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A défaut d’un État pour les Palestiniens, Abbas installe un État policier

« L’Autorité palestinienne peut maintenant arrêter qui elle veut »: les journalistes palestiniens déclarent une grève de la faim.
A défaut d'un État pour les Palestiniens, Abbas installe un État policier
Alors que les critiques locales et internationales continuent de s’élever contre les mesures prises par l’Autorité palestinienne (AP) basée à Ramallah pour resserrer l’étau sur la liberté d’expression en Cisjordanie occupée, sept journalistes palestiniens emprisonnés par l’AP ont commencé une grève de la faim après avoir été arrêtés en vertu de la loi controversée sur la cybercriminalité approuvée par le président palestinien Mahmoud Abbas le mois dernier.

Les journalistes palestiniens Mamduh Hamamra, correspondant d’Al-Quds News, Tariq Abu Zeid, correspondant d’Al-Aqsa TV et le journaliste indépendant Qutaiba Qassem se sont déclarés en grève de la faim aussitôt après que leurs détentions ont été prolongées de 15 jours jeudi dernier, selon un communiqué publié par Omar Nazzal, membre du syndicat des journalistes palestiniens et ancien prisonnier d’Israël.

Issam Abdin, avocat et chef du service plaidoyer à l’ONG palestinienne al-Haq, a confirmé à Ma’an que quatre autres journalistes palestiniens : Ahmad Halayqa, correspondant de Al-Quds News, Amer Abu Arafa, correspondant de Shehab News Agency et les reporters Islam Salim et Thaer al-Fakhouri, ont déclaré être en grève de la faim jeudi pour protester contre leur détention.

Ces journalistes avaient tous été arrêtés plusieurs jours auparavant pour de prétendues violations des clauses de la nouvelle loi, selon Abdin.

Les sept journalistes auraient travaillé pour des médias qui sont parmi les 30 sites bloqués par l’AP en juin – dont tous auraient été affiliés au mouvement Hamas, le parti au pouvoir dans la Bande de Gaza assiégée qui s’est trouvé entraîné dans dix ans d’amère rivalité avec l’AP sous contrôle du Fatah, ou avec le vieux rival politique d’Abbas, Muhammad Dahlan.

Alors que la décision de bloquer les sites web en Cisjordanie a été condamnée à l’époque comme une violation sans précédent des libertés de le presse sur le territoire palestinien, Abbas a passé la répression contre les médias à la vitesse supérieure le mois dernier en adoptant la loi sur la cybercriminalité par décret présidentiel.

« Une loi draconienne »

Dans un communiqué publié jeudi, Nazzal a déclaré qu’au moins six des journalistes emprisonnés – omettant al-Fakhouri – étaient incarcérés sur des allégations de violation de l’article 20 sur la loi sur la cybercriminalité.

L’article stipule qu’un individu est passible d’au moins un an de prison ou être condamné à une amende d’au moins 1.410$ pour « création ou administration d’un site web ou une plate-forme technologique d’information qui peut attenter à l’intégrité de l’Etat palestinien ou à l’ordre public ou à la sécurité extérieure de l’Etat. »

Pendant ce temps, « toute personne qui diffuse les types d’informations mentionnées ci-dessus par quelque moyen que ce soit, y compris en les radiodiffusant ou en les publiant » est passible d’un an de prison ou d’une amende allant de 282$ à 1.410$, selon la nouvelle loi.

Abdin a dit à Ma’an que ces « clauses lâches », par lesquelles des individus peuvent être emprisonnés simplement pour avoir publié certains articles sur leurs comptes de réseaux sociaux, vont permettre l’arrestation des journalistes palestiniens et « la destruction de la liberté du travail journalistique en Palestine. »

Nadim Nashig, co-fondateur et directeur du groupe de défense numérique palestiniens et arabes 7amleh, a qualifié la loi de « terrible » et « draconienne ».

« C’est la pire loi de l’histoire de l’AP, » a dit Nashif à Ma’an. « Elle permet à l’AP d’arrêter n’importe qui selon des définitions floues. »

Nashif a noté que non seulement la loi criminalise la création, la publication et la propagation de certaines informations jugées dangereuses par l’AP, mais elle stipule également que des individus ayant contourné des blocages de l’AP sur des sites web via des serveurs proxy ou des réseaux privés virtuels (RPV) pourraient être condamnés à trois mois de prison.

Nashif a dit à Ma’an que la loi avait fait « régresser » la Cisjordanie .

Malgré l’occupation israélienne de la Cisjordanie et plus de 10 ans de scission politique avec le Hamas, « en général, on a laissé les médias et les sites web tranquilles, » a dit Nashif. « Ils ne faisaient pas partie de cette lutte politique. »

« L’AP est en train de briser les derniers espaces de liberté d’expression, » dit-il.

Des journalistes palestiniens piégés entre la division Hamas-AP

Des groupes de défense des droits n’ont pas tardé à condamner la détention des journalistes, affirmant que l’objectif de la nouvelle loi était d’extirper la contestation politique contre Abbas et l’AP – vraisemblablement sous l’égide de la coordination sécuritaire largement condamnée de l’AP avec l’Etat israélien, bien que l’AP ait affirmé à plusieurs reprises avoir mis fin à cette politique depuis juillet.

Selon le groupe de défense des droits des prisonniers Addameer, un responsable de la sécurité de l’AP avait initialement dit qu’au moins cinq des journalistes emprisonnés avaient été arrêtés pour « fuite d’informations et communication avec des parties hostiles. »

Cependant, a ajouté Addameer, le Syndicat des journalistes palestiniens a contacté les forces de sécurité palestiniennes mercredi matin et on leur a dit que les journalistes ont été arrêtés « pour faire pression sur le Hamas pour qu’il libère un autre journaliste détenu dans la bande de Gaza, » se référant à Fouad Jaradeh, correspondant pour la chaîne de TV officielle de l’AP, Palestine TV, qui est en prison à Gaza depuis plus de deux mois.

Le Hamas et l’AP ont été critiqués pour avoir mené des actions de représailles contre des individus affiliés au groupe adverse, notamment sous la forme d’arrestation et d’emprisonnement politiques.

Abdin a déclaré à Ma’an que les journalistes palestiniens ont été « plongés dans la division Hamas-Fatah », car les deux groupes ont ciblé les journalistes pour étouffer l’opposition qui pouvait nuire à leur emprise politique dans la Bande de Gaza et la Cisjordanie respectivement.

Dans un communiqué publié mercredi 9, le Centre palestinien pour le développement et la liberté d’expression MADA déclare que l’arrestation des journalistes font « partie d’une nette intensification des violations contre la liberté de la presse » en Cisjordanie et à Gaza.

Cependant la nouvelle loi et les démarches d’Abbas pour étouffer la dissidence contre l’AP ne « sont pas seulement problématiques pour les journalistes, » a dit Nashif à Ma’an. « Tout militant ou individu que l’AP considère comme un adversaire peut maintenant être arrêté sans aucune raison claire. »

L’AP a également été accusée de mener des rafles visant les Palestiniens affiliés au Hamas en Cisjordanie , tandis qu’elle a intensifié des mesures, ces derniers mois, pour faire pression sur le Hamas pour qu’il abandonne le contrôle de la bande de Gaza.

Une étude du groupe de réflexion palestinien al-Shabaka a documenté les conséquences des campagnes de sécurité de l’Autorité palestinienne « dont l’objectif était d’établir l’ordre public » mais que les habitants ont perçu comme une criminalisation de la résistance contre Israël.

« C’est illégal en vertu du droit palestinien »

Abdin a souligné que le blocage de site et la nouvelle loi sur la cybercriminalité violaient l’article 27 de la loi fondamentale palestinienne qui protège les libertés de la presse des citoyens palestiniens, y compris leur droit d’établir, d’imprimer, de publier et de distribuer toutes les formes de médias. La loi garantit également la protection des citoyens qui travaillent dans le domaine du journalisme.

L’article interdit également la censure des médias, déclarant que « aucun avertissement, suspension, confiscation ou restriction ne soit imposé aux médias, » sauf si une loi violant ces conditions a rendu une décision légale.

Abbas n’a cependant pas reçu l’autorisation du pouvoir judiciaire pour approuver ces restrictions considérables contre la presse, selon Abdin.

Depuis que le Hamas a remporté les élections législatives en 2006, le Conseil législatif palestinien ne s’est pas réuni à Ramallah, ce qui signifie que la grande majorité des lois adoptées par l’Autorité palestinienne au cours des dix dernières années ont été adoptées par Abbas, qui a prolongé indéfiniment sa présidence par décret présidentiel en 2009.

Al-Haq a souligné que la nouvelle législation contrevient au droit international, dont l’article 19 du Pacte international relatifs aux droits civiques et politiques (ICCPR).

Des groupes de droits, des militants et des journalistes ont exigé que l’Autorité palestinienne modifie la loi pour se conformer à la législation palestinienne préexistante, annule le blocage des sites d’information et mette fin à sa pratique consistant à arrêter régulièrement des militants, des écrivains, des journalistes et autres Palestiniens pour leurs opinions politiques.


13 août 2017 – Ma’an News – Traduction : ISM France – MR

Alter Info l'Information Alternative

Israel teste ses missiles en plein milieu des territoires palestiniens occupés !

Pas gêné, c’est en plein milieu des territoires palestiniens occupés que l’armée israélienne a entamé mardi ses manoeuvres pour tester ses missiles anti-aérien, ce qui engendrera des explosions, indique le Jerusalem Post.
Israel teste ses missiles en plein milieu des territoires palestiniens occupés !
"Il s’agit d’un vaste exercice où seront testés les batteries de missiles anti-missiles israéliens de type Arrow, ainsi que le système de défense aérienne mobile "Dôme de fer", censé intercepter tout projectile tiré vers Israël, ce qui n’a pas été le cas en 2014 au cours de la guerre israélienne contre Gaza.

"Les explosions liées aux exercices militaires pourraient se faire entendre dans les prochains jours", a prévenu l’armée israélienne.

Dans la bande de Gaza, on craint une nouvelle attaque israélienne.

Les observateurs, y compris les journalistes du quotidien israélien Haaretz, estiment qu’il n’est pas exclu que Netanyahou se lance dans une nouvelle offensive contre Gaza, afin de détourner l’attention de l’opinion publique des accusations de corruption financière qui le visent.

Ceci d’autant plus que le "Bibi chéri" de Macron a proposé un projet de loi l’autorisant à lancer une guerre ou une opération militaire sans l’autorisation de ses ministres, ni celle de la majorité des parlementaires, a révélé la chaîne 2 de la télévision du régime israélien.

"Si le projet était approuvé, l’accord du cabinet suffirait et il ne serait plus question de l’approbation de tous les membres du gouvernement", a ajouté cette chaîne.


Alter Info l'Information Alternative

Le scénario de la fin d’Israël, selon des analystes sionistes

Des analystes sionistes ont évoqué le scénario de la fin d'Israël et appelé à l'immigration et à quitter le pays à la recherche de la vie au lieu de la mort, en soulignant que les Palestiniens ont prouvé qu'ils sont enracinés dans cette terre, alors que les Israéliens ne sont qu'un résultat d'un mensonge appelé la" terre promise".
Le scénario de la fin d'Israël, selon des analystes sionistes
L'analyste politique sioniste, Ari Chavat a déclaré que Israël en tant qu'un dernier souffle, expliquant que les Israéliens ne sont qu'un résultat d'un mensonge inventé par le mouvement sioniste à propos de l' "Holocauste" et "Terre promise".

Chavat a expliqué dans un article paru dans le journal Haaretz, intitulé "dernier souffle d'Israël " que la situation dans l'entité a passé le point de non-retour, et qu'il est impossible de mettre fin à l'occupation et d'arrêter les activités de colonisation et de parvenir à la paix, appelant à l'immigration et à quitter l'Etat juif.

Le départ obligé

L'analyste sioniste a ajouté: « Et si telle est la situation, on ne peut pas poursuivre à vivre dans le pays, nous devons le quitter.. Si la nationalité israélienne et juive ne sont pas les facteurs essentiels dans l'identité, et s'il y a un passeport étranger, non seulement au sens technique, mais aussi au sens psychologique, donc c'est fini, nous devons faire nos adieux à nos amis et de passer à San Francisco ou à Berlin".
Il a poursuivi: "À partir de là, du pays du nouveau nationalisme extrême allemand, ou du pays du nouveau nationalisme extrême-américain, nous devons observer calmement l'Etat d'Israël qui céderait son dernier souffle".

Il a appelé les dirigeants de l'entité d'inventer un nouveau langage politique, de reconnaître la réalité et que les Palestiniens sont enracinés dans cette terre, et d'inviter instamment la recherche de la troisième voie pour survivre, au lieu de mourir.

Le résultat du mensonge

Il a souligné: "Les Israéliens depuis qu'ils sont venus en Palestine, se rendent compte qu'ils sont le fruit d'un mensonge inventé par le mouvement sioniste, au cours duquel toute la ruse utilisée dans la personnalité juive au fil de l'histoire, et par l'exploitation de l'Holocauste et son extension, le mouvement a réussi à convaincre le monde que la Palestine est la terre promise, et que le temple présumé existe sous la mosquée Al-Aqsa, ainsi le loup tourne-t-il à une chèvre qui tète des contribuables américains et des fonds européens, jusqu'à ce qui il devienne une bête nucléaire".

Il a insisté que les Israéliens comprennent qu'il n'y a pas d'avenir pour eux en Palestine, ce n'est pas une terre sans peuple, comme ils mentaient.

Pour sa part, Gideon Levy, journaliste sioniste de gauche a déclaré: « Il semble que l'indigénisme des Palestiniens diffère du reste de l'humanité, nous avons conquis leurs terres, et nous avons lancé les prostituées et les filles de fantaisie, nous avons imaginé qu'ils passaient quelques années, et oublieront leur patrie et leurs terres, mais leur jeunesse s'est révoltée et déclenchait l'intifada de 1987.

Il a poursuivi: " Nous les avons emprisonnés, et nous disons que nous les éduquons en prison , après des années et après que nous avons pensé qu'ils ont appris la leçon, ils ont déclenché le soulèvement armé en 2000, en bouleversant tout le pays, et nous avons dit qu'il faut démolir leurs maisons et les encercler de nombreuses années. Malheureusement ils ont créé l'impossible et nous ont frappé par des roquettes malgré le siège et la destruction, nous avons planifier à les contrer par la construction des murs et l'installation des fils barbelés, par conséquent ils nous attaquaient du sous-sol et des tunnels, jusqu'à ce qu'ils nous aient tués dans la dernière guerre".

La maladie cancéreuse

Il a ajouté: "nous les avons combattus par les esprits, tout à coup, ils saisirent le satellite Amos et font entrer l'horreur à tous les foyers en Israël, à travers la diffusion de menaces et d'intimidation, comme cela est arrivé quand leurs jeunes ont réussi à saisir le deuxième canal, l'essentiel, il semble que nous sommes confrontés à des personnes les plus difficiles de l'histoire, et il n'y aurait pas de solution avec eux seulement par la reconnaissance de leurs droits et de mettre fin à l'occupation".

Levy a déclaré: « Le général Eyal Zamir a déclaré au groupe de journalistes plus tôt, cette semaine que l'armée israélienne commencera la prochaine guerre, à Gaza, pour détruire deux bâtiments: le premier à Beit Lahiya et le deuxième dans le quartier Atatra, dans le nord de la bande de Gaza, parce qu'ils contiennent des tunnels de combat".

Enfin, Levy a réitéré: " Oui, le général Zamir peut détruire ces deux bâtiments, mais il ne sera pas en mesure d'arrêter le processus d'auto-destruction interne israélienne, car la maladie cancéreuse affligeant Israël a atteint sa phase finale et aucun moyen ne contribuera à sa guérison, ni les murs, ni les dômes de fer, non plus même les bombes nucléaires".

https://french.palinfo.com/32753
@Copyright Le Centre Palestinien D'Information

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Voici les dirigeant.es israélien.nes qui veulent détruire Al Aqsa

Voici les dirigeant.es israélien.nes qui veulent détruire Al Aqsa
« Ce sont eux les semeurs de discorde », écrivait le chroniqueur de Yedioth Ahronot, Ben-Dror Yemini : « Ils compromettent la lutte justifiée pour l’égalité. Ils sèment des mensonges et entretiennent l’incitation à la violence. Dans notre intérêt et dans le leur, les Arabes d’Israël devraient également se débarrasser de cette nuisance. »

« Netanyahou et [le dirigeant de l’AP Mahmoud] Abbas ont tous deux agi de façon responsable pour empêcher une guerre sainte ; mais la condamnation d’Israël par le monde arabe est un motif d’inquiétude », disait le sous-titre d’une analyse de Barak Ravid, dans Haaretz.

Ce qui manque dans les commentaires de toute la presse, c’est la moindre reconnaissance du rôle joué par des colons fanatiques dans l’intention de s’approprier le contrôle de l’enceinte Al Aqsa, à Jérusalem-Est occupée, et de finalement la détruire, conformément à leur vision apocalyptique.

Voici les dirigeant.es israélien.nes qui veulent détruire Al Aqsa
L’enceinte, connue des musulmans sous le nom de Haram al-Sharif et des juifs sous celui de mont du Temple, comprend la mosquée Al Aqsa et le dôme du Rocher. C’est l’un des sites musulmans les plus sacrés du monde et c’est en même temps une pierre angulaire de l’identité palestinienne.
Changement de donne

Les Israéliens qui cherchent à reprendre Al Aqsa perçoivent l’agression du 14 juillet et la violence qui a suivi comme une occasion de hâter cet agenda. Immédiatement après l’incident, le corps officiel du mouvement du Temple a publié une déclaration appelant à expulser les Palestiniens de l’enceinte : « Nous devons libérer le mont du Temple de l’Islam assassin et le rendre au peuple d’Israël. »

Voici les dirigeant.es israélien.nes qui veulent détruire Al Aqsa
« Nous envisageons la construction du Temple cette année et nous espérons que vous verrez bientôt le visage de notre Messie légitime », écrivait la semaine dernière Baruch Marzel, l’un des dirigeants les plus extrémistes parmi les colons israéliens de Cisjordanie, dans une lettre ouverte adressée au mufti de Jérusalem – la plus haute autorité musulmane de la ville.

Bezalel Smotrich, un député du parti Foyer juif, ne veut même pas attendre aussi longtemps ; « J’érigerais une synagogue sur le mont du Temple aujourd’hui, ce matin même », a-t-il déclaré lundi.

Sous protection militaire israélienne, ces colons et extrémistes sillonnent le site quotidiennement, dans l’espoir de provoquer les réactions violentes des fidèles palestiniens en hurlant et chantant des hymnes nationalistes.

Cela fournit alors aux forces d’occupation le prétexte nécessaire pour appliquer des mesures musclées, dans le but final d’expulser les non-juifs et de remplacer les lieux saints musulmans sur place par un temple juif, donc de déclencher un choc de civilisation avec l’Islam.

La semaine dernière, Yehuda Glick, longtemps dirigeant du mouvement du Temple et aujourd’hui député pour le Likoud, accueillait favorablement l’interdiction par Israël à tout musulman de pénétrer sur le site d’al-Aqsa durant les jours qui ont suivi les coups de feu.

« Ceci constitue une énorme changement de donne », a-t-il déclaré. « Tout fait partie du processus de rédemption, mais les choses qui se produisent au mont du Temple en font particulièrement partie. »

« Les musulmans radicaux qui souillent de sang la sainteté du mont du Temple, le lieu le plus saint du peuple juif, n’ont pas le droit de se trouver en ce lieu », ont expliqué Glick et Shuli Moalem-Refaeli, du parti Foyer juif.

La semaine dernière, Glick a organisé une réunion d’urgence du mouvement du Temple dans le bâtiment même de la Knesset, le parlement israélien. Parmi les personnes présentes figuraient l’avocat du génocide, le rabbin Yisrael Ariel, et Bentzi Gopstein, dirigeant du mouvement de jeunesse Lehava contre le métissage.

Voici les dirigeant.es israélien.nes qui veulent détruire Al Aqsa
Une idéologie génocidaire

Yisrael Ariel, le principal rabbin du mouvement du Temple, avait annoncé en 2015 un scénario apocalyptique de la fin des temps.

« [Dieu] et lui seul nous a commandé d’aller de ville en ville et de les conquérir, et d’imposer les sept lois [des Fils de Noé] dans le monde entier », avait dit Ariel.

Et d’ajouter que si les musulmans et les chrétiens « hissent le drapeau de la [reddition] et disent : »Désormais, il n’y a plus de chrétienté et il n’y a plus d’Islam et les mosquées et les clochers chrétiens seront abattus », il leur sera permis de vivre. » « Sinon », a-t-il mis en garde, « vous tuerez tous les mâles par l’épée. Et vous ne laisserez que les femmes. »

« Nous conquerrons l’Irak, la Turquie [et] nous irons en Iran aussi », a encore proclamé Ariel.

Ariel est le fondateur et le dirigeant de l’Institut du Temple, le groupement financé par le gouvernement qui a publié des avant-projets détaillés et une animation informatique de ce à quoi ressemblera le Temple censé être construit sur les ruines d’al-Aqsa. (voir vidéo ci-dessous)

L’Institut du Temple a reçu des fonds du ministère israélien de l’Éducation afin de développer un cours censé instiller une « aspiration au Temple » chez les enfants et ce, dès l’âge où ils vont en crèche. En 2013, le maire de Jérusalem pour Israël, Nir Barkat, avait décerné une distinction à Ariel pour son travail d’organisation.

Cette idéologie génocidaire est enracinée dans le sionisme religieux et son aile politique est représentée par le parti du Foyer juif.

En 2012, Zevulun Orlev, l’un des députés du parti à la Knesset, réclamait la construction d’un temple sur le site même, ajoutant que déplacer le dôme du Rocher et la mosquée Al Aqsa allait signifier que « le monde musulman, fort d’un milliard d’individus, allait certainement déclencher une guerre mondiale ».

Cet extrémisme messianique s’est également rendu maître du parti Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahou.

En 2014, Moshe Feiglin, du Likoud, à l’époque vice-président de la Knesset, expliquait cette vue du monde fanatique. « Nous sommes sur le front principal du combat pour un monde libéré des forces du mal d’un Islam des plus extrémistes », affirmait-il. « Derrière la violence, il y a une bataille spirituelle, et le centre même de cette bataille est cet endroit, précisément – le mont du Temple. »
Le prétexte de la « liberté religieuse »

Bien d’autres hommes politiques israéliens emboîtent le pas à la direction du mouvement du Temple.

Un site internet du parti Likoud a lancé une pétition exigeant de « hisser le drapeau israélien au sommet du mont du Temple ».

« Le mont du Temple n’est pas entre nos mains », déclare la pétition. « Nous devons changer cette absurdité. »

Le ministre des Transports Yisrael Katz a souhaité qu’Israël « ne cède pas la souveraineté » sur Al Aqsa.

« Il nous faut fermer le mont du Temple aux musulmans pour une période prolongée », a déclaré le député du Foyer juif, Moti Yogev.

L’incitation à la violence de la part de hauts responsables israéliens est devenue un lieu commun, ces dernières années. Des douzaines de membres de la Knesset ont donné leur soutien verbal, et même matériel, au mouvement du Temple.

Alors que leurs déclarations font les gros titres à l’occasion, elles sont rarement prises en considération dans l’analyse de la situation explosive autour du site d’al-Aqsa.

Cette incitation à la violence se retrouve fréquemment dans des appels pour qu’Israël change unilatéralement le statu quo et permette la prière des juifs à Al Aqsa, évoquant de la sorte une absence de liberté religieuse sur le lieu saint occupé.

Mais, depuis longtemps, les principaux rabbins officiels d’Israël ont formellement interdit la prière des juifs sur le site et ce, pour des raisons théologiques – par souci de ce que, par inadvertance, les juifs n’aillent profaner des lieux qui doivent rester rituellement purs.

En maintenant cette tradition, les dirigeants de la communauté juive orthodoxe d’Israël blâment ceux qui insistent pour se rendre à l’enceinte Al Aqsa pour le bain de sang qui en résulterait. L’interdiction de visiter le mont du Temple a été fermement maintenue par les principaux rabbins orthodoxes.

« Ceux qui visitent le mont du Temple transforment le conflit israélo-arabe en un conflit religieux », a mis en garde Eidah Chareidid, une importante organisation juive orthodoxe antisioniste de Jérusalem.

« La véritable histoire »

Toutefois, comme le révélait Feiglin lors d’une séance de la Knesset en 2013, l’appel des juifs afin de pouvoir prier dans l’enceinte est un prétexte pour qu’Israël s’empare du site.

« Disons la vérité. La lutte ici ne tourne pas autour de la prière », admettait Feiglin. « Cela ne dérange nullement les Arabes que les juifs prient Dieu. Pourquoi devraient-ils s’en soucier ? Nous croyons tous en Dieu. La lutte tourne autour de la souveraineté. Voilà la véritable histoire, ici. L’histoire concerne une seule chose : la souveraineté. »

Pour faciliter la besogne des journalistes qui couvrent les événements de l’enceinte Al Aqsa, j’ai réuni au bas de cet article une liste des actuels et anciens membres de la Knesset qui, à des degrés différents, ont soutenu les desseins apocalyptiques du mouvement du Temple.


Voici les dirigeant.es israélien.nes qui veulent détruire Al Aqsa
Certains des hommes politiques israéliens s’identifient aux-mêmes au mouvement, tandis que d’autres comprennent qu’il est expédient politiquement de faire des déclarations publiques pour soutenir la souveraineté israélienne sur Al Aqsa.

Le député du Likoud Avi Dichter, par exemple, est un ancien chef de la police secrète israélienne, le Shin Bet. Dichter est apparu dans le documentaire de 2012, The Gatekeepers, qui les présentait, lui et cinq anciens chefs du Shin Bet, comme des gens de la sécurité rudes mais pragmatiques, et qui étaient devenus des »colombes ».

Mais, la semaine dernière, Dichter postait sur Facebook une photo de lui-même en face du dôme du Rocher, avec un texte disant : « Ouvrez le mont du Temple aux juifs. »
Provocation et bain de sang

Étant donné le niveau d’incitation à propos du site le plus sensible du pays – en sus du climat de désespoir créé par le siège mortel de Gaza par Israël, par l’expansion des colonies en Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem, et par l’érosion des droits des citoyens palestiniens d’Israël – des agressions comme celle du 14 juillet ne devraient pas surprendre des observateurs bien informés.
Comme le disait Dichter en 2013, alors qu’il était ministre de la Sécurité publique – et avant de souscrire à l’agenda du mouvement du Temple – la prière des juifs à Al Aqsa, « servira de provocation, il en résultera des désordres, avec la probabilité presque certaine d’un bain de sang, en fin de compte ».

Ce peut être précisément ce que de nombreux Israéliens espèrent. Vendredi dernier, suite à une agression au couteau par un Palestinien, agression qui a tué trois Israéliens de la colonie illégale de Halamish, Tzachi Hanegbi, un ancien ministre du Likoud et proche allié de Netanyahou, menaçait les Palestiniens d’une « troisième Nakba » – une allusion aux expulsions de masse et nettoyage ethnique des Palestiniens par Israël, en 1948 et 1967.

Lui aussi ancien ministre de la Sécurité publique, Hanegbi promettait déjà en 2003 que les juifs, « bientôt, très bientôt » seraient à même de prier sur le site d’al-Aqsa.

Voici les dirigeant.es israélien.nes qui veulent détruire Al Aqsa
Dirigeant.es et politicien.nes israélien.nes qui
soutiennent le mouvement du Temple


Eli Ben-Dahan

Le vice-ministre de la Défense Eli Ben-Dahan, du Foyer juif, a fait don personnellement de 12 000 dollars à l’Institut du Temple, qui multiplie les efforts en vue de remplacer les lieux saints musulmans par un tempe juif.

« Nous devons appeler le gouvernement et la Knesset à autoriser la prière des juifs, à faire de cette prière des juifs une chose normale et permise », a déclaré Ben-Dahan lors d’une conférence à la Knesset en novembre dernier.

Auparavant, Ben-Dahan avait décrit les Palestiniens comme des « bêtes » qui « n’ont rien d’humain ».

Tzipi Hotovely

Dans un récent discours adressé à des supporters du mouvement du Temple, la vice-ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely, du Likoud, a invité les juifs à se rendre dans l’enceinte Al Aqsa.

En 2015, Hotovely avait fait les gros titres en disant que son rêve était de voir un drapeau israélien flotter au-dessus du mont du Temple et elle avait insisté pour que les juifs fussent à même d’y aller prier.

Zeev Elkin

Le ministre des Affaires de Jérusalem Zeev Elkin, du Likoud, a déclaré qu’une pleine reprise de l’enceinte devrait être le but national d’Israël.

« Il est important de mettre le mont du Temple hors de portée des religieux aux yeux sauvages », a dit Elkin. « Nous devons expliquer à de larges couches du peuple que, sans cet endroit, notre liberté nationale est incomplète. »

Oren Hazan

Le député du Likoud Oren Hazan a déclaré au groupe « Étudiants pour le mont du Temple » qu’il bâtirait le temple s’il devenait Premier ministre.

Quand l’auteur du présent article lui a demandé comment il exécuterait les démolitions, il a répondu : « Ce ne serait pas responsable en ce moment même de vous dire comment nous nous y prendrions, mais je tiens à le dire hautement et clairement : Lorsque j’aurai l’occasion de le faire, je le ferai. »

Yuli Edelstein

Le président de la Knesset Yuli Edelstein, du Likoud, déclarait en 2012 : « Mon boulot est de traiter du processus quotidien – c’est-à-dire réunir et construire le peuple d’Israël – qui mène au Temple. »

Miri Regev

La ministre de la Culture Miri Regev, du Likoud, a introduit une proposition de loi visant à appliquer au site d’al-Aqsa à Jérusalem des mesures similaires à celles imposées par Israël à Hébron.

Suite au massacre, perpétré en 1994 par un colon juif américain, de 29 fidèles palestiniens à la mosquée Al-Ibrahimi (appelée également tombeau des Patriarches) de Hébron – un autre lieu saint aux yeux des musulmans et des juifs – les forces israéliennes avaient procédé au partage de la mosquée et transformé la Vieille Ville en une ville fantôme.

Regev a demandé une fois de plus qu’un nouvel arrangement soit immédiatement décidé, après l’agression du 14 juillet.

Ayelet Shaked

La ministre de la Justice Ayelet Shaked, du Foyer juif, qui avait publié un appel génocidaire à tuer les mères palestiniennes juste avant l’offensive contre Gaza, en 2014, a également réclamé un changement unilatéral du statu quo afin de permettre aux juifs d’aller prier dans l’enceinte d’al-Aqsa.

Uri Ariel

Le ministre de l’Agriculture Uri Ariel, du Foyer juif, est une figure de proue dans le mouvement du Temple et a il itérativement appelé à la construction d’un temple juif.

« Nous avons bâti de nombreux petits, très petits temples », a déclaré Ariel, « mais il nous faut construire un véritable temple sur le mont du Temple. »

Gilad Erdan

Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan, du Likoud, a lui aussi prêté son soutien à cet effort. « À mon avis, notre droit au mont du Temple est inébranlable », a déclaré Erdan lors de la conférence des Quêteurs de Sion, en novembre dernier à la Knesset.

Erdan est également chargé de l’effort israélien en vue de combattre le mouvement BDS dirigé par les Palestiniens.

Danny Danon

L’ambassadeur d’Israël aux Nations unies et ancien vice-ministre de la Défense Danny Danon, du Likoud, a également lancé un appel afin de permettre aux juifs d’aller prier à Al Aqsa.

Yitzhak Aharonovitch

Ancien ministre de la Sécurité publique, Yitzhak Aharonovitch, du parti Yisrael Beitenu (Israël notre maison), a lui aussi apporté son soutien en 2014. « Il est important d’ouvrir le [mont du Temple] aux juifs, des dizaines de milliers de fidèles viennent ici », a-t-il déclaré.

Yehiel Hilik Bar

Vice-président de la Knesset et ancien secrétaire général du parti travailliste, nominalement de gauche, Yehiel Hilik Bar a cosoutenu au départ (avec Miri Regev) un projet de loi visant à modifier le statu quo à Al Aqsa, bien qu’il ait retiré son soutien par la suite, après avoir subi des critiques à ce propos.

Bar avait déclaré que lui et le Parti travailliste « font partie du centre gauche sioniste qui voit en nos lieux saints la base de notre existence et l’essence de notre histoire ».

David Tzur, un ancien député du parti Hatnua, ostensiblement « pacifique » et dirigé par Tzipi Livni, a également lancé un appel en faveur de la prière des juifs dans l’enceinte Al Aqsa.

Michael Ben-Ari

Parmi ceux qui ont dirigé des incursions israéliennes figure l’ancien député Michael Ben-Ari, un incitateur notoire à la violence contre les Africains et les Palestiniens, et qui, jadis, avait détruit un exemplaire du Nouveau Testament sur une vidéo.



Construire le Temple « dès que possible »

Parmi d’autres députés qui ont demandé que les juifs puissent prier dans l’enceinte Al Aqsa, figurent l’ancien membre de la Knesset Zvulun Kalfa, du Foyer juif, et Ofir Akunis, du Likoud, qui est actuellement ministre de la Science.

Smotrich, Shuli Muallem-Refaeli et Nissan Slomiansky, du Foyer juif, et Miki Zohar, Avraham Neguise et Hazan, du Likoud, ont signé un projet de loi soutenant la prière des juifs à Al Aqsa.

Yinon Magal, du Foyer juif, a déclaré à la Knesset que les juifs devaient être en mesure de prier dans l’enceinte Al Aqsa et qu’il fallait y construire un temple dès que possible.

Le ministre du Tourisme Yariv Levin, du Likoud a déclaré : « Je dirais que, durant les si longues années où les juifs ont été en exil tout en priant pour un retour vers Zion, ils n’entendaient pas par là Tel-Aviv, mais bien Jérusalem. Ils ne rêvaient pas de retourner près du siège de la Knesset et du bureau du Premier ministre, mais bien vers un autre endroit – le mont du Temple. »

Ministre de l’Égalité sociale, Gila Gamliel, du Likoud a dit : « Le Temple est la carte d’identité du peuple d’Israël. »

Le député Arieh Eldad s’est rendu à Al Aqsa pour manifester en faveur du contrôle israélien.

Toute une série d’autres députés, dont Amir Ohana et Anat Berko, du Likoud, ont également participé à des conférences de soutien au mouvement du Temple.

Voici les dirigeant.es israélien.nes qui veulent détruire Al Aqsa
Traduit par Jean-Marie Flémal
Merci à Pour la Palestine
Source: https://electronicintifada.net/content/these-are-israeli-leaders-who-want-destroy-al-aqsa/21166
Date de parution de l'article original: 24/07/2017
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=21214

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La chute de Netanyahou changera-t-elle quelque chose pour les Palestiniens ?

La chute de Netanyahou changera-t-elle quelque chose pour les Palestiniens ?
La chute de Netanyahou changera-t-elle quelque chose pour les Palestiniens ?
Neve Gordon, Chronique de Palestine
 
Benjamin Netanyahou risque de se retrouver derrière des barreaux mais cela ne changera rien à la politique coloniale d'Israël.
 
La façon dont le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a réagi à la décision de témoigner contre lui de son ancien chef d'état-major, Ari Harow, est révélatrice. Le lendemain, le chargé de presse du premier ministre a déclaré - pour la centième fois – qu’il « n’y avait rien car il n’y avait jamais rien eu ». Malgré ses efforts désespérés pour faire croire que tout était normal, cette fois-ci, il semble bien que Netanyahou soit sur le point de tomber.
 
Au moins deux enquêtes sur de graves allégations de corruption, de violation de confiance, et de fraude, pourraient aboutir à un acte d'accusation contre le premier ministre israélien. Dans le « Cas 1 000 », la police soupçonne Netanyahou d’avoir accepté de généreux cadeaux de riches hommes d'affaires, et, dans certains cas, de leur avoir même fourni des services en retour.
 
« Harow va changer la donne », selon un éminent chroniqueur israélien. Avant de devenir chef d'état-major, il s’occupait des relations de Netanyahou avec plusieurs milliardaires et il détient probablement des informations incriminantes sur les relations de son ancien patron avec ces personnes.
 
Mais avant même que Harow n’accepte de témoigner, la police avait révélé que Netanyahou était intervenu en faveur du producteur hollywoodien, Arnon Milchan, qui, depuis des années, couvrait Netanyahou et sa famille de cadeaux s’élevant à des centaines de milliers de shekels. Selon la police, le premier ministre avait demandé à l'ancien ambassadeur américain Dan Shapiro et au secrétaire d'État John Kerry d’intervenir pour que Milchan obtienne un visa de séjour de dix ans aux États-Unis. La police a également noté que Milchan détenait une participation de 9,8% dans la chaîne de TV israélienne, Channel 10, qui dépend du ministère israélien des Communications, dirigé jusque récemment par Netanyahou.
 
La deuxième enquête, appelée « Cas 2 000 », porte sur des enregistrements que la police a trouvés dans l'ordinateur personnel et le téléphone de Harow. Les enregistrements des conversations entre Netanyahou et Arnon Mozes, le rédacteur en chef du quotidien israélien Yedioth Ahronoth, et le populaire site internet Ynet, révèlent qu'avant les élections israéliennes de 2015, Mozes a proposé à Netanyahou de l'aider à rester au pouvoir « aussi longtemps qu’il le voulait ». En échange de quoi, le rédacteur en chef a demandé à Netanyahou de faire voter une loi limitant la capacité du principal concurrent de Yedioth Ahronoth, le journal pro-Netanyahou Israel HaYom, à distribuer gratuitement des documents.
 
Selon les transcriptions, les deux hommes ont même parlé des journalistes pro-Netanyahou que Yedioth Ahronoth engagerait. Netanyahou a ensuite dit qu'il discuterait de la loi avec le « rouquin » - désignant par là le rédacteur en chef d'Israël HaYom, le milliardaire américain Sheldon Adelson qui est également un Républicain et un donateur connu de la campagne présidentielle de Donald Trump. Et de fait, lors d'un récent interrogatoire de la police, Adelson a confirmé que Netanyahou lui avait demandé de bien vouloir annuler l'édition du week-end du journal.
 
Ces enquêtes sont sans doute les plus graves, mais, à mesure que le nœud se resserre, d’autres enquêtes vont voir le jour. L'avocat personnel du premier ministre est l'un des principaux suspects du « Cas 3 000 », une enquête qui porte sur des achats suspects de l'armée israélienne impliquant des pots-de-vin et des fraudes présumés. Selon Ha'aretz, « l'avocat personnel de Netanyahou devait gagner des dizaines de millions de shekels grâce à un accord, qui depuis a été suspendu, pour acheter trois sous-marins à l'Allemagne ». L'avocat personnel, cependant, n'est pas le seul lien entre Netanyahou et la transaction malhonnête, puisque l'accord semble avoir été soutenu par le premier ministre, et approuvé derrière le dos du précédent ministre de la Défense, qui s'était opposé à l'achat des sous-marins.
 
Enfin, la police a recommandé de poursuivre Sarah Netanyahou, la femme du premier ministre, pour abus des fonds publics, à cause, entre autres, du transfert de meubles de la résidence officielle du premier ministre vers sa maison privée et du règlement d'un électricien pour refaire sa résidence privée aux frais des contribuables. Selon les journaux israéliens, elle devrait bientôt être inculpée.
 
Le règne de 11 ans de Netanyahou semble donc s’approcher rapidement d'une fin sans gloire. La question la plus intéressante maintenant, c'est de savoir ce que vont apporter ces développements. Il y a deux aspects de cette question qui méritent d’être soulignés.
 
Premièrement, Netanyahou n'est pas vraiment une exception. De nombreux dirigeants et politiciens du monde entier, en particulier ceux qui comme Netanyahou ont réussi à se maintenir au pouvoir pendant de nombreuses années, se sont corrompu et ont abusé des privilèges et des responsabilités qui leur avaient été confiés par leur mandat. Ce qui est inhabituel, dans l’affaire israélienne, c'est que certaines de ces personnes corrompues finissent réellement en prison.
 
De fait, l'ancien Premier ministre Ehud Olmert a récemment été libéré après avoir purgé 16 mois pour corruption, et, au cours des deux dernières décennies, plusieurs ministres se sont également retrouvés en cellule, parfois pendant des années. Même si les circonstances sont tout à fait différentes, le fait que l'ancien président Moshe Katsav soit resté plusieurs années derrière les barreaux pour viol est un autre signe que, en Israël, les personnes les plus influentes ne sont pas à l'abri de la justice. L'autonomie relative du système judiciaire par rapport à l’exécutif, en plus de la capacité - et de la volonté – de mettre en prison des individus très puissants, n’a rien d’anodin.
 
La seconde question concerne l'impact de l'effondrement potentiel de Netanyahou sur le projet colonial israélien. Sur ce point, on ne voit pas de lumière au bout du tunnel.
 
Au plan politique, ceux qui sont en mesure de remplacer Netanyahou à la tête du gouvernement israélien, que ce soit dans les rangs du Likoud ou d'autres partis, sont même plus extrêmes que le premier ministre (par exemple, le prince du Likoud Gideon Sa'ar ou le chef du parti juif Naftali Bennett), ou ont des vues presque identiques (le chef du parti travailliste Avi Gabbay) ou, comme on dit en hébreu, sont en téflon, ce qui signifie qu'ils n'ont pas de colonne vertébrale du tout (le leader de Yesh Atid, Yair Lapid). Aucun de ces dirigeants politiques ne remettra en cause le projet colonial israélien, sans parler « d’acquiescer » à la revendication palestinienne d'autodétermination et à la création d'un État palestinien viable.
 
Au plan idéologique, c’est encore pire. Comme le montre la réaction publique et politique au procès pour meurtre d'Elor Azaria, les Palestiniens sont considérés par beaucoup d’Israéliens comme des sous-hommes qu’on peut tuer sans problème. Cette façon de voir – que reflètent la sentence du tribunal de seulement 18 mois de prison pour ce meurtre et la demande générale de grâce pour Azaria - font partie de l'idéologie et de la mentalité israéliennes que Netanyahu a activement galvanisées au fil des années avec ses discours de haine contre les Palestiniens. Même le système judiciaire, qui pourtant emprisonne des politiciens, se met au service du colonialisme et des colons quand il s’agit des Palestiniens.
 
Il ne suffit pas de couper la tête du roi pour engendrer un changement idéologique, il faut un renversement radical des mentalités et de l’opinion publique. Tragiquement, même si Netanyahou finit derrière les barreaux, l’idéologie coloniale va probablement maintenir son joug, pendant encore de nombreuses années.
 
Traduction : Dominique Muselet
 
La chute de Netanyahou changera-t-elle quelque chose pour les Palestiniens ?
 

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La chute de Netanyahu changera-t-elle quelque chose pour les Palestiniens ?

Benjamin Netanyahu risque de se retrouver derrière des barreaux mais cela ne changera rien à la politique coloniale d’Israël.
La chute de Netanyahu changera-t-elle quelque chose pour les Palestiniens ?
La façon dont le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réagi à la décision de témoigner contre lui de son ancien chef d’état-major, Ari Harow, est révélatrice. Le lendemain, le chargé de presse du premier ministre a déclaré – pour la centième fois – qu’il « n’y avait rien car il n’y avait jamais rien eu ». Malgré ses efforts désespérés pour faire croire que tout était normal, cette fois-ci, il semble bien que Netanyahou soit sur le point de tomber.
Au moins deux enquêtes sur de graves allégations de corruption, de violation de confiance, et de fraude, pourraient aboutir à un acte d’accusation contre le premier ministre israélien. Dans le « Cas 1 000 », la police soupçonne Netanyahou d’avoir accepté de généreux cadeaux de riches hommes d’affaires, et, dans certains cas, de leur avoir même fourni des services en retour.
« Harow va changer la donne », selon un éminent chroniqueur israélien. Avant de devenir chef d’état-major, il s’occupait des relations de Netanyahu avec plusieurs milliardaires et il détient probablement des informations incriminantes sur les relations de son ancien patron avec ces personnes.
Mais avant même que Harow n’accepte de témoigner, la police avait révélé que Netanyahu était intervenu en faveur du producteur hollywoodien, Arnon Milchan, qui, depuis des années, couvrait Netanyahu et sa famille de cadeaux s’élevant à des centaines de milliers de shekels. Selon la police, le premier ministre avait demandé à l’ancien ambassadeur américain Dan Shapiro et au secrétaire d’État John Kerry d’intervenir pour que Milchan obtienne un visa de séjour de dix ans aux États-Unis. La police a également noté que Milchan détenait une participation de 9,8% dans la chaîne de TV israélienne, Channel 10, qui dépend du ministère israélien des Communications, dirigé jusque récemment par Netanyahu.
La deuxième enquête, appelée « Cas 2 000 », porte sur des enregistrements que la police a trouvés dans l’ordinateur personnel et le téléphone de Harow. Les enregistrements des conversations entre Netanyahu et Arnon Mozes, le rédacteur en chef du quotidien israélien Yedioth Ahronoth, et le populaire site internet Ynet, révèlent qu’avant les élections israéliennes de 2015, Mozes a proposé à Netanyahu de l’aider à rester au pouvoir « aussi longtemps qu’il le voulait ». En échange de quoi, le rédacteur en chef a demandé à Netanyahu de faire voter une loi limitant la capacité du principal concurrent de Yedioth Ahronoth, le journal pro-Netanyahu Israel HaYom, à distribuer gratuitement des documents.
Selon les transcriptions, les deux hommes ont même parlé des journalistes pro-Netanyahu que Yedioth Ahronoth engagerait. Netanyahu a ensuite dit qu’il discuterait de la loi avec le « rouquin » – désignant par là le rédacteur en chef d’Israël HaYom, le milliardaire américain Sheldon Adelson qui est également un Républicain et un donateur connu de la campagne présidentielle de Donald Trump. Et de fait, lors d’un récent interrogatoire de la police, Adelson a confirmé que Netanyahu lui avait demandé de bien vouloir annuler l’édition du week-end du journal.
Ces enquêtes sont sans doute les plus graves, mais, à mesure que le nœud se resserre, d’autres enquêtes vont voir le jour. L’avocat personnel du premier ministre est l’un des principaux suspects du « Cas 3 000 », une enquête qui porte sur des achats suspects de l’armée israélienne impliquant des pots-de-vin et des fraudes présumés. Selon Ha’aretz, « l’avocat personnel de Netanyahu devait gagner des dizaines de millions de shekels grâce à un accord, qui depuis a été suspendu, pour acheter trois sous-marins à l’Allemagne ». L’avocat personnel, cependant, n’est pas le seul lien entre Netanyahu et la transaction malhonnête, puisque l’accord semble avoir été soutenu par le premier ministre, et approuvé derrière le dos du précédent ministre de la Défense, qui s’était opposé à l’achat des sous-marins.
Enfin, la police a recommandé de poursuivre Sarah Netanyahu, la femme du premier ministre, pour abus des fonds publics, à cause, entre autres, du transfert de meubles de la résidence officielle du premier ministre vers sa maison privée et du règlement d’un électricien pour refaire sa résidence privée aux frais des contribuables. Selon les journaux israéliens, elle devrait bientôt être inculpée.
Le règne de 11 ans de Netanyahu semble donc s’approcher rapidement d’une fin sans gloire. La question la plus intéressante maintenant, c’est de savoir ce que vont apporter ces développements. Il y a deux aspects de cette question qui méritent d’être soulignés.
Premièrement, Netanyahu n’est pas vraiment une exception. De nombreux dirigeants et politiciens du monde entier, en particulier ceux qui comme Netanyahu ont réussi à se maintenir au pouvoir pendant de nombreuses années, se sont corrompu et ont abusé des privilèges et des responsabilités qui leur avaient été confiés par leur mandat. Ce qui est inhabituel, dans l’affaire israélienne, c’est que certaines de ces personnes corrompues finissent réellement en prison.
De fait, l’ancien Premier ministre Ehud Olmert a récemment été libéré après avoir purgé 16 mois pour corruption, et, au cours des deux dernières décennies, plusieurs ministres se sont également retrouvés en cellule, parfois pendant des années. Même si les circonstances sont tout à fait différentes, le fait que l’ancien président Moshe Katsav soit resté plusieurs années derrière les barreaux pour viol est un autre signe que, en Israël, les personnes les plus influentes ne sont pas à l’abri de la justice. L’autonomie relative du système judiciaire par rapport à l’exécutif, en plus de la capacité – et de la volonté – de mettre en prison des individus très puissants, n’a rien d’anodin.
La seconde question concerne l’impact de l’effondrement potentiel de Netanyahu sur le projet colonial israélien. Sur ce point, on ne voit pas de lumière au bout du tunnel.
Au plan politique, ceux qui sont en mesure de remplacer Netanyahu à la tête du gouvernement israélien, que ce soit dans les rangs du Likoud ou d’autres partis, sont même plus extrêmes que le premier ministre (par exemple, le prince du Likoud Gideon Sa’ar ou le chef du parti juif Naftali Bennett), ou ont des vues presque identiques (le chef du parti travailliste Avi Gabbay) ou, comme on dit en hébreu, sont en téflon, ce qui signifie qu’ils n’ont pas de colonne vertébrale du tout (le leader de Yesh Atid, Yair Lapid). Aucun de ces dirigeants politiques ne remettra en cause le projet colonial israélien, sans parler « d’acquiescer » à la revendication palestinienne d’autodétermination et à la création d’un État palestinien viable.
Au plan idéologique, c’est encore pire. Comme le montre la réaction publique et politique au procès pour meurtre d’Elor Azaria, les Palestiniens sont considérés par beaucoup d’Israéliens comme des sous-hommes qu’on peut tuer sans problème. Cette façon de voir – que reflètent la sentence du tribunal de seulement 18 mois de prison pour ce meurtre et la demande générale de grâce pour Azaria – font partie de l’idéologie et de la mentalité israéliennes que Netanyahu a activement galvanisées au fil des années avec ses discours de haine contre les Palestiniens. Même le système judiciaire, qui pourtant emprisonne des politiciens, se met au service du colonialisme et des colons quand il s’agit des Palestiniens.
Il ne suffit pas de couper la tête du roi pour engendrer un changement idéologique, il faut un renversement radical des mentalités et de l’opinion publique. Tragiquement, même si Netanyahu finit derrière les barreaux, l’idéologie coloniale va probablement maintenir son joug, pendant encore de nombreuses années.


* Neve Gordon est un politologue et historien israélien. Il est l’auteur de Israel’s Occupation, et de The Human Right to Dominate (co-écrit avec Nicola Perugini).

En savoir plus sur
https://french.palinfo.com/32735
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La visite du roi de Jordanie à Ramallah le 7 août : quatre scénarii

06.08.2017 - Pour la première fois en cinq ans, l'avion du roi Abdallah II de Jordanie atterrira à Ramallah pour une visite décrite par les observateurs comme sensible en termes de calendrier et d'objectifs, à la lumière de la crise récente à la Mosquée Al-Aqsa et ses répercussions, ainsi que celle qui a suivi les tirs contre deux ressortissants jordaniens à l'ambassade israélienne en Jordanie.
La visite du roi de Jordanie à Ramallah le 7 août : quatre scénarii
Cette visite vient aussi à un moment de déclin des rôles officiels palestinien et jordanien, la population de Jérusalem Occupée ayant réussi à imposer sa volonté contre l'occupation israélienne.

Les analystes politiques interrogés par le Centre Palestinien d'Information ne comptent pas sur cette visite. Certains ont dit qu'elle a pour objectif d'améliorer la relation palestino-jordanienne dans le cadre de la campagne jordanienne de relations publiques. La décision réelle n'est pas entre les mains de l'une ou l'autre des parties, ont-ils ajouté.

La visite est-elle importante ?

L'analyste politique Wissan Afifah, rédacteur en chef du journal Al-Resalah, a déclaré que l'importance de la visite réside dans son calendrier, suite à la crise de la Mosquée Al-Aqsa et à l'humiliation subie par l'Autorité palestinienne et la Jordanie et leur faillite morale à un moment où les Jérusalémites ont fait preuve d'une détermination sans précédent tandis qu'ils affrontaient l'occupation israélienne dans la cité.

L'analyste Ahmed Awad estime que la visite du roi vient à un moment important après la détérioration de la relation avec Israël après ce qui s'est passé à Al-Aqsa et la fusillade à l'ambassade israélienne en Jordanie, et la négation par l'occupation de ses accords avec la Jordanie et du processus de paix avec l'Autorité palestinienne.

Professeur en science politique, Abdul Sattar Qassem a qualifié la visite d'« insignifiante », expliquant que le roi de Jordanie et le président de l'Autorité palestinienne ne peuvent pas prendre leurs propres décisions. Il faisait référence à ce qui s'est passé à la Mosquée Al-Aqsa ainsi qu'aux tirs à l'ambassade israélienne à Amman.

L'avenir de l'AP

L'analyste Afifah n'a pas exclu que la Jordanie et son roi s'inquiètent de l'avenir de l'Autorité palestinienne et de la Cisjordanie après le départ possible d'Abbas de la scène politique, étant donné la détérioration de sa santé ; il a souligné que la visite pourrait se concentrer sur l'avenir de la scène politique palestinienne après Abbas.

Afifah et Qassem ont convenu que la Jordanie craint que l'instabilité ne suive le départ d'Abbas, avec la propagation possible du chaos et de l'insécurité qui auraient un impact sur la Jordanie et augmenteraient ses charges.

Awad a souligné que la visite survient après que le roi de Jordanie se soit senti abandonné et déçu, et même trompé par Israël, après l'incident à l'ambassade d'Israël à Amman, indiquant que la visite donne à l'occupation israélienne un message d'unité des visions jordaniennes et palestiniennes sur les questions liées à Jérusalem.

Selon les médias, un hélicoptère transportant le roi de Jordanie atterrira au siège de l'AP à Ramallah. Ce sera l'une des rares visites où le roi aura exclu Israël de sa visite en Palestine.

L'analyste Awad a conclu que cette visite est destinée à améliorer les relations bilatérales. Il a souligné que la réunion tentera de réduire tout écart dans la relation palestino-jordanienne, suite aux événements récents à Al-Aqsa.

Intérêts

Afifah affirme que le but de la visite est purement intéressé. Le départ possible d'Abbas affecterait la scène politique en Cisjordanie, ce qui entraînerait des conséquences sur la sécurité géographique, démographique et politique de la Jordanie.

Afifah et Qassem pensent que les deux dirigeants n'ont aucune capacité à prendre des décisions sur la situation en Jordanie ou en Cisjordanie. Ces décisions, ajoutent-ils, sont entre les mains d'Israël et des États-Unis, notant que toute réunion ou accord entre les deux dirigeants n'auraient aucun effet sur le terrain.

Source : Palestine Info

Traduction : MR pour ISM

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Comment Gaza a été réduit à une enclave invivable

Comment Gaza a été réduit à une enclave invivable
Michael LynkComment peut-on vivre dans un endroit où on a l’électricité seulement quelques heures par jour, et l’eau seulement huit heures tous les quatre jours ?  
Gaza et Tel Aviv se trouvent à seulement 75 kilomètres l’une de l’autre. Les deux villes partagent le même sol sablonneux et les mêmes étés brûlants du Levant. Mais les similitudes s’arrêtent là. Si on prenait la nuit une image satellite de la Méditerranée orientale on verrait sur Tel Aviv un flamboiement de lumière incandescente, et seulement quelques petites lumières pâles, un peu plus loin, sur le rivage de Gaza.
Gaza arrive dans son troisième mois de la restriction, imposée de l’extérieur, de son accès déjà insuffisant à l’électricité.
L’enclave de deux millions de personnes nécessiterait normalement environ 450 mégawatts (MW) d’électricité par jour pour avoir de l’électricité 24 heures sur 24. Cependant, au cours de la dernière décennie, du fait du rigoureux blocus israélien de Gaza, sa fourniture d’énergie est passée à quelque 200 MW, ce qui a entraîné des pannes de courant continuelles. Mais au cours des derniers mois, selon l’organisation israélienne des droits humains Gisha, la fourniture d’électricité de Gaza a varié chaque jour entre 140 MW et 70 MW, rallongeant d’autant les pannes et les souffrances de la population.
La première cause de la pénurie d’électricité réside dans le différend entre l’Autorité palestinienne (AP) et le Hamas sur la taxation des carburants. Cela a incité l’Autorité palestinienne à demander à Israël de réduire les 120 MW qu’il vendait quotidiennement à Gaza, à environ 70 MW, et Israël l’a fait.
 

Gaza est dans un cycle récessif, et plus rapide que prévu
 
Une deuxième source d’électricité de Gaza est l’unique centrale électrique de Gaza, qui ne peut produire que 50-55MW par jour (et seulement, quand il est possible d’importer du carburant d’Egypte). La centrale électrique a été gravement endommagée par les bombardements israéliens en 2006 et à nouveau en 2014, et Israël a limité l’entrée de pièces de rechange à Gaza. Si l’usine était entièrement opérationnelle, elle pourrait produire environ 140 MW.
La troisième source d’approvisionnement en électricité de Gaza provient de l’Égypte, qui fournit environ 28MW par jour, avec actuellement beaucoup de coupures. Et la quatrième source est constituée de panneaux solaires individuels et de générateurs que seuls les plus aisés peuvent s’offrir.
Les conséquences sociales de cette terrible pénurie d’électricité sont graves. Les ménages sans générateurs ou sans panneaux solaires – la grande majorité des Gazaouis – ont entre 4 et 6 heures d’électricité par jour dans le meilleur des cas, suivies de 12 à 16 heures de coupure. Les hôpitaux sont obligés d’avoir d’énormes générateurs et de rationner l’électricité. Les commerces et les entreprises sont obligés de fermer. Plus de 100 millions de litres d’eaux usées non traitées se déversent quotidiennement dans la Méditerranée, polluent les plages et les lieux de pêche. Il faut acheter la nourriture au jour le jour et la consommer rapidement. Le service Internet – le seul lien de presque tous les Gazaouis avec le monde extérieur – est sporadique. Et il y a peu d’électricité disponible pour la climatisation et les ventilateurs permettant de lutter contre la chaleur étouffante de l’été.
 

Le contexte de la pénurie à Gaza

 
L’équipe de pays des Nations Unies (UNCT) dans le territoire palestinien occupé a récemment publié un rapport sans concession, sur l’impact humanitaire des 10 ans de blocus israélien de Gaza et des divisions politiques internes des Palestiniens. Ses conclusions sont terribles : l’appauvrissement de Gaza est entièrement dû à des décisions humaines, et non à des causes naturelles.
L’année 2007 a été le début de la fin pour Gaza. En juillet de cette année-là, Israël a imposé un blocus total à la bande de Gaza en déclarant qu’elle était une « entité ennemie ». La vie avant 2007 à Gaza était déjà très difficile, mais depuis elle est devenue catastrophique et sans espoir. Gaza, dont on a pu dire autrefois qu’elle était la future « Singapour du Moyen-Orient », est devenue le symbole de la misère la plus horrible.
Selon le rapport de l’ONU, entre 2006 et 2016, le produit intérieur brut (PIB) de Gaza par habitant a diminué de 5,3 %, alors qu’il a progressé de 48,5 % en Cisjordanie occupée. En 2004, 30% de la population vivait déjà sous le seuil de la pauvreté et il y en a 40% aujourd’hui. Gaza souffre de l’un des taux de chômage les plus élevés au monde, soit 41% fin 2016. Plus de 60 % des Gazaouis qui ont entre 20 et24 ans sont sans travail et le taux de chômage des femmes a augmenté de 35% à 64% entre 2006 et 2016. En 2017, plus de 60% de la population dépend partiellement ou totalement de l’aide humanitaire. Selon d’autres rapports, la violence sexiste, les divorces, les suicides et la consommation de drogues sont en augmentation régulière.
Les secteurs économiques traditionnels de Gaza se détériorent. L’agriculture, l’exploitation forestière, la pêche et la production industrielle sont tous en déclin et la principale source de croissance provient, tragiquement, de la reconstruction des quartiers détruits lors des trois agressions israéliennes des neuf dernières années.
Israël contrôle tout ce qui rentre et sort de Gaza ; le nombre moyen de camions de marchandises sortant de Gaza au cours des cinq premiers mois de 2017, n’est même pas le tiers de ce qu’il était au cours du premier semestre de 2007. « La dégringolade économique de Gaza au cours de la dernière décennie », indique le rapport de l’ONU, « est le signe incontestable du recul du développement de la bande de Gaza. »
La situation de l’eau potable à Gaza est désespérée. La surexploitation destructrice de l’aquifère côtier a provoqué des irruptions d’eau de mer, et 96 % des eaux souterraines sont maintenant impropres à la consommation humaine.
La moitié de la population a accès à l’eau pendant seulement huit heures tous les quatre jours et 30 % des habitants ont de l’eau pendant huit heures tous les trois jours. L’eau des camions citernes est 15-20 fois plus chère que l’eau du réseau, et elle n’est pas de bonne qualité. Comme pour tous les produits rares, ce sont les pauvres et les personnes en état de faiblesse qui sont les plus touchés. Un nouvel accord sur l’eau entre Israël et l’Autorité palestinienne, annoncé récemment, pourrait soulager un peu la population, mais pour bien, il faudrait que Gaza parvienne à l’autosuffisance grâce à des usines de désalinisation et à une production d’électricité sécurisées.
Le rapport de l’ONU rappelle au monde entier qu’Israël demeure la puissance occupante à Gaza, car il contrôle ses frontières terrestres, maritimes et aériennes, même s’il n’a plus de « bottes au sol ». En tant que tel, il a l’obligation juridique d’assurer la santé, la dignité et le bien-être de la population. Le rapport souligne en particulier, que « les nombreuses restrictions imposées par Israël à la fois sur les mouvements des personnes et sur les biens entrant et sortant de Gaza violent toute une série de droits humains élémentaires tels que le droit à la liberté de mouvement et … le droit à la santé, à l’éducation, à un travail, à un niveau de vie décent et à une vie de famille ». Les autres acteurs qui sont responsables de Gaza – le Hamas, l’Autorité palestinienne et l’Égypte – ont également le devoir légal de respecter les standards humanitaires et les droits humains, ce qui n’a pas toujours été le cas au cours des dernières années.
En 2012, l’ONU a publié un rapport intitulé « Gaza en 2020 : pourra-t-on encore y vivre ? » (PDF). Ce rapport était inquiétant, mais le dernier rapport de l’ONU est désespérant. Il conclut que Gaza, en cinq ans, a été victime d’une « spirale descendante de développement », qui a enfermé les habitants de Gaza dans un cercle vicieux de crise humanitaire et de dépendance perpétuelle à l’aide humanitaire. »
Il ne reste que trois ans avant 2020, et le rapport souligne que, s’il n’est pas mis fin à la situation actuelle, Gaza deviendra encore « plus isolée et plus désespérée » avec le risque de conflits encore plus dévastateurs et d’une économie encore plus exsangue. Si rien n’est fait, il vaut mieux cesser de nourrir l’espoir d’une réconciliation politique entre les Palestiniens et d’une paix durable entre Israël et la Palestine. Alors, est-ce que les images satellites de la nuit à Gaza montreront bientôt quelques lumières?
* Michael Lynk est le rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés par Israël depuis 1967. Il a été nommé en 2016. Il enseigne également à la Faculté de droit de l’université de Western Ontario (London, Ontario, Canada)
24 juillet 2017 – Al-Jazeera – Traduction : Chronique de Palestine – Dominique Muselet

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Al-Aqsa : la victoire des Palestiniens à Jérusalem est un moment qui fera date

Ni le Fatah ni le Hamas n’ont joué de rôle déterminant dans les manifestations de masse organisées en défense de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem.
Al-Aqsa : la victoire des Palestiniens à Jérusalem est un moment qui fera date
Les pressions américaines, les inquiétudes européennes ou les habituelles déclarations arabes ne font aucune différence. Les responsables des Nations Unies ont mis en garde contre les sombres scénarios d’escalade des violences, mais leurs déclarations étaient purement formelles.

Le mouvement de masse spontané à Jérusalem, qui a finalement contrecarré les plans israéliens de transformer le statut d’Al-Aqsa, était purement un mouvement populaire. Malgré le prix élevé de plusieurs morts et de centaines de blessés, il a mis en cause à la fois le gouvernement israélien et les dirigeants palestiniens.

Israël a bouclé le complexe d’Al-Aqsa le 14 juillet, après une fusillade entre trois Palestiniens armés et des officiers israéliens d’occupation. Le complexe a été rouvert quelques jours plus tard, mais les fidèles palestiniens ont refusé d’y pénétrer, car des installations de sécurité, des barrières, des caméras et des détecteurs de métaux y avaient été installés.

Le peuple de Jérusalem a immédiatement compris l’implication de l’action israélienne. Au nom de mesures de sécurité supplémentaires, le gouvernement israélien exploitait la situation pour changer le statut d’Al-Aqsa dans le cadre de ses efforts permanents visant à davantage isoler les Palestiniens et à judaïser la ville illégalement occupée.

L’armée israélienne a occupé Jérusalem-Est en 1967, l’annexant en 1981 au mépris du droit international et malgré une forte opposition des Nations Unies.

Depuis 50 ans, Jérusalem a subi des violences quotidiens. Les Israéliens ont tout fait pour élargir leur influence dans la ville, augmenter le nombre de colons juifs illégaux et séparer Jérusalem du reste des Territoires palestiniens. Mais les Palestiniens, les musulmans et les chrétiens ont toujours résisté.

Le complexe d’Al-Aqsa – également connu sous le nom de Haram Al-Sharif ou du Noble Sanctuary – est l’élément le plus symbolique de leur lutte. C’est un microcosme du destin de la ville occupée, en fait le destin de l’ensemble de la terre palestinienne.

Le complexe a été administré par le Waqf islamique [Fondation], grâce à un accord israélo-jordanien. Beaucoup d’hommes politiques israéliens dans le parti du Likoud et la coalition du gouvernement de droite dirigée par Netanyahou, ont essayé de changer cela.

Les Palestiniens comprennent que le sort de leur mosquée et l’avenir de leur ville sont étroitement liés. Pour eux, si Al-Aqsa est perdu, Jérusalem sera alors définitivement conquise.

Cette lutte, entre les fidèles palestiniens et l’armée israélienne, se manifeste tous les jours, généralement avec un sommet le vendredi. C’est dans ce jour sacré pour les musulmans que des dizaines de milliers de fidèles affluent à Al-Aqsa pour prier, souvent freinés dans leur élan par de nouvelles normes militaires et règlements de l’armée. Les jeunes Palestiniens, en particulier, ont été empêchés de se rendre à Al-Aqsa, sous le prétexte de la sécurité.

Mais la lutte pour Jérusalem peut rarement être exprimée en chiffres, en morts et en reportages télévisés. C’est la lutte constante des Palestiniens ordinaires pour l’espace, l’identité et la préservation de la sacralité de leur terre sainte.

Au cours des deux dernières années, la lutte a progressé à mesure qu’Israël a commencé à étendre ses colonies illégales à Jérusalem-Est et que ses partis d’extrême-droite ont publié une série de lois visant les Palestiniens dans la ville. Parmi ces lois se trouve celle qui concerne l’appel à la prière, visant à empêcher les mosquées de faire l’appel à la prière à l’aube, comme cela se fait depuis plus d’un millénaire.

Les jeunes palestiniens, dont la majorité sont nés après les infructueux accords d’Oslo, ne supportent plus que les soldats israéliens contrôlent tous les aspects de leur vie et que leurs dirigeants corrompus soient de plus en plus indignes et hors de tout contrôle.

Cette frustration a été exprimée de nombreuses façons : dans la résistance non violente, les nouvelles idées politiques, dans l’art, la musique, les médias sociaux, mais aussi par des actes individuels de résistance violente.

Depuis la plus récente Intifada d’Al-Quds – soulèvement de Jérusalem – a commencé en octobre 2015, « quelque 285 Palestiniens sont morts dans des attaques présumées, des manifestations et des raids de l’armée (israélienne) », ont expliqué Farah Najjar et Zena Tahhan. Environ 47 Israéliens ont été tués au cours de la même période.

Mais l’Intifada était en quelque sorte contenue et gérée. Certes, les groupes de défense des droits de l’homme ont protesté contre la mort de nombreux Palestiniens, mais sans grand effet sur le terrain. L’Autorité palestinienne a continué à fonctionner, coupée de la réalité violente à laquelle font face quotidiennement les Palestiniens.

La fusillade du 14 juillet pourrait avoir marqué un autre épisode violent parmi beaucoup d’autres signalés à Jérusalem ces derniers mois. À la suite de ces événements, le discours officiel israélien a totalement fait l’impasse sur l’occupation militaire et s’est concentré plutôt sur la question de la « sécurité » d’Israël menacée par le « terrorisme palestinien ». Les politiciens se mettent alors en branle pour de nouvelles lois, des propositions et des idées radicales pour exploiter une situation tragique et maintenir le statu quo.

Compte tenu de tout ce qui a été vécu par les Palestiniens, toute analyse politique rationnelle aurait pu conclure que les Palestiniens perdraient également cette bataille. Les États-Unis soutenant pleinement les mesures israéliennes et la communauté internationale restant totalement apathique, les habitants de Jérusalem semblaient n’avoir guère de chances de leur côté.

Mais une telle approche du conflit, aussi logique puisse-t-elle paraître, se révèle terriblement fausse puisqu’elle néglige la fore populaire.

Dans cette dernière confrontation, les Palestiniens de Jérusalem ont gagné, mettant en avant un modèle impressionnant de mobilisation et de solidarité populaire pour tous les Palestiniens. L’armée israélienne a enlevé les barricades et les détecteurs de métaux, poussant Israël au bord d’une crise politique où se mêlaient politiciens en colère, militaires et service de renseignement [Shin Bet].

La victoire du peuple a été une énorme embarras pour Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne à Ramallah. Il a essayé de « prendre en marche le train des protestations » mais a échoué, a rapporté l’Atlantic.

D’autres factions, également, se sont rapidement mobilisées pour capitaliser sur la victoire populaire, mais leurs efforts ont paru artificiels et manquant de sincérité. ****

« Aujourd’hui est une journée de joie, pleine de célébration et de chagrin en même temps – de douleur pour les personnes qui ont perdu la vie et ont été blessées », a déclaré un manifestant aux journalistes, alors que des milliers de fidèles ont pendant près de deux semaines pris d’assaut les portes de Jérusalem armés de leurs tapis de prière, de drapeaux et de chants.

« C’est un mouvement populaire qui n’est contrôlé ni par le Hamas ni par le Fatah, les dirigeants politiques traditionnels des Palestiniens », a déclaré le journaliste Imran Khan à l’extérieur du complexe.

Ce mouvement de base était fait de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants. Parmi eux, Zeina Amro, qui a cuisiné tous les jours pour ceux qui se tenaient fermement à l’extérieur du complexe, a été blessée par une balle en acier enrobé de caoutchouc tirée à la tête. Mais elle est retournée le lendemain pour exhorter les hommes à tenir bon.

Parmi eux également l’enfant Yousef Sakafi, dont les tâches incluaient de rafraîchir avec de l’eau ceux qui se tenaient des heures durant sous l’implacable soleil, refusant de bouger.

Parmi eux également de nombreux chrétiens palestiniens qui sont venus prier aux côtés de leurs frères musulmans.

Rapportant depuis Jérusalem, les reportages télévisés et les photos des journaux ont montré des foules nombreuses, debout, assises, priant ou se déplaçant sous les balles, les bombes sonores et les gaz lacrymogènes.

Mais la foule est composée d’individus, comme Zeina, Yousef et beaucoup d’autres, tous endurcis par leur insistance à faire face à l’injustice avec leurs seules poitrines, donnant un magnifique exemple de ce que peut être la ténacité humaine.

Bien sûr, plus de violence suivra, car l’occupation israélienne dispose de plus en plus de moyens et est implacable, mais les Palestiniens du peuple n’abandonneront pas le combat. Ils ont pris leur résolution il y a bientôt 70 ans.

L’approche politique classique est incapable d’expliquer comment une nation qui a subit tant de revers peut encore se mobiliser contre une armée et gagner.

Mais le pouvoir du peuple dépasse souvent ce qui est apparemment rationnel. Presque privés de dirigeants, les Palestiniens restent une nation forte, unis par une identité qui repose sur les piliers que sont les droits de l’homme, la résistance et la fermeté.


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« Ils font chier, nettoyez Gaza » déclare un porte-parole pour la nouvelle campagne de l’UE

L’Union européenne a engagé un Israélien qui prône la violence génocidaire à l’encontre des Palestiniens pour être le visage d’une nouvelle campagne promotionnelle.
« Ils font chier, nettoyez Gaza » déclare un porte-parole pour la nouvelle campagne de l’UE
Avishai Ivri apparaît dans une vidéo que l’ambassade de l’UE à Tel Aviv a postée sur sa page Facebook le mois dernier.

« L’Union européenne. Vous pensez qu’elle est anti-Israël, pas vrai ? » Commence Ivri. « Laissez-moi vous surprendre ».

Et Ivri débite ensuite à toute vitesse des statistiques sur le commerce et sur le tourisme pour convaincre les lecteurs israéliens d’à quel point c’est l’Union européenne qui profite à Israël. Et de se vanter aussi que l’UE est une cliente de l’industrie de l’armement d’Israël, particulièrement pour les drones.

L’UE « est le meilleur voisin que nous ayons » conclut Ivri.

Soutien au génocide

Ivri était auteur pour Latma, une ancienne série télévisée israélienne qui reflétait les opinions d’extrême droite et racistes, présentant par exemple les migrants et les réfugiés des États africains comme des grands singes.

Mais cela, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg.

Lors de l’agression en novembre 2012 d’Israël contre Gaza, qui tua 174 Palestiniens, Ivri préconise une violence encore plus extrême.

« Voici une stratégie qui n’a pas encore été tentée : 1000 Arabes tués pour chacun de nos morts » twitte-t-il. « Je crois qu’ils nous en doivent 5000 pour la semaine dernière ».

Ivry est un partisan acharné d’une solution à un État unique, mais pas un État où Palestiniens et Israéliens auraient des droits égaux. Non, il est pour l’élimination des Palestiniens en tant que peuple – un objectif qui répond à la définition juridique internationale du nettoyage ethnique et probablement du génocide pur et simple.

En janvier 2013, Ivri twitte que « la Judée et la Samarie » – les noms qu’Israël utilise pour la Cisjordanie qu’il occupe – « peuvent toujours être annexées, point final ». Si les Palestiniens résistent, prévient-il, « il faut les éjecter, sur un camion. La force est toujours une option, mais nous préférons une solution convenue (mais sinon, la force) ».

« Il n’existe rien qui puisse être une nation palestinienne, et qui soit intéressée bien sûr par un État » twitte-t-il en février.

« Dans l’État d’Israël, dans 500 ans, personne ne se souviendra qu’il y a eu quelque chose qui s’est appelé Palestiniens » twitte-t-il en mai.

« Est-ce que les Palestiniens sont une nation ? » demande-t-il en 2012, avant de répondre à sa propre question : « Ils sont de la merde ».

Ivri voit les agressions répétées d’Israël contre les Palestiniens comme des opportunités pour Israël de mettre en œuvre son programme violent visant à éliminer la Palestine.

Au cours de l’agression de l’été 2014 contre Gaza, qui tua plus de 2200 Palestiniens dont 550 enfants, Ivri pousse à une conquête totale du territoire côtier – et de la Cisjordanie.

« Dans dix ans, quand Israël aura la souveraineté sur Gaza et sur la Judée et la Samarie, nous nous demanderons nous-mêmes à quoi nous avons pensé pendant 30 (ou 60) ans, et pourquoi nous ne l’avons pas fait bien plus tôt » twitte Ivri.

« Personne ne gouvernera Gaza pour Israël. Israël est le seul à pouvoir le faire », twitte-t-il lors de la même agression israélienne, ajoutant que « les jours du dirigeant de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, au pouvoir sont comptés, et après son départ, Israël devra aussi gouverner la Judée et la Samarie ».

Ivri partage également un article paru durant l’agression, qui soutient qu’Israël serait justifié à couper l’eau et l’électricité pour Gaza – ce qui a été fait, en violation du droit international.

Déshumaniser les Palestiniens

Ivri justifie cette sorte de violence exterminatrice par une diabolisation et une déshumanisation totales des victimes du régime d’Israël d’occupation et d’apartheid. Ironiquement, il reconnaît en fait l’existence des Palestiniens, mais seulement pour les incarner comme des démons.

« Les Palestiniens sont les héritiers des nazis » twitte-t-il en mai 2016, ajoutant que le drapeau palestinien « ne signifie qu’une chose : un appel à assassiner les juifs, où qu’ils se trouvent ».

C’est là son thème constant. En octobre 2014, il propose un « bref rappel : les Palestiniens sont des nazis ».

« Ils n’ont pas encore construit de chambres à gaz » affirme-t-il, parce que « ce qu’ils ont réussi à faire de plus perfectionné, ce sont des dispositifs explosifs improvisés. Mais, sans aucun doute, ce sont des nazis ».

Lors de l’agression de 2014 contre Gaza, il twitte : « Le Hamas, ce sont des nazis. Ils ne sont pas comme eux, pas à peu près eux, pas près d’eux. Ils sont des nazis. »

En octobre 2015, quand le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu provoque l’indignation internationale en disculpant Hitler de l’organisation de l’extermination de millions d’Européens juifs et en en accusant à la place un Palestinien, Ivri lui apporte un soutien naturel.

« Les Palestiniens ont offert leur aide à Hitler » prétend Ivri. « C’est bien connu ».

Normalement, on s’attend à ce que l’UE y regarde à deux fois avant de faire des comparaisons gratuites de certains évènements avec le génocide nazi. Mais apparemment, cela ne la gêne pas tant que les cibles sont les Palestiniens.

L’incitation d’Ivri ne cible pas seulement les Palestiniens de la bande de Gaza et de la Cisjordanie occupée. Il hait aussi les citoyens palestiniens d’Israël, parlant des Bédouins comme d’une « bombe à retardement ».

Il fait aussi la promotion d’une discrimination raciale dans les embauches : « Un employeur ne peut pas découvrir si son personnel potentiel est impliqué dans le terrorisme. Que doit-il faire alors ? De toute évidence, il ne doit employer aucun Arabe. Mettez-vous à sa place un instant ».

Un soutien pour les crimes de guerre

Le soutien d’Ivri pour les crimes de guerre contre les Palestiniens est constant et désinvolte. Quand, en mars 2016, Elor Azarya exécute de sang-froid le Palestinien blessé, infirme, Abd al-Fattah Yusri al-Sharif – un meurtre pour lequel le médecin militaire ne reçoit finalement qu’une petite tape sur les doigts – Ivri applaudit.

« Une armée véritablement morale s’assure que les terroristes sont morts » twitte-t-il.

Depuis 2016, Israël intensifie sa campagne contre les défenseurs des droits des êtres humains. Même l’UE a réussi à émettre une timide protestation contre la législation d’Israël dite de transparence, qui durcit la surveillance des organisations des droits de l’homme qui reçoivent des fonds de gouvernements européens.

Ivri s’est joint aux attaques implacables du gouvernement israélien contre les organisations, y compris contre B’Tselem d’Israël, qui documentent les violations contre les Palestiniens.

En décembre dernier, il twitte : « B’Tselem et les organisations européennes opérant en Israël sont une arme de plus dans l’arsenal de ceux qui haïssent les juifs/Israël dans le monde ».

« Ils font chier, nettoyez Gaza » déclare un porte-parole pour la nouvelle campagne de l’UE
L’UE encourage la haine

Une enquête par courriels conduite par The Electronic Intifada auprès de l’ambassade de l’UE à Tel Aviv comprenait une question pour savoir combien le contribuable européen avait payé Ivri pour son apparition dans la vidéo.

L’ambassade n’a pas répondu à cette question, ni aux autres sur l’incitation constante d’Ivri au racisme et à la violence, y compris aux crimes de guerre.

Mais l’ambassadeur de l’Union européenne à Tel Aviv n’avait pas antérieurement fait le secret sur ses opinions extrêmes en faveur d’Israël.

Dans une lettre ouverte reflétant la fin prochaine de son mandat de quatre ans, Lars Faaborg-Anderesen rappelle qu’alors qu’il était jeune, dans les années 1970, il a passé un moment dans un kibboutz – une sorte de colonie sioniste qui a joué un rôle clé dans le nettoyage ethnique des Palestiniens, mais qui jouissait d’une réputation de progressiste chez les Occidentaux naïfs, ou complices.

« À cette époque, de jeunes Européens et Américains affluèrent en Israël pour participer à l’expérience socialiste des kibboutz et montrer leur solidarité avec David dans sa lutte pour survivre contre les Goliath arabes qui l’entouraient », écrit Faaborg-Andersen, ressortant la mythologie sioniste qui fait fi de la Nakba, de l’expulsion par Israël de la grande majorité de la population palestinienne en 1948, de même que de l’occupation et de la colonisation qui en résultent de la terre palestinienne.

Pendant tout le temps qu’il fut ambassadeur, Faaborg-Andersen et ses collègues de l’UE ont fait tout leur possible pour faire progresser la guerre d’Israël contre la lutte des Palestiniens pour leur survie et leur liberté, notamment en finançant l’industrie de l’armement et les tortionnaires d’Israël, en participant aux agressions d’Israël contre le mouvement non violent en faveur du boycott, du désinvestissement et de sanctions, et ils sont restés les complices sans réserve du siège brutal d’Israël contre Gaza.

L’ambassade de l’UE à Tel Aviv a également servi de terrain d’entraînement pour les membres du lobby pro-Israël à Bruxelles.

Mais il est certain que la réalisation personnelle la plus infâme de Faaborg-Andersen sera l’emploi d’un partisan sans retenue d’une violence génocidaire pour être le visage de l’Union européenne et de ses « valeurs » si vantées.

Mise à jour, 4 août:

Après la publication de cet article, l’ambassade de l’UE à Tel Aviv a supprimé la vidéo et à envoyé une déclaration à The Electronic Intifada.

Ofer Neiman a contribué à la recherche.

Ali Abunimah est directeur exécutif de The Electronic Intifada. Dena Shunra est traductrice et auteure.

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

Source : Electronic Intifada

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Les protestations pour Al-Aqsa nous ont unifiés, nous ont montré une nouvelle façon de résister à l’occupation

Cela fait deux semaines que trois jeunes hommes de Umm Al-Fahm ont tiré à l’intérieur du site Al-Aqsa, tuant trois officiers de police, et depuis, par conséquent, la mosquée a été fermée et les prières interdites. Peu après, le président palestinien Mahmoud Abbas a dénoncé l’attaque et a déclaré son « rejet de tout incident violent d’où qu’il vienne, en particulier dans les lieux de culte. »
Les protestations pour Al-Aqsa nous ont unifiés, nous ont montré une nouvelle façon de résister à l'occupation
Ses commentaires ont provoqué la colère de nombreux Palestiniens qui pensent qu’ils n’auraient pas dû condamner ce qui s’est passé, en particulier au vu des assassinats quotidiens de Jérusalémites par des soldats et des forces de sécurité israéliens.
Certains ont même craint que les commentaires d'Abbas donnent à Israël le feu vert pour tuer et abuser des Palestiniens, et prendre des mesures humiliantes contre eux et leurs lieux saints.
Compte tenu des pratiques agressives de la police armée contre les Jérusalémites, des intrusions répétées dans la mosquée Al-Aqsa et des provocations quotidiennes des fidèles à l'intérieur du site, Abbas n'aurait-il pas pu accuser Israël pour ce qui s'est passé ?
Y a-t-il un autre lieu de culte, n'importe où dans le monde, qui permet à des soldats lourdement armés d’y déambuler et de provoquer les sentiments des fidèles comme ça ?
Cette spirale d'événements nous a poussés, à Jérusalem, à repenser et à relancer notre lutte en tant que Palestiniens. C'est le moment de reconquérir nos droits, peu importe les positions de nos dirigeants qui nous ont maintes fois laissé tomber.
Avec les derniers incidents à Al-Aqsa, nous nous sommes trouvé un tournant important dans notre lutte en tant que peuple, loin du sectarisme qui a divisé notre mouvement.
Rester debout
Les prières, les protestations et les sit-in non-violents ininterrompus aux portes du Haram al-Sharif (le site d’Al-Aqsa) furent un autre tournant important pour le peuple palestinien.
Dès le premier jour de fermeture d’Al-Aqsa et d’interruption des prières, nous, Jérusalémites, avons commencé à agir. Nous avons continué nos sit-ins alors que les fidèles et les soldats s’affrontaient, faisant sept morts, en majorité des étudiants qui n’appartenaient à aucune faction ou parti. Ce qui les a unis, c’était leur droit à cette terre et leur droit à entrer librement dans la mosquée Al-Aqsa pour prier.
C’est la première fois en presque 50 ans que la mosquée Al-Aqsa a été fermée aux fidèles. Nous avons demandé aux Arabes, aux musulmans et plus largement à la communauté internationale de prendre une position ferme pour protéger Al-Aqsa et pour empêcher l’escalade. Mais Israël a continué d’appliquer des mesures plus strictes, toutes en violation du statu quo.
La nuit même qu’ils occupaient et fermaient Al-Aqsa, les véhicules militaires israéliens entraient entre 1 et 3 heures du matin, en l’absence des gardiens d’Al-Aqsa. Personne ne sait quels manuscrits ou documents ils ont pris dans les bibliothèques, ou ce qu’ils y ont mis. L’installation des portiques électroniques, à l’entrée d’Al-Aqsa, a suivi, le 17 juillet.
Pendant cette phase, Israël a systématiquement essayé de créer des divisions entre les citoyens palestiniens d’Israël et les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza et au-delà, par des déclarations fausses et provocantes dans les réseaux sociaux, suggérant que les portiques électroniques avaient été installés à la suite d’un arrangement avec les parties palestiniennes ou des pays arabes.
Le fait d’obliger les fidèles à entrer à Al-Aqsa en passant par ces portiques était-il le début d’une division temporelle et spatiale du Haram ? Ou le but était-il de nous habituer à être fouillés, comme nous le sommes aux checkpoints, dans les hôpitaux, les centres commerciaux, les bureaux de l’assurance maladie ou de la poste – et maintenant à la mosquée Al-Aqsa ?
Nous resterons debout aux portes d’Al-Aqsa, de la prière de l’aube (fajr) à celle de l’après-midi (dhuhr). Nous serons debout lorsque le cortège des funérailles de Abu Wajdi, un habitant mort de causes naturelles, sera arrêté aux portiques électroniques, au Haram. Il ne serait guère surprenant que les gardes arrêtent le défunt pour une fouille approfondie.
Nous serons debout aux portes d’Al-Aqsa comme nous sommes debout aux entrées des centres de détention pour voir nos familles. Retirez vos chaussures, retirez votre ceinture, retirez votre hijab, nous disent-ils avant que nous voyions nos proches, avant que nous allions prier.
Ils veulent que nous renoncions à aller à la Mosquée Al-Aqsa. Est-ce que sont les étapes finales de la conspiration contre Al-Aqsa ?
Un nouveau modèle de résistance
Il se peut que l’expérience de sit-in aux portes de Jérusalem et dans les rues de Jérusalem et le degré de solidarité montré pendant ces deux semaines de présence aux portes d’Al-Aqsa soient un indicateur de l’unité du peuple palestinien.
Il n’a pas besoin d’un gouvernement par intérim ou d’aucun gouvernement. Les Jérusalémites se sont rassemblés pour protéger Al-Aqsa sans avoir besoin d’un soutien extérieur.
Des repas, des boissons et de l’eau sont parvenus à tous ceux qui étaient postés aux portes du Haram. Personne ne sait qui les a distribués, ni comment.
La population de Jérusalem n’a pas eu besoin de réunions d’urgence du Conseil législatif ou du Conseil des ministres pour étudier la situation, proposer des recommandations et élaborer un plan d’actions pour résoudre le problème. La rue a dépassé tous les dirigeants existants et a fait entendre sa voix.
Je suis restée pour prier dans les rues, en face des portes et pendant les prières du vendredi. Lorsque j’ai eu fini mes prières, j’ai vu des rangées de fidèles, hommes et femmes, côte à côte. Il y eut parmi eux plusieurs chrétiens dont les photos ont circulé dans les réseaux sociaux.
La mission de Jérusalem de défendre Al-Aqsa n’a pas fait la distinction entre musulmans et chrétiens, ni entre religieux et athées. Elle n’a pas fait la distinction entre une faction et une autre. Nous n’avons entendu, dans les chants des fidèles, aucune déclaration se référant à une faction. Il n’y eut pas d’appel pour le Hamas, ni pour le Fatah. Nous étions unis en défense de Jérusalem.
Si nous gagnons ce conflit sur Al-Aqsa et si nous parvenons à nous affranchir de la peur qu’Israël a imposé pendant toutes ces années, comment pouvons-nous utiliser ce nouveau modèle de lutte palestinienne plus largement et remporter d’autres victoires contre l’occupation ?

Dr Inas Abbad est chercheur en sciences politiques, conférencière et militante politique àJérusalem-Est. Son article a été publié sur le site Web Middle East Eye le 28 juillet 2017.


Source:
http://www.ism-france.org/analyses/Les-protestations-pour-Al-Aqsa-nous-ont-unifies-nous-ont-montre-une-nouvelle-facon-de-resister-a-l-occupation-video--article-20373

https://french.palinfo.com/32577
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Le nouveau plan “de paix” de Netanyahu est directement inspiré de l’apartheid d’Afrique du Sud

Benjamin Netanyahu propose que les citoyens palestiniens d’Israël soient déchus de leur citoyenneté dans le cadre d’un accord de “paix” qui les placeraient dans une future entité palestinienne.
Le nouveau plan “de paix” de Netanyahu est directement inspiré de l’apartheid d’Afrique du Sud
Le Premier Ministre israélien a récemment déclaré à des élus américains, selon un article paru dans Haaretz, que “les communautés arabes israéliennes pourraient être placées sous contrôle palestinien” dans le cadre d’un accord sur le statut final.

“En échange,” rapporte le journal basé à Tel-Aviv, “Israël annexerait des colonies de la Cisjordanie.”

Communément appelée “transfert,” cette proposition équivaudrait à un nettoyage ethnique. Ce n’est pas une idée nouvelle, mais le fait que Netanyahu l’aborde représente une étape supplémentaire pour le gouvernement israélien vers l’adoption formelle de pratiques considérées comme tabou par le passé par de nombreux Israéliens.

La zone que Netanyahu convoite – au moins dans un premier temps – est Wadi Ara, une région au Nord, incluant la principale ville, Umm al-Fahm.

Environ 1,5 millions de Palestiniens ont la citoyenneté en Israël. Ils sont les survivants et les descendants de la Nakba, le nettoyage ethnique sioniste de la grande majorité de la population palestinienne de ce qui devint l’état d’Israël, avant et après qu’il soit établi en 1948.

L’idée que cela serait un “échange” est clairement absurde car, pour commencer, rien de ce que Netanyahu propose d’échanger n’est à Israël : les colons de la Cisjordanie vivent sur une terre volée aux Palestiniens en violation du droit international.

En outre, les droits des citoyens palestiniens d’Israël – qui, dans le cadre d’une telle mesure seraient privés du droit à déterminer leur propre sort sur leur terre de naissance – ne sont pas des cadeaux d’Israël, établi chez eux avec force et violence à leurs dépends.

Les soi-disant échanges de populations nous rappelle à un passé sombre; ils furent pratiqués avant l’ère moderne, lorsqu’il était admis que les monarques traitent les populations comme leurs propriétés.

Mais la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et autres standards entérinés après les atrocités de la deuxième guerre mondiale, donnèrent des droits aux individus et rendirent illégaux le déplacement forcé et la destitution arbitraire de citoyenneté et de nationalité.

Mais comme je l’explique dans mon livre de 2014 La bataille pour la justice en Palestine, l’affirmation d’Israël au “droit d’exister en tant qu’état juif” ne peut être réalisé sans la violation massive et constante des principes les plus fondamentaux des droits humains, égalité et antiracisme.

Logique d’apartheid

On peut la voir en suivant la logique de la proposition de Netanyahu. Il parle du transfert comme faisant partie de l’accord pour un “ statut final ”.

Mais quel genre de “paix” Netanyahu envisage-t-il ? Dans sa première rencontre à la Maison Blanche avec le Président des Etats-Unis Donald Trump en février, le dirigeant israélien ne s’est engagé explicitement dans aucune sorte de “solution à deux états.”

Il insista, cependant, que dans tout accord, les Palestiniens devraient reconnaître qu’Israël est un “état juif” et qu’il “doit maintenir un contrôle sécuritaire prépondérant sur la totalité de la zone à l’Ouest du Jourdain. ”

Donc en additionnant tous ces éléments , le plan de Netanyahu consisterait à « prendre » les Palestiniens en Israël, qui possèdent actuellement des droits en tant que citoyens – quoique limités par la loi et inférieurs aux Juifs – et à les déplacer là où ils n’auraient aucun droit, tout comme le reste des Palestiniens sous occupation militaire israélienne perpétuelle.

En Mars, un remarquable rapport de l’ONU conclu qu’ “Israël a établi un régime d’apartheid qui domine l’ensemble du peuple palestinien.”

“ La mission de préserver Israël en tant qu’État juif a inspiré, voire contraint, Israël à poursuivre plusieurs politiques raciales générales,” explique le rapport. Ceci comprend “l’ingénierie démographique dans le but de constituer et de maintenir une majorité juive écrasante en Israël”.

La dernière proposition de Netanyahu correspond précisément à ce modèle, et par conséquent confirme une nouvelle fois qu’Israël pratique un régime d’apartheid.

Le rapport de l’ONU note également qu’alors qu’Israël maintient un système démocratique formel pour les citoyens de l’état, il interdit quiconque d’utiliser ce système pour défier l’organisation fondamentalement raciste du régime : “La loi israélienne interdit l’opposition palestinienne organisée à la domination juive, en la rendant illégale et même séditieuse.”

Netanyahu fermerait la porte à la simple menace que les citoyens palestiniens d’Israël utilisent leur vote pour défier cette domination en les dépouillant de leur citoyenneté.

Bantoustans

Le rapport de l’ONU, rapidement supprimé par le Secrétaire général de l’ONU à la demande de l’Amérique, souligne qu’il ne compare pas directement Israël à l’Afrique du Sud.

Il mesure plutôt Israël à la définition du crime d’apartheid dans le droit international, qui est inclue au statut fondateur de la Cour Pénale Internationale.

La proposition de Netanyahu suit pourtant de près le précédent créé par l’apartheid de l’Afrique du Sud.

Alors que le régime raciste était soumis à une pression accrue pour mettre fin à la suprématie blanche à la fin du 20ème siècle, il créa un système de “bantoustans” – théoriquement des états indépendants gouvernés par les Noirs.

Si les Noirs voulaient voter, le gouvernement d’apartheid les invitait à prendre la citoyenneté de l’un de ces bantoustans – bandes de terres pauvres, étendues à travers des régions isolées de l’Afrique du Sud.

Mais l’ “indépendance” de ces états – reconnus par aucun pays – était une complète imposture. Ils étaient des dictatures de pacotilles menées par des collaborateurs du régime raciste blanc.

Les bantoustans étaient un mécanisme qui servait à supprimer les Noirs physiquement – en les encourageant ou en les forçant à y migrer – et politiquement d’Afrique du Sud, sans leur donner de véritables droits.

Il est très difficile de trouver des différences avec ce que Netanyahu – qui a clairement déclaré son aversion envers le vote des citoyens palestiniens d’Israël – est en train de proposer.

Il existe cependant une différence clé : contrairement à l’Afrique du Sud dont les bantoustans rencontraient un rejet universel, nombreux sont ceux dans la soi-disant communauté internationale, dont Barack Obama quand il était président, qui ont adopté avec enthousiasme la conception raciste et ségrégationniste d’Israël avec le slogan “deux états pour deux peuples.”

Garantir la suprématie

L’idée de découpage racial des circonscriptions électorales a rencontré un certain succès auprès des plus fervents admirateurs d’Israël.

Henry Kissinger, l’ancien secrétaire d’état des Etats-Unis, qui possède une longue liste de crimes de guerre à son actif, dont le meurtre de millions de personnes en Asie du Sud-est, a conseillé Israël en 2004 de “transférer du territoire des populations arabes significatives du Nord d’Israël afin d’améliorer l’équilibre démographique.”

Ces dernières années, il existe deux principaux adeptes israéliens de l’idée d’un nettoyage ethnique accru des Palestiniens, annoncé comme des “échanges de terres.”

Avigdor Lieberman, le colon de Cisjordanie qui est actuellement le Ministre de la Défense israélien, défend depuis longtemps cette approche.

Il y a une dizaine d’années Lieberman a déclaré qu’il soutiendrait une “solution à deux états” tant que celle-ci apporterait une vraie ségrégation en se débarrassant des citoyens palestiniens d’Israël.

“Le principe maître doit être un échange de territoires et de populations,” a-t-il dit. “Ce n’est pas que nous sommes contre la solution de deux états pour deux peuples,” a ajouté Lieberman. “Au contraire, nous la soutenons : deux états pour deux peuples, et non un état et demi pour un peuple, et une moitié d’état pour l’autre.”

Du point de vue de Lieberman, le risque d’une solution à deux états sans transfert serait qu’Israël finirait par être un “demi état” – autrement dit que les Juifs ne pourraient pas garantir leur domination dans une entité avec plus d’un million et demi de citoyens non-Juifs qui attendent des droits démocratiques et civiques égaux.

Lieberman a récemment réaffirmé dans un post sur Facebook que l’état juif devrait en définitive être nettoyé ethniquement de la quasi totalité des Palestiniens.

“Il n’y a pas de raison pour que Sheikh Raed Salah, Ayman Odeh, Basel Ghattas ou Haneen Zoabi continuent d’être citoyens israéliens,” a-t-il déclaré en référence à d’éminents politiciens palestiniens, trois d’entre eux à l’époque membres du parlement israélien, la Knesset.

Une troisième Nakba?

L’autre adepte clé est Tzipi Livni, l’ancienne Ministre des Affaires Etrangères, soi-disant “pacifiste”, qui est recherchée pour interrogatoire, dans le cadre des enquêtes sur les crimes de guerre, par les procureurs de plusieurs pays.

En 2007, Livni a déclaré : “l’état palestinien à établir ne sera pas une solution seulement pour les Palestiniens qui vivent en Judée et Samarie [la Cisjordanie]. Il est dessiné pour apporter une solution nationale complète – pour ceux vivant en Judée et Samarie, ceux dans les camps de réfugiés, et même pour les citoyens [arabes] d’Israël.”

Faisant partie du gouvernement d’Ehud Olmert la même année, Livni a officiellement soumit l’idée de transfert aux négociateurs palestiniens, expliquant : “Notre idée est de se référer à deux états pour deux peuples. Ou deux états nations, Palestine et Israël, vivant côte à côte, en paix et en sécurité, chaque état constituant la patrie de son peuple et la réalisation des aspirations nationales et l’autodétermination.”

Puisqu’aucun dirigeant israélien n’a jamais sérieusement proposé de donner à un état palestinien les mêmes droits et la même souveraineté qu’Israël exige pour lui-même, ces déclarations sont des appels à peine déguisés à la perpétuation du processus historique sioniste de déposséder les Palestiniens et d’appeler cela la “paix.”

Il ya quelques jours, le Ministre israélien Tzachi Hanegbi a même menacé les Palestiniens d’une “troisième Nakba” – en référence au nettoyage ethnique israélien des Palestiniens en 1948 et 1967.

Certain se demande si la dernière proposition de Netanyahu est ce à quoi il faisait référence.

Ali Abunimah

Source : New Netanyahu “peace” plan is straight out of apartheid South Africa, Electronic Intifada, le 28 juillet 2017

Traduction: Lauriane G. pour l’Agence Média Palestine
La source originale de cet article est Electronic Intifada
Copyright © Ali Abunimah, Electronic Intifada, 2017

Alter Info l'Information Alternative

États-Unis : projet de loi pour emprisonner jusqu’à 20 ans les partisans du boycott d’Israël

Dans un récent article sur le site Mondoweiss, le journaliste Philip Weiss examine la loi anti-boycott d’Israël qui punirait ceux qui boycottent Israël d’une amende civile minimum de 250 000 $ (environ 214 000 €) et d’une sanction pénale maximum de 250 000 $ et 20 ans de prison. La législation est parrainée, et par les conservateurs, et par les libéraux.
États-Unis : projet de loi pour emprisonner jusqu’à 20 ans les partisans du boycott d’Israël
Mondoweiss, fondé par Weiss en 2006, explique sur son site qu’il « a grandi au sein de la communauté juive progressiste ». Dans son article, Weiss commente un article sur Intercept, de Glenn Greenwald et Ryan Grim, sur la législation.

Weiss déclare que le lobby pro-Israël est responsable de la législation et il indique que ce sont les sionistes juifs, pas les sionistes chrétiens, qui sont les principaux maîtres d’œuvre de la question.

Il écrit : « En fin de compte, c’est l’histoire de la lutte, à l’intérieur de la vie juive, sur le sionisme et le soutien à Israël. Je crois que nous gagnerons cette lutte, et que cette législation nous aidera. La législation va choquer de nombreux juifs attachés aux libertés civiles. L’histoire d’Intercept obligera les législateurs à réécrire la législation ».

Weiss rapporte qu’ « il y a un an, Stephanie Schriock d’Emily’s List, et JJ Goldberg de Forward, évoquaient le niveau ‘gigantesque’ et ‘choquant’ de la dépendance du Parti démocrate à l’égard de la richesse juive pour les contributions de campagne ».

Voici un extrait de l’article de Weiss :

« Un projet de loi qui fait un crime fédéral du soutien au BDS envoie des ondes de choc à travers la communauté progressiste

« … Ce projet de loi est l’œuvre du lobby pro-Israël. Il a été rédigé par l’un des principaux groupes de soutien d’Israël, l’AIPAC – ‘une des plus puissantes, et des plus pernicieuses forces de lobbying dans le pays’, comme l’écrit Intercept. Greenwald et Grim soulèvent la question de l’intérêt du peuple américain :

« ‘Dans quel sens concevable est-il bénéfique pour les Américains de les transformer en criminels pour le crime de s’engager dans un activisme politique en signe de protestation contre le gouvernement d’une nation étrangère ?’

« Je répondrai à cette question franchement en expliquant que le projet de loi porte sur la présence du lobby pro-Israël au sein du Parti démocrate, et par conséquent, sur le rôle des juifs sionistes conservateurs au sein du Parti démocrate. Les efforts de beaucoup tendant à prétendre qu’au lobby pro-Israël ce sont aussi des chrétiens évangéliques (voir l’article récent de Paul Pillar sur Loblog) est une pure supercherie s’agissant du Parti démocrate. Les chrétiens évangéliques ne disent pas à Shumer et à Gillibrand comment voter sur la recherche pour les cellules souches ou l’avortement, et ils ne leur disent pas davantage comment voter sur Israël. Non, mais la communauté juive organisée le fait.

« Les juifs plus âgés ont tendance à être d’immenses partisans idéologiques d’Israël. Ben Cardin va dans les synagogues et dit aux autres juifs anciens que l’État palestinien est « anti-américain ». Shumer l’a appelé le ‘Schomer’ ou gardien d’Israël et il dit qu’il existe un intérêt juif à soutenir Israël. Il y a un an, Stephanie Schriock, d’Emily’s List et JJ Goldberg de Forward évoquaient le niveau ‘gigantesque’ et ‘choquant’ de la dépendance du Parti démocrate à l’égard de la richesse juive pour les contributions de campagne.

« En fin de compte, c’est l’histoire de la lutte à l’intérieur de la vie juive pour le sionisme et le soutien à Israël. Je crois que nous gagnerons cette lutte, et que cette législation nous aidera. La législation va choquer de nombreux juifs attachés aux libertés civiles. L’histoire d’Intercept obligera les législateurs à réécrire la législation.

« Et, le plus important : une coalition diverse de démocrates attachés aux droits de l’homme sont furieux devant cette législation et s’organisent contre le rôle de l’AIPAC dans le Parti. Appelez-les la branche Keith Ellison, la branche Sanders – de jeunes juifs, jeunes Latinos, des Noirs, des femmes (et de nombreux chrétiens) -, ils veulent plus de politique progressiste sur Israël et beaucoup d’entre eux soutiennent le BDS. Bernie Sanders n’a pas assisté à la conférence de l’AIPAC en 2016, parce que sa base s’oppose à de telles élucubrations, et cette base se bat pour le cœur du Parti.

« Enfin, rappelez-vous cette histoire et la déclaration franche de soutien à une nation étrangère par les législateurs la prochaine fois que vous entendez parler d’une influence insidieuse de la Russie sur notre politique. Comme le souligne Intercept, ‘parmi ceux qui coparrainent le projet de loi, il y a plusieurs politiciens devenus des célébrités politiques en se positionnant comme les leaders médiatiques de la résistance anti-Trump, dont trois membres de la Chambre de Californie devenus des héros chez les démocrates et des sujets de prédilection dans le circuit câblé d’informations : Ted Lieu, Adam Schiff et Eric Swalwell’ ».

(http://mondoweiss.net/2017/07/shockwaves-progressive-community/)

Adam Schiff mérite une mention spéciale, comme me l’a indiqué David Bromwich. « Il fait partie de la vingtaine de démocrates obéissants qui co-parrainent le projet de loi. Schiff jouit d’une excellente réputation dans les milieux libéraux, mais il a voté pour la guerre en Iraq, il a soutenu l’intervention saoudienne au Yémen, il a dit que l’assassinat de Kadhafi était ‘une fin pour le premier chapitre d’une nouvelle révolution populaire’ et il approuvé le bombardement de Trump sur la Syrie. En politique étrangère, il croit à la sagesse conventionnelle de la Guerre froide et de la guerre contre le terrorisme, c’est tout ; mais son opinion a pris une importance énorme depuis qu’il est maintenant accepté régulièrement comme l’autorité exceptionnelle du Parti sur la Russie. Il connaît la Russie aussi bien que l’Irak et la Libye. »

– IsraelPalestineNews – Traduction : JPP pour les Amis de Jayyous

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Israël en guerre ouverte contre les Nations Unies

L'ambassadrice des États-Unis aux Nations Unies, Nikki Haley, semble défendre une seule et unique cause : Israël.
Israël en guerre ouverte contre les Nations Unies
Quand Haley parle d'Israël, sa langue n'est pas seulement émotive ni adaptée aux contraintes d'une occasion spécifique. Au contraire, ses mots sont résolus, cohérents et correspondent à un plan d'action tout à fait clair.

Avec Haley, le gouvernement israélien d'ultra-droite de Benjamin Netanyahu s'est rapidement saisi de cette occasion unique de rejeter les Nations Unies et toute tentative de critiquer l'occupation israélienne.

Contrairement aux anciens ambassadeurs de l'ONU qui ont fortement soutenu Israël, Haley s'abstient de tout langage codé ou toute tentative, même médiocre, de paraître équilibrée. En mars dernier, elle a déclaré devant une foule de 18 000 partisans du lobby israélien, à la conférence annuelle de l'AIPAC, qu'il s'agissait d'une ère nouvelle pour les relations américano-israéliennes.

« Je porte des talons. Ce n'est pas pour une question de mode », a-t-elle déclaré à la foule qui était ravie par son discours. « C'est parce que si je vois quelque chose qui ne va pas, je vais les lancer tous les deux. »

Le nouveau shérif/ambassadeur de Trump a condamné la résolution 2334 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui a fortement critiqué les colonies illégales d'Israël. Tout en étant dans ses derniers jours en fonction, l'administration Obama n'a pas voté pour la résolution, mais n'a pas non plus opposé de veto, ce qui a donné lieu à un précédent qui n'avait pas été vu depuis de nombreuses années.

L'abstention des États-Unis, selon Haley, était comme si «le pays entier avait pris un coup de pied dans le ventre».

Ce qui a mis Israël particulièrement en colère contre la dernière initiative d'Obama à l'ONU, c'est le fait qu'il a violé une tradition qui s'est imposée depuis de nombreuses années, notamment depuis le mandat de John Negroponte comme ambassadeur des États-Unis à l'ONU lors du premier mandat de George W. Bush.

Ce qui était depuis connu sous le nom de « doctrine Negroponte » était une politique américaine déclarée selon laquelle Washington s'opposerait à toute résolution qui critiquerait Israël et ne condamnerait pas les Palestiniens dans le même temps.

Mais Israël, et non les Palestiniens, est la puissance occupante qui refuse d'honorer des dizaines de résolutions de l'ONU et divers traités et lois internationaux. En prenant cette décision et pour assurer sa mise en œuvre, les États-Unis ont réussi à faire de l'ONU une institution «qui ne compte pas ».

Cela signifiait également que les États-Unis, à l'écart de l'ONU, auraient un contrôle total sur la gestion du Moyen-Orient, mais surtout de la situation en Palestine.

Cependant, sous Trump, même le « processus de paix » dirigé par les États-Unis et devenu autonome est devenu obsolète.

C'est la que se situe la véritable crise morale, mais aussi politique, de la doctrine Haley, car elle va au-delà de Negroponte en faisant taire toute critique d'Israël aux Nations Unies, afin de mettre définitivement l'ONU - donc le droit international - à l'écart de toute résolution du conflit.

Lors d'une conférence au Conseil des droits de l'homme, basée à Genève et composée de 47 pays membres, Haley a déclaré que son pays «examinait sa participation » dans le conseil. Elle a affirmé qu'Israël est le « seul pays en permanence inscrit sur l'agenda de l'organisme », une déclaration inexacte qui est souvent éructée par Israël avec peu de rapport avec la vérité.

Si Haley avait lu le rapport sur la 35e session du Conseil des droits de l'homme, elle aurait compris que l'organisme de défense des droits a examiné de nombreuses questions concernant les droits des femmes et leur autonomisation, les mariages forcés et les violations des droits de l'homme dans de nombreux pays.

Mais si l'on se souvient qu'Israël a récemment « célébré » 50 ans d'occupation des Palestiniens, Haley ne devrait pas être surprise qu'Israël soit également un sujet inscrit à l'ordre du jour. En fait, tout pays qui a occupé et opprimé un autre pendant aussi longtemps devrait rester en tête de l'agenda international.

À la suite de son discours dans lequel elle a ridiculisé et menacé les États membres de l'ONU à Genève, elle s'est rendue en Israël pour souligner davantage l'insistance de son pays à contester la communauté internationale pour le plus grand bien d'Israël.

En même temps que le célèbre expert propagandiste Danny Danon, ambassadeur d'Israël à l'ONU, Haley a visité la ligne de séparation israélienne avec Gaza, montrant une sympathie pour les communautés israéliennes supposées assiégées - alors que de l'autre côté, près de deux millions de Palestiniens à Gaza sont restés piégés dans Gaza depuis plus d'une décennie, sur un territoire minuscules et derrière de redoutables clôtures.

S'exprimant à Jérusalem le 7 juin, Haley a déclaré: « Je n'ai jamais accepté les intimidateurs et l'ONU a intimidé Israël depuis trop longtemps et nous ne laisserons plus rien passer », ajoutant que « c'est un nouveau jour pour Israël aux Nations Unies. »

En acceptant de vivre dans la pseudo-réalité d'Israël, où les intimidateurs se plaignent d'être intimidés, les États-Unis vont de plus en plus loin de tout consensus international sur les droits de l'homme et le droit international. Cela devient encore plus évident et dangereux lorsque l'on considère la décision de l'administration Donald Trump de se retirer des accords de Paris sur le réchauffement climatique.

Trump a soutenu que sa décision était avantageuse pour les entreprises américaines. Même si l'on est d'accord avec une telle affirmation - qui reste non prouvée - la nouvelle doctrine de Haley sur Israël et l'ONU, en revanche, ne peut guère être avantageuse pour les États-Unis à court ou à long terme. Cela dégrade simplement la position des États-Unis et dépasse même les normes de crédibilité les plus faibles pratiquées dans les administrations précédentes.

Pire encore, inspirés et motivés par le chèque en blanc de Haley, les dirigeants israéliens avancent maintenant pour éliminer physiquement l'ONU de l'occupation israélienne de la Palestine. Deux événements alarmants ont eu lieu sur ce front :

L'un a eu lieu au début du mois de mai, lorsque le ministre de la Culture et du Sport, Miri Regev, a demandé officiellement au cabinet israélien de fermer le siège de l'ONU à Jérusalem, pour punir l'UNESCO pour avoir réaffirmé la position internationale sur le statut de l'occupation illégale d'Israël à Jérusalem-Est.

Le seconde a eu lieu plus tôt ce mois-ci, lorsque Netanyahou a demandé à Haley de fermer l'UNRWA, l'organisme de l'ONU responsable du sort de cinq millions de réfugiés palestiniens.

Selon Netanyahu, l'UNRWA « perpétue » les problèmes de réfugiés. Cependant, le problème des réfugiés n'est pas l'UNRWA en soi, mais le fait qu'Israël refuse d'honorer la Résolution 194 des Nations Unies concernant leur retour et leur indemnisation.

Ces développements, et plus encore, sont tous des résultats de la doctrine de Haley. Son arrivée à l'ONU a déclenché une jubilation haineuse américano-israélienne, qui non seulement vise les États membres de l'ONU, mais aussi le droit international et tout ce que les Nations Unies ont défendu depuis des décennies.

Les États-Unis ont plutôt aveuglément soutenu Israël à l'ONU tout au long des années. Haley semble adopter une position entièrement israélienne, sans aucune considération pour les alliés de son pays ou les répercussions éventuelles dans le rejet du seul organe international devant servir de plate-forme pour l'engagement international et la résolution des conflits.

Haley semble vraiment se considérer comme le nouveau shérif de la ville, qui « balancera ses talons aiguilles » avant de frapper les intimidateurs avec des balles et de s'éloigner dans le coucher du soleil en compagnie de Netanyahu. Cependant, avec un énorme vide de leadership et aucune règle pour guider la communauté internationale dans la résolution d'un conflit vieux de 70 ans, les pratiques de cowboy de Haley sont susceptibles de nuire encore plus à une région déjà ensanglantée.

Depuis la doctrine Negroponte de 2002, des milliers de Palestiniens et des centaines d'Israéliens ont été tués dans une occupation qui semble ne pas connaître de fin. Un plus grand désengagement du droit international entraînera très vraisemblablement encore plus de souffrances.


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Affrontements à Jérusalem entre Palestiniens et policiers israéliens sur l’esplanade des Mosquées (vidéos)

Affrontements à Jérusalem entre Palestiniens et policiers israéliens sur l'esplanade des Mosquées (vidéos)




Des heurts ont éclaté entre fidèles musulmans et policiers israéliens sur l'esplanade des Mosquées. Les leaders religieux musulmans ont mis fin au boycott du site deux jours après le retrait par Israël de portiques de sécurité contestés.

Des affrontements violents ont eu lieu sur l'esplanade des mosquées entre fidèles musulmans et membres des forces de l'ordre israéliennes, le 27 juillet selon l'AFP. Il y aurait au moins 46 blessées d'après le Croissant rouge.

Un reporter de l'agence de presse turque Anadolu a diffusé sur Twitter une vidéo témoignant de ces heurts.

Des fidèles musulmans sont venus prier sur l'esplanade des Mosquées ce jour-là, pour la première fois en deux semaines, à l'appel de leurs leaders religieux, après deux jours de boycott. Cet appel a fait suite à la décision du 25 juillet des autorités israéliennes de retirer les portiques de sécurité, installés en raison d'une attaque ayant tué de deux policiers israéliens, le 14 juillet. L'installation de ces portiques avait provoqué des manifestations ayant dégénéré en violences meurtrières. Cinq Palestiniens ont perdu la vie au cours de heurts avec la police israélienne, et trois membres d'une famille israélienne ont été assassinés lors d'une attaque au couteau dans une colonie de Cisjordanie.

Le 26 juillet, s'adressant à la presse devant le mur des Lamentations, Yoram Halevi, le chef de la police de Jérusalem, avait prévenu qu'il y aurait de nouvelles victimes en cas de nouveaux débordements. «Personne ne devrait essayer de nous tester demain», avait-il menacé tout en promettant le calme si les fidèles s'en tenaient aux instructions de leurs leaders.




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Les Palestiniens seuls dans la bataille d’al-Aqsa

Les dirigeants arabes ont abandonné la cause palestinienne, mais la nouvelle génération est en train de reprendre le contrôle de la lutte et pourrait bien réussir là où les autres ont échoué
Les Palestiniens seuls dans la bataille d’al-Aqsa
Chaque année commence par un optimisme illusoire. On se dit que les choses ne peuvent pas empirer pour les Palestiniens. Chaque année nous prouve que l’on a tort.

La crise qui s’est développée autour de la mosquée al-Aqsa a donné lieu à de nombreux précédents : c’est la première fois que la mosquée est fermée aux prières du vendredi depuis 1969 ; c’est la première fois depuis des siècles qu’elle est boycottée par les fidèles ; c’est la première fois que les citoyens palestiniens d’Israël et les habitants de Jérusalem sont au centre du conflit.

Mais un précédent se détache des autres : c’est la première fois dans leurs cinquante années de lutte contre l’occupation que les Palestiniens sont bel et bien seuls.
Les Palestiniens abandonnés

Jamais le fossé entre la rue arabe et ses gouvernements n’a été aussi large qu’il ne l’a été cette semaine au sujet de la Palestine.

Zakaria al-Jawadah, le père du garçon jordanien de 17 ans qui a été tué par un garde de sécurité israélien après l’avoir prétendument attaqué avec un tournevis dans les locaux de l’ambassade d’Israël à Amman, a vitupéré contre le roi Abdallah. « Nous appelons les tribus à exiger que l’homme [le garde israélien] soit puni. Nous voulons la séquence vidéo. Nous voulons savoir ce qui est arrivé à mon fils. »

Pas moins de trois ministres sont intervenus pour lui dire qu’ils ne les auront jamais. « Le tireur israélien bénéficiait une immunité diplomatique et nous ne sommes pas autorisés à enquêter, en vertu d’un accord international. Mais nous avons insisté pour écouter son témoignage », a déclaré l’un d’eux, Bashir al-Khasawna, ministre d’État jordanien en charge des Affaires juridiques.

Il était déjà trop tard. Le garde de sécurité, « Ziv », était revenu en lieu sûr dans les bras du Premier ministre Benyamin Netanyahou.

Les Palestiniens seuls dans la bataille d’al-Aqsa
Remontez vingt ans en arrière et voyez comment le père du roi Abdallah, Hussein, avait fait face à Netanyahou en 1997 lors de la tentative manquée d’assassinat du chef du Hamas, Khaled Mechaal, à Amman, par le Mossad.

Le roi de Jordanie avait menacé de déchirer le traité de paix avec Israël si Mechaal, qui était dans le coma après avoir reçu un opiacé mortel dans l’oreille, venait à mourir. Le roi avait obtenu l’antidote de la part du chef du Mossad, Danny Yatom, la libération d’Ahmed Yassine, chef spirituel du Hamas, ainsi que d’autres prisonniers palestiniens et jordaniens ultérieurement.

Imaginez simplement le scandale qu’il y aurait eu ailleurs dans le monde si la police n’avait pas eu l’autorisation d’interroger le principal suspect d’un double meurtre, et encore moins d’enquêter, parce que cette personne était un garde dans une ambassade étrangère.

C’est ce qui se passe en Jordanie, parce que le royaume a appris à exécuter les ordres de son maître. Jared Kushner, gendre et envoyé de Trump au Moyen-Orient, a téléphoné au roi Abdallah. Il y a une génération, c’était l’inverse : c’est le roi Hussein qui avait appelé Bill Clinton.

Le pays, qui brade son titre de gardien du sanctuaire sacré, a capitulé sur la question des caméras de sécurité au Haram al-Sharif il y a plus d’un an. Ce sont ces mêmes mesures qu’Israël a appliquées autour des portes d’al-Aqsa et de la vieille ville de Jérusalem en sachant pleinement que le « gardien » les lui avait déjà accordées.
Une question de souveraineté

Les Palestiniens, eux, ne les ont pas acceptées et ne le feront pas, car cette crise porte sur une question de souveraineté et non de sécurité. Tant de souveraineté palestinienne a déjà été abandonnée à Jérusalem-Est (il y a 2 000 colons dans le quartier musulman de la vieille ville, tandis que plus de 14 500 permis de résidence ont été révoqués de 1967 à 2014 ; souvenez-vous également de Saeb Erekat, le négociateur en chef palestinien, qui a proposé à la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni « le plus grand Yerushalayim de l’histoire ») qu’al-Aqsa est bel est bien la dernière bataille.

Pour Mahmoud Abbas et l’Autorité palestinienne, le refus continu des responsables du waqf (fiducie religieuse musulmane) d’entrer au Haram al-Sharif, ou ce que les juifs appellent le mont du Temple, est une manne tombée du ciel. C’est l’incarnation de la protestation non-violente et, de plus, cela ne se passe pas sur son terrain en Cisjordanie, donc cela ne coûte rien aux autorités à Ramallah.

Les Palestiniens seuls dans la bataille d’al-Aqsa
Cela permet à Abbas de briller sans montrer de véritable leadership. « Nous vous soutenons et sommes fiers de vous et de tout ce que vous avez fait. Vous chérissez et protégez le complexe d’al-Aqsa, vous protégez vos terres, votre dignité, votre religion et les lieux saints. C’est la réaction appropriée envers quiconque s’en prend à nos sites sacrés. Jérusalem est notre capitale et notre souveraineté et ce que vous avez fait était la bonne chose. Vous vous êtes tenus debout comme un seul homme, nous vous soutenons et nous soutenons tout ce que vous faites. »

Mais en réalité, ils ne font rien. Les Saoudiens non plus. Leur but stratégique est de commercer avec Israël quoi qu’il arrive. La reconnaissance de l’État juif n’arrive pas assez vite. Le seul leader régional qui a fait des déclarations cohérentes en faveur de l’accès sans restriction à al-Aqsa a été le président turc Recep Tayyip Erdoğan. C’est là le cinquième précédent. Jamais la réaction des États arabes n’a été aussi silencieuse.

Mais l’histoire est loin d’être finie.
Les activistes du Fatah et du Hamas réunis

Dans la rue, la crise a rassemblé et unifié les Palestiniens indépendamment de leur clan ou de leur faction. La cause d’al-Aqsa a abouti à quelque chose que des années de négociations sur la réconciliation entre le Fatah et le Hamas ont échoué à susciter : les activistes du Fatah et du Hamas travaillent ensemble sur le terrain dans un mouvement plus large qui comprend des Palestiniens de toutes les factions.

Les Palestiniens seuls dans la bataille d’al-Aqsa
L’un des leaders de ce mouvement, le Dr Moustapha Barghouti, défenseur de la désobéissance civile non violente, a déclaré à Middle East Eye : « Nous sommes au seuil d’un grand changement. Ce qui se passe aujourd’hui n’est pas aléatoire ou passager. Ce pourrait être le début d’une troisième intifada différente des autres. Ce que cela comporte d’unique, c’est qu’il ne s’agit pas d’actes individuels, mais d’un mouvement populaire capable d’attirer un grand nombre de personnes. Cet élan populaire pourrait recharger les batteries du peuple palestinien. Cela pourrait prendre du temps, mais nous sommes sur la bonne voie. Ce mouvement surpassera l’Autorité palestinienne. Ils ne savent même pas qu’elle existe. Cela entraînera un changement de leadership. »

Est-ce un optimisme enflammé ?

Cela se reflète à l’étranger. Le mouvement BDS, qui vit actuellement sa douzième année, est prospère. Traité par Israël comme une menace existentielle, le BDS est devenu un mouvement mondial qui s’étend de la Norvège au Chili, avec des millions d’alliés. Il n’est pas affilié, il transcende les religions, les races et les sexes et se fonde avant tout sur l’égalité des droits. Ses membres chantent : « De la Palestine au Mexique, tous les murs doivent tomber. »

La cause palestinienne se généralise, alors que des personnages politiques comme Bernie Sanders et Jeremy Corbyn, qui étaient déjà eux-mêmes considérés comme étant hors de la carte politique, gagnent en influence. Une épreuve de vérité a récemment eu lieu à Londres. Plus de 10 000 personnes ont participé à un événement de deux jours, intitulé Palestine Expo, malgré une campagne féroce menée par des groupes de pression pro-israéliens pour faire annuler l’événement.

En dehors de la Palestine comme à l’intérieur, une nouvelle génération est en train de reprendre le contrôle de cette lutte à un leadership sclérosé et corrompu qui a perdu toute autorité morale et politique sur son peuple. Pour cette génération, le processus de paix n’a jamais existé. C’était un bluff pour couvrir l’expansion d’Israël sur chaque colline de Cisjordanie. Seront-ils aussi facilement achetés, récupérés et neutralisés que la génération précédente ? Ou seront-ils ceux qui aboutiront à ce que tous les autres ont échoué à atteindre ?

À en juger par les réactions des dirigeants et des États arabes, les Palestiniens n’ont jamais été aussi seuls, alors que pourtant, leur cause est mondiale. Ces dirigeants arabes doivent se méfier. La seconde intifada a été l’une des sources du Printemps arabe. Serait-ce le cas d’une troisième intifada sur les marches d’al-Aqsa ?



- David Hearst est rédacteur en chef de Middle East Eye. Il a été éditorialiste en chef de la rubrique Étranger du journal The Guardian, où il a précédemment occupé les postes de rédacteur associé pour la rubrique Étranger, rédacteur pour la rubrique Europe, chef du bureau de Moscou et correspondant européen et irlandais. Avant de rejoindre The Guardian, David Hearst était correspondant pour la rubrique Éducation au journal The Scotsman.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Photo : deux fillettes palestiniennes tiennent un drapeau national au cours de célébrations dans la vieille ville de Jérusalem pour marquer le retrait des dispositifs de sécurité israéliens à l'origine de violences, le 27 juillet 2017 (Reuters).

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

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Haniyeh exhorte les dirigeants des pays arabes et islamiques à soutenir Al-Aqsa

Ismail Haniyeh, chef du bureau politique du Mouvement de résistance islamique du Hamas s'est adressé à plusieurs dirigeants des pays arabes et islamiques concernant les attaques israéliennes contre la mosquée Al-Aqsa.
Haniyeh exhorte les dirigeants des pays arabes et islamiques à soutenir Al-Aqsa
Haniyeh a affirmé que la mosquée al-Aqsa n'a jamais connu de telles agressions depuis son occupation, il y a près de 50 ans, et que l'occupation israélienne est déterminée plus que jamais à mener à bien son projet de contrôle complet sur la Mosquée Al-Aqsa, l'imposition de la division temporelle et spatiale entre les musulmans et les juifs, et de se consacrer comme seule autorité pour gérer les affaires de la mosquée en annulant le rôle historique du Département de Waqf islamique de Jérusalem, la seule et unique autorité responsable de la gestion de la mosquée.

Haniyeh a ajouté que les autorités d'occupation ont fermé la mosquée Al-Aqsa vendredi 14 juillet, et depuis lors la mosquée est toujours fermée en raison de l'intransigeance de l'occupation et son installation des portiques électroniques sur les entrées d'al-Aqsa, afin de resserrer son étau, renforcer son contrôle sur l'entrée et la sortie des fidèles ce qui consiste une violation flagrante du droit de culte religieux, une atteinte sans précédent à la sainteté de la mosquée sainte, et une modification du statu quo arabo-islamique dans la ville sainte.

Haniyeh a déclaré que la Ligue arabe et l'Organisation de coopération islamique ont annoncé leur soutien à Jérusalem et Al-Aqsa, et qu'il est temps de travailler pour les activer afin d'améliorer la fermeté de notre peuple à Jérusalem qui défend les lieux saints de la nation.

Il a souligné que les gouvernements arabes et islamiques ont beaucoup de moyens de force diplomatiques, juridiques et médiatiques et de masse. Aujourd'hui al-Aqsa a besoin que ces moyens soient utilisés pour faire pression sur l'occupation dans tous les forums et les événements, et de soutenir tous les efforts de boycott de l'occupation, de l'isoler et la poursuivre en justice pour ses crimes contre le peuple palestinien et nos lieux saints.

"Nous sommes aujourd'hui devant une occasion historique de pousser l'occupation à arrêter les attaques sur Al-Aqsa, et la non-ingérence dans ses affaires grâce à l'intégration des efforts officiels et populaires pour contraindre l'occupation israélienne", a-t-il assuré.

Haniyeh a conclu ses messages aux dirigeants arabes, en soulignant que le peuple palestinien et les frères de la nation, rejettent toute mesure israélienne qui réduise la souveraineté islamique exclusive sur la mosquée al-Aqsa. Les Palestiniens sont déterminés à la défendre en offrant plus de sacrifices en espérant l'appui illimité des arabes et musulmans au niveau populaire et officiel pour protéger al-Aqsa et préserver sa sainteté immuable face au terrorisme et extrémisme des colons et forces occupantes sionistes qui cherchent par tous les moyens à imposer un nouveau statu quo dans la ville sainte et sa mosquée bénie.

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Les Palestiniens ont un droit légal à la résistance armée.

Il est temps pour Israël d’accepter le fait suivant : en tant que peuple occupé, les Palestiniens ont le droit de résister – de toutes les manières possibles.
Les Palestiniens ont un droit légal à la résistance armée.
Il y a longtemps de cela, il avait été convenu que la résistance et même la lutte armée contre une force d’occupation coloniale n’étaient pas seulement reconnues par le droit international, mais précisément approuvées.

Conformément au droit international humanitaire, les guerres de libération nationale ont été expressément reconnues en tant que telles par l’adoption du Protocole additionnel I aux Conventions de Genève de 1949 (pdf), en tant que droit protégé et essentiel des peuples occupées à travers le monde.

Dans une évolution pleine de vitalité dans le droit humanitaire, il y a des décennies, l’Assemblée générale des Nations Unies (UNGA) – une fois présentée comme la conscience collective du monde – a noté le droit des peuples à l’autodétermination, à l’indépendance et aux droits de l’homme.

En effet, dès 1974, la résolution 3314 de l’Assemblée Générale des Nations Unies [AGNU] a interdit aux États-membres « toute occupation militaire, même temporaire ».

Dans la partie la plus lourde de signification, la résolution a non seulement affirmé le droit « à l’autodétermination, à la liberté et à l’indépendance […] des peuples privés de ce droit, […] en particulier les peuples sous régimes coloniaux et racistes ou autres formes de domination étrangère », mais a noté le droit des peuples occupés « à lutter … et à chercher et obtenir un soutien » dans cet effort.

Le terme « lutte armée » a été intégré dans cette résolution sans définition précise, comme beaucoup d’autres qui ont précédé et qui ont maintenu le droit des populations indigènes à expulser un occupant.

Cette imprécision devait disparaître le 3 décembre 1982. Ce jour-là, la résolution 37/43 de l’Assemblée générale des Nations Unies a supprimé tout doute ou débat sur le droit légal des peuples occupés à résister aux forces d’occupation par tous les moyens reconnus. La résolution réaffirma « la légitimité de la lutte des peuples pour l’indépendance, l’intégrité territoriale, l’unité nationale et la libération de la domination coloniale et étrangère, par tous les moyens disponibles, y compris la lutte armée ».

Israël se berce d’illusions

Bien qu’Israël ait tenté, à maintes reprises, de faire supprimer le sens dépourvu d’ambiguïté de cette résolution précise – et de placer ainsi son occupation d’un demi-siècle en Cisjordanie et à Gaza au-delà de son champ application – c’est un effort voué à l’échec et une illusion si on s’en tient au vocabulaire exigeant de la déclaration elle-même.

Dans la partie la plus significative, l’article 21 de la résolution condamne fermement « les activités expansionnistes d’Israël au Moyen-Orient et le bombardement permanent des civils palestiniens, qui constituent un obstacle sérieux à la réalisation de l’autodétermination et de l’indépendance du peuple palestinien ».

N’hésitant jamais à réécrire l’histoire, et cela bien avant la création des Nations Unies, les sionistes européens se considéraient comme un peuple sous occupation tandis qu’ils émigraient en Palestine.

En effet, 50 ans avant que l’ONU ne parle du droit à la lutte armée comme moyen de libération des peuples indigènes, les sionistes européens se sont attribués frauduleusement le même concept alors que l’Irgun, Lehi et d’autres groupes terroristes imposaient toute une décennie de chaos mortel.

Au cours de cette période, ils ont massacré non seulement des milliers de Palestiniens indigènes, mais ils se sont attaqués aussi à la police et au personnel militaire britanniques qui avaient longtemps maintenu une présence coloniale sur place.

Une histoire des attaques sionistes

Peut-être, alors que les Israéliens s’assoient pour pleurer la perte de deux de leurs soldats qui ont été abattus la semaine dernière à Jérusalem – dans ce que beaucoup considèrent comme un acte de résistance légitime – un retour d’un minimum de mémoire pourrait simplement replacer les événements dans leur contexte historique.

Il y a longtemps, traitant les Britanniques de force d’occupation dans « leur patrie », les sionistes ont ciblé la police britannique et les unités militaires sans la moindre pitié dans toute la Palestine et ailleurs.

Le 12 avril 1938, l’Irgun a assassiné deux policiers britanniques dans un attentat à la bombe dans un train à Haïfa. Le 26 août 1939, deux officiers britanniques ont été tués par une mine placée par Irgun à Jérusalem. Le 14 février 1944, deux agents de police britanniques ont été abattus lorsqu’ils ont tenté d’arrêter des gens qui avaient collé des affiches sur les murs de la ville d’Haïfa. Le 27 septembre 1944, plus de 100 membres de l’Irgun ont attaqué quatre postes de police britanniques, blessant des centaines d’officiers. Deux jours plus tard, un agent de police britannique de haut rang du Service du renseignement a été assassiné à Jérusalem.

Le 1er novembre 1945, un autre policier a été tué alors que cinq trains ont été l’objet d’attaques à la bombe. Le 27 décembre 1945, sept officiers britanniques ont perdu la vie dans une attaque à la bombe au siège de la police à Jérusalem. Entre le 9 et le 13 novembre 1946, les membres juifs « souterrains » ont lancé une série d’attentats à la bombe et aux mines antipersonnel dans les gares ferroviaires, dans les trains et les tramways, tuant 11 soldats et policiers britanniques et huit soldats arabes.

Quatre autres officiers ont été assassinés lors d’une autre attaque sur un quartier général de la police le 12 janvier 1947. Neuf mois plus tard, quatre policiers britanniques ont été assassinés lors d’une attaque de banque commise par l’Irgun et, trois jours plus tard, le 26 septembre 1947, 13 autres agents étaient tués dans une autre attaque terroriste sur un poste de police britannique.

Ce ne sont que quelques-unes des nombreuses attaques dirigées par des terroristes sionistes contre la police britannique, considérés par la plupart des Juifs européens comme des cibles légitimes d’une campagne qu’ils ont qualifiée de « libération » contre une force d’occupation.

Tout au long de cette période, les terroristes juifs ont également entrepris d’innombrables attaques qui n’ont épargné aucune partie de l’infrastructure britannique et palestinienne. Ils ont frappé les installations militaires et policières britanniques, les bureaux du gouvernement et les navires, souvent avec des bombes. Ils ont également saboté les chemins de fer, les ponts et les installations pétrolières.

Des dizaines de cibles économiques ont été attaquées, dont 20 trains endommagés ou faits dérailler, et cinq stations ferroviaires. De nombreuses attaques ont été menées contre l’industrie pétrolière, dont une, en mars 1947, sur une raffinerie de la Shell à Haifa qui a détruit quelque 16 000 tonnes de pétrole.

Des terroristes sionistes ont tué des soldats britanniques dans toute la Palestine, en utilisant tout type de pièges, des embuscades, des tireurs d’élite et des véhicules bourrés d’explosifs.

Une attaque, en particulier, résume le terrorisme de ceux qui – sans aucun support dans le droit international – n’ont vu aucune limitation à leurs efforts pour « libérer » un terrain sur lequel ils avaient en grande partie récemment émigré.

En 1947, l’Irgun a enlevé deux sous-officiers du Corps d’intelligence de l’armée britannique et menacé de les pendre si la condamnation à mort de trois de ses membres était maintenus. Lorsque les trois membres de l’Irgun ont été exécutés par pendaison, les deux sergents britanniques ont été pendus en représailles, et leurs corps remplis d’explosifs ont été laissés dans un bosquet d’eucalyptus.

En annonçant leur exécution, l’Irgun a déclaré que les deux soldats britanniques avaient été pendus après leur condamnation pour « activités criminelles anti-hébraïques » qui comprenaient : l’entrée illégale dans la patrie hébraïque et l’appartenance à une organisation terroriste criminelle britannique – connue sous le nom d’armée d’occupation – qui était « responsable de la torture, du meurtre, de la déportation et du refus du droit à la vie pour le peuple hébreu ». Les soldats ont également été accusés de possession illégale d’armes, d’espionnage anti-juif en civil et de projets hostiles prémédités contre les forces clandestines.

Bien au-delà des limites territoriales de la Palestine, à la fin des années 1946-1947, une campagne continue de terrorisme a visé les Britanniques. Des actes de sabotage ont été effectués sur les routes de transport militaires britanniques en Allemagne. Le Lehi a également essayé, sans succès, de lancer une bombe sur la Chambre des communes à partir d’un avion affrété en provenance de France et, en octobre 1946, il a attaqué à la bombe l’ambassade britannique à Rome.

Un certain nombre d’autres engins explosifs ont été désamorcés dans et autour des cibles stratégiques à Londres. Quelque 21 lettres piégées ont été adressées, à plusieurs reprises, à des personnalités politiques britanniques de premier plan. Beaucoup de ces missives ont été interceptées, tandis que d’autres ont atteint leurs destinataires mais en étant identifiées comme tel avant qu’elles n’explosent.

Le prix élevé de l’autodétermination

L’autodétermination est une voie difficile et coûteuse pour les occupés. En Palestine, quelle que soit l’arme choisie – qu’il s’agisse de la parole, du stylo ou de l’arme à feu – il y a un prix très lourd à payer pour son utilisation.

Aujourd’hui, « dire la vérité face au pouvoir » est devenu un incantation magique de résistance populaire dans les cercles et les sociétés néolibérales. En Palestine, cependant, pour les occupés et les opprimés, c’est un chemin absolument sûr vers la prison ou la mort. Pourtant, pour des générations de Palestiniens dépouillés du moindre souffle d’air pouvant évoquer un sentiment de liberté, l’histoire enseigne qu’il n’y a tout simplement aucun autre choix.

Le silence est une capitulation. Se taire, c’est trahir tous ceux qui sont venus avant et tous ceux qui viendront après.

Pour ceux qui n’ont jamais ressenti le joug constant de l’oppression, ni l’ont vu de près, c’est une vision au-delà de la raison. L’occupation est lourde pour l’occupé, chaque jour, de toutes les manières, en limitant ce que vous êtes et ce que vous pouvez oser devenir.

La présence constante des barrages militaires, des armes à feu, des ordres, de la prison et de la mort sont des compagnons de voyage pour les occupés, que ce soit des nourrissons, des adolescents au printemps de la vie, des personnes âgées ou ceux piégés dans des limites artificielles de frontières sur lesquelles ils n’ont aucun contrôle.

Aux familles des deux policiers druzes israéliens qui ont perdu la vie en essayant de contrôler un lieu qui ne leur appartenait pas, je transmets mes condoléances. Ces jeunes hommes, cependant, n’ont pas été perdus pour le bien d’une « résistance », mais volontairement sacrifiés pour une vicieuse occupation qui n’a aucune légitimité.

En fin de compte, s’il y a un deuil, ce doit être pour les 11 millions d’occupés, en Palestine ou à l’extérieur, en tant que réfugiés apatrides, dépouillés d’une voix et de la moindre chance dans la vie, alors que le monde présente des excuses motivées en grande partie par les paquets cadeaux en retour qui portent l’étoile de David.

Il n’y a pas un jour sans que la gargouille sioniste ne surplombe un nourrisson palestinien enveloppé dans un linceul funèbre, privé de vie parce que l’électricité ou la liberté de mouvement sont devenus un privilège pervers qui soumet des millions d’otages aux caprices politiques de quelques-uns. Qu’ils soient israéliens, égyptiens, ou qu’il s’agisse de ceux qui osent se prétendre la direction politique palestinienne, la responsabilité des infanticides à Gaza est la leur, et à eux seuls.

« S’il n’y a pas de lutte, il n’y a pas de progrès »

Les trois jeunes hommes, cousins, qui ont volontairement sacrifié leur vie dans l’attaque contre les deux officiers israéliens à Jérusalem, ne l’ont pas fait comme un geste sans signification né du désespoir, mais plutôt comme une déclaration personnelle de leur fierté nationale, dans la lignée de beaucoup d’autres qui avaient compris que le prix de la liberté peut parfois signifier tout perdre.

Pendant 70 ans, il n’y a pas eu un jour sans la mort de jeunes femmes et hommes palestiniens qui, tragiquement, ont trouvé plus de dignité et de liberté dans le martyre que dans une vie soumise et passive contrôlée par ceux qui ont osé définir les paramètres de ce que serait leur vie.

Des millions d’entre nous dans le monde entier rêvons d’un meilleur temps et d’un meilleur lieu pour les Palestiniens … [pour qu’ils soient] libres de déployer leurs ailes, de se lever, de découvrir qui ils sont et ce qu’ils souhaitent devenir. Jusque-là, je ne pleurerai pas la perte de ceux qui arrêtent leur vol. Au lieu de cela, j’applaudis ceux qui osent lutter, osent gagner par tous les moyens nécessaires.

Il n’y a pas de magie à la résistance et à la lutte. Celles-ci transcendent le temps et le lieu et tirent leur sens et leur ardeur dans l’inclinaison naturelle qui nous conduit tous à vouloir être libres – libres de déterminer le déroulement de nos propres vies.

En Palestine, il n’existe pas une telle liberté. En Palestine, le droit international reconnaît les droits fondamentaux à l’autodétermination, à la liberté et à l’indépendance des occupés. En Palestine, cela inclut le droit à la lutte armée, si nécessaire.

Il y a longtemps, le célèbre abolitionniste Frederick Douglass, lui-même ancien esclave, écrivait sur ce qu’est la lutte. Ces mots ne résonnent pas moins aujourd’hui, en Palestine, qu’ils ne l’ont fait il y a 150 ans au cœur des plantations du sud des États-Unis :

« S’il n’y a pas de lutte, il n’y a pas de progrès. Ceux qui professent vouloir la liberté, et pourtant critiquent l’action, sont des hommes qui veulent des récoltes sans labourer le sol. Ils veulent de la pluie sans tonnerre et sans foudre. Ils veulent l’océan sans la peur du rugissement de ses eaux immenses. Cette lutte peut être morale, ou elle peut être physique, ou être à la fois morale et physique, mais elle doit être une lutte. Le pouvoir ne concède rien sans une exigence. Il ne l’a jamais fait et ne le fera jamais. »






Les Palestiniens ont un droit légal à la résistance armée.
Stanley L Cohen est un avocat et militant des droits de l’homme, spécialisé sur le Moyen-Orient et l’Afrique.

20 juillet 2017 – Al Jazeera – Traduction : Chronique de Palestine – Lotfallah


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A Jérusalem, « la guerre de religion » sert de couverture au colonialisme

Les affrontements croissants entre colons israéliens et Palestiniens de Jérusalem sont les signes avant-coureurs d’une éruption majeure avec des conséquences incalculables. Immédiatement qualifiés de « guerre de religion » par les médias et la droite israélienne, ils sont en fait le résultat de projets israéliens très anciens pour judaïser la ville et la vider de ses habitants palestiniens. Membre politique d’Al-Shabaka, Nur Arafeh analyse les changements majeurs qu’Israël a imposés à Jérusalem et traite de l’abandon effectif par l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP)/Autorité Palestiniene (AP) de la population livrée à elle-même. Elle conclut avec des recommandations politiques à l’OLP/AP, aux universitaires et analystes palestiniens et au mouvement de solidarité internationale.1
A Jérusalem, « la guerre de religion » sert de couverture au colonialisme
Le mythe de la guerre de religion

Jérusalem s’est retrouvée sous les projecteurs à cause des récents affrontements entre colons israéliens et Palestiniens de la Mosquée Al Aqsa. Egalement appelée Al Haram al-Sharif ou le Noble Sanctuaire, le complexe comprend Al Aqsa elle même, troisième site le plus saint de l’Islam, et le Dôme du Rocher, d’où on dit que le prophète Mohammed est monté au ciel. Les Juifs révèrent le site parce qu’ils croient que c’était autrefois l’emplacement des anciens temples juifs.

Nombre de Juifs ultra-orthodoxes ont régulièrement violé le statu quo mis en place depuis 1967 en faisant des incursions dans le complexe d’Al-Aqsa et en appelant Israël à construire un troisième temple sur ce qu’ils appellent le Mont du Temple.2 Une vidéo récemment postée sur YouTube par l’Institut du Temple, qui fait partie du soi-disant Mouvement de Fidélité au Mont du Temple et à la Terre d’Israël, représente un troisième temple qui remplace la Mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher

Les récents affrontements entre Palestiniens et colons israéliens et la police de Jérusalem ont été émaillés d’horribles agressions comme l’enlèvement et le meurtre en juillet 2014 du jeune Palestinien, Mohammed Abu-Kdheir. Après que Yehuda Glick, personnage clef de l’Institut du Temple et fervent avocat de son projet messianique, ait été soi-disant abattu par un Palestinien, des membres du Mouvement du Mont du Temple ont fait encore plus d’incursions dans Al-Aqsa et, le 30 octobre 2014, Israël a interdit, pour la première fois depuis 1967, l’entrée des fidèles dans le complexe. Les tensions à Jérusalem ont atteint leur paroxysme après qu’une attaque menée le 18 novembre 2014 par deux Palestiniens ait tué quatre Juifs et un officier de police druze. Le Nouvel An a commencé avec une mise en garde par le Mufti de Jérusalem contre le projet israélien d’enregistrer la Mosquée Al-Aqsa comme propriété israélienne.

Mais peut-on réellement décrire ceci comme le commencement d’une guerre de religion ? Le conflit politique s’est-il vraiment changé en guerre de croyances ? Selon The Guardian, « C’est à cela que ressemble une guerre de religion ». Un commentateur palestinien d’Al-Hiwar a approuvé. Le député à la Knesset Moshe Feiglin est même allé plus loin en la décrivant comme un combat mondial « contre les forces du mal et l’islam le plus extrême ». Pire, le Mouvement du Mont du Temple inverse la réalité en proclamant que l’un de ses objectifs sur le long terme est de « libérer le Mont du Temple de l’occupation arabe [islamique] », décrivant ainsi les colonisateurs comme des colonisés.

Pourtant, la présentation de ces événements comme une guerre de religion non seulement ignore la réalité du déséquilibre des forces entre le colonisateur et le colonisé, mais échoue aussi à étudier l’histoire et le contexte dans lequel les récents événements se sont déroulés.

Le vieux ciblage de la Mosquée Al-Aqsa par Israël

Le droit religieux juif interdit aux Juifs de prier dans le complexe d’Al-Aqsa ; on attend seulement des Juifs qu’ils vénèrent le site, mais pas qu’ils s’y rendent ou le possèdent de peur de profaner le saint des saints du supposé Temple, et ils sont censés prier au Mur Al-Buraq (renommé le Mur Occidental). Néanmoins, les extrémistes ont très tôt ciblé la Mosquée Al-Aqsa avec l’intention de reconstruire le Temple. En 1982, Meir Kahane, chef du parti d’extrême droite Kach, a défilé sur le complexe avec des projets de construction du Temple sur les ruines d’Al-Aqsa. En 1990, 21 Palestiniens ont été tués et 150 blessés dans des affrontements avec des membres du Mouvement du Mont du Temple qui essayaient d’entrer dans Al-Aqsa et d’y déposer la première pierre du Temple. En 1996, des fouilles et le percement de tunnels près d’Al-Aqsa ont déclenché des violences qui ont abouti à la mort de 70 Palestiniens et de 15 soldats israéliens.

Le gouvernement israélien a également soutenu les efforts pour assurer le contrôle du complexe par les Juifs. Presque la moitié des membres du Likoud soutiennent le Mouvement du Mont du Temple, qui a récemment obtenu un financement du gouvernement. Entre 2008 et 2011, l’Institut du Temple a reçu une dotation annuelle de 107.000 $ du ministère de l’Education et du ministère de la Culture, des Sciences et des Sports. En 2012, une unité éducative de l’Institut du Temple s’est vu offrir un supplément de 50.000 $ par le ministère de l’Education.

Cependant, on ne devrait pas voir les actions de groupes spécifiques pour prendre le contrôle d’Al-Aqsa comme des incidents isolés, mais plutôt comme une partie d’un plus vaste projet sioniste pour judaïser Jérusalem et assurer une suprématie juive sur la ville.

Création d’une nouvelle réalité à Jérusalem

Depuis le début de l’occupation en 1967, Israël s’est engagée dans la transformation d’une ville multi-religieuse et multi-culturelle en une ville juive « réunifiée » sous le contrôle et la souveraineté exclusifs d’Israël. Il a rapidement mis en œuvre la judaïsation de la ville grâce à une politique qui impacte l’espace géographique et physique et dont le but est de circonvenir la « menace démographique » que représentent les Palestiniens.

D’emblée en 1967, Israël a illégalement annexé 70 km² du territoire de la Cisjordanie, dont Jérusalem Est (6,5 km²), afin de maximiser la zone de terre expropriée tout en minimisant le nombre de Palestiniens. Il a aussi rasé les quartiers arabes de Bab al-Magharbeh et Harat al-Sharaf pour construire le Quartier juif, l’esplanade du Mur Al-Buraq, des maisons pour les colons et des synagogues juives. Israël a par ailleurs remodelé le paysage physique de Jérusalem en construisant un anneau de colonies autour de la ville, reliées à des routes de contournement pour assurer une continuité géographique avec les autres colonies israéliennes de Cisjordanie.3

La fragmentation physique et politique de Jérusalem qui s’en est suivie est allée de concert avec l’isolement économique bien avant qu’Israël ne s’embarque en 2002 dans la construction du Mur d’Apartheid, qui a redessiné les frontières loin de la ligne d’armistice d’avant 1967. La construction du Mur a été délibérément prévue pour passer à l’intérieur de la ville et en exclure des zones peuplées de Palestiniens afin d’y assurer une majorité juive.

Afin de traiter la « menace démographique » représentée par les Palestiniens, Israël a désigné les Palestiniens vivant à Jérusalem comme des « résidents permanents » – statut civil généralement réservé aux citoyens étrangers et qui ne garantit pas les droits de séjour. Sur cette base, les cartes de résidents sont souvent révoquées. Entre 1967 et 2013, Israël a révoqué les cartes ID de plus de 14.309 résidents palestiniens. Selon la Loi d’Amendement Temporaire de Citoyenneté et d’Entrée en Israël de 2003 (amendée en 2005 et en 2007), les citoyens de Cisjordanie mariés à des résidents de Jérusalem ne sont pas qualifiés pour le statut de résidents et n’obtiennent que des permis temporaires dans des circonstances exceptionnelles. A l’opposé, les Juifs qui immigrent pour vivre à Jérusalem obtiennent immédiatement la citoyenneté, ce qui reflète le caractère d’apartheid du régime israélien.

Tout en renforçant la présence des Juifs à Jérusalem, Israël a cherché à contenir l’expansion urbaine et démographique des Palestiniens via une politique de zonage urbain conforme à du nettoyage ethnique. Plus d’un tiers de la terre des quartiers palestiniens a été classée en « zones de paysage ouvert » où toute construction est interdite, contraignant les constructions palestiniennes sur seulement 14 % de la terre de Jérusalem Est et provoquant une crise aiguë du logement. Par ailleurs, depuis 1967, Israël a détruit 1.673 unités de logements, affectant environ 8.000 personnes entre 1967 et 2013. Avec la mise en vigueur de toutes ces réglementations, Israël cherche à atteindre le ratio de 30 % d’ »Arabes » et de 70 % de Juifs à l’intérieur de la municipalité de Jérusalem.

La politique discriminatoire d’Israël est également visible dans les différences d’attribution de services entre les quartiers arabes et les quartiers juifs. Moins de 10 % du budget municipal sont alloués aux districts palestiniens bien que les Palestiniens paient le même montant d’impôt d’arnona (de propriété) que les citoyens juifs.

La judaïsation s’est accompagnée d’une « dé-palestinisation » pour éradiquer l’identité palestinienne de Jérusalem. Par exemple, la rue Sultan Suleiman al-Qanuni (sultan de l’empire ottoman) a été renommée rue du Roi Salomon, et le district de Wadi Hilweh à Silwan a été renommé « la cité de David ». Par ailleurs, des rues sans nom dans les zones palestiniennes ont récemment reçu des noms arabes dépourvus de connotations politiques et nationales. Ce processus de ré-appellation est en lien avec la réécriture de l’histoire conformément aux préceptes du sionisme, processus selon lequel l’archéologie et les fouilles sont exploités pour créer une histoire juive fictive de la ville, tandis que l’héritage des autres zones est ignoré.

Le contrôle du récit historique par Israël s’étend au système éducatif. Depuis mars 2011, Israël a essayé d’obliger les écoles palestiniennes qui reçoivent des allocations budgétaires des autorités israéliennes à utiliser des manuels scolaires préparés par l’Administration de l’Education de Jérusalem (jusqu’ici, cinq ont obtempéré). Ces livres présentent aux élèves palestiniens une histoire unilatérale et censurent tout sujet en lien avec l’identité et l’héritage palestiniens.

Les institutions palestiniennes de Jérusalem ont également été visées pour éroder le militantisme palestinien dans la ville. Depuis 2011, Israël a fermé au moins 31 institutions palestiniennes, dont la Maison d’Orient, ancien quartier général de l’OLP, et la Chambre de Commerce et d’Industrie.

Parmi les autres étapes de dépalestinisation de Jérusalem, on trouve le dernier plan « de développement » socio-économique sur cinq ans des zones palestiniennes, approuvé en juin 2014 par le conseil des ministres israélien. Ce plan met l’accent sur les énormes différences d’infrastructures, d’éducation et d’emploi entre les quartiers palestiniens et juifs en tentant apparemment d’encourager l’intégration des Palestiniens en Israël et d’améliorer la sécurité en contrecarrant la « violence » et les « jets de pierres ».

En d’autres termes, le développement est un outil pour renforcer le contrôle de Jérusalem par Israël et pour réprimer la constance et la résistance des Palestiniens à l’occupation israélienne. On ne peut donc voir ce plan comme une initiative pour prendre en compte la détérioration des conditions socio-économiques des Palestiniens à Jérusalem concernant le taux extrêmement élevé de pauvreté (75 % des résidents palestiniens vivent sous la définition israélienne du seuil de pauvreté), l’effondrement des secteurs du commerce et du tourisme, le manque d’investissements, l’épuisement des services de santé et d’éducation, les taux élevés de chômage (16,7 % en 2014), et le niveau élevé du coût de la vie.

Dans ce contexte, on devrait regarder les affrontements des Palestiniens avec les Juifs israéliens comme des actes de résistance et de désespoir dans le cadre de la plus large lutte historique des Palestiniens contre l’occupation, l’apartheid, le nettoyage ethnique, le vol de la terre, la dépossession, les déplacements forcés et la marginalisation économique. L’intensification récente des incursions à Al-Aqsa et les appels à la construction d’un troisième temple ont simplement rallumé les braises de ces émotions qui couvaient. Mettre l’accent sur la dimension religieuse de l’agitation récente tout en négligeant ses causes profondes ne conduirait qu’à de nouveaux violents affrontements et à des éruptions d’une magnitude sans précédent. La religion est exploitée au service des buts politiques et nationaux d’Israël et elle consacre sa politique coloniale d’apartheid.

L’absence de leadership laisse les Palestiniens impuissants

Il faudrait regarder la récente agitation à Jérusalem, au cours de laquelle les Palestiniens ont eu recours à de nouvelles formes de résistance telles que l’utilisation de véhicules et de feux d’artifice, dans le contexte plus large d’une ville qui manque de leadership politique. L’AP a fait preuve d’un manque d’investissement sincère à Jérusalem depuis la signature en 1993 de la Déclaration de Principes à Oslo, dont l’AP fut elle-même un produit. C’était déjà évident lorsque l’OLP a accepté de différer la question de Jérusalem jusqu’aux négociations sur le statut final des Territoires Palestiniens Occupés (TPO). Tandis que l’OLP/AP est étroitement accrochée au grotesque processus de paix, Israël a enraciné son occupation et son contrôle sur Jérusalem.

Divergeant clairement de sa rhétorique de soutien, l’AP alloue un budget négligeable à la ville. Le budget total alloué au ministère des Affaires de Jérusalem et au Gouvernorat de Jérusalem était d’environ 15 millions $ en 2014, ce qui représente 0,4 % des dépenses budgétaires de l’AP cette année là. Comparez cette allocation budgétaire honteusement insignifiante avec le capital supposé de l’État palestinien et ses 27 % du budget alloués au secteur de la sécurité la même année. En plus, la majeure partie de ce budget est versée dans les zones de Jérusalem qui tombent sous l’administration palestinienne et de l’autre côté du Mur. Des lieux tels que Shu’fat et Beit Hanina qui se trouvent à l’intérieur des frontières municipales israéliennes de Jérusalem reçoivent rarement quelque financement que ce soit.4

Ce maigre budget est la principale raison qui a poussé Hatem Abdel-Qader à démissionner promptement 40 jours après sa nomination en tant que premier ministre des Affaires de Jérusalem en 2009. Il faisait remarquer que « le gouvernement palestinien faillit au respect de ses engagements envers la ville, qui subit une période difficile ». Un autre intellectuel palestinien, qui a servi de représentant de l’AP à Jérusalem, a également avancé que : « La conduite de l’AP n’a jamais été conforme à ses buts déclarés. Elle a constamment failli à concrétiser les nombreuses études et projets faits pour la ville. »5

Tandis qu’Israël transforme sa vision de Jérusalem en réalité grâce à de nombreuses décisions politiques et plans directeurs (2020, 2030 et 2050), une stratégie cohérente pour l’avenir de la ville par le leadership palestinien n’existe toujours pas. C’était déjà visible dans l’omission d’un plan de développement pour Jérusalem dans le Plan National de Développement 2014-2016. Bien qu’il soit vrai que ce document fasse référence au Plan de Développement Stratégique Multi-secteurs pour Jérusalem Est (PDSM) 2011-2013 émis par l’Unité Jérusalem au Bureau du Président, le PDSM a été publié en 2010 et nécessite une mise à jour. Par ailleurs, l’Unité Jérusalem elle même, qui recevait auparavant la majeure partie des financements pour Jérusalem, a été fermée en 2010.6

Encore plus significatif, l’approche de développement utilisée dans le PDSM déconnecte le développement des réalités politiques et coloniales ; elle réduit le combat des Palestiniens à celui de la « survie » au lieu de la liberté et prend pour acquise l’occupation israélienne au lieu de chercher à y mettre fin. Comme le dit la partie introductive du PDSM : « Comment l’OLP peut-elle aider les Palestiniens de Jérusalem à survivre et à prospérer dans le contexte existant afin d’avoir un fondement solide pour la capitale de leur futur Etat palestinien ? » (C’est moi qui souligne)

Le manque d’intérêt officiel sincère pour la ville, l’émergence de Ramallah comme capitale de facto, et l’absence de leadership politique palestinien à Jérusalem laisse aux Palestiniens un sentiment d’abandon et de rancoeur envers l’OLP/AP. président de l’AP Mahmoud Abbas continue a user de belles paroles envers les Palestiniens de Jérusalem tout en refusant de mettre fin à la collaboration sécuritaire avec Israël ou de soutenir les moyens non-violents de résistance tels que le boycott des produits israéliens.

En attendant, Israël a répliqué aux manifestations et à la résistance palestinienne sans leader avec une force caractéristique qui comporte la confiscation de la terre, les démolitions de maisons, et des punitions collectives telles que des incursions brutales dans les maisons, le déversement d’eau putride dans les quartiers et les arrestations massives. Par exemple, entre juin et septembre 2014, environ 700 Palestiniens ont été arrêtés à Jérusalem, dont la majorité étaient des enfants, selon l’association Addameer pour les Droits de l’Homme.7 Les colons israéliens qui commettent des crimes brutaux contre les Palestiniens ne subissent aucune peine. En réalité, le gouvernement israélien a allégé les restrictions sur les armes et a augmenté le financement pour la protection des colons à Jérusalem – preuve supplémentaire de la discrimination institutionnalisée à laquelle sont soumis les Palestiniens.

Protéger Jérusalem et ses Palestiniens

Les remous actuels à Jérusalem sont le résultat de l’assujettissement colonial, de la discrimination institutionnalisée, de la dépossession et de l’installation des faits sur le terrain par Israël pour s’assurer qu’il maintient sa suprématie sur la ville. Il faudrait donc résister aux projets d’Israël localement et internationalement, avant tout en augmentant leur coût pour Israël. Le système d’apartheid d’Afrique du Sud n’a commencé à s’effilocher que lorsque le coût de préservation de la suprématie blanche est devenu trop lourd à supporter.

Avant tout, les Palestiniens ont besoin d’un leadership dynamique qui propulse le statut de Jérusalem au premier plan des engagements du gouvernement et au coeur du combat national de toute urgence. Il est vital que les Palestiniens aient une vision claire de Jérusalem pour contrer la vision israélienne qui prévaut. L’information et la communication sont des outils essentiels pour contrer la réécriture de l’histoire par Israël et l’étouffement du récit palestinien.

En particulier, le leadership palestinien devrait affronter les tentatives israéliennes de présentation de sa politique coloniale sous des termes religieux et devrait rappeler au monde que les questions fondamentales sont celles de l’occupation, de la dépossession et du vol de la terre. Il est impératif de défier la puissance du discours israélien en révélant ses records honteux d’oppression à Jérusalem et dans le reste des territoires occupés. L’OLP/AP devrait elle aussi davantage s’appuyer sur le statut durement gagné dans les organisations internationales telles que l’UNESCO pour entreprendre des démarches juridiques pour protéger Al-Aqsa et la Vieille Ville de Jérusalem.

Deuxièmement, les universitaires et les analystes politiques peuvent jouer un rôle essentiel en mettant Jérusalem au premier plan. A ce jour, les intellectuels palestiniens ont été orientés vers l’analyse du développement socio-économique en Cisjordanie et, dans une certaine mesure, dans la Bande de Gaza, au détriment d’un débat à propos de Jérusalem. Les Palestiniens doivent mettre Jérusalem en avant dans leur discours et avancer au-delà d’un simple diagnostic des problèmes pour inventer des solutions. Le concept de développement sous occupation a lui-même besoin d’être revu et redéfini comme une forme économique, politique et sociale de résistance intégrée dans une plus large lutte historique des Palestiniens pour l’autodétermination, la liberté et la justice.

Enfin, le boycott local des produits et des services israéliens est un moyen vital de résistance à l’occupation israélienne. Non seulement c’est un devoir moral pour tout Palestinien, mais par ailleurs, le boycott des produits israéliens augmente le coût du système d’apartheid d’Israël et renforce la capacité productive de l’économie palestinienne. Parallèlement, il faut réfléchir aux moyens de développer une économie palestinienne capable de résister à l’intégration et à la dépendance à l’économie israélienne et qui puissent établir les fondations d’une base politique solide d’où puisse émerger une société émancipée et autodéterminée.

Au niveau international, il faudrait maintenir et intensifier le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) et la pression qu’il impose sur Israël dan le monde entier. Les pays arabes doivent s’engager de façon significative pour isoler Israël dans ses desseins sur Jérusalem et ses multiples violations des droits de l’Homme.

Sans des efforts concertés des Palestiniens avec le soutien des Arabes et de l’international pour faire observer les droits des Palestiniens à Jérusalem, les petits incendies actuels dans la ville pourraient se transformer en une conflagration avec des dommages permanents pour l’héritage palestinien et arabe de la ville et pour la présence des Palestiniens de Jérusalem dans la ville de leurs ancêtres.

Notes :

1. Al-Shabaka publie tout ses textes à la fois en anglais et en arabe (voir le texte arabe ici). Pour lire cet article en français ou en italien, SVP cliquez ici, ou ici. Al-Shabaka est reconnaissant envers les défenseurs des droits de l’Homme pour la traduction de ses textes en français et en italien, mais n’est pas responsable de tout changement possible du sens.

2. A la suite de l’occupation et de l’annexion illégale de Jérusalem Est par Israël en 1967, le contrôle de la mosquée et du Noble Sanctuaire a été transféré à un -waqf- (fiducie) islamique jordanien. L’accord Wadi Araba de 1994 entre la Jordanie et Israël a prévu la tutelle de la Jordanie sur tous les sanctuaires sacrés de Jérusalem.

3. Deux plans ont été spécifiquement élaborés dans ce but : Le Projet de Grand Jérusalem prévoyait la création d’un « plus grand Jérusalem » s’étendant sur une surface de 600 km², et le plan E1 demandait l’expansion de la colonie de Ma’ale Adumim pour assurer sa connexion avec Jérusalem. L’un et l’autre plans provoqueraient une discontinuité géographique entre le nord et le sud de la Cisjordanie et isoleraient encore plus l’est de Jérusalem du reste du Territoire Palestinien Occupé.

4. Interview de l’auteure.

5. Sauf autre mention, toutes les citations sont issues d’interviews menées par l’auteure en 2014.

6. Interview de l’auteure.

7. Interview de l’auteure.

Nur Arafeh

Nur Arafeh est membre politique d’Al-Shabaka, le Réseau Politique Palestinien. Elle travaillait auparavant comme chercheur à l’Institut Ibrahim Abu-Lughod d’Etudes Internationales à l’université de Birzeit, comme chercheur associé à l’Institut de Recherche de Politique Economique de Palestine (MAS), et comme professeur de sciences économiques au Collège Bard Honors d’Al-Quds, université d’Al-Quds. Nur a une double licence en sciences politiques et en économie de Sciences Po (France) et de l’université Columbia (USA), et elle a obtenu une maîtrise de philosophie en Etudes de Développement de l’université de Cambridge (GB). Ses principaux centres d’intérêt comportent l’économie politique de développement au Moyen Orient, la sociologie et la politique de développement, et les formes économiques de résistance.

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine

Source : Al-Shabaka

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Demandez à l’Europe ce qui se passe à Jérusalem

Les hommes politiques européens n’ont pas encore décidé de s’occuper des événements récents et houleux qui secouent Jérusalem, mais les dirigeants qui paressent dans les stations balnéaires savent très bien ce qui se passe. Ils savent que Benjamin Netanyahou et son gouvernement jouent avec le feu.
Demandez à l'Europe ce qui se passe à Jérusalem
Qui aurait imaginé ça ? Ce politicien opportuniste et arrogant est maintenant celui qui décide de l’ouverture et de la fermeture d’un des sanctuaires les plus sacrés de l’Islam et expulse les fidèles qui se trouvent à l’intérieur. Il émet des « fatwas » au sujet de la tenue ou non des prières du vendredi dans l’un des sites les plus saints de l’Islam. Et il n’hésite pas à faire taire les appels à la prière à la Mosquée Al-Aqsa quand il le souhaite. De plus, ses forces de police ont sans vergogne attaqué les femmes de Jérusalem qui protestaient aux postes de contrôle contre ces mesures, les smartphones ont tout filmé. Elles ont également attaqué les cheikhs de la Mosquée al-Aqsa, par exemple contre le sheikh Ekrima Sabri, qui a dû être transporté à l’hôpital pour soigner ses blessures. Il aurait pu être le Pape musulman si l’Islam avait une autorité religieuse similaire au Vatican.

L’Europe connait ces faits depuis le début. Ses diplomates n’ont cessé d’envoyer des rapports sur le danger de la situation à Jérusalem en raison de la politique d’Israël. Le contenu de certains de ces rapports est parvenu aux médias, dont des mises en garde et de réelles préoccupations. L’ONU aussi a suivi les politiques de saisies continuelles de terre et de démolitions continues des maisons et des structures à Jérusalem, y compris celles de bâtiments historiques vieux de plusieurs siècles. Bien sûr les déclarations verbales timides n’ont eu aucun effet dissuasif sur les gouvernements israéliens successifs, et elles ont ouvert leur appétit de violation. Lorsque l’une des commissions de l’ONU, la CESAO, a osé publier un rapport détaillé qui qualifiait d’apartheid les événements à Jérusalem et en Cisjordanie , (rapport présenté le 15 mars 2017 par Madame Rima Khalaf, secrétaire exécutive de la Commission économique et sociale pour l'Asie occidentale –CESAO, ndt) le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, est intervenu et a retiré le rapport professionnel. La secrétaire exécutive de la CESAO a démissionné fin mars pour protester contre une mesure qui favorise Israël au détriment de la vérité. Cet incident a révélé ce qu’on savait déjà, c’est-à-dire que les parties internationales concernées sont bien conscientes de ce qui se passe, mais qu’elles ne veulent pas y mettre un terme.

Mais les Palestiniens impuissants dans les quartiers de Jérusalem n’ont pas attendu que les dirigeants de la communauté internationale se réveillent, cela fait déjà quelques temps qu’ils ont perdu toute confiance en eux. La population de Jérusalem fait pression sur le gouvernement de l’occupation sur les places et dans les rues et réussit à perturber le programme du gouvernement israélien qui reçoit toute sorte de privilèges considérables des grandes capitales, des deux côtés de l’Atlantique. Dès que Netanyahou a pris ses nouvelles mesures inouïes contre la Mosquée Al-Aqsa, les places de Jérusalem se sont remplies de manifestants en colère et de sit-ins et manifestations énormes qui auraient été glorifiées et saluées par l’Europe si elles avaient été organisées à Istanbul et à Moscou par exemple. Cependant, que vont-ils faire si elles visent une autorité d’occupation qui jouit de relations profondes avec les pays européens et occidentaux ?

L’Europe traite toujours l’arrogance de Netanyahu comme elle ferait avec un enfant têtu et malicieux, c’est-à-dire avec plus de gâteries. Les dirigeants européens ne l’ont pas réprimandé, tout au long des mandats de l’ancien président US Barack Obama ou de ses prédécesseurs, alors comment oseraient-ils le gronder pendant le mandant de Trump, qui n’a jamais souri à quiconque à la Maison Blanche autant qu’il l’a fait au Premier ministre israélien. L’Europe sait que Netanyahu, ainsi que ses ministres issus des camps de la discrimination politique, du fascisme, du colonialisme et du fanatisme religieux, pousseront les enjeux à leur extrémité.

Cependant, la période prévue où l’on ignore les problèmes est liée à la gravité des événements. Avec le temps ou avec la dégradation de la situation, le monde va se rendre compte que ce qui se passe actuellement à Jérusalem n’est pas un incident passager. La ville bouillonne comme jamais auparavant et la colère populaire se déchaîne autour de l’inviolabilité de la cité et ses lieux historiques après que le gouvernement de Netanyahu a libéré de la lampe le génie palestinien, avec ses plans de prise de contrôle total de la Mosquée Al-Aqsa, qui attendaient en coulisses le moment opportun.

Le moment opportun, c’est celui où le monde arabe est préoccupé par ses conflits et s’intéresse à la situation à Mossoul et à la nouvelle crise dans le Golfe, tandis que l’Europe souffre de paresse politique estivale. En plus de cela, le président de l’Autorité palestinienne est de plus en plus faible et fatigué aujourd’hui, ce qui est très rassurant pour les Israéliens. Il semble très occupé à neutraliser ses adversaires dans l’arène politique, y compris même dans son propre parti. Le gouvernement israélien ne veut pas laisser passer cette rare opportunité, puisqu’il aspire à réaliser une expansion à grande échelle à Jérusalem, et vient de marquer 50 ans d’occupation de sa partie orientale. Le gouvernement cherche des justifications, par exemple des incidents sécuritaires, pour renforcer sa mainmise et poursuivre son programme coercitif dans le but d’effacer l’identité arabe de Jérusalem et de continuer à manipuler la démographie de la cité.

Les autorités d’occupation adoptent une approche « étape par étape » pour réaliser leurs plans globaux dans la ville en s’emparant progressivement de parties de celle-ci, sans obstacles réels au plan international, en employant une série de méthodes et de mesures sans pareilles ailleurs. Le gouvernement continue de prendre des parties de Jérusalem, tandis que les résolutions internationales relatives à Jérusalem ne sont que de l’encre sur du papier étant donné le mépris qu’elles inspirent à Israël. L’occupation israélienne a développé un système complexe de contrôle et d’oppression dans l’une des régions les importantes et les plus sensibles du monde.

L’occupation ne veut pas voir une présence palestinienne à Jérusalem, alors elle a fermé la plupart des institutions culturelles, médiatiques et caritatives palestiniennes qui travaillent avec la société civile. Elle a aussi puni les députés arabes de Jérusalem en les emprisonnant et en les expulsant de la ville, ainsi qu’en privant les Jérusalémites de permis de construire. Elle démolit tout ce qu’ils construisent sur les terres palestiniennes et a circonscrit leurs vies à l’intérieur de déprimants murs gris et d’innombrables postes de contrôle. A la lumière de cela, les types d’oppression systématique, de discrimination institutionnelle et de pression silencieuse sur les vies quotidiennes des Jérusalémites ont augmenté et se sont amplifiés, en particulier avec les différentes politiques d’expulsion mises en œuvre contre les habitants de la ville. Pendant ce temps, les colons israéliens reçoivent des terres, des maisons, des infrastructures, la liberté de circulation et de généreux privilèges. Ce n’est pas exactement la même chose que l’apartheid, mais plutôt sa version plus avancée et plus développée qui n’accorde pas aux Palestiniens leur droit de rester dans leur ville ou d’y revenir. Ce concept a dépassé l’expérience sud-africaine.

L’influence centrale de Jérusalem qui s’est accumulée à travers l’histoire est toujours active aujourd’hui et toute étincelle dans cette zone suffit à décharger d’énormes quantités de colère engrangée dans le monde entier. Les Palestiniens confirment qu’ils ne se rendront pas et ne s’effondreront sous aucune des mesures récentes de l’occupation, y compris l’imposition d’un nouveau mécanisme de contrôle, de surveillance et d’humiliation lorsqu’ils entrent à la Mosquée Al-Aqsa sous la forme de portiques électroniques contrôlés par les forces israéliennes. Des Palestiniens en masse se sont privés d’entrer à Al-Aqsa et ont donc fait leurs prières à l’extérieur de la mosquée dans un message de défi et d’engagement populaire jamais vu. C’est ainsi que les portiques électroniques sont devenus le point central d’un rapport de force grandissant à Jérusalem entre les musulmans et les chrétiens palestiniens et les autorités d’occupation armée. Netanyahou ne s’y attendait pas lorsqu’il a pris ce risque irresponsable.

Les développements actuels ont montré l’incapacité du gouvernement d’ « apartheid développé » à contenir Jérusalem sept décennies après avoir occupé sa moitié occidentale, et un demi-siècle après avoir occupé sa moitié orientale. Cette moitié de la ville, dont la Vieille Ville et les lieux saints musulmans et chrétiens, se transforme en un théâtre de résistance civile capable de gagner l’intérêt du monde.

Les leaders européens continuent de se détendre sur les plages, loin des slogans et des phrases affichés dans leurs bureaux sur le soutien aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales, ainsi qu’au rejet de l’oppression et de la tyrannie, mais Jérusalem a ouvert un nouveau chapitre de son histoire, et peut-être de l’histoire d’une région qui a gardé sa capacité à enflammer le monde.



Source : Middle East Monitor

Traduction : MR pour ISM

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Al-Aqsa : sous des prétextes sécuritaires, Israël poursuit son nettoyage ethnique de la Palestine

Les détecteurs de métaux installés à Al-Aqsa n’ont rien à voir avec la sécurité et Israël utilise ce prétexte pour poursuivre tranquillement l’expulsion des Palestiniens de leurs terres.
Al-Aqsa : sous des prétextes sécuritaires, Israël poursuit son nettoyage ethnique de la Palestine
Hier, des milliers de Palestiniens sont venus à Jérusalem pour accomplir l’acte le plus simple et le plus pacifique : la prière. Les Palestiniens – les musulmans et les chrétiens, les femmes et les hommes, jeunes et vieux – ont prié dans les rues après avoir refuser d’accéder au complexe d’al-Aqsa à travers les nouveaux détecteurs de métaux et les barricades érigées par Israël devant le site. Les forces israéliennes, armées de munitions pour tuer, de grenades incapacitantes, de grenades assoudissantes, de canons à eau et de gaz lacrymogènes, se sont préparées à tuer.

Et ils l’ont fait : à la fin du jour, les forces israéliennes et les colons armés avaient tué trois jeunes hommes palestiniens et blessé plus de 450 autres, certains très sérieusement. Les forces israéliennes ont même tenté d’attaquer un hôpital palestinien pour y kidnapper ceux qui avaient été blessés par leurs armes.

Israël prétend que les détecteurs de métaux sont nécessaires pour la « sécurité » d’Israël à la suite d’un incident la semaine dernière où deux officiers israéliens armés ont été tués. Ces détecteurs de métaux ne concernent pas la sécurité, mais plutôt la tentative délibérée d’empêcher les Palestiniens d’accéder à leurs lieux de culte.

Le contraste est saisissant, par exemple, avec la position récente d’Israël envers le Temple Mount Faithful – un groupe d’extrémistes fanatiques juifs qui ont ouvertement annoncé qu’ils voulaient la destruction de tout le complexe d’al-Aqsa pour construire un temple juif à sa place.

Cependant, tout en plaidant ouvertement pour le nettoyage ethnique des Palestiniens et la destruction des sites sacrés musulmans, le gouvernement israélien continue d’autoriser ce groupe à pénétrer dans le complexe d’al-Aqsa (y compris avec des armes) sous le couvert de la « liberté de religion ».

En 1990, ce groupe a tenté d’y installer une pierre angulaire pour un temple juif, ce qui avait déclenché des manifestations au cours lesquelles une vingtaine de Palestiniens avaient été assasinés.

La demande de liberté de religion pour les Palestiniens – la possibilité de pratiquer ses rites religieux sans ingérence des forces armées israéliennes – est commodément ignorée. Les détecteurs de métaux doivent être placés dans leur contexte approprié : comme un autre fait colonial d’Israël qui s’ajoutent à la volonté de nous effacer, nous la population indigène, d’effacer nos maisons, notre culture et nos sites religieux, et de nous remplacer par des colons.

Pour sa part, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, se réjouit de voir la violence se répandre dans Jérusalem. Face à une enquête de corruption pour un scandale [dans une transaction] de sous-marins allemands, Netanyahu refuse d’enlever les détecteurs de métaux afin de s’assurer que l’attention est écartée de cette affaire et plutôt axée sur la violence.

Vous voyez, en Israël, « la sécurité » se vend : elle assure des votes et veille à ce que les accusations de corruption soient mises à l’écart.

Pour être clair, aucun Palestinien ne veut voir ses sites sacrés transformés en lieux de conflit armé. Mais en utilisant le prétexte de sa « sécurité », Israël a veillé à ce que nous, Palestiniens, vivions comme des prisonniers dans notre propre patrie.

Au nom de sa « sécurité », Israël exproprie les terres palestiniennes. Au nom de sa « sécurité », Israël construit des colonies réservées aux seuls juifs sur des terres palestiniennes volées. Au nom de sa « sécurité », Israël démolit les maisons et les écoles palestiniennes et au nom de sa « sécurité », les Palestiniens sont assiégés à Gaza, forcés de vivre sans électricité, sans service de santé et approvisionnement en d’eau adéquats, et se voient même interdit d’accéder à la mer.

Et, lorsque les Palestiniens sont abattus par des meurtriers de masse, comme ils l’ont été dans les années 1990 à Hébron par Baruch Goldstein, les Palestiniens – et non les Israéliens – sont soumis, toujours au nom de la « sécurité, à des restrictions encore plus sévères dans leurs mouvements. Bref, Israël cherche à faire de Jérusalem un nouvel Hébron : interdits aux Palestiniens, mais avec toutes les facilités pour les juifs israéliens qui prennent le pas sur les droits des Palestiniens.

Alors qu’Israël continue d’abattre les Palestiniens, qui assurera la sécurité des Palestiniens ?

Cette sécurité ne viendra pas du leader palestinien non élu actuel, Mahmoud Abbas, qui s’est promené quatre jours en Chine alors que les Palestiniens sont empêchés d’accéder au complexe d’Al-Aqsa et que les Gazaouis souffrent sous un blocus qu’il a ouvertement soutenu. Ni, bien sûr, ne viendra-t-il d’une communauté internationale silencieuse qui ne sait comment tordre ses mains et condamner Israël dans les termes les plus mesurés.

Au contraire, les Palestiniens continueront à se défendre, et à se défendre courageusement, ne s’inclinant que devant le Dieu qu’ils prient et jamais devant les diktats israéliens.


Al-Aqsa : sous des prétextes sécuritaires, Israël poursuit son nettoyage ethnique de la Palestine
Diana Buttu est avocate et analyste palestinienne. Elle a été conseillère juridique de l’équipe de négociation palestinienne de 2000 à 2005.



21 juillet 2017 – Al-Jazeera – Traduction : Chronique de Palestine


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Le tourisme de la mort en plein boom en Israël (vidéo)

Le tourisme de la mort en plein boom en Israël (vidéo)
« Apprendre à tuer un Palestinien pour 100 € seulement » : tel est l'argument de vente de l'une des nombreuses entreprises israéliennes proposant aux touristes des stages de tir à balles réelles sur cibles « terroristes ».

« Dans la vie, ils sont comptables, banquiers ou hommes d'affaires. Certains sont déjà retraités. Mais aujourd'hui, ces touristes de Hong Kong se prennent pour des commandos de l'armée israélienne spécialistes en contre-terrorisme », raconte Judy Maltz, du quotidien Haaretz.

La journaliste a effectué un reportage auprès de la société Caliber 3, installée dans la colonie illégale du Gush Etzion, en Cisjordanie occupée.

Le moniteur, qui se la joue Rambo, aboie ses ordres :

« Vous allez apprendre le mot ' feu ! ' en hébreu : il faut crier « 'esh !, esh ! ; allez, plus fort, j'entends rien là les mecs ».

Après avoir tiré quelques balles réelles sur les cibles -en l'occurrence, la photo d'un jeune Palestinien armé d'une fronde, ou une autre, montrant un Palestinien muni d'un simple keffieh-, les banquiers de Hong Kong ont l'air moins inhibés, et certains manifestent une certaine jouissance, raconte Judy Malz.

Le « tourisme militaire », est une institution aussi vieille qu'Israël, où les casernes ont toujours organisé des journées « portes ouvertes », à l'attention des Israéliens en premier lieu.

Mais en ces temps de néo-libéralisme, l'idée de faire du bourrage de crâne un business également lucratif a prospéré, et les start-ups privées ont essaimé, en direction d'une clientèle étrangère, seule susceptible de payer, les touristes juifs états-uniens notamment.

« Aujourd'hui, un séjour en Israël ne peut pas se limiter à Yad Vashem, la Mer Morte ou un tour de la Vieille Ville de Jérusalem. D'où l'idée de vendre quelque chose de plus excitant aux touristes. Aux Américains, en particulier, nous disons : 'Dans votre pays, vous avez le droit d'avoir des armes ; nous on va vous apprendre à vous en servir », argumente l'un de ces marchands de mort.

Susan Parker, mariée et mère de deux garçons de 10 et 13 ans, abonde : « Nos fils en ont marre qu'on les traîne dans des musées. Alors, quand on leur a dit qu'ils allaient tirer avec un vrai fusil, ils ont tout de suite été d'accord ».

A Caliber 3, il en coûte 115 dollars pour une « aventure de tir » de deux heures, comprenant la simulation d'un attentat suicide, des séances de tir sur cibles arabes, et une démonstration de chiens d'attaque à glacer d'effroi tout survivant des camps SS. Mais les moniteurs expliqueront ensuite à leur clientèle que les chiens de l'armée la plus morale du monde ont une perception aigüe du prix d'une vie humaine, pas comme ces Palestiniens qui sont moins que des animaux.

(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)

Source : haaretz.com

CAPJPO-EuroPalestine

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La seconde vie de Ghassan Kanafani

La seconde vie de Ghassan Kanafani
La seconde vie de Ghassan Kanafani
As'ad AbuKhalil, Chronique de Palestine
 
 
 File:Kanafanio.jpg
Ghassan Kanafani à son bureau de Beyrouth. (Assafir)
 
Au début des années 1970, trois intellectuels palestiniens - Ghassan Kanafani, Majed Abu Sharar et Kamal Nasser – ont créé ensemble le Bureau d'information de l'Organisation de libération de la Palestine.
 
Les terroristes israéliens les ont tué tous les trois, en moins de dix ans : Kanafani en 1972, Nasser en 1973 et Abu Sharar en 1981.
 
Le mouvement sioniste ne s’est jamais donné la peine de faire la distinction, dans ses campagnes d’assassinat, entre civils et militaires ; en fait, à maintes reprises, le gouvernement israélien (tout comme le mouvement sioniste avant la fondation de l'Etat d'occupation) a ciblé les civils pour terroriser les populations. Tout porte à croire qu’Israël a volontairement tué Kanafani pour le faire taire. Mais le plan n'a pas fonctionné comme prévu.
 
Cela fait, ce mois-ci, quarante-cinq ans que Kanafani a été assassiné, et il est toujours là.
 
Il est omniprésent sur les médias sociaux arabes, même chez les jeunes générations qui ne sont pas habituées à ouvrir des livres. Il est devenu une icône pour d'innombrables Arabes, et les citations de ses articles remplissent les médias sociaux. Ses dessins et ses affiches circulent partout. Ils symbolisent la révolution, la Palestine et d’autres choses encore.
 
La publication, en 1992,  de ses lettres d'amour à l'écrivaine syrienne Ghada Samman (qui n'avait jamais publié aucune de ses lettres à Kanafani) a donné une nouvelle image de Kanafani. Ces lettres d'amour sont citées largement par les femmes arabes sur les médias sociaux, et sa passion romantique pour Samman est devenue le thème de légendes d'amour, dans la tradition de Romeo et Juliette - ou de Qays et Layla pour les Arabes.
 
Je n'ai jamais connu Ghassan Kanafani: il a été assassiné quand je n'avais que 12 ans. Mais, je dois en avoir entendu parler tout petit, car j’ai l’impression de l’avoir toujours connu. Mon oncle, Naji AbuKhalil, a travaillé avec Kanafani à Al-Hurriya, la revue du Mouvement nationaliste arabe. La revue était le quartier général des intellectuels d'avant-garde qui rédigeaient des articles sur les arts, la littérature et la politique. Ce sont eux qui ont fait découvrir aux lecteurs arabes les écrivains de la gauche française et qui ont abordé la cause palestinienne dans un langage marxiste qui contrastait nettement avec le langage usé et stéréotypé des marxistes arabes orthodoxes qui ne se sont jamais remis de leur adhésion servile au soutien soviétique du plan de partition des Nations Unies pour la Palestine de 1947.
 
 
Il voulait libérer la Palestine
 
Je me souviens de l’affection avec laquelle mon oncle parlait de Kanafani, et je me souviens aussi que son histoire d'amour à sens unique avec Samman embarrassait ses amis. Kanafani était très populaire auprès des hommes et des femmes, mais il faisait une fixation sur Samman. Ses amis l'ont exhorté en vain à se libérer de cette obsession. Samman occupait le cœur de Kanafani, mais pas son esprit, qui était concentré sur la libération de la Palestine. Kanafani était aussi vu comme quelqu’un de vulnérable: il souffrait de diabète et devait s’injecter une dose quotidienne d'insuline. Parfois, il s'évanouissait, et il fallait lui faire manger des bonbons.
 
Kanafani était connu de la café society* du Liban et il avait le sens de l'humour. Mon oncle et lui ont un jour décidé de jouer un tour au nouveau « mouvement de vers libres », parrainé par des Libanais de droite associés à la revue Shi'r (Poésie). Avec des amis (si je me souviens bien), Kanafani  et mon oncle ont mis bout à bout quelques phrases et lest ont envoyées à la revue. Le poème a évidemment été publié avec les compliments de la revue à ce nouveau talent (les plaisantins avaient évidemment utilisé pseudonyme).
 
Mais pour nous, Kanafani était aussi un journaliste et chroniqueur libanais prolifique. Il jouait un rôle essentiel dans la vie des plus importantes publications de l'époque, depuis le supplément du Filastin (Palestine) jusqu’au très populaire journal al-Muharrir (al-Muharrir était un journal nationaliste arabe qui était le pendant de gauche d'An-Nahar qui reflétait les positions des Etats-Unis et des états du Golfe). Al-Muharrir avait pour objectif d’éclairer les jeunes libanais sur la vanité des différents mythes nationalistes libanais et aussi de les encourager à embrasser de tout leur cœur la cause palestinienne.
 
Kanafani a également publié dans le magazine Al-Hawadeth, et aussi dans le journal Al Anwar sous le pseudonyme de Faris Faris. C’est Kanafani qui a démarré le supplément culturel hebdomadaire d’Al Anwar. Il a également écrit pour al-Hawadeth en utilisant le pseudo de Rabie Matar. Mais malgré son succès dans les médias libanais, il a cessé d’y publier après 1967.
 
Suite à la défaite de la guerre de 1967, les diverses branches du Mouvement nationaliste arabe se sont transformées en organisations marxistes-léninistes nationales. La branche palestinienne est devenue le Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP) à la fin de 1967. Peu de gens savent que ce n’est pas lui qui a eu l'idée de la revue qui a fait de lui un symbole. Et encore moins de gens savent que celui qui a lancé le magazine Al-Hadaf, l’organe de presse du FPLP, n'était autre que Wadie Haddad.
 
Haddad avait un excellent sens de la communication et il savait que l’information faisait partie de la lutte de la Palestine. De plus, il n’appréciait pas que la plupart des intellectuels de gauche du Mouvement nationaliste arabe gravitent autour de Nayef Hawatmeh, l'ennemi juré de George Habash, son meilleur ami. En 1969, Haddad a financé le projet et chargé Kanafani de le mettre en œuvre.
 
 
L'empreinte de Kanafani
 
Al-Hadaf était un magazine unique en son genre. Il a laissé une empreinte indélébile sur les médias révolutionnaires du monde entier. Depuis les bureaux d'Al-Hadaf sur la Corniche al-Mazraa de Beyrouth, Kanafani a créé et édité quelques-unes des affiches les plus spectaculaires de la révolution palestinienne.
 
Il a rendu les idées révolutionnaires marxistes arabes cool et tendances, contrairement aux ennuyeuses publications du Parti communiste libanais. Il a associé l'art à la littérature et à l'information, avec en ligne de mire la libération de la Palestine. Le magazine était également soucieux de transparence: il a publié toutes les contributions financières qu'il a reçues du monde entier. Cela allait des mandats envoyés par des étudiants arabes vivant dans des pays occidentaux (avant que ce ne soit considéré comme un acte terroriste et interdit) jusqu’aux dons en nature des pauvres résidents des camps de réfugiés palestiniens.
 
Kanafani et sa revue ont été les premiers à faire connaître les poètes arabes (en particulier Mahmoud Darwish, Samih al-Qasim et Tawfiq Zayyad) à un plus large public arabe. Il a combattu le préjugé ridicule consistant à regarder avec suspicion les Arabes restés sous la domination de l'état d'occupation israélien.
 
Al-Hadaf était la bannière du FPLP, et les gens venaient du monde entier pour voir Kanafani et rejoindre l'organisation. La politique de la porte ouverte de Kanafani l’a fragilisé car elle permettait aux nombreux agents des services secrets ennemis de l'approcher facilement. Dans les semaines qui ont précédé son assassinat, les salariés d'Al-Hadaf ont remarqué que davantage de femmes occidentales ont rendu visite à Al-Hadaf, en se faisant passer pour des journalistes.
 
Kanafani ne se lassait jamais de parler de  la cause palestinienne à ceux qui le lui demandaient. Son anglais n'était pas très bon, mais il réussissait à s'exprimer clairement et fermement, dans cette interview, par exemple, Kanafani est très incisif et il résiste point par point au journaliste qui défend le point de vue habituel des Occidentaux.
 
Des extrémistes dogmatiques se moquaient de Kanafani parce qu’il passait du temps avec les journalistes occidentaux, et il rétorquait toujours qu'il n’était pas question pour lui de rentrer dans une logique de surenchère ou de rivalité avec ceux qui ne comprenaient pas son travail pour la cause palestinienne. Il expliquait qu’il avait renoncé à un emploi sûr à Al Anwar, et à un salaire de 2 000 livres libanaises, pour travailler pour le FPLP qui le payait 700 livres (sans compter qu’Al Anwar lui garantissait aussi un mois salaire supplémentaire en plus de divers avantages).
 
Habash et Haddad admiraient tous les deux Kanafani. Haddad le consultait sur la situation internationale avant de planifier ou d'exécuter une opération. Kanafani informait les deux hommes des derniers débats en Occident sur la cause palestinienne. Habash le considérait comme son ami le plus proche et, à sa mort, il a dit : « J'ai perdu ma meilleure moitié ». Selon ses amis, Habash n'a plus jamais été le même après l'assassinat de Kanafani. Lorsque le FPLP a tenu son Troisième Congrès national en 1972, Habash avait chargé Kanafani d’écrire le célèbre rapport politique appelé « Les missions de la nouvelle étape ».
 
 
Le calcul d'Israël
 
Il était clair que les Israéliens connaissaient la valeur de Kanafani et son dévouement à la Cause palestinienne, même s'il n'a jamais joué de rôle militaire dans l’organisation. Israël préfère des gens comme Mahmoud Abbas, Muhammad Dahlan, Yasser Abed Rabbo et Jibril Rajoub. Ces personnes ne font que nuire à la révolution palestinienne alors que Kanafani a servi la cause chaque minute de sa vie.
 
Des rapports américains déclassifiés montrent leur vif intérêt pour Ghassan Kanafani. Les Américains et les Israéliens étaient contrariés du rôle médiatique de Kanafani, et certains documents américains faisaient des références spécifiques aux conférences de presse qu'il tenait. Quelques semaines avant son assassinat, Kanafani a été agressé par des voyous à Beyrouth occidental. An-Nahar a publié un article qui tournait en dérision le récit de Kanafani de son agression. Mais lorsque Wadie Haddad en a entendu parler, il a eu peur. Ses amis lui disaient : « Si c'était le Mossad, ils l'auraient tué tout de suite ». Haddad leur répondait : « Pas nécessairement ! » Pas nécessairement. Haddad avait vu juste.
 
On ne sait pas si cet incident avait quelque chose à voir avec l'assassinat qui a eu lieu quelques semaines plus tard. Kanafani n'a jamais pris de précautions pour sa sécurité. Il avait une vie régulière et on savait où il allait : à Al-Hadaf et dans les différents cafés fréquentés par les journalistes de l'époque. Il passait ses dimanches en famille. Ses ennemis n’avaient aucun mal à le suivre, surtout qu'il vivait (bizarrement) dans l'est de Beyrouth, un bastion des partis libanais de droite anti-palestiniens.
 
Israël n'a jamais été obligé de rendre des comptes pour avoir assassiné ce grand homme qui était tout à la fois artiste,  poète, calligraphe et journaliste. Israël (pas plus que le mouvement sioniste avant lui) n'a jamais été obligé de rendre des comptes sur sa propension à cibler les civils arabes. Les Occidentaux ont justifié l'assassinat de Kanafani par les Israéliens en disant: « Mais Kanafani  était membre du politburo du FPLP au moment de sa mort ». La vérité – très peu connue - est que Kanafani a été nommé membre du politburo à titre posthume. Quand il était en vie, Kanafani n'avait pas assez patience pour consacrer son temps à de longues et ennuyeuses réunions comme les membres d'une organisation doivent le faire.
 
On peut dire, sans exagérer, que Kanafani connait une sorte de deuxième vie. Il est redécouvert par une nouvelle génération d'Arabes. Divers sites Web lui sont dédiés et ses livres sont publiés (et piratés) dans diverses éditions. Qui aurait cru qu'un homme, qui n'avait que 36 ans quand il a été assassiné, aurait une influence aussi grande et aussi longue ? Encore une autre erreur de calcul des Sionistes !
 
Asadad AbuKhalil est professeur de science politique à l'Université d'État de Californie, Stanislaus
 
Note :
* La Café society, un milieu cosmopolite apparu au lendemain de la Première Guerre mondiale, ancêtre de la jet set
 
Traduction : Dominique Muselet
 
La seconde vie de Ghassan Kanafani
 

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Usure de la compassion ?

Certains jours, nous sommes dépassés par tout ce qu’il y a à faire en réaction aux catastrophes humanitaires et aux défis géopolitiques auxquels nous, humains, sommes confrontés. Beaucoup de choses nous préoccupent à cause de la communication de masse, de la mondialisation et du fait que toutes les luttes sont liées (les élites sont liées dans notre oppression).
Usure de la compassion ?
Cette semaine par exemple, ici en Palestine, nous pensons à ces tragédies en cours qui sont reliées :

- Le siège et la famine persistants de 2 millions de personnes à Gaza (des réfugiés pour la plupart) sans électricité, à peine d’eau courante (qui ne peut s’écouler sans électricité pour la pomper, etc.),

- le siège et la destruction des Arabes à Jérusalem : Israël s’est servi de la piètre excuse du meurtre de deux de ses soldats pour accélérer son vieux projet de se débarrasser des Palestiniens de la ville pour en faire une ville juive. L’installation de checkpoints électroniques (voir la vidéo) tenus par des soldats de l’occupation pour filtrer l’entrée des musulmans à leur lieu saint est inacceptable pour tout musulman honnête dans le monde. Comme les colonies juives et les murs à Jérusalem, il est aussi contraire au droit international (4ème convention de Genève) de modifier le statu quo dans les territoires occupés. Les colons juifs se réjouissent à l’idée d’avoir un libre accès, sans fidèles musulmans, au lieu saint musulman.

- L’attaque contre l’Unesco pour avoir suivi le droit international et non les rêves de conquête des sionistes. Il faut soutenir l’Unesco.

- La misère humaine à Mosul, Iraq, après que l’armée irakienne a libéré la ville occupée par Daesh (ISIS), création US/israélienne.

- La misère humaine en Syrie infligée par des milices combattantes (mercenaires), qu’elles soient soutenues par la Turquie, les Etats-Unies ou Israël. Le jeu géopolitique mené là inclut également l’Iran, l’Arabie Saoudite, la Turquie et Israël. Le peuple paie le prix.

- La misère humaine infligée au Yémen par les gouvernements saoudiens et émiratis (soutenus aussi par les Etats-Unis et Israël).

- La catastrophe environnementale qui se produit tout autour de nous, avec si peu d’actions pour y remédier puisque les riches continuent de s’enrichir tout en nous occupant avec les conflits, le tribalisme, le nationalisme etc. (quelques exemple de distractions pendant qu’ils s’enrichissent).

Oui, certains jours on peut se sentir accablé par tout ça. Des ondes négatives commencent à s’insinuer (ressasser les défis, voir le verre à moitié vide, etc.). Ces jours-là, je suis content d’être entouré de beaucoup de jeunes bénévoles et personnels qui travaillent dur pour allumer des bougies dans l’obscurité.

Mais je suis aussi inspiré par le dévouement de ceux qui nous ont précédés. J’ai eu l’opportunité d’aller au cimetière aujourd’hui à cause d’un décès dans ma famille et j’ai rendu hommage à beaucoup de mes proches et beaucoup de mes héros, originaires de ma ville, tout en me souvenant d’autres dans des pays lointains qui nous ont précédés avant de devenir poussière et souvenirs (par exemple Edward Said). Cela nous aide à rester concentrés et à voir que ces défis sont aussi des opportunités. Que nous avons besoin d’un travail progressif. Que c’est un marathon, pas un sprint. Que nous ne sommes que les petites parties d’un combat plus large (humilité). Que le caractère sauvage de l’attaque contre nous est en fait un signe de désespoir des élites qui vivent dans leurs belles villas à Ramallah, à Tel Aviv et à Washington DC. Que nous devons continuer, avec l’optimisme de la volonté.

Laisser mourir ? George Khoury, directeur d’OCHA au Yémen. La plupart des conflits infligent les mêmes sortes d’épreuves et de désespoir sur leurs victimes, mais même parmi cette souffrance chronique, la guerre au Yémen a son propre visage distinct. C’est celui d’un enfant émacié par la faim. Est-ce que cet enfant ou les milliers d’enfants yéménites qui luttent contre la mort ont la moindre chance ? Pour en parler, Oksana a joint Georges Khoury, directeur d’OCHA au Yémen :
https://www.rt.com/shows/worlds-apart-oksana-boyko/396459-war-conflict-yemen-victims/

Venez nous voir en Palestine occupée, et restons humains.


(Traduction : MR pour ISM)

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L’opération héroïque d’al-Quds : le défi lancé à l’entité coloniale

L’opération héroïque menée par trois combattants palestiniens de la famille Al-Jabbarin, des territoires occupés en 48, dans la ville d’al-Quds, aux portes de la mosquée al-Aqsa, est un nouveau défi lancé à l’occupant.
L’opération héroïque d’al-Quds : le défi lancé à l’entité coloniale
D’abord, les combattants palestiniens sont venus de la ville d’Umm al-Fahem, située dans l’entité coloniale, et de ce fait, ils détiennent des cartes d’identité « israélienne ». Ils ont attaqué les policiers sionistes avec des armes de fabrication locale, les Karlo, « l’arme du pauvre », que des centaines d’ateliers en Palestine occupée peuvent fabriquer. Les trois combattants, Mohammad et Mohammad et Ahmad Al-Jabbarin, âgés entre 19 et 30 ans, ont réussi à se faufiler, avec leurs armes, jusqu’à la mosquée al-Aqsa, malgré les dispositifs sécuritaires de l’occupant, jugés comme étant les plus sophistiqués dans le monde, et bien que la ville d’al-Quds soit considérée comme étant la ville la plus « sécurisée » dans le monde. Il faut rappeler que les sionistes interdisent l’accès à la mosquée al-Aqsa, aux Palestiniens âgés de moins de 40 et parfois 50 ans, qu’ils viennent des territoires occupés en 48 ou 67, et que les caméras installées par les sionistes dans toute la ville, et notamment dans la vieille ville et aux alentours de la mosquée, surveillent à longueur de journée les allées et venues des Palestiniens. Malgré tous ces dispositifs, les combattants palestiniens ont donné une claque, et une grosse, aux forces sécuritaires de l’entité coloniale.

Le défi polilique adressé à l’occupant, à l’autorité palestinienne et aux Etats arabes normalisateurs avec l’occupant, n’est pas moins importante. C’est également un message à tous les Palestiniens qui attendent les « solutions » internationales, ou qui comptent sur les déclarations sempiternelles des Etats européens ou autres, affirmant qu’elles sont contre l’occupation et contre la colonisation, pour la « solution des deux Etats » ou autres balivernes. A l’occupant, le message est clair : Al-Quds est une ville arabo-musulmane, la judaïsation en cours ne peut être que passagère, car tant que le peuple palestinien vit, il résistera et la ville reviendra à son histoire, à sa civilisation, à son peuple et à sa nation. Malgré les apparences, du fait des rapports de force défavorables aux Palestiniens, aux Arabes et aux peuples libres dans le monde, il suffit d’une seule opération pour remettre en cause tous les projets concoctés par les puissances étrangères. Car si une opération de la résistance a eu lieu et a frappé fort, d’autres opérations peuvent survenir et frapper aussi fort. Les mesures sécuritaires de l’occupant, même soutenu par des alliés aussi puissants que les Etats-Unis, n’ont jamais réussi à stopper les actes de la résistance. Depuis octobre 2015, l’Intifada al-Quds que mène le peuple palestinien n’a pas fini de surprendre les stratèges de tous bords, de par son caractère spontané, général et particulier à la fois, et sa capacité à surprendre l’ennemi là où il s’attend le moins. Ni élitiste, ni dirigée, mais fermement ancrée dans la conscience palestinienne, qui renoue avec un passé résistant où les armes à feu ou autres expriment le devoir et le seul choix qui reste, face à une machine meurtrière qui broie la Palestine et les Palestiniens.

L’opération héroïque a adressé un message à l’Autorité palestinienne, lui reprochant de ne pas savoir protéger al-Quds et la mosquée al-Aqsa, mais au contraire, de poursuivre l’alliance sécuritaire avec l’ennemi, au détriment des lieux saints et des intérêts du peuple palestinien. Elle a également adressé un message à tous les normalisateurs, arabes et musulmans, qui poignardent le peuple palestinien, en tendant la main aux criminels sionistes et à leurs amis. Les initiatives de normalisation avec l’occupant se sont accentuées ces derniers temps, encourageant l’occupant colonial à poursuivre ses crimes : que ce soit en Tunisie qui compte recevoir le sioniste Boujenah, ou en Arabie saoudite, qui compte mettre en place une ligne aérienne directe entre « Israël » et l’Arabie saoudite, ou en Turquie, qui assiste à une reprise forte des relations commerciales avec les sionistes, ou dans d’autres pays arabes qui vivotent de l’aide occidentale, accordée avec des conditions précises, dont la normalisation des relations avec l’entité coloniale en Palestine.

L’opération héroïque dans al-Quds, aux portes de la mosquée au-Aqsa, qui a réussi à tuer deux soldats de l’occupant, est un message à tous ceux-là : la mosquée al-Aqsa appartient aux musulmans, elle doit demeurer sous la souveraineté musulmane, les juifs n’ont aucun droit sur ce lieu. Ils doivent s’en aller. Sinon, la résistance armée, soutenue par le peuple palestinien, et par les peuples arabes et musulmans, et tous les libres de ce monde, saura les faire partir.

C’est aussi le message adressé par le communiqué publié par les mouvements du Jihad islamique en Palestine et du Hamas, ce lundi 17 juillet, qui met en garde l’occupant contre toute mesure de judaïsation de la mosquée, 4 jours après sa fermeture et après l’installation de barrières électroniques à ses entrées. Dans ce communiqué, les organisations islamiques de la résistance affirment que la mosquée al-Aqsa constitue une « ligne rouge », non pas à la manière de la « ligne rouge » du régime jordanien, qui a dénoncé l’opération de la résistance dans al-Quds, mais une « ligne rouge » qui signifie que la résistance pourrait riposter d’une manière autrement plus efficace. Le communiqué appelle à cesser toutes les mesures sionistes, au retour de la souveraineté de la mosquée au département des Awqaf et à l’arrêt immédiat des profanations de la mosquée. Sinon, la résistance aura son mot à dire, et l’occupant devra supporter toutes les conséquences de son agression contre la mosquée al-Aqsa. Le communiqué appelle la nation, ses ulémas et ses prédicateurs à soutenir la mosquée al-Aqsa, car il s’agit d’un devoir prioritaire. « La nation devra assumer son rôle, faire pression sur ses gouvernements pour cesser toute normalisation avec l’occupant », et isoler l’entité sioniste dans le monde, car « toute relation avec l’occupant est illicite ». Toucher à la mosquée al-Aqsa et la profaner, officiellement et officieusement, ne peut passer ainsi, sans riposte. Tel est le message de la résistance.

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L’appel d’Al-Aqsa

Les Palestiniens continuent de réaffirmer qu’ils ne se soumettront jamais à l’occupation, quelle qu’en soit le prix.
L’appel d’Al-Aqsa
Les trois jeunes hommes de la famille Jabareen de Umm al-Fahem qui ont lancé l’attaque de vendredi à Jérusalem ont envoyé un appel à l’Autorité palestinienne (PA) et à son président Mahmoud Abbas.

Cet appel a également rappelé à un milliard et demi de musulmans à travers le monde que la mosquée al-Aqsa, leur qibla* originelle, est toujours sous occupation, et que le peuple indompté qui l’entoure donne sa vie pour résister et la défendre.

Mais Abbas n’a eu qu’une seule hâte, celle de téléphoner au Premier ministre israélien Binyamin Netanyahu pour exprimer sa condamnation et ses condoléances pour les deux policiers israéliens qui ont été tués…

Nous doutons que le président Abbas appelle également la famille Jabareen qui a donné le jour aux trois jeunes hommes et les a élevés pour aimer la Palestine et défendre ses lieux saints contre la campagne systématique de judaïsation. Il ne lui offrira pas non plus ses condoléances, comme il le fait chaque fois qu’un membre de l’armée israélienne d’occupation est tué.

En effet, le travail de l’Autorité palestinienne et de ses forces de sécurité est de protéger les colons israéliens, et non les Palestiniens.

L’attaque à proximité d’al-Aqsa perturbera sans aucun doute l’occupation israélienne et l’AP, en raison de son ampleur, de l’audace des attaquants et de l’utilisation d’armes à feu pour tuer les deux policiers israéliens. Cela prouve que les jeunes Palestiniens qui ont l’intention de résister à l’occupation développent leurs propres méthodes et ne privilégient plus des attaques individuelles, notamment parce que les troupes israéliennes les abattent systématiquement et de sang-froid, peu importe qu’il y ait eu intention réelle ou non de porter une attaque.

D’innombrables jeunes hommes et femmes ont été tués parce qu’ils étaient soupçonnés de porter un couteau, comme celui qui a été achevé par un soldat israélien d’une balle dans la tête alors qu’il perdait son sang au sol et qu’une équipe d’ambulanciers israéliens se contentaient de regarder.

Les autorités israéliennes d’occupation s’imaginaient que le peuple palestinien avait renoncé face à l’occupation parce que l’AP avait capitulé et que le Hamas négociait un accord avec Dahlan dans une tentative désespérée de réduire le blocus de la bande de Gaza et permettre à ses deux millions d’habitants de survivre. L’occupant a cru que les Palestiniens avaient cédé à la « modération » et abandonné toute autre pensée de résistance parce que le soutien arabe et islamique s’est effondré en raison des guerres en Syrie, en Irak et au Yémen, et parce que certains régimes arabes voient maintenant Israël comme un ami et allié qui peut être appelé pour les défendre contre l’ogre iranien.

Le peuple palestinien ne cédera pas à l’occupation israélienne ni se soumettra ni à son injustice ni à son racisme. Il exercera son droit à la résistance par tous les moyens disponibles. Le fait que les attaquants venaient d’Umm al-Fahem – occupé en 1948 et qui se porte mieux économiquement qu’en Cisjordanie – est une indication claire à cet égard. Cela atteste de l’unité du peuple palestinien et de son engagement envers ses droits légitimes : la libération, l’indépendance, la justice et l’égalité, où qu’il soit, dans sa patrie ou en exil.

Les autorités israéliennes ont fait le choix de la guerre et ont été aveuglées par l’arrogance de leur pouvoir à imposer l’injustice, les agressions et l’oppression contre un peuple qui tendait une branche d’olivier et dont les dirigeants ont abandonné 80% de la Palestine historique dans l’espoir de parvenir à la paix et à la coexistence.

Ce choix s’avérera sûrement comme étant aux racines de la défaite d’Israël. L’injustice est de courte durée par nature, et l’effondrement actuel du monde arabe ne durera pas éternellement. Les dictateurs ne peuvent éradiquer le sentiment authentique de solidarité de leurs citoyens envers le peuple palestinien. Israël ne sera jamais transformé d’ennemi en ami, même si ces dirigeants gonflent leurs muscles et tentent d’intimider leur peuple.

L’attaque de vendredi à Jérusalem nous prouve que le peuple palestinien ne se soumettra pas à l’occupation, ni à ceux qui la facilitent et veulent gagner composer avec elle. Les Israéliens devront un jour reconnaître ses droits et respecter les lois, résolutions et initiatives internationales qui peuvent amener la paix.


L’appel d’Al-Aqsa
Abdel Bari Atwan est le rédacteur en chef du journal numérique Rai al-Yaoum. Il est l’auteur de L’histoire secrète d’al-Qaïda, de ses mémoires, A Country of Words, et d’Al-Qaida : la nouvelle génération. Vous pouvez le suivre sur Twitter : @abdelbariatwan


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Fermeture d’al-Aqsa : Le Hamas dénonce l’absence de réaction officielle du monde arabe

Fermeture d'al-Aqsa : Le Hamas dénonce l'absence de réaction officielle du monde arabe
Le membre du Bureau politique du Hamas, Moussa Abu Marzouk, a regretté samedi sur sa page Facebook l'absence de réponse officielle du monde arabe à la décision israélienne de fermer la mosquée Al-Aqsa pour la première fois depuis son occupation.

Il a également fustigé les dernières remarques de l'ambassadeur saoudien en Algérie, Sami al-Saleh.
Saleh a déclaré récemment lors d'une entrevue télévisée que le Hamas est « certainement un mouvement terroriste».

Les autorités israéliennes ont fermé la mosquée Al-Aqsa vendredi matin pour la première fois depuis son occupation suite à une attaque menée par trois jeunes palestiniens de la ville d'Umm al-Fahm dans les territoires palestiniens occupés de 1948.

Deux policiers israéliens ont été tués et un troisième a été blessé lors de l'attaque. Malgré la gravité du mouvement israélien, aucune réponse arabe officielle n'a été observée, sauf des déclarations timides appelant à apaiser la situation et à réouvrir la mosquée Al-Aqsa aux fidèles.


https://french.palinfo.com/32240
@Copyright Le Centre Palestinien D'Information

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Comment la représentante de Cuba a l’Unesco a cloué le bec à Israël : Vidéo !

Comment la représentante de Cuba a l'Unesco a cloué le bec à Israël : Vidéo !
Ci-dessus cette vidéo de 2 minutes qui montre comment, une fois de plus, Israel a cherché à instrumentaliser et à s’approprier le génocide des juifs. La représentant de Cuba intervient après la minute de silence réclamée par le représentant israélien, pour souligner que seul le président est habilité à réclamer une minute de silence, mais que vu la situation, elle en demande une pour les victimes palestiniennes. Et là toute l’assemblée se lève pour observer une minute de silence !

Partout dans le monde, il faut dénier à cet Etat raciste et criminel le droit d"instrumentaliser le génocide des Juifs !

Tous aux rassemblements pour protester contre le fait qu’Emmanuel Macron reçoive Netanyahou, et l’invite à commémorer les victimes de la rafles du Vel D’Hiv en 1942 !

CE SAMEDI 15 JUILLET À 15 H, PLACE DE LA RÉPUBLIQUE, A PARIS !

ET aussi ce samedi :

A SAINT-ETIENNE : à 15H place du Peuple

A POITIERS : à 11 heures place du Marché (devant Notre-Dame)

A MARSEILLE : à 18h00 sur le vieux port, sous l’ombrière

ET N’OUBLIEZ PAS DE SIGNER LA PÉTITION POUR LA LEVÉE DU BLOCUS DE GAZA : MACRON AURA PEUT ÊTRE ENVIE D’EN TOUCHER DEUX MOTS À SON INVITÉ ?
https://www.change.org/p/pr%C3%A9sident-de-la-r%C3%A9publique-urgence-humanitaire-%C3%A0-gaza-lev%C3%A9e-du-blocus

CAPJPO-EuroPalestine

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« Game of Thrones » à Gaza : comment mieux défaire la résistance à l’occupation…

Les rumeurs sur un retour du dirigeant en exil Mohammed Dahlan, font partie d’un plan archestré par Israël pour étouffer la résistance dans le territoire sous blocus.
« Game of Thrones » à Gaza : comment mieux défaire la résistance à l’occupation…
À en juger par sa taille, la bande de Gaza pourrait être trop petite pour être importante dans les intrigues régionales en cours impliquant Israël, les États-Unis, la Turquie, l’Égypte et les pays du CCG. Cependant, la bande côtière de 365 km carrés, qui est sous le siège israélien et égyptien depuis plus de 10 ans, dépasse largement sa taille dans le jeu politique en cours impliquant les joueurs les plus puissants de la région…

Le « jeu » a de nombreux joueurs, tous motivés par l’intérêt personnel et leur capacité à durer dans le temps. Israël a eu la main haute jusqu’ici, en observant les alliances émerger et d’autres se défaire, en manipulant les différents paramètres comme bon lui semble et en s’assurant que le résultat soit toujours en sa faveur.

Mais qu’est-ce que Israël veut vraiment ?

Peu de temps après que le mouvement du Hamas ait remporté les élections palestiniennes en 2006, Israël a imposé un siège à Gaza. Le siège est depuis resté en place et s’est renforcé au point de devenir le statu quo. Dov Weisglass, un des principaux conseillers israéliens du Premier ministre Ehud Olmert, avait il y a 10 ans, exposé comme suit les motifs d’Israël derrière le siège : « L’idée est de soumettre les Palestiniens à un régime, mais pas de les faire mourir de faim ».

Cette citation unique, ignorée par beaucoup dans les médias occidentaux dominants, illustre la cruauté avec laquelle Israël traite les Palestiniens. Pourtant, il y a plus d’une expression dans la perversité israélienne.

Tout d’abord, le régime de famine de Weisglass est en vigueur depuis, avec peu de moyens pour remédier aux souffrances des Palestiniens à Gaza.

Deuxièmement, avec le temps, le siège israélien est également devenu un blocus égyptien, ce qui rend le pays arabe le plus peuplé complice du plan israélien de domination des Palestiniens.

Troisièmement, l’Autorité palestinienne à Ramallah a appris non seulement à coexister avec le siège israélien à Gaza, mais aussi à en bénéficier.

L’autorité de Cisjordanie est contrôlée par le mouvement du Fatah, crédité du lancement de la révolte palestinienne il y a plusieurs décennies. Mais les temps ont changé. Le mouvement, dominé par un leader vieillissant, Muhammad Abbas, vit une lutte de pouvoir dans ses rangs, tout en faisant son maximum pour que ses rivaux du Hamas soient affaiblis, isolés et discrédités.

La part égyptienne du siège ne peut pas être sous-estimée. Depuis son avènement au pouvoir suite à un coup d’état militaire le 3 juillet 2013 contre un gouvernement élu, le général – maintenant président – Abdul Fatah al-Sisi a rapidement renforcé l’isolement de la bande de Gaza et par extension, du mouvement Hamas.

Le coup de force de Sisi a réussi, de façon décisive et violente, à renverser un gouvernement dominé par les Frères musulmans au Caire, mais pas ses affiliés palestiniens à Gaza.

Le Hamas, largement considéré comme la branche palestinienne de la Fraternité musulmane, domine toujours dans la bande assiégée, malgré les tentatives israéliennes résolues de le détruire ainsi que tout ce qui ressemble à de la résistance. Trois guerres majeures (2008-9, 2012 et 2014) ont tué des milliers de Palestiniens, y compris des centaines de combattants et de responsables du Hamas, mais l’équilibre politique est resté fermement dans les mains du Hamas.

Avec le temps, le siège israélien est devenu égyptien, avec l’approbation tacite des dirigeants palestiniens en Cisjordanie et avec l’approbation arabe également. Certains gouvernements arabes du Golfe, qui voulaient assurer la disparition complète de la Fraternité, ont vu dans la survie du Hamas une menace.

Maintenant, alors qu’il est dans sa onzième année, le siège est devenu un investissement partagé et à long-terme israélo-palestino-arabe

Pourtant, ce n’est pas seulement une question de politique ou d’idéologie.

À la suite de diverses révoltes populaires dans plusieurs pays arabes, les régimes arabes sans mandat démocratique ont rapidement écrasé la dissidence, peu importe combien elle ait pu être inoffensive. Les blogueurs ont été traînés dans les prisons, les poètes étaient emprisonnés, des militants pacifiques ont été assassinés, des milliers ont disparu dans des purges massives… Tout cela pour assurer que les soulèvements ne se reproduisent pas.

Pendant ce temps, Israël a continué à avancer sans entrave avec ses vols de terres et son expansion coloniale juive. Grâce à la « coordination de la sécurité » entre Israël et l’Autorité palestinienne pour réprimer les Palestiniens dissidents, le plan israélien d’annexer la majeure partie de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est se déroule sans trop d’obstacles.

Sauf, bien sûr, avec l’obstacle de Gaza… qui symbolise une sorte de résistance qui ne pouvait être éliminée, ni par la famine, ni l’emprisonnement de fait, ni la puissance de feu. Près de 5000 Palestiniens ont été tués à Gaza au cours des trois offensives majeures d’Israël contre le territoire assiégé. Pourtant, bien qu’une grande partie de Gaza ait été détruite à la suite des guerres mortelles d’Israël, l’esprit de la résistance est resté fort et a finalement ravivé la résistance des Palestiniens en Cisjordanie.

En fait, malgré toutes les tentatives visant à créer deux entités politiques séparées en Cisjordanie et à Gaza, les Palestiniens dans les deux secteurs continuent d’être liés par leur résistance.

Israël, néanmoins, a réussi. Bien qu’il ne puisse pas vaincre Gaza, il a réussi à faire du siège de Gaza une affaire arabe.

La région arabe connaît des changements rapides ces dernières années, avec trois guerres civiles en Syrie, en Libye et au Yémen, et avec une propagation du militantisme et du « terrorisme » qui a atteint presque tous les pays arabes.

L’incertitude politique aux États-Unis suite à l’élection de Donald Trump a cependant offert une occasion rare à certains régimes arabes embourbés dans les difficultés.

Même avant la victoire électorale inattendue de Trump, les États-Unis étaient en train de redéfinir leur domination dans le monde arabe et leur projet de « pivot pour l’Asie » attestait déjà d’une perte de leadership et d’influence dans la région.

L’arrivée au pouvoir de Trump, cependant, a redistribué les cartes comme jamais auparavant. Washington, qui a gouverné le Moyen-Orient en s’appuyant sur des doctrines clairement définies, semble n’avoir aucune doctrine si ce n’est des décisions impulsives prises par un président obsédé par l’usage de Twitter.

Cette relative mise en retrait des États-Unis offrait le genre d’espace politique qui devait être comblé par ceux qui voulaient contrôler la région. Avec Israël restant au sommet de la pyramide, une alliance impliquant l’Égypte, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite a commencé à se mettre en place avec la domination comme objectif, tout en détruisant certains ennemis, en isolant d’autres et en manipulant le reste.

Selon cette nouvelle « vision », le Hamas, qui ne pouvait être vaincu par la force brute, pouvait être ramené au niveau d’une force politique de second rang, grâce à une alliance avec Mohammed Dahlan.

Jadis, Dahlan avait été l’homme fort de Gaza, commandant 10 branches de sécurité, torturant les résistants et contrôlant le territoire d’une manière cohérente avec les intérêts de son parti, le Fatah, mais aussi selon les diktats israéliens.

Quelques mois après avoir remporté les élections, le Hamas a déjoué un coup d’État fomenté par Dahlan et depuis lors, il contrôle le territoire à lui seul. C’est alors que le siège israélien est devenu total.

Dahlan a fui en Cisjordanie et une lutte de pouvoir au sein de Fatah a mené à son expulsion par Abbas, qui l’a également accusé d’une tentative de coup d’État en 2011.

En 2012, Dahlan s’est installé définitivement aux Émirats Arabes Unis (EAU).

Après le coup d’État égyptien en 2013, Dahlan et Sisi avaient quelque chose en commun : au départ la volonté d’abattre le Hamas, puis finalement de coopérer avec lui.

Alors que les pays arabes commençaient à combler le vide laissé par la politique étrangère des États-Unis, l’intrigue commença à se dérouler comme jamais auparavant.

Abbas a rapidement perdu la faveur du Caire et Dahlan est devenu l’homme fort du Fatah, en ce qui concerne l’Égypte.

Le péché d’Abbas est son refus d’unir ses forces avec Dahlan, dans le but ultime de vaincre le Hamas.

Parallèlement, Abbas et le Hamas ne parvenant pas à une entente minimale, l’ex-président palestinien reste confiné en Cisjordanie, essayant désespérément de trouver de nouveaux canaux pour rester pertinent politiquement.

Le « plan Dahlan » a alors émergé. Un document divulgué, largement répandu dans les médias israéliens et d’autres, a révélé que Dahlan et le Hamas ont négocié le retour de l’ancien homme fort à Gaza, pour y diriger un gouvernement en échange d’une levée partielle du siège par l’Égypte.

Selon ce plan, le Hamas garderait le contrôle du ministère de l’Intérieur et ne désarmerait pas, mais, comme le dit Zvi Bar’el de Haaretz, au moins Israël, « aurait un partenaire à Gaza qui soutient la réconciliation ».

Accablé par cette initiative inattendue, Abbas essaie maintenant de rendre la vie encore plus difficile aux Palestiniens de Gaza dans l’espoir d’exercer plus de pression sur le Hamas pour mettre fin à son partenariat possible avec Dahlan.

Il y a quelques mois, Abbas réduisait les salaires pour des milliers d’employés, dont beaucoup étaient fidèles au Fatah et à Dahlan en particulier.

Plus récemment, l’Autorité palestinienne a refusé de payer une grande partie de l’électricité fournie par Israël à Gaza, ce qui a conduit le gouvernement israélien à commander encore plus de coupures d’électricité à la bande.

La souffrance des Palestiniens à Gaza a maintenant fortement empiré.

Le chômage dans la bande est déjà parmi les plus élevés au monde, actuellement estimé à 44%. Ceux qui sont employés ont toujours du mal à survivre. Quatre-vint pourcents de tous les Gazaouis dépendent de l’aide humanitaire.

En 2015, l’ONU avait prévenu que Gaza serait inhabitable d’ici à 2020.

Un rapport de la Croix-Rouge en mai dernier a mis en garde contre une autre « crise imminente » dans le secteur de la santé publique, en raison du manque d’électricité.

La crise de l’énergie s’est étendue de l’approvisionnement en électricité au gaz de cuisson.

À la suite de la réduction d’énergie la plus récente qui a débuté le 11 juin, les ménages gazaouis reçoivent maintenant deux à trois heures d’électricité chaque jour, et même pas à des heures fixes.

Magdalena Mughrabi, directrice régionale adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International, a sonné l’alarme le 14 juin quand elle a prévenu que « le dernier coup de force risque de transformer une situation déjà désastreuse en catastrophe humanitaire ».

Il est consternant d’imaginer que les « leaders » palestiniens soient réellement impliqués dans le resserrement ou la manipulation du blocus pour obtenir des concessions politiques les uns des autres.

Alors qu’Israël a tout intérêt à maintenir la division palestinienne, les Palestiniens sont aveuglés par des intérêts personnels pitoyables et un « contrôle » sans signification réelle sur des terres occupées.

Entre le rejet israélien des appels internationaux pour mettre fin au siège et les jeux de pouvoir pathétiques entre Palestiniens, les Gazaouis sont laissés seuls, incapables de se déplacer librement ou de vivre même selon les normes de vie les plus élémentaires.

Le taux de suicide dans la bande assiégée est à tout moment élevé, et le désespoir est considéré comme la principale raison à l’origine de ce phénomène alarmant.

À défaut de dominer totalement Gaza, Israël a réussi à écarter sa responsabilité dans la souffrance des Palestiniens en impliquant des mains palestiniennes et arabes, chacune jouant un rôle dans un jeu de politique qui ne respecte ni les droits de l’homme, ni la vie, ni la dignité.

http://chroniquepalestine.com/game-of-thrones-a-gaza-defaire-resistance-a-occupation/

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Solidarité:L’Afrique du Sud veut rétrograder son ambassade en Israël

L’ANC (African National Congress), le parti politique au pouvoir en Afrique du Sud, a annoncé sa volonté de rétrograder son ambassade israélienne en un « bureau d’intérêt. » Une décision qui n’est pas du goût des autorités israéliennes.
Solidarité:L'Afrique du Sud veut rétrograder son ambassade en Israël
Lors de la Conférence nationale sur les politiques de l’ANC, environ 3 000 délégués issus des branches de tout le pays se sont réunis pour adopter de nombreuses résolutions dans des domaines variés. Ces résolutions seront ratifiées à la Conférence nationale de l’ANC à la fin de l’année. L’une de ces résolutions concerne le conflit israélo-palestinien : le président de la commission a annoncé que « la commission a appelé à la rétrogradation de l’ambassade sud-africaine en Israël pour envoyer un message fort à l’occupation illégale et continue d’Israël de la Palestine et les violations continues des droits de l’Homme contre les peuples de Palestine. » Cette position n’a évidemment pas plu aux autorités israéliennes, l’ambassadeur d’Israël à Pretoria Arthur Lenk a immédiatement mis en garde sur les conséquences négatives de la mise en œuvre qu’une telle décision aurait pour l’Afrique du Sud : « Toute décision de rebaptiser l’ambassade sud-africaine en Israël ne fera que nuire aux Sud-Africains et n’aura aucun impact sur Israël ou les Palestiniens. » Selon lui, « une telle décision limiterait les possibilités pour la promotion des exportations sud-africaines, ce qui est extrêmement important pour la transformation économique ou socio-économique. »

« Notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens »

Entre Israël et l’Afrique du sud, les relations sont complexes, car personne n’a oublié les relations très étroites qu’entretenait Israël avec le régime de l’apartheid. A tel point que les Etats-Unis avaient dû menacer de remettre en cause leur généreuse aide militaire annuelle à l’Etat hébreu sous le gouvernement de droite de Yitzhak Shamir (1986-1992), en raison de ses liens de défense avec les autorités blanches de Prétoria. Benjamin Netanyahu avait d’ailleurs boudé les funérailles de l’ancien président sud-africain. La raison invoquée : ce déplacement coûtait trop cher… Le 4 décembre 1997, Nelson Mandela avait également prononcé cette phrase, devenue célèbre, lors de la journée de solidarité internationale au peuple Palestinien : « Nous savons que notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens. » En visite dans les Territoires palestiniens en 1999, Mandela avait exhorté les Palestiniens à ne pas se décourager dans leur lutte. Plus récemment, des dirigeants politiques de premier plan avaient effectué une grève de la faim d’une journée en soutien aux prisonniers palestiniens.

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Projet « Grand Jérusalem » .. 100 000 Palestiniens exclus de la ville sainte

Le journal Yediot Aharonot a révélé un projet de loi qui sera présenté à la Knesset par le Parti sioniste Likoud lundi, appelant à l'expansion de l'influence de la région de Jérusalem et la déclarant grande ville, et d'y inclure cinq grandes colonies, avec l'exclusion du camp de réfugiés de Shuafat et de Kafr Aqab, y compris Anata, menaçant 100 000 palestiniens de Jérusalem.
Projet « Grand Jérusalem » .. 100 000 Palestiniens exclus de la ville sainte
Le journal a indiqué que le lancement de cette loi intervient dans le cadre du conflit entre les partis sionistes Likoud et Maison juive sur les votes de « droit israélien », après l'initiative de Naftali Bennet du parti (la Maison juive) pour la modification de la loi de base sur Jérusalem, qui découragera l'abandon de certaines parties de la ville à l'avenir, le parti Likoud ne pouvait pas supporter d'être à l'arrière, et a réagi par sa propre initiative, avec le projet de loi « Grand Jérusalem », qui appelle à annexer de grandes colonies à la ville sainte.

Le ministre Yisrael Katz et le député Joab Kish vont présenter à la Knesset, aujourd'hui lundi, selon le journal, le projet de loi, qui transforme Jérusalem en une ville immense, et la zone de son influence comprendra 150 000 israéliens vivant dans cinq colonies situées en Cisjordanie : Ma'ale Adumim, Gbat Zeev, Gush Etzion, Efrat et Beitar Illit.

Ce projet de loi touche plus de 100 00 Jérusalémites palestiniens car il détermine que les résidents du camp de réfugiés de Shuafat et de Kafr Aqab, Anata, sortiront de la responsabilité de la municipalité de Jérusalem, pour les autorités locales indépendantes. Cela signifie que la population va perdre leur droit de vote pour le maire de Jérusalem (un droit inexploité par la majorité des habitants de Jérusalem-Est maintenant).

Le ministre Katz a lancé cette idée il y a une dizaine d'années, et maintenant les députés Kish et Bezalel Smutric ont décidé de l'adopter, après leur échec répété de faire passer une proposition visant à inclure Ma'ale Adumim à la souveraineté d'Israël.

Les Sionistes Katz et Kish ont pour objectif de commencer à relier les intérêts et les ressources, dans l'espoir d'inclure 150 000 Juifs à Israël et exclure 100 000 Arabes de Jérusalem, selon Yediot Aharonot.


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L’UNESCO rejette la souveraineté d’Israël sur Jérusalem

L'agence culturelle des Nations unies UNESCO a adopté une résolution qui indique un rejet total de la souveraineté de l’Etat juif sur toute partie de Jérusalem occupée.
L'UNESCO rejette la souveraineté d'Israël sur Jérusalem
La résolution onusienne a été adoptée avec 20 voix pour, 22 abstentions et 10 votes contre.

Les Etats-Unis, l’Italie, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Lituanie, la Grèce, le Paraguay, l’Ukraine, le Togo et l’Allemagne ont voté contre cette résolution.

La résolution critique vivement le gouvernement israélien pour différents projets de construction dans la Vieille Ville de Jérusalem et sur les lieux saints de Hébron, et demande la fin du blocus israélien sur la bande de Gaza.

Danny Danon, ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, a fustigé mardi l’adoption par l’UNESCO d’une résolution contestant la souveraineté israélienne sur toute la ville de Jérusalem.

La résolution de l'UNESCO a condamné les incursions des colons extrémistes et les forces d'occupation, et la profanation du caractère sacré de la mosquée Al-Aqsa / Haram al-Sharif comme un lieu de culte pour les musulmans seulement, et que l'administration du droit du Waqf islamique jordanien est définie par le statu quo existant avant l'occupation depuis 1967.

Elle a ainsi exigé le gel immédiat de toutes les activités coloniales dans la ville sainte de Jérusalem, rejetant également tout changement de la réalité islamique et archéologique dans la ville sous occupation, et par conséquent tout lien historique entre le judaïsme et Jérusalem.


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Les archives palestiniennes pillées et cachées par Israël : révélations

Merci à L’AURDIP pour la traduction d’un document passionnant que vient de publier Haaretz, et qui montre que l’armée israélienne a pillé et caché jusqu’à aujourd’hui des documents qui mettent à mal le négationnisme israélien concernant l’existence et le développement de la Palestine depuis 1919, bien avant la création de l’Etat d’Israel. Nous reproduisons quelques extraits de cet article de 9 pages, et nous y joignons plusieurs photos que nous avons sélectionnées dans "A photographic history of the Palestinians, 1876-1948, by Walid Khalidi.".
Les archives palestiniennes pillées et cachées par Israël : révélations
Dans un article intitulé : "Que font de vieilles photos et de vieux films de Palestiniens dans les archives de l’armée israélienne ?", Ofer Aderet révèle dans le quotidien israélien que des photos et des films palestiniens saisis par les troupes israéliennes se sont empoussiérés aux archives de l’armée et du ministère de la défense jusqu’à ce que Rona Sela, conservatrice et historienne d’art, en révèle l’existence.

"Le matériau offre une alternative au récit sioniste qui nie la présence ici de Palestiniens’, dit-elle.

"Le premier lot est étiqueté en hébreu, « Histoire de la Palestine depuis 1919 », le second « Dessins d’enfants scolarisés dans un camp de réfugiés où ils vivent et aspirent à retourner en Palestine ». Le troisième : Description de la brutalité du traitement des Palestiniens des Territoires par l’armée israélienne ». Il se trouve à Tel Hashomer, près du centre du conseil de révision nationale à proximité de Tel Aviv.

Ces trois objets sont à peine une goutte dans l’océan de 38 000 films, 2,7 millions de photos, 96 000 enregistrements audio et 46 000 cartes et photos aériennes rassemblées aux archives de l’armée depuis 1948, sur ordre de celui qui fut le premier Premier Ministre et ministre de la défense d’Israël, David Ben Gourion. Mais un examen plus minutieux révèle que cette « goutte dans l’océan » particulière est subversive, exceptionnelle et hautement significative.

Ces images font partie d’une collection – dont la taille exacte et la totalité des détails restent inconnues – d’un butin de guerre filmique pris par l’armée israélienne aux archives palestiniennes dans des attaques menées au cours des années, mais majoritairement lors de la guerre du Liban de 1982.

Récemment, cependant, à la suite d’une longue et persistante bataille juridique, les films confisqués au Liban, qui s’étaient empoussiérés pendant des années, ont été sauvés de l’oubli, avec aussi de nombreuses photos. La personne responsable de cette évolution est Rona Sela, conservatrice et chercheure en histoire visuelle de l’Université de Tel Aviv.

Depuis près de vingt ans, Sela a exploré la mémoire visuelle sioniste et palestinienne. Elle a un bon nombre de révélations importantes et de découvertes à son actif, qu’elle a publiés dans des livres, des catalogues et des articles. Parmi les titres en hébreu : « La photographie en Palestine/Eretz Israël dans les années 1930 et 1940 » (2000) et « Rendues publiques : photographies palestiniennes des archives militaires en Israël » (2009). En mars, elle a publié un article dans une revue de sémiologie sociale en langue anglaise sur « La généalogie du pillage et de l’effacement coloniaux – le contrôle israélien sur les archives palestiniennes ».

Sela vient de faire son propre film, « Pillées et cachées : les archives palestiniennes en Israël », un documentaire en anglais qui examine le sort de photos et de films palestiniens « capturés » et déposés aux archives israéliennes. Le film comporte des fragments jusqu’ici non vus de films saisis par l’armée israélienne dans les archives palestiniennes de Beyrouth. Ces dossiers documentaires, dit Sela, « ont été effacés de la conscience et de l’histoire » pendant des décennies.

Il n’a pas été facile d’accéder aux films, explique Sela. Son expédition aux archives a commencé en 1998, alors qu’elle menait une recherche sur les films et photos de propagande sioniste visant à montrer le « juif nouveau », musclé, labourant fièrement la terre, en contradiction, selon la perception sioniste, avec l’Arabe palestinien supposé dégénéré et rustre.

« Après quelques années passées aux archives centrales à Jérusalem et dans d’autres archives sionistes, menant une recherche sur l’histoire de la photographie sioniste et sur la construction d’un dispositif de propagande visuelle soutenant l’idée sioniste, j’ai commencé à chercher aussi une représentation visuelle des Palestiniens, afin d’apprendre sur le récit palestinien et de retracer ses origines et son influence », dit-elle.

Cette tâche fut bien plus compliquée que quiconque aurait pu l’imaginer. Dans certains films et certaines photos sionistes, Sela put discerner, souvent incidemment, des épisodes de l’histoire palestinienne qui les avaient « infiltrés », comme elle le dit. Par exemple, dans les Actualités Carmel de 1951 (actualités hebdomadaires projetées dans des cinémas locaux) qui montrent l’installation de Juifs à Jaffa, des maisons arabes démolies et abandonnées sont clairement visibles.

Ensuite, Sela a repéré des traces et des restes de véritables archives visuelles palestiniennes surgissant, occasionnellement, des archives israéliennes. Ainsi, elle a remarqué un jour dans les archives de la Haganah, la milice qui a existé avant la création de l’État, des clichés portant la mention « Photos Rissas ». Approfondissant sa recherche, elle a découvert l’histoire de Chelil Rissas (Khalil Rassas, 1926-1974), un des pères du photojournalisme palestinien. Il est inconnu du grand public, palestinien comme israélien, mais, d’après Sela, c’était un « photographe audacieux et révolutionnaire », qui, mû par un sentiment de conscience nationale, a documenté la lutte palestinienne d’avant 1948.

Puis elle a trouvé des centaines de photos, légendées par des soldats ou par le personnel des archives qui avaient essayé de plaquer un récit sioniste dessus et de les déconnecter de leur contexte d’origine. La source des photos était un jeune juif qui les avait reçues de son père, un officier de l’armée israélienne qui les avait rapportées de la guerre d’indépendance, en guise de butin.

Cette découverte était sans précédent. Par contraste avec les images de la propagande sioniste qui exaltaient l’héroïsme des troupes juives et faisaient à peine référence aux Palestiniens, les photos de Rissas avaient pour sujets principaux les combattants palestiniens. Incarnant une posture palestinienne toute de fierté, elles se concentraient sur la lutte nationale et militaire et sur ce qu’elle produisait, dont l’entraînement militaire palestinien et le déploiement dans la bataille.

Les archives rassemblées par Habashneh contenaient des travaux oubliés qui rendaient compte de la souffrance palestinienne dans les camps de réfugiés, de la résistance à Israël et des batailles contre l’armée d’Israël, aussi bien que de la vie quotidienne. Les archives contenaient les films et le matériau brut des cinéastes de l’ICP, mais aussi une collecte d’autres films palestiniens anciens, d’avant et d’après 1948.

Les archives palestiniennes pillées et cachées par Israël : révélations

Les archives palestiniennes pillées et cachées par Israël : révélations

Cette activité reflète « un esprit de libération et de révolte et les jours de la révolution » dit Habashneh dans le film de Sela, en se référant aux années du début du mouvement national palestinien. Cet esprit a été capturé dans des photos underground et avec un budget minimum, sur des films développés dans les cuisines, projetés sous des tentes et dans les camps de réfugiés et distribués à l’étranger. Des documents existent ainsi sur des femmes, des enfants, des combattants, des intellectuels, des personnalités de la culture et des événements d’importance historique, a rappelé Habashneh. « Pour ce qu’on en sait, c’étaient là les premières archives visuelle palestiniennes officielles », note Sela.

Mais en 1982, après l’entré de l’armée israélienne à Beyrouth, ces archives ont disparu et on ne les a jamais revues.

Ce qu’Habashneh n’a pas pu réaliser en commençant en 1982 dans le cadre d’une recherche à l’échelle mondiale, Sela a réussi à le faire en quelques années de recherche en Israël. Elle a commencé en localisant un ancien soldat de l’armée israélienne qui lui a parlé du jour où plusieurs camions sont arrivés devant l’immeuble de Beyrouth qui abritait bon nombre des archives palestiniennes et s’est mis à le vider. Ce témoignage, accompagné d’une photo, a été crucial pour Sela, au sens où il corrobore les rumeurs et les récits sur le fait que les archives palestiniennes avaient été emportées en Israël.

Le même soldat a ajouté qu’il avait été saisi de peur à la vue, parmi les photos confisquées aux archives, des photos qui montraient des soldats israéliens dans les territoires. Il figurait lui-même sur l’une d’elles. « Elles nous ont marqués » a-t-il dit à Sela.

Un autre ancien soldat a parlé à Sela d’un étrange album de photos pris (ou pillé selon le point de vue adopté) en 1948 dans la maison de la famille Nashashibi, bien connue à Jérusalem. Le soldat a ajouté que son père, qui avait été officier dans l’armée lors de la guerre d’indépendance, était entré dans un studio de photos et était parti avec les archives qui s’y trouvaient, tandis que d’autres soldats étaient occupés à piller des pianos et autres objets de valeur chez les Nashashibi. Un autre ancien soldat a certifié avoir pris une photo sur le cadavre d’un Arabe. Avec le temps, toutes ces images ont fait leur chemin vers des archives en Israël, en particulier les archives de l’armée.

En 2000, Sela, encouragée par ses découvertes initiales, demanda la permission auprès de ces archives, d’examiner le matériau visuel saisi par l’armée dans les années 1980. Elle essuya d’abord un refus : le matériau n’était pas en Israël, lui dit-on.
« Mais je savais ce que je cherchais, parce que j’avais des témoignages de soldats » dit-elle aujourd’hui, ajoutant qu’en insistant elle s’est trouvée face à « des difficultés, diverses restrictions et au torpillage de la possibilité de consulter le matériau ».

L’ouverture s’est faite lorsqu’elle s’est adjoint l’aide des avocats Michael Sfard et Shlomi Zacharia en 2008. Ils ont tout d’abord reçu un mot du conseiller juridique du ministère de la défense, disant que diverses prises faites à Beyrouth étaient désormais aux archives de l’armée. Sela a néanmoins été informée par la suite que « les archives photographiques de l’OLP », ainsi que le ministère de la défense désigne généralement le matériau photographique pris aux Palestiniens, était « du matériau d’archive sur des questions d’affaires étrangères et de sécurité, et en tant que tel était d’accès restreint comme défini en partie 7(a) du règlement des archives ».

Quelques années de ce que Sela appelle « questionnement sans fin, discussions et correspondance » passèrent, qui débouchèrent sur l’autorisation qui lui fut donnée de visionner des dizaines de fragments de films.

À côté de « L’appel urgent » - dont des extraits figurent dans le documentaire « Pillés et cachés », Sela a aussi trouvé un autre film de Shammout dans les archives de l’armée. Sous le titre « Souvenirs et feu », il fait la chronique de l’histoire palestinienne du vingtième siècle, « depuis les jours décrivant la vie idyllique en Palestine, en passant par le statut de réfugié, jusqu’à la documentation de l’organisation pour la résistance. Pour reprendre les termes du réalisateur et spécialiste palestinien du cinéma, George Khleifi, le combattant offensif prit la place du réfugié au destin tragique », ajoute-t-elle.

Sela a aussi trouvé un film du réalisateur irakien Kais al-Zoubaidi, qui a travaillé un temps dans la section des arts et de la culture du l’OLP. Au nombre de ses films de cette période, on trouve « Loin du foyer » (1969) et « La visite » (1970) ; en 2006 il a publié une anthologie intitulée « La Palestine dans le cinéma », une histoire de ce sujet, qui mentionne quelque 800 films traitant de la Palestine ou du peuple palestinien.

Certains des films palestiniens se trouvant dans les archives de l’armée y sont avec leurs titres d’origine. Mais dans bien d’autres cas, ce matériau archivé a été renommé pour coller à l’optique israélienne, si bien que des « combattants » palestiniens se sont mués en « gangs » ou en « terroristes » par exemple. Dans un cas, un film sur des Palestiniens s’entraînant au maniement des armes, est enregistré comme « Camp terroriste au Koweït : distribution d’uniformes, filles rampant avec des armes, terroristes défilant armés dans les collines, instruction à la pose de mines et au maniement des armes ».

Les découvertes de Sela, qui sont d’une importance internationale, ne sont pas seulement une réalisation de recherche, de documentation et de type académique : la collecte systématique de matériau visuel palestinien dans les archives de l’armée israélienne, « rend possible d’écrire une histoire alternative qui contredise le contenu créé par l’armée et par les archives militaires, impulsé quant à lui par des considérations idéologiques et politiques ». Dans le matériau qu’elle a trouvé aux archives de l’armée, elle voit « des images décrivant l’histoire du peuple palestinien et ses liens de longue date avec cette terre et ce lieu, qui offrent une alternative à l’histoire sioniste qui a nié l’existence des Palestiniens ici, de même que leur culture, leur histoire, la longue tragédie qu’ils ont endurée et les nombreuses années de leur lutte nationale ».

Les archives palestiniennes pillées et cachées par Israël : révélations

Les archives palestiniennes pillées et cachées par Israël : révélations

Les archives palestiniennes pillées et cachées par Israël : révélations

Les archives palestiniennes pillées et cachées par Israël : révélations

Les archives palestiniennes pillées et cachées par Israël : révélations

Les archives palestiniennes pillées et cachées par Israël : révélations

Les archives palestiniennes pillées et cachées par Israël : révélations

D’après la Bibliothèque Nationale, celle-ci détient environ 6 500 livres et manuscrits palestiniens, pris dans des maisons privées dont les propriétaires sont partis en 1948. L’ensemble de la collection est catalogué et accessible au grand public, mais détenu sous la responsabilité du Gardien des Biens des Absents du ministère des finances. Il n’y a donc aucune intention d’essayer, dans un avenir proche, de localiser les propriétaires et de leur rendre ces livres.

Sela voit ces pillages de guerre en Israël comme l’expression directe de l’occupation, qu’elle définit, au-delà de la présence physique d’Israël dans les territoires, comme « le contrôle de l’histoire, l’écriture la culture et la configuration de l’identité ». De son point de vue, « l’exercice du pouvoir israélien sur les Palestiniens n’est pas seulement géographique mais s’étend aussi à la culture et à la conscience. Israël veut effacer cette histoire de la conscience publique, mais il ne réussit pas, parce que la force de la résistance est supérieure. De plus, ses tentatives pour effacer l’histoire palestinienne affectent Israël lui-même au bout du compte ».

À ce stade, Sela a recours à une comparaison lourde de sens, pour illustrer comment le matériau visuel contribue à la création de l’identité personnelle et collective. « En tant que fille de survivants de l’holocauste » dit-elle, « j’ai grandi dans un foyer dépourvu de mémoire historique photographique. Rien. Mon histoire ne commence qu’au moment où mes parents se sont rencontrés, en 1953. C’est seulement à partir de là que nous avons des photos. Avant cela : rien.
« Je sais ce qu’on ressent lorsqu’on n’a aucune idée de à quoi ressemblaient sa grand mère et son grand père, ni de ce qu’était l’enfance de son père », continue-t-elle. « C’est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit de l’histoire de tout un peuple. La construction de l’identité via des matériaux visuels et très significative. Beaucoup de chercheurs en ont traité. Le fait est que les corps constitués sionistes ont fait et continuent de faire un usage extensif et rationnel de (tels matériaux aussi) sur une période qui couvre des décennies ».

Sela admet qu’il y a encore beaucoup à faire, mais en ce qui la concerne, une fois qu’une fissure est apparue dans le mur, il n’y a pas moyen de faire machine arrière. « Il existe une grande quantité de matériau, dont des centaines de films auxquels je n’ai pas encore eu accès », note-t-elle. « C’est un trésor fantastique, qui contient de l’information sur la vie culturelle, éducative, rurale et urbaine du peuple palestinien au long du vingtième siècle – un récit effacé qui doit être restitué aux livres d’histoire » ajoute-t-elle.

Questionnée sur ce qu’elle pense qui devrait être fait avec ce matériau, elle affirme : « il faut bien sûr le rendre. Tout comme Israël bataille constamment pour recouvrer ce que les Nazis ont pillé chez les Juifs pendant l’holocauste. Le contexte historique est différent, mais le même critère s’impose : faites ce que vous prêchez. Ce sont des matériaux culturels et historiques appartenant au peuple palestinien ».

Le fait que ces éléments sont détenus par Israël « crée un vaste trou dans la recherche et la connaissance palestiniennes » affirme Sela. « C’est un trou dont Israël est responsable. Ce matériau ne nous appartient pas. Il faut le rendre à ses propriétaires. Ensuite, si nous voyons les choses intelligemment, nous aussi pouvons apprendre et comprendre des chapitres très significatifs de l’histoire palestinienne et de notre propre histoire. Je pense que la première étape, de base, du processus de conciliation est de connaître l’histoire de l’Autre et aussi notre propre histoire de contrôle sur l’Autre ».

(Traduction SF pour l’AURDIP)

Pour lire le texte intégral : Download/Télécharger (Que-font-de-vieilles-photos-et-de-vieux-films-de-Palestiniens-dans-les-archives-de-l’armée-israélienne-.docx,DOCX, 167KB)

Photos : A photographic history of the Palestinians, 1876-1948, by Walid Khalidi.

CAPJPO-EuroPalestine

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À Gaza, Israël fait des expérimentations sur des humains en situation de stress et de privations

Qu’arrive-t-il à deux millions d'êtres humains privés d’électricité presque tout le temps, de nuit comme de jour ? C'est ce qu'expérimente Gaza
À Gaza, Israël fait des expérimentations sur des humains en situation de stress et de privations
L’une des plus grandes expériences impliquant des sujets humains jamais réalisée est en train de se dérouler actuellement sous nos yeux, et le monde entier regarde les bras croisés.

Ce projet vient d’atteindre son paroxysme dans l’indifférence générale. Il s’agit d’une expérience sur êtres humains pour laquelle aucune des institutions scientifiques internationales n’a obtenu l’approbation de la déclaration d’Helsinki. Son but ? Examiner les comportements humains dans des situations de tension extrême et de privations.

Il ne s’agit pas d’un groupe expérimental de quelques dizaines, centaines, ni de milliers ou dizaines de milliers, ni même de centaines de milliers des personnes. Les sujets de cette expérience ne sont pas moins de deux millions d’êtres humains.

Jusqu’à présent, ils ont réussi d’une façon stupéfiante à résister à cette épreuve. Évidemment, on a certes constaté quelques turbulences dans la cocotte minute à l’intérieur de laquelle ils sont confinés, mais elle n’a pas encore explosé. La bande de Gaza est sous observation afin de déterminer quand et comment elle finira par exploser. Ce n’est visiblement qu’une question de temps.

Voici comment est présentée cette expérience par Israël, l’Autorité palestinienne et l’Égypte : qu’arrive-t-il quand deux millions d’êtres humains sont privés d’électricité presque tout le temps, de jour comme de nuit ? Que leur arrive-t-il en hiver et au printemps, et surtout maintenant que frappe la terrible chaleur de l’été au Moyen-Orient ?

Cette expérience, comme toutes celles de ce genre, s’échelonne en une succession de phases. On va faire cuire la grenouille dans de l’eau chauffée, progressivement, jusqu’à ébullition.

Pour commencer, Gaza fut privée d’électricité pendant environ huit heures sur 24, puis environ douze heures, et maintenant le temps de privation d’électricité a été porté à un tel niveau que les deux millions d’habitants de Gaza n’en disposent qu’environ 2 heures et demi sur 24. Examinons-en maintenant les effets sur les sujets. Voyons comment ils réagissent. Et que se passe-t-il quand on leur accorde l’électricité pendant seulement une heure par jour ? Ou pourquoi pas une heure par semaine ? Cette expérience n’en est qu’à ses débuts et personne ne peut prévoir comment elle va tourner.

Le lieu de cette expérience compte parmi les lambeaux de terre les plus maudits de la planète. La bande de Gaza (40 kilomètres de long, entre 5,7 et 12,5 kilomètres de large, une superficie totale de 365 kilomètres carrés) est l’un des endroits le plus densément peuplés au monde. La CIA estime qu’en juillet 2016 sa population avait atteint environ 1,7 millions d’habitants. L’Autorité palestinienne parlait, elle, de deux millions de résidents, dès octobre 2016.

En tout cas, un million d’entre eux sont considérés comme réfugiés ou petits-enfants de réfugiés, dont la moitié environ vit toujours dans les camps. Comparés aux autres camps de réfugiés ailleurs dans le monde arabe, on estime ceux de Gaza comme les plus misérables, à l’exclusion peut-être des camps de réfugiés palestiniens, au Liban et en Syrie. Les réfugiés à Gaza ont été expulsés d’Israël ou ont fui ce pays en 1948, et représentent un cinquième de l’ensemble des réfugiés palestiniens dans le monde.

Cette population n’a que rarement connu de période significative de tranquillité, de sécurité ou d’un minimum de bien-être économique. Sa situation n’a jamais été pire ni plus désespérée qu’en ce moment, et un rapport de l’ONU a déjà conclu que, dans encore deux ans et demi environ, donc d’ici 2020, la bande de Gaza ne sera plus habitable, en grande partie du fait des difficultés croissantes que pose son approvisionnement en eau. Aujourd’hui, l’expérience suit son cours, et les nouvelles restrictions d’électricité exacerbent le terrible sort de ces êtres humains.

Au cours de la dernière décennie, cette bande de terre brutalisée s’est aussi transformée en cage – la plus grande cage de la planète.

Gaza est encerclée : au nord et à l’est, par Israël, au sud par l’Égypte et, à ses confins à l’ouest, par la mer, où les militaires israéliens exercent un contrôle absolu. Depuis que le Hamas a pris le contrôle de Gaza, Israël, en collaboration avec l’Égypte, a ordonné un siège. Siège qui s’est légèrement atténué au fil des années, mais qui n’en reste pas moins un, surtout quand il s’agit de franchir la frontière pour entrer et sortir de Gaza. Il lui est aussi pratiquement interdit d’exporter ses marchandises.

Or, ces conditions – si terribles – ne le sont pas encore assez. Gaza n’en a pas fini avec ses tourments, loin de là. On est maintenant passé à la phase « privation d’électricité ».

Gaza dispose d’une seule centrale électrique, incapable de générer toute l’électricité consommée. Cette centrale, lancée en 2002, avec une capacité de production d’environ 140 mégawatts, est limitée par la faible capacité de son réseau à transporter l’électricité. En 2006, elle ne produisait que 90 mégawatts, et devait dépendre des 120 mégawatts supplémentaires fournis par Israël, au prix fort, évidemment.

À l’époque où elle produisait 43 % de la consommation électrique de Gaza, Israël fit sauter cette centrale, suite à l’enlèvement du soldat israélien, Gilad Shalit, à l’été 2006. Elle fut reconstruite, et a pu atteindre une capacité d’environ 80 mégawatts. Mais son fonctionnement est entièrement soumis au bon vouloir d’Israël, fournisseur exclusif en carburant et pièces de rechange.

Au début du siège, Israël a commencé par restreindre la quantité de diesel fourni. Les besoins de Gaza varient entre 280 et 400 mégawatts d’électricité, selon la saison. Environ un tiers du total nécessaire, plus ou moins 120 mégawatts, provenait d’Israël, entre 60 et 70 mégawatts étaient produits par la centrale. Gaza souffrait d’un manque chronique d’électricité, avant même les restrictions les plus récentes. Depuis des années, les Gazaouis sont quotidiennement privés d’électricité pendant plusieurs heures.

Le 11 juin cette année, le cabinet de sécurité d’Israël a décidé de couper l’approvisionnement en électricité à Gaza, conformément à la demande du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas – déclenchant la crise actuelle, la pire jusqu’à présent. C’est la lutte entre Abbas et le Hamas, actuellement au pouvoir à Gaza – lutte dans laquelle Israël collabore d’une façon parfaitement méprisable avec l’Autorité palestinienne – qui a créé la situation actuelle. En l’espèce, les adversaires ne peuvent se répartir entre « gentils » et « méchants » : ce sont tous des méchants.

Environ deux semaines après la décision prise par le cabinet de sécurité, Israël a encore réduit ses approvisionnements et fourni huit mégawatts de moins, sur les 120 accordés précédemment. Par conséquent, certaines régions de Gaza, à l’ouest et au sud particulièrement, ne disposent que d’environ deux heures et demie d’électricité par 24 heures. J’ai bien dit, deux heures et demie d’électricité par jour.

On peine à concevoir la vie quotidienne, dans cette chaleur oppressante, avec seulement deux heures et demie d’électricité dans la journée. Comment imaginer conserver la nourriture ? On frémit à la pensée de toutes ces tâches ordinaires à accomplir sans électricité. Imaginez toutes ces personnes hospitalisées dont la vie dépend de l’électricité : c’est affreux.

Récemment, un article paru dans Haaretz (le 4 juin) de Mohammed Azaizeh, qui travaille pour Gisha, une organisation israélienne de défense des droits de l’homme, a décrit ce qui se passait à l’Hôpital d’Al-Rantisi à Gaza.

Au service pédiatrie, les enfants sont placés sous respirateur, mais comme l’électricité n’est disponible que quelques heures par jour, leur vie tient désormais au bon fonctionnement d’un générateur – qui parfois tombe en panne. Le directeur de l’hôpital, Dr Muhammad Abu Sulwaya donne une description catastrophique de son établissement. La situation est évidemment similaire dans tous les autres à Gaza.

Ainsi les habitants de Gaza deviennent à nouveau victimes des cyniques machinations politiques ourdies à leurs frais. Les luttes débridées pour le pouvoir et les batailles d’ego entre Abbas et le Hamas, entre l’Égypte et le Hamas et entre Israël et tous les autres, ont des conséquences qui frappent jusqu’aux respirateurs des enfants du service pédiatrie à Al-Rantisi.

Qui peut dire comment cela finira ? Les adversaires ne savent que camper toujours plus obstinément sur leurs positions et le monde fait preuve d’apathie. À cause du manque d’électricité, l’eau propre manque et les égouts débordent d’eaux non traités qui inondent les rues. Gaza a l’habitude d’une telle situation, mais même l’incroyable et incomparable résilience des Gazaouis a ses limites.

Israël porte la plus grande partie de la responsabilité de cette situation, à cause du siège qu’il impose, mais n’est certainement pas le seul coupable.

L’Autorité palestinienne et l’Égypte sont parties prenantes à part entière dans ce crime. J’ai bien dit « crime ». Nous sommes en 2017 et priver des millions d’êtres humains de l’accès à l’électricité revient à les priver d’oxygène et d’eau. Israël porte une criante responsabilité parce que Gaza est toujours partiellement sous occupation israélienne. Israël a certes rappelé ses militaires et ses colons de la bande de Gaza, mais il conserve la seule responsabilité de beaucoup d’autres aspects de la vie à Gaza. Cela rend Israël responsable de la fourniture d’électricité aux habitants de Gaza. L’Autorité palestinienne porte aussi une lourde responsabilité pour la situation actuelle, car elle abuse aussi de son propre peuple. De même l’Égypte, qui aime se donner l’image flatteuse de « sœur des Palestiniens », alors même que son propre rôle dans le siège de Gaza est intolérable.

Gaza se meurt, lentement. Ses souffrances n’intéressent personne ailleurs. Personne à Washington, Bruxelles, Jérusalem ou au Caire, ni même à Ramallah. Aussi incroyable que cela puisse paraître, visiblement personne ne se soucie du sort de deux millions de personnes, abandonnées aux ténèbres la nuit et à la chaleur oppressante des journées d’été, avec nulle part où se tourner et pas le moindre espoir. Aucun.



- Gideon Levy est un chroniqueur et membre du comité de rédaction du journal Haaretz. Il a rejoint Haaretz en 1982 et a passé quatre ans comme vice-rédacteur en chef du journal. Lauréat du prix Olof Palme pour les droits de l’homme en 2015, il a obtenu le prix Euro-Med Journalist en 2008, le prix Leipzig Freedom en 2001, le prix Israeli Journalists’ Union en 1997 et le prix de l’Association of Human Rights in Israel en 1996. Son nouveau livre, « The Punishment of Gaza », vient d’être publié par Verso.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Traduction de l’anglais (original) par Dominique Macabies.

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La torture des enfants palestiniens par Israël est « institutionnelle »

La torture des enfants palestiniens par Israël est « institutionnelle »
Par Ben White, le 7 février 2017
Ben white est un journaliste indépendant, écrivain et militant, spécialisé dans les questions sur Palestine/Israël.

On rapporte, parmi les techniques de torture, les gifles sur la tête, l’accroupissement mains liées contre un mur pendant de longues périodes [Abid Katib/Getty Images]

Un récent article publié par le journal israélien Haaretz a confirmé jusqu’où les interrogateurs du Shin Bet soumettent leurs prisonniers à la torture.

Parmi les techniques utilisées, on trouve les gifles sur la tête « pour atteindre les organes sensibles comme le nez, les oreilles, l’arcade sourcilière et les lèvres », l’obligation pour un individu menotté de s’accroupir contre un mur pendant de longues périodes et la mise du suspect le dos en extension arrière sur une chaise, bras et jambes attachés.

Les récits des interrogateurs se font l’écho de ce que les associations palestiniennes et israéliennes des droits de l’Homme racontent depuis longtemps. L’ONG Addameer pour les droits des Prisonniers a dit que ces pratiques « sont connues pour être couramment et systématiquement utilisées contre les détenus palestiniens ». Parmi les autres méthodes de torture utilisées contre les Palestiniens, on trouve la privation de sommeil et les menaces contre des membres de la famille, a dit un porte-parole d’Addameer à Al Jazeera.

Rachel Stroumsa, directrice générale du Comité Public Contre la Torture en Israël (CPCTI), a dit que son ONG avait connaissance de centaines de plaintes et d’accusations allant dans ce sens.

En plus des interrogatoires utilisés pour obtenir des informations sur des actions à venir, « notre expérience nous montre que la torture est également utilisée pour obtenir des confessions d’actes passés », a dit Stroumsa à Al Jazeera.

Dans son rapport annuel de l’an dernier, Amnesty International a découvert que les forces israéliennes et le personnel du Shin Bet avaient « torturé et autrement maltraité des détenus palestiniens, dont des enfants, particulièrement au cours des arrestations et des interrogatoires », avec des techniques qui comprennent « coups de bâton, gifles, étranglements, entrave prolongée, positions stressantes, privation de sommeil et menaces ».

Un représentant de Défense des Enfants International – Palestine a dit à Al Jazeera que l’enquête de l’association a montré que les deux tiers des enfants palestiniens détenus en Cisjordanie occupée par les forces israéliennes avaient subi des violences physiques après leur arrestation ».

« Les interrogateurs utilisent l’abus de leur position, des menaces et l’isolement pour obtenir de certains enfants des aveux forcés, et les juges des tribunaux militaires israéliens excluent rarement ces aveux. » Ayed Abu Qtaish, directeur du programme de Responsabilisation à Défense des Enfants International – Palestine

« Les enfants palestiniens sont régulièrement soumis à des techniques d’interrogatoire coercitives et violentes dans le but de leur arracher des aveux », a dit Ayed Abu Qtaish, directeur du programme de Responsabilisation de l’association. « Les interrogateurs abusent de leur position et usent de menaces et de l’isolement pour arracher des aveux à certains enfants, et les juges des tribunaux militaires israéliens excluent rarement ces aveux. »

Torture et mauvais traitements sont si omniprésents, disent les militants des droits de l’Homme, que les condamnations des Palestiniens pour « atteinte à la sécurité » sont fondamentalement peu fiables, ne serait-ce que parce que les mauvais traitements font partie d’un plus vaste défaut de procédure régulière.

Selon une étude, pas moins de 91 % des détenus palestiniens de Cisjordanie occupée sont maintenus au secret pendant une partie sinon l’intégralité de leur interrogatoire. Stroumsa dit que cette pratique est « un élément propice à la torture ».

Dans le système des tribunaux militaires dont le taux de condamnations atteint les 99 %, les Palestiniens peuvent être détenus 60 jours sans avoir accès à un avocat – comparés aux Etats Unis où la durée moyenne des interrogatoires aboutissant à de faux aveux est de 16 heures.

« Comme les enfants palestiniens continuent à subir systématiquement des mauvais traitements et le déni de leurs droits à une procédure officielle, il devient évident que les tribunaux militaires n’ont rien à faire de la justice », a dit Abu Qtaish.

En plus de la torture et du manque d’accès à un conseil, on demande aux Palestiniens de signer leurs aveux sur des formulaires en hébreu, langue que souvent ils ne comprennent pas. Tout ceci « crée un environnement coercitif qui aboutit à des aveux faits sous la contrainte », a fait remarquer Addameer.

Un exemple récent est le cas de Mohammad el-Halabi, employé de World Vision basé à Gaza qu’Israël avait chargé de verser de l’argent au Hamas. Halabi, qui est jugé dans un tribunal civil de Beer Sheva, a protesté de son innocence, disant qu’il a été torturé par ses interrogateurs. Ces réclamations ont également été faites par ses avocats, qu’Halabi a été empêché de voir pendant trois semaines après son arrestation.

Le nouveau rapport d’Haaretz attire l’attention sur un sujet qui n’est pas souvent sous les feux de la rampe. En novembre 2015, une vidéo de l’interrogatoire du jeune Ahmad Manasra de 13 ans a suscité l’indignation, tandis que l’entrée d’Israël en mai dernier dans le Comité des Nations Unies Contre la Torture – qui traitait des « preuves obtenues sous la torture » dans les tribunaux – a bénéficié d’une couverture médiatique.

Mais beaucoup d’autres événements se passent incognito. Une étude universitaire publiée en novembre 2015 dans une revue médicale examinée par des pairs a révélé des dizaines de cas de torture sexuelle et de mauvais traitements sur des prisonniers palestiniens détenus par Israël.

Les militants sur le terrain disent qu’il y a un urgent besoin d’un coup de projecteur international sur les pratiques de la torture par Israël, ne fut-ce qu’à cause de la nature institutionnalisée du problème.

Bien qu’un règlement de 1999 du Tribunal Suprême d’Israël ait interdit le recours aux « moyens physiques » d’interrogatoire, les agents du Shin Bet ont en fait bénéficié de l’impunité pour torture et mauvais traitements grâce à l’exemption de la soi-disant « défense de nécessité » ou « bombe à retardement ».

Selon les militants contre la torture, cette exemption a servi depuis de feu vert à la torture. Depuis 2001, des centaines de plaintes officielles ont été portées contre les interrogateurs du Shin Bet, mais pas une seule enquête criminelle n’a été ouverte.

« Je pense que la pression internationale est essentielle et qu’elle a parfois prouvé son efficacité », a dit Stroumsa.

« Et, étant donné l’énorme soutien économique et politique apporté à Israël par l’étranger, il est aussi du devoir de la communauté internationale de s’exprimer sur ces violations. »

Traduction : J. Ch. Pour l’Agence Média Palestine

Source : Al Jazeera


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VIDÉO : Une foule d’Israéliens d’extrême-droite attaque des Palestiniens à Jérusalem

VIDÉO : Une foule d’Israéliens d’extrême-droite attaque des Palestiniens à Jérusalem
Selon des témoignages recueillis par Haaretz, la police israélienne présente sur place n’aurait rien fait pour empêcher l’agression.

Le quotidien israélien Haaretz a publié ce jeudi une vidéo montrant une trentaine d’Israéliens appartenant au groupe d’extrême-droite Lehava attaquer trois Palestiniens à Jérusalem sous les yeux de la police israélienne, qui ne fait rien pour empêcher l’agression.

L’incident a eu lieu au cours d’une marche organisée par Lehava dans le centre-ville de Jérusalem jeudi dernier. Alors que les Palestiniens, résidents de Jérusalem-Est, demandent aux manifestants qui les insultent de partir, ceux-ci refusent et se mettent à les pourchasser et à les frapper.


Selon des témoins anonymes interviewés par Haaretz, la police israélienne présente sur place aurait laisser les Palestiniens se défendre tout seuls et refusé d’appeler des renforts.

« L’officier a demandé nos cartes d’identité, mais il ne nous a pas aidés ni fait quoi que ce soit d’autre, ils ont continué à nous battre juste à côté du flic », a déclaré à Haaretz Majdi Abu Taya, 19 ans, du quartier de Silwan à Jérusalem-Est.

Lorsque les Palestiniens ont tenté de fuir leurs assaillants, ceux-ci les ont suivis à travers les rues. Majdi Abu Taya a été rattrapé puis battu par la foule, selon Haaretz, tandis que les deux autres Palestiniens ont réussi à se cacher dans un chantier de construction.

Haaretz a également signalé qu’alors que la police israélienne avait déclaré qu’elle ouvrirait une enquête sur l’incident, lorsqu’un lycéen témoin de l’agression a tenté de déposer une plainte, les officiers lui ont répondu qu’ils n’avaient aucune trace d’un tel incident.

Un autre témoin anonyme a déclaré à Haaretz que ce n’était pas la première fois qu’il voyait des Israéliens d’extrême-droite attaquer physiquement des Palestiniens. « C’est systématique, a-t-il commenté. Ils se livrent à des provocations pour faire réagir les victimes, puis ils disent que c’était de la légitime défense. »

Haaretz a confirmé que bien que la plupart des membres de Lehava « distribuent simplement du matériel promotionnel » au cours de leurs marches, « d’autres cherchent activement à provoquer les Palestiniens et tentent de les attaquer ».

« Malgré cela, poursuit le quotidien, on ne recense pratiquement aucune enquête policière, ni encore moins de mises en accusations, pour ce genre d’attaques commises par des foules ces dernières années. »

Récemment, une autre vidéo montrant un groupe de colons insulter une jeune palestinienne gisant au sol après avoir été touchée par balle suite à ce que l’armée israélienne avait qualifié de tentative d’attaque au couteau contre un soldat avait suscité l’indignation. L’adolescente, Nawaf Infiaat, âgée de 15 ans, était décédée de ses blessures quelques heures plus tard.

Lors d’attaques commises par des colons contre des Palestiniens, l’armée israélienne est souvent vue en train de protéger les colons plutôt que les Palestiniens, dont elle doit pourtant, en tant qu’armée d’occupation, assurer la protection conformément à la IVe convention de Genève.


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Pourquoi l’Union Européenne finance-t-elle les tortionnaires israéliens ?

L’Union européenne doit arrêter de financer illégalement les tortionnaires israéliens, affirme un important groupe d’experts juridiques internationaux.
Pourquoi l’Union Européenne finance-t-elle les tortionnaires israéliens ?
Selon eux, le programme LAW-TRAIN viole les règles de l’UE et le droit international parce que l’un des participants, le ministère israélien de la sécurité publique, « est responsable ou complice de torture, d’autres crimes contre l’humanité et de crimes de guerre ».

LAW-TRAIN a commencé en mai 2015 avec l’objectif ostensible d’harmoniser et de partager les techniques d’interrogatoire entre les pays impliqués afin de faire face aux nouveaux défis de la criminalité transnationale.

Il est financé par un programme de recherche de l’UE appelé Horizon 2020, qui a également investi des millions de dollars dans l’industrie de l’armement israélien.

Une utilisation extensive de la torture

LAW-TRAIN compte dans ses partenaires l’Université israélienne Bar-Ilan, le ministère israélien de la Sécurité publique, l’Université catholique belge de Louvain, le ministère belge de la justice, la police paramilitaire de la Garde civile espagnole et la police roumaine. Son conseil consultatif comprend Cornelia Geldermans, un procureur des Pays-Bas.

Le Portugal en faisait partie au début, mais il s’est retiré l’année dernière à cause de l’opposition croissante de son opinion populaire au rôle d’Israël dans ce programme de l’UE.

LAW-TRAIN doit se clore en avril 2018 et la moitié de son budget de près de 6 millions de dollars ira aux participants israéliens.

« L’utilisation de la torture dans les interrogatoires israéliens a été largement documentée dans la presse internationale et israélienne, et confirmée par des enquêteurs internationaux et par les interrogateurs israéliens eux-mêmes », a déclaré Michel Waelbroeck, auteur du rapport juridique et membre de l’Institut de droit international. « En juin 2016, le Comité des Nations Unies contre la torture a dénoncé l’usage de la torture par Israël, et ses techniques illégales et abusives lors des interrogatoires de sa police et de son personnel pénitentiaire ».

Le rapport est signé de 25 juristes et d’experts internationaux, y compris par les anciens enquêteurs des Nations Unies sur les droits humains, Richard Falk et John Dugard, et Laurens Jan Brinkhorst, ancien vice-Premier ministre néerlandais et ancien directeur général de la Commission européenne.

Israël a un bilan bien documenté de torture, y compris à l’encontre des enfants, et a systématiquement négligé d’enquêter sur les plaintes d’abus.

Un financement illégal

En février, des centaines d’universitaires et d’artistes belges ont exhorté leur gouvernement à mettre fin à son soutien à LAW-TRAIN, et des questions ont été posées sur le projet au Parlement européen.

Les organisations de défense des droits humains de Palestine, de Belgique et d’Espagne ont également écrit aux responsables de l’UE pour exprimer leur inquiétude à propos de leur soutien aux entités israéliennes engagées dans la torture.

Devant l’intensification de l’opposition à LAW-TRAIN, la Commission européenne, la bureaucratie exécutive de l’UE, a commandé une évaluation à un « groupe d’experts indépendants » qui a conclu que le programme faisait preuve d’« un bon voire même d’un excellent respect » des lois de l’UE, y compris de la Charte européenne des droits fondamentaux.

Mais les experts juridiques disent que l’évaluation a ignoré les réglementations clés de l’UE qui interdisent le financement des personnes ou organisations qui commettent de « graves fautes professionnelles » comme la torture.

Les experts juridiques concluent donc que, comme le ministère israélien de la sécurité publique est « coupable de violations graves et continues » de l’interdiction européenne et internationale de la torture, le financement de l’UE est illégal.

Mais, bien loin de prendre des mesures pour qu’Israël soit obligé de rendre des comptes sur les tortures dont il se rend coupable, Carlos Moedas, le chef de la recherche de l’UE, s’est rendu récemment en Israël pour célébrer sa participation à Horizon 2020.

La protestation en France

Alors que les principaux responsables de l’UE renforcent leurs liens avec le régime d’occupation, d’apartheid et de colonialisme israélien contre les Palestiniens, les citoyens européens continuent de réclamer qu’il soit mis fin à pareille complicité.

Des militants de BDS France ont manifesté samedi à l’extérieur du pavillon du fabricant d’armes israélien Elbit Systems au Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace.




On peut voir sur la vidéo les manifestants se coucher au sol comme autant de cadavres pendant que d’autres tiennent une bannière dénonçant le fait qu’Israël teste ses armes sur les Palestiniens.

Les manifestants appelaient à un embargo sur les armes, à la fin de la coopération militaire avec Israël et au soutien de la campagne de Boycott, de Désinvestissement et de Sanctions.

Elbit est un important fabricant des drones qu’Israël a utilisés pour assassiner des civils palestiniens. L’entreprise a été chargée par l’administration Obama de fournir des technologies de surveillance pour la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

Elbit a aussi reçu énormément d’argent de l’Union européenne.



Ali Abunimah est un journaliste palestino-américain, auteur de The Battle for Justice in Palestine. Il a contribué à The Goldstone Report : The Legacy of the Landmark Investigation of the Gaza Conflict. Il est le cofondateur de la publication en ligne The Electronic Intifada et consultant politique auprès de Al-Shabaka.

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La bande de Ghaza au bord de l’effondrement

Selon l’Observatoire euro-méditerranéen des droits de l’homme basé à Genève, les deux millions d’habitants de la bande de Ghaza vivent l’une de leurs pires crises depuis l’imposition du blocus israélien en 2006.
La bande de Ghaza au bord de l’effondrement
Après plus de dix ans de blocus imposé par Israël avec la complicité de l’Egypte, la situation sécuritaire et humanitaire ne fait qu’empirer à Ghaza. Au niveau sécuritaire, l’armée israélienne multiplie ses agressions contre les habitants de l’enclave palestinienne. Le secteur de la pêche, qui permet à des milliers de familles de vivre, est l’un des plus ciblés.

En plus des restrictions qui leur sont imposées (ils n’ont plus le droit d’aller au-delà de 6 milles), les pêcheurs subissent quotidiennement des tirs de patrouilleurs de la marine de guerre israélienne, faisant souvent des blessés et parfois des morts, cela en plus des dégâts causés à leurs embarcations.

Les agressions israéliennes dans la bande de Ghaza peuvent aussi prendre l’aspect de raids aériens, comme ceux menés lundi à l’aube, lorsque des avions de chasse ont bombardé plusieurs positions de la résistance palestinienne. Intenses, les bombardements israéliens ont lieu généralement près de zones habitées, ce qui entraîne une grande peur, particulièrement chez les enfants en bas âge. Mais on ne peut évoquer la situation sécuritaire dans la bande de Ghaza sans parler des incursions presque quotidiennes de chars, de blindés et de bulldozers de l’armée israélienne.

Des incursions dont les buts sont divers, dévastation des terres agricoles, provocation des résistants dont les positions ne sont pas très loin de la frontière, terroriser les habitants vivant dans ces zones, et surtout imposer une sorte de «no man’s land» large parfois de plusieurs centaines de mètres où toute personne qui s’y aventure se fait abattre froidement.

Ces incursions s’accompagnent souvent de tirs anarchiques sur les habitations proches. Une incursion de plusieurs chars et bulldozers a eu lieu hier matin à l’est du camp de réfugiés d’El Bureij, au centre de la bande de Ghaza. Les chars israéliens ont tout dévasté sur leur passage.

Une des pires crises depuis 2006

Sur le plan humanitaire, la situation est des plus alarmantes. Le plus grand problème à Ghaza ce sont les longues coupures d’électricité. Elles menacent non seulement les citoyens, mais également des secteurs stratégiques tels que la santé, l’eau potable, le réseau des eaux usées et l’industrie.

Après la réduction, il y a près d’une semaine, des livraisons d’électricité par Israël de 120 mégawatts à 80 mégawatts environ et malgré le redémarrage de la seule centrale de production d’électricité dans le territoire grâce à du gasoil égyptien, le courant électrique n’est disponible que 4 heures par jour. A plein régime, la centrale de Ghaza fournit 120 mégawatts, mais actuellement elle ne fait que compenser les 40 mégawatts israéliens manquants. La bande de Ghaza a besoin d’au moins 500 mégawatts pour garantir de l’électricité durant les 24 heures.

Avec les grosses chaleurs de ces jours d’été, dans une région où la densité de la population est parmi les plus élevées au monde, la vie devient presque impossible sans électricité, surtout pour les enfants qui sont les plus vulnérables. A côté de la crise énergétique, la fermeture des points de passage par Israël et celle quasi permanente du terminal de Rafah à la frontière avec l’Egypte, en plus de la réduction de 30% des salaires des employés de l’Autorité palestinienne ont créé une situation dramatique pour des centaines de milliers de citoyens devenus dépendants des aides humanitaires.

Cette situation a gravement endommagé le secteur économique déjà en situation de récession, a alerté mardi l’Observatoire euro-méditerranéen des droits de l’homme basé à Genève. Selon cet organisme, les deux millions d’habitants de la bande de Ghaza vivent l’une de leurs pires crises depuis l’imposition du blocus israélien en 2006. Le secteur vital le plus touché par le blocus est celui de la santé. La même source indique que 170 médicaments manquent complètement dans les entrepôts centraux de Ghaza. Cela représente 33% des médicaments répertoriés comme essentiels.

Ce n’est pas tout : 37 variétés de médicaments anticancéreux sur 67 sont introuvables, ce qui veut dire que 70% des services rendus aux cancéreux ne le sont plus. Le déficit en matériel médical consommable a atteint les 40%. Selon l’Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), plus de 1000 malades ont besoin de soins à l’étranger mensuellement pour manque de structures spécialisées.

50% des demandes de transfert de malades pour des soins sont refusés par les autorités israéliennes et 20 000 citoyens, pour la plupart des cas humanitaires, sont inscrits sur les listes pour sortir par le terminal de Rafah. Durant les premiers mois de l’année 2017, le taux de chômage a atteint 43,2%, contre 18,7% seulement en Cisjordanie occupée. 38,8% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Malgré tous ces chiffres alarmants, la communauté internationale reste les bras croisés.


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La crise du Golfe et la Palestine

Les rivalités régionales stimulent un nouveau partenariat inattendu entre le Hamas, soutenu par le Qatar, et Mohammad Dahlan basé aux Émirats arabes unis (EAU).
La crise du Golfe et la Palestine
Les rivalités entre les États arabes ont toujours eu un grand impact sur la politique palestinienne. Une conséquence inattendue de la crise qui dure depuis un mois entre le Qatar et ses quatre détracteurs arabes a consisté à réunir deux ennemis palestiniens: le mouvement islamiste du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza et jouit depuis longtemps du soutien du Qatar, et l’ancien chef de la sécurité de Gaza, Muhammad Dahlan, qui a longtemps aspiré au leadership du mouvement du Fatah qui domine l’Autorité palestinienne (PA).

Le Hamas a finalement reconnu cette semaine que ses représentants avaient discuté avec le camp de Dahlan depuis un certain temps et avaient trouvé un accord apparemment considérable. La divulgation en a été faite par l’adjoint au chef du bureau politique du mouvement Khalil al-Hayya lors d’une conférence de presse dans la bande de Gaza sous blocus.

Il ne fait aucun doute que c’est à cause de ces discussions que le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubair, a retiré le label «terroriste» qu’il avait préalablement accolé au Hamas et que le mouvement s’était retrouvé exclu de la liste de 59 personnes et organisations soutenues par le Qatar et désignées Comme «terroriste» par l’Arabie saoudite et ses alliés, les EAU, l’Égypte et le Bahreïn.

Les principales sources palestiniennes confirment que la dernière série de réunions a eu lieu dans la résidence du Dahlan au Caire entre une délégation du Hamas dirigée par le responsable du mouvement dans la bande de Gaza, Yahya as-Sinwar et l’équipe de Dahlan. Le Dr. Mousa Abu-Marzouq du Bureau politique du Hamas a également participé aux réunions, et Dahlan y a assisté en personne avec son lieutenant en chef, l’ancien agent de sécurité de Fatah, Samir al-Mashharawi.

Khalil al-Hayya a abordé un certain nombre de points importants lors de sa longue apparition devant les médias.

Tout d’abord, il a affirmé que le Hamas avait fait de sérieux progrès lors de discussions récentes avec des responsables égyptiens – qu’il a décrit comme « parmi les plus fructueuses jusqu’à présent ». L’Égypte a promis de prendre des mesures pour atténuer les souffrances des habitants de la bande de Gaza sous blocus, y compris l’ouverture régulière de la frontière de Rafah et l’établissement d’un point de passage commercial pour le transfert des marchandises à destination et en provenance du petit territoire.

Deuxièmement, Hayya a déclaré que le Hamas adoptait une position de neutralité dans la crise actuelle du Golfe. « Nous voulons des relations équilibrées avec tout le monde parce que nous ne sommes pas partie prenante de cette crise et que nous y avons été injustement impliqués », a-t-il expliqué. Ce que cela signifie en pratique, c’est que le Hamas ne se trouve pas dans la tranchée du Qatar, malgré le soutien constant de Doha à l’égard du mouvement. Le Hamas a tiré des leçons de la crise syrienne – dans laquelle ses loyautés ont été écartelées entre le soutien au régime de Damas et à des organisations islamistes dans l’opposition – et ilest déterminé à ne pas répéter les erreurs antérieures.

Troisièmement, Hayya a décrit les relations de son mouvement avec l’Iran comme « équilibrées et bonnes », ajoutant que « nous cherchons à les développer » et que « nous apprécions grandement les efforts iraniens pour soutenir la cause palestinienne ». Cela suggère qu’un rapprochement important entre le Hamas et Téhéran est imminent.

Quatrièmement, il a déclaré que le Hamas était impliqué dans des discussions avec tous les partis et factions de Palestine dans le but de former un ainsi-nommé « Front national de salut ». L’implication est que cet organe pourrait servir de structure alternative ou parallèle à l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

L’ouverture soudaine de l’Égypte, des Émirats Arabes Unis et de l’Arabie Saoudite à l’égard du Hamas semblent avoir pour but de priver le Qatar une fois pour toutes de sa « carte palestinienne ». Le Hamas bénéficie d’un large soutien public arabe en tant que force dirigeante de la résistance palestinienne à l’occupation israélienne, et les adversaires du Qatar semblent vouloir signaler ainsi que leurs actions contre Doha ne sont pas dues à son soutien au mouvement. Le plan fonctionne évidemment, et il a placé les dirigeants du Hamas basés à Doha dans une position délicate – en particulier son ancien premier dirigeant Khaled Mishaal, qui s’était opposé au rapprochement avec Dahlan par égard pour le Qatar.

Le résultat ultime de tout cela que les Émirats arabes unis pourrait finir par remplacer le Qatar en tant que principal soutien financier et économique de la bande de Gaza, Dahlan agissant en tant qu’intermédiaire et l’Égypte offrant son consentement, sa coopération et ses accès. Il semble de plus en plus que le Hamas soit disposé à fournir une rétribution suffisante au profit du côté égyptien sur le front de la sécurité. Cela comprendrait la sécurisation complète de la frontière de la bande avec l’Égypte, y compris la fermeture de tous les tunnels transfrontaliers existants et l’engagement à ne pas en creuser de nouveaux, ainsi que la remise de 17 hommes recherchés et accusés d’appartenir à l’émanation de l’État islamique dans le Sinaï, Notamment Shadi al-Mena’i qui selon les autorités égyptiennes se cacherait à Gaza.

Cette coordination entre le Hamas et Dahlan – qui était l’ennemi du Hamas à Gaza avant sa prise en main du territoire en 2007 et qui a été formellement expulsée de Fatah lors du congrès de l’année dernière – équivaut à l’annonce d’une rupture complète avec l’AP à Ramallah et son ex-président, Mahmoud Abbas, qui dirige également le Fatah et l’OLP. Elle consoliderait l’indépendance de fait de la bande de Gaza comme une entité distincte – ou ce qu’on pourrait appeler un « émirat de fait ».

Abbas déteste Gaza et a pris de très mauvaises initiatives en allant jusqu’à la discrimination en réduisant les salaires des employés de l’AP dans le petit territoire enclavé, en aliénant encore ses habitants et en consolidant sa séparation de Cisjordanie. Il continue également de menacer de retenir les paiements de carburant pour la seule centrale électrique de la bande de Gaza et il a encouragé Israël à réduire ses approvisionnements en électricité. Je sais de bonne source qu’Abbas espérait même causer des ravages à Gaza par une reprise de tirs de missiles dirigés contre Israël. L’objectif était de provoquer Israël pour qu’il lance un nouvel assaut dévastateur sur le territoire sous blocus pour en finir avec le Hamas une fois pour toutes. Mais, comme dans les occasions précédentes, cela s’est avéré être un pari perdu.

Abbas a pris ces mesures en étant convaincu qu’en punissant le Hamas, il pourrait faire en sorte que les habitants de la bande de Gaza se rebellent contre le mouvement et son administration. Mais il ne fait que punir ses propres concitoyens affamés et assiégés, tout en poussant le Hamas dans les bras de son ennemi Dahlan.

Beaucoup de Palestiniens soupçonnent qu’Abbas veut vraiment que la bande de Gaza se sépare de Cisjordanie, et l’accord Hamas-Dahlan peut de fait y contribuer. Mais cela ferait de lui un président « amputé d’un bras », incapable de parler au nom du peuple palestinien dans son ensemble dans tous les contacts politiques ou les négociations de paix. Ce serait catastrophique pour les Palestiniens et leur cause.

Israël voudrait également formaliser la séparation de la bande de Gaza. Cela lui permettrait de se concentrer sur la consolidation de son occupation et de sa colonisation en Cisjordanie – les forces de sécurité de l’AP et leurs agents au nombre de 40 000 jouant un rôle de collabos puisqu’Abbas rappelle sans cesse son engagement à la « coexistence ».

En ce qui concerne le peuple palestinien, ils n’ont aucun mot à dire dans ces manœuvres et il accorde peu de foi aux joueurs. La majorité – et plus particulièrement dans la bande de Gaza – sont actuellement préoccupés par la survie et la capacité à répondre à leurs besoins fondamentaux pour simplement vivre. Cela ne signifie pas que l’étranglement économique, politique et physique a annulé leur volonté de résister à l’occupation. Ce n’est que lorsque la résistance sera relancée – comme cela se produira inévitablement avant longtemps – qu’e celle-ci prendra de nouvelles formes et se donnera un nouveau leadership, peu importe qu’il vienne du Fatah, du Hamas ou d’ailleurs.



Abdel Bari Atwan est le rédacteur en chef du journal numérique Rai al-Yaoum. Il est l’auteur de L’histoire secrète d’al-Qaïda, de ses mémoires, A Country of Words, et d’Al-Qaida : la nouvelle génération. Vous pouvez le suivre sur Twitter : @abdelbariatwan


27 juin 2017 – Raï al-Yaoum – Traduction : Chronique de Palestine

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« Les dirigeants israéliens devant la Cour Pénale Internationale ? » Une interview de Christophe Oberlin

Interview – En préambule à une très prochaine présentation de son ouvrage intitulé « Le chemin de la Cour : Les dirigeants israéliens devant la Cour Pénale Internationale », Chronique de Palestine a interrogé Christophe Oberlin, Professeur de médecine à l’université Denis Diderot à Paris et chirurgien spécialisé dans la microchirurgie et la chirurgie de la main. Christophe Oberlin intervient depuis de nombreuses années dans le secteur hospitalier de la Bande de Gaza.
« Les dirigeants israéliens devant la Cour Pénale Internationale ? » Une interview de Christophe Oberlin
Chronique de Palestine : Christophe Oberlin, pouvez-vous rapidement vous présenter, en nous expliquant dans le même temps les raisons de votre engagement si actif aux côtés du peuple de Palestine ?

J’ai toujours été attiré par l’étranger et les étrangers. Quand j’étais enfant je demandais comme cadeau de Noël des cartes des régions les plus reculées du monde, et j’essayais d’imaginer la vie là-bas. A l’âge de voyager, je suis parti en routard. Et lorsque ma formation de chirurgien a été terminée, j’ai toujours passé une partie de mon temps à l’étranger pour opérer et enseigner.

La Palestine est venue en 2001, à la suite d’une opportunité de voyage avec le Pr Marcel-Francis Kahn et l’écrivain François Maspéro. Depuis je me rend à Gaza trois fois par an pour une dizaine de jours.

Christophe Oberlin : Pouvez-vous nous faire rapidement la genèse de votre ouvrage « Le chemin de la Cour : Les dirigeants israéliens devant la Cour Pénale Internationale », paru aux Editions Erick Bonnier en novembre 2014 ? Le contexte dans lequel est né le projet ? Son but ? Les soutiens dont vous avez pu disposer ?

L’une des richesses du monde associatif est de mettre en relation des personnes de formation et de compétences différentes. Dans le cas présent, c’est l’association du médecin que je suis, attaché à la prévention et non pas seulement au traitement des blessures, avec un juriste spécialisé dans le droit international, maître Gilles Devers.

Sur le thème de Gaza notre rencontre était inéluctable. En juillet 2014 j’aurais dû être présent à Gaza, mais nous avions décalé notre voyage du fait du Ramadan qui tombait à ce moment-là et nous sommes venus plus tôt en juin. La guerre se profilait et les équipes chirurgicales faisaient des stocks de matériel en vue de l’offensive israélienne. A mon retour la guerre a éclaté, et c’est en rongeant mon frein que j’ai appelé Gilles Devers afin de faire déposer une plainte à la Cour Pénale Internationale, dans l’espoir que cela pourrait peut-être raccourcir la guerre ne serait-ce que d’un jour.

Le livre raconte cet épisode, qui est l’occasion de glisser au lecteur des notions de droit international appliqué. Et aussi de montrer la duplicité de l’Autorité Palestinienne qui ment effrontément, jusqu’aujourd’hui, quand elle prétend défendre les Palestiniens. Pour donner un exemple, en dehors d’avoir bloqué deux plaintes déposées à la Cour Pénale contre les dirigeants israéliens, elle n’a elle-même déposé AUCUNE plainte à ce jour.

On s’aperçoit, en consultant les médias, que journalistes et politiques sont bien peu au fait de cette véritable trahison. Mon livre prétend donner à chacun, de façon pratique et facile à lire, les quelques notions indispensables. Une sorte de « Droit International Humanitaire pour les nuls » !

C.P : La Cour Pénale Internationale (CPI) vous semble-t-elle l’instrument adéquat pour un jour traduire en justice les dirigeants israéliens pour leurs crimes de guerre ? Les accusations contre la CPI d’avoir une attitude biaisée lorsqu’il s’agit d’accusés bénéficiant du soutien de l’Occident vous paraissent-elles fondées ? N’est-il pas exact que la très grande majorité des jugés et/ou condamnés sont des dirigeants ou chefs de guerre africains ?

C.0 : Tout ce que vous dites là est juste, je m’en explique longuement dans le livre. Mais il y a la loi, qui est indiscutablement bonne, et l’usage qu’on en a fait jusqu’à présent. Il y a dans cette affaire beaucoup d’entorses à la loi, commises aussi bien par les États que par les magistrats de la Cour, et en particulier le procureur. Mais le statut est bon et le droit se construit progressivement avec la jurisprudence. La machine est lancée et on ne l’arrêtera pas… à condition de s’en servir !

C.P : Malgré ses limites évidentes, la CPI vous parait-elle un instrument dont les victimes dans tous les conflits devraient aujourd’hui souvent se saisir ?

C.0 : Absolument, la Cour est faite pour eux. Et les populations civiles peuvent, dans une certaine mesure, saisir la Cour directement. L’un des mensonges les plus répandus consiste à dire que seuls les États ayant signé et ratifié leur adhésion à la Cour peuvent la saisir. C’est complètement faux, il y a de nombreux exemples.

C.P : Y a-t-il eu – dans votre action auprès de la CPI – lors des bombardements israéliens sur la bande de Gaza à l’été 2014 – tous les éléments nécessaires à l’ouverture d’une enquête officielle pouvant aboutir à la traduction en justice des dirigeants israéliens ?

C.0 : Tous les éléments juridiques étaient réunis, mais il y a eu une trahison politique. Mais il faut se souvenir que la Palestine venait d’être reconnue comme une sorte d’État, et le président Abbas, quelques jours après le dépôt d’une plainte par son propre Ministre de la Justice Salim al Saqa, a dépêché à la Haye le Ministre des Affaires étrangères pour bloquer la plainte.

La procureure, Fatou Bensouda en a immédiatement fait état dans la presse.

C.P : Pouvez-vous revenir sur le comportement de l’Autorité palestinienne (Autorité de Ramallah) tout au long de l’action à laquelle vous avez si largement contribué ?

C.0 : Les dirigeants israéliens craignent le cour Pénale internationale, car celle-ci condamne les personnes responsables, et non pas les pays. Et le message à l’Autorité Palestinienne des pays occidentaux qui pour l’instant soutiennent Israël sans conditions, est de préserver les dirigeants israéliens sous peine de couper le financement de l’Autorité.

Donc Abbas n’a pas le choix, même s’il s’enfonce dans l’ignominie. Abbas, contre l’avis d’une partie de ses collaborateurs, refuse mordicus de déposer plainte. Il pourrait facilement le faire et obtenir gain de cause sur un autre dossier qui est celui des prisonniers.

Il pourrait aussi recourir au droit européen, l’exportation de produits de Cisjordanie en Europe étant illégale. Il a plusieurs boulevards juridiques devant lui mais refuse de les emprunter.

C.P : Considérez-vous que l’Autorité palestinienne est aujourd’hui une aide ou un frein pour le mouvement national palestinien ? Selon vous, le comportement de cette institution obéit à quels intérêts, et répond à quelle dynamique ?

C.0 : Le principe d’une Autorité Palestinienne n’est pas forcément mauvais, mais les leaders actuels et en particulier Mahmoud Abbas ne respectent pas les lois palestiniennes ! La solution, ce sont des élections que tous les Palestiniens, quel que soit leur bord, réclament.

C.P : Pour revenir à la CPI, quelles initiatives seraient à prendre au niveau international et dans le mouvement de solidarité, pour obliger cette institution à jouer pleinement son rôle ? Voyez-vous une articulation possible avec la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) ?

C.0 : Le mouvement de solidarité n’a pas d’initiative à prendre à la CPI, l’outil a été créé pour être beaucoup plus puissant, qu’il soit saisi par des États ou des représentants d’États « défaits », lorsque la souveraineté d’un État n’existe plus.

En revanche les ONG peuvent être très utiles pour servir de force d’appoint, notamment au niveau du témoignage. Le mouvement BDS tire son efficacité d’un mode d’action complètement différent mais aussi capital : peser sur l’économie israélienne. Il y a bien sûr là aussi des aspects juridiques, mais d’une autre nature, celle du droit d’expression.

C.P : Avez-vous d’autres projets de publication en préparation aujourd’hui ?

C.0 : J’ai terminé, en collaboration avec Serge Nègre, un livre consacré aux chrétiens de Gaza. Un sujet passionnant sur plusieurs plans, historique, politique et sociologique. Le message que les chrétiens de Gaza nous envoient n’est pas celui que beaucoup imaginent. Le livre sortira début octobre aux éditions Erick Bonnier.


27 juin 2017 – Propos recueillis par Chronique de Palestine


« Les dirigeants israéliens devant la Cour Pénale Internationale ? » Une interview de Christophe Oberlin
Le chemin de la Cour : Les dirigeants israéliens devant la Cour Pénale Internationale
Broché: 140 pages
Editeur : Erick Bonnier (1 novembre 2014)
Collection : Encre d’Orient
Langue : Français
ISBN-10: 2367600406
ISBN-13: 978-2367600406

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Guerre du gaz au Moyen-Orient: Le vol du gaz de Gaza passera par un gazoduc israélo-chypriote à destination de l’Europe…

Jérusalem, Nocosie et la 3ème guerre mondiale
Guerre du gaz au Moyen-Orient: Le vol du gaz de Gaza passera par un gazoduc israélo-chypriote à destination de l’Europe…
Comment cela a t’il pu se produire ? Comme est-ce que les Chypriotes, connus pour leur soutien ÷a la cause palestinienne, sont devenus des membres d’une province israélienne ?

La réponse: un gazoduc Israël-Europe

Début avril, on a appris au sujet de la proposition d’un gazoduc sous-marin de 2000km connectant les champs gaziers de Gaza et de Chypre (NdT: nous avons dit ici-même récemment que ces champs gaziers étaient en fait le même, réparti sur plusieurs endroits… où passent des “frontières maritimes” et oui, il y a plein de gaz naturel au large de Gaza, que bien entendu Israël veut s’appropier…) avec la Grèce et possiblement l’Italie.

L’accord de gazoduc entre Israël, l’Italie, Chypre et la Grèce laisse hors du coup les Turcs et les Palestiniens. tandis que Gaza doit faire face à une crise énergétique avec son électricité réduite à moins de trois heures par jour ; Israël vise à engranger des milliards de dollars d’une source assez importante de gaz naturel sise sur la côte de Gaza et bel et bien en territoire palestinien, dans les eaux territoriales palestiniennes (en assumant que cela existe…)

Yuval Steinitz, le ministre de l’énergie d’israël, s’est félicité de ce projet de gazoduc s’attendant à ce qu’il soit opérationnel en 2025 et le qualifiant de “commencement d’une très belle amitié entre nos quatre pays méditerranéens”. Bien entendu, il manque des nations dans cet accord et il est facile de s7apercevoir que tout cela représente une recette pour un désastre: le gazoduc et les installation gazières sont des cibles aisées. La région est une poudrière. Chypre est en train de mettre en péril sa souveraineté. L’île pourrait bien devenir sous peu, le champ de bataille pour quelques entités globalistes sans foi ni loi et sans pitié.



Les dirigeants de Chypre sont en train de comprendre qu’ils sont devenus une province d’Israël s’ils veulent d’un gazoduc qui distribue le gaz naturel volé aux Palestiniens. Et comme révélé dans la vidéo, Chypre est maintenant protégée par son “grand-frère” israélien. Les manœuvres conjointes israélo-chypriotes se sont tenues pour envoyer un message aux Turcs et à qui de droit dans la région quant aux conséquences militaires brutales auxquelles ils devront faire face pour toute intervention dans leur projet de vol de gaz.

https://resistance71.wordpress.com/2015/12/22/guerre-energetique-israel-et-la-solution-finale-pour-le-gaz-de-gaza/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

url de l’article:

http://www.veteranstoday.com/2017/06/20/jerusalem-nicosia-and-ww3/

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Gaza menacée d’une catastrophe humanitaire en cette fin de Ramadan

C’est le directeur d’une importante organisation humanitaire qui tire la sonnette d’alarme. Bailleur de fonds du Hamas et pilier de la reconstruction à Gaza, le Qatar qui fait face à un embargo sévère de ses voisins pourrait réduire son aide à l’étroite bande de terre palestinienne.
Gaza menacée d’une catastrophe humanitaire en cette fin de Ramadan
Mardi 6 juin, Jan Egeland, secrétaire général du Norwegian Refugee Council et ancien responsable de l’ONU pour l’aide humanitaire, a estimé que le Qatar « pourrait tailler dans son assistance à la bande de Gaza » suite à l’embargo dont il est la cible depuis le début du mois. « Le Qatar a beaucoup investi dans la bande de Gaza et contribué à l’amélioration des infrastructures. J’ai l’impression que cela pourrait ne plus être facile », a-t-il également ajouté.

Le Qatar, premier investisseur à Gaza

Sa déclaration faite à Jérusalem devant un groupe de juristes indique la portée de l’assistance que Doha consacre à l’étroite bande de terre. Depuis l’épisode meurtrier engagé par l’armée israélienne à l’été 2014, le petit émirat est en effet le pays arabe qui a consenti au plus grand effort en matière d’aide financière. Cette contribution à la reconstruction qui se chiffre en centaine de millions de dollars d’après la Banque mondiale est indispensable pour éviter à Gaza un effondrement de ses infrastructures. Elle porte tant sur la construction de logements neufs (comme à Khan Younes), que sur la réhabilitation de l’université de Gaza ou la création d’unités médicales traitant de cas spécifiques comme les maladies rares ou les handicapés.

Cependant, l’évolution des rapports de forces dans la région et les fortes turbulences consécutives à la décision de plusieurs pays arabes de rompre leurs relations avec le Qatar pourrait compliquer la situation. En effet, le pouvoir putschiste égyptien, en pointe dans la dénonciation du régime qatari et qui participe avec Israël à un blocus drastique de la bande de Gaza, pourrait davantage serrer la vis en interrompant tout acheminement d’aide de Doha à destination du million et demi de civils palestiniens. En outre, acculé à faire des « concessions » afin de calmer les ardeurs de ses voisins déterminés à le faire plier, le Qatar pourrait être tenté de « lâcher » indirectement le Hamas et réduire son soutien dans une manoeuvre provisoire destinée à faire baisser la pression qui pèse sur lui.

Si elle venait à se concrétiser, cette évolution sonnerait comme un cauchemar étant donné l’importance cruciale de l’aide qatarie synonyme de perfusion pour une bande de Gaza en lambeaux. C’est pour rappeler l’urgence de maintenir cette contribution et remercier les autorités de Doha que des rassemblements ont récemment été organisés dans divers endroits de la bande de Gaza pour protester contre la décision « injuste » de l’Arabie saoudite, des Emirats et du Bahreïn de mettre au ban leur petit voisin. Mais indice que la situation politique à Gaza déplait à ce trio du Golfe, les Gazaouis ont pour la troisième année consécutive été interdits d’effectuer la Omra et le Hadj (petit et grand pèlerinage). La cause? Le blocage persistant du côté égyptien et le peu d’empressement de Riyad à trouver une issue. Pire, l’actuelle équation stratégique du Golfe est de nature à ravir Israël dont le gouvernement s’apprête à renforcer les liens économiques avec Riyad et Abou Dhabi avec comme objectif final, « de liquider la cause palestinienne » comme l’a récemment fait remarquer le journaliste Jonathan Cook.

Un risque d’effondrement

Aujourd’hui, plus des deux tiers de la population palestinienne est dépendante de l’aide humanitaire internationale. Signe des temps, alors que le période de Ramadan est propice à une augmentation de l’activité économique et de la consommation, les foyers gazaouis ne bénéficient que de deux heures d’électricité par jour alors même que la chaleur étouffante de l’été rend indispensable le branchement de climatiseurs.

À part le Qatar qui avait promis un milliard d’aide pour la reconstruction de Gaza lors de la conférence du Caire de novembre 2014 (de loin, la plus grande contribution des pays donateurs), deux autres pays du Moyen-Orient s’impliquent pour soulager ce marasme : la Turquie et l’Iran. Si Ankara a toujours eu de bonnes relations avec le pouvoir en place à Gaza, la recomposition des alliances régionales devrait permettre à Téhéran de renforcer sa présence sur le territoire palestinien. Et ce, malgré les récentes tentatives du Hamas de policer son armature idéologique à destination de opinions occidentales avec la sortie de sa nouvelle charte. Mais de l’avis de nombreux observateurs, cette opération de communication n’a pas semblé emporter l’adhésion des chancelleries occidentales.


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