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De l’invention de l’antisémitisme… pour raison d’Etat…

De l’invention de l’antisémitisme… pour raison d’Etat…
Il s’avère que j’ai fait des études classiques très studieuses, mon professeur de grec était un fanatique des pères de l’Eglise. Ma famille vivait une situation de drame et de séparation dans laquelle j’étais prise en otage et je ne supportais plus le lycée. Je révisais mon bac toute seule dans la merveilleuse bibliothèque de la place Carli à Marseille. Pour travailler le grec, je me suis passionnée donc pour les pères de l’Eglise, en particulier Saint Jean Chrysostome que je vais tenter de vous faire découvrir. Je me suis aussi jetée dans l’étude de Julien l’apostat et je traduisais pour m’exercer son Traité des barbes, dans lequel non seulement il raconte sa chère Lutèce (Paris), mais il tente de restaurer le paganisme. Il hait le christianisme devenu depuis Constantin religion officielle.

Quand quelques années après, je passe le certificat d’histoire ancienne, j’ai pour professeur le doyen Palanque qui nous fait un cours sur les conciles de Nicée à celui de Calcédoine, par lequel Constantin qui a embrassé le christianisme et en fait une religion d’Etat va fixer la foi. Je dois avoir été une des rares étudiantes à éprouver un tel engouement pour ce cours. Mais il me fait renouer avec ce moment où je me réfugiais dans cette bibliothèque, ses boiseries blondes et ses murs tapissés de livres reliés, le silence qui me reposait des drames que je vivais chez moi, la solitude qui m’apaisait. Je retrouvais le plaisir d’apprendre sur le mode d’une enquête policière, avec comme traces des meurtres ces invraisemblables débats sur le fait de savoir qui était le plus proche de la divinité du père, du fils ou du saint esprit. Non seulement je buvais les paroles du doyen Palanque, mais je lisais tout ce qu’il nous indiquait.

Je découvrai également que le thème de la crucifixion était emprunté aux apocalypses qui avait fleuri ça et là à la suite de la destruction du temple de Jérusalem par les romains. Les rebelles avaient été crucifiés, comme les chrétiens, qui à l’époque étaient confondus avec les Juifs sous Néron. La crucifixion était une châtiment d’esclave dans la crise de l’empire qui était aussi celle du mode de production esclavagiste et on sait à quel point le christianisme avait correspondu avec l’idée de l’égalité des esclaves. De là, je pouvais faire des hypothèses sur l’opération de communication de la mère de Constantin, Hélène, partie à Jérusalem pour y retrouver la croix sur laquelle Jésus avait été crucifié. Bien sûr elle l’a trouvée et débitée en petits morceaux distribués à toutes les églises et monastères au point que si on les rassemblait il y aurait de quoi faire quelques kilomètres de cette sainte relique. Cette invention de la crucifixion correspondait aux différents conciles qui avaient pour vocation de fixer le christianisme, religion d’Etat. La principale obédience à combattre était l’arianisme.

L’arianisme est un courant de pensée théologique des débuts du christianisme, dû à Arius, théologien alexandrin au début du IVe siècle, et dont le point central concerne les positions respectives des concepts de « Dieu le père » et « son fils Jésus ». La pensée de l’arianisme affirme que si Dieu est divin, son Fils, lui, est d’abord humain, mais un humain disposant d’une part de divinité. Le premier concile de Nicée, convoqué par Constantin en 325, rejeta l’arianisme. Celui-ci fut dès lors qualifié d’hérésie, mais les controverses sur la double nature, divine et humaine, du Christ (Dieu fait homme), se prolongèrent pendant plus d’un demi-siècle et donnèrent lieu non seulement à d’autres conciles mais à des répressions. L’arianisme posait une question politique, la plupart des peuples germaniques qui étaient des peuples fédérés marquaient ainsi leur autonomie(1). Les Wisigoths d’Hispanie restèrent ariens jusqu’à la fin du VIe siècle et les Lombards jusqu’au milieu du VIIIe siècle. Pour ces derniers notons qu’ils furent avec les juifs, les prêteurs d’argent de l’Europe.

Parce que l’arianisme avait beaucoup à voir avec le judaïsme, voici ce que vous pouvez lire dans Wikipédia sur Saint Jean Chrysostome (saint Jean Bouche d’or) (2):

« Ce sont les relations amicales entre les Juifs et les Chrétiens qui ont amené Chrysostome à proférer ses violentes attaques contre les Juifs. Les motifs religieux ne manquent pas, car de nombreux Chrétiens ont l’habitude de célébrer les fêtes de Roch Hachana, de Yom Kippour et de Souccot. « Quel pardon pouvons-nous espérer, si nous courons à leur synagogue, simplement par impulsion ou par habitude, et si nous appelons leurs docteurs et magiciens chez nous». Ailleurs Chrysostome écrit : « J’invoque le ciel et la terre comme témoins contre vous si vous vous rendez aux fêtes où retentit le Shophar, ou si vous participez aux jeûnes, ou observez le chabbat, ou si vous observez un rite juif important ou non, et je serai innocent de votre sang ». Chrysostome combat non seulement les inclinations pro-juives du point de vue religieux des habitants d’Antioche, mais aussi le fait que les Juifs étant considérés avec beaucoup de respect à cette époque, les Chrétiens préfèrent régler leurs problèmes juridiques devant les tribunaux juifs, car le serment juif leur semble plus impressionnant et plus contraignant que le leur. Chrysostome affirme que les jours de chabbat et de fêtes juives, les synagogues sont pleines de Chrétiens et principalement de femmes qui aiment la solennité de la liturgie juive, qui aiment entendre la sonnerie du Shophar le jour de Roch Hachana et qui applaudissent les fameux prêcheurs selon la coutume de l’époque.

Une théorie apologétique plus récente soutient qu’il essaye au contraire de persuader les Chrétiens judaïsants, qui ont conservé pendant des siècles des liens avec les Juifs et le judaïsme, de choisir entre le christianisme et le judaïsme.

Chrysostome tient les Juifs pour responsables de la crucifixion de Jésus, les accuse de déicide et leur reproche de continuer à se réjouir de la mort de Jésus. Chrysostome soutient tout au long de ses écrits que le judaïsme a été vaincu et remplacé par le christianisme. Il essaie de le prouver en montrant que la religion juive ne peut exister sans un temple, des sacrifices et un centre religieux à Jérusalem, et qu’aucune des institutions religieuses ultérieures à la destruction du Temple de Jérusalem, ne peut se mettre à la place des anciennes. Chrysostome raille les Patriarches, qui selon lui, n’étaient pas des prêtres, mais s’en donnaient l’apparence et jouaient seulement leur rôle comme des acteurs. Il ajoute: « L’Arche sainte, que les Juifs ont maintenant dans leurs synagogues, apparait en fait comme une vulgaire boite en bois que l’on peut acheter au marché ». Il compare la synagogue à un temple païen, l’accusant d’être à la source de tous les vices et de toutes les hérésies.

Il la décrit comme un endroit pire qu’un bordel ou un débit de boisson; c’est un repaire de fripouilles, l’antre de bêtes sauvages, un temple de démons, le refuge de brigands et de débauchés, et la caverne des diables, une assemblée criminelle d’assassins du Christ. Palladius, un biographe contemporain de Chrysostome écrit aussi que, parmi les Juifs, la prêtrise pouvait être achetée ou vendue pour de l’argent. Finalement il déclare que lui-même, en accord avec les sentiments des saints, hait aussi bien la synagogue que les Juifs, écrivant que « les démons résident dans la synagogue » et « aussi dans l’âme des Juifs », et les décrivant comme « juste bons à être massacrés ».

Mais il ne se contente pas de railler les lieux et objets religieux sacrés pour les Juifs, il essaye de convaincre ses ouailles que le devoir de tous les Chrétiens est de haïr les juifs et déclare que c’est un péché de les traiter avec respect. En dépit de sa haine des juifs et du judaïsme, Chrysostome, comme l’ensemble de l’école d’Antioche, montre dans son exégèse une dépendance à l’égard de la Aggada (textes réglementaires non fixés par la Torah) qui prédominaient à l’époque parmi les Juifs de Palestine. Weiss a pu montrer quelques parallélismes avec les Aggadistes et que l’influence de la Aggada peut être notée dans les écrits de Chrysostome. »

Il faudrait également que je vous raconte la suite de mes découvertes studieuses. Parce que je n’ai pas choisi l’antiquité mais le Moyen-âge pour y poursuivre mes investigations. J’avais Georges Duby comme enseignant et il était difficile de résister à la fascination intellectuelle qu’il exerçait. J’ai fait sous sa direction mon premier mémoire de recherche sur l’iconographie des cloîtres provençais et l’évolution des mentalités du 11 e au 13 e siècle. J’ai retrouvé à cette occasion tout ce que j’avais pu acquérir sur les thèmes et leurs origines. Je vous ferai grâce de la relation du peuple déicide à la crucifixion. Il faudrait que je revienne sur les glissements entre l’arianisme de l’hispanie et l’apocalypse et les sculptures instrument de propagande du christianisme contre les musulmans mais aussi les juifs.

Je ne peux m’empêcher quand je suis confrontée à l’actualité politique de souvent la mettre en relation avec ce bagage jamais oublié et qui ne cesse d’être enrichi au gré des besoins politiciens….

(1) comment parce que les germains ont choisi l’obédience d’Arius, un évêque égyptien, ce fou inculte d’Hitler va-t-il inventer une race les aryens (un peuple basané indien) encore un mystère du recyclage. Comme celui du complot des juifs hérité du Moyen-âge ?

(2) Marianne avec qui je viens de discuter me signale l’importance de Saint Jean Chrysostome (appelé en russe Zlatoust) en Russie et dans le culte orthodoxe… qui se veut effectivement le descendant direct de Constantin, le tsar étant le César, Moscou étant la troisième Rome après Byzance… je suis sûre que l’on pourrait découvrir que ce réac antisémite de Soljenitsyne a biberonné du Saint jean Chrysostome qui a un magnifique style… Comme d’ailleurs Léon Bloy chez nous… rien ne se perd, rien ne se crée… mais c’est lassant ce passage de témoins de millénaire en millénaire…

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Carthage était une civilisation noire

Carthage était une civilisation noire
voir photos et article ici http://www.lisapoyakama.org/carthage-etait-une-civilisation-noire/

une figurine de la déesse Tanit de Carthage, elle a les cheveux longs frisés, le nez et les lèvres comme les africains du sud

http://4.bp.blogspot.com/-p2M_LxXXWvc/UKv6R1SDrVI/AAAAAAAAAkY/x0wEJu9XDos/s1600/CNAf0225bTanitTerraCotta.jpg

Une pièce de carthage où la reine avait les cheveux très frisés (métisse)

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/55/CarthageElectrumCoin250BCE.jpg/220px-CarthageElectrumCoin250BCE.jpg

http://www.gainsayer.me/wp-content/uploads/02.jpg

Une sculpture sur pierre qui montre que les phéniciens avaient les cheveux frisés et la barbe frisée (donc descendaient des noirs)[

http://realhistoryww.com/world_history/ancient/Images_Canaan/a_Phoenicians_new.jpg]url:

http://realhistoryww.com/world_history/ancient/Images_Canaan/a_Phoenicians_new.jpg

http://realhistoryww.com/world_history/ancient/Canaan_1a.htm

Si Hannibal était noir comme le montre cet article http://www.lisapoyakama.org/carthage-etait-une-civilisation-noire/ et cette pièce de carthage avec la face d’Hannibal d’un côté, et la face de l’éléphant de l’autre https://i.ytimg.com/vi/2SpI_foTt5I/hqdefault.jpg http://africanknowledge.weebly.com/uploads/1/4/9/8/14980458/3838900_orig.jpg http://www.lisapoyakama.org/et-hannibal-nous-montre-enfin-son-visage/ où on voit Hannibal avec les cheveux frisés, le nez et les lèvres comme les africains du sud ,

Pour ceux qui ont du mal à reconnaître la différence entre les cheveux frisés ou lisses dans une pièce, voici la pièce de Vercingétorix avec les cheveux lisses http://www.realhistoryww.com/world_history/ancient/Etruria_the_Etruscans_2.htm,, on voit clairement la différence avec celle d’Hannibal http://www.lisapoyakama.org/et-hannibal-nous-montre-enfin-son-visage/

https://southernafrican.news/2012/11/13/hannibal-the-black-conqueror-of-rome/

2 hommes qui ont voulu défier Rome, l’un était noir (Hannibal) https://i.ytimg.com/vi/2SpI_foTt5I/hqdefault.jpg, l’autre était blanc (Vercingétorix) . Et les deux ont perdu.

Remarque, j’ai trouvé une image agrandie de la pièce où on voyait davantage les traits d’Hannibal mais ils ont été effacés

https://images.vcoins.com/product_image/200/5/6/5iZZqY9mSTg3d2PEHtr7sL6HibN48J.jpg

Il y a donc une volonté de cacher les vraies origines d’Hannibal.

N’oublions pas que les germains ont envahi l’empire Romain donc ont pu détruire toutes les traces qui montraient les origines noires de la civilisation de Carthage. Les Vandales ont envahi l’Afrique du Nord et Carthage. http://miltiade.pagesperso-orange.fr/vandales-en-afrique.htm

En observant les sculptures et les pièces de nombreuses civilisations, on retrouve le nez épaté, les cheveux frisés, les lèvres épaisses.

http://realhistoryww.com/world_history/ancient/Canaan_1a.htm

http://www.realhistoryww.com/world_history/ancient/Etruria_the_Etruscans_2.htm

http://www.realhistoryww.com/world_history/ancient/Sumer_Iraq_1.htm

http://www.realhistoryww.com/world_history/ancient/Sumer_Iraq_1a.htm

Est-ce pour cela que de plus en plus de sculptures anciennes sont vandalisés?

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Génocide sunnite

Alors que barils de bombes et autres frappes non-ciblées s’enchaînent sur les zones rebelles syriennes, que le régime de Damas et ses alliés déchaînent littéralement les enfers sur la cité-martyr Alep, que les villes sunnites « libérées » par les milices chiites irakiennes sont transformées en villes-fantômes, plus aucun observateur honnête ne peut nier que ce qui est en train de se jouer est, n’ayons pas peur des mots, un véritable génocide des populations sunnites du Moyen-Orient, à laquelle participe, directement ou indirectement, la totalité des grandes puissances.

Génocide sunnite
En effet, à l’heure où nous parlons, quatre capitales arabes, dont les deux joyaux des califats omeyyade et abbasside, Damas et Bagdad, sont sous la domination plus ou moins directe de l’Iran; méthodiquement, dans les airs par les bombardements incessants de l’aviation russe ou de la coalition occidentale, au sol par les exactions des milices chiites et nusayries, les populations sunnites du Shâm et de l’Iraq sont poussées vers l’exil ou la soumission la plus humiliante, voire purement et simplement massacrées. D’Idlib à Mossoul, un nettoyage ethnico-religieux dans les règles de l’art se déroule sous nos yeux, largement supervisé par l’Iran dans le but de modifier durablement l’équilibre démographique et confessionnel de la région afin d’y imposer la suprématie chiite.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette volonté de domination du monde musulman vient de loin : sans remonter jusqu’à Karbala ou aux Fatimides, bien que la rage et la soif de vengeance millénaire qui animent les protagonistes en question trouvent leur origine dans cette Histoire, on peut marquer la résurgence de l’expansionnisme chiite à l’année 1979, lorsque l’Ayatollah Khomeini renverse le très laïque shah d’Iran, instaurant le régime du « Velayet-e-Faqih » , se proclamant Guide Suprême. C’est alors une stratégie, mûrement réfléchie, organisée, dirigée et mise en oeuvre depuis Téhéran, qui va se mettre en place progressivement jusqu’à la situation dramatique que nous connaissons actuellement.

L’Iran, la maison-mère

En Iran, en dehors de l’élimination rapide, somme toute assez « classique » des opposants politiques après la Révolution, c’est une politique de persécution massive qui va s’abattre sur l’ensemble des sunnites, vus au mieux comme des hérétiques, au pire comme des apostats : essentiellement issus d’ethnies minoritaires (Arabes, Kurdes ou Baloutches), ils vivent souvent dans des régions pauvres et reculées. Alors que la capitale Téhéran compterait près d’un million de sunnites, ils ne disposent d’aucun lieu de culte officiel, depuis la destruction par le régime de leur unique mosquée ayant pignon sur rue en 2015, alors que la ville compte plusieurs dizaines d’églises et synagogues; de même, les mollahs prennent un soin tout particulier à interdire chaque année tout rassemblement à l’occasion de l’Aid al-Fitr, déployant des centaines de policiers à cet effet. Les livres sunnites sont interdits, ainsi que toute nouvelle construction de mosquée ou école : le but étant, semble-t-il, de forcer les sunnites à prier dans les mosquées chiites contrôlées par le régime et de les couper de tout référent culturel islamique avec, en ligne de mire, leur conversion finale.

Les prédicateurs ou militants sunnites, accusés d’être des « ennemis d’Allah », et accessoirement de l’Etat, ainsi que les convertis à l’islam, sont régulièrement arrêtés, condamnés à mort et exécutés lors de pendaisons de masse, comme ce 2 août 2016, « lundi noir » où 10 shouyoukh sunnites ont été mis à mort, leurs biens étant saisis en tant que ghanima (« butin de guerre »). Cette situation particulièrement difficile a logiquement entraîné la naissance d’une insurrection armée au Baloutchistan (province orientale de l’Iran), ciblant particulièrement les fameux pasdarans, et amenant en retour de nouvelles exactions, notamment la destruction de villages entiers par le régime (tel Mir Abad en septembre 2016).

Le Liban, la première conquête

Retour au début des années 80. A l’international, le régime khomeiniste annonce la couleur rapidement, proclamant sa volonté de répandre la « Révolution Islamique » dans le monde entier. Dans sa relation avec les différents mouvements « islamistes » sunnites, il s’appuie sur la taqiya, un des fondements de la doctrine chiite, minimisant les divergences dogmatiques (en particulier le très sensible point des insultes envers les sahabas), pour les séduire : la manoeuvre fonctionne en particulier avec les Frères Musulmans, dont certaines figures très médiatisées reconnaissent seulement aujourd’hui, trop tard, avoir été trompées… Pendant ce temps, l’Iran avance ses pions, visant logiquement et en tout premier lieu les populations chiites arabes vivant à l’extérieur de ses frontières. Cette stratégie expansionniste a besoin d’une grande cause mobilisatrice, à même de développer sa popularité tout en cachant ses réelles visées : ce sera la cause palestinienne, al-Quds et la lutte face à Israel.

C’est donc tout logiquement que la première « conquête » internationale de l’Iran sera le Sud-Liban, une région très largement chiite et frontalière de l’entité sioniste. 1500 pasdarans iraniens de la bien-nommée force al-Quds, créée dès 1980 comme une unité spéciale directement sous les ordres du Guide Suprême, y arrivent dès 1982 pour organiser la résistance à l’occupation israélienne, et accessoirement y organiser la communauté chiite locale sous les ordres de Téhéran : ils fondent le Hezbollah, qui devient vite très populaire dans le monde arabe par ses victoires face à Tsahal et ses supplétifs, parvenant même à expulser l’armée israélienne du pays en 2000. Entre temps, la milice chiite, désormais perçue comme le fer de lance de la lutte contre le sionisme dans le monde arabe, est devenue un véritable Etat dans l’Etat au Liban, plus puissante que l’armée libanaise même, en mesure de faire la pluie et le beau temps dans le pays. Auréolé de la légitimité de la « résistance » face à Israel et désormais solidement ancré à Beyrouth et à Téhéran, l’arc chiite ne demande plus qu’à se refermer à travers la Syrie et l’Irak.

L’Iraq, cadeau du « Grand Satan » américain

Alors que Saddam Hussein avait été l’ennemi le plus acharné de l’Iran khomeiniste et le principal obstacle à son expansion, lui menant une guerre sans merci de 1980 à 1988, l’élimination de son régime par les Etats-Unis lors de l’invasion de 2003 tombe comme un cadeau du ciel pour Téhéran : la population irakienne étant majoritairement chiite, des élections libres ne pourront que porter au pouvoir un gouvernement allié ou ami à Bagdad.

Ainsi, les premières élections législatives de 2005 voient la victoire du leader de la coalition chiite, Ibrahim al-Jaafari, accueilli par l’Iran dès 1980 en tant que représentant du parti « Dawa », qui avait pris le parti de l’Iran lors de la guerre Iran-Iraq, tentant alors d’organiser un soulèvement dans les villes saintes chiites de Najaf et Kerbala. La force al-Quds, déployée secrètement dès 2003, arme et forme les milices chiites, notamment la fameuse armée du Mahdi de Moqtada al-Sadr, conçue sur le modèle du Hezbollah libanais. Dans la vague de violences confessionnelles qui frappent alors l’Iraq, marquée notamment par la figure d’al-Zarqawi, l’Armée du Mahdi forme des escadrons de la mort qui multiplient les exactions et les représailles indiscriminées contre les populations sunnites, en particulier à Bagdad, au point de s’attirer les foudres de l’armée d’occupation américaine, pourtant pas en reste dans le massacre de musulmans.

En juin 2006, Ibrahim al-Jaafari est remplacé au poste de Premier Ministre par l’infâme Nouri al-Maliki, au CV déjà bien rempli : ami proche de Qassem Soleimani, le dirigeant de la force al-Quds, il a fui l’Iraq dès 1979 pour vivre entre Damas et Téhéran, où il assurait la liaison entre son parti « Dawa », le Hezbollah et l’Iran. Arrivé presque dans les bagages de l’armée américaine en 2003, il a dirigé la politique de « débaasification » de l’administration et de l’armée, en expurgeant avec zèle tous les partisans de l’ex-président déchu, et plus globalement les sunnites.

Génocide sunnite
Le durcissement de la politique du gouvernement à l’égard des sunnites « rebelles » ne se fait pas attendre, et il est hautement symbolique : le 30 décembre 2006, jour de l’Aid al-Kabir, Saddam Hussein est exécuté à Bagdad, aux cris de « Ya Moqtada » des officiels chiites présents, référence au chef de l’Armée du Mahdi dont le père avait été exécuté par Saddam. Provocation délibérée du nouveau pouvoir, l’exécution a lieu dans un quartier à majorité chiite, durant la plus grande fête musulmane de l’année, le corps étant ensuite amené dans la résidence d’al-Maliki où est organisée une fête pour célébrer la pendaison.

Arrestations arbitraires et assassinats sectaires prennent une nouvelle dimension dans les quartiers sunnites de Bagdad avec la ré-élection d’al-Maliki en 2010, qui se comporte de plus en plus en despote, centralisant tous les pouvoirs entre ses mains et celles de ses proches. Les figures sunnites du gouvernement sont directement visées : Tariq al-Hashemi, accusé d’être lié à des actions terroristes contre les chiites, doit fuir en Turquie, tandis que Rafi al-Issawi se réfugie à Fallujah fin 2012 après l’arrestation de ses 120 gardes du corps. A Fallujah, des milliers de sunnites, lassés de la politique sectaire d’al-Maliki, sortent alors manifester, réclamant la libération de milliers de prisonniers et l’égalité des droits : ils établissent un camp sur un carrefour routier, rapidement suivis par d’autres villes sunnites. Mais le pouvoir chiite refuse toujours de lâcher du lest : en avril 2013, il donne l’assaut à un de ces camps près de Tikrit, tuant plus de 240 manifestants pacifiques. A la fin de l’année, un député sunnite, son frère et ses gardes du corps sont assassinés durant leur arrestation, et des affrontements éclatent lors d’un assaut des forces de sécurité contre le camp de Falloujah : c’est le début de l’insurrection des tribus sunnites dans la province d’al-Anbar.

La politique sectaire d’al-Maliki pousse les populations sunnites dans les bras de l’Etat Islamique en Iraq et au Levant, qui prend Mossoul, la grande cité du Nord, en juin 2014. Face à la débandade de ses soldats et policiers, le gouvernement chiite de Bagdad décide alors de faire largement appel aux milices, d’autant que 3 jours seulement après la chute de Mossoul, l’ayatollah Ali al-Sistani lance un vibrant appel au jihad contre l’EIIL, donnant une dimension encore plus confessionnelle au conflit. Le Hashd al-Shaabi (« Unités de Mobilisation Populaire ») est formé sous sa houlette, attirant près de 100.000 volontaires essentiellement chiites et intégrant, entre autres gangs criminels et milices sectaires, Asaib Ahl al-Haqq, les Kataeb Hezbollah, l’organisation Badr, le Harakat Hezbollah al-Nujaba ou les brigades de l’Imam Ali. Son commandant, Abu Mahdi al-Muhandis, encore un ancien membre des pasdarans ayant travaillé pour l’Iran contre Saddam Hussein, joue un rôle-clé dans les opérations militaires contre l’EI, jusqu’à être considéré comme l’un des hommes les plus puissants du pays.

C’est cette organisation qui va se rendre coupable, hors de tout contrôle, des pires crimes de guerre : descentes dans les maisons ou barrages improvisés (le simple fait de s’appeler ‘Umar suffit parfois), les kidnappings s’enchaînent, chaque nuit à Bagdad. Dans tout le pays, on retrouve des dizaines de corps non identifiés, menottés, une balle dans la tête. Les milices chiites imposent leur loi sans rendre aucun compte, bénéficiant d’une impunité totale avec le consentement tacite du gouvernement : viols, racket, enlèvements, meurtres, disparitions forcées, pillages, rafles et exécutions sommaires de jeunes hommes, visant des civils sunnites dans les zones reconquises à l’EI.

Sous couvert de « lutte contre le terrorisme », les milices chiites ont carte blanche pour punir collectivement les populations sunnites : ainsi, la reprise de Tikrit à l’EI en 2015 voit les combattants du Hashd al-Shaabi piller et brûler des centaines de maisons et commerces à leur guise pendant plusieurs longues journées. Des images les montrent paradant à travers la ville, leurs pick-ups remplis de réfrigérateurs, climatiseurs ou autres ordinateurs, traînant, parfois, des corps à l’arrière de leurs véhicules ou encore massacrant au couteau devant une foule de miliciens en délire de supposés combattants de l’EI.

Partout où l’EI recule, les mêmes actes de violence se reproduisent : ainsi à Muqdadiyah en janvier 2016, où des mosquées sont détruites, des hommes sunnites enlevés ou assassinés sous les yeux des forces de l’ordre, et des journalistes abattus; ou à Fallujah en juin, où l’intégralité des 1500 hommes de plus de 14 ans du quartier de Saqlawiyah, tentant de fuir les combats, est arrêtée le 1er juin par le Kataib Hezbollah, séparée des femmes et enfants, détenue et torturée sans eau ni nourriture pendant plusieurs jours, certains étant décapités « pour l’exemple ». A ce jour, 643 hommes de ce groupe sont encore portés disparus. Au vu des méthodes des milices, qui semblent avoir comme but primordial de traumatiser durablement les populations sunnites pour qu’elles n’osent plus un jour se rebeller contre la politique sectaire de Bagdad, la « reconquête » annoncée de Mossoul laisse envisager le pire…

Génocide sunnite
La Syrie, cas d’école

De l’autre côté de l’Euphrate, le régime baathiste de Damas est un allié privilégié de Téhéran depuis le début des années 80, de par leur opposition mutuelle à l’Iraq et la nature sectaire du pouvoir syrien, incarné par une famille alaouite, une branche hétérodoxe du chiisme. La Syrie représente également l’une des clés de l’arc chiite qui va désormais de Téhéran à Beyrouth en passant par Bagdad. Quand le trône de Bashar al-Assad commence à vaciller sous le poids des manifestants du Printemps Arabe, c’est donc tout logiquement que l’Iran intervient dès les premières heures de la Révolution, notamment à travers l’envoi de pasdarans experts en répression des manifestations et autres tireurs d’élite. L’implication rapide du Hezbollah libanais n’est également un secret pour personne : dès mai 2011, des miliciens d’élite du parti de Nasrallah sont signalés le long de la frontière libano-syrienne, qu’ils doivent sécuriser, et participent à la répression à Dar’a, Homs et Zabadani. Niant d’abord toute participation, Hassan Nasrallah ne tombera le masque qu’en avril 2013, reconnaissant la présence de ses hommes en Syrie, affirmant y combattre, dans son vocabulaire complotiste habituel, « les takfiris soutenus par les Américains et les Israéliens ».

Le régime, pour sauver sa peau, va très vite confessionnaliser le conflit en ciblant de façon délibérée la majorité sunnite, en particulier à travers l’emploi des shabihas, de véritables gangs d’anciens criminels alaouites reconvertis dans le soutien au régime : arrestations et tortures de masse dès 2011, puis massacres de population à partir de l’année suivante dans les villages sunnites situés à proximité des zones de peuplement alaouite. Rapidement, face à l’effondrement des capacités militaires de Bashar al-Assad, l’Iran lance tout son poids dans la bataille : des dizaines de milliers de combattants sont recrutés dans l’ensemble du monde chiite, formés, armés et financés par le régime des Téhéran, sous le prétexte, mobilisateur et largement relayé par les mollahs du monde entier, d’« assurer la protection des lieux saints chiites de Syrie menacés par les wahhabites ». C’est ainsi une véritable légion étrangère que l’Iran déploie en Syrie, entièrement inféodée au Guide Suprême iranien Ali Khamenei : entre 35 et 40.000 hommes auxquels le régime a accordé, entre autres, la nationalité et des logements confisqués à leurs propriétaires sunnites. Au terme d’un stage de formation accélérée en Iraq ou Iran, ils rejoignent la Syrie sous la supervision des pasdarans et reçoivent des armes tirées directement des arsenaux de l’armée syrienne.

Connus dans le monde chiite sous le nom de « défenseurs du mausolée », les signes de leur présence se multiplient vite : mots d’ordre « Labbayk ya Zaynab » affichés sur leurs uniformes ou tagués sur les murs, affiches à la gloire de l’imam Ali, racket et enlèvement des habitants sunnites des zones qu’ils contrôlent, pillage … Des marchés spécialisés surnommés « souq al-Sunna » (marchés des sunnites) sont même créés à cet effet à Tartous et Lattaquié pour la revente des biens volés aux musulmans… A partir de 2013, toutes ces factions commencent à apparaître officiellement et à visage découvert, allant jusqu’à prendre la direction des opérations dans certaines provinces : ainsi du Hezbollah à al-Quseyr, ou du Liwa Abû al-Fadl al-Abbas, une unité composée de chiites irakiens apparue à Damas en tant que « gardien du mausolée de Sayyida Zaynab ». On compte désormais une vingtaine de milices chiites opérant sur le territoire syrien : le Hezbollah libanais et la force al-Quds iranienne bien sûr, mais aussi le régiment Sa’da yéménite, le régiment Abou al-Fadl al-Abbas, Asaib Ahl al-Haqq ou le Harakat Hezbollah al-Nujaba irakiens, les brigades Fatemeyoun afghanes (issues de la minorité hazara), le Saraya al-Mukhtar bahreini ou encore le régiment de l’imam Husseyn pakistanais.

Comme en Iraq, ils se rendent partout coupables de crimes de masse contre les populations sunnites : tortures industrielles, exécutions des hommes, viols des femmes, pillage à grande échelle. L’objectif, pour le régime, est clair : terroriser et contraindre à l’exode des populations sunnites considérées comme naturellement hostiles de manière à assurer, par une sorte de nettoyage ethnique, une continuité territoriale de ses territoires. Ainsi, l’immense majorité des 5 millions de réfugiés et 8 millions de déplacés internes (sur 23 millions de Syriens) est sunnite, et leurs coreligionnaires restés à l’intérieur des zones contrôlées par le régime sont durablement terrorisés. L’objectif de l’Iran est tout aussi limpide : non seulement maintenir en place un président à leur merci, mais également à travers l’acheminement et l’implantation durable de dizaines de milliers de chiites, modifier les équilibres confessionnels en leur faveur de manière à y pérenniser leur influence. Car les miliciens chiites sont là pour rester, et le font savoir : de plus en plus sûrs d’eux et provocateurs, ils se comportent en terrain conquis, notamment à Damas autour de la Mosquée des Omeyyades, lieu symbolique au plus haut point, et n’hésitent pas à humilier publiquement les forces du régime et leurs chefs, surtout lorsqu’ils s’affilient au sunnisme.

Mais l’intervention de ces milices chiites, dont l’efficacité militaire n’est souvent pas à la hauteur de leurs vociférations sectaires, n’a pas suffi à écraser l’opposition, et Bashar al-Assad, face aux progrès de la rébellion, a du faire appel en septembre 2015 à un autre de ses alliés, un autre ennemi historique et stratégique des musulmans : la Russie de Vladimir Poutine, qui lui a permis d’intensifier encore, grâce aux capacités de l’aviation russe, sa politique de nettoyage ethnique, cette fois-ci à une échelle industrielle comme on peut le voir en ce moment même à Alep… L’objectif étant, à moyen terme, de créer une sorte de « bande de Gaza » sunnite dans la région d’Idlib dans laquelle le régime pourra parquer et bombarder à sa merci les populations rebelles tout en gardant le contrôle des grandes villes et axes principaux.

Génocide sunnite
Objectif : la Mecque ?

Au début du mois dernier, la phrase a été lâchée par le Guide Suprême iranien Ali Khamenei : « Le monde musulman, aussi bien les gouvernements que les peuples, doit (…) réfléchir sérieusement à la gestion des lieux saints. » Jusqu’ici réservée à des fantasmes d’analystes, la volonté de domination des Lieux Saints de la Mecque et Médine par l’Iran a été pour la première fois presque ouvertement exprimée par la plus haute autorité du chiisme.

La menace est d’autant plus réelle que les provinces nord-est du Royaume des Saoud, les plus riches en pétrole, sont peuplées par une large minorité chiite prête à s’enflammer à la moindre étincelle et qu’à l’Est, l’Iran dispose d’une réelle capacité de nuisance à travers son influence sur la population majoritairement chiite du Bahrein, comme on a pu le voir lors de l’insurrection de 2011 qui avait forcé les tanks saoudiens à intervenir, tandis qu’aux frontières Sud, au Yémen, la milice chiite houthie, partiellement financée et armée par l’Iran depuis 2009 dans sa lutte contre le gouvernement central, contrôle la capitale Sana’a et humilie régulièrement l’armée saoudienne en menant des incursions à l’intérieur de ses terres, jusqu’à Najran. Après la prise de Sana’a en septembre 2014, plusieurs dizaines de conseillers militaires du corps des pasdarans iraniens et du Hezbollah libanais ont d’ailleurs débarqué dans la capitale yéménite. Il ne s’agit pas encore d’un scénario de type syrien ou irakien mais les bases ont été posées pour l’expansion du projet chiite dans la région…

La France, conquête des coeurs et des esprits ?

Dans cette véritable guerre contre l’islam à laquelle participent, main dans la main, axe chiite, Russie et Occident, le musulman d’Occident a souvent été trompé par la rhétorique anti-impérialiste de l’axe dit « de la résistance », abondamment relayé en France par la pseudo-« dissidence » dieudo-soralienne. La récupération de la cause palestinienne et l’instrumentalisation de la lutte contre le « Grand Satan » américain, thèmes évidemment porteurs chez une jeunesse musulmane plus portée sur l’émotion que sur la ‘aqida et la géopolitique sérieuse, ont permis de jeter un voile pudique sur la nature réelle du projet chiite sectaire, tandis que le complotisme exacerbé, au-delà de toute logique, a servi à diaboliser tous ses opposants en tant que « wahhabites égorgeurs agents de la CIA », la lâcheté et la trahison, tant face à l’entité sioniste que face à l’Occident, des états traditionnels se revendiquant comme protecteurs des sunnites ayant évidemment, et malheureusement, donné de la crédibilité à cette thèse.

Face aux crimes de plus en plus visibles de l’axe chiite et à une stratégie d’extermination, physique ou politique, des populations sunnites du Shâm et d’Iraq de moins en moins contestable, il est plus que jamais temps de sortir de cette matrice totalement déconnectée de la réalité et d’ouvrir les yeux sur ce qui se passe réellement au Moyen-Orient : un plan global de domination du monde musulman par une minorité hérétique et sanguinaire, prête à tout, des persécutions de masse au nettoyage ethnique pur et simple, pour imposer son leadership et prendre une revanche, symbolique autant que physique, sur l’islam en occupant les Lieux Saints. Alors qu’Alep et Mossoul, deux villes-symboles d’où était jadis parti l’élan de renouveau de l’islam qui devait, à travers les dynasties zengide puis ayyoubide, submerger al-Quds occupée par les Croisés, sont plus que jamais sous la menace des hordes de miliciens chiites, c’est le sort d’Ahl al-Sunna wa’l-Jama’a qui se joue.

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La césure du Temps… Zéro

La césure du Temps… Zéro

Avec Steven Newcomb pour en finir avec la sémantique colonialiste et une bonne fois pour toutes !

Steven Newcomb –  Universitaire, juriste, chercheur et écrivain Shawnee-Lenape – Auteur du livre : « Pagans in the Promised Lands : Decoding the Doctrine of Christian Discovery  » et grâce aux larges extraits de traduction de l’anglais au français par Résistance71 en version PDF {N°4} de 45 pages ici ► « Païens en Terre Promise décoder la Doctrine Chrétienne de la Découverte  » nous emmène toujours plus loin dans la sémantique, car les mots sont une arme et bien utilisés ils nous permettront CONJOINTEMENT (Natifs ou non) de faire tomber TOUS les empires en retirant notre consentement, d’un coup sec sous les pieds de l’Oligarchie régnante et un chouïa aux abois quand même pour finaliser le Plan qui a toujours été de « Tuer l’Indigène pour sauver l’Homme  » Blanc et de surcroit Chrétien et cela fut rendu possible avec la mise en place des Pensionnats pour Indiens dès 1820 et jusqu’en 1980 aux USA, et dès 1840 et jusqu’en 1996 au Canada
S’il est vrai que la profonde analyse qui suit, du même auteur, prolonge l’idée développée dans sa publication du 19 juillet intitulée Interdire un “droit païen” de domination, ICI. Pour ma part, je conseille la lecture en miroir de sa publication du 28 juin dernier : L’esprit de l’homme blanc est à l’origine de la soi-disant loi fédérale indienne .

Résistance au colonialisme : En finir avec la sémantique colonialiste… (Steven Newcomb)

Lire le dossier R71 ► La sémantique colonialiste par Steven Newcomb
Les constructions imposées et intrusives de l’esprit européen
Steven Newcomb | 22 juillet 2017 | URL de l’article original ► https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/invasive-imposed-constructs-european-mind/
Traduit de l’anglais par Résistance 71 ► URL de l’article ► https://resistance71.wordpress.com/2017/07/26/resistance-au-colonialisme-en-finir-avec-la-semantique-colonialiste-steven-newcomb/
La théorie du “titre aborigène” est un ensemble d’idées produit par l’esprit euro-américain, par des métaphores et autres constructions mentales, qui, au moyen d’une vague d’actes génocidaires, fut imposé par la force sur nos peuples et nations originels, ainsi que bien d’autres idées de provenance étrangère. La “théorie du titre indigène” est focalisée sur le livre “Indian Pueblo Water Rights,” co-écrit par Charles T. DuMars, Marilyn O’Leary et Albert E. Utton. Le premier développement du chapitre 3, “The Pueblo Water Right as Aboriginal,” , parle du développement historique de la “théorie du titre aborigène”.
Au moment de l’exploration et de la colonisation européenne de l’Amérique du Nord, les seuls habitants du sous-continent étaient les Indiens.” nous disent les auteurs. Avant que les chrétiens européens n’amènent de manière invasive les mots d’”Indien” ou d’Indiens” sur cette terre maintenant usuellement appelée “l’Amérique du Nord”, il n’y avait personne vivant ici, qui était identifié par ce nom. Pas une seule nation originelle dans cette partie de la planète s’identifiant du nom “d’indien” ou “Indiens”. Pour le dire autrement, avant que les envahisseurs christo-européens n’envahissent notre partie de la planète, absolument personne ici ne vivait sous ce nom “d’Indien”, absolument personne.
De tels termes sont des métaphores, mentalement et linguistiquement inventées par les Européens et, soutenues par des formes et moyens variés de force, projetés par les Européens sur ces peuples et nations vivant dans une vaste zone géographique que les Européens d’il y a longtemps connaissaient sous le non des “Indes”. Nos peuples et nations n’étaient pas, si ce n’est dans l’imaginaire et le langage des chrétiens ainsi que leurs activités mentales, connus sous le vocable “d’Indiens”.  Nos ancêtres ne furent connus sous ce nom qu’en direct résultat de l’imposition de leur langage et idées par les christo-européens sur nos ancêtres. Les chrétiens européens ont mentalement projeté des mots et des idées tels qu’Indiens” et “occupation indienne”, ils affirmèrent ensuite “voir” ces apports exogènes alors qu’ils n’étaient que leurs propres projections mentales et linguistiques.
Le livre “Indian Pueblo Water Rights” parle de “l’occupation indienne des terres” sans jamais mentionner que “l’occupation indienne” est une idée totalement inventée par les Européens, puis imposée sur  nos peuples et nations et leurs territoires. Les auteurs disent: “L’occupation originale des sols indienne est appelée possession aborigène et porte avec elle le titre aborigène d’occupation des sols.” Leur utilisation du mot “originale” pose la question “originale de quoi ?” L’expression utilisée “l’occupation originale indienne” suggère que le concept ou idée “d’occupation des sols indienne” a un point de départ ou un endroit d’origine. A la réflexion, cet “endroit” d’origine est trouvé dans les opérations imaginaires de l’esprit intrusif et envahisseur européen. Pour insister plus avant sur leur vision, les auteurs ajoutèrent une note de bas de page où ils écrivent : “Il n’y a aucun doute que les Indiens Pueblo étaient les occupants aborigènes originels.” Cette mention du “aucun doute” rend pour sûr la terminologie imposée “d’occupants aborigènes” comme factuelle, vraie, et correcte basée sur une “observation” objective.
De plus, en utilisant le mot “étaient”, les auteurs commentent sur le “fait d’être” des Indiens Pueblo, suggérant par là, comme si c’était un fait physique, que les “Indiens” Pueblo étaient des “occupants aborigènes”, indépendants de l’esprit des Européens chrétiens, plutôt que le résultat des idées politiquement et subjectivement motivées de l’esprit des chrétiens européens.
Ces concepts sont le résultat direct de la façon de penser européenne en matière de colonisation au sujet de peuples et de nations existant sur ce continent bien avant que ces colons n’eurent envahi l’endroit. Considérant ces faits importants, nous sommes alors capables de comprendre que des idées qui furent estimées être “vraies” par les chrétiens européens, n’étaient en fait “vraies” que dans le contexte des assomptions de domination de ces Européens sur nos peuples et nations existant sur place bien avant que la colonisation européenne ne commence.
Bref, le concept “d’occupation des sols Indienne” n’a rien à voir avec avec le comment les peuples originels du continent se percevaient et se comprenaient eux-mêmes et leurs relations avec la terre et territoires sur lesquels ils vivaient. Les concepts européens dérivaient de l’esprit européen (ethno/euro-centrisme) et non pas de l’esprit des peuples natifs de l’endroit. (NdT : aucune universalité là-dedans, ce ne sont même pas des “concepts” puisqu’un concept est juste et universel par définition, ce ne sont que des impositions résultant donc de la projection mentale eurocentrique des colonisateurs, imposées par la force, la ruse et le mensonge..).
Au lieu de se concentrer sur le développement “historique” du “titre aborigène”, les auteurs de l’ouvrage nous auraient rendu un fier service s’ils avaient focalisé sur le développement mental des colonisateurs et de leurs idées sur le “titre aborigène” et “l’occupation des sols aborigène”. Une vision des plus utiles aurait vu le jour en dénonçant les mots et les idées comme “indiens”, “occupation”, “occupants aborigènes”, “possession aborigène” et “titre aborigène” et étant des mots et des constructions mentales imposés par les Européens chrétiens, imposés sur nous sans le libre consentement de nos nations originelles. Ceci est vrai en regard de tout le répertoire de langue anglaise (ou espagnol, pour ceux qui ont été colonisés par L’Espagne, ou portugais pour la colonisation portugaise…)
Il aurait aussi été utile de voir que les auteurs de Pueblo Indian Water Rights avaient mentionné que ces mots et idées européens n’étaient pas et ne sont toujours pas des caractéristiques physiques du monde naturel. Aucun de ces mots ou idées ne sont provenus de la pensée indépendante européenne ou indépendamment de quelque système linguistique que ce soit. Pour être plus précis, les co-auteurs du livre auraient dû écrire :  » Il n’y a aucun doute que les Espagnols et autres chrétiens européens, ont mentalement conceptualisé et nommé unilatéralement les Indiens Pueblo comme ‘aborigènes’ et ‘occupants aborigènes’, ayant une ‘possession aborigène’.  »
Cette ligne d’analyse mène en fait à ceci : Nos peuples et nations originels n’ont pas développé mentalement ou linguistiquement ces mots et idées qui sont toujours maintenant utilisés dans les états variés de domination pour opprimer nos vies et nos territoires. Comment donc est venue cette assertion que nous sommes de droit les sujets des “colonisateurs”, de leurs mots et de leurs idées sans notre libre consentement ? Ceci s’est produit et a été maintenu avec succès parce que nous ne passons pas assez de temps à questionner et à défier les mots et les idées des colons comme “le titre aborigène”, le “titre d’occupation des sols aborigène” le tout fondé sur la vision et la présence chrétienne (“découverte”) sur des terres non-chrétiennes.


Il faut noter que le 26 juillet 2016, Newcomb nous proposait déjà une ligne d’analyse similaire, intitulée : Temps de reconnaître l’indépendance originelle de nos nations, retranscrite dans ce billet et complétée par mon analyse.
Steven Newcomb avec ce tout dernier texte propose aux descendants des Peuples originels, les NATIFS, dont il fait partie et aux descendants des colons/envahisseurs/exterminateurs soit les NON-NATIFS, dont je fais partie, de créer un point de rupture avec le temps passé dit du Colonialisme.


À partir de ce TEMPS NOUVEAU {Zep Tepi en Égyptien antique] ou Tep Zepi ; TEMPS ZÉRO selon les CODEX Maya nous pouvons décider, tous ensemble de rompre avec le cycle mortifère qu’a créé l’esprit de l’homme blanc et notamment des hommes en jupe depuis plusieurs siècles et totalement réactivé en Amérique du Nord par le Créationnisme, et les fondamentalistes chrétiens et ces dernières années sous Reagan, la dynastie des Bush, puis les Clinton et jusqu’à aujourd’hui avec sous la Présidence Trump et son disciple Mike Pence.
Nous pouvons créer cette césure, et décider à partir de ce temps nouveau, de ce point zéro de remonter à la nature originelle de l’humain ce qui est toucher à l’universalité de la Nature dont nous faisons partie.
L’Idée première est qu’il y a un dénominateur commun à toutes ces pensées formulées au delà du temps et de l’espace et l’Objectif est de connecter les énergies, les électrons libres pour donner l’exemple d’associations toutes aussi libres par delà l’espace et le temps…

TEP ZEPI : LE TEMPS ZÉRO

Préambule de Résistance71 : La mission de chacun est de démonter la pyramide du pouvoir pierre par pierre, c’est en changeant notre relation à la société que nous changerons de paradigme, que chacun voit l’intérêt commun et la machine du changement réel se mettra en place. C’est ça la révolution, elle est organique dans un changement de relation à la société des individus collectivement unis. C’est ainsi que tombera l’État, la grande partie de l’humanité ira de l’avant autrement, il tombera en désuétude. Nous vivons à notre sens les premiers moments de l’agonie du système étatique. C’est la fin, c’est un moment historique, même s’il n’est pas encore perçu comme tel. Ce que les « zélites » appellent le N.O.M correspond aux derniers soubresauts de l’ignominie étatico-capitaliste. Sa fin est proche, mais cela prendra un certain temps pour que la relation à la société change. L’humain est fondamentalement bon, il y parviendra… Les générations du futur apprendront notre histoire avec effarement… Elles seront incrédules de tant de veulerie et de stupidité induite combinées. Extrait de mon billet du 22/12/2015 TEP ZEPI : Le temps zéro, et ce texte est en union avec l’Idée, qu’il y a un dénominateur commun à toutes ces pensées formulées au delà du temps et de l’espace…
Résistance71 m’a traduit ce texte en anglais, y apportant sa patte en filigrane et par pure amitié ► TEP ZEPI : Beginning of a new era
Nous pouvons décider de notre futur, ensemble, et nous pouvons décider quand il commencera, au point de césure, au point zéro, au temps nouveau et donc décider d’abandonner l’ancien. Car il ne s’agit pas de rien arracher mais seulement de ne plus rien donner ► La race parfaite ! Par Mohawk Nation News et je rajoute mon grain de sel…

UNION ► RÉFLEXION ► ACTION ► ASSOCIATIONS LIBRES CONFÉDÉRÉES ► SOCIÉTÉ DES SOCIÉTÉS

JBL1960

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Les Rothschild et la colonisation financière de la planète

L’argent est le dieu de notre temps et Rothschild est son prophète Heinrich Heine 1 – Les espèces invasives 2 – Mes sources 3 – Le contexte socio-politique de la montée en puissance de la « famille »

Les Rothschild et la colonisation financière de la planète
1 – Les espèces invasives

Envahissantes, proliférantes, virulentes, allochtones, les « espèces invasives » se manifestent par les perturbations souvent néfastes du milieu qu’elles colonisent ouvertement ou en tapinois.

Ainsi, la célèbre Caulerpa taxifolia, une jolie algue vert fluo d’origine exotique, relâchée accidentellement, dit-on, par les responsables de l’aquarium de Monaco, étouffe progressivement toutes les autres formes de végétation sous-marine méditerranéenne. Nul recoin ne lui échappe, elle se développe partout, dans le sable, la vase, en eau claire et dans les ports pollués, dans les baies protégées et sur les rochers battus par le vent.

D’origine tropicale, la Caulerpa taxifolia n’aurait pas dû survivre en Méditerranée, hors de son milieu naturel. Mais les « espèces invasives » savent s’adapter.

La pire de toutes les espèces invasives est sans conteste homo sapiens.

Un jour, une petite poignée d’hominidés s’est élancée des forêts, des confins désertiques africains ou asiatiques la question n’est pas tranchée. Ce qui est sûr, c’est qu’elle n’a mis qu’une quarantaine de milliers d’années pour se répandre sur la totalité la « machine ronde ». Elle s’est si bien adaptée à tous les climats et à tous les sols qu’elle occupe aujourd’hui aussi bien les plus minuscules îlots que les glaces des pôles ou les déserts brûlants.

Une sous-espèce d’homo sapiens, l’homo erectus financiarus rothchilius, est apparue depuis peu. En un temps record, elle s’est révélée aussi virulente que la caulerpa de l’aquarium de Monaco dans la colonisation de la planète.

Longtemps Crésus fut le symbole indépassable du premier milliardaire béni des dieux. Mais oublié de nos jours le souverain lydien, ce premier trafiquant de monnaies et heureux bénéficiaire de la présence dans son petit royaume du fleuve Pactole, généreux pourvoyeur de paillettes d’or. Oublié le cupide Midas et son voeu imprudent de transformer en or tout ce qu’il touchait. Il découvrit trop tard et avec terreur que l’or ne se mange pas. Il mourut de faim.

Ces héros semi mythologiques ont aujourd’hui un successeur puissant, omniprésent, envahissant. A riche comme Crésus a succédé riche comme Rothschild. « L’argent est le Dieu de notre temps et Rothschild est son prophète », écrivait le poète et écrivain allemand Henry Heine (1797-1856)

Telle une brindille de Caulerpa taxifolia colonisant tout le bassin de la Méditerranée ou la redoutable écrevisse américaine qui dévore, là où elle s’installe, les larves, les œufs de poisson et de grenouilles et qui croque au passage les végétaux aquatiques et détruit son environnement, le monde a assisté, incrédule, au miracle d’un rameau insignifiant d’homo erectus financiarus réussir à faire main basse sur la quasi-totalité de la finance internationale. Issu de la misérable rue-aux-Juifs de Francfort-sur- le-Main il y a moins de trois siècles, et en deux générations, homo financiarus rothchilius est parvenu à coloniser le monde entier en tapinois.

« Un Rothschild qui n’est pas riche, pas juif, pas philanthrope, pas banquier, pas travailleur et qui ne mène pas un certain train de vie n’est pas un Rothschild», clamait, en toute modestie, un des membres de la tribu.

2 – Mes sources

A ce stade de mes analyses sur les origines du chaos financier actuel, il était inévitable que je rencontre le groupe financier qui a joué – et continue de jouer – un rôle décisif dans le destin de l’Europe et du monde.

Cependant, avant de me lancer dans la folle entreprise de tenter de comprendre par quels cheminements cachés et publics un clan d’extraction aussi modeste est devenu le maître du monde avec une rapidité foudroyante, il me semble loyal de présenter mes sources.

En effet, les archives complètes de la dynastie Rothschild ont toujours été secrètes. Elles le demeurent de nos jours et le demeureront à l’avenir. Personne, hormis peut-être quelques membres de cette pléthorique famille, n’y a accès car elles renferment des secrets financiers, donc politiques, si importants et si compromettants pour de nombreux Etats, qu’il est à parier qu’en cas de force majeure les documents les plus explosifs seront plutôt détruits que révélés.

En conséquence, tous les auteurs qui se sont intéressés à cette famille, même s’ils prétendent le contraire, ne traduisent, par la force des choses, que l’écume de la réalité et ne reflètent que leurs propres partis-pris. C’est pourquoi mon objectif n’est pas de rivaliser avec ces éminents prédécesseurs, mais d’essayer de comprendre comment on devient Rothschild.

Parmi les principaux biographes, certains se vantent d’avoir eu accès à des archives partielles en provenance de tel ou tel Etat européen. D’autres révèlent un talent remarquable de romanciers et « interprétent » à leur manière la partie émergée de l’iceberg dont ils ont connaissance, en subodorant le contenu de la partie immergée. Faute de documents officiels, leur imagination en conduit certains autres à inventer des épisodes destinés à accroître la gloire posthume de leurs héros ou à pimenter leur récit d’anecdotes croustillantes. J’en signalerai quelques-uns lorsqu’ils se présenteront.

Cependant, une note précieuse figure dans un petit opuscule de 1846, réédité par Gallica BNF en 2017 et intitulé Histoire édifiante et curieuse de Rothschild 1er, roi des Juifs, par Satan, de Georges-Marie Mathieu Dairnvaell, (chez l’éditeur, rue Colbert, 4 et chez tous les Libraires, 1846, p.13). Cette note donne la clé des raisons pour lesquelles l’immense majorité des biographies baigne dans une douce atmosphère sucrée d’admirative bienveillance, évidemment intéressée: « On connaît à Paris une race de soi-disant écrivains qui spéculent sur l’orgueil des hommes en évidence. (…) Le biographe fait des biographies à tous prix en laissant au biographé le droit de corriger les épreuves. (…) Les Rothschild ont corrigé eux-mêmes les épreuves (de leurs biographies) et payé en exemplaires (souscrits) la composition et la rédaction. » Comme chacun sait, on n’est jamais si bien servi que par soi-même.

Egon César Comte Corti, l’auteur de l’étude la plus exhaustive sur le sujet, pillée sans scrupules par tous les successeurs : La Maison Rothschild, (deux gros volumes traduits de l’italien, Payot 1929), enfonce le clou: « La littérature spéciale relative à la maison Rothschild se compose de panégyriques payés écrits en faveur de cette maison, ou de pamphlets haineux, dont le parti pris rebute également dès que l’on en a lu les premières lignes. »

C’est pourquoi j’ai privilégié les documents les plus anciens sur les origines de cette « dynastie », en croisant autant que possible les sources, car j’ai constaté que les auteurs plus récents ont purement et simplement plagié et même recopié des pages entières des ouvrages anciens, notamment l’étude détaillée citée ci-dessus du Comte Corti, même lorsqu’ils se donnent le luxe de le critiquer et le jugent comme « une sorte de somme effroyablement composée, mais surtout précieuse par les documents tirés des archives d’Etat d’Autriche et de Prusse; Corti, en particulier, a utilisé la correspondance entre les Rothschild et Metternich. » (Jean Bouvier, Les Rothschild, Club français du livre, 1960, p.255)

M. Bouvier omet de préciser qu’il s’agit d’une édition originale dont le papier, la présentation et l’impression laissent, certes, à désirer. Mais son reproche est à adresser principalement aux éditions Payot, qui n’ont pas jugé bon de rééditer cet ouvrage capital de 1929 et dont néanmoins presque tout le monde s’inspire sans le citer.

C’est le cas de l’Israélien Amos Elon, Le premier des Rothschild, Meyer, Amschel, fondateur de la dynastie, trad. de l’anglais, Patricia Blot (Calmann-Lévy 1997) qui se vante pourtant d’avoir pu accéder aux archives privées des banquiers. Certes, une présentation modernisée et aérée transforme un dossier un peu aride en une sorte de roman d’aventures à la gloire de l’habileté et de la ténacité du héros, bien que l’auteur n’apporte aucune information importante nouvelle.

L’historien américain Herbert R. Lottman, spécialiste de la France des années de guerre et d’après-guerre, affirme avoir, pour la rédaction de son ouvrage La Dynastie Rothschild, (trad. Marianne Véron, Le Seuil, 1995) bénéficié du privilège du vainqueur. Le premier, il a eu accès, dit-il, à des correspondances de famille et à des archives des services secrets que le gouvernement de Vichy collationnait sur les juifs. Son ouvrage concerne l’histoire récente de la « Maison ».

L’ouvrage de l’Anglais John Reeves, The Rothschilds, The Financial Rulers of Nations, CHICAGO, AJe. C. McCLUEG & CO. 1887, est accessible en Pdf sur internet et en anglais. Il fait partie de la catégorie des panégyriques et véhicule des légendes et des balivernes destinées à cimenter la gloire d’une famille « exceptionnelle ».

Egalement accessible sur internet en Pdf, Jean Péron, Les Rothschild, Paris, Editions nouvelles, 1948. Résumé très condensé de l’analyse du Comte Corti, sur un ton, non pas « haineux », pour reprendre la classification du géopoliticien italien, mais pour le moins hostile.

En revanche, dans la catégorie des dithyrambes, on rangera S.Paul Robert, La vérité sur la maison Rothschild , Paris 1846, numérisé Gallica BnF. Opuscule (16 pages) très élogieux sur les actions humanitaires et culturelles de la Maison Rothschild en France qui, écrit-il, ne mérite pas la polémique née à propos de l’accident survenu lors de l’inauguration prématurée de la ligne de chemin de fer du nord dont James Rotschild était le principal actionnaire: « La famille Rothschild est riche, noble, bienfaisante, trois crimes énormes que les plumes vénéneuses ont voulu lui faire expier. » (p. 3) Ce livret entre visiblement dans la catégorie des biographies corrigées par le « biographé ».

– Joseph Lémann, Napoléon et les Juifs, (1891), réédition, Avalon, 1989. Cet ouvrage est important dans son ensemble pour qui s’intéresse au statut des juifs durant le premier empire. Dans son chapitre III du Troisième Livre on découvre l’origine de la scène inénarrable du fils émigré à Londres – Nathan Rothschild – mais toujours étroitement associé à la maison mère allemande. Il aurait assisté, « adossé à un arbre », à la débâcle de Waterloo – scène ensuite reprise telle quelle dans plusieurs ouvrages et dans d’innombrables articles sur internet. Le comique se poursuit avec la description des prétendus marchandages d’un banquier ventru avec des marins d’Ostende réticents. Tableau hilarant des tentatives du financier de les soudoyer les uns après les autres en vue d’arriver dare-dare en Angleterre malgré une grosse tempête et une mer déchaînée. Notre gros banquier humait le gros lot et voulait, au péril de sa vie et de celle des marins, profiter d’urgence des répercusions de la défaite de l’empereur et réaliser un coup fumant à la Bourse de Londres – opération magistrale, mais qui fut évidemment réalisée dans des conditions plus classiques. Elle lui a permis de rafler un coquet magot à l’origine de la fabuleuse fortune de la branche anglaise de la tribu. Mais quelle imagination de l’auteur! Quelle page de pure littérature fantastique!!

– J’ajoute quelques ouvrages moins directement biographiques, mais essentiels à la compréhension du destin de ce clan:

– Les Juifs en Allemagne, De l’époque romaine à la République de Weimar, Nachum, T. Gidal, Köneman 1998, gros ouvrage grouillant de références et d’illustrations inédites, dont sont reproduites celles figurant dans cette page.

– Histoire des banques centrales et de l’asservissement de l’humanité, Stephen Mitford Goodson, Omnia Veritas Ltd, 2016. Ouvrage lumineux sur les conditions de la naissance de la Banque d’Angleterre.

– La traite des Slaves, L’esclavage des blancs du VIIIe au XVIIIe siècle, Alexandre Skirda, Les Editions Paris Mac Chaleil, 2010. Ouvrage très important qui révèle un épisode soigneusement occulté des historiens modernes et origine de colossales fortunes réalisées par des esclavagistes de toutes religions depuis les débuts du Moyen-Age, auxquels se sont joints des juifs maranes chassés d’Espagne et du Portugal lors de la promulgation des lois sur la « pureté du sang » en 1492 par les rois Isabelle et Ferdinand. Durant tout le Moyen-Age, le trafic d’esclaves avait principalement concerné les Slaves, femmes, hommes et enfants, capturés au cours de violentes razzias en Europe orientale. Les enfants et les adolescents, castrés et vendus dans des foires, faisaient le bonheur des sublimes chorales de la Chapelle Sixtine au Vatican. Après la découverte des Amériques, les mêmes esclavagistes réorienteront leur commerce en direction du Nouveau Monde et les Africains en seront les nouvelles victimes.

– Le Siècle des Fugger, Richard Ehrenberg, 1896, traduit de l’allemand en 1955 par un groupe d’économistes du Centre de recherches historiques de l’Ecole pratique des hautes études (S.E.V.P.E.N, édition abrégée, mais tout de même de 430 pages). Cet ouvrage capital retrace l’histoire des banques et des capitaux au XVIe siècle en Allemagne et appelé « Siècle des Fugger » en raison de la longévité de la domination de la famille Fugger sur le système financier durant tout ce siècle.

3 – Le contexte socio-politique de la montée en puissance de la « famille »

L’épopée de la dynastie Rothschild ne s’est pas développée hors sol. Elle n’est compréhensible que dans le contexte politique, économique et social mais aussi religieux issu du statut des juifs dans l’Europe chrétienne de la fin du Moyen Age et les débuts de l’époque moderne. Sa naissance, son évolution et les péripéties du combat que le premier Rohschild a mené se sont déroulés dans le terreau politico-financier analysé par l’ouvrage cité ci-dessus de Richard Ehrenberg.

La nature a horreur du vide et après le déclin et la disparition de la Maison Fugger qui avait régné sur les finances germaniques durant trois générations, d’autres puissances d’argent sont apparues en Allemagne, notamment les Welser et les Höchstetter. Des maisons allemandes de second ordre, mais aussi flamandes, florentines, toscanes, génoises, lyonnaises et même espagnoles ont prospéré un temps, puis disparu. Il s’agissait toujours de groupes financiers chrétiens, principalement protestants – mais les catholiques romains n’étaient pas absents, en dépit de la position de l’Eglise, officiellement méfiante et même hostile envers toute forme d’activité financière lucrative, mais en réalité, parfaitement tolérante et complice.

L’ouvrage de Richard Ehrenberg est capital pour comprendre par quel processus un juif modeste comme Mayer Amschel Rothschild, a pu devenir à la fin de sa vie un des banquiers les plus riches et plus puissants de la ville de Francfort-sur-le Main, cité pourtant particulièrement hostile aux juifs en général. On comprend mieux de quelles ruses et de quelle intelligence il a dû faire preuve pour parvenir à s’insérer victorieusement dans un système financier complexe et abondamment peuplé de rivaux solidement installés. Son esprit agile et tenace lui a permis d’évoluer en eau trouble comme un poisson dans l’eau. L’époque particulièrement agitée des guerres napoléoniennes et la période politiquement instable qui a suivi dans toute l’Europe ont été propices à des trafics en tout genre. Mayer Amschel a su prendre la mesure de l’esprit du temps et louvoyer habilement entre les écueils, tout en conservant toujours les apparences de la parfaite légalité en affaires.

Le succès de Mayer Amschel Rothschild inaugure la victoire de la finance juive sur la finance chrétienne et le triomphe de Jahvé sur le Dieu trinitaire.

Voir : L’usure, axe central de l’histoire du monde

http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/chaos/usures/usure.html

Il sera particulièrement important pour la compréhension du développement à venir d’évoquer la situation des juifs en Allemagne depuis la fin du Moyen Age, afin de situer le contexte dans lequel a opéré le fondateur de la dynastie. En effet, quand un groupe humain de nomades intermittents, prétend s’installer avec son Dieu et ses moeurs au sein de petites sociétés closes puissamment organisées, implantées sur leur territoire depuis la nuit des temps et qui vivent selon d’autres moeurs, autour de rites à la gloire d’un Dieu rival, il n’est pas étonnant que les nouveaux-venus ne soient pas les bienvenus.

Les Rothschild et la colonisation financière de la planète

Lorsque les migrants furent des juifs, l’animosité à leur égard s’appela antijudaïsme ou antisémitisme. De nos jours, un nouveau mouvement migratoire d’un groupe vivant selon ses propres moeurs et portant la bannière de son propre Dieu suscite de la part de certains autochtones concernés un rejet appelé anti-islamisme. En Palestine même, sur les terres revendiquées par les fidèles du dieu Jahveh, c’est peu de dire que les « soumis » à Allah ne sont pas salués avec des fleurs et des vivats. Mais, la situation y est inversée, puisque les juifs, devenus certes les plus nombreux, sont majoritairement des immigrants de fraîche date en ce lieu. Leur violent rejet et leur hargne féroce à l’égard des habitants originaires, devenus minoritaires dans leur propre patrie, s’apparentent à un génocide larvé.

Il s’agit donc bien d’une donnée anthropologique universelle, propre aux animaux eux-mêmes: tout éleveur responsable sait qu’il est impossible d’introduire un nouveau sujet dans un troupeau de bovins déjà constitué sans des précautions particulières.

C’est pourquoi les nouveaux-venus sont partout et toujours spontanément victimes de mesures discriminatoires, parfois bénignes, souvent vexatoires, toujours destinées à décourager les intrus d’envisager une installation durable. L’hostilité des résidents autochtones peut conduire à des bouffées de violences physiques et même à des massacres accompagnés de spoliations des biens lorsque les immigrants récents ne bénéficient pas de la protection des autorités politiques en place.

Les Rothschild et la colonisation financière de la planète

Pour que des groupes de juifs aient pu s’implanter durablement dans les grandes cités du bassin rhénan, il a fallu qu’ils y aient joué un rôle que les chrétiens du lieu ne pouvaient plus ou ne savaient plus occuper aussi efficacement à ce moment-là. Mais il fallait également que des règles strictes eussent été édictées par les autorités en place, afin d’assurer leur protection. Jalousés et méprisés, ils étaient soumis à d’innombrables tracasseries et la cité de Francfort était l’une des plus dures à leur égard. Mais, comme chacun sait, les règles varient en fonction des changements de pouvoir. Il a donc fallu chaque fois s’adapter et Mayer Amschel Rothschild s’est révélé un champion particulièrement efficace.

Les Rothschild et la colonisation financière de la planète

C’est donc dans un labyrinthe de règlements et de tracasseries et soumis à la concurrence de nombreux rivaux durablement implantés dans les lieux, que le premier des Rothschild, Mayer Amschel (1744-1812), a évolué. Mais son talent personnel, qui était grand, n’aurait pourtant pas été suffisant pour parvenir au sommet qu’il a fini par atteindre à la fin de sa vie. Il doit une grande partie de son succès à la conquête du soutien d’un acolyte placé à un poste stratégique auprès de l’Electeur de Hesse. Ils ont partagé les fruits d’un juteux commerce parallèle. Mayer Amschel avait fini par se rendre indispensable à son souverain. Les vannes de l’accumulation d’une colossale fortune en marge des « services » rendus au maître étaient ouvertes.

L’élan était donné et les générations suivantes n’avaient plus qu’à mettre leurs pas dans ceux de l’ancêtre et à imiter ses méthodes.

La puissance financière des Rothschild est née dans une ville allemande, mais elle a enflé de manière exponentielle lorsque le fils Nathan – dont j’ai évoqué les exploits ci-dessus – a pris pied en Angleterre, et cela grâce aux opportunités financières offertes par l’existence de la Bourse de Londres, à laquelle s’est ajoutée la réussite de sa ruse à la bourse de Londres après Waterloo.

Or, la première banque centrale privée, la Banque d’Angleterre, a été créée en 1699, donc bien avant l’irruption du clan Rothschild dans le paysage financier européen et mondial. Mais à partir de ce trampoline, si excellemment conçu aux fins que ses concepteurs poursuivaient – au point que, depuis sa création il n’a subi aucune modification – les éléments mâles de la « famille », associés et regroupés dans une sorte de syndicat, ont si effacement pris leur élan qu’ils ont rebondi avec succès sur la planète entière et en ont colonisé les endroits les plus reculés selon le principe du tas de grenouilles dans une brouette: dès que vous mettez la brouette en branle, les grenouilles sautent dans toutes les directions. La France, l’Autriche, le Royaume de Naples ont été investis dans la foulée de l’Angleterre par des brins éparpillés de la Caulerpa rothschilienne.

L’invasion était en marche et ne s’est plus arrêtée.

De nos jours, la quasi totalité des banques centrales du monde entier – hormis, entre autres, celles de l’Iran, de Cuba et de la Corée du nord – appartiennent ou sont sous la coupe des Rothschild , y compris la Banque Centrale Russe via la Réserve Fédérale américaine, propriété déclarée de la famille khazare Rothschild et la Banque centrale de Chine.

Fin de la première partie

A suivre

Les juifs en Allemagne et notamment à Francfort- sur- le- main

Mayer Amschel , le premier des Rothschild, portrait

Les juifs en Angleterre, un rapide rappel historique

Comment est née la Banque d’Angleterre

Tintin à Waterloo

La « famille » prend ses quartiers en France, douceur, luxe et volupté

27 juillet 2017

Alter Info
l’Information Alternative

VIve le Québec libre ! L’aboutissement logique de deux siècles d’histoire tumultueuse de part et d’autre de l’Atlantique

Le Chemin du Roy – Le Général Charles de Gaulle au Québec 1967 (Documentaire) Une page d’histoire signée de Gaulle qui n’en finit plus de réverbérer au Québec

Commémoration du 50e anniversaire de la déclaration incendiaire du Général de Gaulle depuis le balcon de l’hôtel de ville à Montréal
VIve le Québec libre ! L’aboutissement logique de deux siècles d’histoire tumultueuse de part et d’autre de l’Atlantique
Pour de très nombreux Québécois, le 50e anniversaire du « Vive le Québec libre ! » résonne beaucoup plus fort que le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. La raison en est simple. C’est un anniversaire authentiquement québécois alors que l’anniversaire de la Confédération est un adversaire britanno-canadien, autant dire étranger.

Il ne peut y avoir preuve plus éloquente de ce fait que le refus de tous les gouvernements du Québec depuis 1982 de signer la Constitution de 1982. Le Québec n’est pas britanno-canadien quoiqu’on cherche à nous faire croire. Il ne se reconnaît pas plus dans la Constitution du Canada que le Canada ne reconnaît son caractère distinct. L’illustration parfaite de deux solitudes vivant côte à côte.

Le 24 juillet 1967, depuis le balcon de l’hôtel-de-ville de Montréal, portant à dessein son uniforme militaire pour renforcer son effet, le général de Gaulle a libéré le Québec en quatre mots. Cent canons n’auraient pas eu plus d’effet. L’immense clameur de joie jaillie spontanément des tripes et du coeur de la foule présente et la vitesse à laquelle elle s’est propagée à travers tout le Québec sont absolument saisissantes. Tout s’est passé comme si les Québécois n’attendaient ce moment depuis 1760 !

On croit généralement que la France et le Canada français n’ont entretenu aucun rapport pendant deux siècles. C’est faux. Bien entendu, l’Angleterre s’est opposé à tout rapport officiel pendant 90 ans. Il faudra attendre 1850 pour que le gouvernement britannique lève l’interdiction aux bateaux battant pavillon français de fréquenter les eaux territoriales du Canada :

« C’est en 1850 que cette mesure est abrogée. Désormais, les ports canadiens peuvent de nouveau accueillir des bateaux étrangers, une situation dont la France s’empresse de profiter. Napoléon III, porté au pouvoir en décembre 1851, soutient le nationalisme des peuples d’Europe. Aux côtés de l’Angleterre, il participe à l’expédition de Crimée, qui oppose, à partir de mars 1854, l’empire britannique aux armées russes du tsar Nicolas Ier. En juillet 1854, un navire de la marine française en provenance de Marseille, L`Édouard, visite le port de Montréal. C’est le premier navire militaire français à visiter le Canada depuis 1760.

Le deuxième est la majestueuse corvette La Capricieuse, montée de 240 hommes d’équipage, sous le commandement en chef de M. V. Bellevèze.

[…]

Le 13 juillet 1855 mouille dans le port de Québec la corvette française La Capricieuse. Son commandant a une mission capitale : visiter le Canada Uni dans le but de développer des liens commerciaux entre la France et l’Amérique du Nord britannique. L’importance de cette mission est soulignée par le fait que les échanges entre la France et le Canada sont inexistants à l’époque ou presque, hormis de rares relations diplomatiques et quelques initiatives personnelles…

Il est vrai qu’entre 1760 et 1793, les rapports, même privés, entre la France et le Canada ont été inexistants, mais il faut comprendre que la France était alors dans tous ses états. La Guerre de Sept ans et les dépenses pharaoniques de la couronne française pour construire le palais du Louvre, le château de Versailles et ses aménagements intérieurs et extérieurs somptueux, avaient laissé la France financièrement exsangue et au bord de la révolution. Elle éclatera en 1789 et se prolongera pendant près de 10 ans.

On comprendra aisément que cette période n’ait guère été propice aux échanges transatlantiques entre le France et son ancienne colonie, d’autant plus que les Anglais veillaient et qu’il se passait en Amérique du Nord des événements importants, Acte de Québec (1774), révolution américaine, Guerre d’indépendance (1775 – 1783), etc.

Pourtant, dès 1793, alors que la Révolution française est encore en cours, la France envoie son nouveau représentant auprès des États-Unis, Edmond-Charles Genest.

Une fois sur place, celui-ci demande aux consuls de France à New-York et Boston de recueillir des renseignements sur l’état d’esprit des Canadiens et la situation dans cette colonie. Convaincu que les Canadiens sont mal disposés envers les Anglais, Genet entreprend bientôt une campagne de subversion afin de provoquer un soulèvement populaire. Il confie alors à un jeune Canadien de vingt ans, Henri Mézière, le texte d’une adresse des Français libres à leur frères du Canada qui doit exciter le ferment révolutionnaire des habitants francophones de la région du Saint-Laurent.

Mézière passe la frontière avec 350 copies de l’adresse dans ses sacoches. Une fois à Montréal, il en distribue des exemplaires à quelques amis, chargeant ces derniers de les faire circuler. Ce texte de 8 pages lance l’appel suivant aux Canadiens :

« Imitez les exemples des peuples de l’Amérique et de la France. Rompez donc avec un gouvernement qui dégénère de jour en jour et qui est devenu le plus cruel ennemi de la liberté des peuples. Partout on retrouve des traces du despotisme, de l’avidité, des cruautés du roi d’Angleterre. Il est temps de renverser un trône où s’est trop longtemps assise l’hypocrisie et l’imposture. Ne craignez rien de George III, de ses soldats en trop petit nombre pour s’opposer avec succès à votre valeur. Le moment est favorable et l’insurrection est pour vous le plus saint des devoirs. Rappelez-vous qu’étant nés Français, vous serez toujours enviés, persécutés par les rois anglais, et que ce titre sera plus que jamais aujourd’hui un motif d’exclusion de tous les emplois »

Par peur de la délation et parce que les amis de Mézière ne croient pas que l’esprit populaire se porte vers de tels gestes, le texte ne sera jamais même distribué. Il parviendra tout de même aux autorités britanniques à Montréal et Mézière, dont la tête est mise à prix, va bientôt se réfugier aux États-Unis.

Qu’à cela ne tienne, Genet n’abandonne pas ses visées quant au Canada. Toujours en 1793, la flotte mutine de Saint-Domingue vient mouiller dans la baie de Chesapeake, au sud de Washington. Genet voit là l’instrument qui lui permet de porter un coup direct au Canada. Le 4 octobre, il donne l’ordre à l’amiral Sercey, qui commande cette flotte, de foncer au nord. Le plan de Genet est simple : reprendre Saint-Pierre et Miquelon, brûler ensuite les pêcheries anglaises de Terre-Neuve et Halifax, puis remonter le Saint-Laurent pour appuyer la révolte des Canadiens, auparavant excités par ses agents.

Le 12 octobre, la flotte de Sercey quitte Sandy Hook, puis… rentre en France ! Peu après le départ, un conseil naval tenu en mer a décidé du retour plutôt que d’exécuter les ordres de Genet. La flotte arrive à Brest le 12 novembre et Sercey ne semble pas avoir eu à se justifier de cette nouvelle mutinerie. De toute façon, eût-elle tenté de suivre le plan de Genet, la flotte française aurait rencontré un ennemi l’attendant de pied ferme. En effet, dès le 25 octobre, des espions préviennent les garnisons anglaises d’Halifax, de Frédéricton et de Québec de l’arrivée imminente d’une flotte française d’invasion.

La troisième et dernière action concrète visant à soustraire le Canada à la Grande-Bretagne a lieu en 1796. Un Américain nommé Ira Allen débarque alors à Paris. Là, il rencontre Carnot et lui expose un projet consistant à lui fournir plus de 20 000 fusils, 24 canons et une somme de 200 000 francs afin que ce dernier affranchisse les Canadiens qui n’attendent, selon lui, que cette occasion.

Le projet est accepté par le Directoire avec la recommandation spéciale de Carnot. Rappelons que c’est à cette époque que le Directoire prépare son expédition d’Irlande et que c’est durant ce même été 1796 que la volonté de la République d’en découdre avec Albion semble la plus affirmée. Armé et financé, Allen quitte bientôt le Havre avec son matériel mais il est arraisonné en mer par les Anglais et son navire sera mis sous séquestre pendant de nombreuses années.

Sous Napolépn 1er, ce seront les Habitants du Canada qui chercheront à renouer avec la France en priant l’Empereur de se porter à leur secours. Voici le texte d’une pétition qui lui est adressée en 1804 :

Les Habitants du Canada à

Sa Majesté l’Empereur des Français,

Napoléon premier

Sire,

Deux de nos compatriotes, Jean-Baptiste Noreau, âgé de soixante-quatre ans et Jean-Baptiste Noreau, son fils, âgé de vingt-deux ans, se rendent en France pour faire connaître à votre Majesté par l’organe de ses ministres les intentions bien prononcées du peuple canadien de retourner sous l’Empire de la France et porter de nouveau le nom glorieux de Français.

Nous avions projeté, Sire, de secouer le joug des Anglais ; nous attendions des fusils pour nous armer, et frapper un coup sûr. Mais notre espoir a été trompé. La surveillance des Milords, des Lords et salariés de tout genres échoueraient contre notre réunion et nos efforts, sous un bon général français, pénétré de ses devoirs et guidé par l’honneur.

Nous assurons Votre Majesté que nous sommes disposés à subvenir aux frais que cette entreprise exigera.

Les sentiments que nous manifestons aujourd’hui à votre Majesté sont nourris depuis longtemps dans nos coeurs. Vous en avez la preuve, Sire, dans la lettre ci-jointe, écrite il y a cinq ans, à nous mêmes par le Consul de New York.

Ce sont ces observations, ses conseils, qui nous ont porté à attendre jusqu’aujourd’hui dans l’espoir qu’il avait fait connaître au Consul général notre demande pour la transmettre en Europe au gouvernement français.

On remarque dans la lettre de ce Consul de New York qu’il n’y a mis ni date, ni signature. Quel en a été le motif ?

Sire, nous attendons de votre sollicitude paternelle que la paix ne se fera pas, sans que nous ayons repris le nom de Français Canadiens. Nous sommes prêts à tout entreprendre à la première vue des Français que nous regardons toujours comme nos frères.

Agréez Sire, les Voeux ardents que nous adressons au ciel pour le long règne de Votre Majesté. Recevez l’assurance de l’admiration que nous cause votre gloire et daignez accueillir l’hommage du dévouement sincère et du profond respect du peuple canadien.

Pierre Trudeau, âgé de 55 ans, Paroisse de Longueil

Eustache Martin, âgé de 55 ans, Paroisse de St-Philippe

Louis La Plante, âgé de 70 ans, Paroisse de St-Constant

Jean Lefebvre, âgé de 60 ans, Paroisse de Chatoyer [Châteauguay ?]

Antoine Giraut, âgé de 70 ans, Paroisse de Beloeil

Jean Léveillé, âgé de 53 ans, Paroisse de Machecousse [Mascouche ?]

Charles Labarge, âgé de 50 ans, Paroisse de Chatoyer

Dauphin Dupuy, âgé de 64 ans, Paroisse de St-Constant

Joseph Landry, âgé de 50 ans, Paroisse de Acadie

Préjean, âgé de 66 ans, Paroisse de Chatoyer

André Noreau, âgé de 68 ans, Paroisse de Longueil

Vous aurez noté que le premier signataire de cette pétition se nomme Pierre Trudeau comme l’ancien premier ministre du Canada de la fin des années 1960 à 1984, en excluant le bref inter-règne de Joe Clark en 1970 et 1980. L’Histoire a de ces ironies ! À moins qu’il ne s’agisse plutôt d’une leçon sur l’anglicisation progressive des esprits qui menace les Québécois tant qu’ils demeurent dans la Confédération canadienne

Comme nous l’avons vu plus haut, un premier dégel officiel surviendra vers 1850. Les efforts de reprise des liens entre la France et le Canada seront toutefois coupés dans leur élan par une détérioration de la situation politique en Europe et la Guerre franco-allemande de 1870 qui se soldera par la Chute du Second Empire de Napoléon III et la perte pour la France de l’Alsace-Lorraine.

En 1882, le gouvernement du premier ministre du Québec Joseph-Adolphe Chapleau décide de nommer le journaliste Hector Fabre représentant du Québec à Paris.

Quelques années plus tard, en 1885, Honoré Mercier, le successeur de Chapleau. envoie le Curé Labelle, sous-commissaire à l’agriculture et à la colonisation,en France pour tenter d’attirer au Québec des immigrants français. Il aura un certain succès auprès de congrégations religieuses pour prendre en charge la formation des agriculteurs et des jeunes femmes qui leur viendront en appui.

En 1888, Mercier se rend lui-même à Paris où il obtient auprès du Crédit Lyonnais les crédits qu’on lui avait refusé au Canada et à New York pour développer le Québec, au grand dam du premier ministre canadien d’alors, John A. MacDonald, qui avait orchestré ce refus.

Au sommet de sa popularité, Mercier est réélu en 1890 et retourne en Europe en juin-juillet 1891. Il visite le Vatican, la France et la Belgique. Selon ses adversaires, son comportement ressemble plus à celui d’un chef d’État qu’à celui d’un premier ministre provincial, ce qui ne manque pas d’indisposer fortement Ottawa. Quatorze ans après la Confédération, le triangle Paris-Québec-Ottawa est déjà très agité.

En avril 1893, Mercier qui n’est plus que député après avoir été évincé du pouvoir à l’occasion d’un scandale savamment manipulé pour se retourner contre lui, prononce les paroles suivantes lors d’un discours devant 6000 personnes au Parc Sohmer à Montréal :

Quand je dis que nous ne devons rien à l’Angleterre, je parle au point de vue politique car je suis convaincu, et je mourrai avec cette conviction, que l’union du Haut et du Bas Canada ainsi que la Confédération nous ont été imposées dans un but hostile à l’élément français et avec l’espérance de le faire disparaître dans un avenir plus ou moins éloigné.

J’ai voulu vous démontrer ce que pouvait être notre patrie. J’ai fait mon possible pour vous ouvrir de nouveaux horizons et, en vous les faisant entrevoir, pousser vos cœurs vers la réalisation de nos destinées nationales.

Vous avez la dépendance coloniale, je vous offre l’indépendance ; vous avez la gêne et la misère, je vous offre la fortune et la prospérité ; vous n’êtes qu’une colonie ignorée du monde entier, je vous offre de devenir un grand peuple, respecté et reconnu parmi les nations libres.

Hommes, femmes et enfants, à vous de choisir. Vous pouvez rester « esclaves » dans l’état de colonie ou devenir « indépendants et libres » au milieu des autres peuples qui, de leurs voix toutes-puissantes, vous convient au banquet des nations.

À partir de 1899 et jusqu’en 1902, le Canada se retrouvera engagé dans les guerres coloniales britanniques. Le Québec ne se sent pas concerné et refuse d’y participer. Les Canadiens-français s’étaient montrés bien plus ouverts à se porter volontaire pour défendre les états pontificaux quelques décennies plus tôt.

Au tournant du 20e siècle, la France des affaires s’étant alliée aux intérêts britanniques, l’heure n’est plus à la provocation. Deux Guerres mondiales et la Révolution russe vont reconfigurer le monde.

Au tout début de la Deuxième guerre mondiale, le général de Gaulle, sous-secrétaire d’État à la Défense et de la Guerre, ayant rang de ministre sans portefeuille dans le cabinet de Paul Reynaud, s’oppose à la capitulation de la France et part à Londres organiser la Résistance à l’occupation allemande.

Il effectue son premier voyage en 1944, comme le rapporte Radio-Canada dans ce document d’archives

De Gaulle impressionne le Québec

Date de diffusion : 12 juillet 1944

Au cours de l’été 1944, le général Charles de Gaulle, président du gouvernement provisoire de la République française, visite les États-Unis et le Canada.

En juillet, le maire de Québec, Lucien Borne, et celui de Montréal, Adhémar Raynault, reçoivent en grande pompe le général Charles de Gaulle dans leurs villes. Radio-Canada diffuse les allocutions présentées par l’illustre personnage et par ses hôtes à Québec et sur le balcon de l’hôtel Windsor, à Montréal.

Le 12 juillet 1944, après une visite officielle à Ottawa, Charles de Gaulle se rend à Québec par avion. À l’aéroport de l’Ancienne Lorette, près de Québec, le général est reçu sous une pluie fine par les autorités civiles, militaires et religieuses de la ville. La fanfare du Royal 22e joue La Marseillaise afin d’accueillir dignement le symbole de la résistance française.

Dans un discours prononcé à l’hôtel de ville de Québec, le général lance un « Vive le Canada français » sous un tonnerre d’applaudissements.

Charles de Gaulle se rend à Montréal après sa visite à Québec. À son arrivée à l’aéroport de Dorval, le général est accueilli par le maire Adhémar Raynault, puis il passe en revue un détachement de l’Aviation royale canadienne.

Au cours de son passage, de Gaulle dépose une couronne au pied d’un cénotaphe érigé au parc Lafontaine à la mémoire des Français morts pendant la Première Guerre mondiale. À l’hôtel Windsor, face au carré Dominion, il est bruyamment salué par une foule lors d’une brève apparition.

De Gaulle revient très brièvement au Canada en 1945 après l’explosion des bombes atomiques américaines au Japon :

Le deuxième voyage du général de Gaulle effectué en Amérique du Nord avec un passage bref au Canada, comme chef de gouvernement cette fois, du 28 août au 29 août 1945, lui permet de comprendre à chaud les répercussions politiques de l’explosion des bombes atomiques américaines sur Hiroshima et Nagasaki ainsi que d’ouvrir la voie aux premières demandes d’aide matérielle dans laquelle le Canada a offert son grenier à blé et son arsenal industriel moyennant un emprunt aux conditions politiques avantageuses.

Son séjour, prolongement encore une fois d’un périple américain destiné à prendre contact avec le nouveau président Truman, se limite strictement à Ottawa. Charles de Gaulle, souvent accusé de ne pas s’occuper de l’intendance, vient alors chercher au Canada du blé et des navires ainsi qu’un prêt à long terme pour les financer. »

De Gaulle quitte le pouvoir en 1946 et le reprend en 1958. Dès son retour, il demande à ses services de préparer une visite au Canada en 1960. Il a déjà son plan en tête en ce qui concerne le Québec qui n’est encore pour lui que le Canada français.

Malgré les problèmes que connaît alors la France en Algérie et qui affectent la façon dont elle est perçue sur le plan international, ce voyage sera un succès comme en témoigne éloquemment ce compte-rendu exhaustif découvert sur le site de la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs, et intitulé « Le voyage de de Gaulle au Canada en avril 1960 et les relations France-Québec ».

La dimension stratégique de ce voyage est d’ailleurs si importante qu’elle a inspiré à un chercheur français de l’Université Ryerson de Toronto l’article intitulé « La visite du General De Gaulle au Canada en 1960 dans l’ombre de la crise algérienne », publié en 2008.

Entre 1960 et 1967 vont se multiplier les contacts entre les gouvernements du Québec et le gouvernement français qui permettront de donner à la visite du général de Gaulle en 1967 toute la profondeur et l’éclat qu’elle était appelée à connaître.

Parallèlement, De Gaulle multiplie les interventions internationales et acquière un statut de grand défenseur du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ainsi, le 28 septembre 1964, De Gaulle déclare en Bolivie :

Que chaque peuple dispose à tous égards de lui-même, afin que son avance en fait de civilisation soit effectivement la sienne. Qu’il fasse en sorte que son progrès soit celui de tous ses enfants pour susciter dans les profondeurs les ardeurs et les capacités qui multiplient les efforts, qu’il transforme en émulation créatrice et productrice par rapport aux autres nations ce qui demeure trop souvent rivalité d’ambitions, que les puissances qui en ont le moyen prêtent leur concours au développement des moins avantagés, cela suivant les affinités réciproques, et sans qu’il y ait, sous aucune forme, intervention étrangère dans les affaires de qui que ce soit, voilà, en effet, quelles sont, pour la France, les conditions nécessaires de l’équilibre général, du progrès de tous et de la paix dans l’univers.(Pochette du disque « Charles De Gaulle, Discours aux peuples du monde », Disques Déesse DDLX 87, Paris)

En Amérique Latine que les Américains traitent comme leur cour arrière depuis l’énonciation de la doctrine « L’Amérique aux Américains » de l’ancien président James Monroe, le message du général produit l’effet d’un tremblement de terre de force 8 sur la scène politique.

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À Pnom-Penh, au Cambodge le 1er septembre 1966, De Gaulle s’en prend directement à la soif de guerre des États-Unis. Voici le commentaire du professeur François Asselineau, président du parti UPR et candidat à la dernière campagne présidentielle française :

Le 1er Septembre 1966, présent dans la capitale Cambodgienne, le Général de Gaulle prononce devant plus de 200 000 personnes, le « Discours de Pnom-Penh ». Ce discours est un des plus habiles de l’histoire politique de l’humanité. En effet, tout en rappelant l’indépendance de la France, il affirme l’existence d’une troisième voie représentée par les non-alignés.

Cependant, le Général de Gaulle est également visionnaire et marque un tournant dans la manière d’envisager les relations Internationales pour les anciennes puissances coloniales. Ces propos ont été ressentis à l’époque comme une gifle et une trahison par les Américains alors en guerre au Vietnam.

Les Américains, outrés, n’ont alors pas compris toute la subtilité et les nuances de ces paroles car il rend aussi un hommage aux valeurs de libertés qui fondent la démocratie américaine. Ils n’ont pas non plus saisi la lucidité de ses propos. En 1968, c’est à Paris que s’ouvrira la conférence qui mettra fin à la guerre du Vietnam (la guerre la plus inutile et la plus chère de l’histoire des Etats-Unis après la guerre d’Irak).

Ce qui est impressionnant, c’est qu’après plus de 40 ans, ces paroles résonnent encore d’une manière originale et sont plus que jamais d’actualité concernant par exemple la guerre en Afghanistan.

L’été suivant, le 24 juillet 1967, De Gaulle, venu rendre visite à son « ami Johnson » à l’occasion de l’Expo 67, lançait son « Vive le Québec libre ! » depuis le balcon de l’Hôtel de ville de Montréal. À lire ce qui précède, on comprend facilement que cette déclaration était loin d’être spontanée, qu’elle était mûrement réfléchie et qu’elle procédait d’un plan bien défini. On n’est pas général pour rien.

D’ailleurs, cette analyse est confirmée par un de ses intimes, Jacques Foccart, qui relate son échange avec De Gaulle le 27 juillet 1967 dans son Journal de l’Élysée paru chez Fayard en 1998 (t. I, p. 685), au cours duquel le général lui aurait déclaré ceci :

Le fait est qu’un jour le Canada français deviendra une grande puissance et que nous y aurons aidé et que la France en tirera un bénéfice. Bien sûr, pas moi. Ce n’est pas pour tout de suite, bien que, du fait de notre attitude, nous ayons considérablement accéléré le processus. C’est une affaire dont l’avenir s’inscrit d’avance, et de manière certaine depuis notre action, et le développement, croyez-moi, sera beaucoup plus rapide qu’on ne le croit. […]

Il fallait le faire, c’était évident. Je savais à quoi m’en tenir à partir du moment où j’y allais. Alors on m’a dit : Ottawa… Ottawa, je m’en fous ! C’est au Canada français que je rendais visite, c’était l’essentiel. […]

J’aime mieux crever que d’aller au Canada porter un toast à la reine d’Angleterre ! Croyez-moi, j’étais bien soulagé quand ils m’ont offert l’occasion de m’en aller : j’ai sauté dessus avec bonheur.

Tout cela va faire des remous, c’est sans importance. Tout cela va donner des motifs d’articles à toute cette presse infâme et avachie, aux pieds et à la botte des Américains, des Israéliens et de tous les autres, mais qui ne soutient pas la France parce qu’ils ont honte de parler de la France ou de défendre la France : tout cela est sans importance. »

Le dernier mot revient à De Gaulle lui-même. En réponse à ses détracteurs qui ne cessent de l’accabler, il profite de sa conférence de presse du 27 novembre 1967 pour expliquer ses « quatre mots » devenus célèbres du 24 juillet précédent, en réponse aux questions du journaliste québécois Pierre Saint-Germain, alors correspondant de La Presse ou de Radio-Canada à Paris.

Non seulement répète-t-il ses quatre mots avec la délectation gourmande de l’espiègle fermement convaincu d’avoir réussi un bon coup et pressé de river leur clou à ses détracteurs, il les explique avec abondance. Cinquante ans plus tard, ses mots et ses explications conservent toute leur pertinence. Et à chaque fois qu’on les écoute, on est surpris d’y trouver un écho aux propos cités plus haut de l’ancien premier ministre Honoré Mercier au parc Sohmer en 1893.

Les paroles du général ont déjà libéré le Québec en partie. Il reste aux Québécois d’achever la tâche. Ils le feront lorsqu’ils auront devant les yeux la preuve de la nécessité absolue de l’indépendance et de son inévitabilité pour assurer la défense et la promotion de leurs meilleurs intérêts. Le mouvement sera alors si fort qu’il sera irrésistible, peu importe le parti au pouvoir.

Restez aux aguets, ce moment n’est plus si loin. Les bases politiques, économiques, et culturelles de notre système sont de plus en plus fragiles, comme les événements quotidiens ne cessent de nous le rappeler. Le château de cartes est sur le point de s’écrouler. Lorsque cela se produira, il faudra nous souvenir de qui nous sommes et des leçons du général. Notre survie aussi bien individuelle que collective en dépendra.

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Interdire un “droit païen” de domination par Steven Newcomb + Analyse JBL

Interdire un “droit païen” de domination par Steven Newcomb + Analyse JBL

Steven Newcomb magicien des mots pour nous faire tutoyer les étoiles ;

Steven Newcomb –  Universitaire, juriste, chercheur et écrivain Shawnee-Lenape – Auteur du livre : « Pagans in the Promised Lands : Decoding the Doctrine of Christian Discovery » et grâce aux larges extraits de traduction de l’anglais au français par Résistance71 en version PDF {N°4} de 45 pages ici ► « Païens en Terre Promise décoder la Doctrine Chrétienne de la Découverte » nous emmène toujours plus loin dans la sémantique, car les mots sont une arme et bien utilisés ils nous permettront CONJOINTEMENT (Indigènes et Non-indigènes) de faire tomber TOUS les empires en retirant notre consentement, d’un coup sec sous les pieds de l’Oligarchie régnante et un chouïa aux abois quand même. Car elle ne se cache même plus comme vous pouvez le lire dans mon billet du 11 juillet ► Macron : un gouvernement au service du fric et des patrons ! Édito de la CNT-SO. Car en France, par la Nouvelle Voix de Son Maitre, le nouveau Zident véritable cheval de Troie américain placé à l’Élysée directement par les Maitres agissant dans l’ombre pour finaliser le Plan qui a toujours été de « Tuer l’Indigène pour sauver l’Homme » Blanc et de surcroit Chrétien et cela fut rendu possible avec la mise en place des Pensionnats pour Indiens dès 1820 et jusqu’en 1980 aux USA, et dès 1840 et jusqu’en 1996 au Canada

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Résistance au colonialisme : L’origine pseudo-légale raciste de l’ordre colonialiste Zuniens (Steven Newcomb)

Interdire un “droit païen” de domination

Steven Newcomb | 19 juillet 2017 | URL de l’article original ► https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/disallowing-heathen-right-domination/

Traduit de l’anglais par Résistance 71 – URL de l’article ► https://resistance71.wordpress.com/2017/07/24/resistance-au-colonialisme-lorigine-pseudo-legale-raciste-de-lordre-colonialiste-uniens-steven-newcomb/
Lorsqu’un écrivain exprime une réalité particulière, la “réalité” exprimée est alors créée par l’esprit de l’écrivain. Lorsque le juge de la Cour Suprême des États-Unis (CSEU) John Marshall a écrit le compte-rendu du verdict de la CS dans l’affaire Johnson c. M’Intosh en 1823, il a mentalement créé cette version de la “réalité” : A chaque fois qu’un “peuple chrétien” localise une terre habitée par des païens, ceci donne automatiquement aux chrétiens un “titre [de propriété] ultime” sur cet endroit non-chrétien.
Ce que disait en fait Marshall dans ce rendu de l’affaire Johnson est ceci : Lorsque les chrétiens européens ont fait voiles vers quelques endroits non-chrétiens où aucun chrétiens n’avaient jamais été, les chrétiens se sont mentalement, métaphoriquement imaginés comme ayant ou “détenant” le titre de propriété sur les terres et les nations impliquées. Mais il y a quelque chose que Marshall n’a pas expliqué. Si ces évènements engendrant le “titre” se sont bien passés, ils ne se sont pas produits physiquement, ils se sont produits MENTALEMENT, comme le résultat d’un processus de pensée des chrétiens au sujet des terres “n’étant pas possessions d’un prince chrétien”. Les guillemets de ce qui précède sont mis pour noter le côté imaginaire et mental des constructions métaphoriques que nous sommes maintenant capables d’identifier, de défier et de contester mentalement avec notre propre processus de pensée.
Marshall a utilisé son écriture de la décision de l’affaire Johnson c. M’Intosh pour créer une version fondatrice d’une réalité juridique fondée sur la relation chrétien/non-chrétien. Il l’a fait en créant mentalement et en narrant une histoire particulière au nom de la CSEU. Ce fut une histoire que lui et le reste des juges de la CS avaient l’intention de faire garder par le gouvernement des États-Unis afin de pouvoir utiliser les profits et bénéfices de tout ceci politiquement et économiquement pour leurs générations futures et, plus important encore, comme moyen de créer et d’exercer un système de domination sur nos nations natives du continent.
Comme base de cette histoire qu’il racontait au nom des États-Unis, Marshall utilisait des mots et des idées en provenance d’anciens documents comme les bulles pontificales du Vatican et les chartes royales anglaises. Ces documents, de la même façon, émanèrent des esprits de leurs auteurs et furent mis en œuvre par les pouvoirs politiques et leurs institutions. Marshall expliquait une histoire au sujet du comment l’affirmation d’un droit chrétien de domination fut en premier lieu mentalement créé dans “les Amériques” (l’Île de la Grande Tortue) et c’est pourquoi il écrivit ceci :
Aucune des puissances d’Europe ne donna plus son consentement à ce principe [de domination] et ce sans équivoque possible, que l’Angleterre. Les documents à ce sujet sont nombreux et complets. Dès 1496, le monarque anglais donna une commission aux Cabots [père et fils] pour découvrir des pays et terres jusqu’ici inconnus du peuple chrétien et d’en prendre possession au nom du roi d’Angleterre. Dans la commission à John Cabot et à ses fils était inclue une présomption qu’un monarque chrétien (en l’occurrence le roi Henri VIII), avait le droit de dominer des terres qui, jusqu’à ce qu’un représentant du monde chrétien ne s’y rende, étaient “incognito” au “peuple chrétien”. La charte Cabot et les décrets pontificaux du Vatican assumèrent que le “peuple chrétien” possédait automatiquement un droit divin de domination sur toutes terres non -chrétiennes qu’il était capable de localiser et d’envahir.[Pages 85/86 de la version papier du livre Pagans in the Promise Land, et page 29 de la version PDF en français Païens en Terre Promise]
Dans la version originale latine de la charte royale Cabot, dont je possède une copie, plusieurs termes de “domination chrétienne” sont utilisés: “Dominium Titulum” (domination du titre), “subjugare” (dominer, subjuguer). “jurisdictio” (diriger ou contrôler comme moyen de dominer avec succès). Avec pour résultat la loi fédérale indienne qui est enracinée dans le verdict de Johnson c. M’Intosh, ces termes de domination sont toujours utilisés aujourd’hui par le gouvernement des États-Unis contre nos nations natives et pour clamer nos terres et nos territoires. L’histoire de Marshall dans son rendu du verdict de Johnson pourrait être intitulé* Il était une fois, des chrétiens envahirent des terres non-chrétiennes où les processus de la pensée chrétienne n’avaient jamais été encore exprimé.”
Le point important est le suivant : à chaque fois que des chrétiens envahissaient un endroit non-chrétien, les voyageurs, colons de la chrétienté avaient pour intention de créer une “réalité chrétienne” de colonisation et de domination avec l’intention de profiter des ressources existant sur place. C’est çà l’histoire que le juge Marshall expliquait au nom de la CSEU dans son rendu du verdict de l’affaire Johnson contre M’Intosh. Marshall disait que lorsque les chrétiens arrivèrent sur les terres des “natifs qui étaient des païens” (des mots même de Marshall), les chrétiens refusèrent de reconnaître les nations non-chrétiennes comme ayant un “droit du sol”. Les chrétiens refusèrent de penser que toute “nation païenne” avait un “droit de domination de propriété” sur sa propre terre non-chrétienne.
Il est important ici de garder présent à l’esprit que ce que le juge Marshall a écrit au sujet du passé dans le rendu du verdict de l’affaire Johnson, n’est pas ce qui s’est PHYSIQUEMENT passé, mais ce que Marshall a imaginé métaphoriquement et donc déclaré s’être passé quelques siècles plus tôt. Ce qu’il coucha sur le papier furent ses projections de l’imaginaire et son interprétation. Marshall y exprima son propre rendu imaginaire des évènements passés.
Maintenant, à chaque fois que nous relisons le verdict de Johnson, nous recréons de nouveau dans notre esprit la description mentale de Marshall du passé qu’il a créé dans son esprit. Ce fut ce processus mental que le juge Stanley Reed, dans une opinion écrite contradictoire qu’il écrivit dans United States v. Alcea Band of Tillamooks, utilisa pour faire sa déclaration au sujet d’une “théorie” dit-il que l’on trouve dans le verdict de l’affaire Johnson, stipulant qu’une découverte par les nations chrétiennes leur a donné la souveraineté [domination] sur le titre de propriété des terres découvertes.
Pensez-y. Si les chrétiens avaient mentalement reconnu pour toute “nation païenne” d’avoir un “droit de domination” sur son propre territoire, ceci pourrait logiquement mené à la conclusion que l’autorité de la nation païenne dans son propre pays était absolue et exclusive, à l’exclusion donc des chrétiens. A son tour, ceci pourrait mener à un argument puissant disant que les “païens” avaient le droit fondamental d’exclure les envahisseurs chrétiens de manière permanente et de nier leur “prétention” à un droit sur le titre de propriété en sol païen. Il semblerait que ceci soit l’intention clef du verdict de Johnson c. M’Intosh : d’empêcher toute pensée possible sur un “droit de domination païen” (dominion absolu).
La plupart des natifs ne savent toujours pas qu’une “réalité” mentalement créée de domination chrétienne est étroitement imbriquée dans le rendu du verdict de l’affaire Johnson c. M’Intosh. Ils ne savent pas non plus que ce droit affirmé de domination chrétienne sur des non-chrétiens est la base, la fondation dans la loi et politique fédérales indiennes. Non seulement  un droit assumé de domination des États-Unis sur nos nations est utilisé contre nous ; ceci est aussi masqué avec succès derrière de telles phrases : “la relation de confiance”, “le pouvoir plénier du Congrès des États-Unis”, “le titre aborigène” et “le droit d’occupation des sols”.

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Steven Newcomb en décodant le processus mental du Juge Marshall qui l’a conduit à rendre sa décision dans l’affaire Johnson vs McIntosh en 1823, cracke du même coup le processus mental des premiers colons/envahisseurs/exterminateurs, qui avait été implanté dans leur cortex par les hommes en jupe, les papes ; (lire les bulles papales de 1455 et 1493, et l’édit de Boniface VIII en 1302 qui a affirmé péremptoirement posséder tout être vivant, la planète et tout ce qu’elle contient ; il l’a fait au travers d’une bulle (édit) pontifical auto-déclaré. Il affirma être le représentant de “dieu” sur Terre. (NdT : bulle Unam Sanctam, 1302: http://didascale.com/bulle-unam-sanctam-1302-de-boniface-viii/) grâce à la Nation Mohawk qui nous le rappelle .) soit la codification « secrète » de la domination sur la Terre par l’esprit des hommes blancs exclusivement et en application stricte du Livre de la Genèse ;

Le Livre de la Genèse  est le premier livre de la Torah (Pentateuque), et donc de la Bible. Ce livre est fondamental pour le judaïsme et le christianisme. Récit des origines, il commence par celui de la création du Monde par Dieu, suivi d’un second relatant celle du premier couple humain. Ce second récit génésiaque montre ensuite qu’Adam et Ève, qui forment ce premier couple, désobéissent, et sont alors exclus du jardin d’Éden. Dieu détruit ensuite l’Humanité par le Déluge, dont seuls Noé et sa famille sont sauvés. Enfin, Dieu différencie les langues et disperse l’Humanité sur la surface de la Terre, lors de l’épisode de la tour de Babel. Après cela, l’essentiel de la Genèse est consacré aux histoires d’Abraham, de Jacob et de Joseph.

Et ici sur ce blog, comme sur R71 ; Nous documentons que les récits bibliques décrits dans le Livre de la Genèse, l’Ancien Testament et tout récit mythologique y afférent sont des mythos, comme l’histoire biblique de Joseph qui selon les travaux de recherche du Dr. Ashraf Ezzat coule comme le Titanic, les preuves dans ce PDF N° 3 TRADUCTION DE LA BIBLE & ESCROQUERIE HISTORIQUE
Voilà leur PLAN depuis toujours, il est dévoilé, là, sous nos yeux. Newcomb en décodant la doctrine chrétienne de la découverte, vient de cracker le code secret de la domination mise en œuvre par les croyants de tout poils et la réactivation du Plan avec la théorie de la dévolution que professent les Créationnistes dont les disciples et ardents défenseurs sont placés à des points les plus stratégiques (voir Kabbalistiques) comme les Bush (De Prescott à Junior) et dans l’administration Trump avec Pence en tête mais Pruitt, Puzder, Bannon, et en France avec l’avènement du demi-dieu autoproclamé ; Jupiter 1er.
Avec le créationnisme : Théorie qui trouve ses origines dans le livre de la Genèse et qui s’oppose à l’évolutionnisme, concept créé aux USA par des fondamentalistes religieux qui voudraient voir la Bible prendre place au cœur de l’enseignement. Les méthodes du créationnisme s’affinent, jouent sur les ambiguïtés et sur le langage, et avancent sans heurt majeur, avec l’aval d’un président Bush aux USA comme on a pu le documenter très précisément lorsqu’en 2003 ; Bush confiait à Chirac : « il faut envahir l’Irak pour stopper les hordes de Gog et Magog » qu’un Jacques Chirac découvrait un poil effaré quand même, qu’il questionnât rien moins que le spécialiste de l’Ancien Testament ; Thomas Römer, expert à l’UNIL ► À lire absolument ICI avec le PDF en lien édifiant dont le titre est sans équivoque : Georges W. Bush et le Code Ézéchiel . Ézéchiel facilite le soutien américain à Israël. Plus largement, ce texte d’Ézéchiel explique les liens très forts qui se sont tissés entre les États-Unis et l’État d’Israël. «Pour George W. Bush, ce texte a des conséquences politiques, poursuit Thomas Römer. Comme de nombreux chrétiens américains, il croit que Dieu sera auprès d’Israël lors de la confrontation finale, donc que les ennemis de ce pays seront dans le camp de l’Antéchrist. Il soutiendra donc Israël sans faiblir, parce qu’il est intimement persuadé que, quand la fin des temps arrivera, il faudra être du côté d’Israël.»
Et l’on comprend maintenant ce lien indéfectible entre les Zunies et Israël et sans cesse resserré par tous les Potus et Trump ne pouvait y faire exception si ce n’était lui-même, par l’entremise de son Vice-Président : Mike Pence et de tous les Néo-con et ça fait du monde…
Du « Procès du Singe » en 1925 au créationnisme scientifique des années 1980 (sous Reagan donc) lisez, par vous-mêmes ► http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article418.

Et comprenez pourquoi il nous est si difficile (mais nullement impossible) de faire tomber l’empire anglo-américano-christo-sioniste ;

Le 21 juillet 1925, un juge du Tennessee condamnait un jeune enseignant, Thomas Scopes, à une amende de 100 $ pour avoir enseigné l’évolution aux élèves de l’école publique de Dayton… Une loi de l’État qui interdisait à « tout enseignant d’Université, d’École normale ou de toute autre école publique financée partiellement ou totalement par des fonds de l’État, une théorie qui nie l’histoire de la Création divine de l’homme, telle qu’elle est enseignée dans la Bible ». En 1981, point d’orgue de la campagne, une loi votée par 69 voix contre 18 par la chambre de l’État de l’Arkansas précise que « à l’intérieur de l’État, les écoles publiques devront dispenser un enseignement équivalent du créationnisme et de l’évolutionnisme ».

Aux créationnistes de la Terre, aux croyants de tout poil ;

Vous qui croyez en l’Éternel votre Dieu qui prédisposa dans le DEUTERONOMY 7: 1-2, 5-6 de l’ancien testament de la Bible : Lorsque l’Éternel, ton dieu, t’auras fait entrer dans le pays dont tu vas prendre possession et qu’il chassera devant toi beaucoup de nations et que tu les auras battues alors tu devras les détruire entièrement.
Tu ne traiteras point d’alliance avec elles, et tu ne leur feras point grâce, tu ne laisseras la vie sauve à aucun d’entre eux.
Voici au contraire comment tu agiras à leur égard : tu renverseras leurs autels, tu briseras leurs statues, tu abattras leurs idoles et leurs arbres et tu les brûleras au feu.


Non seulement les peuples originels sont toujours là, debout, mais nous nous tenons à leurs côtés. Ces peuples que vous déclarés Res Nullius en Terra Nullius aujourd’hui comme hier, leur déniant même leur ancestralité alors qu’elle est prouvée ;
Charles C. Mann dans son excellent ouvrage « 1491 » écrit ceci p.186 :    « La nouvelle preuve archéologique était depuis Monte Verde, un bord de rivière chilien qui fut recherché par l’archéologue Tom Dillehay de l’université du Kentucky et Mario Pino de l’université du Chili à Valvidia avec une équipe d’étudiants et de spécialistes. Ils commencèrent leurs travaux de recherche de terrain en 1977 et terminèrent les travaux archéologiques en 1985. Ils publièrent les résultats de leurs recherches en deux énormes volumes en 1989 et en 1997… Une des conclusions est que des Paléo-Indiens ont occupé Monte Verde il y a au moins 12 800 ans. Non seulement cela, mais ils trouvèrent de très bonnes indications de la présence d’habitations humaines datant d’il y a plus de 32 000 ans, […] Donc si Monte Verde était au minimum vieux 12800 ans, les Indiens ont dû venir dans les Amériques des milliers d’années auparavant [pour se retrouver au Chili à cette époque]… »

Et que vous pouvez compléter par Marylène Patou-Mathis, qui dans son livre « Néanderthal, une autre humanité »,    indique que les premières traces de feu humain en France par exemple ont été trouvées en Bretagne et date d’il y a plus de 450 000 ans, foyers allumés par des pré-néanderthaliens. Les grottes de Lascaux datent de -25 000 à -29 000 ans.

Les preuves archéologiques des pré-néanderthaliens datant d’entre – 500 000 et – 350 000 ans sont communes et abondantes. Notamment avec la découverte de « l’homme de Tautavel » dans les Pyrénées Orientales.

Les plus anciennes traces archéologiques pré-néanderthaliennes retrouvées en Europe ont été trouvées en Espagne à Gran Dolina dans la Sierra d’Arapuerca sur un site daté d’environ 800 000 ans… Aussi les plus anciens fossiles humains européens ont été découverts à Dmanissi en Géorgie et sont datés de 1,8 millions d’années.

Et si nous sommes encore trop peu, nous n’en sommes pas moins déterminés à démontrer que L’ENTRAIDE est bien un facteur d’évolution…

JBL1960

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MEURTRE PAR DÉCRET dans les Pensionnats pour Indiens (USA) de 1820 à 1980

MEURTRE PAR DÉCRET dans les Pensionnats pour Indiens (USA) de 1820 à 1980

Dossier à relier à Meurtre Par Décret ► Le crime de Génocide au Canada de 1840 à 1996

Dossier que je tiens régulièrement à jour avec les billets ad hoc, sachant que vous pouvez retrouvez, sur ce blog, tous les billets traitant des Natifs, des peuples autochtones de tous les continents dans la catégorie PEUPLES PREMIERS.

Et comme le précise plus bas R71, c’est grâce à la ténacité de Kevin Annett et   son énorme travail d’investigation depuis plus de 20 ans pour faire éclater la vérité. Annett est un véritable « lanceur d’alerte » mais surtout un chercheur de vérité. Vous pouvez sur ce blog grâce à Résistance71 qui a entièrement traduit son livre « Truth Teller’s Shield : A Manual for Whistle Blower & Hell Raisers » et en accord avec l’auteur car j’ai pu ainsi réaliser la version PDF {N°2} « Le Bouclier du Lanceur d’alerte » ; Lire, télécharger ou encore imprimer  gratuitement cet indispensable ouvrage qui nous permettra de devenir, TOUTES et TOUS des « lanceurs d’alertes et des diseurs de vérité » car il ne suffit pas de chercher la vérité si nous n’en faisons rien, par peur de perdre notre petit confort bien illusoire qui disparaitra, de toute façon, avec la prochaine crise économique « manipulée » qui arrivera tôt ou tard… N’attendons pas qu’elle nous dépouille, nous laissant totalement démuni. N’attendons pas que les grilles totalitaire se referment sur nos tronches. Organisons-nous, dès maintenant, affutons notre conscience politique, nous les peuples, non pour déclencher une insurrection, mais un tsunami d’une révolution sociale qui emportera tout sur son passage… Car comme il est mentionné dans le bouclier du lanceur d’alerte de Kevin Annett : Un homme et la vérité font une majorité, Thomas Paine, 1778.

Un seul grain de sable peut enrayer la machine à nous tuer et quelques grains de sable à sa suite positionnés à des endroits stratégiques peuvent la stopper voire la faire imploser…

Comme le Poème de Percy Shelley, dans le livre de KA le dit en conclusion : Vous êtes nombreux, ils sont peu…

Je tiens à préciser que tous les PDF que j’ai réalisés et que vous trouverez dans cette page dédiée ► LES PDF DE JBL1960 ; sont en lecture, téléchargement et impression gratuits. La recherche de la vérité n’a pas de prix, et ici, comme chez R71 et quelques autres, je pense à la Revue Ballast par exemple, ou Contre-temps… Nous estimons que LA VÉRITÉ libèrera les peuples à tout jamais et que ce n’est pas monnayable !

Résistance au colonialisme : La procédure d’enquête sur la disparition de dizaines de milliers d’enfants des pensionnats pour Indiens se lance à Yankland…

Enfin il semblerait qu’une procédure d’enquête prenne forme pour rechercher le crime génocidaire contre les enfants autochtones des nations originelles aux États-Unis, enfants qui furent, comme au Canada, arrachés à leurs familles et incarcérés dans des pensionnats gérés par le gouvernement fédéral et les églises. Des dizaines de milliers d’entre eux ont « disparu » entre 1820 et les années 1980.
Il est important qu’une enquête soit menée de manière indépendante sans s’en remettre ni aux autorités fédérales qui masquent le crime depuis plus de 100 ans, ni à l’ONU, inféodée à l’empire par le financement de ses divers commissions et groupes de « recherche ». Quoi qu’il en soit, il ne faut plus lâcher l’affaire.
A lire : « Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada » [NdJBL : version PDF  {N°1} de 58 pages de l’essentiel de l’original Murder By Decree, 400 pages ► MàJ le 30/05/2017 avec derniers billets ad hoc et connexes]  par le TIDC, Contre-rapport de la farce de la Commission Vérité & Réconciliation canadienne,  qui ne fut qu’une entreprise de blanchiment d’un crime contre l’humanité, toujours impuni aujourd’hui parce que ceux qui « jugent » sont ceux-là mêmes qui ont commis le crime sur plus d’un siècle
Voir le travail au Canada de Kevin Annett et des associations de survivants des pensionnats, on ne peut que souhaiter qu’un tel mouvement se mette enfin en place aux USA…

~ Résistance 71 ~

Avez-vous des informations au sujet de parents qui ont été dans les pensionnats pour Indiens ?

Quatre organisations ont besoin d’aide en regard des personnes ayant des parents ayant disparu dans les pensionnats pour Indiens aux États-Unis

Rick Kearns |16 juillet 2017 | URL source : https://indiancountrymedianetwork.com/history/people/information-relatives-attended-boarding-schools/

Traduit de l’anglais par Résistance 71 ► URL de l’article ► https://resistance71.wordpress.com/2017/07/17/resistance-au-colonialisme-la-procedure-denquete-sur-la-disparition-de-dizaines-de-milliers-denfants-des-pensionnats-pour-indiens-se-lance-a-yankland/
Les leaders natifs en appellent à tout le monde en pays indien, ils demandes des informations au sujet d’enfants qui ne seraient jamais retournés chez eux et disparurent après avoir été envoyés dans les pensionnats pour Indiens aux États-Unis.
Les leaders veulent réunir ces informations et ensuite forcer le gouvernement des États-Unis à fournir toutes les archives au sujet des pensionnats et des enfants qui y ont été incarcérés, incluant les enfants disparus, à leurs familles.
La National Native American Boarding School Healing Coalition (NABS), le Native American Rights Fund, le National Congress of American Indians, et le International Indian Treaty Council rassemblent des documents et éléments pour être présentés au groupe des Nations-Unies de l’United Nations Working Group on Enforced and Involuntary Disappearances (UNWGEID).
Les groupes, par l’UNWGEID, demanderont aux États-Unis de “fournir une comptabilité complète des enfants autochtones qui furent envoyés dans les pensionnats pour Indiens et dont la destinée et la localisation demeurent inconnues”, d’après la déclaration de presse effectuée.
“Le gouvernement des États-Unis  n’a jamais accepté la responsabilité des impacts inter-générationnels qu’a eu la politique et le programme des pensionnats pour Indiens, programme qui a retiré des milliers d’enfants indigènes de leurs familles et communautés entre 1869 et jusqu’à une période aussi récente que les années 1980 et ce pour l’objectif déclaré de l’assimilation forcée. Les États-Unis n’ont toujours pas donné de chiffres précis au sujet du nombre d’enfants qui sont morts alors qu’ils étaient détenus par les autorités gouvernementales sous cette politique, ils n’ont pas non plus fournis de preuves montrant que les familles impliquées furent informées de manière consistante du décès ou de la disparition de leurs enfants et ce malgré un grand nombre de tentative d’obtenir ces informations par le biais du Freedom of Information Act (FOIA) ou loi sur la liberté de l’information, dont des demandes furent dûment enregistrées par la National Native American Boarding School Healing Coalition, the Native American Rights Fund (NARF) et le International Indian Treaty Council (IITC),” déclare le communiqué de presse.
“NABS, IITC, NARF et le NCAI demandent respectueusement que les familles  et les tribus rassemblent tous les témoignages possibles et partagent l’information, le cas échéant, afin de documenter tout cela auprès de l’ONU.”

Chacun des groupes a fait des demandes de demandes d’information officielles, d’après Christine McCleave de la nation Ojibwe, directrice du bureau de la National Native American Boarding School Coalition,  qui a enregistré des demandes d’information sous le FOIA en février 2016.
Dans sa demande officielle, le NABS a demandé ceci :

  • Le nombre de pensionnats établis pour des élèves autochtones entre 1819 et 1972, soutenus par un budget et/ou une politique fédéraux
  • Le montant du budget qui fut alloué par le gouvernement fédéral à l’opération des pensionnats et l’identité de chacune de ces écoles, églises, missions ou autres récipiendaires de ces fonds fédéraux.
  • L’endroit géographique de chacune de ces écoles, le nombre de leurs élèves pour chaque année en opération et l’identité de chacun des élèves emmené dans ces pensionnats incluant leur affiliation nationale (incluant les Pueblos et les villages d’Alaska) et
  • Ce qu’il est advenu de chacun de ces élèves, s’ils sont retournés chez eux, s’ils ont été transférés dans d’autres endroits pour plus de formation ou s’ils sont décédés et ont été enterrés dans ces pensionnats ou dans tout autre cimetière.

McCleave nota que le NABS a été en contact avec le Bureau des Affaires Indiennes (BIA) mais n’a reçu aucune des archives demandées.
Cette dernière décennie, il y a eu plusieurs découvertes de tombes anonymes, masquées dans plusieurs de ces pensionnats à travers les États-Unis. En 2015, la chercheuse universitaire Marsha Small a trouvé plusieurs tombes anonymes sur le site du cimetière de la Chemawa Indian School dans l’état de l’Oregon* après avoir recherché cette zone au moyen d’un radar de pénétration.
L’historienne et experte de la tristement célèbre Carlisle Indian Industrial School**, Barbara Landis, a remarqué des tombes anonymes tout comme le fait que des élèves disparus y sont des affaires toujours non résolues.
“Des 14 pierres tombales que nous avons découvertes, nous avons trouvé les noms de toutes sauf deux. Le gouvernement fédéral s’occupe d’obtenir les archives de la Cumberland County Historical Society et du Dickinson College pour un projet de numérisation en ligne.”
Le nombre total d’enfants autochtones disparus n’a pas (encore) été établi aux États-Unis (NdT : il est de plus de 50 000 au Canada, cf. notre traduction de “Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada”, le contre-rapport de la CVR canadienne qui fut une véritable farce et parodie de justice..), mais un universitaire natif, Preston McBride, a estimé que le chiffre pourrait être bien au-delà des 10 000 enfants disparus.
McCleave a aussi dit que le NABS n’a pas non plus collecté toutes les données.
“Nous avons quelques indices, mais nous sommes toujours dans le processus de la collecte de témoignages officiels. Nous savons que des enfants ont disparu parce que la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) canadienne a trouvé les noms de 6000 enfants (NdT : chiffres bidouillés par la commission en question, un chiffre conservateur est de 50 000 enfants morts/disparus certainement plus, au Canada, entre les années 1860 et 1996, date de fermeture du dernier des pensionnats…) qui moururent ou disparurent lors de leur séjours dans les pensionnats,” a dit McCleave.
“Il y a aussi des preuves s’accumulant concernant des tombes anonymes dans les cimetières de pensionnats aux États-Unis”, a t’elle ajouté. Dans leur demande officielle de FOIA de 2016, le NABS a estimé qu’il a pu y avoir jusqu’à 500 de ces pensionnats pour les enfants autochtones aux États-Unis.
Le NABS et les institutions coopérantes espèrent rassembler le plus de témoignages possibles au sujet des enfants disparus en août pour la réunion de l’UNWEIGD se tenant en septembre à Genève, mais ils pourront étendre la date limite si nous estimons que nous avons besoin de plus de temps pour rassembler plus de témoignages” a dit McCleave.
“Aidez-nous à contacter des familles et parents qui pourraient avoir des informations ou des témoignages plus spécifiques et désirant partager cette information concernant des membres de leurs familles ayant été dans les pensionnats et qui sont aujourd’hui toujours disparus et dont on ne sait pas ce qu’ils sont devenus,” a t’elle ajouté.


*Oregon : J’ai traité à fond l’affaire Bundy des fermiers de Malheur dans l’Oregon par de nombreux billets tous regroupés en lien dans ce tout dernier ► Oregon de Malheur !
Cette affaire est significative de l’esprit de l’homme blanc à l’origine de la Loi Fédérale Indienne (USA) comme vient de nous le rappeler, et de manière magistrale, Steven Newcomb avec son dernier billet ► L’esprit de l’homme blanc à l’origine de la Loi Fédérale Indienne par Steven Newcomb
**Pensionnat pour Indiens Carlisle : Parce que la seule motivation depuis octobre 1492  sans cesse rappelée en ces termes par tous les fondateurs de Pensionnats pour Indiens, comme Richart Pratt fondateur de l’École Pensionnat pour Indiens de Carlisle [NdJBL : traité en lien dans ce billet de blog] était de TUER L’INDIEN POUR SAUVER L’HOMME blanc et de surcroit chrétien.
C’est pourquoi vous pouvez en complément de lecture, prendre connaissance de ce billet de blog majeur ► Tuer l’Indigène pour sauver l’Homme ;
Mais également du tout dernier article de la Nation Mohawk que j’ai complété par des billets et PDF connexes, qui inclut la vidéo de la Crise d’Oka en 1990 et dans lequel je fais un focus sur Crazy Horse, chef Amérindien Lakota ► Convaincre et non vaincre…
Car nous pouvons, par nos relayages, amplifier les Voix anticoloniales autochtones, et faire tomber l’empire en lui retirant notre consentement, en disant NON !
Nous ne sommes pas coupables, ni responsables de l’organisation du génocide amérindiens par les hommes en jupe, mais nous serions complices dès lors que nous connaissons les faits, les coupables, les responsables et que nous ne ferions rien pour les empêcher de continuer le génocide passif qui a toujours cours aujourd’hui, notamment avec les Réserves Indiennes, et la vente à la découpe de l’île de la Grande Tortue que tentent d’organiser Trump et Trudeau ; Avec la Loi Fédérale Indienne (USA) ; l’INDIAN ACT au Canada et au Québec et dans tous les pays du Commonwealth ; Et tout pays soumis à la doctrine chrétienne de la découverte, comme en Australie, Nouvelle-Zélande…

« Mon devoir est de parler, je ne veux pas être complice »

Extrait de « J’accuse » d’Émile Zola

OUVRONS-LA ne soyons plus complices des mensonges et crimes d’État et au N.O.M. de leur dieu voire en France d’un demi-dieu

Nous sommes la solution !

JBL1960

L’illustration du billet est issue de l’article original de Rick Kearns sur ICTMN : Courtesy Oregon Historical Society Research Library – This photograph was taken in 1882 at an Indian Training School in Forest Grove, Oregon.

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La déclaration de Balfour ou le sionisme au cœur du projet impérialiste occidental

Il y a 100 ans, en 1917, la Grande Bretagne, par la voix de son Ministre des Affaires étrangères Arthur Balfour, se déclarait en faveur de l’établissement d’un foyer national juif en Palestine. A la fin de la première guerre mondiale, le dépeçage de l’empire ottoman fut une étape majeure de l’influence des puissances impérialistes au Proche et Moyen Orient. En se fondant sur des faits historiques, cette analyse montre comment la déclaration Balfour, qui répondait aux exigences du mouvement sioniste et servait les intérêts impérialistes en garantissant une présence occidentale permanente dans cette région, est sans doute l’un des événements qui aura marqué le plus profondément le XXème siècle.

La déclaration de Balfour ou le sionisme au cœur du projet impérialiste occidental
En effet, dès la fin du XIXème, le sionisme, mouvement colonialiste juif, apparut en Europe. Son but était de créer un Etat pour les Juifs quelque part dans le monde. Le choix stratégique de la Palestine présentée par les sionistes comme « terre sans peuple pour un peuple sans terre » révéla un vaste projet colonial qui prolongeait l’impérialisme européen. Dès lors, les sionistes courtisèrent les dirigeants des grandes puissances, profitant de leurs rivalités pour faire faire aboutir leur projet. Si la Grande Bretagne porte la plus grande responsabilité quant à la dépossession des Palestiniens, la France y prit une part non négligeable. Par la contribution au dépeçage de l’empire ottoman, ses prétentions impérialistes sur la Grande Syrie et la mise en échec des aspirations arabes à l’indépendance et à l’unité, l’Etat français joua également un rôle décisif sur l’avenir de cette région tant convoitée.

Trente ans avant la déclaration de Balfour, le colonialisme juif s’installe en Palestine[1].

La période de colonisation qui précède la déclaration de Balfour fut déterminante pour le destin de la Palestine car elle dessina le maillage du territoire par les colonies juives. La déclaration de Balfour vint entériner ce fait accompli et proposa un cadre politique à cette colonisation, ce qui facilita le processus.

Dès la fin du XIXème siècle, les sionistes commencèrent à s’installer en Palestine dans des régions en plein développement économique, et où une grande partie des terres avaient été privatisées au profit de grands financiers et commerçants, Libanais pour la plupart. La première colonie juive fût installée en 1878. Suite à la création de l’organisation sioniste par Théodore Herzl, un nombre croissant de colons juifs s’installèrent en Palestine au début du XXème siècle, et le Fonds national juif intensifia l’achat des terres aux grands propriétaires. Par exemple, une seule famille beyroutine, les Sursuq, et leurs associés, furent responsables à eux seuls de la vente de plus de 22% des terres palestiniennes avant 1948. Cette nouvelle vague de colonisation juive était beaucoup plus organisée, politique et militante. Les colons étaient décidés à créer une société exclusivement juive en Palestine. L’éviction des ouvriers agricoles arabes au profit d’ouvriers juifs se renforça, ce qui fut à l’origine des premiers heurts entre les fellahins et les colons armés.

Avant la première guerre mondiale, les juifs représentaient moins de 10% de la population palestinienne. Pourtant le tracé de l’implantation des colonies juives constituait déjà l’armature stratégique et démographique du projet colonial sioniste qui allait se mettre en place sous la protection des Britanniques.

Pour garantir leur présence dans la région, les Britanniques cautionnent le projet sioniste[2].

La première guerre mondiale donna l’occasion aux puissances occidentales, notamment la France et la Grande Bretagne, de renforcer leur présence militaire dans la région afin de combattre l’empire ottoman allié de l’Allemagne et d’y asseoir leur domination impérialiste. Les enjeux étaient énormes et la rivalité entre la Grande Bretagne et la France façonna leurs accords et le devenir de la Palestine. Les Britanniques, par l’intermédiaire de Sir Henry Mc Mahon, s’engagèrent auprès du Shérif Hussein de la Mecque à soutenir l’indépendance arabe et la création d’un Etat indépendant comprenant l’Irak et la Syrie en échange de son implication pour conduire la révolte arabe contre les Turcs. Pour les Arabes, la Palestine était partie intégrante de ce futur Etat. En parallèle Britanniques et Français menaient des négociations secrètes au sujet du dépeçage de l’empire ottoman. En garantissant les prétentions de la France sur une partie de la Syrie, l’accord secret dit de Sykes-Picot, conclu en mai 1916, proposait la division de la Palestine en quatre zones sous influence française, britannique et arabe, la dernière (Jérusalem et Naplouse) étant placée sous administration internationale.

Mais dans le cadre de leurs visées impérialistes, la création d’un foyer juif pouvait garantir l’emprise britannique sur la Palestine. Même si l’accord de Sykes-Picot ne faisait pas directement référence à ce projet, les négociateurs britanniques avaient de nombreuses relations avec les principaux dirigeants sionistes. La Palestine présentait un caractère stratégique extrême pour la Grande Bretagne car elle permettait d’assurer le passage par le canal de Suez, ce qui de fait plaçait cette région au « centre de l’Empire britannique ». Il était donc nécessaire de maintenir coute que coute la mainmise britannique sur la Palestine. La création d’un Etat juif, que les Anglais envisageaient comme « faible », apparaissait alors comme la meilleure option pour servir de tampon et rompre la continuité arabe. De plus les Britanniques et les Français comptaient sur la communauté juive américaine pour convaincre le gouvernement américain de s’engager dans la guerre et le soutien au projet sioniste en représentait la contrepartie [3]. Restée discrète sur ce sujet pour ne pas démobiliser ses « alliés » arabes, la Grande Bretagne, par la voix de son ministre des Affaires Etrangères Arthur Balfour, se déclara officiellement en faveur de l’établissement d’un foyer juif en Palestine le 2 novembre 1917, quelques semaines avant la fin de la guerre :

« ….Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un Foyer national pour le peuple juif, et il emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui porte atteinte aux droits civils et religieux des communautés non juives de Palestine ainsi qu’aux droits et aux statuts politiques dont les Juifs jouissent dans les autres pays»

Conformément à cette déclaration, les dirigeants politiques en Grande Bretagne mirent tout en place pour favoriser le colonialisme juif et donner satisfaction aux sionistes. Il était clair que le principe de libre choix des peuples énoncé à l’issue de la première guerre mondiale par les impérialistes ne concernait pas les Palestiniens, la déclaration de Balfour les reconnaissant uniquement comme une communauté non juive privée de droits politiques, et non comme le peuple arabe autochtone. Les enjeux internationaux étaient supérieurs aux intérêts de la population arabe locale. De plus, le sionisme représentait un rempart contre les Arabes et les idées anticolonialistes que portaient certains penseurs musulmans depuis la seconde moitié du XIXème siècle. Les Britanniques étaient ainsi résolus à imposer par la force le programme sioniste, tel que le souhaitaient ses instigateurs qui de leur côté mettaient déjà en place milices para-militaires et services de renseignement. Par ailleurs, l’idée du transfert de la population autochtone commençait à être énoncée ouvertement par les sionistes sans rencontrer d’opposition de la part des Britanniques. Sans surprise, le découpage de la région négocié par les puissances occidentales depuis quelques années fut entériné en 1920 à la Conférence de San Remo. La Grande Bretagne obtint le mandat britannique sur la Palestine y compris la Galilée, la Déclaration de Balfour étant reprise in extenso dans les articles du mandat. Plus qu’un mandat britannique, c’est un blanc-seing que les impérialistes donnèrent aux sionistes pour occuper la Palestine.

Le sionisme profite de la rivalité franco-britannique pour l’hégémonie impérialiste au Proche Orient[3]

Malgré les négociations entre Britanniques et Français, chacun poursuivait sa propre stratégie pour étendre son influence au Proche et Moyen Orient. Ainsi le sionisme profita toujours des rivalités entre ces deux puissances pour l’hégémonie impérialiste sur la région. Dans le contexte de la désagrégation de l’empire ottoman, la France avait développé de nombreux intérêts économiques et géopolitiques avec la Syrie, Palestine comprise. Elle y intervenait régulièrement militairement pour soi-disant « protéger » les populations chrétiennes et avant le début de la première guerre mondiale, la France avait bon espoir de voir satisfaire ses ambitions impérialistes.

Même si les grandes fortunes juives investissaient dans la colonisation agricole en Palestine, le mouvement sioniste était initialement peu implanté dans l’Hexagone. Mais pendant la première guerre mondiale, la vision française du sionisme changea progressivement. Fortement endettée auprès des banques américaines, la France souhaitait que le gouvernement des Etats Unis abandonnât son principe de neutralité pour participer à l’effort de guerre. Les sionistes étaient considérés comme des intermédiaires déterminants pour convaincre les USA. C’est dans ce contexte que la France exprima son soutien officiel au projet sioniste dès avril 1917. Pourtant ce soutien resta formel alors que celui des Britanniques se concrétisa par la déclaration de Balfour. L’entrée en Palestine des troupes britanniques fin 1917 fut une nouvelle marque de la rivalité entre les grandes puissances et de la volonté britannique de contrer les prétentions françaises dans la région. Par ailleurs le déclenchement de la révolte arabe et le projet de création d’un grand Etat arabe soutenu par les Britanniques contrarièrent un peu plus les prétentions coloniales françaises. Le gouvernement français craignait entre autres que ce mouvement d’indépendance n’affecte son empire au Maghreb. Globalement le rapport de force était très favorable aux Britanniques. Les négociations pour conclure un accord final sur le dépeçage de la région consistèrent alors pour la France à faire le moins de concessions possibles. Dans ce contexte, les Français hésitaient sur le soutien qu’ils devaient apporter aux sionistes. La faible adhésion initiale de la communauté juive française, la pression des mouvements catholiques et les risques de voir les juifs maghrébins se tourner vers le sionisme alors que les Français comptaient sur eux pour contrôler leurs colonies au Maghreb justifient leurs hésitations. Mais les pressions américaines firent pencher la balance. En février 1918, un soutien au foyer juif en Palestine fût énoncé dans un courrier officiel. Dès lors, la France n’eut de cesse de favoriser le projet sioniste, certainement pour tenter de limiter l’influence britannique. En échange du retrait du soutien britannique à la souveraineté arabe en Syrie, elle abandonna ses velléités sur la Palestine, donna son accord au mandat britannique et précisa qu’elle n’était pas hostile à la formation d’un Etat juif. A San Remo, la France reçut le mandat sur la Syrie. Si elle renonçait à toute influence directe, elle joua un rôle considérable sur l’avenir de la Palestine par la manière dont elle imposa son diktat colonial sur la Syrie selon le principe de diviser pour mieux régner, et par celle dont elle géra sa rivalité avec la Grande Bretagne. Ainsi elle favorisa dans les années 30 et 40, la rébellion des colons sionistes contre les forces mandataires britanniques. Depuis lors, sa collaboration avec le sionisme alla crescendo, notamment de le cadre de sa lutte contre le nationalisme arabe en Syrie, en Egypte et au Maghreb en général et en Algérie en particulier.

Conclusion

Ainsi en une trentaine d’années entre la fin du XIXème et le début du XXème siècle, étaient posées les bases géopolitiques qui allaient définir l’avenir de la Palestine, mais également de toute la région. Cette période fût aussi déterminante pour la prise de conscience des Palestiniens et des peuples arabes en général sur les dangers du sionisme, ainsi que la mise en place de la résistance palestinienne contre la dépossession. Initiée par les fellahins chassés de leur terre, la résistance devint rapidement le fait de toutes les couches de la société palestinienne. Elle prit rapidement un caractère nationaliste arabe contre les ottomans, puis contre les Britanniques. D’abord politique, elle se prépara très tôt à la lutte armée.

Aujourd’hui, cent ans après, la Grande Bretagne et la France ont perdu leur empire colonial, et ne jouent plus de rôle majeur au Proche Orient. La crise de Suez en 1956 a sonné le glas de la présence britannique dans cette région et malgré ses velléités, la France a perdu toute influence notable. Si les sionistes ont réussi à établir un Etat juif, ils n’ont pas réussi à faire disparaître la Palestine. Malgré le soutien indéfectible des puissances impérialistes, notamment les USA et la France, ils n’ont pas réussi non plus à finaliser leur projet colonial de « Grand Israël » en raison d’une résistance continue depuis plus d’un siècle, des Palestiniens, des Arabes et de l’ensemble des peuples de la région. Depuis 1967, ils n’ont pas étendu leur emprise. En 1978, ils ont dû se retirer du Sinai, en 2000 du Sud Liban et en 2005 de Gaza. En parallèle, le mouvement de résistance palestinien, né aux premières heures de la dépossession, n’a cessé de se développer. Malgré les difficultés et ses erreurs stratégiques, ce dernier est aujourd’hui potentiellement plus puissant que jamais. Le renforcement actuel de l’axe de la résistance au sionisme composé de l’Iran, de la Syrie et du Hezbollah libanais joue également en sa faveur. Analysés à l’échelle d’un siècle, les rapports de force ont donc été largement modifiés, ce qui laisse envisager des perspectives encourageantes pour la libération de la Palestine.

[1] L’identité nationale palestinienne. La construction d’une conscience nationale moderne. R. Khalidi (2003). Ed. La Fabrique.

[2] Histoire de la Palestine. 1896-1940. A.W. Kayyali (1985). Ed. L’Harmattan

[3] Itinéraires de Paris à Jérusalem. La France et le conflit israelo-arabe (Tome 1 : 1917-1958). S. Kassir, F. Mardam-Bey (1992). Ed. Revues d’études palestiniennes

Source de la photo : http://tempsreel.nouvelobs.com/histoire/20161222.OBS3011/declaration-balfour-une-promesse-passee-presque-inapercue.html

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« L’Algérie est avec la Palestine en toutes circonstances »

Houari Boumédiène

« L’Algérie est avec la Palestine en toutes circonstances »
«La cause palestinienne est sacrée, nous sommes solidaires du peuple palestinien. Exiger plus que lui c’est de la démagogie, accepter moins que ce qu’il demande, c’est de la trahison.» […]

«On ne peut pas être amis avec les alliés de notre ennemi». […]

«Après l’indépendance, les pays développés ont pensé à une autre stratégie pour préserver leurs intérêts dans le monde arabe. Cette stratégie est Israël. Pour que la Palestine recouvre son indépendance, nous devons faire la guerre à Israël ainsi qu’à ses alliés». […]

«Il ne s’agit pas d’une guerre de religions. L’Islam est la religion de la liberté et n’est pas basé sur le racisme. Nous n’avons rien contre les juifs qui habitaient la Palestine avant la création d’Israël. Les juifs vivent même en Algérie, en Tunisie, au Maroc, en Egypte. Mais nous sommes contre les juifs qui ont occupé la Palestine en chassant ses véritables habitants». «Pour réussir cette guerre, il faut que tous les pays arabes s’unissent. Nous n’avons pas besoin qu’on nous «civilise». Rappelons ce qu’a dit l’Emir Abdelkader. Il a dit que si l’Algérie tombe, le monde arabe tombera aussi. Et c’est exactement ce qui s’était passé. La guerre que nous mènerons contre Israël sera également contre le colonialisme et l’impérialisme» […] »

Né en 1932, Houari Boumédiène fut un leader de la guerre d’indépendance de l’Algérie. Il dirigea son pays de 1965 jusqu’à son décès en 1978.

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1962, le miracle de l’indépendance algérienne

Mercredi 5 juillet, l’Algérie fête le 55e anniversaire de son indépendance. Une indépendance communément admise comme inéluctable, alors que les archives montrent combien le contexte dans lequel l’État algérien a vu le jour était chaotique

1962, le miracle de l’indépendance algérienne
Dans ses mémoires صورة الفتى بالآحمر (Portrait du jeune homme en rouge), le militant communiste libanais Fawwaz Trabulsi raconte « son » indépendance de l’Algérie. En 1962, il vivait, étudiait et militait en Angleterre. La révolution algérienne avait été au cœur de son activité, à tel point qu’on le prenait parfois pour un Algérien, raconte-t-il.

D’ailleurs, depuis le lycée, il était amoureux de Djamila Bouhired, la célèbre moudjahida (combattante). À l’indépendance, il avait reçu une délégation de militants irakiens. Ensemble, ils s’étaient congratulés et avait célébré la naissance de ce pays comme leur propre victoire.

Bien d’autres que lui dans le monde, tiers-mondistes, anticolonialistes, anti-impérialistes, socialistes, panafricanistes, en Amérique, en Asie, partout en Afrique et même en Europe, considéraient le 5 juillet 1962 et la fin de 132 ans de colonisation française comme une victoire.

Cinquante-cinq ans plus tard, cette indépendance a la force de l’évidence. Au cœur de la grande vague de décolonisation qui balayait alors le monde, de l’Égypte aux Philippines et de l’Inde à l’Angola, l’Algérie a servi de modèle, et a soutenu matériellement d’autres combats libérateurs.

Longtemps il m’a semblé que ceux qui minimisaient le caractère inéluctable de cette indépendance pratiquaient une forme de négationnisme : ils niaient que les colonies doivent accéder à l’indépendance quels que soient les aléas du chemin pour y parvenir.

Une plongée récente dans les archives de l’année 1962 m’a fait voir la question sous un angle différent. Car la mécanique chronologique de l’année de l’indépendance était toute particulière. Elle tourne autour de deux dates : la signature d’un accord de cessez-le-feu à Évian et appliqué en Algérie le 19 mars 1962 ; et le référendum d’autodétermination prévu par les accords d’Évian, qui aboutit à l’indépendance effective début juillet 1962.

Lors du référendum du 1er juillet, les habitants de l’Algérie devaient répondre par un oui massif à la question : « Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par les déclaration du 19 mars 1962 ? »

Entre ces deux dates, une période transitoire était prévue pour organiser le transfert d’autorité. Ce dispositif créait la fiction que l’on pouvait faire dérailler le processus menant à l’indépendance ; il ouvrait la voie à l’Organisation armée secrète (OAS), pour développer un terrorisme européen nourri du désespoir de ceux qui voyaient leur monde s’écrouler.

Par ailleurs, les accords d’Évian retardaient l’entrée sur le territoire des autorités algériennes, du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) et de l’Armée de libération nationale (ALN) jusqu’à l’indépendance effective.

Un processus de paix qui peut échouer à tout moment

Ils prévoyaient une autorité nouvelle à l’intérieur, l’Exécutif provisoire. Dotée de sa propre police, elle s’ajoutait aux maquisards survivants — certes peu nombreux — qui redescendaient des maquis où ils avaient combattu la guerre durant, et à l’armée française toujours présente.

Bref, on ouvrait la voie au terrorisme de l’OAS, tout en multipliant les sources d’autorité. La recette semble, avec le recul, catastrophique.

Et les archives que j’ai pu consulter — archives consulaires étrangères, archives des ONG ou des fonds algériens d’archives privées, à défaut d’avoir accès aux archives publiques — véhiculent toutes le sentiment d’un imminent désastre.

Les consuls étrangers observent les événements qu’ils analysent non comme une avancée vers l’inéluctable indépendance, mais comme un processus de paix qui peut échouer à tout moment.

Ils sont sidérés lorsqu’ils décrivent attentat après attentat de l’OAS, comme l’explosion d’une voiture piégée le 2 mai sur le port d’Alger, après laquelle les snipers de l’OAS cachés dans les immeubles voisins abattent les blessés et les sauveteurs.

Tous les jours, ils s’étonnent que les Algériens ne cèdent pas au désir de vengeance, et notent régulièrement l’autodiscipline de la population. Ils indiquent aussi qu’il n’y a pas que la violence de l’OAS : des colons sont attaqués, des Européens sont kidnappés, et puis le conflit entre le FLN et les partisans de Messali Hadj (père du nationalisme algérien) redouble pendant cette période.

Mais la violence de l’OAS est de loin la plus meurtrière. Le FLN doit évacuer les blessés algériens des hôpitaux français, car les commandos OAS viennent les y achever.

À Oran, les observateurs étrangers décrivent des « quartiers musulmans » désormais entourés de snipers de l’OAS, régulièrement arrosés de tirs de mortier, et dont les habitants ne peuvent se ravitailler, ni soigner les blessés, ni enterrer les morts. Parmi ceux qui parviennent à rentrer dans ces quartiers pour visiter les cliniques, l’expression revient à plusieurs reprises : c’est un ghetto.

C’est d’ailleurs à Oran que la violence tant crainte se déchaîne effectivement, lors des festivités de l’indépendance, le 5 juillet.

Un long rapport rédigé en 1963 par le Comité international de la Croix- Rouge raconte l’atmosphère électrique de la foule qui se presse le 5 juillet, et la rumeur — fausse mais tellement crédible au vu des semaines précédente — qui aurait mis le feu au poudre : « Vers 11 h on a vu des femmes musulmanes rentrer en courant chez elles en criant : ‘’L’OAS ! L’OAS veut vous tuer !’’, etc. Affolement général parmi elles. On apprit ensuite que le bruit avait été répandu que l’OAS avait tué 200 femmes musulmanes dans des autobus. »⁠

Alors la foule se déchaîne. Les chefs locaux cherchant peut-être à se construire une réputation de dernière minute selon une mécanique courante des sorties de guerre, des personnes sont assassinées par la foule, certaines disparaissent et ne seront jamais retrouvées.

On s’affronte entre Algériens jusqu’à Alger

Quand on connaît bien la guerre d’indépendance, torture, viols, napalm, massacres et déplacements forcés, on se demande bien comment l’année 1962 pouvait être plus violente encore que les précédentes.

Même après le mois de juillet, personne n’est entièrement rassuré. D’abord parce que l’arrivée de l’Armée des frontières dans le pays ne se fait pas sans violence, les maquisard des wilayas n’étant pas prêts partout à laisser entrer ces soldats venus du dehors : on s’affronte entre Algériens jusqu’à Alger au mois de septembre.

Ensuite parce l’entrée en Algérie du GPRA et de l’ALN inaugure une lutte interne pour le pouvoir, cette « crise de l’été 1962 » qui permet à l’armée de Houari Boumediene et à son champion, Ahmed Ben Bella, de prendre le pouvoir.

Le spectre qui hante bien des sources algériennes de l’époque, c’est celui de la guerre civile qui pourrait faire s’effondrer l’État avant même sa naissance.

Enfin, et c’est sans doute ce qui est le plus mal connu, l’inquiétude est causée par le risque d’une crise humanitaire majeure.

Avec une industrie désorganisée par le départ massif des Européens, le chômage explose. Dans les entreprises agricoles souvent privées de leurs propriétaires et de leurs cadres, l’activité doit à tout prix reprendre pour conjurer une famine d’ampleur nationale.

Par ailleurs, environ un quart de la population algérienne a été déplacée, la majorité vivant dans des camps. En mars, ce sont peut-être 200 à 300 000 personnes qui ont le statut de réfugiés en Tunisie et au Maroc et veulent rentrer.

Nous sommes passés si près de l’anéantissement

1962 voit donc un peuple se mettre en marche, parfois pour revenir vers des villages rendus inhabitables par les destructions, des champs rendus inexploitables par les quelques douze millions de mines antipersonnel posées par l’armée française durant le conflit.

Les ONG internationales travaillaient déjà en Algérie durant le conflit. Mais 1962 voit des interventions spectaculaires : le Haut-Commissariat aux Réfugiés de l’ONU (HCR) s’associe à la Ligue des Sociétés de la Croix-Rouge pour rapatrier les réfugiés de l’extérieur, dans « l’opération de rapatriement la plus importante entreprise avec l’aide d’une organisation internationale depuis le temps de Nansen [le haut-commissaire aux réfugiés de 1920 à 1930], exception faite du retour dans leur pays des personnes déplacées de la Seconde Guerre mondiale⁠ », selon l’expression alambiquée du HCR.

Un film de Stanley Wright, « Comme la pierre est à la pierre » (1962) fait la promotion de cette intervention pour sensibiliser les donateurs du monde entier afin d’éviter une famine nationale.

Ce qui évite la famine et empêche l’effondrement du pays, c’est à la fois une extraordinaire solidarité internationale et la spectaculaire mobilisation interne qui permet d’organiser dans le chaos une rentrée scolaire en septembre 1962, et la reprise des opérations agricoles pour éviter une saison perdue.

Cette mobilisation ne s’appuie pas seulement sur l’énergie du temps de la guerre, mais sur les années de mobilisations culturelles, sportives, partisanes qui l’ont précédée : une partie de cette discipline et de cette organisation a par exemple été acquise dans le mouvement scout, ou dans les partis politiques qui existaient avant le déclenchement de l’insurrection en 1954.

S’y ajoute l’expérience de la guerre pour qu’en 1962 se mettent en place des cliniques clandestines et des systèmes de distribution de nourriture dans les lieux isolés pour assurer la survie. Dans les campagnes, des groupes scouts font des tournées pour noter les destructions, le nombre des morts, et aider à rechercher les disparus.

Dans les enterrements, ce sont parfois ces jeunes scouts en tenue qui font office de seule présence officielle, là où il n’existe pas encore d’administration algérienne.

Cinquante-cinq ans après, c’est ce qui me frappe lorsque je regarde l’indépendance : l’idée que si près de la fin de la guerre, tout pouvait encore être perdu.

L’indépendance aurait pu ne pas être, l’État algérien aurait pu ne pas naître, et nous sommes passés si près de l’anéantissement. C’est en ce sens que l’indépendance est, je crois, un miracle.


- Malika Rahal
 est historienne, elle travaille à l’Institut d’histoire du temps présent (Paris). Elle a beaucoup écrit sur l’histoire contemporaine de l’Algérie, avant et après son indépendance.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Photo : Les leaders du Front de libération nationale (FLN) Mohammed Boudiaf (deuxième à gauche derrière le soldat au garde-à-vous), Rabah Bitat (troisième à gauche), Ahmed Ben Bella (quatrième à gauche) et le commandant de l’armée des frontières, le colonel Houari Boumediene (sixième à gauche, au 1er rang, avec des moustaches) participent à un défilé d’unités de l’Armée de libération nationale (ALN) et se recueillent devant le drapeau de la willaya V, à Oujda, au Maroc, le 23 mars 1962, quelques jours après la signature des accords d’Évian sur l’indépendance de l’Algérie après plus de sept ans de combats entre l’armée française et les nationalistes algériens (AFP).

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L’histoire biblique de Joseph coule comme le Titanic ! par le Dr. Ashraf Ezzat

L’histoire biblique de Joseph coule comme le Titanic ! par le Dr. Ashraf Ezzat

Et l’on comprend que la mystification et la falsification durent depuis au moins 2600 ans…

Et pourquoi Bibi et ses sbires n’a pas du tout envie que cela se sache !

Il  a du gaz à voler, des gazoducs à construire en passant par Chypre et une 3ème guerre mondiale à déclencher ► Jérusalem, Nicosie et la WWIII par Gilad Atzmon via R71

Comme je suis depuis le tout début, grâce à Résistance71 qui traduit ; Les écrits, publications et livre du Dr. Ashraf Ezzat, qui ne dit jamais que l’histoire de la bible est une invention. Mais prouve juste que la location GÉOGRAPHIQUE de cette histoire n’est pas la bonne. Et qu’il ne faut pas chercher en Égypte ou en Palestine des traces de  l’ Exode ou du Palais de Salomon mais dans le Sud de l’Arabie Saoudite et au Yémen.

Et que j’avais déjà tout réunifiés dans un PDF {N° 3} ; Voici la mise à jour :

TRADUCTION DE LA BIBLE & ESCROQUERIE HISTORIQUE

https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2017/06/pdfashrafezzatjuin2017.pdf

Présentation par JBL1960 des raisons de ce PDF – Page 2

Histoire, science, mensonge et falsification…

 La tradition orale contre la tradition écrite… Vérité contre mensonge ? Présentation R71 : Page 3

L’Égypte antique n’a jamais connu ni Pharaons, ni Israélites – Page 5

Les racines juives de la culture takfirie – Page 10

Le Messie Arabe – Page 15

La résolution de l’UNESCO sur Jérusalem : La vérité cachée – Page 21

Pourquoi ne trouve-t-on aucune mention des pyramides d’Égypte dans la bible ? Page 25

Jérusalem, rien de saint à propos de la ville sainte… Page 28

La fuite de la Sainte Famille en Égypte est elle un mythe ? – 21/02/2017 – Page 36

L’esclavage n’était pas une pratique fréquente en Égypte – 7 juin 2017 – Page 40

L’histoire biblique de Joseph coule comme le Titanic22 juin 2017 – Page 43

Avec la traduction en français de la dernière publication du Dr. Ashraf Ezzat :

De la mythologie au mensonge : La fable biblique de Joseph et le Titanic (Ashraf Ezzat)

Traduit de l’anglais par Résistance71 | URL de l’article du 26/06/17 ► https://resistance71.wordpress.com/2017/06/26/de-la-mythologie-au-mensonge-la-fable-biblique-de-joseph-et-le-titanic-ashraf-ezzat/

L’histoire biblique de Joseph coule comme le Titanic

Dr Ashraf Ezzat | 22 juin 2017 | URL de l’article original ►  https://ashraf62.wordpress.com/2017/06/22/story-of-joseph-sinks-like-the-titanic/

 
Et déjà on se posait la question avec R71 à la lumière de ce que dit Ezzat si la guerre actuelle au Yémen, guerre qui implique Israël aux côtés de l’Arabie Saoudite, était une coïncidence ?…
Comment croire au hasard ou à une coïncidence quand le mensonge, les mythes et la falsification sont organisées depuis des millénaires, n’est-ce pas ?

Plus l’éducation est répandue dans une société, plus la mystification pour cacher ce qui ne va pas doit être importante ; la religion, l’école et l’écriture travaillent ensemble à cet effet. Ceci n’est pas une conspiration à l’œuvre, les privilégiés de la société sont aussi victimes de la mythologie ambiante que les enseignants, les prêtres et les journalistes qui la diffusent. Tous ne font que ce qui vient naturellement et ce qui vient naturellement est de dire ce qui a toujours été dit et de croire ce qui a toujours été cru.
Howard Zinn 1970 ► Qu’est-ce que l’histoire radicale ?
Traduit de l’anglais par Résistance71

Tout comme Howard Zinn, le Dr. Ashraf Ezzat par ses écrits, publications, conférences et interventions nous permet de dédire ce qui a toujours été dit pour ne plus croire ce qui a toujours été cru.
Voilà comment nous pouvons toutes et tous EXPLOSER les mythes et mensonges qu’on nous sert depuis des millénaires comme seule et unique vérité et en tous lieux ;

Ainsi, les croyants dans la foi messianique se retrouvent toujours dans un état perpétuel d’incertitude quant à leur foi. Chaque mauvaise fortune dans leurs affaires courantes est traduite en une foi imparfaite, corrompue, un sens profond du pêché, qui se manifeste souvent dans la méthode fondamentaliste et dogmatique comme pour les chrétiens sionistes, les chrétiens évangélistes, les musulmans salafistes, la secte de la confrérie des Frères Musulmans, la secte takfiriste, les juifs Harédi et bien sûr les sectes islamiques chi’ite et Wahabite.
C’est lorsque le concept de mashiach/messie/sheikh vient toujours à jouer un rôle. Dans un temps de défi et de controverse, les croyants messianiques (spécifiquement les orthodoxes), inondés de l’incertitude de la rectitude de leur foi courante et de leur conduite, commencent à rêver d’un autre messie, sheikh, qui pourrait les mener sur la voie du juste (le plus souvent sa propre voie…)
Et dans le processus de retourner dans le soi-disant droit chemin de dieu, toujours plus de messies/sheikhs, que ce soit Joseph Smith des Mormons ou le “Calife” Abou Bakhar Al-Baghdadi de l’EIIL/Daesh, émergent et le cycle du dogmatisme, de la violence et de l’extrémisme se perpétue à l’infini. Extrait page 20 du PDF

C’est pourquoi nous appelons à un nouveau paradigme sans dieux ni maitres, SANS ARMES, ni haine ni violence car pour de plus en plus de gens l’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur Terre.
Nous avons établi que l’empire anglo-américain-christo-sioniste s’était construit sur un présupposé raciste et eugéniste du « Tuer l’indigène pour sauver l’homme blanc « . Mais grâce à de nombreux auteurs, dont Ezzat, nous pouvons faire exploser ces mensonges et rétablir les faits.

C’est la vérité qui libèrera les peuples à tout jamais !

L’erreur ne devient pas vérité parce qu’elle se propage et se multiplie ;

La vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit

Mahatma Gandhi

Comme me le disait hier Thahoketoteh   ici-même :  With unity of mind comes great strength and with that power we will attain the peace. Unity, Strength, Peace
L’unité de l’esprit revêt une grande force et avec cette puissance, nous atteindrons la Paix.

Unité, Force, Paix !

C’est en créant une chaine de diffusion de toutes ces pépites de vérité historique qui surgissent tant bien que mal du fatras idéologique qu’est devenu la société du spectacle entretenue par les peuples eux-mêmes en acceptant, par démission de leur pensée critique, les fadaises proposées par une oligarchie désormais aux abois que nous ferons péter les verrous des dogmes et en faisant émerger la vérité historique par le truchement des travaux des historiens, archéologues comme Sand, Pappé, Herzog qui rejoignent Newcomb, d’Errico, Morris, Dunbar-Ortiz, Zinn, Means dans le même combat ; Celui de la mise à jour de l’usurpation historique par la falsification et l’imposition d’une vision unique et dominatrice de justification du colonialisme. Tout cela a une racine religieuse à la base, qui s’est sécularisée par la suite (quoique…) mais le dogme fantasmagorique pourtant appliqué depuis des millénaires issu de la bible, du « peuple élu » de la « Terre promise » et de « droit divin » transformés séculairement dans le temps en « droit de domination » et aujourd’hui en « droit d’ingérence » {humanitaire bien sûr !} n’en est pas moins la source factice, induite du mécanisme de l’exploitation de l’Homme par l’Homme qu’est le colonialisme intra et extra muros…
Placer son origine dans le religieux a décuplé son impact sur des générations et nous entrevoyons le bout du tunnel en explosant tous les mensonges, tous les verrous, tous les dogmes, doctrines et codes…

Nous sommes tous inter-reliés ► Mitakuye Oyasin (expression Lakota)

UNION ► RÉFLEXION ► ACTION ► ASSOCIATIONS LIBRES CONFÉDÉRÉES ► SOCIÉTÉ DES SOCIÉTÉS

JBL1960

Vous pouvez retrouver ce PDF et tous les autres dans cette page de mon blog ► LES PDF DE JBL1960

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Canadiens, de papier, prêts à festoyer le 1er juillet 2017 sur une terre volée encore rougie par le sang des Natifs ?

Canadiens, de papier, prêts à festoyer le 1er juillet 2017 sur une terre volée encore rougie par le sang des Natifs ?

Pour le Cent-cinquantenaire de la colonie ou « dominion » du Canada ; 1867 – 2017

Que les Natifs et Nations premières, ici la Nation Mohawk, nomme « usurpatrice entrepreneuriale de la Terre au non de la « couronne », et dont l’anniversaire colonial démarre le 1er juillet ; Une « mise en bouche » de leur préparatif de « RÉSISTANCE » au fléau de l’humanité ; Le Colonialisme

Et ce par quoi il arrive, l’État !
Actuellement représenté par Justin « Waterhole » Trudeau

1867-2017 : Le cent cinquantenaire de la colonie « dominion » du Canada, usurpatrice entrepreneuriale de la terre au nom de la « couronne » (Introduction)

Plus à suivre sur le sujet de cet anniversaire colonial à venir au 1er juillet… L’apéro ici avec Mohawk Nation News !…

Canadiens, vous vous tenez prêts pour ça ?

Mohawk Nation News | 12 juin 2017 | URL de l’article original ►
http://mohawknationnews.com/blog/2017/06/12/canadians-you-stand-on-guard-for-this/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

URL le l’article ► https://resistance71.wordpress.com/2017/06/14/1867-2017-le-cent-cinquantenaire-de-la-colonie-dominion-du-canada-usurpatrice-entrepreneuriale-de-la-terre-au-nom-de-la-couronne-introduction/
La colonie du Canada a été enregistrée en tant qu’entreprise corporatrice à Washington DC, elle est propriété des actionnaires du Vatican. Le 1er juillet, vous célébrez le corporatisme, connu aussi sous le nom de fascisme, alors que le Canada est un des premiers au monde à être accepté sans les tenir responsables pour meurtre, enlèvement et vol de terres.
1867 a créé la fiction entrepreneuriale qui nous a emprisonné. C’était et demeure toujours la “colonie” de dominion du Canada. La “famille compacte” et la “clique du château” ont formé une union entre leurs municipalités du haut-Canada, du bas-Canada, de la Nouvelle-Écosse et le l’Île du Prince Édouard.
La Clique du Château représente les familles du Québec qui remontent au sang royal français. La famille compacte représente les familles d’Ontario et de Nouvelle-Écosse qui remontent au sang royal anglais. Aujourd’hui ce sont les banquiers. Avant 1867, ils payèrent un loyer aux nations indiennes dans un fond fiduciaire, qui devint à terme le plus gros fond fiduciaire au monde.
Le 1er juillet 1867, la toute première action de l’entreprise Canada fut de voler notre argent, l’ »Indian Trust Fund »*, afin de construire le Canada, qu’ils avaient acquis frauduleusement.
Ils nous déclarèrent alors “non-humains” et de fait émirent des licences de chasse pour nous abattre comme pour les ours ou les daims et chevreuils. Tous les statuts judiciaires canadiens qui furent passés en 1867 sont toujours en vigueur aujourd’hui. Ces lois génocidaires qu’ils créèrent ne furent jamais abrogées. Elles peuvent être parfaitement ressorties et remises en application aujourd’hui en l’état. Les colons établis qui ne se tiennent pas à nos côtés sont complices de ces crimes.
L’attaque du G20 militaire sur les citoyens de Toronto et d’ailleurs ont mis 2600 Canadiens temporairement en prison dans un hangar qui est devenu connu sous le vocable de “Torontonimo Bay”.
Le Canada est toujours le Dominion of Canada, une corporation coloniale privée, dont les propriétaires résident à la City de Londres, au Vatican et à Washington DC, le tout propriété de “la Couronne” (NdT : la Banque d’Angleterre/Vatican sise à la City de Londres et dont le patrimoine est géré par la famille Rothschild).
*Pour tout savoir sur l’INDIAN TRUST FOUND, lire l’article du 12 février 2014 sur R71 : Entretien de la rédactrice en chef de Mohawk Nation News, Kahentinetha Horn avec John Robles de “La Voix de la Russie” (audio de l’entretien sur le lien original en anglais) ► https://resistance71.wordpress.com/2014/02/15/colonialisme-et-crimes-occidentaux-en-amerique-du-nord-lindian-fund-trust-canadien-pille-par-lentreprise-canada/

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En lisant le Contre Rapport de la Commission Vérité & Réconciliation « MEURTRE PAR DÉCRET » (l’original, en anglais, Murder By Decree fait 400 pages) et R71 en a traduit l’essentiel que j’ai réunifié en version PDF {N° 1} de 58 pages et mise à jour le 30 mai 2017, ici ► Meurtre Par Décret – Le Crime du génocide au Canada ;
 
Vous comprendrez qu’il n’a jamais été question de Vérité, et encore moins de Réconciliation. D’ailleurs, c’est Steven Newcomb qui a expliqué pourquoi il ne saurait être question de réconciliation décortiquant l’idée que se font les « occupants illégaux » de la « réconciliation » ► L’Amérique comme système de domination par Steven Newcomb et Australie incluse !
 
Mohawk Nation News  pour le Canada, communiqué après communiqué, nous rappelant qu’ils n’ont jamais cédé un pouce de leur terre et de plus suivent La Grande Loi de la Paix (ou la Constitution Iroquoise des 6 Nations datant du 12ème siècle) Kaia’nere:kowa et entièrement traduite en français par R71 et à lire, télécharger ou imprimer en version PDF {N° 21} de 27 pages ► La Grande Loi de la Paix

 
Vous pouvez compléter cette lecture avec La Grande Loi du Changement, en français, version PDF {N°22} de 29 pages du Pr. Taiaiake ALFRED Université de Victoria, CB, Solutions anticoloniales pour une décolonisation de l’empire. PDF que j’ai introduit par ce billet de blog explicatif ► Le Grand Désapprentissage.
 
C’est parce qu’aujourd’hui, encore, les colons de papier affirment que les Indigènes/Autochtones/Aborigènes sont « non-humains » que nous œuvrons, solidairement, à la mise en place d’un nouveau paradigme, en lien avec les peuples autochtones de tous les continents, sans dieux, ni maitres, sans armes, ni haine, ni violence.
 
Les premiers colons/envahisseurs/exterminateurs sont venus sur « Ordre Divin des hommes en jupes »  « …pour envahir, traquer, capturer, vaincre et subjuguer tous les Sarrasins, païens et autres ennemis du Christ où qu’ils soient et de réduire leur personnes en esclavage perpétuel… » affirmant que les terres à « découvrir » étaient Terra Nullius et donc les Sarrasins, païens et autres ennemis du Christ « Res Nullus » comme l’a démontré Steven Newcomb dans son livre « Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte » dont vous pouvez lire l’essentiel dans ce PDF {N°4} de 45 pages ICI. Car c’est avec ce présupposé raciste, eugéniste et totalement mortifère qu’il nous faut rompre et le plus tôt sera le mieux…
 
Alors les Canadiens et Québecois de papier ; Vous vous tenez prêts pour cela ?
 
Ou pas ?
 
À tous les Colons de Papier ; Prêts pour commencer un nouveau paradigme côte côte, coude à coude, épaule contre épaule, tous sur la même ligne, personne devant, personne derrière ; Personne au-dessus, parce qu’au-dessus, c’est le soleil ; Et donc, personne en-dessous…  

 

Ne voyez-vous pas que l’avenir de l’humanité tient dans les peuples occidentaux, vous, moi, émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur Terre ?
 
 
Image issu de l’article source Radio Canada ► http://ici.radio-canada.ca/2017/decouvrez/document/radio/chronique/425907/le-150e-anniversaire-du-canada
2017 marque le 150e anniversaire de l’entrée en vigueur de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique (ou Loi constitutionnelle de 1867) le 1er juillet 1867.

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L’esclavage n’était pas une pratique fréquente en Égypte – Dr. Ashraf Ezzat

L’esclavage n’était pas une pratique fréquente en Égypte – Dr. Ashraf Ezzat

Alors, on s’en doutait un peu ;

Grâce au Dr. Ashraf Ezzat et à Résistance71 qui a traduit par de larges extrait son livre « L’Égypte antique n’a jamais connu ni Pharaons, ni Israélites » ainsi que toute ses publications que j’ai réunifiés dans ce PDF {N°3} de 39 pages ► Traduction de la Bible et Escroquerie historique ; qui traite de ;

L’Égypte antique n’a jamais connu ni Pharaons, ni Israélites

Les racines juives de la culture takfirie

Le Messie Arabe

La résolution de l’UNESCO sur Jérusalem : La vérité cachée

Pourquoi ne trouve-t-on aucune mention des pyramides d’Égypte dans la bible ?

Jérusalem, rien de saint à propos de la ville sainte…

La fuite de la Sainte Famille en Égypte est elle un mythe ?

Il faut noter que le Dr. Ezzat dit que la bible septante est une fraude de traduction. Il cite des passages dans l’hébreu ancien qui ont été (volontairement) mal traduit en grec par les 70 rabbins sous Ptolémée II au IIIème siècle AEC.
Y a-t-il une réfutation sans équivoque de ce qu’il avance ? Pas à notre connaissance.
Ezzat cite de nombreux archéologues et historiens israéliens qui s’accordent à dire que les recherches de terrain n’ont jamais prouvé la véracité historique du récit biblique. Ezzat, de plus, ne va jamais dans son livre jusqu’à dire que l’histoire de la bible est une invention, il ne fait que dire qu’il est maintenant prouvé que la location GÉOGRAPHIQUE de cette histoire n’est pas la bonne, qu’il ne faut pas chercher en Égypte ni en Palestine pour des traces de « l’exode » ou du « palais de Salomon », mais dans le sud de l’Arabie Saoudite et au Yémen.
Autre question intéressante à la lumière de ce que dit Ezzat : La guerre actuelle au Yémen, guerre qui implique Israël aux côtés de l’Arabie Saoudite, est-elle une coïncidence ?…

 L’esclavage n’était pas une pratique fréquente en Égypte (vidéo)

Vidéo ► Ashraf Ezzat  ajoutée le 28 mai 2017

 

Traduction de la transcription anglaise de la vidéo du Dr Ezzat par Résistance 71

Juin 2017
Révéler que le commerce des esclaves n’était pas une tradition commune dans l’Égypte ancienne n’est pas la seule preuve sur laquelle s’appuie l’auteur et chercheur Ashraf Ezzat pour réfuter le fait que l’histoire de l’Exode biblique ait eu lieu en Égypte. Dans son livre “Egypt Knew no Pharaohs nor Israelites” vous trouverez encore plus de trouvailles fondées sur des preuves qui confirment sa thèse.
 
Pensez-vous que la Bible soit absolument infaillible ?
Pensez-vous que les histoires bibliques reflètent la réalité historique ?
Par histoires bibliques, je veux dire celles des Israélites
Et par dessus tout, l’histoire célèbre de Moïse et du Pharaon
Alors qu’elles furent révérées comme une longue lignée de prophéties s’étant réalisées, chacune des histoires des Israélites dépendait de la suivante; et donc si l’une d’elle n’est pas vraie, alors aucune ne l’est.
Depuis des siècles, nous avons été trompés et psychologiquement formatés
Car toutes les histoires des Israélites incluant celles d’Abraham, de Joseph et de Moïse ne se sont jamais passées sur le sol égyptien.
Les Israélites ne furent jamais esclaves en Égypte,
C’est nous plutôt qui avons été esclaves de cette fausse histoire.
Car l’Égypte n’a connu ni Pharaons ni Israélites.
Dans cette vidéo et au travers d’une série d’épisodes à venir, nous allons expliciter quelques points que nous apportons dans notre livre à succès (Egypt Knew No Pharaohs nor Israelites).
Si nous voulons creuser plus avant et aller à la vérité se cachant derrière ces histoires d’Israélites, nous devons d’abord regarder le milieu (socio-culturo-géographique) qui les entoure. Si nous analysons ces histoires bibliques d’Israélites comme des travaux de littérature dramatiques, nous y trouverons  bien des thèmes qui les caractérisent comme le tribalisme par exemple, fortement exhibé par les guerres tribales continuelles et le style de vie nomade qui est lourdement mis en scène, avec l’aspect pastoral et le commerce des esclaves, qui sont des thèmes ne se rapportant pas à l’Égypte antique.
De fait, un des thèmes les plus marquant et important que nous trouvons dans ces histoires d’Israélites est le thème de “l’esclavage”.
Les histoires des patriarches juifs Abraham, Joseph et Moïse, sont toutes des histoires d’esclaves ayant été achetés et vendus.
Le conte de l’Exode est un conte au sujet d’esclaves, beaucoup d’entre eux, qui auraient trimé en captivité pendant des siècles. La Bible parle de 400 ans d’esclavage continu et quelques 600 000 esclaves quittant l’Égypte avec Moïse.
Si nous y incluons les femmes et les enfants et d’autres personnes qui ne furent pas inclus dans les estimations faites du nombre d’esclaves quittant alors l’Égypte, alors le chiffre monte à entre 2 et 3 millions de personnes. Pensez un peu à cela. Si vous mettez quelques 3 millions de personnes en fille indienne serrée, on parle alors d’une file de quelques 900 km de long. Et oui… Cela est ridicule. Ceci constituerait environ la moitié de la population juive de l’Israël moderne.
Ironiquement, lorsqu’on regarde à la population totale de l’Égypte dans la période du Nouveau Royaume (la période où Moïse continuerait de flotter sur le Nil…), 3 millions de personnes est notre meilleure estimation de la population totale de l’Égypte, peut-être 4 millions maximum. Il y a quelque chose qui ne va vraiment pas ici non ? Les esclaves israélites auraient dit au Pharaon ce qu’il devait faire s’ils avaient vraiment été quelques 3 millions et au lieu de fuir cette terre, ils auraient tout aussi bien pu y rester et la conquérir, conquérir l’Égypte ancienne.
Dans notre recherche extensive au sujet de l’esclavage dans le proche-orient antique, nous avons découvert que l’esclavage, où des humains captifs étaient vus et compris comme des commodités pour transactions et pour être échangés, la propriété et l’héritage étaient une culture commune à Babylone, en Assyrie et au Levant mais le commerce des esclaves fut le plus notoire et le plus courant dans l’ancienne Arabie et au Yémen.
C’est pourquoi à la fois la Torah et le Coran sont remplis de tonnes d’histoires au sujet d’esclaves et de leur commerce… Ceci ne devrait pas être une surprise puisque l’esclavage, en tant que pratique courante, est profondément ancré dans la culture et les traditions anciennes arabe (qui ont produit et le judaïsme et l’islam). En fait, lorsqu’on en vient à évoquer l’esclavage et le commerce des esclaves, les Arabes (ceci inclut les tribus israélites), en sont les pionniers mondiaux. Ils commencèrent ce sale commerce bien longtemps avant les Portugais et les Espagnols.
Quant à l’Égypte ancienne, ceci viendra très certainement sous forme de surprise, l’esclavage n’était pas du tout une pratique, tradition courante.
Durant pratiquement tous les quelques 3000 ans de royauté, le commerce des esclaves ne fut pas pratiqué en Égypte antique. Bien sûr il y eut quelques références à un esclavage de maison dans les palaces royaux et princiers, mais je veux dire que cette culture invasive de commercer des captifs humains sur des marchés publics n’était définitivement pas une culture acceptée dans l’Égypte antique.
Je ne vais pas faire référence aux prisonniers de guerre et leur statut assimilé à esclave en captivité dans l’Égypte antique, car le patriarche Joseph n’en était pas un, ni Moïse du reste.
L’esclavage, en tant que culture publique et répandue, fut introduit en Égypte sur le tard, durant les 4ème et 3ème siècles avant notre ère et après la conquête grecque. Bien que ce furent les Grecs puis les Romains qui propagèrent cette culture de l’esclavage au travers de la terre de la vallée du Nil, ce furent en fait les juifs de l’Arabie antique qui amenèrent le commerce des esclaves en premier lieu dans l’Égypte ancienne.
Historiquement, le judaïsme et le commerce des esclaves sont fortement liés car ils apparurent tous deux sur la même terre, celle de l’Arabie et du Yémen antiques.
Mais pourquoi donc le commerce des esclaves ne prospéra t’il pas en Égypte ? J’ai posé cette question au professeur Moustapha El-Abbadi, l’Historien de grande renommée sur l’Égypte gréco-romaine.
L’esclavage, tel que mentionné dans la Bible était très répandu dans l’ancienne Arabie, jusque dans un passé assez récent, celui du XIXème siècle.
Jusqu’à aujourd’hui nous trouvons des traces persistantes de la culture de l’esclavage dans la péninsule arabe et spécifiquement au Yémen (la patrie des anciens Israélites comme clairement expliqué dans notre livre).
L’esclavage en Égypte antique est une des plus grosses déconvenues des archéologues bibliques. Il est devenu quasi notoire maintenant parmi les égyptologues que les pyramides, dont on a longtemps pensé qu’elles furent construites au son du fouet, furent en fait construites par des ouvriers dûment payés.
La culture du commerce des esclaves dans l’histoire de Joseph et de Moïse est si communément établie (comme le commerce du poulet), que cela en est comiquement inconsistant avec ce que l’on sait des anciennes traditions de l’Égypte.
L’Égypte antique connaissait les serviteurs et les ouvriers bon marché (comme nous le montrons avec nos recherches effectuées au musée du Caire), mais on trouve très peu de choses dans les archives concernant les esclaves dans l’Égypte ancienne, à part peut-être les prisonniers de guerre qui plus tard devinrent des serviteurs de maison de la classe supérieure et royale. Plus important encore, les Égyptiens n’avaient aucune familiarité avec les marchés aux esclaves publics, à l’encontre des cultures voisines d’Arabie ou d’Assyrie.
Et si l’Égypte antique n’avait pas de marchés publics aux esclaves, où ils étaient vendus et achetés, alors nous devons nous demander comment Joseph “le patriarche israélite” fut introduit et vendu dans l’Égypte antique comme nous le raconte l’histoire.
Si deux millions d’esclaves de la force laborieuse venaient à soudainement quitter l’Égypte antique, ceci aurait mené immédiatement à une chute brutale du puissant empire égyptien. De plus, une telle chose ne se voit pas dans toutes les archives. La chute de l’empire égyptien fut très graduelle et se produisit sur une période de plusieurs siècles et il fallut des invasions et conquêtes étrangères par les Perses puis plus tard par les Grecs et les Romains pour amener le royaume égyptien à son crépuscule.
Nous devrions mieux savoir de nos jours, que de continuer à croire que l’Égypte antique fut détruite par les soi-disant dix fléaux de dieu et que les anciens Israélites furent mis en esclavage en Égypte. Quoi qu’il en soit, écoutons ce qu’a à dire le professeur Abbadi sur l’histoire de l’Exode, un expert reconnu de l’histoire de l’Égypte antique.
Le roi et l’armée d’Égypte ne furent pas vaincus par Moïse et ses suiveurs esclaves.
En fait, l’Égypte antique n’a pratiquement pas pratiqué l’esclavage.
Plus encore et pour le dire franchement et sans fioriture : l’Exode ne s’est pas passé en Égypte,
Car simplement, l’Égypte n’a connu ni Pharaons ni Israélites.

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Dr. Ashraf Ezzat

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Par un hasard, assez curieux, sachez que ce jour, 7 juin 2017, France 5 a programmé à 20H50 un documentaire – Grande Bretagne (2017) de 50 min Réalisé par Andra Heritage et intitulé « Les Dix Plaies d’Égypte » et présenté ainsi : Dans le livre biblique de l’Exode, une série de fléaux terrifiants aurait frappé l’Égypte à la suite de l’affrontement entre Moïse et le pharaon qui avait réduit le peuple hébreux en esclavage. Dix catastrophes se sont abattues sur le pays : les eaux du Nil transformées en sang, l’invasion de grenouilles, de moustiques puis de mouches, la disparition des troupeaux, l’épidémie de pustules, l’orage de grêle, la prolifération de sauterelles, les ténèbres et enfin la mort des premiers-nés.
Outre la présentation d’un fait supposé et l’affirmation que 10 catastrophes s’en sont suivies. Gageons que cette personne n’a pas lu le livre du Dr. Ezzat, et imaginons pouvoir lui poser des questions, nous qui avons lu l’essentiel du livre et ses publications complètes. Imaginons que nous lui posons cette simple question : « Pourquoi ne trouve-t-on aucune mention des pyramides d’Égypte dans la Bible ? »

Sans doute n’étaient-elles pas assez grandes…

JBL1960

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Revue du dernier livre de l’historien israélien Ilan Pappé « Ten Myths about Israel »

Dix mythes au sujet d’Israël: Génocide et racisme démasqués Revue du dernier livre de l’historien israélien Ilan Pappe

Revue du dernier livre de l’historien israélien Ilan Pappé « Ten Myths about Israel »
« Au moment où le ministre des affaires étrangères britannique, Lord Balfour, donna sa promesse au mouvement sioniste en 1917 d’établir une patrie pour les juifs en Palestine, il ouvrit la porte à un conflit sans fin qui engouffrerait bientôt le pays et son peuple. »

« Les villageois palestiniens furent déshumanisés afin d’en faire des ‘cibles légitimes’ pour la destruction et l’expulsion… »

« De fait, si vous étiez un juif sioniste en 1948, ceci ne voulait dire qu’une seule chose: implication totale dans la des-arabisation de la Palestine. »

~ Ilan Pappe, 2006 ~

-[]- Voici ce que nous écrivions en préambule de la traduction d’une analyse de Gilad Atzmon sur Ilan Pappe en mai 2013 [ https://resistance71.wordpress.com/2013/05/02/resistance-politique-le-colonialisme-sioniste-gilad-atzmon-analyse-ilan-pappe/]url: https://resistance71.wordpress.com/2013/05/02/resistance-politique-le-colonialisme-sioniste-gilad-atzmon-analyse-ilan-pappe/, l’auteur de l’article ci-dessous nous rejoint pour faire remarquer l’interchangeabilité de la situation entre les Palestiniens et avant eux, les Amérindiens (du nord et du sud), Les Aborigènes d’Australie, la Maoris de Nouvelle-Zélande, les peuples et nations originels d’Afrique du Sud, malheureusement toujours d’actualité:

« Excellente analyse de G. Atzmon. Stupéfiant de constater également que les ressorts du colonialisme sont identiques partout. Remplaçons les mots « Palestine » et « Palestiniens » par « indigènes », « natifs », « indiens, « amérindiens » ou tout autre peuple colonisé, et nous nous apercevons avec effroi que les fondements racistes et suprémacistes sont identiques. Les sionistes pratiquent en Palestine les vieilles recettes coloniales de contrôle et de construction hégémonique que les autres nations coloniales ont appliquées à partir de 1492 avec l’effet génocidaire que nous connaissons…

Plus au sujet de la colonisation bientôt sur ce blog… »

— Résistance 71 —

Dix mythes au sujet d’Israël: Génocide et racisme démasqués

Revue du dernier livre de l’historien israélien Ilan Pappe

https://resistance71.wordpress.com/?s=Ilan+pappe

Est-ce qu’Israël et son tristement célèbre mur de la séparation (NdT: mur de l’apartheid) est représentatif d’un état démocratique moderne évoluant, fondé sur des principes et des enseignements bibliques, comme appliqués envers le peuple palestinien, originel de l’endroit appelé Palestine, ou n’est-ce qu’un exemple de plus d’un de ces états d’apartheid, de nettoyage ethnique possédant les mêmes tendances racistes et génocidaires des puissances coloniales impérialistes du XIXème siècle, comme les Etats-Unis, le Canada, l’Australie et l’Afrique du Sud, qui envahirent jadis également des terres où vivaient ancestralement des peuples et nations indigènes et commirent une destruction sans nom à leur égard, détruisant leurs modes de vie, déportant leurs survivants dans des “réserves” ou des états de styles du Bantoustan afin d’y être éventuellement ignorés puis oubliés?

Le professeur d’histoire Ilan Pappe, un des historiens les plus radicaux d’Israël, qui enseigne et écrit maintenant depuis son exil [en Grande-Bretagne], répond amplement à ces question dans son dernier livre “Ten Myths about Israel”. Ouvrage ne faisant que quelques 148 pages, mais un chef-d’œuvre historique qui se lit comme une épopée volumineuse, offrant des réflexions et des témoignages d’archives éloquents, clairs, concis, sans faille, au sujet de la véritable histoire indigène de la Palestine, des Palestiniens et du nettoyage ethnique dont ils sont les victimes aux mains des juifs depuis la Nakba (NdT: la “catastrophe” en arabe) de 1948.

La Nakba, un temps où: 700 000 arabes palestiniens furent violemment expulsés de leur terre ; 400 à 600 villages furent pillés et/ou détruits et 11 des 12 villes majeures détruites, ce qui annihila de fait toute vie urbaine en Palestine. Pour les Israéliens, ceci correspond à leur “déclaration d’indépendance” ; mais pour les Palestiniens arabes, ceci est simplement connu sous le triste vocable du “temps de la catastrophe” (Nakba), qui quelques 60 ans plus tard, en 2008, mena à la guerre de Gaza et à l’opération “Plomb Durci” d’Israêl, qui tua plus de 1400 Palestiniens, dont 107 d’innocentes victimes civiles, suivie plus tard par l’Opération “Protective Edge”, qui tua plus de 2300 Gazaouis dont 1492 civils non combattants dont 551 enfants et 209 femmes, laissant plus de 10 000 Palestiniens blessés dont 3371 enfants ; opération qui détruisit quelques17 000 maisons et en détruisit partiellement plus de 30 000 autres.

De tels faits et statistiques sont tirés des écrits de Pappe et ce qui les causa, donne au monde une plateforme importante pour le XXIème siècle de laquelle nous pouvons à la fois regarder en arrière et vers le futur, vers les véritables origines historiques et l’identité de non seulement Israêl et le sionisme, mais aussi des peuples arabes indigènes du moderne Eretz Israel, ainsi que des états contemporains similaires de biens des puissances coloniales et impérialistes de longue date et de leur propre traitement des peuples indigènes vivant sur leurs terrres {NdT: usurpées) et dont les territoires et ressources naturelles continuent aujourd’hui d’être convoités et exploités par ces puissances mondiales le tout dans le but de l’expansion et de la construction perpétuelle de leur empire.

Avi Shlaïm du journal britannique du “Guardian” déclare Ilan Pappe être “un des rares élèves israéliens du conflit de Palestine qui écrit au sujet de la version palestinienne de l’histoire et ce avec une véritable connaissance des faits et une certaine et véritable empathie.” Le magazine du New Statesman reconnaît Pappe être “Avec Edward Saïd, l’écrivain le plus éloquent sur l’histoire palestinienne”. John Pilger, célèbre journaliste d’enquête australien nomme Pappe “l’historien le plus brave, honnête et incisif d’Israël”, tandis que l’auteur de ces lignes voit Pappe plus comme le I.F. Stone ou le Howard Zinn israélien, osant exposer et élucider du côté obscur d’Israël l’histoire sordide que très peu d’autres ont osé même toucher.

En cela, quoi qu’on en pense, “Ten Myths about Israel” va très loin dans le démembrement de la fausse information et de la désinformation ainsi que de la mythologie qui est quotidiennement propagée par les Dr La Pirouette de la pressetituée occidentale, qui essaient de continuer à faire croire cette mythologie telle que: “La Palestine était une terre vide d’habitants”, que “les juifs étaient un peuple sans terre”, que le “sionisme est le judaïsme”, que le “sionisme n’est pas un colonialisme”, que “les Palestiniens ont volontairement quitté leur terre/patrie en 1948”, que “ la guerre de 1967 était une guerre sans choix”, qu’”Israël est la seule démocratie du Moyen-Orient”, que “les accords d’Oslo de 1993 furent un véritable processus de paix”, que “de la seconde Intifada des années 1980 commença un mouvement terroriste contre Israël” et que finalement “La victoire du Hamas dans les élections de 2006 commença un mouvemet terroriste à l’encontre d’Israël.”

Les étudiants en civilisation occidentale, ayant connaissance de politiques génocidaires similaires et de mythologies perpétrées dans des pays commes les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud, contre leurs propres peuples indigènes, qui ont supporté l’impact de l’impérialisme et du colonialisme occidental et soufferts la même perte d’auto-détermination, d’indépendance nationale et du “droit de retour et de réclâmer leur héritage ancestral”, reconnaîtront instantanément dans les écrits de Pappe les mêmes schémas culturels qui se répètent dans l’Israël moderne.

Longtemps après le fait du quand les peuples indigènes ont finalement été conquis (NdT: tous ne l’ont pas été, notemment en Amérique du nord où la notion de “conquête” est une vue de l’esprit et un narratif exclusivement colonial…) et privés de la plupart sinon de tous leurs territoires ancestraux et de leurs ressources naturelles, qui que soit l’envahisseur / agresseur , celui-ci s’en sort toujours en faisant peu ou prou les mêmes réponses aux questions posées. Peu importe l’étendue de la destruction, du viol, du meurtre, des assassinats et des massacres qui furent commis contre les peuples et nations indigènes en question, une fois le chaos perpétré se dissipant et que l’affaire devient un point réthorique, les envahisseurs et bourreaux en arrivent toujours à engager un débat pour enclancher des “actes de réconciliation”, des déclarations publiques “d’excuses” et des appels pour des “réparations”. Mais malgré parfois les bonnes intentions, tout ceci ne sonne que trop souvent bien creux. Mais même là, par les très nombreux problèmes que soulèvent Pappe au sujet de l’attitude des plus racistes des gouvernements successifs israéliens envers les Palestiniens et les Arabes et le déni de toute faute et de tout acte malveillant concernant leurs actes abominables, des mots d’excuses israéliens sont encore bien loin d’être prononcés.

Mais, comme le fait remarquer Pappe, le bon côté réside dans le fait que dans la société civile existante, à la fois du côté israélien que du côté palestinien, les gens parlent de ce que leur leadership politique refuse, ignore ou néglige de placer au centre de leur agenda national. Ils savent aussi, que malgré les réticences qui existent parmi les gens les dissuadant d’en parler, la majorité des juifs et des palestiniens savent exactement ce qu’il s’est passé sur le terrain pendant bien des décennies depuis 1948. Ils ne sont pas, comme le déclare à juste titre Pappe, “sourds à tous ces cris, cette douleur et dévastation de ceux qui ont été tués, violés ou blessés depuis 1948, arrêtés, mis en prison dans les années 1950… massacrés dans le village de Kafir Qassim en 1956… ou lorsque des citoyens de l’état furent assassinés par l’armée simplement parce qu’ils étaient Palestiniens…

Ils savent au sujet des crimes de guerre commis durant la guerre de 1967 et les bombardements des camps de réfugiés en 1982… Ils n’ont pas oublié les abus physiques infligés à la jeunesse palestinienne dans les territoires occupées dans les années 1980… Les juifs israéliens ne sont pas sourds et peuvent toujours aujourd’hui entendre les voix des officiers ordonnant l’exécution de gens innocents et les rires des soldats présents et témoins de la scène… Ils ne sont pas non plus aveugles.. Ils ont vu les restes des 531 villages palestiniens détruits et des voisinages en ruines…

Ils voient ce que tout Israélien peut voir mais que la plupart, choisit de ne pas voir… Les restes de villages sous les maisons construites des kiboutzim et sous les sapins des forêts du Fond de la Jeunesse Juive. Ils n’ont pas oublié ce qu’il s’est passé même si le reste de leur société l’a… Peut-être à cause de tout cela comprenent ils pleinement la connexion entre le nettoyage ethnique de 1948 et les évènements qui s’ensuivirent jusqu’à aujourd’hui… Ils refusent aussi d’ignorer la connexion évidente entre la construction du mur et de la politique plus large du nettoyage ethnique…

Les expulsions de 1948 et l’emprisonnement du peuple derrière les murs aujourd’hui sont les conséquences inévitables de la même idéologie ethnique raciste… Dans et hors d’israël, des ONG palestiniennes comme BADIC, ADRID et Al-Awada coordonnent leurs luttes afin de préserver la mémoire de 1948 et d’expliquer pourquoi il est crucial d’engager les évènements de cette année là au nom du futur.

Le petit livre d’Ilan Pappe qui parle de ces “Ten Myths about Israel” est de la dynamite qui devrait être lu par chaque être humain de cette planète qui se considère être membre de sa propre société civile. Plus que cela, il est encore plus important de le lire pour ceux qui ne se sentent pas (encore) membres de la société civile.

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

url de l’article original:

http://www.globalresearch.ca/ten-myths-about-israel-genocide-and-racism-unmasked/5591225

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La guerre des sables n’aura pas lieu

La guerre des sables n'aura pas lieu
En 1963, alors que l’Algérie pansait encore ses blessures, sortait d’un éprouvant combat libérateur et faisait ses premiers pas titubants d’une jeune république indépendante en renaissance, le régime marocain osait une incursion militaire en Algérie et infligeait à notre peuple une nouvelle épreuve, vite contenue par des soldats algériens, après celle éprouvante imposée par la longue nuit coloniale.
Ce tragique événement que nous rappelons ici avec douleur, malgré les meilleurs sentiments qui nous animent à l’égard du peuple frère marocain, nous le faisons pour dire que l’animosité du régime marocain, supposée se déployer à l’égard du régime algérien, est en réalité perçue et à juste titre par notre peuple comme une aversion maladive ancienne pour l’Algérie et ne saurait en aucun se justifier par un quelconque contexte géopolitique régional particulier qui impacterait les relations algéro-marocaines.
Probablement inspiré par les conseils de stratèges politiques et militaires français et israéliens, le régime marocain ne cesse de solliciter les pires stratagèmes, et les ruses les plus farfelues, parfois les plus indignes aussi comme cet emblème algérien arraché au dessus d’une représentation officielle de notre pays au Maroc, pour mettre en œuvre de sombres scénarios portant atteinte à la réputation de l’Algérie et de ses symboles sur le plan international. Même notre patrimoine immatériel et culturel n’est pas épargné et subit lui aussi les assauts du régime marocain qui se les approprie illégitimement et honteusement voulant sans doute démontrer ainsi à la communauté internationale que nous sommes un peuple sans passé et sans mémoire.
La coupe est à présent pleine et l’exaspération commence à se faire sentir même chez les franges les plus sereines de notre peuple, notamment celles acquises à l’idée que ce qui unit est plus grand que ce qui divise.
Ces provocations récurrentes à l’égard de l’Algérie qui frisent parfois l’hystérie ne pourront hélas pas évacuer un contexte interne à ce royaume sans doute difficile et porteur de menaces d’instabilité potentielle. Mais qu’on se le dise, l’Algérie de 2017 n’est pas celle de 1963 et depuis beaucoup de choses ont changé.
Et sans doute comme beaucoup de compatriotes, je rêvais de revisiter cet été ce Maroc qui nous est si proche et en même temps si lointain, revoir Fès et Tanger et oser pourquoi pas une incursion amicale à Marrakech. Je ne le ferai pas. Je n’irais pas non plus découvrir la Tunisie que je ne suis jamais allé visiter car là-bas aussi des propos inamicaux à l’égard de notre pays et de notre peuple sont parfois dits par des personnes mal intentionnées de surcroît en situation de responsabilité et qui ont la mémoire courte. Je n’irai nulle part. Je resterai en Algérie. Et cela, c’est mon choix !

 

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Comment les vainqueurs de la seconde guerre mondiale, France, URSS, USA, Royaume-Uni ont recruté des savants d’Hitler, les ingénieurs Nazis pour préparer la guerre froide et le Nouvel Ordre Mondial d’aujourd’hui

Comment les vainqueurs de la seconde guerre mondiale, France, URSS, USA, Royaume-Uni ont recruté des savants d'Hitler, les ingénieurs Nazis pour préparer la guerre froide et le Nouvel Ordre Mondial d'aujourd'hui
-Comment l’URSS a recruté des savants de Hitler

À la fin de la Seconde Guerre mondiale les États-Unis et l’Union soviétique récupèrent la technologie des missiles développée par le régime nazi (V2) ainsi que les spécialistes allemands.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_spatial_de_la_Russie

le biologiste Wilhelme Menke (qui créait des virus comme armes biologiques) a été transporté à Moscou, marquant le début du transfert technologique de la Biowarfare d’Allemagne vers l’Union Soviétique

http://www.rense.com/general96/ebolasecretserum.html

L’URSS a développé le plus puissant arsenal d’armes biologiques de l’Histoire. Les ministères de l’Agriculture, de la Défense et de la Santé étaient impliqués. Et, au total, plus de 55 000 personnes travaillaient sur des programmes de culture de l’anthrax, du bacille du charbon, des virus Ebola, Marburg, ou encore de la variole. Aujourd’hui, «Biopreparat» est, officiellement au moins, arrêté. 

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/l-urss-a-developpe-le-plus-puissant-arsenal-biologique_492017.html

Les USA et l’URSS ont tous les deux fait muter le virus de l’Encéphailité équine vénézuélienne pour l’utiliser en armes biologiques durant la guerre froide

https://en.wikipedia.org/wiki/Venezuelan_equine_encephalitis_virus

« En octobre 1946, les meilleurs ingénieurs allemands qui ont travaillé pour le programme de missiles soviétique ont été commandés sur les trains et envoyés dans les différents endroits de l’URSS pour aider à l’organisation de la production et du design des missiles. Au début de 1947, les Soviétiques ont complété le transfert de tous les travaux sur la technologie des fusées en provenance d’Allemagne en sites secrets en URSS. À l’automne 1947, l’équipe soviéto-allemande a lancé onze roquettes A-4 près du village de Kapustin Yar dans les steppes au nord de la mer Caspienne

Le plan soviétique de déporter des milliers de spécialistes allemands dans l’URSS a reçu le nom de code Osoaviakhim

Il comprenait 2 200 spécialistes dans les domaines de l’aviation, de la technologie nucléaire, de la rockétrie, de l’électronique, de la technologie radar et de la chimie. Ils seraient affectés à diverses entreprises industrielles de l’URSS »

http://www.russianspaceweb.com/a4_team_moscow.html

L’Express peut avancer qu’ils furent plus d’un millier. Soit nettement moins que les 5 000 savants allemands enrôlés par l’URSS

http://www.lexpress.fr/informations/comment-la-france-a-recrute-des-savants-de-hitler_633743.html

 » ou les 3 000 recrutés par les Etats-Unis dans le cadre de leur opération «Paperclip».

«Les Russes et les Américains devaient nous encadrer très strictement. Alors que les Français nous donnaient le droit de nous promener librement, par exemple pour aller passer des week-ends à Paris», se souvient Otto Kraehe. 

En 1945, les Américains nous ont embarqués, mais ils nous traitaient comme des moins-que-rien. Les Britanniques, eux, m’ont proposé de m’embaucher, mais sans que ma femme puisse me rejoindre. Alors que les Français ont été très chaleureux

Ambros a participé à la décision d’utiliser le zyklon B dans les chambres à gaz. Il a également supervisé une usine de caoutchouc synthétique à Auschwitz-Buna-Monowitz, dans laquelle de nombreux déportés ont été maltraités. Interrogé par des militaires français en août 1945, il rédige un rapport ultrasensible sur la production allemande de nouveaux gaz de combat (tabin, sarin, soman). De quoi intéresser les promoteurs d’armes chimiques françaises! Puis, selon l’historienne Marie-France Ludmann-Obier, ce scientifique, considéré comme «criminel de guerre», est invité par le ministère de la Guerre à Paris pour faire des conférences! Après des mois de pressions américaines, les Français finissent par livrer Ambros à des GI. Un tribunal de Nuremberg le condamne en 1948 à huit ans de prison pour esclavage. Libéré en 1951, il fera carrière comme conseiller d’un grand groupe chimique aux Etats-Unis… 

Tous les Alliés pratiquent le même cynisme.  »

[http://www.lexpress.fr/informations/comment-la-france-a-recrute-des-savants-de-hitler_633743.html]url:

http://www.lexpress.fr/informations/comment-la-france-a-recrute-des-savants-de-hitler_633743.html

-« Comment le protégé de Hitler a commencé à travailler pour le Mossad

La revue « Sang-froid » raconte l’incroyable histoire d’Otto Skorzeny, ancien militaire SS devenu agent des services de renseignements israéliens… »

http://www.lepoint.fr/monde/comment-le-protege-de-hitler-a-commence-a-travailler-pour-le-mossad-21-06-2016-2048341_24.php

-Comment la France a recruté des savants de Hitler

Entre 1945 et 1950, plus de 1 000 chercheurs allemands, dont certains nazis, ont été «embauchés» par les autorités françaises. Un apport très secret à la reconstruction de l’industrie militaire et aéronautique du pays.

Certaines embauches sont encore plus troublantes. Selon l’historien allemand Ulrich Albrecht, le comte Helmut Zborowski, ingénieur chez BMW, est emprisonné en 1945 à cause de son appartenance aux Waffen SS. Ce lourd passé n’empêche pas la France, en 1947, de convier Zborowski à rejoindre la Société européenne de propulsion par réaction (SEPR).

En vérité, sans l’apport de ces Allemands de Peenemünde, le LRBA et la Société européenne de propulsion (créée en 1971 à Vernon pour les moteurs d’Ariane) n’auraient jamais remporté tant de succès

Le gouvernement tient également à conserver quelques chimistes allemands. Arrêtés par les Américains, Walter Reppe – qualifié de «nazi bon teint» – et Karl Wurster – présumé «criminel de guerre» – seront blanchis et rejoindront leurs postes à l’usine de Ludwigshafen, avec la bienveillance des Français.

LRBA n’est pas le seul organisme français à avoir bénéficié, après guerre, de ces «transferts de technologie» très particuliers. Les faits ont longtemps été masqués aux yeux de l’opinion pour cause d’orgueil national et de secret défense. Mais, depuis quelques années, une poignée d’historiens et d’initiés ont commencé de découvrir une réalité insoupçonnée: entre 1945 et 1950, la France a massivement recruté des «cerveaux du IIIe Reich». Combien? En recoupant ces études avec les archives accessibles et des témoignages directs, L’Express peut avancer qu’ils furent plus d’un millier. Soit nettement moins que les 5 000 savants allemands enrôlés par l’URSS ou les 3 000 recrutés par les Etats-Unis dans le cadre de leur opération «Paperclip».

Cette histoire débute au printemps de 1945, alors que les armées alliées resserrent leur étau sur le IIIe Reich. Les troupes de la Ire armée française du général de Lattre avancent dans le sud de l’Allemagne. Parmi les unités de reconnaissance qui les précèdent se trouvent des membres de la «section T». Ces experts du renseignement technique sont chargés de repérer les installations militaires et scientifiques allemandes.

La chasse au butin est ouverte. Une équipe du 2e bureau de l’armée de l’air découvre ainsi près d’Oberammergau une vingtaine de caisses plombées, contenant 2 500 documents ultra secrets du bureau d’études de l’avionneur Messerschmitt. Des trésors inestimables, ramenés à Paris pour être exploités par les industriels. Les formes d’ailes en flèche des futurs chasseurs français Ouragan et Mystère sont inspirées de ces documents. 

Entre les vainqueurs, la bataille la plus sourde concerne les «savants du IIIe Reich».

Simples témoins? Complices? Coupables? Plusieurs gradés de Peenemünde et des SS sévissant aux Mittelwerke seront mis en cause après guerre (6). Cela n’empêche pas les Américains et les Russes de faire main basse sur ces équipes. Ni les Français de piocher dans ce vivier. Sans sélection politique? «Vu leurs responsabilités à Peenemünde, certains étaient membres du parti nazi. Mais le passé des gens n’intéressait ni les Français ni personne», explique Helmut Habermann

La France recrute d’autres savants au passé controversé. En mars 1945, le Pr Hubert Schardin, l’un des patrons du centre de recherches de la Luftwaffe à Berlin-Gatow, formait des stagiaires en vue de créer une ultime «arme miracle» pour Hitler! Replié à Biberach, dans le Wurtemberg, il est fait prisonnier par le commandant Lutz, de la 1re division blindée de l’armée française. Le 7 mai 1945, Lutz indique à Schardin qu’il aura «toute liberté d’action». Le lendemain, jour de la capitulation allemande, le savant note dans son agenda: «Le travail a repris» (6) … Avec une trentaine d’autres ingénieurs, il s’installe près de la frontière franco-allemande et devient codirecteur du Laboratoire de recherches balistiques et aérodynamiques de Saint-Louis (Haut-Rhin), créé spécialement par le ministère de l’Armement. 

Une vingtaine d’Allemands, dirigés par Eugen Sänger – un savant hitlérien qui rêvait de fusées rebondissant sur la stratosphère pour bombarder les Etats-Unis! – rejoignent l’arsenal aéronautique de Puteaux en juillet 1946. Ils cohabitent avec l’équipe des «engins spéciaux» d’Emile Stauff, le futur père des missiles tactiques français.

Parmi la centaine de recrues allemandes qui rejoignent progressivement ce laboratoire militaire se trouve le Dr Rudi Schall, un physicien berlinois de renom, venu d’un autre centre de recherches militaires. Agé aujourd’hui de 85 ans, retiré près du lac de Constance, il confie à L’Express: «C’est vrai que j’étais membre du parti nazi, comme beaucoup de mes collègues qui y étaient plus ou moins obligés, sans être forcément actifs. En 1945, les Américains nous ont embarqués, mais ils nous traitaient comme des moins-que-rien. Les Britanniques, eux, m’ont proposé de m’embaucher, mais sans que ma femme puisse me rejoindre. Alors que les Français ont été très chaleureux

On promet surtout aux candidats une «protection» de leurs proches contre d’éventuelles «représailles» des organismes allemands, ainsi qu’un transfert prochain en France, un logement décent, la Sécurité sociale, des salaires équivalant à ceux de leurs homologues français (mais pas plus!), une imposition fiscale moins lourde. Est-ce trop? Non, répond une circulaire de septembre 1947: «Cette charge ne saurait entrer en comparaison avec les avantages très importants que nous attendons d’une collaboration étroite et judicieusement dirigée entre les techniques françaises et allemandes.» 

Les offres sont tentantes. Les ingénieurs sont embauchés à un salaire mensuel, très correct, d’environ 40 000 F – soit l’équivalent de 17 000 F actuels. Grâce à un taux de change franc-mark avantageux – et ce, jusqu’à la réforme monétaire de la mi-1948 – le transfert de ces sommes confère aux familles un niveau de vie très confortable en Allemagne. De plus, les savants sont assurés d’une liberté quasi totale en France. «Les Russes et les Américains devaient nous encadrer très strictement. Alors que les Français nous donnaient le droit de nous promener librement, par exemple pour aller passer des week-ends à Paris», se souvient Otto Kraehe. 

voir plus[ http://www.lexpress.fr/informations/comment-la-france-a-recrute-des-savants-de-hitler_633743.html]url: http://www.lexpress.fr/informations/comment-la-france-a-recrute-des-savants-de-hitler_633743.html

Des objets militaires nazis découverts dans une brigade franco-allemande

https://www.romandie.com/news/792875.rom

– Comment le Royaume-Uni a recruté des savants d’Hitler

Comment Churchill voulait recruter des troupes nazies vaincues et sortir la Russie de l’Europe de l’Est

http://www.dailymail.co.uk/debate/article-1209041/Operation-unthinkable-How-Churchill-wanted-recruit-defeated-Nazi-troops-drive-Russia-Eastern-Europe.html

-Comment les USA a recruté les savants d’Hitler

http://users.skynet.be/bk212103/savants_nazis.html

En Russie, créer un parti politique Nazi est légal malgré que contrairement à l’UE et les USA qui ont refusé de rejeter officiellement le nazisme, , la Russie avait fait serment d’abjurer le nazisme. En fait, c’est juste pour mieux cacher son nazisme à elle, que la Russie a montré officiellement un visage anti nazisme.

Toutes les puissances ont un paquet de Nazis cachés chez eux, et qu’ils utilisent comme mercenaires pour servir leurs intérêts et qui à présent dirigent le monde, car se sont enrichis en faisant oublier leur passé de nazisme.

La politique Russe est influencé par le nazisme tout comme les autres politiques en Europe:

Le Parti national socialiste de Russie est un parti néo-nazi basé en Russie

https://en.wikipedia.org/wiki/Russian_National_Socialist_Party

Les Néo Nazis paradent fièrement en gangs à Moscou

https://youtu.be/BUNv010Jf1I

Pendant que les anti fascistes, anarchistes eux, se font arrêter :

La police débarque dans une manif pacifique d’anarchiste et embarque les anarchistes dans un camion les uns après les autres, comme s’ils faisaient de la cueillette aux champignons

https://youtu.be/spUfg6cuWkU

Le 28 avril 2013, un célèbre anti-fasciste russe,   Alexey Gaskarov, a été arrêté à Moscou

pour s’être opposé à la destruction de la forêt Khimki pour un projet d’autoroute

https://en.wikipedia.org/wiki/Alexey_Gaskarov

En Russie, comme ailleurs, construire des routes c’est plus important que sauver des forêts. L’environnement vient après les intérêts industriels.

En 2011 La veille de l’inauguration de Vladimir Poutine en tant que président de la Russie, Gaskarov a été battu par la police anti-émeutes à l’aide de matraques et de bottes. https://youtu.be/VYOb5mArItU

Les manifestations ont été la première fois où la police russe sous Poutine a écrasé les protestations de l’opposition. [2] Un rapport a déclaré que Gaskarov et sa fiancée, Anna Karpova, «se sont retrouvées pris dans la mêlée» entre la police et les manifestants.  »

Selon une source, Gaskarov a été battu après avoir reproché en criant à une unité de soldats d’ avoir traîné un autre manifestant sur le béton. « Les soldats ont battu Gaskarov avec leurs matraques et l’ont piqué sur son visage, il a subi plusieurs blessures sanglantes. Ses blessures ont été documentées dans l’hôpital où il a été traité. « [1] Une vidéo amateur a montré à Gaskarov » d’arracher un soldat de sécurité à un manifestant tombé et de le relâcher « . Une autre vidéo a montré » un officier lui donnant un coup de pied dans la tête alors qu’il se couchait Sur le terrain. « Ce soir-là, Gaskarov a reçu plusieurs points de suture. [4] Le 28 mai 2012, [1] Gaskarov a tenté d’ouvrir une affaire contre les officiers qui l’ont maltraité, mais aucune mesure n’a été prise en la matière

https://en.wikipedia.org/wiki/Alexey_Gaskarov

Ce jour-là, Alexey Gaskarov a été battu par OMON avec des matraques et des bottes.   Il a déposé une plainte contre les officiers qui l’ont battu, mais personne n’était   accusé.

Maintenant, un an après, et juste quelques jours avant l’anniversaire de   La manifestation du 6 mai, alors qu’Alexey était sur le point d’être à la tête de la   Colonne du bloc de gauche et antifasciste, il a eu un ensemble de   Des accusations absurdes ont été portées contre lui et ont été arrêtées. Alexey Gaskarov est né le 18 juin 1985 et a été politiquement   Actif depuis ses années scolaires

https://libcom.org/news/well-known-russian-anti-fascist-alexey-gaskarov-arrested-29042013

Gaskarov a gagné sa réputation à l’été et à l’automne 2010, pendant la  Campagne de protestation contre la destruction de la forêt de Khimki, il fut alors  Arrêté avec Maxim Solopov et a été accusé d’orchestrer un   Attaque par 300-400 jeunes antifascistes

https://libcom.org/news/well-known-russian-anti-fascist-alexey-gaskarov-arrested-29042013

« La forêt de Khimki est une forêt de bouleaux de 1 000 hectares située dans la banlieue nord de Moscou, en Russie.

Cette forêt est menacée par un projet d’autoroute à péage reliant la capitale à Saint-Pétersbourg, deuxième ville la plus peuplée du pays : l’autoroute Moscou-Saint-Pétersbourg. La première section de l’autoroute doit être terminée en 2013 et le chantier devrait être sous la responsabilité du groupe français du BTP Vinci. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/For%C3%AAt_de_Khimki

Description en dessous de la vidéo  sur comment s’est déroulé la manifestation contre la destruction de la forêt Khimki :

Les antifascistes visages cachés derrière des bandanas, des respirateurs, des foulards palestiniens et des masques de carnaval. – Itinéraires en CONTOURNEMENT! FORÊT DE RUSSIE SAVE! – hystériquement cria un de marcher devant des anti-fascistes. Avant d’entrer dans les antifascistes ont déployé une banderole avec l’inscription « sauvez la forêt russe de l’occupation nazie. »

 https://youtu.be/ZGjSVhLC-Lw

Donc l’anti fasciste Gaskarov a été arrêté par la police russe pour sa Lutte contre l’administration de la ville de Khimki qui voulait détruire la forêt Khimiki pour l’autoroute. En automne   2010, Alexey Gaskarov et Maxim Solopov ont été libérés de prison suite aux nombreuses protestations.

https://libcom.org/news/well-known-russian-anti-fascist-alexey-gaskarov-arrested-29042013

Puis Alex a été à nouveau arrêté en 2013 pour la même raison, mais cette fois secrètement, de sorte que personne n’était pas pour le soutenir

https://youtu.be/puSvFVCuvaY

Par contre les Nazis eux peuvent se rassembler tranquillement en Russie:

C’était le 10ème rassemblement annuel de suprématistes blancs, néo-nazis et nationalistes d’extrême droite, qui s’est tenu à Moscou en novembre.

http://www.latimes.com/world/europe/la-fg-russia-neonazi-20150822-story.html

Deux anarchistes abattus par les Nazis et à l’hôpital

les Nazis impunis, les Russes manifestent en Russie

https://youtu.be/fyeICF2d_bI

Comment l’URSS et les USA se sont entraidés avec leurs ingénieurs Nazis respectifs pour préparer leur futur projet Blue Bleam avec les lancements de satellites

À la suite de l’accord conclu entre la NASA et les responsables russes, une série de partenariats commerciaux se mettent en place. Le constructeur de fusées américain Lockheed crée avec Krounitchev une société commune, International Launch Services (ILS),

https://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_spatial_de_la_Russie

Pour sauver celle-ci l’agence spatiale américaine se met à la recherche de partenaires en Europe, au Japon et en Russie. En septembre 1993 les responsables américains et russes parviennent à un accord sur la réalisation de la Station spatiale internationale un projet développé en coopération qui doit prendre la suite de la station spatiale russe Mir. Le projet prévoit une série de vols d’entrainement des astronautes américains à bord de Mir, le programme Shuttle-Mir, puis la construction d’une partie des modules de la future station spatiale par l’industrie russe. Les États-Unis injectent des sommes qui contribuent à sauver la station spatiale Mir et plus généralement le programme spatial habité russe  : 325 millions $ sont réglés par la NASA au titre du programme Shuttle-Mir et celle-ci paie la construction d’un des deux modules russes de la future station spatiale

[https://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_spatial_de_la_Russie

Soixante-dix ans après, des « enfants parfaits » du nazisme

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/12/05/eugenisme-soixante-dix-ans-apres-des-enfants-parfaits-du-nazisme-decouvrent-leurs-livrets-depargne/

La Chine choque le monde en modifiant génétiquement les embryons humains

http://www.telegraph.co.uk/news/science/11558305/China-shocks-world-by-genetically-engineering-human-embryos.html

et en voulant empêcher les gens malades d’avoir des enfants

http://www.albionmonitor.com/0405a/copyright/chinaeugenics.html

En se rappelant que c’est à la pollution des pesticides que les gens tombent malades et que les abeilles disparaissent en Chine

http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/04/23/dans-les-vergers-du-sichuan-les-hommes-font-le-travail-des-abeilles_4405686_3244.html

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/04/24/vingt-neuf-pesticides-dans-le-the-des-chinois_1690225_3244.html

La Chine a acheté Syngenta qui fait des pesticides néocotinoides en 2016

http://www.reuters.com/article/us-syngenta-ag-m-a-chemchina-idUSKCN0VB1D9

https://fr.sputniknews.com/sci_tech/201602081021580142-chine-nourriture-syngenta/

Des milliards de dollars ont été dépensés pour développer les OGMS en Chine en 2015

http://www.reuters.com/article/us-china-gmo-corn-idUSKBN0UK06B20160107

En bref, ce n’est par haine contre le nazisme, que les puissances ont fait la guerre contre Hitler. C’est juste pour lui piquer ses savants et faire leur propre Reich à eux.

D’ici 5 ou 10 ans , un Nouvel Ordre Mondial fasciste apparaitra. Voilà pourquoi les scientifiques ont toujours le dernier mot. Ils savent que ce sont les ingénieurs Nazis qui ont construit la société industrielle technologique actuelle, donc ils continuent avec leur idéologie nazi, séparation ethnique et autre avec des outils pour filtrer et identifier les ethnies comme le biométrie.

Hitler voulait l’Afrique

Documents secrets d’archives à l’appui, ce livre apporte la preuve que l’un des buts principaux de la Deuxième Guerre mondiale consistait pour Hitler non pas simplement à récupérer les anciennes colonies allemandes perdues en 1918, mais à modeler une Afrique fasciste du nord au sud, et de l’est à l’ouest, au service d’une Grande Europe allemande. L’Afrique deviendrait ainsi l’immense colonie d’une Europe unifiée et dont la métropole serait Berlin.

il révèle les visées d’exploitation économique maximale du continent, les origines de l’Eurafrique qui, depuis, a fait son chemin, l’application des théories raciales nazies sur les Africains, la militarisation de l’Afrique, le continent devant servir de base d’agression contre les U.S.A., la programmation avec certains hommes politiques racistes d’Afrique du Sud d’un Ordre Nouveau en Afrique, ceux-là mêmes qui, après la guerre, réussiront à prendre le pouvoir et à instaurer l’apartheid. Cet ouvrage est le résultat de recherches effectuées dans les archives de l’Allemagne fédérale, de l’Allemagne démocratique et des U.S.A., l’auteur ayant eu le privilège de consulter les archives des pays de l’Est et de l’Ouest.

https://booknode.com/hitler_voulait_l_afrique._les_plans_secrets_pour_une_afrique_fasciste._1933-1945_089817

23 août 1939

Le pacte germano-soviétique

http://www.annefrankguide.net/fr-FR/content/Pacte%20germano-sovietique.pdf

Le pacte inclut une aide économique de l’URSS à l’Allemagne avec d’importantes livraisons de blé, pétrole et matières premières. Celles-ci se poursuivront jusqu’à la rupture du pacte deux ans plus tard.

Une clause secrète prévoit le partage de la Pologne en zones d’influence allemande et soviétique, la limite passant par les fleuves Narew, Vistule et San. Une autre clause secrète prévoit la livraison à l’Allemagne nazie de militants communistes allemands réfugiés en URSS (elle sera exécutée comme les autres).

https://www.herodote.net/23_aout_1939-evenement-19390823.php

Quand le Parti communiste français négociait avec les nazis

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2006/12/09/quand-le-pcf-negociait-avec-les-nazis_843769_3224.html#A6fubRHtRQiWI8J1.99

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ARCHIVES BRITANNIQUES SUR LES MASSACRES DE MAI 1945

DOULOUREUX SOUVENIR

ARCHIVES BRITANNIQUES SUR LES MASSACRES DE MAI 1945
Pendant que Paris fêtait la libération, dans le Constantinois, l’armée française et les milices tuaient des algériens par milliers..

Lors de ma visite aux Archives nationales britanniques (2) à Kew Gardens-London en août 2003, j’avais repéré et demandé en consultation trois dossiers de l’année 1945 dans la série F.O. 371, volume 1 :

– Dossier 49275, Mouvement national arabe en Algérie, 1945.

– Dossier 49313, Opérations en Afrique du Nord, novembre 1942-mai 1943.

– Dossier 49328 datant du 9 novembre 1945 relatif au troisième anniversaire du débarquement des forces alliées en Afrique du Nord.

C’est le premier dossier (FO 371/49275) qui fut pour moi le plus intéressant, parce que contenant quelques tracts nationalistes, et donnant un éclairage nouveau du côté britannique sur les événements de mai 1945 :

– Sous-dossier numéro Z 5064, tract PPA du 11 mars 1945, dactylographié en trois pages, diffusé à l’occasion de la célébration de l’anniversaire de la création du parti le 11 mars 1937 ; quelques termes utilisés : « … le peuple musulman algérien », « … la Révolution algérienne », « l’impérialisme ».

– Sous-dossier numéro 21, rapport du consulat britannique à Alger au sujet des manifestations du 1er mai 1945 et de la répression qui s’est ensuivie : 10 Arabs killed, 25 wounded, 50 injured…Demonstrators 500 to 1000 (PPA)… Official communique admits 3 deaths…

– Sous-dossier numéro 23, premier télégramme britannique, daté du 10 mai 1945 au sujet des troubles qui avaient éclaté à Sétif, Constantine, Bône, Blida, et au sujet de l’arrestation de Ferhat Abbas.

– Sous-dossier numéro 24 du 11 mai 1945, transport par la RAF de soixante-quinze soldats français vers les zones sensibles, mais rejet britannique d’une demande relative aux bombes antipersonnel.

– Sous-dossier numéro 40, suite aux manifestations du 1er mai 1945, tract du Parti communiste algérien (PCA), à contre-courant de l’histoire (comme d’habitude, jusqu’à ce jour avec simplement des appellations différentes), attaquant violemment le Parti du peuple algérien (le PPA, principal parti nationaliste à l’époque où avaient été formés les révolutionnaires qui avaient déclenché l’insurrection du 1er novembre 1954), en des termes virulents : « … À bas les provocateurs hitlériens (c.a.d le PPA) » ; réponse du PPA par un autre tract : « Votre parti a jeté le masque ».

– Sous-dossier numéro 45, document 1, une page, lettre (originale) dactylographiée en langue française, datée « Sétif, le 8 mai 1945 », et adressée « Aux autorités britanniques et alliées » par « les représentants de la population musulmane de Sétif », faisant le compte rendu de la journée, le défilé pacifique, les slogans affichés, l’intervention musclée de la police coloniale pour tenter d’arracher aux manifestants les banderoles, puis les coups de feu tirés par la police aussi bien sur le défilé que sur les spectateurs. La lettre se termine par un hommage « au peuple britannique, à son armée et à toutes les Nations unies […] pour les combats menés pour le triomphe de la démocratie et de la liberté des peuples asservis », puis en conclusion avant la signature : « Vive les Nations unies ! », « Vive l’Algérie libre et indépendante ! »

– Sous-dossier numéro 45, document 2, trois pages, rapport en anglais daté du 23 mai 1945, adressé par le consulat britannique à Alger au Foreign Office, à Londres. Se référant à un premier télégramme (numéro 165) envoyé le 17 mai 1945, le consul relate dans le détail les « serious disturbances which took place in the department of Constantine on May 8th and the following six days » ; dans ce rapport très objectif le consul indique que ces informations avaient été puisées de deux sources : les autorités militaires britanniques, et des sources gouvernementales françaises non officielles. L’accent y est mis sur les provocations de la police coloniale, les coups de feu tirés par la police et par des civils français à partir des balcons, et les tentatives de riposte des natives (musulmans) avec des chairs and anything… their hands.

Des chiffres relatifs à la répression (du 8 au 17 mai 1945) sont avancés de manière contradictoire : neuf cents à mille musulmans tués selon le gouverneur général, six mille musulmans tués et quatorze mille blessés selon des sources médicales françaises ; de plus, le consul souligne que l’aviation française avait effectué trois cents sorties en six jours !

– Sous-dossier numéro 45, document 3, courte note de deux paragraphes datée du 23 juin 1945, adressée par A.J. Kellar (parlementaire britannique?) au Foreign Office about the disturbances in Algeria, et de leur effet d’entraînement en Gambie (?) auprès de la fraction arabe de la population.

Abdelkrim Badjadja

(1) « Panorama des archives de l’Algérie moderne et contemporaine », article publié dans un ouvrage collectif sous la direction de Mohamed Harbi et Benjamin Stora, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la Révolution algérienne: « La Guerre d’Algérie 1954-2004 », de la page 631 à la page 682, Paris, Editions Robert Laffont, mars 2004.

(2) http://www.nationalarchives.gov.uk/

CREDIT PHOTO :

http://www.cinemeteque.com/wp-content/uploads/2017/01/lautre-8-mai-1945-1.jpg

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Guerre de Corée : après les tapis de bombes, les mensonges ; un historien US remet les pendules à l’heure

La Corée du Nord, à l’instar de Cuba, est un pays où le temps s’est arrêté, en marge de la modernité. Un endroit où la guerre froide ne s’est jamais arrêtée, où la paranoïa est entretenue au quotidien.

Guerre de Corée : après les tapis de bombes, les mensonges ; un historien US remet les pendules à l’heure
La guerre froide de Corée est en train de se réchauffer. Il y a quatre mois, un navire de guerre de Corée du Sud a été coulé. Une équipe internationale d’enquête dirigée par la Corée du Sud, a conclu que la Corée du Nord en était responsable. La semaine prochaine, les USA et la Corée du Sud entameront des manœuvres navales à grande échelle au large des côtes de la péninsule coréenne et du Japon ; une véritable démonstration de force.

Le monde entier regardera, et voici un livre dont les décideurs US espèreront sans doute qu’il ne le lira pas : « La guerre de Corée », de Bruce Cumings, une puissante étude révisionniste de l’histoire de l’intervention US en Corée. Sous SON titre anodin, le livre de M ; Cumings est une attaque en règle et décoiffante contre le comportement moral des USA pendant la guerre de Corée, un conflit dont il dit qu’il est mal connu, quand il l’est. Ce livre contextualise l’anti-américanisme réflexif des dirigeants de la Corée du Nord en le remettant avec sympathie dans son contexte historique.

Bruce Cumings est le directeur du département d’histoire de l’université de Chicago, et l’auteur du livre « Les origines de la guerre de Corée », une enquête respectable en deux volumes. Dans son nouveau livre, un condensé de son érudition et de celles d’autres historiens, il balaie une série de mythes qui entourent cette guerre. Il commence par critiquer le travail de David Halberstam.

M. Cumings, qui admire les écrits d’Halberstam sur le Vietnam, vole dans les plumes de « L’hiver le plus froid », le livre d’Halberstam sur la guerre de Corée, publié en 2007. Ce livre, affirme-t-il, fait toutes les erreurs classiques des historiens populaires US à propos de cette guerre peu comprise.

Le livre d’Halberstam fait partie de ceux qui “ne font presque preuve d’aucune connaissance sur la Corée ou son histoire » et « ne citent que deux ou trois noms coréens », écrit Cumings. « Halberstam mentionne le gouvernement militaire US de 1945 à 1948, qui a fortement façonné l’histoire post-guerre de la Corée — dans une seule phrase », ajoute-t-il. « Il n’y a absolument rien sur les atroces massacres de cette guerre, ou sur les campagnes de bombardement incendiaire organisées par les USA ». Et vlan.

Les USAméricains doivent oublier l’idée, explique-t-il, selon laquelle la guerre de Corée a été une histoire “discrète, limitée”, qui a commencé en 1950, lorsque les USA sont intervenus pour aider à expulser le Nord communiste du Sud de la Corée, et qui a pris fin en 1953, lorsque la guerre s’est enfoncée dans une impasse. Les USA ont réussi dans leur stratégie d’endiguement (containment) en établissant la zone démilitarisée d’une largeur de 4 km qui coupe encore la Corée en deux, mais ont échoué lamentablement dans leur guerre contre la Corée du Nord, une tentative d’abattre le régime communiste

Bruce Cumings explique que la guerre de Corée a été une longue guerre civile, aux racines historiques profondes, dans laquelle les USA n’avaient pas à intervenir. Il souligne à quel point cette guerre a été « affreusement sale ». En termes de massacres de civils, il déclare que « notre allié officiellement démocratique a été le pire agresseur, ce qui contredit la propagande US qui dépeint les Coréens du Nord comme de diaboliques terroristes ».

Guerre de Corée : après les tapis de bombes, les mensonges ; un historien US remet les pendules à l’heure
Il compare le bombardement aveugle de la Corée du Nord par les USA à un génocide. Il écrit que les soldats US ont pris part, ou assisté, à des atrocités civiles peu différentes de celles de My Lai. Une enquête officielle est nécessaire, ajoute-t-il, pour qu’une guérison puisse seulement débuter. (Il écrit aussi que cette guerre, durant laquelle environ 37 000 soldats US sont morts, mérite un monument aussi imposant et sérieux que le mémorial de Maya Lin pour le Vietnam).

La longue animosité entre la Corée et le Japon fait partie des choses les plus importantes à comprendre à propos du comportement de la Corée du Nord, passé comme présent. Le Japon a colonisé la Corée en 1910, avec la bénédiction des USA, et a remplacé la langue coréenne par le japonais. Le Japon a humilié et brutalisé la Corée de multiples façons. (Durant la seconde Guerre Mondiale, l’armée japonaise a utilisé des dizaines de milliers de femmes coréennes comme esclaves sexuelles, appelées « femmes de confort »). À propos de cette histoire, Bruce Cumings écrit : « Ni la Corée ni le Japon ne s’en sont jamais remis ».

La Corée du Nord, virulement anti-Japon, demeure amère et craintive vis-à-vis de ce pays, comme vis-à-vis des USA. Elle fera tout ce qu’elle peut pour rester hors des pattes de la Corée du Sud, dont les dirigeants ont des relations historiques de longue date avec le Japon.

Dans “La guerre de Corée”, Bruce Cumings détaille les atrocités commises par la Corée du Nord, et reconnait que “les pratiques politiques actuelles de la Corée du Nord sont condamnables”. Mais il explique que nous considérons ce pays avec les lunettes de « l’intolérance orientaliste », ne voulant voir que ses qualités morbides. Nous qualifions à tort ce pays de stalinien, affirme-t-il. « Rien ne prouve que la Corée du Nord fasse preuve d’une violence de masse contre des classes entières de gens, ou qu’elle commette des « purges » de masse si caractéristiques du stalinisme », écrit-il.

La partie la plus éclairante de “La guerre de Corée” décrit le bombardement à saturation de la Corée du Nord par les USA. « Ce que presque aucun USAméricain ne sait ou ne se rappelle », écrit Bruce Cumings, « c’est que nous avons bombardé le Nord en tapis pendant trois ans, sans pratiquement aucun égard pour les pertes civiles ». Les USA ont largué plus de bombes sur la Corée (635 000 tonnes, ainsi que 32 557 tonnes de napalm) que durant toute la guerre du Pacifique. Notre logique semblait être, explique-t-il, que « ce sont des sauvages, et qu’ainsi, nous avons le droit de faire pleuvoir du napalm sur des innocents ».

“La guerre de Corée” comporte son lot de phrases maladroites, et M. Cumings commet au moins une erreur en parlant de l’essai de Michael Herr intitulé “Dispatches”, publié en 1977, comme d’un roman.

Mais ce petit livre pourra rappeler à certains lecteurs le livre “Wartime” de Paul Fussell, une attaque acerbe de certains mythes rassurants qui entourent la seconde Guerre Mondiale. La prose de Bruce Cumings, dans ses meilleurs passages, rappelle le style aiguisé de Fussell.

Témoin du carnage, ce passage du début du livre “la guerre de Corée”: “Nous assistions à une guerre du Vietnam avant même de connaître le Vietnam —des niaks, du napalm, des viols, des prostituées, un allié non fiable, un ennemi vicieux, des GI essentiellement non préparés qui combattaient dans une guerre que leurs généraux ne comprenaient qu’à peine, des fraggings* d’officiers, un mépris pour les civils qui-ne-savient-rien au pays, des batailles diaboliques indescriptibles même pour les proches, des communiqués de presses publiés par le QG du Général Douglas MacArthur apparemment rédigés par des comiques ou des fous furieux, la prétention d’apporter la liberté à une dictature sordide dirigée par des laquais de l’impérialisme japonais ».

Cette année (2010) correspond au 60ème anniversaire du début officiel de la guerre de Corée. Même avec tout ce recul, écrit Bruce Cumings, il y a toujours de nombreux faits déplaisants que les USAméricains n’ont pas appris sur cette guerre, « des vérités que la plupart des USAméricains ignorent et ne veulent peut-être pas savoir, des vérités parfois si choquantes qu’elles sont dures à digérer pour l’ego US ». Son livre est une pilule amère, un rectificatif qui donne à réfléchir.

Traduit par Nicolas Casaux

Edité par Fausto Giudice

Guerre de Corée : après les tapis de bombes, les mensonges ; un historien US remet les pendules à l’heure
NdE

Fragging : fragmentation, terme d’argot militaire US désignant un attentat -en général avec une grenade à fragmentation – commis par des soldats contre un officier. Une pratique de résistance des soldats, de la guerre du Vietnam à celle d’Irak.

The Korean War. A History

Bruce Cumings

Modern Library, 2010

288 pages

ISBN-10: 081297896X

ISBN-13: 978-0812978964

Paperback

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Comment la France a traité l’islam et les musulmans Des Lumières aux débats actuels

La construction du « problème musulman » en France ne peut se comprendre sans remonter à l’histoire des relations entre la France, l’islam et la langue arabe, « langue du Coran », depuis les Lumières. Une histoire imprégnée par le catholicisme, même quand on se réclame de la laïcité.

Comment la France a traité l’islam et les musulmans Des Lumières aux débats actuels
Évoquer l’histoire de l’islam et des Français musulmans en France pour comprendre sa situation actuelle nécessite un examen des discours tenus sur eux depuis le XVIIe siècle, le siècle des Lumières. Ainsi, l’islam constituerait un obstacle en soi, d’où la nécessité de le réformer ou plutôt de le « gallicaniser »1, voire de créer un nouveau schisme en islam puisque la structure cléricale est inconcevable en islam. L’allégeance des musulmans à la oumma (communauté des croyants) ferait obstacle à la laïcité et à l’intégration des valeurs républicaines. Le statut juridico-social des femmes musulmanes aurait pour origine le Coran. Enfin, « le vivre-ensemble » serait quasi inconcevable car menacé par la violence intrinsèque à l’islam (les djihads) et par la vindicte envers les autres religions monothéistes inscrite dans les textes fondamentaux de l’islam.
La langue arabe, considérée par les musulmans comme une langue sacrée, est aussi considérée comme un véhicule de l’islamisation ou de la réislamisation des populations issues de l’ancien empire musulman. Son enseignement en France a toujours été problématique, voire sujet à interdiction au cours de certaines périodes.
Les positions défendues par les uns et les autres dans ces débats ne dépendent pas, tant s’en faut, des clivages habituels entre religieux et laïques, monarchistes et républicains, ni des appartenances aux familles politiques, qu’elles soient de droite ou de gauche, mais du rapport au religieux, plus précisément à la religion chrétienne, à la sécularisation et à la laïcité — d’emblée posée comme modèle universel.

Voltaire défenseur de l’islam

Pourtant, la construction de ce modèle laïque universel a débuté en France en posant l’islam d’abord comme modèle d’inspiration, avant d’être érigé en contre-modèle devant obligatoirement être réformé, voire détruit. Au siècle des Lumières, Voltaire par exemple, pour mieux attaquer le catholicisme, présente l’islam comme une religion tolérante, fondée sur le libre arbitre, et son prophète Mohammed comme un législateur pondéré, conquérant et luttant contre les superstitions. Les femmes musulmanes sont alors présentées comme bénéficiant d’un statut égalitaire accordé par le Coran et par conséquent comme plus libres que les femmes occidentales, etc.
Cet orientalisme islamisant d’avant la Révolution française de 1798, dont la préoccupation première est la réforme du rapport entre le politique et le religieux en France, pose les jalons des débats sur l’islam, religion et langue, dans la mesure où l’approche se fait par le truchement du Coran dont les traductions commencent à paraître dès cette époque. Ce premier orientalisme présente la religion musulmane comme plus « naturelle » que la religion catholique. Dès lors, un lien direct est établi entre l’islam et les études bibliques, études des langues de la Bible, études philologiques. Tout le discours sur la tolérance de la religion musulmane, sa vocation à l’universel et sa capacité à se régénérer y trouve sa source. Il prend fin avec l’expédition d’Égypte puis l’expédition d’Algérie de 1830, quand la mobilisation pour lutter contre le conquérant se fait au nom de l’islam par des appels au djihad.
Le second orientalisme est un orientalisme arabisant qui commence à se développer avec la IIe République, alors que se développe la colonisation de l’Algérie. Il abandonne le regard bienveillant à l’égard de l’islam et de sa civilisation des premiers orientalistes chrétiens des Lumières pour redéfinir le rapport à l’islam et aux musulmans dans les colonies et aux premiers musulmans installés en France au début du XIXe siècle. L’objet n’est plus le Coran lui-même, mais les études arabes qui, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, sont un sous-ensemble des études bibliques, utiles à l’histoire sainte et à la théologie. La connaissance de la langue arabe, au XIXe siècle, n’est plus seulement l’affaire des religieux et des missionnaires ; elle devient aussi celle des laïcs, qui formeront un courant puissant durant la seconde moitié du XXe siècle, après les décolonisations, y compris à l’université et dans la recherche publique.

Étudier l’arabe pour dominer

L’intention politique cachée derrière les études arabes demeure la compréhension du Coran en vue de la domination des sociétés arabo-musulmanes. Face à la résistance algérienne qui mobilise au nom de l’islam c’est un magistrat, Charles Solvet qui le premier, en 1846, vulgarise le concept de djihad en concept de « guerre sainte ». Et l’intérêt pour la maîtrise de la langue arabe par les Français aboutit très vite en Algérie au remplacement des maîtres arabes par des maîtres français dans les établissements d’enseignement public, parallèlement à un abandon de l’arabe dans l’enseignement scolaire et son remplacement par le français. Les Français de la seconde génération installés en Algérie, contrairement à leurs prédécesseurs, abandonnent la langue arabe usuelle au profit du français. Quant aux musulmans, ils sont cantonnés à l’enseignement religieux en arabe.
Cette politique en Algérie finit par reléguer la langue arabe au rang de langue morte après 1870. Ainsi, on met fin à la créolisation de la société franco-algérienne (plutôt européenne-algérienne) qui commençait à se manifester, aussi bien par la langue, les conversions à l’islam, les mariages mixtes avec ou sans conversion et jusqu’à la libération des mœurs. Au même moment, en France et au Proche-Orient (grâce aux liens tissés depuis la première génération d’orientalistes islamisants avec les communautés chrétiennes), et sous l’influence du développement des sciences sociales, tout un réseau d’institutions scientifiques se constitue pour former des personnels scientifiques et militaires voués à l’accompagnement de la conquête coloniale (en particulier l’École d’Alger, l’École pratique des hautes études, les écoles coloniales en France et en Algérie). Dès 1841, on propose parallèlement la construction de collèges arabes à Paris et à Alger et la construction de mosquées à Paris et à Marseille. Les destins de l’islam et de la langue arabe sont scellés dès cette époque.
Parmi les questions liées au culte musulman aujourd’hui en France, on retrouve inévitablement celle de l’enseignement de la langue et des études arabes. Le rapport de Rachid Benzine, Catherine Mayeur-Jaouen et Mathilde Philip-Gay rendu aux ministères de l’intérieur et de l’éducation nationale le 16 mars dernier sur la formation des cadres religieux musulmans constitue l’affirmation la plus récente de la continuation de cette double tradition orientaliste. Et sur l’amalgame entretenu entre d’une part, la langue et les études arabes et d’autre part, la théologie musulmane, dans la mesure où la formation des imams ne peut relever que d’instituts de théologie inexistants en France et dont on se garde de prononcer même le nom de crainte de devoir en envisager la possibilité2.
Les débats sur les projets de construction de mosquées et d’enseignement de l’arabe aux indigènes réapparaissent dès l’installation du protectorat sur la Tunisie en 1881, et en plein débat sur la laïcité en France. Ils se poursuivent jusqu’au vote de la loi de séparation des Églises et de l’État en 1905, avant de disparaître de la scène publique. Ils ne reprendront qu’en pleine première guerre mondiale, qui voit le retour des catholiques sur la scène politique française et la constitution du premier embryon de ce qui deviendra en 1944 le Mouvement républicain populaire (MRP) regroupant divers courants démocrates chrétiens3.

Le « gallicanisme » des orientalistes

Les musulmans installés en France se voient alors appliquer un statut équivalent à celui de dhimmi4, autrefois imposé aux minorités juives et chrétiennes en terre d’islam. La France le reprendra à son compte en Algérie via le Code de l’indigénat. Mais l’impossibilité de l’appliquer en métropole se traduit pour les travailleurs musulmans jusqu’en 1938 par la privation de leurs droits sociaux — entendu qu’ils n’avaient pas de droits politiques, bien que soumis au même régime fiscal que leurs homologues français. Leur intégration n’est pas pensée et seuls quelques dizaines d’entre eux suivent des cours du soir en français. L’encadrement se fait par les équipes sociales nord-africaines qui les disputent aux institutions d’administration directe à l’algérienne.
Mais le but des politiques n’est pas tant de christianiser les Français musulmans (quoique l’idée ne soit jamais absente) que de « gallicaniser » l’islam, dès lors que le projet d’un califat musulman sous domination française a avorté. Toute la génération des grands orientalistes, de Louis Massignon à Jacques Berque, qui a vu le jour avec la Grande Guerre et continué après la seconde guerre mondiale jusqu’à la fin des années 1970 s’y emploiera.
La décolonisation met fin à l’appellation de « Français musulmans ». On en revient à celle de « Nord-Africains » ou « Arabes », « Français musulmans » étant réservé aux harkis. Toutefois, l’ensemble des musulmans présents en France continue de constituer un réservoir à mobiliser pour les catholiques et les protestants dès qu’il est question de « porter atteinte » à des « valeurs » liées au droit de la famille, à l’école privée, etc. La demande proprement religieuse ne vient pas des populations immigrées, mais des intellectuels musulmans d’origine algérienne formés par les orientalistes chrétiens, tels Mohammed Arkoun, Jamal Eddine Bencheikh, Ali Merad et le réformateur d’origine pakistanaise, Mohammed Hamidullah qui crée en 1963 l’Association des étudiants islamiques de France qui comprend des convertis.

Musulmans d’abord

Le retour de l’islam dans la politique française se fait simultanément avec le surgissement sur la scène internationale de l’islam politique, après la révolution iranienne de 1979 et la loi sur le regroupement familial de 1975, coïncidant avec l’accueil de nombreux réfugiés politiques maghrébins qui prennent en charge le destin de l’immigration maghrébine. Une immigration devenue largement citoyenne, qui fait son entrée sur la scène politique via le syndicalisme, parfois pour ses revendications d’égalité sociale. Dès lors, on renoue avec la tradition des réunions de la Commission interministérielle des affaires musulmanes et du Haut-Comité méditerranéen (1911-1962) sur les questions religieuses liées à la pratique cultuelle en France, en définissant les citoyens issus des premières générations d’immigrés et les nouveaux arrivants comme globalement musulmans pratiquants. La première réunion sur l’islam — qui exclut les citoyens musulmans — se tient en 1982 sous un gouvernement de gauche, avec la secrétaire d’État à la famille Georgina Dufoix, en même temps que le déclenchement des polémiques sur l’enseignement de la langue arabe dans les établissements publics.
Les Français musulmans, eux, ne sont presque pas entendus dans ces débats. Ceux qu’ils se sont choisis pour les représenter sont rejetés quasi unanimement, à la fois par la classe politique et par les intellectuels. On leur préfère soit les représentants des gouvernements des pays d’origine (officiels, associations, amicales, etc.) à qui on laisse volontiers la gestion de la question cultuelle, soit des hommes et des femmes politiques intégrés aux appareils politiques et qui tiennent des discours conformes à ceux tenus par leurs partis sur l’islam et les musulmans. Ou encore, des intellectuels qui réactualisent sans la moindre distance la production orientaliste chrétienne — l’écrivain Abdelwahab Meddeb en est l’exemple le plus édifiant — ou nationaliste des années 1950 des intellectuels algériens en particulier, tel Sadek Sellam. Ainsi, les Français issus de l’immigration de deuxième et troisième génération, qui ont une demande autre : celle de la fin du racisme, illustrée magistralement par la Marche pour l’égalité (1983), se sont trouvés acculés à s’identifier comme musulmans alors que leur revendication est d’être reconnus comme éléments de la diversité ou de multiples appartenances. D’autre part, la société française, incapable de reconnaître son racisme et d’y faire face, préfère la représentation d’une communauté musulmane homogène pour le justifier, tout en agitant à nouveau la question d’un islam qui devrait être réformé pour pouvoir être intégré.
La production scientifique et intellectuelle sur la place de l’islam et les musulmans en France depuis la fin des années 1980, qu’elle soit pour ou contre une institutionnalisation de l’islam en France, marque ce changement de paradigme. Au couple racisme-immigration qui a prévalu des années 1960 au début des années 1980 s’est substitué le couple islam-laïcité, qui renoue avec les mêmes débats que ceux tenus sur l’islam et les musulmans depuis l’époque des Lumières jusqu’à la fin des colonisations.

 

1NDLR. Le gallicanisme est une doctrine religieuse et politique française qui, entre le XVe et le XIXe siècle, a cherché à organiser l’Église catholique de façon autonome par rapport au pape. Appliqué à l’islam, il reviendrait à le soumettre au gouvernement de la France.
3Pour la genèse des mouvements démocrates chrétiens et l’origine du MRP, voir l’ouvrage de Robert Bichet, La démocratie chrétienne en France. Le mouvement républicain populaire MRP, éditions Jacques et Demontrond, Besançon, 1980.
4NDLR. En droit islamique, citoyen non-musulman d’un pays musulman qui, moyennant l’acquittement d’un impôt de capitation, d’une certaine incapacité juridique et du respect d’obligations édictées dans un «  pacte  » conclu avec les autorités, dispose d’une liberté de culte ainsi que d’une garantie de sécurité pour sa personne et ses biens.

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ANDRE NOUSHI, UN PIONNIER DE L’HISTOIRE DE L’ALGERIE NOUS QUITTE A TOUT JAMAIS

RAPPEL : Lettre du professeur André Nouschi à l’ambassadeur d’Israël à Paris (lors de la guerre de Ghaza 2009)

ANDRE NOUSHI, UN PIONNIER DE L’HISTOIRE DE L’ALGERIE NOUS QUITTE A TOUT JAMAIS
Message reçu du professeur Gibert Meynier
Cher.e. s ami.e. s,
Nous a quittés le 7 mars 2017, âgé de plus de 94 ans, l’historien André Nouschi -je l’ai appris trop tardivement, et je ne suis pas allé à ses obsèques ; nous perdons avec lui un historien de valeur, et aussi un citoyen engagé.
Il a, -entre autres- publié sa thèse Enquête sur le niveau de vie des populations rurales constantinoises. Essai d’histoire économique et sociale, Paris : PUF, 1961, 767 p. -cf. en pièce attachée la 1ère de couverture-, et, de ce livre, une 2e édition, revue et corrigée -Saint Denis : Éditions Bouchène, 2013, LXVI; 700 p. (cf. pièce attachée la 1ère de couverture) que j’ai préfacée. Vous trouverez cette préface de 74 p. en pièce attachée.
André Nouschi a été le directeur -d’une compétence attentive- de la thèse que j’ai soutenue le samedi 9 juin 1979 à l’université de Nice (L’Algérie revélée, la guerre de 1914 à 1918 et le premier quart du XXe siècle, 1839 p., + 341 p. d’annexes, + glossaire : 39 p.). Elle a été publié sous le même titre -en version condensée- avec une préface de mon maître et ami Pierre Vidal-Naquet .
Gilbert Meynier

RAPPEL : Lettre du professeur André Nouschi
A l’ambassadeur d’Israël à Paris

(lors de la guerre de Ghaza 2009)

Le 3 janvier 2009
Monsieur l’Ambassadeur,
Pour vous c’est shabat, qui devait être un jour de paix mais qui est celui de la guerre. Pour moi, depuis plusieurs années, la colonisation et le vol israélien des terres palestiniennes m’exaspère. Je vous écris donc à plusieurs titres :comme Français, comme Juif de naissance et comme artisan des accords entre l’Université de Nice et celle de Haiffa ..
Il n’est plus possible de se taire devant la politique d’assassinats et d’expansion impérialiste d’Israël. Vous vous conduisez exactement comme Hitler s’est conduit en Europe avec l’Autriche, la Tchécoslovaquie .Vous méprisez les résolutions de l’ONU comme lui celles de la SDN et vous assassinez impunément des femmes, des enfants ; n’invoquez pas les attentats, l’Intifada. Tout cela résulte de la colonisation ILLEGITIME et ILLEGALE. QUI EST UN VOL. Vous vous conduisez comme des voleurs de terres et vous tournez le dos aux règles de la morale juive. Honte à vous: Honte à Israël ! Vous creusez votre tombe sans vous en rendre compte. Car vous êtes condamné à vivre avec les Palestiniens et les états arabes. Si vous manquez de cette intelligence politique, alors vous êtes indigne de faire de la politique et vos dirigeants devraient prendre leur retraite. Un pays qui assassine Rabin, qui glorifie son assassin est un pays sans morale et sans honneur. Que le ciel et que votre Dieu mette à mort Sharon l’assassin. Vous avez subi une défaite au Liban en 2006. Vous en subirez d’autres, j’espère, et vous allez envoyer à la mort de jeunes Israéliens parce que vous n’avez pas le courage de faire la paix
Comment les Juifs qui ont tant souffert peuvent-ils imiter leurs bourreaux hitlériens ? Pour moi, depuis 1975, la colonisation me rappelle de vieux souvenirs, ceux de l’hitlérisme. Je ne vois pas de différence entre vos dirigeants et ceux de l’Allemagne nazie ?
Personnellement, je vous combattrai de toutes mes forces comme je l’ai fait entre 1938 et 1945 jusqu’à ce que la justice des hommes détruise l’hitlérisme qui est au cœur de votre pays. Honte à Israël. J’espère que votre Dieu lancera contre ses dirigeants la vengeance qu’ils méritent. J’ai honte comme Juif, ancien combattant de la 2ème guerre mondiale, pour vous. Que votre Dieu vous maudisse jusqu’à la fin des siècles ! J’espère que vous serez punis.
André Nouschi
Professeur honoraire de l’Université

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Cela s’est passé en 1840, l’armée française occupe la ville de Cherchell

Cela s’est passé en 1840, l’armée française                                                           occupe la ville de Cherchell
Quinze mois après la chute de Constantine[[i]]url:#_edn1 aux mains de l’armée française et alors que le traité de la Tafna[[ii]]url:#_edn2 était encore en vigueur, le gouverneur général (G.G) de l’Algérie, le général Valée, proposa au début de l’année 1839, au ministre de la guerre le Maréchal Soult, un plan d’opérations militaires pour l’année 1840, ambitionnant l’occupation de villes et zones attribuées à l’Emir Abdelkader, en l’occurrence Cherchell, Miliana, Médéa et la plaine du Chéliff.
                      Les autorités françaises n’aspiraient qu’à un prétexte pour outrepasser ouvertement l’accord avec le chef des résistants Algériens et reprendre la guerre plus énergiquement au centre et à l’ouest du pays. Elles l’eurent à l’occasion de l’expédition du duc d’Orléans qui, en route de Constantine vers Alger, et lors de son passage des monts des Bibans le 27 octobre 1839, il traversa, avec sa colonne composée de 3000 hommes et 1000 chevaux et mulets, les portes de fer, territoire relevant de l’Emir. Une fois convaincu de cet acte de violation formelle de la convention de la Tafna, Abdelkader, et alors qu’il se trouvait à Médéa, appela ses troupes, à reprendre le djihad le 3 novembre 1839. Dès la première décade de ce mois, les colons et les militaires des camps de la plaine de la Mitidja perdirent complètement leur quiétude, sous les coups des guerriers du Khalifa Mohamed Benallel Sidi Embarek. Le 26 décembre 1839, un détachement de la troupe de Cherchell alliée à l’Emir, soutenue par des marins locaux, s’appropria, au large du littoral de la ville, du bâtiment de commerce français Le Fréderic-Adolphe, et de toute sa cargaison, constituée essentiellement de pomme de terre.  
                                     Cette action accéléra la préparation de la mise en œuvre du plan d’actions militaires, prônée le G.G Valée et approuvé par le gouvernement à Paris, afin de neutraliser les forces d’Abdelkader et d’étendre les champs des établissements et colonies français en Algérie[[iii]]url:#_edn3 . Au début du 3ème mois de l’année 1840, tout le dispositif militaire d’occupation de Cherchell était fin prêt. Le corps expéditionnaire, composé de quelques milliers d’hommes, commandés respectivement par les généraux d’Houdetot, Dampierre et Duvivier, et dont fait partie le G.G,  était accompagné de 500 mulets portant des vivres et de 10 obusiers de montagne. Quittant Blida le 12 mars, le corps armé français bivouaqua le même jour au pied du tombeau de la chrétienne pour parvenir le lendemain à Bordj Larbâa, en face du mont Chenoua, où un violent orage rendit la marche extrêmement difficile. Le passage de l’oued Nador nécessita des travaux de terrassement pour le convoiement des obusiers. Le 14, l’avant-garde du corps expéditionnaire se porta sur l’oued Hachem, à la frontière des deux tribus des Chenouas et des Beni-Menassers, pour enjamber le 15 mars à 9 heures du matin le ruisseau de L’oued El Belâa, sous l’aqueduc romain, qui alimentait durant l’époque romaine  la ville antique en eau.
                                       Tout au long de leur parcours, les forces d’occupation subirent un perpétuel harcèlement par des réguliers de l’armée d’Abdelkader et des hommes des tribus. Dès l’arrivée à l’oued Chiffa, 3 000 cavaliers embusqués tirèrent des feux nourris sur la colonne du centre, alors que celle de gauche, du général Duvivier essuya une fusillade prolongée à oued Djer, provoquant un long retard au premier point de ralliement au tombeau de la chrétienne. Le 13, il eut encore un accrochage assez vif avec les cavaliers du Khalifa Ben Allal. Le 14, à 4 heures de l’après-midi, 400 hommes armés prirent position  dans la partie supérieure de la vallée de l’oued El Hachem et commencèrent à tirer durement puis, s’éclipsèrent hâtivement afin de se mettre à l’abri des tirs d’obus. Une centaine de cavaliers continuèrent à assaillir l’arrière-garde jusqu’à la vallée de l’oued El Belaâ, à quelques 5 Km de Cherchell.
                                         Le lendemain, 15 mars, à 10 heures, les colonnes tricolores arrivèrent devant la ville lorgnée, alors que trois bateaux à vapeur, au pavillon français, mouillaient à l’entrée de la petite darse du port. Face aux portes fermées de la cité, l’artillerie fut appelée au secours, avec deux coups de canon pour les fracasser, permettant aux soldats de pénétrer dans une cité complètement déserte de ses habitants[[iv]]url:#_edn4 .
                                       Cherchell envahie par l’armée française, le G.G constata que l’agglomération est bâtie dans une plaine peu étendue, autour de laquelle s’étend à cheval un rideau, dont les pentes admirablement cultivées, sont protégées par une ligne de défense établie sur la crête. A l’intérieur de la localité, dans les maisons, en général petites mais en bon état, furent hébergés les 1450 troupiers et  30 officiers du nouvel casernement. La ville avait cinq mosquées dont la principale, contenant cent colonnes de granit gris, fut instantanément transformé en magasin et promise incessamment à être convertie en hôpital. Les boutiques abandonnées en précipitation, garnies de provisions, offrirent au moins 250 000 rations alimentaires aux envahisseurs.  
                                   Le G.G Valée demeura quatre jours à Cherchell pour veiller à l’exécution des travaux de défense,  les plus urgents, contre les incursions des tribus et, fixer les quatre bataillons du 17ème léger, commandé par le colonel Bedeau, qui devint le premier commandant supérieur de ce nouvel établissement côtier et ses environs. Le corps expéditionnaire se mettra en mouvement le 19 mars pour entreprendre des manœuvres dans l’ouest de la Mitidja, destinées à refouler les populations des tribus vers les montagnes, puis rejoindre les casernes de Koléa et Blida.
                                  Ainsi, s’acheva le premier acte de la guerre d’occupation totale, tirant un trait définitif sur dix années d’atermoiements du gouvernement français sur le statut à accorder aux ‘’possessions françaises de l’Afrique du nord’’. La suite du plan prévit l’enlèvement de Miliana durant le printemps, et immédiatement après Médéa, avant les grandes chaleurs de l’été. La tâche ne s’annonça pas de tout repos pour l’opération militaire française, face à une armée de l’Emir Abdelkader solidement cantonnée sur le col de Mouzaïa, passage oblige vers l’intérieur du pays.

 


[[i]]url:#_ednref1 – Après une 1ère expédition infructueuse, dirigée par Clauzel au mois de novembre 1836, l’armée coloniale parvint à s’emparer de Constantine le 13 octobre 1837.
[[ii]]url:#_ednref2 – Signé le 30 mai 1837 par le lieutenant-général Bugeaud et l’Emir Abdelkader, le traité de la Tafna, validé par le conseil du Roi de France, reconnut les zones de souveraineté des 2 belligérants.
[[iii]]url:#_ednref3 – Au 1er janvier 1840, l’armée française n’avait en sa possession en Algérie que 14 villes (dont 3 dans la province du centre : Alger, Blida et Koléa) et près de 50 camps et postes fortifiés.
[[iv]]url:#_ednref4 – C’est au mois de février 1839, à Bou-Korchofa, au pied de l’Ouarsenis, lors d’une assemblée des Khalifas et proches de L’Emir, que fût décidée l’évacuation totale des populations citadines lors des assauts français, au cas de la reprise des hostilités. C’est en droite de cette délibération, que furent abandonnées, successivement aux soldats français Cherchell, Miliana, Médéa, Mascara et Tlemcen.
 
Nacer Melhani
Sources :

  • Castellane, (de) B. (1898) : Campagnes d’Afrique 1835-1848. Librairie Plon, Paris.
  • Fleury G. (2008) : Comment l’Algérie devint française (1830-1848). Ed. Perrin, Paris.
  • Mebarek Ben Allel A. et Chevassus-au-Louis N. (2011) : La tête dans un sac de cuir. Ed. du Tell, Alger.
  • Peyroulou J-P, Siari Tengour O, Thénault S. (2012) : 1830-1880, la conquête coloniale et la résistance des Algériens. In « Histoire de l’Algérie à la période coloniale », ouvrage collectif. Ed. Barzach, Alger.  
  • Archives militaires de Vincennes (S.H.D) : Cote 1 H 68.

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HIER LA MECQUE DES REVOLUTIONNAIRES, AUJOURD’HUI LA MECQUE DES HARKIS.

Le passage à la télévision algérienne de Fériel Furon l’arrière petite fille du bachaga Bengana pour faire la promotion de son livre  » Bouaziz Bangan, dernier roi des Ziban a soulevé une grande polémique en Algérie.

HIER LA MECQUE DES REVOLUTIONNAIRES, AUJOURD'HUI LA MECQUE DES HARKIS.
HIER LA MECQUE DES RÉVOLUTIONNAIRES
AUJOURD’HUI CELLE DES TRAÎTRES.

Pendant que l’Algérie se prépare à célébrer «la journée nationale du Chahid », la chaîne de télévision « Canal Algérie » invite la française, Feriel Furon, arrière-petite-fille du sinistre Bachagha Bengana, présenter son livre «Bouaziz Bengana, dernier roi des Zibans», encourageant ainsi la falsification de l’Histoire de l’Algérie sous l’occupation française. Cette dernière n’avait en face que les caméras pour un débat contradictoire ! Saisissant cette invitation, elle glorifie le parcours d’un des plus lugubres collaborateurs de la France coloniale et par conséquent les « bienfaits » de la colonisation. Une vente dédicace de son livre au palais Ahmed Bey à Constantine était acquise. La réhabilitation du traître aurait eu lieu si ce n’est la mobilisation des citoyens sur les réseaux sociaux. Comble de l’ironie, c’est l’Émir Abdelkader qu’elle ose accuser de traître !

Le plus étonnant est le mutisme total des autorités algériennes et celui de la « famille révolutionnaire », ce qui était loin d’être le cas quand:

1 – Le Wali de Skikda qui, en déclarant que le pays a été libéré par les Chouhada, été relevé de ses fonctions pour insulte aux moudjahidine, courant décembre 2016.

2 – Le magistrat Benyoucef Mellouk a été relevé de ses fonctions en 1992 pour avoir dévoilé le dossier des «magistrats faussaires». Il occupait le poste de chef de service du contentieux au Ministère de la justice. Ayant eu le courage de porter en public cette affaire au peuple, sera incarcéré à deux reprises. Limogé, privé de son salaire, de son droit à la retraite il a été interdit de quitter le territoire national.

3 – L’écrivain Boualem Sansal, en réaction des attentats terroristes de Nice, comparait l’ALN à DAECH., Sur « Le Monde », du 16 juillet 2016 il écrit sous le titre « Gare aux terrorisme de bas coup » comparant les actions des fédayins de la bataille d’Alger aux terroristes.

L’ORIGNE DES BENGANA.

Pour, la sombre histoire politique des Bengana débute au 18 e siècle, avec le fils de la veuve Gana, venu de petite Kabylie pour s’établir à Mila avec le métier de forgeron. Une de ses filles se marie à un officier turc qui venait souvent dans la forge pour ferrer son cheval. Cet officier deviendra plus tard Bey de Constantine. Grace à son beau père, il obtient le grade de « cheikh Al Arab », titre qui appartenait à la famille Bouakaz, depuis de siècles avant l’arrivée des Turcs en Algérie.

Ferhat ben Saïd Bouakaz, démis par le Bey en 1830, se rendit à Constantine pour offrir ses services è l’armée coloniale et s’engage à lutter contre la résistance anti française. En plus du titre qui est rendu, il devient Khalifa du Sud. Il perdit

Depuis les Bengana jouaient le rôle de bourricot de Troie au service des Turc et avec les français. Il est considéré comme un historien important du Constantinois.

QUI EST DONC LE COLLABORATEUR DE LA FRANCE ?

Avant que l’histoire ne juge le comportement sulfureux de la famille Bengana, cette dernière fait découvrir un visage sans masque de supplétif de l’armée coloniale, la terreur et la spoliation des biens des arabes. Les habitants de Zaatcha et d’El Amri firent victimes de tels agissements (1).

Le livre « LES BEN GAN, depuis la conquête française », (2) écrit par la famille, fait ressortir une soumission totale aux français dès la prise par ces derniers de la ville de Constantine en 1837 : Il a été écrit dans le seul but «de retracer les faits et gestes de notre famille depuis la colonisation jusqu’à nos jours afin de faire connaître aux intelligents du gouvernement français qu’elle a été notre conduite» (Page 4). «Le gouvernement français, qui a le droit d’être fier, s’était emparé de la province de Constantine durant l’ère 1837 chrétienne. Une année après, notre famille, à leur tête son chef Si Bou Aziz Bengana, venait offrir ses services à la France». (Page 5).

D’emblée, les Bengana reconnaissent l’autorité de l’envahisseur et l’acclament avant de connaître l’objectif de ses desseins macabres en Algérie. Devant le Général Galbois, représentant le pouvoir, le serment de la traitrise est prononcé par la famille en jurant sur le Coran. Celle-ci s’engage à ne pas trahir la France et à la servir avec zèle. Tous les hommes étaient présents sauf ceux étant dans l’impossibilité de faire le voyage. Pour confirmer sa collaboration, Bouaziz Bengana se déplace à Paris, où il se découvre une nouvelle mère, pour sacraliser sa soumission prononcée sur le Livre Saint à Constantine. Il déclare devant la mosquée de cette ville son allégeance à « sa mère patrie la France » (3) mettant en pratique ce qu’il avait déclaré en 1939: « Si les Algériens avaient connu la France en 1830, ils auraient chargé leurs fusils avec des fleurs». Un spécialiste des pirouettes et de l’infidélité qui le dit.

Déjà du temps des Ottomans, il avait le grade de «Cheikh-El-Arab » qui faisait de lui un instrument de répression de la population par la collecte des impôts. Cette fonction lui réalise un double profit, un enrichissement et une extension de son influence. Géographique, il contrôlait une partie saharienne du Sud Constantinois, notamment les Ziban et Biskra. Une lignée de féodaux aux services des Turcs qui ont exécuté une même tâche abjecte au profit des Français.

PREMIÈRE TRAÎTRISE AU PEUPLE.

Quand Constantine est tombée en 1837, Bengana se retourne contre Ahmed Bey car voyant son avenir basculer avec la colonisation française, il a décidé de la servir avec loyauté et fidélité. Le sang de la déloyauté dans ses veines et le baiser de Judas accroché aux lèvres, il est, en 1839, parmi les chefs locaux qui se rallient à la France et brillera dans la conquête de l’Algérie qu’il immortalisa dans le livre cité plus haut. L’historien Farid Belkadi rapporte que Bengana est entré en guerre dans le Sud Constantinois contre l’Émir Abdelkader dans plusieurs batailles dont la plus importantes est celle de « Selsou», le 24 mai 1840. Il était accompagné de son fils Mohamed et son neveu Si Ahmed Belhadj. Après cette bataille, « il coupait les oreilles des résistants algériens auxquels il tendait des embuscades avec ses goumiers » pour les remettre en guise de cadeaux aux généraux français » (4).

On donne le chiffre de neuf cents oreilles des dépouilles des combattants. Il les remettra au commandant de l’armée française à Constantine exprimant ainsi son allégeance et sa soumission. Outre des récompenses matérielles, il est fait Commandeur de la Légion d’honneur. Avec certains chefs tribaux inféodés, il fonde « la Ligue des amis de la France » en 1837. À partir de 1859 il perçoit une prime de 60 000 francs, somme considérable à l’époque, récompensant son précieux soutien au colonisateur contre les révoltes des autochtones.

Après cette bataille, Bengana adresse une lettre au lieutenant général Galbois dans laquelle il écrit :
« Que le salut, la miséricorde la bénédiction et la grace de Dieu soient sur vous. Nous devons cette victoire à votre bonne étoile et à la protection de Dieu. Nous sommes vos enfants et nous vous servirons jusqu’à la fin avec une entière fidélité » (5).

Pour affirmer son rôle de collaborateur Il mit ses cavaliers au service du général Emile Herbillon pour réprimer férocement la révolte de Zaatcha en 1849. Le Chef de cette révolte Bouziane El Kalayi et certains de ses fidèles furent décapités. Leurs crânes se trouvent actuellement au musée français de l’Histoire naturelle à Paris.

« Cet événement, écrivit le maréchal Valée au ministre de la guerre, a une grande importance. Pour la première fois depuis dix ans, un chef institué par nous marche tout seul contre les contre les troupes de l’Emir et obtient sur elles un succès. Désormais, le petit désert nous appartient. Bengana, soutenu par nous qui vont se rapprocher des Portes de fer, soumettre toutes les tribus du Djérid et appuiera Tédjini. Je prescrits de lui rembourser les dépenses qu’il a faites». (6)

L’AMOUR DE LA TRAÎTRISE ACCROIT LA SOUMISSION.

Les Bengana continuaient leur sordide collaboration avec l’occupant même quand celui-ci massacrait les tribus algériennes qui, réclamant la justice et la liberté, se révoltaient. Se considérant comme les enfants de Bugeaud et autres théoriciens criminels de la colonisation, ils se trouvent toujours du coté de l’oppression et de l’injustice.

Ils se désolidarisent de Mohamed Mokrani lorsqu’il se souleva avec des milliers d’algériens en 1870 contre la France coloniale. Cette révolte était l’une des plus importantes que le peuple algérien ait déclenchée depuis l’arrivée en Algérie des Français. Partie, le 16 mars 1870, de Bordj Bou Arreridj, elle embrasa la Kabylie jusqu’ aux abords de Constantine, arrivant à l’est des montagnes de la Mitidja. Ils qualifient le révolté de dément. Mohamed Seghir Bengana écrivait «Nous avons appris que Mohamed Ben Ahmed El Mokrani s’était révolté. Sa rébellion ne peut être que le résultat d’une démence…. nous le combattrons comme si nous étions français ». (7)

Le Bachagha et ses harkis ont attaqué avec l’armée française les troupes de Mokrani.

LA POURCHASSE DES MILITANTS.

Perpétuant la devise familiale en vertu de laquelle, il a été écrit dans leur sang le mot « Servir », le bachagha Bengana assumait la fonction de la police dans la traque des militants.

Un autre exemple de la trahison de l’arrière-grand-père de la française Feriel Furon est la dénonciation aux autorités françaises des militants nationalistes algériens. L’une de ses victimes est le militant messaliste Chebbah El Mekki, homme de théâtre algérien et un des fondateurs du théâtre national. Né en 1894 à Sidi Okba (Biskra), il émigre en France en 1924 et adhère à l’Etoile Nord-africaine à sa création par Hadj Messali. En 1929, il retourne dans son pays et crée avec l’écrivain Ahmed Rédha Houhou un club théâtral à Sidi Okba, où il ouvre un café maure qui voit la naissance du premier «théâtre indigène». Avec sa société culturelle musulmane, il produit de nombreuses pièces théâtrales, dont Hannibal, Tarik Ibn Ziad. Il fait passer des messages indépendantistes. Rédha Houhou est le secrétaire de cette troupe militante. Ils sont surveillés quotidiennement par l’administration française. «Ils seront dénoncés en 1934 par le Bachagha Bouaziz Bengana qui signale leur «théâtre subversif».

R. Houhou s’est exilé avec sa famille en Arabie Saoudite et Chabbah El Mekki condamné à un mois de prison ferme. Avant de l’incarcérer, l’armée coloniale l’a menotté et attaché à un cheval enfourché par un goumier sous les ordres du Bachagha Bengana qui le traîna jusqu’à Ouled Djellal, sur une distance de plusieurs kilomètres. Il écrit dans ses mémoires « C’est au cours de l’année 1936 que j’ai été trainé poings liés attachés à une corde tirée par une jument sur un parcours de 130 km entre Biskra et Ouled Djellal ». (8)

BENGANA COMME COLLABORATEUR CONTRE LE MAROC.

La fidélité, partout et pour toujours à la cause française le bachagha perpétue la tradition qui a constamment été celle de la famille. Il est aux cotés de l’armée coloniale comme quand elle sévit en dehors de l’Algérie. Il est au Maroc pour réprimer la révolte de Chlouh contre les français au début du XXe siècle.

Il engage ses goumiers issus des tribus vassales hors Algérie, toujours au service de la France. Il est fier de sa participation à la tête d’unités de goumiers algériens venus des tribus sous son autorité et enrôlés par l’armée française dans des campagnes armées contre les populations berbères au Maroc.

Il décrit, avec fierté, ses bas services au profit de la France dans une lettre adressée à ses enfants en 1929. Nous lisons : «En 1908, je pris le commandement des goumiers des Ziban pour aller combattre au Maroc les Chaouia (Chlouh). Ces valeureux cavaliers firent honneur à leurs tribus. Leur vaillance et leur bravoure nous valurent, à la suite de nombreux combats auxquels nous prîmes part, des éloges citations, des médailles militaires, et pour moi, en fin de campagne, une proposition pour la Croix d’officier de la Légion d’honneur. Cette proposition fut présentée par le chef d’escadron Bussy, notre estimé chef de l’annexe de Biskra, commandant des goums, notre parrain au baptême de feu. Elle fut maintenue par le général d’Amade notre glorieux commandant en chef. Je dois à ces deux grands soldats mon admiration et ma reconnaissance. Je rends également hommage à leur sollicitude à l’égard de mes frères d’armes qu’ils récompensèrent en ma personne». (Des mérites guerriers dont ils firent preuve) ».

La décoration a été remise à ce serviteur de la France le 14 juillet 1909 par le général Picard, ministre de la guerre. La loyauté des Bengana était sans failles envers sa nouvelle patrie, la France, au point que l’administration française ne cessa de le gratifier de primes, de biens spoliés à ses compatriotes.

Par ailleurs, en fêtant le centenaire de l’occupation de l’Algérie, le bachagha rédigea un manuscrit « cheikh Al Arab. Une famille de grands chefs sahariens. Les Bengana » (9) qu’il soumet à Gaston Thomson, député de Constantine, pour lui faire une préface. Ce dernier lui fait la déclaration suivante «Votre famille compte parmi les meilleurs artisans de l’œuvre française sur cette terre d’Afrique et dont nous allons fêter d’un même cœur, comme vous le dites si bien le centenaire de son adoption par la France ! » (10).

TRAÎTRES ET CRIMINELS SYNONYMES DE RESISTANTS ET DE LIBÉRATEURS ?

Sans la complaisance des responsables en charge du secteur de l’information, cette tentative de réhabilitation d’un des grands collaborateurs de la colonisation ne pourrait être envisagée. On se demande : Qui cherche à effacer la ligne rouge tracée par le sang des algériens séparant les traitres et les criminels des révolutionnaires et libérateurs ?

Certains cherchent-ils, à travers Furon, à présenter au peuple algérien le Bachagha Bengana comme un roi qui mérite une reconnaissance par la patrie. ? Un roi auquel nos parents devaient faire allégeance au lieu de se comporter en traitre en combattant la colonisation. Etaient – ils des traîtres ???

Sinon comment expliquer que les portes des institutions algériennes lui sont ouvertes, que la télévision algérienne lui tende le micro pour incriminer les chouhada que son arrière-grand-père avait massacrés. ? Que des « personnalités » se photographient avec elle. ?.

Avant d’arrivée à l’apologie de « la bachaghiat » cette française était une VIP dans des cercles algériens.

• Elle est invitée à la somptueuse réception organisée par l’ambassade d’Algérie en France pour commérer le 60e anniversaire du 1er novembre 1954. Elle avait un rang appréciable car elle est parmi les 300 convives. Elle publiait une photo d’elle avec l’ambassadeur d’Algérie en précisant sur sa page facebook « Une belle soirée au Pavillon Dauphine avec tous les amis ». Toujours par le biais de ce réseau social, Feriel Furon Bentchikou a posté des photos en compagnie d’officiels algériens.

• En 2014, l’arrière-petite-fille du Bachagha a été invitée à l’Assemblée nationale populaire (APN) à l’occasion d’une journée d’étude sur «La déclaration du 1er novembre (1954) ». On la voit en photos en compagnie de deux députés du FLN, dont Lies Saadi.

• Mohamed Bedjaoui, cité dans plusieurs affaires de corruption, soutient l’arrière petite fille de Bengana dans son combat de renverser l’histoire.

Ce comportement d’aujourd’hui explique les raisons qui lui ont valu deux distinctions françaises:

– Commandeur de la Légion d’honneur : décret présidentiel du 21 septembre 1979 pour « des mérites éminents » à la nation……… Il était ambassadeur d’Algérie en France.

– Grand officier : décret de février 2005. Il était président du Conseil constitutionnel.

Référence :

1 – Mohamed Hasnoui : La colonisation française en Algérie : Inventaire de cendres et de braises. Editions l’Harmattan – Paris 2013.

2 – Livre édité en 1879 par DENTU – Libraire – Editeur – Paris.

3- « http://www.babzman.com/video-bouaziz-bengana-prete-allegeance-a-la-france/ »
4 – Bachir Belkadi  » Boubaghla, le sultan à la mule grise « .
5 – Histoire mil neuf cent quarante- Alfred Villeroy – 1841.
6 – L’Algérie de 1830 à 1840: les commencements d’une conquête de Camille Rousset.
7 – El Moubacher, journal officiel colonial de mars 1870.
8- Mémoires aurésiennes de Chebbah El Meki : traduction Alger républicain.
9 – Cheikh Al Arab. Une famille de grands chefs sahariens. Bengana. : Edition P e G Soubiron 1930.
10 – Gaston Thomson est un homme politique français né le 29 janvier 1848 à Oran et décédé le 14 mai 1932 à Annaba. Maire de Constantine et député sans discontinuité de 1877 à 1932, soit un temps record de 55 ans.

SERAGHNI Laid.

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LES ASSOCIATIONS ITALIENNES DANS L’EST-ALGERIEN DE 1906 à 1939

LES ASSOCIATIONS ITALIENNES DANS L’EST-ALGERIEN  DE 1906 à 1939
I – Cercle Italien de Bienfaisance « L’Union Latine (Unione Latina) » – Constantine:
1) Date de fondation : 31 janvier 1906.
2) Statuts du Cercle Italien de Bienfaisance « L’Union Latine »,
30 articles :
Objectif (art.2): Secourir les indigents italiens de passage, venir en aide aux indigents italiens résidant, concourir à toutes les œuvres philanthropiques de la localité.
• Conditions d’adhésion :
 membre effectif (art. 4), être citoyen italien ;
 membre honoraire (art. 5), toutes nationalités, mais présenté par un membre effectif ;
 Interdiction de toutes discussions politiques et religieuses (art.
33).
3) Lettre des membres du Comité Provisoire au Préfet de Constantine pour solliciter l’approbation des statuts (31 janvier 1906).
4) Membres du Comité Provisoire :
• Président, Giovanni Balzaretti, constructeur mécanicien, Rue Séguy Villevaleix n° 24 ;
• Vice-président, Guiseppe Pastor, maître cordonnier, 34 Rue Nationale ;
• Trésorier, Antonino Mineo, cordonnier, Rue Desmoyens n° 22 ;
• Secrétaire, Adam Ferratoli, tailleur d’habits, Rue l’Huilier n° 8.
5) Adresse du Cercle : L’Association ne disposant pas de local, c’est l’adresse de son Président qui sert de boite postale.
6) Insertion au J.O.R.F. du 18 février 1906.
7) Formation définitive du Conseil d’Administration : Lettre au
Préfet de Constantine en date du 28 avril 1906, pour l’informer de la
constitution définitive du Conseil d’Administration de la Société “L’Union
Latine”. Changement de trésorier (Louis Bertolino), de Secrétaire (Alfred
Desandro); adjonction de 14 membres dans le Conseil ; adresse : 7 rue du
17ème Léger à Constantine.
8) Nouveau Conseil d’administration : Lettre au Préfet de Constantine en date du 27 janvier 1909, pour lui communiquer la liste du nouveau conseil élu lors de l’assemblée générale du 27 décembre 1908. La société qui comprend désormais 45 membres, a élu comme président Lucien Lagana, vice-président François Glorgi, le secrétaire et le trésorier restant les mêmes que ci-dessus. Président d’honneur : M.C. Manificat, « Royal agent consulaire d’Italie ».

II – Société de Bienfaisance franco-italienne « L’Unione Latina » (L’Union Latine) de Constantine :
1) Date de fondation : 16 octobre 1927.
2) Lettre au Préfet de Constantine, en date du 16 octobre, pour l’informer de la modification de l’article 4 du Statut de la société « L’Union Latine », et de l’élection d’un nouveau bureau pour les années 1927-1928.
Désormais, la Société est ouverte aux Français, aux Italiens naturalisés Français, et aux citoyens de race latine. Tous peuvent être membres « actifs », alors que dans l’ancienne société, seuls les ressortissants italiens avaient cette possibilité.
3) Nouveau Bureau :
• Président, Jean Giletti (secrétaire adjoint en 1906) ;
• Vice-président, Sauveur Costra (nouveau) ;
• Secrétaire, François Di Pietro (nouveau) ;
• Secrétaire adjoint, Louis Padroni (nouveau) ;
• Trésorier, Lucien Lagana (président en 1908) ;
• Trésorier Adjoint. Jean Alexandra (membre en 1908).
4) Adresse : 5, Rue de Verdun, Constantine.
5) Lettre au Préfet de Constantine, en date du 8 janvier 1931, pour lui communiquer la liste des membres du Conseil d’Administration pour l’année 1931 :
• Président d’honneur, J. Valle (conseiller général) ;
• Président, Ch. Pellisier (conseiller municipal) ;
• Vice-président, Louis Peraino ;
• Secrétaire, Alfred Lora ;
Le reste sans changement.
6) Statuts de la « Société Franco-italienne de Bienfaisance L’Union Latine, Constantine », exemplaire imprimé mais non daté, comportant 28 articles, et précisant en préambule que la Société « L’Union Latine » fondée en 1906, a été modifiée en 1927 par majorité de voix.
But de la Société : Créer entre ses membres des relations cordiales, fraternelles et solidaires ; obtenir pour ses membres, par la voie légale, une indemnité légitime ; assister pécuniairement ceux qui se trouvent momentanément dans le besoin (Art. 3).
Conditions d’admission : Tous les ouvriers ayant une bonne moralité,
âgés de 18 ans au moins, et jouissant d’une bonne santé (Art. 1 et 4).

III- Société « Unione Italiana » (Union Italienne) – Constantine :
1) Date de fondation : 14 octobre 1927.
2) Lettre au Préfet de Constantine, en date du 14 octobre 1927, l’informant de la transformation de « l’Unione Latina » en « Unione Italiana », et lui communiquant la composition du Conseil d’administration provisoire :
• Président, Mariano Vicari, 2 rue de Verdun ;
• Secrétaire, Salvatore Vicari, 2 rue de Verdun ;
• Trésorier, Michèle Curatolo, 12 bis Bd Victor Hugo.
3) Statuts de l’Ex Société « Unione Latina » transformée en « Unione Italiana », 21 articles, le dernier qui interdit toute discussion politique et religieuse, ayant été rajoutée à la main en marge après les signatures :
• Objectif (Art.2) : Secourir les Italiens indigents résidant ou de passage à Constantine, et concourir à toutes les oeuvres philanthropique au profit des Italiens…
• Conditions d’adhésion : Etre « citoyen italien » de bonne moralité, présenté par deux membres effectifs (Art.3). Les « Etrangers » peuvent être « membres adhérents », mais en versant une somme supérieure à 100 Francs par an (contre 41 Francs seulement pour les Italiens), et sans avoir le droit de voter (Art. 20).
4) Journal « Le Républicain de Constantine », numéro du 4
novembre 1927, publiant en page 4 une annonce sur la transformation de la
Société « Unione Latina » en « Unione Italiana », suivant délibération de
l’Assemblée Générale. Cette annonce a fait l’objet d’une polémique avec la
Société rivale « L’Union » créée à la même période).
Modifications des Statuts de « L’Unione Italiana » :
Lettre du 12 janvier 1929 informant le Préfet de la modification des statuts lors de l’A.G. du 23 décembre 1928.
Statuts modifiés comportant 26 articles :
Buts : En plus de l’assistance morale et de bienfaisance au profit des Italiens indigents, l’association étend son champ d’action aux domaines culturels et sportifs, tout en s’efforçant de « maintenir toujours vivant le sentiment de la patrie » (Art. 2).
Conditions d’adhésion : Etre « sujet italien », de bonne moralité, présenté par deux membres effectifs (Art.4), et résidant dans le département de Constantine, à l’exclusion des arrondissements de Bône, Guelma, et Philippeville. L’Association est ouverte aux sociétés italiennes qui peuvent constituer des sections autonomes.
Conseil d’Administration : La présidence de L’Association est dévolue de plein droit au « titulaire du Vice-consulat Royal d’Italie à Constantine » (Art.18).
6) Du 16 janvier 1929 au 27 février 1929 : Echange de correspondances entre le Président de la Section Sportive de « L’Union Italienne », le Préfet de Constantine, le Général Commandant la Division de Constantine, et le Vice-consul d’Italie, au sujet de l’utilisation d’un terrain militaire pour l’entraînement des sportifs de l’Association. Accord est donné pour un autre terrain que celui qui avait été sollicité au départ.
7) Modification de l’Article 18 : L’A.G. de l’association décide lors de sa séance du 1er mai 1929 de modifier le libellé de l’article 18 :
• Le Vice-consul est Président d’honneur ;
• Le Président effectif est nommé par l’autorité consulaire italienne.
8) Composition du Conseil (A.G. du 30 juin 1929) :
• Président d’Honneur, le Vice-consul d’Italie à Constantine, demeurant 114 Rue Nationale ;
• Président effectif, Mariano Vicari, Entreprise de menuiserie, demeurant 2 Rue de Verdun ;
• 7 Vice-présidents, 4 Entrepreneurs, 2 Maçons et 1 Menuisier ;
• Trésorier et Secrétaire : 2 Maçons.
9) Renouvellements du Conseil d’Administration :
1931 : Président, Dr. Arisi-Rota Piero, industriel, demeurant 2 Rue Viviani ; membres, 6 entrepreneurs, 3 maçons, 1 représentant de commerce, 1 cordonnier, 1 employé ; adresse, Vice – Consulat d’Italie, 114 Rue Nationale.
1932 : Président, inchangé ; membres, 4 entrepreneurs, 4 maçons, 1 cordonnier, l tailleur 1 peintre, 1 tâcheron ; Adresse, la même qu’en 1931.
1933 : Président, Occhipinti Giuseppe, sculpteur, demeurant hôtel du Commerce, Rue Leblanc; membres, 5 entrepreneurs, 4 maçons, 1 tailleur, 1 employé, 1 tâcheron.
1934 : Bureau reconduit dans son intégralité.

IV – Ligue d’Action Latine – Constantine :
1) Date de fondation : 20 novembre 1933.
2) Lettre au Préfet de Constantine, en date du 20 novembre 1933, l’informant de la création de la « Ligue d’Action Latine ».
3) Statuts (7 Articles + un règlement intérieur de 6 articles), Buts :
• Défendre les traditions de pensée et de mœurs latines ;
• Pour un régime d’ordre, d’autorité et de liberté ;
• Lutter…sur les terrains politiques et commerciaux contre l’intrusion des Israélites considérés comme fauteurs de haine et de sectarisme, coupables de troubles, de discorde, inassimilables, etc…
• Lutter contre les groupements d’origine française ou étrangère à l’exclusion des éléments israélites (Art.1).
3) Composition du comité provisoire :
• Président : Henry Lautier, publiciste, demeurant à Merdj El Kebir, par
Châteaudun du Rummel ;
Membres :
• Louis Foire (ou Faure), artisan, 18 Rue d’Aumale, à Sétif;
• Alexis Ponsot, (?) garagiste, Rue de Constantine à Philippeville ;
• Alfred August, industriel, Carrière Bonnard à Constantine ;
• Paul Hoffman, entrepreneur de travaux publics, SMK, Constantine ;
• F. Charrier, industriel, 1 Rue Jodet à Constantine ;
• René Charland (?), employé d’administration, 9 Avenue Forcioli à
Constantine (nom et fonction soulignés par l’Administration) :
• Adresse : 38, Bd Victor Hugo à Constantine.
4) Du 19 Janvier 1934 au 19 avril 1934, échange de correspondances entre la Préfecture de Constantine et le Tribunal de Constantine, au sujet de la création de la “Ligue d’Action Latine”. Procureur de la République, et Juge d’instruction demandent des informations sur la « Ligue ».

V – Société artistique « Juventus Italica » (Jeunesse Italienne) – Constantine :
1) Date de fondation : 2 mars 1928.
2) Lettre au Préfet de Constantine, en date du 6 mars 1928, pour déclarer la Société nouvellement créée.
3) Statuts (16 Articles) :
 But :
 Regrouper la jeunesse italienne et la conduire dans la bonne moralité ;
 Donner des conférences pour développer « l’esprit intellectuel » des sociétaires et de leurs familles (Art. 2 et 3).
 Conditions d’adhésion :
 Jeunes Italiens (Art. 2);
 les Etrangers peuvent être admis comme membres honoraires ou adhérents, sans distinction de race ou de religion (Art. 4).
 Adresse : 3, Avenue Forcioli, Constantine.
4) Lettre de la Société, en date du 13 mars 1928, adressée au Chef de la Sûreté Départementale de Constantine, pour lui communiquer la liste des membres du Comité :
 Président d’Honneur, Sébastien Bajavon, industriel ;
 Président, François Fiorentini, 7 rue Garés Cachat ;
 Vice-président, Arture Orlando, 4 rue de Ia Marne ;
 Secrétaire, Gaetan Selfani, idem ;
 Secrétaire adjoint, Gaspar Gilberto, 11 rue de Dianoux ;
 Trésorier, Bartélémy Giacolone, 7 rue Corbet ;
 Conseillers contrôleurs, Michel Lavite, 4 rue de la Marne ; Gaspare
Gari, 4 rue Bailisert ;
 Nombre de membres italiens : 25
 Nombre de membres français : 8
5) Dissolution de la Société annoncée au Préfet de Constantine par lettre du 29 novembre 1930.

VI- Société « Dante Alighieri » – Constantine :
Date de fondation : 21 février 1931.
Lettre au Préfet de Constantine, en date du 21 février 1931, pour annoncer la création de la Société lors d’une assemblée générale qui avait eu lieu le 2 février 1931, au siège provisoire, 114 rue Georges Clemenceau (adresse du Consulat d’Italie).
Statuts (18 Articles) :
 But : Diffusion de la langue et de la culture italiennes (Art. 1).
 Conditions d’adhésion : Non précisées.
 Dissolution : En cas de dissolution, le patrimoine sera versé au Conseil central de Rome. (Art.18)
 Comité :
 Président Léonida Curatolo, employé de Direction aux « Comptoirs Numidiens », Rue Rohault de Fleury ;
 Vice-président : Guido Badone-Venturo, maçon, Rue Emile Cheysson ;
 Trésorier Mme Silvia Bertozzi, sans profession, Sidi Mabrouk ;
 Assesseurs : Mme Enrica Arisi-Rota, Mme Antonia Vicari, Mme Maria Grandi, Melle Giuseppina Vicari.
 Tous les assesseurs, sont déclarés sans profession.
4) P.V. de I’Assemblée Générale du 2 février 1931 :
Un exemplaire en langue italienne, et un autre en langue française. 40 personnes avaient assisté à l’assemblée constitutive. Le Comité de Constantine ne serait en quelque sorte qu’une section de la Société « Dante Alighieri » de Rome, dont le but essentiel est de diffuser la langue et la culture italiennes à l’Etranger. La cotisation annuelle est fixée uniformément à 10 Francs, étant donné que la majorité des Italiens de Constantine sont « des ouvriers ».
5) Insertion au J.O.R.F. du 18 juin 1931, page 6808.
Renouvellement du bureau en 1932 :
• Assemblée générale du 31 décembre 1931 ;
• Président : Guiseppe Maggiore, entrepreneur de transports, Rue du Stade Turpin ;
• Changement insignifiant pour le reste.
Récépissé de déclaration du 2 août 1939, dans lequel le Préfet certifie avoir reçu de M. Giuseppe Maggiore une demande d’autorisation d’exercer pour l’association.
8) Note du Commissaire Central de Police de Constantine retournant le récépissé, et précisant que le “Sieur Giuseppe Maggiore a quitté définitivement Constantine pour habiter l’Italie (5 août 1939).

VII- Societa di Beneficenza fra Italiani « L’ltalica » – Bougie:
Date de fondation : 1936. Dossier incomplet, ni statuts, ni déclaration, comportant trois lettres seulement.
Lettre de la société « L’Italica », en date du 15 mai 1939, adressée au préfet de Constantine pour solliciter l’autorisation de continuer à exercer, autorisation exigée par de nouvelles dispositions promulguées par décret-loi du 12 avril 1939 sur les associations étrangères.
De cette correspondance, on peut relever l’adresse de la société 13 Rue Trézel, Bougie, et les objectifs poursuivis : « oeuvre de bienfaisance, diffusion littéraire, assistance matérielle et morale » au profit de « compatriotes vivant loin de leurs familles et souvent illettrés ».
Président : Louis Aliprandi ; Vice-président : Ribera.
Lettre du commissaire de police de Bougie, en date du 21 juin
1939, adressée au sous-préfet de Bougie, émettant un avis défavorable sur la demande d’autorisation, pour les raisons suivantes :
L’association, créée en 1936, donnait des cours gratuits de langue italienne, aussi bien aux enfants qu’aux adultes, sans distinction de nationalité ;
Le corps enseignant de Bougie s’était élevé contre le fonctionnement d’une école italienne ;
Par ailleurs la population, irritée par les « provocations » du gouvernement italien, serait hostile à la poursuite des activités de I’association.
Lettre du sous-préfet de Bougie en date du 23 juin 1939, adressée au préfet de Constantine, émettant également un avis défavorable en évoquant les raisons exposées par le commissaire de police de Bougie.

VIII- Association des Anciens Combattants et Mutilés Italiens de Souk Ahras :
1) Date de fondation : 15 juin 1928.
2) Lettre du président de l’association, C. Basco, en date du 22 mars 1930, adressée au préfet de Constantine, pour lui annoncer la reconstitution, du groupement des Anciens Combattants Italiens, et lui demander des précisions sur les pièces à produire.
3) Réponse du préfet de Constantine, datée du 3 avril 1930, invitant l’intéressé à constituer un dossier, et à le déposer à la sous-préfecture de Guelma.
4) Lettre du nouveau président de l’association, M. Louis Intorre, demeurant à Souk-Ahras 28 Rue de Khrémissa, adressée au préfet de Constantine le 16 mai 1939, en vue de solliciter l’autorisation d’exercer en application du décret-loi du 12 avril 1939.
Le président de l’association rappelle les buts poursuivis par l’association :
• Maintenir parmi ses membres l’amour de la patrie ;
• Effectuer toutes démarches auprès des autorités compétentes au profit de ses membres ;
• Aide morale et matérielle.
Membres du conseil d’administration (tous de nationalité italienne) :
• Président, Louis Intorre, cordonnier ;
• Secrétaire, Joseph Filocco, cordonnier ;
• Trésorier, François Salone, barbier ;
• Conseiller, Joseph Straquatanio, maçon.
Dissolution de l’association annoncée par lettre du 6 août 1939 de son président, envoyée au commissaire de police de Souk Ahras, qui réclamait jusque-là le dossier de régularisation de l’association.
Lettre du Sous-préfet de Guelma, datée du 9 août 1939, informant le préfet de Constantine qu’il n’existe plus d’association étrangère dans l’arrondissement de Guelma, après la dissolution de l’association des Anciens Combattants et Mutilés Italiens de Souk-Ahras.

IX- Association des Anciens Combattants Italiens de Philippeville :
1) Date de fondation : 1932.
2) Lettre du sous-préfet de Philippeville, datée du 19 septembre 1932, adressée au préfet de Constantine, pour demander s’il existait une règlementation particulière aux associations étrangères. En attendant la réponse, le sous-préfet laisse en instance la déclaration de l’association.
3) Réponse du préfet, en date du 3 octobre 1932, précisant que « les sociétés d’étrangers ne sont soumises à aucune formalité spéciale au point de vue de la déclaration prescrite par la loi du 1er juillet 1901 ».
4) Demande de renouvellement de l’autorisation d’exercer, formulée le 15 mai 1939 par le président de l’association, conformément aux nouvelles dispositions.
• But :
 Mêmes objectifs que la section de Souk Ahras ;
 Avec toutefois un alinéa supplémentaire pour « entretenir et développer les rapports cordiaux et fraternels avec les anciens combattants des armées alliées et de la nation hospitalière ».
• Bureau (tous les membres sont de nationalité italienne) :
 Président : Antonio Albanese, commerçant demeurant 14 Rue Gambetta à Philippeville;
 Secrétaire : Vincenzo Versace, pipier ;
 Trésorier : Pietro Bugatto, propriétaire ;
 Conseiller: Simone Contreres, maçon.
5) Rapport du commissaire central de Philippeville, daté du 1er Juin 1939, adressé au sous-préfet de Philippeville au sujet de l’association.
Présidé depuis sa formation en 1932 par « le sieur Albanese Antoine, ébéniste, le groupe compte une vingtaine d’adhérents tous fascistes et anti-français ». L’association, qui aurait servi de noyau à un groupement fasciste « Dopolaboro », se serait livrée à une propagande « fasciste et italienne » auprès des ressortissants italiens et auprès des Français d’origine italienne, cela « en plein accord » avec l’agent consulaire d’Italie.
6) Echange de lettres au sujet de l’invitation faite au président de l’association de déposer le dossier de régularisation auprès du commissaire de police de Philippeville. Ce dernier se plaint du fait que M. Albanese ait préféré envoyer le dit dossier directement à la préfecture, sur le conseil de l’agent consulaire d’Italie à Philippeville (Lettre du 19 Juillet 1939).
7) Lettre du sous-préfet de Philippeville, datée du 7 Août 1939, proposant au préfet « une mesure de refoulement » à l’encontre de M. Albanese, sous prétexte que ce dernier a transformé l’association en organisation fasciste locale.

X – Parti Socialiste Italien, Section de Bône :
1) Date de fondation : 1939.
2) Rapport du commissaire de la police spéciale départementale de Bône, daté du 21 Juin 1939, relatant au sous-préfet de Bône les tentatives de création d’une section du Parti Socialiste Italien.
Fondateurs de la section :
• Antonio Caito, originaire de Palerme, arrivé en Algérie en 1935, fuyant le régime fasciste qu’il ne voulait pas servir en tant que fonctionnaire. Arrivé à Bône, il demeura longtemps chez un ouvrier militant communiste, André Rost. Il exerce la profession d’aide glacier, et anime comme secrétaire la section nouvellement créée.
• Vincenzo Azzarello, originaire également de Palerme, réside en Algérie depuis 1935. A été interné de 1930 à 1935 à Pantellaria pour ses idées anti-fascistes ; commerçant en fromage.
• Mario Azzarello, fils du précédent.
• Pietro Buccelato, originaire de Castellamare del Golfo, avait été expulsé en 1934 de Tunisie où il résidait, pour appartenance à la « mafia sicilienne ». Anti-fasciste, il exerce la profession d’agriculteur, et demeure à Ain Mokra.
• Giovanni Messina, même origine, profession et lieu de résidence que Buccelato.
• Antonino Di Stefano, se trouvait à l’époque en Tunisie.
Le commissaire termine son rapport en signalant que les membres de la section en formation du Parti Socialiste Italien sont volontaires pour servir dans l’armée française en cas de conflit, même contre leur pays d’origine.
Aussi, il suggère d’encourager cette section, qui pourrait notamment contrebalancer les activités fascistes et anti-françaises des autorités consulaires italienne de Bône.
3) Lettre de la Fédération de l’Algérie du Parti Socialiste Italien, datée du 1er juillet 1939, et adressée au préfet de Constantine, pour demander l’autorisation d’exercer en vertu des dispositions du décret-loi du 12 avril 1939.
4) Réponse du préfet de Constantine, datée du 13 juillet 1939, précisant les formalités à accomplir si la Fédération a son siège à Bône, et renvoyant le demandeur devant la préfecture d’Alger, si l’adresse du Parti est située à Alger.
5) Formalisation de déclaration de constitution à Bône d’une section du Parti Socialiste Italien, présidée par Antoine Caito, et située 1 vieille rue ST Augustin, Bône (31 juillet 1939).

Xl – Application du Décret-loi du 12 avril 1939 sur les Associations Etrangères (complétant la loi du 10 juillet 1901 sur les associations).
A – à Constantine:
1) Lettre du vice-consul intérimaire d’Italie à Constantine, datée du 12 mai 1939, adressée au préfet de Constantine pour lui signaler la dissolution « des associations fascistes » de Constantine, Sétif et le Kouif, suite à une décision du consul général d’Italie à Alger. Désormais, c’est le vice-consulat de Constantine qui prend en charge les activités sociales et culturelles de la colonie italienne.
2) Accusé de réception du préfet, et communication au gouverneur général (13 mai 1939).
3) Lettre du vice-consul intérimaire d’Italie à Constantine, datée du 9 juin 1939, complétant le contenu de la correspondance du 12 mai 1939. Les autorités italiennes estiment que les nouvelles dispositions du Décret – loi du 12 avril 1939 ne devaient être appliquées aux associations italiennes, cela « dans l’esprit de la convention italo-française d’établissement ». Toutefois, et pour éviter tout problème à leurs ressortissants, les dites autorités ont conseillé aux associations italiennes de se conformer aux nouvelles mesures françaises. Quant aux « Fascio », le gouvernement italien a décidé de les dissoudre, étant donné que leurs membres ont eu à souffrir de « situation pénible ». Et c’est le vice-consulat qui prend en charge leurs activités.

B – à BONE :
1) Rapport du sous-préfet de Bône, daté du 17 mai 1939, rendant compte au préfet de Constantine de la situation des associations italiennes dans l’arrondissement de Bône :
• Associations dissoutes par le Vice-consulat d’ltalie
 « Fascio » local ;
 « Dopolavoro »;
 « Associzione Giovini Littorio » ;
 « Ballilas » ;
 « Aigli della Lupa ».
• Associations sollicitant l’autorisation d’exercer
 « Dante Alighieri » ;
 « Association des Anciens Combattants Italiens ».
2) Lettre du préfet de Constantine au gouverneur général rapportant les termes du rapport du sous-préfet de Bône (22 mai 1939).
3) Lettre du vice-consul d’Italie à Bône, datée du 14 juin 1939, adressée au sous-préfet de Bône, dont le contenu est similaire, mot pour mot, à la lettre du vice-consul de Constantine adressée le 9 juin 1939 au préfet de Constantine.
C – à Philippeville
Lettres du vice-consul d’ltalie à Bône, datées du 12 mai 1939 et du
14 juin 1939, adressées au sous-préfet de Philippeville pour lui communiquer les mêmes termes employés par le vice-consul de Constantine dans ses correspondances au Préfet de Constantine.
D – à Sétif
Rapport du sous-préfet de Sétif, en date du 18 août 1939, signalant au préfet de Constantine la dissolution par les autorités consulaires italiennes, des deux seules associations étrangères qui existaient dans son arrondissement :
• « Gente Nostra – Casa d’Italia » ;
• et la « Section des Anciens Combattants Italiens de Sétif ».
 

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28 février 1986. Après Mohamed Seddik Benyahia, l’exécution d’Olof Palme

Parmi les gens de ma génération, un rapport avait été établi entre l’assassinat jusqu’ici inexpliqué d’Olof Palme et celui du ministre algérien des Affaires étrangères quatre ans plus tôt, le 3 mai 1982. L’avion de Mohamed Seddik Benyahia avait été abattu par un tir de missile provenant de territoires kurdes « incontrôlés ». Avec lui sont morts 15 diplomates algériens qui l’accompagnaient dans sa mission de médiation pour faire cesser la guerre entre l’Irak et l’Iran. Pourquoi ce rapprochement ? Comme Palme, Benyahia fut l’un des artisans obstinés de la cessation des hostilités entre l’Irak et l’Iran. Cette guerre, que Mohamed Seddik Benyahia, diplomate de talent, œuvrait à arrêter, a été au siècle dernier une des pourvoyeuse les plus juteuses de contrats pour l’industrie mondiale de l’armement.

28 février 1986. Après Mohamed Seddik Benyahia, l'exécution d'Olof Palme
Le 28 février 1986, le Premier ministre suédois Olof Palme (59 ans) est abattu à bout portant par un inconnu alors qu’il sort paisiblement d’un cinéma de Stockholm, au bras de son épouse Lisbet. On a d’abord mis en cause un alcoolique déséquilibré, qui sera condamné puis acquitté en appel. Son assassin ne sera donc jamais identifié.
Il avait accédé pour la première fois au poste de Premier ministre en octobre 1969 puis l’avait recouvré en octobre 1982, après en avoir été chassé six ans plus tôt par une coalition «bourgeoise».
Palme mena une politique internationale courageuse contre la guerre du Vietnam, l’apartheid, la prolifération des armes nucléaires. Il provoqua la rupture des relations diplomatiques entre la Suède et les États-Unis pour avoir participé personnellement, en tant que ministre, à une manifestation d’opposants à la guerre du Viêt-Nam. Il ne manifesta jamais la moindre tolérance pour l’apartheid sud-africain et milita toujours pour son abolition.
Palme et Benyahia
Parmi les gens de ma génération, un rapport avait été établi entre l’assassinat jusqu’ici inexpliqué d’Olof Palme et celui du ministre algérien des Affaires étrangères quatre ans plus tôt, le 3 mai 1982. L’avion de Mohamed Seddik Benyahia avait été abattu par un tir de missile provenant de territoires kurdes « incontrôlés ». Avec lui sont morts 15 diplomates algériens qui l’accompagnaient dans sa mission de médiation pour faire cesser la guerre entre l’Irak et l’Iran.
Pourquoi ce rapprochement ? Comme Palme, Benyahia fut l’un des artisans obstinés de la cessation des hostilités entre l’Irak et l’Iran. Cette guerre, que Mohamed Seddik Benyahia, diplomate de talent, œuvrait à arrêter, a été au siècle dernier une des pourvoyeuse les plus juteuses de contrats pour l’industrie mondiale de l’armement.
A la veille de son assassinat, Olaf Palme s’apprêtait à rendre publique le scandale de la corruption pratiqué par Bofors, cette entreprise suédoise fondée par Alfred Nobel (celui des Prix) et fabriquant du matériel d’artillerie. A l’époque, on disait que le procureur Tornbjorn Sebell avait découvert par hasard des milliers de pages de documents sur le trafic international de l’armement vers la guerre Irak-Iran! Ces documents indiqueraient que les producteurs européens, réunis au sein d’un cartel occulte, s’entendent pour fournir coûte que coûte les belligérants du conflit Irak-Iran.
Mieux, il semble que ce cartel clandestin existerait depuis des lustres. Il aurait été fondé par…Alfred Nobel lui-même à la fin du siècle dernier…
 Synthèse blog, 28 février 2012, revue le 28 février 2017
 
Le secteur de l’armement ne connaît pas la crise
 « Les données pour 2010 démontrent […] la capacité des principaux acteurs à continuer de vendre des armes et des services militaires malgré la crise. » Cette affirmation du Docteur Susan Jackson, chercheur sur l’industrie de l’armement, est confirmée par le Stockholm International Peace and Research Institute (SIPRI). D’après ce think tank, les ventes effectuées par les entreprises productrices d’armement seraient en constante augmentation et représenteraient en 2010 une somme de 411.1 milliards d’euros. Alors que la plupart des secteurs économiques subissent la crise de plein fouet, l’industrie de l’armement continue de prospérer et commence même à attirer la convoitise des investisseurs.
 Un rapide coup d’œil sur le classement des cents plus grandes entreprises productrices d’armement, publié par le SIPRI, met en avant l’omniprésence de l’Occident dans un secteur au combien stratégique. Si les entreprises américaines sont largement majoritaires dans ce Top 100 avec 46 firmes, les représentants européens ne sont pas en reste puisque EADS se classe 7e et Thales 11e, loin derrière la 2e place du britannique BAE System. Les entreprises occidentales bénéficient principalement de la demande de certains pays émergents, qui ne connaissent pas la crise et tentent aujourd’hui de combler leur retard militaire par des achats importants d’armement. L’Inde est certainement l’un des meilleurs exemples de cette tendance. Après avoir commandé pour plus de 650 millions de dollars d’armes à la Russie en 2011, New Dehli a lancé l’un des plus gros appels d’offre internationaux de ces dernières années pour se doter d’avions de combat, et qui a bénéficié au Rafale français.
La bonne santé de l’armement s’explique également par les mutations intervenues depuis déjà quelques années. Par exemple, les producteurs offrent désormais toute une gamme de services : soutien logistique, formation, maintenance et réparation, qui accompagnent les achats de matériels, surtout si l’équipement en question est technologiquement complexe et novateur. Par ce biais, la crise économique et le ralentissement des commandes n’impactent que partiellement le chiffre d’affaire.
Principal témoignage de la bonne santé de l’industrie de l’armement, les entreprises et les investisseurs commencent à s’intéresser grandement à ce secteur qui devient peu à peu une valeur refuge.
 Affaires stratégiques.info, 27 février 2012

http://www.algerieinfos-saoudi.com/article-28-fevrier-1986-les-marchands-d-armes-ont-ils-execute-olof-palme-115764877.html

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La colonisation et ses alliés locaux : Le rôle des chefs de tribus

«Il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va.» Sénèque

La colonisation et ses alliés locaux : Le rôle des chefs de tribus
Une information scoop, on apprend qu’une Franco-Algérienne est venue en Algérie présenter son ouvrage où elle fait un plaidoyer sur la figure de son ancêtre. Cet ouvrage qui est passé inaperçu en France a eu un écho surdimensionné en Algérie où tout ce qui vient de l’autre côté, voire adoubé par ce même côté, est pain bénit en Algérie où malheureusement beaucoup d’Algériens n’ont pas déprogrammé le logiciel de la soumission intellectuelle à telle enseigne que l’on présente ce non-événement comme un scoop qui au final a vu des têtes tomber; il fallait bien des boucs émissaires!

Imaginons que les réseaux sociaux -dernier réduit des Algériens qui veulent s’exprimer sans craindre des foudres- n’aient pas réagi! Eh bien, les Algériens qui se seraient intéressés à ces émissions et à la réception auraient mémorisé, à en croire l’auteure de cet ouvrage, l’idée que nous avions affaire à un Algérien illustre qui était du même côté de la barrière que les damnés de la Terre qu’étaient les Algériens.

«Comment nous en sommes arrivés-là lit-on sur le huffmaghreb, se demandent les Algériens? Comment ne plus distinguer de frontières entre traîtres et criminels d’un côté et résistants et libérateurs? (…) Cette forfaiture est le point culminant d’un processus d’abandon national. (…) En janvier 2015, Férial Furon passe à la télévision algérienne. Elle a les faveurs d’un long entretien dans un journal dirigé par un ancien responsable du journal gouvernemental «El Moudjahid» Autant dire d’un média para-officiel. Elle aura surtout accès à de multiples possibilités de débats sur cette construction d’un nouveau départ entre la France et l’Algérie. Aussi bien avec de très hauts responsables de l’Etat qu’avec des députés FLN. Mme Furon est présidente de l’association des «Franco-Algériens Républicains Rassemblés» qui affiche que ses membres sont «les plus à même d’effacer les cicatrices de nos aïeux et de porter un projet qui incarne l’espoir d’un nouveau départ entre la France et l’Algérie pour les jeunes générations.» (…) L’État algérien n’a pas seulement laissé faire. Il a financé deux films qui défendront la même thèse d’une ALN issue du banditisme et vouée à y retourner (Hors-la-loi de Rachid Bouchareb et Al Wahrani de Lyès Salem» (1)

La réalité de l’invasion coloniale: diviser pour régner

Après l’invasion, beaucoup de tribus ont tenté de se battre contre l’envahisseur, mais elles avaient aussi, dans le même, temps à ne jamais perdre de vue la primauté de la tribu sur la plèbe, les khamès. Beaucoup de chefs de tribus ont, par la force des choses, collaboré, le mot n’est pas assez fort pour des raisons diverses dont la principale était de garder le rang de la tribu et sa prééminence. Pour faire court, ces tribus étaient déjà adoubées par le pouvoir ottoman, et beaucoup d’entre elles percevaient l’impôt- en fait un racket souvent abject pour le compte de la Régence. Chacune des tribus appliquait une politique drastique envers les serfs et la mentalité du chef devenait incontestable surtout si elle était connectée à une ascendance chérifienne réelle ou fabriquée pour asseoir la légitimité et taire ainsi toute velléité de désobéissance.

Les Français l’ont bien compris car dès 1846, ils ont établi avec beaucoup de soins, ce sera le travail de Carette et Warnier, la Carte de l’Algérie divisée par tribus. Ils ont utilisé outre les méthodes barbares, que nous allons décrire rapidement, les autres méthodes de corruption et de récompense des amis et des fidèles de la France, cela va du burnous -continuation du mode de récompense ottoman- à l’innovation de la Légion d’honneur, voire l’acceptation des fils de grandes tentes dans le cercle restreint des Ecoles militaires pour perpétuer les liens de servitude et de soumission. Les Français imitèrent les Turcs et ne cessèrent de dresser les tribus les unes contre les autres comme le recommandait le général Boyer dès 1831.

Le «vainqueur» était récompensé par la France, c’est ainsi que le général Bugeaud proposait en 1842 que l’on construise une belle maison pour le grand chef des douars Mustapha Ben Ismaïl. En définitive comme l’écrivaient les historiens français, il y avait les tribus mangeantes et les tribus mangées! Pis encore, quand des batailles se déroulaient, c’était l’extermination jusqu’au dernier et couper des têtes humaines, comme des têtes «d’artichauts» couper des oreilles, c’était le mode d’emploi d’alors sauf que les droits de l’homme venaient d’être promulgués moins de 50 ans auparavant par une France venue nous civiliser.

Les faits: les chefs de tribus et leur compromission…à propos de deux chefs de tribus
Je ne suis pas ici pour faire le procès de ces chefs de tribus, mais on ne peut pas laisser dire ou écrire qu’ils furent des saints et les réhabiliter! Nous allons citer les compromissions de deux bachaghas à près d’un siècle de distance: le bachagha Benghana, le coupeur d’oreilles et le Bachagha Boualem, un personnage sinistre qui est resté dans la mémoire des Algériens du fait que son histoire est intimement liée à la révolution de Novembre et expliquer que la mécanique coloniale du diviser pour régner est toujours la même.

L’ouvrage polémique sur Benghana

Je n’ai pas lu le livre faisant l’apologie de l’oeuvre de Benghana. Avant de rapporter l’appréciation de la rédactrice de l’ouvrage, Madame Feriel Furon Bentchicou et là je m’en tiendrais à l’interview sur TSA, je veux rapporter un fait parmi tant d’autres ou la triste réputation du bachagha Benghana le coupeur d’oreilles. Je donne la parole à l’historien Ali Farid Belkadi anthropologue qui depuis plusieurs années passe son temps à déconstruire le roman national français s’agissant de l’Algérie et à attirer l’attention sur un fait indigne d’une nation qui se dit civilisée, à savoir garder prisonnier les crânes de patriotes algériens depuis plus de 180ans.

Nous l’écoutons: «Le Bachagha Benghana coupait les oreilles des résistants algériens auxquels il tendait des embuscades avec ses goumiers. Puis il les entassait dans des couffins, qu’il remettait ensuite aux officiels français, contre espèces sonnantes et trébuchantes. On l’honora de menues broutilles pour services inestimables rendus à la France coloniale. Benghana envoya au général Négrier le sceau, les oreilles et la barbe du chef de guerre Farhat Bensaïd, qui fut attiré dans un guet-apens, chez les Oulad-Djellal. Le fils de Farhat Bensaïd, Ali-Bey, qui avait échappé aux coups des Bou-Azid, alliés à Benghana et aux Français, accablé par l’évènement, se rendit au général Sillègue, à Sétif. Une autre fois, un membre de la famille Ben-Gana, Khaled, qui s’était vaillamment conduit lors d’une sanglante répression contre des insurgés algériens, présenta, au général, comme pièces justificatives, deux étendards (le troisième avait été déchiré par ses goumiers) et des sacs contenant 900 oreilles coupées aux cadavres ».(2)

« Le commandant de Constantine qui n’en demandait pas tant de la part des Benghana, ému par autant de zèle, envoya au gouverneur un rapport laudatif sur cette affaire. A l’occasion de la fête du roi (premier mai), le général Galbois se rendit auprès des Benghana et fut reçu au bruit des salves tirées avec les canons récupérés sur le champ de bataille. (…) Benghana reçut à cette occasion, la croix d’officier et une gratification de 45.000 francs, comme appointements sur quoi furent prélevées les sommes payées de sa poche à ses goumiers. Les Benghana et leurs goumiers investirent les Zaâtchas avec les troupes du général Herbillon, la tête de Bouziane et celle de son lieutenant Si Moussa Al-Darkaoui figurent parmi leurs sordides butins.» (2)

«Ferial Bentchikou Furon suscite la polémique en Algérie, depuis la parution d’un livre visant à réhabiliter le Bachagha Bouaziz Bengana, son ancêtre. Considéré comme un harki et collaborateur par les historiens, sa descendante le défend et insiste pour «restituer les faits dans leur contexte» pour justifier ses actes. Dans un entretien à TSA. Elle déclare: «Je m’attendais à cette polémique, mais j’appelle les gens à lire le livre et ne pas faire de raccourcis historiques. J’ai écrit ce livre par rapport à tout ce qui a été colporté depuis des décennies sur lui, sa famille. Ce sont des faits parfois mensongers, parfois vrais, mais complètement retirés de leur contexte historique. C’est un fait historique ça. Il a fait sa reddition en 1839. Je raconte les circonstances de cette reddition. Il y a eu la bataille de Constantine, après une première défaite en 1836 des Français où les Bengana étaient du côté d’Ahmed Bey. Il a ensuite reconnu la souveraineté française. Je suis prête à débattre avec les historiens.» (3)

«Elle banalise le fait de couper les têtes et les oreilles: «Après il faut savoir qu’à l’époque, il y avait des guerres de tribus, ils coupaient des têtes et des oreilles, c’est ce qu’on appelle «le régime du sabre». Toutes les tribus le faisaient, c’était pour prouver qu’elles avaient remporté les batailles et punir ceux qui ne payaient pas l’impôt par exemple. Ce n’est pas une posture révisionniste, parce que je voulais expliquer le système tribal, avec des guerres entre tribus. Lorsque les Français ont pris les centres de pouvoir, il fallait faire un État, il fallait administrer et pacifier à un moment donné. Il y avait beaucoup de personnes qui ne voulaient pas se soumettre aux impôts…» (3)

A une question sur le fait qu’elle est en train de légitimer l’occupation française elle répond: «Que voulez-vous que je vous dise. Moi je n’étais pas avec mes ancêtres. Je rapporte des faits. (…) Dans le Sud, il y avait un régime militaire, pas une administration directe. Et lui [Bengana, NLDR] administrait toutes les populations musulmanes. Il les protégeait. C’était un chef religieux. Les Bengana étaient une famille chérifienne, avant de devenir des chefs de guerre. Mon arrière-grand-père descendait de cette lignée et il avait une aura dans tout le pays, il était adoré par sa population musulmane. Il a d’ailleurs financé la construction de la grande mosquée de Paris. Il était proche du roi Mohammed V et du recteur Benghebrit.»(3)

Comme lu sur El Watan, on apprend que: «L’arrière-grand-père, célébré dans l’ouvrage comme étant un «homme de bien», fait pourtant partie d’une lignée familiale qui a marqué les esprits de générations d’Algériens, notamment ceux qui habitent la région des Ziban et même dans Alger où la famille conserve encore des biens. «Les Bengana étaient des féodaux, ils avaient participé aux massacres des tribus dans les Ziban. Ils avaient droit de vie ou de mort sur les populations. Ils déportaient en Nouvelle-Calédonie, servaient du méchoui aux visiteurs de passage à Biskra», rappelle le journaliste Mohamed Balhi, qui a écrit un livre sur l’histoire des Ziban. Pis, «un des Bengana pratiquait le droit de cuissage, comme le Glaoui au Maroc», précise le journaliste.» (4)

Quand le bachagha Boualem critique la France

Il ne faut pas croire que durant la période précédant l’invasion ,il n’y eut pas d’exaction de la part d’Algériens contre d’autres Algériens. C’est le pensons nous une règle de la nature que les tribus se déclarent la guerre et proposent leurs services à l’envahisseur du moment , comme ce fut le cas à travers le roman national algérien- je n’ose pas utiliser le mot d’Histoire, pour ne pas m’attirer les foudres de ceux pour qui c’est une chasse gardée et qui ont font un fond de commerce sans produire quelque chose de tangible, n’était ce l’œuvre du regretté professeur Mahfoud Kaddache, pour étancher la soif de savoir des jeunes qui ne connaissent pas l’histoire de leur pays, la découvrant au hasard de mauvais scoop comme c’est le cas du récit de certains tortionnaires abjects que furent les caids , bachagas et autres cheikhs al balad..

Justement Abdelkader Benbrik décrit le parcours d’un autre ami de la France, le bachaga Boualem qui se repliant avec sa tribu en métropole quelques mois avant l’indépendance de l’Algérie s’insurge contre l’ingratitude de la France, alors qu’il lui a tout donné. Au passage nous apprenons que la tribu du bachagha s’est d’abord battue contre la France lors de l’invasion et qu’ensuite elle est devenue fidèle à la France nous lisons: «A son arrivée en métropole, le bachagha n’a obtenu aucune considération, et c’est avec amertume qu’il nous livre un récit de sa collaboration avec le colonialisme français, Le bachagha Bouâlem est le plus célèbre des traîtres algériens, et sa famille a été une des plus dévouées à la cause française en Algérie. (…) Quelques mois après l’indépendance de l’Algérie, Bouâlem reçoit du tribunal un commandement lui enjoignant de régler en espèces les frais de sa demande de la nationalité française et celle de sa suite » (5)

« « Nous lui laissons le soin de commenter cet événement «burlesque»: ««Le 17 mai 1963, la justice de paix d’Arles m’adressait, par voie légale, le commandement ci-dessous: «Monsieur le Bachaga, j’ai l’avantage de vous adresser la liste des déclarations de nationalité que j’ai établie pour vous et les vôtres ainsi que vous me l’avez demandé. Vous pourrez constater qu’il a été établi 102 déclarations. En conséquence, il m’est dû, à raison de 10 F par déclaration, la somme de 1020 F. Le greffier.» Ainsi, le 25 mai 1963, j’achetais, pour mes hommes et moi-même, en acquittant la somme de 1020 francs lourds, le droit de devenir des citoyens français à part entière, nous qui pensions, par notre loyalisme et nos sacrifices, d’en avoir mérité et gagné le titre. Mon fils Ali, lui, mettait en demeure le tribunal d’instance d’Arles, de lui reconnaître cette qualité, laquelle m’était refusée, à moi, son père. Et pourtant… Je suis français, je l’ai prouvé, je crois. Pendant vingt-et-une années, j’ai servi dans les rangs de l’armée française. Je suis capitaine de réserve.» (5)

«Des Bouâlem, il en est mort aux quatre coins du monde pour y défendre la France et après cela, on ose dire que nous ne sommes pas français. Ma famille est d’origine arabe, sans nul doute, et elle a pris naissance lors de la première invasion hilalienne, Du temps des Turcs déjà, c’était une famille de «caïdat» très ancienne. Au moment de la conquête, mes ancêtres ont combattu la France sous les ordres de l’Emir Abdelkader. Nous l’avions d’ailleurs servi fidèlement, car la tradition veut que ce soient des «Souhalias», tribu dont ma famille est originaire, surtout par l’habitat, qui aient tué l’«agha» Mustapha Ben Ismaïl. Cet «agha» était le chef des tribus des Semlah et des Douers au service de la France ». (5)

« Avec l’Emir Abdelkader, les Beni Boudouane ont participé à plusieurs combats contre les troupes françaises. (…) Après l’arrestation de l’Emir Abdelkader, mes parents ont fait leur soumission à la France à Orléansville devant le général Bugeaud. Mon grand-père avait reçu de grands honneurs pour avoir maté en 1871 l’insurrection des Beni M’nasser. Il y a eu des Bouâlem au Mexique, au Tonkin, en Indochine, en Syrie, au Maroc et en Tunisie. Enfin, partout où la France portait ses couleurs, des Bouâlem sont morts pour elle. (…) C’est le 2 octobre 1906 que j’ai vu le jour à Souk-Ahras, près de Constantine. de 1919 à 1924. Un certificat a sanctionné la fin de mes études militaires. La même année, le 2 octobre, je m’engageais à Blida au 1er Régiment de tirailleurs algériens. Je suis resté vingt-et-un ans dans les rangs de l’armée française d’où je suis sorti avec le grade de capitaine de réserve en 1946. (…) J’ai choisi mon pays la France pour témoigner de l’Algérie et au bout de ces lignes écrites avec mon coeur, j’ai peur de n’avoir pas su trouver les mots pour convaincre mais j’espère avoir servi ma terre algérienne.» (5)

En définitive

Il n’y a pas à faire le scandalisé par la « découverte » de cet ouvrage d’une descendante du bachaga Bengana, c’est il faut le noter tout à son honneur. Ce n’est pas sa faute si elle a trouvé des oreilles attentives depuis quelques années avant que la foudre ne s’abatte sur des fonctionnaires qui n’y voyaient pas de mal du fait des précédents où la mise en cause a été reçue d’une façon fastueuse par les hautes autorités aussi bien à l’Assemblée Nationale qu’à l’ambassade à Paris, avec même la présence d’un ancien ministre. On pourra toujours dire que l’ouvrage n’avait pas paru à cette époque soit !

De mon point de vue il eut fallu traiter cela par indifférence pour cette vision hémiplégique de l’histoire. C’est un fait, il y a eu des tribus qui à des degrés divers pour des raisons diverses ont accepté le joug colonial. Nous nous trompons de combat pour le rétablissement de la vérité. Il est plus que jamais utile voire important, en ces temps de révisionnisme, de rappeler sans cesse que tout le malheur de l’Algérie n’est pas imputable uniquement aux tribus importantes qui se mettaient en définitive au service du plus puissant, c’est à la colonisation qu’il faut s’en prendre et marteler qu’elle ne fut pas un long fleuve tranquille pour les Algériens.

De ce fait, la citation de Sénèque est là pour nous rappeler qu’il nous faut un cap et l’écriture d’un récit national ne doit souffrir d’aucun retard car elle participe de la mise en place d’un creuset fédérateur du vivre ensemble où les jeunes forts de leurs référents identitaires ne seront pas des zombies dont la conscience est ouverte à tout vent

Pour cela nous devons tout faire pour la restitution des archives de France, mais aussi de Turquie, d’Espagne, d’Italie. Nous devons rapporter honnêtement une histoire de 3000 ans et la faire apprendre à nos enfants et les armer pour qu’ils en soient fiers et qu’ils assument pour enfin aller de l’avant. Assurément, une histoire assumée contribuera à nous rendre plus forts et avoir chaque fois la réponse adéquate contre les tentatives révisionnistes.

1. http://www.huffpostmaghreb.com/mohamed-bouhamidi/bengana-le-passe-comme-me_b_14980854.html

2.http://restesmortuairesderesistantsalgeriensaumuseumdeparis.blogs.nouvelobs.com/about.html

3. http://www.tsa-algerie.com/20170223/larriere-petite-fille-du-bachagha-bengana-il-etait-oblige-de-reconnaitre-la-souverainete-de-la-france/

4. http://elwatan.com/actualite/le-couteau-dans-la-plaie-23-02-2017-339835_109.php

5. http://www.algeriepatriotique.com/article/quand-le-bachagha-bou%C3%A2lem-critique-la-france

Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/261302-le-role-des-chefs-de-tribus.html

Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole PolytechniqueAlger

 

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Si la torture nous était contée. Entretien avec Rabah Boumriche.

Si la torture nous était contée. Entretien avec Rabah Boumriche.
Entretien avec Rabah Boumriche (1)

S’il y a eu les politiques français, ceux qui ont couvert la torture en Algérie en tant que pratique systématique et qui ont donné, grâce aux pouvoirs spéciaux, les moyens légaux de le faire, s’il ya eu aussi les chefs opérationnels zélés, médiatisés et connus, hauts gradés de l’armée française comme Massu, Bigeard, Aussaresses, qui ont encouragé l’existence de méthodes de torture les plus abjectes et les plus répressives d’extorsion de l’information pratiquées à l’encontre des combattants et résistants de l’ALN-FLN, il y a eu également dans de nombreuses régions d’Algérie des camps de la mort inconnus et non recensées par les organisations internationales comme la croix rouge et dans lesquels ont péri dans la souffrance des milliers d’algériennes et d’algériens victimes des fameuses corvées de bois et autres techniques mises en œuvre par des officiers, soldat et milices coloniales.
Passionné d’histoire, natif de Si Mustapha autrefois Félix Faure, autodidacte, Rabah BOUMRICHE(1) a essayé, dans un livre publié à compte d’auteur et intitulé la guerre de libération dans la région de Si Mustapha- Legata – Koudiat El Arais-Zemmouri – Zaatra, de restituer, en la relatant, la vie militante et la mort au combat des glorieux martyrs Mohamed Saoudi, connu sous son nom de guerre de Si Mustapha, Mohamed Laichaoui, auteur de la proclamation et de l’appel du 1er novembre, mort en 1959 à Zbarbar, Ahmed Ghermoul, mort en 1958, Boudjemaa et Mohamed Meterfi, père et fils morts respectivement en 1958 et 1959 pour ne citer que ceux-là, ce qu’ont été ces véritables camps de concentration de la région de Si Mustapha et de ses alentours.
Avec comme trame de fond le parcours jusqu’à sa mort au champ d’honneur de Mohamed Saoudi, l’auteur retrace la cartographie de ces lieux sinistres dont certains sont aujourd’hui tombés en ruine sauf la SAS de Koudiet El Arais qui se maintient malgré l’usure du temps.
Dans son livre, l’auteur relate Félix Faure, aujourd’hui Si Mustapha, ville peuplée à l’époque de colons venus en majorité d’Alsace-Lorraine en 1872 juste après la mise en place du séquestre de la région suite à l’insurrection de Si Ali Nath Oukaci en 1871. Cette bourgade était déjà et tout au début de la guerre de libération nationale un centre de tortures installé à la mairie. Elle était notamment réputée pour sa redoutable et sanguinaire milice coloniale dirigée par Georges Paternot, le maire, Henry Dustou son adjoint et Georges Soler, entrepreneur en location de matériel agricole.
Au Chef-lieu se trouvait le camp de la ferme Sabatier qui était dirigé par le capitaine Lenfant. Très actif entre mars 1955 et Juillet 1957, date de sa fermeture, ce lieu est devenu célèbre depuis que 11 moussebilines ont été obligés de creuser leur propre tombe avant d’être exécutés et enterrés dans une véritable fosse commune le 2 mai 1957. La célèbre corvée de bois de laquelle nul ne revenait jamais vivant a été instaurée dans ce camp de torture.
Aux environs de Si Mustapha, à Souk El Had, se trouvait le fameux centre de détention Gaultier dirigé par le criminel capitaine Scarfo. Cet endroit était réputé pour être une véritable usine à exécution de personnes dont les corps étaient directement jetés dans l’Oued Isser avoisinant.
Le camp de concentration de la ferme Moll situé à IsserBourg / Legata ou était stationnée la batterie du 435éme RAA et qui était spécialisé dans l’utilisation de différentes techniques de torture, qui y ont été conçues et affinées, comme la gégène à l’eau savonneuse, les brulures au chalumeau, etc.. Ces techniques étaient pratiquées par des soldats et autres supplétifs de l’armée française.
A Courbet, la milice coloniale dirigée par Reid, Directeur d’école, n’y allait pas de main morte.
Le camp dit des sénégalais situé à Courbet-Marine, aujourd’hui Zemmouri El Bahri était dirigé par un capitaine. Il était également réputé pour les exécutions sommaires et la torture. En octobre 2009, 132 corps de chouhadas ont été retrouvés dans des fosses à proximité de ce sinistre camp. Ils ont été ré inhumés au cimetière des martyrs de Boussaadia, situé à Zemmouri.
Le camp de concentration du vieux village de Félix Faure a été quant à lui installé après la fermeture de celui de Sabatier en 1957. Il a été ouvert quatre mois (04) mois après l’attentat de Mohamed Meterfi contre Briffault, gérant de la ferme Bastien.
Sans oublier, le camp Germain situé entre Legata et Koudiet El Arais et dirigé par le Capitaine Mathieu, connu également pour un être un centre d’exécutions notamment pendant la période 1958 à 1962.
Ces différents camps qui n’ont jamais été répertoriés par les grandes organisations internationales comme la Croix-Rouge étaient clandestins et seuls les habitants du voisinage avaient connaissance de l’existence. Tous ceux qui y séjournaient comme les passants, les ouvriers agricoles y étaient systématiquement exécutés. Les dirigeants de ces lieux comme les capitaines Scarfo, Lenfant et Mathieu ont été exfiltrés en mars 1962, sur ordre du Général Charles AILLERET et rapatriés en France.
Le 25 novembre 1958 est tombé à la ferme BENMANSOUR, située à Ouled Ziane, Legata, Mohamed Saoudi dit Si Mustapha après un combat héroïque qui dura plus d’une journée. Ses compagnons Mustapha Belaid dit Tachtach, Mohamed Rezki Abane, Harfouchi Mohamed dit Moh Cheikh et Mohamed Guettiteche dit M’hamed Belghoul tombèrent également au champ d’honneur ce jour-là. Neuf militaires dont un lieutenant des forces spéciales ont été tués coté français.
Ce livre écrit avec le cœur relate l’épopée d’une région, à l’instar d’autres en Algérie, connue pour sa combativité et sa résistance et nous rappelle que la torture dont ont soufferts de nombreux algériens durant la nuit coloniale et dont beaucoup en sont morts est la pire des souffrances que l’on puisse infliger et le summum de la négation de toute humanité. Cette tragédie vécue par notre peuple dans sa chair n’a pourtant et malheureusement pas été totalement comprise et assimilée au lendemain de notre indépendance.

(1) Rabah Boumriche
Auteur du livre la guerre de libération dans la région de Si Mustapha- Legata – Koudiat El Arais-Zemmouri – Zaatra

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Un racisme post-colonial réflexions sur un passé qui ne passe pas

Un racisme post-colonial  réflexions sur un passé qui ne passe pas
À l’heure où toute la droite française se scandalise de la reconnaissance, par un candidat à l’élection présidentielle, de l’évident caractère criminel de la colonisation, une reconnaissance pourtant assortie immédiatement d’un « oui mais », à l’heure aussi où les violences policières commises majoritairement contre des descendants de colonisés parviennent enfin sur le devant de la scène médiatique et politique, à l’heure enfin où le vocabulaire colonial le plus caractérisé – et le plus ostensiblement injurieux – refait surface sur cette même scène (le mot bamboula, proféré régulièrement lors des contrôles d’identité, étant assumé comme « convenable » par un syndicaliste policier, et comme « affectueux » par un magistrat hyper-médiatique), il nous a paru utile de revenir sur le passé colonial de la France, et surtout sur l’héritage qu’il a laissé. Un héritage qui pèse lourd, précisément, en termes de racismes et de violences policières.
 
À la question « Peut-on parler d’un racisme post-colonial ? », nous répondons par une autre question : Comment peut-on ne pas en parler ? Comment peut-on parler des formes contemporaines du racisme sans évoquer deux de ses principales généalogies : les systèmes esclavagiste et colonial ? Comment peut-on nier qu’existe aujourd’hui un profond racisme qui trouve son fondement dans des institutions, des pratiques, des discours et des représentations qui se sont élaborées dans le cadre de l’empire colonial français ? [1 ]
Comment peut-on le nier, par exemple, alors que les enquêtes d’opinion mettent en évidence une forme de mépris ou de rejet spécifique, plus fort et plus durable, à l’encontre des immigrés originaires de pays colonisés ? De ces enquêtes [2 ], il ressort en effet que, depuis plusieurs décennies, deux phénomènes sont observables : d’une part, les vagues d’immigration les plus récentes sont toujours les plus dépréciées, les plus craintes ou les plus méprisées, tandis que le temps dissipe peu à peu cette crainte et ce mépris ; d’autre part, les immigrés issus de pays anciennement colonisés, notamment d’Afrique, font exception à cette première règle.
En d’autres termes, il convient de distinguer le stigmate xénophobe, qui n’existe sous une forme exacerbée que pour les nouveaux arrivants, et le stigmate raciste, qui cristallise des représentations beaucoup plus profondément enracinées, et qui par conséquent ne perd pas – ou très peu – de sa force avec le renouvellement des générations et leur enracinement en France. Si les immigrants italiens, polonais, arméniens ou portugais ont pu être, à leur arrivée en France, l’objet de discours infâmants et de mesures discriminatoires d’une grande brutalité, souvent comparables par leur forme et par leur violence à ce que subissent aujourd’hui les immigrants post-coloniaux [3 ], il n’en est pas allé de même pour leurs enfants, et moins encore pour leurs petits-enfants. On ne peut pas en dire autant des enfants d’immigrés maghrébins ou noirs-Africains, seuls condamnés à l’appellation absurde – mais éloquente politiquement – d’« immigrés de la deuxième ou troisième génération », et aux discriminations qui l’accompagnent.
Si le racisme est, selon la formule d’Albert Memmi, « une valorisation généralisée et définitive de différences réelles ou imaginaires, au profit de l’accusateur et au détriment de sa victime, afin de légitimer une agression ou des privilèges » [4 ], il y a bien un racisme spécifique qui s’est construit comme une légitimation de l’agression et du privilège coloniaux : il y a bien eu essentialisation et naturalisation de « différences culturelles » (notamment la référence musulmane), disqualification « morale » de ces différences, théorisation et production de « l’indigène » comme « corps d’exception » encadré par des dispositifs spécifiques (formalisés notamment, en Algérie, par le Sénatus-Consulte du 14 juillet 1865) [5 ]. Et ce racisme culturaliste s’est bel et bien transmis de génération en génération, y compris après les indépendances – et cela sans grande déperdition, comme tout système de représentations non-soumis à la critique et à la déconstruction : on peut difficilement nier que dans la société française contemporaine continuent de circuler – et d’agir – de manière massive des représentations du « Noir », de « l’immigré », du « musulman », du « beur » ou de la « beurette » [6 ] survalorisant une différence « culturelle » (« ils » sont différents de « nous ») en même temps que sont niées les autres différences, notamment de classe ou de « personnalité » (« ils » sont tous les mêmes, et « nous » partageons tous une même « identité nationale »).
Il n’est pas contestable non plus que cette double opération de clivage et d’amalgame produit des représentations clairement infériorisantes (« ils » sont marqués au mieux par la carence ou le retard, au pire par la dangerosité [7 ], tandis que « nous » incarnons « la Raison », « l’Universel » et « la modernité »). Il n’est pas contestable enfin que ce discours dévalorisant assure au présent la légitimation d’une situation de domination, de relégation et d’exclusion sociale systémiques.

Des discriminations systémiques et institutionnelles
Après des décennies de cécité ou de dénégation, l’existence massive de discriminations racistes commence à être reconnue, et beaucoup sont prêts à admettre qu’elles touchent plus spécifiquement les descendants des anciens colonisés. Mais malgré l’existence de plusieurs études soulignant le caractère systémique de ces discriminations [8 ], celles-ci restent appréhendées majoritairement comme des phénomènes purement individuels de « méconnaissance de l’autre » ou de « repli sur soi », quand ce ne sont pas les victimes qui sont elles mêmes incriminées pour leur manque « d’intégration » ou leur retard « culturel » . Dans tous les cas, ce qui est nié est l’existence de processus sociaux de production des discriminations, en toute légalité, et par les institutions de la République elles-mêmes, masqués par un principe officiel de non-discrimination, rituellement proclamé mais quotidiennement bafoué [9 ]. Ce caractère systémique et institutionnel des discriminations est pourtant patent, et il constitue la première analogie repérable avec le rapport colonial :
« Outre la série d’analogies qu’on peut saisir entre les deux phénomènes – analogies d’ordre historique (l’immigration est souvent fille de la colonisation directe ou indirecte) et analogies de structure (l’immigration, actuellement, occupe dans l’ordre des relations de domination la place qu’occupait hier la colonisation) – l’immigration s’est, d’une certaine façon, érigée en système de la même manière qu’on disait que la « colonisation est un système » (selon l’expression de Sartre) » [10 ].
Le racisme post-colonial n’est donc pas une simple survivance du passé. Il s’agit au contraire d’une production permanente et systémique de notre société, les représentations héritées du passé étant reformulées et réinvesties au service d’intérêts contemporains. C’est bien notre société qui, au présent, continue de produire des indigènes au sens politique du terme : des « sous-citoyens », des « sujets » qui ne sont pas étrangers au sens juridique mais ne sont pas pour autant traités comme des Français à part entière.
Marx a bien étudié cette interaction entre passé et présent, et le rôle que joue l’imaginaire social hérité [11 ]. C’est à travers cet imaginaire que les hommes déchiffrent leur réalité vécue, déterminent les frontières entre un « nous » et un « eux », et fondent leur action présente. C’est en l’occurrence au travers de l’imaginaire colonial qu’ont été appréhendés les immigrés postcoloniaux des années 60 et 70, et qu’a été légitimée leur relégation économique, sociale et politique : insertion par le bas dans les secteurs les plus pénibles du monde économique, négation des besoins sociaux non liés directement aux besoins productifs, réduction de l’homme à une simple force de travail (et en conséquence non-prise en compte de la vie familiale et de l’inévitable enracinement), injonction à la discrétion et à l’apolitisme. La massification du chômage et de la précarité depuis la décennie 1980 s’est réalisée sur la base de cet ordre des dominations dans lequel les immigrés apparaissent comme dominés parmi les dominés, et les Français issus de la colonisation ont hérité de la place de leurs parents.

Des « attributions causales » culturalistes, capacitaires et dépolitisantes
L’imaginaire colonial se réinvestit notamment dans la manière d’appréhender les situations d’inégalité réelle. Dans le regard du colonisateur, les inégalités produites par le système colonial ne sont pas niées, mais leur génèse est refoulée, et recouverte par une explication biologique ou culturelle : le manque d’ardeur au travail du colonisé n’est par exemple pas expliqué par le rapport social colonial, qui impose au colonisé des conditions de travail éreintantes tout en le privant de toute initiative et de toute jouissance du fruit de son travail, mais par la congénitale indolence « de l’Africain » ou par l’incorrigible indiscipline « du Maghrébin » [12 ]. Un même mécanisme de décontextualisation, dépolitisation et ethnicisation opère aujourd’hui : ce ne sont plus les discriminations qui expliquent la marginalisation, la « rage » ou le « je-m’en-fichisme » [13 ] de nombreux jeunes issus de la colonisation, mais une carence de ces jeunes – manque de « repères » ou d’éducation parentale, incapacité ou incompatibilité « culturelle », manque de familiarité avec les « valeurs » de « la République » ou de « la modernité » … Un ministre est même allé, en novembre 2005, jusqu’à inverser les causes et les effets en expliquant la difficulté de ces jeunes à trouver un emploi par leurs « comportements asociaux » … eux-mêmes produits par la polygamie des parents !
La thématique de « l’intégration », encore dominante dans les politiques publiques ciblant les immigrés ou leurs enfants, s’inscrit dans ce registre culturaliste, capacitaire et dépolitisant. L’appel à l’intégration assigne en effet ses destinataires à une « différence culturelle » irréductible et à une perpétuelle position d’extériorité par rapport à la « communauté nationale » : s’« ils » doivent s’intégrer ou être intégrés, c’est qu’« ils » ne le sont pas encore – la procédure de naturalisation, avec son « questionnaire d’intégration », est l’une des traductions pratiques de cette logique. Or, c’est bien dans le cadre du système colonial que l’égalité des citoyens a été subvertie au profit d’une conception culturaliste de la Nation, le colonisé ne pouvant pleinement intégrer la citoyenneté qu’en renonçant à son « statut personnel » [14 ].

L’intégrationnisme, autre nom du racisme
Le mot d’ordre d’intégration impose également à ses destinataires une obligation de réserve, de discrétion, voire d’invisibilité. Eric Savarèse a montré comment le regard colonial tendait à invisibiliser le colonisé, ou à en faire le simple miroir dans lequel « la France » contemple son propre génie « civilisateur », et Abdelmalek Sayad a montré que cette invisibilisation était reproduite à l’endroit de l’immigration :
« Parce que le rapport de forces est incontestablement en faveur de la société d’immigration – ce qui l’autorise à renverser du tout au tout la relation qui l’unit aux immigrés, au point de placer ces derniers en position d’obligés là où ils devraient au contraire obliger – celle-ci n’a que trop tendance à porter à son bénéfice ce qui, pourtant, est l’œuvre des immigrés eux-mêmes : aussi est-ce fréquemment qu’on présente au moins les aspects les plus positifs (ou considérés comme tels) de l’expérience des immigrés, c’est-à-dire en gros, l’ensemble des acquisitions qu’ils ont su imposer au grès de leur immigration (…) comme le résultat d’un travail diffus ou systématique d’inculcation, d’éducation (…) travail qui consiste à produire ce qu’on appelle les « évolués » (et du même coup, à discriminer ces immigrés « évoluables », « éducables », ou « amendables » des immigrés qui ne le sont pas ou ne veulent pas l’être) et dont le mérite revient bien sûr à la société d’accueil et à elle seule » [15 ]
Il en va de même aujourd’hui pour les jeunes Français issus de la colonisation : eux aussi sont invisibilisés. Eux aussi sont sommés de ne pas être « ostentatoires ». Eux aussi sont les objets d’une injonction à la politesse et la discrétion alors même qu’ils font quotidiennement l’expérience du mépris et de l’injustice sociale. Et toute stratégie de visibilisation de leur part est ressentie comme une menace, un « refus d’intégration » ou un « rejet de la République ».
Au risque de choquer, on peut finalement dire que l’intégration, telle qu’elle est généralement pensée, parlée et traduite en termes de politiques publiques, est moins souvent une alternative à la discrimination raciste qu’une formulation sublimée ou un instrument de légitimation de cette discrimination : si le racisme est le refus de l’égalité, l’intégration est précisément le mot d’ordre qui permet d’évacuer la question égalitaire. En effet, si être « intégré », être « inclus », avoir « sa place » vaut mieux que d’être purement et simplement exclu, ces termes ne disent pas de quelle place il s’agit. Un serviteur a « sa place », il est inclus et intégré – il n’en demeure pas moins subordonné, méprisé et exploité. Et de fait, dans de très nombreux contextes, parler de « problèmes d’intégration » sert essentiellement à ne pas prononcer d’autres mots, comme domination, discrimination ou inégalité.
Le parallèle est à cet égard saisissant entre l’usage du terme même d’« intégration » dans le système colonial et dans le système post-colonial : dans les deux cas, au-delà des nombreuses différences de contexte, c’est la même opération qui est réalisée, à savoir le refoulement des revendications de liberté et d’égalité. Le mot « intégration » n’est en effet jamais autant utilisé par l’État français que lorsque les colonisés réclament l’égalité des droits, l’autodétermination ou l’indépendance – ou, plusieurs décennies plus tard, à partir de 1983, lorsque leurs descendants « marchent pour l’Égalité » [16 ].

« Intégrer, réprimer, promouvoir, émanciper »
Le système postcolonial reproduit aussi des opérations de division et de compartimentage des individus issues du système colonial : une masse à intégrer, une masse à réprimer, une élite à promouvoir, des femmes à « émanciper » .
Une masse à intégrer. « Handicaps culturels », « résistances », « inadaptation de l’islam à la modernité » ou à « la laïcité », manque « d’efforts d’intégration » : nous retrouvons dans tous ces clichés l’une des principales marques du « portrait mythique du colonisé », qu’Albert Memmi avait en son temps nommée « la marque du négatif ». Nous retrouvons le motif de « l’arriération » et du « retard », et son pendant : la mission « civilisatrice » de l’État français.
Une masse à réprimer. Dès qu’il s’agit de jeunes des quartiers populaires, et plus particulièrement de ceux qui sont issus de la colonisation, le refus et la révolte devant les inégalités sont d’emblée mis en illégitimité. Leurs actes étant perçus à travers un prisme étroitement culturaliste, ne sauraient avoir une signification, une valeur et a fortiori une légitimité sociale ou politique [17 ]. De par leur « refus d’intégration » ou leurs caractéristiques familiales et/ou culturelles et/ou religieuses, les jeunes revendicatifs ne peuvent apparaître que comme « anomiques » – ou pire : porteurs de normes et de valeurs dangereuses pour l’ordre social. Des « rodéos des Minguettes » de 1981 aux émeutes de novembre 2005, le recours systématique, quasi-exclusif et disproportionné à la « fermeté », à la surveillance et à la répression des mouvements de révolte est un autre point commun avec le modèle colonial.
Plus largement, tout comportement dissident, déviant ou simplement « déplacé » de la part d’un jeune issu de la colonisation fait l’objet de jugements moraux qui s’apparentent, par leur outrance, leur généralité et leur contenu, aux doléances du colon à l’encontre du colonisé. Le « portrait mythique du postcolonisé » reproduit dans une large mesure le « portrait mythique du colonisé » dont Albert Memmi avait en son temps analysé la structure et la genèse. C’est ainsi qu’on parle, aujourd’hui comme au temps des colonies, de « territoires » à « conquérir » ou « reconquérir », d’espaces « décivilisés », de « sauvageons » ou de « barbares », de « défaut d’éducation », de nécessaire « adaptation » de nos dispositifs pénaux à des populations « nouvelles », radicalement « différentes » des jeunes de jadis, vivant « en dehors de toute rationalité » [18 ].
Au-delà des mots, les pratiques politiques et policières rejouent, sur un mode heureusement moins extrême, une partition qui s’est largement écrite dans un contexte colonial : qu’il s’agisse du couvre-feu, de la « guerre préventive » que constituent les contrôles policiers à répétition ou les dispersions intempestives dans les halls d’immeuble, de la pénalisation des parents pour les fautes des enfants, ou encore des méthodes de gestion de la contestation politique (diffamation, criminalisation, appel aux autorités religieuses locales pour pacifier une émeute ou détourner la population d’une action politique protestataire), les autorités instaurent en banlieue des modes de gestion qui violent un certain nombre de principes fondamentaux (comme la présomption d’innocence, le principe de la responsabilité individuelle, le principe de laïcité), et qui par conséquent apparaissent comme des anomalies au regard d’une certaine tradition du Droit français, mais qui ne tombent pas du ciel. Si l’on se réfère à l’autre tradition française, à la part d’ombre que constituent le Droit d’exception et les techniques de pouvoir qui se sont inventées et expérimentées dans les colonies, alors l’actuelle « dérive sécuritaire » perd beaucoup de sa nouveauté et de son exotisme.
Une élite à promouvoir. Que ce soit pour disculper le « modèle français d’intégration » (en montrant à la masse en échec qu’« on peut s’en sortir », et que par conséquent chaque individu est seul responsable de son malheur) ou pour servir d’« intermédiaire » avec les autres « jeunes » au prétexte d’une proximité culturelle, ou encore pour occuper des postes ethnicisés au prétexte de spécificités, partout se décline une injonction idéologique à la déloyauté, dans des modalités proches de « l’évolué » ou du « peau noire, masque blanc » tel que l’analysait Franz Fanon.
Des femmes à « émanciper », malgré elles et contre leurs groupes familiaux. Les débats autour de la « loi sur les signes religieux » ont mis en évidence la persistance des représentations coloniales sur « l’hétérosexualité violente » du « garçon arabe » ou du « musulman » et sur la soumission de sa femme et de ses filles. Le fait même de récuser la parole des premières concernées, et de les sommer de se dévoiler, sous peine d’exclusion et de déscolarisation – en d’autres termes : de les « forcer à être libres » – relève d’une conception de l’émancipation qui fut celle des colonisateurs [19 ].

L’enjeu de la nomination
Deux précisions s’imposent, pour finir, en réponse à des objections récurrentes. Tout d’abord, dire qu’il existe un racisme post-colonial ne revient pas à dire que ce racisme est le seul à l’œuvre dans la société française de 2006, que la colonisation est la seule source du racisme, et que les pays qui n’ont pas eu d’empires coloniaux n’ont pas leurs propres racismes, avec leurs propres fondements historiques. Il est évident qu’il existe en France d’autres racismes, c’est-à-dire d’autres formes de stigmatisation irréductible à la xénophobie : les racismes anti-juifs et anti-tziganes notamment – ou même des formes radicales de mépris social à l’égard de « blancs pauvres » qui s’apparentent à un « racisme de classe ». S’il est parfois utile de le rappeler, il est en revanche absurde, malhonnête et irresponsable de suspecter ou d’accuser a priori – comme beaucoup l’ont fait [20 ] – de « colonialo-centrisme », de « concurrence des victimes » voire de « banalisation de la Shoah » ou d’antisémitisme toute personne qui se consacre à l’analyse ou au combat contre les racismes spécifiques visant les colonisés ou les postcolonisés. Nous citerons sur ce point Sigmund Freud : se consacrer aux nombreuses névroses qui naissent de refoulements sexuels ne signifie pas qu’on nie l’existence d’autres troubles et d’autres causalités. De même, souligner les origines coloniales de certaines formes de racisme ne revient pas à nier l’existence d’autres formes de racisme et de discrimination, qui s’enracinent dans d’autres épisodes historiques et d’autres processus sociaux. Nous ne voyons pas plus « la colonisation partout » que Freud ne voyait « le sexe partout » – même si nous la voyons à l’oeuvre là où beaucoup ne veulent pas la voir, comme Freud voyait la pulsion sexuelle là où beaucoup ne voulaient pas la voir.
Parler de racisme post-colonial, ce n’est pas non plus prétendre que les descendants de colonisés vivent une situation identique en tous points à celle de leurs ancêtres. Le préfixe « post » est à cet égard suffisamment clair : il marque à la fois un changement d’ère et une filiation, un héritage, un « air de famille ». Là encore, la précision est parfois utile, mais elle est le plus souvent hors de propos, notamment lorsqu’elle sert à « faire la leçon » à des mouvements militants qui sont parfaitement conscients des différences entre les situations coloniale et postcoloniale – et qui le disent de manière claire et répétée. Tel fut le cas à propos du Mouvement des Indigènes de la République : malgré leurs nombreuses mises aux point [21 ], nombre de savants ou de responsables politiques leur ont reproché, de manière quasi-rituelle, de se nommer « indigènes » ou de qualifier de « coloniaux » certains discours ou certains dispositifs légaux, administratifs ou policiers. Le code de l’indigénat est aboli, leur explique-t-on doctement.
Le problème que posent ces appels au sérieux et à la rigueur historique, outre qu’ils prennent leurs destinataires pour des imbéciles, c’est qu’ils méconnaissent la spécificité du discours politique, ou plutôt de certaines formes du discours politique (la pétition, le tract, la banderole, le slogan), qui impliquent, de tout temps et quel que soit le front de lutte (ouvrier, féministe, homosexuel…), un certain usage du raccourci et de l’hyperbole. C’est aussi qu’ils méconnaissent le pouvoir heuristique que peut avoir « la colère des opprimés » [22 ].
Ces rappels à l’ordre laissent enfin un sentiment de « deux poids deux mesures », car on n’entend pas aussi souvent, de la part de chercheur-e-s ou de politiques, les mêmes leçons ou conseils amicaux adressés aux militantes féministes quand elles continuent – non sans raisons – de qualifier notre société de société patriarcale. Il en va pourtant de même pour les lois discriminatoires donnant un statut de mineure à la femme que pour le code de l’indigénat : elles ne sont plus en vigueur. L’égalité hommes-femmes est désormais actée dans les textes de loi, tout comme le principe de non-discrimination en fonction de « la race, l’ethnie ou la religion » – avec la même efficacité toute relative dans les deux cas… On ne retrouve pas non plus un tel souci de mesure et d’hyper-correction lorsque des sans-papiers sur-exploîtés se comparent à des esclaves, quand des philosophes, des sociologues ou des militants de gauche parlent d’Apartheid scolaire ou social, ou quand des salariés, bénéficiant pourtant encore de quelques acquis sociaux et d’un accès relatif aux biens de consommation, continuent de s’identifier, en chanson, aux « damnés de la terre » ou aux « forçats de la faim » …
Plus profondément, les réactions hostiles, méfiantes ou condescendantes suscitées notamment par l’Appel des indigènes de la République posent la question cruciale du pouvoir de nomination et de sa légitimité. Ce pouvoir de nomination a des effets performatifs sur la réalité, sur ce qui en est dit et sur ce qui est renvoyé dans le « non-dit » et même dans l’indicible. Il construit le réel social d’une façon déterminée, imposant ainsi des grilles de lectures, des attributions causales et les conséquences concrètes qui en découlent en termes de politique publique. Il n’est donc pas indifférent de savoir qui s’autorise à nommer qui. Il n’est pas indifférent de voir émerger de nouveaux termes, qu’ils soient d’auto-désignation ou d’hétéro-désignation. C’est sous cet angle, plutôt que sur le mode professoral du rappel des différences entre indigènes coloniaux et postcoloniaux, qu’historiens et sociologues devraient appréhender le récent mouvement des Indigènes de la République. Comme le rappelait Abdelmalek Sayad :
« C’est une chose connue : la dérision est l’arme des faibles ; elle est une arme passive, une arme de protection et de prévention. Technique bien connue de tous les dominés et relativement courante dans toutes les situations de domination : « Nous, les Nègres… » ; « Nous les Khourouto … » (pour dire « Nous les Arabes… ») ; « Nous les nanas… » ; « Nous les gens du peuple… » ; « Nous les culs-terreux », etc. (…). La sociologie noire américaine, la sociologie coloniale enseignent qu’en règle générale une des formes de révolte et sans doute la première révolte contre la stigmatisation (…) consiste à revendiquer le stigmate, qui est ainsi constitué en emblème. » [23 ]

Notes

[1 ] Ce texte est extrait du recueil Culture coloniale en France. De la Révolution, ouvrage collectif dirigé par Nicolas Bancel, Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire, et co-édité par les Éditions Autrement et les Éditions du CNRS en avril 2008. 768 pages, 35 euros. Avec des contributions de : Robert Aldrich, Nicolas Bancel, Olivier Barlet, Esther Benbassa, Christian Benoît, Pascal Blanchard, Gilles Boëtsch, Saïd Bouamama, Sylvie Chalaye, Antoine Champeaux, Suzanne Citron, Catherine Coquery-Vidrovitch, Didier Daeninckx, Daniel Denis, Éric Deroo, Philippe Dewitte, Marcel Dorigny, Jean-Pierre Dozon, Jean-Luc Einaudi, Driss El Yazami, Bruno Etienne, Elizabeth Ezra, Marc Ferro, Pierre Fournié, Stanislas Frenkiel, Jacques Frémeaux, Charles Forsdick, Vincent Geisser, Ruth Ginio, Daniel Hémery, Catherine Hodeir, Timothée Jobert, Herman Lebovics, Sandrine Lemaire, Gilles Manceron, Jean-Marc Moura, David Murphy, Gabrielle Parker, Mathieu Rigouste, Delphine Robic-Diaz, Alain Ruscio, Benjamin Stora, Pierre Tevanian, Steve Ungar, Françoise Vergès, Dominique Vidal, Abdourahman A. Waberi et Dominique Wolton.
[2 ] Cf. Y. Gastaut, L’immigration et l’opinion en France sous la cinquième République, Seuil 1999
[3 ] Cf. G. Noiriel, Le creuset français, Seuil, 1988 et La tyrannie du national, Calmann-Lévy, 1991
[4 ] Cf. A. Memmi, Le racisme, Folio actuels, 1999
[5 ] Cf. S. M. Barkat, Le corps d’exception. Les artifices du pouvoir colonial et la destruction de la vie, Editions Amsterdam, 2005
[6 ] Cf. N. Bancel, P. Blanchard, De l’indigène à l’immigré, Découvertes Gallimard, 1999
[7 ] Cf. P. Tevanian, « Le corps d’exception et ses métamorphoses », Quasimodo, n°9, été 2005, à lire sur LMSI.
[8 ] Cf. V. de Rudder (dir.), L’inégalité raciste, PUF, 2000
[9 ] Cf. C. Delphy,« Un mouvement, quel mouvement ? », à lire sur LMSI.
[10 ] A. Sayad, « La » faute » de l’absence », L’immigration ou les paradoxes de l’altérité, De Boeck Université, Paris-Bruxelles, 1997.
[11 ] K. Marx, Le 18 Brumaire de Napoléon Bonaparte, Éd. Mille et une nuits, 1997
[12 ] Cf. A. Memmi, Portait du colonisé, op. cit
[13 ] Cf. R. Hoggart, La culture du pauvre, op. cit.
[14 ] Cf. E. Savarèse, Histoire coloniale et immigration, Séguier, 2000 ; A. Sayad, « Qu’est ce qu’un immigré ? » , L’immigration ou les paradoxes de l’altérité, op. cit., 1997.
[15 ] Cf. S. M. Barkat, Le corps d’exception, op. cit., 2005
[16 ] Cf. S. Bouamama, Dix ans de marche des beurs, Desclée de Brouwer, 1994
[17 ] Cf. F. Athané, « Ne laissons pas punir les pauvres », à lire sur LMSI.
[18 ] Cf. P. Tevanian, Le ministère de la peur, op. cit.
[19 ] Cf. N. Guénif-Souilamas et E. Macé, op. cit. et C. Delphy, « Antisexisme ou antiracisme : un faux dilemme », Nouvelles questions féministes, Volume 25, n°1, « Sexisme et racisme » , janvier 2006.
[20 ] Deux exemples particulièrement caricaturaux : Fadela Amara et Philippe Val. La première, réagissant dans une tribune de Libération à l’Appel des indigènes de la République, objecte aux signataires de cet appel que « la guerre d’indépendance algérienne n’est pas l’équivalent de la Shoah », car «  le programme de l’Algérie française, ce n’était pas l’extermination totale d’une population. ».
Ce type d’énoncés pose le problème suivant : ils sont absolument incontestables, mais leur énonciation est totalement insensée précisément parce que l’énoncé est incontestable et incontesté. En l’occurrence, nulle part dans l’appel des indigènes de la République – et pas davantage dans les discours périphériques tenus par lesdits « indigènes » – ne figure une mise en équivalence entre la colonisation et la Shoah. Quel sens cela a-t-il dès lors de le leur reprocher, sinon celui de les disqualifier par n’importe quel moyen, de manière à ne pas avoir à répondre à leurs véritables analyses et leurs véritables demandes ? Quel sens cela a-t-il de souligner cette différence inconstestable et incontestée entre la colonisation et la Shoah, sinon celui de relativiser à tout prix la gravité de la colonisation ? Quant à Philippe Val, il va plus loin encore, et pratique la diabolisation sur un mode presque infantile, en faisant de ses adversaires de véritables « méchants » :
« Les Indigènes de la République voudraient mettre sur le même plan la colonisation, l’esclavage et la Shoah, afin, non pas tant de valoriser les drames qu’ont vécus leurs aïeux, mais de relativiser la Shoah. ».
Il suffit là encore de lire les productions des Indigènes de la république pour mesurer le caractère insensé et odieux d’une telle affirmation. Nous sommes même dans la diffamation au sens juridique du terme, dans la mesure où le propos est non seulement infâmant et mensonger, mais aussi animé par une évidente « mauvaise foi » et une non moins évidente « intention de nuire ».
[21 ] Cf. notamment A. Héricord, S. Khiari, L. Lévy, « Indigènes de la République : réponses à quelques objections », à lire sur LMSI.
[22 ] C. Guillaumin, « Les effets théoriques de la colère des opprimés » , Sexe, race et pratique du pouvoir, Editions Côté Femmes, 1992.
[23 ] A. Sayad, « Le mode de génération des générations immigrées » , Migrants-Formation, n° 98, septembre 1994

http://lmsi.net/Un-racisme-post-colonial

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La Turquie Moderne : Un état Sioniste secrètement contrôlé par les Dönmeh, Erdogan y compris

La Turquie Moderne : Un état Sioniste secrètement contrôlé par les Dönmeh, Erdogan y compris
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(A gauche. Kemal Ataturk, faisant un signe maçonnique, et les crypto-juifs appelés Donmeh qui contrôlent la Turquie)

Le support d’ISIS par la Turquie se comprend mieux si nous nous rappelons l’explication de Wayne Madsen de 2011. La Turquie est gouvernée en secret par des Juifs et sert les desseins sionistes du Grand Israël. Comme les Bolcheviques et les Sionistes, les Dönmeh sont des Illuminatis i.e. Satanistes, Franc-maçons.
 
Assurez vous de lire également, Comment les Illuminati terrorisent et contrôlent la Turquie par un dissident Turc (lien ci-dessous)
 
Par Wayne Madsen
(Extrait par henrymakow.com)
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Bien qu’elle soit connue des historiens et des experts religieux,
l’influence politique et économique vieille de plusieurs siècles d’un groupe connu en Turquie sous le nom de « Dönmeh » commence à peine à faire parler d’elle parmi les turques, arabes et israéliens. ils ont été réticents à discuter de la présence en Turquie et ailleurs d’une secte de Turques descendant d’un groupe de Juifs séfarades qui furent expulsés d’Espagne durant l’inquisition Espagnole des 16ème et 17ème siècles.
Ces Juifs réfugiés d’Espagne furent invités à s’installer dans l’empire Ottoman et au fil des années se convertirent à une secte mystique de l’Islam qui à terme mélangea la cabale Juive et les croyances semi-mystiques Soufies Islamiques dans une secte qui finalement soutint le sécularisme dans la Turquie Post-Ottomane. Il est intéressant de noter que « Dönmeh » ne se réfère pas uniquement aux « douteux convertis » Juifs à l’Islam en Turquie mais est aussi un mot Turque désobligeant pour un travesti, ou de personnes se réclamant être quelqu’un qu’elles ne sont pas.
La secte Dönmeh du judaïsme fut fondée au 17ème siècle par le rabbin Sabbatai Zevi, un cabaliste qui croyait être le Messie mais fut forcé à se convertir à l’Islam par le Sultan Mehmet IV, le gouvernant Ottoman. Beaucoup de ses fidèles, connus sous le nom de Sabbatéens, mais aussi « crypto-Juifs », proclamèrent publiquement leur foi Islamique mais pratiquaient secrètement leur forme hybride de judaïsme, qui n’était pas reconnue par les autorités des courants principaux du judaïsme rabbinique. Parce qu’il était contre leur croyances de se marier hors de leur secte, les Dönmeh créèrent un clan sous-sociétal assez secret.
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(Erdogan est probalement un Crypto Juif)

Beaucoup de Dönmeh, de pair avec les Juifs traditionnels, devinrent de puissants dirigeant politiques et d’affaires en Salonique. C’était ce groupe fondamental de Dönmeh, qui organisèrent secrètement les Jeunes Turcs, aussi connus comme le Comité de l’Union et du Progrès, les sécularistes qui déchurent le Sultan Ottoman Abdulhamid II durant la révolution de 1908, proclamèrent la République de Turquie post-ottomane après la première guerre mondiale, et qui instituèrent une campagne qui dépouilla la Turquie d’une grande part de son identité Islamique après la chute des Ottomans.
Abdulhamid II fut diabolisé par les Jeunes Turcs comme un tyran, mais son seul crime réel semble avoir été de refuser de rencontrer le dirigeant Sioniste Théodore Herzl durant une visite à Constantinople en 1901 et rejeta les offres Sionistes et Dönmeh d’argent en échange de quoi les Sionistes se verraient gratifiés du contrôle de Jérusalem.
Comme d’autres dirigeants ayant croisé la route des Sionistes, le Sultan Abdulhamid II semble avoir scellé son sort avec les Dönmeh par cette déclaration à sa court Ottomane :
« Informez le Dr Herzl de ne pas avancer d’un pas de plus dans son projet. Je ne peux céder ne serait ce qu’une poignée du sol de cette terre car ce n’est pas la mienne, elle appartient à la nation Islamique dans son ensemble. La nation Islamique a fait le Djihad pour le salut de cette terre et l’a trempée de son sang. Les Juifs peuvent garder leurs argent et leur millions. Si l’État du Califat Islamique est un jour détruit alors ils seront en mesure de prendre la Palestine sans aucun prix! Mais tant que je suis vivant, je préfèrerai percer mon corps d’une lame que de voir la terre de Palestine coupée et éloignée de l’État Islamique. »
Après son expulsion par le Jeune Turc Dönmeh Atatürk en 1908, Abdulhamid II fut emprisonné dans la citadelle Dönmeh de Salonique. Il mourut à Constantinople en 1918, trois ans après que Ibn Saud agréa à une nation Juive en Palestine et une année plus tard Lord Balfour céda la Palestine aux Sionistes dans sa lettre au Baron Rothschild.
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Un des dirigeants des Jeunes Turcs en Salonique était Mustafa Kemal Atatürk, le fondateur de la République de Turquie.
Certains textes suggèrent que les Dönmeh n’étaient pas plus de 150.000 et se trouvaient principalement dans l’armée, le gouvernement, et les affaires. Quoiqu’il en soit d’autres expert suggèrent que les Dönmeh pourraient avoir représenté 1.5 million de Turcs et étaient bien plus puissants que ce qui était cru par beaucoup et s’étendaient à toutes les facettes de la vie Turque.
Ce furent les soutiens de Atatürk et des Jeunes Turcs au Sionisme, la création d’un foyer Juif en Palestine, après la première guerre mondiale et durant le gouvernement Nazi en Europe qui lièrent la Turquie à Israël et vice versa.

LE GÉNOCIDE SIONISTE DES ARMÉNIENS

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Israël a toujours été réticent à l’idée de définir le massacre des Arméniens par les Turcs en 1915 comme un « génocide ». Il a toujours été cru que les raisons de la réticence d’Israël étaient de ne pas brouiller les liens diplomatiques et militaires avec la Turquie.
Pourtant, de plus en plus de preuves sont mise à jour et le génocide Arménien a largement été le fait de la direction Dönmeh des Jeunes Turcs. Les historiens aiment Ahmed Refik, qui servit comme un officier de renseignement dans l’armée Ottomane, affirma que c’était le but des Jeunes Turcs de détruire les Arméniens, qui étaient principalement Chrétiens. Les Jeunes Turcs, sous la direction d’Atatürk, expulsèrent également les Chrétiens Grecs des cités Turques et tentèrent de commettre un génocide de plus petite échelle des Assyriens, qui étaient aussi Chrétiens pour la plupart.
La direction Dönmeh des Jeunes Turcs n’assassinèrent pas seulement des centaines de milliers d’Arméniens et d’Assyriens mais aussi détruisirent les manières et coutumes musulmanes traditionnelles Turques. De la connaissance que ce furent les Dönmeh, dans une alliance naturelle avec les Sionistes d’Europe, qui furent responsables de la mort de chrétiens Arméniens et Assyriens, de l’expulsion de chrétiens orthodoxes grecs de Turquie, et de l’éradication culturelle et religieuse de la tradition Islamique Turque, découlera dans la région une nouvelle réalité. Plutôt que des Grecs et des Chypriotes Turcs vivant sur une île séparée, les Arméniens tenant une vendetta contre les Turcs, et Grecs et Turcs se querellant un territoire, tous les peuples attaqués par les Dönmeh réaliseraient qu’ils ont un ennemi commun qui est leur persécuteur actuel.
Lié : Comment les Illuminatis terrorisent et contrôlent la Turquie
La Turquie et le Nouvel Ordre Mondial
 
Traduit de l’anglais par Hydro Gen
https://infomirroir.wordpress.com/2015/11/30/la-turquie-moderne-un-etat-sioniste-secret-controle-par-les-donmeh/
 
Article original : http://henrymakow.com/2015/11/modern-turkey-a-secret-zionist.html

TURKEY’S ERDOGAN IS JEWISH?

 

 

Erdogan with his Jewish classmate Rafael Sadi. They studied economics together.

Why has Turkey’s prime minister, Recep Tayyip Erdogan, helped the USA and Israel in their attacks on Syria and North Africa?

Why do ‘anti-Americans’ in Turkey hate Erdogan’s AKP political party?

Allegedly, Erdogan and his wife are crypto-Jews, secretly working for the New World Order.

According to Ergün Poyraz, in his book The Children of Moses:

1. Erdogan has spoken to the Anti-Defamation League and the American Jewish Committee.

The American Jewish Congress gave Erdogan a ‘profiles of courage award’.

2. The Erdogan family has Jewish roots.

Erdogan and friends.

Necmettin Erbakan, a former Prime Minister of Turkey, claims that Erdogan’s tough line on Israel is a façade to deceive the Turkish public.

(Erbakan criticizes Israel, accuses Erdoğan of being part of Jewish plot.)

Erbakan says:

« Why on earth did Erdogan’s AK Party give a ‘go ahead’ to the membership of Israel in the Organization for Economic Cooperation and Development (OECD) and not block membership?

« Why did the Turkish government consent to multi-billion dollars worth of defense contracts with Israeli firms?

« Erdogan says ‘one-minute’ to Peres during Davos but conducts business as usual with the Jewish state. This is hypocrisy. »

Turkish Prime Minister Erdogan (Left) attends a CIA-Al-Qaeda meeting in Libya.

Reportedly, the CIA-Mossad wants its agents and assets to run each of the Moslem countries.

Reportedly, Turkey is the model.

Gulen and friend.

On 6 August 2011, The Economist reports on a Moslem who is friendly towards Israel (A hard act to follow).

This Moslem reportedly has links to heroin. (Funded by Heroin Via the CIA …)

« These days the religious teacher who wields most influence over the Turks is Fethullah Gulen, » says The Economist.

In 2010, nine Turks, taking supplies to Gaza, were killed by Israeli commandos.

Gulen said it was partly the Turkish side’s fault: the flotilla should not have defied Israel.

Gulen lives in America and has been accused of having links to the CIA.

The Gulen movement « forms the apex of a huge conglomerate that includes NGOs, firms, newspapers and college dormitories in Turkey, plus schools across the world. »

Several journalists who have tried probing Gulen have found themselves prosecuted or jailed.

People who criticise the movement « can face nasty smear campaigns. »

Obama visiting a Gulen school in Washington.

On 29 June 2010, Paul Williams PhD wrote: « Gulen Movement Funded by Heroin Via the CIA …« 

According to paul Williams:

1. « Court records and the testimony of former government officials show that Fethullah Gulen, who presently resides in Pennsylvania, has amassed more than $25 billion in assets from the heroin route which runs from Afghanistan to Turkey.

2. « Sibel Edmonds, a former FBI translator, testified that the drug money has been channeled into Gulen’s coffers by the C.I.A. »

According to Sibel Edmonds: ‘A lot of the drugs were going to Belgium with NATO planes.

‘After that, they went to the UK, and a lot came to the US via military planes to distribution centers in Chicago, and Paterson, New Jersey.’

« Ms. Edmonds further said that Turkish diplomats, who would never be searched by airport officials, have come into the country ‘with suitcases of heroin.’

3. « According to Ms. Edmonds and other government witnesses, Gulen began to receive funding from the CIA in the wake of the collapse of the Soviet Union when federal officials realized that the U.S. could not obtain control of the vast energy resources of the newly created Russian republics because of deep-seated suspicion of American motives.

« Turkey, the U.S. officials came to realize, could serve as a perfect ‘proxy’ since it was a NATO ally that shared the same language, culture, and religion as the other Central Asian countries…

« The only way to provide Gulen with sufficient funds to topple Turkey’s secular regime and to conduct education jihad within the Russian republics came from the poppy fields of Afghanistan…

« The Obama administration has opted to turn a blind eye to Gulen and his mountain fortress in Saylorsburg, Pennsylvania…

« In his native Turkey, Gulen’s vast fortune has been used to create the Justice and Democratic Party (Adalet ve Kalkinma, AKP), which has gained control of the government…

« Abdullah Gul, Turkey’s first Islamist President, is a Gulen disciple along with Prime Minister Recep Tayyip Erdogan, and Yusuf Ziya Ozcan, the head of Turkey’s Council of Higher Education…

4. « Gulen has purchased newspapers, television networks, construction companies, universities, banks, utilities, technological outlets, pharmaceutics, and manufacturing firms throughout the country.

« In addition, he has established thousands of madrassahs (Islamic religious schools) throughout Central Asia where students are indoctrinated in the tenets of militant Islam…

5. « But the Gulen movement is not confined to Turkey and Central Asia.

« Eighty-five Gulen schools have been set up in the United States as charter academies funded by public funds.

6. « Is Gulen really affiliated with the CIA?

« In support of his application for permanent residency status, Gulen obtained letters of support and endorsement, from Graham Fuller and other former CIA officials.

« His petition was also endorsed by former Under Secretary of State Marc Grossman, and former Ambassador to Turkey Morton Abramowitz. »

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aangirfan: THE NEW WORLD ORDER AND TURKEY

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Alexis de Tocqueville enseigné dans les écoles Jules Ferry : apologie de crimes avec récidive

Alexis de Tocqueville enseigné dans les écoles Jules Ferry : apologie de crimes avec récidive
Dans notre brave société des « valeurs » et du « vivre ensemble », peut-on imaginer que les élèves se voient enseigner le respect d’un auteur vantant le massacre de populations civiles par nécessité politique, dans des écoles portant le nom d’un théoricien de l’inégalité des races ? D’un autre monde ? Et pourtant…

Sur ce blog, le cas de Jules Ferry, mentor de Hollande, est bien connu, avec son célèbre discours à l’Assemblée nationale le 28 juillet 1885 : « Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. (…) Il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. » L’inégalité des races, donc le moteur du nazisme… Mais pas de problème, ce fin politique était par ailleurs un gentil garçon, alors maintes et maintes écoles ont été baptisées Jules Ferry. Cherchez l’erreur.

Moins connu est le cas de son aïeul, Alexis de Tocqueville, penseur et acteur politique de la merveilleuse France du XIXème, exquis auteur De la démocratie en Amérique, ouvrage admiré… qui occulte comme une insignifiante banalité l’extermination du peuple indien d’Amérique du Nord.

Mais notre génie, adoré de Sciences-Pipeau, s’était aussi lâché sur l’Algérie, comme chaud partisan de l’invasion en 1830.

En 1798, le criminel de guerre Bonaparte Naboléon s’était – enfin – pris une dérouillée en Égypte, et l’Algérie se présentait comme l’occasion d’une revanche. D’où l’invasion de l’Algérie en 1830, avec la résistance populaire ordonnée autour de l’Émir Abd el-Kader, et en réponse les crimes de l’armée française exterminant les populations civiles et détruisant leurs biens. Notre précieux penseur était un fervent soutien, comme il l’exprime dans son livre Travail sur l’Algérie, en 1841 : « J’ai souvent entendu en France des hommes que je respecte, mais que je n’approuve pas, trouver mauvais qu’on brûlât les moissons, qu’on vidât les silos et enfin qu’on s’emparât des hommes sans armes, des femmes et des enfants. Ce sont là, suivant moi, des nécessités fâcheuses, mais auxquelles tout peuple qui voudra faire la guerre aux Arabes sera obligé de se soumettre ».

En 1846, il poursuit en faisant l’apologie de l’apartheid, seul régime envisageable pour le bonheur des blancs : « Il doit donc y avoir deux législations très distinctes en Afrique parce qu’il s’y trouve deux sociétés très séparées. Rien n’empêche absolument, quand il s’agit des Européens, de les traiter comme s’ils étaient seuls, les règles qu’on fait pour eux ne devant jamais s’appliquer qu’à eux ».

Eh oui, ça plait ou ça ne plait pas, mais c’est comme ça : dans les écoles portant le nom d’un précurseur des théories nazies sur l’inégalité des races, on donne une place en or à un apologiste des crimes contre l’humanité contre le peuple algérien, dans le contexte de la colonisation.  

Tocqueville et Ferry, de leur temps, déconnaient à plein bourrin, c’est une chose. Mais que deux siècles plus tard, l’histoire officielle continue de masquer cette réalité et idolâtre ces partisans du crime, c’est grave et cela dit beaucoup de choses.

Ce dessous un excellent texte d’Olivier Le Cour Grandmaison, publié dans Le Monde Diplomatique en juin 2001.

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Quand Tocqueville légitimait les boucheries

Olivier Le Cour Grandmaison

La guerre d’Algérie a une longue histoire. Elle commence le 31 janvier 1830 lorsque Charles X décide de s’emparer d’Alger. Officiellement, il s’agit de venger une offense faite au consul de France par le dey Hussein et de détruire la piraterie qui sévit dans la région. Officieusement, l’objectif est de restaurer le prestige de la royauté et de prendre pied en Afrique du Nord pour éviter de laisser le champ libre à l’Angleterre. La monarchie de Juillet hérite du fardeau.

L’« aventure » coûte cher, elle mobilise des effectifs militaires importants et elle rapporte peu. Des voix nombreuses s’élèvent à l’Assemblée pour exiger le retrait des troupes françaises, d’autres pour leur maintien et une occupation limitée, d’autres enfin préconisent la domination, la guerre à outrance indispensable pour détruire la puissance d’Abd el-Kader et ruiner les tribus qui le soutiennent. A la fin de l’année 1840, les partisans de cette politique l’emportent.

Le 29 décembre, le général Thomas Bugeaud, qui vient d’être nommé gouverneur de cette colonie, arrive en Algérie. La véritable conquête débute avec massacres, déportations massives des populations, rapt des femmes et des enfants utilisés comme otages, vol des récoltes et du bétail, destruction des vergers, etc. Louis-Philippe d’abord, Louis-Bonaparte ensuite récompenseront les officiers par de prestigieuses promotions. Les monceaux de cadavres kabyles et algériens (1) permettent aux généraux de l’armée d’Afrique de faire de brillantes carrières.

« J’ai souvent entendu en France des hommes que je respecte, mais que je n’approuve pas, trouver mauvais qu’on brûlât les moissons, qu’on vidât les silos et enfin qu’on s’emparât des hommes sans armes, des femmes et des enfants. Ce sont là, suivant moi, des nécessités fâcheuses, mais auxquelles tout peuple qui voudra faire la guerre aux Arabes sera obligé de se soumettre », écrit Alexis de Tocqueville avant d’ajouter : « Je crois que le droit de la guerre nous autorise à ravager le pays et que nous devons le faire soit en détruisant les moissons à l’époque de la récolte, soit dans tous les temps en faisant de ces incursions rapides qu’on nomme razzias et qui ont pour objet de s’emparer des hommes ou des troupeaux (2). »

Ainsi s’exprime celui qui a écrit de la démocratie en Amérique lorsqu’il rédige, en octobre 1841, après avoir séjourné dans le pays, son Travail sur l’Algérie. La colonisation en général et celle de l’Algérie en particulier lui tiennent à cœur. Deux lettres, plusieurs discours sur les affaires extérieures de la France, deux voyages, deux rapports officiels présentés, en mars 1847, à la Chambre des députés, à quoi s’ajoutent de nombreuses observations et analyses disséminées dans sa volumineuse correspondance. Tocqueville théorise l’expansion française en Afrique du Nord.

Fidèle à sa méthode, il rassemble une documentation importante, car il projette de rédiger un ouvrage sur l’Inde et la colonisation anglaise pour la comparer à celle menée par les Français dans la Régence d’Alger comme on disait alors. Enfin, il étudie le Coran et, au terme de ses lectures, conclut que la religion de Mahomet est « la principale cause de la décadence (…) du monde musulman ». Il faut donc tenir Tocqueville pour une figure importante de la colonisation moderne à laquelle il a consacré beaucoup de temps et d’énergie entre 1837 et 1847.

Qu’en disent les spécialistes français ? Peu de choses. Soit ils feignent d’ignorer ce corpus fort riche, soit ils euphémisent les positions de leur idole afin de ne pas nuire à son image de libéral et de démocrate (3). Il est vrai que la fréquentation assidue de De la démocratie en Amérique et de L’Ancien Régime et la Révolution est plus propice aux canonisations académiques que l’examen précis des textes qui portent sur l’Algérie. Ces textes, pourtant tous publiés, ne hantent pas les membres de l’honorable république des lettres qui explorent la pensée de Tocqueville, et s’émerveillent de la subtilité de ses analyses. On y apprend pourtant beaucoup sur certaines de ses conceptions et, plus largement, sur les premières années de la conquête, sur les origines et l’organisation de l’État colonial. On y découvre le Tocqueville apôtre de la « domination totale » en Algérie et du « ravage du pays (4) ».

L’importance qu’accorde Tocqueville à la conquête de ce pays s’appuie sur des analyses de la conjoncture internationale et de la place de la France dans le monde, d’une part, et sur l’évolution des mœurs nationales, d’autre part. L’écrivain n’a que mépris pour la monarchie de Juillet qu’on découvre, sous sa plume, médiocre et pusillanime. Néfaste pour les affaires intérieures du pays, ce régime l’est plus encore pour les affaires extérieures en une période où la crise de l’Empire ottoman, en Afrique et au Proche-Orient notamment, bouleverse la situation dans les régions concernées et crée des occasions nouvelles pour les puissances européennes. Encore faut-il, pour s’en saisir, faire preuve d’audace et ne pas craindre l’Angleterre.

Mettre un terme au déclin de la France, restaurer son prestige et sa puissance, telle est l’obsession de Tocqueville qui est convaincu que, en l’absence d’une vigoureuse politique de conquêtes, le pays sera bientôt relégué au second rang et la monarchie menacée dans son existence même. Dans ce contexte, se retirer d’Algérie serait irresponsable. Il faut y demeurer, et le gouvernement doit encourager les Français à s’y installer pour dominer le pays et contrôler aussi la Méditerranée centrale, grâce à la construction de deux grands ports militaires et commerciaux : l’un à Alger, l’autre à Mers El-Kébir.

La réalisation de ces desseins est propre à restaurer l’orgueil national qui est attaqué par « l’amollissement graduel des mœurs »d’une classe moyenne dont le goût des « jouissances matérielles » se répand dans l’ensemble du corps social en lui donnant « l’exemple de la faiblesse et de l’égoïsme (5) ». La guerre et la colonisation se présentent donc comme des remèdes aux maux sociaux et politiques qui affectent la France. C’est pourquoi Tocqueville se prononce pour des mesures radicales qui doivent permettre de s’emparer sans coup férir de l’Algérie et de rompre avec dix ans d’atermoiements.

« La guerre d’Afrique est une science »

Dominer pour coloniser et coloniser pour assurer la pérennité de la domination, telles sont les orientations qu’il n’a cessé de défendre. Quant aux moyens, ils sont dictés par les fins… Abd el-Kader se déplace constamment dans le pays en s’appuyant sur de nombreuses tribus qui lui procurent des hommes, des armes et de la nourriture ; il faut traquer le premier sans relâche et, surtout, anéantir les structures économiques et sociales des secondes afin d’atteindre les fondements de la puissance de ce chef et de ruiner son prestige.

Après s’être prononcé en faveur de l’interdiction du commerce pour les populations locales, Tocqueville ajoute : « Les grandes expéditions me paraissent de loin en loin nécessaires : 1° Pour continuer à montrer aux Arabes et à nos soldats qu’il n’y a pas dans le pays d’obstacles qui puissent nous arrêter ; 2° Pour détruire tout ce qui ressemble à une agrégation permanente de population, ou en d’autres termes à une ville. Je crois de la plus haute importance de ne laisser subsister ou s’élever aucune ville dans les domaines d’Abd el-Kader (6). »

L’auteur de De la démocratie en Amérique approuve sans réserve et défend, publiquement et à plusieurs reprises, les méthodes de Bugeaud. Elles consistent à mettre le pays à sac, à s’emparer de tout ce qui peut être utile pour l’entretien de l’armée en « faisant vivre ainsi la guerre par la guerre », comme l’affirme le général Lamoricière, et à repousser toujours plus loin les autochtones de façon à s’assurer de la maîtrise complète des territoires conquis. Ces objectifs une fois atteints par l’emploi d’une terreur de masse autoriseront l’implantation et le développement de nombreuses colonies de peuplement, qui rendront impossible le retour des anciennes tribus.

Tocqueville ne compte pas uniquement sur la puissance du sabre, il entend couvrir ces usurpations et les étendre par le recours à la force du droit. Il prévoit la mise en place de tribunaux d’exception qui, au moyen d’une procédure qu’il qualifie lui-même de « sommaire », procéderont à des expropriations massives au profit des Français et des Européens. Ainsi pourront-ils acquérir des terres à bas prix et faire vivre des villages que l’administration coloniale aura pourvus de fortifications, d’une école, d’une église et même d’une fontaine, précise le député de Valognes, soucieux du bien-être matériel et moral des colons. Regroupés en milices armées dirigées par un officier, ils assureront la défense et la sécurité de leurs personnes et de leurs biens cependant que le réseau formé par ces villages permettra de tenir efficacement les régions conquises. Quant aux populations locales, repoussées par les armes puis dépouillées de leurs terres par les juges, elles décroîtront sans cesse, affirme Tocqueville.

Tel qu’il le conçoit, tel qu’il s’est structuré aussi, l’Etat colonial se présente d’emblée comme un double Etat d’exception par rapport au régime qui prévaut dans la métropole : il repose sur deux systèmes politico-juridiques de nature différente qui s’organisent, en dernière analyse, sur des fondements raciaux, culturels et cultuels. Celui qui est applicable aux colons leur permet de jouir seuls de la propriété et de la possibilité d’aller et venir mais d’aucune des libertés politiques, car toutes doivent être suspendues en Algérie, selon Tocqueville. « Il doit donc y avoir deux législations très distinctes en Afrique parce qu’il s’y trouve deux sociétés très séparées. Rien n’empêche absolument, quand il s’agit des Européens, de les traiter comme s’ils étaient seuls, les règles qu’on fait pour eux ne devant jamais s’appliquer qu’à eux (7). »

C’est clair, précis et concis. Les hommes venus de cette Europe glorieuse et éclairée ont droit aux droits ; quant aux autres, aux « barbares », ils ne sauraient goûter aux plaisirs de l’égalité, de la liberté et de l’universalité de la Loi. Ni aujourd’hui ni demain puisque Tocqueville ne fixe aucun terme à cette situation. Aussi n’est-il pas surprenant que le second système, celui qui est applicable aux Kabyles et aux Arabes, ressortisse à un état de guerre permanent destiné à les maintenir sous le joug brutal des colons et d’une administration dotée de pouvoirs exorbitants.

En 1847, après plusieurs années de conflits impitoyables, Tocqueville écrit avec emphase : « L’expérience ne nous a pas seulement montré où était le théâtre naturel de la guerre ; elle nous a appris à la faire. Elle nous a découvert le fort et le faible de nos adversaires. Elle nous a fait connaître les moyens de les vaincre et (…) d’en rester les maîtres. Aujourd’hui on peut dire que la guerre d’Afrique est une science dont tout le monde connaît les lois, et dont chacun peut faire l’application presque à coup sûr. Un des plus grands services que M. le maréchal Bugeaud ait rendus à son pays, c’est d’avoir étendu, perfectionné et rendu sensible à tous cette science nouvelle (8). » Les crimes de l’armée et de l’Etat français en Algérie, les discriminations érigées en principe et inscrites dans le droit : des exceptions ? Une longue histoire.

Olivier Le Cour Grandmaison

 

Auteur de Coloniser. Exterminer. Sur la guerre et l’Etat colonial,Fayard, Paris, 2005.

 

(1) Dans un ouvrage qui appartient à la littérature apologétique, Pierre Montagnon écrit à propos des victimes : « 500 000 ? Un million ? La vérité doit se situer entre ces chiffres. Diminuer serait amoindrir une terrible réalité. » La Conquête de l’Algérie, Paris, Pygmalion, 1986, p. 414. A rapporter au nombre total d’habitants estimé, selon l’historienne Denise Bouche, à « environ trois millions d’habitants » en 1830. D. Bouche. Histoire de la colonisation française, tome II, Paris, Fayard, 1998, p. 23.

(2) Alexis de Tocqueville, Travail sur l’Algérie. in oeuvres complètes, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1991, p. 704 et 705.

(3) A l’exception notable de Tzvetan Todorov qui a présenté plusieurs textes de Tocqueville sur l’Algérie. Cf. De la colonie en Algérie, Complexe, Bruxelles 1988 et, du même auteur, Nous et les Autres, Seuil, Paris, 1989, « Tocqueville », pp. 219-234.

(4) Alexis de Tocqueville, Travail sur l’Algérie, op. cit, p. 699 et 706.

(5) Alexis de Tocqueville, Lettre à John Stuart Mill, 18 mars 1841, in oeuvres complètes, Correspondance anglaise, tome VI, 1, Gallimard, Paris, 1954, p. 335.

(6) Alexis de Tocqueville. Travail sur l’Algérie, op. cit, p. 706.

(7) Idem, p. 752.

(8) Alexis de Tocqueville, « Rapports sur l’Algérie », in œuvres complètes, op. cit, p. 806.

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HOUARI BOUMEDIENE UN INNOVATEUR DE L’HISTOIRE DU NOUVEL ORDRE ECONOMIQUE INTERNATIONAL

« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. » [Martin Luther-King.]

HOUARI BOUMEDIENE UN INNOVATEUR DE L’HISTOIRE DU NOUVEL ORDRE ECONOMIQUE INTERNATIONAL
Houari Boumediene, est un nom et un patrimoine, issus de la révolution armée, il est lié pour beaucoup à la fierté de l’Algérie indépendante et vis versa. Un homme, une figure, une personnalité que les représentants du monde entier sous la coupole de la gardienne de la paix, ont acclamé très fortement tout en étant assis sur leur siège un certain mercredi 10 avril 1974 puis ont continué à l’ovationner tout en se mettant debout devant leur siège pour signifier la grande considération et la déférence à ce grand Homme venu présenter au nom du groupe des 77.

Aucun président dans l’histoire de cette organisation n’a eu ce privilège de respect, d’estime, de reconnaissance et de gratitude. Faut dire que Beaucoup de leaders du tiers monde sont passés par la tribune Onusienne à savoir le 26 septembre 1960, le dirigeant cubain Fidel Castro prononçait sa fameuse phrase « que disparaisse la philosophie du pillage, et la philosophie de la guerre aura disparu » pendant un discours de 4h29mns, le plus long de l’histoire de l’Assemblée générale des Nations Unies, est passé sans aucune acclamation.

Nouvelle politique économique :

Une nouvelle conception des relations internationales par l’instauration d’un nouvel ordre économique qui consiste à la mise en place de structures nouvelles de production ,de distribution et de commercialisation à l’échelle planétaire moins injustes que l’ordre actuel particulièrement pour les pays du tiers monde, cet ordre soit mieux assorti à leurs besoins.

Le tiers monde a été évoqué pour la première fois par Alfred Sauvy en 1952 :« tiers-monde ignoré, exploité, méprisé comme le tiers-état [et qui] veut lui aussi être quelque chose ». Contrairement à ce que beaucoup croient, il ne s’agissait pas de définir un troisième ensemble de nations à côté des deux blocs (capitaliste et communiste ou socialiste) pendant la guerre froide, mais de l’ensemble des pays pauvres, « pays émergents », « pays en développement », « pays les moins avancés » de tous les continents.

Cette nouvelle situation nécessite certainement une révolution pour solutionner tous les problèmes portant sur le droit international, sur les circuits financiers et bancaires, la transmission des investissements, le transfert de technologie…….. C’est toute une nouvelle reforme de la division internationale du travail qui devrait prendre en considération la rentabilité des capitaux engagés par leurs détenteurs face aux besoins divers des pays en voie de développement.

Houari Boumediene avait présenté du haut de la tribune de l’ONU, devant une Assemblée générale extraordinaire très attentive, la nouvelle conception du « nouvel ordre économique international » ou il dira afin d’ « amorcer concrètement le règlement du problème fondamental qui nous préoccupe », celui du développement. Houari Boumediene demande qu’il soit entrepris en suivant les présentes actions :

1- L’appropriation par les pays en voie de développement de leurs propres ressources naturelles, c’est-à-dire la nationalisation de leur exploitation et la fixation de leur prix.

2- La mise en valeur de toutes les potentialités agricoles et la mise en œuvre d’une industrialisation en profondeur s’appuyant sur la transformation sur place des ressources naturelles de chaque pays.

3- L’apport, en moyens financiers, technologiques et commerciaux des pays développés dits riches en faveur des pays en voie de développement.

4- l’allégement ou suppression du fardeau de la dette qui « enfonce » les pays plus pauvres;

5- un programme spécial pour aider les plus démunis parmi les pays pauvres.

Pour l’Algérie, la nationalisation était considérée comme une exigence fondamentale du développement ; elle représentait en soit un acte de développement, cela permet de créer les conditions d’acquisition de la gestion.

H. Boumediene dira :

« Alors, l’incantation pour le développement se mue en une exigence de développement, puis en actes pour le développement. »

Cette nationalisation devrait assurer le décollage économique par les nouveaux investissements.

La nationalisation : condition du développement

H. Boumediene avait profité pour utiliser la présidence des non-alignés comme moyen pour mener à bien sa politique. Il va agir tous azimuts et hypothéqué les espaces lui permettant de défendre ses points de vues. Des pionniers ont été investis pour mener la politique de H. Boumediene à savoir :

-M.Belaid Abdessalem ministre de l’industrie et de l’Énergie, pionnier des industries industrialisantes.

-M. Smaïl Mahroug le ministre des finances placés président du groupe des « 24 » au sein du Fonds monétaire international.

-M. Lamine Khène devenir président exécutif de l’Organisation des nations unies pour le développement industriel (ONUDI), après avoir été secrétaire général de l’OPEP .

-M. Mohamed Sahnoun, représentant l’Algérie aux Nations unies, assure la liaison entre l’O.U.A. et la Ligue arabe.

– M. Layachi Yaker, ministre du commerce, devenir ambassadeur pour s’occuper de la conférence de Dakar sur les matières premières, en février 1974.

-M. Abdelaziz Bouteflika, ministre des affaires étrangères, devenu président de la vingt-neuvième Assemblée générale des Nations unies.

L’écart croissant entre le Nord et le Sud

L’Algérie avait nationalisé intelligemment les intérêts étrangers par étapes, sur le front des hydrocarbures un affrontement majeur avec la France avait abouti, le 24 février 1971, à la nationalisation à 51 % des sociétés pétrolières françaises et à 100 % des gisements de gaz par le fameux discours « QARAR NA !»(Nous avons décidé).

Les investissements ont été transférés directement à l’industrie lourde, qui servirait d’effet d’entraînement sur les autres secteurs de l’économie (industries industrialisantes).

Un effort non moindres porté sur l’enseignement et la formation a été gigantesque (multiplication des écoles, lycées, des instituts et universités) ; enfin, des programmes spéciaux pour les régions les plus déshéritées du pays ont été lancés pour aider à réduire les disparités internes. Dans le sillage se sa politique économique H. Boumediene renforce le rapprochement commercial, financier et culturel entre les pays du tiers-monde, entre le monde arabe et enfin avec l’Afrique. Des actions concrètes telles les liaisons routières( transsaharienne), aériennes et maritimes des rencontres se multiplient pour faire participer des hommes d’horizons divers et de sensibilités différentes sur tous les sujets ayant trait à un nouvel ordre international dans tous les domaines : commercial, culturel, cinématographique, juridique, informatique, sportif etc …Alger abritait à l’époque par exemple la Foire internationale d’Alger, Foire panafricaine, Festival de la jeunesse, Rencontre des cinéastes du tiers-monde, quatrième congrès international du gaz liquéfié, première conférence africaine sur l’informatique.

*Si la France était le pays « des droits de l’homme », Alger devenait la « Mecque des révolutionnaires », elle avait abrité le congrès de juristes qui enfantât « la Déclaration universelle des droits des peuples ».

*La politique intérieure qualifiée de volontariste de développement du gouvernement algérien se bute à des problèmes dont l’évaluation nécessitait une intégration globale portant sur les infrastructures, l’exode rural, les difficultés de gestion, la bureaucratisation des sociétés nationales, la crise du logement, le transfert technologiques l’ adaptation des besoins aux possibilités humaines manquait de beaucoup de synchronisme….

Sur le plan extérieur, les résistances des pays industrialisés:

* La première phase des négociations du dialogue Nord-Sud à Paris (de 1975 à juin 1977), est jugée décevante.

* Augmentation de la contribution des pays industrialisés en faveur des plus déshérités.

* Principe de la création d’un fonds de stabilisation des matières premières…!

Les initiatives se multiplient de toutes parts :

* « Tokyo round » sur la libéralisation des échanges en 1978-1979.

* Conférence de New-Delhi sur l’industrialisation en 1980.

* Commission et rapport Brandt, la même année, « sur un programme de survie », conférence des Nations unies sur les pays les moins avancés (P.M.A.) à Paris.

* En septembre 1981, sommet de Cancun quelques semaines plus tard,

Le désordre monétaire international ne fait que s’amplifier, certains pays sont menacés de faillite, la division internationale du travail ne cesse aussi de progresser anarchiquement, mettant même en péril des secteurs économiques de pays occidentaux industrialisés, les Etats-Unis font preuve de résistance, à l’instauration du nouvel ordre économique international.

Plusieurs hommes politiques, de sociologues, d’économistes de divers pays du tiers-monde et du monde industrialisé ont débattu sur le thème : « Développement et rapports internationaux, points de vue du Sud et du Nord » pour formuler un code de conduite

Un Séminaire international organisé par l’Algérie en mai 1982, avec le Centre de recherche économique appliquée d’Alger et le Centre d’études économiques et sociales du tiers-monde de Mexico … en l’absence des Américains du Nord.

Ce séminaire d’Alger avait fait part sur la nécessité de négociations de façon globales pour que le tiers-monde se consolide en un bloc unique surtout sur la tout ce qui se rapporte à la paix, facteur essentiel pour tout développement. La voie du dialogue et de la concertation prônée depuis toujours par l’Algérie et les pays du tiers-monde aboutissent à des résultats décisifs et rapides pour éviter les problèmes d’affrontement majeur qui enverra aux oubliettes de l’histoire toutes les bonnes déclarations d’intention sur l’inégalité de la répartition des richesses à l’échelle mondiale.

Histoire du mouvement des non alignés

1- la conférence de Bandung(1955) En 1955 ( Indonésie) se réunissaient pour la première fois les représentants de vingt-neuf pays africains et asiatiques dont Gamal Abdel Nasser (Égypte), Nehru (Inde), Soekarno (Indonésie) et Zhou Enlai (Chine). Cette conférence se positionne sur la scène internationale en tant que blocs des pays du Tiers monde ( pays non alignés). Le terme « non-aligné » fut préféré à ceux de « neutres » ou « non-engagés. La déclaration de Brioni du 19 juillet 1956, proposée par Gamal Abdel Nasser, Josip Broz Tito, Soekarno et Jawaharlal Nehru, marque l’origine du mouvement, qui vise alors, dans le contexte de la Guerre froide, à se protéger de l’influence des États-Unis et de l’URSS qui cherchaient à rallier le monde à leur cause (idée de bipolarisation : les deux grands qui gouvernent le monde).

C’était l’Acte de naissance politique de la conception de l’idée du nouvel ordre politique et économique international. Elle avait préconisé plusieurs mesures entre autre :

* l’établissement d’un fonds des Nations unies pour le développement économique.

*L’encouragement à la création de banques et de compagnies d’assurances nationales et régionales.

*la stabilisation du commerce international, etc.

Tous se mouvaient dans le sillage économique, commercial et financier de la puissance colonisatrice.

*réorientation de l’ordre régnant visaient d’abord à développer la coopération entre les pays d’Asie et d’Afrique, bien loin, à l’époque, d’avoir tous accédé à l’indépendance politique.

2-la première conférence au sommet des pays non alignés à Belgrade : la résolution finale de cette conférence soulève des remèdes pour un nouvel équilibre sur les problèmes portant sur la guerre froide et la paix dans ce monde. Ainsi de s’efforcer de pallier au déséquilibre économique incombé du colonialisme. Cette résolution :

* Jugent utile de combler le déséquilibre par un développement économique, industriel et agricole, pour diminuer l’écart pays pauvres et pays riches

*Recommandent la création dans le cadre des Nations unies, d’un fonds d’équipement .

*Décident : d’un équilibrage plus équitable des termes de l’échange.

*Exigent : un transfert technologique dans tous les domaines pour plus de justice sociale.

3-Le deuxième sommet se tient au Caire en octobre 1964

Nasser-Nehru-Tito parlent d’un neutralisme positif du mouvement devant l’antagonisme Est- Ouest pour aboutir à un monde plus juste. Nasser dira :

« Nous ne voulons pas que la division du monde en un bloc occidental et un bloc oriental prenne fin pour que d’autres blocs plus grands et plus dangereux surgissent à leur place : un bloc de pauvres et un bloc de riches, un bloc de développés et un bloc de sous-développés, un bloc septentrional, qui a droit à la prospérité, et un bloc méridional, qui n’a pour tout lot que la privation, un bloc de Blancs et un bloc d’hommes de couleur » ( la Vision nassérienne, de P. Balta et C. Rulleau Sindbad, Paris 1982 p. 251)

Un slogan !. « Pauvres dans le monde, unissez-vous »

Les trois grands se rendent compte que l’unité politique ne peut pas émerger ou se consolider à partir de l unité dans la misère car l’idiologie peut faire éclater toute unité.

Le développement est pris en charge par la CNUCED en 1964 via un programme visant à la revalorisation des matières premières et à l’augmentation des échanges commerciaux tiers-mondistes. Progressivement l’un des meilleurs théoriciens et le héraut du N.O.E.I. qui doit remplacer « l’ordre international de la misère » Mohammed Bedjaoui, ambassadeur d’Algérie à Paris, aujourd’hui juge à la Cour internationale de La Haye, auteur de Pour un nouvel ordre économique international, Paris, UNESCO, 1979, 298 pages.

La CNUCED prendra fin en 1980 car le mode interventionnisme économique est substitué par un nouveau mode économique le libéralisme

4-au troisième sommet des non-alignés à Lusaka, en septembre 1970 il est passé inaperçu.

5-le quatrième sommet des non-alignés : accueillir en septembre 1973à Alger, avait pour but de la nécessité de resserrer les rangs entre les « damnés de la Terre » et entend faire de ce forum un tremplin pour parvenir à l’amélioration de leur sort un nouveau slogan :

« Pauvres dans le monde, unissez-vous » ;

Un tournant du mouvement sera pris, sous l’impulsion algérienne, le contenu économique prévaudra sur les considérations idéologiques.

La conférence décide de demander la convocation d’une Assemblée générale extraordinaire des Nations unies pour examiner, comme l’avait annoncé H. Boumediene dans son discours de clôture, les problèmes du développement :

« À la lumière de l’échec, d’ores et déjà évident, de la stratégie internationale pour le développement lancée dans le cadre de la deuxième décennie du développement »

Dans un tres cout moment éclata la guerre d’octobre 73(Israël et pays arabes), les États membres de l’OPEP tentent de faire valoir tester la force de l’arme du pétrole face à un Occident arrogant.

Pour l’Algérie c’était l’occasion de consolider la cohésion de l’organisation et aussi de couper court les pays exportateurs de pétrole les plus riches avec pays industrialisés. Elle plaide aussi pour que l’organisation vienne en aide aux pays les plus défavorisés H. Boumediene dira au premier sommet de l’OPEP (mars 1975

« Notre effort en faveur des autres pays du tiers-monde doit continuer dans le cadre de la solidarité qui nous lie à eux (…) :

1) dons d’urgence aux pays les plus gravement touchés par la crise économique ;

2) Octroi à ces mêmes pays de crédits spéciaux pour leur permettre de régler leurs achats de pétrole (…) ;

3) Octroi par les pays exportateurs de pétrole de crédits spéciaux affectés au développement des pays du tiers-monde (…) ;

4) Soutien des opérations destinées à maintenir les prix des matières premières des pays du tiers-monde à un niveau équitable dans les cas où (…) des pays industrialisés tenteraient de provoquer une chute de ces prix. ».

Les différents sommets des non alignés :

Congrès Date Lieu

I

1-6 septembre 1961

Belgrade (Yougoslavie)

II

5-10 octobre 1964

Le Caire (Égypte)

III

8-10 septembre 1970

Lusaka (Zambie)

IV

5-9 septembre 1973

Alger (Algérie)

V

16-19 aout 1976

Colombo (Sri Lanka)

VI

3-9 septembre 1979

La Havane (Cuba) « l’indépendance nationale, la souveraineté, l’intégrité

VII

7-12 mars 1983

New Delhi (Inde)

VIII

1-6 septembre 1986

Harare (Zimbabwe)

IX

4-7 septembre 1989

Belgrade (Yougoslavie)

X

1-7 septembre 1992

Jakarta (Indonésie)

XI

18-20 octobre 1995

Cartagena de Indias (Colombie)

XII

2-3 septembre 1998

Durban (Afrique du Sud)

XIII

20-25 février 2003

Kuala Lumpur (Malaisie)

XIV 5

11-16 septembre 2006

La Havane (Cuba)

XV

11-16 juillet 2009

Charm el-Cheikh (Égypte)

XVI

26-31 août 2012

Téhéran (Iran)

XVII

13-18 septembre 2016

Porlamar (Venezuela)

Conclusion :

C’est un scenario pour des actions durables que H. Boumediene avait projeté de faire à travers l’organisation des non- alignés, il voulait entamé un dialogue avec des acteurs culturels qui font de la politique pour retrouver une nouvelle harmonie au niveau des échanges internationaux via une transition abordée par son aspect technique de façon a ce que chacun d’entre nous puisse se retrouver sinon la course se poursuivra par le libéralisme et les ultralibéralismes qui mettrons leur emprise par un contrôle des biens et services afin de monopoliser leur appartenance j’espère que Kissinger l’avait résumé dans ses citation suivante

Celui qui contrôle les réserves de nourritures contrôle les personnes.

Celui qui contrôle l’énergie peut contrôler les continents.

Celui qui contrôle l’argent contrôle le monde.

H. Boumediene avait une passion et un souci réel de parvenir à un partage et à une redistribution plus équitable des richesses. La force de l’union était minée par des idiologies différentes et contradictoires vis-à-vis les pays du tiers monde ; il ya aussi ce déséquilibre des rapports de force, commandé par les économies dominantes, ne permettait pas aux pays du tiers monde de se faire entendre.

* D’abord la crise du dollar et l’effondrement de l’ordre monétaire international établi à Bretton Woods ont porté au grand jour l’apparition de nouveaux rapports économiques dans le monde occidental.

* Les difficultés chroniques d’approvisionnement des ressources indispensables (l’énergie).

* La « crise » pétrolière a projeté sur l’avant de la scène des relations internationales des pays certes différents les uns des autres mais qui avaient ceci de commun entre eux, en plus de leur sous-développement.

* le fait de ne pas être pris « au sérieux » par le monde occidental.

*Le pétrole a quelque peu réveillé les esprits dans la mesure où l’évolution du prix du brut, a supprimé un des leviers de la croissance industrielle, à savoir l’énergie à bon marché

* l’évolution historique qui conduit de « l’Ordre ancien » conçu par les pays à économie de marché, à un « Ordre nouveau » conçu par les PVD, un ordre à leur mesure, fondé sur la contestation et la revendication de l’équité et de la pleine maîtrise de leurs potentialités nationales.

Les événements auxquels nous nous sommes référés plus haut ont servi plutôt de catalyseur à un mouvement qui se préparait de longue date pour une telle revendication.

*Le dialogue engagé au sein de l’ONU avait pour but, aux yeux des pays du Tiers Monde, de faire entériner leurs revendications fondées sur une plus grande équité par l’ensemble de la communauté internationale.

Mais en vain la mondialisation issue de la conception du système ultra libéral à fausser la donne et on se retrouve avec une mondialisation de- mondialisée ou seul la force et le poids de l’économie peuvent imposer leurs conceptions la chine a très bien compris l’essence du probleme.

BENALLAL MOHAMED /ANCIEN CADRE

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La fuite de la sainte famille en Egypte est-elle un mythe ?

Plus grands que les pyramides d’Egypte sont les mythes et les mauvaises conceptions au sujet de cette ancienne terre

La fuite de la sainte famille en Egypte est-elle un mythe ?
Beaucoup des histoires bibliques ont été faussement et coercitivement associées à l’histoire et la terre de l’Egypte ancienne, comme l’histoire des patriarches israélites, Abraham et Joseph et bien sûr, la célèbre histoire de l’Exode, alias l’histoire du Pharaon et de Moïse.

Une des histoires bibliques les plus connues qui fut également liée de manière mensongère à l’Egypte antique fut celle de “la fuite de la sainte famille en Egypte”. Aussi loin que je sache, il n’y a eu qu’une seule sainte famille avec laquelle l’Egypte antique fut familière, celle du roi Osiris (le dieu assassiné qui ressucita d’entre les morts), mère Isis (l’épouse fidèle qui fut mise enceinte par l’esprit saint d’Osiris) et leur fils Horus, le fils de dieu (vivant).

Alors qu’on nous a fait croire que le dieu des Israélites protégeait Moïse et son peuple alors qu’ils sortaient d’Egypte, on se s’attendait donc pas à ce que ce dieu une fois de plus, envoie ses anges pour protéger l’enfant Jésus et sa mère durant leur voyage à travers l’Egypte.

Mais cette perception commune ne peut pas être plus loin de la vérité, car ni l’histoire de l’Exode, ni celle de la fuite de la sainte famille ne se sont produites en terre d’Egypte. Ces deux contes bibliques sont simplement des mythes qui ont été propagés par les autorités falsificatrices rabbiniques et christologiques.

Le conte populaire de l’évènement de la sainte famille cherchant refuge en Egypte est une de celles dont l’église copte (égyptienne) est particulièrement fière. Les premiers monastères et églises égyptiens furent de fait érigés dans les endroits visités par la sainte famille, selon les dires, lors de son voyage prédestiné en Egypte. La route supposée empruntée par la maman et l’enfant Jésus lors de leur voyage alla des terrains rugueux et escarpés du Sinaï jusqu’au-delà du Nil où ils arrivèrent au Mont Qussqam, environ 325km au sud du Caire, en passant par le delta du fleuve.

Le monastère d’Al-Muharraq se niche au pied de la partie occidentale de la montagne. Il fut construit dans la zone où il fut dit que la sainte famille demeura pendant plus de 6 mois. Leur temps sur place fut passé essentiellement dans une grotte qui devint dans l’ère chrétienne copte, l’autel de l’église de la vierge Marie, construite au bout de l’aile ouest du monastère. L’autel de pierre est devenu un lieu de pélerinage chrétien car il fut dit que l’enfant Jésus l’utilisa pour se reposer pendant les mois qu’il passa dans la grotte.

L’histoire du Christ, la fuite de l’enfant de Bethléem avec sa famille à destination de l’Egypte et l’éventuel retour du Christ de son sanctuaire égyptien n’est pas un évènement historique vérifiable (NdT: comme toute l’affaire du Christ du reste…) mais plutôt toute cette histoire fut construite sur une base mythique, ou sur ce que les érudits bibliques voudraient définir comme une prophétie.

Pour être encore plus spécifique, cette histoire fut concoctée comme une interprétation déformée de ce célèbre verset de la bible hébraïque: “Je rappelle mon fils d’Egypte” (Hosea 11:1)

La raison pour laquelle nous la qualifions d’interprétation déviée est parce que dans le verset de la bible, il n’y a aucune spécification sur qui était ce fils de dieu. En même temps qu’Hosea, bon nombre furent appelés fils de dieu. Même des rois et empereurs reçurent cette sainte qualification. Nous savons par exemple, que les rois assyriens et égyptiens étaient référés en tant que “fils de dieu”. Comme nous l’avons mentionné plus tôt, Horus était un fils de dieu.

Si nous jugions sur un critère typologique auquel les écritures bibliques ont notoirement adhéré dans leurs narratifs, nous devrions penser à Moïse comme étant le personnage du “mon fils” dans ce verset de la bible. Mais il y a un inconvénient dans cette vague prophétie… Dans sa version originale hébreue, le texte ne dit rien de l’Egypte ; en fait, il est plutôt dit ceci: “De Mizraïm vient mon Fils”. Ironiquement, au temps de l’écriture du livre d’Hosea, vers le VIIIème siècle AEC, la terre d’Egypte n’était pas appelée “Mizraïm”.

L’Egypte antique était connue sous le nom de “Copte/Gopte”, qui fut plus tard prononcé en langue grecque “Aegyptus”. Mizraïm était un ancien terme arabe pour désigner n’importe quelle zone urbaine. En ce sens, toute ville majeure de l’ancien proche-orient comme Damas, Tyre et Palmyre étaient appelées “Mizraïm” par les nomades des antiques Arabie et Yémen.

D’une certaine manière, ceci devrait attirer notre attention sur l’origine arabe des Israélites et de leurs lois mosaïques, comme nous l’avons détaillé dans notre livre “Egypt Knew No Pharaohs Nor Israelites”. Contrairement à ce que les masses ont été contraintes de croire tout au long de ces siècles de falsification et de mensonges, toutes les anciennes histoires des Israélites se sont passées dans le Yémen antique et non pas en Palestine. Ceci, bien évidememnt, si tant est qu’elles soient des histoires vraies. Le nom de “Hosea/Hoshea” est autant arabe qu’”Ismaïl” et “Hussein”, tout autant que ses histoires, prophéties et son livre.

La vague prophétie du “d’Egypte vient mon fils” fut plus tard très intelligememnt exploitée par l’église catholique romaine dans ses évangiles (en grec). Seule l’évangile de Mathieu utilise cette vieille prophétie biblique. Employant la même technique littérale de la typologie, Mathieu (ou qui que ce soit qui utilisa ce nom comme couverture) a tissé un drame complètement différent pour l’enfant Jésus et sa mère et ce dès la vieille histoire de Moïse.

Comme la libération de Moïse et de ses Israélites ne s’est produite qu’alors qu’ils quittaient l’Egypte, la même chose (parallèle typologique) se doit de se produire dans l’histoire de Jésus Christ. Juste comme le pharaon d’Egypte ordonna le meurtre de tout enfant premier-né israélite, Mathieu a dû rendre Hérode responsable d’un même ordre ainsi cela servirait d’impératif narratif dramatique pour leur fuite en Egypte.

“… Voyez, un ange de dieu est apparu en rêve à Joseph et lui dit: ‘Lève-toi, prends le jeune enfant et sa mère, fuit vers l’Egypte et restez-y jusqu’à ce que je t’envoie un message ; car Hérode va rechercher le jeune enfant pour Le détruire.” (Mathieu 2:13)

Un schéma de typologie rabbinique ancien était ici à l’œuvre. La typologie en théologie chrétienne et en exégèse biblique est une doctrine ou une technique littérale qui relie (fictivement) l’Ancien Testament au Nouveau Testament. Des évènements, personnes ou prophéties de l’Ancien Testament sont vus comme des préfigurations typiques ou sont surclassés par des anti-types, évènements ou aspects du Christ ou de sa révélation décrits dans le Nouveau Testament.

C’est comme un jeu de mots dans lequel les scribes bibliques ont dupliqué/copié un ancien conte miraculeux. Dans le processus, ils ont fini par créer des parallèles dramatiques et géographiques à une vieille histoire de la bible qui rendront leur nouvelle histoire sacrée aux yeux des masses inéduquées. Le but final de ce truc typologique est de créer l’illusion d’une prophétie qui dit vrai et se réalise.

La fuite en Egypte est un évènement biblique décrit dans les évangiles de Mathieu (Mathieu 2:13-23), dans lequel Joseph s’est enfui en Egypte avec Marie et l’enfant Jésus après une visite magique, car ils ont été mis au courant donc que le roi Hérode avait l’intention de tuer les enfants de cette zone.

L’évangile de Luc ne mentionne pas cet évènement, narrant plutôt que la sainte famille alla au temple de Jérusalem, et de là directement à Nazareth. Certains critiques en tirent ainsi la conclusion que la naissance et la jeunesse de l’enfant Jésus selon Luc et Mathieu sont toutes deux des fabrications. Ce thème qu’on retrouve dans l’évangile de Mathieu est très semblable à celui de Moïse pour une audience judaïque et la fuite en Egypte illustre juste ce thème typologique et mensonger.

Dans leur fuite de la fureur du roi Hérode, la sainte famille, de manière compréhensible, devait éviter les routes fortement empruntées, elles ont donc suivi des chemins inconnus et on a dit qu’ils furent guidés par les anges de dieu. Leur route fut choisie pour eux, jour après jour, par des vallées cachées et des plateaux non répertoriés, dans les vastes étendues désertiques du Sinaï. Comme Moïse et son peuple israélite, Marie et l’enfant Jésus ont dû errer pendant un bon moment dans les étendues sauvages du Sinaï. Le vieux scenario de l’Exode devait servir de storyboard pour la nouvelle histoire de la fuite en Egypte.

Ainsi. doit-on se demander ce qui fut la source de notre information sur la description complète du voyage de la sainte famille en Egypte ? Les voies tortueuses empruntées par celle-ci à travers le Sinaï et leurs voyages subséquents en Egypte furent narrés par le pape Théophile, 23ème patriarche d’Alexandrie (384-412 de notre ère). Il mentiona dans ses annales tant célébrées, qu’au soir du 6 novembre, après une longue et humble prière, la Vierge Marie lui est apparue. Celle-ci lui relata dans les détails le voyage de la sainte famille en Egypte et lui donna pour instruction d’enregistrer par écrit ce qu’il avait vu et entendu.

Voilà, la messe était donc dite : toute cette histoire de “la fuite en Egypte de la sainte famille” n’est en fait rien d’autre qu’un “rêve” et parce que ce fut le rêve du pape Théophile, les masses naïves et fidèles l’acceptèrent simplement comme une réalité, pour un autre miracle divin qui devait une fois de plus se dérouler en Egypte.

Mais, là encore, qui est ce pape Théophile qui a donc eu toute la confiance de la vierge Marie au point tel qu’elle s’est révélée à lui dans un des ses rêves bénis ? Théophile était le pape d’Alexandrie et le patriarche du saint siège de St Marc de l’église copte d’Alexandrie juste au tournant du IVème siècle de notre ère. Il devint pape dans une période de conflit entre les nouvellement dominants chrétiens et l’ancien establishmeent religieux égyptien à Alexandrie, chaque section étant soutenue par un segment de la population d’Alexandrie. Ce fut durant sa papauté, suivie de celle de son neveu, le tristement célèbre pape Cyrille, que la persécution des fervents des anciennes croyances et traditions égyptiennes, devint violente et sans pitié.

Les anciens temples égyptiens furent profanés, fermés ou brûlés. Les Egyptiens furent interdits de maintenir leurs anciens rites et on leur refusa toute autorisation d’entrée dans leurs temples et sanctuaires partout en Egypte et spécifiquement à Alexandrie. Le “Serapeum”, le dernier sanctuaire qui survécut de l’ancienne bibliothèque d’Alexandrie fut détruit et brûlé, car l’éclise copte voulait être la seule source de connaissance et d’autorité pour la nouvelle Egypte chrétienne.

Edward Gibbon a décrit le pape Théophile comme “…l’ennemi perpétuel de la paix et de la vertu, un méchant homme austère, dont les mains furent alternativement polluées par l’or et par le sang.”

Note de Résistance 71: Edward Gibbon, historien anglais (1737-1794), connu pour son œuvre phare: “L’histoire du déclin et de la chute de l’empire romain” (1776), grand critique des églises et de la religion organisée bien que converti au catholicisme. A enseigné à Oxford.

Les parchemins et les livres qui gravèrent la connaissance et la sagesse anciennes de l’humanité furent étiquetés (par Théophile et son neveu Cyrille), crasse et hérésie païennes ne méritant qu’à être livrées aux flammes. Après le départ de Théophile, l’intolérance et la violence religieuses à Alexandrie monta vers de nouveaux sommets sous la papauté de son neveu Cyrille.

Il conserva sa politique de tensions sectaires outrageantes qui menèrent au meurtre de la philosophe héléniste Hypatie par une foule de chrétiens fanatiques. Hypatie était une des dernières érudites de l’ancienne bibliothèque d’Alexandrie. Elle enseignait la philosophie, les mathématiques, la physique et l’astronomie dans la ville ancienne d’Alexandrie (NdT: d’où l’auteur Ashraf Ezzat est originaire et dont il connaît très bien l’histoire…), Hypatie fut kidnappée, dévêtue, mutilée en association et brûlée vive dans une église. La nouvelle de l’assassinat d’Hypatie provoqua une énorme critique et dénonciation de Cyrille qui ne voyait en la grande philosophe qu’une sorcière païenne.

L’assassinat brutal d’Hypatie a d’une certain façon, marqué la fin de l’ancien monde de la connaissance et de la sagesse. Alors que les masses naïves croyaient dans le rêve de Théophile sur la “vierge Marie”, l’aube de l’âge de l’obscurantisme se profilait à l’horizon. Une nouvelle ère naissait du narratif mensonger biblique au sujet de l’Egypte antique, une nouvelle ère obscurantiste, faite de dogmes intolérants, de faux prophètes et de fausses prophéties.

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

A lire: notre dossier sur les falsifications des écrits bibliques et leur origine (Dr. Ashraf Ezzat)

https://resistance71.wordpress.com/ashraf-ezzat-et-la-falsification-de-la-traduction-de-la-bible/

url de l’article original:

https://ashraf62.wordpress.com/2017/02/12/holy-familys-flight-into-egypt-is-myth/

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L’extrême droite monte, mais ne perdez pas espoir : la résistance populaire aussi

Les victoires du Brexit et de Trump sont révélatrices de la vague de l’extrême droite qui déferle à travers l’Europe et les États-Unis, mais elles ont également déclenché une force puissante prête à la repousser

L’extrême droite monte, mais ne perdez pas espoir : la résistance populaire aussi
Les contradictions et la polarisation qui se manifestent de manière frappante aujourd’hui ne sont ni récentes ni superficielles, mais profondément enracinées dans deux tendances opposées au sein de l’histoire intellectuelle et politique occidentale. Celles-ci se disputent depuis longtemps les cœurs et les esprits des hommes et des femmes en Europe et de l’autre côté de l’Atlantique.

La tendance menée par Trump et les partis populistes d’extrême droite en pleine renaissance puise ses origines dans une conception fermée de l’identité nationale obsédée par les notions mythiques de pureté raciale et culturelle.

Celle-ci s’est manifestée de nombreuses manières dans l’histoire de l’Europe moderne, de l’expansionnisme militaire effréné des XVIIIe et XIXe siècles et de ses slogans pompeux visant à « exporter la civilisation aux arriérés », au nazisme et à sa croyance frénétique en la supériorité de la race aryenne, ou au fascisme et à son nationalisme radical autoritaire, propulsés au premier plan dans l’Europe du début du XXe siècle.

Toutefois, parallèlement à ce courant d’exclusion raciste et en opposition directe avec celui-ci, une autre tendance s’est développée dans les sociétés occidentales. Ses origines remontent à la tradition des Lumières : les valeurs d’égalité, de liberté et d’humanité et les idéaux de pluralisme et de coexistence dans le cadre de ce que le philosophe anglo-autrichien Karl Popper appelle la « société ouverte ».

Bien entendu, ces deux grands courants au sein du patrimoine intellectuel européen n’ont pas toujours été complètement séparés. Les aspects de l’un se sont souvent infiltrés dans l’autre, aboutissant à un mélange étrange d’idéaux humanitaires émancipateurs et de notions arrogantes et agressives de supériorité culturelle.

La représentation la plus claire de cet étrange hybride réside dans la laïcité radicale française, notamment dans sa relation avec l’autre musulman, comme par exemple lors du débat sur le « burkini » ou sur le port du voile islamique dans l’espace public.

La résurgence de l’extrême droite

La défaite du nazisme et du fascisme après la Seconde Guerre mondiale a permis aux tendances socialistes et libérales issues de la tradition des Lumières de dompter la droite et de freiner les tendances nativistes et autoritaires égoïstes qui lui sont inhérentes. Elles y sont parvenues par le biais de partis politiques forts et d’un cercle d’institutions actives au sein de la société civile qui ont agi en tant que gardiennes des modèles socialistes et libéraux.

Cela a permis aux minorités ethniques et religieuses et aux groupes de protestation, y compris au-delà du courant dominant, de s’implanter dans des sociétés occidentales pluralistes et inclusives, à quelques exceptions près, par exemple l’ère anticommuniste de McCarthy pendant la guerre froide.

Dans ses différentes nuances et tonalités, la droite a été la plus grande bénéficiaire du climat actuel de peur : peur du terrorisme, peur de l’islam, peur de l’immigration, peur des étrangers, peur de la récession économique et de la perte de moyens de subsistance.

Le monde de tension, d’insécurité et de suspicion post-11 septembre a créé l’environnement idéal pour la résurrection et l’épanouissement de la droite dans toutes ses différentes manifestations, de sa version traditionnelle à sa version extrême, en brouillant souvent les frontières entre les deux.

La dernière vague de xénophobie et de nativisme se nourrit d’un cocktail d’angoisses et d’insécurité, alimenté d’une part par les crises économiques, le terrorisme et le sentiment de perte d’identité résultant de la mondialisation, de la communication de masse et de l’immigration, et d’autre part par la réalité créée par le chevauchement des frontières, des nationalités et des races.

La montée du Brexit, de Trump et de l’extrême droite, avec leurs slogans isolationnistes tels que « L’Amérique d’abord », « La Grande-Bretagne d’abord » ou « La France d’abord », sont des symptômes de ce grand malaise occidental.

Ici, nous sommes confrontés à un paradoxe étonnant : plus notre monde se fait vaste, diversifié et interconnecté sur le plan culturel et économique, plus il semble devenir étroit, fermé et fanatique.

L’islamophobie : la haine sous un nouveau jour

Les deux dernières décennies ont vu émerger un nouveau type de haine, où la religion et la culture interfèrent avec la race et l’ethnicité. Le climat engendré par la guerre contre le terrorisme a permis à l’extrême droite de réorienter son poison de l’exclusion de minorités raciales spécifiques à des minorités religio-raciales spécifiques : des Noirs et des Asiatiques aux Noirs et aux Asiatiques musulmans.

L’extrême-droite a ainsi pu remobiliser et réorienter son énergie terrifiante d’exclusion contre les musulmans. Son racisme et son antisémitisme endémiques ont été présentés sous un nouveau jour, sous la forme de l’islamophobie, la dernière espèce légitime restante de haine des « étrangers ».

Au cœur de ces politiques de peur et de diabolisation, le problème musulman est devenu un substitut au problème juif. Les musulmans se sont transformés en un objet légitime du discours raciste qui avait ciblé par le passé les Juifs et les Noirs.

Sous l’effet des horreurs de l’Holocauste, ces préjugés ont de plus en plus été poussés dans l’ombre. L’énergie de la haine a été réactivée contre l’« autre » musulman sous le prétexte de la promotion de la sécurité nationale et de la lutte contre le terrorisme et l’islamo-fascisme.

Un mouvement de résistance

Toutefois, si l’essor de la politique et du discours d’extrême droite est aujourd’hui une réalité incontestable, c’est également le cas des courants progressistes enracinés dans la morale kantienne et son attachement aux valeurs d’égalité, de tolérance et de liberté.

Énergisés par les victoires électorales du Brexit et de Trump, ces derniers ont été revigorés, incités à agir, forcés à mobiliser leurs rangs, à se réorganiser et à chercher à construire des alliances transversales autour de la nécessité de protéger la société contre l’autoritarisme et la xénophobie.

Le décret de Trump interdisant l’immigration en provenance de sept pays majoritairement musulmans a fait face à d’énormes protestations de défiance dans des aéroports à travers les États-Unis, à des actions en justice de plus en plus nombreuses et même à des insurrections parmi les responsables du gouvernement. Un câble dissident du département d’État des États-Unis, soutenant que l’interdiction ne rendrait pas la nation plus sûre, a circulé à la vitesse d’une vidéo virale sur les réseaux sociaux et attiré environ 1 000 signatures en quelques heures.

Les dons versés à des groupes humanitaires et de défense des droits de l’homme, comme l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), ont grimpé en flèche. Le samedi 4 février, première journée complète de l’interdiction de l’immigration, l’ACLU a recueilli plus de 24 millions de dollars de dons en ligne, soit près de sept fois plus que le montant récolté en ligne tout au long de l’année 2015. Les dons ont été versés par au moins 356 306 donateurs individuels, dont les deux tiers effectuaient leur premier don.

Ironie du sort, la politique et le discours de Trump, destinés à diaboliser, stigmatiser et isoler la communauté musulmane et à capitaliser ainsi sur une peur et une haine fabriquées de toutes pièces, semblent faire tout le contraire. Elle éveille les consciences face à la réalité pernicieuse de la montée de l’islamophobie et des graves dangers qu’elle représente non seulement pour les musulmans, mais aussi pour la société dans son ensemble ainsi que pour les droits fondamentaux et l’essence même des libertés.

Aux yeux de millions de musulmans, ce mouvement de résistance grandissant – qui a touché tous les échelons de la société américaine, des juges qui ont bloqué l’interdiction visant des pays musulmans aux avocats stationnés dans les aéroports pour défendre les détenus, en passant par les employés fédéraux chargés de mettre en œuvre le décret et aux chauffeurs de taxi en grève – a dévoilé une autre Amérique, différente de celle de Trump et de son administration suprémaciste blanche.

Ainsi, alors que Trump alimente les flammes pernicieuses de la haine et de l’extrémisme, agissant tel un sergent recruteur en chef du terrorisme, ces hommes et femmes consciencieux aident à éteindre les incendies qui font rage. Ils font ressortir la face la plus noble et la plus humaine de la société américaine, associée aux grands idéaux de tolérance, d’ouverture et d’inclusion, et voilent le visage laid du sectarisme et de l’égoïsme incarné par Trump et sa cabale.

– Soumaya Ghannouchi est une écrivaine britanno-tunisienne spécialisée en politique du Moyen-Orient. Vous pouvez la suivre sur Twitter : @SMGhannoushi

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Photo : manifestation sur le National Mall, à Washington, D.C., à l’occasion de la Marche des femmes, le 21 janvier 2017 (AFP).

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

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Le site de Tirynthe à l’Helladique récent III

Bliographie repère TREUIL R, DARCQUE P, POURSAT J-C, TOUCHAIS G,

Le site de Tirynthe à l'Helladique récent III
Elle a été appelée du nom du premier site à avoir été fouillé en 1874.En 1953, le déchiffrement de l’écriture mycénienne linéaire B a permis de comprendre cette civilisation. Son apogée a eu lieu à l’Helladique Récent III B (1300-1200). (HOLTZMANN B). La datation relative de ces sites a été établie par la comparaison avec la civilisation historique égyptienne.
Les grecs se sont inspirés de leurs prédécesseurs, les Crétois. Ils ont adopté le système de construction par cloisonnage, les fresques et les colonnes. La résidence mycénienne est non pas un « Palais » mais un château-fort. Ils sont fermés par des murailles. Elles servent à s’isoler du monde extérieur. Elles sont faîtes en bloc de pierre gigantesques, qualifiés de « cyclopéen ». Ces Château-fort sont régis par une aristocratie guerrière de langue grecque. Ils forment des capitales de petits royaumes indépendants. Pour citer Jean Delmas, « L’homme a toujours éprouvé le besoin de dresser un obstacle entre lui et une quelconque menace : les sociétés primitives se réfugient derrière un fossé, des abattis, des pieux fichés en terre. L’obstacle est alors passif ; pour être efficace, il doit être renforcé par une défense active, mais protégée. Fortifier, c’est combiner l’obstacle et le couvert que réclament les défenseurs.»
L’Empire mycénien a duré de 1400 à 1200 environ. A l’Helladique moyen (2000-1550), le continent grec était une région isolée. Vers 1600, une reprise des contacts avec la Crète s’amorce. La culture mycénienne s’épanouit vers 1550. Après la conquête de Cnossos en 1450, ce sont les modes du continent qui exercent une influence sur l’art de Cnossos. A partir de 1400, les Mycéniens ont des contacts avec la Méditerranée orientale, la Macédoine, la Thrace, l’Asie Mineure, Chypre, la Syrie, la Palestine et l’Egypte. On suppose que l’art de mycénien est l’œuvre d’artisans crétois installés en Grèce continentale. (HIGGINGS, 1995)
I. Situation géographique
Les reliefs montagneux façonnent le territoire grec. Ils occupent plus des deux tiers du pays. Ils sont une ressource en eau. L’eau est puisée et stockée dans des citernes ; Les sommets ne dépassent trois mille mètres. Ce sont des massifs calcaires. Ils sont karstiques, marqués par des dépressions karstiques. La mer n’est jamais à plus de cent kilomètres. La terre, émergée puis érodée, est constituée de roches cristallines et de minerais précieux. Les plaines couvrent le tiers restant du territoire. Elles sont marécageuses, ce qui les rend hostiles à l’implantation humaine. Les plaines sont le domaine de l’olivier, du mûrier, des arbres fruitiers et de la vigne. Les massifs sont couverts de maquis, d’arbustes épineux et de forêts de conifères et de chênes verts. (Collectif, Guide du routard, 2013).
La civilisation mycénienne est présente sur la côte de la Grèce continentale, en Argolide. Les trois cités principales sont Argos, Mycènes et Tirynthe. Elles sont distantes d’une vingtaine de kilomètres l’une de l’autre. Tirynthe se situe au Sud d’Argos, sur le golfe d’Argos à quelques kilomètres au Nord de Nauplie.
II. Contexte historique
En 1870 les français et les allemands sont rivaux. En 1874, les allemands créent l’Institut archéologique allemande d’Athènes. Ils ouvrent le chantier d’Olympie. Au même moment, les études philologiques sur la question homérique, se développement en Allemagne. En 1873, les français débutent la fouille de Délos. (DARCQUE P, 2015, p16).
Henri Schliemann est le premier à avoir fouillé le site de Mycènes. En 1884, il découvrit les ruines de Tirynthe. Il était persuadé que les poèmes d’Homère décrivaient une réalité historique. Selon la légende, le roi légendaire de Tirynthe, Proitos, avait fait venir sept cyclopes pour construire les murs en appareil cyclopéen. De 1876 à 1885, Heinrich Schliemann et Wilhelm Dörpfeld menèrent les fouilles. Entre 1905 et 1929, les fouilles ont été effectuées sous la direction de Wilhelm Dörpfeld, Kurt Müller et Georg Karo. Depuis 1976, elles ont été reprises par des archéologues Allemands. Il y a eu K. Kilian, jusqu’en 1986 puis J.Maran à partir de 1997. Il a été accusé de vol dans les années 1870, et de s’être trompé dans des datations, Il a néanmoins permis de découvrir la civilisation de mycénienne. Il a mis en place des fouilles en stratigraphies et pluridisciplinaires. Ils faisaient appel à des spécialistes (POLYCHRONOPOULOU O., 2015).
III. Les vestiges archéologiques du site de Tirynthe
1. Les châteaux forts mycéniens
Le contrôle de la plaine d’Argos permet un accès à la mer.
Biesantz parle des Châteaux-forts mycéniens ainsi, « Si l’on compare aux œuvres d’art hiératiques d’Asie Mineure et d’Égypte, les œuvres créto-mycéniennes découvertes en Grèce, on est frappé par la sévérité, la solennité des unes et la simplicité, la facilité avec laquelle on aborde les autres.»
Les Châteaux-forts mycéniens étaient construits sur des buttes de plus de vingt mètres. Le ravitaillement en eau était assuré par plusieurs citernes. Ils sont entourés d’une muraille dont la hauteur doit décourager l’escalade et s’opposer aux projectiles des armes de jet. Ces murailles peuvent être précédées d’un fossé. Elle est construite en appareil cyclopéen, à l’aide d’énormes blocs entassés, de six mètres d’épaisseur.
Cette architecture est révélatrice d’une civilisation militaire et guerrière. L’appareil cyclopéen des Châteaux-forts mycéniens est propre aux civilisations de la protohistoire. Cet appareil apparaît également chez les Hittites sur les plateaux anatoliens. Il est caractérisé par l’emploi de gros blocs pierres (jusqu’à deux mètres de long). Les faces de joint sont à peine dégagées de l’arrachement naturel. Les matériaux sont extraits à proximité des chantiers.
Les murailles sont de plans triangulaires. Les portes des enceintes, les couloirs et les galeries, sont construits en voûte ogivale par encorbellement (MARTIN R). L’accès se faisait soit par une tour massive, un passage direct à travers le rempart ou directement par une rampe.
Ces châteaux-forts comportaient des bâtiments autour d’une cour, un mégaron à trois parties. Le mégaron est un ensemble constitué d’un porche, d’un vestibule, d’une grande salle abritant un foyer centrale et un trône (HIGGINGS, 1995). Il y avait des pièces spécialisées dans le stockage. Les tablettes retrouvées sont la preuve qu’il y avait une administration pour contrôler le territoire, dans ces édifices. Les murs étaient décorés de fresques. L’essentiel du quartier d’habitation se trouve à l’extérieur. (TREUIL R, DARCQUE P, POURSAT J-C, TOUCHAIS G, 2008).
2. Le site de Tirynthe
L’Argolide a joué un rôle essentiel dans l’épanouissement de la civilisation mycénienne. C’est dans ce territoire que les contacts avec la Crète se sont noués (MARTIN R, 1994).
La cité mycénienne de Tirynthe fut édifiée à partir de 1400 av. J.-C. sur des fondations datant du IIIe millénaire. Elle est moins ouverte sur l’extérieur que la cité de Pylos. La première fortification a été construite vers le début de l’Helladique récent IIIA sur une butte rocheuse culminant à dix-huit mètres au-dessus de la mer (POURSAT J-C, 2014). La citadelle de Tirynthe est considérée comme un palais fortifié. L’espace disponible à l’intérieur est quasiment occupé dans l’ensemble par le palais. Les vestiges découverts sous le palais de l’Helladique récent III B ont fait apparaître un plan cohérent. Ils ont laissé supposer que la forme de l’unité principale était déjà constituée au début de l’Helladique récent III A.
La cité a connu deux phases d’extension. La première à l’Helladique B1 (1330-1230), renforce la défense de la citadelle, en modifiant le système d’entrée à l’est et au sud, et l’agrandit par l’aménagement, au nord, d’un espace supplémentaire (la « citadelle moyenne »). C’est à ce moment-là qu’est édifié le palais qui subira une destruction vers 1250. La phase d’extension suivante aboutit à la construction des casemates du sud, de l’énorme bastion à l’ouest et à l’établissement de la citadelle basse qui double la surface utilisable pour de nouveaux bâtiments.
La muraille d’appareil cyclopéen enferme l’acropole. Certains des blocs pèsent jusqu’à dix tonnes. Des galeries couvertes monumentales étaient creusées dans les murs d’enceinte étaient creusés à l’Ouest et au Sud. Elles sont appelées « casemates ». (TREUIL R, DARCQUE P, POURSAT J-C, TOUCHAIS G, 2008).
La surface est de soixante-sept mètres sur soixante-dix. Le palais mycénien occupe la terrasse méridionale, tandis que celle du nord reçoit les habitations annexes et des bâtiments utilitaires.
L’accès se faisait par une succession de cours et de propylées plus ou moins fortifiés. L’entrée avec bastions et tours se trouve à l’Est. L’entrée du palais se faisait par la traversée d’un porche à deux degrés dont la plinthe était faite d’une frise en dalles d’albâtre incrustée de tesselles de verre bleu, de triglyphes et demi-rosettes sculptées.
Il se trouve étroitement intégré au système de défense (TREUIL R, DARCQUE P, POURSAT J-C, TOUCHAIS G, 2008). Le site se divise en trois secteurs : la citadelle haute occupée par le palais et ses dépendances, la citadelle basse au Nord, et une ville basse. La citadelle basse se trouve dès l’origine couverte de construction. Elle n’est pas conçue comme un refuge mais comme une protection des richesses produite sur le territoire dépendant. Le tissu urbain est très dense à l’Helladique récent III B. L’édifice VI de la citadelle basse a livré un lot de cinq tablettes inscrites en linéaire B et quatre sceaux, qui démontrent le lien étroit entre le palais et la citadelle basse. Les habitats et la nécropole sont nettement séparés (TREUIL R, DARCQUE P, POURSAT J-C, TOUCHAIS G, 2008).
Trois portes à double battant permettaient d’accéder au vestibule. Le vestibule à sol peint ouvrait sur la pièce principale. La pièce principale mesure 11,80 x 9,75 mètres, soit 115,6 m2. Le sol est peint de poulpes et de dauphins. Elle comportait un grand foyer central circulaire de 3,3 mètres de diamètres, entouré de quatre colonnes sur des bases de pierre, et une large plate-forme appuyée contre le mur Est (TREUIL R, DARCQUE P, POURSAT J-C, TOUCHAIS G, 2008).
Une pièce de l’aile occidentale mesurait 2,50 x 2,20 mètres. Elle est constituée d’un monolithe en calcaire pesant une vingtaine de tonnes. Dans un angle de cette pièces, une petite rigole permettait l’évacuation des eaux par une ouverture donnant sur un puit de lumière (TREUIL R, DARCQUE P, POURSAT J-C, TOUCHAIS G, 2008). Des vestiges d’escalier indiquent la présence d’un étage dont rien n’a survécu. Vers -1200, des citernes sont intégrées à la construction.
La deuxième cour intérieure est plus petite. Elle est flanquée à l’Est d’un portique. Sur le côté Nord de cette cour, une unité est constituée d’un vestibule carré et d’une grande salle dépourvue de colonnes. Cette grande salle mesure 5, 65 x 7, 60 mètres. Un foyer central en occupe le centre. Le sol est peint. (TREUIL R, DARCQUE P, POURSAT J-C, TOUCHAIS G, 2008).
La plupart des murs du palais ont un mètre cinquante d’épaisseur. La technique de construction des murs est celle d’un double parement enserrant un blocage de petits moellons (TREUIL R, DARCQUE P, POURSAT J-C, TOUCHAIS G, 2008).
Il ne reste aujourd’hui que les fondations de la forteresse.
3. L’art mycénien
L’Helladique récent III est la période d’affirmation de la civilisation mycénienne palatiale. Après avoir subi, puis assimilé l’influence minoenne, l’art mycénien connait son propre développement. On suppose à l’arrivée d’artisans crétois sur le continent.
Les fresques ressemblent à celles retrouvées dans le palais mycénien de Thèbes. Il s’agit d’une procession de femmes portant des offrandes à une déesse : fleurs, cruches et coffrets, dans un état fragmentaire. Ces femmes sont vêtues du costume crétois : longue jupe à volants, chemisier décolleté laissant les seins à nu, perles au cou et aux poignets. Le fond est composé de bandeaux de couleurs, séparés par des lignes bleues, jaunes et blanches (HIGGINGS, 1995). Elles sont rares dans les édifices ordinaires. La technique des fresques mycéniennes semble largement héritée de la technique minoenne. La brique crue des murs était recouverte de plusieurs couches d’enduits et la peinture, rouge, brune, orange, jaune, verte, bleue, grise ou noire, était appliquée alors que la dernière couche d’enduit était encore humide (TREUIL R, DARCQUE P, POURSAT J-C, TOUCHAIS G, 2008).
La décoration peinte des sols n’est associée qu’aux palais. La mosaïque de galets découverte dans la maison 49 de Tirynthe reste un cas unique sur le continent. Ailleurs on a aménagé des sols en terre battue. (TREUIL R, DARCQUE P, POURSAT J-C, TOUCHAIS G, 2008).
A l’Helladique récent III, la céramique est homogène sur l’ensemble du territoire. Techniquement, la céramique de l’Helladique récent III ne se distingue guère des productions immédiatement antérieures (TREUIL R, DARCQUE P, POURSAT J-C, TOUCHAIS G, 2008). Seul le matériau diffère. Les mycéniens utilisent le minyen jaune chez les mycéniens et les minoens de l’argile. Les vases en faïence passent pour avoir été importés de Syrie. L’apparition des nouvelles formes pourrait être due à des progrès accomplis dans la cuisson des vases. Les formes sont des coupes à pieds, des « verres à vin », les « tasses à thé », les pichets, les vases à verser, les vases à étrier (pour entreposer et exporter l’huile d’olive), l’alabastre avec trois anses plates près du col. Les vases à étriers peuvent mesurer jusqu’à 50cm.
Les styles de décoration sont le style décoratifs (écailles, spirales, chevrons, poulpes, coquillages et fleurs), le style figuré (dont les sujets sont copiés des fresques ou des scènes de chars) et le style pictural (taureau, oiseaux, sphinx, en procession ou en affrontement) (TOUCHAIS G, BOLOTI T, DETOURNAY B, HUBER S, TOUCHAIS A-P, VARALIS Y, 1996).
A Tirynthe, on a retrouvé le « grand cratère à char ». (TOUCHAIS G, BOLOTI T, DETOURNAY B, HUBER S, TOUCHAIS A-P, VARALIS Y, 1996).
Les vases de pierre pierres tendres appelés rhyton sont communs chez les mycéniens. Ils étaient importés depuis la Crète. Les matériaux sont divers : obsidienne, cristal de roche, serpentine, stéatite, albâtre, marbre polychrome, calcaire, porphyre. Les formes les plus répandues sont la calice, le vase globulaire et le vase à libation.
Les figurines en céramiques sont l’œuvre des mêmes potiers que les vases. Elles sont homogènes sur l’ensemble du continent. La plus caractéristique est la figurine féminine debout. Elle porte la longue jupe crétoise, une veste et une large coiffe. Ses bras sont repliés sur la poitrine soit levés. Les autres types courants sont la déesse assise, le groupe char-cavalier et le taureau.
A Tirynthe, plus de deux cent trente figurines ont été retrouvées dans la citadelle basse. Elles sont presque exclusivement anthropomorphes. Elles mesurent entre vingt-cinq et trente-cinq centimètres. Elles n’apparaissent que dans l’habitat. Cela s’inscrit dans un système religieux. Il est clairement attesté dans les pièces 117, 110 et 110a, de la citadelle basse de Tirynthe. Ces pièces sont de tailles réduites : quatre à cinq mètres carré. Elles comportent des plateformes ou des banquettes sur lesquelles une partie, au moins, des statuettes étaient disposées. (TREUIL R, DARCQUE P, POURSAT J-C, TOUCHAIS G, 2008).
La technique de l’ivoire a été transportée de Crète. L’ivoire est sculpté. Les thèmes principaux sont ceux des sphinx, des lions, des griffons et des guerriers.
La métallurgie est d’origine crétoise. Les analyses physico-chimiques permettent de déterminer l’origine des matières premières utilisées. Les mines du Laurion en Attique continuent à couvrir l’essentiel des besoins du continent en plomb et en argent, jusqu’à la fin de l’époque mycénienne. On suppose que le cuivre viendrait de Chypre (TREUIL R, DARCQUE P, POURSAT J-C, TOUCHAIS G, 2008).
Elle se compose de la vaisselle d’or et d’argent, des poignards en bronze. La vaisselle utilise les techniques du repoussé, de l’incrustation et du lissage.
Les poignards sont damasquinés d’or, d’argent et de nielle et munis d’un manche en or. Le nielle est un matériau noir bleuâtre légèrement brillant. Une plaquette d’argent oxydée ou d’or, était encastrée dans une lame de poignard en bronze. Ces plaquettes avaient été au préalable décorées. Les poignards mycéniens sont moins décorés que ceux crétois. Les thèmes principaux sont inspirés de la nature. La technique de décoration est appelée « peinture avec le métal ». Elle provient d’Asie Mineure.
L’orfèvrerie était également présente sous la forme de joaillerie. Les exemples retrouvés à Mycènes en présentent un aperçu. La technique utilisée est principalement celle du repoussé et de la granulation.
Tirynthe a fourni quelques vestiges de ces objets. Il a également été retrouvé une figurine de culte en bronze. Il s’agit du « dieu au foudre » (TREUIL R, DARCQUE P, POURSAT J-C, TOUCHAIS G, 2008).
Les sceaux mycéniens sont très proches des sceaux minoens mais sont moins gracieux. Il y a également des bagues-sceaux. Une très grande bague sceau a été retrouvée sur le site de Tirynthe. Elle présente une scène religieuse : quatre démons crétois portant des cruches se dirigent vers une déesse assise sur un trône et s’apprêtant à remplir le vase qu’elle tient. Ces éléments iconographiques sont d’ordre crétois. L’empire mycénien a continué de produire des bagues-sceaux en or jusque vers 1150 (HIGGINGS, 1995).
La production textile parait avoir été une des activités majeures des palais mycéniens (TREUIL R, DARCQUE P, POURSAT J-C, TOUCHAIS G, 2008).
La place occupée par le palais dans l’organisation des productions reste difficile à déterminer. L’importance relative des documents épigraphiques concernant les différents secteurs peut induire en erreur quant à l’importance de ces derniers. Le palais n’a ni le monopole des approvisionnements, ni le contrôle de tous les producteurs. Il n’est pas exclu que des artisans itinérants aient satisfait les besoins locaux, transportant avec eux, sur terre ou sur mer, les matières premières nécessaires (TREUIL R, DARCQUE P, POURSAT J-C, TOUCHAIS G, 2008).
IV. Analyses et interprétations
La civilisation mycénienne est associée aux noms d’Agamemnon, d’Homère et de Schliemann. En 1953, le déchiffrement du Linéaire B, écriture dérivée de l’écriture crétoise, Linéaire A, permet de savoir que la civilisation mycénienne était d’origine grecque. De plus, nous savons qu’ils honoraient les même Dieux que ceux de l’époque historique : Poséidon, Hermès, Athéna, Dionysos, Zeus, Héra … La civilisation mycénienne apparaît, d’influence grecque. Les caractéristiques sont : une population plus nombreuse, plus riche, une agriculture plus productive (céréales, olives), une organisation économique fondée sur le stockage et la redistribution, une société centralisée, et hiérarchisée (TREUIL R, DARCQUE P, POURSAT J-C, TOUCHAIS G, 2008).
La civilisation mycénienne ne fait que continuer la tradition minoenne, en la transformant par l’apport d’éléments continentaux (MARTIN R, 1994). Elle se définie par des innovations technologiques, l’intensification des échanges, une croissance démographique importante et une hiérarchisation sociale forte. L’économie est basée sur le stockage de surplus et la redistribution par exportation. Le bronze, permet de fabriquer une variété de parures, d’ustensiles, d’armes et d’outils. Il permet la réalisation de nouvelles formes, surtout d’objets de prestiges. La diffusion de la métallurgie du bronze exige de grands courants d’échange. Cette civilisation s’est étendue afin de rechercher des éléments précieux tel que le cuivre de Chypre, l’ivoire africain ou encore l’étain anatolien. (DEMOULE J-P, 2009). Plusieurs inventaires montrent que le palais entretient de nombreux chars. Ils ont deux roues à rayons en bois de saule, d’orme ou de cyprès, cerclées de métal, parfois décorées d’ivoire ou de corne et peintes de différentes couleurs. Le palais se été chargé de la fourniture des chevaux et de l’équipement des hommes appelés à conduire les chars. L’iconographie des fresques de Tirynthe révèle également qu’ils étaient armés de javelines qu’ils portaient par pairs. (TREUIL R, DARCQUE P, POURSAT J-C, TOUCHAIS G, 2008).
Il s’agit d’une société complexe, composée de fonctionnaires, des scribes et des esclaves ainsi que d’une organisation militaire précise. Les mycéniens se sont étendus à partir des sites établis par les minoens. Sous la conduite de leurs rois, les Achéens ont débordé le cadre de la Grèce. Ils pillent la Crète et Troie et détruisent les palais, mais s’installent dans l’île. Ils s’établissent aussi dans les îles, de Chypre, de Rhodes.1
Conclusion
La domination politique des minoens puis celle des mycéniens sur l’ensemble de la mer Égée, ne sont que des épisodes après quoi, le phénomène des minuscules unités politiques recommence. A la fin de Mycènes, succède l’époque Protogéométrique.
Cette fin est un problème encore très débattue. Il s’agit d’une période de troubles pendant laquelle les défenses sont renforcées.
Le mégaron de la citadelle haute est remplaçait par le bâtiment T. Il s’agit d’un hall de rassemblement de la communauté. Il se compose de deux pièces, un vestibule au sud et une pièce allongée au nord, divisée par une rangée de colonnes. Dans la grande cour, une plate-forme succède à l’ancien autel circulaire.
En même temps, dans la citadelle basse, l’organisation urbaine change. Après la destruction de l’Helladique récent III B2, la citadelle basse reste densément occupée : les bâtiments s’organisent autour de plusieurs places et un lieu de culte est constamment réaménagé à l’Helladique récent III C (TREUIL R, DARCQUE P, POURSAT J-C, TOUCHAIS G, 2008). Des maisons groupées autour de cours, semblent annoncer les structures décrites par Homère dans l’Odyssée. On ne trouve plus de maisons du type à corridors. Les maisons sont à pièces unique. Seul un édifice se distingue dans la ville : le mégaron W d’une superficie de cent soixante-quinze mètres carrés, dont la pièce principale possédait trois piliers axiaux.
Furumarck la qualifiera de période « Sub-mycénienne », de transition (Collectif de l’Ecole française d’Athènes, 1996). La chute du « centre du pouvoir » ne marque pas la fin de la diffusion mycénienne. Elle se poursuit sous diverses formes, en s’amalgamant, à des civilisations antérieures ou indigènes qui sont souvent à l’origine des éléments constitutifs de l’art grec archaïque, comme par exemple en Phénicie, et dans le Proche-Orient. A Athènes, il y a les vestiges de l’enceinte mycénienne, la première forteresse qui assura la défense du rocher de l’Acropole. Les plus anciens cultes de l’Attique, Athéna, Erechthée, Poséidon, remontent également à l’époque mycénienne (MARTIN R, 1994).
Par ailleurs, la Grèce Mycénienne a façonnée la vie sociale. Les Grecs sont restés communautaires, ils partagent de nombreux moments en famille. La famille joue un rôle très important dans la vie quotidienne. Leur vie sociale est très publique, et ils se rassemblent volontiers.

Photographie : Dominique Artis
Bibliographie
– BIEDERMANN H, Les Civilisations Mégalithiques en Europe, Histoire de l’Art Payot
– BIESANTZ H, l’Art Créto-Mycénien, Petite bibliothèque Payot
– HIGGINGS, 1995, L’Art de la Crète et de Mycènes, Paris, Édition Thames et Hudson,
– DARCQUE P, 2015, La Grèce des Origines, RMN-Grand Palais, Paris
– DEMARGNE, 1974, Naissance de l’art grec, Gallimard,
– DEMANGEL R, 1944, La frise de socle du palais de Tirynthe. In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 68-69, pp. 404-410
– MARTIN R, 1994, L’Art Grec, Encyclopédie
– PAPAIOANNOU, 1972, L’Art et la civilisation de la Grèce ancienne, Édition d’Art Lucien Mazenod,
– POLYCHRONOPOULOU O, 2015, La Grèce des Origines,
– POURSAT J-C, 2014, Mycènes et le monde mycénien, L’Art égéen, Tome 2, Paris, Edition A. et J. Picard
– ROLAND Étienne, L’Espace grec, cent cinquante ans de fouilles de l’École française d’Athènes, Fayard, 1996
– TOUCHAIS G, BOLOTI T, DETOURNAY B, HUBER S, TOUCHAIS A-P, VARALIS Y, 1996, Chronique des fouilles et découvertes archéologiques en Grèce en 1995. In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 120, pp. 1109-1349
– TREUIL R, DARCQUE P, POURSAT J-C, TOUCHAIS G, 2008, Les Civilisations égéennes, Du Néolithique et de l’âge du bronze, Paris, PUF

 

Alter Info
l’Information Alternative

Réécrire notre histoire avant que les générations montantes sombrent dans l’oubli, ne se voient imposer par l’autre et à sa seule convenance, une toute autre histoire

Réécrire notre histoire avant que les générations montantes sombrent dans l’oubli, ne se voient imposer par l’autre et à sa seule convenance, une toute autre histoire

A l’occasion de chacune des dates commémoratives marquantes du pays, le citoyen algérien ne peut faire l’économie d’une rétrospection : celle de revisiter une partie du passé, de lire la période présente tout en interrogeant, de notre côté comme de l’autre, l’avenir en ce qu’il nous réserve en enjeux, menaces et opportunités.

N’est-ce pas, que chez nous, les nouvelles générations, appelées à prendre le relais, n’ont trop souvent qu’une dangereuse méconnaissance de l’Histoire de leur pays et plus particulièrement celle de la lutte contre le colonisateur qui lui, plus que jamais, tout en se déguisant, tient toujours à se draper de la toge des principes des droits et de l’Homme.

Au point que certains en arrivent à se demander si vraiment le système colonial avait le caractère aussi abject et horrible que lui prêtent les survivants de générations qui l’ont vécu.

C’est ce qui nous interpelle, plus que jamais, pour parler de notre histoire, faits de violences que la puissance coloniale a fait subir au peuple algérien, pendant les 132 années et qui connut son paroxysme au cours des années 1954-1962.

Il n’y a pas de meilleure introduction, que celle de rappeler quelques points à ce sujet :

– Que d’abord et avant tout l’indépendance du pays n’a pas été donnée en cadeau par une quelconque âme bienfaitrice charitable, illuminée par la flamme éternelle des droits de l’Homme,

– Que la guerre de colonisation et d’extermination française la précédant, imposée aux Algériens, a commencé bien avant 1830,

– Et que enfin cette dernière ne s’est pas arrêtée, comme on peut le penser, lors du cessez-le-feu ou en « Juillet 1962 » ni d’ailleurs après, comme nous le verrons plus bas,

Pour cela il y a L’Histoire et ses dates.

1. La guerre de résistance : une vraie guerre de plus de cent ans avec une vraie Jeanne d’Arc :

La flamme de ce combat libérateur où nous avait précédé, l’Emir Abdelkader, Hadj Ahmed Bey, cheikh Boumaaza, Boubaghla, cheik Bouziane , lala Nsoumer, Bouchoucha ouled sidi cheikh, El Mokrani, cheikh El Haddad, Ahi Taghl, de Bouâmama , cheikh Amoud Ben El Mokhtar, les Aurès, les Touaregs,ne s’est jamais éteinte et n’a jamais été ininterrompue. C’est celle-là, la vraie guerre de cent ans : le dernier morceau de terre algérienne n’ayant été occupé par la France qu’en 1934, par le colonel Trinquet sous les ordres du général Giraud

L’ensemble des échauffourées de la France mises bout à bout, celles des différents rois et de Jeanne d’arc, contre les Anglais qui occupaient le territoire français, n’ont aucune commune mesure avec notre vraie guerre de résistance de cent ans…

Seules les images d’Épinal sont déformantes !

A Médéa, sous la tente des négociations de paix avec Fathma N’nsoumer qui venait de le battre à plat de couture, en Kabylie, le maréchal Randon a cru, de bon aloi, d’affubler cette combattante du nom de « de Jeanne d’Arc de la Kabylie ». Celle-ci n’en avait cure. Elle avait un nom celui de Lalla, sans jamais pour autant, avoir prétendu que dieu lui ait parlé.

2. Personne n’a jamais donné d’indépendance en cadeau à un quelconque pays

Quant à De Gaulle il n’a pas consenti à octroyer l’indépendance, il y a été amené, contraint et forcé. Pour détruire une telle idée saugrenue, il suffit de rappeler simplement que les tentatives de destruction du FLN/ALN ont justement atteint leur paroxysme à partir de 1958, avec l’ arrivée du Général au pouvoir.

Les opérations militaires qui ont été effectuées, ont été marquées par un gigantisme jamais égalé, ainsi que par leur nombre. Avec De Gaulle et en comparaison avec la période allant de1954 à janvier 1958, leur nombre a doublé de 1958 à 1960.

Elles furent grandioses, par leur ampleur et leur étendue dans l’espace et le temps: puisqu’elles n’ont pas cessé de couvrir intensément, d’Est en Ouest et du Nord au Sud , l’ensemble du territoire national. Les forces françaises écrasantes représentaient: 910.000 hommes, sans tenir du fait que tous les Européens étaient armés.

Nous remarquerons que ces forces ont augmenté de 50.000 militaires dès l’arrivée De Gaulle.

En effet, il y avait 480.000 militaires, selon Chaban-Delmas, le ministre de la Défense du gouvernement précédent, qui comparait cette force écrasante à celle dérisoire, de l’ALN. Triomphaliste il déclarait : « l’affaire est dans nos mains ».

Le Général est resté fidèle et conforme à la ligne et à la logique de la politique des gouvernements de gauche précédents tel qu’exprimé, en 1954, par le ministre de l’Intérieur Mitterrand. . Rappelons comment ce dernier avait réagi aux propositions formulées par le FLN en 1954, dans la Proclamation du 1er Novembre 1954 qui ouvrait, très tôt, la porte à une solution de paix au problème algérien.

Cette proposition, faite en des termes, on ne peut plus modérés, qui est la suivante :

« Pour prouver notre désir réel de paix, limiter les pertes en vies humaines et les effusions de sang, nous FLN, avançons une plate-forme honorable de discussion aux autorités françaises, si ces dernières sont animées de bonne foi et reconnaissent, une fois pour toutes, aux peuples qu’elles subjuguent le droit de disposer d’eux-mêmes», fut accueilli avec la plus grande dérision.

La réponse du ministre de l’intérieur de l’époque, François Mitterrand, au mois de novembre 1954, a été la suivante : « la seule négociation, avec ces terroristes c’est la guerre ! ».

Ainsi la « gauche » comme la «droite » qui ont gouverné la France, se sont toujours rejoints, depuis, sur la question de l’Algérie : à savoir : «La France éternelle, s’étendrait de Dunkerque à Tamanrasset ».

Pour désarmer physiquement, politiquement et psychologiquement l’ALN, les Tergiversations, les Changements de cap du général comme les différents appels « paix des braves », «couteaux aux vestiaires » , « L’Algérie algérienne en association étroite avec la France » , l’offre empoisonnée de « cessez-le-feu d’abord et négociation ensuite») de De Gaulle, se succèdent et ne firent aucun effet sur la détermination des combattants algériens. .

Elles se succédaient dans un contexte de présence et d’occupation multi-insidieux du terrain :

– de l’OAS, dirigée par des officiers supérieurs de l’armée française,

– De la force locale, composée 80.000 appelés algériens de l’Armés française,

– Et enfin celle des Harkas, supplétifs de l’armée française dont le nombre se situait entre 180.000 et 220.000 hommes.

Ajoutons à cela et en parallèle : l’aide, à profusion, prodiguée par des officiers français au contre-maquis de l’Ouarsenis ainsi que les tentatives des services français de recréer les oppositions avec la création du FAAD, fille du MNA. Pour ne citer que cela.

Apres tout cela, De Gaulle finit par se résoudre à décréter un cessez-le-feu unilatéral.

Puis les Négociations, Accords d’Evian, Referendum, l’Indépendance s’en suivirent, non sans que De Gaulle eut à inciter, auparavant, tous les pays limitrophes, à l’Algérie, à venir réclamer, à l’occasion, une partie de ce territoire et non sans avoir dressé les cartes de partition du pays entre les Algériens et le colons; Ceux-ci devaient garder les terres les plus fertiles, et ce, sans mention des velléités de garder directement ou indirectement le Sahara – en raison du pétrole et gaz découverts. Dès mars 1962, à l’occasion de la signature des Accords d’Evian, l’intellectuel français, J.P Sartre avait écrit : «Personne n’ignore, aujourd’hui, que nous avons ruiné, affamé, massacré un peuple pour qu’il tombe à genoux ; il est resté debout. »

Est -à dire que les Algériens étaient au bout de leur peine ? Pas du tout ! Le terrain restait plus que miné.

3. Après l’échec des gigantesques opérations- labours de la mort, les semis gaulliens : de la division, la discorde et la guerre civile, sont plantés, en Algérie:

En effet et ce jusqu’au dernier moment, De Gaulle ne restant pas sans autres tentatives velléitaires, d’augmenter les probabilités de chaos et d’explosion d’une guerre civile du type « congolisation »,

– fait ouvrir, prématurément, en violation des Accords d’Evian, les frontières, bien avant le mois de juillet 1962, date pourtant bien arrêtée par ces accords signés par le GPRA et l’Etat français,

– abandonne sur la rive sud, les supplétifs et harka qui ont aidé la France à prolonger cette guerre contre leurs propres frères, semant, ainsi, déjà les germes de troubles potentiels d’instabilité que peut occasionner une telle force pour l’Algérie indépendante.

Et enfin, le dernier cadeau que fait la France, partie, en 1962, est celui d’avoir laissé – pour continuer à semer la mort, le chaos et la désolation à nos frontières – les champs de mines, plantés le long des fameux barrages Challe et Morrice, refusant d’en fournir les plans de leur enfouissement.

Si la France avait consenti à livrer ces plans concernant ces millions de mines, semées le long de ces barrages, à notre pays , celui-ci n’aurait-il pas fait l’économie de très nombreuses vies humaines à ajouter au million et demi de Chouhadas ?

Les tenant secrets, elle avait toujours refusé de les communiquer. Et notre pays ne les a obtenus qu’en 2007. Soit 45 ans, après l’Indépendance :

– Quand 90% de ces mines avaient déjà fait l’œuvre destructrice pour lesquelles, elles étaient destinées,

– Et quand l’idée de l’Union d’un Maghreb crapahutait et montrait des signes de non concrétisation. Car là aussi, se poursuit une autre histoire méritant d’être écrite par les habitants de ce Maghreb.

De Gaulle finit par partir, avec la conviction d’avoir sorti son pays du pétrin algérien, dans lequel la France s’est trouvée empêtrée et menacée de toutes sortes d’instabilités.

L’Algérie a recouvert son indépendance. Qu’en est-il, depuis, des relations entre les deux pays ?

4. Les relations entre l’Algérie et la France «ne peuvent être banalement normales, elles seront ou bonnes ou mauvaises»

Leur évolution difficile et ambiguë ne saurait être mieux décrite que par la partie algérienne faite en réponse à la déclaration du président français Giscard d Estaing qui, lors de sa visite officielle à Alger – visite envisagée et programmée, auparavant, par le gouvernement Pompidou – s’était prévalu d’être venu à Alger, pour « normaliser » les relations entre la France et l’Algérie. Ce à quoi, le président algérien réplique, sans ambages: » les relations entre la France et l’Algérie ne peuvent être normales ; elles sont soit bonnes soit mauvaises ».

Et depuis, la politique officielle de l’Hexagone continue à faire dans cette apparente ambiguïté, soufflant tantôt du chaud tantôt du froid. Sur le terrain et à travers les événements qui s’y forgent, des déclarations françaises, montrent évidement que cette politique reste constante et fidèle à ce qu’elle a toujours été.

5. En lieu et place d’apaisement : l’agacement, la conspiration et la fermentation

Le ton est donné par les déclarations de revanchards et anciens de l’OAS…

Haineuses et ouvertes comme celle du général Schmidt, devenu chef d’état major des armées françaises, qui rappelle et l’écrit à un de ses officiers subalternes, à l’occasion de tentatives de mobilisation et de regroupement des membres de l’armée aigris contre notre pays : «Nous continuons le combat, il faudra bien gagner cette nouvelle bataille d’Alger que l’on nous impose » ( écrit en nov. 2002 à l’ex-adjudant Raymond Cloarec) .

Venant d’un chef d’état major des armées françaises, tout le monde comprend que sans être ouvertement déclarée, la guerre à l’Algérie continue à lui être livrée ..

Et le cas du général tortionnaire ne saurait être considéré comme isolé. Pourtant le peuple algérien ne nourrirait aucune animosité envers la France si un bilan historique objectif est fait au sujet de cette période de colonisation. Malheureusement, il se trouve que cela n’agrée pas la France qui ayant bien compris l’attente des Algériens, a pas à pas, et depuis l’indépendance entrepris une œuvre de réécriture de cette histoire coloniale. Elle entend bien le faire à coups de lois, d’amnistie et de lois mémorielles avec des velléités de finir de nous imposer cette histoire.

Rappelons que dès son occupation d’Alger, la France a détruit l’administration, tous les documents officiels et parmi eux toutes les archives des institutions des domaines ainsi que les documents de l’état civil. Tout ce qui a était ou lien entre l’homme et sa terre, tout ce qui peut rattacher quelqu’un à quelque chose et tout ce qui rattachait quelqu’un à un autre. Même les cimetières ont été vidés des ossements qui avaient fait d’ailleurs l’objet d’embarquements sur des bateaux allant vers le port de Marseille : rentable commerce morbide.

Dans ce même ordre d’idées, rappelons que de nombreuses familles et tribus se retrouvaient, sous la nouvelle administration placée par le sublime libérateur et civilisateur : la France des droits de l’Homme, sans origine, sans nom ( Sans Nom Patronymique, le nom que certaines familles rainèrent depuis des décades s’écrivait en trois lettres S.N.P ). On les voulait sans rattachement , sans résidence , donc sans pays et dépouillés de tout. Et de là, Il n’y a pas loin à dire « que l’Algérie est un pays sans peuple », comme on tente de le faire au Moyen-Orient,

6. Le pays dit «dépositaire» des droits de l’Homme, ne pourrait s’accommoder d’un passé colonial aussi sombre, il entreprend de le falsifier en entendant bien re-coloniser l’histoire

Ainsi après avoir colonisé les terres, occupé les domaines, volé les trésors d’Alger, emprisonné les corps et esprits, déculturé la société, détruit tout lien avec notre identité et notre passé pendant plus d’un siècle, la France a résolument mis, aujourd’hui, en chantier son Entreprise pour coloniser l’histoire des 132 ans d’occupation.

Tout en faisant des lois par ses assemblées qui décidèrent, que son passage en Algérie a été une œuvre civilisatrice et non un colonialisme, la France blanchit, anoblit, promeut et met sur des piédestaux les criminels et tortionnaires qui se sont illustrés par leurs méfaits lors de la guerre d’Algérie, développant ainsi l’apologie d’auteurs de crimes sans nom. Il a été édifie et érigé des monuments. Il a été dressé des statues «aux anciens de la guerre d’Algérie», leurs héros: militaires, terroristes de l’OAS et anciens harkis qui ont égorgé les Algériennes, les Algériens et leurs enfants.

Ainsi des crimes dont ils n’ont jamais cessé, ni manqué de se vanter, ouvertement, devinrent des actes de bravoure ;

Par ailleurs la France entend bien brouiller toutes les cartes temporelles post-colonisation, de façon à enlever aux dates importantes choisies par l’Algérie souveraine, commémorant ses dates-phare, ses évènements nationaux, toute leur valeur symbolique et patriotique, les banalisant en leur collant d’autres événements la concernant :

– Ainsi le 05 juillet nous a été choisi pour jour d’Indépendance pour faire oublier que c’est celui de leur débarquement à Sidi Ferruch : date à commémorer d’une pierre noire. On voulait nous amener, d’ailleurs à en faire la Journée de la jeunesse algérienne. Pas de fête d’Indépendance donc pas de période coloniale..

– Le 19 mars, jour réclamé par la majorité du peuple comme étant le vrai jour de la victoire, est également choisi par la France, pour ce qui la concerne, comme journée des harkis : moyen de faire l’amalgame entre le Moudjahid et le harki;

– Et puis la dernière en date celle de faire du 18 Fevrier (notre propre Journée du Chahid) une date française où il sera rendu hommage aux musulmans morts pour la France, à la mosquée de Paris..

– Enfin faire, autant que possible, des injonctions chez nous comme la manière de fêter le 50ème anniversaire de l’indépendance ou d’entonner notre propre hymne national sans troncature imposée de couplet (supprimer l’interpellation à la France «Ya firanca »

Pour nous représenter les dimensions et caractéristiques de cette œuvre civilisatrice, faisons parler une des personnes l’ayant initiée en Algérie : ce n’est autre que le général Rovigo

En écho à la déclaration de Sa Sainteté le Pape qui, en 1830, avait qualifié la prise d’Alger par la France d’effet civilisateur, celui-ci, le général, a donné le feu vert à ses soldats, les ordres qui devaient aller en le sens de cette intention civilisatrice :

« Comme on ne les civilisera pas (il s’agit des Algériens), il faut les refouler au loin. Comme des bêtes féroces qui abandonnent les lieux habités, il faut qu’ils reculent jusqu’au désert devant la marche progressive de nos établissements et qu’ils soient rejetés, pour toujours, dans les sables du désert»

Le pays auréolé «des principes des droits de l’Homme «ne pourrait s’accommoder d’un passé colonial aussi sombre..

La France doit se réconcilier, d’abord, avec elle-même et les valeurs dont elle entend demeurer dépositaire.

Mais comment la France le pourrait-elle? Quand, à côté des va- t-en guerre, il existait, parmi ses plus grands esprits : écrivains, humanistes et savants, certains qui ont appuyé, applaudi, encouragé des crimes insupportables, allant aux antipodes des valeurs mêmes de la révolution de 1789, dont l’un des grands leaders : Maximilien de Robespierre, les ayant prédécès, avait dit en 1792. « La plus extravagante idée qui puisse naître dans la tête d’un politique est de croire qu’il suffisse à un peuple d’entrer à main armée chez un peuple étranger pour lui faire adopter ses lois et constitution. Personne n’aime les missionnaires armés ».

Commençons par M. Tocqueville «l’humaniste » le libéral, le démocrate, celui qui aurait selon ses défenseurs, lu et interpréter Le Coran, celui qui a écrit de « la démocratie en Amérique » , n’a-t-il pas légitimé, approuvé, défendu et encouragé les boucheries et les destructions de l’armée coloniale ?

Qualifiant, lui, cette guerre d’Afrique et ses méthodes (abjectes, injustes et inhumaines) de science, il la justifiait par le besoin de grandeur de la France, déclarant :

« Ne nous décourageons point sur l’avenir, dit-il, ne nous laissons pas arrêter par des sacrifices passagers lorsqu’un immense objet se découvre et que de persévérants efforts peuvent l’atteindre. »

Victor Hugo, le visionnaire, l’auteur des ‘Misérables’, n’a-t-il pas applaudi la conquête de l’Algérie ?

Maupassant révélait, déjà, l’ambiguïté dans laquelle de nombreux Français emprunts de patriotisme et d’universalisme, restaient solidaires des colons européens. Camus, plus proche de nous, par Sa non-réponse, se situait dans la même position. C’est M. Cuvier ce grand savant qui demandera à Polignac d’encourager les officiers de l’armée d’Afrique « à s’intéresser aux productions naturelles du pays et de procurer au jardin du roi, les animaux vivants qui lui font défaut. » C’est lui qui donna le coup d’envoi à la collecte des vestiges humains pour les Muséums français. C’est lui qui présida à l’ouverture de la chasse aux têtes algériennes dont on découvre, aujourd’hui, les crânes d’une bonne trentaine au MNHN. Parmi ceux-ci les têtes de grands résistants algériens renommés. Telle que celle, numérotée 5939, momifiée, d’Alhamadi lieutenant de Boubaghla. Celui-ci nous regarde toujours de son œil gauche qui resté ouvert, nous regarde faire l’histoire

7. Cette «France qui dit bien la voie Droite et chemine par les sentiers obliques»

Cette formule de Léopold Sédar Senghor, membre de l’Académie Française, ministre du gouvernement Debré, plus tard président du Sénégal, produit poli par la France qui ne pouvait mieux et autrement résumer le comportement de la France vis-à-vis de ses colonies et colonisés.

Donnons-nous, pour cette petite formule, une petite illustration développée par un ex-président de la république française. Celui-ci ayant fait passer sa loi sur le génocide arménien, et prétendant continuer de tendre la main à de l’amitié avec le peuple turc, déclarait, à ce sujet que la Turquie, l’auteur du génocide, ne sortira que plus grandi quand il aura reconnu son acte passé. Pourquoi Sarkozy n’a pas fait de même pour la France vis-à-vis des Algériens. Parce qu’il continue à voir les Algériens à travers les yeux du psychiatre français Dr Antoine Porot, dont les thèses racistes ont fait autorité jusqu’en 1970 et qui légiférait en la matière ainsi » les indigènes nord africains, dont le cortex cérébral est peu évolué est un être primitif dont la vie essentiellement végétative et instinctive, est surtout réglée par le diencéphale ….» (*). Parce qu’il est convaincu que c’est la France qui fait et fera l’histoire pour ses anciennes colonies et ses hâbleurs.

Et là se situe le vrai enjeu pour nous aujourd’hui. Il est explicité par l’écrivain Jean DRESCH , dans une préface faite à l’Algérie dans: « Passé et présent « ainsi :

« L’histoire coloniale est presque toujours à sens unique car c’est le propre d’un peuple colonisé de n’avoir plus d’histoire ou du moins d’historiens, hormis celle et ceux du colonisateur. Or le colonisateur ignore communément le colonisé, et volontiers le considère comme mineur, primitif, incapable, digne seulement d’une sollicitude bienveillante et paternaliste ».

(*) Extraits du manuel alphabétique de psychiatrie Dr Porot de l’élite de l’Université française dont les théories ont fait autorité jusqu’en 1970, remplacé à la tète de l’hôpital Joinville de Blida par le Dr Frantz Fanon

8. Toute la période coloniale et post-indépendance nous enseigne que ce qui compte, c’est ce que, nous faisons, nous Et non ce que les autres font ou feront pour nous ou contre nous

Toute la France colonialiste, en ce qu’elle avait de force et d’intelligence, n’est pas venu à bout du projet national des fils de La Toussaint – « des Nord- africains « qui ont montré qu’ils n’étaient ni hâbleurs, ni menteurs, ni voleurs, ni fainéants, ni débiles hystériques, ni sujets de surcroît, à des impulsions homicides imprévisibles – « (*). Ceux-ci ont su conduire le pays jusqu’à son indépendance. Ces tares: vol, violence, mensonge, homicides ( à grande échelle ), inventées par le Dr Porot ont été la panacée du colonialiste et de ses hordes , qui y ont mis toute leurs énergies et politiques pour perpétuer leur domination sur les colonies qu’ils ne voulaient voir ni évoluer ni s’émanciper ni se libérer de l’esclavagisme dans lequel elles ont été placées et maintenues .

Cette histoire dont on nous apprête les prémisses d’écriture ne nous imposera-t-elle pas de déboulonner les statues de nos héros? Nous imposer d’y placer en leurs lieu et place des Bugeaud et sa cohorte, ceux-la mêmes qui avaient, de leurs propres propos et écrits, reconnu avoir exterminé plus de la moitié de la population de ce pays, détruit et incendié ses villes et ses villages. Et avoir Inventé, très tôt, pour les Algériens les Guantánamo de la nouvelle Calédonie.

En effet si la colonisation était acceptée comme un bien fait pour l’Algérie «comme une œuvre civilisatrice », le « fellaga » n’aurait été qu’un terroriste qui se dressait contre les bienfaits que venait (par le feu, le fer et le sang) lui prodiguer l’humaniste colonisateur français. Et du coup, et cela va de soi, de combattant, de libérateur, le moudjahid se retrouve voué aux gémonies, à l’enfer, et à l’oubli.

Et pas à pas, et méthodiquement elle entreprendra, par là, d’effacer et gommer, par touches successives, les traces de notre Révolution, de nos résistances passées et insurrections récurrentes qui nous ont permis de survivre à la décimation et à l’effacement.

La Mondialisation, légitimant le droit du plus fort, une telle histoire transfigurée, comme on s’apprête à nous l’écrire , argumentera – devant des instances de justice et institutions de droit de l’Homme, fabriquées par l’Occident à sa mesure – en faveur de la réclamation que ne manqueraient de venir faire les colons, pour que leur soient restituées leurs terres et biens qu’ils auraient laissés, en Algérie en 1962 .

Aventuriers européens de tout acabit, ils réclameraient alors des terres qu’ils ont spoliées, volées, arrachées à nos populations, à coup d’ordonnance, de lois et de Sénatus-consulte : (respectivement de 1845, de 1865, de 1873).

Aussi, on ne peut pas, et on ne doit pas s’attendre à ce que les historiens français écrivent une Histoire qui nous conviendrait; cette tâche incombe à nous-mêmes. Et c’est à nous, d’honorer les nôtres et d’en raviver la mémoire. Car, la leur décrétera notre propre négation, comme celle des devanciers, dans le combat pour libérer leur pays et dont, pour certains, les crânes se trouvent, toujours, exposés dans les musées parisiens.

En attendant les politiques français peuvent, toujours, continuer à nous susurrer de cesser de regarder dans le rétroviseur (on nous conseille de ne pas regarder notre passé, notre histoire), ou pour affirmer avec suffisance et certitude que les relations entre nos deux pays s’amélioreront quand disparaîtront les anciens du FLN /ALN, Tant que ceux-ci, ces empêcheurs de tourner en rond, sont encore de ce monde, ces relations resteront au niveau « d’anormalité » où elles sont, ajouteront-ils alors.

Djaffar Lamani * Ex-officier de l’ALN, wilaya III

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Le «conflit israélo-palestinien»: un euphémisme menteur et mystificateur

«Le gouvernement de Nétanyahu insiste pour que les Palestiniens reconnaissent Israël comme un état juif, en opposition à la seule reconnaissance qu’il existe. Mais le Premier ministre d’Israël refuse de reconnaitre le peuple palestinien et son droit à l’existence comme nation, en opposition à la seule reconnaissance du fait que des Palestiniens vivent ici.» Elie Cohen, professeur à l’université de Lancaster, Grande-Bretagne, et à l’université Hassada, Israël, dans «Forum for Regional Thinking,» (13 Novembre 2016)

Le «conflit israélo-palestinien»: un euphémisme menteur et mystificateur
Tout un chacun sait que les «solides» principes politiques hautement proclamés ont des vertus «physiques» impossibles à saisir par les physiciens, et qu’ils changent d’aspect, de forme, de consistance, et bien sûr de sens, selon les circonstances, même si celles-ci ne varient pas du tout dans leurs détails d’un évènement à un autre. La fiabilité des principes est loin d’être garantie, même si certains font semblant «d’y croire dur comme fer,» prônent et mènent des guerres d’annihilation, pour les mettre en œuvre. Et si un assureur tentant de couvrir contre leur violation, il y perdrait son capital, quel que soit le montant de la prime qu’il exigerait. On tente alors de leur substituer des platitudes moralisantes qui ne font que cacher des prises de position arrêtées et des intérêts politiques et économiques rigides, si ce n’est des choix idéologiques et religieux non négociables pour ceux qui en font leur foi.

Le peuple palestinien n’a ni suscité, ni provoqué, ni engagé l’entreprise génocidaire qui le vise

L’illustration la plus patente de cette absence de fiabilité de principes qui reflèteraient les «valeurs civilisationelles,» dont se réclament les «démocraties avancées» se trouve dans le territoire de la Palestine historique.

Dans le fonds, le problème central dans le «conflit israélo-palestinien,» comme a décidé de le nommer «la communauté internationale,» réside dans le fait que c’est une entreprise génocidaire unilatérale tirant sa justification dans le «Deutéronome,» un des livres de la Bible. Il ne relève pas d’un différend portant sur les principes sacrés des droits de l’homme ou du droit des peuples à se gouverner, ni même de la liberté religieuse, ni certainement pas du droit à l‘auto-défense. Il ne se résume pas non plus à une série de «faits divers,» si dramatiques soient-ils, et qui sont grossis à dessein, ou passés simplement sous silence, suivant la race et la religion des victimes, d’autant plus que ces évènements, sont présentés, suivant une grille préétablie unilatéralement, et au gré des perpétrateurs, soit comme de simples «accidents malheureux» nés du hasard, soit comme des actes de «barbarie odieuse.»

Car, si tout se ramenait à un simple problème de nobles principes «universels,» la Palestine serait simplement restée aux habitants originaux de ce pays, c’est-à-dire au peuple palestinien dans toutes ses composantes ethniques et religieuses originales. Et il n’y aurait aucun conflit à régler. Car l’ l’histoire ancienne comme contemporaine prouve, sans l’ombre d’un doute, que le peuple palestinien n’est nullement responsable de ce conflit, qu’il n’a ni suscité, ni provoqué, ni engagé, et que, de plus, et malgré les mensonges répandus avec force arguments tronqués et fallacieux, par ailleurs, et qui couvrent des bibliothèques entières, il a historiquement tous les droits naturels reconnus aux autres peuples, y compris le droit à un Etat.

Comble de la falsification historique : une correspondance privée devient «une déclaration» annonçant un engagement officiel, public et international sur une terre étrangère !

D’autres puissances extérieures à la région en ont décidé autrement, foulant aux pieds ces «nobles principes universels,» -y compris le principe défendu haut et fort, à l’issue de la première guerre mondiale, par le Président Wilson du «droit des peuples à disposer d’eux-mêmes,»- dont ils se disent les auteurs, et qu’ils incarneraient dans toutes leurs législations, nationales ou internationales, et dans toutes actions, intérieures ou extérieures, guerres incluses,-

A rappeler que l’entreprise génocidaire sioniste «au long cours,» a commencé en 1840 avec la première implantation, par la ruse, d’Européens de religion juive en terre de Palestine, soit quelques cinquante ans avant la naissance «officielle» du sionisme politique, faussement et mensongèrement attribué à un Autrichien, et, bien sûr, soixante dix ans avant la fameuse lettre privée de Balfour à un banquier de confession «mosaïque,» dans laquelle ce ministre promettait «la création d’un foyer juif en Palestine»- qui ne fait pas partie du territoire géographique des «Iles Britanniques,»- lettre proclamée «déclaration Balfour,» alors que ce n’était qu’une missive de caractère privé adressée à un homme d’affaires n’ayant ni titre, ni position politique représentative d’un groupe quelconque . Cette correspondance privée engageait seulement son signataire-qui, alors ministre de l’intérieur, ne détenait même pas les compétences gouvernementales lui permettant de prendre des engagements extérieurs au nom du gouvernement britannique de l’époque,(1915) – et nullement le gouvernement dont il était membre.

Les données de ce «conflit» n’ont pas changé d’une virgule au cours de toute cette longue période de souffrance et de résistance du peuple palestinien à une invasion étrangère unilatérale et non provoquée.

Israël ne reconnait ni l’existence du peuple palestinien, ni son droit à l’existence

Dans ce «conflit israélo-palestinien,» le problème n’est certainement pas le «peuple palestinien,» ni même les «Arabes,» ou, de manière encore plus large «Les Musulmans,» qu’ils soient radicaux ou modérés» ou les «antisémites,» mais l’idéologie sioniste dont les animateurs ne cachent d’ailleurs nullement ni l’origine de leur idéologie, ni les objectifs de leur politique.

On pourrait citer le programme du Likud,- particulièrement instructif car il prouve que la recherche de la paix par Israël est un grand mensonge- le parti au pouvoir en Israël, et les multiples déclarations et écrits des idéologues comme des dirigeants israéliens actuels ou passés confirmant cette volonté de génocide ; on pourrait apporter à l’appui de cette volonté toute la politique israélienne que ce soit en Israël même ou dans les «territoires occupés,»( appelés «Judée et Samarie» dans le programme du Likud qui les considère comme «terre d’Israël») : le but affirmé et poursuivi, sans pitié, est de tuer ou d’expulser de manière graduelle toute la population autochtone.

On pourrait même mentionner le fait que l’utilisation par les Arabes de «1948»- c’est-à-dire ceux qui sont sous administration israélienne directe et détiennent des passeports israéliens,- du qualificatif de «Palestiniens» est considérée par les autorités israéliennes comme un acte d’hostilité envers Israël, acte méritant de classer ceux qui s’en prévalent parmi «les terroristes,» ou les «sympathisants des terroristes,» terme couvrant tous les Palestiniens qui ne tiennent pas particulièrement à «se laisser génocidés en paix.» Mais, la preuve la plus marquante de cette volonté de vider la terre qu’Israël occupe, de toute sa population autonome, à terme, et pour «éviter une réaction hostile de l’opinion publique internationale,» qu’il faut bien ménager, apparait dans la conception de la paix exprimée non seulement par les dirigeants israéliens, toutes tendance confondues, mais également par leur soutien indéfectible dans les «pays libres,» qui les protègent contre l’isolement politique que justifient leurs violations constantes de la légalité internationale, et, «cerise sur la tarte,» leur financent, sans être regardants sur l’usage des armes, et au dollar prés, leur arsenal militaire et leurs guerres d’agression contre leurs voisins, comme leur violente répression de toute manifestation de résistance de la part de la population autochtone palestinienne.»La communauté internationale,» ne reconnait qu’un seul droit au peuple palestinien, le droit de «se faire génocider» pour que la parole de «Jehovah» soit enfin accomplie.

Israël veut un «partenaire palestinien pour la paix» qui accepte l’officialisation du génocide du peuple palestinien

Forte de cet appui sans réserves, Israël se plaint de ne pas trouver «un partenaire de paix sérieux pour négocier avec lui,» tout en continuant à mener sa politique de répression contre le peuple palestinien, et de confiscation de ses terres, elle n’a pas pour but d’arriver à une paix dans le sens connu et universellement accepté du terme, mais à une «solution finale» qui n’est rien d’autre que la disparition totale du peuple palestinien.

Car Israël ne reconnait ni l’existence du peuple palestinien, ni évidemment son droit à l’existence, et elle n’en fait pas un «secret honteux.» Et, d’ailleurs, la presse israélienne, dans son écrasante majorité, parle de conflit «arabo-israélien», et ne veut même pas utiliser la terminologie hypocrite de la «communauté internationale,» à savoir l’expression «conflit israélo-palestinien.» Cette presse reprend la terminologie de la littérature sioniste depuis son éclosion à partir du milieu du XIXème siècle, qui se garde bien de reconnaitre au peuple palestinien toute existence et tout droit légitime, historique ou autre, sur le sol de la Palestine historique.

Un dessein génocidaire religieux contre un projet de libération laïc et démocratique !

En remettant à l’ordre du jour la position sioniste originale du caractère «juif,» et exclusivement «juif,» de l’Etat d’Israël, ce que veulent les autorités israéliennes, c’est trouver un partenaire «palestinien,» disposé à donner une légitimité juridique et politique à la thèse religieuse centrale sioniste, à savoir que seuls les Juifs ont des droits légitimes sur la terre de Palestine, et ceci depuis la nuit des temps, et donc à innocenter Israël, et l’idéologie sioniste de toute volonté génocidaire. Si Israël peut amener les «Palestiniens», cette «chose qui n’existe pas,» à reconnaitre «son caractère juif,» elle délégitimerait non seulement leurs revendications nationales comme peuple autonome ayant ses spécificités, son histoire et son territoire, mais également leur lutte pour leurs droits nationaux.

Une paix qui ressemble fort à une auto-condamnation à mort définitive pour le peuple palestinien

Ainsi, se trouve-t-on dans une situation paradoxale où Israël , soutenue par «la communauté internationale,» se bat pour faire aboutir un dessein génocidaire religieux, alors que les représentants du peuple palestinien et leurs soutiens, si faibles soient-ils, poursuivent des objectifs fondés sur des principes politiques universellement reconnus et dont cette «communauté internationale»se prévaut avec force, si ce n’est violence !

En fait, les autorités israéliennes veulent que les Palestiniens, dont elle reconnait l’existence à «titre individuel,» ( voir la fameuse «indépendance personnelle» octroyée aux Algériens par le gouvernement socialiste de Guy Mollet en 1957 !) adoptent cette croyance religieuse exclusivement juive que «Dieu a réservé la terre de Palestine aux Juifs,» mais également «que ces derniers auraient un droit religieux de l’occuper et de la vider de toute population non-juive par la violence ou tout autre moyen.»

Donc Israël veut négocier avec les Palestiniens une paix dans le sens étrange et particulier du terme, par laquelle ces derniers reconnaitraient qu’ils n’auraient jamais existé sur le sol palestinien, qu’ils n’existeraient pas, et que , donc, les Juifs ont tous les droits de les éliminer physiquement. En bref, une paix dans laquelle un des partenaires doit déclarer qu’il serait inexistant depuis l’éternité, que son occupation de la terre de Palestine depuis la nuit des temps aurait été illégitime, et que, donc, toutes ses revendications nationales comme territoriales seraient nulles et non avenues !

En conclusion

L’expression «Conflit Israélo-palestinien» est un euphémisme menteur car il efface non toute l’histoire de la naissance du Sionisme politico-religieux en dehors du territoire de la Palestine historique, mais encore mieux ses objectifs affichés dés son éclosion vers la quatrième décennie du XIXème siècle -faut-il le rappeler encore une fois ? De même, cet euphémisme passe totalement sous silence l’intervention coloniale de puissances étrangères qui ont découpé à leur gré des territoires qui ne leur appartenaient pas et sur lesquels ils n’avaient aucun droit légitime, ces puissances ont mené une politique encourageant la venue sur ces territoires de populations étrangères à eux, et ont rendu possible la création d’une entité sioniste sur un territoire qui ne leur appartenait pas. Prenant prétexte de revendications religieuses de leurs citoyens, ces états se sont servis d’eux pour instaurer leur influence sur ces territoires et justifier la permanence de leur confiscation aux populations autochtones désarmées et jamais consultées, mais toujours opprimées et massacrées à volonté. Plus spécifiquement, le mandat britannique (1918-1948) sur la Palestine a été en fait une administration conjointe entre sionistes émigrés récents en Palestine et autorités coloniales et avec pour objectif de préparer tant militairement qu’administrativement et politiquement la création de l’Etat théocratique d’Israël et le début de la mise en œuvre, sur le terrain, du génocide du peuple palestinien, tel que commandé par Yahveh.

C’est un euphémisme mystificateur car il laisse entendre que le conflit serait né spontanément, d’une «inimitié millénaire» entre deux groupes ayant des revendications tout aussi légitimes les unes que les autres sur ce territoire. L’histoire prouve le contraire, et même si les sionistes travaillent d’arrache-pied pour produire des écrits, et diffuser, à longueur de journée et sur tous les médias lourds et légers, des messages effaçant cette histoire ou la déformant, ils ne peuvent tout de même pas la faire disparaitre totalement, et la vérité historique finira par s’imposer, malgré ces efforts immenses, et bien financés, de distorsions et de gommage systématiques..

C’est également un euphémisme mystificateur, car il laisse croire que les «deux parties au conflit» jouissent des mêmes appuis d’acteurs extérieurs «neutres.» On n’a pas besoin de se proclamer spécialiste des grandes questions internationales, ou même de la «crise moyen orientale,» pour savoir que ceux des pays qui sont derrière l’entreprise génocidaire sioniste contribuent plus à sa continuation qu’à la sauvegarde ou la protection du peuple palestinien. C’est tout de même Israël qui a bénéficié de transferts de technologie lui permettant de disposer d’un arsenal nucléaire supérieur à ceux de la France et de la Grande-Bretagne réunis, et d’aides financières quasi-illimitées, et, dont la dernière, en novembre 2016, représente un généreux cadeau de 38 milliards de dollars. Quand au peuple palestinien et ses soutiens, ils ont du se contenter d’une résolution de caractère académique, aussi lourde qu’une plume de moinillon, et sans impact visible sur la capacité génocidaire d’Israël.

A remarquer que la récente conférence de la paix(Paris, 15 Janvier 2017) avait plus pour dessein de protéger Israël et de lui permettre de continuer son projet génocidaire que de faire avancer la paix. Le Président palestinien avait toutes les raisons de marquer son scepticisme, car il sait fort bien de quoi il retourne dans ce genre de cérémonies pompeuses et vides de tout sens. Mais, les réticences et l’absence de Nétanyahu à cette conférence ressortissent plus de la ruse de guerre que de l’objection politique, car le premier ministre israélien n’ignorait pas qu’il en sortirait seulement un recueil de sermons «moralisateurs,» à ajouter aux recueils des deux précédentes conférences tenues respectivement à Madrid (Octobre 1991) et à Annapolis( 27 Novembre2007), sermons qui ne nuiraient en rien à Israël et à son projet. Même les organisateurs devaient sans doute avoir travaillé avec la conviction que cette conférence n’allait pas adopter une résolution d’isolement diplomatique, économique et politique, pour le boycott international , compréhensif et total, d’Israël, et pour la mise en œuvre, à l’échelle mondiale, de la voie pacifique connue sous le sigle «BDS,» (boycotter, désinvestir, sanctionner), qui, faute de solution militaire, prouverait que la «communauté internationale,» est sérieuse lorsqu’elle parle de paix et d’arrêt du projet génocidaire israélien. Et,de plus, comme après toute conférence sur la «paix au Proche-Orient,» il faudrait s’attendre au pire dans cette région. Le qualificatif de «naïveté» n’est pas celui qu’on devrait coller aux organisateurs de ce «cirque médiatique,» sans importance politique sur le cours des évènements dans la région !

C’est également un euphémisme mystificateur, car il laisse croire que les deux parties posent le problème de leurs différents sur les mêmes bases. On sait pourtant que la revendication sioniste sur le sol palestinien est de caractère religieux, et tire sa légitimité d’une promesse divine enregistrée dans un livre sacré, alors que la revendication palestinienne tire sa source des principes politiques modernes, dont le droit de l’homme et le droit des peuples à exister et à avoir un Etat. D’ailleurs, la preuve que pour les sionistes, le débat sur le «conflit» tourne autour d’une revendication religieuse, est la campagne furieuse et vicieuse menée sans relâche contre les communautés musulmanes dans les pays où ils tiennent le haut du pavé, et jouissent d’une puissance politique et économique sans commune mesure et sans contrepoids sérieux. Les sionistes veulent à tout prix faire croire qu’en fait leur combat pour une Israël conforme au commandement divin , donc débarrassée de toute trace du peuple palestinien, fait partie d’une «guerre des religions,» où l’agresseur serait le monde islamique, et l’ennemi serait le «radicalisme islamique,» dont la «menace terroriste» constitue la manifestation la plus dangereuse. Une simple lecture en diagonale de la presse ou un coup d’œil distrait sur les écrans de télévision lors de la diffusion des bulletins d’information, prouve la fallacie de cette assertion : le «radicalisme islamiste» fait plus la guerre aux Musulmans et aux nations musulmanes qu’aux pays «civilisés.» Pourquoi ? Question dont on saura tôt ou tard la réponse. On sait déjà que les manuels scolaires des Talibans ont été conçus et imprimés, non au Caire, à Beyrouth, à La Mecque ou à Qom, mais à l’université publique du Nebraska, et qu’ils n’ont certainement pas été financés par des «fonds musulmans.» (voir site internet : http://www.historycommons.org/context.jsp?item=a84textbooks)

Le «radicalisme islamique» a-t-il d’autres objectifs cachés que de défendre l’Islam et de le ramener à sa pureté originelle ? Est-ce un instrument de guerre contre l’Islam et pour des objectifs sinistres et en opposition totale avec les intérêts des Musulmans ? L’histoire contemporaine, une fois déchiffrée, offrira bien des surprises dans le futur.

Les sionistes veulent utiliser le camouflage «islamiste.» Ils forcent «le message islamophobe,»- qui atteint à présent un niveau d’hystérie bien plus strident que du temps des Croisades et de Pierre L’Hermite, et constitue un appel direct, à l’expulsion massive des Musulmans, si ce n’est à leur massacre – dans leur manipulation des opinions publiques des pays «civilisés,» pour justifier leur génocide du peuple palestinien, et cacher le fait que leur projet est d’abord et avant tout religieux.

C’est là une évolution dangereuse et qui ne promet pas des lendemains heureux pour le monde soumis à une vague de haine antimusulmane animée par les fanatiques religieux sionistes.

Le peuple palestinien, quant à lui, se bat pour le droit à un Etat laïc, adoptant les principes universels qu’embrassent les Etats «civilisés.» Pousrquoi son message universel est-il moins bien perçu dans les opinions publiques de ces «nations avancées» que le message de haine religieuse émis en continu par les sionistes ? Les puissants medias qui forment, et déforment, cette opinion, pratiquent-ils un viol des foules dont les recettes sont tirées directement des manuels des dictatures de l’entre deux guerres mondiale ? Ou reflètent-ils seulement un rapport de force favorable aux thèses extrémistes sionistes, mieux financées dans ces pays ?

Finalement, à souligner encore une fois que la conception de la «paix» selon Israël vient confirmer, s’il le fallait encore le caractère menteur et mystificateur de l’expression «conflit israélo-palestinien.» La «proposition raisonnable,» avancée par la «communauté internationale,» de «laisser les deux parties au conflits la liberté de négocier sans condition,» peut se traduire en termes terre-à-terre, «laissez le génocidaire négocier avec sa victime la légitimation et la légalisation de son génocide.» Ce n’est rien de plus que l’appui de cette «communauté garante de l’ordre international» à la version sioniste de la «paix par le génocide.»

Il est donc certainement grand temps de donner à ce «conflit» le nom qu’il mérite :

«Génocide du peuple palestinien pour la gloire de Yahveh.»

Mourad Benachenhou

http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5239122

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Le site archéologique de Tsatsiin Ereg, Mongolie

Le site archéologique de Tsatsiin Ereg, Mongolie Bibliographie repère : MAGAIL J, LEPETZ S, ZAZZO A.

Le site archéologique de Tsatsiin Ereg, Mongolie
Le site archéologique de Tsatsiin Ereg, Mongolie

La Mongolie est située entre la Russie au nord et la Chine au sud. La capitale est Oulan-Bator. Le pays se situe sur un vaste plateau montagneux incliné d’ouest en est. Bien que vaste le territoire mongol possède très peu de terres arables. Le pays se compose de steppe, de reliefs montagneux, de la taïga composée de pins et de mélèzes, et du désert de Gobi. Le site de Tsatsiin Ereg se situe en Mongolie à 40km de Tsetserleg et à cinq cents kilomètre d‘Oulan Bator. Tsatsiin Ereg est localisé sur un piton rocheux. Depuis les premières prospections de 2002, cette province est apparu riche en vestiges de la période de la protohistoire, de l’âge du Bronze.

La protohistoire est la période du développement de la métallurgie (cuivre, fer, bronze), avant l‘écriture. Elle se caractérise par des échanges à grandes distances et l’apparition d‘une nouvelle organisation sociale différemment hiérarchisée.
Ces changements sont visibles entre autre dans les vestiges funéraires. Tsatsiin Ereg se développe autour des tombes aristocratiques individuelles au environ de 1000 BC. Les complexes funéraires sont des Khirigsuurs. Ils comportent un tumulus central entouré de tertres aux angles et d’un alignement de cercles de pierres. Les tombes sont diversifiées : simple tumulus perché sur flanc de colline, petit tumulus à enclos quadrilatère de quatre à cinq mètres de diamètre avec petits tertres à chacun des coins, tumulus moyen à enclos circulaire de cinq à huit mètres de diamètre, ou grand tumulus à enclos mesurant jusqu’à quatre hectares de surface avec tertres aux angles et associé avec des cercles de pierres et des tertres satellites. Les sépultures se caractérisent par une inhumation conjointe d’un humain et d’un ou de deux chevaux.
Ces constructions avaient une vocation funéraire et culturelle. Elles semblent avoir été érigé pour les inhumations des défunts de hauts rangs associées à des pratiques de sacrifices d‘animaux. La Mongolie à l’âge du Bronze final, apparait occuppée par une civilisation dirigée par une élite inhumée sous ces types de complexes funéraires. “Si de nombreuses tombes ont été fouillées, par exemple au Kazakhstan, très peu l’ont été en Mongolie. Ces complexes restent peu étudiés et mal compris.“ (Magail, 2008).
A Tsatsiin Ereg, une centaine de pierres à cerfs et de pétroglyphes sont visibles dans le paysage. Les thèmes et le style sont très représentatif de l’ensemble des pierres à cerfs de Mongolie. Le poids des pierres à cerf suggère que cette population devait être suffisamment nombreuse pour les transporter des massifs montagneux aux steppes mongoles. Ce code iconographique irait de pair avec le développement des complexes funéraires.

Depuis 2006, le Musée d’Anthropologie préhistorique de Monaco et l’Institut d’Archéologie de l’Académie des Sciences de Mongolie coopèrent sur le Tsatsyn Ereg. Les missions archéologiques de l’équipe monégasque sont dirigées par l‘anthropologue Jérôme MAGAIL.
A partir de 2014, une mission française en Mongolie a été mise en place. Il s’agit d’une mission du Ministère des Affaires étrangères et du Développement International. Elle est soutenue par le CNRS, le Muséum national d’Histoire naturelle, en collaboration avec l’institut d’Histoire et d’Archéologie de l’Académie des Sciences d’Oulan Bator. Cette nouvelle mission en collaboration avec l’archéozoologue Sébastien Lepetz et le chimiste Antoine Zazzo a permis l’enregistrement des animaux sacrifiés, présents sous les tertres et les cercles de pierres.
La mission s’est poursuivie l‘été 2016, avec la collaboration d’étudiants sélectionnés sur dossier, pour rejoindre la mission. Elle s’est déroulée pendant trois semaines au mois de juillet avec pour objectif la fouille des structures périphériques (tertres de pierre et cercles de pierres) du complexe funéraire B10 de Tsatsiin Ereg. Les tertres recouvrent des restes de chevaux (mandibules, tête), et les cercles de pierres, des os d’animaux brûlés. En effet, au premier millénaire, la Mongolie a joué un rôle clé dans la naissance des civilisations nomades d’Asie centrale, caractérisées par les cavaliers (W. Fitzhugh et al., 2008). Les satellites de la structures B10 ont été fouillés par groupes de deux à trois fouilleurs. Des prélévements ont été effectués afin d’avoir d’obtenir des datations C14 ainsi que des analyses isotopiques. Cela permettra de comprendre l’origine de ces offrandes et leurs rôles.

Bibliographie
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– SALICIS C, DAVID R, MAGAIL J, (2012), La Mission Archéologique Mongolie-Monaco Compte-Rendu D’activité En 2012 : Prospections et Moulages (Tastsiin Ereg – Arkhangaï – Mongolie), Institut de Préhistoire et D’archéologie Alpes Méditerranée, n.d.
– SALICIS C, MOLLAND Y, (2008) Contribution À La Prospection Archéologique Autour Du Site de Tsatsiin Ereg (Arkhangaï – Mongolie), Institut de Préhistoire et D’archéologie Alpes Méditerranée, n.d.
– SALICIS C, NASANBAT N, (2010), Les Nouveaux Apports de La Prospection Archéologique En 2010 Autour de La Nécropole de Tsatuun Ereg (Arkhangaï – Mongolie), Institut de Préhistoire et D’archéologie Alpes Méditerranée, n.d.
– SALICIS C, NASANBAT N, (2011), Quatrième Année de Prospection Systématique Autour Des Nécropoles de La Vallée Du Khoid Tamir (Arkhangaï – Mongolie), Institut de Préhistoire et D’archéologie Alpes Méditerranée, n.d.
– TAYLOR W, (2016), Horse Demograohy and Use in Bronze Age Mongolia, Quaternary International, n.d.
 

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Il y a 10 ans, Saddam Hussein était pendu

Il y a 10 ans, Saddam Hussein était pendu
Il y a dix ans, le 30 décembre 2006, l’ex-président irakien Saddam Hussein mourait pendu, trois ans après sa capture rocambolesque.

Il y a dix ans, jour pour jour, Saddam Hussein s’éteignait sous les acclamations bruyantes du peuple irakien. Une vidéo pirate diffusée sur Internet montre ses derniers instants, dans une caserne des renseignements militaires à Bagdad. On le voit vêtu d’un manteau noir, refusant une cagoule. Des insultes et des cris fusent. «Est-ce là un comportement d’homme?», réplique l’ex-président.

«Je n’ai vu aucun signe de peur», confiera sept ans plus tard à l’AFP l’ex-conseiller Mouaffak al-Rubaïe, emprisonné à trois reprises sous Saddam Hussein et qui a conservé la corde du supplice après avoir assisté à l’exécution. «Il disait « Mort à l’Amérique! Mort à Israël! Longue vie à la Palestine! Mort aux mages perses »». Saddam Hussein commence à réciter la profession de foi musulmane mais la trappe s’ouvre sous ses pieds.

Les chiites fêtent, les sunnites et monde sont choqués

À 6h10, celui qui avait dirigé l’Irak d’une main de fer pendant plus de trente ans, de 1979 jusqu’à la prise de Bagdad par l’armée américaine le 9 avril 2003, est prononcé mort, le cou brisé. C’est le premier jour de l’Aïd al-Adha, la grande fête musulmane du Sacrifice. Les chiites, qui ont souffert sous son régime, dansent de joie dans les rues.

Cette brutale exécution, à laquelle l’armée américaine assure n’avoir pris aucune part, choque les sunnites et suscite la réprobation internationale, sauf en Israël et en Iran. Le tyran, dont le procès devait symboliser le nouvel Irak, avait été condamné à mort le 5 novembre par un Tribunal spécial irakien. Il n’avait eu de cesse d’en contester la légitimité durant tout son procès, d’octobre 2005 à juillet 2006.

Le lendemain de son exécution, Saddam Hussein est enterré dans son village natal d’Aouja, près de Tikrit (160 km au nord de Bagdad), auprès de ses deux fils tués en juillet 2003 à Mossoul par l’armée américaine. C’est aussi près de Tikrit, dans la localité d’Al-Daour, que les forces américaines l’avait le 13 décembre 2003, par une nuit sans lune, après plus de huit mois de traque. Aux soldats qui le capturent, il déclare en anglais «je suis Saddam Hussein, je suis le président d’Irak et je veux négocier», affirme aux journalistes un commandant américain.

«We got him» (« Nous l’avons eu »), annonce le lendemain à Bagdad, tout sourire, le chef de l’administration civile américaine Paul Bremer. Réfugiées en Jordanie, deux de ses trois filles, Raghad et Rana, suivent en larmes à la télévision l’annonce de la capture de leur père. À Bagdad, les Irakiens présents à cette conférence de presse poussent des cris de joie.

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Goodby Castro.

Aujourd’hui, dans les ruelles de la Havane un air de fin de règne, transformant la ville rempart des caraïbes à un gigantesque décor tropical de Becker pour son chef d’œuvre “Goodbye, Lénine!”. Pourtant, dans ces ruelles de la Havane, rares sont ceux qui, pour une raison ou une autre, ne pleurent pas le camarade Fidel.

Goodby Castro.
Il fut le fils illégitime d’une famille bourgeoise de l’Amérique latine. C’est dire qu’il est tombé petit dans la jungle de toutes les injustices : religieuses, sociales et politiques. Depuis, il consacra sa vie à remettre de l’ordre dans ce monde brutal, quitte à rendre coup pour coup.

Aujourd’hui, dans les ruelles de la Havane un air de fin de règne, transformant la ville rempart des caraïbes à un gigantesque décor tropical de Becker pour son chef d’œuvre “Goodbye, Lénine!”.

Pourtant, dans ces ruelles de la Havane, rares sont ceux qui, pour une raison ou une autre, ne pleurent pas le camarade Fidel. Ce vieux combattant qui a définitivement tiré sa révérence. Le repos du grand guerrier qui, de trop près, a vu la bête et lui a survécu. Durant plus d’un demi siècle il fut, en effet, la poutre dans l’œil de l’empire. Une poutre autour de laquelle les légions de l’empire se sont écrasées tels ses assassins, ses espions et ses journalistes qui ont tout tenté pour de s’en débarrasser. Et malgré tout, Castro n’a rien concédé. Rien négocié. Il fut en effet de tous les combats et sur tous les fronts. De la Palestine jusqu’à la Syrie, en passant par L’Apartheid sud-africain, le Congo de Lumumba et plus tard de Kabila, Castro n’a jamais raté une occasion pour porter haut ses couleurs révolutionnaires, sans cachotterie, ni faux semblant.

Cependant, usé par le temps et le dogmatisme paralysant, Cuba est, aujourd’hui, gros de chagrins et d’illusions et ses légendaires guerrioros s’apprêtent à rendre les armes. L’utopie marxiste a vécu. Et, comme toutes les utopies, elle a conçu des monts et des merveilles, bercé les espoirs des lendemains meilleurs et, surtout, érigé vers le ciel des palais et des châteaux qu’elle s’est empressée d’habiter, certes avant les finitions.

Pourtant l’expérience cubaine est tout sauf un échec. Car grâce notamment à un système éducatif performant, elle a bâti une société à têtes pleines mais, hélas, à ventres vides. Étrange paradoxe avec ce capitalisme honni qui lui a vaincu par ses têtes vides et ventres pleines.

En tout cas c’est, certainement, ce système-là que, devant l’Histoire, les cubains retiendront de la mémoire de cet homme dont les cendres éparpillés au-dessus du tropique témoignent qu’il fut insaisissable mort comme vivant. Ultime élégance d’un homme d’assez bon goût qui, en partant maintenant, refuse de traiter avec le pire produit du libéralisme américain : Trump.

Entre temps, la perestroïka cubaine déjà entamée par le petit frère marche sur les pattes de colombe. Question de sauver la face d’une fière nation dont la révolution désormais orpheline est combattue de toute part.

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Fidel Castro meurt de sa belle mort: l’ultime pied-de-nez à 638 tentatives d’assassinat

Fidel Castro meurt de sa belle mort: l’ultime pied-de-nez à 638 tentatives d’assassinat
Il a survécu à plus de 600 tentatives d’assassinat, défié 10 présidents américains et vu défiler un demi-siècle d’histoire: Fidel Castro, le père de la révolution cubaine, est décédé aujourd’hui à l’age de 90 ans.

Le père de la révolution cubaine Fidel Castro est entré dans le Livre Guinness des records comme « la personne qu’on a le plus souvent tenté d’assassiner », soit 638 fois au total, selon les archives de l’Agence centrale de renseignement (CIA) américaine, principal commanditaire de ces tentatives d’homicides, écrit le site Cubadebate.

« Les méthodes utilisées pour le tuer ont été multiples, mais toutes ont échoué: des snipers, des explosifs dans ses chaussures, du venin injecté dans un cigare ou dans un stylo, jusqu’à une petite charge explosive dans une balle de base-ball, entre autres », recense le site.

La CIA a même engagé son ex-maîtresse, Marita Lorenz, pour lui faire avaler des capsules empoisonnées. Elle les a dissimulées dans son maquillage, mais les capsules se sont dissoutes…

En 1961, plus d’un millier d’exilés cubains entraînés par la CIA ont débarqué dans la baie des Cochons. L’opération a été un échec cuisant mais les services secrets n’ont pas abandonné l’idée de réfléchir à des moyens — plus ou moins sérieux — de l’éliminer.

En outre, la CIA a tenté, au début des années 1960, d’assassiner le président cubain avec des cachets empoisonnés, grâce à l’aide d’un membre de la mafia de Las Vegas, Johnny Roselli, qui avait des relations indirectes avec des Cubains. 150 000 dollars lui avaient été proposés à l’époque, mais Roselli a refusé l’argent.

Six cachets contenant un poison mortel ont été livrés alors à un responsable cubain, Juan Orta, qui avait accès à Castro. « Après plusieurs semaines de tentatives, Orta apparemment a eu la frousse et a demandé à se retirer du projet », peut-on lire dans un dossier sur les activités illégales de l’agence de renseignement rendu public en 2007.

Un rapport spécial du Sénat américain, en 1975, révèle que les services secrets américains ont envisagé un temps de verser dans ses chaussures un produit chimique qui déclencherait la chute de sa barbe, ce qui aurait grandement entamé son charisme.

En fin de compte, il semble que la CIA ait jeté l’éponge, après tant d’échecs, et n’attende depuis lors que « la solution biologique » au « problème cubain ».

Le 31 juillet 2006, à la suite d’une intervention chirurgicale à l’intestin, Fidel Castro délègue provisoirement ses pouvoirs à son frère cadet, Raul. Mais le provisoire s’éternise et Castro entame une lente et pénible convalescence.

Le vendredi 25 novembre 2016, 10 ans après avoir transmis le pouvoir à son frère, Fidel Castro s’éteint. Raul annonce que le corps de l’ancien dirigeant sera incinéré au plus vite.

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50 vérités sur Fidel Castro

Le leader historique de la Révolution cubaine a marqué à jamais l’Histoire de Cuba et de l’Amérique latine, faisant de son pays un symbole de dignité et de résistance.

50 vérités sur Fidel Castro
1. Issu d’une fratrie de sept enfants, Fidel Castro est né le 13 août 1926 à Birán dans l’actuelle province d’Holguín, de l’union entre Angel Castro Argiz, un riche propriétaire terrien espagnol originaire de Galice, et Lina Ruz González, cubaine de naissance.

2. A l’âge de sept ans, il part pour la ville de Santiago de Cuba et réside chez une institutrice chargée de son éducation. Celle-ci l’abandonne à son sort. « J’y ai connu la faim », se rappellera Fidel Castro et « on avait trompé ma famille ». Un an plus tard, il intègre le collège religieux des Frères de la Salle en janvier 1935 en tant qu’interne. Il quittera l’institution à l’âge de onze ans pour le collège Dolores, en janvier 1938, après s’être rebellé contre l’autoritarisme d’un enseignant. Il poursuit ensuite sa scolarité chez les jésuites au collège de Belén de La Havane de 1942 à 1945. Après des études brillantes, son professeur, le Père Armando Llorente, écrit dans l’annuaire de l’établissement : « Il s’est distingué dans toutes les matières littéraires. Excellent et rassembleur, il a été un véritable athlète, défendant toujours avec courage et fierté le drapeau du collège. Il a su gagner l’admiration et l’affection de tous. Il poursuivra des études de droit et nous ne doutons pas qu’il remplira de pages brillantes le livre de sa vie ».

50 vérités sur Fidel Castro
3. Malgré son exil à Miami en 1961 suite aux tensions entre le gouvernement révolutionnaire et l’Eglise catholique cubaine, le Père Llorente a toujours conservé un souvenir nostalgique de son ancien élève : « On me reproche souvent de dire du bien de Fidel. Moi, je ne peux pas dire du mal du Fidel que j’ai connu. De plus, un jour, il m’a sauvé la vie et ce sont des choses qu’on ne peut jamais oublier ». Fidel Castro s’était jeté dans un fleuve pour sauver son professeur qui était emporté par le courant.

4. En 1945, Fidel Castro entre à l’Université de La Havane où il entreprend une carrière de droit. Elu délégué de la Faculté de Droit, il participe activement aux manifestations contre la corruption du gouvernement du Président Ramón Grau San Martín. Il n’hésite pas non plus à dénoncer publiquement les bandes armées du BAGA liées aux autorités politiques. Max Lesnik, alors secrétaire général de la Jeunesse Orthodoxe et camarade de Fidel Castro, se remémore cet épisode : « Le comité ‘30 Septembre’ [créé pour lutter contre les bandes armées] avait pris la décision de dénoncer le gouvernement et les gangsters durant la session plénière de la Fédération des étudiants. Dans le salon, plus de 300 étudiants des diverses facultés se pressaient pour écouter Fidel quand quelqu’un cria […] : ‘Celui qui parlera trop, parlera pour la dernière fois’. Il était clair que la menace s’adressait à l’orateur. Fidel s’est levé de sa chaise et d’un pas posé et ferme marcha vers le centre du grand salon. Après avoir demandé une minute de silence en souvenir des martyrs […], il s’est mis à lire une liste officielle avec les noms de tous les membres des gangs et des dirigeants de la Fédération estudiantine universitaire stipendiés par le gouvernement ».

5. En 1947, à l’âge de 22 ans, Fidel Castro participe avec Juan Bosch, futur Président de la République Dominicaine, à une tentative de débarquement de Cayo Confite pour renverser le dictateur Rafael Trujillo, alors soutenu par les Etats-Unis.

6. Un an plus tard, en 1948, il participe au Bogotazo, soulèvement populaire déclenché par l’assassinat de Jorge Eliécer Gaitán, leader politique progressiste, candidat aux élections présidentielles en Colombie.

7. Diplômé de droit en 1950, Fidel Castro exerce en tant qu’avocat jusqu’en 1952 et défend les petites gens, avant de se lancer en politique.

8. Fidel Castro n’a jamais milité au sein du Parti Socialiste Populaire (PSP), parti communiste de la Cuba prérévolutionnaire. Il était membre du Parti du Peuple Cubain, également appelé Parti Orthodoxe, fondé en 1947 par Eduardo Chibás. Le programme du Parti Orthodoxe de Chibás est progressiste et se base sur plusieurs piliers : la souveraineté nationale, l’indépendance économique par la diversification de la production agricole, la suppression des latifundios, le développement de l’industrie, la nationalisation des services publics, la lutte contre la corruption et la justice sociale avec la défense des travailleurs. Fidel Castro revendique son appartenance à la pensée de José Martí, de Chibás et anti-impérialiste. Orateur de grand talent, il se présente aux élections parlementaires en tant que candidat du Parti du Peuple Cubain en 1952.

9. Le 10 mars 1952, à trois mois des élections présidentielles, le général Fulgencio Batista brise l’ordre constitutionnel en renversant le gouvernement de Carlos Prío Socarrás. Il obtient le soutien immédiat des Etats-Unis qui reconnaissent officiellement la nouvelle dictature militaire.

10. L’avocat Fidel Castro dépose plainte contre Batista pour rupture de l’ordre constitutionnel : « Si des tribunaux existent, Batista doit être sanctionné, et si Batista n’est pas sanctionné […], comment ce tribunal pourra-t-il ensuite juger un citoyen pour sédition ou rébellion contre ce régime illégal produit de la trahison impunie ? » La Cour Suprême, inféodée au nouveau régime, juge la demande irrecevable.

11. Le 26 juillet 1953, Fidel Castro prend la tête d’une expédition de 131 hommes et lance une attaque contre la caserne Moncada de Santiago de Cuba, seconde forteresse militaire du pays, et contre la Caserne Carlos Manuel de Céspedes de la ville de Bayamo. Le but était de prendre le contrôle de Santiago – berceau historique de toutes les révolutions – et de lancer un appel à la rébellion dans tout le pays afin de renverser le dictateur Batista.

12. L’opération est un échec sanglant et de nombreux combattants – 55 au total – sont assassinés après avoir été brutalement torturés par l’armée. En effet, seuls 6 d’entre eux avaient perdu la vie lors des combats. Quelques-uns réussissent à s’échapper grâce au soutien de la population.

13. Fidel Castro, capturé quelques jours plus tard, doit sa vie au sergent Pedro Sarría, qui refuse de suivre les ordres de ses supérieurs et d’exécuter le leader du Moncada. « Ne tirez pas ! Ne tirez pas ! On ne tue pas les idées », s’était-il exclamé face à ses soldats.

14. Durant sa plaidoirie historique intitulée « L’Histoire m’acquittera », Fidel Castro, qui assure sa propre défense, dénonce les crimes de Batista et la misère dans laquelle vit le peuple cubain et présente son programme pour une Cuba libre basé sur la souveraineté nationale, l’indépendance économique et la justice sociale.

15. Condamné à 15 ans de prison, Fidel Castro est libéré deux ans plus tard, en 1955, suite à une amnistie accordée par le régime de Batista. Il fonde le Mouvement 26 Juillet (M 26-7) et fait part de son projet de poursuivre la lutte contre la dictature militaire avant de s’exiler au Mexique.

16. Fidel Castro y organise l’expédition du Granma, en compagnie d’un médecin nommé Ernesto Guevara. Fidel Castro n’a aucun mal à convaincre le jeune argentin qui se souvient : « Je l’ai connu durant une nuit fraîche à Mexico, et je me souviens que notre première discussion tourna autour de la politique internationale. Quelques heures plus tard – au petit matin – j’étais l’un des futurs expéditionnaires ».

17. En août 1955, Fidel Castro publie le premier manifeste du Mouvement 26 Juillet qui reprend les points essentiels de sa plaidoirie « L’Histoire m’acquittera ». Il y est question de réforme agraire, d’interdiction des latifundios, de réformes économiques et sociales en faveur des déshérités, d’industrialisation de la nation, de construction de logements, de baisse des loyers, de nationalisation des services publics de téléphone, gaz et électricité, d’éducation et de culture pour tous, de réforme fiscale et de réorganisation de l’administration publique pour lutter contre la corruption.

18. En octobre 1955, afin de récolter des fonds nécessaires à l’expédition, Fidel Castro réalise une tournée aux Etats-Unis et se réunit avec les exilés cubains. Le FBI met sous étroite surveillance les clubs patriotiques M 26-7 fondés dans les différentes villes.

19. Le 2 décembre 1956, Fidel Castro embarque dans le port de Tuxpán au Mexique à bord du bateau Granma d’une capacité de 25 personnes. Les révolutionnaires sont 82 au total et mettent le cap sur Cuba avec l’objectif de déclencher une guerre de guérilla dans les montagnes de la Sierra Maestra.

20. La traversée se transforme en cauchemar en raison des conditions climatiques. Un expéditionnaire tombe à la mer. Juan Almeida, membre du groupe et futur commandant de la Révolution, se remémore l’épisode : « Fidel nous a dit la chose suivante : ‘Tant que nous ne l’aurons pas sauvé, nous ne bougerons pas d’ici’. Cela a ému tout le monde et a éveillé notre combativité. On s’est dit qu’avec cet homme, personne ne serait abandonné. On mettait pourtant en péril l’expédition. Mais on l’a finalement sauvé ».

21. Après une traversée de sept jours, au lieu des cinq prévus, le 2 décembre 1956, la troupe débarque « dans le pire marécage jamais vu » selon Raúl Castro. Elle est dispersée par les tirs de l’aviation cubaine, et pourchassée par 2 000 soldats de Batista qui attendaient les révolutionnaires.

22. Quelques jours plus tard, à Cinco Palmas, Fidel Castro retrouve son frère Raúl et 10 autres expéditionnaires. « Maintenant, nous allons gagner la guerre », déclare le leader du M 26-7 à ses hommes. La guerre de guérilla débute et durera 25 mois.

23. En février 1957, l’interview de Fidel Castro réalisée par Herbert Matthews du New York Times permet à l’opinion publique étasunienne et mondiale de découvrir l’existence d’une guérilla à Cuba. Batista avouera plus tard dans ses mémoires que grâce à ce scoop médiatique « Castro commençait à devenir un personnage de légende ». Matthews nuance cependant l’importance de son interview : « Aucune publicité, si sensationnelle qu’elle fût, n’aurait pu donner quoi que ce soit plus tard si Fidel Castro n’avait pas été précisément l’homme que j’avais décrit ».

24. Malgré les déclarations officielles de neutralité dans le conflit cubain, les Etats-Unis ont apporté leur soutien politique, économique et militaire à Batista, et se sont opposés à Fidel Castro jusqu’aux ultimes instants. Le 23 décembre 1958, à une semaine du triomphe de la Révolution, alors que l’armée de Fulgencio Batista est en déroute malgré sa supériorité en hommes et en armes, a lieu la 392ème rencontre du Conseil de sécurité nationale, en présence du Président Eisenhower. Allen Dulles, directeur de la CIA, exprime clairement la position des Etats-Unis : « Nous devons empêcher la victoire de Castro ».

25. Malgré le soutien des Etats-Unis, ses 20.000 soldats et une supériorité matérielle, Batista ne put vaincre une guérilla composée 300 hommes armés lors de l’offensive finale durant l’été 1958 qui mobilisa plus de 10 000 soldats. Cette « victoire stratégique » révèle alors le génie militaire de Fidel Castro qui avait anticipé et mis en échec l’opération Fin de Fidel lancée par Batista.

26. Le 1er janvier 1959, cinq ans, cinq mois et cinq jours après l’attaque de la caserne Moncada du 26 juillet 1953, triomphe la Révolution cubaine.

27. Lors de la formation du gouvernement révolutionnaire en janvier 1959, Fidel Castro est nommé ministre des Forces armées. Il n’occupe ni la Présidence, dévolue au juge Manuel Urrutia, ni le poste de Premier Ministre, occupé par l’avocat José Miró Cardona.

28. En février 1959, le Premier Ministre Cardona, opposé aux réformes économiques et sociales qu’il juge trop radicales (projet de réforme agraire), présente sa démission. Manuel Urrutia fait alors appel à Fidel Castro pour occuper le poste.

29. En juillet 1959, face à l’opposition du Président Urrutia qui refuse de nouvelles réformes, Fidel Castro démissionne de son poste de Premier Ministre. D’immenses manifestations populaires éclatent alors à Cuba, exigeant le départ d’Urrutia et le retour de Fidel Castro. Le nouveau Président de la République Osvaldo Dorticós le nomme de nouveau Premier Ministre.

30. Les Etats-Unis se montrent immédiatement hostiles à Fidel Castro en accueillant les dignitaires de l’ancien régime, dont plusieurs criminels de guerre qui ont dévalisé les réserves du Trésor Public, emportant dans leur fuite 424 millions de dollars.

50 vérités sur Fidel Castro
31. Pourtant, dès le départ, Fidel Castro fait montre de sa volonté d’entretenir de bonnes relations avec Washington. Néanmoins, lors de sa première visite aux Etats-Unis en avril 1959, le Président Eisenhower refuse de le recevoir et préfère aller jouer au golf. John F. Kennedy exprimera ses regrets à ce sujet : « Fidel Castro fait partie de l’héritage de Bolivar. Nous aurions dû faire un accueil plus chaleureux au jeune et fougueux rebelle lors de son triomphe ».

32. Dès octobre 1959, des pilotes en provenance des Etats-Unis bombardent Cuba et retournent en Floride sans être inquiétés par les autorités. Le 21 octobre 1959, une bombe larguée au-dessus de La Havane fait deux morts et 45 blessés. Le responsable du crime, Pedro Luis Díaz Lanz, retourne à Miami sans être inquiété par la justice et Washington refuse de l’extrader à Cuba.

33. Fidel Castro ne se rapproche de Moscou qu’en février 1960 et n’acquiert des armes soviétiques qu’après s’être heurté au refus des Etats-Unis de lui fournir l’arsenal nécessaire à sa défense. Washington a également fait pression sur le Canada et les nations européennes sollicitées par Cuba afin de l’obliger à se tourner vers le bloc socialiste et ainsi justifier sa politique hostile vis-à-vis de La Havane.

34. En mars 1960, l’administration Eisenhower prend la décision formelle de renverser Fidel Castro. Au total, le leader de la Révolution cubaine réchappera à non moins de 637 tentatives d’assassinat.

35. En mars 1960, le sabotage par la CIA du navire français La Coubre chargé d’armes dans le port de La Havane fait plus d’une centaine de morts. Dans son discours en hommage aux victimes, Fidel Castro lance le slogan « La Patrie ou la mort » inspiré de celui de la Révolution française en 1793 « Liberté, égalité, fraternité ou la mort ».

36. Le 16 avril 1961, suite aux bombardements des principaux aéroports du pays par la CIA, prélude de l’invasion de la Baie des Cochons, Fidel Castro déclare le caractère « socialiste » de la Révolution.

37. Lors de l’invasion de la Baie des Cochons par 1400 exilés financés par la CIA, Fidel Castro monte au front et se retrouve en première ligne de combat. Il inflige une sévère défaite aux Etats-Unis en écrasant les envahisseurs en 66 heures. Sa popularité atteint alors des sommets à travers le monde.

38. Durant la crise des missiles d’octobre 1962, le général soviétique Alexei Dementiev était aux côtés de Fidel Castro. Il raconte ses souvenirs : « J’ai passé aux côtés de Fidel les moments les plus impressionnants de ma vie. J’étais la plupart du temps avec lui. Il y eut un moment où nous avons considéré comme proche l’attaque militaire des Etats-Unis et Fidel a pris la décision de lancer l’état d’alerte. En quelques heures, le peuple était en position de combat. La foi de Fidel en son peuple était impressionnante, et la foi de son peuple et de nous-mêmes, les soviétiques, en lui également. Fidel est, sans discussion aucune, l’un des génies politiques et militaires de ce siècle ».

39. En octobre 1965, le Parti Communiste Cubain (PCC) est créé en remplacement du Parti uni de la Révolution socialiste (PURS) né en 1962 (qui substitua les Organisations révolutionnaires intégrées – ORI – créées en 1961). Fidel Castro est nommé Premier secrétaire.

40.En 1975, Fidel Castro est élu pour la première fois à la Présidence de la République suite à l’adoption de la nouvelle Constitution. Il sera réélu à ce poste jusqu’en 2006.

41. En 1988, à plus de 20 000 kilomètres de distance, Fidel Castro dirige depuis La Havane la bataille de Cuito Cuanavale en Angola, au cours de laquelle les troupes cubaines et angolaises infligent une cuisante défaite aux forces armées sud-africaines qui avaient envahi l’Angola et qui occupaient la Namibie. L’historien Piero Gleijeses, professeur à l’Université Johns Hopkins de Washington, a écrit à ce sujet : « Malgré tous les efforts de Washington [allié au régime de l’Apartheid], Cuba changea le cours de l’histoire en Afrique australe […]. La prouesse des Cubains sur le champ de bataille et leur virtuosité à la table des négociations s’avérèrent décisives pour contraindre l’Afrique du Sud à accepter l’indépendance de la Namibie. Leur défense victorieuse de Cuito Cuanavale fut le prélude d’une campagne qui obligea la SDAF à quitter l’Angola. Cette victoire eut des répercussions au-delà des frontières de la Namibie ».

42. Observateur lucide de la Perestroïka, Fidel Castro déclare au peuple dans un discours prémonitoire du 26 juillet 1989 qu’en cas de disparition de l’Union soviétique, Cuba devra résister et poursuivre la voie du socialisme : « Si demain ou un autre jour nous nous réveillons avec la nouvelle qu’une grande guerre civile a éclaté en URSS, ou même si nous nous réveillons avec la nouvelle que l’URSS s’est désintégrée […], Cuba et la Révolution cubaine continueraient à lutter et à résister ».

50 vérités sur Fidel Castro
43. En 1994, en pleine Période Spéciale, il rencontre pour la première fois Hugo Chávez avec lequel il noue une forte amitié qui durera jusqu’à la mort de ce dernier en 2012. D’après Fidel Castro, le président vénézuélien était « le meilleur ami qu’a eu le peuple cubain ». Tous deux mettent en place un partenariat stratégique avec la création en 2005 de l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de notre Amérique qui regroupe désormais huit pays de l’Amérique latine et de la Caraïbe.

44. En 1998, Fidel Castro reçoit la visite du Pape Jean-Paul II à La Havane. Ce dernier demande « au monde s’ouvrir à Cuba et à Cuba de s’ouvrir au monde ».

45. En 2002, l’ancien président des Etats-Unis Jimmy Carter réalise une visite historique à Cuba. Il intervient en direct à la télévision : « Je ne suis pas venu ici pour m’immiscer dans les affaires internes de Cuba, mais pour tendre une main amicale au peuple cubain et offrir une vision du futur pour nos deux pays et pour les Amériques […]. Je veux que nous soyons amis et que nous nous respections mutuellement […]. Etant donné que les Etats-Unis sont la nation la plus puissante, c’est à nous d’effectuer le premier pas ».

46. En juillet 2006, suite à une grave maladie intestinale, Fidel Castro est contraint de se retirer du pouvoir. Conformément à la Constitution, le Vice-président Raúl Castro lui succède.

47. En février 2008, Fidel Castro renonce définitivement à tout mandat exécutif. Il se consacre alors à la rédaction de ses mémoires et publie régulièrement des articles sous le titre de « Réflexions ».

48. Arthur Schlesinger Jr., historien et conseiller spécial du Président Kennedy, a évoqué la question du culte de la personnalité après un séjour à Cuba en 2001 : « Fidel Castro ne fomente pas le culte de la personnalité. Il est difficile de trouver une affiche ou même une carte poste de Castro à La Havane. L’icône de la Révolution de Fidel, visible partout, est le Che Guevara ».

49. Gabriel García Márquez, écrivain colombien et Prix Nobel de littérature, est un ami intime de Fidel Castro. Il a en dressé un bref portrait et souligne « la confiance absolue qu’il place dans le contact direct. Son pouvoir est à la séduction. Il va chercher les problèmes là où ils sont. […] Sa patience est invincible. Sa discipline est de fer. La force de son imagination le pousse jusqu’aux limites de l’imprévu. »

50. Le triomphe de la Révolution cubaine le 1er janvier 1959 dirigé par Fidel Castro est l’événement le plus marquant de l’histoire de l’Amérique latine du XXe siècle. Fidel Castro demeurera comme l’une des figures les plus controversées du XXe siècle. Néanmoins, même ses plus farouches détracteurs reconnaissent qu’il a fait de Cuba une nation souveraine et indépendance respectée sur la scène internationale, aux indéniables réussites sociales dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la culture, du sport et de la solidarité internationale. Il restera à jamais comme le symbole de la dignité nationale qui s’est toujours aligné aux côtés des opprimés et qui a apporté son soutien à tous les peuples qui luttaient pour leur émancipation.

Article original en portugais :

http://operamundi.uol.com.br/conteudo/reportagens/33239/50+verdades+sobre+fidel+castro.shtml

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Les médias face au défi de l’impartialité (Paris, Editions Estrella, 2013) et comporte une préface d’Eduardo Galeano.

http://www.amazon.fr/Cuba-m%C3%A9dias-face-d%C3%A9fi-limpartialit%C3%A9/dp/2953128433/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1376731937&sr=1-1

Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; Salim.Lamrani@univ-reunion.fr

Page Facebook : https://www.facebook.com/SalimLamraniOfficiel

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Pourquoi nous exigeons des preuves matérielles

Dans une introduction, Vincent Reynouard explique pourquoi, dès qu’il est question du national-socialisme, les historiens n’agissent pas en historiens mais en soldats d’une cause politique. S’appuyant sur le cas d’Oradour, il rappelle qu’un révisionniste peut avoir raison contre tous les historiens et les témoins. Puis il aborde le cas de la Shoah en démontrant que les chercheurs accrédités ont mal interprété le document NO-365 dans lequel le 25 octobre 1941, le docteur Wetzel parlait d’éliminer les Juifs inaptes au travail avec des « méthodes brackiennes ». Vincent Reynouard remet ce document dans le contexte pour en dévoiler la véritable portée…

Pourquoi nous exigeons des preuves matérielles
Pour visionner l’édito :

– sur l’ancienne chaîne : https://www.youtube.com/watch?v=WKGm0jXrhbM&feature=youtu.be

– sur la nouvelle chaîne : https://www.youtube.com/watch?v=cf6kQlJ9EtA&feature=youtu.be

Et bien sûr, très bientôt sur notre site : www.sansconcessiontv.org

Vincent Reynouard a été contraint de s’exiler à cause des persécutions qu’il subit de la part du lobby juif. Ceux qui souhaitent le soutenir financièrement peuvent effectuer un virement bancaire sur le compte suivant :

Titulaire : Siegfried VERBEKE

IBAN : BE35 2200 0505 3837

BIC : GEBABEBB

Sans concesstion tv.

http://sansconcessiontv.org/phdnm/

La chaîne Youtube de Vincent Reynouard aux Etats-Unis

http://www.unblockyoutube.us

Nouvelle chaîne

https://www.youtube.com/channel/UCtjSBBjPhyKMp2FzNnXJ_Nw

Une petite astuce bien commode lorsqu’une vidéo « n’est pas disponible dans (n)otre pays » : il suffit tout simplement de descendre tout en bas de la page, où les pays sont représentés par de petits drapeaux, et de remplacer la mention de notre pays par celle d’un autre en cliquant sur le drapeau choisi. On accède alors sans autre manoeuvre à la vidéo souhaitée.

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