Archives par mot-clé : Economie et pouvoir financier

La spéculation sur les matières premières, cause mondiale de la famine

Le 22 février 2017, Antonio Guterres, le nouveau secrétaire général de l’ONU, alertait le monde concernant la famine sévissant dans plusieurs pays du Sahel, de la corne de l’Afrique et au Yémen. Certains membres de l’Organisation parlent de la « plus grave crise alimentaire depuis la création de l’ONU ».
La spéculation sur les matières premières, cause mondiale de la famine
Sur un ton compassionnel, la famine est généralement présentée par les médias et les institutions internationales comme un phénomène naturel, irrémédiable, contre lequel la « communauté internationale » investit tous les moyens en son pouvoir. Cette narration ne permet que rarement d’aborder les éléments pouvant expliquer réellement pourquoi, à l’ère de la circulation accélérée des individus, des informations, des ressources et des biens de consommation, des millions d’êtres humains sont décimés par la faim et la soif. Le rapporteur de l’ONU pour le droit à l’alimentation, Olivier de Schutter, le soulignait dans un entretien pour le quotidien espagnol El Pais : « La faim est un problème politique. C’est une question de justice sociale et de politiques de redistribution » .
La spéculation sur les matières premières, cause mondiale de la famine

Depuis les initiatives politiques de dérégulation financière des années 1980, les matières premières sont accessibles aux banques et aux fonds d’investissement. A la fin de la guerre froide, en 1991, la banque Goldman Sachs, alors sous la direction de Gary Cohn, devenu depuis directeur du conseil économique national de l’administration Trump, crée le GSCI, « Goldman Sachs Commodity Index » : un produit dérivé synthétisant en une formule mathématique complexe l’indice de la valeur boursière de 24 matières premières parmi lesquelles le café, le bétail, le maïs, les porcs, le soja et le blé, mais également les métaux précieux, le pétrole et le gaz.
Les spéculateurs responsables de la volatilité des prix des denrées alimentaires

Au XIX° siècle aux États-Unis, des « contrats à terme » ont été créés afin de permettre aux agriculteurs et aux acheteurs de blé de s’appuyer sur un accord de base pour négocier le prix des céréales. Malgré la volatilité propre aux conditions de vente de ces produits – contingences du transport, du climat … – les contrats à terme permettaient une stabilité relative des prix. Cette stabilité était possible parce que tous les agents de la transaction étaient des acteurs matériels du marché des céréales. Même les multinationales comme Nestlé, Pizza Hut ou McDonalds ont matériellement besoin d’acheter et de vendre des céréales pour alimenter leurs affaires. Elles prennent de vrais risques en achetant et en vendant ces produits qui sont la base de leur commerce. C’est pourquoi on les appelle des bona fide hedgers, autrement dit, et il faut goûter toute l’ironie de cette appellation, des « spéculateurs de bonne foi » .

Nous l’avons dit, ces agents spéculateurs de multinationales dont le business est en relation directe avec le cours des céréales prennent des risques pour leurs propres affaires en investissant dans ces denrées pourtant nécessaires à leur production. Or, la gestion de risque, c’est la spécialité de purs spéculateurs tels que Goldman Sachs, dont les bénéfices n’ont aucun rapport avec la gestion matérielle des denrées sur lesquelles ils spéculent. Lorsque les bona fide hedgers se sont mis à confier la gestion de ces risques aux spéculateurs sans lien avec la réalité de l’industrie agro-alimentaire, ils leur ont permis de transformer notre pain quotidien en pur produit spéculatif.

La spéculation sur les matières premières, cause mondiale de la famine
Entre 1998 et 1999, la CFTC (Commodity Futures Trading Commission), l’agence chargée de la réglementation des bourses de commerce aux États-Unis, a pris la décision d’ouvrir les marchés à terme aux opérateurs extérieurs, c’est-à-dire à tous les fonds spéculatifs. Cette décision fut le fruit d’une confrontation au sein de l’administration Clinton entre d’un côté Brooksley E. Born, alors à la tête du CFTC et réticente vis-à-vis de cette dérégulation, et de l’autre Alan Greenspan, président de la réserve fédérale, Robert Rubin, alors secrétaire au trésor et ancien coprésident de Goldman Sachs, et Larry Summers, successeur de Rubin au trésor et membre du comité directeur du groupe Bilderberg. Born perdit ce bras de fer. Cette dérégulation déstabilisa complètement le fragile équilibre des contrats à terme, accentuant tragiquement la volatilité des prix des denrées alimentaires. Il s’échangerait chaque année désormais à la bourse de Chicago près de 46 fois la production mondiale de blé. Les denrées alimentaires sont devenues des valeurs boursières refuges, sur lesquelles se ruent les fonds spéculatifs en cas d’éclatement d’une bulle financière. Ainsi, lors de la crise de 2007-2008 en partie causée par la pression exercée par Greenspan, Rubin et Summers sur le CFTC une décennie plus tôt, les fonds spéculatifs ont investi des milliards de dollars dans les matières premières à une période de raréfaction des récoltes, précipitant des millions d’individus dans la famine et menant aux déstabilisations politiques connues sous le nom d’émeutes de la faim.
Larry Summers, la folie ultralibérale au service de l’asservissement des peuples

Pour bien saisir en quoi les idéaux ultra libéraux de ces individus ont un impact direct sur le sort des peuples, et quel est le degré de mépris de ces dérégulateurs professionnels pour la vie humaine, il faut se rappeler les propos de Larry Summers, et se souvenir que cet individu fut membre du comité directeur du groupe Bilderberg, économiste en chef de la banque mondiale (1991-1993), chef du conseil économique national de l’administration Obama (2009-2010), président de l’université de Harvard :

« Les pays sous-peuplés d’Afrique sont largement sous-pollués. La qualité de l’air y est d’un niveau inutilement élevé par rapport à Los Angeles ou Mexico […] Il faut encourager une migration plus importante des industries polluantes vers les pays les moins avancés […] et se préoccuper davantage d’un facteur aggravant les risques d’un cancer de la prostate dans un pays où les gens vivent assez vieux pour avoir cette maladie, que dans un autre pays où deux cents enfants sur mille meurent avant d’avoir l’âge de cinq ans. […] Le calcul du coût d’une pollution dangereuse pour la santé dépend des profits absorbés par l’accroissement de la morbidité et de la mortalité. De ce point de vue, une certaine dose de pollution devrait exister dans les pays où ce coût est le plus faible, autrement dit où les salaires sont les plus bas. Je pense que la logique économique qui veut que des masses de déchets toxiques soient déversées là où les salaires sont les plus faibles est imparable ».

cité par The Economist, 08.02.92, The Financial Times, 10.02.92, reproduit dans Courrier International, n°68, 20.02.92 et dans Le Monde, 19.05.92.

Summers a également déclaré :

« il vaut mieux que les enfants asiatiques travaillent dans les usines textiles plutôt qu’ils se prostituent »

Cité par Les Echos, 25 novembre 2008, p.38

Voilà donc les deux perspectives d’avenir que le capitalisme financier propose à la jeunesse des contrées dans lesquelles il entend imposer sa vision du progrès et de l’« ouverture » économique et morale : esclavage industriel ou prostitution. Comme si ces deux propositions ne connaissaient pas d’alternative …

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LES MILLIARDAIRES EMPOCHENT ET LES PROLÉTAIRES DÉCROCHENT (La crise économique perdure)

Les emplois implosent alors que les profits explosent. On s’étonne d’apprendre que le mode de production capitaliste est en crise systémique depuis le krach boursier de 2007-2008. La reprise promise se fait attendre disent les cambistes.
LES MILLIARDAIRES EMPOCHENT ET LES PROLÉTAIRES DÉCROCHENT (La crise économique perdure)
Pourtant, les profits sont en hausse – à des niveaux records – alors que le taux d’activité est en baisse – à des niveaux records. Faut-il en conclure que la reprise est réelle pour les riches et que la disette est concrète pour les salariés ? Examinons quelques chiffres de France ayant valeur d’exemples.

En deux ans, en France, 407 usines ont fermé (2014-2015), hécatombe qui rempile sur la destruction de 1,4 million d’emplois en 25 ans. En contrechamps, en 2017 les «Resto du Coeur» ont accueilli 926 000 personnes et distribué 136,5 millions de repas dans 2112 centres et antennes, apportant leur aide à 30 500 nourrissons de moins de 12 mois; indice flagrant de la paupérisation de la population. (1)

Aujourd’hui la France compte 6 612 700 chômeurs et travailleurs occasionnels précarisés, auxquels il faut ajouter 4 800 000 chômeurs invisibles qui ne sont pas comptabilisés dans les statistiques officielles. Au total, on dénombre plus de 11 millions de chômeurs sur l’hexagone et autant de pauvres (11 millions). (2)

En apparence les profits explosent !

En 2016, 55,7 milliards d’euros ont été distribués sous forme de dividendes aux actionnaires du CAC 40. Une somme proche du record atteint en 2007 qui était de l’ordre de 57,1 milliards d’euros. Un montant important, en hausse de 32 % par rapport à celui de 2015. Près de la moitié des dividendes ont été versés à des investisseurs étrangers qui détiennent 45 pour cent des entreprises du CAC 40. Pour ceux qui ne l’aurait pas compris, c’est ça l’impérialisme économique, des actionnaires et des capitaux qui fusionnent et s’entrecroisent, indifférent aux frontières nationales et qui attestent que l’euro et l’Union européenne sont là pour rester, ou alors, le mode de production capitaliste devra être terrasser. Mieux : Les dividendes ont augmenté plus vite en France qu’aux États-Unis ou dans le reste de l’Europe. Ainsi en Allemagne les «coupons» ont rapporté 6,9 % seulement, alors qu’en France, le taux grimpait à 11,8 % en un an. (3)

« Les grandes entreprises françaises bénéficient d’un contexte favorable, explique Philippe Kubisa, un des associés du cabinet de conseil PwC. Elles peuvent emprunter à des taux d’intérêt historiquement bas pour financer des acquisitions, acheter de l’énergie à des prix toujours limités, et sont aidées par la faiblesse de l’euro par rapport au dollar. » Présente partout sur la planète, elles peuvent en outre capter une croissance mondiale toujours assez forte (+ 3 % à + 4 % attendus en 2017) malgré la langueur de l’économie nationale. Autre élément positif : la fin de la baisse des prix des matières premières, qui permet à des groupes comme Michelin ou Saint-Gobain de remonter leurs tarifs. (4) L’impérialisme c’est tout ce qui précède, un système d’abord économique et politiquement idoine.

La valse des milliardaires.

Alors que la pauvreté s’épand, la fortune totale des milliardaires français a bondi de 21 % par rapport à 2016, à 245 milliards de dollars, selon le magazine Forbes. En tête du palmarès, Bernard Arnault, le patron du groupe LVMH, avec ses 41,5 milliards de dollars, se hisse à la 11e place mondiale. Il détrône Liliane Bettencourt, l’héritière du groupe de cosmétiques L’Oréal, qui figure à la 14e place. Suivent Serge Dassault, le fondateur de Kering, François Pinault et le magnat des télécoms, Patrick Drahi. Les cinq plus grandes banques françaises –BNP Paribas, BPCE, Crédit Agricole, Crédit Mutuel SIC et Société Générale– «ont déclaré 5,5 milliards d’euros de bénéfices dans les paradis fiscaux». Quatre d’entre elles sont notamment présentes aux Iles Caïmans, où elles ont réalisé «174 millions d’euros de bénéfices bien qu’elles n’y emploient personne» (!) Où sont les réformes fiscales et l’efficacité de la guerre aux paradis fiscaux tant réclamés par Attac et les bobos réformistes ? (5)

La concentration du capital financier – les pôles financiers sous l’impérialisme.

Les USA restent largement en tête de la capitalisation financière avec 25 935 Milliards de Dollars (NYSE + Nasdaq, Nov. 2015). La Chine arrive en second, avec 11 050 MD (Shanghai + Shenzhen + Hong Kong, Nov. 2015 ). Loin derrière la première place européenne, Londres, qui, peu avant le « Brexit » et la dévaluation de la Livre, pesait environ 6 187 MD, incluant Milan, rachetée en 2007. Le rachat prévu de Francfort (1 738 MD en Nov. 2015) est remis en cause. Tokyo suit avec 4 910 MD (Nov. 2015), et devance Euronext (Paris + Amsterdam + Bruxelles + Lisbonne, 3 379 MD, Nov. 2015). Moscou bat la marche passant de 770 à 385 entre 2013 et 2014, après les sanctions relatives au conflit ukrainien. (6) Subodorant la fragilité de cet édifice spéculatif, rappelons cependant que lors du krach boursier de 2008, environ 25 000 milliards de dollars d’actifs parasites s’envolèrent en fumée en quelques journées.

L’État fétiche des riches au service du système capitaliste en phase impérialiste.

Malgré cette immense disponibilité capitalistique excédentaire – en partie inutilisée parce que ne trouvant pas à se valoriser – en France le gouvernement Macron, comme ses comparses ailleurs dans le monde, prépare une réduction du taux d’imposition au prétexte allégué de soutenir les investissements, fortifier la consommation et encourager la création d’emploi. Avant Emmanuel Macron, François Hollande, Nicolas Sarkozy, Richard Nixon, Ronald Reagan et Margaret Thatcher ont entonné cette antienne frauduleuse et le chômage saccage les États-Unis, la France et le Royaume-Uni depuis.

Soutenir l’investissement.

Selon l’OFCE sur les 9,15 milliards de baisses d’impôts prévues, 4,20 milliards bénéficieront aux 10 % les plus riches, soit 46 % du total. Leurs revenus annuels augmenteraient de 2,6 % (contre 1,4 % en moyenne pour l’ensemble des ménages. Les riches ont déjà trop de capitaux à leur disposition et le fait d’accroitre leur revenu et leur patrimoine financier ne créera pas d’occasions d’affaires ni de nouveaux marchés (7).

Encourager la consommation.

Au contraire, le dernier décile – les 10 % les plus pauvres de la population – sera celui qui bénéficiera le moins de ces baisses d’impôts : leurs revenus n’augmenteront que de 1 %, soit moins que la moyenne nationale. Un faible gain annuel donc, s’élevant à 81 euros. (8) Or, si la demande de consommation des riches est inélastique, étant souvent à la limite, celle des pauvres est très élastique et ce ridicule 81 euros annuel sera dépensé avant même d’être encaissé. Un gouvernement qui veut encourager la consommation augmente le pouvoir d’achat de ceux qui n’ont pas d’argent pour consommer, non pas de ceux qui disposent d’excédent de revenus.

Favoriser la création d’emploi.

Pour ce qui concerne la création d’emplois notons simplement que « Michelin, annonce un record de rentabilité avec un profit net de 1,66 milliard d’euros, en hausse de 43 % par rapport à 2015, mais avec des ventes en baisse et en supprimant 2000 emplois d’ici 2020. » (9) Elles sont nombreuses ces entreprises florissantes dont la hausse des profits s’accompagne de la suppression d’emplois, et malgré la diminution des ventes et la réduction de la production. Ce constat pose la question de la compréhension des lois marxistes de la baisse tendancielle du taux moyen de profit et de la transformation de la composition organique du capital.

La loi de la baisse tendancielle du taux moyen de profit.

La loi de la baisse tendancielle du taux moyen de profit est une loi fondatrice de l’économie politique marxiste (10). Cette loi d’économie politique explique la décrépitude du capitalisme qui voguant de baisse en diminution du taux moyen de profit en vient, malgré l’augmentation de la masse totale des capitaux circulant, à s’anémier. Cette baisse du taux moyen général de profit est la conséquence de l’augmentation de la composition organique du capital, que l’on peut ainsi résumer : la masse de capital constant (machineries, immobilisation, énergie et matières premières) écrase la masse de capital variable (salaires et avantages) engagé. À ce rythme de croissance du capital constant, il n’y aura bientôt plus de temps de travail ouvriers dans la composition organique du capital global, ce qui posera alors une énigme : d’où viendra la plus-value (…) qui produira de la valeur ? (11)

L’exemple de la société Michelin démontre que suite à des investissements technologiques importants la masse de profits produite a augmenté alors que le taux de profit a diminué entrainant des mises à pied. De ces mises à pied on peut déduire que le travail salarié (produisant de la plus-value) diminuant, alors que les profits augmentent, le taux d’exploitation de la main-d’œuvre s’est accru (ce que les capitalistes appellent une hausse de productivité). On peut enfin conclure que du point de vue de la création d’emploi la politique Macron est la garantie assurée d’une destruction d’emplois.

On nous rétorquera que c’est faux, que des emplois sont disponibles. Ici deux cas de figure se présente : A) l’employeur a déjà congédié un certain nombre d’employés pour les remplacés par une machine sophistiquée, pour laquelle une manœuvre techniquement formée est recherchée. Le poste sera pourvu et les employés jamais remplacés. B) L’augmentation des salaires pour les chanceux qui conservent leurs emplois entraine une hausse de la demande de consommation de biens et services qui créent des emplois si mal payés que les travailleurs hésitent sachant qu’il leur faudra deux ou trois emplois semblables pour boucler leur fin de mois. Le travail au noir et l’importation d’immigrés sous-payés sont alors organisés par le grand capital comme on peut l’observer sur la Méditerranée et à la frontière mexicaine aux États-Unis.

Conclusion.

Décidément, aucune réforme du mode de production capitaliste ne parviendra à sauver ce bateau ivre voguant à la dérive, même pas une nouvelle guerre thermonucléaire qui nous menace et dans laquelle ces criminels voudraient nous précipiter. Faut-il manifester notre désaccord et notre rejet de cette guerre en préparation ? Oui certainement ! Mais il faut comprendre que cela ne suffira pas. Seul le renversement de ce mode de production moribond sauvera l’humanité.


L’ARTICLE EST DISPONIBLE SUR LE WEBMAGAZINE http://www.les7duquebec.com/7-au-front/les-milliardaires-empochent-et-les-proletaires-decrochent-la-crise-economique-perdure/


NOTES

(1) http://www.les7duquebec.com/7-au-front/merci-pour-ce-mandat-francois-hollande/
(2) http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/profits-records-pour-les-entreprises-du-cac-40-france/
(3) http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/profits-records-pour-les-entreprises-du-cac-40-france/
(4) http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-2-2/vrais-chiffres-du-chomage-pour-mai-2017-en-france/
(5) http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-2-2/vrais-chiffres-du-chomage-pour-mai-2017-en-france/
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibex_35
(7) http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/10-de-francais-plus-riches-capteront-46-des-baisses-dimpots/
(8) http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/10-de-francais-plus-riches-capteront-46-des-baisses-dimpots/
(9) http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/michelin-malgre-des-benefices-en-hausse-2000-emplois-supprimes/
(10) La définition même du taux de profit fait apparaître un phénomène paradoxal : l'accumulation du capital risque en permanence de le faire baisser.

Le capital constant (c) est présent uniquement au dénominateur. Cela signifie concrètement que plus un investissement est lourd en machines, nouvelles technologies, moins le taux de profit sera élevé. Source : http://wikirouge.net/Baisse_tendancielle_du_taux_de_profit
(11) Cette grandeur est le rapport entre le capital investi dans la production (machinerie, locaux, électricité...) = c et le capital que représente la masse salariale avancée = v.

Marx lui a donné le nom de composition organique du capital en raison de son importance fondamentale pour expliquer l'état de l'économie capitaliste et sa dynamique. C’est le rapport entre ce qui ne fait que transmettre sa valeur et ce qui en crée une nouvelle, ou entre ce qui ne produit pas de plus-value et ce qui en produit. Ce rapport intervient au dénominateur dans la définition du taux de profit : quand il augmente, le taux de profit diminue. Source : http://www.wikirouge.net/Composition_organique_du_capital



 

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Documentaire : D’où viennent les crises économiques ? 97% Owned

Documentaire : D’où viennent les crises économiques ? 97% Owned
Ce film se fonde sur des recherches sérieuses et des données vérifiables pour documenter notre système économique et financier. A partir d’un point de vue britannique transposable à l’ensemble du système occidental, il analyse les rouages des banques centrales et le processus de création monétaire.

Quand l’argent pilote presque toute l’activité sur la planète, il est déterminant de comprendre son fonctionnement. Toutefois, des questions simples sont souvent négligées, des questions comme ; d’où vient l’argent ? Qui le crée ? Qui décide de son utilisation ? Et quelles en sont les retombées pour les millions de gens ordinaires qui souffrent quand le système monétaire et financier enregistre une de ses multiples chutes ?

Si vous avez décidé qu’une succession de crises dues au système financier existant n’est pas quelque chose que vous avez envie de vivre tout au long de votre vie, ce documentaire vous équipera du savoir nécessaire. Ce que vous en ferez ensuite dépend de vous.

Traduction de la présentation du film Entelekheia.


Réalisation Michael Oswald
Production Queue Politely.
97% Owned, le site
Version sous-titrée en français, 2h10
(Choisir « français » dans le menu des sous-titres.)


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Une vision scientifique de l’économie.

Une vision scientifique de l'économie.
« Quand le dernier arbre aura été abattu, quand la dernière rivière aura été empoisonnée, quand le dernier poisson aura été pêché, alors on saura que l'argent ne se mange pas. »
Ceux qui ont pour habitude de fréquenter les réseaux sociaux et de parcourir les sites Internet ont pu croiser ce proverbe souvent attribué au chef Sioux Sitting Bull (1831-1890), mais que l'on dit avoir également été cité par le chef Apache Geronimo (1829-1909) ; il pourrait en fait être un proverbe indien antérieur à ces deux chefs.
Ce proverbe a une signification profonde que le niveau des connaissances scientifiques de la fin du XVIIIe siècle ne permettait pas d'appréhender.
En effet, la vie elle-même et a fortiori un système économique reposent sur la consommation d'un flux continu d'énergie disponible s'écoulant du monde inanimé vers le monde animé. Les êtres vivants vivent grâce à l'énergie contenue dans les aliments qu'ils consomment. Cette énergie provient du rayonnement solaire et est stockée dans les plantes via le processus chimique de photosynthèse. Les aliments humains sont faits de végétaux qui contiennent directement l'énergie du rayonnement solaire, ou bien de viande d'animaux qui se sont eux-mêmes nourris de plantes ou d'autres animaux, ou encore de poissons qui se sont nourris de plancton ou d'autres poissons (auxquels s'ajoutent crustacés et coquillages).
Dans les sociétés primitives toute l'économie était une économie de survie reposant sur le seul travail humain puis, avec la domestication et l'élevage d'animaux, sur celui de bêtes de somme venant partiellement alléger le travail physique des hommes. En y ajoutant le bois utilisé comme combustible de chauffage, toute l'énergie disponible consommée provenait de l'énergie du rayonnement solaire capturée par les plantes.
Avec la spécialisation de l'activité dans des communautés urbaines et le développement du commerce vint la domestication de la force du vent pour propulser des bateaux à voiles.
C'est au temps de l'Empire romain que remontent les premières roues à aubes utilisant l'énergie cinétique d'un courant d'eau pour faire tourner une meule. La plus ancienne description connue a été faite par l'architecte Vitruve au Ie siècle avant J.‑C.
Qu'il s'agisse de l'énergie solaire stockée dans les plantes ou dans le bois des arbres, de la force du vent ou de l'énergie hydraulique, ce sont là des sources d'énergie renouvelable, qui a été la seule forme d'énergie disponible utilisée pour les activités humaines jusqu'au début, au XVIIIe siècle, de ce qui a été appelé la révolution industrielle.
Marco Polo signala toutefois, au retour de son voyage en Chine, que les Chinois chauffaient leur maison et cuisaient leurs aliments en faisant brûler d'étranges pierres noires. Mais c'est en Angleterre, au XVIIIe siècle, que va se développer l'exploitation minière qui va conduire à l'invention de la machine à vapeur par James Watt, car seul le charbon permettait de libérer l'énergie suffisante pour produire de la vapeur vive. Après les améliorations apportées par Benjamin Thompson, la machine à vapeur moderne permit de remplacer le travail physique de quelque chose comme 30 000 hommes, et ce non pas 8 ou 10 heures par jour, mais infatigablement, 24 heures sur 24.
C'est la maîtrise d'une telle nouvelle source d'énergie et l'invention de la machine à vapeur qui s'en est suivie qui explique l'avènement de la révolution industrielle.
Mais nous ne sommes plus là face à une source d'énergie renouvelable mais une source d'énergie fossile qui renferme de l'énergie solaire qui fut stockée, dans les entrailles de la Terre, à l'ère du carbonifère il y a plus de 300 millions d'années. Nous connaissons la suite de l'histoire des nouvelles sources d'énergie non renouvelables : le pétrole, puis le combustible de fission nucléaire.

Cette rapide rétrospective de la maîtrise de sources d'énergie disponible par l'homme illustre bien que le véritable moteur d'un système économique est le flux continu d'énergie qu'il consomme et sans lequel il est incapable de fonctionner, sans lequel la vie elle-même ne peut se maintenir.

L'énergie est donc la grandeur de base qui permet de qualifier la santé d'un système économique. Si les ressources d'énergie disponible sont insuffisantes par rapport aux besoins, l'activité économique déclinera. Bien sûr l'aspect « par rapport aux besoins » a lui aussi toute son importance, mais ce sera le sujet d'articles ultérieurs.

L'énergie, et non la monnaie, est ainsi la grandeur fondamentale sur laquelle repose une approche scientifique de l'économie, une approche permettant d'anticiper l'avenir, car au bout du compte, ce sont les lois naturelles qui ont toujours le dernier mot lorsque l'homme ne s'y conforme pas.

Précisons les choses sur un exemple concret.
Un gisement de pétrole ne constitue pas de l'énergie disponible. L'énergie disponible est celle contenue dans l'essence ou le gas-oil que l'on achète à la station-service. Avant que ces carburants ne nous parviennent sous cette forme utilisable il faut avoir réalisé des prospections pour trouver les gisements, avoir procédé à des forages pour en extraire le pétrole, puis avoir réalisé des processus chimiques de raffinage du pétrole brut pour en tirer l'essence, le gas-oil et autres sous-produits. Toutes ces opérations - auxquelles il faut rajouter le transport et la réalisation d'un réseau de stations-service pour la vente - sont des activités qui, comme toute autre, demandent une consommation d'énergie pour être effectuées.

Quand il vient d'être dit que c'est l'énergie, et non la monnaie que l'économie scientifique considère comme la grandeur permettant d'évaluer l'efficacité et la santé d'un système économique, cela se traduit encore par le fait que ce n'est pas le PIB qui nous renseigne le mieux sur la santé d'une économie et ses perspectives de prospérité future, mais le retour d'énergie sur l'investissement (REI) qui, dans notre exemple du pétrole, est le rapport de la quantité d'énergie brute produite par la source d'énergie que sont les gisements de pétrole sur la quantité d'énergie dépensée dans les processus d'extraction, de raffinage et de distribution[1].

La monnaie (hormis la monnaie ancienne de métal précieux) a une valeur imaginaire de nature psychologique qui repose sur la confiance que les esprits humains lui accorde. L'énergie a une valeur qui se mesure en Joules (anciennement calories) et elle est soumise aux lois de la physique du monde réel, les lois qui entretiennent la vie et tous les processus mécaniques de l'activité économique.

[1] « Richesse, Énergie et Valeurs Humaines » de Thomas Wallace, 2009, traduction française par Jean-Paul Devos, édition Persée, en cours de parution, pp. 85-86.

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L’UE envisage de s’en remettre à Israël pour sa sécurité d’approvisionnement en gaz

Lundi 3 avril, la Commission européenne, flanquée des représentants de trois Etats membres de l’UE – l’Italie, la Grèce, et Chypre – a paraphé un plan avec Israël prévoyant la construction d’un gazoduc allant de ce pays vers les côtes sud-européennes.
L’UE envisage de s’en remettre à Israël pour sa sécurité d’approvisionnement en gaz
A l’horizon 2025, le gazoduc, qui serait long de 2 200 kms, acheminerait jusqu’à 16 milliards de mètres cube par an des champs pétrolifères maritimes israéliens et chypriotes vers l’Italie et la Grèce. Selon le ministre israélien de l’Énergie, un tel chantier, évalué à 6 milliards d’euros, est envisagé avec beaucoup d’enthousiasme par les banques américaines Goldman Sachs et JP Morgan.

Pour sa part, le Commissaire européen à l’Énergie, Miguel Arias Canete, présent à Tel Aviv pour la signature, n’a pas caché que ce projet visait à concurrencer un autre gazoduc en cours de construction, North Stream II, qui pourra apporter jusqu’à 55 milliards de mètres cube de gaz russe vers l’Allemagne en passant sous la Baltique.

Ce projet germano-russe n’a jamais été en odeur de sainteté à Bruxelles, et est âprement combattu par la Pologne, les pays baltes et les Scandinaves, au motif qu’il permettrait à Moscou de vendre ses hydrocarbures sans transiter par l’Ukraine.
« Partenaire plus fiable »

Dans le climat officiel peu amène à l’égard de Moscou, M. Arias Canete n’a pas manqué d’affirmer qu’Israël serait un partenaire beaucoup plus fiable que la Russie.

Une affirmation à vrai dire plus idéologique que factuelle : que ce soit du temps de l’URSS ou de la période depuis 1991, la fourniture de gaz russe à destination des pays de l’UE n’a pas une seule fois été interrompue. En revanche, plusieurs conflits gaziers ont opposé le fournisseur russe Gazprom à l’Ukraine, cette dernière ne réglant pas les livraisons effectuées.

Qu’à cela ne tienne : pour Bruxelles, la perspective de dépendre d’Israël apporterait un plus indiscutable en matière de sécurité d’approvisionnement.

Si l’UE dépend un jour de Tel Aviv pour son gaz, elle devra probablement faire l’économie même de ce type d’enquête

Cette profession de foi misant sur la bonne volonté de l’Etat hébreu – dont on connaît le total désintéressement, et qui n’est évidemment au cœur d’aucun enjeu stratégique – arrive à peine quelques jours après que l’envoyé spécial de l’UE en Israël a une nouvelle fois pointé les confiscations de terres palestiniennes, les « transferts forcés de population », les expulsions de masse, et le blocage de l’aide humanitaire – autant de constats faits dans les territoires occupés qui sont « contraires au droit international ».

Ce rapport a été validé par les ambassadeurs des Vingt-huit. Et immédiatement rangé dans un tiroir, comme d’habitude.

Si l’UE dépend un jour de Tel Aviv pour son gaz, elle devra probablement faire l’économie même de ce type d’enquête.


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LE TRAVAIL BOOSTE LA CROISSANCE ECONOMIQUE ET AVANTAGE L’INDEPENDANCE FINANCIERE

"La contradiction et la lutte entre le capital et le travail, c'est-à-dire, entre les revenus qui sont des intérêts ou des bénéfices, d'une part, et ceux qui sont des salaires de l'autre, constitue le contenu de la question sociale au sens moderne du mot." Ferdinand Tönnies - 1855-1936
LE TRAVAIL BOOSTE LA  CROISSANCE ECONOMIQUE   ET   AVANTAGE L’INDEPENDANCE FINANCIERE


Imaginer parfois, vaut mieux que réfléchir souvent surtout lorsqu’il s’agit d’une histoire de notre époque, dans un parcourt accompli au milieu d’un contexte social, économique et culturel comme le notre. Supposant que vous êtes d’une profession libérale, un cas plus spécifique, qualité très indépendante, cette carrière a en quelque sorte, beaucoup d’opportunités et d’éventualités qui s’offrent à vous (entreprise libérale). La meilleurs à retenir est bien sur celle du moindre effort, au moindre cout dans un délai record avec un maximum de gain, en quelque sorte vous allez gagnez de l’argent en vendant votre temps par un service donné pour gagnez plus de pécules. Vous avez la possibilité de d’augmenter le prix du service et du bien ou bien encore travailler davantage (productivité).
A mesure que les professionnels libéraux améliorent leurs compétences, ils gagnent davantage par heure travaillée et de meilleure qualité. A court terme, ils peuvent quand même gagner suffisamment d’argent, la qualité prime. Pour gagner cet argent, ils doivent en principe travailler bien et dur.
C’est ce que l’on appelle des « revenus actifs », c’est à dire qu’ils sont conjugués à une activité créatrice de richesse que vous exercer. Si vous cessez la dite activité, ce revenu cesse obligatoirement donc problème de subsistance et de vie ! Par ailleurs vous pouvez également développer d’autres flux de revenus supplémentaires (investissements) en parallèle à votre activité ; dans ce cas la, vos nouveaux revenus ne vont plus dépendre de vos heures de travail.
Vous allez dans ce cas la gagner de l'argent sans travailler, tout en étant malade, en congé, en dormant ou en vacance….. Tout ce train train va vous permettre de mettre en place un nouveau processus de production de biens et services en embauchant des personnes qui vont faire le travail à votre place ; vous leur versez un ou des salaires et vous garder votre du, « profit » ce profit n’est qu’un « revenu passif » celui qui ne dépend pas directement de votre force de travail.
Ce « revenu passif » est un élément de croissance d’un contexte économique donné mais aussi de l’indépendance financière. On peut avoir beaucoup d’argent mais aussi être surendetté de quoi s’inquiéter sans cesse…..
La meilleure façon pour un professionnel libéral, c’est d’avoir plusieurs sources de revenus passifs qui lui procurent suffisamment de rente pour vivre aisément. Si par malheur une source se tari par voie de récession, faillite ou autre façon, le « revenu passif » demeure actif quand même.
Par conséquent, il est clair et aussi certain pour gagner beaucoup d’argent via des « revenus passifs » il ne faut absolument pas pratiquer une seule et unique compétence d’un champ d’activité unique dans un contexte economique.il s agit en quelque sorte de développer plusieurs sources de revenus, participé à la création de la valeur ajoutée , à surplus garanti et donc à la croissance et aussi à l’emploi. C’est une façon de devenir riche par le travail, de faire un progrès et de participer à la croissance, à l’emploi au bien être de la société. Les acteurs ou agents économiques devront procédés de la sorte pour faire avancer et développer le train économique, social et culturel.
Comment gagner de l’argent, comment il se perd cet argent et comment construire un patrimoine (accumulation du capital) trois questions clés, que chacun de nous se pose et essaye d’apporter des éléments de réponses par des actions propres à chacun.il s’agit d’arriver en fin de compte à l indépendance financière une forme de prospérité recherchée due à une croissance économique.
Tous les marchés de biens et services connaissent des hausses de prix comme des baisses selon la loi de l’offre et la demande qui est reine .Il faut savoir que dépenser moins (système de cout) de ce que vous gagner et ceci, afin de prélever une épargne qui sera destinée en vue d’une création d’une autre source de « revenu passif » (accumulation du capital).
Devant cette optique, Il faut être plus économe ,c'est-à-dire limité toute dépense ostentatoire, dépenser selon les besoins bien définis utiles et nécessaires ; une grande maison, une voiture de luxe ne sont que des dépenses superflus qui peuvent facilement tarir une source de ces « revenus passifs » .par conséquent, un cadre de vie serein, et radieux s’ est d'être réellement indépendant financièrement, c’ est aussi d'avoir plusieurs sources de revenus et les ruisseaux font toujours des rivières dit on , et chaque ruisseau est suffisamment utile pour apaiser sa soif c'est-à-dire suffisante pour financer le style et le cadre de vie recommandé pour une vie meilleure un slogan des année 80 que personne n’a jamais saisi sa signification pour mieux opérer son application utile.
Chaque source permet de rapporter plus de revenus que l’on dépense. Donc, si sur un des plusieurs « revenus passifs » devaient soudain disparaître, on aurait malgré tout suffisamment de revenus pour se permettre de vivre sans se serrer la ceinture. Cette situation est déjà mise en application dans notre pays ou la rente pétrolière, rien que la rente pétrolière, si elle disparait par voie des prix du marché le résultat serait catastrophique dans tout les domaines (économique-social-politique.) .Voilà une sécurité financière extrême par un « revenu passif » que l on devrait mettre en place par une politique rationnelle et productive..
Par conséquent, il est tout à fait nécessaire et utile de créer et d’augmenter les revenus par divers moyens (et donc saisir différentes occasions que ce soit en micro ou en macro économique) pour que croissance-emploi-bien être –prospérité et enfin atteindre l'indépendance financière. C’est une culture économique que les agents économiques devront entreprendre pour créer plus de richesse, il s’agit envisager en fin de compte d'avoir plus d'une, ou même plusieurs sources de revenus. Et cela s’applique pour le particulier comme pour le général. Et l’état doit s’inspirer de cette conception modeste sinon une stratégie fécondable. Le « laboureur et ses enfants » en sait beaucoup par sa moralité de la chose. Un véritable fermier ne se contente pas uniquement de sa récolte en blé, il s’occupe avec une basse cour lui donnant des œufs et de la viande blanche pour manger et le surplus le destine à l’échange, une vache et une chèvre c’est du lait, du fromage, les arbres fruitiers c’est aussi de la compote, de la laine de mouton et c’est toute une entreprise diversifiée pour se satisfaire qui lui procure des revenus via l’exploitation de sa ferme que le travail bien fait lui fourni .La révolution industrielle a été faite par le surplus de revenus dégagé par l’agriculture.
BENALLAL MOHAMED
 

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Le cancer des banquiers

Le cancer des banquiers
Rudo de Ruijter
Chercheur indépendant
Pays-Bas

 
Dans La magie des banquiers vous avez pu lire comment les banquiers font apparaître des avoirs pour des prêts avec une simple ligne de comptabilité. Il n'y a pas d'argent en jeu et l'argent pour les avoirs n'existe même pas. Ce tour de passe-passe extrêmement lucratif incite les banquiers à fournir le plus de prêts possibles, mais il y a plus. Il y a des impulsions de croissance spécifiques qui rendent impossible d'arrêter la croissance du volume des prêts. Ni même avec des régulations. Et cela a des conséquences énormes pour notre société.
  • La création du vrai argent
Les banques n'ont besoin que d'un peu d'argent pour payer les différences entre les paiements interbancaires sortants et entrants. [1] En sus, elles ont besoin d'argent pour les clients qui demandent des billets de banques, par exemple aux guichets automatiques. Les banques obtiennent cet argent en vendant des papiers de valeur (comme des obligations d'état) à leur banque centrale, où chaque banque a un compte.

Banque centrale
Celle-ci ajoute la valeur sur le compte de la banque. Ainsi est créé l'argent officiel sous forme de nombres à la banque centrale. La banque centrale est la seule banque autorisée à (faire) imprimer des billets de banque. Aussi, les banques peuvent retirer l'argent de leur compte sous forme de billets, pour tenir prêt à distribuer aux clients qui en demandent.

  • Contrat-répro
Cette vente des papiers de valeurs n'est pas une vente ordinaire. Il y a une condition attachée: le banquier doit promettre de racheter ces papiers à une date convenue à un prix plus élevé convenu. Donc les banques ne disposent de l'argent que temporairement et doivent chaque fois vendre et racheter des papiers de valeur.
Première impulsion de croissance
Le fait que la banque centrale demande chaque fois un peu plus d'argent en retour qu'elle a initialement créé, signifie qu'avant la date du rachat des papiers de valeurs les banques doivent déjà en vendre d'autres pour avoir assez d'argent pour racheter les précédents. Au fil du temps l'opération exige la vente et le rachat de plus en plus de papiers de valeurs pour disposer de l'argent nécessaire.
Cela cause des frais toujours plus élevés. Pour couvrir ces frais, les banques doivent générer toujours plus de bénéfices et donc fournir de plus en plus de prêts.

Dettes croissantes

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Remarquez, que lorsque des clients gardent des billets de banque chez eux, c'est la banque qui les a fournis qui en supporte les frais à la banque centrale en permanence. Pour les banques c'est une des raisons de récompenser les clients, s'ils déposent leur argent sur un compte d'épargne.

  • Inflation: augmentation des prix
Lors de la fourniture de prêts les banques créent bien toujours plus d'avoirs, mais elle ne créent pas avec une baguette magique plus de marchandises à acheter. Et lorsque les consommateurs peuvent dépenser plus pour acheter la même quantité de marchandises, cela résulte simplement dans une augmentation de prix. Chaque unité d'argent perd de sa valeur et avec cela également nos avoirs bancaires.

Inflation monétaire
 

  • Inflation: pression de travail croissant
Et si nous ne voulons pas appauvrir, nous devrons travailler plus pour compenser la perte de valeur de notre argent. C'est une course incessante contre l'appauvrissement.

Et les Shadoks pompaient...
On peut le voir aussi autrement: en travaillant plus nous essayons d'obtenir une part des avoirs supplémentaires que les banques ont mis en circulation.

  • La fable de la croissance économique
La fable qu'une économie devrait croître pour être saine, a son origine dans la nécessité des banques pour fournir de plus en plus de prêts. Toujours plus de prêts signifie toujours plus d'avoirs bancaires et une dévalorisation de notre argent. Pour ne pas appauvrir nous devrons produire plus pour pouvoir gagner plus. C'est bien pour les banquiers, mais non pas pour la société, ni pour la terre.

L'économie globale

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  • Inflation et Indice des Prix à la Consommation
L'inflation est souvent exprimée comme l'augmentation du prix d'un panier de produits d'un ménage moyen, appelée l'Indice des Prix à la Consommation.
Cependant, lorsque des produits dans ce panier deviennent trop chers, ils sont remplacés par des moins chers. Le raisonnement étant, que le ménage moyen ferait cela aussi. Grâce à ce truc l'augmentation réelle des prix reste câchée. L'Indice de Prix à la Consommation ne pourra jamais dépasser l'augmentation des revenus du ménage moyen. En effet, ce dernier ne peut pas payer des prix plus élevés! [2]

Augmentation des salaires

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  • Inflation: avantage pour les emprunteurs
Avec l'inflation les emprunteurs ont l'avantage, que les montants convenus pour le remboursement de l'emprunt dévaluent au cours du temps. Lorsque l'inflation est de 2 pourcent, cela est comparable à 2 pourcent moins d'intérêts. Avec un taux d'intérêt de 6 pourcent cela constitue un tiers de la charge d'intérêts. Les perdants sont les usagers successifs des avoirs correspondants. Ils perdent exactement autant par les augmentations de prix.[3]
Deuxième impulsion de croissance
Le risque pour les banquiers c'est que les emprunteurs ne remboursent pas tout ou partie de leur emprunt. D'une manière générale le nombre de mauvais payeurs augmente exponentiellement lorsque le taux d'intérêt monte.

Mauvais payeurs
Lorsque le taux d'intérêt est de 6 pourcent et l'inflation est de 2 pourcent, cela équivaut un taux d'intérêt net de 4 pourcent. Grâce à cette inflation les banques évitent les mauvais payeurs qui apparaîtraient à des taux d'intérêt entre 4 et 6 pourcent, autrement dit la plupart. (Si nous estimons, que sans inflation il y aurait 10 fois plus de mauvais payeurs à 6 pourcent qu'à 1 pourcent d'intérêt, les banques évitent ainsi 2/3 des mauvais payeurs!)
Donc les banques ont intérêt à fournir toujurs plus de prêts pour maintenir une inflation suffisante pour leur éviter la plus grande partie des mauvais payeurs potentiels. (Probablement la plupart des directeurs de banques n'en ont même pas conscience. Ceux-ci veulent simplement produire de meilleurs chiffres chaque année pour garder leur poste bien payé...)

  • Inflation: pas de désavantage pour les banques
Le fait qu'au cours du prêt les remboursements perdent de leur valeur ne nuit pas aux banques. Lorsqu'avec une ligne de comptabilité une banque a créé un avoir de 1000 euros pour un prêt, c'est 1000 euros qui devront revenir comme remboursements pour réduire l'avoir créé à zéro. Ni plus, ni moins.
Cependant, pour les intérêts que les banques reçoivent l'inflation a bien une conséquence négative. Les intérêts, c'est leurs bénéfices, avec lesquels elles payent le personnel, les autres frais et les actionnaires. Mais vous pouvez être certain, que les banques ont prévu cette dévaluation et ont calculé un peu plus d'intérêt dès le départ. Il y a aussi des banques qui se font payer les intérêts d'abord et les remboursements qu'àprès. Ainsi elles collectent les intérêts avant que l'inflation n'en réduise la valeur.
  • Inflation décroissante: risque systémique

Banques à Frankfurt
Quartier des banques de Frankfurt [4]

Plus grande image Cliquez ici pour une crise bancaire...
Lorsque l'inflation diminue ou - pire - avec une déflation, il peut arriver que toutes les banques sont confrontées simultanément avec un nombre grandissant de mauvais payeurs. En effet, pour les emprunteurs l'avantage de l'inflation disparaît et les montants pour les remboursement deviennent de plus en plus difficiles à gagner. En théorie, lorsque les emprunteurs ne peuvent plus rembourser, les banques doivent comptabiliser des pertes. Mais les banques ne peuvent pas subir beaucoup de pertes. En soi, le capital d'une banque peut paraître gigantesque, mais il ne représente que 5 à 8 pourcent des prêts en cours. Quand les non-paiements deviennent systématiques, les banques font faillite. C'est pourquoi les banques préfèrent transformer les prêts malades en des prêts de plus longue durée, de telle sorte que les mensualités deviennent plus basses et, peut-être, les empunteurs pourront payer quand-même. Ainsi des pertes sont évitées ou retardées.

  • L'épargne
Lors de la fourniture de prêts apparaissent des avoirs bancaires. Lors des ordres de paiement des avoirs disparaissent chez les donneurs d'ordres et de nouveaux apparaissent chez les bénéficiaires [1].  Pour chaque avoir vaut, que quelque part il y a un emprunteur, qui doit encore rembourser ce montant. Aussi longtemps que ces avoirs sont utilisés dans des transactions de paiement, l'emprunteur peut tenter d'obtenir le montant en fournissant du labeur ou des marchandises à quelqu'un d'autre.
Ici l'épargne forme un problème. Avec l'épargne on désigne des avoirs bancaires qui, pour un temps indéfini, ne participent plus dans des transactions de paiement. Ces montants sont garés sur des comptes d'épargne.

Parking
Les emprunteurs ne peuvent pas obtenir ces montants pour rembourser leur emprunt. Il y a moins d'avoirs dans les comptes de paiement que des montants à rembourser à terme. Pour les banques le risque augmente, que les emprunteurs ne pourront pas rembourser leurs dettes à la date convenue.
Moins d'avoirs bancaires en usage dans les paiements, signifie également déflation. Pour une même quantité de marchandises et services il y a moins d'avoirs en circulation. La valeur de chaque unité d'argent augmente et les sommes convenues pour les remboursements sont de plus en plus difficiles à gagner.
Troisième impulsion de croissance
Pour contrer le danger de déflation les banques compensent l'écoulement vers les comptes d'épargne par la fourniture de prêts supplémentaires. (Pour les économistes ignorants il semble maintenant que c'est l'épargne qui est prêtée. Cependant, l'épargne n'est rien d'autre qu'une reconnaissance de la banque qu'elle doit de l'argent à ces clients et non pas une tirelire pleine de sous!) La fourniture de ces prêts supplémentaires prévient la dimunition de la quantité des avoirs bancaires en usage dans les paiements.
Il est vrai, qu'avec ces prêts supplémentaires il y a maintenant davantage d'emprunteurs qui chassent les mêmes avoirs bancaires pour leur remboursements, mais comme ces remboursements sont dus sur une période longue, les banques peuvent prendre des mesures à temps chaque fois. Dès qu'une somme est remboursée, la banque fournit un nouveau prêt équivalent à quelqu'un d'autre. Cela résout le problème temporairement chaque fois.
Cancer
Avec toutes ces impulsions les prêts en cours croissent comme un cancer. Et cela occasionne des frais gigantesques: les intérêts! Tous ces avoirs bancaires démarrent comme des prêts porteurs d'intérêts. Pour chaque bout d'avoir bancaire il y a quelque part un emprunteur qui paye l'intérêt! Tous ces intérêts à payer sont – directement ou indirectement [5] - intégrés dans les prix des produits dans leurs phases de production successives. Finalement c'est aux consommateurs de les payer, comme ils sont les derniers dans la chaîne. En 1950 la part des intérêts dans les dépenses des ménages était 7 pourcent. En 1975 elle était 14 pourcent. En 2000 c'était 31 pourcent et aujourd'hui nous sommes à plus de 35 pourcent! [6]

Les intérêts dans les dépenses des ménages
Résumé:
Les banques doivent obtenir toujours plus d'argent de leur banque centrale, comme cette dernière demande chaque fois plus d'argent en retour qu'elle en crée. Pour les banques les coûts augmentent et pour couvrir les frais elles prêtent plus. Plus de prêts signifie plus d'avoirs bancaires pour les paiements et inflation.
Par l'inflation les emprunteurs ont l'avantage que les remboursements convenus dévaluent et deviennent plus faciles à gagner. Avec l'inflation les banques ont l'avantage qu'il y a moins de mauvais payeurs. Par contre l'écoulement vers des comptes d'épargne cause une dimunition des avoirs dans les comptes de paiements. Cela augmente le risque de déflation et d'une augmentation exponentielle des mauvais payeurs. Les banques compensent ceci avec des prêts supplémentaires.
La croissance permanente des avoirs bancaires est un cancer, qui nous noie de plus en plus dans des dettes. La charge des intérêts croît chaque année. En 1950 la part des intérêts dans les dépenses des ménages était 7 pourcent. En 1975 elle était 14 pourcent. En 2000 c'était 31 pourcent et aujourd'hui nous sommes à plus de 35 pourcent! [6]

à suivre...
Sources and references:
[1] Exemple 3 banques Dans les paiements interbancaires il n'y a besoin que de peu d'argent.
Voir: La magie des banqiers, paragraphe: Paiements via la banque
[2] Pour plus de détails, voir : Secrets d'argent, intérêts et inflation, paragraph: Indice des Prix à la Consommation et inflation des prix
[3] Pour plus de détails, voir : Secrets d'argent, intérêts et inflation, paragraph: Inflation: obliger la population à payer pour l'usage de l'argent
[4] Photo Frankfurt: Wikimedia
[5] Indirectement par exemple via les salaires. Aujourd'hui les salariés consacrent une partie de leur salaire au paiement d'intérêts à leur banque. S'ils n'avaient pas d'intérêt à payer, ils pourraient acheter les mêmes choses avec un salaire plus bas.
[6] Helmut Creutz:
"Tous les frais qui s'accumulent dans la production et dans les prix intermédiaires entrent dans les prix finaux. Ils doivent donc être payés par les ménages, qui, comme derniers dans la chaîne ne peuvent plus reporter ces frais à d'autres et paient ces frais directement ou indirectement avec leurs dépenses.
Selon le bulletin de la Bundesbank de septembre 2003 les dépenses totales de tous les ménages de l'année 2000 se situaient à 1.201 milliards d'euro, les frais des emprunts (les intérêts collectés par les banques) à 370 milliards d'euros. De ces montants, qui représentent par ménage 31.600, respectivement 9.740 euros, se laisse calculer un pourcentage d'intérêts dans les dépenses de 31 pourcent."
En 1950 la part des intérêts dans les dépenses des ménages était 7 pourcent, en 1975 c'était 14 pourcent, en 2000 c'était 31 pourcent et aujourd'hui nous sommes à plus de 35 pourcent.
le 28 février, 2017

Rudo de Ruijter
Chercheur indépendant
Pays-Bas


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L’UE déclare la guerre au cash. Pourquoi ?

La Commission appelle à limiter l’utilisation du cash dans l’UE. Objectif affiché : frapper le terrorisme au portefeuille. Parallèlement, des directives se multiplient afin de permettre aux banques de se renflouer directement auprès des déposants. Un double mouvement qui pose question.
L’UE déclare la guerre au cash. Pourquoi ?
Se dirige-t-on lentement, mais irrémédiablement, vers la fin du cash? C'est une question récurrente depuis plusieurs années. Pour preuve de cette guerre au liquide, outre la multiplication des terminaux de paiement dits « sans contact » et autres transferts d'argent numérisés, les nombreux tours de vis législatifs entrepris par les autorités de certains pays à l'égard des billets de banque, accusés de tous les maux.

Une tendance que confirme le dernier document de la Commission européenne, en date du 23 janvier 2017. Forte de son monopole d'initiative, l'organe exécutif de l'Union européenne enjoint les deux autres principales institutions communautaires — à savoir le Conseil et le Parlement — à adopter des mesures supplémentaires en matière de limitation des paiements en cash, dans le cadre du contrôle des liquidités transitant par l'Union. Objectif avoué: renforcer les mesures existantes dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d'argent ainsi que le financement du terrorisme.

Pour rendre efficace cette lutte contre le terrorisme, la Commission appelle également à une uniformisation des législations déjà en vigueur. Il faut dire que les gouvernements des pays membres n'ont pas du tout la même appréhension de cette problématique de l'argent liquide… Le document souligne que la distorsion en matière de législations sur les transactions en liquide, d'un pays membre de l'Union à l'autre, peut encourager les criminels et les terroristes à contourner certaines restrictions dans leurs propres pays en se rendant dans des pays moins regardants.

« Un épisode de plus dans un processus d'éradication du cash », souligne Philipe Béchade, président des Econoclastes et analyste macro-économique à la Bourse au Quotidien, « en vue d'une numérisation intégrale des actifs détenus par les particuliers. »

Notre expert fait le parallèle entre cette politique anti-liquidité et les récents règlements européens en matière de renflouement des banques en cas de faillite voir de crise. Une référence à la BRRD (Bank Recovery and Resolution Directive), transposée par ordonnance dans le droit français, en catimini, un 21 août 2015 et introduisant certaines mesures dites de « Bail-in », ou « sauvetage interne » (en opposition au « Bail-out », lorsque le sauvetage des banques est alors de source externe: c.-à-d. le contribuable) permettant aux banques de se renflouer grâce aux dépôts de particuliers. « L'épargnant, étant un créancier de la banque, peut voir ses actifs saisis », rappelle notre expert.

Ainsi, d'une certaine manière, la spoliation de votre épargne, c'est-à-dire de vos revenus déclarés après acquittement de vos divers impôts, est possible et tout à fait légale en France, ce depuis le 1er janvier 2016.

Permettre aux banques de se renflouer auprès de ses clients, une mesure adoptée par l'Union européenne dans la foulée de la crise financière chypriote (2012 — 2013) et le précédent crée par la Banque Centrale de l'île, qui avait autorisé la principale banque, Bank of Cyprius, à ponctionner les dépôts de ses épargnants de plus de 100 000 € à hauteur de 47,5 %, ainsi qu'à en geler une autre tranche. Des mesures alors elles-mêmes prises dans le cadre d'un plan de sauvetage européen du secteur financier de Chypre.

Mais si « seulement » les comptes d'épargne de plus de 100 000 € sont concernés, certains économistes, comme Philippe Herlin, chargé de cours au Cnam (Conservatoire national des arts et métiers), redoutent que — dans la pratique — une telle mesure ne s'applique purement et simplement à tous les comptes clients, tant des particuliers que des entreprises.

Face à la levée (tardive) de boucliers, la réponse des autorités ne changea guère: il vaut mieux sacrifier 10 % de son épargne plutôt que de tout perdre en cas de faillite de sa banque. Philippe Herlin dénonce quant à lui « du pur capitalisme de connivence », soulignant qu'une telle mesure permet notamment aux États de s'atteler pleinement au règlement de leurs dettes (et de leurs colossaux intérêts) plutôt que de renflouer les établissements bancaires… ceux-là mêmes qui détiennent les dettes en question.
Rappelons que dans le cas de la France, la dette de toutes les administrations publiques, s'élève aujourd'hui à hauteur de 2 185 milliards d'euros, ce qui n'est pas sans conséquence sur le budget de la nation.

Il faut également évoquer le fait que, dans le cadre de cette guerre contre le cash, les autorités de certains pays ne s'attèlent pas uniquement à limiter l'autorisation de payer en liquide mais également son accès pour certains acteurs économiques — en d'autres termes, limiter le droit à disposer de son épargne — tout cela alors qu'apparaissent des prérogatives permettant à d'autres acteurs économiques de saisir des fonds sur des dépôts privés en cas de crise.

Exemple flagrant de la France: en mars 2015, toujours sous couvert de lutte anti-terroriste, Michel Sapin alors ministre des Finances, fit passer la limite autorisée pour les paiements en liquide de 3 000 à 1 000 € pour les résidents fiscaux, et de 15 000 à 10 000€ pour les non-résidents. Des limitations inexistantes dans d'autres pays de l'Union, comme l'Autriche, Chypre, l'Islande, la Lituanie, la Lettonie, Malte ou encore la Slovénie, où tous restent encore libres d'acheter en liquide, quel que soit le montant.

Autre exemple de mesure gouvernementale restrictive, validée par le Conseil constitutionnel le 8 décembre dernier, cette fois-ci sous la forme d'un amendement socialiste à la loi Sapin 2: la possibilité pour le Haut conseil de stabilité financière (HCSF), sur proposition du gouverneur de la Banque de France, de geler pour une période illimitée (3 mois renouvelables) tous les mouvements (versements ou le retrait de fonds) sur les contrats d'assurance-vie des Français en cas de crise ou de remontée rapide des taux d'intérêt.

Philippe Béchade souligne d'autres aspects d'une société sans cash:

« Outre le fait de pouvoir se servir, ce que beaucoup de gens ignorent, c'est que leur dépôt bancaire — le salaire qui est viré tous les mois — c'est une créance sur la banque, si la banque est en difficulté, comme toute créance, elle risque de ne pas être remboursée. »

Ainsi que le risque de « l'application des rendements négatifs aux liquidités, inscrite sur un compte bancaire ». C'est-à-dire de voir des épargnants tentés de retirer leur argent, par crainte de voir leur épargne coûter plus qu'elle ne rapporte: les frais de gestion dépassant alors le rendement du capital placé. Une situation, comme le rappelle Philippe Béchade, observée au Danemark et en Suisse.

L'invitation de la Commission à légiférer contre les liquidités n'est, globalement, pas surprenante, s'inscrivant dans une démarche, un mouvement, observable à l'échelle mondiale. Nous pouvons citer notamment le cas Canada, où la Banque Nationale (BNC), a incité en novembre 2015 le gouvernement du Québec à prendre exemple sur la Suède et le Danemark et d'accélérer le tournant vers la monnaie numérique, le tout au nom de la traçabilité et de la lutte contre la fraude fiscale. Un mouvement qui affecte également l'Afrique, comme en Somalie ou au Kenya, où les transferts d'argent via mobile sont devenus monnaie courante.

Un mouvement, de renforcement progressif, des mesures visant à limiter les paiements en cash, qui a récemment signé l'arrêt de mort des coupures de 500 € à l'horizon 2018. Ou encore l'application de « mesures de vigilance » à partir de paiements excédents 15 000 €, puis 10 000 €. La Commission entend également que soient harmonisées, au niveau européen, les différentes législations nationales existantes.

Reste à savoir si ces mesures seront efficaces…


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A quoi sert la kermesse de Davos? L’arrogance des grands devant la misère.

«Même dans la misère, un homme a des idées. Si personne ne reconnaît ses idées, il s’enfonce encore plus dans la misère.» (Un participant du Séminaire OMD au Burkina Faso)
A quoi sert la kermesse de Davos? L’arrogance des grands devant la misère.
Depuis près de 50 ans, Davos réunit des dirigeants d’entreprises, des chefs de gouvernement, des hommes politiques, des artistes, toute une élite globalement acquise au libre-échange sous toutes ses formes. Cette édition revêt une saveur particulière compte tenu de l’hostilité croissante d’une part importante des populations occidentales envers la mondialisation, notamment d’une classe moyenne en voie de déclassement. Ils ont voté Trump, le Brexit et vont peut-être bousculer le jeu politique en France, en Allemagne, etc. Cela n’a pas dérangé pour autant les grands de ce monde qui ont trouvé à Davos le temps de s’amuser en simulant les conditions de vie des émigrés, mais comme dit mon petit-fils, c’est pas pour de vrai!!

Rapport sur l’état des inégalités

«La richesse mondiale est devenue encore plus concentrée dans les mains des riches en 2016, seuls huit milliardaires, écrit Nick Beam, dont six Américains, possèdent autant de richesses que la moitié inférieure de la population mondiale, soit environ 3,6 milliards de personnes, ce qui représente 0,2% de la richesse mondiale totale, ou 409bn $. Le rapport d’Oxfam publié à la veille du Forum économique mondial annuel à Davos, présente des statistiques qui mettent en évidence la croissance stupéfiante de l’inégalité sociale, montrant que l’écart de revenus et de richesse entre une minuscule élite financière et le reste du monde s’élargit à un rythme accéléré. L’année dernière, selon Oxfam, 62 personnes contrôlaient autant de richesse que la moitié inférieure de l’humanité. Selon Oxfam, depuis 2015, le 1 pour cent le plus riche de la population mondiale possède plus que le reste du monde dans sa totalité, et au cours du dernier quart de siècle, le premier 1 pour cent a davantage augmenté son revenu que la moitié inférieure de l’humanité.» (1)

«Loin de bénéficier à la population dans son ensemble, les revenus et la richesse fuient vers le haut à un rythme alarmant», déclare le rapport. Les 1810 milliardaires en dollars sur la liste Forbes de 2016 possèdent 6,5 mille milliards de dollars, autant «que les 70 pour cent les plus pauvres de l’humanité». «(…) Selon Oxfam, l’homme le plus riche du Vietnam gagne plus en une journée que la personne la plus pauvre du pays gagne en 10 ans. Le rapport souligne le caractère systématique du siphonage des richesses mondiales vers le haut. Le secteur privé est axé sur l’obtention de «rendements toujours plus élevés pour les propriétaires riches et les cadres supérieurs»; les entreprises sont «structurées pour éviter les impôts, compresser les salaires des travailleurs et exploiter les producteurs». Cela implique les pratiques les plus barbares. Oxfam cite un rapport de l’Organisation internationale du Travail, selon lequel 21 millions de travailleurs forcés génèrent 150 milliards de dollars en profit chaque année. De nombreuses grandes entreprises ont des liens avec des filatures de coton en Inde qui ont systématiquement recours au travail forcé des filles.» (1)

Les multinationales s’enrichissent

Nick Beam poursuit:

«De nombreuses statistiques soulignent toute l’étendue du pouvoir du patronat. En termes de revenus, 69 des plus grandes entités économiques mondiales sont maintenant des sociétés, non des pays. Les 10 plus grandes entreprises du monde, dont Wal-Mart, Shell et Apple, ont des revenus cumulés supérieurs aux revenus totaux des gouvernements de 180 pays. (…) Selon Oxfam, le géant technologique Apple aurait payé une taxe de seulement 0,005 pour cent sur ses bénéfices européens. Les pays en développement perdent environ 100 milliards de dollars par an en raison de la fraude fiscale et d’exonérations accordées aux entreprises. Les Etats sont complices de la fraude fiscale et la criminalité. Le rapport cite l’économiste Gabriel Zucman, selon lequel 7,6 mille milliards de dollars sont cachés dans les paradis fiscaux. En raison de la fraude fiscale, l’Afrique perd à elle seule 14 milliards de dollars, soit assez pour payer des soins qui sauveraient la vie de quatre millions d’enfants et embaucher assez d’enseignants afin que tous les enfants africains aillent à l’école.» (1)

Pour Nick Beam, «il y a une omission importante de la discussion d’Oxfam sur l’accélération des inégalités. Elle ne mentionne pas le rôle crucial des politiques des gouvernements des grand pays et des banques centrales dans la remise de billions de dollars aux banques, aux grandes entreprises et aux élites financières grâce aux renflouements bancaires et aux politiques d’assouplissement quantitatif depuis la crise financière mondiale en 2008. Sous Obama, l’accroissement des inégalités s’est accéléré, et la classe dirigeante a sombré dans le parasitisme et la criminalité.(…) Il y a un quart de siècle, après la liquidation de l’Union soviétique, l’euphorie capitaliste triomphait. Débarrassée de l’obstacle posé par l’Urss, la démocratie libérale-capitaliste devait dominer le monde et montrer à l’humanité ce qu’elle pouvait faire. le monde est marqué par toujours plus d’inégalité, une accumulation de richesses vraiment obscène, des formes antidémocratiques de gouvernement, la criminalité aux plus hautes sphères de la société et le danger de plus en plus immédiat d’une Troisième Guerre mondiale». (1)

Des pauvres encore plus… pauvres

C’est un fait, la pauvreté appelle la pauvreté ! Et la richesse appelle la richesse ! Quand on rentre dans la spirale de la pauvreté, rien n’y fait on a tôt fait de basculer dans la précarité. A contrario , les hyper-riches type Bill Gate, Carlos Slim voient leurs revenus augmenter chaque année par des simples « manipulations » boursières sans risque, de plusieurs milliards de dollars. Ils ont alors le beau rôle pour faire les mécènes et distribuer des aumônes qui ne règlent pas le problème celui de la redistribution. Un constat: la redistribution ne fonctionne pas! Nous aurons toujours l’inégalité Comment est distribuée la richesse mondiale? Qui en profite? Y a-t-il un Smic de dignité sociale pour les revenus? Rien de tout ça! On serait tenté de croire que le niveau de vie est profitable à toutes les couches sociales dans les pays occidentaux industrialisés, il n’en n’est rien.

« Mieux encore, le pays le plus riche de la planète a ses pauvres et ils sont nombreux: un rapport d’une commission du Congrès sur les inégalités, souligne que, de 1993 à 2012, ceux que l’on appelle ici le «top 1%», c’est-à-dire la frange des Américains les plus riches, a vu ses revenus réels grimper de 86,1%, tandis que le reste du pays n’a connu qu’une appréciation de ses revenus de 6,6%…». La moitié de la nourriture produite dans le monde serait gaspillée chaque année, soit entre 1,2 et 2 milliards de tonnes d’aliments, selon un rapport rendu public en janvier 2013 par les médias britanniques. «Entre 30 et 50%» des 4 milliards de tonnes de nourriture produites annuellement dans le monde «n’atteindront jamais un estomac humain», expliquent les auteurs du rapport de l’Institution of Mechanical Engineers (IMeche), un organisme qui vise à promouvoir l’ingénierie dans le monde.» (2).

L’injustice climatique

A toute les avanies que connaissent les déshérités du monde, la faim, la soif, le manque d’hygiène, le manque d’instruction, il faut y ajouter l’injustice climatique et l’autisme des grands incapables de tourner le dos aux énergies fossiles. La maison brûle et on regarde ailleurs disait le président Chirac au sommet de Johannesburg. Unis nous pouvons et nous devons vaincre les atermoiements de puissants de ce monde pour qui la détresse humaine n’est pas un produit marchand, éparpillés la défaite de l’humanité est certaine. Chavez disait que si le climat était une banque, les pays industrialisés feraient tout pour le sauver. Interrogeons-nous si chacun de nous a fait ce qu’il doit faire en termes de dette vis-à-vis de la Nature, en termes de viatique vivable à laisser aux générations futures! Qu’on se le dise, un mode vie à l’américaine, à 8 tep/hab/an n’est pas soutenable! Les Européens qui sont à 4 tep/hab/an sont-ils deux fois moins heureux que les Américains? Et que dire des Sahéliens? Quand on sait qu’un Sahélien consomme en énergie en une année ce que consomme un Américain en une semaine! Que dire aussi quand on sait qu’un plein de 4×4 en biocarburant soit 225kg de maïs transformé, peut nourrir un Sahélien pendant une année! Est-ce ainsi que les hommes vivent? L’agroécologiste qui n’est plus à présenter Pierre de Rabhi nous recommande de faire chacun à son niveau comme le colibri- apporter chacun notre goutte d’eau pour éteindre l’incendie et ce faisant conjurer le péril d’un climat erratique qui impactera en premier les déshérités de la Terre.

Les facteurs qui influencent les inégalités dans les revenus

L’universitaire Thierry Lefèvre nous explique les fondements et les facteurs des inégalités Il cite les travaux de Branko Milanovic chercheur à l’université de New York:

«Depuis les années 80 écrit-il, les inégalités en termes de revenus des ménages s’accroissent partout dans le monde, même dans des pays en développement (PED) comme la Chine ou l’Inde. Cette augmentation est déroutante car les théories économiques des années 50 et 60 prévoyaient une diminution pour les pays ‘avancés” ainsi que pour les PED qui rejoindraient le marché du commerce mondial. (..) Selon Branko Milanovic, cette croissance des inégalités ne devrait pas durer car les recherches montrent qu’historiquement les inégalités évoluent de façon cyclique. Les inégalités de revenu se mesurent fréquemment à l’aide du coefficient dit de Gini. Celui-ci compare le revenu de chaque ménage d’une nation avec celui de tous les autres. Les données du passé permettent de tirer quelques conclusions générales sur les facteurs qui influencent les inégalités. Selon Branko Milanovic, on peut les scinder en deux: les facteurs dits «malins» (guerres, guerres civiles, épidémies) et les facteurs bénins (facteurs économique, transformations technologiques, mondialisation, démographie.» (3)

«Les époques plus reculées poursuit Thierry Lefèvre, ont été fortement influencées par les premiers, l’époque moderne surtout par les seconds. Les épidémies ont en général tendance à réduire les inégalités car elles diminuent la main-d’oeuvre, ce qui augmente les salaires. Les guerres peuvent augmenter les inégalités, suite à l’esclavage ou le pillage, ou les réduire par suite des destructions et de la famine que subissent les populations.» Branko Milanovic établit un parallèle entre la croissance des inégalités qui a marqué la Révolution industrielle et la Révolution numérique (Révolution de l’information) actuelle. Ceux qui a l’époque ont investi dans la machine à vapeur ont reçu beaucoup de dividendes, de même que ceux qui aujourd’hui investissent dans les nouvelles technologies. L’émergence de technologies de pointe aurait également pour effet de favoriser les travailleurs hautement qualifiés aux dépens des travailleurs sans formation. Cette situation serait ainsi différente de la situation représentée par le fordisme où les salaires étaient plus homogènes.» (3)

Xi Jinping prévient Donald Trump

Curieusement le mythe de la mondialisation heureuse devenue mondialisation- laminoir pour les faibles, est défendu par la Chine. Dans le discours de Xi on sent les prémices des futurs batailles entre les Etats-Unis et la Chine accusée par Trump de tricher dans le commerce international. La mondialisation est irréversible, a prévenu le président chinois Xi Jinping, qui participait pour la première fois au forum de Davos, utilisant l’énorme caisse de résonance du forum de Davos pour avertir le prochain président américain Donald Trump, qui affiche son hostilité envers le libre-échange.

«Cela ne sert à rien de blâmer la mondialisation» pour les problèmes de la planète, a affirmé M. Xi lors de son discours d’ouverture du Forum économique mondial (WEF), citant le chômage, les migrations et la crise financière de 2008. “Toute tentative de stopper les échanges de capitaux, technologies et produits entre pays (…) est impossible et à rebours de l’histoire”, a-t-il martelé, envoyant un message implicite au futur président américain Donald Trump qui, entre en fonction vendredi. “Personne n’émergera en vainqueur d’une guerre commerciale”, a-t-il encore lancé, alors que M.Trump envisage d’ériger des barrières douanières pour protéger les emplois américains.» (4)

Les élites jouent aux réfugiés à Davos

C’est sous ce titre que l’analyste financier américain Gerald Celente qualifie :

«La mise en scène de la détresse des réfugiés devenue un événement couru du Forum de Davos. C’est un symptôme visible de notre société néo-féodale, estime l’analyste financier américain. Pour Gerald Celente Davos est un camp pour milliardaires et ils se comportent comme de petits campeurs. C’est aussi lâche de leur part, car aucun d’entre eux ne parle des raisons de cette énorme crise des réfugiés. Cela ne pourrait pas être à cause de la destruction de l’Irak. Non, cela n’a rien à voir, mais elle est pourtant responsable de la mort de plus d’un million de personnes. Cela n’a rien à voir avec la destruction de l’Afghanistan, un conflit qui est devenu la guerre la plus longue de l’histoire des Etats-Unis. Cela n’a rien à voir avec les Etats-Unis, l’Otan et leur coalition qui tuent et massacrent en Syrie, forçant les populations à abandonner leurs maisons «(4)

L’expérience des réfugiés, où les participants du Forum peuvent se mettre à quatre pattes et rampent, feignant de fuir des armées en marche. C’est l’un des évènements les plus populaires chaque année.» Evénement populaire, vraiment? Et si on organisait un événement populaire qui permettait de se déplacer d’un endroit où votre maison est bombardée, vos parents tués et où les soldats violent votre soeur? Pourraient-ils supporter cela? C’est une honte et cela vous montre le niveau d’absurdité, d’arrogance et d’étroitesse d’esprit de ces petits êtres avec tout cet argent. C’est un spectacle dégoûtant. L’argent dépensé à Davos pourrait aider les camps de réfugiés et la crise migratoire touchant d’autres pays. Et selon New York Times, c’est l’un des spectacles les plus remarquables de cette charade.» (4)

«On sait que les inégalités extrêmes dégradent le vivre ensemble. Elles renforcent le pouvoir des oligarchies aussi dans les pays en développement. Elles limitent l’accès à l’éducation et à la santé, l’égalité homme-femme. Peu à peu, l’organisation économique et sociale devient duale: le bas de gamme; Low-cost pour la grande masse et grand luxe pour les 1%. Quartiers résidentiels bunkerisés, pour les uns, logements précaires dans des quartiers périphériques pour les autres. Ce type de société, à l’apartheid social assumé, induit frustration et montée de la violence avec le développement d’économies souterraines. Plus de Porto Allegre sonore, que j’avais en son temps, désigné comme étant le «Davos des pauvres». Est-ce pour autant qu’il faille baisser la garde? Non, mille fois non! Le combat citoyen continue non seulement à l’intérieur mais aussi à l’échelle du monde.» (6)

En définitive la kermesse de Davos aura au moins le mérite de mettre à nu une bonne pour toute la tragédie toujours actuelle, toujours recommencée des damnés de la Terre , et ce n’est pas les larmes de crocodiles des puissants et le mécénat hypocrite en forme de m’as-tu vu qui changera quelque chose. L’illusion donnée par Porto Allègre, par les indignés, par tout ce qui ont à un moment ou un autre se sont soulevés contre l’injustice, ont apparemment baissé les bras devant la résilience du capital qui arrive à s’adapter à toutes les situations, l’essentiel est que cela rapporte. Il n’y a pas apparemment de signe avant coureur d’une quelconque éclaircie à moins de donner crédit aux rumeurs çà et là sur un Nouvel Ordre qui ne peut être que bénéfiques aux « sans dents » du fait qu’ils ont atteint le fond du désespoir. Ainsi va le Monde des Warren Buffet, des Bill Gate et de tant d’autres qui ne savent pas une chose, c’est que le moment du grand départ venu, ils partiront comme ils étaient venus, les mains vides . Un proverbe algérien est à ce propos ,à méditer : « le suaire n’a pas de poches »…

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger



1.Nick Beams 17 janvier 2017 http://www.mondialisation.ca/huit-milliardaires-controlent-autant-de-richesses-que-la-moitie-de-lhumanite/5569424

2.C.E.Chitour, http://palestinesolidarite.org/ analyses.chems-eddine_chitour.250114.htm

3.Thierry Lefèvre http://planeteviable.org/facteurs-inegalites-revenus/2016/12/07

4.http://www.lepoint.fr/monde/davos-xi-jinping-appelle-a-reequilibrer-la-mondialisation-17-01-2017-2097759_24.php

5.https://francais.rt.com/opinions/32501-elites-jouant-refugies-davos-spectacle-abominable-richards-etroits-esprit

6.C E. Chitour: Le Davos des Pauvres. http://www.millebabords.org/spip.php?article5439

Article de référence

http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_ professeur_chitour/258845-l-arrogance-des-grands-devant-la-misere.html?

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Le faux récit de la reprise économique mourra en 2017

« Oui, le récit de la « nouvelle normalité » existe depuis si longtemps que beaucoup de gens se sont simplement habitués à cela. L’hypothèse est que la « nouvelle normalité » financière est devenue la « normalité » financière, et bien que les facteurs fondamentaux continuent à se déprécier, sous le poids de la faible demande mondiale et de la dette historique en lévitation par la grâce des stimuli externes de monnaie fiduciaire, les masses éprouvent beaucoup moins de peur que ce qui serait justifié. Eh, pourquoi devraient-elles ? Nous avons réussi depuis environ huit ans à patiner sur une mince couche de glace, pourquoi ne pourrions-nous pas nous attendre à huit autres années du même genre ?
Le faux récit de la reprise économique mourra en 2017
Les élites bancaires ont fait le travail qu’elles se proposaient de faire, qui était de conduire l’économie au bord même de la falaise financière, puis de la maintenir suspendue, jusqu’à ce que le grand public soit bien habitué à vivre au bord de l’abîme.

Pourquoi ? Eh bien, la plus grande dynamique en jeu ici est quelque chose que la personne moyenne ne comprendra pas ou refusera d’examiner : l’économie aujourd’hui est une question de psychologie de masse. L’économie est un outil, ou une arme, par laquelle les financiers internationaux peuvent influencer l’esprit du public et les émotions de la foule. Pour saisir la mécanique de l’économie, il ne suffit pas de traiter des statistiques et des principes commerciaux. Il faut aussi saisir le comportement humain et comment il est manipulé. Il faut reconnaître qu’en économie, on assiste à la transmutation des sociétés par la parole et par la force, par le chaos et par l’ordre. L’économie est une alchimie.

Les globalistes (dans leur vision tordue) cherchent à transformer le plomb ou le contrôle en or et, comme dans l’alchimie, ces éléments sont une métaphore de l’évolution psychologique. Pour les globalistes, l’ingénierie sociale est une forme de sorcellerie. Ils la voient comme une création, ou comme une grande forme d’architecture.

Mais ce n’est pas une création. Les globalistes sont incapables d’un tel art, parce que l’art véritable exige sagesse et empathie. Tout ce qu’ils savent, c’est comment déconstruire les systèmes existants générés par la nature et les hommes libres, et réorganiser les morceaux brisés en quelque chose de plus oppressant et finalement de moins intéressant que ce qui existait auparavant. Donnez aux internationalistes une Mona Lisa et ils la déchiquetteront, ils la reconstitueront et régurgiteront une peinture avec des chiffres, comme dans les livres à colorier.

Les globalistes ne savent que transformer l’or en plomb.

Si vous ne comprenez pas la réalité de l’influence globaliste sur les marchés et la nature de l’économie comme arme, si vous croyez réellement que l’économie fonctionne purement par la magie d’une main invisible agissant selon les principes du marché libre, alors vous ne pourrez jamais faire entrer dans votre tête le comportement absurde de notre structure financière.

La psychologie du « renouveau » financier est un outil vital pour changer et développer de fausses dichotomies. Par exemple, j’ai récemment lu cet article sur Bloomberg, le puissant centre de propagande. Bloomberg décrit une histoire que nous sommes déjà bien habitués à entendre dans les médias grand public – que l’ère présidentielle de Barack Obama a laissé l’économie des États-Unis « en bien meilleure forme » au moment où il quitte le bureau, que lorsqu’il est entré en fonction.

Maintenant, quiconque a lu mon analyse depuis au moins les six derniers mois (sinon les dix dernières années) sait exactement ce que je pense de l’état actuel de l’économie et ce qui est susceptible de se produire dans un proche avenir. Pour ceux qui me découvrent, voici un résumé très rapide avec des preuves pour étayer mes revendications.

À partir des années 1990 et jusqu’en 2007, la Réserve fédérale a cré une énorme dette et une bulle de dérivés de crédit, en utilisant des taux d’intérêt artificiellement bas sur le marché du logement. Alan Greenspan, le président de la Fed à l’époque, a admis ouvertement dans des entretiens que la banque centrale savait qu’une bulle irrationnelle s’était formée, mais prétendait que les facteurs négatifs seraient « lavés ». C’est un mème constant mis en avant par la Fed – ils étaient pour ainsi dire trop stupides pour prévoir un effondrement de la bulle qu’ils savaient avoir créée. Ils préfèrent que le public croie que la Fed est « incompétente », plutôt que délibérément destructrice.

Les faibles taux ont alimenté une machine à créer des titres adossés à des hypothèques et à des dérivés de crédit basés sur des milliards de dollars de prêts à des gens qui n’avaient aucune capacité ou aucune intention de les rembourser. La Fed a bénéficié d’une aide de la part des agences de notation, qui ont qualifié de AAA une dette évidemment toxique, pendant des années, et de la SEC, qui a refusé d’enquêter sur des allégations légitimes de manipulation d’actifs et de mauvaises intentions. Ce comportement corrompu de la part de la SEC a été mis en évidence dans le témoignage du lanceur d’alerte de la SEC, Gary J. Aguirre, qui a mis en garde contre les pools de dettes dangereuses et la manipulation dans le secteur bancaire en 2006, avant l’effondrement des dérivés, et a également averti que la SEC interférait avec l’enquête sur le problème.

Cela a conduit à la bien connue « Grande Récession » déclenchée en 2007/2008. La Fed, ainsi que de nombreuses autres banques centrales du monde entier, ont conjuré une crise et ont ensuite offert leur propre solution à cette crise. A savoir, la solution des programmes de stimulation massive de monnaie fiduciaire avec l’achat de la dette toxique, des bons du Trésor, des actions des entreprises et tout ce qui n’était pas cloué.

Les « sauvetages » et les projets d’assouplissement quantitatif, cependant, étaient effectivement couverts par un programme beaucoup plus vaste et incalculable de milliers de milliards de dollars dans des prêts de refinancement à court terme pour les sociétés, nationales et étrangères. Une rivière sans fin de dollars a été créée à partir de rien et pompée dans les entreprises avec un intérêt proche de zéro. Ce sont ces prêts gratuits qui ont permis aux conglomérats internationaux de contourner le trou noir monstrueux de la dette des dérivés qui tournait autour d’eux et d’acheter leurs propres actions par des rachats, réduisant le nombre d’actions qui restaient en Bourse, stimulant ainsi artificiellement le prix des marchés d’actions. Cela a permis aux marchés boursiers de monter en flèche, de presque mort à des sommets historiques.

En attendant, la bureaucratie gouvernementale a travaillé sans relâche à manipuler les statistiques pour refléter faussement une reprise globale. Le marché boursier est beaucoup plus facile à manipuler que les fondamentaux, donc ceux-ci doivent être faussés. Alors que certains chiffres ont glissé par les fissures et que les questions sur l’offre et la demande réelle continuent à se poser, la grande majorité de la population a peu d’indices sur le fait que l’effondrement de 2008 n’a jamais été arrêté réellement, mais qu’il a juste été déplacé et mis au ralenti.

Le faible niveau des taux d’intérêt de la Fed, en particulier sur les prêts à court terme, a permis à l’économie de survivre pendant huit ans, et a grandement enrichi le 0.01% dans le processus. Mais maintenant, cette stratégie est en train de changer.

Le problème est que le stimulus a une durée de vie, et si certaines statistiques peuvent être biaisées et si le marché boursier peut être gonflé pendant un certain temps, les conséquences doivent être acceptées dans l’économie réelle pour avoir tenté de défier la gravité pendant si longtemps.

L’effondrement initial a été conçu pour favoriser un événement encore plus grand. Sans la bulle des dérivés, les banquiers centraux n’auraient jamais pu convaincre les masses d’accepter l’idée d’une bulle de relance avec de la monnaie fiduciaire qui mettrait éventuellement le dollar en péril, parallèlement à l’ensemble de l’économie américaine. Prendre le poids du crash de 2008 aurait été pénible, mais pas insurmontable. Mais avec huit ans de plus et des dizaines de milliards de dollars de dettes ajoutées, avec des tensions géopolitiques accrues et une bulle d’actions jamais vue, l’ampleur de la phase finale de l’effondrement sera vraiment sans précédent.

Le but de cet événement final sera de générer tant de chaos et de désespoir, que le public sera obligé de chercher des solutions extraordinaires. Les globalistes seront prêts avec ces solutions, y compris celles qu’ils ont ouvertement décrites, des décennies à l’avance, dans des publications comme The Economist.

La fin du jeu ? La création d’une autorité monétaire et économique unique sous la gestion du Fonds monétaire international et la mise en place d’une monnaie mondiale unique en utilisant les droits de tirage spéciaux du FMI comme un « pont » pour verrouiller les monnaies nationales avec un taux de change harmonisé jusqu’à ce qu’elles deviennent inutiles, interchangeables et remplaçables.

Le problème est que les globalistes ne peuvent pas lancer cette fin du jeu dans le vide, sinon ils prendraient le blâme pour les dommages collatéraux inévitables dans la vie des gens, que leur « grande réinitialisation globale » va bousculer. Les globalistes ont besoin d’un bouc émissaire.

Entrez Donald Trump, le référendum Brexit, et la montée des mouvements « populistes » ! Pendant toute la première moitié de 2016, les mondialistes ont « averti » sans relâche, qu’une hausse du populisme (conservateurs et champions de la souveraineté) se traduirait par une catastrophe financière internationale. C’était comme s’ils savaient que le Brexit réussirait et que Donald Trump gagnerait l’élection…

Cela a été ma position au cours du dernier semestre : que les globalistes envisageaient de laisser les mouvements conservateurs et souverainistes prendre les rênes du pouvoir, qu’ils permettraient le passage du Brexit et la montée de Trump, juste avant de débrancher le respirateur artificiel du système. La Réserve fédérale en particulier a déjà lancé la phase finale, en entamant une série de hausses de taux qui supprimeront le filet de sécurité des prêts à court terme gratuits ou bon marché aux entreprises, sabotant ainsi les marchés d’actions. J’ai particulièrement mis en garde à ce sujet il y a plus d’un an, lorsque la plupart des analystes ont déclaré que les taux négatifs et le QE4 étaient « en préparation ».

Et c’est là où nous en sommes aujourd’hui. Comme indiqué ci-dessus, Bloomberg a écrit un morceau intéressant de propagande à partir d’un peu de vérité. Voici le début de leur article :

« Les chercheurs suggèrent que des facteurs indépendants de la volonté de n’importe quel président des États-Unis, et de leurs politiques réelles, fixent le cours de l’économie. Pourtant, avec les électeurs, le président élu Donald Trump obtiendra beaucoup d’éloges ou de blâme, quand il s’agira d’évaluer l’impact de son programme au cours des quatre prochaines années ».

Le récit de l’amélioration de l’économie de 2008 à aujourd’hui était impératif pour le grand agenda mondialiste. Pour une partie considérable du public, il faut créer l’illusion que sous un président socialiste et décidément globaliste (Barack Obama), la tendance générale de l’économie était positive et que « les choses s’amélioraient« . La montée des mouvements conservateurs prépare aujourd’hui la place pour l’effondrement final et la grande remise à zéro du FMI, pour laquelle les conservateurs et les militants de la souveraineté seront accusés, qu’il y ait ou non des preuves de culpabilité du crash que les globalistes ont passé la meilleure partie de ces deux décennies à préparer.

Après que la poussière sera retombée, l’argument sera que le monde était « sur la bonne pente » avant le Brexit, avant Trump et avant le populisme. L’argument est que le mondialisme fonctionnait et que les conservateurs l’ont déchiré avec leurs efforts nationalistes égoïstes. Après le crash final et peut-être de nombreux décès dus à la pauvreté et à la violence, l’argument sera que la seule solution concevable doit être un retour au mondialisme sous une forme extrême. Ou une centralisation mondiale totale, de telle sorte qu’une telle tragédie ne se reproduise jamais.

Bloomberg contribue à mettre en place le scénario, en affirmant que Trump est l’« héritier » d’une économie stable et en amélioration, par rapport à l’état des lieux que Barack Obama a laissé derrière lui :

« Bien que l’économie d’aujourd’hui soit un mélange de standards historiques, une chose est claire : Obama a laissé à Trump une économie 2016 dans un meilleur état, grâce à de nombreuses mesures, que quand il a été élu président en 2008, au milieu du pire ralentissement depuis la Grande Dépression ».

Bien sûr, Bloomberg ne mentionne pas que les normes et les statistiques par lesquelles on mesure l’amélioration économique sont entièrement frauduleuses.

Par exemple, le PIB réel est à –2%, et non de +2%, comme le prétend Bloomberg, quand on calcule sans les distorsions comme les dépenses gouvernementales, qui sont comptées dans le PIB, même si le gouvernement ne produit réellement rien. Le gouvernement ne peut que voler la productivité des citoyens et réattribuer cette richesse ailleurs.

Bloomberg cite également un taux de chômage considérablement amélioré. Il refuse une fois de plus d’attirer l’attention sur le fait que plus de 95 millions d’Américains ne sont plus considérés comme chômeurs par le Bureau of Labor Statistics, parce qu’ils ont été sans emploi depuis si longtemps qu’ils ne sont pas admissibles dans les statistiques. Ce mensonge sur le chômage réduit a été omniprésent pendant toute la durée de l’administration Obama.

Bloomberg mentionne ensuite un marché du logement très amélioré, que Trump appréciera quand il prendra ses fonctions. Ils ne voient pas du tout le fait que les ventes de maisons en attente sont maintenant en chute libre et que le taux de propriétaires de maisons aux États-Unis est si bas, que vous devez retourner à 1965 pour en trouver de pareils. Ils ne mentionnent pas que la majorité du coup de fouet dans les ventes de maisons, pendant les deux mandats d’Obama, était dû à des sociétés comme Blackstone, achetant des prêts hypothécaires pourris et transformant les maisons en locations. Le marché du logement n’est pas soutenu par des particuliers et des familles qui cherchent la propriété de leur maison, mais par des sociétés qui s’emparent de l’immobilier profitant des prix bas. Wall Street est maintenant propriétaire de l’Amérique.

Et vous l’avez. La configuration globaliste continue, avec les médias traditionnels disant aux Américains que l’économie était en train de monter avant que Trump et les populistes ne prennent le pouvoir, alors qu’en vérité, l’économie est déjà dans un sale état. Pour ajouter au théâtre, Donald Trump a osé prendre à son crédit la forte hausse des actions et l’impression d’avoir déjà amélioré les statistiques économiques. Dans un de ses derniers tweets juste après Noël, il avait ceci à dire :

« Le monde a été sombre avant que je gagne – il n’y avait aucun espoir. Maintenant, le marché est en hausse de près de 10% et les dépenses de Noël sont de plus de mille milliards de dollars ! »

Maintenant, si vous savez quelque chose au sujet de la véritable situation financière, vous devriez penser que cette déclaration est une idée idiote de Trump. Aucun président entrant avec un peu de bon sens ne tenterait de prendre le crédit de cette plus grande bulle d’actions de l’histoire. Mais c’est ce qu’il a fait. Cela dit, si vous comprenez aussi que le récit globaliste est conçu pour que les conservateurs prennent le blâme pour le crash à venir, et si vous croyez que Trump participe sciemment à ce récit (comme je le fais maintenant, après qu’il a menti au sujet de son idée de « drainer le marais » et d’avoir composé son cabinet avec les élites bancaires), alors la déclaration de Trump prend tout son sens. Trump joue le rôle du futur méchant, le populiste maniaque qui devient trop gros pour ses bretelles et apporte le désastre dans la vie des gens.

Le récit de la fausse amélioration mourra en 2017, et ce sera parce que les mondialistes veulent qu’il meure alors que les nationalistes sont à la barre. C’est peut-être le plus gros jeu de con de l’histoire récente, avec les conservateurs dans le rôle du type qui se prend les pieds dans le tapis et le reste du public dans celui des crédules. On peut seulement espérer que nous pourrons éduquer suffisamment de gens autour de ce scénario pour faire une différence avant qu’il ne soit trop tard ».

Brandon Smith, Alt-Market.com, le 6 janvier 2017

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par nadine pour le Saker Francophone

Lire aussi :

Quand Donald Trump se lâche sur l’Europe

Rappels :

La Réserve fédérale américaine démarre la fin du jeu alors que Trump approche de la Maison Blanche (B. Smith)

Brandon Smith : « Trump est exactement là où les élites le veulent »

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DE LA GUERRE MONÉTAIRE, À LA GUERRE BOURSIÈRE, VERS LA GUERRE NUCLÉAIRE

C’est un lieu commun de constater que l’économie impérialiste est désormais mondialisée et globaliser si bien que la hausse des cotes de la bourse ; l’équilibre des balances commerciales ; les déficits budgétaires gouvernementaux ; les réserves monétaires et les taux de change ; les taux d’intérêt directeurs des banques centrales sont autant d’indicateurs interdépendants dont les effets s’entremêlent et se démultiplient.
DE LA GUERRE MONÉTAIRE, À LA GUERRE BOURSIÈRE,  VERS LA GUERRE NUCLÉAIRE
Tous ces indices reflètent l’état de santé des forces productives et des moyens de production dans chaque économie nationale et dans l’économie impérialiste mondiale. Ainsi, suite à l’élection de Donald Trump, 45e Président des États-Unis, les cambistes ont constaté une tendance à la hausse des marchés boursiers et ils affirment que cela confirme une reprise de l’économie impérialiste mondiale (1).

Surprise sur les marchés.

Les places financières ont réagi de manières dispersées au lendemain de l’annonce de la victoire de Donald Trump. Les Asiatiques ont reculé : plus de 5% de perte pour les indices Nikkei à Tokyo et Hang Seng à Hong Kong. Les Européennes ont boudé oscillant entre -0,4% à Madrid et +1,99% à Zurich, le BEL20 et le CAC40 s’appréciant de respectivement +1,42% et +1,49%. C’est contre toute attente la réaction des marchés américains qui a surpris. Alors qu’ils vivaient dans la crainte d’une stagflation, d’une guerre commerciale avec la Chine, et des prétentions isolationnistes de Donald Trump, l’homme d’affaires aura finalement donné tort à tous les analystes et à toutes leurs prévisions alarmistes, ce que nous avions anticipé, car au-delà des écrans de fumée médiatiques, Donald était l’homme de l’establishment financier américain tel que nous l’avions annoncé (2).


« Non seulement Wall Street n’a pas enregistré les reculs prédits, mais a enchainé les hausses. Au lendemain de l’élection, l’indice total du marché américain Dow Jones Wilshire 5000 (noté W5000) clôturait en hausse de 1,41%, l’indice des 30 « blue chips » américaine Dow Jones Industrial Average (noté DJI) gagnait 1,40%, tandis que l’indice des valeurs technologiques Nasdaq (noté IXIC) se contentait d’un gain de 1,11%. Deux semaines après l’élection, les gains enregistrés depuis le 8 novembre s’établissent à respectivement +4,13%, +3,77% et +3,71% pour ces trois indices » (3).

L’or résiste et les industriels de l’armement recueillent le pactole.

Dans le même temps l’or résistait dans son rôle de valeur refuge et s’appréciait de plus de 5%, signe que tous les investisseurs ne partagent pas l’optimisme des boursicoteurs. Mais les secteurs de l’armement seraient les grands gagnants, car ces indices boursiers performent davantage que tous les autres. Ainsi, Le New York Stock Exchange Arca Defense Index, composé de 26 firmes parmi les plus puissantes de l’industrie aux États-Unis, dont les « Big Six » (Lockheed Martin, Boeing, Raytheon, General Dynamics, Northrop Grumman et L-3 Communication). Établi avec valeur de référence de 500 points le 28 septembre 2001 – quelques jours après les attentats – il atteint 3 776,70 points le 22 novembre 2016, ce qui correspond à une appréciation de 655% depuis sa création il y a quinze ans. Le 9 novembre 2016, à la fermeture de Wall Street, l’effet Trump a propulsé l’indice de l’armement DFI à +6,49% en une séance. Et la hausse s’est poursuivie, fixant la plus-value à 15,05% en deux semaines (4).

Finalement, celui que les analystes présentaient comme un vecteur de paix, le comparant à Hillary Clinton la criminelle de guerre, serait en réalité le fauteur de guerre espéré par l’establishment et l’industrie de l’armement qui auraient habilement dissimulé leurs intérêts secrets ? Il n’en est rien cependant ! Nous l’avons largement expliqué dans des textes précédents, un chef d’État n’a pas la capacité de développer une politique différente de celle de ses prédécesseurs (sauf pour des détails mineurs) et quel que soit le vainqueur des mascarades électorales, la politique d’une nation est tracée par l’évolution des indicateurs économiques que nous évoquions plus tôt : Taux de change, dette souveraine, équilibre budgétaire, balances commerciale et des paiements, productivité du travail, endettement des ménages, taux d’intérêt, taux de profit moyen, etc. Donald Trump ou Hillary Clinton à la présidence, aucune de ces variables fondamentales n’aurait changé le 8 novembre dernier. Alors, comment expliquer la remontée des cours boursiers et de la valeur du dollar plombé ?

C’est que Donald Trump accède au pouvoir en déclarant qu’il fera des tas de dépenses en armement, en infrastructure (1,800 milliards USD), et qu’il réduira d’autant les impôts et les autres revenus de l’État aggravant le déficit budgétaire américain déjà effarant (ce qu’Hillary aurait fait si elle avait été élue). Il ajoute qu’il bloquera ou du moins tentera de nuire aux importations de produits chinois et mexicains sur le marché américain. De plus, comme nous l’avions annoncé, la Réserve Fédérale américaine accède à la demande du capital de hausser le taux directeur, renchérissant le loyer de l’argent, alors que les entreprises et les ménages sont grevés d’emprunts.

« Les investisseurs s'attendent à ce que la Réserve fédérale américaine relève ses taux à l'issue de la réunion de son comité de politique monétaire des 13 et 14 décembre. Ils surveilleront attentivement toute indication sur la trajectoire à venir de la politique monétaire » (5).

Quelles seront les conséquences de ces décisions catastrophiques ?

Ces décisions feront augmentés les prix aux États-Unis, réduisant le pouvoir d’achat de la classe prolétarienne déjà surendettée et sous-payée, ce qui comprimera les marchés de consommation, ce qui signifie des perspectives de profits à court terme pour la classe capitaliste, les banquiers et les rentiers, et une baisse des ventes à terme pour la Chine qui exporte fortement aux États-Unis d’où une baisse de la valeur du Yuan que les marchés boursiers ont anticipée comme l’atteste ce cambiste:

« Nous sommes en ce moment à 6,90 yuans pour un dollar, même si le yuan devait baisser jusqu'à 7,25 contre le dollar, la dépréciation ne serait que de 4% par rapport à ses niveaux actuels quand le yen a cédé 16% contre la devise américaine au cours des cinq dernières semaines » (6).

Le capital chinois sait tout cela et comprend qu’il doit laisser dégringoler la valeur de sa devise, la rendant moins attractive pour les investisseurs, mais de toute façon le pays croule sous l’épargne des Chinois thésaurisateurs. Les capitalistes chinois opèrent de manière ordonnée et contrôlée d’où leur intervention modérée afin que la chute de leur devise soit progressive jusqu’à un seuil ou l’Amérique ne pourra pas les forcés à descendre plus bas sans mettre le dollar en péril sur le marché des changes internationaux. « Les autorités chinoises ont clairement dit qu'elles jugeaient une dépréciation de leur devise nécessaire tout en prévenant qu'elles veilleraient à ce que le processus ne soit pas désordonné » (7).

Incidemment, la hausse du dollar a l’effet d’une bascule et permet de réduire la chute du yuan. Ce que les banquiers et les boursicoteurs américains ne semblent pas réaliser c’est que cette hausse du dollar restreint les perspectives d’exportation pour les entreprises américaines dont les installations de production sont situées aux États-Unis. Cette hausse de la devise est par contre avantageuse pour les entreprises américaines dont les installations sont à l’extérieur du pays, qui peuvent ainsi rapatrier leurs profits libellés en yuan ou en yen qui se renchérissent une fois transformées en dollars. Cet avantage est maintenant réduit à néant avec l’euro qui s’échange au pair depuis quelque temps. Tout cela ne fera pas croitre l’emploi aux États-Unis et ne remettra pas « America First, Great Again ! » comme le promettait le multimilliardaire démagogue (8).

La hausse des cours boursiers aux États-Unis est spéculative puisqu’aucune augmentation de la production n’a été enregistrée aux É.-U. depuis le 8 novembre dernier, au contraire, et l’on peut anticiper que la hausse du loyer de l’argent entrainera la faillite de millions de foyers américains – semblable à ce que le pays a connu en 2008 – incapables de rencontrer leurs paiements, d’où une baisse des ventes, des surplus d’inventaires et des faillites d’entreprises incapables d’écouler leurs produits, et ultimement une baisse des profits généralisés, y compris pour les entreprises américaines établies en Chine.

Autre effet dévastateur résultant de l’augmentation de la valeur du dollar, la dette souveraine américaine gonflera d’autant puisque l’intérêt sur les obligations ne fera qu’augmenter (la Réserve fédérale achetant elle-même les obligations dont personne ne voudra, accroissant ainsi la quantité de dollars de pacotilles en circulation), le déficit budgétaire en hausse réclamant pourtant des emprunts croissants. Cette conjoncture catastrophique poussera dans le sens d’une dévaluation drastique du dollar après une remontée spectaculaire suite à une spéculation boursière frénétique comme avant chaque krach boursier. Enfin, comme nous l’annonçons depuis un an, suivra une dévaluation du dollar en pagaille, flouant ainsi tous les créanciers de l’Amérique sauf ceux qui auront su se débarrasser de leurs dollars plombés.

« De plus, même si Japon a ravi à la Chine le rang de premier détenteur de bons du Trésor américains selon des données officielles publiées jeudi 15 décembre et détenait en octobre 1 131,9 milliards de dollars contre 1 115,7 milliards accumulés par la Chine continentale (hors Hong Kong), Pékin garde un levier de pression sur le financement de l’endettement américain » (9).

Il est possible que les Chinois aient terminé de se débarrasser de leurs dollars au moment de la grande dévaluation dans quelques années, prouvant que ce sont des investisseurs avisés, mais les Chinois seront quand même en difficulté puisque leur marché de prédilection se sera effondré d’où les capitalistes chinois se tournent déjà vers leur marché domestique... et les marchés africains et asiatiques.

Conclusion.

En tant que prolétaires révolutionnaires nous n’avons aucun intérêt en jeux dans cette guerre monétaire et boursière, mais nous savons que dans ce conflit entre une vieille puissance impérialiste déclinante, alignant 100 millions de prolétaires en décroissance, et 310 millions de consommateurs surendettés, et une nouvelle puissance impérialiste émergente, alignant 500 millions de prolétaires en croissance et 1,3 milliard de consommateurs aux épargnes surabondantes, il est facile de prévoir qu’elle puissance gagnera cette guerre impérialiste. Pour ce qui concerne le prolétariat international, comme à chaque guerre locale, régionale ou mondiale il fera les frais de cette guerre jusqu’à ce qu’il se décide à renverser ce mode de production décadent et à construire son propre mode de production « communiste ».


L’ARTICLE EST DISPONIBLE SUR LE WEBMAG http://www.les7duquebec.com/7-au-front/aggravation-de-la-guerre-monetaire-preparant-la-guerre-nucleaire/


NOTES

(1) Par Luc Mampaey est le directeur du GRIP. http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/trump-et-wall-street-anticipations-positives-pour-le-secteur-de-larmement/
(2) http://www.les7duquebec.com/7-au-front/trump-un-president-comme-les-autres-donald-sen-va-ten-guerre/ et aussi http://www.les7duquebec.com/7-au-front/fute-le-proletariat-americain-comment-instrumentaliser-une-potiche/
(3) Par Luc Mampaey est le directeur du GRIP. http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/trump-et-wall-street-anticipations-positives-pour-le-secteur-de-larmement/
(4) Par Luc Mampaey est le directeur du GRIP. http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/trump-et-wall-street-anticipations-positives-pour-le-secteur-de-larmement/
(5) https://investir.lesechos.fr/traders/forex-infos/la-baisse-du-yuan-revient-hanter-les-marches-1620385.php#57emqAUS442pVoGs.99
(6) http://www.boursorama.com/actualites/enquete-le-yuan-a-la-baisse-avec-le-dollar-et-les-sorties-de-capitaux-e510052236dbdb909c05d3430fa99b5f
(7) http://investir.lesechos.fr/traders/forex-infos/la-baisse-du-yuan-revient-hanter-les-marches-1620385.php
(8) http://www.les7duquebec.com/7-au-front/trump-un-president-comme-les-autres-donald-sen-va-ten-guerre/
(9) http://www.boursorama.com/actualites/enquete-le-yuan-a-la-baisse-avec-le-dollar-et-les-sorties-de-capitaux-e510052236dbdb909c05d3430fa99b5f



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De la dépossession programmée Au vol institutionnalisé “Via“ l’extermination du peuple

De la dépossession programmée Au vol institutionnalisé “Via“ l’extermination du peuple
De la dépossession programmée
Au vol institutionnalisé
“Via“ l’extermination du peuple
Après avoir royal-ement provoqué la déliquescence de la France, obnubilé qu’il a été par « la guerre, la guerre… » tous azimuts et surtout contre le peuple Français, le fiasco de ce charlie-charlatan en Syrie, le Titanic de la Hollandie prenait déjà l’eau de tout bord, il craque désormais de partout, la dernière prise de position de ses capitaines d’eau douce « Cambadélisant », invitant la “roseraie“ à voter Juppé pour la primaire est un sabordage, le score marqué par son clone le survenant François Fillon occulte que ceux qui sont coresponsables des problèmes, proposent de les résoudre… on s’en bouche le nez !
Ce résultat s’inscrit dans un monde miné par le crime et la corruption ayant vu le 1er novembre 2016, Hillary Clinton, Bill Clinton et l’entourage qui les assiste, mener un Coup d’État civil. Ce coup d’État a été mené silencieusement et très efficacement à travers deux méthodes : la corruption et la cooptation . A contrario du discours des medias dominants, ce 8 novembre 2016 vient de voir la nomination de Donald Trump président des Etats-Unis, leader d’un combat, “soi-disant“ pour l’éradication d’un monde dominé par une oligarchie, toujours preste à défendre ses rentes de situations par tous les moyens.
                                                     
        La « Démocratie : crimes et pillages », selon la version du gang terroriste mafieux des Etats-Unis  
Mais déjà les premières fausses notes grondent, Donald Tromperait-il son monde, les forces occultes du complexe militaro bancaire seraient-elles à la manœuvre pour lui dicter sa politique, prendre les mêmes “caves“ puis rééditer, ou le dessouder ? Tout peut arriver d’ici le départ d’Obama ce 20 janvier, c’est dans ce contexte OTANesque de tous les dangers que nos dirigeants serviles concoctent notre dépossession programmée.
Malgré un compte à rebours qui semble désormais convier l’escadre “d’illuminés“ de la sociale-démocratie vers la sortie, son amiral François Hollande, non avare de félonies se devait de terminer en beauté son odyssée de Haute Trahison, nous inflige un dernier tour de “Valls“, tel la tyrannie contre Dieudonné: il officialise la dictature par la mise sous tutelle de la Cour de Cassation, pas pire c’est tellement énorme que l’on voudrait croire au canular, et pourtant c’est dans l’air : le loyer après remboursement d’un prêt bancaire.
Il n’y a pas de fumée sans feu, cette ultime spoliation des populations s’ajoute aux actes de vols systématiques mis en place sournoisement par l’État, ainsi un Décret serait passé inaperçu au JO à effet au 1er janvier 2017 par lequel nos oligarques se seraient surpassés, à savoir : «les propriétaires d’un bien, appartement, maison etc… dont le crédit est remboursé, ceux-ci devront s’acquitter d’une nouvelle taxe appelée loyer». Autrement dit, tous ceux qui se sont saignés durant leur vie pour acquérir un bien et s’être acquittés déjà des lourds frais d’actes notariés plus taxes, des taxes d’habitation, des taxes foncières sans parler des remboursements des emprunts bancaire taxés, sans omettre la taxe sur la plus-value dont la gôche-caviar avait étendu la ponction à trente ans en cas de revente, ils devront, en sus de ces impôts payer une autre taxe dénommée Loyer : de 600 à 1.000 Euros par mois… du vol à l’état pur !  La vigilance s’impose !
La France est déjà dans le peloton de tête des pays pour les prélèvements, que dire de l’impôt à la source, puis multiformes sur tout notre environnement quotidien faisant fuir depuis des lustres des milliers de concitoyens vers d’autres cieux plus cléments, ceux-ci ne supportant plus ces siphonages typés par l’État, vols castrateurs qui ruinent tout esprit d’initiative, amenant un peu plus chaque jour ce pays à sa sclérose et son collapse. 
Déjà, dans les anales, l’État s’était surpassé en innovant une taxe sur le nombre de portes et fenêtres d’une maison, ce qui amena les propriétaires à clore les ouvertures, condamnant les citoyens à vivre dans l’obscurité, de surcroit, cette mesure entrainait une recrudescence de la tuberculose, mais nos élites qui ne sont jamais à cours d’idées se sont littéralement surpassés dès lors qu’il faille dilapider les biens de l’État (3.500 entreprises dilapidées aux copains) essorer le pauvre quidam, quitte à le dépecer vivant !   
                                          http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/12/Porto-Lapa.jpg?x68462
       Vestiges de l’impôt sur les portes et fenêtres mis en place pendant la Révolution le 24 novembre 1798
La crise des subprimes et la crise financière de 2007 furent l’orchestration à l’identique de la fausse crise de 1929 ce qui permit aux Banksters de se refaire une santé sur le dos du peuple grâce à la duplicité du kapo Sarkôzy. Or, les appétits de ces cartels n’ont pas de limite. Dès lors, qui se souvient du scandale du Libor, ou des rebondissements pyrotechniques du Crédit Lyonnais ayant « Trichet » gros par cet écran de fumée. Puis les prétentions d’un Bernard Tapie sous béatification d’une Christine Lagarde, d’autant que de Clearstream au Panama Papers, le gouffre financier de la Société Générale est le cas d’école où les  gros poissons se défaussent sur le maillon faible : Jérôme Kerviel.
De cette mise en bouche et pour mémoire, à dater du 1er janvier 2016, une loi, *le Bail-in est entrée en vigueur permettant à ce gouvernement de mafieux de saisir l’épargne, le seuil garanti de 100.000 euros de dépôt bancaire ne vise qu’à donner un sentiment de sécurité trompeur, le cas français n’est qu’une grande illusion sur les avoirs des épargnants, ne vous faites aucune illusion sur la garantie des dépôts, il en fut ainsi en 1915 pour, renflouer les magouilles de la mafia des opérateurs bancaires appelées de façon pudique : “mauvaises opérations de la banque“, ces jeux de mots pour dire qu’avec la directive BRRD l’argent que vous déposez dans votre banque ne vous appartient plus, en d’autres termes : c’est la fin du droit de propriété c’est du vol en bande organisée.  

             Seul au monde, l’Islande a pris les mesures adéquates incarcérant les banquiers en prison
Dans ce vaste programme de délinquances, les impôts ne sont pas en reste, ils explosent littéralement sur toute la France par la majoration de la taxe foncière sur les terrains constructibles et de la taxe d'habitation! Cet “exploit“ fut publié discrètement au Bulletin Officiel des Finances Publiques le 27 juin 2014, la réforme sur la taxation des terrains constructibles vacants est en train de surprendre bon nombre de propriétaires lors du paiement de leurs prochains impôts. En effet, 1.000 communes sont concernées par l’imposition à la taxe foncière sur les propriétés non bâties mais constructibles, celles-ci viennent de subir une majoration record, dont l’objectif serait de diminuer la rétention de terrains sur le marché immobilier… Or, pour caser l’immigré l’État vol et impose ses délires de centaines de centres de migrants, brûlot de traîtres tel le déchet Jacques Attali qui dès 2008 préconisait d’ouvrir en grand les portes à l’immigration représente un coût de 70 milliards d’euros par an, à la SarkHollandie exigeant, plus d’un million d’immigrés.    
                                        
 Aides financières aux migrants en France de 40 euros par jour+++ téléphone,+++ transport navigo+++ plus soins gratuits, quand les Français eux sont à la misère
Concrètement, pour certains propriétaires possédant un terrain constructible, la note va s’avérer salée puisqu’ils pourraient voir leur taxe foncière habituelle augmenter de plus de 2 500% en 2015 et plus de 5000% en 2017, oui, vous avez bien lu, il n’y a pas d’erreur sur les chiffres ! Ainsi le propriétaire d’une parcelle constructible de 1000 m2 paiera 5 000 euros de taxe foncière, contre 450 à 500 euros aujourd’hui. Et 10 000 euros à partir de 2017 (soit 100 000 euros par an pour un terrain de 10 000 m2), a calculé l’Union nationale de la propriété immobilière (UNPI).
La Taxe d’habitation veut aussi être de la fête, et les locataires ne sont pas à l’abri, le gouvernement cherche en parallèle à réformer le calcul des impôts locaux  et envisage de réviser la valeur locative des logements, qui sert de base de calcul de ces taxes. Aux dires de l’oligarchie, ces valeurs, qui datent de 1970, sont obsolètes et ne reflètent plus la réalité du marché, en particulier à Paris. Il en va de même pour vos factures d’EDF, « pour qui sont ces taxes qui enflent sur vos… factures d’électricité ?  » la perle revenant aux nouveaux compteurs Links, véritable danger pour la santé et contrôleur omniprésent violant votre vie privée, ceci, pour toujours plus de taxes.  
A ces dispositions du grand banditisme de l’État et ses débauches d’impôts, viennent se greffer d’autres actes lourd de conséquences engageant la mise sous séquestre des biens et la liberté du peuple Français. Faisant fi de la Constitution maintes fois bafouée,   triturée par les voleurs maçonniques de la  république, il n’est pas un jour où ce ramassis
                                              
 « terrorisant » le peuple n’inaugure d’autres larcins à commettre pour acculer les gens à la ruine, ainsi l’arnaque de l’écologie-business, un fourretout où nos “con-citoyens“ sont fourrés en linéaire, le fondement est de ponctionner toujours plus  le  quidam, tel les “affaires“ du  Sentier, l’évaporation  de la  taxe  carbone   vers  Israël le plus grand paradis fiscal au monde via la COP21.   
Du scandale de la disparition du Livret A à celui de l’évaporation de l’assurance vie, pas pire, où sont passées les cotisations sociales des cotisants et professions libérales qui, effarés par les montants pharamineux et totalement faux que le RSI réclamait et réclame à ses clients, en réalité ces maquillages sont pour récupérer leurs pertes de 4 milliards d'euros de cotisations à la suite de l'explosion de Wall Street en septembre 2008. C'est un sujet qui a été abordé devant la Caisse des Dépôts et Consignations (entre autres). Tous les dirigeants du RSI auraient dû être traduits devant un tribunal. Ayez en mémoire qu’à l'époque, la presse vous a dit que ce n'était qu'une petite crisounette, de fait, la trahison du Traité de Lisbonne a permis aux délinquants politiques de s’auto amnistier.
Les directives interdisant la circulation aux véhicules immatriculés avant 1997, privent les plus modestes de se déplacer librement. Le harcèlement gigantesque des procès verbaux routiers, tant pour le stationnement que pour les excès de vitesse, dans une course folle aux radars et caméras de surveillance tournent désormais à l’entreprise de spoliation des biens des personnes sans aucune mesure avec la réalité des faits. Ces verbalisations qui étaient du ressort des Forces assermentées de la Police et de la Gendarmerie passent maintenant sous contrôle d’entreprises privées aux véhicules et personnels banalisés, sans aucun recours pour le particulier qui verra son compte en banque ponctionné sans autre forme de procès, en un mot, un racket tentaculaire.
Rappelons le prix de l’électricité qui a doublé idem des taxes carburant… l’extermination du peuple par ces pilleurs d’Etat ont institutionnalisé le vol. Or, depuis plusieurs années   F. Asselineau, J-M. Le Pen, prônent la sortie de l’Europe, avertissent sur les dérives de nos élites politiques corrompues, que dire de nos 500 députés européens sur 700 qui allaient s’aplatir directement en Israël en “quête“ de Mammon… ou, nos politicards allant cueillir des valises de pétrodollars chez nos chers émirs du Qatar et de l’Arabie Saoudite, rodages mis en lumière par C. Chesnot et G. Malbrunot, alors que des manifestations de la Police exaspérée demande la mise en prison des francs maçons.
« Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n'est pas victime ! Il est complice. »  Georges Orwell.    
Christian Sébenne
Ancien propriétaire du magazine Africa International
 
*Aparté sur le Bail-in :
Pour conforter ce que réclame les policiers, à savoir : « la mise en prison des francs maçons », conjointement, à la loi Pompidou/Giscard/Rothschild de 1973, le Bail-in est un racket issu en ligne directe des « Forces occultes mafieuses » décrites au Protocole de Toronto . Alors, la réponse à ce vol et cette usure ainsi que ces atteintes à la sureté de l’État, serait la mise en place de la stratégie qu’utilisa le roi de France Philippe le Bel lorsqu’il fit arrêter et saisir les Templiers pour les mêmes raisons. À l’identique de ce procédé, il serait très facile de faire arrêter les banquiers félons dont les crimes, les forfaits et les noms sont connus, tel que l’Islande l’a fait avec succès , hélas, ce haut  fait de justice est censuré, car les maçons ont peur des peuples qui se révoltent enfin face à leurs élites corrompues, et, de la dislocation de l’Europe : Islandexit, Brexit, Italexit, Frexit, Nexit, Grexit, Finxit etc…
“Les dettes de l’État rendront les hommes d’État corruptibles, ce qui les mettra encore plus à notre merci. (….)“  credo maçonnique.
Car si les banquiers ont délibérément ruiné la France, dont en 2007, le procédé de l’usure et donc de la dette demeure un vol invariable, l’État doit être maître de son destin et reprendre son droit régalien à battre sa monnaie !

Christian Sébenne     
 
 

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MONACO DERNIER PARADIS FISCAL

53 ANS APRES LE TRAITE IMPOSE PAR LE GENERAL DE GAULLE A MONACO, LA PRINCIPAUTE RESISTE TOUJOURS A TOUTES LES ORGANISATIONS INTER-GOUVERNEMENTALES ET AUX AUTRES PAYS, AINSI QU'A TOUTES LES MESURES DITES "ANTI-PARADIS FISCAUX". UNE EXCEPTION DE TAILLE, CEPENDANT DES PLUS FACILE A FAIRE TOMBER, SELON MAITRE RENE DUCRET
MONACO DERNIER PARADIS FISCAL
L'Economiste & Jurisconsulte Maître René Ducret, de Genève, s'étonne que dans les mesures dites « anti-paradis fiscaux » qui ont été prises à l'international à l'instar de l'OCDE et du GAFI, figurent encore des exceptions de taille qui résistent, telle Monaco.

En effet, Monaco est un paradis fiscal pour toute personne physique étrangère qui y réside et se voit exonérer totalement d'impôt personnel. Bien que quasi toutes ces résidences fiscales soient fictives à en juger par ces immenses gratte-ciels accolés les uns aux autres restant désespérément vides et fermés toute l'année, sauf parfois au mois de juillet ou aôut.

La Principauté ne contrôlant pas l'effectivité de la résidence fiscale, trop heureuse de vendre à prix d'or les mètres carrés les plus chers du Monde de par ladite exemption fiscale à laquelle ils ouvrent droit.

Un abus et fraude auxquels le Général de Gaulle mis fin en 1963, imposant un traité au Prince Rainier III de Monaco. Pour ce faire, pardevant la résistance de la Principauté, en réflexe de bon militaire, héros des deux guerres, le général n'hésita pas à employer les grands moyens : Faisant le siège et le blocus de la Principauté !!, en faisant barrer les 2 seules routes d'accès par l'Armée et la Police, obligeant donc le Prince « à capituler ! ».

Il est des plus curieux et étonnant que, depuis 53 ans, le Général est toujours et encore non seulement le premier, mais aussi le dernier et le seul, à avoir mis fin à ces fraudes et abus. Et que ni la Communauté internationale, ni l'OCDE, le GAFI, l'Union Européenne, ou tout autre Etat, n'y ont songé eux aussi.

D'autant qu'il n'est point nécessaire de se livrer à une telle démonstration de force, et qu'il est des plus facile de parvenir au même résultat par une simple décision unilatérale, que l'on appelle une « fiction juridique ».

C'est par ces mêmes fictions juridiques que les USA considèrent que tout titulaire d'un de ses passeports, où qu'il réside partout dans le Monde, reste un résident fiscal américain. Il suffit qu'un de ces organismes inter-gouvernementaux, ou qu'un pays décide qu'un titulaire d'un de ses passeports sera considéré comme un de ses résidents fiscaux. On ne peut plus simple et immédiat  !!
Un règlement européen sur la question pourrait y mettre fin par exemple.

Qu'elles résultent ainsi de normes internes (exemple « L'enfant à naître est réputé né s'il y va de son intérêt ») ou conventionnelles (une ambassade est un territoire étranger) le champ d'application des fictions juridiques est infini, et particulièrement utile en Droit fiscal national et international. », conclut Maître Ducret.

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Une raclée méritée : 46 ans de prison confirmés pour neuf grands banquiers islandais…

L’Islande a agi différemment du reste de l’Europe et des États-Unis en permettant que les banquiers soient poursuivis comme des criminels plutôt que de les traiter comme une espèce protégée.
Une raclée méritée : 46 ans de prison confirmés pour neuf grands banquiers islandais…
L’Islande a reconnu neuf grands banquiers coupables et les a condamnés à des décennies de prison pour des crimes liés à la crise économique de 2008.

Jeudi 6 octobre, la Cour suprême d’Islande a rendu un verdict de culpabilité pour les neuf accusés dans l’affaire de manipulation du marché Kaupthing, après un procès de longue haleine qui débuta en avril de l’année dernière.

Kaupthing est une grande banque internationale basée à Reykjavik en Islande. Elle s’est développée au niveau international pendant des années, mais s’est effondrée en 2008 sous le poids de dettes énormes, paralysant l’économie de la petite nation.

En exigeant que les banquiers soient soumis aux mêmes lois que le reste de la société, l’Islande a opté pour une stratégie très différente de celle de l’Europe et des États-Unis, où les banques reçurent des amendes symboliques, mais où les directeurs et patrons échappèrent à toute peine.

Alors que les gouvernements américain et britannique renflouèrent et cautionnèrent leurs grandes banques avec l’argent des contribuables –- confortant les banquiers dans leur comportement scélérat -– l’Islande adopta une approche différente, déclarant qu’elle laisserait les banques faire faillite, éliminerait et punirait les criminels qui dirigeaient ces banques, et protégerait l’épargne des citoyens.

L’ancien directeur de la banque Kaupthing, Hreiðar Már Sigurðsson, qui fut déclaré coupable et emprisonné l’an dernier, a vu sa peine prolongée de six mois jeudi.

Selon l’Iceland Monitor, les neuf banquiers sont reconnus coupables de crimes liés au financement abusif d’achats d’actions –- la banque prêtait de l’argent pour l’achat d’actions tout en utilisant ses propres actions comme garantie pour les prêts.

Ils sont également reconnus coupables d’avoir suscité une demande déloyale pour les actions Kaupthing par tromperie et faux-semblants.

L’approche islandaise

Ces verdicts de culpabilité ne sont que les dernières mesures de répression sans précédent prises par l’Islande depuis le crash économique. Les autorités ont poursuivi les patrons des banques, les directeurs généraux, les fonctionnaires et les pilleurs d’entreprise pour des crimes allant du délit d’initiés à la fraude, au blanchiment d’argent, à l’induction en erreur des marchés, à la violation des droits des fonctionnaires par mensonge.

Pendant ce temps, l’économie, qui s’effondra de manière spectaculaire, rebondit après avoir laissé ses banques faire faillite, imposant des contrôles de capitaux et protégeant ses propres citoyens plutôt que l’élite patronale des banques responsables de ce gâchis.

Cette détermination à rendre compte au peuple des actions qui causèrent le marasme financier contraste fortement avec ce qui se pratiqua au Royaume-Uni, dans le reste de l’Europe et aux États-Unis. Là, des amendes furent bien imposées aux vingt plus grandes banques pour les transgressions telles que la manipulation des marchés, le blanchiment d’argent et la mise en vente de prêts hypothécaires, mais retombèrent finalement sur les actionnaires et, en entravant la capacité des banques à prêter, pénalisèrent également le reste de la société.

Pendant ce temps, les banquiers coupables, grâce aux renflouements gouvernementaux, continuèrent de faire des profits phénoménaux et d’empocher des bonus obscènes, comme si de rien n’était.

L’an dernier, le Fonds monétaire international reconnut que l’Islande avait renoué avec la reprise économique « sans compromettre son modèle de bien-être » ou avoir puni ses citoyens pour des crimes commis par ses banquiers.

L’Islande va incarcérer ses banquiers -– et les États-Unis et l’Europe ont tort de se contenter de tirer quelques oreilles et de donner implicitement un feu vert aux outrages futurs.


=> Source : YourNewsWire.com (traduction par le site Antibanque… mais un peu révisée par mes soins ;-) )

Auteur Pierrick Tillet pour Les-Chroniques-du-Yéti relayé par Informaction.Info

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Un autre point de vue sur le Brexit

Après le Brexit décidé par référendum en Grande-Bretagne, j’ai été invité par plusieurs chaînes chinoises de télévision à participer au débat autour des raisons et des conséquences de l’événement. J’ai été très étonné de constater que la presse et les milieux universitaires chinois sont presque unanimement contre le Brexit et voient l’union comme une notion si attrayante.
Un autre point de vue sur le Brexit
Ils ne comprennent pas pourquoi l’idée a émergé au sein de l’Europe, et encore moins comment la majorité de l’opinion publique s’est prononcée pour une sortie de l’UE. Je me suis moqué de cette opinion à l’écran, en déclarant que l’« Europe a formé ses meilleurs adeptes » en Chine.

Selon beaucoup, les Chinois sont pro-étatsuniens. Mais selon mes conclusions, mes compatriotes sont encore davantage attachés à l’Europe. En 2011, 339 000 jeunes Chinois sont partis étudier à l’étranger. 23 % d’entre eux sont allés aux États-Unis, et 33 % ont opté pour l’Europe. Les Chinois éprouvent toujours un sentiment particulier envers l’Europe, parce que Zhou Enlai et Deng Xiaoping, deux grands dirigeants chinois, y ont fait leurs études. Le général de Gaulle a probablement été le plus important allié diplomatique du président Mao Zedong en Occident. Ce n’est pas par hasard que sous sa présidence, la France ait été le premier grand pays occidental à établir des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine. Le président Mao Zedong a appelé le général de Gaulle son « ami lointain » (André Malraux a écrit dans ses Mémoires que Mao Zedong lui avait demandé de transmettre ses salutations à son ami lointain).

La Renaissance européenne a exercé une influence profonde sur plusieurs générations d’hommes de lettres chinois. Au cours de la construction de l’UE, les Chinois ont suivi avec autant d’intérêt que les Européens ses progrès, parce qu’ils attendaient beaucoup : une Europe belle et prospère, qui deviendrait l’un des pôles du monde multipolaire.

Le président Jiang Zemin et le président Jacques Chirac étaient d’accord sur un point : l’apparition d’un monde multipolaire dans lequel la Chine et l’Europe joueraient un rôle important. Cela laisse entendre que la domination du monde par un pays hégémonique comme les États-Unis doit prendre fin. Tout comme la Chine, l’Europe doit être un membre à part entière du futur monde multipolaire. Malgré l’opposition commune de la Chine et de la France à « l’unilatéralisme » des États-Unis sous l’administration de George W. Bush, Jiang Zemin et Chirac n’ont pas pu voir leur désir exaucé, parce que l’Europe n’a pas pu accélérer son intégration. L’Europe d’aujourd’hui ne préconise plus un monde « multipolaire ».
Au lieu de devenir un pôle d’un monde multipolaire, l’UE voit maintenant sa position, celle du plus important marché de la Chine, chanceler avec le Brexit. La Chine s’est réjouie de voir l’UE grandir en raison de l’importance du marché commun européen (marché, politiques commerciales et droits de douane unifiés) pour elle, sans parler de son aspiration à établir un monde multipolaire. Le Brexit apporte évidemment de nouvelles variantes.

Que serait l’Europe sans la Grande-Bretagne ? Pas de différence notable sur le plan des statistiques : l’Europe perdra une population de 64 millions de personnes (sur 500 millions dans l’UE), 3 000 milliards de dollars de PIB (sur un PIB européen de 18 000 milliards de dollars). La Grande-Bretagne n’est ni un pays de la zone euro, ni membre de Schengen et de son visa uniforme. Par conséquent, le Brexit ne saurait, semble-t-il, ébranler les fondations de l’UE.

Toutefois, le choc psychologique est considérable. Au moins un point est certain : la volonté politique de construire l’UE peut rester intacte dans l’élite, mais elle est cassée dans les classes moyennes et inférieures. Un regard sur les arguments pour le Brexit – contre l’immigration, pour une puissance britannique renforcée, pour un refus de l’appareil bureaucratique de Bruxelles et une amélioration de la compétitivité commerciale de la Grande-Bretagne – suffit pour comprendre que l’élite européenne n’a plus de langage commun avec le public au sujet de la construction de l’UE. Par conséquent, deux points inquiètent les Chinois à propos du Brexit. Premièrement, l’UE pourrait-elle se désagréger comme l’Union soviétique ?
Deuxièmement, la Chine sera-t-elle obligée de reconsidérer sa politique envers la Grande-Bretagne et l’Europe ?

La dissolution d’une union est due d’abord à la perte de ses attraits sur le public, sur le plan idéologique. Il y a cinquante ans, l’opinion publique soutenait presque unanimement, et même chaleureusement, la construction européenne. Aujourd’hui, presque la moitié des Européens se prononcent contre. Cela montre que l’UE a perdu son charme auprès des classes moyennes et populaires. Cela rappelle plus ou moins la situation antérieure à la dissolution de l’Union soviétique. Après le Brexit, certains ont immédiatement appelé au Frexit, ce qui deviendra probablement un thème clé de la campagne présidentielle de 2017. Cela prouvera la présence problématique de l’UE dans la politique intérieure des pays d’Europe.

Marine Le Pen, présidente du parti d’extrême-droite Front national, a appelé, immédiatement après le Brexit, à organiser un référendum similaire en France. Bien que le gouvernement de François Hollande ne veuille pas courir le risque entrepris par le premier ministre britannique David Cameron sans prévoyance politique, Marine Le Pen pourrait obtenir ainsi davantage de voix à l’élection présidentielle de 2017. Cela accroît les facteurs incertains qui entourent cette élection. Le gouvernement chinois a toujours observé le principe d’éviter tout contact avec les partis qui ne sont pas au pouvoir ou dans l’opposition. C’est pourquoi la Chine ne sait rien sur le
Front national, hormis les informations fournies par les principaux médias sur ce parti. Un tel état des choses est très défavorable à la Chine. C’est pour cette raison que le Brexit a fortement étonné les milieux académiques chinois.

Les organes dirigeants de l’UE sont accusés par le peuple d’être non seulement gigantesques, pléthoriques et peu efficaces, mais aussi d’obéir aux ordres des États-Unis, de la Banque mondiale et du FMI, au lieu de servir les intérêts de l’Europe. La nouvelle Loi Travail, que l’Assemblée nationale française a voulu adopter à tout prix, est très impopulaire, et on l’a accusée d’être imposée à la France « aux ordres du FMI ». La question des réfugiés qui concerne toute l’Europe prouve l’inefficacité des organes de l’UE, et accentue le mécontentement des Européens envers les bureaucrates de l’UE. Les journalistes chinois en sont conscients, mais les Chinois sont toujours d’avis que les choses sont plus simples à traiter avec un encombrant appareil bureaucratique, plutôt qu’avec 27 appareils moins grands, mais aussi bureaucratiques.

Pour la Chine, l’UE n’a pas toujours été, au cours de sa construction, une force positive en faveur du développement d’un monde multipolaire, exception faite de l’époque de Jacques Chirac. Elle s’est rangée de plus en plus aux côtés de Washington sur les plans politique, militaire, économique et commercial. On a peine à croire qu’elle obéit aux ordres des États-Unis en toute circonstance. Prenons pour exemple l’embargo sur les armes contre la Chine. C’est une décision datant d’un quart de siècle, mais que l’UE n’ose lever à cause de l’opposition américaine. Par conséquent, il faudra du temps pour juger si le Brexit est favorable ou défavorable à la Chine.

L’UE cheminera-t-elle vers sa désagrégation à cause du Brexit ? Il semblerait que non. Mais il y a un ou deux ans, qui aurait pu croire au Brexit ?

D’autre part, dans la politique européenne de la Chine, la Grande-Bretagne occupe une place privilégiée. Il est donc certain que le Brexit perturbe dans une large mesure les dispositions stratégiques de la Chine. Il est à peu près sûr que le Brexit perturbera le processus d’internationalisation de la monnaie chinoise. Londres étant l’un des centres financiers du monde, la Chine y a établi son deuxième grand centre de règlement offshore en yuans. La Chine est donc confrontée à un sérieux défi et devra envisager de transférer ce centre à Paris, au Luxembourg, à Francfort ou dans une autre ville européenne. Cela représentera certainement un certain coût. Enfin, la Chine a renforcé ses liens avec la Grande-Bretagne, dans l’espoir de faciliter l’entrée des produits chinois dans le marché européen. Cette idée est également mise en doute.

Par conséquent, la Chine a urgemment besoin de mener une évaluation stratégique du Brexit et d’adapter sa stratégie envers la Grande-Bretagne et l’Europe, afin de poursuivre une politique bénéfique et efficace face à un changement si important.
Cependant, j’ai l’intuition que le Brexit ne deviendra pas réalité dans les deux ans.

Ma prédiction n’est pas basée sur une enquête, mais sur mon expérience. Selon l’analyse des médias britanniques, les partisans du Brexit appartiennent généralement aux classes moyennes et populaires, et les opposants constituent l’élite de la société, une élite qui prend les rênes dans les domaines économique, politique, judiciaire, financier et médiatique.

L’élite britannique et européenne se laissera-t-elle conduire par « l’imbécile public » ? La France a rejeté en 2005 le projet de Constitution européenne par référendum. Mais trois ans plus tard, son Assemblée nationale a adopté le traité de Lisbonne, une version abrégée du projet de la Constitution. Le Danemark a organisé en juin 1992 un référendum sur l’entrée dans l’UE, et l’opposition l’a emporté… Mais quelques mois plus tard, par un nouveau référendum, le Danemark a adhéré à l’Union. De tels exemples sont légion. En Chine, on plaisante en disant que si le gouvernement est dans l’erreur, il n’y a qu’à le changer. Mais si le peuple est dans l’erreur, changeons-le aussi ! D’ailleurs, une campagne de signatures balaie la Grande-Bretagne pour l’organisation d’un nouveau référendum.

Contrairement à un référendum constitutionnel ou sur une question de politique intérieure, le référendum sur l’UE est moins contraignant pour le gouvernement. Au référendum de 2005, 55 % des électeurs s’étaient prononcés contre le projet de Constitution de l’UE, mais les élites de France et du reste de l’Europe ont exigé la poursuite de la construction européenne. On a alors mené des négociations et conclu le traité de Lisbonne, puis assuré l’adoption de ce traité par l’Assemblée nationale en France. Cela était une parodie de démocratie. 55 % des électeurs avaient voté contre le projet, mais quand il a pris le nom de traité de Lisbonne, il a été adopté par les élus.

En vertu de l’article 50 du traité de Lisbonne, si un membre de l’UE veut quitter l’Union, il doit, dans un délai de deux ans, négocier avec l’UE et l’accord entrera en vigueur par adoption parlementaire dans le pays en question et au Parlement européen. Si l’accord portant sur le départ est refusé, au bout de deux ans de négociations, par le Parlement du pays ou par le Parlement européen, que se passe-t-il ? Le traité de Lisbonne ne donne pas de réponse détaillée, et un gros point d’interrogation demeure.

Deux ans constituent une longue période, pendant laquelle personne ne peut prédire ce qu’il adviendra.

Mais je crois qu’une chose pourrait survenir : l’organisation d’un nouveau référendum sur le Brexit. Puisque le peuple était dans l’erreur, on le fera changer d’avis…


﹡ZHENG Ruolin est un ancien correspondant en France du quotidien Wen Hui Bao de Shanghai et l’auteur du livre Les Chinois sont des hommes comme les autres paru aux Éditions Denoel.
Article paru dans « Chine au présent » http://www.chinatoday.com.cn/french/index.htm

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LE CAPITAL FINANCIER

À l’époque de l’économie mercantile, le capital commercial a donné naissance au capital industriel. Puis, le capital industriel et le capital commercial ont donné naissance au capital financier. Au début, le banquier, le gestionnaire du capital financier, n’assumait que des opérations techniques ...
LE CAPITAL FINANCIER
Origine du capital financier (1)

À l’époque de l’économie mercantile, le capital commercial a donné naissance au capital industriel. Puis, le capital industriel et le capital commercial ont donné naissance au capital financier. Au début, le banquier, le gestionnaire du capital financier, n’assumait que des opérations techniques pour le compte des capitalistes industriels et des capitalistes commerciaux. Mais ce faisant (activités techniques telles que crédit, couverture de risque, conversion d’une devise à une autre, etc.) le rend « autonome » et devient la fonction d’un capital particulier ; le capital financier affirme Gérard Bad.

Au cours du procès de circulation, le capital global se fractionne, afin d’assurer certaines opérations pour l’ensemble du capital total. Une portion du capital global doit exister sous forme de trésor (de réserve – de garantie). Dès lors, la gestion du capital argent devient une branche particulière des services requis par la classe capitaliste dans son ensemble. Au début, la circulation de l’argent, sous sa forme simple – c’est-à-dire séparée du système de crédit – est purement technique et elle n’intervient que pour soutenir la circulation des marchandises dont la masse monétaire est la représentation.

« La circulation monétaire, pour ce qui est de son volume, de ses formes et de ses mouvements n’est que le simple résultat de la circulation des marchandises » écrit Marx (2). L’argent est donc la représentation de la circulation des marchandises, et ce faisant il est lui-même une marchandise particulière. Au sein du capital financier, la gestion de l’argent se subdivise en plusieurs branches, dont celle du capital productif d’intérêt, forme antédiluvienne du capital, et qui fut l’objet d’une polémique entre économistes bourgeois (Child, Culpeper, etc..) à propos de l’intérêt qui serait ou non une forme autonome de la plus-value.

Cette polémique n’était que l’expression de la lutte que la bourgeoisie industrielle naissante menait contre les usuriers, les chevaliers d’industries n’hésitant pas à faire appel régulièrement à l’État capitaliste (comme le fait aujourd’hui l'association ATTAC) pour limiter le pouvoir du capital argent et le maintenir sous leur dépendance.

Naissance du capital crédit

Avec le Capital portant intérêt, apparait le système de crédit tentaculaire. Sur cette base, la plus-value extraite du travail ouvrier devra être partagé entre le capitaliste actif (gestionnaire du processus industriel de production) et le capitaliste inactif (l’usurier prêteur et le rentier). Le capitaliste emprunteur devant rétribuer le capitaliste prêteur et partager la plus-value avec toutes les branches du capital (profit industriel, rente, bénéfice commercial, dividende).

Le système de crédit marque l’émergence de la domination réelle du capital (expropriation de la plus-value relative issue des hausses de productivité et donc de la surexploitation de la force de travail) sur l’ensemble de l’économie et il se manifeste surtout dans les pays industrialisés avancés et en premier lieu en Angleterre (et non pas dans l’exploitation du travail salarié élémentaire dans les colonies). Les transformations des moyens de production exigent des investissements si importants que seules les banques peuvent en assurer le financement. Dès lors, le capitalisme particulier (souvent familial) est supplanté par le capitalisme collectif qui agit à travers des sociétés anonymes (grandes sociétés multinationales par actions). Marx ira jusqu'à écrire que « c’est là la suppression du capital en tant que propriété privée à l’intérieur des limites du mode de production capitaliste lui-même » (3).

L'importance du rôle de la société anonyme par actionnariat dans le capitalisme n'est pas suffisamment soulignée comme forme de mutualisation du capital privé. Avec l’organisation du réseau international des sociétés par actions, « la fonction de gestion est séparée de la propriété du capital » (4) le mode de production capitaliste entre dans sa phase ultime – impérialiste. Il ne faut donc pas s'étonner de voir « l'exploitation des autoroutes séparées de la propriété des autoroutes, l’exploitation des lignes de chemin de fer séparée de la propriété du réseau ferroviaire, etc. » il en résulte que le propriétaire du capital (actionnaires, fonds de pension, compagnies d’assurance, fiducie) ne se préoccupe que de l'intérêt, qui est le loyer de l'argent, et non du processus de sa production concrète (en usine, en chantier où est extirpée la plus-value). Le capital devenant un simple titre de propriété facilitant ainsi les transferts internationaux de capitaux, autre caractéristique de la phase d’économie impérialiste. Marx à ce propos écrit :

« (…) il faut encore souligner cet aspect important du point de vue économique : comme le profit prend ici purement la forme de l’intérêt, de telles entreprises demeurent possibles si elles rapportent simplement l’intérêt et c’est une des raisons qui empêche la chute du taux général de profit, parce que ces entreprises, où le capital constant est immense par rapport au capital variable, n’interviennent pas nécessairement dans l’égalisation du taux général de profit » (5).

Il faut comprendre par-là, que les capitaux investis dans les grandes entreprises industrielles ne produisent, déduction faites de tous les couts de production, que des intérêts plus ou moins élevés. Ceux-ci n'entrent pas dans le calcul du taux de profit moyen et très souvent ils ne fournissent qu'un profit inférieur au taux de profit moyen (en France, il est présentement de 16 pour cent). Si les intérêts industriels – dividendes corporatifs – devaient être pris en compte, le taux de profit moyen serait encore plus bas. Mais à l'époque de Marx l'entrepreneur privé s'attribuait 10 % de profit sur les 15 % qu'il récoltait et en cédait 5 % au capitaliste préteur (au parasite financier). Il n'en est plus ainsi aujourd'hui, le capital financier est devenu hégémonique, et exige que le loyer de l'argent soit au minimum de 15 % et plus, de ce fait, il entre directement par la grande porte de la baisse générale du taux de profit. L'association ATTAC fait de ce changement organisationnel au sein du capital global l'axe principal de sa critique du capital financier et demande d’« euthanasier le banquier » voulant ainsi « réguler » le capitalisme en liquidant son côté « usurier et spéculateur » afin de valoriser son côté « promoteur ». Cette réforme du mode de production capitaliste par la porte du capital financier est pourtant impossible, car elle s’inscrit à l’encontre de l’évolution du capital dont l’État ordonnateur, législateur, organisateur est le pilier central, le plus endetté vis-à-vis du capital financier (6).

De la classe régnante formelle à la classe dominante réelle

Pour Marx le capital financier dans sa constitution est relié à la création des sociétés anonymes (par actions) et à la transformation du capitaliste actif en rentier passif (en tondeur de coupons écrira Lénine), ainsi qu’à la métamorphose du propriétaire privé-individuel en capitaliste financier collectif mutualisé ce qui le constituera non plus seulement formellement en classe capitaliste, mais réellement en classe sociale dominante dans et par l’État capitaliste, son bras séculier. Une question qui se pose ici est celle de la formule révolutionnaire prolétarienne proclamant « l'abolition de la propriété privée des moyens de production, d'échange et de communication. » En effet, la propriété capitaliste de tout ceci est de plus en plus anonyme et collective. Elle se réduit à la propriété sur des titres (actions, obligations) cherchant en permanence la meilleure valorisation possible. Ce qu’il faut observer à travers ce processus c’est que ce ne sont pas les capitalistes qui forgent le mode de production à leur image, mais le mode de production capitaliste qui forgent cette classe à son image.

« Transformation du capitaliste réellement actif en un simple dirigeant et administrateur du capital d'autrui et des propriétaires de capital en simples capitalistes financiers. Même si les dividendes qu'ils touchent incluent l'intérêt et le profit d'entreprise, c'est à dire le profit total (car les émoluments du dirigeant sont ou devraient être un simple salaire pour une sorte de travail spécialisé, dont le prix est réglé sur le marché du travail comme pour n'importe quel autre travail), ce profit total ne sera plus perçu que sous la forme de l'intérêt, c'est-à-dire comme simple rémunération pour la propriété du capital qui est ainsi complètement séparé de sa fonction, dans le procès réel de reproduction, tout comme cette fonction, dans la personne du dirigeant, est séparée de la propriété du capital. Le profit se présente comme simple appropriation de surtravail d'autrui (il ne s'agit plus d'une partie du profit, l'intérêt, qui tire sa justification du profit de l'emprunteur) ; il résulte de la conversion des moyens de production en capital, c'est-à-dire leur aliénation, vis-à-vis des producteurs effectifs, de leur opposition, en tant que propriété étrangère, à tous les individus réellement actifs dans la production depuis le directeur jusqu'au dernier journalier » (7).

L’hégémonie du capital financier sur toutes les autres formes du capital marque la fin du cycle d’évolution-transformation du capital global, le passage de sa domination formelle à sa domination réelle, sans partage, sur l’ensemble du mode de production et du corps social (classes sociales et rapports de production) qui en sont issus, y compris sur l’appareil d’État qui est désormais pleinement l’État bourgeois capitaliste dans toute son omnipuissance. Aucune réforme de cet ensemble, tissé serré, n’est possible sans détruire l’ensemble fragilisé. Il en est ainsi dans les pays capitalistes classiques et dans les pays capitalistes sous bannières « socialistes » (sic) prouvant par-là qu’il est impossible d’avoir un pied dans le mode de production capitaliste et l’autre pied dans le mode de production communiste – ce que les pays du bloc soviétique appelaient la coexistence pacifique entre deux systèmes sociaux différents – (sic).

Au-delà de l’abolition de la propriété privée des moyens de production c’est la destruction des rapports sociaux de production capitalistes, y compris de l’État le verrou de protection que la classe prolétarienne révolutionnaire doit accomplir. Un tel programme ne laisse place à aucune réforme du système.

CET ARTICLE EST DISPONIBLE SUR LE WEBMAGAZINE http://www.les7duquebec.com/7-au-front/le-capital-financier/


(1) À partir d’un texte de Gérard Bad, Paris, blogue Spartacus. http://spartacus1918.canalblog.com/
(2) Karl Marx. Le Capital. Tome 1, Chapitre III. Édition de Moscou.
(3) Voir à ce propos Critique du programme d'Erfurt, Engels à Kautsky, 29 juin 1891.
(4) Le système de crédit comme « construction destructrice du capitalisme ». Rosa Luxemburg.
(5) Karl, Marx. Le Capital. Tome 3. Chapitre XXVII. Page 461. Édition de Moscou.
(6) Robert Bibeau (2016) L’État au service de la classe dominante http://www.les7duquebec.com/7-au-front/letat-au-service-de-la-classe-dominante/
(7) Karl Marx. Le Capital. Tome 3. Chapitre XXVII. Pages 460 et 461. Édition de Moscou.


 

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LES MYSTÈRES AURIFÈRES ENFIN DÉVOILÉS

Nous avons reçu ces questions dans notre boite aux lettres récemment : « Je cherche à comprendre comment s’est réalisé le renchérissement dramatique de l’or. En mars 1967, le lingot valait 5555 francs ou 847 €. Il vaut actuellement 37 750 €, la hausse est de 4 457 %, à qui profite le crime ?
LES MYSTÈRES AURIFÈRES ENFIN DÉVOILÉS
Questions légitimes

Nous avons reçu ces questions dans notre boite aux lettres récemment : « Je cherche à comprendre comment s’est réalisé le renchérissement dramatique de l’or. En mars 1967, le lingot valait 5555 francs ou 847 €. Il vaut actuellement 37 750 €, la hausse est de 4 457 %, à qui profite le crime ? Pourquoi existe-t-il une inflation continuelle ? Pendant cette période la pauvreté s’est aggravée, les pauvres sont de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux et les riches de plus en plus riches. Y aurait-il un lien de causalité ? Est-ce à rapprocher de 2008 et de la crise des subprimes qui a eu le même effet ? Et le FMI et la Banque Mondiale n’est-ce pas une arnaque des pays riches contre les pays pauvres ? » (1)

Amorçons notre réponse par La présentation du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale. Nous complèterons en traitant de la question de la valeur de l’or et des monnaies qui est de toute façon chevillée à la précédente.


Les organismes de la gouvernance internationale impérialiste

Le FMI et la Banque Mondiale ont été constitués à la fin de la Seconde Guerre mondiale dans le cadre d’une entente appelée les Accords de Bretton Woods (1944). Ce sont des ententes élaborées par le grand capital financier occidental pour l’assister dans son expansion mondiale (vers l’Asie et l’Afrique), afin de mettre les bourgeoisies nationales de ces pays « émergents », ainsi que celles des pays bientôt en reconstruction (Europe), sous la botte du grand capital multinational. Le FMI et la BM ont été créés en tant que pendant financier de l’OTAN sur le plan militaire, de l’ONU sur le plan politique, et du CPI sur le plan juridique. Le tout constituant une structure de gouvernance chargée d’organiser l’hégémonie de la première économie capitaliste sur l’ensemble de l’impérialisme mondialisé.

Ces organismes financiers internationaux, inféodés à la classe capitaliste occidentale, étaient du type « police du fric » et leur mission spécifique consistait à forcer les bourgeoisies nationalistes des différents pays pseudo-libérés (2) à rejeter le fardeau de la crise économique d’après-guerre sur le dos des classes ouvrières, paysannes et petites-bourgeoises nationales (ce qui comprenait les petites bourgeoisies eurocommunistes ainsi que d’autres comme ces communistes indonésiens que Soekarno le « non-aligné » fera exécuté, etc.). Les armées alliées avaient pour mission de soutenir militairement cette stratégie économique adossée au Plan Marshal étatsunien. L’équivalent du Plan Marshall sera mis sur pied du côté soviétique.

C’est par cette stratégie tous azimuts – planifiée depuis l’Occident par la puissance impérialiste américaine (et par l’URSS du côté du Comecon) que le grand capital international assura son expansion sur l’ensemble de la planète, prenant pour l’occasion les noms de « mouvement de décolonisation et de lutte de Libération nationale antiimpérialiste, et de Révolution de démocratie nouvelle » (sic), c’est-à-dire, un mouvement de libération de ces pays des anciennes puissances impérialistes européennes remplacées par le duo É.-U. – URSS. Ce à quoi la Chine « maoïste » allait bientôt s’opposer, réclamant sa part du gâteau des pays capitalistes « non alignés » dans l’esprit de Bandung et de la Tricontinentale (3). Les guerres de Corée et du Vietnam ne furent que le résultat de cette concurrence entre grandes puissances pour recruter les bourgeoisies nationalistes des pays en voie de développement, que l’on appelle maintenant des pays « émergents ».

Pendant cette période trouble sur le plan économique et politique

Le FMI, la BM, l’OCDE et d’autres organisations financières internationales avaient pour tâche de soutenir et de maintenir le taux de profitabilité du grand capital international pas exclusivement étatsunien, mais de tout le capital international imbriqué en un tout concurrentiel globalisé, ce que les altermondialistes, les « démondialisation » et les euros sceptiques découvriront cinquante années plus tard. Ne pas oublier qu’à cette époque l’impérialisme était en pleine expansion, d’abord vers l’Amérique latine et vers l’Asie, et ensuite vers l’Afrique. Maintenir le taux de profitabilité se révéla une tâche impossible à réaliser. Les lois inhérentes au mode de production capitaliste empêchaient l’atteinte de cet objectif de produire toujours plus de plus-value pour assurer la profitabilité des investissements en utilisant de moins en moins de capital vivant – unique source de plus-value, et c’est ici que nous allons aborder la question de l’or international et des monnaies nationales.

Les Accords de Bretton Woods (4) régulaient strictement l’échange des monnaies, dont la « monnaie » universelle – l’or – que les capitalistes internationaux avaient la prétention de contenir et d’asservir. Ainsi les Accords prévoyaient que le dollar américain serait de facto la monnaie privilégiée du commerce international, mais à la condition que cette devise soit convertible en « quasi-devise » or. Cependant les Américains, entrevoyant les problèmes, exigèrent que cette convertibilité soit fixée à 35 dollars US l’once d’or. L’économie mondiale s’accroissant, le commerce mondial se démultipliant, alors que la quantité d’or sur le marché n’augmentait pas assez rapidement, le déficit commercial étatsunien eut tôt fait d’emporter les réserves fédérales américaines (comprenant l’or allemand stocké à Fort Knox). En 1971, le Président Richard Nixon baissa les bras et décréta que le dollar n’était plus convertible en or et que la valeur de la devise américaine allait désormais flotter au gré des marchés boursiers, ce qui de facto libérait la valeur de l’or qui retrouvait (ce qu’elle n’avait jamais perdu en réalité) son rôle de monnaie de réserve internationale. S’en suivit un renchérissement de la valeur de l’or (valeur refuge) qui ne finit plus de gonfler telle une baudruche, ce qui devrait se poursuivre jusqu’à la prochaine grande crise.

La monnaie de réserve – la monnaie or

Dans une économie de marché, de types capitaliste ou soviétique, le rôle d’une monnaie est toujours de faciliter les échanges de marchandises. Une monnaie sert d’intermédiaire entre les marchandises en représentant adéquatement le quantum des forces de travail utilisées (investi) dans la production d’une marchandise. La quantité de monnaie en circulation ne devrait jamais dépasser la valeur sociale totale des marchandises disponibles sur les marchés, sinon la monnaie sera dépréciée – c’est l’inflation – ou la valeur des marchandises va s’effondrer – c’est la déflation –. La surquantité de dollars, y compris sous forme de crédits (qui n’est que l’anticipation d’une valeur à réaliser), répandue sur les marchés est telle que la valeur du dollar, et des autres monnaies comme l’euro et la livre sterling, périclite alors que l’or, la quasi-monnaie de réserve de plus en plus rare (relativement) grimpe en flèche. Ce que notre correspondant constate en observant les indices boursiers.

De plus en plus de dollars (d’euros et de yens) sont à la poursuite d’un stock d’or limité. Attention toutefois, la valeur de l’or monte relativement à la valeur des devises qui descend, ceci signifie qu’il faut de plus en plus de dollars (euros, livres, francs, yuans) sans valeur pour acheter une once d’or ! Est-ce vraiment un renchérissement de la valeur de l’or ou un dépérissement inflationniste de toutes les monnaies ?

Pour conclure

Que devons-nous conclure de tout ceci ? La montée de la valeur relative de l’or signifie que la crise systémique du capitalisme s’intensifie et qu’elle entrainera un immense krach boursier international – les indices boursiers soufflés se réajustant à la valeur réelle de la quantité de force de travail social réellement investi (contenu dans la marchandise), valorisée et spoliée aux ouvriers –. C’en sera fini alors des hyperprofits bidon issus de la spéculation boursière, immobilière et aurifère. Ceci ne sera que le premier acte de la tragédie des milliardaires et des millionnaires en faillite. Suivront la dévaluation de toutes les monnaies – la déflation – le chômage de masse – les fermetures d’entreprises, les technologiques et les banques en premiers, les autres par la suite. Sauveront une partie de leurs acquis – mal acquis – ceux qui auront stocké de l’or physique (5), dont les cours, s’envoleront. Le capital mondial atteindra des niveaux de concentration incroyable – des millions de riches perdront leur fortune de pacotille, et seuls en réchapperont ceux qui possèderont des réserves d’or suffisantes, mais à une condition cependant ! À la condition que cette très Grande Dépression ne donne pas lieu au renversement du mode de production capitaliste – et à son remplacement – et que ce système moribond se maintienne sur les lieux de son crime, redonnant au marché, à l’or, et à l’esclavage salarié leurs valeurs d’antan. Pour ceux qui ne le savent pas, les capitalistes russes et chinois sont les premiers producteurs et les premiers thésaurisateurs d’or au monde. Quelles puissances impérialistes selon vous sortiront vainqueurs de ce bras de fer monétaire ?

Si tout redevient comme avant tout recommencera comme avant (après la Première et la Seconde Guerre mondiale). Il appartiendra au prolétariat révolutionnaire international de faire en sorte de trancher le nœud gordien et de construire un nouveau mode de production non marchand. De grâce toutefois, tenez loin de nous cette gauche bourgeoise sectaire, dogmatique et réformiste qui ne comprend rien à tout ce cirque.



(1) La finalité du mode de production capitaliste http://www.les7duquebec.com/7-au-front/217913/
(2) Hormis ceux de l’Est, car l’URSS et les pays du bloc de Varsovie ne s’intègreront pas directement aux Accords de Bretton Woods, ils le feront indirectement via le marché international et le trafic des devises.
(3) http://www.les7duquebec.com/7-au-front/non-alignes-tricontinentale-60ieme-anniversaire-22/
(4) http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-invites/la-mondialisation-33/
et http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-invites/mort-et-resurrection-du-veau-dor-americain/
(5) Nous spécifions « l’or métal », car les boursicoteurs et les banksteurs ont depuis quelques années imaginés un stratagème frauduleux qui consiste à émettre des « papiers à Ordre », des parchemins qui ne valent pas le support sur lesquels ils sont libellés.

L’ÉDITORIAL EST DISPONIBLE SUR LE WEBMAGAZINE http://www.les7duquebec.com/non-classe/les-mysteres-aurifaires-enfin-reveles/
 

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LA FINALITÉ DE LA PRODUCTION C’EST LA REPRODUCTION

Il peut paraitre superfétatoire de polémiquer à propos de la finalité du mode de production capitaliste et des motifs de son développement inconséquent. Pourtant, cette problématique est au cœur de la contradiction fondamentale
LA FINALITÉ DE LA PRODUCTION C'EST LA REPRODUCTION
Il peut paraitre superfétatoire de polémiquer à propos de la finalité du mode de production capitaliste et des motifs de son développement inconséquent. Pourtant, cette problématique est au cœur de la contradiction fondamentale qui, tel un cancer, ronge ce mode de production moribond. Se basant sur une lecture superficielle des classiques marxistes un clan d’exégètes soutient encore aujourd’hui que la finalité du capitalisme – y compris à son stade ultime, impérialiste – c’est de thésauriser le capital, d’accumuler autant de capital que possible. En d’autres termes, ce qui ferait courir les milliardaires ce serait l’accumulation d’une immense fortune. Selon ces coryphées, l’application de cette loi d’airain entrainerait la concentration des capitaux entre les mains de ces privilégiés et serait la source de toutes les calamités sociales. D’où la panacée proposée par la gauche embourgeoisée « nous privilégions une répartition équitable de la richesse sociale ! »

En apparence les faits semblent leur donner raison. À peine 10% des individus détiennent 86% des richesses mondiales. Les 1% les plus fortunés accaparent 46% du patrimoine global. Environ 10 millions de millionnaires, représentant à peine 0,15 % de la population mondiale, possèdent 42,700,000,000,000. U$D (42,7 mille milliards de dollars US) (1). Nous venons d’examiner l’avoir des particuliers, examinons maintenant les statistiques concernant les grandes corporations. En France, par exemple, on observe une forte concentration monopolistique du capital productif : « mille entreprises de plus de mille salariés (3,4 millions de travailleurs) produisent près de 50 % du PIB ; alors qu’en bas de l’échelle industrielle, un million d’entreprises de moins de dix salariés (3,4 millions de travailleurs également) ont une existence précaire » (2). On trouvera des données équivalentes dans chaque pays capitaliste ayant atteint le stade ultime – impérialiste – de développement économico-politique.

Il semble que le débat soit clos et que le nœud gordien soit tranché. La finalité du procès de développement économique et politique capitaliste serait l’accumulation monopolistique. En ce cas, la contradiction fondamentale du système capitaliste devrait voir s’affronter les forces d’accumulation opposées aux forces de distribution équitable du capital. Cette contradiction dialectique fondamentale entrainerait les crises économiques et, éventuellement, l’effondrement du mode de production capitaliste, incapable d’atteindre sa finalité, incapable d’accumuler et de concentrer davantage de capital.

Les faits économiques, financiers, monétaires et bancaires contredisent pourtant cette hypothèse. Si la finalité du mode de production capitaliste est d’accumuler et si accumulation et concentration s’accentuent, alors le système ne devrait pas connaitre de crises économiques. Certes, nous pourrions observer beaucoup de détresse sociale, l’extension de la pauvreté, énormément de hargne et de colère ouvrière, mais nous ne devrions observer aucune crise économique – financière – bancaire – boursière – sous un régime poursuivant inexorablement sa marche en avant. Pourtant, à l’instant où l’accumulation-concentration du capital est la plus phénoménale de l’histoire mondiale, jamais la crise du système n’a été aussi profonde, au point de menacer de renverser l’échafaudage boursier, banquier, financier international.

Nombre d’économistes, dont Tom Thomas, présentent l’hypothèse que le système capitaliste d’accumulation détruira prochainement de grandes quantités de marchandises, de ressources et de moyens de production. Il écrit : « Pour que le capital puisse relever son taux de profit moyen et reprendre son procès de valorisation et d’accumulation, deux conditions complémentaires doivent être réunies au-delà du maintien à flot du système financier : première condition, détruire une grande masse de capitaux, non seulement sous leurs formes financières, mais aussi sous leurs formes matérialisées pour en réduire « l’excédent » et aussi pour pouvoir reconstruire un système de production qui permette – deuxième condition – d’augmenter le taux d’exploitation (pl/Cv) alors que de réduire la composition organique du capital n’est, aujourd’hui, qu’une possibilité secondaire» (3).

Les faits semblent lui donner raison, en un siècle (1913-2013) on dénombre deux guerres mondiales (1914-1918, 1939-1945), plusieurs guerres multinationales (1950-1953, 1954-1975, 1991-2001 et 2003-2011, 2012-2016), en plus de dizaines de guerres locales qui ont entrainé d’immenses destructions de ressources, de forces productives et de moyens de production, de destruction de capitaux, en « excédent » finalement (4). Chacune de ces catastrophes (pour les ouvriers sacrifiés et les prolétaires massacrés) a relancé le processus de valorisation et stimulé le procès de reproduction élargie du capital en réduisant temporairement sa composition organique (Cv/Cc) et en inversant momentanément la tendance à la baisse du taux de profit, mais la crise systémique du capitalisme se poursuit inexorablement.

La classe capitaliste monopoliste est présentement incitée à s’aventurer dans un nouvel holocauste ouvrier afin, non pas de détruire des ressources stockées, des moyens de production engrangés et des forces productives inutilisées, mais pour relancer le procès de reproduction élargie du capital en dopant temporairement la production de plus-value quintessence de la production marchande. Qu’ils le veuillent ou non, les capitalistes devront saccager une partie de l’humanité s’ils souhaitent remettre temporairement en marche leur mode de production moribond. L’impérialisme c’est la guerre disait un révolutionnaire volontaire. Un grand nombre de réformistes pensent, comme madame Christine Lagarde du FMI, que le système social et économique capitaliste est un bon régime économique et politique, mais ce régime souffre d’un déséquilibre. La solution serait « Plus de justice distributive pour plus de croissance proactive », et celle-ci de renchérir « le Fonds monétaire international (FMI) continuera de faire pression en faveur de biens et de services publics de qualité, la priorité étant la protection et l’augmentation des dépenses sociales visant à réduire la pauvreté et l’exclusion, a assuré Christine Lagarde. » (5).

Selon cette ploutocrate il revient à l’État « démocratique », transcendant les luttes de classes, d’assurer une juste répartition des fruits de l’exploitation capitaliste. « L’État providence », le Robin des bois des temps modernes (sic), devrait chaparder quelques deniers aux financiers pour les donner aux déshérités. Moins d’accumulation et une meilleure répartition voila la panacée. Ce postulat socialiste utopiste, digne de Proudhon, découle de l’axiome précédent à l’effet que la finalité du système capitaliste serait l’accumulation des capitaux plutôt que leur réinvestissement valorisant pour un nouveau cycle de reproduction élargie. Pourtant, s’il y a présentement une crise économique ce n’est pas dû à un ralentissement du processus d’accumulation capitalistique financier-boursier, mais aux ratés du processus de reproduction élargie. Le capital ne sait plus produire de plus-value en quantité suffisante pour son remplacement et son enrichissement. La crise économique n’est pas causée par les excès financiers d’une politique néolibérale délurée, mais par la baisse du taux de profit engendrée par la suraccumulation de capitaux inemployés et impossible à valoriser (faire produire de la plus-value) dans de telles proportions.

Depuis 2008, au-delà du sauvetage du système financier que les États bourgeois ont été obligé d’entreprendre de toute urgence il faut examiner comment les capitalistes et leurs fonctionnaires étatiques ont œuvré à redresser le taux de plus-value et à rétablir le crédit « Le capital constant est dévalorisé. Des entreprises en difficulté peuvent être rachetées à bas prix. Les prix des matières premières s’écroulent. Les salaires sont laminés sous la pression d’un chômage massif (alimenté par l’immigration massive NDLR). Il y a là des facteurs favorables à un redressement des taux de profits » dans la situation concrète du capitalisme déclinant « Avec la crise, les lois du marché agissent et redressent les taux de profit. Néanmoins, ils sont limités, car, en même temps que ces phénomènes se produisent, la composition organique (Cc/Cv) reste élevée puisque l’importance du capital fixe reste prépondérante, que la consommation diminue en même temps que la quantité de travail vivant utilisée. Une forte destruction de capitaux marquée par des dettes non remboursées, des faillites, des fermetures d’usines est évidemment beaucoup plus efficace pour relever le taux de profit » (6).

Ici, on nous permettra une analogie. Au cours du procès de reproduction élargie de la vie en société, il est indubitable que la copulation entrainant le coït vaginal ou phallique est gratifiante. La nature et l’évolution en ont décidé ainsi de façon à inciter l’hominidé à poser fréquemment ce geste afin d’assurer la pérennité de son espèce. Il ne fait aucun doute cependant que le « Principe de plaisir » (Reich, 1986) n’est pas la finalité – la conclusion et la raison d’être de l’activité sexuelle, mais seulement une gratification incitant – le Moi sujet – à poser fréquemment ce geste et à se reproduire. La finalité est bien la reproduction anthropologique de l’espèce, son stimulant étant le « Principe de plaisir » et sa conséquence l’accroissement des populations suivant la stratégie de survie adoptée par l’hominidé (7).

Quel est l’intérêt de cette redécouverte de la finalité du mode de production capitaliste ? Pour la classe prolétarienne révolutionnaire ce principe fondamental de l’économie politique du capital est crucial, car il indique que ce ne sont pas tant les statistiques à propos de l’accumulation et de la concentration du capital que l’on doit observer afin de comprendre l’enlisement et l’effondrement imminent de ce mode de production déclinant, mais bien les indices portant sur le ralentissement et l’essoufflement du procès de reproduction élargie de la plus-value, et les difficultés, non pas d’accumulation, mais de réinvestissement profitable du capital.

Les capitalistes financiers sont unanimes : l’accumulation-concentration du capital va bon train et les capitaux sont surabondants ; ce sont les occasions d’affaires qui manquent ; les opportunités d’investir pour exploiter le travail salarié vivant, soutirer de la plus-value et reproduire le capital sont insuffisant ce qui engendre les crises systémiques du capitalisme.

Les actions de résistance économique et de guerre politique menées par le prolétariat ne doivent pas viser à obtenir une meilleure distribution des richesses au bénéfice des démunis, mais doivent viser la paralysie de l’appareil reproductif. Moins de plus-value et moins de profits signifient moins d’argent à réinjecter dans le processus de reproduction élargie du capital et en bout de course la faillite et l’effondrement inéluctable de ce mode de production moribond. Rosa Luxembourg avait raison, la grève sauvage, générale, illimitée est le chemin vers l’émancipation de la classe prolétarienne.



(1) http://www.marianne.net/gerardfiloche/Il-n-y-a-pas-de-classe-moyenne-ni-des-classes-moyennes_a33.html
(2) Tom Thomas (2009) La crise. Laquelle ? Et après ? Page 75.
http://www.les7duquebec. com/7-au-front/la-politique-du-capital-dans-la-crise/.
(3) Le Crash s’en vient : http://publications-agora.fr/pack/ssw3b/?code=ESSWP803&a=3&o=38&s=74&u=59913&l=614&r=MC&g=0
Et aussi Tom Thomas (2009) La crise. Laquelle ? Et après ? Page 75.
http://www.les7duquebec. com/7-au-front/la-politique-du-capital-dans-la-crise/.
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Cor%C3%A9e et http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerres_de_Yougoslavie et http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Vi%C3%AAt_Nam et http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d'Irak
(5) http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/378357/0-5-de-la-population-accapare-35-des-avoirs?utm_source=infolettre-2013-05-16&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne
(6) Thomas (2009) La crise. Laquelle ? Et après ? Page 69.
http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-politique-du-capital-dans-la-crise/
(7) La Fonction de l'orgasme, L'Arche, 1986. Orig. allemand Die Funktion des Orgasmus, trad. américaine The Function of the Orgasm, 1942, 1948, réimp. FSG, 1973 et aussi http://www.robertbibeau.ca/fatima.html


L’éditorial est disponible sur le webmagazine à l’adresse http://www.les7duquebec.com/7-au-front/217913/


 

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Un économiste confirmait en 2012 que la Loi Travail était impulsée par la Haute finance et serait imposée par Bruxelles

Un économiste confirmait en 2012 que la Loi Travail était impulsée par la Haute finance et serait imposée par Bruxelles
Cette vidéo a été tournée le 19 mars 2012, deux mois avant l’élection de François Hollande. La coopérative audiovisuelle et cinématographique de production et d’édition "Les Mutins de Pangée" avait alors fait une entrevue avec Nicolas Doisy, le chief economist du Broker Cheuvreux au siège de la Corporate Investment Bank du Crédit Agricole. Son discours est sans ambiguïté. Hollande ne fait qu'imposer une loi travail qui a été décidée par l'Europe et la Haute Finance.

Un gouvernement de droite aurait fait exactement pareil. L'économiste savait déjà que l'appartenance de la France à l'euro imposerait au prochain président, quel qu'il soit, des réformes visant à "flexibiliser le marché du travail" et "remettre en cause le CDI", comme cela a déjà été fait en Allemagne, en Espagne, en Italie ou en Grèce. Cela consiste a "réduire substantiellement les garanties des travailleurs en CDI et imposer plus de flexibilité sur les travailleurs français". Donc, lorsqu'on entend Valls nous dire que ces réformes sont bonnes pour les salariés, il n'y a pas pire tromperie de la part du gouverne-ment.

Le sourire aux lèvres, l'économiste nous explique que dans tous les cas, ce sont les électeurs qui seront déçus et les marchés qui gagneront. " Regardez la Grèce, regardez l'Espagne, regardez l'Italie, regardez tout ce qui se passe en Europe depuis 2010. On a bien vu que de toute façon, à la fin c'est toujours le marché qui l'emporte. Je ne suis pas en train de dire que le marché à nécessairement raison au sens moral du terme mais en tout cas, il aura raison factuellement puisqu'il s'imposera, ça c'est clair".

Un économiste confirmait en 2012 que la Loi Travail était impulsée par la Haute finance et serait imposée par Bruxelles

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PROFITS ABUSIFS ! COMMENT VALORISER TOUT CE FRIC ?

Le journal financier, The Economist annonce que « les profits sont bien trop élevés ! » et l’économiste Marc Vandepitte commente l’article du quotidien londonien alors que nous analysons et critiquons leurs commentaires respectifs (1). Un exercice de critique de l’économie politique capitaliste afin de comprendre pourquoi tous ces gens sont prisonniers de leur fric mal acquis. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/profits-trop-eleves-comment-dilapider-ces-deniers-mal-acquis/
PROFITS ABUSIFS ! COMMENT VALORISER TOUT CE FRIC ?
La désespérance de la gauche bourgeoise

La gauche bourgeoise n’en finit plus de s’offusquer de ces monceaux de profits qu’accumulent les multinationales délocalisées qui ne paient ni impôts, ni charges sociales sous aucune juridiction et réclament des aides gouvernementales et exigent que l’on réduise les services publics et les « acquis sociaux » (sic) arrachés par les salariés (au passage, un « acquis social » ça n’existe pas. Sous le capitalisme ils n’existent que des avantages temporairement consentis en temps de prospérité relative et vite retiré quand la crise s’intensifie). Qu’est-ce qui se cache derrière ces marques de compassion de la petite bourgeoisie à l’endroit de la classe ouvrière paupérisée ? Les « solutions » proposées par les bobos sont-elles réalistes ou une voie d’évitement vers un monde alternatif altermondialiste utopique ? Un monde capitaliste humaniste serait-il à portée de leurs mains de malandrins ?

« C’est une guerre de classes que nous vivons, et c’est ma classe qui est en train de la gagner », déclarait le multimilliardaire américain Warren Buffett (2), un ami de Donald Trump. Pourtant, le richissime capitaliste financier américain a tout faux. Sa classe hégémonique, ne sachant nullement résoudre les contradictions inhérentes au mode de production capitaliste en crise systémique, n’est pas en train de « gagner » cette guerre de classes, elle est en train de la perdre, non sans vitupérer contre la classe ouvrière. Le seul espoir que nous chérissons, c’est que notre classe se ressaisisse avant de disparaitre, en même temps que ce mode de production moribond. Ce n’est pas sur les layons du « réformisme » que la classe ouvrière révolutionnaire trouvera la voie de son émancipation.

Pour l’heure, poursuivons la lecture de l’article du quotidien londonien et de l’analyse qu’en fait l’expert Marc Vandepitte.

Le journal The Economist écrit : « L’Amérique était une terre d’opportunité et d’optimisme. Maintenant, l’opportunité semble être réservée à l’élite : deux tiers des étatsuniens croient que l’économie est pipée en faveur d’intérêts particuliers (…) le retour sur investissement des entreprises est 40% plus élevé à domicile qu’à l’étranger (…) L’Amérique est censée être le temple de la libre-entreprise. Elle ne l’est pas » conclu le scribouilleur du journal financier. Il ajoute : « Le problème vient d’un manque de concurrence, du fait d’une vague de 10 000 milliards de dollars US de fusions donnant un pouvoir excessif à quelques oligopoles gigantesques sur le marché boursier ». Le journal note aussi que les grandes plateformes techniques comme Google, Facebook, Microsoft, Apple, Uber, Alibaba, doivent être étudiées de près : « elles peuvent bien ne pas être encore des monopoles en captation de rentes, mais les investisseurs les valorisent comme si elles allaient un jour le devenir » et le journal financier accuse certains actionnaires d’entreprises concurrentes de pousser à des formes d’ententes de non-concurrence. Suis un dossier ou le scribe rappelle le niveau record des profits et la concentration grandissante d’actifs sur les marchés boursiers boursoufflés. Le journal pointe aussi l’anomalie du maintien d’un tel niveau de profits, quand, dans l’histoire, les pics étaient rapidement suivis d’une forte baisse. Et c’est ici que The Economist sort le chat du sac.

Le quotidien londonien en appelle à plus de concurrence et moins de règlements sur les marchés boursiers. En effet, les règlements bancaires internationaux entravent les capacités, pour les multinationales n’ayant pas leur siège social aux États-Unis ou en Europe, de pénétrer aisément le marché bancaire occidental pour venir y mener la guerre financière aux dangereux oligopoles technologiques accaparant tout le capital circulant et même davantage, à savoir, du capital fictif et évanescent (de la monnaie de crédit sans valeur), une bombe à retardement déposée sur le parquet des bourses occidentales pleurniche le journal financier.

Détrompez-vous, The Economist n’est pas devenu l’organe officiel de la gauche bourgeoise mondiale. Le journal joue simplement son rôle de « lanceur d’alerte » auprès de sa classe hégémonique. D’abord, le journal constate qu’il est plus qu’étrange que la récession s’éternisant aux États-Unis, et dans tout l’Occident, la production globale stagnant – les profits soient de 16 pour cent sur investissement en cette période de récession prolongée ! D’où émane cette plus-value transformée en profit, en intérêt et en dividende sur investissement puisqu’il y a de moins en moins de placements payants ? Viendrait-elle des opérations d’émission d’argent, ces Quantitative Easing, et ces crédits bancaires, que les banques centrales et les banques secondaires, essaiment à tout vent (FED, BCE, Banque du Japon, Banque de Chine, Banque de Russie, etc.) ?

Il y aura nécessairement un prix à payer quand la bulle financière éclatera inéluctablement pense le graphomane du quotidien financier. Ayant capté d’immenses valeurs capitalistiques, dont certaines ne sont que de la monnaie de crédit adossée à une pyramide de Ponzi, des montages financiers de titres toxiques dérivés (de l’emprunt sur des emprunts et sur de la plus-value anticipée qui risque de ne jamais se matérialiser), des millions de porteurs seront alors jetés sur le pavé en moins d’une journée, ce qui aura des répercussions sur l’ensemble des marchés boursiers et particulièrement sur les titres manufacturiers qui seront alors en manque de liquidité – tandis qu’ils disposent d’une surabondance de liquidité présentement – et seront coupés de leurs marchés déjantés. Ce krach s’amorçant aux États-Unis, les autres marchés boursiers, ceux de Chine et de Russie notamment, moins bien intégrés au vaste marché financier occidental par la faute de l’Occident qui les boycotte, profiteront de cet avantage pour fermer leurs marchés aux secousses sismiques américaines et européennes. Le boomerang financier de l’isolement se retournera contre les boursicoteurs et contre les « banksters » occidentaux qui seront les premiers à casquer avertit le quotidien financier. À contrario, les titres manufacturiers inscrits dans les bourses chinoises, russes et indiennes renchériront et les monopoles manufacturiers (producteurs de plus-value) de ces pays « émergents » en profiteront pour s’emparer des marchés qui leurs sont jusqu’ici fermés. Autant dire l’apocalypse pour l’Amérique et pour l’alliance Atlantique.

Trop peu d’oxygène – trop peu de profits ?

Trop peu d’oxygène et trop peu de profits raconte le professeur Vandepitte « C’est le mantra de ces dernières années : nous vivons au-dessus de notre condition, nous avons creusé des trous qu’il faut à présent combler, il n’y a pas d’argent pour les projets, ni même pour les acquis sociaux, etc. Pour faire redémarrer l’économie et créer de l’emploi, les entreprises doivent recevoir plus d’oxygène, l’État et la sécurité sociale doivent être dégraissés. Il faut donc un « tax shift » au profit des entreprises. Le fardeau sera peut-être lourd à porter temporairement, mais d’après ce raisonnement si la vie économique se porte mieux, en fin de compte c’est nous tous, travailleurs salariés et petits bourgeois, qui en profiterons. Voilà l’antienne dont politiciens et laboratoires d’idées de droite ou de gauche nous rebattent les oreilles ». M. Vandepitte poursuit son allégorie « Ce n’est qu’un énorme mensonge, la réalité est le contraire de ce qu’ils prétendent. Actuellement les entreprises, plus précisément les grandes entreprises, ne manquent pas « d’oxygène », bien au contraire elles en ont trop, beaucoup trop même. Jamais les profits n’ont été aussi élevés qu’aujourd’hui. Pendant le dernier quart de siècle, le taux de profit (3) des entreprises aux États-Unis a grimpé de 9 à 16 %. Dans le même temps, leur part de richesse nationale a doublé (4). En Europe et au Japon, la tendance est similaire » (5).

Un atout surréaliste

The Economist confirme la théorie Vandepitte et s’inquiète que les profits exorbitants du big bizness qui sont « anormalement élevés », voire « trop élevés pour être crédibles (6). Dans une économie saine, la plus grande part des bénéfices vont à de nouveaux investissements, concurrence oblige. Mais les « mégaprofits » actuels sont tellement importants que les entreprises (certaines entreprises NDLR) ne savent qu’en faire. En 2015, l’ensemble des entreprises américaines ont réalisé des gains records de plus de 1 600 milliards de dollars US, alors qu’elles n’ont réinvesti qu’environ 500 milliards de dollars US (7). L’an dernier, rien qu’aux États-Unis, il y avait donc un « excédent » de capital de plus de 1 000 milliards de dollars US. Au niveau mondial on évalue le surplus de capital à 7.000 milliards de dollars US » (8).

C’est ce que l’économie politique marxiste appelle la suraccumulation de capitaux. Du capital ne parvenant plus à se valoriser c’est du capital mort, dévalorisé, sans valeur, qui entraine l’économie politique capitaliste dans la chamade. Preuve inexorable que la classe sociale de M. Buffett n’est pas en train de gagner la guerre de classe mais qu’elle est en train de la perdre. C’est ce que nous appelons le syndrome du « Too big to survive ». L’analyste poursuit l’apologie de la pseudo « réussite » de la classe aux profits invraisemblables.

« Pour vous donner une idée, ce montant équivaut aux revenus annuels totaux de l’Amérique du Sud et de l’Afrique. Il équivaut aussi à 50 fois l’aide mondiale au développement. C’est ce capital dormant, aux côtés de l’argent sale, qui est enfoui au Panama et dans d’autres paradis fiscaux. Ce montant gigantesque nous permettrait de créer des dizaines de millions d’emplois, d’introduire la semaine de 30 heures avec maintien du salaire, de relever les allocations au-dessus du seuil de pauvreté, etc. Proportionnellement, le surplus de capital pour la Belgique reviendrait à quelque 100 milliards d’euros. Un montant fabuleux dont nos ultrariches ne savent que faire. C’est trente fois le trou dans le budget, qu’on voudrait récupérer aux dépens de la population laborieuse. En France, l’excédent de capital reviendrait à 500 milliards d’euros, soit dix fois autant que le plan d’économies de Hollande. D’un côté les gens ordinaires sont de plus en plus pressurés tandis qu’à l’autre bout l’oligarchie accumule des fortunes dont elle n’a que faire. C’est surréaliste ! Il n’y a pas d’argent pour les pensions, la sécurité sociale, l’enseignement ou les soins de santé ? C’est le contraire qui est vrai, il y a de l’argent à la pelle, mais il est détourné de la population laborieuse et thésaurisée par la couche des ultrariches. »

Qu’est-ce que l’analyste n’a pas compris et qui le met dans tous ses esprits ? Il est totalement hors de propos du point de vue du mode de production capitaliste de générer des millions d’emplois, de relever le salaire minimum, d’introduire la semaine de 30 heures, ou de relever les allocations sociales ou autres fadaises que colportent les bobos de la gauche en transe socialisante. Cet analyste ne comprend rien à la loi de la valeur, à la loi de l’équivalent général, à la loi de la monnaie-crédit, à la loi de la plus-value source de profits, et à la loi de la composition organique du capital. Toutes ces lois du capitalisme entrainent les contradictions et la déprédation. Ne sachant rien de tout ceci, l’économiste cherche une voie de sortie visant à réformer le MPC pour le faire mieux fonctionner.

Les causes des méga-profits



« Grosso modo il y a trois raisons à ce phénomène des mégaprofits écrit Vandepitte. Premièrement, le taux d’imposition des entreprises est systématiquement revu à la baisse, à quoi il faut ajouter des régimes fiscaux préférentiels pour les plus grandes entreprises. En 1990 le taux d’imposition aux États-Unis s’élevait à 35 % – aujourd’hui il n’est plus que de 20 % (9). En Europe et au Japon, le recul est encore plus important (10). Partout des voix s’élèvent pour baisser encore ce taux d’imposition. À côté de cela il y a l’évasion et la fraude fiscale que nous connaissons maintenant via les Offshores Leaks, Lux leaks, Swiss leaks et autres Panama papers (11). Deuxième raison : la modération salariale. Ces quinze dernières années, le revenu médian des ménages étatsuniens a baissé de 7 % (12). En Europe la part des salaires dans le PNB passait dans la même période de 62 à 58 % (13). Salaires et profits sont des vases communicants : plus les salaires sont bas, plus les bénéfices sont élevés, et inversement (14). La troisième cause est la formation des monopoles. Aujourd’hui 147 superentreprises contrôlent 40 % de l’économie mondiale, et 737 « intégrateurs système » en contrôlent jusqu’à 80 % (15). Les intégrateurs système sont des mégaentreprises qui contrôlent l’ensemble de la chaine de production. Elles ont une marque dominante, contrôlent R&D, imposent les prix aux autres. Autour d’elles elles organisent des grappes d’entreprises de sous-traitance complètement subordonnées à leurs intérêts (16). Beaucoup de branches sectorielles évoluent de plus en plus vers un marché de type « winner-takes-all » (le vainqueur rafle toute la mise), qui permet aux entreprises en question de récolter des mégaprofits (17). Ces bénéfices leur permettent de racheter des sous-traitants ou des concurrents, ce qui augmente encore le degré de concentration. Cela boucle le cercle. »

Contrairement à ce qu’affirme le professeur, ces trois « causes » n’en sont pas – ce sont trois conséquences du fonctionnement « normal » du mode de production capitaliste au stade impérialiste déclinant. Le Conseil du patronat, le président de la Chambre de commerce ou le chef du MEDEF vous expliqueront qu’un taux d’imposition plus élevé découragerait la production, et la commercialisation des marchandises « nationales », rendrait les entreprises « nationales » non concurrentielles et affecterait durablement l’emploi. Même raisonnement pour ce qui a trait aux salaires. Des salaires plus élevés que la concurrence internationale entraineraient la délocalisation des emplois vers les régions à la force de travail dévaluée. Ce ne sont pas les salaires des prolétaires occidentaux qu’il faut relever d’argumenter le PDG milliardaire, mais ceux des ouvriers d’Orient où sa multinationale a délocalisé ses usines il y a plusieurs années pour se défausser des salaires « trop élevés » en occident. Enfin, vous diront les experts financiers, seules la constitution de méga-oligopoles corporatifs capables de mobiliser d’immenses ressources financières, de générer d’immense production et d’orienter la distribution et la consommation de masses « consuméristes » sont à même de faire leur marque et de s’imposer sur les marchés mondiaux. Sous le capitalisme monopoliste, une firme n’est jamais trop grosse – elle ne peut être que trop petite pour imposer sa loi à l’État bourgeois et à tous ses concurrents, les absorber ou encore les éliminer. Prendre note au passage que la monopolisation n’entraine pas la réduction de la concurrence, mais son exacerbation. Les États bourgeois et les petits capitalistes nationalistes (PME et TPE) doivent désormais s’habituer aux guerres de titans dans lesquelles ils n’ont que le rôle de figurant. À l’évidence, ni le quotidien financier The Economist ni l’analyste Vandepitte ne parviennent à comprendre les mécanismes qui expliquent que dans une économie du profit à tout prix, on en vienne à se désoler d’engranger trop de profits… il y a ici comme une antinomie. Nous y reviendrons.

Le remède à ce trop-plein de profits

M. Vandepitte enchaine : « L’hebdomadaire ultralibéral The Economist ne se préoccupe guère des détenteurs de capitaux qui gagnent des fortunes sur le dos des travailleurs. Mais à ce stade la culture de prédation est allée tellement loin selon le journal que l’oligarchie économique et politique risque de perdre sa légitimité. Cela ressort par exemple des bons scores obtenus par Donald Trump et Bernie Sanders dans les primaires présidentielles aux États-Unis. Mais dans un certain nombre de pays européens également le nombre de votes de protestation atteint un niveau alarmant. En outre ces mégaprofits risquent de nous mener à une récession de longue durée. Des capitaux dormants sont peu avantageux pour la croissance économique. L’approche monétaire via des taux d’intérêt faibles et des injections massives de liquidités sur les marchés financiers n’a guère produit d’effet et a déjà atteint ses limites. Une approche différente s’impose (18).

D’aucuns proposent tout simplement de faire tourner davantage la planche à billets et de donner à chaque citoyen quelques milliers d’euros ou de dollars. On en finirait ainsi avec la spirale descendante de la déflation et la demande économique redémarrerait fortement (19). C’est totalement à contrecourant de la politique d’austérité actuelle que nous imposent toutes les élites politiques. Le problème que pose ce genre de remède, c’est qu’il est défavorable aux marchés financiers et qu’il doit être administré par la Banque Centrale, lui qui justement travaille pour les élites financières. Pour attaquer de front la maladie, quatre éléments au moins sont nécessaires :

1. Pour ranimer l’immense capital dormant aujourd’hui, il faut taxer les millionnaires. Les revenus de cette taxe permettront de lancer un Plan Marshall économique et social qui va dynamiser l’économie et soulager pas mal de détresses sociales.

2. Pour éviter à l’avenir la création de mégaprofits, les taux d’imposition du capital doivent être relevés – et de façon draconienne. Selon les calculs, le taux d’imposition idéal pour les très gros revenus est autour des 80 %(20). Des régimes de faveur comme les « rulings »(21) ou les intérêts notionnels (22) sont à bannir immédiatement. Il faudrait qu’on s’attaque enfin sérieusement à combattre l’évasion et la fraude fiscale. Pour cela, un cadastre des fortunes est indispensable.

3. Une autre manière de prévenir les bénéfices excessifs est d’augmenter la masse salariale. Pour pouvoir revenir à des bénéfices « normaux » (23), la masse salariale actuelle doit augmenter d’au moins 5 %. À l’avenir la masse salariale devra croitre proportionnellement à la durée de vie aussi bien qu’à l’accroissement de la productivité.

4. Une solution structurelle et durable n’est finalement possible qu’en brisant la toute-puissance de ces mégaentreprises et « intégrateurs système ». Bon gré mal gré, nous touchons là au cœur même de notre système d’accumulation.»

« Les actuelles oligarchies politiques occidentales ne sont pas disposées à envisager pareilles propositions. Sporadiquement elles protestent ici ou là contre la culture de prédation des 1 % les plus riches, mais en général ce n’est guère que symbolique. En réalité elles dansent sur la musique de la haute société. Si elles ne suivent pas, c’est elles qu’on fait chanter, comme en Grèce l’an dernier. Il faudra instaurer d’autres rapports de force qui seront construits à partir d’en bas. À cet égard nous voyons des signes prometteurs : le mouvement autour de Bernie Sanders, Podemos, Nuit Debout et Syriza (?) Dans l’élaboration de ces rapports de force, les syndicats joueront un rôle irremplaçable en tant que principales organisations de la population laborieuse. Ce n’est donc pas un hasard si aujourd’hui ils sont la cible d’attaques. »

Justement monsieur l’adjudant financier, ce n’est pas une « culture », ou une politique volontariste de prédation que la classe ouvrière affronte et confronte, ce sont les lois inexorables du mode de production capitaliste. Impossible de faire fonctionner ce mode de production à contrario de ses lois inéluctables. La production de plus-value étendue est l’objectif à atteindre en même temps que la limite de ce système. Ce que les statistiques publiées par The Economist démontre c’est qu’apparemment le système a si bien atteint ses objectifs qu’il croule sous sa « réussite » (trop de profit et trop de capital accumuler que l’on ne parvient plus à valoriser, c’est le drame du capitalisme). De fait, pour une part ces profits sont bidon, c’est du capital virtuel inscrit aux livres inflationnistes des monnaies de singe et du crédit virtuel qu’aucun banquier ne pourra jamais récupérer, que peu de particuliers, peu de manufacturiers, peu d’États surendettés ne pourront jamais rembourser. N’a-t-on pas ici la preuve de la limite du mode de production basé sur la plus-value et le profit à tout prix, quand trop de plus-value entraine l’effondrement de la plus-value, la non-valorisation, et donc, la non-reproduction du capital objet de la production des marchandises ? CQFD.



Notes

(1) Traduction du néerlandais : Anne Meert pour Investig’Action.
URL : http://www.investigaction.net/the-economist-met-en-garde-les-profits-sont-bien-trop-eleves/
(2) http://www.washingtonpost.com/blogs/plum-line/post/theres-been-class-warfare-for-the-last-20-years-and-my-class-has-won/2011/03/03/gIQApaFbAL_blog.html
(3) Le taux de profit est le rapport de la plus-value sur le capital investi (après déduction des impôts).
(4) « Too much of a good thing », in The Economist, 26 mars 2016, p. 21-4, http://www.economist.com/news/briefing/21695385-profits-are-too-high-america-needs-giant-dose-competition-too-much-good-thing; ‘Corporate Profits Grow and Wages Slide’, in New York Times, 4 april 2014, http://www.nytimes.com/2014/04/05/business/economy/corporate-profits-grow-ever-larger-as-slice-of-economy-as-wages-slide.html.
(5) Entre 1980 et 2013 les bénéfices des 28.000 principales entreprises sont passés de 7,6 % à près de 10 % du produit mondial . Financial Times, 5 janvier 2016, p. 9; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/38587178-9824-11e5-95c7-d47aa298f769.html
(6) The Economist, art. cit.
(7) Il s’agit ici respectivement de 1.640 milliards et 536 milliards de dollars. https://research.stlouisfed.org/fred2/series/CP; https://research.stlouisfed.org/fred2/series/W790RC1A027NBEA.
(8) « Global firms sitting on $7 trillion war chest », in The Telegraph, 14 augustus 2014, http://www.telegraph.co.uk/finance/11038180/Global-firms-sitting-on-7-trillion-war-chest.html.
(9) « Corporate Profits Grow and Wages Slide », art. Cit.
(10) http://taxfoundation.org/article/oecd-corporate-income-tax-rates-1981-2012.
(11) http://www.les7duquebec.com/7-au-front/les-panama-papers-la-fraude-frauduleuse/ et Goeman E., « Tussen Luxleaks, offshoreleaks, Swissleaks en Panamapapers: Er is niets veranderd. Niets. », http://www.dewereldmorgen.be/artikel/2016/04/12/tussen-luxleaks-offshoreleaks-swissleaks-en-panamapapers-er-is-niets-veranderd-niets.
(12) https://research.stlouisfed.org/fred2/series/MEHOINUSA672N.
(13) http://www.robert-schuman.eu/fr/questions-d-europe/0289-les-couts-salariaux-au-sein-de-la-zone-euro-une-relecture-des-divergences-de-competitivite-et; https://www.nbb.be/doc/ts/indexation/annex13.pdf.
(14) Source des graphiques : « Corporate Profits Grow and Wages Slide », art. cit.
(15) http://arxiv.org/PS_cache/arxiv/pdf/1107/1107.5728v2.pdf; cf. http://www.forbes.com/sites/bruceupbin/2011/10/22/the-147-companies-that-control-everything/. Aujourd’hui 5 à 10 firmes contrôlent plus de la moitié du marché mondial dans des secteurs clés comme l’industrie aéronautique, l’industrie automobile, l’informatique, l’équipement électrique, etc. Mais dans d’autres secteurs aussi le système monopolistique a fortement augmenté. Nolan P., Is China buying the world ?, Cambridge 2012, http://digamo.free.fr/nolan122.pdf, p. 18-20.
(16) Nolan P., op. cit., p. 16-7.
(17) Financial Times, 16 août 2013, p. 7; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/4dc7ab46-0424-11e3-a8d6-00144feab7de.html#axzz2efkXFsZw.
(18) « Fighting the next recession », in The Economist, 20 février 2016, p. 14-7; http://www.economist.com/news/briefing/21693205-policymakers-rich-economies-need-consider-some-radical-approaches-tackling-next.
(19) Münchau du Financial Times le présente ainsi : « Un largage d’hélicoptère signifie que la BCE imprimerait et distribuerait l’argent directement aux citoyens. Si elle distribuait disons, 3.000 milliards d’euros, ou environ 10.000 € par citoyen sur cinq ans, cela prendrait gentiment en charge le problème de l’inflation. Cela dynamiserait instantanément la demande et augmenterait l’investissement puisque les fournisseurs auraient augmenté leur capacité de satisfaire ce supplément de demande. Cette politique court-circuiterait les gouvernements et le secteur financier. Les marchés financiers la haïraient. Elle ne leur rapporterait rien. Mais qui s’en soucie ? » Financial Times, 7 mars 2016 p. 9, http://www.ft.com/intl/cms/s/0/71fb848e-e210-11e5-8d9b-e88a2a889797.html.
(20) « A True Progressivism », in The Economist, Special Report on World economy, 13 octobre 2012, p. 26; http://www.economist.com/node/21564410. Cfr. Piketty T., Saez E. & Stantcheva S., « Taxing the 1%: Why the top tax rate could be over 80% », http://www.voxeu.org/article/taxing-1-why-top-tax-rate-could-be-over-80.
(21) Ce qu’on appelle les « Excess Profit Rulings » sont une sorte de régime fiscal privilégié qui n’impose une entreprise que sur une partie de ses bénéfices. C’est pourquoi en Belgique plus de 2 milliards d’euros sont restés exemptés, soit une perte pour le Trésor public de 700 millions d’euros : http://www.standaard.be/cnt/dmf20160127_02092867.
(22) Les intérêts notionnels permettent à des entreprises qui ont apporté des fonds propres de déduire un taux fictif de leurs bénéfices, ce qui leur permet de payer moins d’impôts. C’est ainsi que ces dix dernières années 40 milliards d’impôts n’ont pas été levés : http://ptb.be/articles/10-ans-d-interets-notionnels-une-mesure-budgetairement-neutre-qui-deja-coute-40-milliards-d.
(23) Ces 50 dernières années, le taux de profit s’élevait en moyenne à 10 %. Ces 10 dernières années la moyenne est de plus de 15 %. « Too much of a good thing », in The Economist, 26 mars 2016, p. 23.

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LA CRISE FINANCIÈRE EST DE RETOUR

Le professeur d’économie Eberhard Hamer s’insurge « Dans un jeu, il ne faut pas se faire refiler les mauvaises cartes. Dans le grand poker des monnaies, il ne faudra pas rester assis sur l’argent déprécié quand surviendra l’implosion du système monétaire de l’euro (1). L’article est disponible sur le webmagazine http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-crise-financiere-est-de-retour/
LA CRISE FINANCIÈRE EST DE RETOUR
Ces temps-ci, c’est la clique italienne autour de Draghi, banquier arnaqueur de Goldmann-Sachs qui est le plus grand fraudeur contre les marchés. Selon la constitution de la BCE, le comité doit garantir la stabilité de l’euro. Ceci signifie ne pas gonfler la masse monétaire plus que la productivité, donc maintenir la balance entre la valeur de la monnaie et la valeur des biens. La BCE fait exactement le contraire:

– Elle a gonflé le volume de la masse monétaire sans égard. Elle l’a multiplié par rapport au volume des biens et ainsi, elle a créé un énorme potentiel d’inflation, contre lequel on fait maintenant barrage de manière très artificielle.
– La BCE n’a le droit de financer ni la dette grandissante des États ni les banques arnaqueuses. Depuis une année, la clique autour de Draghi fait l’un et l’autre, en s’endettant de plus en plus, avec 60, et bientôt avec 80 milliards d’euros par mois, sans en obtenir l’impact voulu sur la conjoncture. 1,74 billion d’euros ont été distribués comme aide, sont restés comme dette et sont partis en fumée sans effet.
– Avec l’intérêt zéro, la BCE a dépouillé les instituts d’épargne et leurs clients de plus de 34 milliards d’euros par an. Elle les a trompés et les a poussés dans des situations personnelles difficiles. Mais elle n’a pas répondu à sa tâche de maintenir le taux d’intérêt en tant que prix de marché d’une monnaie solide. » (1)

Arrêtons-nous ici pour questionner l’auteur de cette diatribe ; pourquoi Draghi fait-il tout le contraire de ce qu'il faudrait faire selon l’économiste ? Draghi est-il méchant ou mécréant ? Est-il incompétent ? De fait, le banquier Draghi est un pantin qui ne contrôle rien, et comme ses amis de la FED (qui ne contrôle rien), il utilise les outils inefficaces que le mode de production capitaliste en cavale lui offre dans sa besace.

Le professeur d’économie poursuit « Maintenant, il faut assumer les négligences du manque de gestion de la crise de l’euro après 2008, celle-ci ayant provoqué endettement débridé et spéculation. Au lieu de cela, on a continué les errements de l’endettement grandissant des États en faillite et des banques arnaqueuses au détriment de l’Allemagne, avec le cautionnement financier global de Mme Merkel sous forme du Mécanisme européen de stabilité (MES). »

Il est tout à fait exact que suite au krach boursier de 2008 rien n’a changé. Mais pourquoi rien n’a changé ? Parce que personne ne peut changer les lois de l’économie politique capitaliste. Selon l’amer monsieur Hamer, tous ces gens seraient suicidaires ! Ou alors, ce sont des désespérés, qui ne l’écoute pas, lui qui sait et qui conseille comme vous le lirez plus loin.

L’économiste enclenche « Les problèmes dus au gonflement sans limites de la masse monétaire ont grandi au même degré. Ainsi, la nécessité d’une correction est beaucoup plus grande qu’en 2008. Comme l’apprenti-sorcier, la BCE ne peut plus reculer sans explosion du système monétaire. Elle ne peut augmenter les intérêts pas mêmes de 1,0% sans pousser les États de l’Europe du Sud, en manque de liquidité et en faillite, parce qu’ils se retrouveraient devant des intérêts plus élevés pour leur dette astronomique et devraient assumer de nouvelles dettes plus chères, ce qui dépasserait leurs possibilités. »

Donc, les chefs d’États du Sud européen comme ceux du Nord européen sont coincés, fous, incompétents ou suicidaires selon l'analyste ? Ou alors, eux aussi sont des désespérés qui ne peuvent rien changer sur le bateau ivre en train de sombrer corps et biens et sur lesquels nous sommes tous naufragés.

L’analyste ne décolère pas « En plus, la troupe de Draghi est soumise au syndicat financier américain et n’a pas le droit d’augmenter les intérêts en Europe sans l’autorisation du FED. Ce dernier ne la donnera pas, parce qu’autrement l’euro serait plus rentable pour les spéculateurs que le Dollar ce qui provoquerait un drain massif de dollars en dehors de l’Europe. Et ceci aurait pour conséquence le défaut de paiement de l’empire américain du dollar, qui est également éclopé et surendetté. »

Mais, monsieur Hamer vous avez écrit précédemment qu’une hausse de la valeur de l'euro, ou du taux d’intérêt rétribuant l’euro, entraineraient de facto la faillite du système monétaire européen, ce qui entrainerait par ricochet la faillite du dollar américain, deux monnaies de l’impérialisme mondial intimement imbriquées. Faudrait savoir, on réévalue où on dévalue les monnaies pour sauver le rafiot qui prend l’eau ? La réponse, ni l’un ni l’autre. Dans les deux cas, le désastre sera aussi grand.

Poursuivons la lecture de l’opuscule « Normalement un trop de liquide, dû à une augmentation débridée de la masse monétaire, a pour conséquence une inflation. Les banques spéculatrices empêchent ceci, sur ordre de la BCE, parce qu’ils ne dirigent pas l’argent emprunté à un intérêt de 0% dans l’économie réelle, dans des investissements, dans un surplus de productivité et dans des postes de travail. »

C’est tout à fait exact. Mais pourquoi les banques européennes, américaines, canadiennes, australiennes, japonaises, etc. ne dirigent-elles pas les surplus monétaires vers des investissements profitables, valorisants, lucratifs, productifs et dans des postes de travail payant monsieur le savant ? Parce qu'il n'y a pas de marché où écouler cette surproduction supplémentaire qui sortirait de ces usines mort-nées. Présentement, il y a suraccumulation de capital et trop de marchandises sur le marché malgré les pénuries relatives et malgré les famines qui ravagent plusieurs parties du monde, et malgré les millions d’Occidentaux qui fréquentent les soupes populaires, les restos du cœur et les friperies dégarnies.

« Par contre, les banques desservent pratiquement exclusivement la dette des États en faillite par exemple la Grèce. Ceci est sans risque pour les banques, car ce ne sont pas les États en faillite seuls qui assument la responsabilité pour cette dette, mais par le biais du MES, entre autres l’Allemagne. Depuis que la BCE pompe chaque mois 60, maintenant déjà 80 milliards d’euros dans la dette étatique, elle ne produit pas de croissance économique, mais une redistribution non productive, financée avec des dettes:
– Avec le cautionnement des États solides, les États peu sérieux du Sud européen peuvent continuer à se faire le coup de leurs bureaucraties étatiques gonflées et de leurs systèmes sociaux. – Les banques arnaqueuses ne doivent pas se consolider, mais peuvent attiser encore plus la bourse et la spéculation avec l’argent gratuit de la BCE. – Même des pays qui étaient une fois économes ont maintenant suffisamment d’argent pour inviter tous les pauvres du monde comme visiteurs perpétuels du système social. Ces pays se chargent d’obligations sociales que personne ne pourra jamais payer après la fin de la crue monétaire de la BCE. »

Le professeur d’économie a-t-il songé que les États payeurs du nord de l'Europe aimeraient ne pas renflouer les États faillis du Sud, Madame Merkel le répète à l’envi. Les États bourgeois du Nord européen préfèreraient conserver leurs deniers pour leurs banquiers et leurs manufacturiers. Alors la question est bien, monsieur le juriste, de savoir pourquoi ces États à peine moins endettés ont-ils endossé les emprunts des états à peine plus endettés ? Parce qu’ils n’ont pas le choix, ils sont tous enchainés les uns aux autres ces banquiers, ces créanciers, ces milliardaires, ces monopoles multinationaux dans la même galère qui a nom « Mode de production capitaliste en faillite ».

Quelles alternatives pour la BCE?

« Pour les raisons mentionnées, la BCE ne peut augmenter les intérêts, sans risquer la faillite d’États et de banques. Elle ne peut pas non plus arrêter la crue monétaire, sans provoquer des faillites avant tout des États de l’Europe du Sud. La BCE a dépassé le point de non-retour. Elle n’a pratiquement plus de chemin de retour, sans provoquer un crash de l’euro. » Ce que nous disons depuis le début de cet article pathétique.

Autres alternatives ?

« La FED a gonflé la masse de dollars à tout va comme la BCE. Ainsi, elle a financé les États-Unis avec des dettes et en plus, elle a créé des bulles financières immobilières, des dérivés, et encore d’autres. Si une de ces bulles éclate, c’est le dollar qui éclate et avec lui l’euro et tout le château de cartes monétaire occidental. Donc une crise économique mondiale pire que celle des années 1930. Mais il se peut aussi que la clique de Draghi prépare elle-même une correction de la monnaie. La promotion de l’abolition de l’argent en espèce signifie qu’il n’y aurait plus que la monnaie digitale dans les ordinateurs des banques, entreprises et comptes privés. Alors, une dépréciation ou une réforme totale de la monnaie pourrait s’effectuer par simple clic de souris, sans devoir imprimer ou frapper de l’argent. Donc une affaire de quelques secondes. »

De fait, la question n'est pas de savoir SI la bulle financière éclatera, mais QUAND elle éclatera... et inutile de quitter le bateau de l'euro au milieu des flots déchainés, pour épouser une nouvelle fiancée (franc, mark, couronne, livre sterling, etc.), le naufrage sera pour tous les passagers ceux d’une frêle esquif à la dérive et pour ceux du Titanic transatlantique. Une confidence à vous tous, chacune des banques centrales prépare une dévaluation de sa monnaie... puisque ce sera la seule "solution" après la déflation et la Grande dépression que nous annoncions dans un article précédent (2).

Monsieur Hamer poursuit son apocalypse « Ce serait également une nouvelle redistribution, car des valeurs monétaires seraient anéanties, mais les valeurs réelles seraient toujours présentes. Mais les États, à la place d’une cure d’amincissement draconienne sur eux-mêmes, pourraient essayer de confisquer les valeurs réelles de leurs citoyens. Tout en prétextant le principe de l’égalité-équité, mais en vérité parce qu’ils ne sauraient supporter politiquement des mesures draconiennes d’économie. » Vous avez une bonne intuition, monsieur l'économiste, c’est bien ce que préparent les banques centrales.

« Il faut donc voir la politique de l’intérêt zéro de la BCE comme le dernier tir d’un bateau de guerre qui est en train de couler. C’est un signe qu’il est pour nous urgent d’agir et de transformer l’argent en valeurs réelles. »

J’aime votre métaphore du Bismarck en perdition, mais un doute m’assaille, n’avez-vous pas écrit professeur Hamer qu'il a dix ou cent fois plus d'argent (virtuel) en circulation qu'il n'y a de marchandises disponibles sur les marchés – comment transformer ce trop d'argent en marchandises juste à temps ? Autre doute qui me trouble, les États capitalistes laisseront-ils leurs sujets déguerpir avec leurs devises ? Et pour aller où au juste ? Le mode de production capitaliste décadent est prtout hégémonique. Enfin, pour la plupart des pèquenots que nous sommes, nos épargnes, ce sont nos logements, ou ce qu’il en reste, ainsi que notre fonds de pension qui est administré en fiducie, intouchable et irrécupérable ! J’ai bien peur que votre solution désespérée soit impraticable monsieur le juriste (3).

En conclusion, malgré les rêves de la gauche bourgeoise – réformiste - il est impossible d'échapper à la crise économique systémique du mode de production capitaliste en restant à l’intérieur du système capitaliste – et ce n'est pas pour M. Draghi et sa clique faute d’essayer par tous les chemins maritimes minés, ils sont tous enferrés des deux côtés de l'Atlantique et le problème c'est le Titanic (ou le Bismarck) et non le capitaine en panique qui a déjà quitté le paquebot, rescapé sur un rafiot qui prend l'eau.


Références

(1) Titre original : Intérêt 0,0% – la crise financière, mise en arrière-plan, est de retour ! Par Eberhard Hamer, juriste et professeur d’économie. 10.05.2016. Source URL : http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=4901
(2) R. Bibeau 27.04.2016. Déflation, le dernier tourment avant la Grande dépression http://www.les7duquebec.com/7-au-front/deflation-le-dernier-tourment-avant-la-grande-depression/
(3) R. Bibeau 4.05.2016. Quel est le problème avec les profits extravagants ? http://www.les7duquebec.com/7-au-front/quel-est-le-probleme-avec-les-profits/


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QUEL EST LE PROBLÈME AVEC LES PROFITS EXORBITANTS ?

Dans un article intitulé « Les problèmes avec les profits trop élevés » le journal financier The Economist s’inquiète du niveau des profits engrangés par les multinationales. Les tableaux ci-dessous montrent l’évolution de ces profits à travers l’histoire et par catégorie d’entreprises. L’ARTICLE EST DISPONIBLE SUR LE WEBMAGAZINE http://www.les7duquebec.com/7-au-front/quel-est-le-probleme-avec-les-profits/
QUEL EST LE PROBLÈME AVEC LES PROFITS EXORBITANTS ?
Un capitalisme de plus en plus oligarchique ?

Pourquoi s’étonner que les oligopoles deviennent de plus en plus grands et puissants puisque c’est la loi inéluctable de l’économie politique capitaliste ? Le capital appelle le capital dans une roue sans fin jusqu’à l’implosion du système d’accumulation. Pourquoi s’offusquer que les profits soient en hausse, ce qui apparemment contredit la théorie marxiste de la baisse tendancielle du taux de profit moyen ? Davantage de profits ne devrait-il pas générer davantage d’investissement et plus d’emplois ?

Le journal The Economist écrit : « L’Amérique était une terre d’opportunité et d’optimisme. Maintenant, l’opportunité semble être réservée à l’élite : deux tiers des étatsuniens croient que l’économie est pipée en faveur d’intérêts particuliers (…) le retour sur investissement des entreprises est 40% plus élevé à domicile qu’à l’étranger (…) L’Amérique est censée être le temple de la libre-entreprise. Elle ne l’est pas » conclu l’analyste du journal financier. Il ajoute : « Le problème vient d’un manque de concurrence, du fait d’une vague de 10 000 milliards de dollars US de fusions donnant un pouvoir excessif à quelques oligopoles gigantesques sur le marché boursier. Il note aussi que les grandes plateformes techniques comme Google, Facebook, Microsoft, Apple, Uber, Alibaba, doivent être étudiées de près : « elles peuvent bien ne pas être encore des monopoles en captation de rentes, mais les investisseurs les valorisent comme si elles allaient un jour le devenir » et le journal financier accuse certains actionnaires d’entreprises concurrentes de pousser à des formes d’ententes de non-concurrence. Suis un dossier ou le scribe rappelle le niveau record des profits et la concentration grandissante d’actifs sur les marchés boursiers. Le journal pointe aussi l’anomalie du maintien d’un tel niveau de profits, quand, dans l’histoire, les pics étaient rapidement suivis d’une forte baisse. Et c’est ici que The Economist sort le chat du sac.



Le quotidien londonien en appelle à plus de concurrence et moins de règlements sur les marchés boursiers. En effet, les règlements bancaires mondiaux entravent les capacités, pour les multinationales n’ayant pas leur siège social aux États-Unis ou en Europe, de pénétrer aisément le marché bancaire occidental pour venir y mener la guerre financière aux dangereux oligopoles technologiques accaparant tout le capital circulant et même davantage, à savoir, du capital fictif et évanescent (de la monnaie crédit sans valeur), une bombe à retardement de destruction massive déposée sur le parquet des bourses mondiales pleurniche le journal financier.

The Economist n’est pas devenu l’organe officiel de la gauche occidentale, détrompez-vous. Le journal joue simplement son rôle de « lanceur d’alerte » auprès de sa classe capitaliste hégémonique. D’abord, il est plus qu’étrange que la récession s’éternisant aux États-Unis, comme dans tout l’Occident, et la production globale stagnant – les profits soient de 16 % sur investissement en cette période de récession prolongée ! D’où émane cette plus-value transformée en profit, en intérêt et en dividende sur investissement puisqu’il y a de moins en moins d’investissement ? Viendrait-elle des opérations d’émission d’argent de Monopoly (monkey money), ces Quantitative Easing, et ces crédits bancaires que les banques centrales et les banques de second rang essaiment à tout vent (FED et BCE, Banque du Japon, Banque de Chine, etc.) ?

Il y aura nécessairement un prix élevé à payer quand la bulle financière éclatera inéluctablement pense le graphomane du quotidien financier. Ayant capté d’immenses valeurs capitalistiques, dont certaines ne sont que de la monnaie de crédit adossé à une pyramide de Ponzi, des montages financiers de titres toxiques fictifs dérivés (de l’emprunt sur de la plus-value anticipée qui risque de ne jamais se matérialiser), des millions de porteurs seront jetés sur le pavé en moins d’une journée, ce qui aura des répercussions sur l’ensemble des marchés boursiers et particulièrement sur les titres manufacturiers qui seront alors en manque de liquidité - alors qu'ils en disposent d’une surabondance présentement - et seront coupés de leurs marchés effondrés. Ce krach s’amorçant aux États-Unis, les autres marchés boursiers, ceux de Chine et de Russie notamment, moins bien intégrés au vaste marché financier occidental par la faute de l’Occident qui les boycotte, bénéficieront de cet avantage pour fermer leurs marchés aux secousses sismiques américaines et européennes. Le boomerang financier de l’isolement se retournera contre les boursicoteurs et contre les « banksteurs » occidentaux qui seront les premiers à casquer avertit l’analyste financier. À contrario, les titres manufacturiers inscrits dans les bourses chinoises, russes, indiennes renchériront et les monopoles manufacturiers (producteurs de plus-value) de ces pays « émergents » en profiteront pour s’emparer des marchés qui leur étaient jusqu’là fermés. Autant dire l’apocalypse pour l’Amérique.



Ne parlons pas de la déflation et du dollar US en chute libre, qui ne sera plus que l’ombre de lui-même, délaissé par tous y compris dans sa mère patrie (1). La Grande dépression à l’horizon dont bénéficieront les concurrents qu’ils seraient bons d’attacher immédiatement au char étatsunien plutôt que de les laisser naviguer librement. C’est la politique que préconise Donald Trump si vous ne le saviez pas « Laissez venir à moi nos plus grands concurrents que nous les étreignons fortement » disaient le capo di capi de la mafia financière.

Ce scénario catastrophe anticipé par les scribes du journal The Economist montre bien que ce ne sont pas les actionnaires ni les États bourgeois qui font la loi – ni les lois – du mode de production capitaliste. Ces lois sont inscrites dans le code génétique du système et le rôle des analystes bourgeois est de les comprendre et de lancer des alertes pour tenter de parer les coups anticipés ou du moins d’en amoindrir ou d’en répartir les retombées catastrophiques sur le plus grand nombre d’agents économiques – sur la classe des travailleurs salariés en priorité. Le journal lance l’alerte, l’unité des banquiers du monde entier doit être recréer, et les profits doivent répartis entre les mieux-nantis de tous les pays face à l’insurrection populaire appréhendée qui pourrait dégénérer en révolution prolétarienne avertit le plumitif.




Les prolétaires du monde entier n’ont que faire de ces « alertes » aux profits bidons, non plus que de la chasse à l’évasion fiscale dans les paradis offshores où des monceaux de capitaux sans valeur transitent pour se purger de leur « citoyenneté » et de leur criminalité (2). La classe prolétarienne en prend acte comme d'un signe avant-coureur de la déflation qui précèdera la Grande dépression qui précèdera la prochaine guerre mondiale et alors nous serons en position de profiter de l’occasion pour chasser ces oligarques ainsi que les petits bourgeois à leur solde, et pour abattre ce mode de production décadent ?


Références :

(1) http://www.les7duquebec.com/7-au-front/deflation-le-dernier-tourment-avant-la-grande-depression/
(2) http://www.les7duquebec.com/7-au-front/les-panama-papers-la-fraude-frauduleuse/


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Jérôme Kerviel et le jackpot français du 11-Septembre

Jérôme Kerviel et le jackpot français du 11-Septembre
Tabou. En 2009, l'ex-trader aujourd'hui incarcéré avait dévoilé une étrange information qui demeure ignorée par la presse traditionnelle. Décryptage.  

Le 19.05.2014 à 16h13

« Les meilleures affaires de l’histoire de la Société Générale ont été réalisées le 11 septembre 2001.

C’est ce que m’a dit l’un de mes managers.

Il semble que, ce jour-là, les profits réalisés aient été colossaux ».

Ce propos énigmatique a été formulé en 2009 par Jérôme Kerviel. En off, l’ancien trader de la Société générale avait ainsi fait savoir   à Elisabeth Fleury, journaliste au Parisien, que son ancienne banque aurait effectué un gain record sur le marché boursier grâce aux retombées d'un acte terroriste.


Le contexte: sept jours après les évènements survenus à New York et au Pentagone, les observateurs de la vie financière avaient constaté que des mystérieux spéculateurs avaient réalisé, à travers le monde, d’importants profits en ayant misé, fin août-début septembre, sur les actions des compagnies qui seraient impactées par les attentats. Il s’agissait là du premier indice de l’accomplissement d’un vaste délit d’initiés réalisé à l’échelle mondiale et notamment sur plusieurs places boursières spécifiques: Chicago, Londres, Francfort, Milan, Tokyo, Singapoure et Paris.

 

En France, Laurent Fabius, alors ministre des Finances du gouvernement Jospin, avait suggéré un lien entre ces mouvements financiers et les terroristes : « Il n'est pas du tout impossible que les commanditaires des attentats du 11-Septembre soient les auteurs de cette spéculation ».

« Nos systèmes informatiques ont repéré une certaine liste d'anomalies sur laquelle nous travaillons d'arrache-pied, compte tenu de la coïncidence avec les attentats », avait déclaré sur RMC le directeur général de la Commission des opérations boursières (COB), Gérard Rameix.

Un proche du dossier, interrogé par la journaliste Martine Orange du Monde, reconnaissait, à l’instar de nombreux experts des transactions boursières, sa stupéfaction: « On ne peut s'empêcher d'être frappé par l'importance des volumes échangés et les secteurs choisis ».

Quelques jours plus tard, changement de discours: la plupart des autorités occidentales indiquèrent laconiquement que les enquêtes menées n’avaient pas abouti à établir un lien entre ces spéculateurs avisés et Al-Qaïda, le groupe auquel fut rapidement imputé la responsabilité du 11-Septembre. En un mot: ce fut l’enterrement manu militari d’une affaire pouvant conduire à identifier les hommes et les femmes -vivant parmi nous et non dans les grottes de Tora Bora- qui disposaient antérieurement d'informations détaillées sur les attentats et qui ont choisi d’en tirer profit.

En 2010, débutant une enquête en ligne sur ce sujet visiblement complexe et sensible, j’avais voulu en savoir plus auprès de Jérôme Kerviel. Qui était ce manager? Quelle était sa source d’information pour réaliser de tels profits? Et pour quel montant? 

J’avais contacté Olivier Metzner, alors en charge de la défense judiciaire de Jérôme Kerviel. Après plusieurs échanges par téléphone, l’avocat -aujourd’hui décédé après s’être donné la mort - m’avait finalement indiqué que son client ne souhaitait faire aucun commentaire sur son propos tant que son procès houleux avec la Société générale ne serait pas complètement terminé.


Aujourd’hui, Jérôme Kerviel a été incarcéré à la maison d’arrêt de Nice et doit encore purger une peine de trois ans de prison. S’il reconnaît sa culpabilité, l’homme se plaint que l’enquête judiciaire à son endroit ait subi de nombreuses pressions  occultes exercées par la Société générale. 


En dira-t-il plus, maintenant qu’il est en prison, sur sa déclaration relative aux profits récoltés le 11 septembre 2001 par une prestigieuse institution financière qui l’embaucha en août 2000? En temps normal, un tel propos aurait suscité l’intérêt journalistique: quelques semaines après les attentats, de nombreux médias, en France comme à l’étranger, s’étaient intéressés au profil des spéculateurs avant de déclarer forfait face à l’opacité des autorités boursières. Or, dans le cas présent, l’information de Kerviel -selon laquelle sa banque avait largement bénéficié des transactions opérées en son sein et en amont du 11-Septembre- n’a provoqué aucune enquête chez Mediapart et consorts. 

Autocensures et deux poids deux mesures

En 2010, l’Autorité des marchés financiers avait dédouané Robert Addison Day , soupçonné alors de délit d’initié.


Ce milliardaire américain, proche des services secrets et du clan Bush, était devenu -en avril 2001- membre du conseil d’administration de la Société générale après avoir cédé à la banque française la propriété de sa société financière, basée à Los Angeles et dénommée TCW (Trust Company of the West). Celle-ci s’était spécialisée dans les CDO, produits financiers à risques composés de subprimes. A travers sa filiale américaine, la Société générale avait alors investi 40 milliards de dollars dans ces placements périlleux.

En janvier 2008, juste avant que n’éclate le scandale de l’affaire Kerviel, Robert Day avait vendu pour plus de 125 millions d’euros de titres de la banque.  Les pertes attribuées alors à Jérôme Kerviel -4,9 milliards de dollars- n’auraient pas été portées à la connaissance de l’homme d’affaires californien. Celui-ci ne pouvait pourtant pas ignorer le pronostic pessimiste de la Société générale à propos du marché américain des subprimes: dès novembre 2007, la banque française avait estimé leur coût à 203 millions d’euros avant de devoir réajuster, le 24 janvier 2008 -le jour au cours duquel éclata le scandale du « trader fou »- ce chiffre à 2,6 milliards d’euros.

Soupçonné  un temps, avec le responsable du pôle investissement Jean-Pierre Mustier, d’avoir frauduleusement tiré un bénéfice d’une information confidentielle, Robert Day sera finalement mis "hors de cause". A l’instar de son prédécesseur (la COB), l’Autorité des Marchés Financiers est souvent accommodante dès lors qu’il s’agit de traquer les délits d’initié éventuellement commis par de hauts dirigeants. 

Depuis son départ -en 2010- de la Société générale, Robert Day se consacre désormais à ses investissements aux Etats-Unis. Quant à sa compagnie -très impliquée dans le marché israélien, elle a été rachetée à la Société générale par une puissante organisation financière liée à la CIA et proche du complexe militaro-industriel: Carlyle. Son co-PDG, David Rubenstein, a d’ailleurs récemment accordé une interview au cours de laquelle ce mécène de la communauté juive  se félicite (à 13'54) de la transaction, finalisée en février 2013, entre son groupe et la banque française.

 

 

Identifier les institutions et les individus qui se sont enrichis grâce au 11-Septembre via les places boursières a son importance: certains d’entre eux ont opéré depuis Paris et à travers des banques telle la Société générale. Michael Ruppert, journaliste d’investigation qui dévoila quantité d’informations à ce sujet et avec lequel j’avais correspondu, était convaincu que les principaux bénéficiaires étaient les proches de certains responsables de services secrets américains, européens et israéliens qui partageaient la même pré-connaissance sophistiquée des attentats.

Remonter le fil des délits d’initiés du 11-Septembre revient, in fine, à identifier le réseau des « commanditaires » comme l’avait justement fait remarquer Laurent Fabius. Le 6 octobre 2001, à Washington, ce proche de la mouvance américano-sioniste, alors ministre des Finances, avait été désigné par ses homologues du G7 « lead speaker » pour mener les échanges relatifs à « la lutte contre le financement du terrorisme »

Dans la ligne de mire: Al-Qaïda et ses relais dans la sphère islamique. Passé sous silence: les opérateurs boursiers -agissant depuis l'Europe, l'Amérique du nord et l'Asie du Sud-Est - qui ont gagné des millions de dollars grâce à une opération israélo-américaine sous faux drapeau dont ils avaient eu, de par leurs connexions dans le monde du renseignement, préalablement connaissance.

HICHAM HAMZA  

Mise à jour le 20.05.2014 à 10h52: Marwan Muhammad, militant associatif et ancien trader de la Société générale, a réagi sur Twitter à l'article ci-dessus en confirmant l'existence de "consignes" spécifiques autour du 11 septembre 2001.

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Pourquoi Russie et Chine achètent de l’or à la tonne ?

Pourquoi Russie et Chine achètent de l'or à la tonne ?
 

L’or est de tous les métaux rares l’un des plus fascinants. À travers toute l’histoire, depuis six mille ans, époque où les tombes des pharaons égyptiens en étaient remplies pour accompagner les morts dans leur voyage, une valeur spéciale, parfois sacrée ou spirituelle, lui a été accordée. En temps de crise financière mondiale, comme dans les années 1930, quand la monnaie papier perd de la valeur, l’or est préféré par les banques centrales et les citoyens ordinaires en tant que réserve de valeur. Nous approchons un autre de ces moments où la dette de papier accumulée du système monétaire déprécie la valeur du dollar papier. Ce qui est très important dans ce contexte, c’est de voir que les banques centrales achètent tout l'or qu'elles peuvent trouver.
 

    Le dollar n’est plus soutenu par l'or de nos jours. Il en est ainsi depuis août 1971, date où Nixon abrogea unilatéralement le Traité de 1944 de Bretton Woods, et supprima l’adossement statutaire du dollar à l’or, pour qu’il flotte librement. Il le fit à l'insistance du sous-secrétaire au Trésor d’alors, Paul Volcker, et de son patron, David Rockefeller de la banque Chase Manhattan. Prenant cette mesure désespérée, Nixon prétexta simplement que les réserves d’or des coffres-forts de la Réserve fédérale disparaissaient, car, comme l’autorisaient les règles de Bretton Woods, la France, l'Allemagne et les autres partenaires commerciaux des États-Unis exigeaient de l'or en échange des dollars accumulés par leur commerce.
 

    Depuis 1971, les dollars fiduciaires en circulation dans le monde se sont multipliés sans limite, sans qu’ils n’aient d’autre soutien qu’une fiction soigneusement entretenue, selon laquelle la Fed a encore dans ses profondes chambres fortes la plus grande réserve d’or du monde, alléguée dépasser 8.000 tonnes par la Fed. C’est la cause de la grande inflation de l'économie mondiale subie ces quarante-cinq dernières années, les dollars en circulation s’étant multipliés de façon exponentielle, d’environ 2.500% depuis 1970. La confiance en la tenue du dollar, qui reste toujours la monnaie de réserve mondiale, a été entretenue par Washington grâce à divers trucs et tromperies.
 

    Après le choc pétrolier d'octobre 1973, le Secrétaire d'État Henry Kissinger parla de « pétrodollar ». La valeur du dollar n’étant plus adossée à l'or, mais au pétrole, au pétrole de tout le monde. Comme je l'ai détaillé dans Gods of Money, le prix du pétrole avait été manipulé par Kissinger et d'autres en 1973. Du fait de son envolée de 400% en quelques mois, l'Allemagne, la France, l'Amérique latine et une grande partie du monde, durent acheter des dollars. En 1975, quand l'Allemagne, le Japon et d'autres pays essayèrent de payer le pétrole de l'OPEP avec leurs propres monnaies nationales, Washington fit aussi en sorte que les pays de l'OPEP et la Saoudie n’acceptent que du dollar en échange de leur or noir.
 

    Le prix du pétrole en dollar s’est effondré depuis septembre 2014 dans le monde. Passant de 103 dollars le baril à près de 30 dollars aujourd'hui. Soit une baisse de 70% de la demande de dollars pour la plus importante matière première mondiale.
 

    Dans ce contexte politique et financier, les banques centrales russe et chinoise achètent de l'or pour leurs réserves à un rythme enfiévré. En plus de cela, la Banque populaire de Chine a annoncé dernièrement qu'elle abandonnait l’arrimage (peg) au dollar US, et se diversifier dans un panier de devises portées par l'euro. Or, les mesures prises à l’égard de l'or par les banques centrales de Russie et de Chine, sont bien plus stratégiques.
 

La Russie achète de l’or à foison

 

    Au cours de l'année écoulée, pendant que tous les yeux étaient braqués sur le prix du pétrole et du rouble par rapport au dollar, la Banque centrale de Russie achetait discrètement d'énormes volumes d'or. En janvier 2016, d’après les dernières données disponibles, la Banque centrale de Russie à de nouveau acheté 22 tonnes d'or, pour environ 800 millions dollars au cours actuel, cela au milieu des sanctions financières imposées par les États-Unis et l'UE, et les prix bas du pétrole. C’était le onzième mois d'affilé que la Russie achetait de grandes quantités d'or. En 2015, la Russie a ajouté un record de 208 tonnes d'or à ses réserves, par rapport aux 172 tonnes de 2014. Selon le World Gold Council de Londres, avec maintenant 1.437 tonnes d'or dans ses réserves, la Russie en est la sixième nation plus grande détentrice. Seules les banques centrales des États-Unis, d’Allemagne, d’Italie, de France et de Chine possèdent un plus grand tonnage d’or dans leurs réserves.
 

    Il est à noter aussi qu’en vendant son portefeuille de dette du Trésor US pour acheter de l'or, la banque centrale russe se dé-dollarise de facto. Une démarche sensée, car le dollar mène de facto une guerre des devises contre le rouble. Comme en décembre 2015 la Russie détenait pour 92 milliards de dollars d’obligations du Trésor US, elles ont été réduites depuis les 132 milliards de dollars de janvier 2014.
 

    Plus significatif, après que Mme Elvira Nabiullina, gouverneur de la Banque centrale russe, a déclaré en mai 2015 qu'elle ne voyait pas la nécessité d'acheter toute la production d'or nationale, puisque les besoins en or de la banque pouvaient être facilement satisfaits sur le marché libre international – recette qui drainerait les réserves en roubles –, il y a apparemment eu volte-face. La Banque centrale de Russie achète désormais toute la production d'or russe. Seulement après avoir rempli les objectifs mensuels, Nabiullina importe de l’or. Elle a récemment déclaré : « Nous pensons que c’est nécessaire pour créer un matelas financier supplémentaire, afin que l'État puisse faire face aux aléas externes. »
 

    Ceci est très important car la Russie – dont les réserves d’or de la banque centrale ont été pillées au cours des années Eltsine, au début des années 1990 – s’est développée jusqu’à devenir le deuxième plus grand producteur d’or du monde après la Chine. C’est un grand soutien pour son industrie aurifère et le rouble.
 

Chine et Kazakhstan de même

 

    Des volumes d'or légèrement plus petits ont seulement été achetés par la Chine au cours des mois passés. Et un ajout mensuel significatif à sa réserve d'or a aussi été fait par le Kazakhstan. Depuis les quarante derniers mois, le Kazakhstan renforce les réserves d'or de sa banque centrale. Le Kazakhstan et la Russie sont membres de l'Union économique eurasienne, avec la Biélorussie, l'Arménie et le Kirghizistan. La Biélorussie a aussi consolidé ses réserves de lingots.
 

    Ayant encore acheté 17 tonnes d'or en janvier, la Chine achètera au total encore 215 tonnes cette année, un volume à peu près égal à celui de la Russie. La Chine a ajouté 101 tonnes d'or à ses réserves entre août et janvier 2016. Les achats annuels de plus de 200 tonnes de la Banque Populaire de Chine, dépasseraient intégralement les avoirs d’or de tous les pays, sauf d’une vingtaine environ, selon le World Gold Council. D’après les données de la Banque populaire de Chine révélées en juillet 2015, depuis 2009, l’or de ses réserves bancaires s’est apprécié de 57%. Les observateurs du marché pensent même que la quantité d'or dans les coffres de la banque centrale de Chine est, par stratégie politique, extrêmement sous-estimée, afin que la sonnette d'alarme ne tinte pas trop fort à Washington et à Londres.
 

    Le Kirghizistan, la Russie et la Chine sont aussi membres de l'Organisation de coopération de Shanghai. Ces pays eurasiens font tous partie de l’énorme projet chinois appelé parfois Nouvelle économie de la Route de la Soie, qui vise à entrelacer toute l'Eurasie de réseaux ferroviaires à grande vitesse et à développer de nouveaux grands ports dans la région et ainsi changer la carte économique de l'Eurasie. L'année dernière, la Chine a annoncé qu'elle élaborerait la carte des lignes ferroviaires de la Route de la Soie de façon à permettre à l’Asie centrale et aux réserves [mines ?] d’or russes, qui manquent actuellement d'infrastructure pour se développer, de devenir économiquement intéressantes pour ces pays.
 

    Les devises de Russie, de Chine et des autres pays eurasiens se préparent à devenir « aussi bonnes que l'or », selon l’étiquette collée au dollar US il y a douze lustres. Le fait que la Russie ait aussi un rapport de dette au PIB extrêmement bas d’environ 18%, comparé aux 103% des États-Unis, aux 94% des membres de l’UE en zeurone, et aux plus de 200% du Japon, est une chose qu’ignorent commodément les agences de notation de l'Ouest engagées dans la guerre financière du Trésor US contre la Fédération de Russie. La Russie a une économie de loin plus saine que la plupart des pays de l'Ouest qui la disent en faillite.
 

    F. William Engdahl est consultant en risques stratégiques et conférencier. Titulaire d'un diplôme en politique de l'université de Princeton, il est auteur de best-sellers sur le pétrole et la géopolitique. En exclusivité pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.
 

NEO, F. William Engdahl, 30 mars 2016

Original : journal-neo.org/2016/03/30/why-are-russia-and-china-buying-gold-tons-of-it/
Traduction Petrus Lombard


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