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« Qu’il est beau le monde libre ! » par Bruno Guigue

Une nouvelle tribune de Bruno Guigue, qui résume bien l’état des lieux....
"Prodigue en bonnes paroles, l’Occident se veut l’incarnation des valeurs universelles. Ce parangon de la démocratie, ce champion des “droits de l’homme” convoque toujours ses vertus supposées à l’appui de ses prétentions hégémoniques. Comme si une bonne fée s’employait, magnanime, à faire coïncider sa morale et ses intérêts, il revêt ses ambitions matérielles des oripeaux de la justice et du droit. C’est ainsi que le “monde libre” pratique le bombardement de pays étrangers à des fins “démocratiques”, mais de préférence dans les contrées riches en hydrocarbures ou en ressources minières. Conjuguant la foi du charbonnier et la rapacité du capitaliste, il agit comme s’il pouvait convertir sa puissance économique en privilège moral.

Le reste du monde n’est pas dupe, mais finalement peu importe. “Le monde libre” a toujours raison car il est du côté du Bien, et il ne risque pas la contradiction aussi longtemps qu’il est le plus fort – c’est du moins ce qu’il croit dur comme fer. La barbarie congénitale qu’il attribue aux autres est l’envers de son monopole autoproclamé de la civilisation. Auréolé du sacro-saint “droit d’ingérence”, ce mariage réussi du sac de sable façon GI’s et du sac de riz façon Kouchner, l’Occident vassalisé par Washington s’imagine sans doute qu’il sauve le monde en le soumettant matin, midi et soir, à l’impitoyable razzia exigée par les vautours de la finance et les multinationales de l’armement.

Cette entreprise de domination, on le sait, ne date pas d’hier. Elle s’inscrit dans la longue durée historique chère à Fernand Braudel, celle de la constitution d’une “économie-monde”. Porté par sa longueur d’avance technologique, le monde occidental s’est lancé depuis la “Renaissance” à la conquête de l’orbe terrestre. Patiemment, il s’est approprié le monde des autres, il l’a façonné à son image, le contraignant à lui obéir ou à l’imiter, éliminant au passage tous ceux qu’il jugeait inassimilables. Sans que ce tour de passe-passe ne vienne troubler ses certitudes, l’Occident s’est pensé comme une métaphore du monde. Il n’en était qu’une partie, mais il voulait en devenir le tout, de la même façon que des pays représentant 10% de la population mondiale, aujourd’hui, se prennent pour la “communauté internationale”.

La conquête coloniale illustra au cours des trois derniers siècles cette propension de l’Occident à étendre son emprise au-delà de ses frontières en prétendant y apporter les bienfaits de la “civilisation”. Ce projet de domination planétaire fut mis en échec par la révolte généralisée des peuples colonisés au 20ème siècle, mais il connut une seconde chance avec son excroissance nord-américaine. L’“Amérique”, cet extrême-Occident découvert par un Christophe Colomb à la recherche de l’extrême-Orient, a hérité du Vieux Continent son ambition conquérante et sa rapacité commerciale. Convertissant leur absence de passé en promesse d’avenir, ces “Etats-Unis” surgis du néant dans l’atmosphère du puritanisme anglo-saxon ont magnifié cette ambition tout en l’unifiant à leur profit. Au prix du génocide des Amérindiens, “l’Amérique” est alors devenue la nouvelle métaphore du monde.

Il n’est pas sûr que ce dernier y ait gagné au change. Les empires coloniaux ont succombé à leur insupportable archaïsme, tandis que l’hégémonie américaine s’exerce, elle, par les multiples canaux de la modernité technologique, de Google aux drones de combat. Du coup, elle paraît à la fois plus ductile et plus tenace. Ce qui lui donne sa souplesse commande aussi sa rémanence. Du casque blanc de l’administrateur colonial européen à l’écran digital de la cybernétique militaire US, une révolution a eu lieu. Elle a substitué à une domination abrupte, liquidée au cours d’une sanglante décolonisation, une entreprise hégémonique multiforme. Héritiers des trois “M” du colonialisme classique, les ONG made in USA ont remplacé les “missionnaires” chrétiens, les “marchands” sont devenus des multinationales et les “militaires” sont désormais bardés de haute technologie.

Fort de la bonne conscience indécrottable des “born again” du Middle West, l’Empire américain projette aujourd’hui sur le monde son manichéisme dévastateur. Les yeux ouverts, il rêve d’un partage définitif entre les bons et les méchants, pilier inébranlable d’un ethnocentrisme sans complexe. Le droit est forcément de son côté, puisqu’il incarne les valeurs cardinales de la “démocratie libérale”, des “droits de l’homme” et de “l’économie de marché”. C’est à l’évidence une idéologie grossière, masque frauduleux des intérêts les plus sordides, mais il faut avouer qu’elle est efficace. Si elle ne l’était pas, il y aurait peu de monde pour croire que les USA ont gagné la Seconde Guerre Mondiale, que le capitalisme est un bon système, que Cuba est un goulag tropical, qu’Assad est pire qu’Hitler et que la Corée du Nord menace le monde.

De cette intimité présumée avec le Bien, les thuriféraires de l’Empire nord-américain déduisent logiquement un droit préemptif à traquer le Mal sous toutes les latitudes. Aucun scrupule ne devant inhiber sa frénésie salvatrice, la civilisation au singulier dont il se croit l’incarnation s’attribue la prérogative expresse de réduire la barbarie par tous les moyens. C’est pourquoi l’impérialisme contemporain fonctionne comme une sorte de tribunal universel, qui distribue les récompenses et inflige les punitions à qui bon lui semble. Devant cette juridiction hautement “morale”, la CIA tient lieu de juge d’instruction, le Pentagone de bras séculier, et le président des Etats-Unis de juge suprême, sorte de “deus ex machina” d’une justice divine qui frappe de la foudre les suppôts de “l’Axe du Mal” et autres empêcheurs de tourner en rond dans l’arrière-cour de l’Empire du Bien.

Manifestement, cette tendance à se prendre pour l’incarnation de la Morale se situe du côté des structures, car la succession conjoncturelle – et trépidante – des locataires de “White House” n’y change rien. A Washington, la croisade contre les barbares sert invariablement de cache-sexe à la cupidité sans limite du complexe militaro-industriel et à l’emprise séculaire de l’Etat profond. D’Harry Truman à Donald Trump en passant par Barack Obama, de la Corée à la Syrie en passant par le Vietnam, l’Indonésie, l’Angola, le Mozambique, le Salvador, le Nicaragua, le Chili, l’Afrique du Sud, la Serbie, l’Afghanistan, le Soudan, la Somalie, l’Irak et la Libye, on administre la mort, directement ou par “proxies”, à tous ceux qui s’opposent au règne salvateur de la justice universelle.

Pour exécuter ses basses besognes, “l’Amérique” bienfaitrice a toujours su utiliser la main d’oeuvre locale. Franco, Hitler et Mussolini (jusqu’en 1939), Tchang Kaï-Tchek, Somoza, Syngman Rhee, Ngo Dinh Diem, Salazar, Batista, Mobutu, Marcos, Trujillo, Pik Botha, Duvalier, Suharto, Papadopoulos, Castelo Branco, Videla, Pinochet, Stroessner, Reza Chah Pahlevi, Zia Ul Haqq, Ben Laden, Uribe, le roi Salmane, Netanyahou, les nazis ukrainiens et les “terroristes modérés” du Moyen-Orient ont fourni un précieux concours. Leader incontesté du merveilleux “monde libre”, “l’Amérique” prétend incarner la civilisation au moment où elle vitrifie des populations entières à l’arme atomique, au napalm ou au missile de croisière, à défaut de leur infliger la mort lente par l’agent orange, l’uranium enrichi ou l’embargo sur les médicaments. Et elle ne manque pas de zélateurs jurant qu’elle rend des services irremplaçables à l’humanité, alors qu’à l’évidence la défaite de cet Empire criminel serait une excellente nouvelle."

Bruno Guigue

Ancien sous-prefet, limogé en mars 2008 par le gouvernement français pour avoir critiqué la politique israélienne dans une tribune libre parue sur le site oumma.com, Bruno Guigue, est notamment l’auteur de deux livres sur la question de Palestine : "Aux origines du conflit israélo-arabe, l’invisible remords de l’Occident" et "Proche-Orient : la guerre des mots". Il publie régulièrement des articles d’analyse politique repris par de nombreux sites d’information alternative et traduits en huit langues, notamment en arabe, anglais, russe et espagnol.


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La Corée du Nord montre-t-elle que l’empereur est nu ?

Dans le brouillard épais de la guerre (de mots) entre Washington et Pyongyang, il est possible de détecter quelques non-dits fascinants.
La Corée du Nord montre-t-elle que l’empereur est nu ?
Il est tout à fait possible que le président Trump utilise la Corée du Nord pour éliminer la narrative perpétuelle des médias américains sur le Russiagate. En tous cas, cela marche. Après tout, dans la weltanschauung de l’Exceptionnalistan, la perspective d’une guerre et de ses récompenses possibles éclipse les accusations floues de « hacks » et autres soi-disant interférences russes dans les élections.

Le Congrès ne concevrait pas de tenter de destituer un président – de plus entouré de généraux – dans un moment de danger pour l’hégémonie géopolitique des USA.

D’après cette hypothèse de travail, si Robert Mueller trouvait quelque chose de sérieusement dommageable à la marque Trump, le président pourrait se rabattre sur une opération de bombardement de la Corée du Nord/de diversion.

En attendant, tous ceux qui prêtent attention à ce qu’Edward Snowden a révélé en détail savent que des hackeurs de tous horizons sont branchés sur les systèmes d’information de Mueller, ainsi qu’à ses communications par mobile. Si l’équipe Mueller trouve quelque chose sur Trump, ils le sauront en temps réel et s’organiseront en conséquence.

En ce qui concerne la guerre de mots elle-même, une source des renseignements américains habituée à cogiter hors de la pensée unique de Washington désigne une variable fondamentale, la Corée du Sud ; « La Corée du Sud ne maintiendra pas son alliance avec les USA, si elle pense que les USA attaqueraient la Corée du Nord pour se protéger aux dépens de la mort de trente millions de Coréens du Sud. La Corée du Sud est en palabres secrètes avec la Chine pour un accord de sécurité majeur, à cause de la position officielle des USA selon laquelle ils bombarderont la Corée du Nord pour leur propre défense, sans considération pour la destruction de la Corée du Sud, que les USA considérait comme des plus malheureuses. »

N’espérez pas trouver ces discussions secrètes Pékin-Séoul dans les médias grand public occidentaux. Et elles ne sont qu’une partie de l’équation. La source ajoute, « Il y a des discussions secrètes entre l’Allemagne et la Russie sur les sanctions américaines contre les deux pays, et un réalignement de l’Allemagne sur une ostpolitik bismarckienne qui pourrait déboucher sur une nouveau Traité de réassurance avec la Russie. »

Si ces négociations sont fructueuses, les conséquences en seront cataclysmiques ; « Les systèmes de sécurité européens et asiatiques des USA peuvent être au bord de l’effondrement à cause des remous, à Washington, qui sont en train de miner toutes les alliances des USA. Alors que le Congrès tente de saboter le mandat de Trump, les États-Unis mettent en péril leurs principales relations stratégiques. »
Séoul en tant que « dommage collatéral »

Pendant ce temps, des question sérieuses sur les vraies capacités militaires de la Corée du Nord restent posées. Comme l’observe une source asiatique indépendante de renseignements qui connaît bien la péninsule coréenne, « des missiles balistiques à lancer à partir de sous-marins et des missiles nucléaires terrestres sont disponibles sur le marché noir, la Corée du Nord n’aurait donc eu aucun mal à s’en procurer. La Corée du Nord sait que, si elle ne disposait pas d’une force de dissuasion nucléaire, ils pourraient être victimes de destructions similaires à celles de l’Irak et de la Libye. De plus, les menaces irresponsables contre la Corée du Nord du Secrétaire d’État Tillerson, qui devrait se reconvertir dans la pêche à la ligne, pourraient causer des dommages sérieux aux USA, parce que si la Corée du Nord pense que les USA vont l’attaquer, elle n’attendra pas comme Saddam Hussein l’avait fait, mais cette leçon étant bien apprise, elle attaquera la première. »

Ainsi donc, la vraie question, cette fois encore, est de savoir si Pyongyang est déjà en possession de missiles mer-sol balistiques stratégiques, aussi bien que de capacités nucléaires terrestres acquises sur le marché noir. La source asiatique de renseignements ajoute, « Aujourd’hui, la Corée du Nord détient vingt sous-marins de classe Romeo qui, selon l’expert de l’Heritage Foundation Bruce Klingner, ont une portée de 14 000 kilomètres. La distance de Pyongyang à New York est de 10 916 kilomètres. Ces sous-marins pourraient être ravitaillés en carburant, par exemple, à Cuba. Il ne serait donc pas inconcevable de trouver un sous-marin nord-coréen au large de New York, avec ses missiles balistiques nucléaires prêts à rejouer O.K. Corral avec Washington D.C. »

Le Think Tankland américain est en train de développer un consensus effrayant à propos de la Corée du Nord. Tous les analystes qui valent leur salaire savent que le programme nucléaire de la Corée du Nord est très dispersé et renforcé ; chacun sait qu’une artillerie nord-coréenne dévastatrice est concentrée près de la zone démilitarisée (DMZ), à un jet de pierre de Séoul. Malgré tout, cela est emballé dans une fiction aseptisée selon laquelle les USA seraient « extrêmement réticents » à bombarder [sous-entendu, pour des raisons « humanitaires » et non parce que c’est trop risqué.]

Il est de toute évidence très difficile aux individus de type CIA d’accepter que Pyongyang soit en train de réussir à créer un nouveau cadre de négociations avec les USA aussi bien qu’avec la Corée du Sud. N’importe quelle personne rationnelle, non folamourienne, sait qu’il n’y a pas de solution militaire à ce drame. La Corée du Nord est déjà, de fait, une puissance nucléaire – et la diplomatie devra en tenir compte.

Les individus du Parti de la guerre néocon/néoliberalcon parient sur – pardi – la guerre. Et vite – avant le point de non-retour si âprement discuté, celui où Pyongyang obtiendra une arme nucléaire capable d’atteindre les plus grandes villes des USA. C’est pourquoi, de façon prévisible, la plupart des factions de l’État profond sont d’accord avec Trump. Et c’est l’essence de toutes sortes de scénarios glaçants, qui soulignent encore une fois que Washington n’hésiterait pas à sacrifier son « allié » sud-coréen.
Ce que l’État profond veut réellement

Malgré tous les problèmes insolubles qui affectent la péninsule coréenne, les analystes indépendants ont aussi compris que le drame Washington-Pyongyang n’est qu’une partie minuscule d’un ensemble bien plus large ; l’assujettissement des relations internationales aux USA à travers leur dépendance à ce qu’ils peuvent extorquer au reste du monde sous la forme de dette en dollars.

Washington utilise ses outils préférés – les sanctions et les bombes – pour imposer un commerce mondial et un commerce énergétique libellé en dollars. La Chine a contre-attaqué avec tout ce qu’elle pouvait, du plus importante projet « win-win » d’infrastructures du XXIe siècle – la nouvelle Route de la soie – jusqu’aux achats d’énergie en yuans ; appelons ça un coup violent porté à la machine à endetter américaine. Pour sa part, la Russie a ré-émergé comme puissance géopolitique/militaire de premier plan.

La doctrine Brzezinski – prévenir l’émergence d’une puissance capable de rivaliser avec les USA , sans même parler de deux puissances rivales telle que le partenariat Russie-Chine – est en train de s’effondrer. La Corée du Nord nucléaire n’est que le dernier signe visible de l’effondrement en date. C’est comme si, en votant pour le paquet de sanctions au Conseil de sécurité de l’ONU, la Russie-Chine avaient autorisé les USA à hausser le ton (et ils savaient de toute évidence d’avance que la guerre des mots allait s’échauffer).

L’effet cumulatif démontre au monde que l’obsession du changement de régime de Washington (Iran, Venezuela, etc) et des sanctions illégales (Russie, Iran, Corée du Nord, etc) n’a plus de limites, alors que le duo Russie-Chine continue subtilement à miner la chaîne logistique de Washington – la dette en dollars – et les menaces d’interventions militaires (bombarde la Corée du Nord si tu l’oses). Rien d’étonnant si le partenariat Russie-Chine, en ce qui concerne la Corée du Nord, favorise la démocratie, alors que l’État profond des USA a une envie folle de guerre.



Traduction Entelekheia
Photo Pixabay
Paru sur Sputnik News sous le titre Is North Korea Showing the Emperor is Naked?


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Trump menace la Corée du Nord de “feu et fureur”

Le président américain Donald Trump a lancé hier une menace terrifiante contre la Corée du Nord, qui augmente considérablement le danger d'une guerre sur la péninsule coréenne qui engloutirait rapidement la région et le monde. « La Corée du Nord ferait mieux de ne plus proférer de menaces envers les Etats-Unis », a-t-il averti. « Elles se heurteront à un feu et à une fureur que le monde n’a jamais vus jusqu’à présent. »
Trump menace la Corée du Nord de “feu et fureur”
Ces commentaires ne font qu'envenimer les tensions internationales aiguës suite au lancement de deux missiles nord-coréens à longue portée en juillet et à l'imposition de sanctions par le Conseil de sécurité de l'ONU qui menacent de paralyser l'économie nord-coréenne. Menacer de réduire ce petit pays appauvri en cendres, c'est témoigner d’une imprudence sans bornes.

Trump mine sciemment les efforts du secrétaire d'État américain Rex Tillerson, la semaine passée, de jeter les bases d'une négociation en rassurant la Corée du Nord que les États-Unis ne cherchent pas à renverser le régime ni un prétexte pour lancer une agression militaire. Le régime instable à Pyongyang doit supposer qu'il est confronté à une attaque imminente et massive des États-Unis. Il répond avec sa propre rhétorique belliqueuse.

Mardi, la Corée du Nord a déclaré qu'elle « examinait le plan opérationnel » pour frapper les bases américaines sur Guam avec des missiles balistiques. Ces menaces jouent le jeu de Trump en fournissant une excuse aux États-Unis pour effectuer des frappes préventives contre la Corée du Nord.

Le monde n’a jamais été aussi proche d’une guerre nucléaire depuis la Crise des missiles de Cuba en 1962. Un incident ou un accident, mineur ou majeur, pourrait déclencher un conflit qui entraînerait rapidement d'autres puissances nucléaires, dont la Chine et la Russie, avec des conséquences incalculables.

En 1962, le président américain John Kennedy a tenté de désamorcer la crise et a rejeté les propositions du chef d'état-major de l'armée de l'air, le général Curtis LeMay, qui voulait bombarder les missiles russes à Cuba.

Aujourd'hui, par contre, Trump intensifie intentionnellement la crise nord-coréenne. Ses menaces sont sans précédent pour un président américain.

Supposer que les déclarations de Trump ne sont que de la rhétorique serait une erreur fatale. En menaçant la Corée du Nord avec l'anéantissement, Trump crée une situation où il lui est impossible de reculer. En outre, la crise intense et les luttes intestines dans les milieux dirigeants américains sont telles, que Trump peut être amené à lancer une attaque imprudente contre la Corée du Nord pour détourner l'attention de la tourmente politique intérieure.

Le gouvernement Trump, aidé par des médias serviles, nourrit déjà une propagande visant à forcer l'opinion américaine à croire que les villes américaines sont en danger imminent d'une attaque nucléaire par la Corée du Nord.

Mardi, le Washington Post a publié un article intitulé « La Corée du Nord s’approche rapidement de la ligne rouge de Trump.» Le Post a cité sans critique les allégations formulées dans « une analyse secrète précédente de l‘Agence du renseignement de la Défense » , selon laquelle Pyongyang a produit « une ogive miniaturisée capable d’être incorporée dans l' un des missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) qu'il a testés ».

Ces affirmations proviennent des mêmes services américains qui ont concocté les mensonges sur les armes de destruction massive utilisés pour justifier l'invasion illégale de l'Irak. On ne peut les prendre pour argent comptant. Rien n'est établi sur les ICBM de la Corée du Nord: leur portée, leur précision, la puissance de leurs ogives et leur capacité à survivre à la rentrée dans l'atmosphère.

Washington est indifférent à l'immense perte de vie qui résulterait d'une guerre avec la Corée du Nord. Même si le conflit était limité à la péninsule coréenne, il y aurait des millions de morts. Selon une estimation, il y aurait un million de victimes dans la capitale sud-coréenne, Séoul, dans les premières heures des combats.

Au programme « Today » de la NBC la semaine dernière, le sénateur républicain de droite, Lindsey Graham, a donné un aperçu effrayant de la pensée de Trump. « S'il y a une guerre pour arrêter [Kim Jong-un], elle aura lieu là-bas », a déclaré Graham. « Si des milliers meurent, ils vont mourir là-bas. Ils ne vont pas mourir ici, et il m'a dit cela en personne. »

Graham a déclaré que la guerre était «inévitable», si la Corée du Nord n'arrêtait pas ses essais de missiles, c'est-à-dire ni capitulait pas complètement aux exigences américaines. « Il y aura une guerre avec la Corée du Nord au sujet de leur programme de missiles s’ils continuent d'essayer de frapper l'Amérique avec un ICBM. [Trump] m'a dit cela et je le crois. »

Le danger aigu de guerre en Asie n'est pas simplement le produit de l'individu fascisant qu'est Trump; c'est l'expression d'une crise profonde et insoluble du capitalisme américain et mondial. Les gouvernements américains, tant républicains que démocrates, ont recours à l'agression militaire pour tenter désespérément d'inverser le déclin prolongé du capitalisme américain et d'établir sa domination mondiale.

Une suite de guerres au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Asie centrale se transforme à présent en confrontation directe entre les grandes puissances. Le «pivot vers l’Asie » d’Obama impliquait un énorme renforcement militaire dans l'Indo-Pacifique pour préparer une guerre contre la Chine, la cible centrale des menaces américaines contre la Corée du Nord.

En Europe, les États-Unis organisent un exercice militaire après l'autre pour préparer une confrontation avec la Russie, qui organise ses propres exercices militaires. Au Moyen-Orient, les États-Unis et la Russie défendent des camps opposés du conflit syrien. Une seule de ces poudrières pourrait déclencher une guerre entre les puissances nucléaires qui feraient des millions, voire des milliards, de victimes et pourraient anéantir la civilisation.

La conjoncture est extrêmement grave. Il ne faut pas que les travailleurs du monde entier se réveillent un matin pour découvrir que Washington a lancé des attaques massives contre les installations et l'industrie militaires nord-coréennes, que Pyongyang a riposté en frappant Séoul et Tokyo, et que la Chine, la Russie et les autres grandes puissances lancent leurs propres menaces et mettent leurs arsenaux nucléaires en alerte maximale.

La tâche urgente de la classe ouvrière est la construction d'un mouvement international anti-guerre basé sur un programme socialiste pour mettre un terme au capitalisme, la cause de la guerre. Telle est la perspective politique pour laquelle luttent le Comité international de la Quatrième Internationale et le World Socialist Web Site.

(Article paru en anglais le 9 août 2017)

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Haro sur le Herrou (Cédric)

Haro sur le Herrou (Cédric)
Quel beau monde exemplaire pour les générations suivantes - « délit de solidarité » - pour celui qui aiderait des migrants, mineurs; « délit de générosité » - pour celui qui donnerait la pièce à un sans domicile; « délit d'empathie » - pour celui qui s'épancherait sur la pauvreté; « délit de transport » - pour celui qui chargerait dans son véhicule quelques êtres "exotiques"; « délit de d'estomac plein», pour celui qui filerait à bouffer à un ventre vide; « délit de sale gueule » pour celui qui n'a ni la gueule, ni le nom adéquate... et des "délits de..."; ya pour ainsi dire plus que ca!
Par contre le "délit je paye pas d'impôt en France", le "délit je licencie en faisant des bénefs", le "délit je suis au gouvernement ou élu et je vole, triche, ment", le "délit, je n'ai pas de compte en suisse" et bien d'autres calembredaines, là, ya aucune barrière, ou sinon, après une quinzaine d'années lorsqu'il y a prescription, le jugement tombe...
Donc en parcourant le communiqué de Cédric Herrou adressé à la cour d'appel d'Aix où il a été condamné à 4 mois avec sursis et à verser 1000€ de dommages et intérêts à la SNCF; ce brave, courageux couillon utopiste paysan rappelle je le cite:
" Notre combat juridique est respectueux des lois de la République française. C’est une lutte légale et juste, à l’image de la France, nation des droits de l’Homme." Foutaise mon pauvre Cédric! La France est autant le pays des droits de l'homme, que l'Amérique celui de la démocratie, sans ajouter, Israël "le seul pays démocratique du moyen orient" ou la Corée du nord, le pays des merguez..." Ce ne sont que des mots interchangeables que tout ça, creux, ronflants, mais sans base réelle. Ya des gros malins qui un jour décidèrent de faire rentrer dans le crane du l'lambda, du vilain, trois mots accrochés au fronton des mairies comme des crottes de noël au sapin, de ceux dont on fait les cercueils pour SDF; que foutaises et élucubrations!!!
Pourtant le parcours est "simple" pour tous ces réfugiés:
- On va foutre la merde dans leurs pays d'origine: Afghanistan, Pakistan, Irak, Libye, Syrie, Soudan, Yémen, j'en oublie; les populations civiles comme chez nous en 40 face aux allemands, dégagent, exodent... pour aller où? dans les pays limitrophes ou c'est soit pire, soit surpeuplés déjà par les premières vagues de réfugiés (voir la générosité du petit Liban); donc, tous ces pauvres visent "l'eldorado"; nos pays et que j'embarque sur des rafiots, et que je coule, crève; pis finalement à terre, parcours fléché du réfugiécombattant. Pour atterrir en Europe de l'ouest où comme entre l'Italie et la France on se refile la patate chaude... Patate chaude constituée d'être humain comme vous et moi, et qui ballottés parfois trouvent des bonnes âmes charitables pour venir en aide; des Cédric Herrou... Qui se retrouve à être sali par une presse au ordre, une police sans frontière et sans aucun principe et des politiques aux abonnés absents... Démerdez-vous, disparaissez, évaporez-vous, cachez cet immigré que je ne saurait entrevoir ou au contraire trop voir, trop utiliser; prière de téléphoner aux mectons/mectonnes front Na, leur fond de commerce immonde: c'est à cause de toute cette racaille immigrée que tout va mal: s'il n'y avait que des gaulois pur jus, certain que la France dominerait l'univers et encore plus loin!
Tout ce foin pourquoi?
Comme avait balancé un des tueurs entourant George W. "On ne peut pas être considéré comme un être humain à moins de 500.000 dollars par an". Personne n'avait franchement relevé l'indécence de ces doctes paroles, seulement quelques rires gras, complices.
Faut dire qu'il y a une guerre larvée des riches contre les pauvres se jouant depuis des décennies. L'idée serait que nous sommes trop nombreux et qu'en plus, en suivant les préceptes de la " théologie de la prospérité ”: être riche est une volonté divine; un riche est un être choisi par le tout puissant... Donc, les pauvres, l'énorme majorité n'a ce qu'elle mérite! A elle, les guerres, les épidémies, l'immigration forcée, l'immigration économique, les mères porteuses, la prison, la peine de mort et puisque c'est la volonté de dieu, ya pas à discuter, qu'ils, qu'elles crèvent ces va nu pieds smicars!
Donc, des Cédric Herrou qui viennent contrecarrer cette volonté venue des cieux, méritent au bas mot en d'autres périodes de notre histoire (en fait leur histoire) les galères et le fouet. Vivant à une époque de pusillanimes entourée de quelques lois, et ben, le paysan récalcitrant devra payer l'éco de "l'homme bon et honnête".
Maintenant, c'est dit, et ferme ta gueule Jacquou sale croquant d'Herrou!

Georges Zeter/aout 2017

copie de son communiqué suite à sa condamnation

Cédric Herrou - Communiqué du 8 août 2017.
« Aujourd’hui, en cour d’appel d’Aix, j’ai été condamné à 4 mois avec sursis et à verser 1000€ de dommages et intérêt à la SNCF.
Pour rappel, j’avais été arrêté en octobre 2016 pour "aide à l’entrée et au séjour de personnes en situation irrégulière". Il n’y a eu aucune flagrance, et aucun passage de frontière d’octobre à ce jour. Nous nous étions installés dans des locaux de la SNCF, abandonnés depuis plus de 20 ans, avec un collectif d’associations dont Médecins du Monde et Amnesty International ainsi qu’une soixantaine de demandeurs d’asile. Notre revendication : la prise en charge des mineurs isolés par la protection de l’enfance, et permettre aux demandeurs d’asile d’accéder à leurs droits. A aucun moment il ne s’agissait de "cacher" ou de "dissimuler" ces personnes, mais bien au contraire de les montrer pour tirer la sonnette d’alarme.
Force est de constater qu’un an plus tard, la situation n’a pas changé et a même empiré. J’ai actuellement chez moi de nombreux mineurs isolés qui attendent en vain d’être pris en charge par l’Etat français, et des demandeurs d’asile coincés sur mon terrain, qu’on empêche systématiquement d’accéder à leurs droits. S’ils sortent de chez moi, ils sont sûrs d’être arrêtés et d’être reconduits directement en Italie, sans autre forme de procès. Il est grave que le département des Alpes Maritimes, pourtant frontalier à l’Italie, ne dispose d’aucune infrastructure destinée à l’accueil des migrants.
Tous ceux qui veulent me faire passer pour un militant d’extrême gauche, un activiste no border, n’ont rien compris à la situation ici. Il ne s’agit pas d’être pro ou anti-migrants. Les empêcher de passer la frontière est utopique, et tout simplement impossible : tous passent. C’est justement pour cela que nous demandons un contrôle de ces flux, d’éviter la clandestinité des demandeurs d’asile. Notre combat juridique est respectueux des lois de la République française. C’est une lutte légale et juste, à l’image de la France, nation des #droits de l’Homme.
Mais ma condamnation ce matin montre bien les limites de l’indépendance de la justice française, et la manipulation politique qui se joue dans les tribunaux. Tandis qu’à l’heure actuelle des bateaux d’extrême droite naviguent sur la Méditerranée pour couler les bateaux des ONG, on incrimine un paysan qui se substitue à la carence de l’Etat.
Nous alertons Monsieur le président de la République sur les dérives actuelles face au non-respect du droit d’asile dans le département.
Je n’ai pas le choix de continuer car je considère que c’est mon devoir de citoyen de protéger des personnes en danger. La menace d’emprisonnement ne saurait entraver la liberté que je défends.
Cédric Herrou

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Va-t-on déclarer la guerre au monde entier ?

Va-t-on déclarer la guerre au monde entier ?
Va-t-on déclarer la guerre au monde entier ?
Patrick J. Buchanan
 
Samedi, Kim Jong-un a testé un missile balistique intercontinental (ICBM) de portée suffisante pour frapper le continent américain. Il travaille maintenant à améliorer sa précision et à mettre au point une ogive nucléaire assez petite pour être ajustée à ce missile qui puisse rentrer sans dommages dans l'atmosphère.
 
Sauf si on pense que Kim est un fou suicidaire, son but semble clair. Il veut ce que veut toute puissance nucléaire - la capacité de frapper la patrie de son ennemi assez puissamment pour dissuader cet ennemi de l’attaquer.
 
Kim veut que son régime soit reconnu et respecté, et que les États-Unis, dont les bombes ont réduit en cendres le Nord de la Corée de 1950 à 1953, quittent la Corée.
 
Où cela nous mène-t-il? Selon Cliff Kupchan, du groupe Eurasia : « Les États-Unis ont à choisir entre deux options : soit accepter la Corée du Nord dans le club nucléaire, soit mener des frappes militaires qui entraîneraient d'énormes pertes civiles ».
 
Il faut regarder les choses en face. Des sanctions américaines contre la Corée du Nord, comme celles votées par le Congrès la semaine dernière, ne vont pas empêcher Kim d'acquérir des ICBM. Il est trop près de son but.
 
Et toute frappe préventive sur le Nord pourrait déclencher une contre-attaque sur Séoul avec des tirs massifs d’artillerie sur la zone coréenne démilitarisée (DMZ), qui ferait des dizaines de milliers de victimes sud-coréennes, en plus des soldats américains et de leurs familles.
 
Nous pourrions bien nous retrouver dans une guerre totale avec la Corée du Nord, une guerre sans fin et sans merci, une guerre dont les Américains ne veulent pas.
 
Samedi, le président Trump a exprimé, dans un tweet, sa contrariété devant l'échec de la Chine à retirer nos marrons du feu : « Ils ne font RIEN pour nous concernant la Corée du Nord, ils ne font que parler. Cela ne peut plus durer. La Chine pourrait facilement résoudre ce problème. »
 
Dimanche, les bombardiers des États-Unis B-1B ont survolé la Corée et le général des forces aériennes  du Pacifique, le général Terrence J. O'Shaughnessy, a annoncé que ses unités étaient prêtes à frapper la Corée du Nord avec une force « rapide, mortelle et écrasante ».
 
Mais ce même dimanche, Xi Jinping a assisté à un gigantesque défilé de chars, d'avions, de troupes et de missiles, et des officiels chinois se sont moqués de Trump en le qualifiant de « président novice » et d’« enfant gâté » et en disant que ses déclarations contre la Corée du Nord ne sont que du bluff. Ont-ils raison ? Nous allons bientôt le savoir.
 
Selon le Premier ministre japonais Shinzo Abe, Trump a affirmé lundi qu'il prendrait « toutes les mesures nécessaires » pour protéger les alliés des Américains. Et Nikki Haley l'ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU s’est énervée : « Il n’est plus temps de discuter ».
 
Allons-nous vers une confrontation militaire et une guerre avec la Corée du Nord? Les marchés, qui enregistrent encore des hausses record ce lundi, ne semblent pas le croire.
 
Mais la Corée du Nord n'est pas le seul adversaire potentiel avec qui nos relations se dégradent rapidement.
 
Après que le Congrès a voté majoritairement pour de nouvelles sanctions contre la Russie la semaine dernière et que Trump a accepté de signer le projet de loi qui lui interdit de lever les sanctions sans l'approbation du Capitole (le Congrès), la Russie a abandonné tout espoir d’un rapprochement avec l’Amérique de Trump. Dimanche, Poutine a ordonné que le nombre des fonctionnaires de l'ambassade et des consulats des États-Unis soit réduit de 755 postes.
 
La seconde Guerre froide, qui a commencé quand nous avons rapproché l'OTAN des frontières de la Russie et contribué à renverser un régime pro-russe à Kiev, se refroidit de plus en plus. On peut s’attendre à ce que Moscou se montre aussi hostile que le Congrès quand nous lui demanderons son aide en Syrie et en Corée du Nord.
 
Le projet de loi de sanctions de la semaine dernière a également frappé l'Iran après que ce dernier a testé une fusée pour mettre un satellite en orbite, alors que l'accord nucléaire n'interdit que le test des missiles balistiques qui peuvent porter des ogives nucléaires. Dans un acte de défi, les Iraniens les Etats-Unis  ont affirmé que leurs tests de missiles se poursuivront.
 
Ces derniers jours ont également vu des navires de guerre américains et des patrouilleurs iraniens se rapprocher dangereusement les uns des autres, et les navires américains tirer des fusées lumineuses et des coups de semonce. Nos avions et nos navires se sont également de plus en plus souvent rapprochés de navires et d'avions russes et chinois dans les mers de la mer Baltique et de la Chine du Sud.
 
Tout en reculant devant une guerre avec la Corée du Nord, Washington semble saliver à l’idée d’en déclarer une à l'Iran. En effet, la menace de Trump d’accuser l'Iran de violer l'accord sur les armes nucléaires suggère qu'une confrontation est imminente.
 
Puisque le Congrès est si déterminé à affronter le démon iranien, on se demande pourquoi il n’annule pas la vente à l'Iran des 140 avions que les mollahs ont commandés à Boeing ?
 
Pourquoi vendons-nous des avions de ligne américains au « plus grand sponsor du terrorisme du monde »? Laissons donc l'argent du sang à Airbus !
 
Apparemment, les guerres américaines en Afghanistan, en Syrie, en Irak, au Yémen et en Somalie ne suffisent à rassasier notre Parti de la Guerre. Maintenant, il veut que nous prenions le commandement des sunnites du Moyen-Orient pour détruire les chiites qui dominent en Iran, en Irak, en Syrie et au Sud Liban, et qui sont majoritaires à Bahreïn et dans les régions pétrolières d'Arabie Saoudite.
 
L’armée américaine a du pain sur la planche. Le président Trump aura peut-être finalement besoin de soldats transgenres*.
 
Une des raisons pour lesquelles Trump a vaincu ses rivaux républicains en 2016, c'est qu'il semblait partager le désir américain de se recentrer sur le pays.
 
Mais aujourd'hui, nos relations avec la Chine et la Russie sont pires qu'elles l'ont été depuis des décennies, et on parle ouvertement de guerre avec l'Iran et la Corée du Nord.
 
Est-ce que l'Amérique a voté pour cette politique, ou est-ce ce que l'Amérique a voté contre elle ?
 
 
Note :
* http://www.20minutes.fr/monde/2109923-20170726-trump-interdit-soldats-transgenres-armee-provoque-tolle
 
Shall We Fight Them All?
 

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L’armée syrienne affrontait l’EI longtemps avant que les Américains ne tirent leur premier missile

L'armée syrienne affrontait l’EI longtemps avant que les Américains ne tirent leur premier missile
L'armée syrienne affrontait l’EI longtemps avant que les Américains ne tirent leur premier missile
Robert Fisk, The Independent
 
Les survivants de cette armée et leurs familles vont vouloir que leur sacrifice soit reconnu et même récompensé
 
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Un an jour pour jour avant sa mort, le général Fouad Khadour est assis dans son quartier général à l'extérieur de Palmyre. Nelofer Pazira
 
Je n'aime pas les armées. Ce sont des institutions dangereuses. Les soldats ne sont pas des héros juste parce qu'ils se battent. Et je suis fatigué de répéter que ceux qui vivent par l'épée pourraient bien aussi mourir par l’épée. Mais si on compare les  40 000 civils tués à Mossoul par les Américains, les Irakiens et l’EI au cours des douze derniers mois, aux 50 000 civils abattus par les Mongols au XIIIe siècle à Alep – et que l’on se rend compte que l’influence des droits humains sur les aviateurs américains, la brutalité irakienne, et le sadisme de l’EI, n’a permis d’obtenir qu’une diminution de 10 000 morts  par rapport aux hordes mongoles - la mort semble parfois avoir perdu son sens.
 
Sauf quand on connait les victimes ou leurs familles. J'ai un ami dont la mère a été assassinée à Damas, dans le faubourg de Harasta, au début de la guerre syrienne, un autre dont le beau-frère a été enlevé à l'est de la ville et n’a jamais été retrouvé. J'ai rencontré une petite fille dont la mère et le petit frère ont été abattus par des tueurs d’al-Nosra dans la ville de Jisr al-Shughour, et un Libanais qui croit que son neveu a été pendu dans une prison syrienne. Et puis, ce mois-ci, dans le désert syrien oriental, près du village d'al-Arak, aux cabanes balayées par la poussière, un soldat syrien que je connaissais, a été tué par l’EI.
 
C’était, bien sûr, un soldat de l'armée du régime syrien. Il était général d’une armée constamment accusée de crimes de guerre par la même nation, les États-Unis, dont les frappes aériennes ont si généreusement contribué au massacre épouvantable de Mossoul. Mais le général Fouad Khadour était un soldat professionnel et il défendait les champs de pétrole de l'est de la Syrie : les joyaux de la couronne de l'économie syrienne. L’EI voulait s’en emparer et c’est pour ça qu’ils ont tué Khadour. La guerre dans le désert n'est pas une guerre sale comme tant des attaques perpétrées en Syrie. Quand j'ai rencontré le général à l'ouest de Palmyre, l’EI venait de conquérir l'ancienne ville romaine et de trancher, en public, la tête des civils, des soldats et des fonctionnaires qui n'avaient pas réussi à fuir.
 
Un an auparavant, le fils du général, également soldat, avait été tué en se battant à Homs. Fouad Khadour a simplement fait oui de la tête quand je l'ai mentionné. Il voulait parler de la guerre dans les montagnes brûlées par le soleil du sud de Palmyre, où il enseignait à ses soldats à se battre contre les attaques suicides de l’EI, à défendre leurs positions isolées autour de la station de pompage et de transmission électrique où il était basé, et à sauver les pipelines T4 sur la route de Homs. Les Américains, qui proclamaient que l’EI était une force « apocalyptique », se sont moqués de l'armée syrienne qui, selon eux, ne se battait pas contre l’EI. Mais Khadour et ses hommes combattaient l’EI bien avant que les Américains ne tirent de missile, et ils ont appris la seule leçon que les soldats peuvent apprendre lorsqu'ils sont confrontés à un ennemi aussi horrible: ne pas avoir peur.
 
Khadour a reconnu avoir eu de grosses pertes. Puis il m’a raconté, avec un calme horrifié comment, lors d'une attaque sur un groupe de grottes dans les montagnes, ses soldats avaient trouvé des vêtements de femmes laissés derrière par l’EI. Je ne comprends pas, ai-je dit. « Moi non plus je ne comprenais pas » répondit le général, « puis nous avons réalisé qu'ils appartenaient probablement aux esclaves sexuelles Yezidis que Daesh avaient enlevées en Irak ».
 
Par la suite, les Syriens, soutenus par de massives attaques aériennes russes contre l’EI, sont revenus à Palmyre et ont repris la ville, et j’ai à nouveau rencontré le général Khadour dans la bicoque en béton, située entre un château Mamelouke du XIIIe siècle et une chaîne de montagnes, qui lui servait de quartier général. Il avait conduit ses soldats dans Palmyre sous de constants tirs de mortier. Beaucoup d'entre eux étaient morts en marchant sur les mines que l’EI avait habilement placées sous des chemins de terre apparemment fréquentés. Khadour avait lui-même été blessé par des éclats de mines, même s'il faisait plus de cas des scorpions qui venaient le piquer la nuit dans sa cabane de béton.
 
Il était également indigné par les médias. « Une équipe de télévision est venu à Palmyre après la bataille », m’a-t-il dit, « et le journaliste nous a demandé de reconstituer les combats pour pouvoir dire qu’il était là pendant qu’ils avaient lieu ! » Et il secoua la tête tristement. Ce n'était pas une équipe de télévision occidentale, a-t-il ajouté. Il m’a dit que la guerre allait continuer, qu'il y avait encore beaucoup de combats à mener dans le désert. Nous avons pris une photo de lui assis en treillis dans la chaleur du désert près d'un écran de camouflage déchiré. Il avait l'air de bonne humeur, fatigué peut-être, un homme qui avait beaucoup appris sur le désert. Il lui restait exactement un an à vivre.
 
L’EI est revenu à Palmyre et a été repoussé une fois de plus et quelques mois plus tard, a commencé la grande bataille pour repousser Isis vers l'Euphrate. Je voulais parler à Khadour à nouveau. Il se battait maintenant à l'est de Palmyre dans les collines autour d'al-Arak. Un ami l'a appelé, alors qu’il prenait un bref congé, chez lui, près de Lattakia - oui, c’était un alaouite tandis que la plupart de ses hommes étaient des musulmans sunnites -, pour lui dire que je voulais le voir. Il ne lui restait plus que deux jours à vivre.
 
L'officier supérieur de Khadour portait le même nom de famille – c’était le général Mohamed Khadour, qui commande toute la région militaire de l'est - bien qu'ils ne soient pas de la même famille. Il m'a emmené dans les collines où Khadour a été tué. Voici ce qu’il m’a dit : «  Un collègue et moi-même parlions au téléphone à Fouad là où il était attaqué près du champ [de pétrole] Ramamin et nous sommes allés le voir pour parler de l'opération. Nous l'avons vu sur une colline en train d’organiser ses troupes à al-Arak. Il s'est dirigé vers la route où nous nous étions arrêtés et l’EI tirait des mortiers qui ont atterri près de nous. Ils savaient sur qui ils tiraient. Nous avons donné nos plans à Fouad. J'ai dit que nous devrions évacuer temporairement cette zone. Quand nous sommes remontés dans notre véhicule, Fouad est venu pour nous dire au revoir. Mais juste après notre départ, un réservoir de pétrole a explosé à côté de lui. Nous avons appris qu'il avait été touché à la main. J'ai essayé de l'appeler sur son téléphone et il a essayé de me répondre mais il n’arrivait pas à parler. Je voyais qu’il était en ligne parce que son nom était inscrit sur l'écran de mon téléphone. Ils l'ont amené à l'hôpital, il continuait à dire : « C'est juste ma main » et il était tout à fait conscient. Mais ils ont découvert qu'un éclat d'obus était entré dans son corps et avait transpercé ses poumons. Et puis son état s’est détérioré, sa respiration a commencé à faiblir et, une heure plus tard, il était mort. C’était un héros et un homme très courageux. »
 
Les ennemis du régime le nieront - car ils maudissent toute l'armée d'Assad - mais le fait est que le général Fouad Khadour est mort en combattant la même idéologie meurtrière que la Russie, l'Amérique et la France et d'innombrables pays Occidentaux considèrent comme leur pire ennemi. Le fait que tant d'armes de l’EI proviennent de l’Occident – comme me l’ont répété aussi bien le général Khadour vivant que le général Khadour mort – donne un tour cruellement ironique à cette histoire. Le tank qui a tiré sur Fouad Khadour était peut-être un tank syrien capturé au début de la guerre - ou un Abrams américain pris par l’EI à Mossoul en 2014 et amené en Syrie comme beaucoup d'autres tanks américains.
 
Mais la mort de Fouad Khadour signifie autre chose. C’est la perte d’un officier supérieur expérimenté de plus dans une armée qui a perdu environ 74 000 soldats. Il y a en effet beaucoup d’officiers parmi les soldats morts, parce que les commandants de terrain en Syrie sont en première ligne. Un autre officier supérieur a été tué lors d'un cessez-le-feu qui a échoué à Alep il y a deux semaines. J'ai rencontré un colonel syrien à Alep ce mois-ci qui, après mure réflexion, m’a dit que 200 personnes qu'il connaissait personnellement avaient été tuées dans la guerre, la plupart des soldats, et parmi eux son oncle. Les survivants de cette armée et leurs familles - s'ils « gagnent » cette guerre et si une victoire claire est possible quand autant de puissances étrangères sont impliquées, voudront que leur sacrifice soit reconnu et même récompensé.
 
L'importance de l'armée syrienne augmente chaque jour. Ce n'est plus la force armée corrompue et corruptrice qui a pourri au Liban pendant 29 ans, ni la force armée mal entraînée qui s’est confrontée à l'insurrection, au début, quand ses propres soldats faisaient défection. C'est maintenant l'armée arabe la plus aguerrie du Moyen-Orient, plus que l’armée irakienne qui a beaucoup moins de soldats professionnels.
 
Et c'est l'armée syrienne qui devra reconstruire la Syrie. Le général Fouad Khadour - et sa mort - font donc partie du futur autant que du passé de la Syrie.
 
The Syrian army were standing up to Isis long before the Americans ever fired a missile
 

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Mossoul: Un bilan terrifiant, le fruit de crimes de guerre

Mossoul: Un bilan terrifiant, le fruit de crimes de guerre

Guerre contre le terrorisme, tout est possible quand les troupes sont sous commandement US, même les crimes de guerre. Le chiffre réaliste est de 40 000 morts, massivement des civils, pour cette attaque de 9 mois.

En juillet 2004, après une guerre éclair, les terroristes de Daech avaient pris la grande ville de Mossoul, où Abou Bakr al-Baghadi avait proclamé le califat. La coalition avait mis du temps à sa former, mais une fois lancée, l’issue de l’offensive sur Mossoul ne faisait pas de doute : une alliance des forces occidentales, irakiennes, kurdes et de milices chiites, avec une supériorité aérienne et de surveillance totale. Le drame redouté était une avancée aveugle des troupes, alors que les djihadistes de l’État islamique avaient pour unique objectif que de tenir, en se protégeant de la société civile.

 

La semaine dernière, Le Temps, l’un des rares journaux à parler du bilan, écrivait  : « Tragiquement, l’État islamique a réussi son dessein apocalyptique. Personne ne se risque à un bilan. Des milliers d’habitants ont sans doute été tués sous le déluge de feu déclenché par l’armada anti-djihadiste. Les déplacés se comptent par centaines de milliers et rien ne dit qu’ils rentreront un jour chez eux ».

Le 12 juillet, Amnesty International avait lancé l’alerte, en publiant un rapport intitulé «At any cost: The civilian catastrophe in West Mosul, Iraq», sur les coMbats entre janvier à la mi-mai 2017, le communiqué de presse résumant : « Ce document expose la manière dont le groupe qui se désigne comme l’État islamique (EI) a déplacé des civils des villages voisins vers les zones de combats de Mossoul-Ouest, les a pris au piège dans leurs maisons et empêchés de s’enfuir, les utilisant comme des boucliers humains. Les forces irakiennes et celles de la coalition n’ont pas pris de mesures appropriées pour protéger les civils qu’ils ont, au contraire, soumis à un déluge de feu terrifiant venant d’armes qui n’auraient jamais dû être utilisées dans des zones civiles densément peuplées ». Le rapport analyse avec une précision remarquable une série d’attaques s menées par les forces irakiennes et celles de la coalition menée par les États-Unis, et conclut : «L’ampleur et la gravité des pertes civiles durant l’opération militaire pour la reconquête de Mossoul doivent être immédiatement reconnues au plus haut niveau par le gouvernement irakien et par les autorités des États membres de la coalition menée par les États-Unis». Le rapport affirme : «Les horreurs dont la population de Mossoul a été le témoin, et le mépris de toutes les parties au conflit pour la vie humaine ne doivent pas rester impunis. Des familles entières ont été décimées et beaucoup sont toujours ensevelies sous les décombres. La population de Mossoul mérite que son gouvernement lui dise que justice sera rendue et que des réparations seront accordées afin que l’impact dévastateur de cette opération soit dûment pris en compte.

Je souligne l’importance de ce rapport, resté bien inaperçu.

Comme l’EI obligeait les civils à aller vers les zones de combat et les empêchait de s’enfuir, les zones qu’il contrôlait à Mossoul-Ouest se sont de plus en plus remplies de civils alors que les combats faisaient rage. Les forces irakiennes et celles de la coalition menée par les États-Unis n’ont pas adapté leur tactique à cette réalité et elles ont continué à utiliser des armes explosives et imprécises à large champ d’action dans des zones urbaines densément peuplées.

«L’utilisation par l’EI des habitants comme boucliers humains n'amoindrit pas l’obligation légale des forces pro-gouvernementales de protéger les civils», a déclaré Lynn Maalouf, responsable d’Amnesty. Les planificateurs militaires auraient dû prendre des précautions supplémentaires en utilisant leurs armes de manière à veiller à ce que ces attaques ne soient pas illégales.»

Amnesty International a recensé une série d’attaques dans lesquelles les forces irakiennes et celles de la coalition menée par les États-Unis « ne semblent pas avoir atteint les cibles militaires visées, mais au contraire avoir tué et blessé des civils et détruit ou endommagé des biens civils ». Dans certains cas, « la mort de civils ou les blessures qui leur ont été infligées semblent avoir résulté d’un choix d’armes inadaptées aux circonstances ou de l’absence de précautions nécessaires pour vérifier que la cible était bien un objectif militaire ».

Même dans les attaques qui semblent avoir atteint la cible militaire visée, « l’utilisation injustifiée d’armes puissantes ou l’absence de précautions nécessaires ont entraîné des pertes inutiles en vies humaines ». C’est ainsi que « le 17 mars 2017, une frappe aérienne américaine sur le quartier d’Al Jadida, à Mossoul, qui avait pour but de neutraliser deux tireurs embusqués de l’EI, a tué au moins 105 civils. Que des explosions secondaires aient ou non eu lieu – ainsi que le ministère américain de la Défense l’a affirmé – il aurait dû être évident pour les responsables que le risque encouru par les civils du fait de l’utilisation d’une bombe de 500 livres était manifestement excessif par rapport à l’avantage militaire escompté ».

Et ainsi de suite. Ce sont des crimes de guerre : « En utilisant des armes explosives à large champ d’action et en procédant à des frappes aériennes disproportionnées contre des zones civiles densément peuplées, les forces irakiennes et les membres de la coalition dirigée par les États-Unis n'ont pas adapté correctement leur stratégie à la réalité sur le terrain. Il ne fait aucun doute que des centaines, voire des milliers, de victimes civiles auraient pu être évitées dans l'ouest de Mossoul, si leur priorité avait été la protection des civils, comme l'exige le droit international humanitaire. » 

Dans The Independant, publie un très documenté article de Patrick Cockburn : « Pourquoi le monde n’est-il pas outragé les morts massives de civils à Mossoul ?  » D’après Patrick Cockburn, qui a suivi tous les évènements, les services secrets, repris par les autorités, estiment le nombre de morts civils à 40.000. Lisez son article, et suivez les liens. C’est effarant, et cela prépare quoi ?

Pour le moment, nous en resterons au constat de ses morts civiles.

http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/ 


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L’indifférence internationale pour des dizaines de milliers de victimes civiles de Mossoul est une honte

L’indifférence internationale pour des dizaines de milliers de victimes civiles de Mossoul est une honte
L’indifférence internationale pour des dizaines de milliers de victimes civiles de Mossoul est une honte
Patrick Cockburn, The Independent
 
Les civils de la ville ont fait face à un Catch-22*: les forces de la coalition dirigées par les États-Unis leur disaient de fuir les positions de l’EI avant leur bombardement; mais l’EI menaçait de les exécuter s'ils essayaient de fuir.
 
 
 
Les forces du gouvernement irakien, qui avaient subi de lourdes pertes dans le secteur oriental, ont utilisé une plus grande puissance de feu dans la bataille pour l'ouest de Mossoul, Reuters
 
 
Le nombre catastrophique des victimes civiles à Mossoul n’intéresse pas beaucoup de politiciens ni de journalistes dans le monde. Cela contraste terriblement avec l'indignation exprimée dans le monde entier pendant le bombardement de l'est d'Alep par le gouvernement syrien et les forces russes, fin 2016.
 
Hoshyar Zebari, le chef kurde l’ancien ministre irakien des Finances et des Affaires étrangères, m'a déclaré lors d'une interview, la semaine dernière: « Les Services du renseignement kurde estiment que plus de 40 000 civils ont été tués par l’énorme puissance de feu de la Police fédérale, des frappes aériennes et de l’EI lui-même. »
 
Le nombre réel des morts qui sont enterrés sous les tas de décombres de l'ouest de Mossoul est inconnu, mais il s’élève probablement à des dizaines de milliers, au contraire des estimations beaucoup plus basses données précédemment.
 
Les gens ont du mal à comprendre pourquoi le nombre de morts à Mossoul a été aussi important. Un rapport méticuleux mais horrifiant d'Amnesty International (AI) intitulé « A tout prix: la catastrophe civile dans l'ouest de Mossoul » en donne une explication à la fois correcte et neutre.
 
Il ne donne pas le chiffre exact du nombre de morts, mais, à part ça, il confirme beaucoup des choses qu’a mentionnées M. Zebari, notamment les dommages épouvantables causés par les tirs qui ont duré cinq mois sans interruption, de l’artillerie et de roquettes sur une zone encerclée et remplie de civils qui ne pouvaient pas s'échapper.
 
Cependant, même cela ne suffit vraiment pas à expliquer le carnage incroyable qui a eu lieu. Beaucoup de sièges au cours des siècles ont occasionné de terribles pertes civiles, mais dans un domaine précis, le siège de Mossoul était différent des autres : il n’était pas question pour l’EI, le mouvement le plus cruel et le plus violent du monde, de renoncer à ses boucliers humains.
 
Même avant l'attaque des forces gouvernementales irakiennes aidées par la coalition dirigée par les États-Unis, qui a débuté le 17 octobre de l'année dernière, l’EI rassemblait des civils dans la ville et ne leur permettait pas d’en sortir pour se mettre à l’abri. Ceux qui ont réussi à atteindre les camps de réfugiés à l'extérieur de Mossoul ont dit que l’EI avait posté des tireurs d'élite et posé des pièges et des mines pour empêcher les habitants de partir.
 
Déterminé à garder coûte que coûte ses centaines de milliers de boucliers humains, l’EI les a entassés dans un espace de plus en plus restreint à mesure que les forces pro-gouvernementales avançaient. Les patrouilles de l’EI ont dit qu'elles tueraient tous ceux qui quittaient ses maisons. Elles ont soudé des portes métalliques aux maisons pour maintenir les gens à l’intérieur, et ont pendu à des pylônes électriques, ceux qui essayaient de s'échapper et ont laissé leurs corps pourrir là.
 
«  A mesure que l’EI perdait du terrain pendant la bataille, les zones contrôlées par l’EI se remplissaient de plus en plus de civils », explique le rapport d’Amnesty International. « Les résidents de Mossoul ont expliqué à Amnesty International qu’ils étaient obligés de s’entasser dans les maisons par groupes de 15 à 100, avec leurs parents ou leurs voisins ».
 
Ce sont ces groupes qui sont devenus les victimes de la massive puissance de feu des forces pro-gouvernementales. Dans de nombreuses rues, toutes les maisons sont détruites et il m’a même été impossible d’entrer dans des quartiers gravement endommagés parce que leur accès était bloqué par des ruines, des cratères de bombes et des voitures brûlées.
 
À l'extérieur de Mossoul, les gens ont tendance à penser que les frappes aériennes sont responsables de la plus grande partie des destructions - et ce n’est pas entièrement faux -, mais M. Zebari a raison de dire que ce sont les bombes et les roquettes des forces terrestres pro-gouvernementales, en particulier de la Police fédérale , qui ont causé le plus de destruction et de pertes civiles.
 
 Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil aux armes utilisées par les forces pro-gouvernementales: elles incluent des obusiers de 122 mm et 155 mm, mais aussi des roquettes Grad de 122 mm, dont l’imprécision est notoire, et des munitions improvisées (IRAM) fabriquées localement qui peuvent atterrir à peu près n’importe où.
 
Le lance-roquette Grad est une arme soviétique qui remonte à cinquante ans et qui se compose de 40 roquettes, montées sur un véhicule, qui peuvent être tirées en salves de cinquante secondes. Les versions antérieures de cette arme ont eu un effet dévastateur sur l'infanterie allemande et ses positions fortifiées dans les tranchées de la Seconde Guerre mondiale. Les civils rassemblés dans les fragiles maisons dans l'ouest de Mossoul avaient peu de chance de s’en tirer.
 
La coalition dominée par les États-Unis a déclaré qu'elle tentait d'éviter les frappes aériennes sur les endroits où il y avait des civils et que ses avions ont largué des tracts pour leur dire de s'éloigner des positions de l’EI. Les gens sur le terrain à Mossoul ont vécu cela comme une blague cruelle, parce qu'ils n'avaient nulle part où aller et, que l’EI leur tirerait dessus s'ils essayaient de s'enfuir.
 
En outre, le système de défense de l’EI était basé sur le déplacement rapide de ses combattants de maison en maison à travers les trous creusés dans leurs murs dans les quartiers modernes de Mossoul; et dans la vieille ville, où la plupart des maisons ont des caves, l’EI a reliés ces caves par des tunnels pour pouvoir tirer et s’enfuir avant que la maison où ils étaient ne soit détruite, le plus souvent par des bombes de 500 livres.
 
« Il y avait très peu de combattants de Daesh [EI] dans notre quartier, mais ils ont largué beaucoup de bombes dessus », a déclaré Qais, 47 ans, un résident du district de Mossoul al-Jadida. Il a estimé qu'entre 600 et 1 000 personnes avaient été tuées dans le quartier, et il m'a montré des photos sur son téléphone de la maison qui était autrefois à côté de la sienne et qui avait été réduite à un tas de débris de briques. « Il n'y avait pas de combattants de Daesh dans cette maison », a-t-il dit. « Mais il y avait sept membres de la famille Abu Imad, et cinq d’entre eux ont été tués en même temps que deux passants ».
 
Il y a une autre raison qui explique de la dévastation causée par la bataille pour l'ouest de Mossoul, c’est ce qui s’est passé pendant les combats pour l'est de Mosul entre le 17 octobre et 24 janvier. Le gouvernement irakien et les Américains s'attendaient à une victoire difficile mais relativement rapide. Ils pensaient prendre toute la ville en deux mois environ (en fait, cela a duré neuf mois).
 
L'attaque de la partie de la ville située à l'est de la rivière Tigre avait été principalement menée par le Service de lutte contre le terrorisme qui est hautement qualifié et expérimenté dans le combat de rue. Les frappes aériennes ciblaient soigneusement des objectifs sélectionnés et n’étaient pas lancées au premier signe de résistance que rencontraient les troupes au sol.
 
Cette tactique des forces pro-gouvernementales n'a pas fonctionné. Certes, ils ont fini par reprendre l'est de Mossoul après trois mois de gros combats et au prix de très lourdes pertes dans le Service de lutte contre le terrorisme (de 40 à 50 %). Ils ne pouvaient plus se permettre d’avoir autant de pertes dans l'ouest de Mossoul où l’EI était encore plus profondément retranché.
 
Lorsque l'assaut contre l'ouest de Mossoul a commencé le 19 février, les forces pro-gouvernementales se sont donc mises à utiliser plus facilement l'artillerie, les roquettes et la force aérienne. Et en plus du Service de lutte contre le terrorisme ils ont fait venir la Police fédérale et la Division des interventions d'urgence, qui étaient beaucoup toutes les deux moins bien formés et plus sectaires que le Service de lutte contre le terrorisme. Comme elles ont à leur tour subi de lourdes pertes, elles ont perdu toute retenue dans l'utilisation de leur puissance de feu.
 
Pourquoi n'y a-t-il pas eu plus de protestation concernant la destruction de l'ouest de Mossoul? Il n’y a aucun doute que les pertes civiles ont été massives, même s'il existe des différends sur le nombre exact de morts.
 
La raison principale de ce manque d'indignation est que l'EI était perçu comme un mouvement intrinsèquement diabolique qui devait être vaincu peu importe le nombre de morts que cela occasionnait parmi les habitants de Mosul.
 
C'est un argument qu’on peut entendre, mais qui, si l’on en juge par le passé, laisse craindre que l'Irak ne trouve jamais la paix.
 
Note :
*Situation de double contrainte illustrée par le roman Catch-22 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Catch_22_(roman)
 
Why is the world not outraged at mass civilian death in Mosul?
 

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La guerre du Mali s’étends au Burkina Faso et au Niger

Quatre ans et demi après l’invasion du Mali en janvier 2013 par une force d’invasion française soutenue par les États-Unis, la guerre part en vrille vers un conflit régional plus vaste, entraînant la fermeture des frontières par les gouvernements voisins et stimulant les escalades des gouvernements occidentaux.
La guerre du Mali s’étends au Burkina Faso et au Niger
Les zones frontalières du Mali connaissent « une expansion significative des activités extrémistes et terroristes violentes, y compris des attaques transfrontalières coordonnées contre les postes de sécurité et le pillage des colonies frontalières », a déclaré jeudi le haut fonctionnaire des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest.

En outre, des groupes d’opposition ont organisé des manifestations pendant le week-end à Bamako, la capitale du Mali, en rassemblant des milliers de manifestants avec pour but de bloquer des changements juridiques en projet qui donneraient les pouvoirs d’urgence au gouvernement du président Ibrahim Boubacar Keita.

Lundi dernier, huit soldats maliens en déplacement entre Gao et Menaka ont été embusqués et tués. Mercredi, les forces armées du Burkina Faso se sont heurtées à des militants fortement armés le long de la frontière Burkina-Mali. Vendredi, la Mauritanie a déclaré que sa frontière nord-est est une zone fermée et militarisée, annonçant que « toute personne qui circule ou transite dans cette partie du territoire national sera considérée comme une cible militaire. »

Le 8 juillet, Nusrat al-Islam wal Muslimin (JNIM, Soutien de l’Islam et des Musulmans) a attaqué une base de l’armée française près de la ville de Tessalit, tuant au moins trois soldats français. Le 9 juillet, les combattants de JNIM ont attaqué un poste de police dans la province de Mobti. En mars, les principales factions islamistes du Mali, Ansar Dine, Al-Mourabitoun, les factions Massina et Al Qaida ont annoncé leur fusion dans une nouvelle formation, Nusrat-ul-Islam, sous la direction d’Iyad Ag Ghaly.

Une filiale d’Al Qaida au Mali, JNIM, a attaqué une garnison nigériane près du village de Tsawah le long de la frontière entre le Mali et le Niger en juin.

Le président français Emmanuel Macron s’est rendu à Tombouctou début juillet afin de discuter des plans visant à renforcer l’armée multinationale du G5 Sahel, une coalition impérialiste constituée en février 2014, composée de forces des gouvernements du Niger, du Tchad, du Burkina Faso et de la Mauritanie. Le 2 juillet, Macron a demandé à cette coalition G5 de mettre 5000 soldats à l’appui des activités militaires françaises contre les « terroristes, les voyous et les meurtriers ».

« Cette force va d’abord sécuriser les frontières, en particulier dans les régions où des groupes terroristes se sont développés », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Yves Le Drian au Monde.

« Il ne semble pas que la France se retirera du Mali de si tôt », a dit France 24 en réponse à l’annonce.

En complément des opérations militaires françaises en expansion, le parlement allemand a voté en janvier pour augmenter les déploiements de troupes au Mali de 350 à 1000, ce qui fait du Mali la plus grande mission d’outre-mer de l’armée allemande.

Les causes immédiates de la guerre du Mali provenaient des retombées de la guerre des États-Unis et de l’Otan de 2011 contre la Libye. À partir de janvier 2012, le Mouvement national pour la libération d’Azawad (MNLA), une milice ethnique touareg, a lancé une insurrection contre le gouvernement central et a établi le contrôle sur des sections du nord du Mali. En mars 2012, un coup d’État dirigé par des soldats du gouvernement se présentant comme le Comité national pour la restauration de la démocratie et de l’État (CNRDR) a enlevé le président Amadou Toure du pouvoir. Des groupes de milices rebelles ont pris le contrôle des villes maliennes de Gao, Tombouctou et Kidal à la suite du coup d’État.

À partir de janvier 2013, Paris a répondu avec des vagues répétées de déploiement de troupes, avec le soutien de Washington. L’invasion de 2013, « l’opération Serval », a servi de fer de lance pour une expansion majeure du militarisme français dans les anciennes exploitations coloniales du pays en Afrique de l’Ouest.

En échange de « l’aide » française pour stabiliser le nord du Mali, Paris a exigé et reçu le droit d’installer ses troupes dans tout le pays. Les gouvernements maliens précédents ont été parmi les quelques régimes de l’Afrique francophone qui résistaient à de tels arrangements, limitant les activités militaires françaises à la formation à petite échelle des forces locales. Avant 2013, les troupes françaises de combat étaient absentes du territoire malien depuis leur retrait suite à l’indépendance formelle du pays en 1960.

Dans le cadre de « l’Opération Barkhane », successeur de « Serval », quelque 6000 soldats de l’armée de terre française, des centaines de véhicules blindés, des avions de combat, des hélicoptères d’attaque et des drones sont maintenant déployés dans tout le Sahel. Des troupes allemandes et françaises supplémentaires ont été déployées sous les drapeaux de l’Union européenne en février 2014, à des fins officielles de formation des unités maliennes.

Les élites dominantes américaines et européennes sont déterminées à resserrer leur emprise sur le Sahel, qui abrite des ressources naturelles massives, qui comprennent l’uranium et de nombreux métaux précieux, et auraient, selon des spéculations, les plus grandes réserves de pétrole inexploitées en Afrique.

Le bassin du Taoudeni au nord de Mali est connu depuis les années 1970 pour contenir de grandes réserves de pétrole et de gaz. En 2011, la firme française Total a déclaré avoir trouvé « l'El Dorado des réserves de pétrole » dans la région désertique du Nord. Une analyse géologique faite en 2015 par des américains a révélé que le bassin de Taoudeni contient « 160 millions de barils de pétrole conventionnel, 1880 milliards de pieds cubes de gaz conventionnel, 602 millions de barils de pétrole de schiste et 6395 milliards de pieds cubes de gaz de schiste ».

L’implication des forces françaises, allemandes et d’autres forces de l’Union européenne (UE) dans le Sahel fait partie d’une « nouvelle orientation majeure dans la politique de sécurité européenne », selon le Conseil européen des relations extérieures.

Selon les puissances européennes, le Sahel représente « un deuxième front dans la guerre contre le terrorisme », c’est-à-dire « construire à côté d’un nombre croissant de multinationales dans l’espoir d’extraire des réserves de pétrole et de gaz du Mali et de la Mauritanie et une forte présence militaire française », selon l’Environmental Justice Atlas. En plus de s’emparer du contrôle des ressources du continent et de faire valoir les intérêts des banques et sociétés européennes dominantes, les puissances européennes considèrent la militarisation du Sahel comme un moyen de supprimer le flot de réfugiés qui part vers le nord et la Méditerranée.

Ces politiques visent à rétablir l’ordre colonial établi par l’impérialisme mondial au cours des 19ᵉ et 20ᵉ siècles. Tout au long de la période de « décolonisation » à partir des années 1960, les économies et les sociétés de l’Afrique de l’Ouest étaient subordonnées aux besoins de l’impérialisme français grâce à un éventail de mécanismes, y compris le contrôle des réserves de monnaie et des matières premières africaines, les droits de monopole des entreprises françaises dans tous les secteurs clés de l’économie et des arrangements permanents pour installer des forces militaires et policières sur le sol africain.

Des dizaines de coups d’État ont été conçus depuis Paris contre les gouvernements africains, à commencer par l’assassinat du chef de l’État du Togo, Sylvanus Olympio en 1963, qui a commis l’erreur fatale de tenter de faire passer l’économie du Togo à sa propre monnaie nationale. Le président malien Modiba Keita a connu un sort semblable après avoir cherché à quitter la zone monétaire française en juin 1962.

En 1975 et encore en 1989, des officiers militaires français ont organisé le renversement des présidents tchadiens. En 2003, les troupes françaises ont renversé le président de la République centrafricaine (RCA), Ange-Felix Patasse, mettant au pouvoir le général François Bozize, après que Patasse a cherché à expulser la présence militaire française de la RCA. À l’heure actuelle, près de

2 000 soldats français opèrent en République centrafricaine dans le cadre de la « mission de maintien de la paix » aux côtés des troupes de l’Union africaine.

Plus récemment, en 2009, Paris a organisé un coup d’État contre le gouvernement malgache de Marc Ravalomanana, après qu’il avait cherché à conclure des accords commerciaux avec des intérêts impérialistes rivaux aux dépens des sociétés françaises.

« La France a établi des bases militaires en Afrique pendant la période coloniale et a maintenu une présence militaire en Afrique après « l’indépendance du drapeau » de ses anciennes colonies dans les années 1960 », a écrit Gary Busch dans un article pour Pambazuka News cette semaine.

« Ces accords ont permis à la France d’avoir des troupes et des policiers prépositionnés dans des bases à travers l’Afrique ; en d’autres termes, des unités de l’armée et de gendarmerie françaises présentes en permanence et par rotation dans les bases et les installations militaires en Afrique, entièrement dirigées par les Français. Le Pacte colonial était bien plus qu’un accord pour stationner des soldats en Afrique. Il a lié les économies de l’Afrique au contrôle de la France », a noté Busch.

Malgré la rhétorique incessante à propos de « combattre le terrorisme », les milliers de soldats occidentaux qui envahissent l’Afrique sont envoyés principalement pour assurer des intérêts stratégiques. La scène se met en place pour une lutte féroce entre les grandes puissances pour le contrôle du continent. L’arrivée au pouvoir de l’administration Trump, avec son programme ultra-nationaliste de « l’Amérique d’abord », intensifie les tensions inter-impérialistes et alimente les conflits dans toutes les sous-régions de l’Afrique.

Cette semaine, les médias occidentaux ont lancé des avertissements inquiétants concernant les dangers du piratage et du terrorisme dans le golfe de Guinée, le delta du Niger et le bassin du lac Tchad. Quelque 5,2 millions de personnes ont déjà été déplacées par l’invasion au nord du Nigeria dirigée par le Tchad et soutenue par l’Occident, justifiée au nom du « combat » contre Boko Haram.

L’expansion de la guerre du Mali est une expression avancée des tendances à la guerre et de la crise sociale au travail dans toute l’Afrique et dans le monde entier. Deux demi-décennies après la dissolution de l’Union soviétique et la supposée « fin de l’histoire », les gouvernements africains chancellent face à la guerre, la famine et la maladie. La seule réponse des élites nationales d’Afrique c’est d’autres préparatifs de guerre et une intégration plus profonde dans les establishments capitalistes, politiques et militaires d’Amérique du Nord et d’Europe de l’Ouest.

(Article paru en anglais le 18 juillet 2017)

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Dépôt de plaintes à CPI par la société civile palestinienne ce mercredi

Ce mercredi 19 juillet, Me Gilles Devers déposera auprès de la procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI) à la Haye des plaintes issues de 40 associations et syndicats de Gaza, et rédigées par 40 avocats palestiniens représentant 450 victimes civiles palestiniennes.
Dépôt de plaintes à CPI par la société civile palestinienne ce mercredi
Ces plaintes, indique Me Gilles Devers, visent trois crimes, concernant :

la colonisation,
le siège de Gaza
et l’attaque militaire israélienne sur Gaza de l’été 2014.

"Depuis qu’en décembre 2014, la Palestine a ratifié le traité de la CPI en tant qu’Etat, la procureur de la CPI a ouvert la première phase, dénommée ’examen préliminaire’. Il faut désormais passer à l’enquête elle-même sur les crimes, à l’aide des documents et des preuves qui seront fournies ce mercredi par la société civile palestinienne, et qui sont recevables au titre de l’article 15.1 du statut de la CPI", précise Gille Devers.

"La CPI aura désormais tous les éléments pour répondre à la question ’Y a-t-il une base raisonnable pour penser que des crimes entrant dans la compétence de la Cour ont été commis ?’, et il lui sera difficile de s’y dérober", estime cet avocat spécialisé en droit international.

Le dépôt de plaintes se fera mercredi 19 juillet à 15 H dans le bureau de la procureur de la CPI.

Une conférence de presse se déroulera juste avant, à 13 H à l’Hôtel Mercure de La Haye, en duplex avec les avocats de Gaza.

Contact : Me Gilles Devers +33 6 14 26 31 69 gilles@deversavocats.com

ENGLISH TEXT :

PRESS RELEASE

PALESTINIAN CIVIL SOCIETY TO FILE A COMPLAINT BEFORE THE ICC ON JULY 19

More than 40 Palestinian trade unions, associations and organizations plus 450 individual victims will file a complaint with the ICC on July 19, 2017.

The complaint has been drafted by 40 lawyers from the Gaza Bar, and the procedure coordinated by Maître Gilles DEVERS, with the support of a large delegation of international lawyers.

The complaint concerns three crimes :

the blockade of Gaza
the Israeli aggression in the summer of 2014
the Israeli settlements inPalestine.

Hospitals which were victims of the Israeli aggressions are the first complainants.

Palestinian civil society has taken this initiative due to the lack of political will on behalf of the Palestinian Authority, which has not filed an ICC complaint and does not support the procedure.
Despite ratifying the ICC treaty in December 2014, and making a retroactive declaration until June 2014 for the Court to have jurisdiction over the Israeli military aggression in Gaza during the summer of 2014, the Palestinian Authority has failed to make a state complaint.
Although the Prosecutor subsequently opened a ‘preliminary examination’ on Palestine, it has stalled.

ICC proceedings are progressive, and our action aims to move the proceedings forward from the first stage of ‘preliminary examination’ to the second, ‘open an inquiry.’
According to the Statute of the Court, the Prosecutor must open an inquiry when there is a reasonable basis to believe that a crime within the Court’s jurisdiction has been committe
(Art 53).
Clearly, there is a reasonable basis to believe that crimes within the jurisdiction of the court have been committed in Gaza and the Westbank, and the evidence we are presenting today should convince the prosecutor of the need to open the full inquiry.
The current situation certainly cannot continue if the ICC’s goal of ending impunity is to be realised.

Press Conferences will be held simultaneously in The Hague and Gaza on July 19, 2017. (Note local time)

The Hague Mercure Hotel Den Haag Central (1pm ) - Spui 180, 2511 BW Den Haag,
Gaza Shifa Complex, West Gate Paesi Bassi (2pm) Bashir Al Alami Hall, HRDD

The delegation will then file the complaint at the ICC, the appointment being confirmed for 3 pm.

Contacts : Julie Webb-Pullman (English) +972 595 251720 jwebbp@gmail.com SKYPE : juliewp
Mahmoud Afana (Arabic) +972 599 946909
Gilles Devers (French) +33 6 14 26 31 69 gilles@deversavocats.com
Khaled Al Shouli (Arabic, French) +33682576834 kaled165@hotmail.com




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Syrie – L’accord Trump-Poutine tiendra-t-il?

Syrie - L'accord Trump-Poutine tiendra-t-il?
Syrie - L'accord Trump-Poutine tiendra-t-il?
Moon of Alabama
 
Le conflit entre les États-Unis et la Russie sur la Syrie semble s'être résorbé depuis la récente rencontre de Poutine et Trump à l’occasion du G-20. Il y a eu une sorte d'accord, mais on ne connait ni sa portée ni sa puissance contraignante. L’objectif commun est, comme d’habitude, la défaite d'ISIS.
 
 
Source: Fabrice Balanche / WINEPPour agrandir
 
Lors de la rencontre entre les présidents Trump et Poutine à Hambourg, il a été convenu d’une trêve temporaire pour la région du sud-ouest de la Syrie. Le gouvernement syrien (en violet) détient la ville de Deraa tandis que divers groupes d’insurgés parrainés par l’étranger (en vert), dont Al-Qaeda et l’EI, occupent les zones frontières d’Israël et de Jordanie. Il y a eu des combats sérieux après les récentes attaques d'Al-Qaïda sur la ville de Baath, près du plateau du Golan. Au cours de ces dernières, la force aérienne israélienne a soutenu plusieurs fois les groupes d'al-Qaïda en attaquant l'armée syrienne.
 
En vertu de l'accord de trêve, la partie russe garantit que le gouvernement syrien et ses alliés cessent le combats pendant que les États-Unis garantissent qu’Israël, les différents groupes de l’Armée syrienne libre, al-Qaïda et EI se tiennent tranquilles. La trêve tient depuis plusieurs jours. Il n'y a pas eu de sabotage. Les États-Unis semblent avoir une grande influence sur TOUTES ces entités.
 
À l'est de la région de Deraa, dans le gouvernorat de Sweida, l'armée syrienne a continué ses opérations contre des groupes de l'Armée syrienne libre soutenus par les États-Unis. En quelques jours, elle a repris beaucoup de terrain sans rencontrer beaucoup de résistance, y compris une base américaine abandonnée dont l’existence n’était pas officiellement connue. Il est possible qu'une partie secrète de l'accord de trêve de Deraa autorise l'armée syrienne à libérer toute la zone proche de la frontière jordanienne jusqu'au check-point d’al-Tanf tenu par les Etasuniens, à l'est.
 
La base étasunienne de Tanf était devenue inutilisable quand l'armée syrienne a repris le territoire au nord de la base et que la milice irakienne a bloqué ses accès du côté irakien. Les États-Unis avaient formé des mercenaires syriens à Tanf et avaient prévu de les envoyer au nord, en direction de Deir Ezzor. Comme cette route est maintenant bloquée, certains mercenaires bien formés ont récemment été transférés par voie aérienne à la base de Shadadi au nord-est de la Syrie où ils devront se battre sous commandement kurde. D'autres ont refusé de partir vers le nord. Jaysh Maghawir al-Thawra, qui portait auparavant le nom de Nouvelle armée syrienne, se compose principalement de locaux qui ne veulent probablement pas quitter leurs familles et ne veulent pas se battre sous commandement kurde. Les États-Unis devraient leur laisser quitter la zone et les renvoyer à la maison.
 
Aujourd'hui, un double mouvement contre le siège d'ISIS sur Deir Ezzor a été lancé. Les forces de l'Armée arabe syrienne et leurs alliés se sont déplacées vers l’est à partir de Palmyre et vers le sud-est à partir de Raqqa. Des forces syriennes positionnées plus au sud-est près de la frontière irakienne pourraient aussi faire mouvement vers Deir Ezzor. L'armée de l'air irakienne a récemment lancé des attaques aériennes contre la position de l'EI dans la région de Deir Ezzor. Cela a été fait en accord avec le gouvernement syrien. C’est peut-être le signe que les forces irakiennes sont prêtes à se joindre au combat pour libérer la ville, en se déplaçant vers le sud-ouest à partir de leurs positions près de Tal Afar. L'armée américaine a abandonné son rêve d'attaquer et d'occuper Deir Ezzor par mercenaires interposés.
 
L'ouest et le nord-ouest de la Syrie ont été relativement calmes. L’attaque turque sur les zones kurdes, que la rumeur avait annoncée, n'a pas eu lieu. Les zones principalement occupées par Al-Qaïda dans les gouvernorats d'Idleb sont encore livrées à l’anarchie. Al-Qaeda, EI, Turkmènes, Ouïghours, Kurdes, bandes locales de l'Armée syrienne libre ont tous de petits fiefs dans la région. Les attaques et les assassinats sont quotidiens. Le gouvernement syrien n'a aucune raison de d’intervenir dans la mêlée.
 
L'accord entre Trump et Poutine sur la Syrie pourrait être plus large que ce que l'on en sait officiellement. Pour l'instant, il semble que les camps se soient mis d'accord sur des zones d'influence. Les États-Unis occuperaient, pour l'instant, le nord-est qui est actuellement sous le contrôle de ses forces par procuration des Unités kurdes de protection du peuple (YPG). Ils y construisent de nouvelles bases. Ils en ont maintenant huit ou neuf. Au moins trois d'entre elles ont leurs propres pistes d'atterrissage. Ils demandent au Congrès de valider la construction d’autres bases encore. Il est évident que l'armée américaine envisage de rester dans la région même après que l’EI soit vaincu.
 
Mais les Kurdes en Syrie ne sont qu'une minorité dans presque tous les territoires qu'ils contrôlent actuellement. Ils ne sont pas unis et les YPG, le seul partenaire américain, est un groupe radical anarcho-marxiste qui n'a pas de légitimité, seulement de la puissance. La zone est enclavée et tous ses voisins sont contre l'autonomie kurde.
 
L'effort des États-Unis pour s'imposer dans la région n’aboutira à rien.  La tentative d’utiliser les Kurdes comme un cheval de Troie échouera probablement. Le ministère de la Défense, n'a pas encore accepté ces évidences semble-t-il. Il peut encore essayer de saboter l’accord conclu par Trump et Poutine.
 
 
MoA - Syria Summary - Will The Trump-Putin Agreement Hold?
 
 

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Des finalités et du complot de la guerre d’Irak.

Des finalités et du complot de la guerre d'Irak.
Une interview incontournable et inquiétante sur le complot contre les chrétiens du monde, mis en place par les américains, constructeurs de daesh et isis. La on comprend un peu mieux la finalité de la fameuse guerre d’Irak mise en place par Tatcher et Reagan Kissinger etc.... Erreur, lapsus, trop de confiance en lui ? Toujours est-il qu'Obama, qui se vantait, des les années lycées, qu'il serait président de la république, déclara qu'ils (les USA) entrainaient ISIS (ex DAESH) Certes la vidéo est ancienne mais elle a son importance car peu de gens le savent. Andrew basiago
https://actualite.housseniawriting.com/insolite/2016/04/26/andrew-basiago-voyageur-temps-candidat-a-lelection-presidentielle-americaine-de-2016/15348/

Le film "retour vers le futur" fait largement réference et au 11 septembre et à donald Trump, la question à posée est : mind control (intox) ou réalité ? Il n'en reste pas moins, comme information dans cette vidéo, que l'on apprend qu'Obama était "prédestiné" par le clan en place et de longue date.

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Diplomatie française au Sahel, quelle sera la surprise du chef ?

Diplomatie française au Sahel, quelle sera la surprise du chef ?
Importante agitation dans tout ce que compte comme médias la galaxie de «l’Algérie francophile» qui contrairement à celle de « l’Algérie francophone» qui considère comme Kateb Yacine que la langue française n’est qu’un butin de guerre et qui exige que les relations algéro-françaises soient équitables, mutuellement avantageuses et sans ambigüité, déploie sa « force de frappe » à propos de ce qu’elle considère comme un événement «d’importance majeure», la nomination du nouvel et néanmoins ancien ambassadeur de France en Algérie. S’il est vrai qu’être ambassadeur à Alger est devenu synonyme de promotion future, Bernard Bajolet ayant été nommé coordinateur du renseignement par l’ancien président Sarkozy et Bernard Emié chargé du renseignement extérieur par le président Macron, la nomination d’un nouvel ambassadeur n’a pas pour autant, nous semble-t-il, plus d’importance que l’arrivée à Alger d’un nouvel ambassadeur russe, américain où chinois. S’agissant de ce nouvel ambassadeur français, chacun y va donc de sa « contribution ». Interview de l’intéressé, mise en perspective de son parcours, promotion de « son message vidéo aux algériens, etc... Les médias français n’en auraient bien entendu jamais fait autant à propos de la nomination d’un nouvel ambassadeur algérien dans ce pays. Voilà ce dont à quoi nous assistons en cette date de célébration du 5 juillet 1962, année de rupture par la lutte armée avec l’occupation coloniale française de l’Algérie et de recouvrement de notre indépendance. Un spectacle affligeant qui confirme si besoin est que le potentiel de colonisabilité, concept de notre compatriote et grand intellectuel Malek Bennabi, reste chez une frange de notre peuple extrêmement vivace et intact. Mais trêve de jérémiades. L’evenement majeur selon nous a eu lieu sur l’Esplanade du Sanctuaire des Martyrs à Alger. Ce sont ces exercices et démonstrations effectués à la grande joie des nombreuses personnes présentes et réunies en communion avec elles, par nos forces armées. Ces exercices dont un de sauvetage en mer qui ont été d’un grand professionnalisme mais aussi et surtout chargés d’une forte émotion nous réconfortent sur notre capacité à défendre jalousement ce pays et cette terre bénis qui suscitent encore appétit et convoitises. La vigilance doit être en tous les cas de mise car l’avenir est dans un contexte international extrêmement perturbé devenu lourd de menaces et de dangers qu’il faut dés à présent appréhender et circonscrire.
Ainsi par exemple, ce ballet diplomatique qui se déploie actuellement à propos du Sahel, se prétend inclusif tout en affichant clairement sa volonté d’exclure notre pays, puissance régionale incontournable, mérite toute notre attention. Dans un excellent article intitulé la diplomatie algérienne face au jeu trouble de la France au Sahel, le journaliste Fayçal Metaoui recadre parfaitement la chronologie des séquences qui se déploient actuellement dans cette région. En effet, la stratégie française de contournement du rôle de l'Algérie dans la résolution non seulement de la question du Sahel mais aussi de la réunification de la Libye est désormais évidente. Elle semble même constituer, selon nous, l'un des marqueurs de la nouvelle politique étrangère conduite par le nouveau président français qui ne sera pas différente de celle de ses prédécesseurs et ne remettra pas en cause les fondamentaux qui la caractérisent. La première séquence de cette stratégie de contournement a été actée, selon nous et dans sa mise en œuvre actuelle, lors de la visite du Président Français au Maroc. Ce dernier, pays pourtant frère et voisin de l’Algérie, semble aujourd'hui se prêter sans hésitation à ces manœuvres sournoises et soutenir tout affaiblissement potentiel de la diplomatie algérienne dont tout le monde connait les succès qui ont été jusqu’à présent les siens.
L’Algérie fidele à sa doctrine de non ingérence et de respect de la souveraineté des pays, inspirée de son histoire et de son combat pour l’indépendance, ne peut être forcée ni entraînée dans une aventure dont nous connaissons tous et par avance l’issue. A ceux qui voulaient jouaient aux apprentis sorciers en Algérie pendant que ce pays baignait durant plus d’une décennie et sans secours de l’extérieur dans le sang, certaines voix avaient suggéré de se méfier de ce qu’elles avaient elles-mêmes qualifié à l’époque de «sables mouvants algériens », d’autres aujourd’hui prédisent à propos du sahel qu’il deviendra un bourbier d’où personne ne sortira jamais indemne si l’escalade militaire est entretenue à son propos et au détriment de la solution politique et de la primauté au dialogue entre les parties en conflit. Au Sahel, en Libye et ailleurs.
Ceux qui tentent de sous-estimer l’Algérie se trompent. Ce pays qui s’attelle avec sérénité et détermination à résoudre ses problèmes internes qui sont nombreux et multiformes (économiques, politiques, sociaux, de transition démocratique, de transition énergétique, etc. .) y consacre tout son temps et tous ses efforts. Sauf quelques rares enclaves qui finiront elles aussi par s’émanciper, la France n’a plus grande influence en Afrique. Russes, Américains et Chinois s’y partagent désormais les principaux rôles. Et être doublé par l’Algérie qui monte en puissance sur de nombreux dossiers semble devenir quasiment insupportable pour l’ancienne puissance coloniale ! Mais pourquoi donc cet entêtement à entretenir la stratégie de la tension dans une région qui a plutôt besoin de paix, de dialogue et de développement économique ? Quels sont les éléments nouveaux de la politique étrangère que compte déployer le nouveau président français ? Personne ne le sait encore. Nous annoncions déjà avant le second tour de l’élection présidentielle française que l’arrivée de la candidate de l’extrême droite au pouvoir en France aurait été certainement plus opportune quant à la qualité de la relation franco-algérienne. Elle aurait été en tous les cas une relation franche, sans équivoque où chacun des deux partenaires saura défendre ses intérêts et refuser toute ingérence dans les affaires de l’autre. Cette relation franco-algérienne refondée sur l’autel de l’arrivée des forces nationales au pouvoir en France aurait en tous les cas signé l’arrêt de mort de ceux qui s’entêtent à continuer de croire contre vents et marées qu’il existe encore une passion franco-algérienne alors que tout où presque tout a été soldé par la guerre d’indépendance de l’Algérie. Et il reste bien entendu l’amitié qui peut unir les peuples qui elle n’est jamais ambigüe et le rôle des sociétés civiles, mais cela est déjà une autre histoire. Espérons que le nouveau président français ne devienne pas, contrairement à l’optimisme de certains analystes algériens plutôt naïfs et sans doute sensibles à sa rhétorique séduisante de faux renouveau politique qu’il prétend incarner, celui qui osera hausser le temps à l’égard de notre pays en s’engageant notamment dans une politique au Sahel qui pourrait affecter notre sécurité nationale.
Cet homme qui veut exister par l’image de jeune premier qu’il entretient avec assiduité et faire jeu égal avec Poutine, Trump et accessoirement Merckel n’a pas encore révélé les caractéristiques de sa politique étrangère qu’il distille, comme pour sa politique économique, à petites doses. Il devra en tous les cas s’il veut entrer dans le panthéon des faiseurs de paix instiller pragmatisme et réalisme dans sa conception qu’il a des relations de son pays avec notamment ceux du continent africain et particulièrement le nôtre et que la déclaration qui a été la sienne à propos de la colonisation de l’Algérie ne devienne pas de la poudre de perlimpinpin ..
Le président français qui serait, selon la définition du fondateur d’Attac Peter Wahl, « un mélange programmatique du récit libéral de gauche - vert-alternatif, de modernisme start-upiste numérique dans la ligne « uber pour tous », une bouffée d’euphorie make France great again, et un néolibéralisme presque à la Margaret Thatcher avec un visage humain » devra en tous les cas vite s’adapter au contexte du Sahel , région dont l’apaisement nécessite plus une convergence des efforts de tous et rompre avec cette approche ancienne qui a toujours privilégier les vieilles recettes d’autrefois, mélange de tradition néocoloniale françafricaine, de lobbying de réseaux et pire d’instauration de climat de division et de suspicion entre pays voisins !

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Le NYT et le WaPo envoient leurs meilleurs journalistes se briefer aux folies de cinq heures*

Le NYT et le WaPo envoient leurs meilleurs journalistes  se briefer aux folies de cinq heures*
Le NYT et le WaPo envoient leurs meilleurs journalistes  se briefer aux folies de cinq heures*
Moon of Alabama
 
Lorsque l'armée étasunienne embarque un groupe de journalistes pour un pays étranger, elle a un but précis et elle prépare tout à l'avance dans les moindres détails. Il y aura des témoins et des locaux qui savent ce qu’ils doivent dire aux journalistes pendant leur interview de deux minutes pour faire passer exactement le message que les militaires veulent faire passer. Après les avoir laissés baigner dix minutes maximum dans la couleur locale, un officiel de la diplomatie étasunienne ou un général offrira aux reporters un bon whisky et un steak authentiquement local. L’officiel débitera un petit communiqué préparé à l’avance qui viendra renforcera ce que les locaux ont été chargés de dire.
 
Le résultat est prévisible. Les articles que les journalistes rédigeront seront identiques.
 
Michael Gordon dans le New York Times d'hier et David Ignatius dans le Washington Post d'hier parlent tous deux de leur dernier voyage embarqué à Tabqa en Syrie.
 
L’article de Gordon: Test pour la politique de Trump dans une ville syrienne au désespoir
 
Le jeune homme s'est déchargé du fardeau des terribles années passées sous la coupe de l'Etat islamique devant une foule de spectateurs curieux rassemblés devant la façade défraîchie d’un commerce de la place du marché. Les combattants, a expliqué cet homme de 22 ans nommé Abdul Qadir Khalil, ont tué de nombreux résidents, offert de précieux emplois et sévèrement limité le droit d’entrer et de sortir de la ville.
 
Il a égrené la liste des choses dont Tabqa a besoin: l'électricité, l'eau, le carburant et une grande boulangerie. Puis, en riant de plaisir parce qu’il pouvait enfin dénoncer ouvertement les militants, il a déclaré: « Si jamais ils reviennent, ils nous massacreront tous. »
 
L’article d'Ignatius : L'État islamique est défait en Syrie et une ville offre un aperçu de l'avenir du pays
 
Un groupe bruyant de jeunes gens syriens est rassemblé à l'extérieur d'un magasin de pneus et  de pièces détachées en face de l'entrepôt. Au début, les conseillers militaires américains ne sont pas sûrs  qu'il soit prudent de parler avec eux, mais les hommes se pressent avec impatience autour des deux journalistes étrangers. Abdul-Qadr Khalil, 22 ans, vêtu d'une veste en nylon bleu brillant, parle pour le groupe. Il se plaint qu'il n'y a pas assez de nourriture, d'eau, de gaz ou de pain, et qu’il n'y a pas de travail. Mais il rejette l'idée que l'État islamique puisse revenir.
 
« Non, jamais! », s’écrie Khalil, et les jeunes gens qui l'entourent font oui de la tête avec vigueur. « Notre vie sera finie s'ils reviennent. Ils nous tueront tous. »
 
Gordon:
 
Des petits enfants accueillent les visiteurs avec le signe « V » de la victoire.
 
Ignatius :
 
De jeunes enfants font le signe V de la victoire.
 
Gordon:
 
« Un des problèmes fondamentaux de notre société est que l'idéologie de l’EI a été implantée dans le cerveau des jeunes enfants, ce qui signifie qu'elle se perpétuera à l’avenir », a déclaré Ahmad al-Ahmad, le coprésident du conseil.
 
Ignatius :
 
Ahmad al-Ahmad, coprésident du Conseil civil de Tabqa nouvellement formé ... Les jeunes garçons qui ont été endoctrinés dans les camps d'entraînement de l'État islamique essaient de trouver leur équilibre dans un monde nouveau où il n’y a plus de décapitations ni de slogans islamistes.
 
Gordon:
 
Près de 50 tonnes de farine, payées par le Pentagone, ont été transportées en camion depuis l'Irak vers un entrepôt financé par les Etats-Unis, mercredi.
 
Ignatius :
 
Le premier envoi de nourriture américaine est arrivé mercredi dans un entrepôt près du centre-ville; Les sacs de farine et de riz sont empilés sur des palettes, prêts à être distribués, ...
 
Gordon:
 
« Nous ne cherchons pas la beauté; nous sommes pragmatiques », a déclaré le général de renvoi Rupert Jones de l'armée britannique, le commandant adjoint de la force de coalition.
 
Ignatius :
 
« Ce n'est pas une œuvre de beauté. C'est du pragmatisme », explique le général de division Rupert Jones, le commandant adjoint britannique des forces de la coalition en Irak et en Syrie.
 
Je suis d'accord avec le général britannique. Les articles du Washington Post et du New York Times rédigés pendant leur voyage embarqué avec l’armée ne sont pas une œuvre de beauté, mais du pragmatisme. Ces journalistes hautement rémunérés ne veulent pas salir leur belle tenue coloniale en crapahutant dans le désert. Ils préfèrent répéter pragmatiquement ce que disent des locaux bien informés (et soudoyés), faire des photos des enfants qui font le signe du V (et reçoivent les bonbons promis) et prendre en sténographie ce que disent les militaires ou certains diplomates. Ils n’ont nul besoin d’enquêter réellement, ni de réfléchir, ni d’enfiler des bottes de terrain pour faire leur travail.
 
Les militaires voulaient faire passer l’idée que presque tout va bien maintenant à Tabqa. Les gens adorent l'occupation des États-Unis et la seule chose dont ils ont maintenant besoin c’est de quelques milliards d'euros pour reconstruire un minimum le pays.
 
Les journalistes se sont gavés de plats tout préparés et ont écrit exactement ce que les militaires voulaient  qu’ils écrivent.
 
Les médias traditionnels veulent que leurs lecteurs croient que leurs récits des zones de guerre sont de vrais reportages. Les exemples ci-dessus montrent que c’est loin d’être le cas. Leurs journalistes photographient et enregistrent simplement les chorégraphies complexes que les conseillers de presse du Pentagone et du Département d'Etat ont demandé aux officiers locaux chargés de la communication de leur mettre sous le nez. C’est la version moderne des folies de cinq heures de la guerre du Vietnam.
 
Richard Pyle Le chef du bureau de Associated Press-Saigon pendant la guerre, a écrit que les briefings de la « presse militaire » étaient « la plus longue tragi-comédie du théâtre de l'absurde de l'Asie du Sud-Est ».
 
À l'époque, la plupart des médias ne se laissaient pas berner par ces grotesques faux-semblants, aujourd’hui ils jouent le jeu avec plaisir.
 
Note :
* En anglais five O’clock follies. C’est le nom que les journalistes donnaient aux briefings quotidiens de l’armée étasunienne pendant la guerre du Vietnam.
 
MoA - NYT, WaPo Send Top Reporters To Stenograph Five O'Clock Follies
 

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Syrie – Toute une année de progrès peut se lire dans ces cartes

Syrie – Toute une année de progrès peut se lire dans ces cartes
Syrie – Toute une année de progrès peut se lire dans ces cartes
Moon of Alabama
 
Trois cartes de la Syrie montrent les immenses progrès que les forces du gouvernement syrien et leurs alliés ont faits au cours des derniers mois.
 
Au cours des derniers six mois, l'armée arabe syrienne a non seulement libéré les parties de la ville d'Alep tenues par Al-Qaeda, mais aussi la partie orientale du gouvernorat d'Alep tenue par l'État islamique. La fin du mouvement d’encerclement a eu lieu hier lorsque la dernière zone occupée par l’EI dans le gouvernorat a été coupée du reste de l’EI et que l'ennemi a battu en retraite. La zone au nord des flèches est maintenant débarrassée des combattants de l’EI. Il reste maintenant à mettre hors d’état de nuire les mines, les engins explosifs improvisés et les agents dormants.
 
http://www.moonofalabama.org/images5/ealeppojun302017.jpg 
Via IslamWorldUpdatePour agrandir
 
La prochaine étape pour l'armée syrienne est d’avancer simultanément du nord et du sud pour relier les zones rouges entre (grosso modo) le sud d'Al-Thawrah et Palmyre pour couper la saillie ouest du corps de l’EI, et la nettoyer pour sécuriser le gouvernorat de Homs ainsi que sa route d'approvisionnement vers Alep.
 
Le réarmement, le recyclage et la réorganisation de l'armée syrienne par les Russes ont vraiment payé. Le soutien aérien russe offre la protection nécessaire à des mouvements importants. Des zones de désescalade dans la partie occidentale du pays ainsi que le nettoyage de plusieurs poches de « rebelles » près des grandes villes ont libéré dix mille soldats syriens. Les renforts fournis temporairement par l'Iran ont permis de récupérer et nettoyer les zones libérées. Au total, 40 000 hommes sont engagés dans la campagne orientale. Lorsque les structures locales du gouvernement syrien seront rétablies dans les zones libérées, les forces additionnelles ne seront plus nécessaires.
 
À plus grande échelle, l'immense progrès du gouvernement syrien au cours des six derniers mois devient encore plus évident. Les zones (rouges) du gouvernement se sont considérablement élargies:
 
1er janvier 2017
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Via Chelsea4LifePour agrandir
 
1er juillet 2017
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Via Chelsea4LifePour agrandir
 
Notez que la plus grande partie de la zone (grise) de l’EI, à l'est, est de la steppe ou du désert inhabité. L’EI est concentré dans quelques villages et villes le long de l'Euphrate. La zone verte du sud-est, actuellement détenue par les « rebelles » soutenus par les États-Unis, est également principalement déserte. Libérer ces territoires nécessite de la prudence et du temps pour éviter les embuscades et prendre les quelques bastions ennemis qui se trouvent sur le chemin.
 
Les cartes ci-dessus ont fait taire la propagande habituelle sur la soi-disant « réticence » de l’armée syrienne à se battre contre l’EI. Selon IHS Janes, les forces de la coalition syrienne, et non les « rebelles » soutenus par les États-Unis, sont les forces les plus engagés dans la lutte contre l’EI en Syrie:
 
Entre le 1er avril 2016 et le 31 mars 2017, 43% des batailles de l'État islamique en Syrie ont été menées contre les forces du président Assad, 17% contre les forces démocratiques syriennes soutenues par les États-Unis (SDF), et les 40% restants concernaient des combats entre des groupes d'opposition sunnites rivaux - en particulier, ceux qui faisaient partie de la coalition du Bouclier de l'Euphrate soutenue par la Turquie.
 
S’il n’y a pas d’interférence externe hostile, le gouvernement syrien légitime contrôlera à nouveau toutes les parties essentielles de son pays, d'ici la fin de cette année.
 
MoA - Syria - These Maps Show A Year Of Progress
 

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Syrie : Israël accentue son soutien à Daech

L’armée israélienne accentue son soutien en Syrie à des bandes djihadistes affiliées à Daech, autrement dit à un groupe qui a revendiqué la majorité des attentats terroristes récents en Europe (France, Allemagne, Angleterre …).
Syrie : Israël accentue son soutien à Daech
C’est d’abord un rapport entériné par le secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, en date du 8 juin 2017, qui rend compte de l’accroissement du soutien israélien aux groupes combattant les forces du gouvernement syrien et de ses alliés (Hezbollah libanais, conseillers iraniens), principalement dans la région du Golan.

Guterres s’appuie sur le compte-rendu de la force des Nations-Unies (UNDOF), chargée depuis plus de 40 ans d’observer le respect du cessez-le-feu israélo-syrien sur le plateau du Golan, territoire incontestablement syrien dont la moitié ouest est illégalement occupée depuis 1967 et colonisée par Israël, la moitié orientale restant pour le moment acquise à la Syrie.

Les « casques bleus » de l’UNDOF ont la charge d’une zone-tampon de quelques kilomètres de large entre les deux parties.

Ils ont ainsi observé une nette multiplication des rendez-vous entre militaires israéliens et membres de ces bandes armées, avec au moins 16 rencontres documentées de mars à mai 2017. L’ONU relève la présence dans la région d’un groupe nommé « Armée de Khalid ibn al-Walid », affilié à Daech.

L’activité de ce groupe consiste notamment à fournir un prétexte à l’armée israélienne pour tirer par dessus la zone tampon … sur les seules forces syriennes et leurs alliés, tuant au passage régulièrement des civils syriens, ce qui se produit régulièrement : au cours du week-end qui vient de s’écouler, l’artillerie et l’aviation israélienne ont bombardé à deux reprises le territoire syrien, au motif que des obus –n’ayant fait ni victimes ni dégâts- avaient été tirés en direction de « son » Golan.

On rappelle que Daech (« Etat islamique en Irak et en Syrie »), qui revendique volontiers des attentats contre des cibles juives (cf l’attentat contre l’Hypercasher à Paris, ou le Musée juif de Bruxelles), ne s’en est jamais pris à l’Etat israélien. Si Netanyahou dément la collusion Israël/Daech, son ex-ministre Moshe Yaalon a quelque peu vendu la mèche, en soulignant récemment que Daech « avait présenté ses excuses pour avoir attaqué par erreur Israël pour la première fois », admettant tacitement l’alliance avec de telles bandes.

C’est sans doute la sortie de ce rapport de l’ONU (que l’on peut lire, en anglais, à l’adresse http://www.un.org/ga/search/view_doc.asp?symbol=S/2017/486 qui a incité la direction israélienne à en avouer un peu plus, sur un mode officieux.

Le quotidien états-unien Wall Street Journal, dont la ligne éditoriale est pourtant radicalement pro-israélienne, a ainsi consacré un long article au sujet, sous le titre « Israël aide secrètement des rebelles syriens ».

(https://www.wsj.com/articles/israel-gives-secret-aid-to-syrian-rebels-1497813430

Les informations du Wall Street Journal modifient considérablement la version donnée jusqu’à présent par les dirigeants israéliens, à savoir qu’ils ne s’impliquaient pas dans la guerre civile syrienne, se limitant à soigner dans des hôpitaux israéliens les « rebelles » blessés qui y arrivaient. Promis juré, une action strictement humanitaire !

Pieux mensonge. De fait, écrit le WSJ, l’armée israélienne a constitué une unité spéciale de soutien –en armes, argent, vivres et matériels divers- à des bandes armées, dont l’une se dénomme Forsan al-Golan (« Les chevaliers du Golan »). Le porte-parole de ce groupe, répondant au pseudonyme de Moatasem al-Golani, ne tarit pas d’éloges sur le soutien tous azimuts reçu de l’armée israélienne, et déclare au WSJ : « Sans Israël, jamais nous ne pourrions tenir tête aux forces de Bachard al-Assad ».

Le WSJ se garde de qualifier politiquement ces « Chevaliers du Golan », se contentant de l’appellation générique « rebelles ». Il répercute également le discours israélien officiel, selon lequel cette aide n’a qu’un caractère défensif, au regard d’une présence du Hezbollah et de l’Iran sur le plateau du Golan.

Mais les auteurs de l’article affirment quand même que ces Chevaliers gens ne sont pas liés à la (dans les faits, fantomatique) « Armée Syrienne Libre », autrement dit l’entité estampillée « modérée » à laquelle se réfèrent les puissances occidentales (Etats-Unis, France, etc) pour contribuer à la chute du régime al-Assad, et plus sûrement encore à la destruction de la Syrie.

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JUIFS! LES BOURREAUX SONT PARMI NOUS!

Tout être épris de droit et de justice ne peut rester insensible face aux comportements et à la conduite sans nom, si ce n’est criminelle, perpétrés par des Juifs scélérats.
JUIFS! LES BOURREAUX SONT PARMI NOUS!
Des personnels de santé, des patients jeunes ou âgés, des élèves, des professeurs, des conducteurs, des policiers, des militaires, des fonctionnaires, entre autres, sont agressés et agressent, malmenés et malmènent, menacés et menaçant, violés ou violentés et même brûlés vifs par une société en perte de ses repères moraux. Du religieux au séculier, du bourgeois au pauvre, de droite comme de gauche, tous hurlent, braillent, menacent mais jamais n’écoutent le prochain.

Le rationnel de la violence repose sur la notion de suprématie et sur une croyance bornée en l’absolu d’un pouvoir des puissants. Ces individus-là ne peuvent demeurer naïfs face aux palabres des avortons de l’Humanité et de leur prétendue morale, ils sont résolus et armés d’arrogance, de virulence et de passion froide. Que leur importe le droit et le devoir, ils les méprisent, les législations sont fabriquées pour les précaires et les éphémères, leur éthique, leur juste mesure et leur prétendue conscience desservent la race des seigneurs. Eux savent faire triompher le « vrai droit », celui de la nature pure et propre, les règles sociétales sont arbitraires, si elles existent c’est uniquement pour exaucer les faibles qui veulent se défendre des forts.

Calliclès, chez Platon, loue les vertus guerrières, l’ivresse de la volonté de puissance à l’égard du troupeau de l’Humanité que représente à ses yeux la société.

Les récents actes de violence ont causé non seulement la souffrance d’innocentes victimes, mais parfois la mort. Néanmoins, nous savons tous pertinemment qu’il existe un droit et une justice les concernant. C’est encore plus choquant d’apprendre que des Juifs sont à l’origine de telles barbaries, qui plus est, religieux dans nombre de cas. Ni la loi, ni la foi n’eurent droit de cité chez ces ordures!

Faites attention aux intégrismes spirituels ou séculiers, aux extrémismes politiques de tous bords, aux individus persuadés d’avoir toujours raison et d’être les plus forts !

Ils ont tous un mode d’influence trivial. Ils s’affirment, haut et fort, comme l’unique idéologie capable d’offrir un monde meilleur. Ils légitiment, subtilement, l’emploi de la violence, seule véritable solution au ressentiment et à l’impatience qui les rongent au nom d’une lutte forcément juste.

Marre de toutes ces idéologies qui maintiennent les déchirures entre les hommes et fomentent des rivalités sans fins, instaurent un état de crise sociale!

L’ensemble des dogmatismes idéologiques provoquent des scissions incorrigibles et désastreuses, ils possèdent, en leur for intérieur, un potentiel de férocité ténébreuse.

Je crois sincèrement aux faits sournois de l’idéologie exacerbée, celle-ci sert les intérêts vils et méprisables d’individus avides de pouvoir, en quête d’appétit de vengeance, de répression, de passions individualistes et iconoclastes.

La foi, pas forcément religieuse, est souvent un voile qui dissimule la bestialité de créatures en mal de vivre et fournit un plaidoyer du bon droit.

C’est toujours en son nom que l’on affirme la nécessité du combat où l’endoctrinement est un édifice psychologique qui autorisera et permettra de disculper la bête humaine de toutes sortes d’exactions, de prétendre à la justice, de désavouer la morale et de se moquer de toute éthique.

La Bible nous permet d’entendre et de réfléchir: « Dieu dit: « Qu’as-tu fait! Le cri du sang de ton frère s’élève, jusqu’à moi, de la terre.» (Genèse 4:10) Un verset significatif qui sous-entend, de manière imagée, une vérité probante:

tout comportement, toute attitude violente à l’égard d’autrui est un acte grave et condamnable.

Un autre passage biblique affirme que si un corps est trouvé mais l’identité du tueur inconnue, une cérémonie spéciale devra avoir lieu et les anciens du village le plus proche devront y déclarer: «Et ils diront tour à tour: « Nos mains n’ont point répandu ce sang-là, et nos yeux ne l’ont point vu répandre. Pardonne à ton peuple Israël, que tu as racheté, Seigneur! Et n’impute pas le sang innocent à ton peuple Israël! » Et ce sang leur sera pardonné. » (Deutéronome 21: 7-8).

Pour que notre société puisse invoquer l’innocence, il faudrait agir, faire tout notre possible pour que de telles actions abjectes ne se reproduisent plus. Cela est l’évidence même, tous les services concernés doivent se consacrer à ce labeur, pour une société plus juste, plus honnête. Nos forces de sécurité doivent repérer et punir ceux qui exécutent ces faits et gestes abominables, la tolérance zéro sera dorénavant la mesure étalon.

Il faut condamner les malfrats en col blanc, à kippa de couleur ou non, en blouse blanche ou en uniforme, homme ou femme, père ou mère, mari ou épouse, toute cette racaille nauséabonde doit prendre le chemin des geôles, non pour y moisir mais pour réapprendre à vivre aux sons des vraies valeurs humaines. Nul ne pourra rester en poste et continuer de salir et d’empoisonner l’environnement, non seulement les individus mais tout autant les institutions de toute obédience devront être fermées pour cause de salissure nationale. L’enseignement de la haine, de l’intolérance et l’incitation à la violence contre ces autres, qui ne nous ressemblent guère ou ne sont pas tels que nous le voudrions, doit être réprimé sans violence mais avec fermeté.

Mais tout cela n’est pas suffisant!

L’existence d’une jeunesse agressive, irritable, imprégnée de préjugés, révèle un défaut, une carence au sein de notre système d’enseignement national, comme du milieu familial éducatif, qui ne peut plus être ignorée. A ces fins, il faudrait pouvoir remettre en question l’ensemble des systèmes scolaires responsables de ces désastres: le religieux, le laïque et l’orthodoxe.

Acceptons que l’enseignement se conçoive comme la saisie d’un savoir, ce dernier sera éventuellement d’ordre scientifique et technique, telle est la formule le plus souvent favorisée, elle demeure néanmoins trop réductionniste. La plupart de nos enfants terminent leur scolarité avec un certain bagage de savoir quantitatif mais on peut rarement les qualifier d’éduqués, au sens qualitatif du terme. Il faut que notre cher et tendre bambin commence à penser, à réfléchir et, à cet effet, puisse vivre et prendre connaissance de la vie, conscience de lui-même, prescience de l’homme. L’instruction est bien plus qu’une science apprise et digérée, elle doit pénétrer l’être au plus profond de ce qu’il croit être. L’enseignement bouleverse totalement celui qui sait, il lui offre la sagesse et l’élégance d’une culture, la conscience des valeurs du savoir humain. La famille et les institutions scolaires doivent, ensemble, faire œuvre d’éducation pour mieux soutenir l’évolution et le devenir de nos élèves, de nos enfants, pour les transporter vers une plus grande plénitude, sensibilité, perspicacité, érudition, ouverture et responsabilité.

Poursuivre, aller bien au-delà, promouvoir les valeurs positives. Il ne suffit pas, par exemple, d’enseigner l’amour de la terre d’Israël et de la tradition juive sans jamais vouloir remettre cela dans un contexte pluriel. C’est aussi un devoir d’enseigner le sens de l’altérité vis avis de tous et de toute la Création, une exigence de considérer l’autre comme moi-même, avec bonté et équité.

Notre tradition Hébraïque est emplie d’une pédagogie positive qui est malheureusement ignorée de la plupart de nos jeunes, et moins jeunes, étudiants. Voici, malgré tout, quelques prescriptions prélevées dans notre riche patrimoine qui seraient en mesure d’être tout ou partie de notre citoyenneté, en clair, d’être entendues et comprises par chaque gamin israélien dès la petite enfance.

Nos maitres enseignent: « C’est pourquoi l’homme a été créé unique, afin d’enseigner que celui qui détruit une vie, c’est comme s’il avait détruit le monde, et celui qui sauve une vie, c’est comme s’il avait sauvé le monde. » (Talmud de Jérusalem traité de Sanhedrin ch.4 Mishna 5 et dans le Mishné Torah du Rambam: lois du Sanhedrin, ch12, 7). L’égalité foncière de tous les êtres humains, Juifs et non-Juifs, est l’un des fondements de la foi rabbinique. Ben Azzai l’affirme «Ceci est l’histoire des générations de l’Humanité. Lorsque Dieu créa l’être humain, il le fit à Sa propre ressemblance.» (Gen.5: 1). C’est l’une des règles fondatrices et essentielles de la Torah (Sifra, Kedoshim 4, 89b), l’enseignement de Hillel confirme cela : nous devons « aimer tous les êtres humains, toutes les créatures », et pas seulement les enfants d’Israël.

Le Judaïsme rabbinique a décrit la relation de Dieu avec les Juifs et les non-Juifs dans une déclaration attribuée à Rabbi Akiva trouvée dans Avot 3:18: «Bien-aimé est l’être humain en ce qu’il a été créé à l’Image ».

Et comment ne pas rappeler, peu ou prou, la pensée du Rav Kook dans l’un de ses multiples ouvrages: « les lumières du Sacré ».

« La sainteté suprême est remplie d’amour, de bonté et de patience, parce qu’elle est pénétrée de perfection. La haine, le jugement et la sévérité sont les conséquences de l’oubli de Dieu et d’une violence à l’égard de la lumière et de la sainteté. Plus la quête de Dieu grandit dans votre cœur, plus l’amour de tous grandira dans votre cœur. Si vous aimez les méchants, les négateurs de Dieu et désirez le mieux et le meilleur pour eux, vous les améliorerez réellement grâce à la grandeur de votre foi. Il reste pourtant vrai et de manière évidente qu’il nous est plus aisé de sentir l’amour chez tous ceux trouvant grâce à nos yeux. Mais lorsque nous offrons notre affection à toute personne par amour seul, alors nul mal, nuls maux, nulle laideur ne peuvent être perçus, ils sont à nos yeux tous bons, biens et beaux. »

Ces enseignements, et tant d’autres semblables, doivent devenir la base de l’éducation de toute notre jeunesse. Ils ne sont guère utopiques si nous le désirons vraiment. Ainsi, nous permettent-ils de déclarer à haute et intelligible voix que le Judaïsme est source de moralité et non cause d’agressivité.

Les bourreaux, précités, imprégnés du poison nazifiant, doivent être mis au banc de nos sociétés et punis à la hauteur de leurs crimes innommables. Respect de l’homme!… Là est la pierre de touche!

« Quand le Naziste respecte exclusivement qui lui ressemble, il ne respecte rien que lui-même. » (Saint-Exupery, Lettre otage, 1943, p.402).

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Paranoïa sur la Route de la soie afghane

Tous ceux qui tenteront de « reconstruire » l’Afghanistan auront du pain sur la planche. Toutefois, le succès de la nouvelle Route de la soie chinoise dépendra beaucoup des progrès accomplis
Paranoïa sur la Route de la soie afghane
La nouvelle Route de la soie, alias Initiative Belt and Road, arrivera-t-elle à traverser un jour l’Hindou Kouch ?

La témérité est à l’ordre du jour. Même s’il est stratégiquement situé en travers de l’ancienne Route de la soie, et qu’il jouxte virtuellement le Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC) – une plate-forme-clé de l’initiative d’un coût de 50 milliards de dollars – l’Afghanistan est toujours enlisé dans la guerre.

Il est facile d’oublier qu’en 2011 – avant même que le président Xi annonce l’Initiative Belt and Road au Kazakhstan et en Indonésie en 2013 – la Secrétaire d’État de l’époque, Hillary Clinton, parlait de sa propre Route de la soie à Chennai. Rien d’étonnant si la vision du Département d’État à mordu la poussière de l’Hindou Kouch – elle prévoyait de l’axer autour de l’Afghanistan, un pays enfermé dans une guerre.

La situation de 2017 de l’Afghanistan est encore plus déprimante. Dire que l’administration qui a émergé des élections présidentielles factieuses de 2014, et qui passe pour un gouvernement, est dysfonctionnelle est un doux euphémisme.

Depuis 2002, Washington a dépensé la somme astronomique de 780 milliards de dollars dans son Opération (en cours) Enduring Freedom (« opération Liberté Immuable »). Un argent qui ne lui a rien rapporté – à part plus de 100 000 victimes afghanes.

La très médiatique poussée d’Obama en faveur de la reconstruction-accompagnée-de-contre-insurrection de 2009 a débouché, comme prévu, sur un désastre. A part la restructuration de la guerre globale contre la terreur (GWOT) en opérations d’urgence à l’étranger (Overseas Contingency Operations, OCO), elle n’a rien accompli. Le slogan « nettoyez, tenez, construisez » n’a jamais été clairement appliqué ; les talibans sont revenus virtuellement partout.

Paranoïa sur la Route de la soie afghane

Washington a dépensé quelque chose comme 110 milliards dans la « reconstruction » afghane. Ajusté à l’inflation, cela représente à peu-près l’équivalent du total du Plan Marshall. Pourtant, aucune Francfort flambant neuve n’a poussé autour du minaret de Ghazni ; plus de 70 milliards de dollars sont allés à l’armée et à la police afghanes, et le gâchis ajouté à la corruption ont fait le reste. Le PIB afghan de l’année dernière ne s’élevait toujours qu’à un misérable 17 milliards de dollars, soit 525 dollars per capita.

La nouvelle « politique » de l’administration Trump a consisté dans le largage d’une méga-bombe dans l’est, la MOAB, sans aucun effet, ajoutée à encore plus de demandes de troupes supplémentaires. Opération Liberté « Immuable » pour toujours, effectivement.
Vous voulez exploiter une mine ? Allez voir les talibans

Sans surprise, sous le radar et sans que la plupart des cercles atlantistes ne remarquent même quoi que ce soit, des chercheurs du gouvernement chinois ont récemment rencontré des étrangers à Pékin pour une discussion intitulée « l’Afghanistan reconnecté ».

Sun Yuxi, le premier ambassadeur chinois à Kaboul après le départ des talibans chassés par les bombes à la fin 2001, a correctement résumé les enjeux comme suit : « Si la route et la connectivité à travers l’Afghanistan ne sont pas ouvertes, ce serait comme si une veine importante était bouchée sur la nouvelle Route de la soie, amenant des maladies à tout l’organisme. »

Comment reconnecter/reconstruire/rebâtir l’Afghanistan est la substance de nombreuses nuits sans sommeil dans des endroits comme le think tank chinois Centre for China & Globalization, basé à Pékin.

Tout un chacun sait, d’après les projections, que l’Afghanistan peut être assis sur au moins un trillion de dollars en ressources minières comme le cuivre, l’or, le minerai de fer, l’uranium et les pierres précieuses. Mais comment les extraire en toute sécurité ?

Le dilemme sécuritaire de Pékin sur la protection de ses investissements est spectaculairement illustré par la saga en cours de la mine de cuivre Mes Aynak. La corporation Chinese Metallurgical Group a acheté la mine – située à 40 kilomètres au sud-est de Kaboul – en 2008. C’était le plus gros projet d’investissement étranger en Afghanistan. Il a fallu huit ans de plus pour que les talibans promettent de ne pas l’attaquer.

Pendant ce temps, sur le front du rail – clé de l’initiative Belt and Road – en septembre 2001, le premier train de fret chinois est arrivé à Haratan, en Afghanistan, via le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. Le volume de commerce étant encore négligeable, malgré tout, il n’y a pas de service régulier prévu dans l’immédiat.

L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), menée par la Russie et la Chine, intervient enfin. A son dernier sommet, alors qu’elle s’inquiétait de la « détérioration » de la sécurité, l’OCS a prévu de s’engager pleinement dans la recherche d’une solution « toute-asiatique » pour l’Afghanistan, avec l’Inde et le Pakistan, tous deux membres de fraîche date, à bord.

Paranoïa sur la Route de la soie afghane

La connexion du « Syrak »

L’Afghanistan est un voisin proche de la région autonome du Xinjiang – et quelques-unes de ses zones les moins accessibles accueillent des membres du groupe séparatiste ouïgour dénommé ‘Mouvement islamique du Turkestan oriental’, qui est lié à Al-Qaïda (mais pas à Daech, qui ne le reconnaît pas).

Pour aggraver le problème, toute Route de la soie possible à travers l’Hindou Kouch doit tenir compte de la connexion directe avec le « califat » en carton-pâte du « Syrak ».

L’armée arabe syrienne avance inexorablement vers la frontière de l’Irak. En même temps, les Unités populaires de mobilisation irakiennes ont atteint la frontière syrienne à Al-Waleed. Entre elles, on trouve des forces américaines – qui occupent al-Tanaf en Syrie. Damas et Bagdad se sont toutefois accordées pour fermer le passage d’al-Tanaf du côté irakien de la frontière. Ce qui signifie que les forces américaines ne peuvent plus aller nulle part, sinon retouner à leur point de départ, la Jordanie.

Il y a fort à parier que le Pentagone ne va pas le prendre avec le sourire. Le ministère de la défense à Moscou est convaincu que ces forces américaines vont utiliser leur système de lance-roquettes multiple mobile HIMARS pour prévenir la rencontre des unités irakiennes et de l’armée syrienne, dont la mission est de pourchasser les éléments restants de Daech sur le territoire syrien.

La rencontre des deux armées du « Syrak » est très importante parce qu’elle annonce le réalignement effectif d’un axe-clé de la nouvelle Route de la soie : Téhéran, Bagdad, Damas, Beyrouth.

Pour Pékin, l’expansion de l’Initiative Belt and Road à travers le Levant par une connexion terrestre entre la Chine et la Méditerranée, comme celle de l’ancienne Route de la soie, est un impératif catégorique. Et pourtant, il se heurte frontalement à un fait crucial publiquement admis par le lieutenant-général Michael Flynn lui-même : que l’administration Obama avait pris la décision délibérée de laisser Daech suppurer, avec l’objectif d’arriver à un « Sunnistan » à travers le « Syrak » comme moyen d’accélérer le changement de régime à Damas. Traduction : laissez Daech démolir la nouvelle Route de la soie dans le Levant.

Indubitablement, certains factions influentes de l’État profond des USA tiennent toujours à ce projet. Parallèlement, le président Trump a déclaré sa détermination à combattre Daech. La question fondamentale est de savoir si la « politique » préconisée par la Maison des Saoud – attaquer Damas et ses alliés en Iran – va l’emporter à Washington.

Quand les talibans ont attaqué des seigneurs de la guerre afghans sur les terres pachtounes au milieu des années 90, la population les a soutenus parce qu’ils sécurisaient les routes et les villages. Ils étaient généralement considérés comme des anges tombés du ciel pour aider le prophète contre ses ennemis de La Mecque.

Au cours de mes voyages dans le « Talibanistan », dont quelques-uns ont fait l’objet d’articles dans Asia Times, j’ai trouvé les talibans glacialement pieux et moralistes, enveloppés dans une sorte d’obscurité pesante et virtuellement inaccessibles.

Mais les acteurs principaux de ce nouveau Grand jeu de l’Hindou Kouch sont loin d’être les talibans. Tout tourne autour de la diaspora djihadiste qui restera après la chute du califat du « Syrak ».

Daech est déjà en train de relocaliser les djihadistes qui se sont retirés d’Irak et de Syrie dans l’Hindou Kouch. En même temps, il recrute activement des masses de Pachtounes qu’il appâte avec de l’argent à foison et des armes – une force de travail qui comprend des dizaines de milliers de commandos-suicides potentiels.

A part des Afghans, la nouvelle fournée de recrues compte des Tchétchènes, des Ouzbèkes et des Ouïgours, tous capables de se fondre dans le paysage de cette région montagneuse inaccessible même aux MOAB du Pentagone.

Rien d’étonnant au fait que les Afghans laïques de Kaboul aient déjà peur que l’Afghanistan devienne la nouvelle place forte d’un califat recomposé. Contre l’État islamique Khorasan (Islamic State Khorasan, ISK), c’est le travail de l’OCS – principalement la Chine, la Russie, l’Inde, le Pakistan – d’arriver avec une brigade de sauvetage. Sinon, l’intégration eurasienne sera en danger mortel à travers toute l’intersection de l’Asie Centrale et de l’Asie du sud (le Moyen-Orient.)


Paru sur Asia Times sous le titre Fear and loathing on the Afghan Silk Road
Traduction Entelekheia
Image Pixabay : Chaîne de montagnes de l’Hindou Kouch, Afghanistan

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Syrie – L’attaque étatsunienne n’entrave pas la poussée syrienne sur Deir Ezz

Syrie - L'attaque étatsunienne n’entrave pas la poussée syrienne sur Deir Ezz
Syrie - L'attaque étatsunienne n’entrave pas la poussée syrienne sur Deir Ezzor
Moon of Alabama
 
Notre dernière synthèse titrait : La fin de la guerre en Syrie est maintenant en vue :
 
À moins que les États-Unis ne changent de tactique et ne se lancent dans une guerre à grande échelle contre la Syrie avec ses propres forces armées, la guerre contre la Syrie est finie.
 
Il y a quelques civils en proie à la démence à la Maison-Blanche qui veulent élargir la guerre contre la Syrie à une guerre américaine entre les États-Unis et l'Iran. Le leadership militaire freine des quatre fers. Il s’inquiète pour ses forces en Irak et ailleurs dans la région. Mais il y a également des éléments au sein de l'armée américaine et de la CIA qui ont une une position pro-guerre plus agressive.
 
Hier, un avion US-F-18 a abattu un bombardier des forces aériennes syriennes près de la ville de Raqqa. Le Commandement central des États-Unis a le toupet d’affirmer qu'il s'agissait d’« auto- défense » pour protéger ses forces d’invasion et ses forces par procuration kurdes (forces démocratiques de la Syrie - FDS) dans une « zone de désescalade* » après que les FDS ont été attaquées dans la ville de Ja’din.
 
C'était des mensonges. Il n'y a pas non plus d'accord sur une « zone de désescalade » dans la région, et la ville de Ja’din n’était pas non plus aux mains des forces des FDS au moment de l'attaque. L'attaque était clairement illégale :
 
Les États-Unis [...] n'ont aucun droit légal de protéger des forces partenaires non étatiques qui ont comme objectif un changement de régime en Syrie ou d'autres objectifs politiques. Le droit à l’auto-défense collective d’acteurs non étatiques n’existe pas, ...
 
Le gouvernement syrien ainsi que les témoins sur le terrain contredisent les affirmations des États-Unis. L'Observatoire syrien en Grande-Bretagne, souvent cité comme faisant autorité sur les événements en Syrie, dit qu'il n’y pas eu d’attaque syrienne contre les forces de défense Kurdes (FDS). Les avions de guerre américains ont attaqué les Syriens pour protéger les forces de l'Etat islamique:
 
Un avion de guerre du régime a été ciblé et abattu en vol au-dessus de la région d'Al-Resafa [...] L’avion de guerre a été abattu dans la région d'Al-Resafa aux confins de laquelle les forces du régime sont arrivées aujourd'hui, et des sources ont confié à l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme que les avions de la Coalition internationale l'avaient ciblé alors qu’il volait à proximité de l'espace aérien des avions de guerre de la Coalition internationale, et que ses débris étaient tombés sur la ville de Resafa, et qu’on ne savait pas ce qui était advenu de son pilote, les sources ont confirmé que l’avion de guerre syrien ne ciblait pas les forces kurdes (FDS) dans les zones qu’elles contrôlent et qui sont limitrophes des zones contrôlées par les forces du régime dans le territoire situé à l’ouest d'Al-Tabaqa et qui va jusqu'à la route d'Al-Raqqah à Resafa.
 
Voici une vue aérienne de la situation dans le sud-est de la Syrie:
 
Description : http://www.moonofalabama.org/images5/syrianjetdowned0-s.jpg
 
Carte via Peto LucemPour agrandir
 
En bas à gauche, la zone de Palmyre ; on trouve à droite Deir Ezzor, et en haut Raqqa. Les zones sombres sont occupées par l'Etat islamique. 100 000 civils et une petite garnison de l'armée syrienne sont assiégés à Deir Ezzor par l'Etat islamique. L'armée syrienne fait mouvement vers l'est en venant de deux directions différentes pour libérer la ville. Une partie des troupes viennent de la région de Palmyre en empruntant la route qui vers le nord-est à Deir Ezzor. La distance à parcourir est d'environ 130 kilomètres et il va falloir reprendre en chemin une ville importante à l'Etat islamique, Al-Sukhnah.
 
L’autre partie des troupes vient du sud de Raqqa.
 
MISE À JOUR:
 
The evil_SDOC alias Weekend Warrior a fait cette excellente carte de ce qui lui rappelle les « sauts d’île en île » de la Seconde Guerre mondiale**. Il y a quelques rares endroits habités dans le désert de Syrie orientale, qui reliés par des routes d’une importance capitale pour contrôler les vastes zones qui les séparent. Cela montre le grand intérêt stratégique des axes d’avancée et de Resafa où s’est déroulé l'incident d'hier.
 
Description : http://www.moonofalabama.org/images5/syriaislandhopping-s.jpg
 
Carte de Weekend WarriorPour agrandir
 
[Seconde mise à jour]
 
Raqqa est actuellement assiégée par les forces kurdes des FDS soutenues par les États-Unis. Ces forces (en jaune) ont pris des pans de la rive sud de l'Euphrate autour de la ville de Tabqa. L'armée syrienne avance vers le sud de ces forces, d'ouest en est. Son objectif actuel est la ville de Resafa au croisement de la route 6 et de la route 42. Si elle prend le carrefour, elle pourra avancer vers Deir Ezzor au sud-est, le long des routes principales. Elle coupera en même temps la retraite des forces de l'Etat islamique qui fuient vers le sud pour échapper à l'attaque kurde de Raqqa. La distance à parcourir pour arriver à Deir Ezzor est d'environ 100 kilomètres et il n'y a pas d'obstacles majeurs en cours de route. Prendre le carrefour est absolument nécessaire pour libérer la ville orientale assiégée.
 
Description : http://www.moonofalabama.org/images5/syrianjetdowned2-s.jpg
 
Pour agrandir
 
Raqqa se trouve au-delà de la partie supérieure droite de cette carte détaillée de la région de Tabqa. Les forces kurdes sont en jaune, l'armée syrienne en rouge. L'armée syrienne se déplaçait très vite vers l'est pour prendre le carrefour à trois voies de Resafa (à mi-droite sur la carte). Quelques heures avant que le jet syrien ait été abattu, elle avait déjà pris la ville de Ja’din :
 
Yusha Yuseef  sy Compte vérifié @ MIG29_
Dernières nouvelles, Forces Tigre syriennes libèrent Ja’din جعيدين village au nord de Al-Easawii Sud #Raqqa
15h36 - 18 juin 2017
 
L’attaque meurtrière des États-Unis contre l‘avion syrien s’est produite deux heures plus tard :
 
Dr Abdulkarim Omar abdulkarimomar1
Coalition internationale abat avion militaire du régime syrien dans région de Raqqa après bombardement des positions FDS dans région de Tabqa
17h18 - 18 juin 2017 ---
 
Yusha Yuseef sy Compte vérifié @ MIG29_ Je peux confirmer que nous avons perdu un avion syrien à l’est de Rassafeh et loin des positions de SDF
Je ne sais pas si ce sont les USA qui l’ont abattu
18h 14 - 18 juin 2017
 
Les États-Unis affirment maintenant que le jet syrien avait attaqué les forces kurdes à Ja’din. Mais il n'y en avait plus quand l'incident s'est produit. La ville était déjà entre les mains de l'armée syrienne. L'avion syrien attaquait des forces de l'État islamique près de Resafa. L'armée syrienne était en train de prendre la ville de Resafa à l'Etat islamique pour arriver au carrefour qui lui permettrait d’avancer vers la ville de Deir Ezzor assiégée par l’EI. Les forces aériennes syriennes bombardaient les forces de l'Etat islamique à Resafa. Les Etats-Unis ont abattu le jet en affirmant mensongèrement qu'il avait attaqué ses forces par procuration kurdes.
 
La seule interprétation possible est qu’il s‘agit d’une tentative des États-Unis pour empêcher ou entraver la libération de Deir Ezzor par les forces syriennes. Les États-Unis, volontairement ou non, aident les forces de l'Etat islamique qui attaquent sans répit la garnison assiégée de Deir Ezzor. Le gouvernement russe a qualifié l'attaque des États-Unis d'« acte d'agression » qui « viole le droit international» et d’« assistance aux terroristes » de l'État islamique. Il va stopper sa coordination de l'espace aérien avec le commandement des opérations américaines en Syrie. De plus :
 
« Dans les zones de missions de combat de la flotte aérienne russe dans le ciel syrien, tous les objets volants, y compris les avions et les avions sans pilote de la coalition internationale [menée par les États-Unis], à l'ouest de la rivière Euphrate, seront considérés par les forces de défense aérienne et les forces au sol russes comme des cibles aériennes », a déclaré le ministère russe de la Défense.
 
Si j'étais un pilote américain, j'essaierais d'éviter la zone ...
 
Qu’elle qu’ait été l’intention des États-Unis, cela n'a pas stoppé l'armée syrienne. Resafa vient d'être reprise (carte) par les forces de l'armée syrienne. Le pilote abattu, Ali Fahed, a été ramené de derrière des lignes ennemies par une équipe des Forces Tigre syriennes. 
 
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Indépendamment des événements qui ont eu lieu près de Raqqa, la Garde révolutionnaire iranienne a lancé des missiles balistiques de portée moyenne depuis l’Iran sur les forces de l'Etat islamique près de Deir Ezzor en Syrie. La distance était d'environ 600 kilomètres. Le lancement a été interprété comme une vengeance suite aux attaques terroristes du 7 juin contre le parlement à Téhéran, en Iran. Les missiles ont atteint leurs cibles.
 
Le message qui a été envoyé avec ces missiles était plus vaste qu’un simple acte de vengeance. L'Iran vient de démontrer qu'elle pouvait atteindre des objectifs lointains à partir de son propre pays. Les états wahhabites du golfe persique et toutes les forces américaines dans la région vont devoir en prendre bonne note. Elles ne sont pas à l’abri des représailles iraniennes, même si aucune force iranienne ne se trouve à proximité. L'Iran a souligné qu'il pouvait renouveler de telles attaques chaque fois que cela s'avérerait nécessaire:
 
« Ce message est adressé tout spécialement aux Saoudiens et aux Américains », a dit [le général des Gardes de la Révolution Ramazan] Sharif. « Certains pays réactionnaires de la région, en particulier l'Arabie saoudite, viennent de montrer clairement qu’ils essayaient de créer de l'insécurité en Iran ».
 
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Comme c’est expliqué dans notre précédente synthèse, les forces américaines occupent le poste frontière d'al-Tanf entre la Syrie et l’Irak au sud-est de la Syrie. Un vif mouvement de l’armée syrienne vers la frontière irakienne a empêché les troupes étatsuniennes et les forces « rebelles » arabes formées par les États-Unis d’avancer plus au nord. Depuis l’autre côté de la frontière, la milice commandée par le premier ministre s'est jointe aux forces syriennes, et al-Tanf est maintenant isolé. Selon plusieurs rapports, hier, les États-Unis ont amené par avion, du nord-est de la Syrie, des forces par procuration kurdes pour défendre al-Tanf. Ils ne font apparemment pas confiance aux forces « rebelles » arabes qu’ils ont formées pour occuper le sud-est de la Syrie. Quelques centaines de forces kurdes ne changeront pas la situation tactique. Ces forces ne seront d‘aucune utilité et ce contingent (soutenu par les) américain sera bientôt obligé de faire retraite en Jordanie.
 
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Israël soutient depuis longtemps les « rebelles » d'al-Qaïda au sud-ouest de la Syrie, à proximité et sur le plateau du Golan. On le sait depuis au moins 2014 et le soutien israélien a même été documenté par les forces d’observation de l'ONU dans la région. Mais, dieu sait pourquoi, les médias américains ont « oublié » d’en parler et les Israéliens ne tenaient pas à le faire non plus.
 
 Cela a changé. Il y a maintenant une foule de rapports sur le soutien et le financement israélien des « rebelles » dans le Golan près des régions syriennes occupées par Israël. On ne dit pas souvent, cependant que les forces soutenues par Israël sont des terroristes d'al-Qaeda. Il y a également des groupes de l'État islamique dans la région qui ont présenté leurs « excuses » à Israël après une échauffourée avec les forces israéliennes. Il est clair qu'Israël soutient maintenant ouvertement les terroristes.
 
Quelqu'un fait paraître intentionnellement ces rapports. Je présume que c’est Israël pour préparer le terrain à une occupation plus importante du territoire syrien. Les rapports comparent les manœuvres israéliennes avec l'occupation israélienne du sud Liban dans les années 80 et 90. Mais ils ne racontent pas toute l'histoire. L'occupation israélienne du sud-Liban a conduit à la croissance de Hizbollah et à la défaite des forces israéliennes. Dès l'an 2000, ils ont été obligés de se retirer des terres occupées et le Hezbollah est maintenant l'ennemi le plus redouté d'Israël. Il semble qu'Israël veuille renouveler l’expérience.
 
Notes :
*En anglais  « deconflicting zone » ou « deconfliction zone »
**En anglais « island hopping » : tactique utilisée par l’Australie et ses alliés contre le Japon
 
http://www.moonofalabama.org/2017/06/syria-summary-us-attack-fails-to-disrupt-push-to-deir-ezzor.html#more

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Une ex-opératrice de drones tueurs parle : « le public doit savoir »

Les drones, outils post-modernes d’une guerre « jeu vidéo » propre, avec des frappes « chirurgicales » ciblées sur des terroristes clairement identifiés sur des écrans à haute définition, dans le confort de bureaux climatisés et avec des pauses-café-cigarette pour les opérateurs ? Pas tout à fait. Comme souligné dans un autre article, les opérateurs de drones souffrent de taux de stress post-traumatique encore plus élevés que les pilotes de bombardiers « à l’ancienne ». Voici pourquoi. Paru sur le Guardian sous le titre I worked on the US drone program. The public should know what really goes on
Une ex-opératrice de drones tueurs parle : « le public doit savoir »
Parmi les politiciens qui proclament si hardiment les avantages des drones, rares sont ceux qui ont la plus faible idée de la façon dont ils marchent (et ne marchent pas)
Quand je lis les commentaires de politiciens qui défendent les programmes de véhicules aériens sans pilotes Predator et Reaper – alias drones – les mêmes questions à leur poser me viennent toujours à l’esprit. Je commence par « Combien de femmes et d’enfants incinérés par des missiles Hellfire avez-vous vu ? » Et : « Combien d’hommes avez-vous vu ramper sur un champ, dans une tentative d’atteindre l’habitation la plus proche pour de l’aide, en perdant tout son sang parce qu’il n’avait plus de jambes ? » Ou encore : « Combien de soldats avez-vous vu mourir sur un bas-côté de route parce que votre merveille-de-précision, votre drone, n’avait pas été capable de détecter l’explosif improvisé qui attendait le passage de son convoi ? »

Parmi les politiciens qui proclament si hardiment les avantages des drones, rares sont ceux qui ont la plus faible idée de ce qui se passe réellement. Moi, en revanche, j’ai directement vu ces horreurs.

Je connaissais les noms de quelques-uns de ces jeunes soldats que j’ai vu saigner à mort sur un bas-côté de route. J’ai vu des douzaines d’hommes en âge de porter des armes mourir en Afghanistan, dans des champs désolés, sur des berges de rivières, et quelques-uns juste à côté de l’habitation où leur famille attendait leur retour de la mosquée.

Selon les porte-parole des armées des USA et du Royaume-Uni, c’est un programme de pointe, mais il est étrange qu’ils se sentent obligés de fournir des informations erronées, très peu de statistiques sur les morts de civils, et des rapports technologiques biaisés sur les capacités de nos drones. Ces incidents spécifiques ne sont pas isolés et le taux de « bavures » reste stable, malgré les mots rassurants des représentants de notre défense.

Ce que le public doit comprendre est que l’image vidéo fournie par un drone n’est généralement pas assez claire pour différencier ceux qui portent un arme de ceux qui n’en portent pas, même par temps très clair, sans presque un seul nuage et avec une lumière parfaite. Même les meilleurs opérateurs ont toutes les peines du monde à identifier un porteur d’armes avec certitude. Un exemple me vient à l’esprit : « L’image est si pixélisée, et si c’était une pelle et non une arme ? » Je ressentais ces hésitations perpétuellement, comme tous mes collègues opérateurs de drones. Nous passons notre temps à nous demander si nous avons tué les bonnes personnes, si nous avons mis en danger des gens, si nous avons détruit des vies civiles à cause d’une mauvaise image ou d’un mauvais angle de vision.

Il est également important que le public comprenne que des êtres humains opèrent les drones et analysent les renseignements qu’ils leurs apportent. Je le sais parce que j’étais l’une d’entre elles, et rien ne peut vous préparer à une routine presque quotidienne de téléguider un véhicule dans des missions de surveillance au-dessus de zones de combat. Les adeptes des drones soutiennent que les soldats qui font ce genre de travail ne sont pas affectés par l’observation des combats parce qu’ils ne sont jamais physiquement en danger.

Mais, il y a un mais : Je n’ai peut-être jamais été sur le terrain en Afghanistan, mais j’ai vu certains combats en détail sur un écran pendant des jours de rang. Je sais ce que l’on ressent en voyant quelqu’un mourir. Horrifiant est un vague euphémisme. Et quand vous y êtes exposé jour après jour cela devient comme une petite vidéo qui tourne en continu dans votre tête, qui revient au début et qui recommence, en causant des dégâts psychologiques et des souffrances dont on espère que la majorité des gens ne les ressentiront jamais. Les opérateurs militaires de drones sont non seulement victimes de souvenirs qui les hantent, mais également de la culpabilité d’être toujours un peu indécis quant à leur identification d’armes ou d’individus hostiles.

Bien sûr, nous sommes entraînés à ne pas ressentir ces sentiments, et nous les combattons, et nous devenons amers. Quelques-uns d’entre nous recherchent l’aide des centres de soins psychiatriques de l’armée, mais nous sommes tenus à un devoir de réserve et nous ne pouvons pas parler comme nous le voudrions, à cause du secret de nos missions. Je trouve très intéressant que les statistiques des suicides de cette branche de l’armée ne soient pas publiées, pas plus que les données sur le nombre d’opérateurs sous traitement psychiatrique pour dépression, insomnies ou angoisses.

Récemment, le Guardian a publié un commentaire du Secrétaire de la défense Philip Hammond. J’aurais bien voulu lui parler des deux amis et collègues que j’ai perdus, dans l’année qui a suivi mon départ de l’armée, parce qu’ils se sont suicidés. Je suis sûre que personne ne lui a parlé de cet aspect du programme secret de drones tueurs ; s’il le savait, il voudrait sûrement examiner l’étendue réelle des dégâts du programme avant de recommencer à le défendre.

Note du rédacteur en chef du Guardian : Heather Linebaugh ne détient aucune information confidentielle et s’est tenue à son devoir de réserve depuis son départ de l’armée.

Traduction Entelekheia

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Syrie – La fin de la guerre est maintenant en vue

Syrie - La fin de la guerre est maintenant en vue
Syrie - La fin de la guerre est maintenant en vue
Moon of Alabama
 
Synthèse des récents développements en Syrie [Mise à jour ci-dessous le 14 juin 1 heure du matin EDT]

 
Source: Al Watan OnlinePour agrandir
 
Le changement le plus important de ces derniers jours est le déplacement des forces du gouvernement syrien (zones rouges et flèches) du sud-est vers la frontière irakienne. Le plan initial était de reprendre al-Tanf plus au sud-ouest pour sécuriser le passage frontalier de l'autoroute Damas-Bagdad. Mais al-Tanf était occupé par les envahisseurs américains, britanniques et norvégiens et certaines de leurs forces par procuration (bleu). Leurs avions ont attaqué les convois de l'armée syrienne lorsqu'ils se sont approchés. Le plan américain était de faire mouvement d’al-Tanf vers le nord, vers la rivière Euphrate, pour capturer et occuper tout le sud-est de la Syrie. Mais la Syrie et ses alliés ont fait un mouvement inattendu qui a contrecarré ce plan. Les envahisseurs sont maintenant coupés de la rivière Euphrate par une ligne syrienne qui va d’est en ouest jusqu’à la frontière irakienne. En Irak, des unités militaires populaires sous le commandement du gouvernement irakien viennent à la rencontre des forces syriennes à la frontière.
 
Les envahisseurs étatsuniens campent maintenant au milieu d’un désert sans intérêt stratégique près d'al-Tanf ; leur seule option est d’y mourir d'ennui ou de retourner en Jordanie d'où ils sont venus. L'armée russe a clairement indiqué qu'elle interviendrait fermement si les États-Unis attaquaient la ligne syrienne et se déplaçaient plus au nord. Les États-Unis et leurs alliés n'ont aucun mandat pour se trouver en Syrie. Ils n’ont aucune raison, ni aucun motif légal d’attaquer les unités syriennes. Leur seule option maintenant est de faire retraite.
 
Le mouvement étatsunien sur al-Tanf a été couvert par une attaque des forces par procuration de l'armée américaine au sud-ouest de la Syrie. Un grand groupe de «rebelles», qui comprend des éléments d'al-Qaïda et qui est ravitaillé depuis la Jordanie, a fait mouvement pour prendre la ville de Deraa aux mains du gouvernement syrien. On espérait que cette attaque détournerait les forces syriennes de leur mouvement vers l'est. Mais malgré les attaques suicides, l’assaut contre Deraa n'a pas réussi à faire reculer les fortes défenses des forces syriennes. La tentative de diversion a échoué. La position syrienne à Deraa a été renforcée par des unités de Damas qui attaquent maintenant les gangs de mercenaires de l'armée américaine. Des progrès significatifs ont été réalisés aujourd'hui dans la banlieue sud de Deraa, et  l'armée syrienne va probablement poursuivre son offensive jusqu'à la frontière jordanienne.
 
Les plans des États-Unis pour le sud de la Syrie, à l'ouest comme à l'est, ont échoué pour l'instant. À moins que l'administration Trump ne soit disposée à investir des forces significatives et à mener une guerre ouverte, en violation de toutes les lois, contre le gouvernement syrien et ses alliés, la situation est contenue. Les forces syriennes reprendront avec le temps toutes les terres (de couleur bleue) dans le sud, qui sont actuellement détenues par les diverses forces par procurations américaines et d'autres groupes terroristes.
 
Au nord-ouest, les groupes «rebelles» takfiris se concentrent autour d'Idleb et plus au nord. Ces groupes sont financés par l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie. Le récent conflit entre le Qatar et les autres États du Golfe a engendré encore plus de chaos à Idleb. Les groupes parrainés par l'Arabie Saoudite luttent maintenant contre les groupes parrainés par le Qatar et les Turcs. Ces conflits s'ajoutent à d'autres dissensions entre les forces alignées sur al-Qaeda et celles d'Ahrar al-Sham. Les forces du gouvernement syrien encerclent la province, et la Turquie au nord a gardé sa frontière fermée la plupart du temps. Les «rebelles» takfiris d’Idleb vont mariner dans leur propre jus jusqu'à ce qu'ils soient épuisés. Ensuite, les forces gouvernementales viendront les achever.
 
Au centre de la carte, les flèches (rouge) de l'armée syrienne sont dirigées vers les zones désertiques du centre tenues par les forces d’ISIS qui reculent vers l'est (flèches noires). Les forces du gouvernement syrien qui arrivent simultanément du nord, de l'ouest et du sud, progressent rapidement et reprennent plusieurs kilomètres de terrain chaque jour. Au cours du dernier mois, 4 000 kilomètres carrés et plus de 100 villages et villes ont été repris. Dans quelques semaines, ils auront repris toutes les zones (marron) d'ISIS jusqu'au lit de l'Euphrate et la frontière syrienne-irakienne.
 
Le matériel de pontage militaire russe a récemment commencé à arriver en Syrie. Il sera utilisé pour traverser la rivière Euphrate et reprendre les zones situées au nord de la rivière.
 
Pendant ce temps, les forces kurdes (flèches jaunes) soutenues par les États-Unis attaquent la ville de Raqqa tenue par ISIS. Le commandement militaire russe affirme (vidéo) que les Kurdes et les États-Unis ont convenu avec ISIS de laisser leurs combattants quitter Raqqa pour aller au sud et à l'est. La vitesse avec laquelle les Kurdes prennent la ville confirme cette affirmation. Il semble qu'il n'y ait à peu près aucune résistance de l'État islamique.
 
Toutes les forces d'ISIS qui restent en Syrie, celles qui viennent de Raqqa ainsi que celles qui viennent des zones désertiques, se déplacent vers l'est le long de l'Euphrate en direction de la ville de Deir Ezzor. Il y a au moins 100 000 civils pro- gouvernementaux et une garnison de l'armée syrienne qui y sont depuis longtemps encerclés par les forces d'ISIS. La population assiégée est ravitaillée par les airs. Jusqu’ici la garnison militaire syrienne résiste aux attaques d'ISIS. Mais si des milliers de combattants de l'Etat islamique arrivent en renfort, cette fois les troupes du gouvernement pourraient bien être submergées. Il faut parachuter des renforts dans la ville pour empêcher ISIS de rentrer et de se livrer à un grand massacre. Une ligne de secours au sol serait une bien meilleure option. Mais l’avancée de l'armée syrienne vers la ville a été retardée par les manigances des États-Unis dans le sud. Les forces gouvernementales préparent un grand  mouvement au sol vers Deir Ezzor. On peut seulement espérer qu'elles arrivent à temps.
 
Les forces par procuration qataris, saoudiennes et turques, dirigées par la CIA, ont mené une guerre de six ans contre la Syrie et son peuple. Avec le Qatar et la Turquie maintenant en conflit avec les Saoudiens et leurs alliés américains, le gang qui a attaqué la Syrie se désagrège. L'État islamique perd rapidement du terrain et est au bord de la défaite. L’avancée des États-Unis dans le sud a été stoppée. À moins que les États-Unis ne changent de tactique et ne s’embarquent dans une attaque à grande échelle contre la Syrie avec leurs propres forces armées, la guerre contre la Syrie est terminée. De nombreuses zones doivent encore être reprises par les forces syriennes. Les attaques terroristes dans le pays se poursuivront pendant plusieurs années. Les blessures prendront des décennies à guérir. Il faudra entamer des négociations sur des zones situées dans le Nord qui sont actuellement sous contrôle des Turques ou des mercenaires des américains. Il y aura bien des questions à régler. Mais la guerre stratégique à grande échelle contre la Syrie a maintenant pris fin.
 
Personne n'y a gagné quoi que ce soit. Les Kurdes qui, pendant tout un temps apparaissaient comme les seuls gagnants de la guerre, viennent de jeter ce qu’ils avaient gagné par-dessus bord.
 
Les forces kurdes du YPG soutenues par les États-Unis ont fait l'erreur inouïe de réclamer ouvertement le soutien de l'Arabie saoudite. Les anarcho-marxistes du YPG, qui arborent fièrement leur féminisme, font soudain allégeance aux barjots moyenâgeux wahhabites. Ils ont détruit leur réputation de force de gauche progressiste. Leur démarche va renforcer l'hostilité turque et syrienne, irakienne et iranienne contre eux. Toutes les avancées politiques qu'ils ont faites pendant la guerre en ne prenant partie, la plupart du temps, ni pour les «rebelles» ni pour le gouvernement syrien sont maintenant menacées. C’est une décision insensée. La zone tenue par les Kurdes est complètement encerclée par des forces plus ou moins hostiles. Le soutien des États-Unis ou de l'Arabie saoudite à l'enclave kurde encerclée ne pourra plus durer longtemps. Les Kurdes viennent à nouveau de démontrer qu'ils sont leurs pires ennemis dans leur combat pour un Etat kurde (à moitié) souverain. Ils vont être renvoyés dans leurs territoires d'origine et seront à nouveau intégrés à l'état syrien.
 
[MISE À JOUR:]
 
Le secrétaire de la Défense Mattis a été interrogé hier au Congrès sur la situation en Syrie. Il n'y a pas encore de transcription diponible, mais voici quelques tweets d'un journaliste de Stars & Stripes qui y a assisté:
 
Tara Copp @TaraCopp - 3:11 PM - 13 juin 2017
 
# Secrétaire Défense Mattis dit que les forces «pro-régime» qui sont entrées en Syrie près de la base de #AlTanf sont en fait #russes
#Secrétaire Défense Mattis: «Je ne prévoyais pas que les Russes viendraient là-bas (près de Al Tanf.) ... mais cela n’a pas surpris nos services secrets. »
 
Les Etats-Unis avaient affirmé que les forces alignées sur le gouvernement syrien qui avançaient en direction d'al-Tanf étaient «soutenues par l'Iran» ou «dirigées par l’Iran». Maintenant, le secrétaire de la Défense dit que c'était un mensonge. Il s’agissait de Russes alliés au gouvernement syrien. Les Russes ne prennent certainement pas leurs ordres des généraux iraniens. Il n'est pas étonnant que le commandement russe ait émis de fortes mises en garde contre toute attaque de ces forces.
 
Mattis montre aussi qu'il est incapable d’une pensée stratégique. Il croyait vraiment que les Russes n’iraient pas à al-Tanf couvrir leurs camarades syriens? Il est clair depuis des mois que les Russes sont totalement impliqués en Syrie. Ils ne laisseront pas tomber le gouvernement syrien pour se mettre bien avec Mattis ou Trump ou qui que ce soit d'autre. Leur stratégie est claire depuis un certain temps. Ils se battront. Ils l'ont dit. Il fallait être idiot pour croire autre chose.
 
Al-Tanf a une importance tactique, mais l'armée américaine l’élève au rang d’atout stratégique. Ce qui n'est manifestement pas le cas. On ne comprend pas quelles raisons les  États-Unis ont de défendre cet endroit en plein désert. Il n’y en a aucune, mais le défendre pour le «principe» pourrait évidemment provoquer une guerre beaucoup plus importante.
 
La garnison de Tanf est maintenant encerclée par des forces hostiles. Les forces des États-Unis dans la région devraient traverser les positions de régime pour se rendre à al Bukamal, ce qui risque de provoquer une escalade.
 
Qu'en va-t-il se passer maintenant? Les États-Unis sont-ils prêts à protéger ces forces à perpétuité? Est-ce que les États-Unis vont fournir une couverture aérienne à des forces qui se battent directement avec des alliés du régime en dehors de la zone de 55 kilomètres? Les trois dernières frappes ont-elles provoqué une contre-escalade qui a nui aux intérêts des États-Unis? Malheureusement, la réponse à la dernière question est oui.
...
La stratégie devrait commander la tactique quand on a affaire à des forces soutenues par l'Iran en Syrie, et non l'inverse.
...
Les États-Unis ont la capacité de défendre une garnison dans le désert syrien. Cependant, il n’y a aucune raison stratégique de le faire, ce qui rend impossible une évaluation des avantages et des inconvénients.
 
Le département de la Défense et le commandement américain sur le terrain n’ont à l’évidence pas encore compris cela. Le commandant local des États-Unis a fait venir de Jordanie à al-Tanf un système d'artillerie à longue portée étasunien HIMARS. HIMARS a une portée de 300 kilomètres. Cela ne fait aucune différence d’un point de vue tactique s’il tire de Jordanie ou d'al-Tanf en Syrie à quelque 12 kilomètres à l'est de la frontière. C’est une démarche symbolique du type «planter le drapeau» à al-Tanf, mais elle expose le système d’artillerie à une attaque légitime des forces syriennes, russes et iraniennes.
 
Comme le secrétaire d'État Tillerson l'a dit à juste titre: les États-Unis n'ont aucune autorité légale pour attaquer les Syriens ni les Iraniens ni les forces russes. Pas la moindre. Ils ont envahi la Syrie sans motif légitime. La Syrie, en revanche, a le pouvoir légal de jeter dehors les troupes américaines.
 
Faire venir les HIMARS à al-Tanf, est tout à fait idiot. Il est grand temps que Washington arrête ses bêtises.
 
http://www.moonofalabama.org/2017/06/syria-summary-the-end-of-the-war-is-now-in-sight.html#more

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Les confins de l’Apocalypse

L’installation d’une base d’entraînement de rebelles par les forces spéciales US (et celles de pays alliés comme la Norvège) dans une zone dite de dé-escalade (de repli ou de regroupement) près d’Al-Tenef non loin des frontières de la Syrie avec la Jordanie et l’Irak, a donné lieu jusque là à trois frappes US successives et ciblées visant des convois militaires appartenant à des forces soutenant l’armée syrienne dans un périmètre variant entre 45 et 55 kilomètres.
Les confins de l’Apocalypse

Cette évolution annonce les prémisses d’une confrontation directe entre les forces US et les unités du Hezbollah libanais. La dernière confrontation directe entre les deux parties remonte à 1983.

Damas tolère très mal cette situation qu’elle qualifie de violation flagrante de sa souveraineté territoriale et d’agression. Le président Al-Assad avait même ordonné à des unités de la Garde Républicaine et de la quatrième division blindée de mettre en échec ce déploiement. Des véhicules tout terrains armés appartenant à des milices pro-gouvernementales ont tenté à plusieurs reprises de tester les limites de la base mais elles subirent un violent bombardement aérien et un déluge de projectiles à l’Uranium appauvri et au Tungstène tirés par le canon rotatif des avions d’attaque au sol Warthog A-10 2, que les irakiens connaissent à la perfection.

L’armée syrienne a reconnu avoir perdu deux de ses soldats et plusieurs véhicules au cours de ces attaques.

Cette situation a amené l’état-major russe à dépêcher sur les lieux des appareils de combat et des forces spéciales et dont le travail d’interposition sur le terrain a évité pour l’instant une escalade.

Le Pentagone a reconnu le rôle de la Russie dans l’évitement d’une escalade à Al-Tenef.

Cependant, les unités du Hezbollah libanais, aguerries par les offensives d’Arsal, de Lattaquié, de Palmyre, d’Alep et des environs de Damas, ont pu observer pour la première fois, les tactiques employées par l’aviation et les forces de frappe kinétique des forces armées US.

Les forces spéciales US ont d’ailleurs abattu un drone armé de reconnaissance appartenant au Hezbollah.

A la lumière de ces derniers développements, il y a lieu de croire que le premier contact entre les forces US (et celles d’autres pays de l’Otan) qui sont en train de mettre pied une nouvelle organisation terroriste (officiellement il s’agit de civils syriens recevant une formation militaire pour combattre …Daech ») et des unités du Hezbollah libanais est désormais une question de temps. Cela confirme également la nouvelle répartition des rôles au sein de la coalition hostile à la Syrie : en dépit de la superioité militaire écrasante d’Israël, et malgré la puissance financière de l’Arabie Saoudite, deux pays directement impliqués dans le conflit en cours en Syrie pour y abattre son gouvernement, c’est aux Etats-Unis de combattre le Hezbollah libanais. Un peu comme aux temps bibliques anciens lorsque les Israélites demandèrent à Moïse d’aller combattre seul et à leur place les Amalécites en lui disant : « Allez y toi et ton Dieu (vous battre) ! Nous, on reste ici (à attendre la fin de la bataille) ».

Aux Etats-Unis, on se prépare à une confrontation directe avec le Hezbollah : un rapport du Congès US a rappelé, encore une fois, que le Hezbollah libanais constituait avec l’Iran, la plus grande menace existentielle à l’État d’Israël. Les membres du Congrès US étant traditionnellement majoritairement acquis à Israël, considèrent donc le Hezbollah libanais comme une menace directe aux intérêts US. C’est un peu retors mais suffisant pour une guerre. D’autant plus qu’elle est déjà intégralement financée par de tierces parties.

Al-Tenef est une région aride et désolé de l’extrême Sud de la Syrie où une armée de mercenaires reçoit en ce moment des armes et une formation militaire de la part de forces US et britanniques (et celles de huit pays de l’Otan). Elle cache aussi une base opérationnelle pour ces forces dans l’objectif affiché de combattre Daech mais qui, en réalité, vise toujours au même objectif initiale de la guerre en Syrie : changer le régime de ce pays et le remplacer par un autre.

Daech n’est qu’un prétexte et un alibi à la fois. Aux dernières nouvelles, cette organisation terroriste s’en prend à l’Iran et l’Arabie Saoudite à la fois tandis qu’aux quatre coins du monde, le moindre pétard est revendiqué en son nom, histoire de maintenir la stratégie de la tension.

Cette stratégie s’est aggravée avec le conflit profond opposant désormais deux factions ennemies au sein du camp atlantico-arabe et qui s’est manifesté de façon spectaculaire au sein du Conseil de Coopération du Golfe. L’Allemagne, la Grande Bretagne, la Turquie et l’État profond US (dont les soutiens d’Obama et d’Hillary Clinton) ont pris position pour le Qatar et les frères musulmans tandis que Trump, l’Arabie Saoudite et ses alliés ont décidé de se débarrasser du système ancien basé sur l’utilisation du terrorisme islamiste tout en tenant, pour le cas de Ryad, de se refaire une virginité après des décennies de soutien à tous les groupes terroristes ayant semé le désordre et le chaos dans le monde musulman. Tous, cependant, considèrent laux côtés de Tel-Aviv le maintien d’Al-Assad à la tête de la Syrie comme un danger mortel.

Et c’est à Al-Tenef que se joue la nouvelle partition où l’Iran est à la fois le soutien militaire et économique de la Syrie et l’un des pays ayant intérêt au maintien des méthodes de l’État profond US car le terrorisme islamiste justifie en quelque sorte sa porsure stratégique.

A Al-Tenef, il fait chaud et il n’y a pratiquement rien à voir mis à part la désolation. C’est des confins frontaliers. Les confins de l’Apocalypse!


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Au-delà d’une guerre américaine contre la Corée du Nord

Le tir d’essai test tiré par la Corée du Nord d’un missile à courte portée lundi, le dernier d’une série d’essais similaires de missiles, a provoqué une nouvelle série de condamnations et d’avertissements de Washington et de ses alliés, au milieu d’un renforcement militaire en cours des États-Unis près de la Péninsule coréenne. La marine américaine a annoncé la semaine dernière qu’elle déployait l’USS Nimitz et son groupe de combat dans la région, amenant à trois le nombre de porte-avions capables de diriger leur force de tir massive contre la Corée du Nord.
Au-delà d’une guerre américaine contre la Corée du Nord
Le président Trump a répondu à l’essai du missile en tweetant que la Corée du Nord avait montré un « grand manque de respect » à l’égard de sa voisine la Chine, qui s’efforçait de contraindre Pyongyang à se plier aux exigences des États-Unis d’un abandon de ses programmes nucléaires et antimissiles. Washington a exercé une pression immense sur Pékin, surtout par la menace d’une guerre à sa porte, tout en utilisant ses forces économiques pour freiner le régime de Pyongyang.

S’exprimant dans Face the Nation sur CBS, dimanche, le secrétaire américain à la Défense James Mattis a clairement indiqué que la Chine avait un délai limité. Il a condamné la Corée du Nord comme une « menace directe pour les États-Unis », ajoutant : « Nous n’avons pas à attendre qu’ils aient un missile balistique intercontinental avec une ogive nucléaire. » Mattis a prévenu que toute guerre avec la Corée du Nord serait « catastrophique » et impliquerait « probablement le pire type de combats de la vie de la plupart des gens. »

La marche à la guerre des États-Unis contre la Corée du Nord a été accompagnée d’une campagne incessante dans les médias vilipendant le régime de Pyongyang et la prétendue menace posée par son minuscule arsenal nucléaire. Mattis a déjà indiqué que toute tentative de la Corée du Nord d’utiliser une arme nucléaire recevrait une réponse « efficace et écrasante », c’est-à-dire l’anéantissement, en utilisant l’immense arsenal nucléaire américain.

Comme ce fut le cas dans les conflits dirigés par les États-Unis au Moyen-Orient, les « armes de destruction massive » de la Corée du Nord et ses graves violations des droits de l’homme sont devenues des prétextes pratiques pour préparer une guerre contre un pays petit, isolé et économiquement arriéré. L’impérialisme américain a d’autres objectifs prédateurs, économiques et géo-stratégiques. Surtout, une guerre pour détruire le régime de Pyongyang viserait à affaiblir et à saper la Chine, qui a toujours considéré la Corée du Nord comme un important tampon contre les États-Unis et ses alliés en Asie du Nord-Est – le Japon et la Corée du Sud.

L’augmentation soudaine des tensions sur la péninsule coréenne n’est pas seulement due à Trump et aux propensions militaires de son administration. Plutôt, la position agressive et menaçante de Trump contre la Corée du Nord est un produit de l’intensification rapide des rivalités géopolitiques en Asie et dans le monde entier, alimentée par la dégradation du système capitaliste qui empire toujours suite à la crise financière mondiale de 2008.

Depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1991, l’objectif principal de la stratégie américaine a été de prévenir tout défi économique ou militaire de ses rivaux et, en particulier, d’empêcher que la masse continentale eurasienne ne soit dominée par un ou plusieurs concurrents.

L’ancien conseiller de sécurité nationale des États-Unis, Zbigniew Brzezinski, en a énoncé le raisonnement en 1997 dans Foreign Affairs : « Ce qui arrivera avec la répartition du pouvoir sur la masse continentale eurasienne sera d’une importance décisive pour la primauté mondiale et l’héritage historique de l’Amérique […] Dans une Eurasie volatile, la tâche immédiate est de s’assurer qu’aucun état ou combinaison d’états ne génère la capacité d’expulser les États-Unis ou même de diminuer son rôle décisif. »

Entre 1950 et 1953, les États-Unis ont mené une guerre criminelle sur la péninsule coréenne contre la Chine, qui a coûté la vie à des millions de personnes, afin d’assurer leur position dominante en Asie du Nord-Est. L’attitude de Washington à l’égard de Pyongyang, avec qui il n’a jamais signé de traité de paix, a toujours été depuis une hostilité sans relâche. Après la fin de l’Union soviétique, la stratégie américaine s’est appuyée sur le changement de régime et l’incorporation de la Corée du Nord dans sa sphère d’influence, aux dépens de la Chine. Les États-Unis de leur côté n’ont pas respecté les accords conclus avec la Corée du Nord en 1994 et 2007 pour qu’elle se dénucléarise.

Le risque croissant d’une attaque américaine contre la Corée du Nord coïncide avec une guerre civile à peine dissimulée au sujet de la politique étrangère qui fait rage au sein de l’establishment politique américain et de l’appareil d’État. Les différences sont, en réalité, tactiques : il s’agit de savoir si, dans le cadre de la domination de l’Eurasie, les États-Unis devraient se concentrer d’abord sur la Russie ou bien sur la Chine. Le barrage constant des accusations contre les liens allégués de l’administration Trump avec la Russie est motivé par l’opposition à ses efforts pour réorienter la politique étrangère des États-Unis vers une confrontation avec Pékin plutôt qu’avec Moscou.

La pression constante de Washington sur Pékin par rapport à la Corée du Nord-Est, en partie, une réponse aux signes croissants selon lesquels le « pivot vers l’Asie » de l’administration Obama – qui était destiné à isoler et encercler militairement la Chine – se défait. La prise de distances entre Washington et les Philippines, sous le président Rodrigo Duterte, et le virage de ces dernières vers des relations plus étroites avec Pékin, est le signe le plus évident de dérives similaires ailleurs en Asie et à l’étranger pour profiter des opportunités économiques en Chine.

Les États-Unis sont également confrontés à des défis en Europe, le plus ouvertement de la part de l’Allemagne, où la chancelière Angela Merkel a déclaré, après la réunion du week-end du G7, que « nous, les Européens, devons vraiment prendre notre destinée en mains » plutôt que de compter sur les États-Unis. Plus tôt ce mois-ci, la Chine a formellement lancé son ambitieuse initiative One Belt, One Road, un plan pour des investissements d’infrastructure massifs dans les routes, les ports, les pipelines, les liaisons ferroviaires et les télécommunications à travers l’Eurasie, reliant la Chine à l’Europe. Fait significatif : l’Allemagne et la Grande-Bretagne, qui ont tous deux cherché à renforcer leurs relations économiques avec la Chine, ont été fortement représentées à la réunion à Pékin.

Incapables de surpasser la Chine économiquement, les États-Unis se préparent à utiliser leur force militaire pour miner la position d’un concurrent potentiel et afin de perturber les relations de leurs rivaux avec Pékin, et ce n’est pas la première fois. En 2002, le président Bush a déchiré un accord avec la Corée du Nord pour qu’elle dénucléarise et l’a stigmatisée en l’incluant dans l’« axe du mal », avec l’Iran et l’Irak. Ce faisant, il a effectivement saboté la prétendue Sunshine Policy de la Corée du Sud qui, avec le soutien de la Chine et des puissances européennes, était un plan pour transformer la péninsule coréenne en un conduit de transport et de pipeline pour relier l’Europe et l’Asie de l’Est.

Quinze ans plus tard, les enjeux sont beaucoup plus élevés et la menace de guerre est beaucoup plus grande. Face à une crise politique croissante et à des tensions sociales aiguës aux États-Unis, le gouvernement Trump recourt à des mesures de plus en plus imprudentes pour tenter d’affirmer la domination américaine. Que ce soit dans la péninsule coréenne ou dans une autre poudrière, comme la mer de Chine méridionale, l’impérialisme américain est amené à prendre des mesures militaires qui menacent de précipiter une guerre entre les puissances nucléaires et une conflagration catastrophique.

(Article paru en anglais le 30 mai 2017)

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MADURO N’EST PAS SEUL- POUTINE LE REJOINT

La révolution bolivarienne enclenchée par Chavez est, depuis ses débuts, la bête noire de Washington et des oligarchies nationales. Depuis 1999, année de la reconnaissance par le peuple d'une nouvelle constitution qui en fait le maitre d'oeuvre de son destin, les tentatives de coup d'État et de déstabilisation du pays n'ont pas cessées. Aujourd'hui, cet acharnement contre la révolution atteint un comme et s'inspire de la stratégie des printemps arabes comme ce fut le cas en Libye, comme c'est le cas en Syrie et en Ukraine.
MADURO N'EST PAS SEUL- POUTINE LE REJOINT



Les dernières déclarations du président Poutine relatives au conflit interne qui s’accentue entre le gouvernement légitime de Nicolas Maduro et une opposition de plus en plus violente ont de quoi faire réfléchir les alliés régionaux de cette opposition qui souhaiteraient bien une intervention militaire. Déjà, en mars 2015, la Russie avait répondu oui à la requête du gouvernement vénézuélien contre lequel le président étasunien d’alors, Barack Obama, avait déclaré comme une menace à la sécurité nationale des États-Unis. Une déclaration qui l’autorisait, pratiquement, à intervenir militairement au Venezuela.

Cette fois-ci, cette intervention du Président de Russie auprès du gouvernement vénézuélien revêt un caractère tout particulier. Celle-ci se réalise la journée même où le président de Colombie, Manuel Santos, est à la Maison-Blanche en compagnie de son homologue étasunien, Donald Tromp. Au nombre des sujets abordés figure celui du Venezuela, présenté comme une tragédie humaine sous la gouverne d’un régime politique qui se révèle être un véritable fiasco. Bien que riche en pétrole et minerais, sa population vit dans la famine. Il faut s’unir, disent-ils, pour sortir le peuple vénézuélien de cette misère humaine. Rien n’est dit, évidemment, de cet acharnement pour renverser ce régime depuis le jour où il a vu le jour.

Des millions de dollars ont été investis et continuent de l’être pour créer les conditions permettant de justifier une intervention militaire en vue de renverser ce régime. L’opposition interne est mise à contribution pour dénoncer ce gouvernement, qu’elle qualifie de dictatorial, et le provoquer sous diverses formes. Elle canalise les fonds destinés pour créer des zones de violence et susciter la peur et le mécontentement de la population. La cause de tous ces malheurs est refilée, comme par magie, au gouvernement. La presse nationale et internationale se charge de cette magie. Elle sait comment transformer le vrai en faux et le faux en vrai. L’important, c’est que l’opinion publique en arrive à dire: nous en avons assez de ce gouvernement.

Il va de soi que l’OEA, organisme régional sous contrôle officieux des États-Unis, est mis à contribution pour donner une couverture régionale et internationale à toute intervention militaire visant le renversement du présent régime. Les principaux responsables de cet organisme ne se font pas de scrupule avec des questions d’éthique et de solidarité. À ce niveau, le pouvoir de l’argent et sa force persuasive à corrompre les plus faibles font le reste du travail. Il faut toutefois reconnaître l’intégrité et la grandeur d’un grand nombre de ceux et celles qui siègent au sein de l’OEA et qui ont su résister tout autant aux billets verts qu’aux menaces.

Au nombre de ces alliés visant la fin de ce régime, il y a la Conférence épiscopale du Venezuela, adversaire féroce de la Révolution bolivarienne depuis ses tout débuts. Elle a participé, à visage découvert, à toutes les tentatives de renversement de ce régime. En 2002, elle était là pour célébrer un premier coup d’État contre Chavez. Malheureusement, l’intervention du peuple et d’une partie de l’armée demeurée fidèle au gouvernement constitutionnel ont vite transformé cette joie en un cauchemar. Cette fois-ci, ce même épiscopat n’en démarre pas et se prête sans scrupule aux activités clandestines et violentes de l’opposition et souhaite une intervention extérieure pour mettre fin à ce régime.

C’est dans ce contexte que réapparaît Vladimir Poutine qui répète à qui veut l’entendre que le droit international doit être respecté et que les problèmes internes du Venezuela doivent être résolus par les Vénézuéliens et Vénézuéliennes. S’il s’engage dans ce processus de paix, c’est d’abord pour répondre à une invitation des autorités légitimes du pays et dans le but de faciliter la rencontre des groupes opposés afin qu’ils puissent trouver une solution à leurs problèmes. C’est également pour que soit respecté le droit international de non-intervention de part de ceux qui auraient la tentation d’intervenir sans l’accord des autorités compétentes.

Pour mieux comprendre ce que représente la présence de Poutine au Venezuela, il faut regarder le rôle qu’il a joué et continue de jour en Syrie. Ce pays était envahi, depuis 2011, par des forces étrangères et des mercenaires qui se confondaient avec une opposition officielle. La soi-disant coalition internationale se présentait comme une force luttant contre le terrorisme et contre un gouvernement tortionnaire et cruel. Il fallait mettre fin à ce régime dirigé par Bachar Al Assad, qualifié de dictateur. Des groupes mercenaires et terroristes, à la solde de cette coalition, faisaient le travail de sabotage et servaient de couverture morale,pour la coalition internationale, de lutte contre le terrorisme.

La Russie, à l’invitation du président Bachar Al Assad, s’est présentée en Syrie, en 2014, et dans l’espace de quelques semaines, elle avait fait plus pour repousser les terroristes, qu’en avait faits la coalition internationale en deux ans. Ses interventions ont permis de mettre à nu les véritables intentions des divers acteurs en les confrontant à la réalité du droit international à respecter et à la volonté réelle d’asseoir à une même table les principaux belligérants de manière à trouver une entente permettant de sortir le pays du marasque dans lequel la guerre l’a enfoncé.

L’arrivée de Poutine au Venezuela va vite confronter les véritables intentions de ceux qui veulent aider le Venezuela à s’en sortir. Il a d’ailleurs souhaité que ses collègues régionaux se joignent à ses efforts pour que le Venezuela retrouve la paix et la prospérité.

Pour ceux qui seraient tentés d’envahir militairement le Venezuela, mieux vaut qu’ils y pensent à deux reprises avant de passer à l’action. Les sept bases militaires des États-Unis en Colombie et la quatrième flotte navale dans le Pacifique Sud demeurent toujours une menace pour le Venezuela, mais l’arrivée d’armements modernes et sophistiqués devra être prise en considération.

Espérons que les bonnes volontés, dépouillées de leurs ambitions de pouvoir et de domination, sauront trouver la voie de la paix.

Oscar Fortin
Le 19 mai, 2017
http://humanisme.blogspoot.com


NOTE: Lors de la communication téléphonique de Maduro à Poutine, ce dernier s'est engagé, entre autres, à envoyer tous les mois un chargement de 60 mille tonnes de blé pour alléger les besoins du peuple vénézuélien. Il ne commence pas par envoyer des armes pour faire la guerre, mais des aliments pour soulager la faim. C'est déjà un bon commencement.

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La radicalisation de l’Occident

Des guerres interminables et des dizaines de millions de victimes
La radicalisation de l’Occident
En Occident, les États cherchent à attirer l’attention sur le processus de radicalisation des individus qui, par leur nombre, ne menacent en rien les pouvoirs en place. Très peu d’analyses sont proposées pour mettre en lumière les conséquences néfastes du processus de radicalisation des États qui font la guerre, la préparent et font la promotion d’une gouvernance destructrice des valeurs humaines au profit du capital. Nous avons analysé les actions posées par les États occidentaux dans le cadre de la guerre mondiale contre le terrorisme et nous avons démontré que le terrorisme était généré principalement par l’Occident . Il est donc temps de rectifier la donne concernant le terrorisme et de cesser de débattre des concepts du processus de radicalisation de cas individuels et sporadiques et de s’interroger sur la menace permanente de la militarisation, de la perte des libertés et de la gouvernance autoritaire qui ont pris de l’ampleur au cours des dernières années.

Beaucoup d’attentats terroristes font partie intégrante du processus des guerres livrées par l’US-OTAN, comme dans le cas de la Syrie. Des centaines de morts ou blessés des attentats financés par l’extérieur s’ajoutent à des dizaines de millions de victimes des guerres. C’est ce que l’observe depuis 1945. Un total de 200 guerres livrées par l’Occident (1945-2000) afin de maintenir son hégémonie sur l’ensemble planétaire avec près de 41 millions de morts (Leitenberg, Milton, 2006, p. 79) et des centaines de millions de blessés, de déplacés et de réfugiés. C’est le prix qu’a payé l’humanité pour instaurer et assurer les assises du capitalisme dans l’ensemble du monde. Ce système économique et politique est protégé par des superpuissances nucléarisées (tels que les États-Unis et Israël) qui dominent la scène internationale en dictant la conduite du monde. La plupart des États sont sous le joug de ces puissances et ils doivent se conformer aux règles imposées.

Terrorisme : Le débat sur la radicalisation des individus

Le débat, en Occident, concernant le phénomène de la radicalisation des individus peut paraître inutile. En effet, dans ce débat l’on se demande à répétition comment il se fait que des jeunes puissent se joindre à la mouvance terroriste, elle-même trouvant le plus souvent un soutien de l’Occident. On se cesse de s’interroger alors sur le fait que des parents n’ont pas été en mesure de déceler le caractère déviant de leur enfant. Et que dire de ceux ou celles qui se joignent à une armée nationale? Ils le font aussi parce qu’ils ont la conviction qu’ils sont appelés à servir la patrie, mais ils ne comprennent pas qu’ils serviront à sauvegarder des valeurs inacceptables, soit celles de contribuer directement à la guerre et à ses préparatifs.

La radicalisation des États occidentaux

Les gouvernements des États occidentaux n’hésitent pas à utiliser la force et la violence pour réprimer toute résistance à leur endroit. Les dirigeants font appel à des forces policières ou même militaires pour rétablir l’ordre qu’ils ont eux-mêmes défini. Quand cette résistance pose un danger pour cet ordre dit démocratique ils instaurent l’état d’urgence et ont recours à des arrestations dites préventives. Alors se développe un processus de militarisation avec un pouvoir donné aux militaires de patrouiller et d’intervenir à leur guise. Nous avons été témoin, au cours des dernières années, de ce processus dans plusieurs pays de l’UE et, tout particulièrement en France, où l’état de siège et l’état d’urgence ont été instaurés et où les droits collectifs et individuels ont été érodés de façon significative. Les dernières élections présidentielles ont été placées sous la surveillance de plus de 50 000 policiers et soldats.

La gouvernance «dictatoriale»

La perte progressive de la jouissance des droits et des libertés fondamentales a été observée dans l’ensemble des régimes dits démocratiques de l’Occident. Un virage généralisé vers la droite s’est développé de sorte que ces régimes se sont transformés peu à peu en « dictatures ». Comme nous l’avons évoqué récemment et avons conclus :

« Au cours de la dernière année, nous avons traité du processus grandissant de la militarisation planétaire (voir la liste des références). La pression exercée par l’Occident sur la vie des peuples par des mesures d’austérité et par le recours à des dispositions à caractère militariste pour la gouvernance et l’économie de la majorité provoque la révolte des peuples dont les manifestations prendront diverses formes et auront des effets d’une portée inattendue. L’Occident, par le biais de son bras armé qu’est l’OTAN, exerce une action destructive de l’environnement biophysique et humain planétaire, ce qui ne peut conduire qu’à la révolte de la majorité » (Dufour, 2016).

Conclusion

Les sociétés occidentales exercent un pouvoir radical sur le devenir de l’humanité. L’inconscience et l’indifférence de la majorité entraînent la gouvernance des États vers des pratiques dictatoriales en imposant des règles qui restreignent progressivement la liberté de manifester et de défendre les droits fondamentaux. Les divers ordres d’enseignement collaborent à ce processus en assurant le renouvellement des valeurs capitalistes, soit celles de la recherche du pouvoir et de la domination et surtout en faisant prévaloir les principes de la compétition à toutes les échelles de l’activité humaine.

Jules Dufour



Références

AL-JAAFARI, Bachar. 2015. Comme s’il existait un terrorisme « hallal » et un terrorisme « haram » ! Mondialisation.ca. Le 27 novembre 2015. En ligne : http://www.mondialisation.ca/comme-sil-existait-un-terrorisme-hallal-et-un-terrorisme-haram/5491978

BEDDIARI, S.E.K. 2015. La «radicalisation» des jeunes en Occident ou le secret de la médiatisation de Tariq Ramadan. HUFFPOST QUÉBEC. Le 8 février 2015. En ligne : http://quebec.huffingtonpost.ca/sek-beddiari-/radicalisation-jeunes-occident_b_6626390.html

BOUSSOIS, Sébastien. 2017. Contrer la radicalisation passe par une lutte commune. Journal Le Devoir, le 4 mai 2017, p. A 7.

CHOMSKY, Noam et André Vltchek. L’Occident terroriste. D’Hiroshima à la guerre des drones. Montréal, Éditions écosociété. 176 pages. Traduit de l’anglais par Nicolas Calvé.

COHEN, Yolande et Olivier Bérubé Sasseville. 2017. France. L’inéluctable montée de la droite. Journal Le Devoir, le 9 mai 2017. En ligne: http://www.ledevoir.com/international/europe/498285/france-l-ineluctable-montee-de-la-droite

DUFOUR, Jules. 2013. Le capitalisme : décrypter les mimiques et grimaces de son visage pour en contrer les effets pervers et destructeurs. Mondialisation.ca. Le 26 juillet 2013 et le 1 janvier 2016. En ligne : http://www.mondialisation.ca/le-capitalismedecrypter-les-mimiques-et-grimaces-de-son-visage-pour-en-contrer-les-effets-pervers-etdestructeurs/5343996

DUFOUR, Jules. 2015. L’aube du XXIème siècle. Plus d’armements. Plus de guerres. La spirale de la terreur et de la mort se poursuit (1ère partie). Mondialisation.ca. Le 2 avril 2015. En ligne:http://www.mondialisation.ca/laube-du-xxieme-siecle-plus-darmements-plus-de-guerres-la-spirale-de-la-terreur-et-de-la-mort-se-poursuit/5440161

DUFOUR, Jules. 2015. L’aube du XXIème siècle. Plus d’armements. Plus de guerres. La spirale de la terreur et de la mort se poursuit. Les interventions et occupations militaires de l’Occident dans le monde. Irak, Syrie, Libye et Gaza (2ième partie). Mondialisation.ca. Le 6 avril 2015. En ligne : http://www.mondialisation.ca/laube-du-xxieme-siecle-plus-darmements-plus-de-guerres-la-spirale-de-la-terreur-et-de-la-mort-se-poursuit-2ieme-partie/5440984

DUFOUR, Jules. 2016. Plus d’armements. Plus de guerres. L’industrie de la mort assure et poursuit son expansion. Le 10 janvier 2016. En ligne : http://www.mondialisation.ca/plus-darmements-plus-de-guerres-lindustrie-de-la-mort-assure-et-poursuit-son-expansion/5500497

DUFOUR, Jules. 2016. L’Occident et le terrorisme international. Mondialisation.ca. Le 27 mars 2016. En ligne : http://www.mondialisation.ca/loccident-et-le-terrorisme-international/5516876

DUFOUR, Jules. 2016. Le marché mondial de l’armement, une industrie en pleine expansion. Maintien d’un ordre injuste et criminel pour l’humanité. Mondialisation.ca. Le 15 juin 2016. En ligne : http://www.mondialisation.ca/le-marche-mondial-de-larmement-une-industrie-en-pleine-expansion/5531090

DUFOUR, Jules. 2016. Vers des dictatures maquillées en « démocraties ». Les dangers d’une dérive sécuritaire irréversible et d’une forte érosion des droits et libertés. Mondialisation.ca. Le 25 juillet 2016. En ligne : http://www.mondialisation.ca/vers-des-dictatures-maquillees-en-democraties/5537926

DUFOUR, Jules. 2016. L’administration Obama et la guerre. L’histoire d’une tragédie pour l’humanité. Mondialisation.ca. Le 11 décembre 2016. En ligne : http://www.mondialisation.ca/ladministration-obama-et-la-guerre-lhistoire-dune-tragedie-pour-lhumanite/5560871

DUFOUR, Jules. 2017. Le réarmement nucléaire à l’agenda des superpuissances. Des perspectives semées d’inquiétudes. Mondialisation.ca. Le 10 février 2017. En ligne : http://www.mondialisation.ca/le-rearmement-nucleaire-a-lagenda-des-superpuissances-des-perspectives-semees-dinquietudes/5573898

DUFOUR, Jules. 2017. Les risques d’affrontements armés prennent de l’ampleur dans le Monde. Les forces armées prennent position sur les divers fronts en Europe orientale et dans le Pacifique du Nord-Ouest. Mondialisation.ca. Le 4 avril 2017. En ligne : http://www.mondialisation.ca/les-risques-daffrontements-armes-prennent-de-lampleur-dans-le-monde/5583229

EURONEWS. 2017. Détourner les jeunes du terrorisme, enjeu du dialogue interculturel de Bakou. Le 8 mai 2017. En ligne : http://fr.euronews.com/2017/05/08/detourner-les-jeunes-du-terrorisme-enjeu-du-dialogue-interculturel-de-bakou

KATZ, Claudio. 2011. Sous l’empire du capital. Éditeurs Collection Marxisme. 263 pages.

LEITENBERG, Milton. 2006. Deaths in Wars and Conflicts in the 20th Century. Peace Studies Program. Cornell University. Occasional Paper *29. 3rd ed. August 2006. 83 pages. En ligne : http://www.clingendael.nl/sites/default/files/20060800_cdsp_occ_leitenberg.pdf

RADIO-CANADA. 2015. Un observatoire sur la radicalisation et l’extrémisme violent voit le jour au Québec. Le 10 février 2015. En ligne : http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/706290/observatoire-radicalisation-extremisme-chercheurs-leman-langlois

ZIEGLER, Jean. 2008. La haine de l’Occident. Le Livre de Poche. 384 pages.
La source originale de cet article est Mondialisation.ca

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Les bombardements américains en Syrie et en Afghanistan : Une nouvelle étape dans la répudiation du droit international

Le lancement de missiles sur la Syrie par le régime Trump le 7 avril, suivi par le largage de sa plus puissante arme non nucléaire en Afghanistan, marque une nouvelle période dans l’effondrement du droit international.
Les bombardements américains en Syrie et en Afghanistan : Une nouvelle étape dans la répudiation du droit international
Depuis la première guerre du Golfe de 1990-1991, le militarisme américain débridé de présidents successifs – George H. Bush, Clinton, George W. Bush, Obama et Trump – a mené l’humanité au point où les règles de la guerre adoptées après les pertes massives et les horreurs de la dernière guerre mondiale sont bafouées sans ambages.

L’administration Trump n’a fait aucune tentative pour fournir des prétextes juridiques aux bombardements. Comme l’ont clairement révélé les déclarations du président Donald Trump et du vice-président Mike Pence, le but principal des attaques sur la Syrie et l’Afghanistan était de démontrer qu’il n’y a pas de limite à la violence que les États-Unis sont prêts à employer, de manière totalement unilatérale, pour défendre les intérêts de l’impérialisme américain.
Une agression flagrante

L’attaque du Pentagone contre la Syrie était en violation flagrante du droit international. La Charte des Nations Unies adoptée en 1945, après deux guerres mondiales, ne prévoit que deux cas où l’utilisation de la force militaire est justifiée: l’autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU et la légitime défense après une attaque armée. Aucune résolution du Conseil de sécurité n’a cautionné les attaques américaines et Washington n’a pas évoqué la légitime défense.

Lors de la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU convoquée suite à l’attaque américaine, Washington et ses alliés ont balayé d’un revers de main les déclarations du gouvernement syrien niant toute responsabilité dans l’utilisation présumée d’armes chimiques, et ils ont passé sous silence le fait que les forces soutenues par les États-Unis en Syrie ont utilisé de telles armes dans le passé. Sans aucune preuve, les États-Unis ont accusé le gouvernement syrien, comme à Ghouta en 2013.

L’ambassadeur de la Syrie à l’ONU a qualifié l’attaque aux missiles d’ «acte flagrant d’agression», en violation «de la charte des Nations Unies ainsi que de toutes les normes et lois internationales». En réponse, l’ambassadrice des États-Unis à l’ONU, Nikki Haley, a déclaré avec mépris: «Lorsque la communauté internationale échoue constamment à remplir son devoir d’action collective, il arrive un moment où un État doit agir seul».

En d’autres termes, les États-Unis soutiennent qu’ils ont le droit de mener une guerre agressive contre tout pays de leur choix, à moins que la «communauté internationale» accepte de «remplir son devoir», c’est-à-dire de subir le diktat américain.

L’article 2 (4) de la Charte des Nations Unies interdit «la menace ou … l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État». L’article 51 tolère uniquement: «[le] droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où un Membre des Nations Unies est l’objet d’une agression armée, jusqu’à ce que le Conseil de sécurité ait pris les mesures nécessaires pour maintenir la paix et la sécurité internationales».

Et même dans ce cas, l’article 2 (7) précise: «Aucune disposition de la présente Charte n’autorise les Nations Unies à intervenir dans des affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d’un État». Cela s’applique à une attaque au gaz, même prouvée, lancée par un gouvernement sur son propre territoire.

Selon Marjorie Cohn, professeure émérite à l’École de droit Thomas Jefferson: «La Syrie n’avait attaqué ni les États-Unis ni aucun autre pays lorsque Trump a ordonné la frappe aux missiles… Donc, Trump a commis un acte illégal d’agression contre la Syrie quand il a lancé ses missiles».

Même s’il s’avère que le gouvernement syrien a mené une attaque à l’arme chimique, cela ne fournirait pas une base légale aux frappes américaines. Comme l’a noté la professeure de droit de Notre Dame, Mary Ellen O’Connell: «L’utilisation d’armes chimiques en Syrie n’est pas une attaque armée contre les États-Unis».

Le président américain et son équipe sont coupables du crime principal pour lequel des nazis de premier plan ont été jugés au tribunal de Nuremberg en 1946: la conduite d’une guerre d’agression. L’article 6 a) de la Charte du tribunal militaire international, sur lequel reposait la poursuite de Nuremberg, qualifiait les actes suivants de «crimes contre la Paix»: «la direction, la préparation, le déclenchement ou la poursuite d’une guerre d’agression, ou d’une guerre en violation des traités, assurances ou accords internationaux, ou la participation à un plan concerté ou à un complot pour l’accomplissement de l’un quelconque des actes qui précèdent».

Tout aussi significative est l’acceptation d’office des crimes de guerre américains par d’autres puissances impérialistes, y compris l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne. Cela signale leur volonté de suivre le précédent américain dans la poursuite de leurs propres intérêts.
Une arme illégale

Tout aussi illégal a été le largage de la «bombe à effet de souffle massif» de dix tonnes (baptisée «mère de toutes les bombes» par l’armée américaine), supposément sur des tunnels construits par les «forces de l’État islamique» près de la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan.

L’utilisation du plus gros engin explosif à être employé par les États-Unis depuis la démolition d’Hiroshima et de Nagasaki par des bombes atomiques dans la Seconde Guerre mondiale s’est faite dans le plus grand mépris pour des victimes civiles.

En vertu du droit humanitaire international, toute opération militaire, même cautionnée par l’ONU, doit obéir aux règles de «nécessité» et de «proportionnalité». Tout d’abord, l’ampleur de la force militaire doit être nécessaire pour faire face à la menace évoquée.

Deuxièmement la règle de la proportionnalité interdit «une attaque qui pourrait entraîner une perte accidentelle de la vie civile, des blessures aux civils, des dommages aux objets civils ou une combinaison de ceux-ci, ce qui serait excessif par rapport à l’avantage militaire concret et direct prévu».

Troisièmement le droit humanitaire international interdit l’utilisation, ou la menace d’utilisation, de toute arme ou tactique lorsque le but principal de l’opération est de terroriser la population civile.

De toute évidence, l’emploi de la «mère de toutes les bombes» était disproportionné par rapport à toute menace que poserait le nombre relativement restreint de combattants de l’État islamique censés être présents dans la région. Il a été conçu pour terroriser le peuple afghan et le reste du monde.

Il s’agit d’un crime de guerre en dépit du fait qu’en Afghanistan les États-Unis opèrent militairement sous le prétexte de la «guerre au terrorisme» qui a été entérinée par l’ONU en 2001 suite aux attaques terroristes du 11 septembre en Amérique. La résolution 1373 du Conseil de sécurité de l’ONU exigeait que les États luttent contre le terrorisme «par tous les moyens», donnant ainsi le feu vert aux États-Unis pour qu’ils agissent en véritables prédateurs dans leurs efforts pour prendre le contrôle des régions riches en ressources et stratégiquement vitales du Moyen-Orient et d’Asie centrale.
Un quart de siècle de guerres criminelles

La doctrine belligérante de «L’Amérique d’abord» mise en avant par l’administration Trump amène à un niveau supérieur la campagne lancée par l’impérialisme américain pour utiliser sa suprématie militaire mondiale pour rétablir l’hégémonie dont il disposait après avoir vaincu ses principaux rivaux – l’Allemagne et le Japon – dans la Seconde Guerre mondiale.

Au cours du dernier quart de siècle, depuis la liquidation de l’Union soviétique, les États-Unis et d’autres puissances impérialistes se sont déjà arrogé le prétendu droit d’attaquer ou envahir d’autres pays pour renverser des gouvernements en place.

Dans la première guerre du Golfe contre l’Irak, l’administration George H. Bush a justifié son invasion de l’Irak sous le prétexte frauduleux de la défense du «petit Koweït». Aidé par la complicité de la Russie et l’abstention de la Chine, Washington a obtenu du Conseil de sécurité de l’ONU que les États soient habilités à utiliser «tous les moyens nécessaires» pour forcer l’Irak à quitter le Koweït. Cela est rapidement devenu un feu vert pour une offensive meurtrière qui dépassait largement ce mandat, entraînant un démembrement partiel de l’Irak par une coalition dirigée par les États-Unis.

Le Conseil de sécurité de l’ONU, une clique dominée par les grandes puissances impérialistes, s’est révélé être un convoyeur de guerre. Néanmoins, afin de faire sauter toute contrainte juridique, même formelle, les États-Unis et leurs alliés ont avancé deux doctrines pour renverser l’interdiction de la guerre agressive adoptée après la Deuxième Guerre mondiale: les interventions «humanitaires» et «l’autodéfense préventive».

Lors des attaques de l’OTAN sur le Kosovo et d’autres parties de l’ex-Yougoslavie dans les années 1990, l’administration Clinton a opéré illégalement en dehors de l’ONU, sous le couvert de l’OTAN. Les États-Unis, après avoir aidé à fomenter la dissolution de la Yougoslavie, ont adopté une posture «humanitaire» en disant vouloir protéger les minorités de l’agression serbe, mais ils n’ont pas été en mesure de forcer le passage d’une résolution de soutien par le Conseil de sécurité de l’ONU.

En 2005, une tentative a été faite pour légaliser ces opérations militaires «humanitaires» et outrepasser l’article 2 (7) de la Charte des Nations Unies qui interdit toute intervention dans les affaires internes d’autres pays. Les États-Unis et ses alliés, notamment la Grande-Bretagne, ont évoqué la «responsabilité de protéger» pour faire passer une résolution à l’Assemblée générale des Nations Unies, sous le prétexte qu’il fallait empêcher les gouvernements de commettre «le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l’humanité». Cependant, une telle utilisation de la force doit encore être approuvée par le Conseil de sécurité de l’ONU.

Dans la récente attaque sur la Syrie, malgré les assurances du président Trump qu’il était motivé par le sort de «beaux bébés», les États-Unis ont agi seuls, sans même chercher à faire entériner l’intervention par l’ONU.

La doctrine de la «guerre préventive», explicitement exclue par la Charte des Nations Unies, a été promulguée par la Maison-Blanche de Bush en 2002. Sa criminalité a été soulignée en mars 2003 avec l’invasion de l’Irak et les mensonges sur les «armes de destruction massive».

La doctrine Bush renversait la position élaborée dans la Charte de l’ONU voulant que la légitime défense ne puisse être invoquée qu’en cas d’attaque armée ayant déjà eu lieu. Les États-Unis ont réclamé le droit d’attaquer tout État qu’il juge avoir le potentiel de poser un danger à un certain moment dans l’avenir.

L’invasion de l’Irak a entraîné la mort d’innombrables milliers de personnes innocentes et a mis en branle des processus catastrophiques qui ont englouti le Moyen-Orient depuis. Elle a été menée par les États-Unis et ses alliés les plus proches («la coalition des pays volontaires») sans autorisation préalable du Conseil de sécurité de l’ONU. La guerre a été lancée malgré les protestations de millions de personnes, y compris des centaines d’avocats et d’experts juridiques qui l’ont dénoncée comme une guerre d’agression illégale.

Le caractère bipartite de cette criminalité a été démontré par le discours du président Obama en décembre 2009 – ironiquement pour accepter le prix Nobel de la paix – dans lequel il a embrassé la doctrine Bush. Obama a déclaré le droit exclusif des États-Unis de mener une «guerre préventive» contre tout ce qui pouvait constituer une «menace» aux intérêts de Washington. Il a cherché à énoncer une doctrine plus large pour cautionner les guerres d’agression en déclarant: «Les nations continueront de voir l’usage de la force comme étant nécessaire et justifié d’un point de vue moral».

Dans la plus récente attaque menée contre la Syrie, l’Administration Trump a mis de côté toute prétention à la légitime défense contre une menace que poserait le régime syrien – alors ou à l’avenir – et n’a pas daigné invoquer la doctrine de la guerre préventive utilisée par Bush et Obama.

La présidence de Trump représente à la fois la poursuite et l’intensification de l’utilisation illégale de la force militaire par l’impérialisme américain. Trump a balayé toute prétention à respecter le droit international et affirmé le droit sans entrave de Washington d’utiliser son arsenal militaire partout et chaque fois qu’il le choisit.

Avec l’effondrement du cadre légal de l’après-Deuxième Guerre mondiale, le danger d’une autre guerre mondiale augmente. Analysant l’attaque contre la Syrie, le WSWS écrivait ceci: «Dans ses efforts pour renverser le déclin à long terme du capitalisme américain, la classe dirigeante américaine a bombardé ou envahi un pays après l’autre et déclenché des conflits régionaux qui se transforment rapidement en confrontations avec des rivaux plus importants, y compris la Chine et la Russie».

Comme l’écrivait Léon Trotsky en 1934, suite à l’effondrement du prédécesseur de l’ONU, la Société des Nations, les contradictions insolubles du système capitaliste mondial des États-nations sont de nouveau «en train de confronter l’humanité à l’éruption volcanique de l’impérialisme américain».

Mike Head

Article paru en anglais, WSWS, le 29 avril 2017


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La disparition du président Trump

De ma longue expérience avec Washington, les vice-présidents ne faisaient pas de grandes déclarations sur la politique étrangère ni ne menaçaient les autres pays de guerre. Pas même Dick Cheney n’a volé ce rôle au faiblard président George W. Bush.
La disparition du président Trump
Mais hier, le monde a été témoin de la menace du VP Pence contre la Corée du Nord, la menaçant de guerre ouverte. “L’épée est prête”, a dit Pence comme s’il était le commandant en chef.

Peut-être l’est-il après tout.

Où est Trump ? Aussi loin que je puisse dire d’après les nombreux courriels que je reçois de lui, il bosse à la promotion de sa présidence. Une fois que Trump eut gagné les élections, j’ai commencé à recevoir des offres sans fin pour acheter la casquette de Trump, des T-Shirts, des boutons de manchettes Trump, des tasses à café et de faire un don de 3US$ pour une tombola qui ferait gagner des souvenirs de campagne. Le dernière des offres en date est la chance de pouvoir gagner une des “cinq photos incroyables signées de notre grande et historique intronisation”.

Pour Trump, la présidence est un outil de lever de fonds. Si son VP, son conseiller à la sécurité, son ministre de la défense, son ambassadeur à l’ONU, son directeur de la CIA ou qui que ce soit d’autre, veulent déclencher des guerres, cela fera encore plus de souvenirs à mettre dans les tombolas pour 3US$ du bout.

En résultat direct de l’échec de Trump quant à gouverner son propre gouvernement, on a le VP Pence qui dit à la Russie et à la Chine qu’il se pourrait qu’il y ait un échange de feu nucléaire à leurs frontières entre les Etats-Unis et la Corée du Nord. Bien que Pence ne soit pas assez intelligent pour savoir que ceci est quelque chose que ni la Chine ni la Russie ne pourront accepter.

Washington s’inquiète des armes nucléaires de la Corée du Nord, quand le monde entier s’inquiète de savoir que Washington possède des armes nucléaires. Et si nombreuses. Des études dans le monde ont montré que la majorité de la population mondiale est bien plus inquiète et concernée au sujet de la menace à la paix posée par Washington et Israël, que par celle de l’Iran, de la Corée du Nord, de la Russie et de la Chine.

Pence a préfacé sa remarque de “l’épée est prête” avec un “Les Etats-Unis rechercheront toujours la paix.” ce qui après les aventures en Serbie, Somalie, Afghanistan, Irak, Libye, Yémen, Pakistan et Syrie est le mensonge le plus éhonté qui soit. Du point de vue de Washington, ce sont toujours ses victimes qui sont “inconscientes et provocatrices”, jamais elle-même.

Les Etats-Unis sont synonyme de guerre. Si le monde est mené à l’armaguédon nucléaire, ce sera Washington, et non pas la Corée du Nord ou l’Iran ou la Russie ou la Chine, qui mettra un terme à toute vie sur terre.

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2017/04/20/president-trumps-disappearance/

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Leçons arabes pour la Corée du Nord

Pyongyang sait que l’Irak, la Libye et la Syrie ont été attaqués ou envahis seulement après avoir supprimé leur capacité de dissuasion.
Leçons arabes pour la Corée du Nord
En tant qu’Arabe et musulman, je me suis senti à la fois insulté et blessé lors de la lecture de commentaires dans la presse israélienne qui avertissaient les États-Unis contre l’attaque téméraire de la Corée du Nord [RDPC]. Les donneurs de leçon prévenaient que la RPDC n’était pas un pays arabe à quatre sous, comme la Syrie, qui pouvait être bombardé à tout moment en toute impunité, mais un adversaire sérieux qui possède de vrais moyens de représailles, impliquant des ogives nucléaires et des missiles à longue portée.

Nous, les Arabes, avons été transformés en sacs à main internationaux et terrains d’expérimentation. Nos terres ainsi que le sang et la vie de nos citoyens, sont devenus des cartes de jeu entre les mains de tous les invités. Un nombre toujours croissant de pays lorgnent sur notre territoire et nos ressources, alors que nous sommes déchirés par le sectarisme et que nos médias ont été réduits à des instruments d’incitation à la haine, sous diverses excuses et prétextes, à l’égard d’autres Arabes et musulmans.

Le plan concocté commence généralement par le lancement de campagnes de propagande bien coordonnées et orchestrées axées sur les prétendues armes de destruction massive arabes et le besoin vital pour le monde de les éliminer. Toute tentative de refuser peut alors fournir une base juridique et morale pour les sanctions et autres mesures punitives, y compris l’agression militaire, la dévastation pure et simple et le changement de régime forcé.

Ce n’est pas un hasard si tous les pays arabes qui ont été soumis à une agression dirigée par les États-Unis au cours des dernières années avaient auparavant cédé aux exigences des États-Unis et des Nations Unies en supprimant les «armes de destruction massive», en particulier des munitions chimiques, et en abandonnant toute idée d’acquérir des moyens de dissuasion nucléaire. Mais cette docilité n’a pas garanti leur sécurité. Ils ont ensuite été attaqués ou envahis, ou les deux à la fois.

Une fois les États-Unis assurés que ces pays ne possédaient pas d’armes suffisamment puissantes pour se défendre et infliger des pertes sévères à leurs troupes, l’agression et le bombardement pouvaient débuter.

L’Irak, la Libye et la Syrie en sont de clairs exemples. Tous ont abandonné leurs arsenaux chimiques et ont coopéré avec des inspecteurs internationaux des armements – que ce soit volontairement, sous la menace d’une action militaire, après avoir été soumis à des raids aériens dévastateurs ou sous la pression d’un embargo étouffant et inhumain.

L’administration de George Bush Jr. savait très bien que Saddam Hussein avait coopéré pleinement avec les équipes internationales d’inspection des armements envoyées en Irak pour enquêter sur tous ses programmes, matériels et équipements nucléaires et chimiques. Il a résisté à toutes les provocations des inspecteurs – dont la plupart étaient des espions – y compris leurs recherches dans ses palais et leurs chambres. Une fois Washington assuré que l’Irak avait été débarrassé de toute capacité nucléaire ou chimique, l’invasion pouvait être ordonnée sans délai.

Le colonel Muammar al-Qadhafi a été victime d’une grande tromperie inventée par l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, qui l’a persuadé d’abandonner volontairement ses stocks d’armes chimiques et de matières nucléaires, en échange d’une garantie d’immunité personnelle et de réintégration de lui-même et son régime dans la communauté internationale. Une fois que Qadhafi ait renoncé aux armes, une révolution contre lui a été inventée de toutes pièces et une résolution du Conseil de sécurité a été promulguée pour protéger les dits révolutionnaires de massacres imminents.

La conspiration soigneusement scénarisée s’est terminée par le renversement du régime et la transformation de la Libye en un état défaillant dominé par une anarchie sanglante, gouverné par des milices en perpétuel conflit et maintenant au bord de la partition.

La Syrie fait face au même scénario. L’action militaire a été brandie et les forces aériennes mobilisées pour l’obliger à liquider ses stocks d’armes chimiques dans le cadre de l’accord conclu en 2013. Puis, il y a deux semaines, sa base militaire de Shueirat a été soumise à un bombement de missiles américains suite à une effusion d’indignation internationale sur des accusations non vérifiées selon lesquelles le régime syrien aurait utilisé des armes chimiques à Khan Sheykhoun près d’Idlib.

Pourtant, le meurtre cynique de plus de 100 partisans civils syriens du régime, la moitié d’entre eux étant des enfants, alors qu’ils quittaient les villages de Foua et Kafraya dans le cadre d’un accord parrainé par les Nations Unies, n’a suscité aucune indignation. Seul a répondu un écrasant silence en Occident et dans le monde arabe, en particulier dans ces États arabes qui avaient participé à la négociation de l’accord d’évacuation et continuent de financer les auteurs de ce massacre.

Les dirigeants de la Corée du Nord auront sans doute pris note de ces expériences arabes sans gloire et de leurs conséquences désastreuses, et ils ont appris la leçon. C’est pourquoi ils n’ont pas mordu à l’hameçon américain et n’ont pas arrêté leurs tests de missiles balistiques et balistiques. Ils savent très bien qu’ils ont besoin d’une force de dissuasion, et leur dangereuse menace de riposter à toute l’attaque américaine peut bien leur fournir une protection. Tout aussi important, ils ont des alliés fiables en Chine et en Russie qui ne poignardent pas leurs amis dans le dos, contrairement aux prétendus amis de l’Irak, de la Syrie et de la Libye dans le monde arabe et surtout dans certains états du Golfe.

Les États-Unis, quant à eux, frappent les Arabes (et les Afghans) pour envoyer des messages à d’autres. La frappe des missiles à Shueyrat et le lâchage de « la mère de toutes les bombes » en Afghanistan étaient dirigées contre la Corée du Nord et l’Iran.

C’est un état de choses lamentable, un sous-produit de la façon dont le leadership du monde arabe est passé aux mains des États périphériques riches en pétrole qui considèrent les États-Unis comme un allié digne de confiance. Ils risquent d’avoir des raisons d’y réfléchir à nouveau lorsque cet allié les aura réduit à la faillite, comme cela il le fera certainement.


Abdel Bari Atwan est le rédacteur en chef du journal numérique Rai al-Yaoum. Il est l’auteur de L’histoire secrète d’al-Qaïda, de ses mémoires, A Country of Words, et d’Al-Qaida : la nouvelle génération. Vous pouvez le suivre sur Twitter : @abdelbariatwan

19 avril 2017 – Raï al-Yaoum – Traduction : Chronique de Palestine

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Médias et politiciens traitent le plus grand bombardement depuis Hiroshima comme un non-événement

Jeudi, l’armée américaine a largué sa plus grande bombe depuis la destruction nucléaire d'Hiroshima et de Nagasaki à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Vingt-quatre heures plus tard, ce développement – à tous égards, un événement mondial majeur – était traité par les médias américains et européens comme étant sans importance.
Médias et politiciens traitent le plus grand bombardement depuis Hiroshima comme un non-événement
Personne ne s’est dit inquiet de la manière extraordinaire avec laquelle la décision a été prise d’utiliser une bombe à effet de souffle massif GB-43 de dix tonnes (aussi appelée MOAB). Jeudi, le président américain Trump a indiqué qu’on ne lui avait pas demandé l’autorisation de bombarder la province éloignée de l'Afghanistan qui borde le Pakistan. Vendredi, le commandant américain en Afghanistan a déclaré que la décision de déployer l'arme était la sienne.

Aux émissions de nouvelles américaines de vendredi soir, il n'y avait pratiquement aucune mention du largage de la «mère de toutes les bombes». Le fait qu’un tel événement soit loué ou traité avec indifférence est un signe certain que l'utilisation de telles armes – ou pire – est devenue la «nouvelle norme», à traiter comme faisant partie des opérations ordinaires de l'impérialisme américain dans le monde.

Vendredi, les principaux journaux américains ont salué l'attaque ou maintenu un silence éditorial. La presse européenne n'a émis aucune protestation. Aucun dirigeant des gouvernements allemand, français ou britannique n'a fait de déclaration sur les bombardements, et les soi-disant partis et leaders «de gauche», y compris Jeremy Corbyn du Parti travailliste britannique et le parti de gauche allemand, sont restés silencieux.

Les démocrates en vue aux États-Unis – que ce soit le chef de la minorité au Sénat Charles Schumer, la chef de la minorité à la Chambre des représentants Nancy Pelosi, ou le leader de la supposée gauche du parti, Bernie Sanders – n'ont rien dit.

Vendredi, le commandant américain en Afghanistan, le général John Nicholson a déclaré à la presse que la décision d'utiliser une arme tellement puissante que le Pentagone ne l'avait jamais utilisée avant, même dans l'invasion de l'Irak en 2003, n'était qu'une décision tactique basée sur des considérations militaires immédiates. «C'était le bon moment pour l'utiliser tactiquement contre la bonne cible sur le champ de bataille», a-t-il déclaré.

Cette affirmation est absurde. Il n'y a aucune raison, d'un point de vue purement militaire, d'utiliser une telle arme contre quelques centaines de combattants mal armées se cachant dans des grottes dans l'est de l'Afghanistan. Après l’envoi de missiles sur la Syrie et l’ultimatum du secrétaire d'État Rex Tillerson au président russe Vladimir Poutine qu’il cesse tout soutien au régime syrien, et au milieu des menaces américaines d'une attaque militaire préventive imminente contre la Corée du Nord, les motifs de l’action étaient clairement politiques.

Le but du bombardement était de démontrer à la Syrie, l'Iran, la Corée du Nord, la Russie, la Chine et tous les autres adversaires actuels ou potentiels qu'il n'y a pas de limite à la violence que l'armée américaine utilisera dans la poursuite des intérêts mondiaux de l'impérialisme américain. La prochaine étape après le MOAB est l'utilisation d'armes nucléaires, et le Pentagone a voulu envoyer un message qu'il est prêt à franchir cette étape.

Le Wall Street Journal résume ces motifs politiques dans un éditorial vendredi qui salue l'attaque au MOAB. On peut y lire ceci:

«Nous pouvons également supposer que les lanceurs de missiles à Pyongyang ont remarqué le déploiement du GBU-43. Loin de nous l’idée de suggérer que les États-Unis en larguent un sur une usine nucléaire nord-coréenne. Mais en l'espace d'une semaine, Kim Jong-un, Vladimir Poutine, Bashar Assad, Xi Jinping et le dirigeant de l’État islamique, Abu Bakr al-Baghdadi, peu importe où il se cache, ont appris que les États-Unis considèrent dans son intérêt de répondre fermement à l'agression de ses adversaires.»

Le Washington Post a relégué le bombardement à une page intérieure et ne l'a pas directement abordé dans un commentaire. Cependant, il a énoncé l'approbation générale de l'establishment politique pour les retournements dans la politique étrangère de Trump au cours des deux dernières semaines dans un éditorial intitulé: «Quand les revirements de politique sont les bienvenus».

Citant l'adoption par Trump d'une ligne dure sur la Syrie et la Russie et sa déclaration, mercredi, que l’OTAN «n’est plus dépassé», le Post a écrit: «Quand un président qui s’est lourdement trompé prend une position si juste sur des questions aussi importantes, la réponse sensible n’est pas de chicaner, mais de célébrer, avec prudence».

Le journal a ensuite fait l'éloge de «l'excellente équipe de sécurité nationale que M. Trump a commencé à mettre en place», soulignant sa décision de congédier Michael Flynn en tant que conseiller en sécurité nationale et de retirer Stephen Bannon du Conseil national de sécurité. Le Post a exprimé son enthousiasme particulier pour le nouveau conseiller en sécurité nationale, H. R. McMaster et pour le secrétaire à la Défense James Mattis, sans mentionner que le premier est un général en service et le second un général à la retraite, ce qui place à toutes fins pratiques la politique étrangère américaine entre les mains de l'armée.

Dans le même ordre d'idées, le chroniqueur du journal David Ignatius, a sorti un article intitulé «Trump obtient son premier succès en politique étrangère», où il écrit: «Le président Trump, après les deux premiers mois les plus désastreux, a connu du succès pendant ces deux dernières semaines dans sa politique étrangère. Il a agi de manière décisive en Syrie, a gagné la Chine en tant que partenaire possible pour faire face à la Corée du Nord, a réparé les relations avec l'OTAN et a commencé à s'attaquer aux graves tensions avec la Russie.»

Le New York Times n'a publié aucun éditorial ou commentaire sur la frappe du MOAB, ce qui a révélé la fraude de la posture en faveur des «droits de l'homme» qu’elle adopte pour soutenir l'agression militaire américaine.

Le site Vox, qui parle pour la prétendue aile gauche du Parti démocrate, a publié un commentaire de Zack Beauchamp qui a répété sans la moindre critique la ligne du Pentagone («l'armée américaine n'a trouvé aucune preuve de pertes civiles») et a soutenu à maintes reprises que le largage de la bombe MOAB était parfaitement approprié.

«Il n'y a aucune raison de supposer que ce soit quelque chose d'extraordinaire», a écrit Beauchamp, «même si la bombe était plus grande que celles habituellement utilisées par l’armée américaine». Il a ajouté qu’«en fait, il est logique d'utiliser cette bombe», avant de conclure: «Bref, la spéculation autour de cette question est allée trop loin».

Il y a une leçon politique fondamentale à tirer des événements sinistres des deux dernières semaines, qui a abouti au largage de la chose la plus proche d'une bombe nucléaire que possède l'armée américaine, avec le consentement général et l'approbation des médias et de l’élite dirigeante. Le conflit amer au sein de l'État américain et de l'establishment politique, au cours duquel Trump a été attaqué pour être trop «mou» envers le président syrien Assad et trop conciliant avec Poutine, portait entièrement sur la politique étrangère impérialiste.

Le Parti démocrate s’est fait le porte-parole de l’appareil du renseignement et de l'establishment militaire dont les sections dominantes ne toléraient pas la tentative de Trump de minimiser le conflit avec le régime syrien et Moscou afin de se concentrer plus immédiatement sur la confrontation avec la Chine. Les démocrates ont utilisé les allégations montées de toutes pièces de piratage russe lors de l'élection de 2016 pour faire pression sur Trump et forcer une restructuration de son équipe de sécurité nationale.

Leurs divergences avec Trump sur la politique intérieure et sociale sont minimes par rapport à leur soutien total pour les factions les plus agressives et les plus militaristes de l'appareil militaire et de renseignement.

Les forces politiques libérales et pseudo-gauche de la classe moyenne, qui étaient à la tête des manifestations de masse ayant éclaté en janvier et février après les attaques de Trump sur les immigrés et ses plans visant à démanteler les programmes sociaux de base, ont systématiquement canalisé l'opposition derrière les démocrates. Elles ont ainsi permis à ce parti de Wall Street et de l'impérialisme américain de détourner l'opposition anti-Trump vers sa propre campagne pour une escalade militaire au Moyen-Orient et la préparation à la guerre contre la Russie détentrice d’armes nucléaires.

Les démocrates ont quasiment cessé toute critique de la guerre de Trump contre les immigrés et les programmes sociaux. Maintenant que Trump adopte leur ligne en matière de politique étrangère, ils vont participer plus directement à ses attaques sociales.

(Article paru en anglais le 15 avril 2017)

Alter Info l'Information Alternative

Les Désastres de l’Iran en Syrie

Beaucoup de gens peuvent savoir ce que l'Iran a fait, et fait toujours, en Irak, et il y a beaucoup à dire à ce niveau. Mais je veux parler précisément de ce qui concerne le changement de l'ingénierie démographique de cet ancien pays arabe. Après avoir libéré toute ville ou province en Irak des mains de l'organisation terroriste « Daesh », des campagnes de nettoyage de caractère sectaire ont suivi, menées par des généraux des Gardiens de la Révolution iraniens et exécutées par les forces de mobilisation populaire dont tout le monde connaît l’identité et l’odieuse composition sectaire, ainsi que le fait qu'elles sont un bras malveillant de la mise en œuvre de la conspiration iranienne en Irak.
Les Désastres de l'Iran en Syrie
Ce qui est nouveau dans l'expansion sectaire iranienne au niveau régional, c'est ce qui se passe en Syrie maintenant. Les généraux de la Garde révolutionnaire, dirigés par le général Qassem Soleimani, répètent les plans colonialistes pour redéfinir l'ingénierie démographique dans les villes syriennes. Ce qui est étrange, c'est que malgré le rôle malfaisant de l'Iran, le président syrien Bashar al-Assad célèbre la libération des villes et ne voit pas ce qui se passe autour de lui, il n'en est même pas du tout intéressé. Celui qui a sacrifié plus de la moitié de son peuple et l'a laissé en proie à l'itinérance et à l'asile politique pour que son régime vive, ne se souciera certainement pas du repositionnement de quelques millions de ces personnes !!

Les Arabes et le monde entier observent comment l'Iran redivise réellement la Syrie et prépare le terrain pour cette division, qui est en conformité avec une planification conspiratrice sectaire laide. Récemment, des généraux de la Garde révolutionnaire ont négocié avec une organisation terroriste sur l'avenir de la ville de Zabadani à l'ouest de Damas, qui est sous le contrôle de cette organisation. Les dirigeants iraniens ont offert de vider la ville de sa population musulmane sunnite et de la remplacer par d'autres, par le transfert de la population de deux villages chiites à cette ville!!

La modification de l'ingénierie démographique en Syrie reproduit le scénario irakien, pour mettre en œuvre l'un des objectifs les plus dangereux de l'intervention de l'Iran en Syrie. Commentant cela, un responsable libanais a déclaré: « les Iraniens ne veulent aucune présence de sunnites entre Damas et la frontière libanaise. Il y a un plan clair pour changer la composition ethnique de la population le long de la frontière. »

L'Iran ne se contente pas de redistribuer la population de la Syrie alors que les Arabes et le monde entier regardent, mais met en œuvre une stratégie intégrée pour manipuler l'identité historique de la Syrie et s'en remet à plusieurs axes, y compris le transfert des chiites irakiens pour vivre en Syrie. En effet, des rapports fiables indiquent des déplacements massifs méthodiques de milliers de chiites irakiens vers certaines villes de Syrie. Parmi ces axes figure également la mise en œuvre d'une politique similaire à la politique israélienne de colonisation à ses débuts, grâce à l'achat de terrains et de biens immobiliers et au soutien des déplacements chiites irakiens vers ces terres et biens immobiliers pour sécuriser des points de stationnement, et pour la propagation et l’accroissement de la densité d’une population sectaire dans les étapes ultérieures.

La transformation démographique de l'équilibre des pouvoirs et la manipulation de l'ingénierie démographique des pays arabes est un plan conspirateur mis en œuvre par l'Iran en Irak, et qui se poursuit actuellement en Syrie et que tout le monde observe et suit sans le moindre commentaire.

Les pays arabes rejettent la colonisation israélienne et la manipulation de l'ingénierie démographique des territoires palestiniens occupés. Ce que l'Iran fait en Syrie doit gagner le même intérêt. Même les frères arabes qui soutiennent la position du régime syrien doivent également prêter attention à la gravité de ce que l'Iran fait en Syrie. La question est plus grave que le sort d'Assad ou d'un autre, et ce que font les généraux de la Garde révolutionnaire ne mènera pas la Syrie à ce qu'elle était, et ne la fera pas revenir aux rangs arabes comme certains le pensent, mais nous serons confrontés à un régime totalement pro-iranien qui soutient fermement les intérêts de l'Iran et qui est subordonné à son ordre du jour, qu’Assad reste au pouvoir ou non.

L'Iran comprend que la Syrie ne serait plus un État unifié tel qu'il était, et il organise une division qui est en train de se préparer. Elle se prépare à travers la création de cantons chiites qui représentent des centres pour un Etat chiite qui rejoindra probablement son homologue en Irak géographiquement afin qu'ils soient un seul pays. Ou peut-être un pays restera de l'héritage syrien. Tout dépend de la nature des ententes entre les grandes puissances, en particulier les États-Unis et la Russie, ainsi que la façon dont le «gâteau» d'intérêts stratégiques dans cet ancien pays arabe sera divisé.

Si l'Iran se prépare à de tels scénarios et crée une nouvelle réalité dans la carte syrienne et profite de la guerre contre les organisations terroristes, et intervient fortement pour mettre en œuvre son programme stratégique à long terme en Syrie, en Irak, au Yémen et en Afghanistan et d’autres pays arabes, y a-t-il un espoir pour une position arabe collective, même au niveau du rejet et de la condamnation des pratiques de l'Iran dans ce pays?

Je pense qu'il est également nécessaire d'exposer mondialement les pratiques sectaires de l'Iran en Syrie. Les mollahs évoquent le souvenir du vieux colonialisme et agissent comme ce colonialisme, alors que le monde se tient les bras croisés, et tout le monde se plaint des réfugiés et des immigrants clandestins !!


Alter Info l'Information Alternative

La croisade de Poutine en Syrie

Pourquoi la croisade de Poutine en Syrie trouve-t-elle autant d’avocats et de défenseurs en France et en Europe ? Difficile de trouver une réponse claire et logique. Derrière le front pro-Poutine existe une multitude de courants offrant différentes analyses sur la situation.
La croisade de Poutine en Syrie
Le premier courant considère que les seuls opposants à Bachar al-Assad sont les djihadistes. Il refuse pourtant de voir le rôle du dirigeant syrien dans le renforcement des islamistes, dès le début de la révolution en 2011. Trois des leaders des brigades islamistes les plus puissantes ont ainsi été libérés suite à la grâce présidentielle du 31 mai 2011, trois mois après le début de la révolution. Au même moment, les prisons se remplissaient de jeunes révolutionnaires et d’opposants politiques et les rues baignaient dans le sang des manifestants pacifiques mitraillés par les sbires du régime. Deux des leaders islamistes libérés avaient séjourné dans la prison de Saidnaya : Zahran Allouch chef de « l’Armée de l’islam », tué l’année dernière, et Hassan Abboud, chef d’Ahrar al-Cham, tué en 2014. Ahmad Issa al-Cheikh, chef de Soqour al-Cham, était lui détenu dans une autre prison célèbre du régime, la « section Palestine ». Concernant l’Etat islamique, il y a peu de doute sur l’alliance tacite qui s’est créée avec le régime syrien. Les cibles des bombardements du régime et de ses alliés sont à elles seules la preuve qu’Assad n’a jamais considéré Daesh comme un réel ennemi, mais plutôt comme un épouvantail utile à son maintien au pouvoir. Ainsi, c’est la rébellion qui a été chassé Daesh d’Alep et du Nord-Ouest de la Syrie fin 2013. Mais c’est cette même rébellion qui fait l’objet des frappes et des offensives les plus importantes du régime et de ses alliés. De plus, les tenants de la thèse selon laquelle Bachar al-Assad serait un rempart au terrorisme et aux islamistes oublient ou omettent sciemment l’existence d’une opposition non-armée et non-islamiste. A leurs yeux le monde est simple, binaire. Si on les écoute, tous les Syriens qui ne sont pas islamistes, tous les laïques et tous ceux qui sont issus des minorités religieuses sont automatiquement « pro-régime ». Pourtant, nombreux sont les chrétiens, druzes, ismaélites et alaouites morts sous la torture dans les geôles d’Assad en raison de leur opposition au régime, et de nombreux autres croupissent aujourd’hui encore dans ces prisons, qualifiées par certaines ONG de camps de concentration.

Un autre courant adopte une lecture plus conspirationniste du conflit. La guerre en Syrie ne serait rien d’autre qu’une affaire de « pétrole et de gazoducs ». Cette vision permet ainsi de justifier un soutien sans faille au boucher de Damas, et de balayer ses crimes et sa barbarie, sous prétexte qu’il affronte un complot qui serait dirigé par l’Arabie Saoudite le Qatar et la CIA. Malgré l’absence d’éléments permettant d’accréditer ce scénario, et malgré la réalité des faits, cette histoire est largement diffusée par les réseaux proches du Kremlin et au-delà. Elle trouve un terreau favorable, suite à l’invasion américaine de l’Irak et la falsification des éléments l’ayant justifié. Dès lors, toute guerre, tout conflit devient le fruit de complots pour le contrôle du pétrole et de ses routes ; la révolte populaire est inimaginable pour ce courant, alors même qu’il rassemble des personnalités de gauche qui prétendent mettre le peuple au centre de leurs considérations.

Enfin, il y a les irréductibles fans de Poutine et de son nationalisme exacerbé qui reprennent des arguments à droite et à gauche pour justifier de l’action du Kremlin. Rien ne semble arrêter ce courant qui aime les hommes forts aux idées simples, souvent irréalistes ou abjectes.

Ce front est marqué par l’éloignement idéologique qu’il y a entre ses « membres ». Mais au sujet de la Syrie et de Poutine, les différences idéologiques s’éclipsent comme par miracle. A la fin du mois d’août 2013, François Fillon, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon s’étaient ainsi opposés à une éventuelle destruction par les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France des installations militaires du régime syrien en réponse au massacre à l’arme chimique de la Ghouta. Mélenchon déclarait que « la guerre serait une erreur totale ». Tous ont eu le même discours, au même moment. Simultanément les officines du Kremlin avaient lancé une vaste campagne « contre la guerre en Syrie » relayée par des personnalités politiques et des associations proches de l’extrême droite. Ce travail de propagande a fini par payer quand les députés britanniques ont rejeté l’idée d’une intervention, poussant ensuite Obama à reculer. Ce beau monde s’est opposé à des frappes contre des cibles militaires, en réponse à une attaque chimique de grande ampleur sur une population civile, au nom de la paix.

Un front divers qui n’est jamais à court d’argument quand il s’agit de défendre Poutine et sa croisade. Une guerre que ses défenseurs présentent comme légale et préventive, afin de protéger les minorités alaouite et chrétienne.

Prétendre que l’intervention de Poutine s’appuie sur une base légale, contrairement à l’intervention de Bush en Irak, car elle s’est faite à la demande d’un président légitime est absurde. Qui peut aujourd’hui parler de la légitimité de Bachar al-Assad, héritier d’un pays dont le père a pris le pouvoir par un coup d’Etat en 1970 et où aucune élection libre ne s’est tenue depuis ? Qu’elle est la légitimité de quelqu’un accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité ? Si le débat doit se situer à ce niveau d’argumentation, alors nous pouvons considérer Kim Jong Un, Pol-Pot ou bien Pinochet comme des dirigeants légitimes.

La notion de « guerre préventive », pourtant si décriée en Europe à l’époque de l’invasion américaine de l’Irak – et à juste titre –, trouve aujourd’hui grâce aux yeux de nombreux dirigeants, parlementaires et politologues. «L’intervention de Poutine en Syrie en septembre 2015 a permis d’éviter le massacre de la minorité alaouite et l’expulsion des chrétiens vers Beyrouth». Argument largement repris par les canaux de propagande du Kremlin et qui trouve un écho chez certains hommes politiques comme Thierry Mariani. Il aurait été préférable qu’un député de la République laïque française s’inquiète du sort de tous les Syriens et non pas uniquement des chrétiens et des alaouites. Faut-il rappeler à Mr. Mariani, et à tous ceux qui approuvent l’intervention de Poutine, que l’immense majorité des morts en Syrie sont des civils sunnites ? Faut- il rappeler que l’immense majorité des victimes civiles en Syrie sont de la responsabilité du régime syrien de ses alliés ? Le 4 janvier dernier, l’ONG Syrian Networks for Human Rights a publié son rapport annuel concernant les victimes et les responsabilités de chaque partie dans les massacres documentés, dont voici ci-dessous quelques chiffres :

En 2016, 8 736 civils ont été tués par les forces du régime syrien, 3 967 par les forces russes, 1 528 par le groupe Etat Islamique, 1 048 par les groupes de l’opposition armée, 951 par d’autres parties, 537 par les forces de la coalition et 146 par les forces kurdes.
En 2016 l’ONG a enregistré la mort de 476 personnes sous la torture dont 447 dans les geôles du régime, 12 dans les prisons de l’Etat islamique, 10 par les groupes rebelles, 6 par les forces kurdes, et une personne par d’autres groupes.

Ces chiffres sont sans appel et si la tendance de cette dernière année montre une augmentation des crimes des groupes de l’opposition, Bachar al-Assad et ses alliés sont les grands responsables de la catastrophe humaine depuis le début du conflit. Ces chiffres ne sont que le reflet de la stratégie adoptée par Assad et confirmée par Poutine : cibler délibérément et de manière systématique les hôpitaux, écoles, centre de secours, convois humanitaires… La reprise d’Alep ne s’est faite que sous la menace de la liquidation totale des civils. T. Mariani et tous les défenseurs de l’axe Moscou-Damas-Téhéran sont coupables d’apologie de crimes de guerre et de crime contre l’humanité ; leur place est dans les tribunaux et non dans les palais de la République.

Comment pouvons-nous penser une seconde que Poutine, l’assassin d’opposants, de journalistes et de 200 000 tchétchènes, s’en va-t’en guerre pour sauver des vies humaines?

Et supposons un instant que l’intervention russe ait permis d’éviter le massacre d’alaouites et l’expulsion des chrétiens de Syrie, pouvons-nous accepter que le prix à payer soit le massacre et l’exil de la majorité sunnite ?

Thierry Mariani est parti en voyage à Damas par solidarité avec « des communautés chrétiennes persécutées » (journal La Croix 6 Janvier 2016). Le message est clair, les sunnites eux peuvent mourir. La haine et le mépris de Mariani et de ses semblables alimenteront la haine des enfants syriens chassés et meurtris. Cette haine et ce mépris peuvent aussi avoir des conséquences dramatiques dans notre pays. Comment un tel message d’un élu de la République peut-il être entendu par les musulmans de France déjà stigmatisés ?


Alter Info l'Information Alternative

La situation en Syrie ne s’améliorera pas tant que les pasdaran iraniens ne seront pas évincés

Plus tôt cette semaine, nous avons une fois de plus été témoin des rapports montrant des images insoutenables d’hommes, de femmes et d’enfants meurtries à la suite d'attaques chimiques menées par le régime de Bachar Assad contre sa population en Syrie.
La situation en Syrie ne s’améliorera pas tant que les pasdaran iraniens ne seront pas évincés
Une centaine de personnes sont mortes et environ 400 personnes ont été asphyxié au gaz sarin. Comme c’est déjà arrivé par le passé, les responsables de l'attaque ont ensuite bombardé l’hôpital où les victimes étaient soignées.

La barbarie de ces attaques est incompréhensible. Désormais, plus que jamais, cette situation nécessite une intervention pour arrêter le massacre et les pertes de vies civiles.

Nous savons que l’Iran est impliqué fortement dans la guerre en Syrie depuis le début. Lorsqu’Assad était sur le point d'être vaincu par l’opposition modéré, Téhéran a envoyé des milliers de soldats pour le sauver et fourni des milliards de dollars à Assad. Les mollahs ont ainsi prolongé la guerre et sont responsables pour de le prolongement de l'agonie du peuple syrien.

Cette semaine, les attentions ont été attirées sur les pays qui soutiennent Assad, notamment la Russie et l’Iran. Des campagnes sur les réseaux sociaux ont été lancées par le public, demandant à l’Iran d’interrompre son ingérence dans le pays avec le hashtag #IranOutOfSyria.

Les pays du Golfe ont également intensifié leurs condamnations de l’ingérence iranienne, non seulement en Syrie, mais aussi dans d’autres pays de la région. Ils ont critiqué le rôle des gardiens de la révolution (Pasdaran) et le programme de missiles balistiques ilicite des mollahs.

Les militants des droits de l'homme ont pour leur part dénoncé les violations des droits humains en République islamique.

Pour la communauté internationale, il est clair que l’Iran a une influence néfaste dans la région du Moyen-Orient et que des mesures urgentes doivent être prise pour l’expulsion de l’Iran du sol syrien.

La machine de guerre du dictateur syrien doit est détruite

Mesure qui doit être complété par l'éviction du régime iranien et ses pasdaran et mercenaires de Syrie, d'Irak et du Yémen

Après des années de politique de complaisance avec les régimes syrien et iranien, qui n'a fait que multiplier les crimes de guerre et crimes contre l'humanité, cibler et détruire des centres d'attaques chimiques et la machine de guerre du dictateur syrien est une demande pressante de la population syrienne et de tous ceux épris de liberté dans ce pays.

Cela s’inscrit dans le mouvement visant à mettre fin à la catastrophe historique syrienne, une mesure qui doit être achevée avec l’éviction de la dictature iranienne, ses pasdaran et mercenaires, de Syrie, d’Irak et du Yémen.

L'éviction du parrain et du premier soutien au terrorisme dans le monde d'aujourd'hui est une nécessité cruciale pour la paix, la tranquillité et la fin de l’extrémisme islamiste et du terrorisme dans la région et dans le monde.

Mohammad Mohaddessin président de la Commission des Affaires étrangères du CNRI a déclaré : « la communication téléphonique du président du régime iranien Hassan Rohani avec le dictateur syrien, Bachar el-Assad, réaffirmant son soutien total à cette guerre criminelle indique deux faits :

Premièrement – Le régime iranien participe pleinement aux crimes contre l’humanité, aux crimes de guerre et au génocide en Syrie.

Deuxièmement – cela prouve que les deux factions du régime théocratique, qui a agi comme le principal obstacle à l’éviction d’Assad pendant ces six dernières années, ont l’unanimité dans le soutien d’Assad et le massacre des Syriens. Jusqu’à présent, cela concerne la répression et l’exportation du terrorisme et de l’extrémisme, et il n’y a aucune différence entre les deux factions du régime.

Bachar el-Assad, son gouvernement tout comme Khamenei, Rohani et les commandants des Pasdaran qui sont responsables du meurtre de 500 000 Syriens et du déplacement de plus de la moitié de la population du pays, devraient être traduits en justice. En fait, ce sont des criminels tout comme ceux jugés à Nuremberg.

Rohani, qui attribue de façon éhontée le massacre d’innocents à Khan Sheikhoun, notamment de femmes et d’enfants, avec des armes chimiques, à l’opposition, est la même personne qui pendant ces 38 dernières années a attribué la répression et le massacre des Iraniens à l’opposition du régime des mollahs et s’est vanté d’avoir trompé la communauté internationale sur le programme nucléaire de ce régime. Dans son coup de téléphone, Rohani a réitéré que le régime théocratique se tiendrait aux côtés du régime Assad. C’est la seule partie vraie dans la conversation de ce mollah criminel, car la chute d’Assad aurait une onde de choc déstabilisatrice pour les fondations du fascisme religieux au pouvoir en Iran.

C’est exactement ce que Rohani confirme, comme l’a spécifié Khamenei il y a quelque temps lorsqu’il a déclaré : « Si nous ne nous battons pas en Syrie, nous serons obligés de nous battre à Shiraz, Ispahan et Téhéran. »



http://ncr-iran.org/fr/actualites/terrorisme-a-integrisme/19515-la-situation-en-syrie-ne-s-ameliorera-pas-tant-que-les-pasdaran-iraniens-ne-seront-pas-evinces
http://ncr-iran.org/fr/communiques-cnri/international/19511-la-machine-de-guerre-du-dictateur-syrien-doit-est-detruite
http://ncr-iran.org/fr/actualites/iran-resistance/19526-iran-remarques-du-president-de-la-commission-des-affaires-etrangeres-du-cnri-sur-la-position-de-rohani-concernant-les-attaques-chimiques-d-assad

Alter Info l'Information Alternative

Guerre impérialiste en Syrie: L’attaque des missiles américaine était-elle un coup monté entre Trump, Poutine et Assad ?… (Thierry Meyssan)

Un pont de vue très intéressant de Thierry Meyssan, qui prend pas mal d’analyses à contre-pied. C’est à envisager bien entendu, il y a des questions à poser et des faits bizarroïdes dans toute cette affaire. A notre sens, Meyssan donne trop de crédit à Trump, l’avenir dira…
= Résistance 71 =
 
Donald Trump affirme son autorité sur ses alliés
 
Thierry Meyssan
 
7 avril 2017
 
url de l’article original:
http://www.voltairenet.org/article195897.html
 
Ne vous laissez pas illusionner par les jeux diplomatiques et le suivisme des grands médias. Ce qui s’est passé ce matin en Syrie n’a aucun rapport ni avec la présentation qui vous en est faite, ni avec les conclusions qui en sont tirées.
 
Ce matin, les États-Unis auraient tiré 59 missiles de croisières depuis la Méditerranée pour détruire la base militaire aérienne syrienne de Sha’irat. Il s’agirait d’une action unilatérale visant à sanctionner une attaque à l’arme chimique qu’ils attribuent à l’armée arabe syrienne.
Stupéfaite par l’ampleur de l’action états-unienne, la totalité des commentateurs conclut à un virage à 180° de l’administration Trump sur la question syrienne. La Maison-Blanche aurait enfin adopté la position de son opposition états-unienne et de ses alliés britanniques, français et allemands.
Vraiment ?

La réalité ne correspond pas à la communication

Des missiles de croisière états-uniens ont traversé sans encombre la zone contrôlée par la nouvelle arme russe permettant d’inhiber les communications et commandes de l’Otan. Selon le général Philip Breedlove, alors Suprême commandeur de l’Otan, cette arme a permis à la Russie de prendre l’avantage sur les États-Unis en matière de guerre conventionnelle. Elle aurait dû perturber les systèmes de guidage de ces missiles. Elle n’a pas fonctionné, soit que le Pentagone ait enfin trouvé une riposte technique, soit qu’elle ait été désactivée par la Russie.
La défense anti-aérienne syrienne comprend des S-300 contrôlés par l’armée arabe syrienne et des S-400 servis par l’armée russe. Ces armes sont supposées capables d’intercepter des missiles de croisière, bien que cette situation ne s’est à ce jour jamais présentée au combat. Il s’agit bien sûr d’armes au déclenchement automatique. Elles n’ont pas fonctionné non plus. Aucun missile anti-missile n’a été tiré, ni par l’armée russe, ni par l’armée syrienne.
Lorsque les missiles de croisière états-uniens ont atteint leur cible, ils ont trouvé une base militaire quasi-vide, qui venait juste d’être évacuée. Ils auraient donc détruit le tarmac, des radars et des avions depuis longtemps hors d’usage, des hangars et des habitations. Ils ont cependant fait une douzaine de victimes, dont neuf sont décédées.
Alors qu’aucun missile de croisière n’a officiellement été égaré ou détruit, seuls 23 et non pas 59 ont frappé la base de Sha’irat.

Que signifie cette mise en scène ?

Le président Trump tente depuis son accession à la Maison-Blanche de changer la politique de son pays, et de substituer des formes de coopération aux affrontements actuels. Sur la question du « Moyen-Orient élargi », il a pris position pour la « destruction » des organisations jihadistes (et non pas pour leur « réduction », comme l’évoquait son prédécesseur).
Au cours des derniers jours, il a reconnu la légitimité de la République arabe syrienne et donc le maintien au pouvoir du président démocratiquement élu Bachar el-Assad. Il a reçu le président égyptien, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, allié de la Syrie, et l’a félicité pour sa lutte contre les jihadistes. Il a rétabli un canal direct de communication entre Washington et Damas.
Le problème du président Trump était de convaincre ses alliés d’appliquer sa politique quel que soit l’investissement qu’ils aient pu dépenser pour renverser la République arabe syrienne.
Il est certes possible que le président Trump ait fait volte-face en trois jours à la simple vue d’une vidéo diffusée par YouTube, mais il est plus probable que son action militaire de ce matin s’inscrit dans la logique de son action diplomatique précédente.
En attaquant, le président Trump a satisfait son opposition qui ne pourra donc pas s’opposer à la suite des opérations. Hier, Hillary Clinton appelait à bombarder la Syrie en riposte à l’usage supposé d’armes chimiques.

Donald Trump a ordonné de tirer des missiles de croisière sur une base quasi-vide après en avoir informé la terre entière, dont la Russie et la Syrie.
Damas, en sacrifiant cette base et la vie de quelques hommes lui a donné l’autorité pour conduire une vaste action contre tous ceux qui emploient des armes chimiques. Or, à ce jour, les seuls utilisateurs de ces armes identifiés par les Nations unies sont : les jihadistes.
Daesh, également informé de l’attaque états-unienne (mais par ses commanditaires britanniques, français et allemands), a immédiatement lancé une attaque à Homs désormais privé de base aérienne.
Nous verrons dans les prochains jours comment Washington et ses alliés réagiront à l’avancée des jihadistes. Ce n’est qu’à ce moment là que nous saurons si la manœuvre de Donald Trump et le pari de Vladimir Poutine et de Bachar el-Assad fonctionneront.


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PENDANT QUE LES USA FRAPPENT DAMAS, ISRAEL AVANCE SES PIONS GEOPOLITIQUES ET VEUT UNE ZONE TAMPON SUR LA FRONTIERE AVEC LA SYRIE ET LE LIBAN …

PENDANT QUE LES USA FRAPPENT DAMAS, ISRAEL AVANCE SES PIONS GEOPOLITIQUES ET VEUT UNE ZONE TAMPON SUR LA FRONTIERE AVEC LA SYRIE ET LE LIBAN …
# SYRIA COMMITTEES/ PENDANT QUE LES USA FRAPPENT DAMAS, ISRAEL AVANCE SES PIONS GEOPOLITIQUES ET VEUT UNE ZONE TAMPON SUR LA FRONTIERE AVEC LA SYRIE ET LE LIBAN …

SYRIA COMMITTEES/ COMITES SYRIE/
КОМИТЕТЫ СИРИИ/ 2017 04 08/

Netanyahu veut une zone tampon à la frontière syrienne !
Dans le but de « tenir l’Iran et le Hezbollah à l’écart », le Premier ministre israélien serait en train d’exercer une forte pression pour des zones sécuritaires. e Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait demandé la création de zones tampons le long de la frontière syrienne avec Israël et la Jordanie dans le cadre de toute future résolution négociée à l’échelle internationale pour mettre fin à la guerre civile qui dure depuis six ans.

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Selon un article publié dans le quotidien Haaretz vendredi, « Netanyahu a présenté sa demande aux autorités américaines et à d’autres puissances mondiales, dans le but de tenir à distance du territoire israélien les combattants iraniens et du Hezbollah. Netanyahu veut que les zones tampons soient mises en place sur le côté syrien de la frontière et sécurisées par des forces autres que celles d’Israël, a précisé l’article ». « Les responsables israéliens ont pendant longtemps accusé les Gardiens de la révolution islamique d’essayer d’ouvrir un front anti-israélien dans le Golan syrien, aux côtés des forces du Hezbollah et des druzes locaux opposés à Israël. »

LA PRIORITE SECURITAIRE ET GEOSTRATEGIQUE ISRAELIENNE

Le mois dernier, Chagai Tzuriel, directeur général du ministère des Renseignements, a déclaré au Times of Israël « qu’empêcher l’Iran et le Hezbollah de s’installer dans le Golan était au sommet de la liste des priorités de l’appareil sécuritaire israélien ». « Si l’Iran et le Hezbollah parviennent à se baser en Syrie, ce serait une source permanente d’instabilité dans toute la région », a expliqué Tzuriel, se référant spécifiquement à la menace d’une base navale iranienne sur la Méditerranée. « Cela entraînerait également une instabilité dans les zones avec des minorités sunnites en dehors du Moyen-Orient ».

Au cours de la dernière année, Israël a mené de nombreuses attaques aériennes sur le territoire syrien, dont la plupart auraient ciblé les convois d’armes du Hezbollah. En avril 2016, Netanyahu a admis pour la première fois qu’Israël avait attaqué des dizaines de convois transportant des armes en Syrie destinées au groupe terroriste basé au Liban, qui a participé à la guerre de 2006 contre Israël et qui se bat maintenant aux côtés de Damas.

* Lire sur AFP :
http://fr.timesofisrael.com/netanyahu-veut-une-zone-tampon-a-la-frontiere-syrienne-media/
 (attention Média israélien ! Lire avec esprit critique …)

Photo : Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une « patrouille de sécurité » sur le plateau du Golan (occupé et illégalement annexé par Tel-Aviv), sur la frontière d'Israël avec la Syrie, le 11 avril 2016.
SYRIA COMMITTEES WEBSITE

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Morale et tactique des “frappes collatérales”

Morale et tactique des “frappes collatérales”
Certes et a priori, ce que nous allons faire ci-après, eh bien nous ne devrions pas le faire si nous avions un peu du sens de la morale professionnelle de l’information qui habite les vrais journalistes professionnels de la contre-civilisation occidentale bien-connue dans les milieux bien-onformés. Tremper sa plume dans l’encre de Spoutnik-français, c’est comme pénétrer dans le vaste domaine de la post-Vérité et des FakeNews les plus immondes. Par conséquent, notre culpabilité est prouvée sinon acquise d’avance, ce qui nous permet, c’est logique, de poursuivre en toute liberté.

Spoutnik-français a donc rencontré un ex-planificateur de l’OTAN, un Allemand, Ulrich Scholz, manifestement détaché de la Luftwaffe au service de planification de l’OTAN. Avant de travailler dans la planification OTAN qui, tout aussi manifestement, portait sur des frappes de la très-glorieuse “coalition mondiale”(du bloc-BAO) anti-Daesh, – ce qui nous rassure quant à la participation de l’OTAN dans cette “guerre” si justement et rondement menée, – Scholz était pilote à bord d’un Tornado de la Luftwaffe, avion de pénétration et d’appui tactique aux performances assez médiocres, et de toutes les façons conçu pour les guerres conventionnelles du type de celle que l’OTAN a vainement attendu pendant plusieurs décennies face au Pacte de Varsovie. Par conséquent, rien de ce qui suit du témoignage de Scholz ne peut nous surprendre, sinon qu’il nous apprend que ce qui se chuchote depuis des années, à savoir que les engagements pour “missions de reconnaissance” des Tornado allemands se doublent de missions d’attaque, notamment lors de l’attaque de cités tenues par Daesh, comme actuellement Mossoul en Irak après qu’il y ait eu Alep en Syrie investie par les Syriens soutenus par les Russes ; et donc que les Allemands, comme leurs alliés, ont également leur part de “dégâts collatéraux” sur la conscience… Et Scholz d’expliquer que les planificateurs (dont lui-même, sans doute) disent à la chaîne de commandement qu’on peut attaquer ici ou là à Mossoul, ou bien encore un peu plus loin, etc., partout où se trouve Daesh, et qu’il est à peu près assuré qu’en même temps on tuera des civils puisque c’est la “tactique” de Daesh de se mettre au milieu de civils (on nomme cela “prendre des civils en otages” ou bien “se servir de civils comme de boucliers”). Ce qui est assez intéressant dans le témoignage de Scholz, c’est cette affirmation que les planificateurs se disent capables d’avancer le nombre de civils tués qu’il y aura, donc d’évaluer d’assez près le coût humain des “dégâts collatéraux”, – comme si l’on était capable de prévoir ce qui est présenté par définition comme inattendu, imprévu,et donc non-planifiable. Pas vraiment de surprise là non plus, mais tout de même le constat précis d’un aspect rarement mis en évidence, d'autant qu'on nous a si souvent affirmé, et d'une façon si souvent émouante, qu'on avait finalement reculé devant telle ou telle attaque parce qu"on craignait de provoquer des pertes civiles

Ainsi comprend-on bien ce qui se passe, et sans surprise excessive lorsqu’on connaît les diverses manières de faire, y compris et surtout l’American Way of War qui est la principale source d’inspiration de l’OTAN, du bloc-BAO, de l’UE, des Allemands et ainsi de suite, – mais bon, on le savait déjà tant il s’agit ici de constat d’évidence. On dira simplement que, du point de vue de la communication, il n’est pas mauvais qu’un témoin direct de ces choses se confie, même si c’est à Spoutnik-français. (… C’est-à-dire, jusqu’à ce que l’on apprenne, avec une surprise scandalisée, que ce Sholz est un agent russe, voire qu’il n’existe pas du tout et ainsi de suite. Préparons-nous à être scandalisés.)

Voici donc le texte de Spoutnik-français du 2 avril 2017…

« La participation de la Bundeswehr aux frappes aériennes de la coalition internationale contre les djihadistes de l'État islamique (Daech) ne se limite pas à des vols de reconnaissance de Tornado. [… Des] conseillers du gouvernement fédéral allemand inspect[ent] chaque cible, a déclaré à Sputnik l'ex-planificateur d'intervention de l'Otan Ulrich Scholz. [“Ils] disent : ‘cette cible peut coûter dix vies de civils au maximum’. Ensuite, des frappes sont portées”, a précisé l'interlocuteur de l'agence.

» […] Cela signifie que le “dommage collatéral” était accepté par avance. “Cela veut dire que l'étonnement manifesté par les politiciens et les médias suite à l'information selon laquelle les avions de reconnaissance allemands Tornado avaient participé aux frappes de la coalition anti-Daech qui s'étaient soldées par des victimes parmi la population civile n'aura été qu'une simulation pure et simple”, a souligné l'ancien lieutenant-colonel de la Bundeswehr.

» M. Scholz explique [ainsi] l'indignation qui gagne les réseaux sociaux du fait que la Bundeswehr s'avère impliquée dans les bombardements de la population civile, alors qu'il s'agit tout simplement d'une guerre aérienne “classique” modèle USA ou Otan. “Quoi qu'il en soit, un adversaire tel que Daech dans une guerre asymétrique contre une armée régulière n'a d'autre chance que de se mêler à la population civile […] de sorte que, lors des frappes aériennes, les frappes touchent des civils. C'est sa stratégie”, commente l'ancien planificateur d'intervention de l'Otan. […] Dès le début, le “dommage collatéral” est accepté, y compris par la partie allemande. “Aussi cynique que cela soit, nous l'acceptons. […] Nous approuvons le meurtre de civils ! Une telle guerre est tout simplement amorale”, résume l'interlocuteur de Sputnik.

» M. Scholz, qui a lui-même été pilote de Tornado par le passé, relève par ailleurs que ces avions ne conviennent absolument pas pour des opérations contre Daech. “Les images qu'ils fournissent ne permettent pas de voir où se trouvent les combattants de Daech. Les Tornado font par conséquent partie d'une "chaîne meurtrière" dans cette guerre, et la Bundeswehr répond elle aussi des victimes parmi la population civile”, souligne-t-il.

» L'ex-officier de l'Otan conclut que les affirmations selon lesquelles l'armée syrienne ou les forces russes tuent volontairement la population civile à Alep “se trouvent en contradiction flagrante avec le bon sens », une guerre aérienne contre des forces asymétriques affectant toujours les civils, et la situation à Alep ne se distinguant pas de celle de Mossoul. “Une seule solution valable consisterait à stopper la guerre et à s'assoir à la table des négociations”, conclut Ulrich Scholz. »

Nul n’a jamais douté que cette sorte de guerre qui est actuellement menée dans l’espace crisique, dans le tourbillon critique Irak-Syrie, mais aussi au Yémen, en Afghanistan, etc., fasse nécessairement des morts civils. Les divers adversaires des diverses coalitions d’inspiration américaniste, et aussi des Russes et de leurs alliés, manœuvrent de façon à impliquer des civils parce qu’ils savent qu’au niveau de la communication les pertes civiles causées par l’intervention de leurs adversaires sont une arme contre leurs adversaires. Tout cela est d’autant plus évident lorsqu’il s’agit de combats dans des villes, et lorsqu’un emploi important de la force aérienne (et aussi de l’artillerie) est requis. C’est le caractère même de ces guerres asymétriques qui le sont moins par la forme des combats que par l’emploi massif de l’arme de la communication d’une part, et que par les structures, les matériels et les tactiques des forces des “coalitions” (surtout du bloc-BAO) parfaitement inadaptés d’autre part. Enfin, il y a l’état d’esprit remontant aux années 1990 et à la “doctrine du zéro-mort” pour éviter de s’aliéner l’opinion publique (élément de communication) par des pertes de soldats nationaux, inaugurée surtout pour la guerre du Kosovo, qui là aussi, et toujours surtout du côté du bloc-BAO, conduit à encore plus insister sur l’emploi massif du feu qui tue indistinctement les civils et les combattants adverses.

Rien dans tout cela ne peut nous étonner, et donc les révélations de Ulrich Schloz ne sont en rien un élément de surprise. Bien entendu, on appréciera la vigueur hystérique des réactions du système de la communication lorsque les Russes ont fourni la couverture aérienne pour la prise d’Alep (la “libération” devrait-on dire) comparée à la pudeur élégante qui entoure ce qui se passe à Mossoul, comme ce qui s’est passé à plusieurs reprises à Faloujah et en Irak, ce qui se passe au Yémen, ce qui se passe en Afghanistan depuis 15 ans et ainsi de suite. Nous sommes en pleine post-Vérité.

Pour y comprendre un peu plus, il est recommandé de rechercher qui est responsable de quoi à l’origine, les sources innombrables permettant de ne pas s’y tromper. Après tout, la grande coalition du bloc-BAO se bat contre un Daesh qu’elle a elle-même inventé et fabriqué de toutes pièces (http://www.dedefensa.org/article/daesh-desordre-et-le-general-flynn-en-vedette-americaine, du moins dans le chef des USA, virtuoses de cette sorte de double, triple ou quadruple jeu. On peut même observer que toutes ces agitations de cette très longue séquence, notamment pour ce qui concerne le phénomène nommé “terrorisme islamiste”, ont pour origines les manigances évidemment américanistes comme l’a expliqué avec une extrême satisfaction Zbigniew Brzezinski qui en fut l’architecte, dans une interview restée fameuse de janvier 1998 au Nouvel Observateur. (http://www.dedefensa.org/article/brzezinski-a-lorigine-du-desordre


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BARBOUZERIES CONTRE DAMAS : QUAND LE MOSSAD ISRAELIEN INFILTTRE LA DGSE FRANCAISE !

BARBOUZERIES CONTRE DAMAS : QUAND LE MOSSAD ISRAELIEN INFILTTRE LA DGSE FRANCAISE !
# LUCMICHEL. NET/ BARBOUZERIES CONTRE DAMAS : QUAND LE MOSSAD ISRAELIEN INFILTTRE LA DGSE FRANCAISE !

 

Luc MICHEL/ 2017 03 27/

Avec The Times of Israël – Le Monde – PCN-SPO/

 

Le Mossad aurait tenté de recruter des agents français !

Plongée dans une opération de barbouzes françaises (dont Squarcini, dit « le squale », le chef espion de Sarkozy) et israéliennes, qui tous complotent contre le gouvernement de Damas. «

La CIA et son homologue allemand, le BND, sont aussi dans la boucle » (dixit Le Monde). Non on n’est pas dans « les Barbouzes », le film des Années 60 de Lautner. Mais dans la réalité du Renseignement occidental d’aujourd’hui…

 

« Des espions israéliens travaillant sur un ingénieur syrien à Paris ont tiré parti de leurs étroites relations avec leurs homologues français pour tenter d’infiltrer la DGSI », confirme le TIMES OF ISRAEL, qui cite aussi Le Monde (Paris). La tristement célèbre agence d’espionnage israélienne, le Mossad, « aurait tenté d’infiltrer son homologue français et de recruter des agents doubles au sein des agences d’espionnage françaises », selon un article explosif du quotidien français Le Monde.

 

Dimanche, le journal a publié des informations sur un rapport interne de la Direction générale de la sécurité interne (DGSI), l’agence d’espionnage intérieur de France, « dans lequel il est allégué que des agents des deux services travaillant sur une opération commune lancée en 2010 pour collecter des informations sur les capacités en armes de destruction massive de la Syrie ont développé des relations inappropriées et non autorisées » (sic). Ces relations ont été découvertes par une autre agence d’espionnage française, chargée de garder un œil sur les agents du Mossad travaillant à Paris.

 

DES BARBOUZES QUI CIBLENT DAMAS …

 

Un ingénieur syrien connaissant soi-disant « l’arsenal d’armes chimiques et de missiles balistiques de Bashar el-Assad » (resic) avait été fait venir et « travaillé par les Israéliens pour être une source de renseignements ». « L’ingénieur était également proche de la fille d’un cadre important du régime d’Assad », nous dit-on encore. « L’arrivée de l’ingénieur en France a eu lieu, selon Le Monde, après deux ans d’efforts du Mossad qui travaillait avec une source à Damas pour convaincre l’ingénieur de tenter de nouveaux horizons et de lancer une entreprise d’import-export à Paris ». « Un agent israélien, prétendant être un homme d’affaires d’origine italienne, a fourni à l’ingénieur syrien des contacts commerciaux et des conseils tout en obtenant de lui des informations, a indiqué Le Monde, pendant que les agences françaises ont clandestinement facilité les procédures de visa et lui ont ouvert d’autres portes dans le monde des affaires. Les agents français ont également fourni un soutien logistique et une surveillance ».

 

OPÉRATION « RATAFIA » COMMUNE AUX MOSSAD - DGSE – DGSI

 

Pendant leur opération commune, qui a duré plusieurs années, le Mossad, la DGSE et la DGSI ont découvert des informations cruciales au sujet des fabricants, des sous-traitants et des intermédiaires travaillant avec la Syrie en France et en Europe. « Des renseignements ont également été obtenus sur le programme d’armes chimiques d’Assad ». « Les informations obtenues par les Israéliens et transmises aux Français et aux Allemands ont entraîné l’Union européenne à geler en 2011 les avoirs du Centre syrien d’étude et de recherche scientifique (CERS), responsable du développement et de la production des armes chimiques ».

 

Selon Le Monde, pendant toute l’opération, intitulée « Ratafia », « les agents israéliens ont tiré parti de leurs rapports étroits avec leurs homologues français pour tenter de les recruter, en utilisant de l’argent et de coûteux cadeaux ». « Un agent français a été repéré au domicile du chef du Mossad à Paris pour un dîner de Shabbat. Il n’est identifié que par ses initiales, D.K. Par la suite, cet agent n’a pas signalé à ses supérieurs qu’après un voyage approuvé à Dubaï, il s’était rendu en Israël avec sa famille pour rencontrer des agents israéliens à Jérusalem ».

 

Ces échanges non autorisés ont été découverts par une branche de la DGSI. « Après que la DGSI a porté plainte auprès du Mossad en France, plusieurs agents français, dont D.K., ont vu leur autorisation sécuritaire révoquer et ont été transférés à d’autres postes, et plusieurs employés de l’ambassade israélienne à Paris sont partis ». L’ancien directeur de l’agence entre 2007 et 2012, Bernard Squarcini, est considéré comme un suspect dans cette affaire.

 

* Lire sur le Times of Israël :

http://fr.timesofisrael.com/le-mossad-aurait-tente-de-recruter-des-agents-francais/

 

* Lire sur Le Monde :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/03/25/le-mossad-les-services-secrets-francais-et-l-informateur-syrien_5100770_3224.html

 

LUC MICHEL

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“Trump face à l’Europe”: Les États-Unis mènent leurs guerres depuis le continent européen

Peut-on éviter une nouvelle guerre mondiale ?
“Trump face à l’Europe”: Les États-Unis mènent leurs guerres depuis le continent européen
Après avoir dénoncé la complicité de nombreux hommes politiques français avec des groupes terroristes dans son précédent livre “56″, Jean-Loup IZAMBERT publie “Trump face à l’Europe”, un livre qui analyse les stratégies guerrières des États-Unis et les conséquences sur l’Europe que la nomination de Donald Trump au poste de président va entraîner.

L’élection, fin 2016, de Donald Trump comme quarante-cinquième président des États-Unis peut-elle changer favorablement les relations des États-Unis avec le monde ainsi qu’il s’y est engagé ?

“Une voie difficile“, estime le président russe Vladimir Poutine. D’autant plus difficile que depuis leur fondation en 1776, les États-Unis ont consacré plus de 93% de leur existence à faire la guerre aux peuples pour s’approprier leurs richesses et imposer leur hégémonie.

Les dirigeants du « pays de la guerre » ont fait des millions de morts et de personnes déplacées, détruit des pays entiers, et favorisé le développement de la misère et du terrorisme jusqu’au cœur de l’Europe.

Aussi, le dossier “Europe”, non de la petite Europe de Bruxelles mais de la grande Europe, qui s’étend de Lisbonne à Vladivostok, est l’un des plus importants auquel Donald Trump doit faire face.

Après avoir détruit l’Afghanistan, l’Irak, la Libye et la Syrie, comment les États-Unis portent-ils la guerre en Europe ? Et, face au péril, quel est ce nouveau monde qui met l’espoir en chantier ?

Mondialisation.ca reproduit, avec l’autorisation de l’auteur, un extrait du livre ”Trump face à l’Europe”.

Les États-Unis mènent leurs guerres depuis le continent européen

L’activité de propagande de Washington en Europe est d’autant plus aisée que, depuis les années 70, la France n’a plus de politique étrangère indépendante. Depuis 1982, en dehors de la période où Dominique de Villepin fut Premier ministre (2005-2007), le ministère des Affaires étrangères est sous l’influence d’un cartel de diplomates atlantistes qui imposent leurs vues sur tous les dossiers.

Ces campagnes incessantes, relayées par les milieux atlantistes en Europe et les médias, ont pour objectif principal d’occuper militairement l’espace européen. Les pays qui ont permis l’installation de bases de l’OTAN sur leur sol ont ainsi pris le risque de devenir eux-mêmes les cibles d’une première frappe. C’est le cas des Pays baltes, de la Pologne, de l’Ukraine, de la Roumanie, de la Grèce, de l’Italie, mais aussi de l’Allemagne, qui est quadrillée militairement par les États-Unis. La base militaire étasunienne de Ramstein, située au sud-ouest de l’Allemagne dans le district de Rhénanie-Palatinat, est l’un des centres de coordination important des activités militaires étasuniennes en Europe occidentale. Les activités militaires de cette base US contre des pays d’Europe ou d’autres régions, déployées sans l’accord du gouvernement allemand, illustrent la manière dont Washington n’hésite pas à utiliser le territoire d’un pays européen pour ses seuls intérêts. Il en va de même pour l’Italie.

Après la Seconde Guerre mondiale, mais surtout à partir des années 90, de nouvelles bases militaires ont été implantées par Washington près des frontières russes. L’Italie servit ainsi, en 1990, de paillasson à la soldatesque étasunienne pour bombarder les Balkans depuis les bases étasuniennes et de l’OTAN qui y sont implantées en nombre. Celles-ci sont supervisées par le Commandement Africa (Africom), qui a en Italie deux importants commandements subordonnés : l’U.S. Army Africa (Armée US pour l’Afrique), dont le quartier général est à la caserne Ederle de Vicence (Vénétie), et les U.S. Naval Forces Europe-Africa (Forces navales US pour l’Europe et l’Afrique), dont le quartier général est situé dans la base de Capodichino, à Naples. Leur « aire de responsabilité » couvre la Russie, l’Europe et l’Afrique (sauf l’Égypte, qui entre dans celle du Commandement central), y compris la moitié de l’Atlantique, du Pôle Nord à l’Antarctique. S’y ajoutent les chasseurs des porte-avions et les drones armés basés à Sigonella, en Sicile.

Dans un article publié début octobre 2016 dans le quotidien Il Manifesto, le géographe et géopolitologue Manilo Dinucci indique que « parmi ses nombreuses “missions”, l’Africom est en train de construire au Niger une base de drones armés, officiellement à fonction “antiterroriste”. Elle sert aux opérations militaires que les USA conduisent depuis des années, avec la France, dans l’Afrique du Sahel, surtout au Mali, au Niger et au Tchad. Pays parmi les plus pauvres du monde (avec un taux d’analphabétisme, au Niger, de 70 % chez les hommes et 90 % chez les femmes), mais très riches en matières premières – coltan et or au Mali, uranium au Niger, pétrole au Tchad –, ils sont exploités par des multinationales étasuniennes et françaises qui redoutent la concurrence des sociétés chinoises, lesquelles offrent aux pays africains des conditions beaucoup plus favorables »[1].

La Grèce du gouvernement Syriza-« nationalistes » est également partie prenante pour des opérations menées contre la Libye, l’Afrique et le Moyen-Orient avec les bases de l’OTAN toujours présentes sur son territoire. Le Kosovo accueille « Camp Bondsteel », la deuxième plus grande base US en Europe, qui sert de soutien logistique aux opérations menées dans les Balkans et le Moyen-Orient. En Islande, la base de Keflavik, mise en sommeil en 2006, est réactivée en 2015 pour contrôler tout l’espace aérien de l’Atlantique Nord, notamment le détroit entre l’Islande et les Shetlands et les Orcades au nord de l’Écosse, et mener des opérations d’espionnage aux frontières de la Fédération de Russie. Mais à quoi peut bien servir la base allemande de Ramstein aujourd’hui ?

Dans une interview accordée en septembre 2016 à l’agence de presse Sputnik, Willy Wimmer, ex-vice-président de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et ex-secrétaire du ministère allemand de la Défense, indique que « la base légale de la présence des troupes américaines sur le territoire allemand, c’est toujours l’OTAN. Cependant, après la réunification de l’Allemagne, la nécessité même de l’existence de l’OTAN a été remise en cause, en absence de menace du côté oriental ». Et de rappeler qu’« il est d’autant plus important que les accords concernés ont été signés alors que l’OTAN se situait à un millier de kilomètres de la frontière russe ».

L’Allemagne n’ayant jamais été menacée en aucune manière ni par l’URSS ni par la Fédération de Russie, « dès lors, l’OTAN a changé son principe d’une alliance défensive, intentionnellement et sans accord des parlements des pays membres, de telle sorte que cette organisation est devenue une machine agressive qui s’appuie sur sa nouvelle doctrine militaire datant de 1999 », souligne-t-il. Il ne s’agit plus d’une fonction défensive de l’OTAN : « Cela signifie que les structures américaines sont utilisées en dehors de tout lien avec l’Allemagne pour réaliser et appuyer les missions meurtrières des troupes américaines à travers le monde. Ainsi, nous n’avons pas affaire à des forces armées qui nous défendent d’après les accords, mais sommes plutôt confrontés à la capacité d’agression internationale des États-Unis », précise-t-il.

Les États-Unis se servent ainsi de bases militaires du continent européen pour mener leurs actions de guerre (enlèvements, assassinats, bombardements, espionnage, etc.) vers d’autres pays et espionner non seulement des pays européens, mais également la Fédération de Russie et son environnement. Plusieurs avions-espions seront interceptés par la chasse russe lors de leurs missions ou raccompagnés vigoureusement hors de l’espace aérien qu’ils avaient violé. L’espionnage régulier de la Fédération de Russie et de l’Europe occidentale, le positionnement de troupes importantes étasuniennes sous couvert de l’OTAN aux frontières de la Fédération de Russie, le déploiement de nouvelles bases militaires comme les tentatives répétées de violations de son espace aérien traduisent la volonté de Washington de préparer un conflit majeur et de rechercher un incident déclencheur.

Ces faits sont d’autant plus graves que Washington utilise ses bases en Europe pour des actes de guerre, indique l’ex-Secrétaire du ministère allemand de la Défense : « Des missions meurtrières de drones américains à travers le monde sont aussi menées depuis la base de Ramstein. Le gouvernement fédéral le sait, mais il le cache à son peuple. C’est une honte ! », déclare-t-il[2].



[1] L’Italie, base US pour l’Afrique, par Manilo Dinucci, « Il Manifesto », 4 octobre 2016, traduit par Marie-Ange Patrizio.

[2] « C’est une honte ! » : les bases militaires allemandes au service des USA, www.fr.sputnik.com, 21 septembre 2016.

“Trump face à l’Europe”: formats papier et numériques (formats ePub, Mobi/Kindle et PDF), dans tous les réseaux de librairies via Hachette Livre (livre imprimé) et Immateriel (eBooks).

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LES YÉMÉNITES EN PERDITION Une guerre de religion pour le pétrole

«Rien ne se construit, ne se fait, ne s'invente, sinon dans la paix relative, dans une petite poche de paix locale, rare, maintenue au milieu de la dévastation universelle, produite par la guerre perpétuelle.» Michel Serres, philosophe
LES YÉMÉNITES EN PERDITION Une guerre de religion pour le pétrole
Qui se souvient de l'Arabie heureuse? l'actuel Yémen, qui représentait, pour les Romains, le plus souvent une terre semi-fabuleuse, où habitait le phénix et d'où provenait l'encens nécessaire aux actes religieux, ainsi que d'autres épices: «Au-delà du débouché du Nil, à Péluse, lit-on sur Wikipédia, se trouve, baignée par la mer Rouge, l'Arabie dite heureuse, regorgeant de parfums et de richesses. L'Arabie heureuse (Arabia felix) s'opposait par son nom aux autres «Arabies» connues par les Romains: l'Arabie pétrée, ancien royaume des Nabatéens, l'Arabie déserte, constituée de déserts parcourus par les Arabes. La riche civilisation caravanière de la myrrhe et de l'encens, c'était bien avant l'avènement du pétrole.
La tourmente actuelle qui semble s'être installée durablement au Moyen-Orient prélude à un nouveau partage du monde. Les partages des territoires des peuples faibles entre la Grande-Bretagne (perfide Albion) et son âme damnée la France, furent une constante depuis la défaite à Waterloo et l'exil de l'empereur Napoléon. Ce sera ensuite le congrès de Vienne, la conférence de Berlin. Tantôt adversaires comme dans le partage de l'Afrique comme à Fachoda où les deux rivalités éclatèrent au grand jour. Ainsi, les projets d'expansion français vers l'Est (pour relier l'Atlantique - Dakar - à la mer Rouge - Djibouti) et les projets britanniques d'extension du chemin de fer Le Cap - Le Caire, se sont heurtés à Fachoda le 18 septembre 1898. L'incident a donné naissance du côté français au «complexe de Fachoda». Plus tard, le conflit né de la Première Guerre mondiale n'était pas encore terminé que les deux compères pensent à se répartir la dépouille encore fumante de l'Empire ottoman agonisant. Ce furent les tristes accords.
Sykes-Picot dont les répliques se font sentir un siècle après.

Est-ce une guerre de schisme dans l'islam?
Dans une contribution précédente, nous avions décrit l'historique des inimitiés de l'Arabie saoudite et du Yémen. On nous dit que c'est une guerre schismatique: le conflit sunnite - chiite date de Ali (gendre du prophète, Qsssl). Les chiites ne reconnaissent pas les trois califes (Arrachidine: les bien guidés) qui ont suivi la mort du prophète (Qsssl) du fait qu'ils ont usurpé le califat qui devait revenir à Ali. Le conflit actuel contient les ingrédients d'une guerre de religion avec le Web 2.0. La cause? Pour nous convaincre, le ministre Riyadh Yassine a agité la menace d'une prise de contrôle du Yémen par l'Iran, principal soutien des Houthistes.

La réalité du conflit: le pétrole et le gaz
Depuis sa naissance jusqu'ici, le régime saoudien a déclenché de nombreuses guerres contre le Yémen sous des prétextes quelconques; or le vrai objectif est de faire main basse sur les ressources pétrolières du Yémen.: «La guerre qu'ont récemment déclenchée les Saoudiens et la coalition arabo-américaine contre les Yéménites s'explique dans ce sens. En 1934, le régime saoudien a déclenché sa première guerre contre le Yémen et occupé les provinces de Jizan, d'Assir et de Najran. Il s'est emparé également de Wadiya et de Sharoura au cours des deux guerres qui ont éclaté durant les années 70. Le site Internet Arabi Presse explique ainsi l'objectif du régime saoudien dans sa guerre contre le Yémen: «L'objectif de l'Arabie saoudite dans son intervention militaire contre le Yémen est bien clair et c'est de s'emparer de l' Hadramaout, dans le Sud-yéménite. Le Yémen, notamment ses provinces M'arib, Jawf et Hadramaout sont riches en gisements pétroliers. En 1979, une compagnie pétrolière italienne a commencé ses activités dans l'Est du Yémen, plus précisément au Hadramaout et elle a annoncé en 1982 avoir découvert des gisements pétroliers prometteurs dans les différentes régions du Yémen.» (1).
L'exploitation de pétrole dans le pays est centrée sur deux ensembles de gisements, Ma'rib et Massila. Fin 2010 la production était légèrement inférieure à 250.000 bbl/j. les exportations nettes ont chuté en 2002 à moins de 150.000. Ses réserves de brut prouvées sont de plus de 4 milliards de barils (640.000.000 de m³); le pays a commencé fin 2009 à exporter du gaz naturel liquéfié grâce à une usine de liquéfaction opérée par Total. «Un expert économique yéménite a déclaré que l'Arabie saoudite vole les réserves de pétrole brut de son pays dans des régions frontalières en collaboration avec le géant de l'énergie français, Total. «63% de la production de brut du Yémen est volée par l'Arabie saoudite en coopération avec Mansour Hadi, le président yéménite fugitif et ses mercenaires» a déclaré Mohammad Abdolrahman Sharafeddin à Fars News Agency (FNA). Sharafeddin a déclaré que Riyadh achète des armes et des munitions avec les pétrodollars volés au peuple yéménite et les fournit à ses mercenaires pour tuer les Yéménites. A la fin de l'année dernière, un autre expert économique a déclaré que Washington et Riyad avaient soudoyé l'ancien gouvernement yéménite pour qu'il s'abstienne d'organiser des forages pétroliers et des activités d'exploration, ajoutant que le Yémen a plus de réserves pétrolières que toute la région du golfe Persique. «L'Arabie saoudite a signé un accord secret avec les Etats-Unis pour empêcher le Yémen d'utiliser ses réserves pétrolières durant les 30 dernières années» a déclaré Hassan Ali al-Sanaeri à FNA. Al-Sanaeri a ajouté que le Yémen a des réserves pétrolières abondantes à Ma'rib et dans les régions d'Al-Jawf, de Shabwah et d'Hadhramaut. Il a noté qu'une série de documents secrets divulguée par WikiLeaks révèle que le gouvernement de Riyadh avait installé un comité présidé par l'ancien prince héritier, le Sultan Ben Abdel Aziz Al-Sanaeri et a ajouté que l'Arabie saoudite a chargé le comité de mettre en oeuvre un projet pour creuser un canal de l'Arabie saoudite à la mer arabe via Hadhramaout afin de rendre inutiles les détroits d'Ormuz et de Bab Al-Mandab. Il a réaffirmé que de nouvelles réserves pétrolières ont été découvertes dans la province d'Al-Jawf au Yémen qui pourraient faire du Yémen l'un des plus grands exportateurs de pétrole dans la région et dans le monde.» (2)

Le chaos actuel: tempête «décisive» dans le désert
«La coalition sur le mode américain. Une pâle imitation de Tempête du Désert'' du général Norman Schwarzkopf. Une coalition de dix pays, emmenée par l'Arabie saoudite, a lancé, il y a trois ans, une intervention militaire. L'Egypte, qui est redevable de la manne saoudienne de 12 milliards de dollars, vole au secours et, curieusement, à quarante ans d'intervalle, du camp de l'Arabie saoudite contre le même Yémen. Il en sera de même du Soudan et de la Jordanie, du Maroc, du Koweït, des Emirats arabes unis, du Qatar, du Bahreïn: 100 avions de guerre et 150.000 soldats saoudiens participent à la curée. En plus de son aviation, quatre navires de la marine égyptienne auraient franchi jeudi le canal de Suez. L'opération baptisée Tempête décisive'' Par hostilité atavique envers l'Iran, les Saoud ont longtemps encouragé Daesh. Aujourd'hui, la dynastie wahhabite cultive l'attentisme avec une crainte grandissante face au prestige accumulé par Téhéran parmi les populations de Syrie et d'Irak vivant sous le joug de Daesh.» (3)
«Les sources de renseignement à Sanaa ont révélé que les Etats-Unis ont envoyé des mercenaires de sécurité américains au Yémen du Sud pour la coopération avec la coalition dirigée par l'Arabie; les États-Unis payent chaque mercenaire 1500 $ par jour, et affirmé: La mission des mercenaires américains est de commettre des crimes et blesser les civils yéménites au Yémen.'' La coalition dirigée par l'Arabie a l'intention d'embaucher plus de mercenaires de Blackwater après ses récentes défaites dans les opérations de Bab al-Mandeb et le maintien de lourdes pertes. La guerre de l'Arabie saoudite sur le Yémen, les sources locales disent avoir tué au moins 13.100 personnes, a été lancée dans une tentative de ramener l'ancien gouvernement au pouvoir et de saper le mouvement Ansarullah.» (4)
Depuis sa naissance jusqu'ici, le régime saoudien a déclenché de nombreuses guerres contre le Yémen sous des prétextes quelconques, or le vrai objectif est de faire main basse sur les ressources pétrolières du Yémen.: «La guerre qu'ont récemment déclenchée les Saoudiens et la coalition arabo-américaine contre les Yéménites s'explique dans ce sens. En 1934, le régime saoudien a déclenché sa première guerre contre le Yémen et occupé les provinces de Jizan, d'Assir et de Najran. Il s'est emparé également de Wadiya et de Sharoura au cours des deux guerres qui ont éclaté durant les années 70. Le site Internet Arabi Presse explique ainsi l'objectif du régime saoudien dans sa guerre contre le Yémen: «L'objectif de l'Arabie saoudite dans son intervention militaire contre le Yémen est bien clair et c'est de s'emparer de l' Hadramaout, dans le sud-yéménite. Le Yémen, notamment ses provinces M'arib, Jawf et Hadramaout sont riches en des gisements pétroliers. En 1979, une compagnie pétrolière italienne a commencé ses activités dans l'Est du Yémen, plus précisément au Hadramaout et elle a annoncé en 1982 avoir découvert des gisements pétroliers prometteurs dans les différentes régions du Yémen.» (5)

L'enlisement et le retrait des pourvoyeurs d'armes
Un groupe d'intellectuels français qui signe Esprit de Divergence a fait une analyse assez fidèle de la situation. Les Houtis ne sont pas types intégristes que l'on décrit, mais des Yazidis, une doctrine intermédiaire, sorte de syncrétisme entre le sunnisme et le chiisme. Pour ces intellectuels, les pays occidentaux qui alimentent le conflit en armes, tentent de prendre leurs distances.: «Voyant l'enlisement progressif des Saoudiens dans le bourbier yéménite, les États-Unis se désolidarisent peu à peu et ont décidé de rappeler l'essentiel de leur personnel encore basé en Arabie saoudite afin de coordonner le soutien américain. Pour autant, ceux-ci poursuivent, même sous la présidence Trump, leurs attaques ciblées contre les leaders de l'AQPA. A l'instar de la Syrie, il s'agit bien là d'une guerre interminable sous-traitée par des vassaux du maître d'oeuvre occidental. Le décompte est affreux pour ce Yémen aux 26 millions d'âmes: environ dix-mille morts dont une large partie de civils, trois millions de déplacés et 200 000 exilés, 14 millions nécessitant une aide alimentaire. Si le délire schizophrénique et belliciste du Royaume saoudien et de ses alliés est hautement critiquable, c'est surtout l'insupportable laissez-faire de la «communauté internationale» qui révolte! Celui de la France en particulier, qui ménage honteusement une bienveillance à l'égard de son partenaire commercial saoudien! Eh bien si, dans le tiers-monde, le ridicule tue bel et bien, n'en déplaise à l'adage...» (6)

Les conséquences de la guerre
L'ONU avertit que 5 millions de personnes au Yémen sont à quelques semaines de mourir de faim. Les Saoudiens, les États-Unis et les Emirats bloquent toutes les routes, aéroports et les côtes du Yémen et aucune aide alimentaire n'entre dans le pays. Il s'agit d'un énorme crime de guerre et, littéralement, d'un génocide. Mais les médias «occidentaux» semblent totalement indifférents. Peu, pour ne pas dire aucun, parlent du Yémen. Jamais ils n'ont montré leur hypocrisie aussi ouvertement.
La première opération militaire importante autorisée par le président Donald Trump, un raid commando contre Al-Qaïda à Yakla, dans le centre du Yémen, a mal tourné provoquant des victimes civiles dont des enfants et la mort d'un soldat américain. Dans son rapport publié jeudi sur l'expansion d'Al-Qaïda au Yémen, l'International Crisis Group (ICG) a noté que l'opération a tué «de nombreux civils, dont au moins 10 femmes et enfants», ainsi que des hommes de tribus locales.» (7)
Depuis l'escalade de la guerre au Yémen en mars 2015, les Nations unies ont pu vérifier que près de 1400 enfants ont été tués et plus de 2140 blessés. Près de 2 000 écoles au Yémen ne peuvent plus servir parce qu'elles ont été détruites, endommagées, servent à accueillir des familles de déplacés ou sont utilisées à des fins militaires», a déclaré à la presse la représentante au Yémen de l'Unicef, Meritxell Relano. «Les écoles doivent être des zones de paix, des sanctuaires où les enfants peuvent apprendre, grandir, jouer et être en sécurité», a ajouté la représentante de l'Unicef. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le conflit au Yémen a fait plus de 7350 morts et 39.000 blessés en 20 mois, des chiffres qui incluent les civils et les combattants. Cette guerre oppose les rebelles Houthis soutenus par l'Iran aux forces pro-gouvernementales appuyées par la coalition sous commandement saoudien.
Le moins que l'on puisse dire La situation n'est pas limpide loin s'en faut! Cependant, quelques faits objectifs: les potentats arabes ont atteint le fond en termes de dignité. Au lieu d'être fascinés par la science et le savoir, ils s'équipent jusqu'aux dents pour porter la guerre soit à leur peuple soit entre eux. Qu'il nous suffise de savoir que l'Arabie saoudite a acheté aux Etats-Unis pour plus de 70 milliards de dollars d'armement. Il en est de même des autres potentats qui dépensent l'équivalent de 200 milliards de dollars en armes fournies gracieusement par un Occident qui divise pour régner.
Les peuples arabes n'ont pas des dirigeants légitimes, c'est cela leur malheur. Ce n'est pas demain, qu'ils se décoloniseront mentalement. Le spectre de l'islam est un faux nez, la seule vraie révolution qui aurait pu en son temps réussir, ce fut celle de la résurrection «El Baath» d'un monde arabe nationaliste, qui n'instrumente pas la religion. Les Nasser, les Saddam, les Assad, et même le trublion Kadhafi avaient une certaine idée de l'Etat, de la Nation arabe. Nous savons tous comment ils furent éliminés. Le conflit au Yémen n'a pas les faveurs des médias occidentaux qui, à des degrés divers, s'auto-censurent pour ne pas irriter un royaume moyenâgeux qui les alimente en devises, fait marcher leur industrie d'armement, le commerce, mais aussi le tourisme et le chiffre d'affaires des places Vendôme européennes. Où est le droit et la dignité des peuples? Pourquoi ne crée- t-on pas un Observatoire des droits humains que l'on installerait rive gauche comme l'Osdh syrien qui compte les morts à partir de Londres.

1.http://reseauinternational.net/larabie-saoudite-volerait-elle-le-petrole-du-yemen-avec-la-complicite-des-etats-unis-et-de-total/#UP0qHCgEfZLLUaaT.99
2.http://ahtribune.com/world/north-africa-south-west-asia/war-on-yemen/1537-saudi-arabia-yemen-oil-total.html
3. Chems Eddine Chitour https://www.legrandsoir.info/le-yemen-dans-la-tourmente-adieu-l-arabie-heureuse.html
4.Http://ahtribune.com/world/north-africa-south-west-asia/war-on-yemen/1505-us-mercenaries-yemen.html
5.En savoir plus sur http://reseauinternational.net/larabie-saoudite-volerait-elle-le-petrole-du-yemen-avec-la-complicite-des-etats-unis-et-de-total/#UP0qHCgEfZLLUaaT.99
6. Esprit de divergence 20 mars 2017 http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/ guerre-civile-au-yemen-recit-d-un-190905
7.http://www.bfmtv.com/breves-et-depeches/yemen-la-premiere-operation-militaire-sous-trump-tourne-mal-1094805.html

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Joëlle, Rima, Alon et Zeevi, ces femmes qui font aussi avancer la cause palestinienne

Joëlle, Rima, Alon et Zeevi, ces femmes qui font aussi avancer la cause palestinienne
Femmes d’honneur, Joëlle Garriaud-Maylam Alon et Ze’evi Tamar et Rima Khalaf méritent amplement que nous leur rendions hommage. Française, jordanienne et israéliennes, elles suscitent par leur courage la sympathie non seulement de leur entourage mais bien au-delà encore de l’opinion internationale notamment celle acquise à la cause palestinienne.
Leur point commun, refuser le diktat et l’emprise des lobbies sur les organisations internationales et dénoncer les souffrances infligées au peuple Palestinien.
Sénatrice française et représentante de cette instance à la commission nationale française de l’Unesco., née à Maghnia en Algérie, Joëlle Garriaud-Maylam a considéré que la candidature de dernière minute de la France à la présidence de l’UNESCO constituait, selon elle, «une insulte aux pays arabes, qui n’ont jamais obtenu un tel poste à l’Unesco et envers lesquels des engagements moraux avaient été pris pour que ce poste revienne à un des leurs» en précisant qu’il «est en effet de tradition que le pays qui a le privilège d’héberger le site d’une institution internationale, n’en brigue pas pour lui-même le poste de président ou de Directeur Général».
Quand on sait que l’adhésion de la Palestine à l’UNESCO a constitué un succès incontestable dans la laborieuse voie de reconnaissance de son statut d’état à part entière par les instances internationales et que l’on constate l’alignement de plus en plus évident de la politique étrangère française sur les thèses israéliennes , on ne peut que supposer que cette candidature est une tentative de reprise en mains de cette institution afin d’endiguer la tribune qu’elle pourrait apporter à la cause de ce peuple opprimé par Israël qui continu de le spolier de sa terre, de ses biens et de son patrimoine immatériel. Alon Tamar, 18 ans et Zeevi Tamar sont deux jeunes filles qui ont signifié dans une lettre leur refus de servir dans l’armée d’occupation en raison de l’oppression du peuple palestinien. Bénéficiant du soutien d’organisations palestiniennes, Alon écrit dans la lettre explicative de son comportement : «Le 16 novembre 2016, j’ai refusé d’être incorporée dans les Forces de défense israéliennes, cette action causera probablement mon emprisonnement». Elle précisera à propos de ses amis palestiniens : «J’ai rencontré des amis palestiniens de mes parents dès ma petite enfance. J’ai fréquenté des gens qui étaient supposés être mes ennemis, mais ils me souriaient, jouaient avec moi et me parlaient. Ces expériences très précoces m’ont enseigné à regarder la vie quotidienne des Palestiniens et la réalité de ma propre situation d’une manière critique». Et de poursuivre : «Je sais que dans les prisons militaires, je pourrai rencontrer des jeunes femmes qui n’ont pas eu le privilège de choisir l’objection. Je ne suis pas aveuglée par les cercles d’oppression qui existent dans la société israélienne contre les femmes, les juifs Mizrahim (issus des communautés qui vivaient dans les pays arabes d’Orient, méprisés et exploités), des immigrés et d’autres populations marginalisées. Je sais bien que dans ces milieux l’oppression se reflète – et se renforce – aussi bien que dans l’armée. Au contraire, en refusant de prêter la main à ce système répressif, je demande à être solidaire avec celles et ceux qui sont privés de la liberté de choix».
Raima khalaf, jordanienne née à Koweït était fonctionnaire à la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (ESCWA – Economic Commission for Western Asia). Elle a écrit un rapport sur la pratique de l’Apartheid par Israël qui lui a valu d’être démis de ses fonctions. « Les conclusions du rapport sont désormais publiques », a-t-elle déclaré aux médias. Courageuse Rima Khalaf a préféré démissionner de son poste de chef de la ESCWA et de ne pas renier ni retirer le rapport de sa commission accusant « Israël » de soumettre le peuple palestinien à un régime d’apartheid. Monsieur Antonio Guterres, nouveau Secrétaire Général des Nations-Unis à qui de nombreux observateurs ont prêté avant son intronisation du courage et de nombreuses qualités a demandé à Rima Khalaf de «retirer le rapport». Cette dernière a précisé qu’il s’agit d’un acte de censure qui va à l’encontre de tous les principes des Nations unies. ».
Pour rappel, ce rapport qui a été rédigé par deux spécialistes du droit international, les professeurs américains Richard Falk et Virginia Tilley concluait, après analyse des multiples discriminations dont sont victimes les Palestiniens, «qu’Israël est coupable de politique et de pratiques constitutives du crime d’apartheid ». Unique dans les annales des Nations-Unis, ce rapport «appelait également les pays membres des Nations unies à soutenir la campagne internationale Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), qui prône le boycottage de l’entité sioniste.». Les comportements de ces femmes courageuses et justes sonnent comme un ultime sursaut signifiant à l’opinion internationale que la conscience humaine n’était pas complètement éteinte et que s’agissant des droits légitimes du peuple palestinien, leur concrétisation viendra probablement un jour de la pression de milieux dont on ne soupçonnait pas jusqu’à là l’éveil et/ou la résurrection !


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PROXY WARS

« On trouve toujours de l'argent pour faire la guerre, jamais pour vivre en paix. » Albert Brie
PROXY WARS
La préoccupation majeure à propos de la condition de la gouvernance des peuples arabes par les gouvernements arabes dans laquelle il leur a été demandé par des sages, des intellects, de la société civile… « Changez ou vous serez changé tôt ou tard ».
Le changement et l'évolution sont historiquement inévitables. La vraie question de l'avenir est de reprendre et d’analyser le fond de l’histoire des civilisations, non pas en tant qu’intellect, mais comme une nécessité qui permettra peut être d’opérer un changement pouvant sauver ce qui reste à sauver du monde arabe, au lieu de cultiver l'extrémisme pour alimenter les organisations terroristes. Des jeunes désespérés sans travail, ni avenir dont la corruption les force à intégrer les groupes de terroristes qui leur promettent des rêves d’ici et de l’au delà et leur rincent la cervelle par la force de l’argent et les laissent détruire selon un carnet de route impérialiste et sioniste tout les patrimoines d’un pays comme la Syrie, l Irak, le Yémen, et la Lybie. L’Arabie saoudite est devenu le grenier de l’idéologique des Takfiristes et du wahhabisme.
La politique des relations internationales de l’Arabie Saoudite repose sur :
1-la contestation monomaniaque à l’Iran Chiite
2-la soumission aux Amériques pour la défense de sa souveraineté
3-la propagation de son soft power (douce puissance) religieux(Wahhabisme).
la manne pétrolière est la source de la richesse de l’Arabie saoudite, qui lui permet de fait, de propager son idéologie religieuse ( wahabbisme) à travers le monde.
Toutefois devant la situation chaotique ou se trouve le moyen orient issue de plusieurs guerres (guerre d’Irak-de Gaza-du Liban-de Syrie et du Yémen) en plus de l’instrumentalisation du printemps arabe n’ont pas permis à l’Arabie saoudite d’acquérir de véritables soutiens dans la région du moyen orient et de s’imposer comme une force géopolitique régionale malgré la main mise totale sur la ligue arabe et le CCG. l Arabie saoudite.
Elle est considérée comme le leader du CCG, organisation internationale constituée des six monarchies de la péninsule dont l’objectif principal est de maintenir le « statu quo » politique à l’intérieur de leurs frontières malgré les problèmes qui se posent au Bahreïn.
Pour répondre à cet objectif, l’Arabie saoudite et ses composantes du CCG ont réagi de manière très offensive aux printemps arabes en l’occurrence la Syrie, la Lybie et le Yémen. Avec l’Iran la tension s’enflamme à propos de la mise en place des chiites au pouvoir en Irak et le retrait des troupes combattantes américaines d’Irak en 2011.
L’Iran est un allié potentiel de la Syrie, qui représente le poumon de la résistance qui est en train de se former avec le Liban ( Hizb Allah) , l’Irak et le Yémen. Actuellement l’Iran et l’Arabie Saoudite s’affrontent sur le terrain yéménite mais aussi en Syrie, en Palestine au Bahreïn et au Liban pour le titre du leadership moyen oriental.
les deux états surenchérissent réciproquement des discours haineux et les américains ne sachant plus réguler la tension devant le retour important sur la scène internationale (accord nucléaire 5+1) qui inquiète d’une part Israël et d’autre part l’Arabie saoudite. Certes, l’Iran représente une grande menace existentielle pour l’économie saoudienne et pour ses alliances internationales.
Devant cet état de fait l’Arabie saoudite se bat contre l’Iran pour sa survie géopolitico-économique . Cette perception de la menace iranienne a permis à l’Arabie saoudite de se rapprocher ouvertement d’Israël au détriment de la cause palestinienne et des peuples arabes en semant la sédition religieuse pour constituer un bloc uni avec Israël face à l Iran ou plutôt à la résistance.
Il est clair que l’Iran représente un marché intérieur de plus de 80 millions d’habitants donc donne une certaine confiance fondée sur les intérêts pour les pays occidentaux et sur la civilisation et la culture iraniennes, alors que l’Arabie saoudite attire plus de la méfiance, notamment en raison du non respect des droits de l’homme dans la société.
l’Iran revient en force politiquement et économiquement sur la scène internationale, alors que la doctrine wahhabite (terrorisme) perd du terrain face à la doctrine djihadiste( résistance) et que les Américains se désengagent petit à petit des conflits du Moyen-Orient, l’Arabie saoudite commence à se sentir de plus en plus inquiète par la menace iranienne.
L’Arabie saoudite cherche par cet état de fait désespérément à contracter de nouvelles alliances même si elles se font avec le diable.
En attaquant le Yémen, l’Arabie Saoudite s’est coalisée avec certains pays arabes et musulmans ainsi qu’avec les USA la Grande Bretagne et Israël ; elle essaie également de maintenir coute que coute les USA au moyen orient. Ce projet est mis à mal par les le nouveau locataire de la maison blanche. Sous Obama les relations se sont dégradées un peu malgré la commande de plus de 100milliards de dollars d’armement et ce depuis 2011 à ce jour.
La menace iranienne, la déstabilisation du Moyen-Orient, la lutte intense contre le terrorisme (Daesh Nosra et Al-Qaïda) ont fait de l’Arabie saoudite l’un des plus importants importateurs d’armements au monde, et le troisième Etat à dépenser le plus pour sa défense.
Par conséquent, c’est un Royaume flottant en plein transition qui vit sur la défensive telle qu’elle nous décrit Fatiha Dazi-Héni dans son ouvrage « L’Arabie saoudite en 100 questions*1 ».
L’idée répandue partout ailleurs d’un Etat saoudien, homogène et uniforme, est contredite par les faits qui se déroulent actuellement : le livre de Fatiha Dazi Heni ouvre de nombreuses issues permettant de voir et de comprendre la complexité historique, culturelle, religieuse et politique de l’Arabie saoudite.
Benallal Mohamed

*1-Fatiha Dazi-Héni, L’Arabie saoudite en 100 questions, Tallandier, 2017, Paris

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La catastrophe qui s’abat sur les Rohingyas

Le sort des Rohingyas, une minorité musulmane de Birmanie, reflète la lutte des Palestiniens, des Sahraouis et des autres groupes musulmans opprimés qui souffrent depuis des décennies d’une persécution soutenue par des États
La catastrophe qui s’abat sur les Rohingyas
La maîtrise de soi de Farouk contrastait de façon troublante avec le flot lent des larmes qui coulaient le long de ses joues.

Cet homme d’âge moyen, squelettique et aux traits fins (dont nous taisons le nom à sa demande), racontait de façon hésitante comment et pourquoi il avait fui sa Birmanie natale.

« Les incendies ont commencé chez moi à 8 h 30 le premier jour », a expliqué Farouk, ajoutant que les feux avaient été allumés par une foule bouddhiste locale accompagnée par l’armée birmane.

« Ils ont tiré sur les enfants et les personnes âgées qui se cachaient dans les rizières. Ils ont pris mon enfant par le cou et l’ont jeté dans le feu. Il avait 4 ans. »

Une histoire de violence

Le récit de Farouk est l’un des nombreux témoignages déchirants accordés à Middle East Eye par des membres de la communauté musulmane rohingya à Cox’s Bazar, au Bangladesh.

La région, qui abrite une ville éponyme et le plus long tronçon de plage au monde, accueille également un nombre croissant de réfugiés musulmans rohingyas qui ont fui l’État voisin d’Arakan, en Birmanie. Environ un million de musulmans y vivent dans des conditions semblables à un apartheid et coexistent avec la communauté ethnique dominante d’Arakan, en grande partie bouddhiste.

Cette minorité majoritairement apatride a subi des décennies de persécution à Arakan, ponctuées de pogroms occasionnels, dont le dernier en date pourrait se dérouler actuellement.

En 2012, des dizaines de milliers de musulmans rohingyas ont été chassés de chez eux par des incendies criminels qui ont fait rage à travers l’État d’Arakan et forcés de vivre dans des camps de déplacés sordides. Selon Human Rights Watch, cette opération faisait partie d’une campagne de nettoyage ethnique impliquant les forces de sécurité de l’État et des foules bouddhistes.

Depuis lors, les musulmans rohingyas ont vu le peu de droits qu’il leur restait être encore plus érodés, un processus qui a abouti à leur privation pure et simple du droit de vote avant un scrutin historique en 2015, les premières élections législatives ouvertement disputées en 25 ans.

Le nombre total de morts depuis 2012 est inconnu : les gouvernements successifs ont interdit l’accès aux zones touchées par la violence et les estimations officielles ont été incroyablement faibles. Toutefois, les organismes des Nations unies estiment que le nombre est d’au moins 1 000 morts au cours des derniers mois.

« On a parlé jusqu’à présent de centaines de morts. C’est probablement une sous-estimation – nous pourrions faire face à plusieurs milliers de morts », a déclaré sous couvert d’anonymat l’un des responsables onusiens dont les propos ont été repris par Reuters.

Le gouvernement birman dans le déni

La dernière vague de violence a commencé en octobre 2016, lorsqu’un groupe de militants rohingyas a mené une attaque surprise contre trois commissariats de la police frontalière près de Maungdaw, faisant neuf morts.

Bien que ces assauts, menés par un groupe restreint d’insurgés, aient constitué la première attaque de ce genre depuis plusieurs décennies, des groupes de défense des droits de l’homme ont déclaré que les forces de sécurité birmanes ciblaient des communautés entières de façon punitive.

Un rapport publié le 3 février par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) accuse l’armée birmane d’avoir commis de possibles crimes contre l’humanité dans le cadre d’« opérations d’évacuation » contre les rebelles qui auraient causé des « centaines » de décès et impliqué des viols systématiques (environ la moitié des femmes interrogées par l’organisation ont déclaré avoir été violées). Des rapports publiés par Amnesty International et Human Rights Watch corroborent bon nombre des allégations formulées par l’organisme onusien.

Jusqu’à récemment, le gouvernement birman a simplement répondu à ces accusations par des démentis en règle ou simplistes. Une porte-parole du ministère des Affaires étrangères a résumé la position officielle en déclarant que concernant les accusations d’abus portées par les musulmans rohingyas, « les choses dont ils nous accusent ne se sont pas du tout produites ».

Aung San Suu Kyi, la récipiendaire du Prix Nobel de la Paix qui a été assignée à résidence pendant plus de sept ans pour son combat en faveur de la démocratie, est aujourd’hui la chef de facto du gouvernement birman. Elle a présidé cette farce cruelle, allant jusqu’à autoriser une page gérée par son bureau sur les réseaux sociaux à humilier publiquement une femme ayant affirmé avoir été violée par les forces de sécurité.

Son bureau a essayé de discréditer d’autres allégations de viol, y compris celles contenues dans un rapport publié par The Guardian.

Le législateur birman Aung Win, qui a mené une enquête antérieure sur les allégations portées contre l’armée, a déclaré pour sa part à Middle East Eye que « [les membres non rohingyas] de l’armée et de la police ne sont pas intéressés par les "Bengalies" [du terme employé pour désigner les musulmans rohingyas] parce qu’elles sont très sales ». Cette réplique, qu’il a également utilisée lors d’une interview notoire accordée à la BBC, a été suivie d’un rire bref.

Dans la foulée du rapport de l’ONU, le gouvernement a freiné la campagne de réfutation qu’il mène depuis plusieurs mois. En février 2017, il s’est contredit dans une déclaration étrange délivrée à un journaliste de la BBC : « Notre position n’est pas un déni en règle [...] Nous coopérerons avec la communauté internationale. »

La catastrophe qui s’abat sur les Rohingyas
Récemment, l’armée a annoncé qu’elle enquêterait elle-même sur les allégations d’abus contre les musulmans rohingyas.

U Pe Than, législateur parlementaire, a déclaré à The Irrawaddy que les membres de la commission d’enquête – tous membres de l’armée – étaient « sous le contrôle de la Tatmadaw [nom donné à l’armée en birman] ou du gouvernement », mais a estimé que leurs enquêtes seraient « indépendantes et fidèles à la réalité ».

Toutefois, l’accès des médias à la zone de conflit demeure restreint, de nombreux responsables gouvernementaux rejettent le rapport du HCDH et les opérations militaires se poursuivent.

Le seul moyen d’accéder aux musulmans rohingyas affectés et d’entendre un point de vue opposé, en tant que journaliste étranger interdit d’accès à la région, était d’interviewer certains des réfugiés qui ont franchi la frontière avec le Bangladesh.

Des récits d’horreur

Si le gouvernement dit vrai au sujet des « mensonges » des musulmans rohingyas, alors les gens que j’ai rencontrés à Cox’s Bazar sont d’incroyables acteurs.

Outre Farouk, j’ai discuté avec une jeune femme qui m’a raconté que son mari avait été brutalement tué à la machette devant elle alors qu’ils fuyaient leur maison.

« Lorsque nous sommes sortis, mon mari a rencontré les soldats. Nous avons vu qu’il s’était fait trancher le cou, a-t-elle dit. Notre maison a été brûlée dès que nous l’avons quittée. »

Un homme d’une vingtaine d’années m’a raconté que son fils était mort de faim parce qu’il avait été forcé de fuir son village. Il ne s’était pas rendu compte que son épouse avait également été emmenée pour être violée. « J’ai eu le cœur brisé pour mon bébé, a-t-il confié en versant des larmes. Il n’avait que six mois. »

Un autre témoin, un homme d’un peu plus de 30 ans, a présenté ce qui semblait être une blessure par balle à la jambe, qu’il a affirmé avoir reçue lors d’un assaut lancé tôt un matin. Finalement, il est parvenu à franchir le Naf, le fleuve qui marque la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh, à bord d’un bateau de pêcheur.

« L’armée est arrivée la nuit, a-t-il expliqué. Ils sont restés dans le camp militaire. Ils ont commencé à tirer sur la foule tôt le matin. Certaines personnes ont pu s’échapper, d’autres non. [Jusqu’à] 50 personnes sont mortes. »

Matthew Smith, directeur général du groupe de surveillance Fortify Rights, s’est récemment rendu dans des camps de réfugiés de Cox’s Bazar, comme celui de Kutupalong, où les Rohingyas forment le groupe le plus important. Il a expliqué qu’une équipe d’enquêteurs et lui avaient vu arriver de Birmanie de nombreuses personnes blessées par balles et qu’ils avaient renvoyé plusieurs femmes présentant des signes de viol vers des médecins de la région.

« Nous avons décrit comment les soldats de l’armée ont violé des femmes et des filles rohingyas et tué un nombre incalculable de personnes, y compris des enfants, a déclaré Smith. Les soldats ont tranché des gorges et brûlé des corps en toute impunité. C’est horrible. Nous avons rendu compte d’arrestations arbitraires de masse et de déplacements forcés. Des villages entiers ont été calcinés. »

Smith a ajouté que le gouvernement birman à Naypyidaw n’a pas enquêté de manière adéquate sur les abus, tandis que des efforts ont été déployés au sein de l’administration birmane pour dissimuler ou obscurcir la vérité.

« Le Conseil des droits de l’homme doit mandater sans délai une commission d’enquête sur les crimes internationaux », a-t-il déclaré.

Des appels en faveur d’une action internationale

Il apparaîtrait alors que de nouvelles atrocités ont été commises contre les musulmans rohingyas ; à tout le moins, les preuves de crimes de moindre gravité sont flagrantes. La Commission internationale de juristes (CIJ) note que des centaines de musulmans rohingyas ont été détenus sans avoir eu accès à des avocats ni à un procès équitable, en violation du droit birman et international. Six d’entre eux sont morts en détention.

Daniel Aguirre, conseiller juridique international pour la CIJ, a déclaré à MEE qu’« à moins que le système judiciaire ne puisse superviser adéquatement les "opérations d’évacuation", une enquête internationale est le seul moyen d’obtenir que l’on rende des comptes ».

Le gouvernement birman a cependant rejeté les appels en faveur d’une enquête indépendante menée par l’ONU. À la place, il a commandé deux investigations : dès le départ, toutes deux étaient dépourvues de représentation rohingya et de crédibilité.

Comme on pouvait s’y attendre, les conclusions émanant jusqu’à présent des deux enquêtes (l’une est terminée, l’autre a produit un rapport provisoire) ont confirmé la version du gouvernement. La seconde enquête a notamment considéré comme étant des faits ce qui constituait des mensonges démontrables et tiré des conclusions radicales et méthodologiquement sophistes fondées sur des informations limitées voire non pertinentes.

Pourtant, l’investigation a été décrite comme « indépendante » par le député britannique Alok Sharma, qui s’est exprimé au nom du gouvernement britannique à la Chambre des communes en décembre. (Il convient de s’interroger sur la source de sa note d’information, étant donné que des analystes fiables ont adopté précisément le point de vue opposé.) Sharma a toutefois constamment fait part de ses inquiétudes au parlement à propos de la situation dans l’État d’Arakan et dans d’autres parties de la Birmanie, dont récemment le mois dernier.

La réponse du gouvernement birman au rapport du HCDH a simplement été de promettre plus d’enquêtes internes.

La catastrophe qui s’abat sur les Rohingyas
Quand le Royaume-Uni prendra-t-il position ?

Le secrétaire britannique aux Affaires étrangères Boris Johnson s’est rendu en Birmanie en janvier, où il a rencontré Aung San Suu Kyi. Selon ses propres déclarations, l’un des sujets à l’étude était « les droits de l’homme », en particulier dans l’État d’Arakan.

Johnson n’a néanmoins pas appelé publiquement à rendre des comptes concernant les abus commis dans la région ; il n’y a pas eu de conférence de presse. Il semble cependant avoir trouvé du temps pour envoyer un message vidéo à un club de rugby de Rangoun.

Le Royaume-Uni a un palmarès éloquent en matière d’actions molles au nom des musulmans rohingyas. À peu près au même moment que la réponse évasive émise par Sharma au parlement, le Royaume-Uni a décidé de se retirer d’un appel diplomatique en faveur de la réouverture de certaines parties de l’État d’Arakan aux livraisons humanitaires, bien que le mouvement ait été mené par un allié qui n’est autre que les États-Unis, ainsi que par treize autres ambassades.

Andrew Patrick, ambassadeur du Royaume-Uni en Birmanie, a eu le malheur de me croiser à l’aéroport de Rangoun, capitale commerciale de la Birmanie, en décembre. Naturellement, je lui ai posé des questions sur les musulmans rohingyas. Sans révéler les détails de ses propos, j’ai clairement eu l’impression qu’il préférait suivre la voie diplomatique au lieu de contester directement le gouvernement.

À bien des égards, cette approche est valable. Comme d’autres l’ont fait valoir de manière convaincante, le gouvernement d’Aung San Suu Kyi n’est pas directement responsable des violences perpétrées par les forces armées autonomes. En fin de compte, elle a besoin du soutien international pour faire ce qui est juste. La Tatmadaw conserve encore le pouvoir ultime en Birmanie et, grâce à une Constitution qu’elle a elle-même rédigée, maintient des leviers multiples sur le gouvernement élu.

Un assassinat qui fait office d’« avertissement »

En outre, un événement inquiétant survenu récemment confirme l’inflammabilité des fêlures politiques et religieuses en Birmanie. Le 29 janvier, Ko Ni, conseiller juridique de la Ligue nationale pour la démocratie, le parti au pouvoir d’Aung San Suu Kyi, a été abattu en plein jour à l’aéroport de Rangoun. Il était la personnalité musulmane la plus importante associée au gouvernement. Il venait juste de rentrer d’une conférence à l’étranger sur la situation dans l’État d’Arakan.

Les spéculations vont déjà bon train quant au fait qu’il s’agissait d’un assassinat politique, destiné à être un « avertissement » adressé au gouvernement civil, bien qu’aucune preuve ne soit encore venue corroborer cette thèse. Quoi qu’il en soit, une publication sur les réseaux sociaux faisant l’éloge de cet assassinat a été largement diffusée en Birmanie, ce qui démontre que le sectarisme antimusulman demeure une force à prendre en compte.

Ces considérations pourraient expliquer la solidarité exprimée en public par Aung San Suu Kyi envers l’armée, une institution qui était autrefois son ennemie, ainsi que sa décision de limiter strictement les expressions de sympathie envers la communauté musulmane. Elle a choisi de ne pas assister aux funérailles de Ko Ni.

Bien que ces décisions puissent sembler méprisables, elles sont en fin de compte tactiques, étant donné que selon Mark Farmaner, directeur du groupe de pression Burma Campaign UK, « la transition de la Birmanie vers la démocratie a été une transition vers une nouvelle forme de contrôle militaire avec un visage civil ».

Il y a cependant des limites à la valeur de la diplomatie face à de probables atrocités, surtout lorsque son efficacité est limitée. En 2012, lorsque les musulmans rohingyas ont fait l’objet de crimes présumés contre l’humanité perpétrés par des foules locales et des forces de sécurité d’État, aucune enquête internationale n’a eu lieu. Au lieu de cela, un simulacre d’investigation nationale a abouti à des résultats identiques à ceux des enquêtes récentes.

La position britannique – tout comme celle de beaucoup d’autres nations – a été à l’époque d’établir des liens plus étroits avec le gouvernement birman, tout en ne faisant pratiquement rien pour les musulmans rohingyas. Par conséquent, l’oppression contre le groupe s’est poursuivie à un rythme soutenu et de nouvelles restrictions sévères de leurs droits leur ont été imposées.

Selon l’ONU, l’oppression pourrait virer au génocide

À ce stade, le besoin de justice transcende même l’importance de faire en sorte que les auteurs des crimes récents répondent de leurs actes.

Il doit y avoir un moyen d’arrêter la marche en avant des abus commis contre les Rohingyas, qui pourraient, comme l’a suggéré le conseiller spécial de l’ONU pour la prévention du génocide, aboutir au crime ultime si les mesures prises sont insuffisantes.

Mais la communauté internationale, dont le Royaume-Uni, favorisera-t-elle cela ? Un certain espoir demeure. Avant la visite de Johnson, un débat a eu lieu au parlement britannique sur les droits de l’homme au Myanmar, au cours duquel Sharma, qui s’est exprimé une fois de plus au nom du bureau des Affaires étrangères, a constamment refusé d’exclure un soutien à une enquête des Nations unies sur la crise des Rohingyas.

Si le Royaume-Uni prenait la tête des pressions en faveur d’une enquête impartiale, ce serait un acte de courage moral. Des sources en lien avec l’ambassade américaine en Birmanie m’ont indiqué que les États-Unis soutenaient l’idée sur le terrain, bien que les caprices de l’administration Trump signifient que rares sont ceux qui peuvent prédire quelle sera la décision finale.

Si aucune initiative de ce genre ne vient de Londres ou de Washington, les chances de la tenue d’une enquête seront considérablement réduites et le peu de cas fait au sort des musulmans rohingyas sera réaffirmé.

Le moment est venu pour la Grande-Bretagne de respecter son engagement autoproclamé à promouvoir les droits de l’homme dans le monde entier. Étant donné la crainte d’une aggravation de l’oppression subie par les Rohingyas, il semblerait qu’appeler à une enquête significative soit le moins qu’elle puisse faire.



– Emanuel Stoakes est un journaliste et chercheur spécialisé dans les droits de l’homme et les conflits. Il a produit des travaux pour Al-Jazeera, The Guardian, The Independent, The Huffington Post, Foreign Policy, The New Statesman et VICE, parmi de nombreuses autres publications.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Photo : réfugiés dans les camps du HCR pour les musulmans rohingyas, près de Sittwe (Emanuel Stoakes/MEE).

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation

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