolu que la détention de la députée du Parlasur est « arbitraire » et qu’elle doit être « immédiatement libérée », elle reste incarcérée.

À cela, le gouvernement Macri ajoute la répression des mouvements sociaux, car, tout comme au Brésil, au Paraguay, en Colombie et au Mexique, le plan de redressement politique, économique et social répond à une logique bien connue : mesures d’austérité-protestation-répression.

Les gouvernements de Macri, du putschiste Temer au Brésil et d’ Horacio Cartes au Paraguay ont décidé d’utiliser l’arme médiatico-judiciaire pour poursuivre et tenter d’emprisonner, de proscrire ou, tout au moins, de salir l’image publique des principaux représentants politiques des secteurs populaires : Cristina Fernández de Kirchner (Argentine), Luiz Inacio “Lula” Da Silva (Brésil), Fernando Lugo (Paraguay). Ces dirigeants sont en tête des intentions de vote dans leurs pays respectifs, ce qui est totalement inadmissible pour la droite.

En Colombie, au Mexique et au Honduras, le crime politique fait désormais partie du quotidien. Et, cela va de soi, l’OEA, dirigée par l’Uruguayen Luis Almagro, regarde ailleurs dès qu’il est question des crimes commis par la droite.

Malgré l’avancée que représente l’accord de paix entre le gouvernement colombien de Juan Manuel Santos et les Forces armées révolutionnaires de Colombie – Armée du peuple (FARC – EP), les paramilitaires, avec la complicité d’un secteur du gouvernement, assassinent quotidiennement des leaders sociaux, des dirigeants politiques, des dirigeants de mouvements de défense des droits humains, et des membres de la guérilla.

Au moins 68 dirigeants sociaux, six membres des FARC –EP et neuf parents de guérilleros ont été assassinés depuis le début du processus de paix. Le mouvement Marcha Patriótica a dénoncé l’assassinat de 138 de ses membres par les paramilitaires.

Dans ce contexte, le ministre colombien de la Défense, Luis Carlos Villegas, a affirmé qu’il n’existe pas de paramilitaires dans son pays. Cynisme, stupidité ou complicité ?

Au Mexique, la liste des crimes commis pendant le mandat d’Enrique Peña Nieto s’allonge de jour en jour. Rien qu’en 2017 ont été assassinés les journalistes Javier Valdez (Sinaloa) et Sonia Córdova (Jalisco), l’animateur de radio Filiberto Álvarez Landeros, (dans l’ État de Morelos), la correspondante de La Jornada Miroslava Breach (Chihuahua), le directeur de La voz de la tierra caliente et collaborateur du journal El Universal, Cecilio Pineda (Guerrero), le directeur du journal El Político, Ricardo Monlui Cabrera (Veracruz), le reporter du blog Colectivo Pericú, Maximino Rodríguez Palacios (Basse-Californie du Sud), et maintenant le cameraman Edwin Rivera Paz (Veracruz).

Depuis l’an 2000 jusqu’à ce jour, on dénombre malheureusement dans le pays de Moctezuma un total de 127 journalistes assassinés et 23 disparus. Un tiers de ces crimes (43) a été commis sous le mandat du président Peña Nieto. La majorité d’entre eux reste impunie.

Les 43 étudiants kidnappés et disparus en septembre 2014 à Ayotzinapa ─un crime commis par des narcotrafiquants et des policiers avec la complicité de certains secteurs de la classe politique mexicaine corrompue─ ont concentré les regards du monde entier sur le Mexique. On s’est alors aperçu qu’il existait dans ce pays « beaucoup de 43 », des millers de disparus, des centaines de milliers de disparus. La recherche des « 43 » a mené à la découverte de dizaines de fosses communes contenant des centaines de cadavres.

L’assassinat de Berta Cáceres n’est que le plus connu de la dizaine d’assassinats de dirigeant de mouvements sociaux et politiques, de militants des droits humains et de journalistes commis au Honduras après le coup d’ État qui a renversé Manuel Zelaya.

Qu’elle contrôle ou non le pouvoir politique, la droite a démontré que la violence, l’autoritarisme et l’intolérance font partie de ses gènes et que, même quand elle s’habille d’oripeaux démocratiques, ses intérêts s’opposent à ceux de l’immense majorité, et, par conséquent, à l’essence même de la véritable démocratie.


Traduit par Jacques Boutard
Edité par Fausto Giudice

Merci à Tlaxcala
Source: http://www.diariocontexto.com.ar/2017/07/21/derecha-y-violencia-dos-terminos-inseparables/
Date de parution de l'article original: 21/07/2017
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=21064

Alter Info l'Information Alternative

La CIA confirme publiquement qu’elle travaille au changement de régime au Venezuela

La CIA confirme publiquement qu’elle travaille au changement de régime au Venezuela
Bien que les grands médias taisent cette information, ou minimisent les dires du « Ministre des Affaires Étrangères du Venezuela selon lequel le directeur de la CIA aurait affirmé que… etc… etc… », ou traitent carrément par l’ironie les protestations du président Maduro (1), c’est à présent officiel. Le directeur de l’Agence Centrale de Renseignement des États-Unis (CIA), Michael Richard Pompeo, vient de révéler publiquement la tenue de plusieurs réunions avec la Colombie et le Mexique (2) pour évaluer les « manœuvres qui pourraient être appliquées depuis ces nations en vue d’obtenir un meilleur résultat » dans les efforts menés pour « changer le gouvernement du Venezuela ».

L’interview a été réalisée le 20 juillet 2017 au Forum sur la Sécurité d’Aspen (3), au Colorado. On peut lire l’échange sur le Venezuela entre la journaliste Vanessa Neumann, présidente de l’entreprise Asymmetrica, et le Directeur de la CIA aux pages 33-34 du texte intégral en anglais :

Cet échange est également visible sur la vidéo intégrale de l’interview de Pompeo (à 55:30) :





« Vanessa Neumann: j’ai la double nationalité, états-unienne et vénézuélienne. Voici donc ma question puisque nous n’avons rien couvert de l’hémisphère occidental dans ce forum. Il est évident que le changement de régime de Maduro et du Venezuela, nous l’espérons, est imminent ou qu’il est en train de s’écrouler en spirale – soit nous nous convertissons en Cuba dans deux semaines et nous mourrons pour toujours, soit il y aura un changement dans 60 ou 90 jours. Je suis intéressée de connaître votre évaluation par rapport aux intérêts états-uniens, aux menaces de la part du Venezuela et bien sur quels sont les intérêts russes, iraniens dans la région.

« Michael Pompeo: Merci de ta question. Quand tu as un pays aussi grand, avec une capacité économique comme celle du Venezuela, les États-Unis ont grand intérêt à s’assurer qu’il soit aussi stable et démocratique que possible. Et par conséquent nous travaillons dur dans ce but. Je fais toujours attention quand je parle de l’Amérique Centrale ou du Sud et de la CIA, il y a beaucoup d’histoires là-dessus (rires). Je dois faire très attention à ce que je vais dire mais nous, nous avons beaucoup d’espoir dans le fait qu’il puisse y avoir une transition au Venezuela et nous, la CIA, faisons tous nos efforts pour comprendre la dynamique là, pour la communiquer à notre Département d’État et aux autres. Les Colombiens, je suis allé à Mexico et à Bogotá la semaine dernière pour parler de ce sujet, pour essayer de les aider à comprendre les choses qu’ils pourraient faire pour avoir un meilleur résultat dans cette partie du monde et dans notre partie du monde. »

Notes :

(1) Ignacio Ramonet : « Tout vaut, tout sert dans cette « ère du relativisme post-factuel », et même les faits ou les données les plus objectifs ne sont pas pris en considération. Même l’argument – si évident pour le Venezuela – du complot, de la conjuration, de la conspiration, n’est pas accepté. Le nouveau discours médiatique dominant dénonce et ridiculise d’avance « le prétendu complotisme » comme un argument inacceptable de « récits à l’ancienne », non recevable… », voir https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/01/05/les-10-victoires-du-president-nicolas-maduro-en-2016-par-ignacio-ramonet/

(2) Intimement liés aux puissances du narcotrafic et aux intérêts des multinationales, les gouvernements néo-libéraux du Mexique et de la Colombie appliquent des politiques agressives de privatisation de l’économie et sont signataires de plans de coopération militaire et policière avancés avec les Etats-Unis. Avec pour conséquence des chiffres records en matière d’assassinats par les forces de sécurité ou « paramilitaires », de militants sociaux, de défenseurs des droits de l’homme, de l’environnement et de journalistes.

(3) L’Aspen Institute est une organisation internationale créée aux États-Unis et financée principalement par des fondations liées à l’élite des grandes corporations comme Carnegie, le Fonds des Rockefeller Brothers, la Fondation Gates, la Fondation Lumina et la Fondation Ford. Il se consacre à promouvoir les « démocraties participatives » depuis la vision de la droite néo-libérale. L’institut a son siège à Washington et compte un campus à Aspen, Colorado (son lieu d’origine).

Source : https://red58.org/la-cia-confirma-que-está-trabajando-para-derrocar-a-venezuela-c485f0754487

Traduction : Thierry Deronne

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-2Wx

Merci à Venezuela Infos
Source: https://red58.org/la-cia-confirma-que-est%C3%A1-trabajando-para-derrocar-a-venezuela-c485f0754487
Date de parution de l'article original: 24/07/2017
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=21041

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FRANCAMERIQUE : LA VISION CYNIQUE ET HUMILIANTE DE TRUMP SUR LA FRANCE DOMESTIQUEE DE MACRON L’AMERICAIN !

FRANCAMERIQUE : LA VISION CYNIQUE ET HUMILIANTE DE TRUMP SUR LA FRANCE DOMESTIQUEE DE MACRON L’AMERICAIN !
# LUCMICHEL. NET/
FRANCAMERIQUE : LA VISION CYNIQUE ET HUMILIANTE DE TRUMP SUR LA FRANCE
DOMESTIQUEE DE MACRON L’AMERICAIN !

 
La géopolitique du Bloc américano-occidental (USA – NATO – OTASE – UE
et cie) est aujourd’hui strictement darwiniste : les petits poissons
sont avalés par les gros, les gros par le « Leviathan » yankee (relire
Hobbes) … Et si il y a toujours une « Françafrique » ou Paris avale
les petits poissons africains, la France post-gaulliste
(Sarkozy-Hollande-Macron) est-elle domestiquée par la « Françamérique
»  …
 
LE PRESIDENT SOUMIS DE LA FRANCE-CARPETTE YANKEE !
 
Florilège trumpien sur Twitter :
"Il adore me prendre le main", s'en étonne encore le 45ème
president-elect, qui se souvient: "Il m'a appelé et m'a dit:
'J'aimerais vous avoir ici et vous honorer en France'. (...) Quand il
m'a demandé, j'ai dit: 'Vous êtes sûrs que c'est une bonne chose que
j'aille à Paris? Je me suis retiré de l'Accord sur le climat la
semaine dernière... C'est une bonne chose?' Il a répondu: 'Ils vous
adorent en France.' J'ai dit: 'D'accord, je ne veux pas vous vexer'."
Ainsi donc, pour ne pas vexer les Français, Donald Trump a accepté
l'invitation... et ne s'attendait pas à un tel événement. "Emmanuel
Macron a été très respectueux" avec Trump. "Il est intelligent. Fort",
poursuit-il. "Les gens ne réalisent pas à quel point il adore me
prendre la main. Et c'est très bien, dans une certaine mesure." Les
observateurs auront en effet remarqué qu'il y a eu tellement de
poignées de main, ce jour-là, qu'il est difficile de les recenser.
"C'est une très bonne personne. Et un type fort, mais voyez-vous, il
faut qu'il le soit. Je pense qu'il sera un président super pour la
France. Mais il aime vraiment me prendre la main." L'ex-magnat de
l'immobilier dans toute sa splendeur …
 
la France-carpette yankee du « young leader 2012 » de la
French-American Foundation.
Les chiens soumis aiment eux aussi beaucoup lécher la main du maître …
 
* Lire sur AFP/LLB :
http://www.lalibre.be/actu/international/macron-il-adore-me-prendre-la-main-le-debrief-tres-trumpien-d-un-14-juillet-top-de-chez-top-59705946cd706e263ee8b29c
(attention Média de l’OTAN ! Lire avec esprit critique …)
 
* Relire sur RELIRE PCN-INFO
POUR COMPRENDRE CE QUI SE PASSE EN FRANCE :
LA ‘FRENCH-AMERICAN FOUNDATION’ MATRICE DE LA COLLABORATION FRANCAISE
http://www.lucmichel.net/2017/05/15/relire-pcn-info-pour-comprendre-ce-qui-se-passe-en-france-la-french-american-foundation-matrice-de-la-collaboration-francaise/
 
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« Jour J » pour le changement de régime par la force au Venezuela

« Jour J » pour le changement de régime par la force au Venezuela
 « Jour J » pour le changement de régime par la force au Venezuela
Moon of Alabama
 
Les Etats-Unis soutiennent l'opposition de droite au Venezuela contre le gouvernement socialiste du président Maduro.
 
Depuis avril, l'opposition tente de déloger le gouvernement en menant des opérations violentes de changement de régime. Ses manifestations et ses combats de rue avec la police sont dirigés par des gangs violents et militarisés :
 
Les manifestations de rue actuelles au Venezuela ressemblent de plus en plus à une guerre pure et simple. Alors que les forces de sécurité tirent des balles en caoutchouc, des gaz lacrymogènes et de temps en temps des balles réelles sur les foules agitées, des groupes de plus en plus déchaînés répondent avec des lance-pierres meurtriers, des bombes artisanales et des cocktails Molotov.
 
Cette semaine, sept membres de la garde nationale, qui roulaient à moto, ont été blessés à Caracas lorsqu'une bombe posée au bord de la route a explosé.
 
Les troupes de choc de l'opposition sont dirigées par des groupes de jeunes gens qui se font appeler les Templiers, les Guerriers ou les Arcadians. Collectivement, ils sont connus sous le nom de Chamos de la Resistancia  qu’on peut traduire par Jeunes de la Résistance.
 
Ce n'est pas seulement par hasard qu’on assiste à des développements comparables à ceux des violentes révolutions de couleur  en Libye, en Ukraine et en Syrie. Les forces paramilitaires qui se cachent derrière les « manifestants pacifiques » attaquent les institutions policières, militaires et civiles pour provoquer une escalade conduisant à la guerre civile. La semaine dernière, l'opposition au Venezuela a annoncé qu’aujourd'hui c’était le « Jour J » pour une nouvelle tentative de coup de d’état contre le président Maduro:
 
Le pilote fugitif de la police qui aurait soi-disant volé un hélicoptère et l'aurait utilisé pour attaquer la Cour suprême du Venezuela est apparu à un rassemblement de l'opposition dans la capitale, Caracas, ont déclaré des participants à CNN.
 
Oscar Perez, un officier de la force d’investigation de la police du pays, s'est adressé à la foule, pour inciter l'opposition à continuer à manifester.
...
« Une grève générale le 18 juillet, une grève sans retour. Le jour J commencera mardi. Le référendum aura lieu dans la dignité, nous serons dans la rue pour défendre les gens ».
 
La date a été confirmée hier:
 
Les dirigeants de l'opposition vénézuélienne ont appelé leurs partisans à intensifier les manifestations de rue et à soutenir une grève nationale de 24 heures plus tard cette semaine, après que plus de 7,1 millions de personnes ont rejeté le projet du gouvernement de réécrire la constitution.
...
Une coalition d'une vingtaine de partis d'opposition s'est réunie lundi à son siège pour organiser une campagne de désobéissance civile « Jour J » dans les deux semaines qui précèdent le vote du gouvernement.
 
Dimanche dernier, l'opposition a organisé un vote citoyen auquel la participation a été moins importante que ne l’espérait l'opposition. Les résultats n’ont pas été annoncés, seulement le nombre de participants :
 
Dimanche soir, l'opposition a publié seulement le nombre des personnes qui sont venues voter, mais n’a pas donné le détail des votes, même si on pense que pratiquement tous les votants ont répondu « oui » au rejet de la réécriture de la Constitution.
 
Il y a environ 19 millions d'électeurs inscrits au Venezuela. Une participation de sept millions pour un vote citoyen, si le chiffre est vrai, est significative, mais pas décisive, ni probante. La dissimulation des résultats permet de supposer que les réponses aux questions du vote citoyen ne sont pas en faveur du plan de l'opposition.
 
Il est difficile de savoir ce que les Vénézuéliens pensent réellement. Les sondages sont toujours manipulés dans le pays. La politique économique de Maduro, qui s’est heurtée à la chute des prix du pétrole, au sabotage des riches importateurs et exportateurs et aux sanctions étasuniennes, n'a pas donné de résultats. Mais le vote de l'Assemblée nationale de 2015 remporté par l'opposition était plus un vote de protestation contre les problèmes économiques qu'un vote en faveur du vague programme de l'opposition.
 
Il est évident que l'opposition au Venezuela est fortement soutenue par les diverses institutions de changement de régime des États-Unis. Certains de ses agents ont des liens étroits avec la DEA et la CIA. Les médias étasuniens sont, comme d'habitude, complètement en faveur du programme de changement de régime des États-Unis. Ils incitent depuis longtemps à la révolte contre le gouvernement socialiste du Venezuela.
 
Une déclaration officielle de Trump sur le Venezuela, publiée hier, brille par son absence de faits concrets :
 
Hier, le peuple vénézuélien a encore montré clairement qu'il défendait la démocratie, la liberté et la primauté du droit. Pourtant, ses actions, fortes et courageuses, continuent d'être ignorées par un mauvais chef qui rêve de devenir dictateur.
 
Les États-Unis ne resteront pas inactifs pendant que le Venezuela s'effondre. Si le régime de Maduro impose son assemblée constituante le 30 juillet, les États-Unis prendront des mesures économiques fortes et rapides.
 
Trump ferait-t-il une déclaration pareille sur la volonté du « peuple américain » si les démocrates avaient organisé, contre lui, un vote citoyen auquel avait participé plusieurs millions de personnes?
 
Le gouvernement de Maduro a appelé à un vote le 30 juillet pour élire les membres de la future assemblée constitutionnelle. Il n'a rien « imposé » du tout. L'opposition va tenter de semer le chaos dans les rues jusqu'à cette date et elle a vraisemblablement prévu quelques actions d’éclat.
 
Le gouvernement a jusqu'à présent réagi par la passivité aux protestations violentes. La police s’est contentée de protège des bâtiments du gouvernement et de démolir des barricades qui bloquaient des routes. Mais le gouvernement n’a pas procédé à des vagues d’arrestation, ni tenté de prendre un contrôle plus étroit de la situation. A moment donné de de telles mesures deviendront inévitables. La question est « quand » ?   
 
MoA - "Zero Day" for Violent Regime Change in Venezuela
 

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Macron digne héritier de la Françafrique

Les déclarations de Macron ne laissent guère de place au doute: pour lui, en Afrique, le changement, ce n’est pas maintenant. Il a revêtu avec aisance les habits de la Françafrique qui ont tant profité à ses prédécesseurs et une réelle souveraineté économique et diplomatique des peuples africains n’est pas à l’ordre du jour.
Macron digne héritier de la Françafrique
Deux questions importantes animent les débats à l'heure actuelle en Afrique au sein des cercles souverainistes et panafricanistes. Tout d'abord celle du franc CFA, considéré par de nombreuses personnes comme une monnaie néocoloniale qui permet à l'ex-métropole de maintenir ses «anciennes» colonies dans un état d'asservissement. La deuxième question concerne la souveraineté pure et simple des États africains, en premier lieu d'Afrique francophone de l'Ouest et du Centre, notamment sur la possibilité de mener une politique internationale indépendante et de créer des partenariats forts avec un certain nombre de pays du monde, notamment non-occidentaux.

Si sur la première question, Emmanuel Macron avait déclaré dans un entretien à Jeune Afrique (une semaine avant le premier tour des élections présidentielles françaises) que «c'est un choix qui appartient d'abord aux Africains eux-mêmes», tout en laissant entendre que selon lui le franc CFA avait de l'avenir, puisqu'«il contribue à la stabilité économique et à l'intégration régionale». À ce niveau, tout laisserait entendre qu'il ne voyait rien de mal à ce que les peuples africains puissent prendre des décisions, dans le respect de leur prétendue souveraineté.

Mais le souci pour de nombreux observateurs africains, c'est que dès qu'un dirigeant a le courage de contester le système existant entre la France et certains pays d'Afrique, le risque pour lui de mal finir augmente en conséquence. Tout le monde garde en mémoire le triste sort réservé au président ivoirien Laurent Gbagbo, qui avait justement «osé» remettre en cause plusieurs aspects des rapports franco-ivoiriens. Il est aujourd'hui emprisonné par la CPI, alors que les accusations émises à son encontre sont plus que douteuses. Nous en avons déjà parlé plusieurs fois.

Une déclaration plus récente de Macron, toujours en rapport avec l'Afrique, ravive encore les tensions. En effet, juste après le sommet du G20 à Hambourg, répondant à une question d'un journaliste africain, le président français déclara: «Dans des pays qui font encore sept enfants par femme, vous pouvez dépenser des milliards d'euros, vous ne stabilisez rien…». Au-delà du débat sur la justesse ou non d'avoir sept enfants par femme et du mépris que traduit cette déclaration choquante, les questions véritables sont ailleurs.

Tout d'abord, chaque nation est en principe souveraine. Si dans telle ou telle société, la démographie reste élevée, c'est une question intérieure qui ne concerne que ladite nation. En même temps (pour reprendre une des antiennes favorites de Macron), il est vrai que faire beaucoup d'enfants alors que l'on est déjà dans une situation économique difficile n'est probablement pas la meilleure solution.

Mais alors posons-nous la question suivante: comment se fait-il que plusieurs pays africains possédant des ressources naturelles impressionnantes se retrouvent dans une telle situation? Certains diront qu'il s'agit de la mauvaise gestion et dans plusieurs cas c'est vrai. Mais comme par hasard, cette mauvaise gestion se retrouve principalement dans des pays encore sous influence occidentale et notamment française, en d'autres termes sous domination néocoloniale. Comment se fait-il que la Guinée équatoriale (très stigmatisée par les médias occidentaux) ait un niveau de vie de plusieurs fois supérieur à celui du Gabon voisin, considéré par certains experts comme «la réserve pétrolière de la France» et qui fait justement partie plus qu'intégrante de ce fameux système de la Françafrique? Relevons au passage que les deux pays ont une démographie et des ressources comparables. Comment se fait-il que la France puisse prendre jusqu'à 95% du revenu sur l'exploitation de telle ou telle ressource africaine et affirmer que cela est normal?

Examinons aussi le cas de l'Angola. Ce pays lusophone, avec un taux de fécondité de 5,3 enfants par femme a traversé de très longues années de guerre, d'abord pour son indépendance contre le Portugal, puis une guerre civile de 27 ans, provoquée par la CIA et le régime d'apartheid sud-africain de l'époque. Il se permet pourtant d'accueillir des dizaines de milliers de migrants portugais (plus de 200.000 aux dernières nouvelles) et même d'en expulser plusieurs milliers par an pour violation des délais de séjour, tandis que d'autres Africains au péril de leur vie sont prêts à tout pour se retrouver en Europe? Beaucoup d'ailleurs périssent en mer Méditerranée, parmi eux beaucoup de représentants d'Afrique francophone. La réponse est relativement simple: l'Angola, au prix de nombreux sacrifices et du soutien accordé par l'URSS et Cuba, a pu arracher sa souveraineté tellement convoitée par les forces néocoloniales. Les pays francophones de l'Ouest et du Centre africain en sont encore loin.

Reconnaissons que la critique va dans les deux sens. D'un côté, la France, ou plutôt les élites de l'Élysée, font tout pour garder leur mainmise sur leurs «ex» colonies, au besoin par la force armée si un dirigeant africain dérange lesdits intérêts. Ce fut le cas en Côte d'Ivoire, pays riche en termes de ressources naturelles, mais dont les citoyens, surtout les jeunes, continuent à émigrer en masse.

D'un autre côté, certains Africains gagneraient à comprendre que le combat pour la souveraineté est une lutte de longue haleine. Si les Angolais, tout comme plusieurs peuples d'Amérique latine, ne s'étaient pas battus jusqu'au bout contre les forces néocoloniales, ils feraient certainement encore partie de l'arrière-cour néocoloniale. De même, ils doivent réaliser que ce ne sont certainement pas des forces extérieures qui viendront libérer l'Afrique à la place des Africains eux-mêmes. Ce n'est qu'une fois que l'on dispose de sa souveraineté qu'il est possible de forger des alliances et des partenariats qui assureront au mieux les intérêts des peuples concernés. Ce qu'on appelle aussi le partenariat gagnant-gagnant.

Quant au fait d'avoir une démographie élevée, mis à part l'exemple africain de l'Angola, il suffit de prendre l'exemple de l'Inde. Avec ses 1,3 milliard d'habitants, elle est une grande puissance régionale et internationale, dont le développement ne cesse d'impressionner. Mais différence de taille: l'Inde comme l'Angola sont des nations souveraines. D'ailleurs, ce sont loin d'être les seuls exemples. Pour se défendre, les élites occidentales, y compris françaises, aiment agiter «la menace chinoise» dans les médias mainstream, à savoir que la Chine les pousseraient définitivement hors d'Afrique s'ils laissaient faire les choses. Mais un partenariat honnête s'impose non pas par les armes et la menace, mais bien par une concurrence loyale, en présentant au mieux ses atouts. Et la France n'en manque pas. Pourtant, sa politique ouvertement néocoloniale et agressive en Afrique d'un côté et de soumission aux intérêts atlantistes US de l'autre, peuvent anéantir ses chances. Quant à la Chine, son respect de la souveraineté de l'Afrique et son principe de non-ingérence dans les affaires intérieures africaines, tout en pensant évidemment à ses propres intérêts, font qu'elle est de plus en plus appréciée sur le continent africain, malgré les campagnes médiatiques contre elle.

Les sondages d'opinion organisés dans plusieurs pays africains montrent d'ailleurs bien qui à, la cote et qui l'a de moins en moins.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.


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John MacCain, un patriote à vendre

John MacCain, un patriote à vendre


    Il a été souvent noté que le sénateur US John McCain a la réputation d’être fin connaisseur en matière de politique étrangère. Personne ne peut soutenir qu'il s’intéresse à autre chose. Au cours de sa campagne présidentielle de 2008, quand la crise financière faisait rage, il a reconnu ne pas se soucier beaucoup de l'économie, et c’est ce qui a aidé à faire échouer sa candidature. Il y a des signes qui montrent qu'il n'est malheureusement pas mieux loti en ce qui concerne son sujet préféré, la géopolitique.


    En fait, ce qu’il préconise systématiquement revient à sacrifier les intérêts US. Il a poussé à la confrontation et même à la guerre contre une ribambelle de pays : Serbie, Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, Iran, Corée du Nord et contre le pire de tous pour lui, la Russie. Il est rare qu’il ne veuille pas voir les USA se mêler d’un conflit et qu’il ne veuille pas rendre un déploiement militaire permanent. Quel que soit le problème international, il n’envisage qu’une solution, le recours à l’armée.


    Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que The National Interest ait maintes fois critiqué la myopie de sa vision géopolitique. The National Interest est le seul à remarquer cette tare, qui est pourtant évidente depuis pas mal de temps pour la plupart des analystes géopolitiques.


    En avril dernier, Fox News a publié un sondage de Morning Consult, sur la cote de popularité des politiciens US. D’après les résultats, avec 43% de désapprobation, John McCain est le moins apprécié.


    The American Thinker soutient à son tour qu’il serait temps que McCain quitte la carrière politique, et constate qu'il pourrait encore travailler pour MSNBC ou dans les shows politiques du dimanche, où, de toute façon, il passe le gros de son temps. Mais The American Thinker va plus loin. Il dit que McCain devrait démissionner et, à la retraite, incarner le rôle du général Buck Turgidson dans un remake de Docteur Folamour. Il n'a pas besoin de jouer la comédie, il lui suffit d’être lui-même.


    Depuis mi-juin, McCain est au centre d'un scandale financier et politique faisant que beaucoup commencent douter, non seulement sa moralité, qui a toujours été douteuse, mais aussi de son fameux patriotisme.


    Le scandale a éclaté quand de grands médias se sont mis à examiner la légalité du financement des sponsors de l'Institut McCain for International Leadership.


    En 2008, le journal britannique Guardian a dénoncé le sénateur McCain pour ses liens étroits avec les Rothschild. En violation directe des lois US, il va jusqu'à accepter les subventions de ces oligarques. En plus de ces oligarques occidentaux, l'institut de McCain a aussi été sponsorisé par une compagnie d'extraction de phosphate appartenant à l'État marocain (pour 100 000 dollars), par des lobbyistes iraniens du National Iranian-American Council (NIAC) (pour 205 000 dollars), et enfin, par son sponsor le plus généreux, l’Arabie Saoudite, qui a investi un million de dollars en 2014.


    Il est officiellement interdit que des intérêts étrangers sponsorisent des élus US, mais McCain a encore été tranquillement élu au sénat, pour son sixième mandat, en novembre 2016, grâce justement à ses sponsors.


    Le fait le plus singulier de la carrière politique de McCain s'est produit lors de sa campagne présidentielle en 2008. À l'époque, son quartier général avait envoyé par la poste une lettre officielle à la mission russe à l'ONU, lui demandant un soutien financier ; de sorte que Moscou aurait aussi pu l'aider à se faire élire. Malgré les demandes répétées d'enquête sur la soi-disant « piste russe » lors des dernières élections US, pour quelque raison, il a désespérément cherché à cacher le désir qu'il avait autrefois de créer des « liens plus étroits » avec la Russie, pour faire progresser sa carrière politique.


    Pourquoi l'ambassade saoudienne a-t-elle donné un million de dollars à l'institut de McCain et qu'attendait-elle en échange de cette exceptionnelle générosité ? Elle avait besoin de McCain pour convaincre les anciens combattants des guerres US d'aller occuper la capitale pour protester contre la loi JASTA.


    La manifestation à Washington des anciens combattants convaincus par McCain, n'était qu'une petite partie de la campagne pour laquelle l'Arabie saoudite a gaspillé plus de 8,4 millions de dollars au total. Pendant deux ans, d’après les documents déposés au Département d'État US sur le lobbying étranger, 14 entreprises ont gaspillé de l'argent pour faire paraître dans les médias, des articles sur le prétendu danger de la loi JASTA pour les soldats et même pour les diplomates à l'étranger. L’unique but de toute cette campagne de propagande était d’empêcher l'adoption de la loi JASTA.


    Seulement, les parents des victimes des attentats du 11 septembre espéraient cette loi afin de pouvoir saisir les tribunaux US afin d’être indemnisés pour la mort de leurs proches, en demandant des milliards de dollars de dommages-intérêts à l'Arabie saoudite pour ses nombreux parrainages de terrorisme. Mais toutes leurs demandes ont été rejetées par les juges sous prétexte qu’étant un État souverain, l'Arabie saoudite est à l’abri de la justice et, en vertu de la législation US, il est impossible de l'obliger à payer les sommes demandées.


    Il y a pourtant aux USA un groupe qui lutte bec et ongles pour le droit qu’ont les gens à savoir comment McCain et d'autres élus ont trompé les victimes du 11 septembre, et comment ils les ont privés de justice. Cette organisation s'appelle 28 pages et se compose principalement de proches des victimes des attentats du 11 septembre. Cette organisation a fait remarquer maintes fois qu’en acceptant l’argent saoudien, le sénateur McCain, et les autres intéressés par le lobbying de l’Arabie saoudite, ont empêché de demander des réparations à Riyad. Elle a aussi signalé la fureur des anciens combattants US quand ils ont appris qu'ils avaient été trompés par l'Arabie saoudite et John McCain, le « patriote à vendre », en s'opposant aux meilleurs intérêts des Étasuniens.


    Grete Mautner est allemande, chercheuse et journaliste indépendante, exclusivement pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.


NEO, Grete Mautner, 6 juillet 2017

Original : journal-neo.org/2017/07/06/john-maccain-the-patriotic-fighter-for-sale/
Traduction Petrus Lombard



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« … Et la lumière rouge de la roquette fût … » – La Corée du Nord souhaite une joyeuse fête de l’indépendance aux Etats-Unis

"... Et la lumière rouge de la roquette fût ..." - La Corée du Nord souhaite une joyeuse fête de l’indépendance aux Etats-Unis
Moon of Alabama
 
Pour fêter l’anniversaire de l'indépendance des États-Unis, la République populaire démocratique de Corée s’est fendue d’un remarquable feu d'artifice.
 
 
 
La télévision d'État de la RPDC a confirmé le succès du lancement et les données qui avaient été constatés par d’autres pays.
 
 
 
L'annonce arrive presque exactement six mois après que le président Donald Trump a fait cette prédiction.
 
 
La Corée du nord vient d’annoncer qu’elle est au stade final du développement d’une arme nucléaire capable d’atteindre les Etats-Unis. Cela n’arrivera pas !
 
Cette prévision s'est révélée fausse.
 
Jonathan McDowell @ planet4589 – 7h02 - 4 jul 2017
Récapitulatif: la Corée du Nord a lancé Hwasong-14 ICBM à 0040 UTC le 4 juillet vers l’est  à partir de l'aéroport Panghyon de Kusong. L’engin a volé sur une distance de 933 km et est tombé en mer du Japon, altitude maximale 2802 km
 
D’autres photos officielles du lancement ont été publiées. Le leader d'état nord-coréen Kim Jong-Un y a assisté.
 
La Corée du Nord a tiré le missile de telle sorte qu’il atteigne une très grande hauteur. Cela a limité la portée de l’essai. Quand on recalcule les données avec une trajectoire plus normale, la portée maximale du missile est estimée à 6 700 kilomètres avec une charge utile normale. Lancé de Corée du Nord, il pourrait atteindre l'Alaska mais pas les 49 états en dessous. Avec une ogive légère, et sans doute une petite charge nucléaire, la portée pourrait atteindre 10 000 kilomètres et atteindre les États du nord-ouest.
 
Trump va être critiqué pour la forfanterie de son tweet, et à juste titre. Mais personne ne pourra lui reprocher de ne pas avoir empêché la Corée du Nord de développer des missiles. Une guerre contre la Corée du Nord détruirait également la Corée du Sud et aurait des implications bien au-delà de la péninsule. Seule la fin des manœuvres militaires américaines autour de la Corée et la perspective d'un accord de paix complet aurait pu permettre de stopper le développement militaire de la Corée du Nord. Le Congrès des États-Unis n’a voulu ni de n’un ni de l’autre. Trump a essayé de pousser la Chine à prendre le pouvoir en Corée du Nord, mais la Chine n'a aucune raison acceptable de le faire. On pourrait tout autant rejeter la faute sur les anciens présidents américains - Clinton pour avoir rompu ses accords avec la Corée du Nord, Bush pour son hostilité générale et Obama pour sa « patience stratégique » qui lui a permis de ne rien faire.
 
La Corée du Nord a de très bonnes raisons de considérer les États-Unis comme un ennemi prêt à tout, et de ne jamais faire confiance aux déclarations ou accords des États-Unis. Il a besoin d’armes nucléaires pour sa légitime défense. Comme il ne peut pas faire confiance à ses voisins, il lui fallait accéder à l’indépendance stratégique. Il vient d’y parvenir.
 
Un petit état sous-développé vient de faire un « doigt d’honneur » aux États-Unis, et à Trump personnellement. On attend avec curiosité la réaction de Trump et des États-Unis.
 
MoA - "... And the rocket's red glare ..." - North Korea Wishes A Happy 4th of July
 

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Les mots, la réalité et l’empire américain dans l’ère Trump par Steven Newcomb

Les mots, la réalité et l’empire américain dans l’ère Trump par Steven Newcomb
Pour Faire Tomber l’Empire Anglo-américain-Christo-Sioniste…

Sans armes, ni haine, ni violence ; Juste par le pouvoir des MOTS !

Vidéo mise en ligne par Maya Legrand en VOSTFR de George Carlin

Les vrais proprios de ce pays savent la vérité, appelée le rêve américain… parce que vous devez être bien endormis pour y croire.”

~ George Carlin ~

La résistance au colonialisme passe par la résistance à la sémantique de l’oppression… (Steven Newcomb)

Les mots, la réalité et l’empire américain dans l’ère Trump

Steven Newcomb | 18 juin 2017 | URL de l’article source en anglais ► https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/words-reality-american-empire-age-trump/

Traduit de l’anglais par Résistance 71 | URL de l’article ► https://resistance71.wordpress.com/2017/06/22/la-resistance-au-colonialisme-passe-par-la-resistance-a-la-semantique-de-loppression-steven-newcomb/
Nous, nations originelles pré-américaines de ce continent, avons le pouvoir de la transformation. C’est un pouvoir appelé vocabulaire. Les mots sont la chose la plus simple avec lesquels nous faisons et façonnons la réalité. Comment emploierons-nous donc notre pouvoir des mots ? Développons d’abord un contexte afin de répondre à cette question.
Nous pouvons observer des siècles d’histoire ce qui inclut des colonisateurs envahisseurs venus ici d’un endroit appelé la chrétienté. Ils utilisèrent la violence génocidaire et la terreur avec leurs mots étrangers et leurs idées, dans un effort de forcer chaque nation libre et indépendante à vivre sous leur système-réalité de domination. La philosophe politique Hanah Arendt dit dans son livre “Origines du totalitarisme”:
La terreur sanglante extraordinaire se tenant durant les étapes initiales de la domination totalitaire est faite pour vaincre l’opposition et rendre toute opposition subséquente impossible…” Au travers des siècles, l’extermination des peuples natifs alla la main dans la main avec la colonisation des Amériques, de l’Australie, de l’Afrique.
Le système de colonisation des États-Unis a créé au moins trois noms pour son système de domination de nos nations: “la relation de confiance”, “le pouvoir plénier” et “la loi”. Si et lorsque nous contestons fondamentalement les concepts qui cimentent le système idéologique de domination américain, on nous considère comme étant contre le système “légal” des États-Unis, c’est à dire la force de l’habitude d’obéir et contre la “sécurité nationale du pays”. Ceci est mis en évidence par le rapport de l’Intercept sur la TigerSwan Corporation et son traitement des protecteurs de l’eau indigènes, les étiquetant comme des rebelles “insurgés” qui assument-ils, menacent ce que je préfère appeler la “sécurité nationale” du système de domination de l’empire américain.
Il y a une notion derrière l’expression de “la relation de confiance” qui est celle-ci: Nous avons le droit de “faire confiance” à nos “maîtres”, nos “oppresseurs” de “bien nous traiter”. Une simple définition du mot justice est de “donner à quelqu’un ce qui lui est dû” ou de “donner à quelqu’un ce qu’il peut avoir de plein droit.” Il y a néanmoins un problème majeur. Les colons se sont persuadés qu’ils étaient des “êtres supérieurs” qui méritent de plein droit le tribut et l’obéissance de nos nations originelles. Tribut sous la forme de la terre et l’obéissance à leurs idées imposées qu’ils appellent “la loi”.
Ils ont cru, se sont de fait auto-persuadés de mériter de plein droit le “dominion” ou droit de domination sur la terre et ses ressources au sein des limites de nos territoires traditionnels. Les premiers colons se pensaient même être des “élus de dieu” pour être les seigneurs de ces lieux. Pendant des siècles ces “seigneurs” auto-proclamés ont imposé leur système d’oppression sur nos nations, tout cela au nom du “don de la civilisation” qu’ils nous faisaient, ainsi que celui de la “liberté”. Ils ont utilisé ces mot mêmes pour nous enfumer et nous tromper. Le système de réalité que les envahisseurs ont éventuellement créé est le résultat de leurs mots, de leur vocabulaire, combiné avec leur profond désir de manifester un style de vie qu’ils appelèrent “américain” (NdT : pour l’expression de l’American Way of Life…)
Le style de vie américain est fondé sur un “rêve américain” impérialiste fait de richesses et de fortune obtenues au moyen d’un système de domination qui est utilisé pour abuser et profiter de la terre, des territoires et des eaux de nos nations originelles. Richesse et fortune ont pour résultat la puissance et le pouvoir et ce pouvoir mène au désir d’obtenir toujours plus de pouvoir pour avoir toujours plus de richesses et de fortune. Plus de pouvoir, combiné avec un système idéologique de domination, veut dire meilleur accès à la terre et aux ressources et une meilleure capacité de nous empêcher d’arrêter les projets comme celui du DAPL et ce même si le pétrole transporté est une sérieuse menace pour la santé de millions de personnes au travers de la pollution de l’eau.
Le cycle d’annihilation et d’exploitation de nos nations vieux de quelques siècles et la prise en compte de nos terres et territoires ancestraux est le moyen principal et central par lequel les États-Unis sont parvenus à leur “rêve américain”. La vie, la liberté et la poursuite du bonheur (càd des richesses et de la fortune) qui sont directement dérivés de l’exploitation des terres, des ressources et des eaux de nos nations. Il y a un sens caché dans la phrase de la campagne de Trump qui disait : Faire de l’Amérique de nouveau une grande nation !” C’est en fait pour poursuivre plus avant l’amour américain pour les richesses et la fortune. Le slogan est un feu vert pour l’exploitation débridée de tout et n’importe quoi qui puisse être extrait et converti en fric. Maintenant il y a des “pourparlers” de “ventes” des soi-disant “terres publiques, terres fédérales”, qui sont les terres et territoires traditionnels de nos nations originelles assujettis par les États-Unis sur la base de la Doctrine Chrétienne de la Domination.
L’aboutissement du “rêve américain” de richesses et de fortune est avalisé sur une affirmation de droit sur le sol et sur le pétrole. Des forces très puissantes au sein du systèmes des États-Unis ont affirmé un droit sur le sol, un droit de propriété, fondés sur la Doctrine Chrétienne de la Découverte et de la Domination, qui s’est étendue à l’affirmation d’un droit sur le pétrole et le sous-sol de nos territoires. Bien entendu le pétrole est une substance hautement cancérigène fait d’hydrocarbures qui sont convertis en carburants et qui conduisent l’économie américaine, sans presque un regard sur la toxicité, la destruction de la santé humaine, des voies d’eau, des nappes phréatiques et des écosystèmes qui en résultent.
Donc, comment devons-nous appliquer notre pouvoir des mots pour libérer et renforcer nos nations pré-américaines ? Standing Rock et Oceti Sakowin ( le conseil des sept feux de la Grande Nation Sioux) ont bien démontré le modèle avec l’enseignement du “Mni Wiconi” ou “L’eau c’est la vie”. Cette simple phrase communique à un niveau où la plupart des êtres humains peuvent s’identifier. Il n’y a personne que nous connaissions qui puisse boire du pétrole pour survivre. Mon épouse Paige m’a fait astucieusement remarquer récemment que l’économie globale est fondée sur une addiction à une substance hautement toxique, un poison : le pétrole. La fragmentation et de massifs projets d’extraction comme celui de l’exploitation toxique des sables bitumeux, empoisonnent l’eau sur de très vastes étendues, tout en empoisonnant les gens et d’autres formes de vie.
Vers la fin de sa longue vie, le politologue Chalmers Johnson fit remarquer dans un classique sous-entendu : “Les empires ne durent pas et leurs fin est en général assez déplaisante.” Il l’écrivait bien évidemment en référence à l’empire américain. Il a aussi dit :
A cette heure tardive, il est difficile d’imaginer comment le congrès [des États-Unis], tout comme le sénat romain dans les derniers jours de la République, pourrait être ramené à la vie et nettoyé de sa corruption endémique. échouant en une telle réforme, Némésis, la déesse de la rétribution et de la vengeance, bourreau de l’arrogance, attend patiemment de nous rencontrer.
Le monde observe la paralysie et la panne totale de l’administration Trump de l’empire américain, noyée dans son arrogance malsaine. Il est possible que l’ère Trump mène à une reconnaissance plus avant  de l’importance vitale de nos enseignements traditionnels, tel que Mni Wiconi (l’eau c’est la vie).

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Steven Newcomb – Universitaire, juriste, chercheur et écrivain Shawnee-Lenape – Auteur du livre : « Pagans in the Promised Lands : Decoding the Doctrine of Christian Discovery » et grâce aux larges extraits de traduction de l’anglais au français par Résistance71 en version PDF {N°4} de 45 pages ici ► « Païens en Terre Promise décoder la Doctrine Chrétienne de la Découverte » nous emmène toujours plus loin dans la sémantique, car les mots sont une arme et bien utilisés ils nous permettront CONJOINTEMENT (Indigènes et Non-indigènes) de faire tomber TOUS les empires en retirant notre consentement, d’un coup sec sous les pieds de l’Oligarchie régnante et un chouïa aux abois quand même. Car elle ne se cache même plus comme vous pouvez le lire là ► Bernard de Grande-Bretagne manœuvre au Moyen-Orient…

Steven Newcomb face à l’homme en jupe ; François 1er
Dans ce blog, de nombreux billets, en section PEUPLES PREMIERS, traitent de ces projets eugénistes, racistes et suprématistes ordonnés par les hommes en jupes, dès 1492 « …pour envahir, traquer, capturer, vaincre et subjuguer tous les Sarrasins, païens et autres ennemis du Christ où qu’ils soient et de réduire leur personnes en esclavage perpétuel… »…
Car pour beaucoup d’entre-nous, l’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur Terre.

TOUT SIMPLEMENT…

JBL1960


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Ce n’est pas Mme May qui a perdu, c’est Jeremy Corbyn qui a triomphé !

Pardonnez-moi mais ce que j’entends, je vois et je lis concernant le résultat des élections britanniques me laisse pantois. En effet, je n’arrive pas à comprendre comment est-ce possible que Mme May ait perdu, qu’elle fut écrasée et ait conduit “la pire campagne électorale des dernières décennies” quand le 42,4 % réussi par son parti a été sensiblement supérieur des résultats obtenus par le même parti Conservateur aux élections précédentes - qu’il avait gagné(!) - de 2015 (36,9 %) et 2012 (36,1 %). Comment une telle affirmation est-elle possible quand, à une seule exception près, ce 42,4 % est le plus important résultat obtenu par le parti Conservateur à toutes les élections depuis 1970 ? |1| Alors, que se passe-t-il quand la totalité des médias britanniques, les chaînes BBC et Skynews en tête, mais aussi la presse écrite et électronique internationale ignorent et oublient ce “détail”… de taille et imputent toute la responsabilité pour le résultat des élections à cette “pauvre” Mme May ? |2|
Ce n’est pas Mme May qui a perdu, c’est Jeremy Corbyn qui a triomphé !
L’explication est simple : Ils maltraitent la réalité et violent la vérité afin d’éviter - à tout prix - de nommer en public l’incontestable triomphateur des élections britanniques de 2017, Jeremy Corbyn ! Et ceci pour deux raisons. La première concerne les médias eux-mêmes et leurs fameux “ténors”, c’est-à-dire ce qu’ils disaient de Corbyn tout au long des deux dernières années et durant toute la campagne électorale : Que Corbyn est un politicien insignifiant, extrémiste et sans talent qui mène le parti Travailliste à un désastre historique, puisqu’il s’adresse uniquement à un petit auditoire d’extrême gauche avec un discours sorti tout droit de la naphtaline du 19e siècle n’ayant le moindre rapport avec les inquiétudes, les désirs et la réalité de la société et du monde modernes, etc. Et tout ça parsemé d’adjectifs extrêmement insultants pour sa personne et de photomontages qui le pressentaient soit comme un bouffon du roi soit comme un fou à lier (!) d’autant plus que - tenez-vous bien - … “Corbyn a l’habitude de manger ses haricots froids !”

Ce 40 % triomphal réussi par Corbyn n’a pas seulement démenti toutes ces célébrités de la presse britannique et internationale, ces “politologues” et autres fumistes de renom en service commandé. En réalité, il les a humiliés et ridiculisés semant la confusion dans leurs rangs, car il a porté un terrible coup à leur crédibilité qui est aussi crédibilité de leurs patrons. En faisant donc porter toutes les responsabilités au bouc émissaire nommé Theresa May, tous ces grands pontes n’ont rien fait d’autre qu’essayer de décliner leurs énormes responsabilités . En somme, se laver de tout soupçon au lieu de disparaître, si évidemment ils avaient un peu de dignité et d’amour-propre…

Cependant, tout ça n’est qu’un “détail” d’importance secondaire dans le grand affrontement de classe conclu (provisoirement) vendredi 9 juin avec le triomphe de Corbyn et la défaite non seulement de Teresa May et de ses Conservateurs mais aussi de l’ensemble de l’establishment néolibérale britannique, européen et international. En effet, étant donné que ce 40 % est le plus grand résultat obtenu par le Labour depuis...1973 (!), c’est le “pourquoi” de cet énorme pourcentage, c’est-à-dire le ”secret” de la victoire de Corbyn, qui devrait être caché et enterré à tout prix par ses ennemis jurés tant en Grande Bretagne que hors de ses frontières !

Nous voici donc au cœur du problème qui est aussi la principale raison du refus des “experts” et autres pontes de nommer le triomphateur de dernières élections britanniques. Et on doit admettre que ce ne leur était pas facile. Pourquoi ? Mais parce que, en pleine époque de domination totale des politiques néolibérales, Corbyn et son Manifeste ont osé prendre position en faveur de la nationalisation des services d’utilité publique, de l’augmentation substantielle des dépenses pour l’enseignement, le logement et la santé pour tous, de la suppression des frais d’inscription universitaires, de la protection des pensions et des salaires, et aussi pour une importante redistribution de la richesse en faveur du plus grand nombre et au dépens d’une minorité ! Exactement comme le disait le principal mot d’ordre de leur campagne : “For the many, not the few” ! En d’autres termes, parce que leur premier et dernier mot a été clairement - et sans les tristement célèbres acrobaties verbales de la “novlangue” néolibérale- contre l’austérité qui, depuis 35 ans, est présentée et appliquée presque partout sur la terre comme si elle était une “loi naturelle” qu’aucun “erre raisonnable” ne pourrait critiquer ou contester. Et ça d’autant plus que les champions de cette escroquerie monumentale ne sont pas seulement les partis de droite, mais aussi et peut être surtout la social-démocratie néolibérale de toute couleur et de toute origine !

Corbyn leur est donc insupportable non pas parce qu’il serait ... un bolchevique, mais tout simplement parce qu’il n’accepte pas les prétendues “évidences” du néolibéralisme. Parce qu’il est le démenti vivant - et gagnant (!) - de leur tristement célèbre TINA (There Is No Alternative), de leur “théorie” que les politiques néolibérales d’austérité seraient une fatalité et qu’il n’y aucune d’alternative pour l’humanité . Et évidemment, parce qu’il rejette l’idée fixe de tous les autres, y inclus les ¾ des députés de son propre parti Travailliste : Que les citoyens actuels ont horreur de son Manifeste “désuet” et se moquent de ses revendications et autres utopies “dépassées” et “irréalistes” contre la guerre et les armements, et en faveur de la solidarité et de l’internationalisme de “ceux d’en bas”, pour les droits des pauvres, des minorités et des immigrés. Le résultat des élections et la formidable réponse des travailleurs et surtout de la jeunesse à l’appel de Corbyn ont donné une claque monumentale à ceux-là et ont prouvé que tout ça n’était que de la pure propagande, ou plutôt une entreprise bien rodée de lavage de cerveau des victimes du capitalisme néolibérale. C’est-à-dire, nous tous …

Avant de terminer, on voudrait attirer l’attention du lecteur sur un événement plutôt rare par les temps qui courent. Des dizaines de militants du mouvement nord-américain qui soutient Bernie Sanders ont fait le voyage de Londres et ont offert leurs services à la campagne électorale du Labour en participant aux efforts de Momentum , le mouvement de l’aile gauche du parti qui appuie directement Jeremy Corbyn. Et l’un d’eux était Bernie Sanders lui-même durant la dernière semaine avant les élections. Détail significatif : Ils n’ont fait rien d’autre que restituer l’aide que leurs camarades Britanniques leur avaient offert il y a un an durant la campagne électorale de Bernie Sanders ...

Voici donc la bonne vieille solidarité internationaliste dans toute sa splendeur ! Grâce à Bernie et Jeremy et grâce aux mouvements que ces deux-là arrivent à inspirer non seulement par leurs idées et leurs politiques, mais aussi par leur exemple, leurs traits de caractère plutôt rares comme l’intégrité et la probité, la combativité et la modestie la implicite et l’aversion pour les intrigues et les privilèges bureaucratiques. Alors, le retour au premier plan de la solidarité, de cette grande valeur constitutive de la civilisation de “ceux d’en bas”, ne peut pas passer inaperçu. Il constitue un évènement fondateur de nos temps et change profondément les donnes parce que dorénavant c’est l’axe New York-Londres qui assume la tache lourde et combien difficile de devenir la locomotive qui saura tirer nous tous hors du marécage de nos défaites. Alors, profitons-en de l’aubaine et répondons en actes le plus promptement possible…


1| Voir le tableau : http://www.ukpolitical.info/

|2| La seule chose dont pourrait être accusée Mme May c’est qu’elle a décidé de convoquer des élections anticipées sans s’en apercevoir et tenir compte des nouveaux rapports de force que la présence de Jeremy Corbyn à la tête des Travaillistes était en train de créer. Car, comme s’il ne suffisait pas l’augmentation spectaculaire du score du Labour, son succès avait comme résultat de provoquer une polarisation politique sans précédent qui, à son tour, a pratiquement fait disparaître les petits partis intermédiaires. C’est d’ailleurs ce qui explique que l’exceptionnel 42,4 % obtenu par les Tories s’est traduit en la perte de sièges qui a conduit à la crise actuelle et non pas à l’importante majorité parlementaire qu’ambitionnait la “malheureuse” Theresa May.

http://www.cadtm.org/Ce-n-est-pas-Mme-May-qui-a-perdu-c

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Raids du Service de l’immigration à Detroit: Arrestations de dizaines de personnes qui seront déportées vers une zone de guerre en Irak

Dans une série de raids dimanche, les agents de l’immigration et des douanes américaines (Immigration and Customs Enforcement – ICE) ont arrêté environ une centaine d’immigrants irakiens dans la grande région métropolitaine de Detroit, des musulmans mais aussi de nombreux catholiques chaldéens dont plusieurs ont été arrêtés à la sortie de la messe.
Raids du Service de l’immigration à Detroit: Arrestations de dizaines de personnes qui seront déportées vers une zone de guerre en Irak
Des membres des familles de personnes arrêtées ont déclaré au World Socialist Web Site que les personnes arrêtées ont été envoyées à une prison à but lucratif qui se trouve à quatre heures de route près de Youngstown, en Ohio, où elles courent le risque d'une déportation immédiate vers l’Irak.

Une manifestation s’est déroulée lundi à l’église catholique Mother of God de Southfield au Michigan, où les amis et familles des personnes arrêtées en pleurs ont dénoncé bruyamment Trump et les agents de l’immigration.

Les parents disent que ces déportations équivalent à une «peine de mort» en raison de la guerre et des conflits sectaires qui déchirent l’Irak depuis l’invasion américaine du pays en 2003. Même si ICE prétend n’expulser que les criminels dangereux, des proches disent que certaines des personnes arrêtées ont été condamnées pour des crimes aussi mineurs que la possession de marijuana et que beaucoup de ces infractions remonteraient à des décennies.

La décision de l’administration Trump d’expulser les réfugiés en Irak fait voler en éclats les allégations selon lesquelles les guerres américaines en Irak et en Syrie sont des interventions «humanitaires» visant à protéger la population. En violation du droit international, le gouvernement américain envoie les personnes arrêtées dans une zone de guerre active elle-même dans une région qu’il continue de bombarder. L’Irak a été réduit en ruines par les 25 années de guerre permanente menées par les États-Unis et ses morts se comptent par millions.

Au moment même où les raids de ICE étaient menés dimanche, le département de la Défense publiait un communiqué de presse annonçant que l’armée américaine avait mené sept frappes aériennes en Irak contre Bayji, Kisik, Mossoul et Tal Afar ces derniers jours.

Les membres des familles ont été informés que leurs proches pourraient être envoyés à la ville irakienne d’Erbil, située à moins de deux heures de route de Mossoul, une ville actuellement assiégée où les États-Unis ont déjà tué des milliers de civils et où l’actuelle force d’invasion qu'ils soutiennent vient d’être accusée d’utiliser des munitions chimiques au phosphore blanc contre la population.

Mossoul, qui a été largement démolie par le siège des États-Unis, est le siège du diocèse de l’Église catholique chaldéenne et le foyer des Chaldéens, une population assyrienne dont les racines remontent à plus de 5500 ans en Irak.

La minorité chaldéenne en Irak n’était pas ciblée par le régime laïque de Saddam Hussein, mais des persécutions ont commencé à la suite de la guerre du golfe Persique de 1990-1991 lorsque les États-Unis ont provoqué un conflit sectaire dans la région kurde du nord du pays dans le but de déstabiliser le gouvernement baasiste.

Raids du Service de l’immigration à Detroit: Arrestations de dizaines de personnes qui seront déportées vers une zone de guerre en Irak
Les conditions se sont considérablement aggravées après l’invasion par l’armée américaine qui a alimenté la guerre sectaire en mobilisant des forces chiites contre les insurgés dans les zones sunnites majoritaires. Les deux factions islamiques ont ensuite persécuté les minorités religieuses telles que les Yazidis et les Chaldéens. Plus de 80 églises chaldéennes ont été bombardées depuis le début de l’occupation américaine.

Depuis l’invasion américaine de 2003, la population chrétienne totale de l’Irak est passée de 1,5 million à 400.000 personnes en raison des morts et de l’émigration. Des centaines de milliers de chrétiens irakiens ont fui en Syrie après l’invasion américaine, pour se retrouver pris de nouveau au piège dans un autre conflit.

Afin de provoquer une guerre civile et de forcer l’éviction de Bashar al-Assad dans la Syrie voisine, les États-Unis ont soutenu l’opposition dominée par la branche syrienne d’Al-Qaïda, le Front d’Al-Nusra, qui a également commis des atrocités contre les Chaldéens tant en Syrie qu'en Irak . Al-Qaïda serait responsable de l’assassinat de l’archevêque chaldéen Paulos Faraj Rahno de Mossoul en 2008.

Au cours des trois dernières années, l’État islamique a régulièrement détruit les églises chaldéennes, tué des responsables religieux et profané des ruines anciennes. Ce groupe islamiste s’est développé en Irak puis est apparu en Syrie grâce aux conditions créées par la politique délibérée des États-Unis d’alimenter un violent conflit religieux. En Irak, l’objectif est de maintenir la population divisée et plus facilement dominée par Washington. En Syrie, l’objectif est de faire tomber Assad.

La vague d'arrestations menée dimanche est le produit d’un accord conclu en mars par l’administration Trump avec le gouvernement irakien qui a supprimé le pays de l’ordonnance révisée de son administration interdisant les voyages en provenance de sept pays majoritairement musulmans. Selon les termes de cet accord, l’Irak a accepté de prendre des déportés des États-Unis, quelque chose que le pays n’a pas fait depuis des années.

Raids du Service de l’immigration à Detroit: Arrestations de dizaines de personnes qui seront déportées vers une zone de guerre en Irak
Beaucoup de Chaldéens présents lors de la manifestation lundi ont déclaré au WSWS qu’ils avaient voté pour Trump parce qu’il prétendait protéger les chrétiens en Irak et en Syrie. Un Chaldéen âgé dont le frère a été arrêté a déclaré: «J’ai voté pour Trump, ce n’est pas juste. C’est chez nous ici maintenant. Où allons-nous aller en Irak? Nous n’avons pas de pays, c’est pour cela que nous sommes venus aux États-Unis!»

Steve, un autre protestataire chaldéen dont le frère a été arrêté, a déclaré: «Trump a menti, il a dit qu’il s'en prendrait aux gens sans papiers légaux, mais tous ceux qui ont été arrêtés avaient des papiers. Mon frère s'est présenté pour un contrôle régulier aux autorités d’immigration, et il a été arrêté chez lui une semaine plus tard. S’ils emmenaient votre frère, votre père, votre sœur ou votre mère, comment vous sentiriez-vous? Que feriez-vous?»

Des scènes comme celle qui s'est déroulée dans le stationnement de cette église au Michigan lundi après-midi sont de plus en plus courantes aux États-Unis. Au cours des trois premiers mois qui ont suivi son investiture, l’administration Trump a arrêté plus de 40.000 immigrants, une escalade par rapport au nombre déjà élevé de personnes déportées sous Barack Obama.

Dans tout le pays, des parents de tous les horizons sont séparés de leurs enfants ou les uns des autres. Beaucoup de personnes, originaires notamment du Moyen-Orient, d’Amérique centrale et de l’Asie du Sud-Est vont être renvoyées dans des zones catastrophées et appauvries par l’impact des interventions impérialistes des États-Unis.

Le nombre de vies brisées par ces politiques se compte par dizaines de millions, et pourtant, le Parti démocrate garde un silence presque total à propos du programme de déportation massive de Trump.

Le Parti démocrate consacre plutôt toutes ses énergies politiques à lancer des affirmations néo-maccarthystes sans fondement selon lesquelles Trump est un agent de la Russie, le tout amplifié par des audiences du Sénat très médiatisées.

La tentative des démocrates de propager l’hystérie publique sur «l’ingérence étrangère» peut exacerber la confusion xénophobe et empoisonner davantage le climat politique en créant des conditions dans lesquelles les «étrangers» et les immigrants peuvent se retrouver victimes d’attaques physiques. La campagne antirusse des démocrates donne un tremplin aux groupes paramilitaires de droite et à la faction Bannon-Miller à la Maison-Blanche de Trump pour détourner la colère sociale contre les immigrants.

Si des audiences publiques étaient organisées sur le programme de déportation de Trump, les faits qui surgiraient choqueraient des dizaines de millions de personnes et les éduqueraient sur les conditions horribles auxquelles les immigrants sont confrontés.

Par exemple, le gouvernement met en place un réseau de camps pour accueillir des centaines de milliers d’immigrants, y compris ceux qui n’ont commis aucun crime. Le gouvernement a envisagé de mobiliser 100.000 soldats de la Garde nationale dans 11 États de l’Ouest et du Sud-Ouest pour incarcérer des millions d’immigrants. Les rangs de ICE et du Customs and Border Protection (CBP) – le service des douanes et de protection des frontières – pullulent de milliers d’agents fascistes qui trouvent «amusant» de battre et d’arrêter des immigrants. Les violations des droits des immigrants dans les procédures régulières sont tellement routinières qu’elles sont traitées comme allant de soi par les avocats de la Cour et les juges d’immigration.

Les démocrates n’ont pas exigé et n'exigeront pas d’audiences pour enquêter sur ces violations généralisées des droits démocratiques, en partie parce que l’administration de Barack Obama a commis des crimes semblables et déporté 2,7 millions d’immigrants. La tâche de faire en sorte que l’administration Trump soit traduite en justice pour les attaques contre les immigrants appartient à la classe ouvrière.


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Un seul individu conscient est plus dangereux pour le pouvoir que n’importe quelle autre menace!

C'est pourquoi, tout individu conscient qui s'informe et qui sait de quoi il parle, faisant preuve d'esprit critique, s'abstenant de relayer la manipulation exécrable pratiquée à grande échelle par les medias de masse au service d'un système de pouvoir verrouillé à tous les niveaux, se voit et se verra répétitivement accusé de « complotisme » par les benêts du journalisme fanatique.
Un seul individu conscient est plus dangereux pour le pouvoir que n'importe quelle autre menace!
Pour faire taire ces « maudits complotistes » qui empêchent le Pouvoir de dire et de faire ce qu'il veut, même après toutes les mesures liberticides qui n'en finissent plus, tous les moyens sont « bons » pour casser, détruire, étouffer, bâillonner, discréditer, anéantir la résistance à la dictature pure et dure dans laquelle nous nous trouvons désormais en Europe et maintenant en France avec les mesures anti constitutionnelles Macron qui arrivent !

Une multitude d'indices ; on devrait dire les monceaux d'éléments objectifs déversés sur la table de l'ONU, démontrent sans contestation possible, le mensonge de la propagande odieuse qui a été menée contre la Syrie et maintenant contre l'Iran, au service exclusif des intérêts d'Israël et de son complice cherchant quant à lui à maintenir son indiscutable hégémonie sur le monde avec le contrôle autocentré des ressources énergétiques de la Planète, bien décidé qu'il est de se moquer éperdument des accords de la COP21...

Les Nations Unies et leurs agences font, en ce moment même, l'objet de menaces et d'un « chantage » financier sans précédent de la part de l'administration Trump, pour les empêcher de dénoncer les violations israéliennes des droits de l'homme et bloquer les opérations de boycottes de nombreux pays contre Israël, le complice privilégié du Moyen Orient. Si nos Etats sont pris en otage par le terrorisme Israélo-étasunien, il est juste et bon de se rappeler que chacun, à la place qui est la sienne, peut continuer et intensifier son boycotte de tous les produits venant d'Israël.

L'armée mercenaire des USA, je veux dire Daech, les criminels djihadistes égorgeurs d'enfants, ont donc récemment reçu l'ordre, par les Etats-Unis d'Amérique, « l'axe du bien » d'aller égorger les enfants en Iran et aussi aux Philippines, étant donné que « le moment est venu, disait récemment un haut dirigeant Israélien, de faire exécuter Bachar el-Assad », puisque les égorgements d'enfants syriens n'ont pas donné le résultat escompté !

Les « complotistes » ont réussi à faire capoter la supercherie de la guerre par « proxy », organisée par la CIA, l'OTAN et tous leurs complices. Trop de gens ont appris, jour après jour, que le crime organisé, l'utilisation du gaz sarin et autres horreurs déchaînées contre le peuple Syrien, ami de son président, provenait des terroristes djihadistes au service d'Israël et des USA ainsi que de leurs complices les monarchies obscurantistes du Golfe, la France vassalisée de Hollande, Fabius et autres criminels relevant du TPI, (Je rappelle que cette affirmation est cautionnée par la citation des paroles de ces acteurs eux-mêmes, publiées dans les medias. Cf., les sources dans « Le djihad et le management de la terreur », JYJézéquel, éditions Vérone, 2017, 445 pages) ainsi que la Grande Bretagne, cette toujours « perfide Albion », et sans oublier celle que je ne peux pas appeler autrement que la « traînée » de l'UE !

Cette guerre par proxy (concept inventé par Zbigniew Brzeziński), poursuit son œuvre de destruction de tout ce qui n'est pas soumis à la dictature impériale et néo-colonialiste des USA, avec l'aide de ses mêmes complices qui continuent de nous mentir ouvertement en nous répétant qu'ils sont une « coalition luttant contre le terrorisme et l'EIIL », alors que chacun sait pertinemment que les USA encadrent, arment et protègent les bataillons de criminels djihadistes à leur service ! Selon les observateurs Russes sur le terrain, la « coalition dirigée par les USA » vient, de bombarder une énième fois l'armée gouvernementale syrienne pour permettre à Daech de sortir tranquillement de Raqqa, dans le but de redéployer ses djihadistes sur les Provinces où opèrent les troupes gouvernementales syriennes !

Daech est une armée mercenaire américaine qui obéit aux ordres des experts militaires US et se trouve continuellement protégée par eux. La seule lutte que mène cette « coalition dirigée par les USA», c'est une opposition armée explicite à l'avancée des troupes gouvernementales syriennes vers le nord-Est du pays... Les troubles actuels avec l'ancien allié Turc proviennent d'ailleurs de cette réalité qui a poussé les USA a faire alliance avec les Kurdes du Kurdistan irakien qui soutiennent Daech, (contrairement aux Kurdes du PKK), pour la simple raison que son chef Barzani, président de cette région, est aussi un agent du MOSSAD israélien depuis 1950 !

Une des confusions qui règnent dans les esprits par la désinformation facile, compte tenu de cet imbroglio innommable, provient du fait qu'il y ait des Kurdes qui luttent contre Daech et d'autres qui luttent avec Daech ! Les Kurdes qui luttent avec Daech sont évidemment ceux-là que les USA soutiennent alors qu'ils sont pires que Daech pour les Turcs !

Les USA sont donc les premiers et principaux responsables des massacres de la population syrienne ; massacres qui peuvent continuer grâce à ce « jeu de cache-cache » exécrable, motivé par leur politique impérialiste et pro israélienne. Tout cela ne peut que se terminer par une confrontation directe avec la Russie qui mettra évidemment un point final à ce délire criminel des Etats-Unis d'Amérique ayant entraîné dans sa pathologie fasciste les demeurés du continent européen qui paieront la note à leur place par des millions de morts et la ruine assurée qui se devine déjà, du moins au regard de ceux qui ont encore une conscience en alerte !

On en arrive donc à ce point crucial d'une observation lucide de la situation présente.

L'état d'urgence a été instauré par le gouvernement Valls le 14 novembre 2015 suite à l'attentat du Bataclan, perpétré par les « éléments dormants » de Daech. « Prolongé systématiquement depuis cette date, il permet en particulier au préfet, sans aucun contrôle du juge, de procéder à des perquisitions, d'assigner à résidence mais aussi de fermer des sites Internet, d'interdire des manifestations, de dissoudre des associations... Bref toute la panoplie de la parfaite petite dictature digne de la Corée du Nord », écrivait Philippe Alain dans son blog le vendredi 9 juin 2017.

Pourquoi Macron veut-il faire passer les prérogatives de « l'état d'urgence » dans le droit commun ?

Parce qu'il sait qu'un seul individu conscient est plus dangereux pour son pouvoir que n'importe quelle autre menace! Parce que le peuple Français est un peuple frondeur et qui ne manquera pas de se lever pour la contestation du plan que les USA mettent minutieusement en place sur le sol européen. Macron, admirateur des USA et agent inconditionnel de la Haute Finance, catapulté en quelques jours président de la République Française, grâce à la puissance absolue du Pouvoir financier qui dirige cette croisade de « l'axe du bien » contre « l'axe du mal », a reçu l'ordre, implicite ou explicite, peu importe, de tenir ses ouailles tranquilles.

Il organise donc un régime dictatorial dans lequel les citoyens Français ont perdu toutes les libertés acquises de longue lutte depuis la Révolution Française de 1789 ! C'est l'Etat fasciste par excellence, un Gouvernement de Vichy revenu célébrer le confort de l'autoritarisme en faisant à nouveau honneur au fascisme et à son « ordre absolu »...

Ce qui s'organise donc sous nos yeux, c'est la répression fasciste de tous les peuples récalcitrants européens !

La militarisation intensive de l'Union Européenne, et le passage dans le droit commun, des mesures d'exception de « l'état d'urgence » en France, annoncent très clairement le régime fasciste dans lequel l'Union Européenne tout entière est passée.

Aucune contestation ne sera désormais possible ; les manifestations seront interdites, « illégales », donc sévèrement punies par de la prison et autres moyens dissuasifs en cas de non soumission à la loi, comme leur répression à balles réelles (cette éventualité était écrite noir sur blanc dans le projet de Constitution Européenne, projet rejeté par la France en 2005)... Tout comportement « jugé comme non conventionnel », selon l'expression même de la loi Valls contre le « terrorisme », ne sera plus précisément « jugé » par un juge, mais par la simple supposition d'un préfet ou d'un policier ou d'une personne en mal de vengeance ! Personne ne sait ce que doit être un « comportement conventionnel » : il y a donc de la marge et une totale « liberté » pour la coercition ! Il ne serait même pas étonnant qu'on rétablisse la torture. Je ne vois pas pourquoi il faudrait, dans cette logique, s'arrêter à mi-chemin ? D'ailleurs il y a bien des manières de torturer efficacement quelqu'un : par exemple, en le marginalisant et en le privant de tous ses droits fondamentaux !

Le programme qui anime les actions de celui qui a été nommé président de la République Française en mai 2017, est l'organisation de la répression fasciste de la France, inclus dans le plan plus vaste de la répression fasciste de l'Union Européenne et de ses peuples récalcitrants.

Etant donné que nous avons été libérés en 1945 de l'occupation des fascistes Nazis, par la résistance exceptionnelle de la Russie ayant payé, pour notre libération, le prix de plus de 20 millions de vies russes, il était logique que la nouvelle occupation des fascistes ultra libéraux soutenue par son bras armé de l'OTAN, s'attaque à la Russie qui reste une écharde dans le pied de la prétention dominatrice de l'empire tout dévoué à la cause du profit pour le profit du monothéisme financier faisant la loi !

Il faudra sans doute que nous réorganisions la résistance dans les Vercors de la société française et aussi les escadrons 2/30 des « Normandie Niemen » aux côtés des Russes pour chasser d'Europe les armées du quatrième Reich, préparant en ce moment même les nouveaux massacres de nos peuples...


Source de la photo : https://francais.rt.com/france/38810-macron-veut-prolonger-etat-durgence
La source originale de cet article est Mondialisation.ca
Copyright © Jean-Yves Jézéquel, Mondialisation.ca, 2017

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La nostalgie et la politique britannique

Trois jours avant les élections britanniques, The Independent titrait : « La majorité des électeurs britanniques sont d'accord avec l’affirmation de Corbyn que la politique étrangère du Royaume-Uni augmente le risque de terrorisme ».
La nostalgie et la politique britannique
Ainsi, soixante-quinze pour cent des Britanniques se rendent compte que ce sont ces guerres interventionnistes immorales en Irak, en Syrie, en Afghanistan et en Libye qui ont contribué à la terreur qui hante maintenant leur pays.

Mais les «guerres interventionnistes» ne sont qu'un terme politiquement correct pour désigner les conflits mondiaux activés par Israël et promus par le lobby sioniste mondial: l'AIPAC aux USA, le CRIF en France et le LFI / CFI en Grande-Bretagne. La prochaine question est donc inévitable. Combien de ces Britanniques, qui connaissent évidemment la vérité sur les «guerres interventionnistes» britanniques, comprennent aussi qui déclenche ces conflits génocidaires?

Les résultats des élections britanniques d'aujourd'hui nous fournissent une réponse claire.

Theresa May a été ridiculisée par l'électeur britannique alors que Jeremy Corbyn, qui a été constamment sali par le même lobby qui nous a poussés en Irak, en Libye, en Syrie et même en Iran, est sorti comme le grand gagnant.

La conclusion est inévitable: plus les institutions juives et sionistes (BOD, JC, Mouvement travailliste juif, LFI, etc.) ont dénigré Corbyn et plus les Britanniques l'ont aimé. Plus le Daily Telegraph a pointé les liens de Corbyn avec les soi-disant «négateurs de l'Holocauste», plus les Britanniques l'ont vu comme un véritable être humain et un candidat au poste de Premier ministre tout à fait approprié.

La nostalgie et la politique britannique
Cela ne devrait pas nous surprendre. C’est exactement la même dynamique qui a conduit à l'élection de Donald Trump aux USA en novembre dernier. Plus les institutions et les médias juifs fustigeaient Trump comme «antisémite», plus les USAméricains le voyaient comme leur libérateur.

La vérité est que Trump est loin d'être un antisémite. Au contraire, il est, comme l'ont souligné certains journalistes juifs, probablement le «premier président juif». Il en va de même pour Corbyn. Il n'est certainement pas «raciste» ni «antisémite». Non, son crime est tout à fait évident: il pense que les juifs sont ordinaires, des gens comme tous les autres. Il refuse d'acheter le mantra du «peuple élu».

Je prévoyais le succès imminent de Corbyn depuis plus de deux semaines maintenant, mais comment l’ai-je su? Simple, la Jewish Chronicle et le Guardian of Judea ont changé de ton. Ils ont commencé à accepter la possibilité que Corbyn puisse bien s'installer au 10 Downing Street pour un certain temps. Ils ont donc décidé de but en blanc de faire ami-ami avec lui.

Corbyn s'est très bien comporté lors de cette élection. Mais il aurait pu gagner en montrant du doigt le lobby et les gens derrière la campagne de diffamation institutionnelle contre lui. Il aurait pu faire ce que Trump a fait et pratiquer ce que la presse juive appelle «siffler ses chiens». Il aurait pu dénoncer les sayanims israéliens au sein de son parti - après tout, les preuves ont été pleinement documentées. Il aurait pu prendre position et défendre ses camarades de parti qui ont été victimes de la purge du Labour juif. Mais il ne l'a pas fait. Corbyn n'est pas Trump. Étant une personne extrêmement gentille, il a tendu l'autre joue - quelque chose que je trouve moi-même frustrant, probablement en raison de mon origine jérusalémite.

Dans mon nouveau livre Being in Time – a Post Political Manifesto (Être à temps, un manifeste postpolitique) je signale que pour les travailleurs, l'utopie n'est qu'une nostalgie. C'était la promesse de Trump de «rendre sa grandeur à l'Amérique » qui a assuré son élection. De même, la popularité de Jeremy Corbyn, un gaucho vieux style qui parle d'une unité qui va au-delà du sectarisme et de la politique d'identité est due à l'impact nostalgique de son message, selon lequel, oui, dans le temps, nous étions unis par La gauche.

Est-ce vraiment un hasard que, en Grande-Bretagne, ce soit le Labour qui gagne du pouvoir en commercialisant la nostalgie tandis que Theresa «conservatrice» May est punie pour sa tentative d’embrigader la Grande-Bretagne encore plus entre les mains brutales et impitoyables des ténébreux Mammonites de la City et des marchands du Nouvel ordre mondial ?

Traduit par Eve Harguindey


Merci à Tlaxcala
Source: http://www.gilad.co.uk/writings/2017/6/9/nostalgia-and-british-politics
Date de parution de l'article original: 09/06/2017
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=20693

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Etat d’urgence permanent: la dictature en marche

Sous prétexte de renforcer les mesures contre le terrorisme, le gouvernement Macron s'apprête à faire passer dans la loi les principales mesures d'exception de l'état d'urgence. En l'absence de tout contrôle judiciaire chaque préfet aura désormais le droit de perquisitionner ou d'assigner à résidence tout citoyen qui le dérange.
Etat d'urgence permanent: la dictature en marche
L'état d'urgence a été instauré par le gouvernement Valls le 14 novembre 2015 suite à l'attentat du Bataclan. Prolongé systématiquement depuis cette date, il permet en particulier au préfet, sans aucun contrôle du juge, de procéder à des perquisitions, d'assigner à résidence mais aussi de fermer des sites Internet, d'interdire des manifestations, de dissoudre des associations... Bref toute la panoplie de la parfaite petite dictature digne de la Corée du Nord.

Les médias tout puissants, relais officiels de la propagande d'Etat, nous ont longtemps expliqué qu'il s'agissait de mesures provisoires visant à lutter contre le terrorisme. Ah bon ?

Prenons les assignations à résidence par exemple. Cette mesure permet aux préfets d'assigner à résidence toute personne: "dont son comportement constitue une menace pour la sécurité et l'ordre public". Et comment le préfet sait-il qu'une personne constitue une menace pour la sécurité et l'ordre public ? Une boule de cristal ? Bingo, presque. Généralement le préfet est informé par une note blanche des service de renseignements, notre Stasi bleu-blanc-rouge.
La note blanche ne possède pas d'en-tête, elle n'est pas datée, pas signée et ne comporte même pas de référence. Depuis le décret royal, on n'a pas trouvé mieux pour décider du sort d'un citoyen en le privant de toute liberté.
Alors vous vous dites, quel outil fantastique contre les candidats terroristes dont on soupçonne qu'ils pourraient un jour passer à l'acte mais dont on n'est pas sûr... Dans le doute aller hop, on les assigne tous.
Le premier problème c'est que l'assignation à résidence ne garantit en rien que la personne ne passera pas à l'acte. il suffit juste pour cela qu'elle ne rende pas à son contrôle judiciaire et qu'elle disparaisse dans la nature.
Le second problème c'est que l'assignation à résidence n'est pas utilisée uniquement contre les terroristes. Elle est également utilisée contre les opposants politiques comme les militants écologistes qui ont été perquisitionnés et assignés à résidence juste avant la COP 21 en novembre 2015.

Si on se souvient des interdictions de manifester qui touchaient les manifestants contre la loi travail quand ce n'étaient pas les manifestations elles-mêmes qui étaient interdites, on commence à comprendre le véritable objectif de tout cela.
Une des premières mesures du gouvernement Macron consiste à casser définitivement le code du travail en allant encore plus loin que la loi El-Khomri. Même le PS ou du moins ce qu'il en reste s'en indigne, c'est pour dire.
Et bien demain, Niet, Nada, Verboten. On nous interdira de manifester contre la loi travail au nom du risque de trouble à l'ordre public. Ca y est, vous avez compris ?

Vous avez encore un doute sur le caractère liberticide de ce projet de loi ? Et bien lisez l'article L228-4 qui indique que « le ministre de l’intérieur peut, après en avoir informé le procureur de la République de Paris faire obligation à toute (personne ciblée par l’autorité administrative) de déclarer ses identifiants de tout moyen de communication électronique dont elle dispose ou qu’elle utilise, ainsi que tout changement d’identifiant ou tout nouvel identifiant ».
Quoi ? Comment ? Un préfet peut vous obliger à déclarer vos identifiants Internet comme ça ? Simplement parce qu'il a des raisons de penser que, peut-être, votre comportement peut présenter une menace pour l'ordre public ? Et oui, vous avez maintenant tout compris. La France, patrie autoproclamée des droits de l'homme va devenir la patrie des non droits de l'homme. Qui que vous soyez, où que vous soyez Big Brother vous suivra à la trace et saura tout sur vous. Ils auront accès à votre boîte mail, votre compte Twitter, votre compte Facebook...

Alors bien sur, quelques personnes ont vu l'escroquerie qui se profile et commencent à se manifester. L'Union Syndicale des Magistrats par exemple vient de publier un communiqué de presse dans lequel elle dénonce la mise en place d'un "Etat policier". (1)
Elle souligne en particulier l'absence de tout contrôle par les juges et conclue que: "dans un Etat démocratique, sortir de l’état d'urgence ne signifie pas introduire dans le droit commun des mesures d'exceptions et exclure le contrôle de l'autorité judiciaire."

La Ligue des Droits de l'Homme, elle, rappelle que "loin de ne concerner que les actes de terrorisme, ces mesures s'appliqueraient indifféremment à une large gamme de délits. Chacun pourrait alors être victime de cet arbitraire. Aujourd'hui déjà, nous voyons des dispositions inscrites dans l'état d'urgence utilisées contre des militants associatifs, syndicaux ou politiques." (2)

L'indifférence générale des Français devant ces mesures liberticides en dit long sur l'état de notre pays. Dans l'ère assumée du chacun pour soi, la plupart des sujets du Roi Macron se disent que cela ne les concerne pas et ne les concernera jamais. L'égoïsme de chacun est aujourd'hui devenu officiellement l'un des principaux piliers de notre démocratie moribonde.

Le 21 décembre 2016, à l'occasion d'une nième prolongation de l'état d'urgence, la France a écrit au Conseil de l'Europe pour le prévenir qu'elle allait continuer à violer la Convention Européenne des Droits de l'Homme en raison de la "persistance de la menace terroriste". Avec l'Ukraine et la Turquie, la France est le 3ème pays qui déroge ainsi à la CEDH.

Demain, la loi permettra donc de mettre en oeuvre des mesures de violation des libertés fondamentales contre toute personne "à l'égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace pour la sécurité et l'ordre publics", c'est-à-dire vous ou moi pour peu qu'on ne la ferme pas suffisamment.

Après chaque attentat, on nous explique pourtant que c'est notre mode de vie que les terroristes veulent détruire, nos valeurs et surtout notre liberté. Avec cette loi Macron liberticide, la victoire des terroristes sera totale. Au nom de la préservation de nos libertés, on nous prive de nos libertés publiques et individuelles. Elle est pas belle l'hypocrisie de nos dirigeants ?

Dimanche, la France va voter pour donner à Macron une majorité afin de mettre en oeuvre ses projets de saccage de nos libertés fondamentales. Dans quelques mois, ce sera la gueule de bois quand ils se rendront compte qu'à défaut d'une République en marche, c'est une Dictature en marche qu'ils viennent de porter au pouvoir.

Philippe Alain

http://philippealain.blogspot.fr

(1) http://www.union-syndicale-magistrats.org/web2/fr/vers-etat-policier-_news_1053
(2) http://www.ldh-france.org/president-republique-gouvernement-cocktail-risques-les-libertes/

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Les opérations faux-drapeaux sont des créations sionistes

Les opérations faux-drapeau par leur nature même, sont toujours bonnes pour les nouveaux cons(ervateurs), le régime israélien, les va t’en guerre et les puissances usuelles. Si vous n’en êtes pas sûr, demandez donc à B. Netanyahou et il va vous en persuader. Vous rappelez-vous ce qu’il a dit après les attaques du 11 septembre ?
Les opérations faux-drapeaux sont des créations sionistes
Le fou de Tel Aviv expliqua sans équivoque à une audience de l’université Bar Ilan: “Nous bénéficions d’une chose et c’est de l’attaque sur les tours jumelles et le Pentagone ainsi que de la lutte des Américains en Irak.”[1] Toutes ces guerres et attaques terroristes “ont fait chavirer l’opinion publique américaine en notre faveur”, a t’il ajouté.[2]

Le président iranien d’alors Mahmoud Ahmadinejad a vu la même chose à savoir que les opérations faux-drapeau renversaient toujours “l’opinion publique américaine” en faveur d’Israël. Ahmadinejad a alors dit:

“Il y a 4 ou 5 ans, un évènement suspicieux s’est passé à New York. Des bâtiments se sont effondrés et ils ont dit que 3000 personnes y avaient été tuées sans jamais publier leurs noms. Sous ce prétexte, les Etats-Unis ont attaqué l’Afghanistan, puis l’Irak et depuis, un million de personnes ont été tuées en Irak.”[3]

Ce que nous voyons ici encore et toujours est ce que l’ayatollah Khomeini avait dit bien en avance sur son temps, lorsqu’il lança l’expression de “Grand Satan” pour décrire les activités sionistes aux Etats-Unis et au Moyen-Orient ; Par le “sionisme international”, il dit en 1979:

“Au moyen des ses agents fourbes et cachés (comme par exemple les néoconservateurs et les va t’en guerre de tout poil), il suce le sang des peuples sans défense comme si lui seul, avec ses satellites, avaient le droit de vivre en ce monde. L’Iran a essayé de couper ses relations avec ce Grand Satan et c’est pour cette raison même que maintenant des guerres lui sont imposées.”[4]

Khomeini ne faisait que s’échauffer: “Il n’ y a pas de crime que l’Amérique ne commettrait pas afin de maintenir sa domination économique, politique, culturelle et militaire sur ces parties du monde où elle prédomine.”

Ceci est toujours vrai aujourd’hui. La mafia sioniste et ses marionnettes utilisent des opérations faux-drapeau pour matraquer à la fois le Moyen-Orient et l’occident à mort. Par exemple, juste après les récentes attaques de Londres, Theresa May a déclaré que le gouvernement se devait de prendre le contrôle de l’internet. “Nous ne pouvons pas permettre à cette idéologie un espace de sécurité pour se reproduire, et pourtant c’est exactement ce que l’internet et les grosses entreprises qui en fournissent l’accès font,” a t’elle dit.[5]

May ne pense pas une seconde que la guerre perpétuelle créée au Moyen-Orient pourrait bien être une raison des attaques contre l’occident. Elle pense juste que l’internet est une grande partie du problème ! Elle a dit:

“Nous devons travailler avec les gouvernements démocratiques alliés pour atteindre un accord international afin de réguler le cyber-espace et empêcher la propagation de l’extrémisme et de la planification terroriste.”[6]

Les attaques terroristes de Londres, a t’elle ajouté “étaient liées entre elles par une seule idéologie malfaisante, celle de l’extrémisme islamique.”[7] Qu’en est-il de l’extrémisme nouveau con ? et de la Syrie en ce moment ? Qui soutient vraiment l’EIIL dans la région ? Cette femme veut-elle nous faire croire qu’elle ne sait pas , qu’elle ne sait rien ? Pourquoi ne s’assied-elle pas 5 minutes avec Poutine pour lui demander ?…

May fait l’idiote avec les faits parce qu’elle est au lit avec un paquet de va t’en guerre et de satanistes. En fait, May n’a pas hésité à dire l’an dernier qu’elle était prête à larguer des bombes sur des gens innocents, hommes, femmes et enfants, afin de protéger son idéologie politique.

Le second point est que May et d’autres va t’en guerre sont préoccupés au sujet des récentes attaques de Londres, mais les mêmes personnes ne sont pas vraiment inquiètes quand il s’agit de bombarder en Irak, en Afghanistan, en Libye et en Syrie. Juste samedi dernier, au moins 245 civils ont été tués rien qu’à Mossoul (NdT: par des raids anglo-americano-sionistes…)

Le mois dernier, au moins 3050 personnes ont perdu leurs précieuses vies. Qui se préoccupent de ces gens ? Aucun politicien en occident en tout cas. Ils sont bien plus motivés à faire bloquer l’internet que d’adresser les vrais problèmes au Moyen-Orient. Censurer ce que disent les gens sur internet est un vieux projet israélien depuis le départ.[8]

[1] “Report: Netanyahu Says 9/11 Terror Attacks Good for Israel,” Haaretz, April 16, 2008.

[2] Ibid.

[3] Ibid.

[4] Quoted in E. Michael Jones, “The Great Satan and Me: Reflections on Iran and Postmodernism’s Faustian Pact,” Culture Wars, July/August, 2015.

[5] Jon Stone, “Theresa May says the internet must now be regulated following London Bridge terror attack,” Independent, June 4, 2017.

[6] Ibid.

[7] Ibid.

[8] See for example David Shamah, “Israel eyes world coalition to force social media platforms to block incitement,” Times of Israel, January 19, 2016; for similar stories, see also “Likud Minister: It’s Clear Netanyahu Wants to Block Critical Reports About Him,” Haaretz, March 4, 2017.

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

url de l’article original:

http://www.veteranstoday.com/2017/06/05/false-flag-operations-are-zionist-creations-2/


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« En France, l’atlantisme et le sionisme sont les deux mamelles des néocons »

À l'occasion de la réédition actualisée de « Tempête sur le Grand Moyen-Orient » (1 ), nous avons rencontré Michel Raimbaud. L'ancien diplomate, qui écrit avec des convictions en s'appuyant sur des faits bien documentés, insiste sur le façonnement en cours du Moyen-Orient, et plus vastement du monde, entrepris par les néoconservateurs américains, avec la complicité des élites occidentales.
« En France, l'atlantisme et le sionisme sont les deux mamelles des néocons »
Pourquoi crier au « conspirationnisme » lorsque l'on est saisi par la clarté du grand dessein annoncé urbi et orbi par ses propres promoteurs ? Cela fait longtemps que Michel Raimbaud, écrivain habité par la passion de l'État, sincère, engagé et aux accents volontiers gaulliens, ne prête plus d'attention aux chiens de garde de l'establishment qui le snobent. Ancien ambassadeur de France en Mauritanie, au Soudan et au Zimbabwe, et bien connu des lecteurs d'Afrique Asie, ce fin connaisseur du monde arabe et de l'Afrique a servi comme diplomate dans de nombreux pays (avec un long passage au Brésil), avant de diriger l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Tout reste d'actualité dans Tempête au Moyen-Orient, ouvrage dans lequel il dénonce les funestes « policides » orchestrés par les néoconservateurs américains et occidentaux ayant débouché sur le démantèlement du Soudan, de la Somalie, de l'Afghanistan, de l'Irak, de la Libye et, aujourd'hui, de la Syrie.

Revenons sur l'affaire des « bombardements chimiques » d'Idlib, en Syrie, en avril dernier. Pourquoi ne criez-vous pas avec les loups sur la responsabilité du régime syrien ?

Nous nous trouvons face à une redite de l'affaire Colin Powell de 2003 en Irak et de la séquence de l'été 2013 en Syrie (attaque de la Ghouta). Je n'entrevois que deux explications possibles : ou bien ce sont les rebelles qui ont utilisé les armes chimiques en appliquant la technique familière du false flag (faux pavillon), maquillant par la suite les photos des enfants. Ces enfants n'auraient-ils pas été tués puis « soignés » par ces escrocs de l'humanitaire que l'on nomme les « casques blancs », autrement dit des associés du Front Al-Nosra, la franchise syrienne d'Al-Qaïda ? Sinon, comment expliquer que les injections, à en croire certaines vidéos, semblent factices, le niveau du liquide demeurant inchangé du début à la fin de la piqûre de « réanimation » ? Si ces cadavres d'enfants morts, soigneusement alignés comme à une parade pour les besoins de la propagande, avaient été gazés, il eût été bien imprudent de s'exposer avec eux sans précaution.

Ou bien, s'il s'agit d'un bombardement de l'armée syrienne sur ce dépôt, cela veut dire que le gaz appartenait aux rebelles. Car on sait qu'en Syrie le démantèlement de l'arsenal des armes chimiques et bactériologiques a eu lieu sous contrôle de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), après les inspections onusiennes.

Un mensonge de plus donc ?

La ficelle est bien grosse. Les mensonges sont légion dans le cas syrien, tellement nombreux qu'il s'avère difficile de les « traiter » tous. C'est une conséquence typique des théories que j'ai étudiées dans mon livre, à savoir les stratégies mises en œuvre par Washington : le chaos innovateur, la théorie du fou et le false flag, autant d'intox dont les mécanismes ont été démontés, notamment par Michel Collon. En définitive, si « complotisme » il y a, ce sont les comploteurs eux-mêmes qui aiment les complots puisqu'ils en sont les auteurs, et non pas ceux qui les dénoncent, systématiquement qualifiés de « complotistes » afin de les discréditer par avance. Dans un ordre d'idées proche, les régimes takfiristes qui financent les « révolutions » chez leurs voisins espèrent ainsi faire oublier leur nature profondément réactionnaire.

Il y avait déjà un certain cynisme de la part des intellectuels américains au temps où l'on pérorait sur le contenu de la fiole qu'avait brandie Colin Powell au Conseil de sécurité de l'Onu en 2003. Ils disaient : « L'Amérique est le plus grand empire qui ait jamais existé sur Terre, discutez et critiquez telle ou telle de nos actions si vous voulez, nous, pendant ce temps, nous créons des réalités nouvelles et nous faisons l'Histoire ! » Effectivement, pendant que tout le monde disserte : les idiots utiles, les médias, les universitaires et la classe politique rivalisant en bêtise tout en maintenant une omerta faramineuse sur les faits, les neocons façonnent effectivement cette Histoire dont nous sommes les témoins. Cela participe à un enfumage qui ne nous donne pas le loisir d'anticiper les mauvais coups que préparent ces néocons.

Que répondez-vous aux accusations de connivence entre Moscou et Washington ?

Il n'y a pas de connivence entre la Russie et les États-Unis. Si les Russes jouent la carte de la diplomatie, c'est pour trouver une solution politique. Je m'étonne également que le communiqué tripartite publié par Damas, Moscou et Téhéran au lendemain de l'attaque américaine du 4 avril sur la base aérienne de Shayrat, en Syrie, n'ait pas été divulgué dans les médias mainstream. Ce communiqué se voulait un cinglant avertissement adressé à l'administration Trump, rappelant les fondamentaux : respect de la souveraineté, de l'indépendance, de l'intégrité de la Syrie, et son droit de reprendre le contrôle de l'ensemble de son territoire.
Concernant l'hésitation du président Obama en 2013 qui, finalement n'a pas donné l'ordre d'attaquer, je me souviens avoir été parmi les rares personnes à être persuadées qu'il n'y aurait pas de frappes...

Qu'est-ce qui a freiné Obama ?

Obama n'est pas un personnage limpide. C'était sa façon à lui de s'affirmer en ne bombardant pas. Non pas qu'il soit revenu à de meilleurs sentiments, car il était suffisamment bien informé par ses renseignements pour connaître la vérité, mais parce qu'il voulait marquer son pouvoir présidentiel face au think tank collectif qui l'entourait - c'est ce qu'il affirme dans une interview en forme de testament.

J'évoque souvent « l'État profond néoconservateur » pour « expliquer » ce qui, sinon, pourrait paraître inexplicable. À mes yeux, ce concept est d'une importance fondamentale. Devenu populaire, il est une réalité visible, voire très voyante, depuis la fin de la guerre froide. Il se réfère à la doctrine dominante qui crée une symbiose idéologique entre les décideurs, les acteurs, les faiseurs d'opinions dans tous les secteurs de la vie publique et tous les cercles de pouvoir (politiques, diplomates, hiérarchie judiciaire, élites intellectuelles, journalistes, milieux d'affaires, communautés diverses, lobbies, etc.).

Né dans le camp républicain qui est son berceau et ancré sur le double messianisme religieux du judaïsme et des Églises protestantes dites « Églises d'éveil », l'État profond néoconservateur s'est solidement implanté dans les rangs démocrates, avant de trouver des terreaux favorables dans toutes les terres d'Occident et dans les États les plus improbables. La France est loin d'échapper à la règle, tant est grande l'idolâtrie des élites vis-à-vis de tout ce qui vient d'Amérique et le lien de vassalité que celles-ci ont intériorisé durant les décennies passées.

À Paris, les quartiers généraux et/ou les bastions de cet « État profond » sont divers et variés : non seulement au Quai d'Orsay où sévit la « secte » ou la « meute » néocon, mais aussi à Matignon, à l'Élysée et dans les rouages de la société et les arcanes du pouvoir. Les élites parisiennes sont depuis des années cooptées dans le fameux programme des « Young Leaders » de la fondation franco-américaine. On chercherait en vain un clivage entre droite et gauche « de gouvernement ».

Comment avez-vous observé l'évolution de la trajectoire des néoconservateurs français depuis le Quai d'Orsay ? Comment et quand ont-ils essaimé ?

Historiquement, les origines du néoconservatisme remontent à la création des États-Unis, à l'arrivée des « Pilgrim Fathers », ces Pères fondateurs, pour l'essentiel des protestants fuyant l'Europe pour des raisons religieuses et se référant à la Bible plutôt qu'au Nouveau Testament. En vertu du messianisme qui les inspirait, ils pensaient que Dieu les avait guidés vers l'Amérique afin qu'ils deviennent le nouveau peuple élu. Notez le parallèle avec le sionisme... Du reste, les groupes ou lobbies chrétiens sionistes s'inscrivent dans cette tradition. Les premiers migrants en Amérique se référaient à la pensée de Cromwell, imprégnée de mystique sioniste. Mais il faut attendre l'arrivée au pouvoir de Ronald Reagan dans les années 1980 pour que cette mystique trouve sa traduction politique dans le néoconservatisme, une traduction associée à la promotion du néolibéralisme et à la fin de la détente.

C'est sous le mandat de Reagan que l'on assiste au retour de la confrontation contre l'URSS, encouragé par la Britannique Margareth Thatcher et le pape Jean-Paul II. Si l'équilibre de la terreur les empêche alors d'agir en transgressant les règles du jeu, les neocons (on ne les connaît pas encore sous cette appellation) ont les coudées franches à partir des années 1990-1991, après l'implosion de l'URSS et la disparition du « bloc communiste ». À noter que Donald Trump est le produit plus ou moins inavoué de cet establishment (malgré ses affirmations) puisqu'il semble considérer Reagan comme un père spirituel et se réfère volontiers aux Pères fondateurs de l'Amérique.

Trump a pourtant fondé son discours de campagne en s'opposant aux élites de Wall Street afin d'engranger des soutiens dans l'Amérique profonde...

S'il a été élu par le « petit peuple » et par « l'Amérique profonde » contre l'establishment, il ne pourra pas résister longtemps aux pulsions de l'État profond. Très isolé face aux élites, il en a bien eu besoin sitôt élu. Au passage, le fait qu'il bombarde la Syrie dès son début de mandat fait de lui un « président normal », et cela deux jours à peine après avoir fait une proposition de reprise de contact à Bachar al-Assad par l'intermédiaire d'une congressiste américaine (démocrate) chargée par Trump lui-même de transmettre un message en ce sens au président syrien. Voilà la théorie du chaos remise en application : elle correspond à dire tout et son contraire.

Il n'est pas évident pour les Américains de gérer cette théorie du chaos, qui paraît très anglo-saxonne, en ce sens qu'elle permet d'associer toutes les ambiguïtés, selon une méthode que l'on retrouve dans le langage des ONG, dans les discours du FMI, dans le style des politiques et diplomates américains : mélanger le passé et le présent, les affaires importantes et les détails, la réalité et la fiction. Cela ouvre beaucoup de possibilités aux prestidigitateurs du droit, aux manipulateurs de valeurs, aux magiciens maîtres de l'Univers. C'est également une illustration de la « théorie du fou » inventée par Kissinger au temps de Nixon : les États-Unis ont vocation à être les maîtres du monde et entendent le rester ; pour effrayer leurs ennemis, ils doivent projeter l'impression que l'Amérique est, en partie du moins, gouvernée par des dirigeants cinglés ou imprévisibles.

La ligne Trump représente un archétype de la « théorie du chaos innovateur » mise en œuvre selon les normes de la théorie du fou. Le président « flexible » est un pur produit de l'école néoconservatrice, fondée sur le double messianisme protestant et juif, évoqué précédemment. Dans ce contexte, notons que l'alliance avec les islamistes djihadistes n'est pas circonstancielle, mais naturelle, les islamistes radicaux se réclamant également d'une mission divine, afin d'éradiquer tout ce qui s'écarte de leur conception de l'islam et recréer in fine un califat, un État islamique fondé sur la charia (la loi coranique interprétée à leur façon).

Vous ne m'avez toujours pas dit à quand remonte la pénétration du néoconservatisme dans les arcanes du pouvoir français.

La première manifestation de leur apparition en France remonte, me semble-t-il, au lendemain de la chute de l'URSS et à la signature du traité de Maastricht en 1992. François Mitterrand n'était pas néoconservateur, mais son entourage l'était en bonne partie, ou faisait du néoconservatisme sans le savoir, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir.

La seconde manifestation intervient à mon sens avec la crise affectant les relations franco-africaines en 1994, marquée par la dévaluation inopinée du franc CFA de 50 % sous la pression conjointe de la Banque Mondiale et du FMI. L'héritage gaullien, déjà ébréché, va dès lors être dilapidé de plus en plus ouvertement, la France renonçant de facto - en le niant - aux attributs de sa souveraineté. Dans la foulée du baroud d'honneur du duo Chirac-Villepin en 2003 concernant l'opposition de la France à la guerre en Irak, le président Chirac va s'affoler et multiplier des concessions inutiles, allant au-devant des sollicitations de Washington. Le retour au commandement intégré de l'Otan se fera en douce ; il ne restera plus qu'à l'afficher politiquement, ce qui sera chose faite dès le début du mandat de Sarkozy.

Paris appuiera ainsi les sanctions contre la Syrie promulguées par le Congrès américain par le biais du Syrian Accountability and Lebanese Sovereignty Restoration Act en décembre 2003. La France sera en quelque sorte chargée de « gérer » pour le compte de Washington le dossier de la détérioration programmée des relations avec Damas. Le levier libanais (à la suite à l'assassinat du premier ministre Rafiq Hariri, ami de Chirac) sera utilisé pour convaincre Paris d'assurer cette mission : jusque-là assez bonnes, les relations franco-syriennes vont dès lors se dégrader brutalement. Elles ne s'en remettront pas, malgré une brève embellie sous l'ère Sarkozy.

La pénétration du courant néocon s'accompagne d'une opération de casse menée contre les diplomates du Quai d'Orsay, tenu pour pro-arabe : le cadre d'Orient, les arabisants et les islamisants en premier lieu sont ciblés. Cette offensive qui ne dit pas son nom emprunte deux biais : on disperse les experts de la région dans des zones géographiques éloignées du monde arabe, et on recrute pour les postes clés des énarques et technocrates formatés. À cela s'ajoute les saignées budgétaires consécutives et incessantes, le recours à des contractuels, l'ubérisation, autant d'éléments qui ont définitivement sapé notre action diplomatique et notre rayonnement à l'international. Au vu de l'ampleur des missions d'un « Département » (comme on l'appelle), régalien par excellence, le budget du ministère des Affaires étrangères a toujours été relativement modeste, ne dépassant pas 1 % du PIB. Depuis un quart de siècle, on ne parle plus que d'austérité !

Qu'est-ce qui motive les diplomates néocons de la « secte » du Quai d'Orsay à poursuivre cette politique, selon vous ?

Le suivisme, l'atlantisme et le sionisme, qui sont pour ainsi dire synonymes.

Dans le cas du dossier nucléaire iranien, l'équipe de Laurent Fabius n'était-elle pas motivée par la défense de l'intérêt national en freinant des quatre fers l'acquisition de la bombe par Téhéran qui affaiblirait les positions de la France dans la région ?

Non. Cela faisait partie des rôles délégués à la France et aux Européens par Washington. Le dossier du nucléaire iranien, dont le programme remonte à l'époque du chah, a été fabriqué par les ancêtres des neocons américains dans le cadre du projet « Atome pour la paix ». Il avait toujours fait l'objet de l'unanimité nationale en Iran ; tout le monde trouve ça très bien et personne en Occident n'y a trouvé à redire jusqu'à la révolution islamique. Le dossier a ressurgi dans la foulée de l'occupation de l'Irak. Après la guerre irano-irakienne (politique du double endiguement), puis la première et la seconde guerre d'Irak qui ont mis ce pays à terre, les États-Unis ont délégué à la France, au Royaume-Uni et à l'Allemagne la gestion du dossier. En cela, il me semble que l'ancien président Khatami s'est engouffré dans un piège, d'où la rupture actée par son successeur Ahmadjinehad.

En 2006, le dossier est transféré de l'Agence internationale de l'énergie atomique au Conseil de sécurité des Nations unies, dont les cinq membres permanents sont des « puissances nucléaires légales ». Ce qui va accentuer la pression sur Téhéran et dévoiler les objectifs cachés de la « négociation nucléaire ». La signature de l'accord « historique » en juillet 2014 n'a pas réglé le différend de fond entre l'Iran et ses quatre interlocuteurs occidentaux (États-Unis, France, Grande-Bretagne, Allemagne).

Les néoconservateurs sortent-ils fragilisés par l'élection de Donald Trump ?
Non, au contraire, car il est leur meilleur représentant. Trump s'est fait élire sans le soutien des élites. Mais une fois au pouvoir, il ne peut se contenter de l'appui des cowboys ou des mormons. Or, depuis des lustres, les élites américaines, tous partis confondus, sont néoconservatrices. Trump a dû aller puiser dans le même réservoir où aurait pioché Hillary Clinton (État profond, Goldman Sachs...) si elle avait été élue. Trump n'a pas d'autres choix que d'obtempérer aux desiderata de l'État profond américain. Il suffit de voir ses choix en ce qui concerne ses ministres et collaborateurs (au sein de l'establishment) et ses décisions, notamment en politique étrangère. En Syrie et Russie, par exemple.

En France, l'atlantisme et le sionisme sont désormais les deux mamelles des néocons. Cette adhésion a commencé avec Chirac, puis s'est finalisée avec Sarkozy qui parlait de « retour au bercail » pour justifier la réintégration pleine et entière de nos forces au sein du commandement intégré de l'Otan. Pour ce qui est de Hollande, je ne vous apprends rien en vous disant que les socialistes ont un ADN européiste, sioniste et colonialiste qui remonte au minimum à Guy Mollet (sous la IVe République). Ce n'est nullement une légende. Durant son deuxième mandat, Mitterrand aura cette déclaration de fossoyeur : « La France est notre patrie, l'Europe est notre avenir. » Petit à petit, cette idée a gagné du terrain au Quai d'Orsay et dans « l'État profond », y compris à l'Université, sensible aux sirènes de l'Amérique, de l'Europe, de l'Otan, de la globalisation et de ses succursales diverses.

On a bien vu dans la campagne présidentielle française que l'Europe était relayée à un rang subalterne. Un grand nombre de candidats ont rivalisé dans leurs discours prosouverainistes. Cet idéal vend-il encore ?

L'Europe n'est pas une idée populaire, contrairement à ce qu'affirment les illusionnistes du « rêve européen ». Les candidats ont souvent promis de « renégocier » les traités européens, ce qui est un leurre à usage électoral. À toutes les élections, on nous a fait la même promesse. De mon point de vue, l'Europe est la prison de la France. Ce n'est pas nous qui décidons. Allons même plus loin : nous nous indignons que les décisions nous concernant soient prises à Bruxelles, alors qu'en réalité c'est en Amérique que tout se décide. Nos élites du mainstream se satisfont de ce statut de « territoire » à la Massachusetts, auquel la France a été réduite. Mais alors, à quoi bon payer et entretenir cette administration bruxelloise tentaculaire et si onéreuse qui prend ses ordres à Washington ?

La réédition de votre livre connaît un vif succès. Pourtant, vos détracteurs ne vous épargnent pas dans la véhémence de leurs attaques...

Je reprends à mon compte ce proverbe chinois : « Quand le sage montre la Lune, l'imbécile montre le doigt. » J'écris en fonction de mes convictions. La thèse que je développe est bien documentée et rend compte des réalités, de l'enchaînement d'événements qui autrement resteraient incompréhensibles. Elle me semble beaucoup mieux acceptée et comprise en cet an VII de la « tempête sur le Grand Moyen-Orient » qu'il y a deux ans. En effet, rien dans les évolutions constatées n'est venu démentir ce qui était inscrit dans la première édition, au niveau du Moyen-Orient, du Grand Moyen-Orient de George W. Bush, au sein de l'islam et en ce qui concerne l'ordre du monde dont la mutation se dessine sous nos yeux. Autant de sujets qui font l'objet de mon ouvrage.

(1) Tempête sur le Grand Moyen-Orient, Michel Raimbaud, 2e édition enrichie et remise à jour, Éd. Ellipses, 716 p., 28 euros.

Propos recueillis par Tigrane Yégavian

La source originale de cet article est Asie Afrique.fr
http://www.afrique-asie.fr/michel-raimbaud-en-france-latlantisme-et-le-sionisme-sont-les-deux-mamelles-des-neocons/

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Témoignage de Comey : « Nous savons à présent que la CIA, la NSA et le FBI fuyaient comme un tamis »

Témoignage de Comey : « Nous savons à présent que la CIA, la NSA et le FBI fuyaient comme un tamis »


Ray McGovern, ancien analyste de la CIA et activiste politique, a fait savoir à Sputnik que, lors de sa déposition devant le Congrès, James Comey, l’ancien patron du FBI, a souligné que la communauté du renseignement US a répandu de façon répétée des balivernes visant à embarrasser le Président Donald Trump et à saboter ses démarches pour améliorer les relations avec la Russie.


    Washington (Sputnik) — Jeudi, lors de son témoignage devant le Comité du renseignement du Sénat, Comey a admis que « le sujet principal » d'un article de février du New York Times, alléguant que les assistants de Trump étaient de mèche avec des espions russes, était tout bonnement faux.


    « Nous savons à présent que la CIA, la NSA et le FBI – les trois principaux services au sein de ce que j'appelle l'"État profond" – fuyaient comme des passoires, » a dit McGovern après avoir été interrogé sur le témoignage de Comey jeudi. « Ils ont fait en sorte que Trump soit handicapé dans sa politique sur la Russie.


    McGovern, qui autrefois informait chaque jour sur les questions de renseignement les présidents siégeant à la Maison Blanche, a dit que le véritable but de l’audience était de critiquer et saper Trump, de l'empêcher d’atteindre son but : améliorer les relations avec la Russie.


    L'audience a été tenue « au moins pour gêner le président en poste afin qu'il ne puisse pas avoir de relations décentes avec la Russie, » a-t-il déclaré.


    McGovern a expliqué que l'idée que Trump entravait la justice puisse servir de fondement à sa mise en accusation, « tombe à plat » après le témoignage de Comey.


    Il a dit aussi que l'argument selon lequel les accusations alléguant que les Russes avaient piraté le Comité national démocrate (DNC) pour s'assurer que Hillary Clinton perde l'élection présidentielle de 2016 au profit de Trump, était une allégation bidon.


    McGovern a dit qu’il avait été dissimulé que les documents du DNC donnés à WikiLeaks, révélaient comment les alliés de Clinton au DNC avaient délibérément empêché le sénateur Bernie Sanders de gagner l’investiture du parti à l’élection présidentielle.


    « La divulgation de ces documents – ce n’était pas un piratage – révélait clairement que Hillary Clinton avait dépossédé le sénateur Bernie Sanders de l’investiture démocrate, » a dit McGovern.


    Les démocrates ont lancé une manœuvre sur deux fronts pour faire accuser les Russes, et la grande presse s’est alignée, a expliqué McGovern.


    « L'histoire a marché comme un charme. Jennifer Palmieri, chargée des relations publiques de Hillary Clinton, a écrit dans le Washington Post qu'il lui avait été ordonné de faire le tour des médias pour leur dire que les documents du DNC provenaient des Russes, » a-t-il rappelé.


    Le plan de Clinton consistait en ce que le contenu des documents du DNC divulgués ne soit pas lu, que le centre d’attention soit maintenu sur les Russes, a fait remarquer McGovern.


    Le deuxième but des enquêtes du Congrès sur Trump, était de l'empêcher d’entrer en contact avec les Russes, a observé McGovern.


    « Le jeu consiste ici a faire monter les tensions en Europe centrale, pour que les nations européennes dépensent d'énormes sommes en sous-traitant la défense [aux USA, NdT]. Tous les sénateurs savent de quel côté est beurrée leur tartine, » a-t-il déclaré.


    Bien que le témoignage de Comey puisse gêner Trump, il n'a fourni aucune preuve solide permettant de justifier son impeachment, a fait remarquer McGovern.


    Les Russes ont nié à maintes reprises les allégations prétendant qu’ils ont interféré dans les élections US. Ils ont dit que ce sont des absurdités visant à distraire l'opinion publique de la révélation de cas de fraude électorale et de corruption, ainsi que d'autres préoccupations nationales urgentes.


Sputnik International, 9 juin 2017

https://sptnkne.ws/eAPA
Traduction Petrus Lombard



Alter Info l'Information Alternative

SYSTEME BELGO-WALLON, UNE POURRITURE SANS FIN !

SYSTEME BELGO-WALLON, UNE POURRITURE SANS FIN !
# LA REPUBLIQUE D’EUROPE/
SYSTEME BELGO-WALLON, UNE POURRITURE SANS FIN ! (I) :
LE CAS DE SOWALFIN (SOCIETE WALLONNE DE FINANCEMENT ET DE GARANTIE DES PME)
 
LM/ LA REPUBLIQUE D’EUROPE/ 2017 06 08/
 
Un système maffieux – QUE JE DENONÇAIS DEJA EN 1982-1999 DANS UN
SILENCE ASSOURDISSANT (y compris concernant les procès que m’a
organisé la maffia politico-judiciaire du PS et que j’ai tous gagnés)
– a mis la Belgique, et particulièrement la Wallonie et Bruxelles à
l’encan. Tout cela avec un gaspillage éhonté, dans un pays en crise
écomonique, avec un chômage de masse, où l’on met précisément des PME
en faillite chaque jour pour quelques centaines d’euros …
 
Voici le cas de la SOWALFIN : la SRIW (Société régionale
d’investissement de Wallonie), société d’émanation publique financée
avec de l’argent public, est actionnaire de la Sowalfin aux côtés de
la Région wallonne. Le patron de la SRIW, Olivier Vanderijst a son mot
à dire dans les organes de gestion de la Sowalfin. Il y « jouerait le
rôle de "missi dominici" d’Elio Di Rupo (le boss du PS, ex premier
ministre fédéral) dans certaines structures publiques et parapubliques
wallonnes ».
 
UN PLAFOND DE 302 500 EUROS BRUT PAR AN A ETE FIXE POUR LES DIRIGEANTS
DE SOCIETES FILIALES D’INTERCOMMUNALES (ET ON OSE PARLER DE
MORALISATION ET DE LIMITATIONS)
 
On peut lire ce jour dans La Libre (avec laquelle je suis en désaccord
fondamental sur les positions atlantistes mais qui en matière de
scandales fait un travail salutaire) :
 
Extrait :
« Il faut se pincer fort pour y croire. Les membres du comité de
direction de la Sowalfin (Société wallonne de financement et de
garantie des PME), basée à Liège, ne semblent pas avoir été émus par
la chasse aux petits et gros avantages qui a suivi l’affaire Publifin.
En effet, ils ont demandé une augmentation de leur salaire auprès du
gouvernement wallon. Le contexte : comme suite aux déballages sur les
rémunérations au sein de l’intercommunale Publifin et de sa filiale
Nethys, le gouvernement wallon avait adopté fin avril une batterie de
mesures afin de moraliser la vie publique. En particulier, un plafond
de 302 500 euros brut par an a été fixé pour les dirigeants de
sociétés filiales d’intercommunales dans des secteurs hautement
concurrentiels. C’est naturellement Stéphane Moreau, patron de Nethys,
qui était visé. Mais, au sein de la Sowalfin, également concernée par
la nouvelle règle, les salaires des quatre directeurs n’arrivent pas à
ce plafond. Ils ont donc réclamé à la Région wallonne, l’actionnaire
principal de la Sowalfin, le droit d’atteindre également ce plafond
doré de 302 500 euros par an. Les rémunérations actuelles au sein du
comité de direction sont d’environ 250 000 euros brut par an, tout
compris. »
 
* Lire sur LLB :
http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/a-la-sowalfin-les-directeurs-reclament-302-500-euros-par-an-59383654cd702b5fbf0651fd
 
4 PARTIS ET UNE SEULE COMBINE !
 
Photo :
les profiteurs et prébendiers de SOWALFI ;
Jean-Pierre Di Bartolomeo (étiqueté PS - sic) [au centre sur la photo
d'illustration], président du comité de direction,
Anne Vereecke (CDH – démocrate-chrétien) [à droite sur la photo
d'illustration] et Bernard Liébin (MR - libéral) [à gauche sur la
photo d'illustration], car la combinazione est évidemment multiparti,
Bernard Liébin est bien connu de nos lecteurs, dit La Libre : « Ce
libéral avait dû renoncer à ses mandats politiques (de conseiller
communal et de conseiller provincial dans le Hainaut) à la demande du
président du MR Olivier Chastel, après que "La Libre" avait détaillé
la liste de ses multiples casquettes dans plusieurs entreprises
privées et sociétés publiques. Après cet épisode, le voici qui
réclame, avec ses collègues, une augmentation de salaire de 50 000
euros par an environ ».
Le quatrième directeur, Bernard Jehin (Ecolo, pas sur la photo, parti
donneur de leçons de probité), « n’en profiterait pas car il prend sa
retraite cette semaine justement ». MAIS il touchait donc bien les
250.000 euros annuels.
 
LUC MICHEL/ LA REPUBLIQUE D’EUROPE/
PCN Wallonie-Bruxelles
 
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du PCN Wallonie-Bruxelles …
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SYSTEME BELGO-WALLON, UNE POURRITURE SANS FIN ! (II
# LA REPUBLIQUE D’EUROPE/
SYSTEME BELGO-WALLON, UNE POURRITURE SANS FIN ! (II) : PRES DE 600 000
EUROS PAR AN POUR JEAN-SEBASTIEN BELLE EX-CHEF DE CABINET DU MINISTRE
WALLON DE L’ECONOMIE, JEAN-CLAUDE MARCOURT (PS)
 
 
 
KH/ LA REPUBLIQUE D’EUROPE/ 2017 06 08/
 
 
 
Un système maffieux – QUE LUC MICHEL DENONÇAIS DEJA EN 1982-1999 DANS
UN SILENCE ASSOURDISSANT (y compris concernant les procès que lui a
organisé la maffia politico-judiciaire du PS et qu’il a tous gagnés) –
a mis la Belgique, et particulièrement la Wallonie et Bruxelles à
l’encan. Tout cela avec un gaspillage éhonté, dans un pays en crise
écomonique, avec un chômage de masse, où l’on met précisément des PME
en faillite chaque jour pour quelques centaines d’euros …
 
 
 
Voici le cas de Jean-Sébastien Belle l’ex-chef de cabinet du ministre
wallon de l’Economie, Jean-Claude Marcourt (PS) …
 
 
 
LA BELLE VIE DE J.P. BELLE : 500.000 A 600.000 EUROS DE REVENUS
ANNUELS (SANS OUBLIER LES CONFLITS D’INTERET)
 
 
 
Que révèle La Libre :
 
Extrait : « Jean-Sébastien Belle est à la FN Herstal, à la Sowalfin
(voir l’article de Luc MICHEL), dans un invest, dans une banque…
Jean-Sébastien Belle est l’ex-chef de cabinet du ministre wallon de
l’Economie, Jean-Claude Marcourt (PS). C’est aussi et surtout un
technicien qui, au fil de sa carrière, a réussi à bien se placer dans
une série d’organismes publics et privés. Nous avions déjà eu
l’occasion d’écrire à son sujet et de nous interroger sur de
potentiels conflits d’intérêts le concernant : ses multiples
casquettes l’amènent par exemple à siéger en même temps comme
administrateur rémunéré à titre privé de la banque CPH tout en étant
président du conseil d’administration de la Sowalfin, la société
publique wallonne chargée d’aider les entreprises en cofinançant leurs
projets ou en intervenant en garantie. La foison de fonctions de
Jean-Sébastien Belle lui assure naturellement une confortable
rémunération. Selon nos informations, confirmées à bonne source, il
perçoit entre 500 000 et 600 000 euros par an. Cette fourchette
correspond au "coût société", c’est-à-dire à ce que les structures
privées et publiques qui recourent à ses services déboursent
concrètement à son sujet. »
 
 
 
* Lire sur LLB :
 
http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/pres-de-600-000-euros-par-an-pour-l-ex-chef-de-cabinet-de-marcourt-58c1a51bcd705cd98dd8a542
 
 
 
Photo : Marcourt, le ministre complice et sa créature …
 
 
 
KH/ LA REPUBLIQUE D’EUROPE/
 
PCN Wallonie-Bruxelles
 
 
 
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L’empire washingtonien ne s’effiloche pas

L'empire washingtonien ne s’effiloche pas


    Le complexe militaro-sécuritaire a passé sept ans à bâtir son empire. Le complexe a assassiné un président US (JFK) qui menaçait l'empire et en a expulsé un autre du pouvoir (Richard Nixon). Le complexe ne tolère pas l'élection de politiciens qui pourraient ne pas suivre en Europe la ligne de politique étrangère et économique de Washington.


    Soudainement, selon les médias occidentaux et même russes, le complexe laisse un homme, Trump, qui ne gouverne pas les USA, et une femme, Merkel, qui ne gouverne pas l'Allemagne, détruire son empire.


    Selon la pressetituée, en sortant de l'Accord de Paris (le pacte mondial sur le climat) et en déclarant que les membres de l'OTAN devraient contribuer plus au budget de l'alliance pour laquelle le contribuable US a une part trop lourde, Trump a amené Merkel à conclure que l'Europe ne peut plus compter sur Washington. La discorde entre Trump et Merkel et la démission de Washington de son poste de leader ont détruit l'alliance occidentale et laissé l'UE elle-même sur le point d'être réduite en lambeaux.


    Tout cela est d’une stupidité absurde. Voici ce qui s'est passé :


    Tout comme les hommes en costume cravate sombre portant des serviettes ont expliqué à Trump que ce n'est pas la politique de Washington de normaliser les relations avec la Russie, ils lui ont dit que ce n'est pas la politique de Washington de sortir de l'Accord de Paris. Trump a répondu un truc du genre : Voyez-vous, les gars, vous m'avez déjà demandé d'abandonner mon initiative de paix avec la Russie et mon intention de partir de Syrie. À présent, vous me forcez à abandonner ma promesse « Les USA d’abord ». Si les gens réalisent que je ne suis pas vraiment le président, à travers qui allez-vous gouverner ? Que diriez-vous d’un compromis ?


    Voilà le marché, car le discours de Trump était parfaitement clair. Il retire temporairement les USA de l'Accord de Paris tout en entamant immédiatement des négociations pour le réintégrer sous des conditions moins pesantes pour les USA. En d'autres termes, le « retrait » est un geste qui sauve la face et entraînera une petite réduction de la part des coûts des USA. Nous aurons une « victoire de Trump » sans que l'Accord de Paris n’en souffre.


    La réélection de Merkel nécessite une impulsion qui détournera l'attention des Allemands du million de réfugiés musulmans, amenant crimes, viols et terrorisme dans leur sillage, que Merkel a fait venir en Allemagne. Sa déclaration dramatique, selon laquelle l'Europe ne peut plus compter sur les USA, était le moyen idéal de recentrer l'attention. Il ne me surprendrait pas que Trump et Merkel se soient vus avant pour convenir de la manière dont ils allaient jouer cela.


    Mais ni les journalistes, ni les commentateurs ne pouvaient rendre compte de la vérité évidente. Pourquoi ? Les médias occidentaux ne pouvaient pas laisser passer l'occasion de dénoncer la destruction par Trump du leadership US et [de l’accord sur] le climat, et les organisations écologistes ont saisi l'occasion pour collecter des fonds afin de s'opposer à la destruction de l’accord. Les commentateurs russes ont vu de l'espoir pour la Russie dans la dissolution de l'OTAN et de l'UE, en conséquences à ce que les USA suivent leur propre chemin.


    Cette tromperie médiatique a deux graves implications. L'une d'elles est que l’existence de centres de pouvoir qui contraignent le président et sont capables de l’obliger à remplacer le programme pour lequel il a fait campagne par le leur, est caché aux Étasuniens et au monde. Nous avons vu cela avec Obama, mais on nous a expliqué que dès le début, Obama n’avait jamais eu l’intention [d’appliquer son programme]. Maintenant, nous allons avoir la même explication avec Trump. Le fait que le président soit sous l’emprise du complexe militaro-sécuritaire et du secteur financier ne transparaîtra pas. Ainsi, le mythe de la Matrice, le changement apporté par la démocratie grâce aux élections, continuera à empêcher les gens de se rendre compte de la réalité.


    Autre conséquence, les Russes, toujours plein d’espoir de faire partie de l'Occident, tout en conservant leur souveraineté, ce dont n’est autorisé aucun membre de l'UE ou de l'OTAN, verront dans le retrait du leadership US, le renouvellement de leurs espoirs de se rapprocher de l'Europe. Si les Russes prennent au sérieux le sacre de l'Allemande Merkel par le New York Times, en tant que « dernier défenseur de l’Ouest libéral », il se pourrait que la Russie elle-même s’expose militairement et économiquement en tempérant sa préparation militaire et le développement de ses relations économiques avec l'Asie.


    Aussi longtemps que les reportages et les commentaires reflètent des programmes politiques et des aspirations optimistes, les gens peuvent se faire une petite idée des événements réels.


Strategic Culture Foundation, Paul Craig Roberts, 4 juin 2017

Original : www.strategic-culture.org/news/2017/06/04/washington-empire-not-unraveling.html
Traduction Petrus Lombard



Alter Info l'Information Alternative

Président Macron : En Marche arrière de plusieurs décennies pour le pouvoir de la classe ouvrière

Quoi qu’ait pu écrire d’Emmanuel Macron la presse – jaune ou respectable – cela n’a été qu’un ramassis de futilités ou de faussetés absolues. Les mensonges des médias poursuivent un but qui dépasse de loin l’élection de Macron. À travers toute l’Europe et l’Amérique du Nord, les banquiers, les industriels, l’OTAN, les militaristes et les oligarques de l’Union Européenne, les magnats médiatiques et les assassins verbaux, les universitaires et les journalistes, tous ont qualifié l’élection de Macron de « défaite du fascisme » et de « triomphe du peuple français ».
Président Macron : En Marche arrière de plusieurs décennies pour le pouvoir de la classe ouvrière
Macron et « Quel peuple » ?

Premièrement, Macron n’a obtenu que 46% des votes réels. Plus de 54% des électeurs français se sont abstenus, ont déposé dans les urnes des bulletins nuls ou ont voté pour Marine Le Pen, la populiste nationaliste. En d’autres termes, 26 millions d’électeurs ont rejeté ou ignoré Macron, contre 20,6 millions qui l’ont approuvé. Et cela s’est produit en dépit d’une offensive écrasante et incessante en faveur de Macron de la part de tous les médias de masse français et européens, de tous les principaux partis politiques et de la vaste majorité des universitaires, des journalistes, des éditeurs, des entrepreneurs de pompes funèbres, des portiers d’hôtel, du diable et de sa mère.

En un mot, Emmanuel Macron est un président minoritaire, impopulaire auprès de presque tout l’électorat français.

Il y a de très saines raisons politiques et économiques pour que la candidature de Macron ait été ainsi rejetée par la plus grande partie du peuple français, tout en recevant le soutien massif de la classe dominante.

Deuxièmement, on a fabriqué de toutes pièces une image bidon d’un Macron « débutant, vierge des ficelles politiques corrompus de la vieille garde ». La presse financière et la presse commerciale se sont donné beaucoup de mal pour brosser un tableau de la Vierge Manny Macron se préparant bravement à introduire des réformes radicales pour sauver la France – une sorte de Jeanne d’Arc banquière en somme, partie combattre la briscarde « fasciste » Marine Le Pen et ses « déplorables » supporters.

La réalité, c’est que Macron est depuis toujours un membre hautement expérimenté du réseau politico-financier le plus élitiste de France, un responsable de haut niveau du tristement célèbre conglomérat Rothschild. En très peu d’années, « saint Manny » a accumulé des millions d’euros en commissions, à bidouiller des contrats d’entreprises.

Les collègues financiers de Macron l’ont encouragé à accepter le poste de ministre de l’Économie, sous le régime décrépit de François Hollande. Le banquier Macron a ainsi aidé le « socialiste » président Hollande à se débarrasser de tout ce que son parti pouvait encore avoir de prétentions pseudo-populaires et à adopter un ordre du jour radicalement anti-classe ouvrière. En sa qualité de ministre de l’Économie, Macron a fait passer au bleu une diminution d’impôts de 40 milliards d’euros en faveur des grandes entreprises et proposé une législation d’extrême-droite destinée à affaiblir les capacités de négociation de la classe ouvrière en matière de droits collectifs.

Les propositions Hollande-Macron se sont trouvé confrontées à une opposition massive, dans les rues et au Parlement. Avec un soutien populaire au gouvernement descendu dans les pourcentages à un seul chiffre, la proposition de loi anti-travail a dû être retirée ou diluée… temporairement. Cette expérience a inspiré à Macron l’idée de se réinventer (ou de se re-virginiser). De coriace politicard d’extrême-droite, il s’est tout à coup métamorphosé en novice (« vêtu de probité candide et de lin blanc »), se prétendant « ni de droite ni de gauche ».

Le « socialiste » ultra-discrédité Hollande, emboîtant le pas à l’élite financière, a soutenu le candidat Macron. Il va de soi que, quand Macron a prétendu représenter « toute la France », il voulait dire « tous les banquiers, les industriels, les rentiers oligarques », bref tout le secteur capitaliste.

Au premier tour de l‘élection présidentielle, la candidature Macron a divisé la classe dominante : les banquiers se sont partagés entre Macron et Fillon, alors que beaucoup de sociaux-démocrates, de dirigeants syndicaux et de sectaires identitaires isolés allaient finir par voter Macron.

Macron a gagné par défaut : Fillon, son rival bourgeois d’extrême-droite, s’est fait prendre dans les filets d’une escroquerie politique impliquant sa famille, et ses pointilleux supporters ont voté pour l’autre. Les socialistes sont passés sans problème de leur Hollande déconsidéré à « l’enfant de chœur reconstitué ». Entretemps, la gauche avait redécouvert l’« antifascisme ». Et tous se sont vertueusement opposés à la national-populiste Le Pen en se faufilant sous la porte pour voter Macron.

Près d’un tiers de l’électorat français s’est abstenu ou a montré son mépris en annulant ses bulletins.

Tout au long des simagrées théâtrales de l’élection, les médias, haletants, n’ont cessé de rapporter la moindre futilité susceptible de fourbir l’auréole du « débutant ». Ils se sont pâmés devant la « nouveauté » de la liaison du Macron adolescent avec sa maîtresse d’école, qu’il a fini par épouser. Ils ont fait tout un plat du si charmant côté « amateur » de son équipe de campagne, composée de professionnels d’une grande mobilité ascendante, de politiciens démocrates d’une non moins grande mobilité descendante et de volontaires venus de la rue. Les mass médias, en somme, n’ont fait l’impasse que sur un seul aspect du candidat : les liens historiques de Macron avec la grande banque.

Derrière l’image soigneusement élaborée de l’« outsider politique », le Macron au regard d’acier ne s’est pas laissé un seul instant influencer par les pâmoisons de la propagande médiatique : il n’a jamais perdu de vue son seul but, qui est de renverser les cinquante ans d’avancées de la classe ouvrière de France pour le plus grand profit de la classe financière.

L’accaparement du pouvoir par Macron : En Marche pour défaire la classe ouvrière ;

Tout de suite après son élection, Macron a présenté sa première proposition de loi : la « libéralisation » (lisez « destruction ») des lois sociales françaises protectrices du travail.

Le président Macron a promis de supprimer les négociations collectives entre le travail et le capital. Miner le pouvoir collectif des travailleurs de l’industrie signifie que chaque monopole ou conglomérat sera libre de dominer et d’isoler le bétail ouvrier sur son lieu de travail. Macron envisage un transfert complet du pouvoir entre les mains du capital, de manière à ce qu’il puisse tailler à sa guise dans les salaires, augmenter les heures de travail obligatoires, et réduire à rien les règlements sur la sécurité sociale et la santé de la main d’œuvre. Les lois anti-travail proposées représentent littéralement un retour à l’âge d’or du pouvoir capitaliste de la fin du XIXe et du début du XXe siècles – et c’est bien entendu la raison pour laquelle les « élites » financières ont oint Macron « président de toute la France ».

Plus important encore : en détruisant un mouvement ouvrier unifié et le pouvoir de la solidarité des travailleurs, Macron aura les mains libres pour restructurer complètement tout le système socio-économique en faveur du capital.

En concentrant tout le pouvoir et tous les profits dans les mains de la classe capitaliste, l’ordre du jour législatif de Macron lui permettra de liquider 150.000 fonctionnaires publics, de réduire de façon drastique les dépenses et les investissements publics, et de privatiser des secteurs cruciaux des finances publiques, de l’énergie et de l’industrie.

Macron fera pencher davantage encore l’équilibre du pouvoir en défaveur du travail, afin d’augmenter autant que possible les profits des riches et de réduire au maximum les services sociaux, éducatifs et de santé des classes moyennes et laborieuses, tout en faisant passer les impôts des grosses sociétés de 33,3% à 25%.

Le plan de Macron a aussi pour ambition de renforcer le rôle de l’élite financière française à l’intérieur de la structure oligarchique de l’Union Européenne et de permettre aux banquiers d’imposer de brutales mesures d’austérité dans toute l’Europe. [La Grèce, on l’aura compris, c’était un galop d’essai, ndt]

Dans le domaine des Affaires étrangères et militaires, Macron soutient l’OTAN avec ferveur. Son régime s’alignera sur la politique militaire agressive des USA envers la Russie et le Proche Orient, et en particulier la violente désintégration de la Syrie.

Le programme de « libéralisation » réactionnaire du président Macron exige que son parti et ses alliés obtiennent une majorité dans les élections législatives du mois prochain (juin 2017). Sa stratégie consiste à jouer sur des apparences de diversité pour la forme et en une politique réactionnaire très dure et sans états d’âme pour le contenu.

Les groupes et individus « divers » ralliés à Macron sont composés en grande partie d’un ramassis hétéroclite d’opportunistes et de politiciens discrédités chercheurs de places. Sous Macron, l’Assemblée comprendra tout et n’importe quoi, allant de sociaux-démocrates de droite à des environnementalistes isolés en passant par des adeptes de la théorie du genre, qui s’acoquineront avec des conservateurs toujours à la recherche d’une occasion de mettre à mal le plus sauvagement possible les lois françaises sur le travail.

S’il réussit à gagner ces élections, l’Assemblée de Macron légitimera la politique de son Premier ministre et de son gouvernement. Supposons qu’en revanche, il n’arrive pas à s’assurer une majorité… dans ce cas, il sera au moins certain de pouvoir bricoler une coalition d’anciens politiciens d’extrême-droite qui, bien sûr, seront « équilibrés » par 50% de femmes. La coalition macronique de femmes et de dinosaures s’appliquera alors avec enthousiasme à piétiner les droits et le standard de vie de ceux qui travaillent, à quelque sexe qu’ils appartiennent !

Macron espère bien gagner suffisamment de voix lors de ces élections, afin de pouvoir négocier des alliances avec les partis conservateurs traditionnels et le croupion restant du parti socialiste, pour arriver à consolider – enfin ! – le pouvoir absolu de la Troïka des banquiers, de l’U.E. et de l’OTAN.

Président Macron : Par les bulletins ou par les balles

Il ne fait aucune doute que la classe ouvrière française, les fonctionnaires salariés privés ou publics, les jeunes chômeurs, les étudiants et les travailleurs des services de santé descendront dans la rue, avec l’approbation de 60% du public ou même davantage, y compris les 33% qui ont voté pour Marine Le Pen.

Des grèves générales ou partielles, longues ou courtes, s’opposeront à Macron et à son régime d’extrême-droite soi-disant « transformateur ».

Le garçon de courses des Rothschild, Manny Macron, ne peut pas mobiliser ses supporters dans les rues et devra donc s’en remettre à la police. Beaucoup de ses soutiens à l’Assemblée craignent à la fois le problème (les grèves) et la solution (les flics).

L’élite entrepreneuriale : Le président Macron adopte des décrets napoléoniens

En 2016, quand Macron était ministre de l’Économie du régime déjà pourri de François Hollande, il a voulu introduire une nouvelle politique du travail intitulée « loi El Khomri » (du nom de la ministre du Travail réactionnaire d’alors, Myriam El Khomri). Cette initiative a provoqué de massives manifestations de rues, qui ont forcé Hollande à retirer son projet de loi. Aujourd’hui, en tant que président, Macron veut faire adopter une loi sur le travail beaucoup plus rigide et de loin plus destructrice que la précédente, que ses collègues entrepreneuriaux insistent pour qu’il fasse adopter « par le scrutin » ou, s’il le faut, « par la matraque ». En d’autres termes, au cas où il ne réussirait pas à obtenir l’approbation de l’Assemblée nationale, qu’il fasse passer la loi par décret présidentiel.

Le président du MEDEF (Mouvement des Entreprises de France) la fédération des employeurs, Pierre Gattaz, a exigé la mise en application immédiate de la politique destinée à écraser le travail. Macron décrétera « hors la loi », par décret présidentiel, les manifestations de protestation et censurera les débats entre élus, pour faire enfin de sa « réforme » du travail, l’El Dorado des élites.

Tous les leaders de la classe capitaliste et toute la presse financière soutiennent la volonté de Macron de gouverner par décrets, qu’ils considèrent comme « une bonne idée étant donné les circonstances » (Financial Times, 10 mai 2017, p. 2). Les prétentions napoléoniennes de Macron ne peuvent qu’élargir l’abîme qui s’ouvre entre les classes et resserrer les liens entre les militants [et non dirigeants ! ndt] syndicaux et la classe ouvrière industrielle qui a voté Le Pen.

Nous sommes à deux doigts d’une guerre des classes ouverte et déclarée en France.

Conclusion

La réalité n’a pas tardé à mettre à nu les mensonges sur l’origine de la victoire électorale de Macron. Les matraques de la police, brandies en défense du triomphateur, révéleront davantage encore les vrais visages du « fascisme français », bien mieux que ne sauront le faire les éditoriaux de la « gauche » française. Ce n’est pas dans la classe ouvrière qui a voté Le Pen que se trouvaient les fascistes !

Les irresponsables crétins qui, dans l’université française, ont soutenu le candidat des Rothschild en prétendant « combattre le fascisme à tout prix » vont se retrouver bientôt en train d’errer parmi des barricades en essayant d’éviter des nuages de gaz lacrymogènes, sur le chemin de leurs cafés préférés.

La classe dominante a choisi Macron parce qu’elle sait qu’il ne reculera pas face à des manifestations, ni même face à une grève générale.

Les intellectuels qui ont soutenu Macron comme « un moindre mal » vont bientôt découvrir qu’il est « le pire des maux ». Ils ne seront pas en retard pour grossir les rangs de ceux qui sont sans importance.

La grandiose vision de Macron est de répandre l’idéologie hyper-capitaliste dans toute l’Europe et au-delà. Il se propose de transformer l’Union Européenne en un « paradis capitaliste compétitif » sous la direction de la France.

Étant donné le rôle de l’ouvrier français dans l’Histoire, il est plus que probable que Macron ne réussira pas à transformer en réalité ses « réformes du travail ». Ses décrets ne pourront que provoquer une résistance acharnée de la part de la rue et des institutions publiques. Quand il trébuchera, ses supporters à l’Assemblée se fractionneront en autant de petits clans perpétuellement en bisbille. Les industriels se lamenteront sur les ouvriers qui occupent leurs usines et les banquiers se plaindront des tracteurs agricoles qui bloquent l’accès à leurs résidences secondaires.

Les élites allemandes et britanniques pousseront leur « petit Napoléon » à tenir bon, par crainte que la contagion française ne s’étende à leurs somnolents ressortissants.

D’un côté, il est sûr qu’un décret de Macron peut réussir à frayer la voie à la transformation des relations entre le capital et le travail, et donner naissance à un « état corporatiste » du XXIe siècle.

De l’autre, il n’est pas dit qu’une grève générale réussie en France n’ouvrira pas la porte à une révolte européenne. L’énigmatique (et insensé) slogan de Macron « ni de droite ni de gauche » est en tout cas devenu clair : il est « le Bonaparte de la Bourse » !


L'auteur, James Petras est professeur (émérite) de sociologie à l’Université de Binghampton, New York.

Traduction : c ;l. pour Les Grosses Orchades

- Source : Information Clearing House


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Venezuela : Maduro tente de se maintenir au pouvoir par la répression

Sans soutien populaire et avec des divisions croissantes à l’intérieur du chavisme, le gouvernement de Maduro s’appuie sur les militaires pour réprimer violemment la vague de mobilisations populaires qui a commencé le 4 avril. Le bilan de cette répression est de neuf morts, de centaines de blessés et de nombreuses interpellations.
Venezuela : Maduro tente de se maintenir au pouvoir par la répression
Mais les mobilisations n’ont pas cessé de croître et le 19 avril des centaines de milliers de travailleurs ont manifesté dans les rues des principales villes, rejetant la dérive dictatoriale de Maduro. La nuit du 20 avril, il y a eu une manifestation généralisée dans le quartier populaire del Valle dans le sud de Caracas.
Le chavisme a perdu le large soutien populaire dont il a joui pendant de longues années et désormais 85% de la population rejette Maduro. Le gouvernement dit être victime d’un coup d’état, mais en réalité les militaires, qui contrôlent plusieurs ministères, ont resserré les rangs pour le défendre.
Le rejet de Maduro de la part de la majorité des travailleurs n’est pas le fruit d’une volonté de putsch ou du programme libéral de la coalition d’opposition de centre-droite, la Table d’Unité Démocratique (MUD), mais exprime le mécontentement de millions de personnes qui traversent une des pires crises économiques et sociales de l’histoire du Venezuela.
Alors qu’il se présente au monde entier comme « socialiste », le chavisme applique des plans d’ajustement qui génèrent l’inflation. Pour pouvoir payer plus de 70 milliards de dollars de dette externe durant les trois dernières années, les importations ont baissé d’un tiers, ce qui a généré une pénurie alimentaire et de médicaments.
En imprimant de l’argent pour couvrir le déficit fiscal, Maduro a radicalement réduit les salaires réels. L’inflation a atteint 600% en 2016 et le salaire minimum a été réduit à 30 dollars mensuels. Cette course aux plans d’ajustement a mené des commentateurs américains à parler « de la révolution socialiste favorite de Wall Street » (Washington Post, 12/4). Autrement dit, derrière les drapeaux d’un faux socialisme, on développe un capitalisme sauvage qui a détruit les conquêtes sociales des premières années du gouvernement Chavez.
Un gouvernement chaque fois plus autoritaire
Après avoir perdu les élections parlementaires en 2015, le gouvernement a choisi de suspendre indéfiniment toutes les élections et a retiré la légalité électorale à la majorité des partis politiques.
Depuis 2014, le gouvernement empêche aussi la tenue d’élections syndicales, comme dans la Fédération Unitaire de Travailleurs Pétroliers du Venezuela (Futpv), dont le secrétaire général est José Bodas du Parti Socialisme et Liberté (PSL) [section vénézuélienne de l’UIT-QI, NdT].
Fin mars, le Tribunal Suprême de Justice (TSJ) a autorisé le président à réformer la loi antiterroriste, la loi contre la corruption, le code pénal, le code de justice militaire, la loi sur les hydrocarbures et à constituer des sociétés mixtes avec des transnationales pétrolières sans autorisation parlementaire.
La procureure générale, Luisa Ortega Díaz, a dénoncé les décisions du TSJ comme inconstitutionnels, démontrant une fracture au sein du gouvernement. Maduro a ordonné au TSJ de modifier ses verdicts, ce qu’il a fait il y a peu, mais la manœuvre avait déjà provoqué un immense rejet dans la population.
La MUD, qui avait une politique de négociation avec Maduro, et avec la médiation du Vatican, a changé de politique face à l’énorme pression sociale. Elle s’est mise à dénoncer le fait que Maduro avait fait un « coup d’État » et a appelé à des mobilisations pour exiger la tenue d’élections.
Les mobilisations sont-elles une manœuvre de l’impérialisme ? Pour justifier la répression, Maduro qualifie de « mercenaires de l’impérialisme » les centaines de milliers de personnes qui sont mobilisées. C’est un symptôme du désespoir du gouvernement.
Même si les Etats-Unis ont eu des tensions diplomatiques avec Maduro, surtout dans l’Organisation des États Américains, où ils font pression pour que se tiennent des élections, jusqu’à présent ils ne se sont pas prononcés pour que le Venezuela sorte de cet organisme multilatéral.
Maduro, de son côté, a tendu des perches à Trump, en l’appelant « mon ami » et « camarade ». L’entreprise pétrolière d’état vénézuélienne, la PDVSA, a donné 500 mille dollars pour la cérémonie d’investiture de Trump. Nous rejetons l’ingérence américaine ainsi que la servilité de Maduro.
En matière de politique extérieure, le chavisme a favorisé les liens avec la Chine et la Russie, a soutenu des régimes comme celui d’Assad en Syrie et d’Al-Sissi en Égypte, et a même félicité le président turc, Erdogan, pour le résultat de son référendum constitutionnel.
Or ces alliances n’ont pas changé la condition du Venezuela en tant que semi-colonie américaine : Chevron est la principale transnationale implantée dans l’industrie pétrolière, 12% du territoire national a été livré en concession à de grosses entreprises minières comme Barrick Gold, tandis que Procter&Gamble, Halliburton, Schlumberger et Coca Cola continuent à faire des affaires et profitent d’une des mains-d’oeuvre les moins chères du marché mondial.
L’opposition de gauche
Avec le mouvement ouvrier dispersé et affaibli après des années de répression et de cooptation chaviste, la classe travailleuse n’a pas pu jouer un rôle indépendant dans l’actuelle crise.
Toutefois il existe un début de regroupement d’opposition de gauche dans la Plate-forme du Peuple en Lutte, dans laquelle prennent part des secteurs chavistes de gauche comme des organisations de la gauche non chaviste, comme le PSL, qui dénonce les politiques anti-ouvrières du gouvernement depuis des années.
Cette coalition exige que cesse le paiement de la dette externe et que ces ressources servent à effectuer d’urgentes importations d’aliments et de médicaments pour stopper la crise sociale.
Elle pose aussi la nécessité de nationaliser l’industrie pétrolière à 100%, et que le revenu du pétrole soit investi dans l’industrialisation du pays et la réforme agraire. Dans les prochains jours des assemblées plénières syndicales seront organisées pour discuter comment impulser des actions indépendantes contre le gouvernement.

http://www.gsi-uitqi.org/?p=1859

Simón Rodriguez Porras
(Militant du Parti Socialisme et Liberté de Venezuela, section UIT-QI)

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LE CANADA AUX ORDRES DE WASHINGTON

LE CANADA AUX ORDRES DE WASHINGTON
Le comportement et les prises de position du gouvernement canadien  au sein de l’Organisation de l’État américain (OEA) ont de quoi interpeller tous les Canadiens et Canadiennes qui croient au respect du droit international inscrit dans la Charte des Nations Unies. Un de ces droits porte sur la souveraineté et l’indépendance des peuples à disposer d’eux-mêmes. Sous le couvert du respect des droits de la personne et de la démocratie, leur action,  sous la direction des Etats-Unis , vise avant tout la prise de contrôle du Venezuela et le changement de régime, passant outre au droit international et à la Charte de l’OEA.
 
Article 1
Les buts des Nations Unies sont les suivants :
<>1.<>2.<>3.<>4.les printemps arabes » .et « les révolutions de couleur  »  qui émergeaient, dans leur origine de la volonté des peuples. Il s’agit, pour l’essentiel, de créer les conditions pour créer le chaos dans le pays par tous les moyens, dont la désinformation nationale et internationale et les actions violentes, allant de la délinquance au terrorisme de manière à ce que le tout apparaisse comme le soulèvement du peuple contre ses dirigeants. Les réseaux d’information, complices de ces actions, se chargent de la désinformation en attribuant tous les malheurs qui arrivent au gouvernement. Ils se chargeront également de discréditer sans preuve  la crédibilité de ces gouvernants qui ne peuvent être que corrompus, dictatoriaux,  répresseurs et sans scrupule.
 
De tout cela, le gouvernement canadien est conscient et il sait très bien de quoi il en retourne. Il agit en pleine connaissance de cause et, ce faisant, il se fait complice d’une intervention militaire au Venezuela visant le renversement du gouvernement et le changement de régime. Peu lui importe que le droit international, par ces actions, soit bafoué.
 
Il suffit que Washington lui dicte le rôle qu’il attend de lui pour qu’il s’y applique, comme il le fait actuellement au sein de l’OEA, au détriment des règles qui régissent cet organisme régional. Une de ces règles est la non-intervention dans les affaires internes d’un pays membre sans que ce dernier en donne son accord. Or, on discute du Venezuela et de la manière d’y justifier une intervention sans l’autorisation du Venezuela. Ce comportement va à l’encontre de la Charte des Nations Unies et de l’OEA. Ce n’est pas parce que cette dernière est prise en otage par Washington que ses règles et statuts en sont modifiés.
 
« Article 1
Les Etats américains consacrent dans cette Charte l'Organisation internationale qu'ils ont établie en vue de parvenir à un ordre de paix et de justice, de maintenir leur solidarité, de renforcer leur collaboration et de défendre leur souveraineté, leur intégrité territoriale et leur indépendance. Dans le cadre des Nations Unies, l'Organisation des Etats Américains constitue un organisme régional.
L'Organisation des Etats Américains n'a d'autres facultés que celles que lui confère expressément la présente Charte dont aucune disposition ne l'autorise à intervenir dans des questions relevant de la juridiction interne des Etats membres.
 
Il est urgent que les partis politiques, présents au Parlement canadien, interpellent le comportement et les engagements du gouvernement canadien dans cette saga visant l’invasion et le renversement du gouvernement vénézuélien.  Seules les Nations Unies ont le pouvoir d’évaluer la pertinence ou non d’une intervention  et d’en préciser les acteurs et les modalités. Il faut que le Conseil de sécurité se prononce et qu’il en marque les règles si une intervention s’impose. Il n’appartient ni à Washington ni à l’OEA d’en décider. La Charte du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est sous protections des Nations Unies.
 
Il importe que l’information véhiculée retrouve l’objectivité des faits. Il y a présentement au Venezuela des mercenaires payés et formés pour créer le chaos, de la même manière qu’il y en eut en Ukraine, en Libye et en Syrie. Ce sont, pour un certain nombre, des mercenaires terroristes au sens réel du terme. Tuer, blesser, démolir font partie de leur formation.  En ne dénonçant pas ces formes de terrorisme, le Canada en devient complice. Il y a plus de 50 des morts identifiés qui sont victimes de ces terroristes. Plus de mil blessés se retrouvent en traitement dans des hôpitaux. Des millions de dommages aux édifices publics, des autobus détruits. Le Canada, le Québec ont déjà connu de ces groupes et ils n’ont pas hésité à utiliser les grands moyens. Qu’on se rappelle des mesures de guerre appliquées au Québec dans les années 1970 et les moyens déployés pour réprimer les étudiants en colère en 2014.  Le gouvernement vénézuélien fait preuve d’une grande retenue pour éviter justement qu’il y ait plus de morts.
 
Soit que le Canada s’affirme comme un État souverain et indépendant et qu’il en appelle au peuple dans l’élaboration de ses politiques nationales et internationales ou soit qu’il en appelle à Washington. Dans ce dernier cas, aussi bien mettre à nue toute cette mascarade d’un pays démocratique, indépendant et souverain, si de fait, le maître du jeu demeure Washington.
 
Je pense que le peuple canadien est pour le respect des droits des peuples et des personnes et qu’il s’en remet aux Nations Unies pour qu’il en soit ainsi à l’endroit de tous  les pays du monde. Les représentants du peuple canadien  ne peuvent agir que dans cette ligne. Qu’on mette fin à l’hypocrisie et à la tricherie.  Tous  les jours, je prends les nouvelles du Venezuela en allant sur le site www.telesurtv.net qui nous donne une image bien différente de celle qui nous arrive de France presse ou de tout autre média lié aux intérêts de l’Empire.
 
Nous avons de quoi regretter le Canada du temps de Lester B. Pearson qui sut inspirer le respect du Canada sur la scène internationale. Aujourd’hui, le Canada est aux ordres de Washington comme le sont les vassaux  à leur maitre.
 
 
Oscar Fortin
Le 1er juin 2017 
http://humanisme.blogspot.com

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L’incident curieux de Poutine

La rencontre récente du Président de la République Emmanuel Macron et le Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine, le lundi 29 mai au Château de Versailles, a engendré non seulement la foule des commentaires liés aux résultats politiques de cette rencontre, mais aussi la discussion du caractère historique, qui s'est passée à la conférence de presse conjointe.
L'incident curieux de Poutine
La rencontre récente du Président de la République Emmanuel Macron et le Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine, le lundi 29 mai au Château de Versailles, a engendré non seulement la foule des commentaires liés aux résultats politiques de cette rencontre, mais aussi la discussion du caractère historique, qui s'est passée à la conférence de presse conjointe.

M. Vladimir Poutine se trouve maintenant dans la situation assez délicate. La Fédération de Russie est exclue de G7, les leaders politiques du monde n'ont pas de volonté de se rencontrer avec le leader russe à cause de "sa toxicité spéciale". C'est pourquoi les diplomates russes ainsi que la propagande russe présentent la rencontre de M. Poutine avec le Président de la République comme un événement très important.

Cependant, comme il est apparu, le prétexte de cette rencontre est le 300-ème anniversaire de la visite du tsar russe Pierre Le Grand en France. Donc, M. Vladimir Poutine est venu en France avec visite de travaille et la rencontre de deux Présidents a eu lieu au Château de Versailles. Revenons à la conférence de presse, pendant lequel le Président de la Russie, étant un homme politique averti, n'a pas pu cacher quand même ses sentiments irrités et un certain désarroi. Évidemment, les résultats non proclamés de leur rencontre étaient vraiment trop désagréables pour lui. C'est pourquoi il a décidé de prendre la revanche sur le champ historique, ayant déclaré que les relations de la Russie et de la France ont commencé en fait non de la visite de Pierre Le Grand en France, mais du mariage du roi de la France Henri І avec Anna, la fille de Iaroslav le Sage. De plus le Président de la Russie a ajouté : "… la fille de notre Iaroslav le Sage".

Tout cela peut être perçu comme un quiproquo drôle lié à l'ignorance historique des adjoints de Poutine, préparant l'intervention pour lui, quand même il y a un mais - les tentatives de la Russie de "privatiser" l'histoire ne se passent pas pour la première fois. En s'adressant au public honorable, M. Poutine a menti ouvertement en appelant Anna de Kiev "russe" et Iaroslav le Sage - "notre". Évidemment, il est convaincu que les français soient profanes absolus, avec le dédain propre russe vers d'autres peuples.

Cependant il y a un non-dit très dangereux politique dans cette phrase. Ayant prononcé cette phrase, M. Poutine tente de confirmer encore une fois la thèse sur l'existence "du monde russe". Pour lui la Russie de Kiev et la Russie sont les notions pratiquement identiques. Il ne veut pas reconnaître catégoriquement que la volonté à établir le lien historique entre la Russie (le nom qui est paru seulement au début de XVIII siècle grace à Pierre Le Grand) et la Russie de Kiev semble très étrange. La Russie moderne n'est pas exactement le successeure de la Russie de Kiev.

C'est pourquoi il n'y a pas de sens de discuter de la nationalité de Iaroslav le Sage et d'Anna de Kiev, et deux autres filles qui sont devenues les reines de la Norvège et du Danemark. On peut seulement dire avec l'assurance qu'ils sont tous les habitants de Kiev. Les historiens français le connaient bien, car Anna de Kiev est la figure très populaire historique en France, étant non seulement l'épouse de Henri Ier, mais aussi la mère de Philipppe Іer, un des plus grands rois de la France.

On pourrait le trouver comme un mauvais impromptu rhétorique ou la thèse mal préparée, s'il n'y avait pas réellement le désir fantastique du Kremlin voir "le monde russe" partout.

De plus les Français et les Espagnols doivent être prudents, puisqu'outre les révélations sur "notre" Iaroslav le Sage on dit encore une phrase dangereuse : "Anna de Kiev a été la fondatrice des branches des Bourbons et des Valois". Et si cette histoire est non actuelle pour la France, en Espagne les Valois gouvernent jusqu'à nos jours. Selon la logique de M. Poutine, le sang russe coule dans leurs veines, donc, "le monde russe" règne en Espagne.

À titre des résumés on peut seulement citer les mots connus du poète russe Mikhaïl Lermontov : "Ce pourrait être drôle si ce n'était si triste".

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Bravo Donald, et maintenant, c’est le moment de sortir de l’OTAN !

La décision annoncée par Donald Trump de sortir de l’accord de Paris sur le climat suscite un tollé sans précédent. Chacun sait que dans ces colonnes, on ne donne pas dans le soutien inconditionnel au maître de la Maison Blanche. Mais cette fois…
Bravo Donald, et maintenant, c’est le moment de sortir de l’OTAN !
Il l’a fait ! Donald Trump avait jusqu’à présent si fréquemment tourné le dos à ses promesses électorales qu’on désespérait qu’il tînt cet engagement-là. Finalement, il a eu le courage d’aller contre les objurgations des élites mondialisées (lire le compte-rendu du G7 du 26 mai dans l’édition papier de Ruptures), des partis installés, des médias les plus divers – bref, de l’idéologie dominante qui, sur le dossier « environnement », flirte carrément avec le terrorisme intellectuel.

Le président américain a donc, le 1er juin, annoncé la sortie de son pays de l’accord « climat » signé à Paris. Ce faisant, il désespère tout ce que l’Union européenne compte de sommités, du président du Conseil, Donald Tusk, à celui de la Commission, Jean-Claude Juncker, de la chancelière allemande au président français. S’il ne s’était pas agi des Etats-Unis mais des îles Fidji, gageons qu’un corps expéditionnaire européen, alimenté en carburant bio, serait déjà En Marche pour rétablir la sacro-sainte défense de la planète.

Il désespère également ces autres progressistes bien connus que sont Apple, Facebook, Google, Microdsoft, mais aussi Unilever, ConocoPhilipps et Exxon Mobil : toutes ces firmes avaient, au dernier moment, tenté de dissuader la Maison Blanche de commettre l’ « irréparable »…

On n’a ici aucune légitimité pour trancher le débat sur la réalité du réchauffement, ni sur son origine anthropique. Une majorité de scientifiques penche pour une réponse positive, même si le terme « consensus » est délibérément exagéré. Mais là n’est nullement la question. (Au passage, notons que le dossier est toujours exclusivement instruit « à charge » : aucun des procureurs énumérant les effets négatifs dudit réchauffement n’imagine un seul instant se pencher sur des effets positifs – comme par exemple les millions d’hectares que le dégel sibérien rendrait cultivables).

En revanche, il est permis d’analyser le contexte idéologique qui assène comme vérité obligatoire qu’il faut « prendre soin de la nature ». Les quatre éléments suivants mériteraient d’être largement développés. Résumons les ici drastiquement.
Quatre éléments

Un : la « sobriété » que sous-tend (explicitement pour certains, implicitement pour d’autres) « la lutte pour le climat » n’est que le faux-nez de l’austérité que tentent d’imposer les maîtres du pouvoir et propriétaires des capitaux (ce sont les mêmes). Et pour cause : leur système est arrivé à bout de course, et s’avère incapable de promouvoir un développement impétueux des forces productives. Du reste, l’amour de la nature est bien souvent la trace de la haine refoulée de l’industrie… et de la classe ouvrière. Dès lors, il faut aux dirigeants capitalistes un habillage idéologique présentable pour dissimuler leur impuissance.

Deux : n’en déplaise aux innombrables « idiots utiles » qui psalmodient leur amour de la nature, la substitution des énergies renouvelables aux énergies fossiles (et au nucléaire) recouvre en réalité des rivalités et des ambitions géostratégiques, entre firmes mais aussi entre puissances. Car, pas de chance, une large part du pétrole et du gaz a été installée par Dieu – décidément distrait sur ce coup-là – dans des pays arabes et en Russie, ce qui n’est évidemment pas acceptable… Dépendre de Moscou, de Téhéran, voire de Riyad, voilà qui ne doit pas durer !

Trois : le climat a ceci de particulier qu’il ne connaît guère de frontières. Ca tombe décidément à pic pour les adeptes de Bruxelles, Bilderberg et consorts qui rêvent de voir celles-ci effacées au plus tôt, afin de laisser place à une gouvernance globalisée. La lutte « contre le réchauffement » justifie en substance l’abolition, ou à tout le moins la limitation, des souverainetés.

Quatre : l’impératif comminatoire enjoignant de « préserver l’environnement » s’apparente à la jadis célèbre formule des toilettes ferroviaires : veuillez laisser la planète dans l’état où vous l’avez trouvée. Une pensée profondément réactionnaire qui, si elle avait été appliquée dès l’origine par les sociétés humaines, nous cantonnerait encore aujourd’hui dans la grotte de Lascaux. Une régression anthropologique potentielle qui pose implicitement qu’on est allé « trop loin » alors même que les ressources de la planète seraient « limitées ». Ce qui fait l’impasse sur l’intelligence humaine : le même hectare cultivé en blé nourrit aujourd’hui infiniment plus de personnes que dans l’antiquité. Or nous ne sommes encore qu’au début de la préhistoire de l’humanité.

Pour l’heure, on s’en tiendra là : c’est déjà mille fois plus que les oreilles sensibles – et alignées – n’en peuvent supporter.

Et l’on se réjouira que les adeptes de la décroissance (et autres « croissances soutenables ») enragent ; et que leurs ancêtres se retournent probablement dans leur tombe, à moins que leurs bio-restes ne nourrissent déjà amoureusement les pissenlits.

On a ainsi une pensée particulière pour Sicco Mansholt, l’un des premiers à populariser (en 1972) le rapport du Club de Rome prônant la décroissance. A ses moments perdus, le Néerlandais fut également vice-président puis président de la Commission européenne.

Certes, Donald Trump a pris sa décision pour des raisons qui n’ont rien de philosophique, mais reflètent certains intérêts. Ces derniers intègrent la probable prochaine suffisance énergétique du pays, de même que la volonté affichée de préserver l’emploi des mineurs.

En matière de justification, on en a connu de pires.

Bravo Donald, et encore un effort : en réfléchissant bien, l’OTAN pourrait bien redevenir « obsolète ». Au vu de la réaction des dirigeants européens, tout espoir en ce sens n’est pas perdu…


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Nous devons prendre au sérieux la possibilité d’une attaque nucléaire US

La présidence de Donald Trump traverse une crise grave, surtout quand il s’agit plus que jamais du danger latent de l’explosion de la Troisième Guerre mondiale, qui cette fois serait nucléaire. Voici l’interview accordée à Ariel Rodriguez Noyola par Michel Chossudovsky, économiste canadien et fondateur du Centre de recherche sur la mondialisation (Global Research).
Nous devons prendre au sérieux la possibilité d’une attaque nucléaire US
Ariel Noyola Rodríguez (ANR): – Jusqu’à présent, les actions de Trump ont principalement consisté à signer des décrets. La construction d’un consensus brille par son absence. Son plan budgétaire par exemple, fait face à une forte opposition parmi les législateurs, autant démocrates que républicains. Quelle marge de manœuvre accordez-vous à Trump, durant ces premiers mois, pour mener à bien ses promesses de campagne ?

Michel Chossudovsky (MC) : – Eh bien, tout d’abord il convient de noter que la campagne électorale de Donald Trump a été essentiellement soutenue par la rhétorique, au-delà des objectifs qu’il pourrait réellement atteindre. Pour moi, l’élément fondamental de sa plate-forme politique a concerné des changements dans la politique étrangère des États-Unis, par exemple une éventuelle normalisation des relations diplomatiques avec la Russie.

La vérité est que jusqu’à présent presque toutes les déclarations antérieures, du point de vue rhétorique, ont été ignorées. Les relations avec la Russie sont bien pires qu’à l’époque du gouvernement de Barack Obama. L’offensive contre la Syrie est une intervention diabolique. Les conséquences de l’autorisation, par Trump, du bombardement du 7 avril vont beaucoup plus loin que celles qu’avait entraînées l’administration Obama.

Un autre élément que je pense important est de noter que Trump est un président avec très peu d’expérience en politique active, à savoir une personne qui ne connaît pas la politique étrangère ; il n’est jamais allé dans certains pays et ne sait même pas où ils sont situés, rappelez-vous comment il s’est mépris récemment, sur l’emplacement de l’Irak et de la Syrie. Avant de devenir président, il semblait très clair sur ce qu’il allait faire, mais il a été très limité dans la mise en œuvre de son plan d’action car, à mon avis, il lui manque un cadre sérieux d’analyse de la situation générale.

Le plus visible dans cette présidence est la débâcle de la diplomatie internationale comme nous la connaissions traditionnellement, c’est à dire une manière propre à Trump de gérer la politique étrangère des États-Unis comme s’il s’agissait d’un « reality show », une question de relations publiques. C’était évident lors de sa rencontre avec le président chinois Xi Jinping. Trump a donné l’ordre de bombarder la Syrie juste au moment où il dînait avec Xi.

Ensuite, nous avons un président qui ne comprend pas la complexité de la politique internationale. Il ne comprend pas grand-chose non plus à la gestion des affaires militaires, lui et son équipe n’ont aucune idée claire, par exemple, des conséquences terribles d’une guerre nucléaire. Mais rien de tout cela n’est nouveau. La propagande interne aux États-Unis, depuis 2002 – 2003, est soutenue par la doctrine de la guerre préventive, qui présente la bombe nucléaire comme un instrument qui ne causerait aucun tort à la population civile. Un énorme mensonge, mais cependant écrit dans les manuels militaires.

De mon point de vue, la présidence Trump continue l’orientation de la politique adoptée par les administrations de Barack Obama et George W. Bush. Il est très regrettable que la tendance des dernières administrations présidentielles aux États-Unis, au moins depuis le gouvernement de Ronald Reagan, soit que celui qui détient le pouvoir exécutif n’exerce pas le pouvoir décisionnel direct.

La présidence est plus une entité de relations publiques, elle sert à faire des discours. Légalement, le président a bien sûr, beaucoup de pouvoir, mais les principales décisions sont dictées par les parties prenantes de l’État profond (Deep State), composé des grandes compagnies pétrolières, des banques d’investissement de Wall Street et du complexe militaro-industriel. Le président américain est plutôt une figure de proue décorative. Cela est apparu très clairement lors de l’administration Obama qui, il faut le reconnaître, n’avait quasiment aucune marge de manœuvre étant plutôt séquestré. Tout a été dicté par les think tanks de Washington, ainsi que par l’État profond des groupes d’intérêt.

Nous sommes devant la privatisation de l’État américain. Le Commandant en chef est également privatisé. Trump ne répond pas correctement aux intérêts des citoyens, mais obéit plutôt aux différents groupes du pouvoir économique. Ce qui est différent dans le cas de Trump est que, au moins au début, sa campagne n’a pas été dictée par les conglomérats d’entreprises aux États-Unis, contrairement à Hillary Clinton.

Hillary a reçu de l’argent directement de la part d’entreprises comme Lockheed Martin, appartenant au complexe militaro-industriel, de certaines banques d’investissement comme Goldman Sachs, Citibank et JP Morgan, de compagnies pétrolières, etc. Hillary a été étroitement liée à des groupes d’intérêt traditionnels aux États-Unis, de plus elle a également été prise en charge par les grands médias corporatifs simplement pour être la candidate disposée à perpétuer le système.

Avec Trump c’était différent, parce qu’il avait son propre argent. Il avait une logique de financement de la campagne électorale très différente de celle d’Hillary. Il contrôlait ses finances et, par conséquent, avait l’opportunité de soumettre des propositions qui rompaient en quelque sorte avec les directives émises par l’État profond.

Mais en même temps, ce qui a toujours été très clair pendant la campagne Trump est qu’il n’a jamais compris la logique de l’État profond ni de la politique étrangère, ni de l’économie. Il a dit qu’il créerait massivement des emplois aux États-Unis par le biais d’une restructuration des accords de libre-échange. Il a menacé des entreprises – les constructeurs automobiles par exemple – pour qu’ils cessent de délocaliser leur production. Ce sont des questions importantes, bien sûr, mais il croyait que la rhétorique seule résoudrait tout.

L’économie mondiale ne fonctionne pas ainsi. Les relations contradictoires entre les pays à salaires faibles et élevés font partie de la logique de l’économie mondiale. Les entreprises produisent en Chine parce que le salaire est 20 fois inférieur à celui des États-Unis. Néanmoins, il est vrai que la rhétorique de Trump a été soutenue par la classe ouvrière située dans des villes comme Detroit, l’un des principaux sites de l’industrie automobile.

La réalité est que les entreprises américaines ne vont pas abandonner la logique de la production délocalisée dans les pays à faible salaire, seulement parce que Trump le veut. Au Mexique par exemple, c’est ainsi que fonctionnent les entreprises installées en zones franches sur la frontière. Et vous ne pouvez pas changer cette histoire, simplement par une série de déclarations d’un candidat. Et quand Trump est devenu président, ses idées n’ont tout simplement pas rencontré les bases pour se matérialiser.

De là, l’évidence de la nature du gouvernement de Trump : Rex Tillerson au Département d’État, Mike Pompeo à la CIA, James Mattis au ministère de la Défense, etc. La désignation de ces personnalités est une démonstration claire de la soumission de Trump aux parties prenantes de l’État profond, qui elles représentent toutes la continuité [des politiques antérieures].

– Parmi les décrets les plus controversés signés par Trump il y a ceux qui sont liés à l’immigration. Par exemple, en limitant l’entrée des musulmans sur le territoire des États-Unis sous prétexte de « lutte contre le terrorisme », une décision à laquelle la Cour suprême a plus tard opposé son veto. Tout aussi controversé est le projet de construction d’un mur le long de la frontière avec le Mexique. Quels dangers représentent les politiques de Trump pour la population musulmane ? Pensez-vous que Trump pourchasse vraiment les immigrés, ou cela fait-il plutôt partie de la propagande ?

– En cela, il y a aussi la continuité. L’islamophobie n’est pas nouvelle aux États-Unis. Oui, je pense que c’est un élément de propagande, mais il faut tenir compte du fait que la propagande a ses éléments concrets. Voyez Guantánamo comme un exemple de propagande. Au début, les gens disaient « Oh quelle horreur, des actes de torture sont commis à Guantánamo ! », c’était de notoriété publique. Mais aussi servi par la propagande : « Ce sont des terroristes, il est donc important de les garder enfermés là-bas (…) la base militaire de Guantánamo contribue à assurer la sécurité des États-Unis. »

Le décret de limitation de l’entrée des musulmans peut être interprété de la même façon, même s’il faut ensuite faire marche arrière à un moment donné. Mais l’élément de propagande qui salit les musulmans en disant qu’ils sont des « voyous » fait partie du langage utilisé par Trump. Il envoie ainsi le message que« nous [les Américains] sommes civilisés », alors que « ces voyous qui ne respectent pas les droits des femmes sont des terroristes ». Ces discours sont créés pour soutenir la « guerre contre le terrorisme ».

Nous devons prendre au sérieux la possibilité d’une attaque nucléaire US
Mais en même temps, ce qui a toujours été très clair pendant la campagne Trump est qu’il n’a jamais compris la logique de l’État profond ni de la politique étrangère, ni de l’économie. Il a dit qu’il créerait massivement des emplois aux États-Unis par le biais d’une restructuration des accords de libre-échange. Il a menacé des entreprises – les constructeurs automobiles par exemple – pour qu’ils cessent de délocaliser leur production. Ce sont des questions importantes, bien sûr, mais il croyait que la rhétorique seule résoudrait tout.

L’économie mondiale ne fonctionne pas ainsi. Les relations contradictoires entre les pays à salaires faibles et élevés font partie de la logique de l’économie mondiale. Les entreprises produisent en Chine parce que le salaire est 20 fois inférieur à celui des États-Unis. Néanmoins, il est vrai que la rhétorique de Trump a été soutenue par la classe ouvrière située dans des villes comme Detroit, l’un des principaux sites de l’industrie automobile.

La réalité est que les entreprises américaines ne vont pas abandonner la logique de la production délocalisée dans les pays à faible salaire, seulement parce que Trump le veut. Au Mexique par exemple, c’est ainsi que fonctionnent les entreprises installées en zones franches sur la frontière. Et vous ne pouvez pas changer cette histoire, simplement par une série de déclarations d’un candidat. Et quand Trump est devenu président, ses idées n’ont tout simplement pas rencontré les bases pour se matérialiser.

De là, l’évidence de la nature du gouvernement de Trump : Rex Tillerson au Département d’État, Mike Pompeo à la CIA, James Mattis au ministère de la Défense, etc. La désignation de ces personnalités est une démonstration claire de la soumission de Trump aux parties prenantes de l’État profond, qui elles représentent toutes la continuité [des politiques antérieures].

– Parmi les décrets les plus controversés signés par Trump il y a ceux qui sont liés à l’immigration. Par exemple, en limitant l’entrée des musulmans sur le territoire des États-Unis sous prétexte de « lutte contre le terrorisme », une décision à laquelle la Cour suprême a plus tard opposé son veto. Tout aussi controversé est le projet de construction d’un mur le long de la frontière avec le Mexique. Quels dangers représentent les politiques de Trump pour la population musulmane ? Pensez-vous que Trump pourchasse vraiment les immigrés, ou cela fait-il plutôt partie de la propagande ?

– En cela, il y a aussi la continuité. L’islamophobie n’est pas nouvelle aux États-Unis. Oui, je pense que c’est un élément de propagande, mais il faut tenir compte du fait que la propagande a ses éléments concrets. Voyez Guantánamo comme un exemple de propagande. Au début, les gens disaient « Oh quelle horreur, des actes de torture sont commis à Guantánamo ! », c’était de notoriété publique. Mais aussi servi par la propagande : « Ce sont des terroristes, il est donc important de les garder enfermés là-bas (…) la base militaire de Guantánamo contribue à assurer la sécurité des États-Unis. »

Le décret de limitation de l’entrée des musulmans peut être interprété de la même façon, même s’il faut ensuite faire marche arrière à un moment donné. Mais l’élément de propagande qui salit les musulmans en disant qu’ils sont des « voyous » fait partie du langage utilisé par Trump. Il envoie ainsi le message que« nous [les Américains] sommes civilisés », alors que « ces voyous qui ne respectent pas les droits des femmes sont des terroristes ». Ces discours sont créés pour soutenir la « guerre contre le terrorisme ».

Mais ils savent parfaitement que la justification de la « guerre contre le terrorisme » est extrêmement fragile, du point de vue idéologique. Les principaux groupes terroristes ont été créés par la CIA, ce sont des instruments des services de renseignement des États-Unis. Voilà pourquoi la « guerre contre le terrorisme » est un mensonge. Mais pour soutenir un mensonge, il est nécessaire d’avoir non seulement un discours anti-terroriste, mais aussi de l’étendre à l’ensemble de la population musulmane pour justifier les guerres qui sont menées dans les pays musulmans.

De fait, l’idéologie militaire américaine, si on l’analyse attentivement, est basée sur la « guerre contre le terrorisme », il est même intéressant de noter que cette doctrine justifie l’utilisation d’armes nucléaires contre al-Qaïda. Ils disent qu’il y a quatre pays qui sont des cibles de « guerre nucléaire préventive » (la Chine, la Russie, l’Iran et la Corée du Nord), mais al-Qaïda et État islamique sont aussi des cibles, ce qui est absurde.

D’un autre côté, nous savons très bien que les États-Unis soutiennent al-Qaïda et ISIS en Syrie et en Irak. L’initiative d’Obama en 2014, d’organiser une opération de lutte contre le terrorisme, était un leurre. En fait, toutes les interventions des États-Unis en Syrie et en Irak ont ​​pour but de soutenir l’insurrection d’al-Qaïda, avec évidemment le soutien de ses principaux alliés (l’Arabie saoudite, la Turquie et le Qatar).

– Beaucoup ont été surpris par le fait que Trump a ordonné d’attaquer une base militaire du gouvernement syrien, d’autant plus qu’il n’y a jamais eu de recherche sérieuse pour montrer que Bachar el-Assad a ordonné l’utilisation d’armes chimiques contre la population. En ce sens, pensez-vous que Trump pourrait regretter d’être intervenu militairement en Syrie de manière unilatérale ?

– Honnêtement, je ne pense pas que Trump revienne en arrière dans sa ligne d’action contre la Syrie. Il y a eu un rapport publié par la Maison Blanche, au sujet de ce qu’elle appelait l’attaque aux armes chimiques, ce rapport complètement débile a même a été réfuté par plusieurs sources importantes. Nous avons aussi l’étude de Theodore M. Postol, un scientifique de renom à l’Institut de Technologie du Massachusetts (MIT), une personne proche du Pentagone. Théodore a contesté la véracité du rapport de la Maison Blanche.

Par ailleurs, les médias aux États-Unis insistent pour répandre l’idée que Bachar el-Assad est responsable de cela et, de plus, la gauche elle-même aux États-Unis prend une position tout à fait contradictoire sur ces faits. Les groupes progressistes sont silencieux. Ils ne disent rien parce que, d’une certaine manière, ils soutiennent les « actions humanitaires » des forces armées américaines et de l’OTAN, malgré quelques nuances claires, le groupe progressiste n’a pas un discours homogène.

Beaucoup d’entre-eux soutiennent que le gouvernement de Bachar el-Assad a commis des atrocités contre la population ; ce sont des déclarations non fondées, ils insistent sur le fait que nous devons promouvoir un changement de régime en Syrie. En outre, il convient de noter que l’opinion publique aux États-Unis est très mal informée. Il est regrettable que la plupart du public américain ait exprimé son accord avec le bombardement [de Trump] en Syrie.

– En ce qui concerne la région Asie-Pacifique il semble aussi y avoir une ligne de continuité. Alors que Donald Trump a signé les premiers jours de son gouvernement un ordre exécutif pour que les États-Unis quittent le Partenariat Trans-Pacifique (TPP), le harcèlement militaire contre la Chine persiste. Trump renforce la coopération militaire avec le Japon et la Corée du Sud, alors que les relations entre les États-Unis et la Corée du Nord ont atteint un point de tension extrême. Quelle est votre point de vue sur la politique étrangère de Trump en Asie-Pacifique ?

– Les missiles THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) étaient prêts à être installés sous l’administration Obama. La militarisation de l’Asie du Sud-Est, y compris la mer de Chine du Sud, fait partie d’une politique bien formulée. Tout cela vise à contenir la Chine. Maintenant, sous la présidence de Trump, il y a quelques différences. Mais Trump ne comprend pas ses actions de politique étrangère en Asie, il ne comprend pas la portée des relations de coopération militaire entre la Corée du Sud et des États-Unis ou le Japon.

Trump ne comprend pas non plus, comme je l’ai déjà dit, les dangers de l’utilisation des armes nucléaires. Le changement au sujet de l’Asie réside dans le dialogue avec la Chine qui a commencé aujourd’hui, avec le président Xi Jinping, mais est largement soutenu par la naïveté politique. Trump a pensé que si Xi était invité à un événement très luxueux à Mar-a-Lago, en Floride [la résidence privée de Trump, NdT] et s’il lui offrait un repas grandiose, les relations entre la Chine et les États-Unis prendraient une nouvelle direction. Cela ne s’est pas passé ainsi.

Nous devons prendre au sérieux la possibilité d’une attaque nucléaire US
La Chine est étroitement liée à la Russie par de nombreux accords multilatéraux. Par exemple, par l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) ou les BRICS (un acronyme pour Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). La Chine est maintenant une puissance, et son président ne peut pas être traité comme une personne facile à corrompre. La Chine a ses propres lignes directrices en politique étrangère. Je ne pense pas qu’elle va travailler beaucoup avec les États-Unis. Les pays émergents comme la Chine sont conscients qu’un système multipolaire d’alliances est extrêmement pertinent.

On peut supposer, bien sûr, une certaine coopération avec les États-Unis dans le domaine économique, par exemple, la relation bilatérale est très développée dans le commerce. Les institutions financières de Wall Street sont installées en Chine depuis de nombreuses années. D’autre part, il y a une véritable collision dans le domaine militaire : dans la mer de Chine méridionale, le détroit de Taiwan, etc.

Il faut également noter que les relations bilatérales entre la Chine et la Corée du Nord ne sont pas si bonnes. Il y a un jeu de puissance là-bas, de sorte que du point de vue des Chinois, il peut y avoir un certain opportunisme dans une relation avec les États-Unis, mais en termes de questions plus fondamentales, je ne le pense pas. L’installation de missiles en Corée du Sud est dirigée contre la Chine, et non contre la Corée du Nord.

La base navale et la force aérienne tripartite (États-Unis, Japon et Corée du Sud) située sur l’île de Jeju, une île au sud de la péninsule coréenne, près de Shanghai, a été utilisée par le Japon comme base stratégique pendant la Seconde Guerre mondiale. Et maintenant, les États-Unis prétendent militariser toute la frontière maritime de la Chine, et la haute direction du Parti communiste chinois le sait.

Un secteur des élites chinoises est très pro-États-Unis. Les couches intellectuelles spécialisées en sciences sociales et économiques, certains groupes d’affaires sont très pro-États-Unis. Ainsi, en Chine, il y a différentes factions et les États-Unis cherchent des alliances avec Pékin visant à affaiblir la Russie, en provoquant des divisions.

Mais les Chinois ne révéleront jamais publiquement leurs intentions. Il y a des contradictions dans leurs discours, parce que les Chinois ne dévoilent pas leurs objectifs. Les Chinois continuent à travailler avec qui leur convient. Les groupes d’entreprises savent parfaitement bien que dans certains domaines, il y a confrontation. Je parle, par exemple, du secteur pétrolier, il y a un affrontement face-à-face avec les intérêts américains. Voyons aussi comment la Chine a connu une expansion, grâce à ses relations commerciales en Afrique et en Amérique latine, cela représente un danger pour l’hégémonie économique des États-Unis.

Mais les Chinois n’ont pas vraiment un projet hégémonique dans la construction de ces relations commerciales, du moins jusqu’à présent. Autrement dit, leurs accords économiques ne sont pas accompagnés par des relations militaires, c’est la différence avec les États-Unis. Washington a un intérêt en Amérique latine, mais signe également des accords de sécurité, installe des bases militaires, mais la Chine ne fonctionne pas ainsi. Les Chinois entrent en Afrique et créent des relations d’affaires fructueuses avec les gouvernements, mais cela va à l’encontre des intérêts occidentaux, car cela donne plus de souveraineté aux gouvernements nationaux qui font des affaires avec les Chinois. Pour cette raison, la confrontation se produit non seulement en Asie à travers la géopolitique du « pivot » décidée par Obama, mais aussi d’une façon plus générale.

– Parlons de l’Europe. Tout semblait indiquer que Trump allait prendre ses distances avec l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), mais il s’est radouci quand il a dit qu’il ne la considérait plus comme « obsolète ». D’autre part, l’Allemagne est accusée de « manipuler l’euro » pour son propre bénéfice, tandis qu’un certain nombre de hauts fonctionnaires de l’administration Trump ont proposé de réduire le rôle de Washington, à la fois au Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque mondiale. Quel avenir pronostiquez-vous quant au rôle des États-Unis dans les exercices de l’OTAN ? Trump est-il un ennemi des institutions nées à Bretton Woods ?

– Ce que nous voyons en Europe, c’est que les gouvernements n’ont plus la souveraineté d’autrefois. Il y a des interférences des États-Unis dans la politique intérieure de plusieurs pays, dont l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et maintenant même la France. Dans ce dernier cas, l’intervention a commencé à prendre forme sous le gouvernement de Nicolas Sarkozy, qui, durant la campagne électorale était le candidat favori des États-Unis à la présidence.

L’OTAN est une organisation dominée par le Pentagone. L’acteur le plus important est Washington : les pays membres de l’OTAN financent un grand appareil militaire qui sert les intérêts de Washington. Trump, bien sûr, veut davantage de fonds pour l’OTAN. Tous les accords de coopération militaire que signent les États-Unis, y compris ceux établis avec la Corée du Sud et le Japon, avaient pour objet d’imposer aux pays participants le financement des guerres promues par les États-Unis. Et l’OTAN suit la même logique : tous les États membres la financent, mais sa ligne de conduite est déterminée au Pentagone.

Quant aux institutions de Bretton Woods, nous savons que ce sont des entités étroitement liées à la puissance économique des États-Unis. Je parle de Wall Street, du département du Trésor, des think tanks, etc. Il s’agit de la substance même de ce que nous appelons le « consensus de Washington ». Trump signale qu’il serait bon que les autres pays membres financent plus les institutions de Bretton Woods que les États-Unis, mais c’est là un discours totalement dépassé.

Trump ne comprend pas la ligne de conduite du FMI en Grèce. Regardez, lorsque le FMI intervient dans un pays, en Grèce ou ailleurs, et dit « nous allons prêter 1 000 millions de dollars », la réalité est plutôt que l’argent ne pénètre jamais dans le pays. Cet argent, fictif par ailleurs, est utilisé pour financer les créanciers, qui pourraient aussi bien être des banques d’investissement de Wall Street ou le gouvernement allemand. Un prêt du FMI ne vise pas à financer le développement économique d’un pays en difficulté, il est destiné à assurer le paiement de la dette, il s’agit d’un instrument de domination.

Chaque fois que le FMI prête de l’argent à la Grèce, cet argent va dans les coffres de la Deutsche Bank ou de Goldman Sachs, c’est ainsi que les choses fonctionnent. Et ces prêts sont financés par les pays membres du FMI. Le gouvernement grec prend l’argent, mais ces ressources se terminent généralement dans les poches des grands banquiers.

– Enfin, par rapport à ce qui advient, devant la menace réelle d’une troisième guerre mondiale, qui cette fois sera nucléaire, que pouvons-nous faire pour mettre en place une résistance globale ? Comment la société peut-elle éviter un dénouement dramatique ?

– Il est très important que l’opinion publique reste en état d’alerte contre les incursions militaires américaines dans le monde entier, en particulier à la frontière avec la Russie, à la frontière de l’Ukraine, au Moyen-Orient et aussi en Corée du Nord. La possibilité d’une attaque nucléaire par les États-Unis, que ce soit délibéré ou accidentel, est quelque chose à prendre au sérieux. Il faudrait examiner dans le détail les importantes études concernant l’impact d’une guerre nucléaire qui pourrait conduire à la fin de l’humanité telle que nous la connaissons. Ce sont des études tout à fait sérieuses, qui donnent à penser que même une guerre nucléaire régionale serait une catastrophe mondiale.

Quant à ce qu’il faut faire, je voudrais souligner deux éléments. Tout d’abord, les mouvements de masse sont nécessaires. Mais ces mouvements doivent avoir lieu à l’Ouest. En outre, ils doivent rompre les liens avec les milieux progressistes, qui ont été complices du statu quo autant en Europe qu’aux États-Unis. En France, c’est très clair, mais aussi aux États-Unis, où les secteurs progressistes du Parti démocrate ont promu les intérêts de l’État profond.

Nous devons prendre au sérieux la possibilité d’une attaque nucléaire US
Il faut répondre aux mouvements anti-guerre qui croient que la guerre qui se déroule en Syrie est une guerre civile. Beaucoup pensent à tort que le mouvement anti-guerre ne devrait pas s’en inquiéter, mais simplement accepter l’idée qu’il s’agit d’une « guerre humanitaire ». Le vrai mouvement anti-guerre est mort, nous avons donc besoin de le construire à nouveau, en tenant compte des dangers de Troisième Guerre mondiale.

En second lieu, l’Histoire nous dit que les changements dans l’appareil d’État, dans l’establishment militaire, doivent venir de l’intérieur de l’État, c’est à dire des forces armées, des services de renseignement, etc. Il y a une machine de propagande dirigée contre les officiers de l’appareil politique et militaire des États-Unis. Il est essentiel qu’il y ait un changement au sein de l’appareil d’État, où les décisions sont prises. Ce n’est pas facile, il faut que la société civile ait des liens avec les différents secteurs de l’appareil institutionnel.

Nous voyons cela aux États-Unis à travers certains groupes d’anciens officiers des services de renseignement, des gens qui prennent des positions contre la guerre, alors qu’à un moment donné ils ont servi la CIA et d’autres appareils militaires et de renseignement des États-Unis. Par conséquent, je le souligne encore une fois, le mouvement anti-guerre doit investir les entrailles de l’appareil d’État pour obtenir des changements fondamentaux dans la prise de décision.

– Merci Michel, cela a été un plaisir de vous parler.



Article original en espagnol :

“Hay que tomar muy en serio la posibilidad de un ataque nuclear de EE.UU.”, publié le 9 mai 2017

Traduit et édité par jj, relu par nadine pour le Saker Francophone



Michel Chossudovsky est professeur émérite d’économie à l’Université d’Ottawa, il est le fondateur et le directeur du Centre de recherche sur la mondialisation (Global Research). Ses écrits ont été publiés dans plus de 20 langues, c’est un anti-mondialisation et un activiste anti-guerre. Il a été professeur invité dans des organisations universitaires en Europe de l’Est, en Amérique latine et en Asie du Sud-Est, ainsi que conseiller pour les gouvernements de pays en développement et consultant des organisations internationales comme le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Il a reçu la Médaille d’or de la République de Serbie pour ses écrits sur la guerre d’agression de l’OTAN contre la Yougoslavie (2014).

Ariel Noyola Rodriguez est économiste diplômé de l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM) et correspondant du Centre pour la recherche sur la mondialisation en Amérique latine. Il fait partie ainsi de plusieurs groupes de travail du Conseil latino-américain des sciences sociales (CLACSO). Le club des journalistes du Mexique lui a accordé à plusieurs reprises le Prix national du journalisme dans la catégorie de la meilleur analyse économique et financière.
La source originale de cet article est Mondialisation.ca
Copyright © Prof Michel Chossudovsky et Ariel Noyola Rodriguez, Mondialisation.ca, 2017

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Le discours de Donald Trump au monde musulman était rempli d’hypocrisie et de condescendance

Le discours de Donald Trump au monde musulman était rempli d’hypocrisie et de condescendance
#SaltWaterChallenge : soutien mondial aux prisonniers palestiniens en grève de la faim
 
Reportage RT sur la grève de la faim des prisonniers palestiniens qui dure depuis plus d'un mois, et sur le soutien populaire qu’elle reçoit en Palestine occupée et dans le monde.
 
Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr/

https://youtu.be/GladXSP-4p8
 
 
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Le discours de Donald Trump au monde musulman était rempli d’hypocrisie et de condescendance
 
Par Robert Fisk
 
Source : http://www.independent.co.uk/voices/donald-trump-saudi-arabia-muslim-speech-a7747856.html
 
Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr/
 
 
 
Bien qu’il ait prétendu qu’il ne donnerait pas de leçons, le Président a fait exactement cela, affichant un parti pris anti-iranien flagrant visant à apaiser la nation avec qui il venait de signer un accord d’armes de plusieurs milliards de dollars aux dépens de la vérité.
 

 
 
Ainsi, après avoir inventé les « fake news » (fausses informations), ce dimanche, le Président fou de l’Amérique a adressé aux musulmans du monde un faux discours. Donald Trump a déclaré qu’il n’était pas en Arabie Saoudite pour « donner des leçons » mais a ensuite dit aux prédicateurs islamiques du monde ce qu’ils devaient dire, a condamné le « terrorisme islamiste » comme si la violence était un phénomène exclusivement musulman et a enfin annoncé, tel un Prophète de l’Ancien Testament, qu’il était engagé dans « une bataille entre le bien et le mal. » Il n’y eut aucun mot de compassion, aucun mot de pitié, absolument aucun mot d’excuses pour ses discours racistes et anti-musulmans de l’année dernière.
 
Encore plus incroyable, il a reproché à l’Iran – plutôt qu’à Daech – d’avoir « alimenté la violence sectaire », exprimé de la pitié pour le « désespoir » du peuple iranien un jour après qu’il ait librement élu un réformateur libéral [Hassan Rohani] pour Président et exigé davantage d’isolement contre le plus grand pays chiite du Moyen-Orient. Le régime responsable de « tant d’instabilité » est l’Iran. Le Hezbollah chiite a été condamné. De même pour les Yéménites chiites. Les hôtes saoudiens sunnites de Trump ont rayonné de bonheur face à une telle sagesse.
 
Et cela a été résumé par CNN comme un discours de « réinitialisation » avec le monde musulman. Pour « réinitialisation », lisez « réparation », mais la diatribe de Trump dimanche à Riyad n’était en fait ni une « réinitialisation » ni une « réparation ». C’était la leçon qu’il avait assuré qu’il ne donnerait pas.
 
« Chaque fois qu’un terroriste tue un homme innocent et invoque faussement le nom de Dieu, ce devrait être une insulte pour toute personne de foi », a-t-il annoncé, ignorant royalement – comme il le devait – le fait que l’Arabie Saoudite, et non l’Iran, est la source même de l’extrémisme très salafiste et wahhabite dont les « terroristes » assassinent des « innocents ».
 
Il a tenté d’éviter son ancien mantra raciste de « l’extrémiste islamique radical » et a tenté de le remplacer par « l’extrémisme islamiste », mais il s’est apparemment emmêlé les pinceaux et a également dit « islamique ». La distinction subtile qu’il essayait de faire en anglais n’était donc pour les musulmans pas plus qu’une variation sur un thème : les terroristes sont musulmans.
 
Tout cela, rappelons-nous, est venu après que Trump ait encore concocté un autre accord de vente d’armes avec les Saoudiens (110 milliards de dollars ou 84,4 milliards de Livres Sterling) et l’achat proposé par le Qatar de ce que Trump a qualifié de manière obscène de « beaucoup de beaux équipements militaires. » Il semble presque fantastique qu’il fasse une telle remarque seulement deux jours avant de rencontrer le Pape qui, deux semaines auparavant au Caire, a pesté avec le Cheikh musulman d’Al-Azhar contre le mal causé par les marchands d’armes.
 
« Nous adoptons un réalisme de principes, ancré dans des valeurs communes et des intérêts partagés », a déclaré Trump aux Saoudiens et aux dirigeants d’une cinquantaine de pays musulmans dimanche. Mais quelles sont donc ces valeurs ? Quelles valeurs les Américains partagent-ils avec les Saoudiens coupeurs de têtes, misogynes, antidémocratiques, dictatoriaux, autres que les ventes d’armes et le pétrole ?
 
Et quand Trump a déclaré que « nos amis ne remettront jamais en question notre soutien, et nos ennemis ne douteront jamais de notre détermination », est-ce que ses amis étaient censés être les Saoudiens ? Ou le « monde islamique », qui devrait certainement inclure l’Iran, la Syrie et le Yémen – et les milices belligérantes de Libye ? En ce qui concerne les « ennemis », parlait-il de Daech ? De la Russie ? De la Syrie ? Ou de l’Iran, dont le Président nouvellement élu veut sûrement la paix avec l’Amérique ? Ou bien, comme une partie du monde musulman le déduira avec de bonnes raisons, déclarait-il son amitié avec les musulmans sunnites du monde et son inimitié envers les musulmans chiites ?
 
Car c’est de cela, en fin de compte, qu’il s’agissait à cette fête-des-discours de Riyad. Prenez cette petite citation : « Nous allons prendre des décisions basées sur des résultats réels et pas sur une idéologie inflexible. Nous serons guidés par les leçons de l’expérience, et non par les limites de la pensée rigide. Et, chaque fois que ce sera possible, nous chercherons des réformes progressives et pas une intervention soudaine. » Examinons maintenant cette petite horreur. Les « décisions basées sur des résultats réels » signifient un pragmatisme brutal. Les « réformes progressives » indiquent que les États-Unis ne feront rien pour les droits de l’homme et ne prendront aucune mesure pour empêcher les crimes contre l’humanité – à moins qu’ils ne soient commis par l’Iran, la Syrie, les chiites irakiens, le Hezbollah libanais chiite ou les Houthis yéménites chiites.
 
Il s’agissait de « partenariat », devions-nous croire. Il s’agissait d’une « coalition ». Vous pouvez le pariez. Car l’Amérique ne va pas saigner comme elle l’a fait en Irak et en Afghanistan. Ce sont les Arabes qui doivent saigner en se battant les uns contre les autres, encouragés par leur plus grand fournisseur d’armes. Ainsi, Trump leur a donné des leçons sur leur besoin d’assumer « leur part du fardeau ». Les Arabes seront « unis et forts » en tant que « forces du bien ». Si la bataille se déroule entre des « personnes décentes de toutes les religions » et des « criminels barbares » (« entre le bien et le mal »), comme Trump a conclu, il était significatif, n’est-ce pas, que cette bataille ait dû commencer dans le « pays sacré » de l’Arabie Saoudite sunnite.
 
Au moment où Trump a atteint la partie de son discours dans laquelle il a menacé les méchants – « si vous choisissez la voie de la terreur, votre vie sera vide, votre vie sera brève et votre âme sera damnée » –, il avait l’air d’un auteur de discours pour Daech. Apparemment – et sans surprise, peut-être – le discours de Trump était en partie le travail de l’homme même qui a écrit sa tentative juridique très ridiculisée (et qui a échoué) de bannir des États-Unis les musulmans de sept nations. Dans l’ensemble, tout à fait une « réinitialisation ». Trump a parlé de la paix mais préparait les Arabes à une guerre sunnites-chiites. Les dirigeants serviles du monde musulman, inutile de le dire, ont applaudi lorsque le Président fou de l’Amérique a fini de parler. Mais ont-ils compris ce que ses mots présageaient vraiment ?

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LES CENT JOURS D’ENTRAINEMENT DU PRÉSIDENT

Le 8 novembre 2016, une faction du Grand capital étatsunien dévoilait au monde le nom de son nouveau Président embrigader pour diriger ses affaires politiques et gérer ses intérêts économiques au gouvernement des États-Unis d’Amérique.
LES CENT JOURS D’ENTRAINEMENT DU PRÉSIDENT
Retour vers le futur à la Maison-Blanche.

Le 8 novembre 2016, une autre faction du Grand capital américain apprenait avec stupéfaction que leur candidate, donnée gagnante tout au long de la mascarade électorale, était battue par un parvenu, milliardaire, animateur de shows de téléréalités, comme quoi le monde du spectacle mène à tout pourvu qu’on y reste. Veuillez noter que le choix d’Hillary ou de Donald n’avait pas grande importance pour la classe hégémonique américaine, si ce n’est de maintenir le principe de l’alternance (Démocrate – Républicain) entourant le mythe de l’État fétiche. En effet, les lois de l’économie politique capitaliste sont imparables et impitoyables, et elles s’imposent inexorablement, quelle que soit la personnalité de l’administrateur des affaires de l’État désigné pour occuper le Bureau ovale. Mais cela Donald le néophyte politique prendra cent jours pour l’apprendre, suivons-le dans les méandres de la Maison-Blanche.

Reprenons le bilan que nous présentions suite à cette élection « Le 8 novembre dernier la mascarade électorale américaine se terminait dans l’effroi pour la faction du capital financier de la Côte Est et dans l’allégresse pour le cartel industriel et militaire ayant forgé et mené au pinacle son cheval de guerre « l’imprévisible candidat anti-establishment » (sic), le soi-disant self-made-man (sic) encadré et dirigé par ceux qui l’on choisit et fait sacré par la populace des électeurs après une année de campagne déroutante, une suite de palinodies et un milliard de dollars de dépenses électorales en faveur de la «démocratie» populiste (sic). Aussitôt, une deuxième course contre la montre s’engageait pour le pugiliste heureux d’accomplir la mission qui lui avait été assignée par son clan, rediriger l’économie politique étatsunienne afin de ramener les alliés récalcitrants dans le giron de la superpuissance et effrayer les concurrents émergents » (1). Rien à redire à propos de ce bilan.

L’intronisation mouvementée.

Ce n’est que le 20 janvier 2017 que le 45e administrateur élu des affaires gouvernementales au service du Grand capital fut intronisé, remplaçant le Prix Nobel de la paix, Barak Obama, criminel de guerre avéré. Auparavant, Donald Trump s’était amusé à effrayer les bobos américains et les gouvernements étrangers en signant des décrets, habituellement sans effet, et en « Twittant » ses sentiments sur les réseaux sociaux, terrifiant la petite-bourgeoisie du pays (les esclaves salariés, au travail ou en chômage, n’ont pas le temps de jouer à « twitter » totalement occuper qu’ils sont à trimer pour leurs deniers).

L’alternance mythique pour le contrôle de l’État fétiche.

Quelques jours avant l’intronisation, nous répétions ce principe de l’économie-politique capitaliste « Le 45e président de la République des États-Unis d’Amérique sera bientôt intronisé, assermenté, muni des papiers lui conférant la légitimité et lui attribuant les « pleins pouvoirs » incombant à sa charge… et après ? Après, « Business as Usual » (…) un Président des États-Unis n’est ni plus ni moins que le maillon d’une chaine qui emprisonne l’ensemble de la nation américaine (…) de manière que ce soit la classe capitaliste hégémonique qui soit au pouvoir à travers ses plumitifs politiques. (…) Après la rhétorique électoraliste présentée aux paumés pour les attirer, ces pauvres gens qui s’échinent au travail et sont toujours prêts à en découdre avec ceux qui les opprime, maintenant que cette salade du milliardaire populaire a donné les votes escomptés, qu’elle a été gobée et qu’elle a portée la potiche blonde au Capitole il est temps de passer aux choses sérieuses … l’attaque contre le prolétariat étatsunien » (2).

Le problème qui se posait avec ce néophyte politique c’est qu’il ne comprenait pas sa mission, et il s’aventura à remettre en cause l’alliance historique avec l’Allemagne alliée et concurrente) , l’entente militaire avec l’OTAN (que les USA finance grandement), à espérer un rapprochement avec la Russie – pour la détacher de la Chine – à souhaiter se retirer de la Syrie pour mener une vraie guerre à DAESH (une créature de la NSA), à bousculer ses alliés historiques dans le Golfe Persique et ceux de l’ALENA en Amérique, et à trop vilipender la Chine principal concurrent de l’impérialisme américain en déclin. Un programme de formation du larbin s’imposait donc. Le FBI et la CIA furent sommés de s’en charger.

Nous le réaffirmons, un Chef d’État, fut-il Président des États-Unis (de France, ou de Russie), n’est qu’un pion dans l’engrenage d’une gouvernance étatique complexe et gigantesque, expressément forgée pour assurer que le Grand capital maintien son hégémonie sur le pouvoir économique d’abord, politique, social, militaire, diplomatique et idéologique ensuite, et cela, au-delà des vicissitudes et des incertitudes d’une présidence constitutionnellement éphémère. C’est Donald Trump qui devra s’adapter aux exigences de « l’État profond » et non l’inverse. Cette appellation d’«État profond» est un euphémisme pour désigner l’immense appareil étatique fétiche dont se sont dotées toutes les sociétés régies par le mode de production capitaliste.

De l’État profond.

Un auteur décrivait en ces termes ce processus d’ajustement du pouvoir de gérance présidentiel virtuel à son pouvoir de gouvernance réelle : «Candidat, désireux de mettre fin aux ingérences américaines à l’étranger, Trump laissait prévoir une politique nouvelle en Syrie. Mais il est aux abois depuis son élection. L’establishment néoconservateur et néolibéral, maitre de l’«État profond», des services de renseignements et des médias, met à mal cet intrus par des allégations incessantes d’accointances coupables avec la Russie. Le président serait à la solde de l’étranger. Une épée de Damoclès pend au-dessus de sa tête, l’exposant au chantage, non de la Russie, mais de ses adversaires qui flairent la destitution (impeachment). L’opération consiste à le mettre au pas et le retourner ou, à défaut, sonner l’hallali. […] La lutte au sommet est impitoyable. Trump va d’échec en échec. Assiégé, l’étau se refermant autour de lui, il largue des collaborateurs honnis par les néocons, d’abord Flynn en février, ensuite Bannon deux jours avant l’attaque contre la Syrie. En bombardant la Syrie, Trump fait volteface et adopte la politique de ses adversaires pour alléger la pression qu’ils exercent sur lui. Est-il devenu l’exécutant apprivoisé de l’«État profond» ou est-ce une simple gesticulation d’un désespéré ? » (3)

Comme le déclarait le milliardaire, « Je croyais que ce serait plus facile » (4). De fait, l’homme du Bureau ovale n’est pas au bout de ses peines, et avant la fin de sa peine (4 années bien comptées à moins que …) il risque de comprendre qu’une campagne électorale n’est qu’une mascarade qui vise à mobiliser les pèquenots et les bobos afin de les compromettre en choisissant le polichinelle (Démocrate ou Républicain) qui assurera l’intendance pour et au nom du Grand capital bancaire et fiduciaire, le reste étant « Business as Usual » quel que soit la personnalité du locataire de la Maison-Blanche (tout autant qu’à l’Élysée).

Heureusement, la classe prolétarienne américaine (comme la classe ouvrière française l’a démontré récemment) est de plus en plus au fait des rengaines des croques mitaines de gauche comme de droite et se désintéresse totalement de ce « show de boucane » électoraliste auquel participe la confrérie gauchiste (5).

L’ARTICLE EST DISPONIBLE SUR LE WEBMAGAZINE http://www.les7duquebec.com/7-au-front/les-cent-jours-denrolement-du-president/


NOTES

1. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/trump-un-president-comme-les-autres-donald-sen-va-ten-guerre/
2. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/america-comes-first-again-realite-ou-utopie/
3. http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-2-2/syrie-et-lutte-pour-le-pouvoir-aux-etats-unis/
4. http://www.journaldemontreal.com/2017/04/28/je-croyais-que-ce-serait-plus-facile--donald-trump et http://www.leparisien.fr/international/etats-unis-trump-pensait-que-ca-serait-plus-facile-d-etre-president-28-04-2017-6898260.php
5. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/fute-le-proletariat-americain-comment-instrumentaliser-une-potiche/





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Le « RussiaGate », un coup d’État en douce

L’hystérie qui entoure le RussiaGate a pris de l’ampleur après que le président Trump a renvoyé le directeur du FBI, Comey, mais la grande question est de savoir si un « coup d’État en douce » est en train de se dérouler ou pas aux États-Unis, rapporte Robert Parry.
Le « RussiaGate », un coup d’État en douce
Où est Stanley Kubrick quand on a besoin de lui ? S’il n’était pas mort en 1999, il serait un parfait réalisateur pour transformer l’hystérie contemporaine à propos de la Russie en un théâtre de l’absurde reprenant son classique de la guerre froide, Dr Strangelove – Dr Folamour –, une satire très moqueuse sur la folie du nucléaire et la non moins folle idéologie qui la sous tend.

Pour alimenter mon point de vue, le Washington Post a publié jeudi une longue histoire intitulée « Attention, un russe dans la Maison Blanche », article portant sur un photographe russe autorisé à entrer dans le bureau ovale pour photographier la réunion entre le président Trump et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Le Post a cité les plaintes d’anciens responsables du renseignement américains qui ont présenté la présence du photographe russe comme « une éventuelle violation du système de sécurité » en raison du « danger qu’un dispositif d’écoute ou tout autre équipement de surveillance ait pu être amené dans le bureau ovale, caché dans les appareils photos ou un autre appareil électronique ».

Pour accentuer plus encore la tension, le Washington Post a cité un commentaire Twitter du dernier directeur adjoint du président Obama, David S. Cohen, déclarant « Non, ce n’était pas » une bonne décision d’admettre le photographe russe qui travaille également pour l’agence de presse russe Tass, celle qui a publié la fameuse photo.
On imagine très bien Boris et Natacha [affublés, comme par hasard, de prénoms russes, NdT], les méchants espions du dessin animé Bullwinkle, déguisés en photographes et glissant des micros entre les coussins des canapés.

Ou on entend très bien comment les Russes menacent de nouveau « de souiller tous nos fluides corporels précieux », comme le Dr. Folamour, le général Jack D. Ripper, nous en prévenait dans le film de 1964.

Revoir cette brillante tragi-comédie pourrait être une bonne idée pour nous rappeler comment les Américains peuvent devenir fous quand ils sont inondés de propagande anti russe, comme c’est de nouveau le cas maintenant.

Abattre Trump

Je me suis rendu compte que beaucoup de démocrates, de libéraux et de progressistes détestent tellement Donald Trump qu’ils pensent que tous les prétextes sont bons pour le faire tomber, même si cela profite aux néoconservateurs et autres va-t-en-guerre. Beaucoup de ceux qui détestent Trump considèrent le RussiaGate comme le moyen le plus susceptible d’arriver à destituer Trump, donc cette fin souhaitable justifie, pour eux, tous les moyens.

Certaines personnes m’ont même dit qu’elles pensaient vraiment qu’il incombait aux médias de masse, aux forces de l’ordre, aux renseignements, et aux membres du Congrès de s’engager dans un « coup en douce » contre Trump, également connu sous le nom de « coup constitutionnel » ou « coup par l’État profond », tout ceci pour le « bien du pays ».

L’argument est qu’il incombe parfois à ces institutions de « corriger » une erreur commise par les électeurs américains, dans notre cas, l’élection d’un individu largement non qualifié en tant que président du pays. Certains militants anti Trump considèrent qu’il est de la responsabilité des journalistes « responsables », des fonctionnaires du gouvernement et d’autres personnes de jouer ce rôle de « gardien », de ne pas simplement « résister » à Trump [ou juste le surveiller, NdT], mais de carrément le destituer.

Il y a des contre-arguments évidents à ce point de vue, en particulier qu’il transforme la démocratie américaine en une caricature d’elle-même. Il impose également aux journalistes de violer la responsabilité éthique qui leur demande de faire des rapports objectifs, de ne pas prendre parti dans les disputes politiques.

Mais le New York Times et le Washington Post, en particulier, ont clairement indiqué qu’ils considèrent Trump comme un danger visible et immédiat pour le système américain et ont donc mis de coté toute obligation de neutralité.

Le Times justifie son hostilité ouverte envers le président par l’alibi qu’il est de son devoir de protéger « la vérité »; le Washington Post a adopté un slogan visant Trump, « La démocratie se meurt dans l’obscurité ». En d’autres termes, les deux journaux politiques états-uniens les plus influents poussent effectivement à un « coup en douce » sous le prétexte de défendre la « démocratie » et la « vérité ».

Mais le problème évident avec ce « coup en douce » est que le processus démocratique états-unien, aussi imparfait qu’il l’a été et l’est encore, a maintenu l’unité de ce pays diversifié depuis 1788, à l’exception notable de la guerre civile.

Si les Américains pensent que les élites de Washington cherchent à faire tomber un président élu – même un clown comme Donald Trump – cela pourrait déchirer le tissu de l’unité nationale, qui subit déjà une tension extraordinaire due au clivage politique.

Cela signifie que ce « coup en douce » doit prendre l’apparence d’une enquête sérieuse sur quelque chose de grave pour justifier la destitution du président, celle ci pouvant être accompli par le Congrès, sa démission forcée ou l’application du vingt cinquième amendement qui permet au vice-président et à la majorité du Cabinet ministériel de juger un président comme étant incapable d’assumer ses fonctions (bien que cela puisse exiger les deux tiers des voix des deux chambres du Congrès si le président combat la manœuvre).

Un gros « scandale »

C’est là que le RussiaGate entre en scène. L’allégation vaseuse selon laquelle Trump et/ou ses conseillers étaient en une sorte de collusion avec les responsables du renseignement russe pour biaiser les élections présidentielles de 2016, fournirait probablement une accusation suffisamment extrême pour justifier la destitution d’un président.

Et, compte tenu de la détermination de nombreux personnages clés de l’establishment pour se débarrasser de Trump, il n’est pas surprenant que personne ne se soucie du fait qu’aucune preuve réelle et certifiée n’ait été révélée publiquement pour étayer les allégations du RussiaGate.

Il n’existe même pas de preuves publiques données par les agences gouvernementales américaines selon lesquelles la Russie s’est « mêlée » des élections de 2016 ou – même si la Russie a transmis les courriels du parti Démocrate à WikiLeaks – il n’y a aucune preuve que la magouille résulterait d’une collusion avec Trump ou son équipe de campagne.

Le FBI enquête sur ces soupçons depuis au moins neuf mois, s’assurant même un mandat contre Carter Page dans le cadre de la loi sur la Surveillance des renseignements étrangers, un Américain que Trump a brièvement employé comme conseiller en matière de politique étrangère, lorsqu’il était critiqué pour n’avoir aucun conseiller dans ce domaine.

L’une des infractions présumées de Page est d’avoir prononcé un discours, dans le cadre d’une conférence académique à Moscou en juillet 2016, qui était légèrement critique à l’égard de la manière dont les États-Unis traitaient des pays de l’ex-Union soviétique. Il a également vécu en Russie et a rencontré un diplomate russe qui – sans que Page ne le sache – avait été identifié par le gouvernement américain comme un agent des renseignements russes.

Il semble que ce soit suffisant, en ces jours de nouveau McCarthysme, pour qu’un américain fasse l’objet d’une puissante enquête de contre renseignement.

Le FBI et le ministère de la Justice auraient également inclus dans le cadre de l’enquête du RussiaGate, la stupide plaisanterie faite par Trump pendant sa campagne, demandant aux Russes d’aider à trouver les dizaines de milliers de courriels qu’Hillary Clinton a effacés du serveur qu’elle utilisait en tant que secrétaire d’État.

Le 27 juillet 2016, Trump a déclaré en plaisantant : « Je vais vous dire, Russie : si vous écoutez, j’espère que vous pourrez trouver les 30 000 courriels manquants. »

Le commentaire correspond bien au sens de l’humour noir, provocateur et souvent de mauvais goût de Trump, mais a été saisi au passage par les démocrates comme s’il s’agissait d’une suggestion sérieuse – comme si quelqu’un utiliserait une conférence de presse pour exhorter sérieusement à quelque chose comme ça. Mais il semble que le FBI en soit au point de saisir tout grain qui puisse alimenter son moulin.

Le Guardian a rapporté cette semaine que « les responsables du Department Of Justice [DoJ] ont refusé de publier les documents [au sujet du commentaire de Trump] au motif que cette divulgation pourrait ‘interférer avec l’enquête’ ». Dans une déposition à la cour fédérale de Washington DC, le DoJ déclare qu’«en raison de l’existence d’une enquête active et en cours, le FBI prévoit qu’il … gardera tous les enregistrements sous clé».

« La déclaration suggère que le commentaire provocateur de Trump de juillet dernier est considéré par le FBI comme pertinent pour sa propre enquête en cours. »

Les accusations du New York Times

Vendredi, dans la foulée du renvoi du directeur du FBI, James Comey, par Trump et de la remarque faite par le Président disant que le RussiaGate est « un vrai canular », le New York Times a réédité ce qu’il appelle «la connexion Trump-Russie» dans un éditorial de première page pour essayer de mettre quelques flammes derrière l’écran de fumée.

Bien que le Times reconnaisse qu’il y a « beaucoup d’inconnues » dans le RussiaGate et qu’il semble ne pas avoir trouvé la moindre preuve de collusion, ce journal considère néanmoins qu’un grand nombre de conseillers de Trump et de membres de sa famille sont des traîtres parce qu’ils ont eu quelques relations avec des responsables russes, des entreprises russes ou des partenaires russes.

A propos de Carter Page, le Times écrit : « Les responsables américains pensent que M. Page, conseiller en politique étrangère, a eu des contacts avec des responsables du renseignement russe durant la campagne. Il a également prononcé un discours pro-russe à Moscou en juillet 2016. M. Page était auparavant employé par le bureau Merrill Lynch de Moscou, où il a travaillé avec Gazprom, une énorme entreprise publique. »

Vous voudrez peut-être laisser tomber certains de ces mots, en particulier la partie sur Page « tenant un discours pro-russe à Moscou », qui a été cité comme l’une des principales raisons pour lesquelles Page et ses communications ont été ciblées en vertu d’un mandat FISA.

J’ai pris la peine de lire le discours de Page et l’appeler « pro-russe » est une exagération énorme. Il s’agissait d’un exposé largement académique qui critiquait le traitement par l’Occident, après la guerre froide, des nations formant l’ancienne Union soviétique, et qui disait que la course effrénée vers un système libéral a entraîné des conséquences négatives, comme la propagation de la corruption.

Et même si le discours était « pro-Russie », The New York Times ne respecte-t-il pas la notion profonde de liberté d’expression américaine ? Apparemment non. Si vos mots soigneusement choisis peuvent être déformés en quelque chose de « pro-Russie », le Timessemble penser qu’il est normal que l’Agence nationale de sécurité [la NSA] espionne vos téléphones et lise vos courriels.

Le cas ukrainien

Une autre cible du Times est le conseiller politique vétéran, Paul Manafort, accusé de travailler comme « consultant pour un parti politique pro-russe en Ukraine et pour l’ancien président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, qui était soutenu par le Kremlin».

Ce que le Times oublie, c’est que ce parti politique ukrainien, qui avait un fort soutien des Ukrainiens d’ethnie russe, et pas seulement de la Russie, a participé à un processus démocratique et que Ianoukovitch a remporté une élection reconnue par les observateurs internationaux comme libre et équitable.

Ianoukovitch a ensuite été évincé en février 2014 par un violent putsch qui a été soutenu par la secrétaire d’État états-unienne, Victoria Nuland, et l’ambassadeur Geoffrey Pyatt. Le putsch, qui a été exécuté par des nationalistes de droite et même des néonazis, a provoqué la guerre civile ukrainienne et la sécession de la Crimée, des événements clés dans l’escalade de la nouvelle guerre froide d’aujourd’hui, entre l’OTAN et la Russie.

Même si je ne suis pas fan des mercenaires politiques américains vendant leurs services pour des élections étrangères, il n’y avait rien d’illégal ou même d’inhabituel à ce que Manafort conseille un parti politique ukrainien. Ce qui, sans doute, était beaucoup plus offensant, était le soutien des États-Unis à ce coup d’État anticonstitutionnel qui a renversé Ianoukovitch, même après qu’il avait accepté un plan européen pour les élections anticipées qui permettait de le renvoyer de la présidence de façon pacifique.

Mais le Times, le Post et pratiquement tous les médias traditionnels occidentaux ont soutenu les putschistes ukrainiens et ont applaudi au renversement de Ianoukovitch. Cette attitude est devenue un tel préjugé collectif que le Times a même banni l’idée qu’il y aurait eu un coup d’État.

Pourtant, le plus grand problème politique auquel sont confrontés les États-Unis est que les néoconservateurs et leurs partenaires juniors, les libéraux interventionnistes, contrôlent maintenant presque tous les leviers de la politique étrangère américaine. Cela signifie qu’ils peuvent essentiellement dicter comment les événements mondiaux seront perçus par la plupart des Américains.

Les néocons et les faucons libéraux veulent également poursuivre leurs guerres ouvertes au Moyen-Orient en organisant l’engagement d’autres forces militaires américaines en Afghanistan, en Irak et en Syrie – et peut-être même ouvrir une nouvelle confrontation avec l’Iran.

Dès le début du deuxième mandat d’Obama, il est apparu clairement aux néocons que la Russie devenait le principal obstacle à leurs plans parce que le président Barack Obama travaillait en étroite collaboration avec le président Vladimir Poutine sur une variété de projets qui ont sapé les espoirs de guerre totale des néocons.

En particulier, Poutine a aidé Obama à obtenir un accord pour que la Syrie abandonne ses stocks d’armes chimiques en 2013 et faire en sorte que l’Iran accepte des contraintes sévères à son programme nucléaire en 2014. Dans les deux cas, les néocons et leurs acolytes libéraux voulaient la guerre.

Immédiatement après l’accord sur les armes chimiques de Syrie, en septembre 2013, les néoconservateurs américains ont commencé à se concentrer sur l’Ukraine, que le président de la Fondation nationale pour la démocratie, Carl Gershman, considère comme« le grand prix » et un premier pas vers l’éviction de Poutine.

Gershman, de la NED [National Endowment for Democracy] a intensifié ses opérations en Ukraine, tandis que la secrétaire adjointe Nuland, la femme de l’archi néocon Robert Kagan, a commencé à faire pression pour un changement de régime à Kiev (avec d’autres néocons, y compris le sénateur John McCain).

Le coup d’État de l’Ukraine en 2014 a enfoncé un coin géopolitique entre Obama et Poutine, puisque le président russe ne pouvait pas ne rien faire alors qu’un régime fortement anti-russe prenait violemment le pouvoir en Ukraine, pays qui est le chemin habituel utilisé pour les invasions de la Russie et qui, en plus, abrite la flotte russe de la mer Noire à Sébastopol en Crimée.

Plutôt que de défendre la précieuse coopération fournie par Poutine, Obama est entré dans le flot politique et s’est joint au Russia-bashing tandis que les néocons levaient leurs armes et mettaient Poutine dans le viseur.

Un obstacle inattendu

Puis, pour les néo-conservateurs, 2016 fut l’année de l’attente enthousiaste d’une présidence d’Hillary Clinton afin de donner plus d’élan à cette coûteuse nouvelle guerre froide. Mais Trump, qui avait plaidé pour une nouvelle détente avec la Russie, a réussi à remporter la victoire au Collège électoral.

Trump aurait peut être pu dissoudre une partie de l’hostilité à son égard, mais sa personnalité narcissique l’a empêché de tendre un rameau d’olivier aux dizaines de millions d’Américains qui se sont opposés à lui. Il a en outre démontré son incompétence politique en gaspillant ses premiers jours à la présidence à faire des déclarations ridicules au sujet de la taille de la foule à son inauguration et à contester le fait qu’il avait perdu le vote populaire.

Le large dégoût public provoqué par son comportement a contribué à pousser de nombreux Américains à « résister » à sa présidence, à toutes les occasions et à tout prix.

Cependant, en plus des risques pour la stabilité américaine d’un « coup en douce » perpétré par l’establishment, il y a le danger supplémentaire de provoquer des tensions si élevées avec la Russie, une puissance nucléaire, que cette poussée prenne forme d’elle-même, avec sans doute beaucoup, beaucoup de morts en conséquence.

C’est pourquoi l’Amérique pourrait maintenant avoir besoin d’une satire grinçante de cette russophobie contemporaine ou au moins une réédition du classique de la guerre froide, « Dr. Folamour », sous-titré « Comment j’ai appris à cesser de m’inquiéter et à aimer la bombe ».


Article original en anglais :
The ‘Soft Coup’ of Russia-gate, Consortium News, 13 mai 2017

Traduit par Wayan pour le Saker Francophone
La source originale de cet article est consortiumnews.com
Copyright © Robert Parry, consortiumnews.com, 2017

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La France a perdu la guerre au Mali

Emmanuel Macron, qu se rend au Mali en fin de semaine, va-t-il se livrer à une révision déchirante de la politique française au Sahel? Beaucoup de voix autorisées en France le souhaitent désormais.
La France a perdu la guerre au Mali
C’est une véritable poudrière que devrait découvrir vendredi à Bamako le nouveau président de la République, Emmanuel Macron, lors du voyage express qu’il a prévu d’effectuer au Mali. Enfin cette situation totalement détériorée, commence à être dénoncée au Quai d’Orsay et même dans les rangs de l’armée française. Disons que tant que François Hollande était encore en fonctions personne n’osait remettre en cause le bilan d’une intervention qui, selon Laurent Fabius, alors ministre des Affaires Etrangères, avait rétabli la paix dans ce pays ami et … rétabli la démocratie. Forcément!

Une voix aussi autorisée que celle de l’ancien patron de la DGSE (services français), Jean Claude Cousseran, dont on dit qu’il a aujourd’hui ses entrées à l’Elysée, explique dans « le Canard Enchainé » de cette semaine que « le Mali sera l’Afghanistan de la France ». A droite, le monsieur sécurité de Nicolas Sarkozy, Bernard Squarcini, a toujours estimé, lui aussi, que les Français s’enliseraient rapidement au Mali après une intervention armée qui ne s’est jamais accompagné d’une solution politique. » On a laissé les clés de l’appartement témoin d’un immeuble qui est encore en construction, résume-t-il avec un art consommé de la formule, puis on s’en va le plus rapidement possible, avant que le bâtiment entier ne s’effondre ».

Du coté des ONG, l’option strictement guerrière choisie par la France face au terrorisme perd visiblement du terrain.« Les opérations militaires seules ne suffiront pas à tirer le Sahel de ce bourbier », note Corinne Dufka de Human Rights Watch. La politique française au Mali est trop « purement militaire », et doit prendre en compte le besoin de changement démocratique qui s’exprime sur le continent, estime quant à lui Florent Geel, de la FIDH.La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) a publié un rapport alarmant sur le Mali, qui connaît « un niveau d’insécurité sans précédent » près de deux ans après la signature d’un accord de paix.

Des touaregs ignorés

A peine terminée l’opération Serval, les élections présidentielles bâclées de l’été 2013 avaient porté au pouvoir Ibrahim Boubacar Keïta, dit IBK, un politicien roublard et corrompu, incapable de tendre la main aux Touaregs du Nord, mais il est vrai membre de l’Internationale socialiste et donc ami de la France de Hollande, Valls et Le Drian.

Quatre ans après le début de l’opération Serval, il faut se rendre à l’évidence. L’intervention militaire française de janvier 2013, destinée à stopper l’avancée des groupes terroristes, a échoué à les déloger du Nord Mali, point névralgique de la crise sécuritaire malienne. Dans cette zone de non droit, les islamistes violents proches d’Al-Qaida se déplacent comme des poissons dans l’eau. Dans la vie quotidienne, des groupes djihadistes imposent la loi coranique, comme le prouve la lapidation d’un couple non marie dans la zone de Kidal .

Silence dans les rangs

Tout aussi grave, les attentats se multiplient, même si l’armée française veille à étouffer le moindre incident et continue, sous l’autorité de l’ancien ministre de la Défense, jean Yves Le Drian, aujourd’hui promu, à imposer une version optimiste et béate de la situation au Sahel. Revendiqué par le groupe Al-Mourabitoun très actif au Sahel, l’attentat suicide qui a eu lieu au début de l’année contre un camp militaire du Nord Mali avait fait 70 morts. De ces morts là, on ne parle qu’à peine à Paris et Washington, parce que ce sont des soldats africains qui sont tués. Ces attentats et bien d’autres témoignent d’une situation sécuritaire totalement détériorée. Et l’insécurité est désormais présente également dans le Sut et au centre du pays, ce qui n’était pas le cas au moment de l’opération Serval.

Hélas, ce dossier malien aura été à peine évoqué pendant la campagne présidentielle, sinon pour se glorifier, tous candidats confondus, de l’admirable politique sécuritaire française au Sahel. Or l’héritage de François Hollande est, comme dans bien d’autres domaines mais plus encore au Mali, calamiteux.

Il est minuit moins une, docteur Macron, pour sauver ce qui peut l’être de la présence française dans cette partie du monde.


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Venezuela : Une Assemblée Constituante frauduleuse dans la famine

Nicolás Maduro a convoqué une Assemblée Constituante frauduleuse confronté par des protestations massives dans tout le pays et après d’une répression sauvage qui a fait au moins 40 morts et plus de 350 blessés
Venezuela : Une Assemblée Constituante frauduleuse dans la famine
Il prétend de se perpétuer au pouvoir pour continuer l’ajustement économique sur le peuple vénézuélien. En attendant, son gouvernement continue à payer la dette externe tandis que la famine ne cesse pas d'augmenter. Il n'y a pas du pain et la plupart des salaires se trouvent entre 30 et 50 dollars. Le gouvernement de Maduro ce n'est pas de un gouvernement de gauche, il est simplement anti-ouvrier. L'opposition patronale de la MUD (Table de l'Unité Démocratique) n’est pas non plus la sortie politique à la situation. Il faut continuer à se mobiliser jusqu'à renverser Maduro et préparer une alternative politique d'indépendance de classe.

Il y a un simple fait quotidien qui permet définir ce qui se passe au Venezuela et ce qui sont vraiment le gouvernement chaviste de Maduro et le Parti Socialiste Uni de Venezuela (PSUV). Si n’importe quelle personne se lève un dimanche matin pour aller à acheter du pain à la boulangerie du coin, elle se trouvera avec ces réponses  : "il n'y a pas du pain" et "il n’aura pas du pas demain ". Point final. Mais cette situation ne se donne pas seulement les dimanches, mais tous les jours. Tell est la situation au Venezuela. Il y a quelque temps, il manquait du papier toilette mais la manque du pain c’est une autre chose. C'est la famine. C’est une liberté démocratique que Maduro n'accomplit pas. Pour des millions de personnes c'est une odyssée obtenir du pain et de la farine pour faire les "arepas (*)". Par cela la majorité déteste à Maduro et à son gouvernement. C'est la base du accroissement des émeutes populaires. À cela s’ajoute la répression a la liberté d'expression ou au droit de manifester. Il ne garantit pas le pain, la nourriture et les médicaments. Il est temps que ceux qui depuis la gauche toujours essaient de défendre à ce régime se rendent compte de ce qui passe. Le pain manque non par une "supposée guerre économique". Il manque la nourriture parce que le gouvernement continue à payer la dette (en 2016 18.000 de dollars et pour 2017 la prévision est de 17.000) et il maintient les pactes avec les multinationales du pétrole.

La farce de l’Assemblée Constituante

Maduro a convoqué une supposée Assemblée Nationale Constituante comme une bouée de sauvetage au milieu de la gravité de la crise politique et sociale. Notre organisation politique le Parti Socialisme et Liberté (PSL) a expliqué que la convocation a l’Assemblée Constituante est frauduleuse parce qu'une partie de ses 500 membres seront désignés par des organisations contrôlées par le gouvernement et l'autre dans les "élections territoriales" dont personne ne connaît pas en quoi consiste. Maduro a lancé cette manœuvre pour essayer de lui donner le temps au milieu de la croissance des mobilisations massives qui le mettent sur les cordes. Et d'un autre côté, avec le conte de la "démocratie participative et interactive", il cherche à se perpétuer au pouvoir et à ne pas convoquer les élections présidentielles prévues pour 2018.

Son objectif est de consolider, de plus en plus, un régime totalitaire avec le modèle de "parti unique". Le gouvernement et le régime de Maduro se sont consolidés comme un stalinisme bourgeois. Il s’agit d'un gouvernement répressif qui se dit socialiste et anti-impérialiste mais qui gouverne pour les entrepreneurs et pour les multinationales. Par cela la consigne centrale, non l'unique, pour finir avec cette situation est de pousser la mobilisation par " À bas Maduro".

Une révolte populaire démocratique s'est initiée

La dispute est dans la rue. Les mobilisations massives contre le gouvernement se sont initiées il y a un mois et elles ont commencé à augmenter à Caracas et dans tout le pays. Ces mobilisations vont au-delà des convocations que l'opposition patronale de la MUD. Ils se joignaient aux secteurs populaires des quartiers et de communautés qui ont été base sociale du chavisme dans toutes les villes du pays. Cette révolte adopte de diverses formes : marches, concerts de casseroles, des coupures de rues et d'autoroutes, avec barricades, marches de femmes et jusqu'aux pillages répandus qui montrent le désespoir d'amples franges populaires. Par cela il est totalement erroné d'interpréter que "ce sont des marches de la MUD » et de la "droite". Même la MUD a été obligée à convoquer des mobilisations à cause de la pression de sa propre base. À Caracas des mobilisations se sont produites dans des quartiers populaires comme El Valle, Coche, 23 de enero, Baruta y le quartier de Julio de Petare. À Valencia, état de Carabobo, dans dernière semaine, il y a eu une levée généralisée dans la zone, au sud de la ville, très populaire et ouvrière. Il y a eu des pillages et des chocs violents avec la police dans des quartiers comme l'Isabelica, San Blas, Los Cedros, les Guayos, Tocuyito, entre d’autres. Cela aussi s'est répété à Táchira, Mérida, Maracaibo, Barquisimeto, etc.

La Police Nationale Bolivarienne (PNB) et la Garde Nationale Bolivarienne (GBN), avec des "collectifs" paramilitaires, ont été les responsables de la répression. Cette repression s’est soldée avec prés de 40 morts, une majorité des jeunes, plus de 350 blessés et des centaines de détenus. Ces détenus sont envoyés aux tribunaux militaires accusés de "terroristes". La jeunesse étudiante et celle des quartiers populaires ont un grand rôle principal dans les mobilisations. Elles font sa propre auto-défense avec boucliers du style médiéval et de barricades dans les quartiers et dans les rues. Dans les marches urbaines, même celles que la MUD a convoqué, commencent à participer des secteurs indépendants qui les voient comme une voie pour lutter contre Maduro. À Maraca, par exemple, un groupe de jeunes ont participé avec un panneau qui disait ("Ni MUD, ni PSUV, Nous Sommes ceux-là d'en bas que nous venons par ceux de là-haut )". Les militants révolutionnaires du PSL partagent tout ce processus de révolte populaire, en portant leurs propres consignes et tracts

Les fissures dans le chavisme et la lutte par "À bas Maduro"

La persistance de la mobilisation populaire provoque des fissures dans au sein même du chavisme malgré sa faiblesse mais elles peuvent augmenter. La principale personnalité a été la procureuse générale Luisa Ortega Díaz qui a commencé à se différer du gouvernement. "Nous ne pouvons pas exiger un comportement pacifique et légal des citoyens si l'État prend les décisions qui ne sont pas conformément à la loi", a exprimé dans une interview pour le journal The Wall Street Journal.

L'autre personnalité qui a pris distance a été Gustavo Dudamel, directeur du Système National d'Orchestres Infantiles et Juvéniles, sympathisant chaviste qui a répudié la répression. Le même est arrivé avec le fils du dirigeant chaviste Tarek Williams Saab, ex-gouverneur d'Anzoátegui et l’actuel Défenseur du Peuple. Aussi Jesús Aquilar, Eduardo Pérez et Robinson Chirinos, des grands joueurs de base-ball, ont exprimé son refus.

La lutte par la chute de Maduro est ouverte. Comme le PSL a remarqué "la sortie ne passe pas pour un gouvernement de la MUD et ses partis. Ils représentent la vieille politique patronale et pro-yankee. (...) Par cela ils ne répudient pas le paquet d'ajustement de Maduro, ils ne s'opposent pas à ce qu'il continue à payer la dette externe. À cela ils n’exigent pas non plus de façon claire la démission de Maduro. Ils utilisent la mobilisation, imposée par la pression populaire, pour chercher une nouvelle négociation sur le dos du peuple et la jeunesse, comme ils ont fait en 2016 avec le dialogue frustré".

La lutte par "Â bas Maduro" et son gouvernement projette la lutte stratégique par un Gouvernement des Travailleurs qui porte en avant un plan économique ouvrier et populaire d'urgence, comme nos camarades du PSL proposent.

C’est pourquoi, avec la mobilisation, il est nécessaire de continuer de pousser la formation d'un pôle politique alternatif avec les secteurs qu'ils rompent par la gauche avec le chavisme. Et continuer de pousser la mobilisation populaire jusqu'à la chute de Maduro pour avancer vers les changements de fonds dont les travailleurs et le peuple vénézuélien ont besoin.



Caracas, 9 mai 2017


Miguel Sorans,

Membre d’Izquierda Socialista d’Argentine (IS) et de l’Unité Internationale des Travailleurs – Quatrième Internationale (UIT-QI)

(*)  L'arepa est un pain de maïs très populaire au Venezuela

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Vers un « printemps latino » ?

L’inquiétude grandit en Amérique latine : les États-Unis et le Royaume-Uni y préparent un « printemps », sur le modèle des « printemps arabes ». Bien sûr, il ne s’agira pas cette foi-ci de répandre la guerre en divisant les populations sur une ligne religieuse —les Latinos sont presque tous chrétiens—, mais d’utiliser des éléments d’identités locales. L’objectif serait pourtant le même : non pas remplacer des gouvernements par d’autres, mais détruire les États pour éradiquer toute possibilité de résistance à l’impérialisme.
Vers un « printemps latino » ?
Avec le temps, de nombreux leaders politiques dans le monde ont réinterprété les « printemps arabes ». Ce qui apparaissait comme des révolutions spontanées contre des gouvernements autoritaires est aujourd’hui perçu pour ce qu’il est : un plan anglo-saxon de déstabilisation de toute une région du monde pour y placer au pouvoir les Frères musulmans. Le souvenir de la « révolte arabe de 1916 », au cours de laquelle Lawrence d’Arabie souleva la région contre l’empire ottoman en faisant rêver les peuples de liberté pour finalement les asservir dans l’empire britannique, atteste que Londres en a le savoir-faire.

Il semble que les Anglo-Saxons préparent une nouvelle vague de pseudo-révolutions en Amérique latine. Tout a commencé avec un décret de Barack Obama, le 9 mars 2015, déclarant un état d’urgence au vu de la menace extraordinaire que la situation au Venezuela ferait peser sur les États-Unis. Ce document suscita une vague d’indignation dans le continent contraignant le président US a présenter des excuses lors d’un sommet international. Mais le décret ne fut pas annulé et les préparatifs d’une nouvelle guerre se poursuivirent.

À la différence du Syrian Accountabilty Act de George W. Bush (2003), le texte d’Obama sur le Venezuela est un décret présidentiel et non pas une loi. Par conséquent l’Executif n’a pas à rendre compte des préparations au Législatif. S’il a fallu huit ans aux Anglo-Saxons pour passer à l’acte dans le monde arabe en général et en Syrie en particulier, de nombreux éléments laissent à penser qu’il leur faudra moins de temps pour lancer un programme de destruction de l’Amérique latine.

Des troubles ont éclaté au Brésil, à l’occasion des Jeux olympiques, contre la présidente Dilma Rousseff. Celle-ci a été destituée à l’issue d’une procédure parlementaire, certes légale, mais totalement contraire à l’esprit de la Constitution. Ce coup d’Etat a été conduit sous le contrôle de la Banque centrale —dont le n°2 était un brésilo-israélien— par des députés dont beaucoup sont aujourd’hui convaincus de corruption. Les services de sécurité de l’État sont restés étrangement passifs pendant ce coup. C’est que, durant les Jeux olympiques, ils avaient été placés sous la coordination… d’experts israéliens. Actuellement, le nouveau président, le brésilo-libanais Michel Temer, est à son tour largement contesté.

La situation n’est guère meilleure au Mexique. Le pays est de facto déjà divisé en quatre. Le Nord connaît une forte croissance, tandis que le Sud est en pleine récession. Les dirigeants politiques ont vendu la société pétrolière nationale et toutes ses réserves, Pemex, aux États-Unis (qui n’ont donc plus besoin du pétrole moyen-oriental). Seule l’armée semble encore croire en la patrie.

Exploitant des erreurs économiques du gouvernement, l’opposition vénézuélienne a réussi à rassembler quelques grandes manifestations pacifiques. Simultanément, elle a organisé de minuscules rassemblements extrêmement violents au cours desquels des policiers et des manifestants ont été tués. Créant la confusion, les agences de presse internationales donnent l’impression qu’une révolution a débuté contre les chavistes, ce qui n’est pas du tout le cas.

Ainsi, les trois principaux États latino-américains sont déstabilisés au même moment. Il semble que les néoconservateurs états-uniens anticipent une possible paix en Syrie et hâtent leur projet latino-américain.

Vendredi, dans une allocution télévisée, le président vénézuélien Nicolás Maduro a mis en garde son peuple contre le projet anglo-saxon de « printemps latino ». Il a répétitivement et longuement cité les précédents libyens et syriens, devant un parterre d’intellectuels de la région, auquel, Syrien de cœur, j’étais associé.


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Kadima ! En Marche !

Après avoir successivement élu à la présidence de la République un agent de la CIA et un employé des émirs du Golfe, les Français se sont fait escroquer une troisième fois, par un produit israélien. Ils croient avoir éloigné le spectre du fascisme en votant pour un candidat soutenu par l’Otan, les Rothschild, toutes les sociétés du CAC40 et la presse unanime. Loin de mesurer leur erreur, ils sont encore sous hypnose et ne devraient pas se réveiller avant la fin des élections législatives.
Kadima ! En Marche !

Dés sa victoire annoncée, le président démocratiquement élu Emmanuel Macron instaure une distance entre lui et le peuple. Refusant tout bain de foule, il traverse longuement, seul, la cour du Louvre où ses supporters se sont rassemblés.


L’équipe du président français élu, Emmanuel Macron, est parvenue à placer les Français sous hypnose. Elle a fait élire son poulain avec deux-tiers des suffrages exprimés ; un jeune homme de 39 ans seulement, dont le parti a été créé sur Internet, il y a tout juste un an, et qui ne s’était jusque là jamais présenté à la moindre élection.

Steele & Holt

Ce tour de force a été réalisé par l’équipe de Steele & Holt, une mystérieuse société, dont le nom fait référence au feuilleton télévisé Remington Steele, une histoire policière où la directrice d’une agence de détectives demande à un voleur (Pierce Brosnan) de jouer le rôle de son patron pour lui servir de couverture

Ne cherchez pas qui se cache derrière ce cabinet. Vous ne trouverez rien. Sinon que ses deux principaux clients sont AXA et la famille Rothschild. Qu’Emmanuel Macron ait travaillé pour les Rothschild, tout le monde le sait, qu’ils aient organisé son parti, c’est un secret bien gardé. Quant à l’assureur AXA, il est présidé par Henri de La Croix cinquième duc de Castries, par ailleurs président du think tank de l’Otan (le groupe de Bilderberg), de l’Institut du Bosphore (le think tank de la Turquie) et, en France, de l’Institut Montaigne (un think tank de droite).

Henry Kissinger avait d’ailleurs invité Macron à la réunion annuelle du Bilderberg, en 2014, aux côtés de François Baroin et de Christine Lagarde.

L’Institut du Bosphore a permis d’identifier et de corrompre diverses personnalités de droite et de gauche qui ont apporté leur soutien à Macron.

C’est dans les locaux de l’Institut Montaigne que se sont tenues les premières réunions du nouveau parti, dont le siège social a été déclaré à l’adresse personnelle du directeur de l’Institut.

Kadima !

Le nom du nouveau parti, En Marche !, a été choisi pour avoir les mêmes initiales que son candidat. Sinon, il se serait appelé En Avant !. En hébreu : Kadima !. Lorsqu’on avait fait remarquer au vieux général Ariel Sharon que le nom de son nouveau parti évoquait celui de Mussolini (Avanti !), il répliqua que pas du tout. En Avant ! était l’ordre qu’il donna lors de chacune de ses équipées solitaires, par exemple lorsqu’il envahit Beyrouth contre l’avis de son état-major militaire.

Kadima ! et En Marche ! sont des partis centristes rassemblant des personnalités de droite et de gauche —c’est bien connu, Ariel Sharon était un « centriste »—. Il avait créé son parti pour rompre avec Benjamin Netanyahu : Sharon était un colonialiste qui souhaitait créer un État palestinien sur le modèle des Bantoustans sud-africains. L’apartheid était, selon lui, le seul moyen de préserver Israël. Au contraire, Netanyahu est un talmudiste. Il se refuse à admettre l’idée de partager la Palestine avec des goyim. Pour lui, il faut les expulser à défaut de pouvoir les exterminer.

On apprendra surement par la suite pourquoi Macron voulait rompre avec le Premier ministre socialiste, Manuel Valls. Il suffit d’observer pour le moment l’insistance avec laquelle celui-ci tente de rejoindre En Marche ! et la désinvolture avec laquelle Macron le repousse pour observer qu’il existe un grave conflit entre eux.

La fascisme en marche

Pour lancer Macron, Steele & Holt —c’est-à-dire l’Otan et les Rothschild— s’est appuyé sur les anciens réseaux pro-US de la Fondation Saint-Simon. Ensemble, ils ont mis en scène le « péril Le Pen », de sorte que beaucoup d’électeurs intimement opposés à Macron ont cependant voté pour lui de peur d’une possible victoire de la « bête immonde ». N’ayant pas grand-chose à reprocher à Marine Le Pen, ils l’ont accusée des crimes de son père et de bien d’autres encore.

Cette manipulation atteste que, dans la « société du spectacle », la forme est plus importante que le fond. Quelles sont en effet les caractéristiques du fascisme ? La fin de la lutte des classes grâce au corporatisme qui réunit patrons et ouvriers dans les mêmes organisations, la fin de la dialectique droite-gauche grâce à un parti unique, et par voie de conséquence, la fin de toute opposition par l’usage de la force.

Alors que la première de ces trois caractéristiques aurait pu être appliquée à la vision de Jean-Marie Le Pen, aucune ne peut l’être à celle de sa fille, tandis que les deux premières peuvent l’être à celle d’Emmanuel Macron. Il est soutenu par tous les grands patrons du CAC40 aussi bien que par la CGT. Il ne remet pas en question la capacité des partis de droite et de gauche à défendre les valeurs dont ils se réclament, mais appelle les leaders de ces partis à le rejoindre dans le sien pour défendre leurs intérêts communs. À n’en pas douter, si les élections législatives se passent comme Macron l’espère, la destruction de l’opposition débutera. Au demeurant, l’unanimisme de la presse écrite aux côtés du candidat Macron et la campagne contre les sites internet contestataires donnent un avant goût de ce qui se prépare.

L’Histoire se répète : en 1940, les Français soutinrent Philippe Pétain pour se préserver du nazisme, mais c’est Pétain qui installa le fascisme. En 2017, ils ont voté Macron pour se protéger du fascisme et c’est lui qui l’instaurera.

Une campagne parasitée

Il est vrai que certains électeurs ont été perturbés à la fois par la personnalité inhabituelle des candidats et par l’usage par un camp de méthodes de propagande jamais utilisées en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

À l’âge de 15 ans, Emmanuel Macron a eu une relation sexuelle avec son professeur de théâtre de 23 ans son aînée, il n’a pas tardé à vivre avec elle, et l’a épousée 15 ans plus tard. Marine Le Pen a hérité de son père de la présidence de son parti qu’elle a d’abord nettoyé, puis dont elle l’a exclu. En termes psychanalytiques, le premier a donc épousé sa mère, tandis que la seconde a tué son père.

Surtout, l’équipe d’Emmanuel Macron n’a pas hésité à accuser ses rivaux des pires trahisons, sans aucune logique, sûre que les quotidiens régionaux et nationaux —qu’elle contrôle déjà dans leur totalité— n’oseraient pas émettre la moindre critique. Le candidat de la droite, François Fillon passe désormais pour un voleur alors même qu’aucune des accusations portées contre lui n’est vérifiée. Marine Le Pen est considérée comme l’incarnation du fascisme, alors qu’elle n’a jamais tenu les positions qui lui sont imputées.

Une victoire solitaire

Dès son élection annoncée, le président Macron a prononcé une brève allocution depuis son QG de campagne. Des banalités prononcées avec l’air grave de l’homme qui sent soudain le poids des responsabilités peser sur ses frêles épaules. Puis, il s’est offert un nouveau moment de théâtre avec ses partisans dans la cour du Louvre. Il a traversé Paris dans un cortège aux vitres fumées. Il a longuement traversé, seul, inaccessible, la cour du Louvre pour monter sur le podium dressé en son honneur. Là, aux pieds de la pyramide, tel Bonaparte, il a prononcé un nouveau discours, également fait de banalités, mais sur un ton enflammé, lui qui n’a jamais combattu par les armes. Enfin, il s’est entouré de sa famille et de quelques militants pour chanter La Marseillaise.

Contrairement à tous ses prédécesseurs, jamais durant cette soirée il n’a serré de mains. Jamais personne n’a été autorisé à l’approcher. Il n’a laissé aucune des personnalités politiques qui l’ont soutenu apparaître avec lui et partager sa victoire. Elles ne pourront toucher le prix de la trahison de leurs partis respectifs qu’en les trahissant à nouveau et en le soutenant lors des législatives de juin.

Ce n’est que lorsque le président Macron tiendra tous les rênes du pouvoir qu’il laissera les Français se réveiller. Il sera trop tard.

En avant, marche !


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Venezuela 2017 : navigation à vue entre de nombreux écueils

Au cours des quatre années qui ont suivi la mort d'Hugo Chavez en mars 2013, la révolution bolivarienne au Venezuela a vieilli prématurément. L'enthousiasme du peuple vénézuélien a laissé place à un climat morose. Quand les avis divergent sur le point de savoir à quoi ou à qui revient la faute, la ferveur révolutionnaire ou la haine viscérale du « régime » laissent la place à l'apathie et à la lassitude résignée.
Venezuela 2017 : navigation à vue entre de nombreux écueils
Le pays ressemble à ces anciens alcooliques heureux (ils étaient nombreux à l'époque où la bière était bon marché) qu'on a soudain privés de leur bibine : c'est du moins l'impression que j'ai eue pendant mon récent séjour là-bas. La chute des prix du pétrole a provoqué une récession économique ; l'abondance des années Chavez est révolue, et les Vénézuéliens se sont résignés au fait que cette époque ne reviendra plus jamais.

Il reste très peu de choses des signes extérieurs de la vie politique, que ce soient des affiches, des banderoles ou des graffiti ; c'est comme si la politique n'avait plus sa place dans la rue. Les conversations qui se terminaient autrefois en débats politiques tournent aujourd'hui principalement autour de la recherche de pain, de sucre ou de maïs, où les trouver et à quel prix. Il y a des queues devant les supermarchés, mais moins qu'auparavant d'après ce qu'on m'a dit, et les vendeurs du marché noir, qu'on appelle ici les « bachaqueros », vendent leur marchandise sur des étals installés sur les trottoirs, affichant leurs prix sans aucune crainte de l'autorité.

Les rayons sont pleins dans les magasins haut-de-gamme, sauf ceux des produits essentiels, produits alimentaires et d'hygiène. Les paquets de blé ou de maïs précuits sont rares, mais pas les biscuits ou les chips fabriqués à partir de ces ingrédients. Le pain est difficile à trouver mais les boulangeries regorgent de gâteaux et de desserts, fabriqués avec la même farine importée et fournie par l'État. Ce qu'on ne trouve pas dans les magasins, on le trouve juste à l'extérieur, sur l'étal des bachaqueros, qui travaillent souvent main dans la main avec les propriétaires des magasins.

L'énorme infrastructure du marché parallèle est entretenue par les pénuries et les distorsions économiques créées par les monopoles privés de distribution, qui utilisent leur puissance pour détruire la révolution, par la corruption des fonctionnaires et la participation d'une fraction des pauvres qui se nourrissent sur le dos d'autres pauvres. L'État fixe les prix des denrées alimentaires, des produits d'hygiène et des médicaments essentiels, qui sont ensuite écoulés en contrebande, sur une échelle industrielle, dans les pays voisins, principalement la Colombie.

Dans la pratique, l'économie du Venezuela a été dollarisée. Les taux sont fixés à Miami ou en Colombie, et le secteur privé les manipule pour faire grimper les prix à son gré. Le cours parallèle du dollar est un outil puissant pour saper la révolution, en déstabilisant l'économie presque heure par heure et en frappant les pauvres et la classe moyenne, qui avaient vu leur sort s'améliorer grâce à la révolution, en espérant les tourner contre le gouvernement.

L'État a généreusement augmenté les salaires et revenus minima, bien que cela ait été insuffisant pour compenser l'inflation galopante : la plupart des marchandises coûtent cent fois plus qu'il y a cinq ans. Une fois par mois, l’État vend à des prix raisonnables une quantité limitée de denrées alimentaires essentielles à quelque six millions de familles, et même dans les quartiers essentiellement peuplés d'opposants, on attend impatiemment les livraisons, avant de se plaindre qu'on les soumette à la honte d'un rationnement à la cubaine.

Dans la mesure où les salaires n'arrivent pas à suivre l'inflation, le niveau de vie baisse et c'est maintenant l'émigration qui tient lieu de ruée vers l'or pour les Vénézuéliens, qui cherchent du travail partout où il est payé en dollars US, dans l'espoir de retrouver leur aisance passée une fois rentrés chez eux. Au terminal de l'aéroport, j'ai discuté avec un ingénieur ferroviaire qualifié qui m'a dit, en retenant ses pleurs, qu'il partait en République Dominicaine avec un visa de tourisme, dans l'espoir d'y trouver un travail manuel et revendre ses dollars sur le marché noir au Venezuela pour faire vivre sa jeune famille qu'il était obligé de laisser derrière lui. Ils sont nombreux dans son genre, ces travailleurs qualifiés devenus vendeurs à la sauvette (ou même prostitués) qui errent dans les rues de Panama, de Bogota ou de Lima, essayant d'échapper à la police et essuyant les insultes des autochtones et des fonctionnaires de l'immigration. Dans toute son histoire, le Venezuela a toujours été un pays extraordinairement accueillant pour tous les immigrants, qu'ils viennent d'Europe, d'Amérique Latine ou du Moyen Orient. Maintenant ce sont eux qu'on traite comme de la racaille.

Je n'ai trouvé que peu de magasins fermés, bien que les habitants m'aient dit que beaucoup de petites entreprises ont dû déposer le bilan. Dans les rues, on voit surtout des voitures récentes, de même que des autobus, dont le nombre et les itinéraires semblent avoir grandi, et qui sont propres, pas chers et bien gérés. L'essence et l'électricité sont pratiquement gratuites, et les Vénézuéliens en sont toujours aussi peu économes. L’État a construit un nombre record de logements, 1,6 million à ce jour malgré la récession économique, et on en voit dans toutes les villes. Le Venezuela a atteint l'objectif de 100% de couverture médicale de base pendant mon séjour. Il m'a semblé qu'il y avait moins de gens obèses, et j'ai constaté la présence de quelques mendiants, de SDF et d'enfants des rues, qui avaient presque entièrement disparu à la fin des années Chavez. Il arrive que les pauvres manquent de nourriture, mais il n'y a pas de famines de grande ampleur.

Comme par le passé, la crainte de la criminalité est forte, surtout des agressions, mais j'ai constaté qu'il y avait beaucoup de voitures dans les rues jusque tard dans la nuit, et, dans les petites villes et les villages, il n'est pas rare que les gens dorment en laissant leurs portes ouvertes. Je n'ai pas remarqué de fort soutien pour l'opposition ni de grande confiance dans ses dirigeants. Les opposants préfèrent envoyer leurs enfants à l'étranger plutôt que sur les barricades. Dans toutes les familles que j'ai rencontrées il y avait des pro-Chavez et des partisans de l'opposition, et elles semblaient rester unies malgré leurs divergences et les piques occasionnelles à caractère politique. Les habitants ont appris à éviter les endroits chauds, mais le matin, quelques briques, des traces de pneus brûlés et du verre brisé témoignent d'une violence nocturne presque rituelle.

La révolution vénézuélienne est sur la défensive. Menacée qu'elle est par la baisse des ressources et l'hostilité internationale, elle essaie de survivre au jour le jour et à de nombreuses menaces. L'autorité de l' État a été sérieusement affaiblie. Chavez était imprévisible pour ses ennemis et infaillible pour ses partisans. Nicolas Maduro n'est ni l'un ni l'autre. Même le plus ardent chaviste admet que la révolution pourrait perdre les prochaines élections, mais l'opposition, avec sa furie impitoyable et génocidaire, les terrifie, eux et les non-engagés. Si le chavisme perd, il est probable qu'il y aura un bain de sang. S'il parvient à se maintenir au pouvoir d'une manière ou d'une autre, le Venezuela aura peut-être une autre chance de se reconstruire en tant que nation post-pétrolière. Pour l'instant, ce n'est pas certain, et personne ne saurait prédire de façon sûre quelle direction le pays va choisir.

Traduit par Jacques Boutard
Edité par Fausto Giudice


Merci à Tlaxcala
Source: http://tlaxcala-int.org/article.asp?reference=20421
Date de parution de l'article original: 05/05/2017
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=20426

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