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Comment l’UE camoufle le terrorisme d’extrême-droite contre les musulmans

On a désormais la preuve par Europol elle-même que l’essentiel du terrorisme d’extrême-droite contre les réfugiés et les minorités en Europe est presque systématiquement et délibérément exclu des statistiques

Comment l’UE camoufle le terrorisme d'extrême-droite contre les musulmans
Le deux poids, deux mesures qui structure de A à Z la médiatisation, les discours, une bonne partie de la recherche ainsi que les politiques sur le terrorisme est désormais bien connu, quotidiennement visible, empiriquement vérifiable et amplement documenté.

Pour résumer, il consiste en une double déformation systématique de la réalité et de la diversité du terrorisme, que l’on réduit d’abord au terrorisme de type non-étatique (style al-Qaïda ou Daech) – produisant déjà une première et énorme distorsion dans la représentation du phénomène, le terrorisme étatique étant de loin le pire de tous – avant de restreindre une second fois les discours et représentations de ce terrorisme (exclusivement non-étatique donc) à l’une de ses variétés : le « djihadisme islamiste ».

Il en ressort une perception du phénomène grossièrement biaisée, faussée, déformée et surtout, parfaitement inexacte. Ce qui semble d’ailleurs être le but recherché.

Le « terrorisme », mot à géométrie variable

L’excellent et incisif journaliste américain Juan Cole a établi de façon concise et avec beaucoup d’humour la liste de ces deux poids, deux mesures, et tout un chacun peut régulièrement en observer la véracité.

Ainsi, les terroristes blancs ne sont en général pas des terroristes mais de simples « meurtriers » ou « criminels », alors que leurs homologues arabes et/ou musulmans, eux, sont immédiatement perçus et catégorisés comme « terroristes ». De même, les premiers sont toujours présentés comme des individus isolés sans aucun rapport avec quelque autre personne ou groupe, tandis que les « djihadistes » font inévitablement partie d’un groupe, voire d’un vaste complot « islamiste » planétaire, quand bien même il est évident que l’attaquant était lui aussi un individu parfaitement isolé, un loner coupé de tout.

Un terroriste blanc et/ou chrétien ne sera jamais présenté comme typique des blancs ou des chrétiens. Par contre, un Arabe sera toujours représentatif des prétendues tares de sa société d’appartenance supposée. Un musulman qui s’attaque à d’autres personnes en hurlant « Allahu Akbar » est ainsi automatiquement considéré comme caractéristique de la « maladie de l’islam », de sa soi-disant « violence innée ». On sommera alors tous les musulmans et leurs autorités spirituelles, imams et autres, de « dénoncer » son acte, de « faire entendre leurs voix », de « combattre la violence qui couve en leur sein ».

Par contraste, la religion chrétienne, les chrétiens en général et leurs autorités n’ont jamais, au grand jamais, quoi que ce soit à voir avec le terrorisme chrétien tel qu’exprimé par les meurtres de docteurs et d’infirmières qui pratiquent des avortements ou les attaques de cliniques et de centres de planning familial – actes assez répandus, et depuis longtemps, aux États-Unis, au point qu’ils ne surprennent plus personne tant ils sont devenus banals.

La culpabilité et la responsabilité collective ne s’appliquent donc que lorsque le terroriste est musulman. Remarquons d’ailleurs que l’expression « terrorisme christianiste » n’existe pas, contrairement au terrorisme « islamiste ».

En outre, les djihadistes sont toujours parfaitement décrits comme sains d’esprit et maîtres de leurs actes. Mais les autres, surtout ceux qui tuent ou cherchent à tuer des musulmans, sont en général présentés comme des fous, des détraqués et des cas cliniques qui relèvent avant tout de la psychiatrie.

Surtout, jamais l’on ne reliera les attaques des extrémistes d’extrême-droite à une culture collective, à certains discours dominants, à une idéologie (anti-immigrée, islamophobe, racialiste, nationaliste ou autre) pourtant construite et propagée de façon consistante par des idéologues comme Bat Ye’Or avec ses « théories » démentielles sur l’« Eurabia » et « l’islamisation » de l’Europe, des blogs comme Riposte Laïque ou Fdesouche, des grands médias comme Valeurs Actuelles, des intellectuels islamophobes comme Éric Zemmour ou Renaud Camus, et des figures politiques influentes comme Donald Trump, Geert Wilders ou Oskar Freysinger.

Jamais l’on ne tient, surtout pénalement, ces idéologies, discours, médias et dirigeants politiques comme au moins en partie responsables du terrorisme anti-musulmans et anti-immigrés, alors que l’on considère le « salafisme », « l’islamisme radical » (ou simplement « politique »), voire l’islam tout entier, comme sources, origines ou « antichambres » du djihadisme. Idéologies qu’il faut alors éradiquer, y compris en expulsant ceux qui les propagent (imams « radicaux ») et en fermant sur de simples suspicions et sans preuve aucune des lieux de culte.

L’utilisation du mot « terrorisme » et des termes qui lui sont associés (« radicalisation », « extrémisme », etc.) est donc toujours hautement sélective. Sa caractérisation et son traitement par nos États obéissent à une géométrie variable, et ses critères changent à volonté selon les attaquants et les victimes.

Un cas d’école emblématique : Dylann Roof

Les exemples sont légion. Un des plus criants : celui du jeune Américain de 19 ans Dylann Roof qui, le 18 juin 2015, tue en pleine messe neuf Africains-Américains dans leur église de Charleston (Caroline du Sud), afin de déclencher, selon des documents trouvés à son domicile, « une guerre des races » aux États-Unis.

Suprémaciste américain somme toute classique dans son idéologie et sa culture, Roof appartenait à la mouvance sudiste confédérée chrétienne. On retrouve rapidement chez lui quantité de documents, pamphlets, drapeaux, photos et manifestes suprémacistes et néonazis, y compris son propre site web The Last Rhodesian, où il pose fièrement en arborant les symboles de ces mouvements et explique ses motivations et modèles, comme l’apartheid et l’Afrique du Sud ségrégationniste.

Malgré tout cela, y compris sa propre confession concernant la motivation raciste et raciale de ses meurtres, les autorités états-uniennes et la plupart des grands médias occidentaux refusent de parler d’acte terroriste. Obama qualifie alors la tuerie de « senseless shooting » (fusillade insensée). Les grands médias tant européens qu’américains déploient des trésors d’inventivité linguistique (et d’hypocrisie) pour éviter d’avoir à décrire Roof pour ce qu’il est de toute évidence — un terroriste de type White Christian Supremacist — et au lieu de cela, le décrivent comme un meurtrier, un extrémiste, etc. et même, pour le New York Times, un Visiteur des Enfers !

Chose encore plus incroyable dans cette entreprise de déni collectif, le directeur du FBI lui-même, James Comey, refuse également de parler de terrorisme alors que cette attaque correspond en tout point à la définition de sa propre agence, dont elle pourrait même constituer un cas d’école.

On imagine aisément la différence de traitement médiatique, policier, politique et judiciaire si, au lieu d’un suprémaciste blanc chrétien et de ses victimes noires, le meurtrier avait été un Arabe musulman qui aurait exécuté neuf personnes blanches dans leur église en hurlant « Allahu Akbar » avant que la police ne retrouve chez lui des vidéos et textes d’allégeance à Daech !

Comment l’UE camoufle le terrorisme d'extrême-droite contre les musulmans
Dylann Roof a été jugé et condamné à mort en 2017, mais pour meurtres et « crimes de haine », pas pour terrorisme, ce dont il était pourtant bien l’auteur.

Voilà un exemple de la façon dont nos institutions médiatiques, policières, politiques et judiciaires nient et évacuent, y compris de leurs statistiques officielles, certaines formes de terrorisme non-« islamiste », même parmi les plus graves, tout en évitant de s’en prendre aux idéologies, aux leaders d’opinions (comme ceux précédemment cités, les Wilders, Trump ou Zemmour) et aux groupes (comme le Tea Party) qui créent et nourrissent ce terrorisme-là, de la même manière qu’ils le font avec le djihadisme et ses soi-disant « sources » dans le salafisme, les mosquées « radicales », les Frères musulmans et autres.

Malgré les mensonges des dirigeants et médias, la menace « djihadiste » reste à la baisse

Le dernier rapport d’Europol, « EU Terrorism. Situation and Trend 2017 », malgré sa rhétorique alarmiste (car il faut bien justifier ses budgets), montre que comme les années précédentes, cette menace terroriste avec laquelle on effraie nos populations tue en réalité très peu et que rien, aucune cause de mortalité, violente ou pas, ne tue moins que cela en Europe : 142 victimes en 2016 sur les 510 millions d’habitants des 28 pays de l’UE. On aimerait que toutes les autres causes de mort violente, des accidents aux homicides, soient à un si bas niveau.

On voit aussi à quel point nos dirigeants, médias, pseudo-experts en terrorisme et têtes parlantes des plateaux télé nous mentent à la fois sur l’ampleur et sur les tendances de cette menace. Alors que tous, tous les jours, martèlent qu’elle n’a jamais été aussi haute et ne cesse d’empirer, la réalité est exactement le contraire, comme le rappelle le rapport d’Europol : « Le total des 142 attaques confirme et poursuit la diminution du nombre des attentats entamée en 2014 (226 cas) et 2015 (211) » (p. 10).

Non seulement le nombre d’attentats réussis est faible, mais la proportion des attaques « djihadistes » par rapport au total l’est également (13 sur 142). Et les attentats dits djihadistes diminuent eux aussi, à la fois en nombre (de 17 en 2015 à 13 en 2016) et en victimes (de 151 en 2015 à 142 en 2016).

Et cela, jamais vous n’entendrez un responsable politique vous le dire, jamais vous ne verrez ces faits avérés faire la une des journaux ou des magazines, tant la gouvernance par la peur est indispensable aux gouvernants et l’hystérie paranoïaque autour du terrorisme utile à certains.

Encore plus intéressant : alors que l’on nous affirme que la menace djihadiste touche désormais tout le monde et qu’aucun pays n’est à l’abri, seuls 3 des 28 pays membres de l’UE (France, Belgique et Allemagne) ont subi un ou plusieurs attentats de ce type sur leur sol, réussis ou pas, dans la période étudiée (rapport Europol p. 49). La vaste majorité de l’UE, 25 pays sur 28, n’en ont subi aucun, même en considérant les attentats manqués ou déjoués, et ce malgré la situation syrienne et la guerre contre Daech qui, depuis deux ans, ont grandement exacerbé la menace.

Comment l’UE exclut de ses chiffres le terrorisme contre les musulmans, immigrés et réfugiés

Surtout, une lecture attentive du rapport nous apprend, au détour d’un paragraphe (p. 10), une autre chose proprement sidérante, confirmant ce que l’on suspectait déjà depuis un moment : à savoir que les États membres (à une exception près, la Hollande) ne considèrent pas « les assauts violents commis par des individus et groupes d’extrême-droite contre les demandeurs d’asile et les minorités ethniques en général » comme des actes terroristes ! Ils ne les incluent donc pas dans leurs chiffres, statistiques, communiqués et rapports. Même chose pour Europol, qui se base sur les données fournies par ces États membres. On en reste soufflé.

La justification expressément donnée par les auteurs du rapport se trouve dans une note de bas de page, qui elle-même renvoie à l’annexe méthodologique. Là (p. 54), on trouve (en la cherchant bien), la fameuse définition du « terrorisme » qui soi-disant justifierait que ce type d’attaques ne soient pas prises en considération.

Deuxième surprise : la définition – qui est d’ailleurs celle adoptée par les États membres de l’UE – ne justifie en rien une telle exclusion sélective des « assauts violents commis par des individus et groupes d’extrême-droite contre les demandeurs d’asile et les minorités ethniques en général ». Bien au contraire.

On y lit en effet qu’un attentat terroriste consiste en « un acte intentionnel qui, de par sa nature ou son contexte, pourrait gravement nuire à un pays ou une organisation internationale lorsqu’il est commis avec l’intention d’intimider une population, ou de forcer de façon illégitime un gouvernement ou une organisation internationale à faire ou à ne pas faire quelque chose, ou de déstabiliser ou détruire les structures politiques, constitutionnelles, économiques ou sociales d’un pays ou d’une organisation internationale. »

Donc la définition exacte, point par point, de ces « assauts violents commis par des individus et groupes d’extrême-droite contre les demandeurs d’asile et les minorités ethniques en général » !

Comment l’UE camoufle le terrorisme d'extrême-droite contre les musulmans
On sait ainsi que pour les autorités et les États membres de l’Union européenne, foncer dans une foule en hurlant « Allahu Akbar » est bien du terrorisme, mais brûler vifs des réfugiés syriens en incendiant leurs centres d’accueil (comme cela se produit régulièrement en Allemagne, en Suède et ailleurs), par exemple, n’en est pas.

L’exclusion de la catégorie « terrorisme » de ce type d’attentats contre les réfugiés et les minorités est totalement injustifiable. Elle aboutit dans les faits à camoufler la réalité et l’ampleur (qui, elle, va croissant, contrairement au « djihadisme » en diminution) du terrorisme contre ces groupes et populations. Elle fausse aussi totalement les statistiques, discours et perceptions publiques du phénomène.

Ce choix délibéré est encore plus grave et injustifiable compte tenu du contexte : une explosion vertigineuse du nombre d’attaques de ce type, d’ailleurs reconnue également par Europol : « Les réfugiés et minorités ethniques de l’UE font face à une violence accrue », et cette vague de crimes est destinée à « sévèrement intimider des segments de ces populations » (p. 8). Ce qui constitue selon sa propre définition et celle de l’UE l’une des motivations et l’un des critères suffisants pour classifier un crime comme « acte terroriste ».

Malgré cela, le rapport soutient qu’« il ne s’agit pas de terrorisme ou d’extrémisme violent. Ces crimes ne sont donc pas rapportés par les États membres et ne sont dès lors pas inclus dans les chiffres ». Ahurissant.

D’autant qu’un peu plus loin dans le rapport (encore dans une petite note de bas de page nécessitant un microscope pour être lue), on trouve ceci : « Selon le ministre de l’Intérieur allemand dans des déclarations aux médias, une moyenne de presque 10 attaques par jour ont été commises en 2016 contre des réfugiés ». Donc pour cette seule année, ce sont près de 3 500 attaques contre la seule population des réfugiés qui ont été commises, et autant d’actes terroristes potentiels exclus des comptes !

On ne peut qu’imaginer – à défaut donc de le connaître par manque de données accessibles – le nombre astronomique des attaques contre les autres minorités ethniques ou perçues comme telles en dehors des réfugiés, et à quoi ressembleraient les rapports Europol ou autres et les discours sur « la menace terroriste » dans nos sociétés — ses cibles et victimes principales, ses attaquants, ses idéologies, ses figures inspiratrices — si tout cela était inclus et communiqué par les États membres et leurs agences.

Mais il y a pire que cette distorsion et ce déni : on exonère ainsi les terroristes d’extrême-droite islamophobes, racistes, anti-immigrés et anti-réfugiés non seulement du label « terroriste », mais – ce qui est encore plus grave – des enquêtes et procédures judiciaires spécifiques avec circonstances aggravantes qui sont déclenchées contre suspects et coupables lorsqu’un crime violent, une agression, un meurtre, etc. est considéré comme un acte terroriste.

Ce terrorisme-là, dont le simple chiffre ci-dessus sur l’Allemagne suggère qu’il pourrait bien être le plus répandu de tous, se retrouve du même coup protégé de l’attention, des mesures spéciales et des politiques publiques dont il pourrait faire l’objet, à l’instar du « djihadisme ».

On a donc désormais la preuve par Europol elle-même que l’essentiel, voire la totalité, du terrorisme d’extrême-droite contre les réfugiés (musulmans et autres) et les minorités ethniques en Europe est presque systématiquement et délibérément exclu des comptes, statistiques, discours et rapports publics des États membres de l’UE. Ce qui revient par là-même à protéger ces terroristes-là des politiques anti-terroristes qui pourraient les cibler aussi durement que l’on cible leurs homologues djihadistes.

– Alain Gabon est professeur des universités et maître de conférences en Études françaises aux États-Unis. Il dirige le programme de français de l’Université Wesleyenne de Virginie et est l’auteur de nombreuses conférences et articles sur la France contemporaine et l’islam en Europe et dans le monde pour des ouvrages et revues universitaires spécialisés, des think tanks comme la Cordoba Foundation en Grande-Bretagne, et des médias grands publics comme Saphirnews ou Les cahiers de l’Islam. Un essai intitulé « Radicalisation islamiste et menace djihadiste en Occident : le double mythe » a été publié en septembre 2016 par la Cordoba Foundation.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

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Le Parlement européen adopte une résolution qui reconnait l’antisionisme comme une forme mutante de l’antisémitisme

Lutte contre l’antisémitisme : Le Parlement européen adopte une résolution qui reconnait l’antisionisme comme une forme mutante de l’antisémitisme, une « nouvelle forme de discrimination collective »

Le Parlement européen adopte une résolution qui reconnait l’antisionisme comme une forme mutante de l’antisémitisme
Douze intellectuels saluent la résolution adoptée par le Parlement européen en faveur de la lutte contre l’antisémitisme et l’antisionisme.

Pascal Brückner, journaliste et écrivain

Gilles Clavreul, ancien délégué à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT

Denis Jeambar, journaliste et écrivain

Serge Klarsfeld, avocat et historien

Marc Knobel, historien et essayiste

Joël Kotek, professeur à l’université libre de Bruxelles

Eric Marty, écrivain et universitaire

Simone Rodan, politologue

Georges-Elia Sarfati, Professeur des Universités

Pierre-André Taguieff, philosophe et historien des idées

Jacques Tarnero, essayiste et documentariste

Stéphane Wahnich, professeur associé à l’UPEC

Le 1er Juin 2017, le Parlement européen a adopté une résolution visant à définir les cadres de la lutte contre l’antisémitisme. Cette résolution prend appui sur la définition de l’antisémitisme qui a été proposée par l’Alliance Internationale pour la Mémoire de l’Holocauste (AIMH). La définition de l’antisémitisme inclut le ciblage de l’État d’Israël, c’est-à-dire l’antisionisme.

Depuis plusieurs décennies, l’antisionisme est la forme mutante de l’antisémitisme, il en est la dernière expression historique. En raison de cet état de fait, le Parlement européen a raison d’inclure dans sa définition de l’antisémitisme, l’expression de l’hostilité structurée et systématique à l’égard de l’État d’Israël. Cette hostilité discrimine non seulement tous les habitants d’un pays, mais encore expose à la violence toute personne qui témoigne d’un lien affectif ou culturel avec ce pays.

L’initiative louable du Parlement européen a le mérite d’actualiser la définition de la haine doctrinale des Juifs, qu’ils soient citoyens des pays de la Diaspora, ou citoyens de l’État d’Israël. Depuis la Seconde Guerre mondiale, le motif antisioniste a servi d’alibi au na zisme, au stalinisme, au tiers-mondisme, à l’islamisme pour assurer le recyclage de l’antisémitisme. A cause de l’extermination de la moitié du peuple juif, l’antisémitisme est devenu tabou, et l’on se dit ‘’antisioniste ».

La résolution adoptée par le Parlement européen marque une évolution salutaire dans la prévention des différentes formes de la judéophobie: l’antisémitisme dirigée contre les personnes, comme l’antisionisme compris comme nouvelle forme de discrimination collective, sous prétexte de ‘’critique du gouvernement israélien ».

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G20 : à Hambourg, la police a été battue

Malgré un déploiement spectaculaire, la police allemande a été mise en échec par les manifestants anti-G20 mobilisés à Hambourg.

G20 : à Hambourg, la police a été battue
Le soir du 7 juillet 2017, pour la deuxième fois d’affilée, environ 20 000 policiers armés des meilleurs technologies de maintien de l’ordre ont complètement perdu le contrôle du centre-ville d’Hambourg. La nuit précédente avait déjà été difficile pour eux, avec des affrontements et des attaques décentralisées se poursuivant après l’aube ; ce 7 juillet, ils ont été obligés de se retirer complètement du quartier de Schanze pendant plusieurs heures, alors que des barricades brûlaient à plusieurs carrefours et que des milliers de personnes de tous horizons fêtaient joyeusement l’existence d’une zone sans police. Le maire, qui a invité le G20 à Hambourg, demande maintenant la fin des violences qu’il a démarrées.

Cela montre que, même avec les technologies dernier cri, on ne peut contrôler une population qui refuse de se laisser dominer. C’est une bonne nouvelle pour les partisans de la liberté du monde entier.

Les forces spéciales déployées dans les rues

Au moment où nous écrivons ces lignes [dans la nuit du 7 au 8 juillet], la police s’est lancée à l’assaut du quartier de Schanze avec une brutalité extrême, braquant ses mitrailleuses en direction des journalistes et de la population, cherchant à se venger sur ceux qui restent dans les rues alors que la plupart des protagonistes sont rentrés se reposer. Les unités des forces spéciales basées à Hambourg et dans cinq autres villes sont déployées dans les rues, avec l’appui des forces spéciales autrichiennes. Mais l’oppression et la violence ne peuvent pas masquer qu’ils ont perdu le contrôle et qu’ils n’ont jamais été légitimes à exercer ce contrôle.

Les amateurs de complots diront que le G20 a été organisé à Hambourg dans le but de provoquer la population et de justifier de nouveaux assauts sur les libertés publiques. C’est à moitié vrai : en installant le G20 à proximité immédiate d’un des quartiers les plus radicaux d’Allemagne, les autorités ont voulu tester la population et voir ce qu’elle était prête à supporter. Hambourg est un laboratoire expérimental de la répression, que des officiers de police de plusieurs pays de l’Union européenne sont venus étudier.

Mais si nous pouvons empêcher la police d’exercer son contrôle sur nous alors que plus d’un policier allemand sur douze a été déployé dans une seule ville, alors nous pouvons certainement défendre notre liberté vis-à-vis de l’État. Nous ne pouvons plus nous accrocher lâchement à l’illusion qui voudrait que l’État nous laisse exercer nos libertés à condition que nous soyons suffisamment soumis. Aucun peuple n’a jamais obtenu ou conservé sa liberté de cette manière.

Nous avons atteint un point de non retour : le futur passera par la libération révolutionnaire ou par un État policier. La voie moyenne, dans laquelle des libertés limitées sont garanties par un État dont l’action est encadrée par la volonté du peuple, n’a jamais été qu’un mythe, une illusion de plus en plus difficile à maintenir.

G20 : à Hambourg, la police a été battue
Échec de la stratégie policière

Regardons de plus près l’échec de la stratégie policière. En 1987, la police allemande a commencé à évoluer vers son modèle actuel de maintien de l’ordre, afin de répondre aux différentes échecs et débordements qu’elle subissait notamment le 1er Mai de cette année-là. Le modèle qui s’est développé, composé de longues lignes de policiers anti-émeutes appuyés par des groupes d’intervention rapide très mobiles, en contact rapproché avec la foule, a servi à contrôler les troubles jusqu’à aujourd’hui (pour une étude plus poussée de l’histoire récente du maintien de l’ordre à l’allemande, lire cet article en anglais).

En 2017, trente ans après la naissance de ce modèle, les foules d’Hambourg sont parvenues une fois de plus à déborder et à infliger une défaite à la police. Cette fois, elles y sont parvenues en déployant leur action sur une large zone de la ville, en se déplaçant rapidement et en se concentrant sur des actions décentralisées. A chaque fois que la police établissait une ligne de contrôle, les gens se regroupaient de l’autre côté pas seulement les manifestants, mais aussi les spectateurs solidaires. De petits groupes mobiles et organisés de manifestants ont été capables d’identifier des issues et de mener des attaques rapides, tandis que de larges foules obligeaient les policiers à étendre leurs lignes dans un sens, puis dans l’autre. Plus la police a eu de territoire à contrôler, plus elle s’est mis à dos la population, et plus elle a eu de manifestants à gérer, alors que ses lignes devenaient de plus en plus fines. Finalement, les policiers ont perdu le contrôle des zones les plus agitées et ont dû battre en retraite complètement.

Au-delà des considérations tactiques, un coup très dur a été porté à la police : ils sont allés trop loin dans le déploiement d’une force brute pour contrôler la population, et ont ainsi perdu toute légitimité aux yeux du public. Leur attaque injustifiée et absurde contre la manifestation « Welcome to Hell » du 6 juillet leur a mis toute la population de la ville à dos. Il n’est donc pas surprenant qu’ils aient perdu le contrôle.

Ils vont certainement reprendre la main, probablement au prix de violences qui s’abattront arbitrairement sur celles et ceux qui restent dans les rues. Mais nous pouvons nous réjouir : ils ont été battus et n’ont pas pu contrôler la population. Et nous devrions nous inspirer du courage exemplaire dont ont fait preuve les gens à Hambourg : ils se sont dressés face à un adversaire extrêmement puissant, et ont refusé d’abdiquer.

Traduction d’un article publié sur le site CrimethInc dans la nuit du 7 au 8 juillet. Illustrations : Unicorn Riot.

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LA FRANCE BROYÉE DANS L’ENGRENAGE UE-OTAN

La récente adhésion – le 5 juin 2017 – du Monténégro à l’OTAN est l’occasion, pour Antoine Carthago de faire le point sur les conséquences de l’appartenance de la France à l’UE et à l’OTAN. Sous ce pseudonyme écrit un expert de géopolitique, notamment du Moyen-Orient, adhérent fidèle de l’UPR, qui souhaite garder l’anonymat pour des raisons professionnelles.

LA FRANCE BROYÉE DANS L’ENGRENAGE UE-OTAN
Le Premier ministre du Monténégro, Dusko Markovic, a assisté en tant qu’observateur au sommet de l’OTAN qui s’est tenu le 25 mai dernier à Bruxelles. Son pays est devenu officiellement le 29e membre de l’Alliance atlantique le 5 juin. Renforçant sa présence dans les Balkans, l’OTAN est désormais présente sur toute la façade de la mer Adriatique.

L’information était passée relativement inaperçue dans les médias français : le 11 avril dernier, le président Donald Trump avait « signé l’instrument de ratification du protocole d’adhésion du Monténégro à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord » (OTAN), comme l’indiquait la Maison-Blanche dans un communiqué succinct.

Vu de Moscou, il s’agissait d’une énième provocation de la part de Washington qui soutient activement l’extension de l’OTAN dans sa zone d’influence. Le ministère russe des Affaires étrangères avait d’ailleurs protesté contre cette décision qui « porte atteinte à la stabilité des Balkans et de l’Europe en général » , et Moscou avait bloqué les importations de vin du Monténégro.

Ce même 11 avril, le secrétaire d’État américain Rex Tillerson entamait une visite très attendue à Moscou, dans un moment de forte tension entre les deux anciens rivaux de la Guerre froide. Difficile de croire à une coïncidence. Cela ressemblait plutôt à un coup calculé que semble affectionner le président Trump. Accompagner les négociations internationales de provocations ou de démonstrations de force est conçu comme permettant à Washington d’asseoir une position dominante et de maintenir une pression sur ses « partenaires ».

Ce jeu dangereux et difficilement prévisible a pour toile de fond l’élargissement continu de l’Alliance atlantique, menace majeure pour Moscou, qui contribue à la déstabilisation de l’Europe orientale et des Balkans.

Par son appartenance à l’OTAN, la France se retrouve étroitement associée à cette politique agressive, régulièrement accompagnée de violations du droit international. En cas d’aggravation majeure des tensions, la France risque ainsi de subir les conséquences d’une mécanique d’expansion dont elle n’a aucune maîtrise.

Le présent article retrace l’extension de l’OTAN, source de tensions avec la Russie, et l’alignement progressif de la France sur cette politique, au nom de la « construction européenne ».

I – L’EXTENSION DE L’OTAN À L’EST DE L’EUROPE, PRINCIPALE SOURCE DE TENSIONS AVEC LA RUSSIE.

Le traité de l’Atlantique nord, signé le 4 avril 1949 à Washington, fit naître l’OTAN dans un contexte de début de Guerre froide, marqué par l’opposition entre les doctrines Roosevelt et Jdanov (1947) et la crise de Berlin (1948-49).

L’Alliance posait le principe d’une défense collective du camp atlantique présentée comme nécessaire face à la menace soviétique. Mais cette création de l’OTAN fut perçue en retour comme une menace par l’URSS, qui y riposta six ans après, par la signature du Pacte de Varsovie en 1955.

Les clauses de défense collective et l’arsenal nucléaire des deux superpuissances assuraient « l’équilibre de la terreur » qui allait dominer le paysage stratégique pendant un demi-siècle, depuis le début des années 50 jusqu’au début des années 90.

Après l’effondrement de l’Union soviétique en 1991, le Pacte de Varsovie fut dissous et la menace soviétique cessa d’exister. Beaucoup pensèrent alors que l’OTAN allait disparaître, n’ayant plus de raison d’être.

Ce ne fut pas le cas. Non seulement l’Alliance se maintint mais elle se lança dans un vaste mouvement d’élargissement aux anciens pays du bloc de l’est, élargissement qui est encore aujourd’hui assidûment poursuivi par les stratèges américains aux commandes de l’OTAN. L’Alliance atlantique opéra ainsi une mue stratégique : d’une organisation de défense collective censée faire face à une menace réelle, l’OTAN devint ouvertement un instrument au service de l’expansion de l’hyperpuissance américaine dans l’ancienne zone d’influence soviétique.

En 1990, à la faveur de la réunification allemande, l’ancienne RDA rejoignit l’OTAN. Le secrétaire d’État américain James Baker aurait alors promis à Gorbatchev que l’Alliance ne déploierait pas de troupes à l’est de l’Allemagne. S’il existe une controverse historique et des divergences d’interprétation sur ce point, c’est bien ainsi que l’avaient compris les élites russes dont Vladimir Poutine, qui l’a rappelé dans un discours prononcé à Munich le 10 mars 2007 [ voir Russie : vers une nouvelle guerre froide ? sous la direction de Jean-Robert Raviot p.22-23 ].

Dès lors, l’élargissement de l’OTAN fut perçu par la Russie comme une politique agressive destinée à étendre la domination stratégique américaine dans l’ancien bloc de l’est et jusqu’à ses frontières, afin de contrecarrer la puissance russe et d’empêcher sa résurgence.

LA FRANCE BROYÉE DANS L’ENGRENAGE UE-OTAN
L’élargissement commença en 1999, quand la Pologne, la République tchèque et la Hongrie rejoignirent l’OTAN. La même année, l’Alliance lança sa première intervention militaire en Serbie, menant des bombardements sans mandat de l’ONU. Ce conflit illustre l’évolution de l’OTAN, qui intervient sans qu’aucune agression n’ait été commise contre l’un de ses États-membres, de surcroît en violation patente du droit international. Loin d’une Alliance défensive, l’OTAN montre un visage agressif dans les Balkans, zone d’influence traditionnelle de Moscou. L’offensive cause d’ailleurs près de 500 morts au Monténégro, à l’époque rattaché à la Serbie, qui vient aujourd’hui de rejoindre l’Alliance atlantique.

En 2004, l’OTAN signe des « partenariats pour la paix » avec tous les anciens pays de l’URSS, afin de mettre en place un cadre de coopération pour une intégration politico-stratégique et militaro-industrielle de ces États. Dans l’année, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, l’Estonie, la Lituanie et la Lettonie rejoignent l’OTAN, désormais limitrophe directe de la Russie, via les États baltes.

En 2009, l’OTAN renforce son ancrage dans les Balkans avec l’adhésion de la Croatie et de l’Albanie. Des discussions d’adhésions sont aujourd’hui très avancées avec la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine (dont le principal obstacle à l’adhésion est la « guerre du nom » qui l’oppose à la Grèce), qui fournit déjà de nombreuses troupes pour les opérations de l’OTAN, notamment en Afghanistan.

Enfin, le Monténégro a officialisé son adhésion le 5 juin 2017, après avoir reçu l’aval de Washington et ratifié le traité d’adhésion le 28 avril dernier (l’opposition a boycotté le vote). Les sondages ont montré que la population monténégrine était très divisée sur cette question, mais l’option d’un référendum a été écartée.

À l’élargissement de l’OTAN s’ajoute le déploiement d’un « bouclier » anti-missile à l’est de l’Europe, poussé par les Américains en dépit des protestations russes.

Sous le prétexte officiel – qui ne trompe personne – d’être dirigé contre les États « proliférant » (suspectés de vouloir se doter de l’arme nucléaire), dont l’Iran situé à des milliers de kilomètres, ce « bouclier » vient concrètement limiter les capacités russes de dissuasion nucléaire. Cette manœuvre rompt ainsi l’équilibre stratégique en vigueur depuis les années 1950 et institutionnalisé par les traités SALT depuis les années 1970. Le premier site de défense anti-missile de l’OTAN a été inauguré en mai 2016 en Roumanie.

Ce contexte permet d’éclairer la crise ukrainienne, qui ne peut se comprendre sans intégrer la problématique fondamentale de l’élargissement de l’OTAN et les craintes obsidionales de Moscou.

L’annexion rapide de la Crimée par la Russie, suite au changement de gouvernement à Kiev, a été motivée par la crainte de Moscou de voir cette péninsule stratégique, abritant la flotte russe de la Mer noire, tomber dans les mains de l’OTAN. Le Kremlin n’a pas été dupe du rôle de Washington dans la crise, révélé au grand jour par les écoutes entre Geoffrey Pyatt, ambassadeur des États-Unis à Kiev, et la sous-secrétaire d’État Victoria Nuland, qui s’afficha aux côtés des manifestants du « Maïdan ».

La Russie n’a pas oublié non plus les velléités d’adhésion à l’OTAN de l’Ukraine, qui n’ont été que « différées » au sommet de l’Alliance de Bucarest en 2008. Depuis le déclenchement de la crise en 2014, l’OTAN n’a cessé de renforcé sa coopération avec l’Ukraine. Le président Porochenko a été invité au sommet de l’OTAN de Varsovie en juillet 2016, au cours duquel a été décidé le déploiement de troupes supplémentaires en Europe de l’est.

La déclaration finale de ce sommet désigne clairement la Russie comme l’ennemi principal : « Les actions agressives de la Russie, y compris ses activités militaires provocatrices à la périphérie du territoire de l’OTAN (sic) et sa volonté avérée d’atteindre des objectifs politiques par la menace ou l’emploi de la force, constituent une source d’instabilité régionale, représentent un défi fondamental pour l’Alliance ».

Deux mois plus tard, Porochenko déclarait qu’adhérer à l’OTAN restait pour l’Ukraine un « objectif stratégique ». Tant que cette perspective d’adhésion continuera d’être soutenue – ou seulement repoussée pour quelques années -, un règlement durable de la crise ukrainienne sera difficile à envisager.

Or, pour de nombreux stratèges américains, l’Ukraine est une pièce maîtresse pour contenir la puissance russe car « sans l’Ukraine, la Russie cesse d’être un empire », comme l’écrivait dès 1997 Zbigniew Brzezinski dans Le Grand échiquier, l’Amérique et le reste du monde.

Au récent sommet de l’OTAN à Bruxelles le 25 mai 2017, le président Donald Trump a finalement suivi cette ligne, contraire à celle qu’il avait semblé adopter lors de sa campagne électorale, en particulier lorsqu’il a déclaré que l’OTAN devait se concentrer sur le terrorisme, l’immigration, et les « menaces de la Russie ».

Ainsi, l’extension continue de l’OTAN constitue bien l’irritant majeur de la relation américano-russe et la principale menace stratégique, vu de Moscou. Le discours de Vladimir Poutine du 24 octobre 2014 au club de Valdaï en est une claire illustration, à propos notamment de l’Ukraine.

La France, qui a décidé de réintégrer les instances de l’OTAN au moment où celle-ci évoluait vers un outil au service de l’expansionnisme américain, se retrouve étroitement associée à ces politiques agressives qui déstabilisent l’Europe et aggravent les risques de confrontation avec Moscou.

II – LA FRANCE PRISE DANS L’ENGRENAGE EURO-ATLANTISTE

La France de la IVe République avait adhéré à l’OTAN dès sa création en avril 1949. Mais le général de Gaulle lui avait fait quitter son commandement militaire intégré dix-sept ans après, en mars 1966. Conforté politiquement par son élection au suffrage universel trois mois plus tôt (décembre 1965), de Gaulle avait décidé de recouvrer la souveraineté militaire française pleine et entière, en retirant ses forces à la disposition de l’Alliance et en ordonnant le départ des structures militaires de l’OTAN du territoire français. Ce départ et la fermeture des bases américaines en France eurent lieu un an plus tard.

De Gaulle ne cachait pas son hostilité à l’OTAN, dont il avait demandé en 1958 une réforme instaurant une direction tripartite (États-Unis, Royaume-Uni et France), ce que les Américains avaient refusé.

En sortant du commandement intégré, il souhaitait réaffirmer la souveraineté de la France et accompagner la « détente » qui marquait l’apaisement de la Guerre froide après la crise de Cuba de 1962. De Gaulle pouvait s’appuyer sur l’autonomie stratégique de la France, qui développait sa propre bombe atomique depuis la fin des années 50, ainsi que des vecteurs de lancement. De Gaulle avait refusé de se rallier aux « accords de Nassau » par lesquels le Royaume-Uni avait accepté d’utiliser sa force nucléaire en accord avec les États-Unis – en clair : de se placer en état de subordination par rapport à Washington -, et cela en échange de la fourniture de missiles Polaris américains.

Pour autant, le bloc socialiste demeurait une réalité dominant la moitié de l’Europe, ce qui justifiait aux yeux du Général le maintien de la France dans l’OTAN. De Gaulle avait ainsi décidé de rester dans l’alliance atlantique afin de coordonner une éventuelle action militaire d’envergure avec nos alliés occidentaux ; mais il était sorti du commandement militaire, afin que la France décide par elle-même de l’emploi de ses armées, sans laisser ce pouvoir à un commandement américain.

Toutefois, comme il l’expliqua à Peyrefitte, Charles de Gaulle estimait que le maintien de la France dans l’OTAN n’était que provisoire. Dès le milieu des années 60, de Gaulle anticipait que le bloc communiste finirait par s’effondrer – ce qui témoignait d’une prescience bien rare à cette époque-. Mais il pensait que cet effondrement entraînerait quasi-naturellement la dissolution de l’Alliance atlantique par volonté des pays d’Europe de secouer alors le joug américain – ce qui témoigne que le fondateur de la France Libre mésestimait à la fois le cynisme de la politique américaine et le degré de vassalisation des dirigeants européens vis-à-vis de Washington.

De Gaulle a donc posé les bases d’une politique d’indépendance, condition essentielle pour assurer la grandeur de la France. Dans le cadre de la Guerre froide, la France était, certes, membre du camp occidental. Mais elle voulait conserver une autonomie de dissuasion et rester maîtresse de l’engagement de ses troupes, afin de ne pas se laisser entraîner dans des conflits au service d’intérêts américains.

C’est cette politique d’indépendance nationale et de grandeur que la France a reniée, en réintégrant progressivement les structures de l’OTAN, alors même que l’Union soviétique a disparu. Ce réalignement sur Washington s’est effectué au nom de la nécessité de construire « l’Europe de la défense ».

Dès l’origine, la « défense européenne » était subordonnée à l’OTAN : la Communauté européenne de défense (CED), que l’alliance des gaullistes et des communistes avait fait échouer au Parlement français en 1954, devait être placée sous la supervision du commandant en chef de l’OTAN – qui est systématiquement un général américain.

Toujours dans cette logique, la « relance » de l’Europe de la défense avec le traité de Maastricht se fit en étroite coordination et sous le contrôle de l’OTAN. Dans La France et l’OTAN, une histoire, Maurice Vaïsse écrit :

« en janvier 1993, les relations entre l’Eurocorps et l’OTAN sont précisées : en cas de crise, l’Eurocorps – y compris les unités françaises – peut être placé sous le commandement opérationnel de l’OTAN, alors que jusqu’alors Paris n’avait accepté que le principe d’un « contrôle opérationnel » ; le 11 janvier 1994, le sommet de l’OTAN à Bruxelles approuve la mise à disposition de l’UEO [Union de l’Europe occidentale, organisation de défense et de sûreté] de moyens de l’OTAN, quand les États-Unis ne seront pas activement impliqués et pour des missions ne découlant pas de l’article 5 du Traité. Et la France se rallie finalement au concept de Groupes de forces interarmées multinationales (GFIM), et accepte les nouvelles missions de l’OTAN au service du maintien de la paix ».

Il conclut : « Une défense européenne ne pourra pas voir le jour en dehors de l’OTAN ». Entraînée par la machine européenne, dont la grande majorité des membres sont alignés sur les États-Unis, la France amorce son rapprochement avec l’OTAN.

Constatant que les partenaires européens refusaient une Europe de la défense indépendante de l’organisation atlantique, Jacques Chirac décida, en 1995, de faire participer la France au comité militaire et au conseil des ministres de la Défense de l’OTAN.

Pour faire passer la pilule aux cadres du mouvement gaulliste restés fidèles aux enseignements de l’Homme du 18 juin, l’entourage de Jacques Chirac développa l’argument habituel de tous ceux qui justifient leur trahison. Cet argument consiste invariablement à affirmer qu’il serait « plus efficace » « d’influer de l’intérieur » plutôt que de s’opposer à une structure de l’extérieur. En l’espèce, certains chiraquiens tentèrent de justifier cette trahison du gaullisme en arguant qu’il fallait réintégrer les structures de l’OTAN pour faire évoluer l’alliance de l’intérieur, afin de la rendre ainsi plus favorable aux intérêts européens et français.

Comme toutes les prétendues tentatives « d’influer de l’intérieur » qui ne reposent pas sur un rapport de forces crédible, celle-ci se solda bien entendu par un échec cinglant. La demande de Jacques Chirac de restructurer le commandement de l’OTAN fut sèchement refusée par Washington. Le président de la République française de l’époque souhaitait aussi que les « Européens » puissent en prendre la tête à tour de rôle, ce qui rappelle la réforme demandée par de Gaulle en 1958. Cela fut également refusé.

Contrairement au Général, qui prit les mesures qui s’imposaient, Chirac ne revint pas sur le rapprochement avec l’OTAN. S’il s’opposa par la suite à l’implication de l’OTAN en Irak en 2003-2004, il engagea néanmoins les troupes françaises aux côtés de l’Alliance, au Kosovo ou en Afghanistan.

En 2007, Nicolas Sarkozy franchit une étape supplémentaire en annonçant la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, actée en 2009.

Désormais, la France a pleinement réintégré les structures de l’Alliance, ce qui témoigne de son alignement de plus en plus total sur les visées stratégiques américaines, qui ont pourtant montré leur dangerosité au tournant du XXIe siècle. Cet alignement s’inscrit en parfaite conformité avec la construction européenne, qui intègre les pays d’Europe de l’est ayant rejoint l’OTAN. Javier Solana, ancien secrétaire général de l’OTAN et premier haut représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune, personnifie cette concordance stratégique au service des intérêts américains.

Le « Livre blanc sur la défense nationale » de 2013 illustre le carcan mental dans lequel se sont désormais enfermés les dirigeants et les stratèges français. Car il précise avec un empressement servile que « notre stratégie de défense et de sécurité nationale ne se conçoit pas en dehors du cadre de l’Alliance Atlantique et de notre engagement dans l’Union européenne ».

La France ne s’autorise donc même plus à penser hors du cadre de l’OTAN, dont nous a pourtant décrit plus haut la politique d’élargissement agressif porteur de conflit avec la Russie.

Ainsi se referme le piège mental dans lequel se sont jetés les responsables français : pour avoir cru qu’une « Europe de la défense » serait un levier de puissance, pour avoir songé que rejoindre les structures de l’OTAN permettrait de « les faire évoluer de l’intérieur », la France se retrouve prise dans un engrenage euro-atlantiste dont elle ne maîtrise pas la course et qui risque de l’entraîner vers un conflit majeur.

Au cœur de cette logique folle se trouve « l’esprit d’abandon » dont parlait de Gaulle, pour caractériser l’attitude des politiciens à la fin des années 1930. Des dirigeants qui ne croient plus en la capacité de la France d’assurer son indépendance finissent par la livrer, par abandons successifs, au contrôle des puissances hégémoniques.

Conclusion : Allons-nous laisser « disparaître la France, emportée par des chimères » ?

L’élargissement de l’OTAN au Monténégro et la montée des tensions entre Moscou et Washington doivent être pris très au sérieux et imposent de repenser notre appartenance à l’OTAN. Il ne faut pas oublier que c’est dans cette région toujours instable des Balkans qu’a éclaté la Première Guerre mondiale. Même si les raisons profondes de celle-ci furent multiples, il n’en reste pas moins que c’est l’assassinat de l’archiduc d’Autriche François-Ferdinand à Sarajevo qui en fut le détonateur. Cet attentat avait alors entraîné le monde, par le jeu des alliances militaires « à vocation défensive », dans l’un des pires conflits de l’histoire.

Ambassadeur de France et représentant permanent auprès de l’OTAN de 1987 à 1993, Gabriel Robin faisait un constat sans appel (cité par Régis Debray dans le Monde diplomatique) :

« L’OTAN pollue le paysage international dans toutes les dimensions. Elle complique la construction de l’Europe. Elle complique les rapports avec l’OSCE. Elle complique les rapports avec la Russie, ce qui n’est pas négligeable. Elle complique même le fonctionnement du système international parce que, incapable de signer une convention renonçant au droit d’utiliser la force, l’OTAN ne se conforme pas au droit international. Le non-recours à la force est impossible pour l’OTAN car elle est précisément faite pour recourir à la force quand bon lui semble. Elle ne s’en est d’ailleurs pas privée, sans consulter le Conseil de sécurité des Nations unies. Par conséquent, je ne vois pas très bien ce qu’un pays comme la France peut espérer de l’OTAN, une organisation inutile et nuisible, sinon qu’elle disparaisse ».

Pour sortir du carcan intellectuel dans lesquels les dirigeants français se sont eux-mêmes enfermés, il faut renouer avec l’idée d’une France indépendante, universelle et ouverte sur le monde, qui assure la défense de ses intérêts, de son autonomie stratégique et le respect du droit international.

Mais cela ne peut pas se faire dans le cadre de l’Union européenne. Car c’est bien le leitmotiv irréfléchi de « faire l’Europe », notamment sur le plan de la défense, qui a mené à notre alignement sur les intérêts euro-atlantistes.

Ce choix funeste a bien sûr été réitéré par Emmanuel Macron dès son premier discours en tant que président de la République, où il déclarait « Nous avons un rôle immense : corriger les excès du cours du monde, et veiller à la défense de la liberté. C’est là notre vocation. Pour ce faire, nous aurons besoin d’une Europe plus efficace, plus démocratique, plus politique, car elle est l’instrument de notre puissance et de notre souveraineté ».

Emmanuel Macron a décidé de renommer le Quai d’Orsay en « ministère de l’Europe et des Affaires étrangères », en traduisant ainsi ses priorités par le fait que l’Europe passe avant les Affaires étrangères.

Il s’est ensuite empressé de nommer Sylvie Goulard – une fédéraliste européenne forcenée – à la tête du ministère de la défense, renommé de façon très inquiétante « ministère des armées ». Laquelle s’est aussitôt empressée d’affirmer que « si nous voulons faire l’Europe de la défense, il va y avoir des restructurations à opérer, faire des choix de compatibilité et, à terme, des choix qui pourraient passer dans un premier temps pour aboutir à privilégier des consortiums dans lesquels les Français ne sont pas toujours leaders » [16]. En bref, la nouvelle « ministre des armées » ne veut plus que la France privilégie les productions d’armement françaises mais que nous remettions notre destin dans les mains de fournisseurs d’armes étrangères…

En bref, la relance de « l’Europe de la défense », qu’Emmanuel Macron appelle de ses vœux, ne peut que conduire à une soumission renforcée aux intérêts stratégiques américains.

Le général de Gaulle avait parfaitement saisi cet état d’esprit et ses conséquences tragiques. Dans sa conférence de presse du 28 octobre 1966, il déclarait :

« Il est vrai que parmi nos contemporains, il y a beaucoup d’esprits, et souvent non des moindres, qui ont envisagé que la France renonçât à son indépendance, sous le couvert de tel ou tel ensemble international. Ayant ainsi remis à des organismes étrangers la responsabilité de notre destin, nos gouvernants n’auraient plus, selon l’expression consacrée par cette école de pensée, qu’à y plaider le dossier de la France. […] Mais si nous avions écouté leurs apôtres excessifs, ces organismes où prédominent, tout le monde le sait, la protection politique, la force militaire, la puissance économique, l’aide multiforme des États-Unis, ces organismes n’auraient été pour nous qu’une couverture pour notre soumission à l’hégémonie américaine. Ainsi, la France disparaîtrait, emportée par les chimères ».

Mais il ajoutait qu’« au contraire, pour ma part, je n’ai jamais cessé d’inciter notre pays à assumer son indépendance ; et c’est cela qui fait l’unité d’une politique depuis l’origine, d’une politique qui est devenue, par la volonté du peuple, celle de la République ».

Assumer son indépendance, afin de porter au monde la voix de la France, impose non seulement de sortir de l’OTAN, mais également de l’Union européenne, qui a poussé la France à réintégrer pleinement l’alliance atlantique. Seule l’UPR propose cette voie vers la souveraineté, sans laquelle il ne peut y avoir de grande diplomatie ni même de réelle démocratie.

Antoine CARTHAGO, est un pseudonyme sous lequel écrit un expert de géopolitique, notamment du Moyen-Orient, adhérent fidèle de l’UPR, qui souhaite garder l’anonymat pour des raisons professionnelles.

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L’incendie de Grenfell Tower à Londres : Un crime contre la classe ouvrière

L’incendie, qui a complètement brûlé la tour HLM de Grenfell Tower dans l’ouest de Londres, mardi matin, a déclenché la colère des résidents et associations locales, dont les avertissements sur les risques graves d’incendie ont été régulièrement ignorés par les dirigeants municipaux.

L’incendie de Grenfell Tower à Londres : Un crime contre la classe ouvrière
Le feu catastrophique s’est déclaré peu de temps avant 1 heure du matin, au deuxième étage de l’immeuble HLM à Kensington. Les flammes ont rapidement englouti le bâtiment de 24 étages qui comptait d’environ 500 locataires.

Douze personnes sont confirmées mortes, mais ce nombre n’est pas définitif. Un travailleur social qui a aidé aux évacuations a déclaré au Daily Mail qu’il croyait que personne n’avait survecu aux trois derniers étages. 74 personnes sont traitées dans six hôpitaux, dont 18 en soins intensifs.

Les résidents et les témoins ont décrit des scènes atroces où les gens piégés à l’intérieur du bâtiment en feu appelaient au secours, secouant des serviettes de bains, t-shirts et des lampes de poche pour attirer l’attention des pompiers.

Au fur et à mesure que la fumée s’épaississait, certains locataires des étages supérieurs ont sauté dans le vide pour échapper aux flammes. Des témoins ont décrit les agents des services d’urgence couvrant les corps des victimes, dont certains étaient des enfants, avec des draps. Les gens piégés à l’intérieur ont appelé des amis et des proches. Une jeune mère de deux enfants a envoyé un message vidéo Snapchat à son meilleur ami à 2h54, suppliant qu’on l’aide avant de dire au revoir.

Plus bas, au neuvième ou au 10ᵉ étage, une femme a imploré les passants pour qu’ils attrapent son bébé enveloppé dans des couvertures. « Un homme s’est précipité en avant et a attrapé miraculeusement le bébé », a déclaré une femme aux journalistes.

Une infirmière qui vit à proximité a déclaré à CNN : « C’était un enfer […] Je n’ai jamais rien vu de pareil dans ma vie […] Même les pompiers en plein tenue de protection en sortaient blessés. »

Les résidents ont déclaré aux journalistes qu’aucune alarme incendie n’avait donné l’alerte du feu. Les pompiers qui ont appelé la radio LBC ont confirmé qu’il n’y avait pas d’alarme incendie centrale pour le bâtiment, pas de système de gicleurs interne et une seule cage d’escalier pour l’ensemble de la tour. Les échelles des pompiers n’arrivaient qu’au 12ᵉ étage. D’autres résidents ont expliqué que les services d’urgence leur avaient dit de « rester sur place » et de calfeutrer leurs portes d’entrée avec des serviettes humides plutôt que de risquer de quitter l’immeuble. Beaucoup de ceux qui ont reçu ce conseil ont probablement perdu la vie.

Un pompier londonien avec 29 ans de service a déclaré à la radio LBC que les instructions de rester sur place sont efficaces « dans une situation d’incendie normale », où elles permettent que les incendies dans un appartement confiné soient circonscrits. Mais il a expliqué que le feu de Grenfell Tower n’était pas une situation normale.

Au fur et à mesure que la couverture des médias sociaux sur l’incendie était mise en ligne, des milliers de commentaires ont remercié les équipages de pompiers pour leurs actions héroïques dans le secours des victimes. Beaucoup ont condamné les récentes réductions d’effectifs des pompiers qui ont vu 10 casernes de pompiers de Londres fermées, 27 camions de pompiers de moins, et 500 postes de pompiers éliminés. D’autres réductions, pour 23,5 millions de livres sterling, sont prévues d’ici 2019.

Selon les témoins oculaires, le feu au deuxième étage s’est étendu dans l’immeuble en moins de 15 minutes.

L’incendie de Grenfell Tower à Londres : Un crime contre la classe ouvrière
Les revêtements extérieurs en plastique ont canalisé le feu vers le haut, créant un embrasement. Le revêtement extérieur inflammable a été installé l’année dernière dans le cadre de mesures détestées de « régénération » par le Royal Borough of Kensington and Chelsea, RBKC (La municipalité royale de Kensington et Chelsea) et le syndic de Kensington Chelsea Tenant Management (KCTMO). L’Independent a rapporté que ce revêtement a été ajouté l’année dernière « pour améliorer la vue depuis appartements de luxe [qui sont] autour d’elle [la Grenfell Tower] ».

Devant l’immeuble HLM, les résidents du quartier ont déclaré que les autorités ont délibérément supprimé la sécurité dans le cadre des efforts visant à faire fuir les locataires et ainsi rendre le quartier encore plus huppé : « Nous pensons que la municipalité et le syndic KCTMO ont vraiment géré la situation de sorte que les HLM soient éliminés ici, pour justifier leurs plans de régénérer, ce qui est un autre mot pour démolir tout le quartier », a déclaré un résident de Grenfell Tower aux journalistes.

Un jeune homme résident a déclaré à la BBC que le revêtement de « mauvaise qualité » récemment installé « a fait du lieu un brasier ». « Il y a deux options, ils peuvent régénérer ces tours ou les démolir […] Ils ne veulent pas de nous ici et ils installent les tours pour les riches là-bas ».

Le jeune homme a rejeté les tentatives d’une journaliste de la BBC de le faire taire. Il était « trop tôt pour tirer des conclusions », lui a-t-elle répété à plusieurs reprises. « Parfois, c’est juste la mal chance tout bêtement », a déclaré James O’Brien, le présentateur de radio de LBC, aux auditeurs.

Ces tentatives de limiter les dégâts sont démentis par les faits.

Le Grenfell Action Group (Groupe d’action de Grenfell) et les résidents ont mis en garde contre les risques d’incendie grave dans l’immeuble depuis plus d’une décennie. Il y a seulement sept mois, ils ont averti que les défaillances dans les pratiques de santé et de sécurité du syndic allaient produire « une catastrophe assurée à l’avenir ». Ces avertissements ont été rejetés par la municipalité du Royal Borough of Kensington et Chelsea.

Les avertissements sur un risque d’incendie émis par le groupe depuis de nombreuses années ont attiré l’attention sur : le câblage électrique défectueux et les surtensions fréquentes, l’éclairage de secours défectueux, les véhicules obstruant l’accès d’urgence à la tour, l’absence d’un système d’alarme incendie intégral du bâtiment et les consignes inappropriées de « rester sur place » de la municipalité en cas d’incendie dans l’une des tours. En novembre 2016, le groupe a cité le propre rapport du KCTMO qui constatait des manquements lors de l’inspection et de maintenance de l’équipement de sécurité anti-incendie : « l’extincteur dans ce bâtiment, la chaufferie du sous-sol, la salle des moteurs de l’ascenseur, la salle électrique au rez-de-chaussée et d’autres zones ont dépassés leur date de vérification selon l’étiquette du contractant sur les extincteurs. »

Le groupe indique qu’en 2013 un incendie majeur à Grenfell Tower a été « évité de justesse lorsque les résidents ont connu une période de surtensions électriques terrifiantes qui ont été ensuite révélés avoir été causé par un câblage défectueux. »

« C’est une pensée vraiment terrifiante, mais le Grenfell Action Group croit fermement que seul un événement catastrophique va dévoiler l’ineptie et l’incompétence de notre propriétaire, le syndic KCTMO, et mettra fin aux conditions de vie dangereuses et à la négligence à l’égard de la législation sur la santé et la sécurité qu’ils infligent à leurs locataires ».

L’incendie de Grenfell Tower à Londres : Un crime contre la classe ouvrière
Cette catastrophe est le produit d’une dissimulation qui remonte jusqu’au gouvernement conservateur de la Première ministre Theresa May.

Le dernier incendie majeur d’une grande tour à Londres, en juillet 2009, était à Lakanal House à Camberwell, qui a coûté la vie à six personnes dont deux enfants et un bébé. Un rapport du médecin légiste a recommandé que les règlements de construction soient mis à jour et a exhorté les promoteurs immobiliers prévoyant de rénover les grandes tours, de les équiper de systèmes de gicleurs.

Le ministre conservateur, M. Brandon Lewis, a déclaré aux députés que le gouvernement s’était engagé à réduire de moitié les réglementations de construction. « Le coût de l’installation d’un système de gicleurs peut avoir un effet sur la construction de logements, et cette construction nous voulons l’encourager, alors nous devons attendre pour voir quel sera l’effet cette réglementation », a-t-il déclaré.

L’ancien ministre du Logement, Gavin Barwell, a promis d’examiner la réglementation de construction du BTP en matière de sécurité anti-incendie, mais l’examen n’a jamais été réalisé. Barwell a été nommé le nouveau chef de cabinet de May samedi.

Mercredi, un porte-parole de l’association Radical Housing Network (Réseau radical pour le logement), à laquelle la Grenfell Action Group est affilié, a publié un communiqué : « L’incendie de Grenfell est une tragédie horrible et évitable pour laquelle les autorités et les politiciens doivent être tenus responsables. Les locataires de Grenfell ne sont pas des citoyens de deuxième classe, pourtant ils sont confrontés à un désastre inimaginable dans les quartiers les plus riches de Kensington. »

L’association a poursuivi : « C’est un scandale que, dans la Grande-Bretagne du 21ᵉ siècle, on ne peut faire confiance aux autorités pour fournir des logements sûrs, et que les personnes occupant les HLM ne peuvent pas mettre les enfants au lit en toute sécurité la nuit. »

La municipalité de Kensington et de Chelsea est l’une de celles où les inégalités sont les plus fortes de tout le pays, on y trouve le grand magasin emblématique de Harrods, les oligarques milliardaires et certains des biens immobiliers les plus chers de la planète. Une propriété à Carlyle Square, Chelsea a été vendue récemment pour 16,5 millions de livres. Elle dispose d’un « jardin primé », d’un cinéma « avec sièges en gradin », d’un bar et d’une salle de sport. Les agents immobiliers qui ont réalisé la vente, Engels & Volker, décrivaient dans l’annonce « l’atmosphère décontractée » de Chelsea.

Pourtant, dans la même municipalité, des milliers de familles sont entassées dans un logement sordide qui équivaut à un piège mortel. L’ensemble de l’immeuble doit être considéré comme une scène de crime. Aucune confiance ne peut être accordée aux autorités. Les travailleurs doivent prendre les choses en main contre toute tentative d’étouffer l’affaire par l’État.

Ils doivent exiger la divulgation complète et immédiate de toutes les transactions du syndic KCOTM, y compris ses relations financières avec la municipalité locale. Mais cela ne peut pas s’arrêter là. Il faut que les responsabilités soit établies jusqu’au gouvernement – d’abord en élucidant comment les ministres ont agi pour contrecarrer les mesures de sécurité anti-incendie pour réduire les coûts des promoteurs immobiliers, et en faisant une évaluation des conséquences qu’ont eues les réductions du nombre de pompiers et de leur équipement.

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Une enquête « sensible » sur le financement du terrorisme au Royaume-Uni pourrait ne jamais être publiée

Une enquête autorisée par David Cameron sur le financement et le soutien étrangers des groupes jihadistes pourrait ne jamais être publiée, a déclaré le Ministère des Affaires Etrangères britannique

Une enquête « sensible » sur le financement du terrorisme au Royaume-Uni pourrait ne jamais être publiée
L’enquête sur le financement de groupes extrémistes opérant au Royaume-Uni fut commandée par l’ancien Premier ministre et est censée se concentrer sur l’Arabie saoudite, désignée à maintes reprises par les dirigeants européens comme source de financement des jihadistes islamistes.

L’enquête a été lancée dans le cadre d’un accord avec les Démocrates Libéraux en échange de leur soutien aux raids aériens britanniques contre l’État islamique en Syrie en décembre 2015.

Tom Brake, le porte-parole des Affaires étrangères des DL, a écrit au Premier ministre pour lui demander de confirmer que l’enquête ne sera pas mise au placard.

The Observer a rapporté en janvier de l’année dernière que l’unité d’analyse de l’extrémisme du Ministère des Affaires Etrangères britannique avait reçu comme directive du Premier Ministre d’enquêter sur le financement à l’étranger de groupes extrémistes au Royaume-Uni, et de montrer les résultats à Theresa May, alors Ministre de l’Intérieur, et à Cameron.

Cependant, 18 mois plus tard, le Ministère des Affaires Etrangères a confirmé que le rapport n’avait pas encore été complété et a déclaré qu’il ne serait pas nécessairement publié, en qualifiant son contenu de « très sensible ».

Une décision sur l’avenir de l’enquête serait prise « après l’élection du prochain gouvernement », a déclaré un porte-parole du Ministère de l’Intérieur.

Dans sa lettre à May, Brake a écrit : « En tant que Ministre de l’Intérieur à l’époque, votre ministère était particulièrement impliqué dans la rédaction du rapport. Dix-huit mois plus tard, et à la suite de deux horribles attentats terroristes commis par des citoyens nés au Royaume-Uni, ce rapport n’est toujours pas achevé et publié.

« Ce n’est pas un secret que l’Arabie Saoudite, en particulier, fournit des fonds à des centaines de mosquées au Royaume-Uni qui adoptent une interprétation wahhabiste très dure de l’Islam. C’est souvent dans ces institutions que l’extrémisme britannique prend racine ».

Le contenu du rapport pourrait s’avérer sensible aussi bien sur le plan politique que juridique. L’Arabie saoudite, qui a été une source de financement pour les prédicateurs et les mosquées islamistes fondamentalistes, a reçu la visite de May plus tôt cette année.

En décembre dernier, un rapport divulgué du service de renseignement fédéral de l’Allemagne a accusé plusieurs groupes du Golfe de financer des écoles religieuses et des prédicateurs salafistes radicaux dans les mosquées, le qualifiant de « stratégie d’influence à long terme ».

Le chef des DL, Tim Farron, a déclaré qu’il estimait que le gouvernement n’avait pas respecté l’accord conclu avant le vote sur les attaques aériennes. Le rapport doit être publié lorsqu’il sera complété, a-t-il insisté, malgré le fait que le Ministère des Affaires Etrangères a fait savoir que les informations contenues dans le document étaient sensibles.

« Cette approche à courte vue doit changer. Il est essentiel que ces points de vue extrêmes et radicaux soient confrontés et que ceux qui les financent soient interpellés publiquement », a-t-il déclaré.

« Si les Conservateurs veulent sérieusement arrêter le terrorisme chez nous, ils doivent cesser de tergiverser et rouvrir les enquêtes sur le financement étranger de l’extrémisme violent au Royaume-Uni ».

Traduit par Viktor Dedaj

Merci à Le Grand Soir

Source: https://www.theguardian.com/uk-news/2017/may/31/sensitive-uk-terror-funding-inquiry-findings-may-never-be-published-saudi-arabia

Date de parution de l’article original: 31/05/2017

URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=20671

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L’imbroglio Européen

L’imbroglio Européen
« Ce que nous ne voulons pas, c’est que le capital international aille chercher la main-d’œuvre sur les marchés où elle est le plus avilie, humiliée, dépréciée, pour la jeter sans contrôle et sans réglementation sur le marché français, et pour amener partout dans le monde les salaires au niveau des pays où ils sont le plus bas. C’est en ce sens, et en ce sens seulement, que nous voulons protéger la main-d’œuvre française contre la main-d’œuvre étrangère, non pas je le répète, par un exclusivisme chauvin, mais pour substituer l’internationale du bien-être à l’internationale de la misère . » Jean-Jaurès « discours pour un socialisme douanier » 17 février 1894.

I L’Europe institutionnelle et démocratique contemporaine : 


 
Le schéma ci-dessus représente les principaux organes exécutifs et législatifs de l’Union Européenne. Observons attentivement :
Vous trouverez sur le site de l’UE  (1) les informations destinées au grand public, en aucun cas il n’est question des lobbys et des coulisses du pouvoir.
Le reportage d’un journaliste sur la face cachée de Bruxelles  (2).  Cette vidéo explique l’influence et les connexions qui existe entre les politiques européennes et les acteurs de l’économie. On peu observer que bien souvent les initiatives présentées par l’UE viennent en fait des lobbys industriel et économiques, puis sont reprises par les Parlementaires et présentées au grand public comme une volonté politique pour le bien de l’UE.
Tout d’abord il y a le Conseil Européen :
Il rassemble les 28 chefs d’états ou de gouvernements des pays membres. Ils élisent un président du conseil pour 2 ans et demi (mandat renouvelable une fois). »Il  donne à l’Union les impulsions nécessaires à son développement et en définit les orientations politique générales » (Traité de Maastricht, art. D).
Pour être plus clair, c’est le conseil européen qui à adopter en 1995 le passage à l’euro comme monnaie unique, c’est aussi le conseil qui à décidé de relancer le processus institutionnel après le non des Français et des Néerlandais en 2005 au sujet de la constitution européenne. L’opinion des peuples semble donc n’être que consultatif.
Ensuite il y a le Parlement Européen : (Co-pouvoir législatif)
Les Parlementaires sont élus (751 députés) par leurs citoyens pour une durée de 5 ans. Le Parlement occupe un rôle essentiel dans la gestion de l’Union européenne du fait qu’il participe directement à l’élaboration des règlements et des directives européennes en coopération avec le conseil et la commission européenne. Le Parlement a aussi comme prérogative, avec le Conseil de l’Union, l’autorité budgétaire de l’Union européenne. C’est le Parlement qui arrête le budget définitif de l’Union. Le Parlement doit être consulter pour tout texte législatif sur les propositions législatives communautaires (UE). Il dispose donc du pouvoir d’arrêter les écrits législatifs au sein de l’UE conjointement avec le Conseil de l’Union. Il dispose aussi du droit de veto pour la nomination du collège de la Commission.
Puis vient la Commission Européenne :
Elle compte environ 33 000 fonctionnaires   (3) (pour 510M d’habitants ).La commission dispose de l’exclusivité de l’initiative législative pour proposé les textes qui seront adoptés ou amender par le Conseil (ci-dessous) et le Parlement (ci-dessus). Elle est composée de 28 commissaires, un par état, pour une durée de 5 ans. D’un président qui nomme plusieurs vice-présidents qui obtiennent chacun un « portefeuille » (culture, énergie éducation etc) , qui eux même auront sous leurs ordres les commissaires. D’un commun accord avec le président élu et sur la base des recommandations des Etats membres, le Conseil adopte la liste des autres personnalités qu’il propose de nommer membres de la Commission. Cependant le Parlement dispose d’un droit de veto à la nomination d’un collège. Nous pouvons donc noter que toutes ces personnes ne sont pas élues mais nommées et que ce sont elles qui organisent les lois depuis Bruxelles qui imposent au gouvernement nationaux une « harmonisation » Européenne des lois (code du travail, retraite, salaire minimum etc etc). Ne devrions nous pas trouver cela inquiétant ? Encore faudrait-il en être informer par nos chers médias..bizarrement ils ne s’étendent jamais longuement sur ces « petits » sujets qui pourrait interpeller pour tout démocrate que nous sommes censés être ?!  La commission veille aussi à l’exécution et à l’attribution des budgets Européen ainsi qu’au respect de la législation dans tout les Etats membre de l’Union. Elle protège, en principe, les intérêts de l’UE et de ses citoyens

#sanslanguedebois

Ce qui est omis bien volontairement, rendu nébuleux ou bien caché dans les textes législatifs (4), c’est que cette commission est composés de fonctionnaire non élu par les peuples des états membres et donnent les directives que les Gouvernements doivent appliquer l’année suivante. Ceci est donc anti-démocratique et un marasme législatif obscure qui verrouille nos institutions.
De plus cette commission impose aux gouvernements, élu par les peuples, des « orientations » politique en matière économique et sociale (GOPE) qui vont bien souvent à l’encontre des acquis sociaux (pour la France) et des aspirations des peuples (ex : le Contrat Première Embauche (CPE), les politiques d’austérités, les coupes budgétaires en Grèce….).
L’article 5 de notre constitution stipule que « Le Président de la République […] est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités ».
De ce fait il est tenu de respecter le traité de Lisbonne qui stipule ceci : Article 121 alinéa 2  » Le Conseil sur recommandation de la Commission, élabore un projet pour les grandes orientations des politiques économiques des Etats membres et de l’union… »
Les gouvernements ne sont donc plus maîtres de leurs politiques et se voient « recommander » mais devrions nous plutôt dire imposer, car des sanctions à hauteur de 0.2% du PIB soit plus de 4 Milliards d’euros pour la France peuvent être demander si les recommandations ne sont pas respecter via le Pacte de Stabilité et de Croissance  (5).  Dans la dernière page (6) des recommandations du conseil pour la France nous trouvons un exemple qui stipule la réduction des impôts sur la production et les sociétés ainsi qu’une demande d’augmentation d’impôt sur la TVA (page 5 alinéa 5). Le rapport de suivi sera publié en Mai 2017.
Puis le Conseil de l’Union Européenne (Co-pouvoir législatif ) :
Le Conseil représente la voix ou les intérêts des Etats membres de l’union. Il est composé de touts les ministres des pays suivant le sujet abordé (écologie, économie etc), la présidence du conseil de l’union change tout les 6 mois, tour à tour les pays membres occupe ce poste. Il dispose du pouvoir co-législatif avec le Parlement. Les réunions des ministres nationaux servent à coordonné la mise en place et l’harmonisation des lois à l’échelle continentale (une loi pour l’ensemble des 28 pays membres). Il est aussi censé développer la politique étrangère et de sécuritaire au sein de l’UE, pour l’efficacité qu’on lui à connu jusqu’à maintenant (sic)…
Ensuite viennent la Banque Centrale Européenne, la Cour des Comptes et la Cour de Justice de l’Union Européenne.  Je vous renvoie au site de l’UE car entré dans les détails pour la BCE devrait faire l’objet d’un article à lui seul tellement il y aurait à dire ! Concentrons nous sur l’aspect politique de l’UE pour le moment si vous le voulez bien ?!
Il y a 7 institutions différentes… nous observons donc que loin d’être clair et simple il y a une multitude de pôle décisionnaire. De plus il faut savoir que l’UE compte 23/24 langues officielles avec 3 alphabets différents. On peu noter aussi la superposition des pouvoirs législatifs et exécutifs, plusieurs milliers de personnes pas forcément élues sont donc nécessaires pour faire une loi. On peu légitimement pensé que l’institution européenne ici présente est une véritable cacophonie parlementaire ou le citoyen lambda à tôt fait de ce perdre dans les méandres et la complexité de cette organisation. Mais est-ce vraiment une maladresse des fondateurs ou une volonté clair et direct de rendre les choses complexes pour décourager les citoyens et les désintéresser du pouvoir ? Nous allons aborder ce sujet dès le prochain, paragraphe!

II L’Europe historique et sa construction contrôlée :

Regardons maintenant comment et par quelle influence c’est faite l’Europe. Il y a eu en 1963 la vision Gaullienne de l’Europe, c’est à dire une construction intra-européenne sans affluence extérieur qu’elle soit Soviétique ou Américaine (l’époque de la Guerre Froide et la logique des blocs) à l’initiative de la France et qui espérait la collaboration étroite de l’Allemagne via le traité de l’Elysée (7). Mais avant de ratifier la loi via le Bundestag l’Allemagne a écrit un préambule au traité qui dénature entièrement la volonté de De Gaulle. Nous y reviendrons après, voyons les principales étapes de cette construction.
9 Mai 1950 : Déclaration Schuman (ministre des affaires étrangères français) « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble. Elle se fera par des réalisations concrètes, créant d’abord une solidarité de fait. » Manœuvre préparatoire pour la population, accepter petit à petit (sur plusieurs décennies) des changements dans leur cultures en vue d’une « harmonisation » (devrions nous dire intégration ?) qu’ils auraient (probablement) refuser si les mesures leurs avaient étaient proposés d’un coup d’un seul.
Proposition du plan Schuman pour la mise en commun des ressources françaises et allemandes sur le charbon et l’acier.
Article du Daily telegraph  (8) concernant le financement Americain de certaines personnalités politique européenne et en faveur de la création d’une entité fédérale européenne. La version Française  (9) proposer par l’UPR. La presse  (10)Française de l’époque osé encore se poser des questions.
Il semblerait donc que la volonté politique de la création de l’UE ne vienne pas de notre continent..? 
18 Avril 1951 : traité de Paris, la première communauté européenne est créer sous le sigle Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier. Un comité supranational est crée pour  la prise de décision, chacun des six pays membre nommera un représentant au sein de cet organe.

1957 – La fondation de la Communauté économique européenne (CEE) et de la Communauté européenne de l’énergie atomique (CEEA)

La proposition de Robert Schuman avait donné naissance à une communauté spécialisée dans deux domaines décisifs mais toutefois assez limités : le charbon et l’acier. Pour continuer l’intégration européenne, les six pays membres vont donc rapidement se lancer dans le domaine économique.
Ainsi, le 25 mars 1957, les six mêmes pays signent les Traités de Rome instituant respectivement la CEE, la Communauté économique européenne et la CEEA, la Communauté européenne de l’énergie atomique (aussi connue sous le nom EURATOM). L’idée de la CEE est de créer un grand marché commun au niveau européen avec la libre circulation des hommes et des marchandises dans tous les pays membres (grâce à la création d’une union douanière avec une suppression progressive des droits de douane). La CEE vise également à réaliser des politiques communes à l’ensemble des Etats membres, notamment dans le domaine de l’agriculture. La CEEA quant à elle a pour principal objectif le développement en commun et à des fins pacifiques de l’énergie atomique en Europe.Pour cela, de nouvelles institutions sont mises en place dès le début de l’année 1958, à savoir une Commission européenne, un Conseil des ministres, une Assemblée parlementaire (qui prendra ensuite l’intitulé « Parlement européen ») ainsi qu’une Cour de justice des Communautés européennes.

Ce qui est souligné plus haut est la première « harmonisation » Européenne « recommander », la Politique Agricole Commune (PAC). Pas forcément critiquable mais on peu y voir le commencement, donner lui la main il vous prendra le bras ou encore regarder l’harmonisation agricole a fonctionné pourquoi ne pas essayer dans le cadre de l’emploi et sur l’économie de marché ? 50 ans après nous pouvons constater cela.

1963 – Tentative Française d’émanciper l’Union Européenne de sa tutelle extérieur : 

Puis de Gaulle est revenu aux affaires en France, et sentant l’influence US sur la construction de l’UE il va tenter d’y mettre un frein et va prôner une construction Européenne sans tutelle extérieure. Pour ce faire il tendra la main à l’Allemagne et lui proposera de former le moteur Franco-Allemand pour initier une Europe libre, forte et créer ainsi un troisième bloc non aligné sur le communisme ou le capitalisme.
Le traité de l’Elysée sera donc proposer au gouvernement Allemand. Le 19 Janvier 1963 l’ambassadeur de la RFA Knappstein à Whashington eut un entretien  (11) avec le Président des USA Kennedy. Il en ressort que le président Kennedy semblait inquiet et mécontent du rapprochement Franco-Allemand et de la tentative de De Gaulle de substituer l’alliance Germano-Américaine en une alliance Franco-Allemande. L’ambassadeur Allemand rassura le président en lui affirmant que l’Allemagne considérait toujours les USA comme leur allié numéro un et que l’Otan bénéficierais de ce traité en le modifiant via un préambule (que vous trouverez ci-dessous). La duplicité de l’Allemagne envers de Gaulle se révéla au grand jour et l’UE pris un tournant définitif quand à la vassalisation de ses instances.
Le Bundestag le ratifiera le 15 Juin 1963 mais il ajoutera ce préambule  (12).
 
 

Préambule à la loi portant ratification du traité franco-allemand, voté par le Bundestag (Bonn, 15 juin 1963)

Convaincu que le traité du 22 janvier 1963 entre la République fédérale d’Allemagne et la République française renforcera et rendra effective la réconciliation et l’amitié entre le peuple allemand et le peuple français.
 
Constatant que les droits et les obligations découlant pour la République fédérale des traités multilatéraux auxquels elle est partie ne seront pas modifiés par ce traité. Manifestant la volonté de diriger l’application de ce traité vers les principaux buts que la République fédérale d’Allemagne poursuit depuis des années en union avec ses autres alliés et qui déterminent sa politique, à savoir:
 
– le maintien et le renforcement de l’Alliance des peuples libres et, en particulier, une étroite association entre l’Europe et les États-Unis d’Amérique,
– l’obtention du droit d’autodétermination pour le peuple allemand et le rétablissement de l’unité allemande,
la défense commune dans le cadre de l’Alliance de l’Atlantique nord et l’intégration des forces armées des États membres du pacte,
– l’unification de l’Europe selon la voie tracée par la création des Communautés européennes, en y admettant la Grande-Bretagne et les autres États désirant s’y joindre et le renforcement des Communautés existantes,
l’abaissement des barrières douanières par des négociations entre la Communauté économique européenne, la Grande-Bretagne et les États-Unis d’Amérique, ainsi que d’autres États, dans le cadre du GATT.
 
Conscient qu’une coopération franco-allemande conduite selon ces buts sera bénéfique pour tous les peuples, servira au maintien de la paix dans le monde et contribuera par là simultanément au bien des peuples français et allemand,
 
 
Le Bundestag ratifie la loi suivante.
 
Si vous avez lu le traité de l’Elysée que j’ai mis en lien vous constaterez qu’a aucun moment le traité ne cite la Grande-Bretagne, les Etats-Unis ou l’OTAN.
De Gaulle voulait sortir l’Allemagne de la tutelle US en plaçant l’Europe sous protection nucléaire Française et ainsi garantir le non alignement de l’Union Européenne au profit d’un troisième bloc proposant une autre voie (que le Capitalisme et le Soviétisme).
Las avec ce préambule il se fit planter un couteau dans le dos et l’Allemagne assura ainsi son allié US d’une vassalité de l’UE, via l’OTAN pour les années à venir.
Petit aparté, De Gaulle cependant changea son fusil d’épaule et pratiqua la politique de détente, il œuvra seul à créer une troisième voie et cela marcha pendant quelques années (jusqu’en 1968). La culture et le rayonnement de la France sous l’ère du Gaullisme demeura sans égale, en étant non aligné aux deux grands bloc la France proposa une alternative au pays désireux de s’émanciper de l’influence US et URSS.

1968 – La suppression des droits de douane

Les droits de douane ont complètement disparu entre les pays membres. L’effet en est spectaculaire pour les entreprises exportatrices et les marchés.
Entre 1957 et 1970, le commerce intra-communautaire est multiplié par six et les échanges de la CEE avec le reste du monde sont multipliés par trois. Les consommateurs en profitent directement du fait qu’ils se voient proposer une gamme de plus en plus variée de produits importés
 
Cependant la qualité des aliments et les conditions de travail vont rapidement se détériorer suite à l’abolition des droits de douanes pour les pays avancés qui ne pourront lutter contre les délocalisations par la suite. En effet si dans un premier temps une Europe « étroite » favorise les échanges et que la qualité demeurent au rendez-vous, par la suite l’entrée en vigueur du marché unique européen en 1993 et l’intégration des pays de l’Est avec des conditions et des codes du travail à des années d’écart avec les pays industrialisés vont s’avérer dramatiques pour le marché de l’emploi en France, la qualité des aliments va de même diminuer pour les consommateurs. 

1986 – L’élargissement vers les pays du Sud de l’Europe et l’Acte unique européen (AUE)

En janvier 1986, l’Espagne et le Portugal adhèrent également à la CEE. C’est l’Europe des Douze.En 1986, l’Acte unique européen (AUE) fixe la réalisation du Marché unique au 1er janvier 1993. Ce nouvel acte oblige en effet les douze Etats membres à créer pour cette date (au plus tard) une Europe sans frontières intérieures aucunes. Plus aucune restriction qu’elle soit d’ordre réglementaire ou fiscale ne doit retarder la mise en place d’un véritable marché intérieur européen.
L’AUE est entré en vigueur le 1er juillet 1987, après signature et ratification des douze Etats membres de la Communauté. Quelques 300 mesures ont dû être prises afin d’éliminer les différentes entraves à la libre circulation, telles que l’étaient : les barrières physiques, les barrières techniques et les barrières fiscales.
L’intérêt pour l’homme peu sembler intéressant mais ne nous y trompons pas, les grands gagnant seront les Très Grandes Entreprises, les banques et les marchés avec la libre circulation des capitaux.

1992 – Le Traité de Maastricht

Le Traité de Maastricht, signé le 7 février 1992, donne à la construction européenne une dimension nouvelle. Il institue « l’Union européenne » (UE) et ajoute à la Communauté une vocation également politique. La « Maison Europe » repose désormais sur trois piliers :

  • Un pilier communautaire (incluant la Communauté européenne, la Communauté européenne du charbon et de l’acier et la Communauté européenne de l’énergie atomique). Ce pilier concerne les matières ayant fait l’objet, de la part de États membres, d’un transfert de souveraineté au profit des institutions européennes ;
  • Un pilier relatif à la politique étrangère et de sécurité commune (la PESC) prévoyant des procédures intergouvernementales de coopération en matière de politique étrangère. Il n’existe pas ici de transfert de souveraineté ; Avec la cacophonie qu’on lui connaîtra jusqu’à nos jours….
  • Un pilier relatif à la coopération dans les domaines de la justice et des affaires intérieures prévoyant encore une fois des procédures intergouvernementales de coopération au niveau de l’immigration, du droit d’asile, de la lutte contre le crime organisé etc. Il n’existe pas ici de transfert de souveraineté.

Une autre innovation du Traité de Maastricht concerne la création d’une citoyenneté européenne. L’UE serait donc devenu un pays et par ricochet nos pays des régions Européenne ? Toute personne ayant la nationalité d’un État membre se voit reconnaître la citoyenneté européenne et donc de nouveaux droits, tel que le droit de circuler et de résider librement dans les pays de l’Union européenne, le droit de voter et de se présenter aux élections européennes et municipales de l’État où on réside, le droit de saisir le médiateur européen en cas de litige, etc.
Enfin, en prévoyant la création d’une monnaie unique au 1er janvier 1999 gérée par une banque centrale européenne, le traité de Maastricht parachève la mise en place d’une Union économique et monétaire (UEM).
Des critères sont définis (les « critères de Maastricht ») dans la perspective de la création de l’euro dans le but de faire converger les politiques économiques des pays membres. Ces critères sont les suivants : 

  • Le déficit public ne doit pas dépasser 3% du PIB et la dette doit être inférieure à 60% du PIB. Ces deux critères seront réaffirmés en 1997, lors du Traité d’Amsterdam par l’adoption du Pacte de stabilité et de croissance. L’obligation de veiller à éviter l’apparition de déficits budgétaires devient donc permanente. Sauf bien évidement lorsque les banques seront au bord de la faillites à partir de 2008, les déficits pourront atteindre jusqu’à 8% sans que personne ne retrouve rien à dire. Couvrir, avec des deniers publiques, des banques qui spécule et qui détruise des pays tel que la Grèce ne semble poser aucun problème, le Parlement Européen semble accorder plus d’importance aux institutions financières qu’aux bien être des peuples.
  • L’inflation ne doit pas être supérieure de plus de 1,5% par rapport au taux d’inflation moyen des trois États membres les plus performants.
  • Les taux d’intérêt à long terme ne doivent pas être supérieurs de plus de 2% par rapport à ceux des trois États membres les plus performants.
  • Les pays doivent respecter une marge de fluctuation de leur taux de change par rapport à un taux de change pivot.

2002 – L’introduction de l’Euro

Depuis le 1er janvier 2002 l’Euro est le moyen de paiement officiel dans 12 des 15 Etats membres (seul le Danemark, la Suède et le Royaume-Uni ne font pas partie de la zone euro). Plus de 80 milliards de pièces sont mises en circulation. Les négociations pour une monnaie unique européenne avait déjà commencé en 1993 avec le traité de Maastricht.
C’est ainsi que les nations Européenne ont perdu leur souveraineté monétaire et s’en remettent a la plus grande puissance économique de l’UE (à savoir l’Allemagne) qui décidera seul de la politique économique à adopter depuis Francfort. 

2004/2005 : Un traité pour une constitution de l’Europe 

La constitution Européenne est rejeter par le non lors de référendum en France et aux Pays-Bas.

2007 – Elargissement & Traite de Lisbonne

L’Union Européenne devient une Union à 27 avec l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie, le 1er janvier 2007. Le sort du processus constitutionnel est finalement clarifié lors du Conseil européen des 21 et 22 juin 2007. Celui-ci donne mandat à une Conférence intergouvernementale (CIG) pour rédiger un traité dit « modificatif » qui doit introduire dans les traités actuels, toujours en vigueur, quelques modifications techniques et institutionnelles. Le concept constitutionnel est donc abandonné.
Après un accord trouvé par les 27 chefs d’Etat ou de gouvernement en octobre 2007, le Traité de Lisbonne est signé le 13 décembre 2007.
L’avis des peuples Français et Néerlandais est donc ignoré, spolié, la démocratie à parler mais le diktat de Bruxelles impose sa volonté. 
Il est entré en vigueur le 1er décembre 2009. Bon nombre d’éléments introduits dans le texte du projet de traité constitutionnel sont repris dans ce nouveau traité européen tels la présidence stable du Conseil européen avec la création du poste de Président du Conseil européen, élu pour un mandat de 2 ans et demi par les chefs d’État et de gouvernement des 27 États membres, la création du poste de Haut Représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, nommé par le Conseil européen, l’influence des parlements nationaux, le droit d’initiative citoyenne, le nouveau système de calcul de la majorité qualifiée… 

III Quelles conclusions tirée de l’Union Européenne : 

Bien que les textes soit assez nébuleux et marquent que l’UE protège ses « citoyens « . Notez la définition du Larousse sur ce mot : 

  • Personne jouissant, dans l’État dont il relève, des droits civils et politiques, et notamment du droit de vote (par opposition aux étrangers).

il semblerait donc que l’UE dans les textes tende à devenir un « Etat » ?
A la lumière des faits exposés plus haut, nous pouvons donc conclure que la construction Européenne n’est pas un fait intérieur à notre continent, une puissance extérieur à bel et bien œuvrer à son édification pour faire en sorte d’avoir la main mise sur ce vaste territoire qu’est l’Europe et qui serait beaucoup plus difficile à assujettir si les multiples Etats-nations étaient tous souverains. Pour une fois la maxime « diviser pour mieux régner » ne s’applique pas. De plus par le biais des multiples instances Européenne on constate que la Commission bien dissimuler au milieu de maelstrom législatif et pompeux  oeuvre et dicte les futurs lois, par le biais des Gopé, à imposer aux états et à leurs peuples dans le but « d’harmoniser » les lois pour les marchés. 
Notre liberté, notre souveraineté, mise à mal nous nous devons de réagir, si nous ne voulons pas disparaître à un moment ou le capital prend de plus en plus le pas sur l’homme, la nature et l’épanouissement collectif et personnel. La destruction des acquis sociaux, de l’éducation, la santé, le code du travail ne dépendra que de notre volonté à contrer cette puissante machine bien huilée en agissant tous d’une même volonté. Le respect de notre environnement (social et écologique) devrait être la priorité de l’Homme plutôt que de toujours vouloir aspirer à faire plus de profits.
 

Becker Laurent.
http://rougetdelys.com/limbroglio-europeen/

1 https://europa.eu/european-union/about-eu/institutions-bodies_fr
2 http://reseauinternational.net/reportage-mais-qui-controle-vraiment-lunion-europeenne-brusels-business/
3 http://europa.eu/european-union/about-eu/figures/administration_fr
4 http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:12012E/TXT&from=FR
5 https://fr.wikipedia.org/wiki/Pacte_de_stabilit%C3%A9_et_de_croissance#Volet_d.C3.A9s.C3.A9quilibres_macro.C3.A9conomiques
6 http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32015H0818(15)&from=FR
7 http://www.france-allemagne.fr/Traite-de-l-Elysee-22-janvier-1963,0029.html
8 http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/1356047/Euro-federalists-financed-by-US-spy-chiefs.html
9 https://www.upr.fr/actualite/europe/des-federalistes-europeens-finances-par-des-chefs-de-lespionnage-americain
10 https://www.upr.fr/actualite/reecriture-de-lhistoire-marche-direction-magazine-historia-censure-propre-numero-675-de-mars-2003-role-de-cia-construction-europeenne-met-demeure-lu
11 http://www.cvce.eu/obj/fr-48045302-9605-4905-a37e-96b85fdb9a67
12 http://www.assemblee-nationale.fr/14/evenements/50-ans-traite-elysee/Elysee_preambule.pdf

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La définition sioniste de la lutte contre l’antisémitisme avalisée par le Parlement Européen : les notes d’un Palestinien

Mazin Qumsiyeh, Palestinien, est l’auteur de « Sharing the Land of Canaan » et de «Une histoire populaire de la Résistance palestinienne ». Il enseigne au sein de l’université de Bethléem et de Bir Zeit et dirige le Musée Palestine d’Histoire Naturelle et l’Institut palestinien de biodiversité et durabilité.

La définition sioniste de la lutte contre l'antisémitisme avalisée par le Parlement Européen : les notes d'un Palestinien
Sous les fortes pressions sionistes partout en Europe d’une part, et vu le manque de pressions s’appuyant sur les droits de l’homme, d’autre part, le Parlement européen a violé ses propres traités et chartes et a adopté la définition à tout le moins bizarre de l’antisémitisme telle qu’elle a été façonnée par les sionistes. Ci-dessous, voici, suivis de mes notes, quelques éléments que les sionistes prétendent antisémites.

« Appeler à tuer et à faire souffrir les Juifs, de même que soutenir ou justifier ces exhortations, y contribuer ou justifier de tels actes au nom d’une idéologie radicale ou d’une vision religieuse extrémiste. »

C’est trop vague. Qu’est-ce qu’une « idéologie radicale » et qu’est-ce « faire souffrir » (résister à l’occupation peut-il être considéré comme faire souffrir les Juifs ?) ? Par exemple, que faire quand tant de colons vivent à la force de leurs armes sur des terres qu’ils ont volées aux autochtones ? Les lois internationales disent que les autochtones ont le droit de résister à de tels voleurs coloniaux. L’« idéologie » autochtone de leur droit à se défendre serait-elle considérée comme de l’« antisémitisme » ?

« Émettre des allégations mensongères, déshumanisantes, diabolisantes ou stéréotypées sur les Juifs en tant que tels ou sur le pouvoir des Juifs en tant que collectivité – par exemple les mythes sur une conspiration mondiale juive ou sur les Juifs contrôlant les médias, l’économie, le gouvernement ou les autres institutions de la société. »

C’est bizarre. Quid si certains Juifs (et non « les Juifs ») contrôlent effectivement certains aspects de l’économie, des médias, etc. De nombreux Juifs sionistes eux-mêmes revendiquent un tel pouvoir. Cela en fait-il des « antisémites » ? Quid en Israël où, manifestement, les Juifs contrôlent les moindres aspects de la vie GRÂCE À DES LOIS ISRAÉLIENNES adoptées par la Knesset ? Cela fait-il d’Israël et de la Knesset des entités « antisémites » ?

« Accuser les Juifs en tant que peuple d’être responsables des méfaits réels ou imaginaires commis par une seule personne juive ou un seul groupe juif, ou même d’actes commis par des non-Juifs. »

Trop vague. De plus, « les juifs en tant que peuple » est aussi faux que de dire « les musulmans en tant que peuple ». Les Juifs sont ceux qui croient dans les préceptes du judaïsme, ni plus ni moins. Ce n’est pas un « peuple ». Seuls les peuples sont des humains.

« Accuser les Juifs en tant que peuple, ou Israël en tant qu’État, d’inventer ou d’exagérer l’Holocauste. »

Voir plus haut à propos de « peuple ». Effectivement, on ne devrait accepter la moindre généralisation à propos des « Juifs », mais Israël est un gouvernement et il recourt de façon exagérée à l’Holocauste juif à son propre profit.

« Accuser les citoyens juifs d’être plus loyaux à l’égard d’Israël, ou de priorités juives supposées dans le monde, au détriment des intérêts de leurs propres nations. »

C’est la partie la plus bizarre. Il s’agit d’un fait solidement étayé. Si ce n’était pas le cas, le gouvernement américain serait « antisémite » pour avoir jugé Jonathan Pollard pour espionnage et l’avoir déclaré coupable (le gouvernement israélien lui avait accordé la citoyenneté après qu’il eut trahi son pays).

« Nier au peuple juif le droit à l’autodétermination, en prétendant par exemple que l’existence de l’État d’Israël, est une entreprise raciste. »

Personne ne refuse à qui que ce soit le droit à l’autodétermination. Juifs polonais ou palestiniens ou américains, chrétiens et musulmans ont le droit à l’autodétermination dans leurs propres pays, en vertu des lois internationales. L’autodétermination ne veut pas dire, entre autres, décider de se rendre dans le pays de quelqu’un d’autre, revendiquer ce pays en vertu d’un « pouvoir divin » et en chasser les autochtones (comme les Juifs européens l’ont fait avec nous, de sorte qu’il y a aujourd’hui 7,2 millions de réfugiés). L’État d’Israël et le sionisme sont de fait des entreprises racistes.

« Faire preuve d’un double standard en exigeant d’Israël un comportement qui n’est attendu ni requis d’aucun autre pays démocratique. »

Israël n’est pas une « nation démocratique ». Voir mon chapitre ICI.

« Utiliser les symboles et images associés à l’antisémitisme classique (par exemple, l’affirmation que les Juifs ont tué Jésus ou les meurtres rituels) pour caractériser Israël ou les Israéliens. »

Bien trop vague et dénué de clarté. Qu’est-ce qui serait permis, dans la « caractérisation » ? La photo non retouchée d’un largage de bombe d’une tonne sur un camp de réfugiés par un F-16 portant comme symbole une étoile de David serait-elle considérée comme une photo « antisémite » ? Énoncer le fait qu’un Juif orthodoxe a massacré 29 fidèles y compris des enfants (et blessé 125 autres personnes) à la mosquée Ibrahimi serait-il « antisémite » ?

« Établir des comparaisons entre la politique israélienne actuelle et celle des nazis. »

Vladimir Jabotinsky était-il antisémite pour avoir agi de la sorte ? Les mesures israéliennes actuelles comprennent les sanctions collectives, les incarcérations de masse, la création de « zones concentrationnaires » (c’est l’appellation que donne le gouvernement israélien aux zones où il parque les Bédouins du Néguev), la torture, les détentions administratives (sans procès ni avocat), les démolitions de maisons, les exécutions extrajudiciaires et bien plus encore. « (…) celle des nazis » comprend bien des mesures communes et de nombreuses lois copiées presque mot pour mot sur les lois raciales nazies (voir encore ICI).

« Tenir les Juifs de manière collective pour responsables des actions de l’État d’Israël. »

Vague, une fois de plus. Quels Juifs ? Bien des Juifs s’opposent à toute l’idée de l’existence d’un « État juif » et pas uniquement à ses actions. Bien des Juifs soutiennent le nettoyage ethnique et le génocide (y compris les responsables de très importantes organisations juives, telle la « Conférence des présidents des principales organisations juives »). Appeler un chat un chat ou dire du ciel qu’il est bleu ne devrait pas être taxé d’« antisémitisme ».

Pour finir, des journalistes israéliens comme Gideon Levy et Amira Hass et des organisations israéliennes des droits de l’homme comme B’Tselem vont-ils être tous catalogués d’ « antisémites » ? Après tout, leurs propos et leurs rapports truffés de faits violent la plupart de ces définitions sionistes. L’ONU, Amnesty International, Médecins pour les droits de l’homme, le Comité international de la Croix-Rouge, 12,5 millions de Palestiniens vont-ils eux aussi être taxés d’ « antisémitisme » de la même façon que les noirs d’Afrique du Sud étaient catalogués comme « anti-blancs » ?

Quel monde orwellien malade avons-nous créé par notre apathie et par notre silence ! Il est temps d’élever la voix. Je demande instamment à tous les Européens particulièrement d’élever la voix (et même de hurler). Assez, c’est assez !

Repris d’un courriel envoyé par Mazin Qumsiyeh le 2 juin 2017

Traduction : Jean-Marie Flémal

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Une insoutenable européanisation du chantage à l’antisémitisme

Le Parlement européen a voté à une très large majorité, le jeudi 1er juin, une nouvelle résolution sur l’antisémitisme. Il va sans dire que nous déplorons, une fois encore, la singularisation de l’antisémitisme vis-à-vis des autres formes de racisme.

Une insoutenable européanisation du chantage à l’antisémitisme
D’elles pas un mot, alors que, par exemple, l’islamophobie sévit partout en Europe et que la rromophobie tue. Mais il y a plus grave. A y regarder de plus près, ce n’est pas tant d’antisémitisme que de limitation de la liberté de parole et de criminalisation de la critique d’Israël qu’il s’agit.

La résolution, par le biais du paragraphe 2, fait sienne les critères proposés par la très sioniste Alliance internationale de la mémoire de l’holocauste (International Holocaust Remembrance Alliance, IHRA) pour définir l’antisémitisme. Si celle-ci reconnaît que l’antisémitisme, c’est la haine du Juif en tant que juif, le paramètre de la définition ne s’arrête pas là. « Nier au peuple juif (sic) le droit à l’autodétermination, en prétendant par exemple que l’existence de l’État d’Israël est une entreprise raciste » relèverait de l’antisémitisme. « Avoir deux poids deux mesures en demandant de l’Etat d’Israël un comportement que l’on attend ni ne demande de n’importe quelle autre nation démocratique (sic) [1] » ? Antisémitisme !

Le Royaume-Uni et l’Autriche ont récemment adopté cette définition, et les effets catastrophiques n’ont pas tardé à se faire sentir. C’est notamment sur cette base qu’a failli être annulée il y a une dizaine de jours la Palestine Expo 2017 de Londres qui aura bien lieu début juillet [2].

En France aussi, la petite musique qui amalgame insidieusement la moindre critique d’Israël et/ou du sionisme à de l’antisémitisme bat son plein. Pas besoin de la définition de l’IHRA pour cela ! Et pourtant, si le vote de cette résolution au Parlement européen n’a aucune valeur juridique contraignante, il contribue à renforcer ce climat nauséabond où la parole critique à l’encontre d’Israël est bâillonnée et criminalisée. Ce vote, c’est une attaque sournoise contre la liberté d’expression de la part de la seule institution démocratique de l’Union européenne.

A l’exception notable de la Gauche unitaire européenne (GUE/NGL) et des Verts, tous les groupes parlementaires ont écouté plus ou moins religieusement les doléances des lobbies hyperactifs pro-israéliens – au premier rang desquels, l’IHRA et le Congrès juif européen – qui ont finalement réussi à obtenir gain de cause après une longue et coûteuse bataille. Mais ne nous y trompons pas, cette résolution ne s’est pas obtenue que sous la pression. Il s’agit d’un vote d’adhésion. Elle a été approuvée à une large majorité comprenant une alliance pas si hétéroclite qu’elle n’en a l’air au premier abord : de l’aile droite de la social-démocratie à l’extrême droite souverainiste et antisémite, tous, à de rares exceptions près, ont voté en faveur de la résolution.

Sans un accord idéologique tacite fondé sur une islamophobie plus ou moins assumée et le choix stratégique néoconservateur du soutien indéfectible à Israël, une telle alliance aurait été inconcevable. Il suffit de prendre la peine de gratter le vernis des bonnes intentions de cette résolution pour que se laisse apercevoir sa véritable raison d’être, qui ne fait d’ailleurs que peu de cas de la situation des Juifs en Europe. Il faut rappeler qu’il n’y a pas de politique d’état antisémite en Europe, et que ce vote vise clairement à empêcher non pas l’antisémitisme réel mais la critique politique légitime d’un État, de sa politique et de son régime.

Le vote de cette résolution nous rappelle, qu’ici comme en Europe, le droit à la critique d’Israël fait partie de la liberté d’expression politique en général – un acquis aussi précieux que fragile qu’il nous faut défendre à tout prix.

Le Bureau national de l’UJFP, le 2 juin 2017

[1] https://www.holocaustremembrance.com/sites/default/files/press_release_document_antisemitism.pdf

[2] https://www.middleeastmonitor.com/20170526-an-online-hate-campaign-is-trying-to-get-a-palestinian-cultural-festival-cancelled/

Source : UJFP

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DOCU Arte : Identités douloureuses – Les nouvelles droites en Europe

Nationalistes et conservateurs, les jeunes identitaires sont vent debout contre l’immigration, l’islam et la mondialisation, unis par une haine du multiculturalisme, du métissage et du pluralisme démocratique. Voyage à travers l’Europe pour décrypter l’ascension de ces nouveaux mouvements d’extrême droite. Ils se voient comme le fer de lance d’une vague politique qui prend de l’ampleur en Europe. Nationalistes et conservateurs, les jeunes identitaires sont vent debout contre (…)


Politique

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La paix, c’est la guerre ; l’obéissance rend libre

Les GOPÉ 2017 (grandes orientations pour les politiques économiques) ont été publiées récemment par nos Maîtres de la Commission européenne, en vertu de l’article 121 du TFUE (traité sur le fonctionnement de l’Union européenne) que je décrypte dans mon livre « Relève-toi ».

La paix, c’est la guerre ; l’obéissance rend libre
Ce texte est relativement court – il compte 9 pages dont 6 pages substantielles – et j’invite chacune et chacun à le télécharger à cette adresse et à le lire intégralement.

Il est écrit dans le style très particulier des fonctionnaires européens, en novlangue ultralibérale. Il commence par l’analyse de la situation sous l’angle ultralibéral, celui de l’argent comptable. Par exemple, on dira que les dépenses de santé coûtent trop cher, mais on ne relèvera jamais qu’un système de santé nationalisé produit beaucoup plus de santé publique par franc dépensé qu’un système privé à l’américaine. Consécutivement à l’analyse, il présente les contre-réformes que nos Maîtres de Bruxelles attendent de leurs vassaux parisiens en des termes positifs. j’ai retenu quelques exemples pour cet article.

Morceaux choisis

(3) En particulier, la France se caractérise par un faible niveau de compétitivité et une dette publique élevée et en augmentation, dans un contexte de faible croissance de la productivité.

En novlangue de Bruxelles, faible compétitivité signifie salaires trop élevés et dette publique est à rattacher à services publics.

(9) Les économies découlant des revues de dépenses pourraient être nettement augmentées si les domaines de dépenses examinés étaient élargis et si une stratégie pluriannuelle était mise en œuvre afin que les possibilités d’économies identifiées se traduisent par des mesures budgétaires concrètes.

Cela signifie que Bruxelles exige une baisse des investissements publics sur le long terme. Les deux éléments de la phrase sont importants : investissements publics et long terme.

(10) De récentes évaluations suggèrent également que le regroupement de tous les dispositifs de réduction du coût de la main-d’œuvre et leur transformation en réductions permanentes des cotisations sociales permettraient d’optimiser leurs effets sur l’emploi et l’investissement.

Cela signifie que Bruxelles exige une réduction des salaires en France, en particulier de la part des salaires dédiée aux cotisations sociales. Cette part des salaires que les salariés ne perçoivent pas directement car elle est gelée pour assurer leurs retraites et leur protection sociale. Ces mesures engendreront donc naturellement une baisse des retraites et de la protection sociale via le système de sécurité sociale. Cela dit, on pourrait penser que ceci pourrait profiter aux PME. Il n’en est rien. Souvenons-nous que l’an dernier, dans les GOPÉ 2016, la Commission constatait qu’il y avait trop de PME en France. Leur sort sera réglé par l’imposition de normes qu’elles ne pourront pas payer et par un alourdissement de leur environnement administratif. Cette mécanique insidieuse et implacable est déjà à l’œuvre et elle s’intensifie. Posez la question aux patrons de PME.

(13) La mauvaise performance des personnes nées en dehors de l’UE tire le taux d’emploi global vers le bas et représente une sous-utilisation chronique de la main-d’œuvre.

On pourrait penser qu’il s’agit d’une intention humaniste et égalitaire. Point du tout. Il s’agit ni plus ni moins que de faire pression sur les salaires en employant des travailleurs étrangers qui accepteraient d’être sous-payés. C’est ce que dénonçait le PCF (Parti communiste français) dans les années 1970. C’est ce que dénonçait Jean Jaurès en son temps.

(14) En outre, dans le contexte actuel de chômage élevé, le coût du travail au salaire minimum risque de restreindre les perspectives d’emploi des personnes peu qualifiées.

Ici, les choses sont dites sans ambiguïté, il faut baisser le SMIC.

Structurellement vôtre

Un des mots qui revient le plus souvent, tout au long de cette prose absconse, est le mot structurel. Pour la Commission européenne, les mesures de baisse salariale, de réduction d’impôt aux entreprises, de baisse des cotisations de sécurité sociale, de mise en concurrence des salariés, et cætera, ne doivent pas être passagères, elles doivent s’inscrivent dans le long terme, c’est-à-dire qu’elles doivent structurer la société française, en espérant bien évidemment que l’on ne puisse pas revenir à une politique sociale… Jusqu’à la prochaine révolution.

Les conclusions de Bruxelles : le résultat de la soumission

À la toute fin de ces GOPÉ, nos Maîtres font la synthèse de ce qu’ils attendent de leurs dociles esclaves parisiens. Je vous livre in extenso ce résumé. À lire soigneusement et lentement. À décrypter méticuleusement avec un dictionnaire de traduction de la novlangue en langue française.

RECOMMANDE que la France s’attache, au cours de la période 2017-2018, à:

1. se conformer à la recommandation du conseil du 10 mars 2015 au titre de la procédure concernant les déficits excessifs. Poursuivre ensuite une politique budgétaire conforme aux exigences du volet préventif du pacte de stabilité et de croissance, qui se traduise par d’importants efforts budgétaires pour 2018. Lors de l’adoption de mesures, il convient de prendre en considération l’objectif d’une orientation budgétaire qui contribue aussi bien à conforter la reprise actuelle qu’à garantir la viabilité des finances publiques de la France. Réexaminer de manière exhaustive les postes de dépenses dans le but de réaliser des gains d’efficacité qui se traduisent par des réductions de dépenses ;

2. consolider les mesures de réduction du coût du travail afin d’optimiser leur efficacité de manière budgétairement neutre et d’accroître leurs effets sur l’emploi et l’investissement; élargir l’assiette globale de l’impôt et poursuivre la mise en œuvre de la diminution prévue du taux nominal de l’impôt sur les sociétés ;

3. améliorer l’accès au marché du travail des demandeurs d’emploi, notamment les travailleurs les moins qualifiés et les personnes issues de l’immigration, y compris en revoyant le système d’enseignement et de formation professionnels; veiller à ce que les évolutions du salaire minimum soient compatibles avec la création d’emplois et la compétitivité ;

4. poursuivre la réduction des charges réglementaires pesant sur les entreprises, y compris en poursuivant le programme de simplification; continuer à lever les barrières à la concurrence dans le secteur des services, y compris dans les services aux entreprises et les professions réglementées; simplifier les programmes de soutien public à l’innovation et en améliorer l’efficience.

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Trump dégage, OTAN dégage

A l’occasion de la venue de Donald Trump à Bruxelles pour une réunion de l’OTAN, le groupe local du CADTM Bruxelles a conçu un tract pour mettre en lumière les liens entre dette et politiques migratoires.

Trump dégage, OTAN dégage
LES PAYS DU NORD ET LES INSTITUTIONS FINANCIÈRES INTERNATIONALES, COUPABLES DU CHAOS MONDIAL

Durant sa campagne et depuis son accession au pouvoir, Trump a multiplié les discours et les mesures racistes ciblant les migrants. Symétriquement, il se dit contre les délocalisations et pour le protectionnisme, mais seulement vis-à-vis de ses rivaux dans la concurrence internationale. Pour les multinationales US, il défend une politique expansionniste des plus agressives.

Et s’il veut construire des murs pour empêcher les migrants d’entrer aux USA, et en chasser les sans-papiers qui y vivent depuis des années… sa politique impérialiste est la cause directe de ces phénomènes !

En accroissant encore le « nouveau désordre mondial », il ne peut qu’accentuer l’asservissement des pays du Sud, et donc pousser des millions de personnes à fuir la guerre et la misère qu’il va semer partout sur la Planète.

LES MIGRATIONS ONT AVANT TOUT DES CAUSES ECONOMIQUES

Ainsi, les migrations internationales d’Afrique vers l’Europe et d’Amérique latine vers les États-Unis ont connu un afflux massif fin des années 1980, après plusieurs années de plans d’ajustement structurel imposés par le FMI et la Banque mondiale.

A partir de la crise de la dette de 1982, toute une série des pays d’Afrique et d’Amérique Latine se retrouvent dans la spirale infernale de l’endettement. Le FMI et la Banque mondiale proposent alors des prêts aux États endettés, mais uniquement pour qu’ils continuent à rembourser.

Et surtout, en leur imposant en contrepartie des plans d’ajustement structurel destinés à prendre le contrôle de leurs économies. Par ce biais, ils organisent un transfert énorme de la richesse produite dans ces pays vers les banques et les pays du Nord – avec la complicité des classes dirigeantes corrompues du Sud, qui prélèvent leur commission au passage.

Bien sûr les pays du Sud ont dû également rembourser le FMI et la Banque mondiale. Par le biais des intérêts, la dette des pays en développement a dans les faits déjà été remboursée de nombreuses fois !

L’abaissement des barrières douanières a ouvert la porte à l’invasion dans ces pays de produits agricoles subventionnés par la politique agricole commune européenne (PAC), ou par la politique agricole des États-Unis (poulets congelés des États-Unis, oignons des Pays-Bas…). Ce qui a empêché les petits paysans d’écouler leur production, ruinant l’agriculture des pays africains et latino-américains.

Les privatisations des services publics et la diminution de l’emploi dans ce secteur ont détruit ou empêché la création de millions d’emplois utiles pour les populations, les privant de toute perspective.

Les ravages de ces plans d’ajustement structurel ont incité une bonne part de la jeunesse de ces pays à émigrer pour venir en Europe ou aux États-Unis au péril de leur vie.

L’OTAN : GENDARME DU CAPITALISME OCCIDENTAL

Certains ont voulu voir dans Trump un « pacifiste », suite à ses critiques de l’OTAN. Mais dans les faits, il est un « va-t-en-guerre » au moins aussi dangereux que ses prédécesseurs.

En l’espace de trois mois à peine, il a multiplié les interventions et intimidations militaires : largage en Afghanistan de la plus dévastatrice bombe depuis Hiroshima et Nagasaki, manœuvres navales dirigées contre la Corée du Nord… Loin de vouloir réduire les capacités de l’Otan, son exigence est que les autres États membres de l’Alliance augmentent leur contribution financière.

En Europe aussi, nous avons subi les affres de cette politique cupide et cynique.

Les migrations en provenance des Balkans sont intervenues une décennie plus tard, suite au déclenchement de la guerre civile en ex-Yougoslavie en 1992. Elle-même consécutive aux plans d’ajustement du FMI et de la Banque mondiale, qui ont étranglé la Yougoslavie et poussé les différents États de la confédération à s’affronter, pour tirer leur épingle du jeu au détriment de leurs voisins.

Les pays d’Europe du Nord (l’Allemagne et la France en tête d’une coalition sous la bannière de l’OTAN) sont intervenus militairement pour assurer la poursuite du remboursement de la dette au service des intérêts du Nord, en semant le chaos dans la région.

Par ailleurs, la participation financière de la Belgique à la construction du nouveau bâtiment de l’OTAN à Evere (qui a coûté 1, 1 milliard d’euros en tout) et l’achat ruineux de nouveaux avions de chasse (15 milliards au total, en comptant les pièces de rechange, l’entraînement des pilotes, la mise à jour des logiciels…) contribueront largement à aggraver l’endettement public.

Belgique hors de l’OTAN – OTAN hors de Belgique

Dette au Sud comme au NORD : Un même mécanisme de domination

Au Nord comme au Sud, le paiement de la dette publique constitue un puissant mécanisme d’extorsion d’une bonne part partie des richesses produites par les peuples, au profit du 1% les plus riches.

POUR QUELLES SOLUTIONS SE BATTRE ?

1) L’annulation de la dette des pays du Sud, l’abandon total des plans d’ajustement structurel qui continuent toujours sous un autre nom.

2) La rétrocession par les pays du Nord des biens mal acquis des dictateurs dans les banques suisses, britanniques, françaises, belges, étasuniennes, etc.

3) L’octroi de réparations pour la colonisation, ainsi que l’abolition des institutions financières internationales actuelles et de l’OTAN et leur remplacement par des institutions démocratiques…

Telles sont quelques-unes des mesures que nous préconisons, pour un monde juste et égalitaire, permettant aux peuples du Sud comme du Nord de vivre décemment.

NON à Trump et sa politique impérialiste, sexiste et raciste !

Non aux murs, non aux dettes illégitimes, Oui à la solidarité internationale !

Le CADTM anime un groupe local à Bruxelles, ouvert à tou-te-s, qui se réunit régulièrement, pour toute personne intéressée :

CADTM Bxl : chiara@cadtm.org,

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Conformément à l’objectif sous-jacent des « eurorégions », la désintégration de l’Espagne continue de progresser.

Conformément à l’objectif sous-jacent des « eurorégions », la désintégration de l’Espagne continue de progresser.
La menace très grave que fait peser la prétendue « construction européenne » sur l’unité des grands États-nations, dont la France, aurait dû être l’un des sujets majeurs de la campagne présidentielle en France.

Hélas ! À part moi – qui en ai parlé à chaque fois que j’ai pu – aucun autre candidat à la présidentielle n’a évoqué cette question essentielle de l’unité nationale.

J’ai même été le seul à attirer l’attention des électeurs sur l’annonce – discrète – faite par Macron, selon laquelle il procèderait à la suppression de 25% des départements et au renforcement – encore et encore – du pouvoir des régions.

Aucun média n’a repris mes mises en garde.

Pourtant, le processus de désintégration est bel et bien à l’œuvre, comme on le voit en Espagne où il est le plus avancé.

On apprend ainsi aujourd’hui que le gouvernement régional indépendantiste de Catalogne – qui a prévu d’organiser, le 17 septembre 2017, un référendum (inconstitutionnel) sur l’indépendance, a déjà mis au point un mécanisme de « détachement immédiat » de l’Espagne si le gouvernement de Madrid bloque par la force le déroulement de ce référendum.

NOTA : Le référendum sur l’indépendance de la Catalogne est programmé par le gouvernement régional indépendantiste de Catalogne, mais refusé par le gouvernement central de Madrid.

C’est la Cour constitutionnelle de Madrid qui a jugé que ce référendum séparatiste était « inconstitutionnel ».

Mais les autorités locales de Barcelone comptent passer outre. Avec le risque d’une intervention de l’armée espagnole…

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CONCLUSION

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Avec l’explosion inéluctable de l’euro et la prochaine crise financière mondiale, la politique de désintégration des États-nations européens menée à l’insu des peuples est sans doute l’une des menaces les plus graves et les plus urgentes que la majorité de nos compatriotes ne voit pas venir.

François Asselineau

22 mai 2017

Source : El Pais, cité par https://fr.sputniknews.com/international/201705221031485438-catalogne-loi-rupture-espagne/

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Eva Joly : « Le Luxembourg a pillé ses voisins européens » …

L’eurodéputée ancienne candidate des Verts à la présidentielle de 2012 sort un livre à charge contre Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. Eva Joly, lutte depuis plus de vingt ans contre la fraude fiscale, elle explique dans son livre comment celui qui a fait du Luxembourg ce « paradis pour multinationales », « en dépit de ses voisins européens », a pu prendre la tête de l’Eurogroupe, avant d’être élu à la tête de la commission européenne. (…)


Europe

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Le plan du Pentagone pour l’Europe

En préparation de la visite du président Donald Trump en Europe —le 24 mai à Rome, le 25 au Sommet de l’Otan de Bruxelles, les 26-27 au G7 de Taormina— le Pentagone a présenté son plan stratégique pour le « théâtre européen ».

Le plan du Pentagone pour l'Europe
Il l’a fait par la voix du général Curtis Scaparrotti qui, étant à la tête du Commandement européen des États-Unis, est automatiquement à la tête de l’Otan avec la charge de Commandant suprême allié en Europe. Au Sénat des États-Unis, le 2 mai, le général rappelle que « le théâtre européen reste d’une importance cruciale pour nos intérêts nationaux » et que « l’Otan nous donne un avantage unique sur nos adversaires ». Cet avantage se trouve cependant à présent mis en danger par « une Russie résurgente, qui essaie de miner l’ordre international sous conduite occidentale et de se réaffirmer comme puissance mondiale ».

Le Commandant suprême appelle les alliés européens à serrer les rangs autour des États-Unis pour défendre par tous les moyens l’ « ordre international » —celui qui est fondé sur la suprématie économique, politique et militaire de l’Occident— mis en péril par l’émergence de nouveaux sujets étatiques et sociaux.

Il concentre le feu sur la Russie, en l’accusant d’ « activités malignes et actions militaires contre l’Ukraine » (juste au troisième anniversaire du massacre de dizaines de Russes perpétré à Odessa le 2 mai 2014 par des néo-nazis ukrainiens sous direction des USA et de l’Otan). Mais la « menace » ne provient pas que de la Russie : les États-Unis —déclare l’amiral Harris, chef du Commandement Pacifique— sont défiés dans cette région simultanément par « une Chine agressive et une Russie revancharde ».

En réponse à ces défis, annonce Scaparrotti, le Commandement européen des États-Unis « est en train de revenir à son rôle historique de combat, en adaptant ses plans aux menaces que nous avons face à nous ». Il demande donc au Congrès d’augmenter les fonds pour la « European Reassurance Initiative », l’opération lancée par les USA en 2014 officiellement pour « rassurer » les alliés Otan et partenaires européens, pour laquelle 3,4 milliards de dollars ont été attribués en 2017. « De significatifs investissements sont nécessaires —souligne le général— pour augmenter dans toute l’Europe notre présence avancée, le pré-positionnement de matériels militaires, les exercices pour la préparation aux conflits ».

Le plan est clair et il est déjà en acte : transformer l’Europe en première ligne de la confrontation avec la Russie. C’est ce que confirme l’annonce, faite le 4 mai, que l’Armée US en Europe a constitué un nouveau quartier général à Poznan, en Pologne, pour commander les plus de 6 000 GI’s basés en Pologne, Estonie, Lettonie, Lituanie, Allemagne, Slovaquie, Hongrie, Roumanie et Bulgarie, dans le but de « renforcer le flanc oriental de l’Otan comme dissuasion envers la Russie ».

Au déploiement sur le flanc oriental —comprenant forces blindées, chasseurs-bombardiers, navires de guerre et unités de missiles y compris nucléaires— participent les puissances européennes de l’Otan, comme le démontre l’envoi de troupes françaises et de chars d’assaut britanniques en Estonie.

Et l’armée européenne ? Lors de la rencontre avec les ministres de la Défense de l’Union européenne, le 27 avril à Malte, le secrétaire général de l’Otan Stoltenberg n’a laissé aucun doute : « Il a été clairement convenu par l’Union européenne que son objectif n’est pas de constituer une nouvelle armée européenne ou des structures de commandement en compétition avec celles de l’Otan, mais quelque chose qui soit complémentaire à ce que fait l’Otan ».

Le bâton de commandement reste donc solidement dans les mains du Commandant suprême allié en Europe, un général états-unien nommé par le président des États-Unis.

Traduction

Marie-Ange Patrizio

Source

Il Manifesto (Italie)

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Onde Migratoire #2 : Les ONG au secours des migrants ?

Selon la plupart des médias, les ONG secourant les migrants traversant la Méditerranée sont de véritables anges gardiens. Mais tout n’est pas aussi simple… L’hommage aux ONG récupérant des migrants dans la Méditerranée est unanime. Avec leur immenses bateaux, ces ONG sont capables de récupérer plusieurs milliers de migrants par jour, en lien avec les navires militaires de l’opération Triton. Mais la présentation des médias est trompeuse. Le grand public a l’impression que ces sauvetages ont lieu en (…)


Société

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Faire disparaître la sécurité sociale : mode d’emploi (bruxellois ?)

Alors qu’un insupportable « euroscepticisme » semble contaminer dangereusement le discours de certains candidats à l’élection présidentielle, d’autres compétiteurs clament haut et fort leur attachement aux miracles européens… Parmi ces miracles : l’effacement en douce de la Sécurité sociale.

Faire disparaître la sécurité sociale : mode d'emploi (bruxellois ?)
Les « recommandations » rédigées annuellement par la Commission européenne et adressées à chaque État membre annoncent souvent la couleur. Dernier exemple en date : la Loi travail, une application à la lettre des oukases bruxellois en terme de flexibilisation… du travail !

La Commission européenne s’intéresse bien sûr à la Sécurité sociale, comme le montre la capture d’écran ci-dessus (quatrième page des recommandations bruxelloises de mai 2016).

Et certains candidats se réjouissent à l’avance de satisfaire ces recommandations..

Méthode 1 : l’approche du Docteur Fillon, inventeur de la « bobologie »

Pointer les petites maladies du quotidien pour en délester la Sécu.

Une formule foudroyante, une démarche franche : il faut s’engager au plus vite – par ordonnance du bon docteur Fillon – à confier aux complémentaires santé tous les soins relevant de la « bobologie ».

Pour optimiser la sélection, on imagine donc la création d’une commission, chargée de lister les « bobos » : l’égratignure bénigne, le nez qui coule, la grippe…

Le même propose également de léguer au privé les soins relevant du « confort » qui correspondent à /… roulement de tambours …/ l’optique, les soins dentaires et les prothèses audio.

On accordera à cette formule radicale une belle franchise : il le dit lui même, pour réaliser la coupe budgétaire de 20 milliards d’euros dans la santé, il faut engager un blitzkrieg social !

Une franchise saluée par Henri de Castries, qui était PDG du groupe d’assurance Axa jusqu’en août 2016.

Méthode 2 : l’approche du renard Macron

Voici une offre « alléchante », pour en finir avec l’assurance-maladie… en deux temps !

Le « candidat du travail » souhaite réduire l’écart entre le salaire brut et le salaire net. Pour ce faire, il faut « supprimer toutes les cotisations maladie et chômage payées par les salariés » en les remplaçant par la Contribution sociale généralisée (CSG).

La cotisation, qui n’est autre que la partie socialisée du salaire, disparaîtrait donc au profit d’un impôt payé à l’État ; ce dernier décidera ensuite de la part qu’il souhaite attribuer – ou pas – au chômage, à la maladie, à l’assurance familiale, etc.

Puis, dans un contexte de crise (souvent mis en avant pour justifier l’austérité, la flexibilité, etc.), rien n’empêcherait le gouvernement de diminuer (voire de supprimer) la part de la CSG allouée à… l’assurance-maladie.

L’ancien locataire de Bercy voudrait donc que les salariés « confient » leur fromage au renard ?

Par ailleurs, dans son projet d’uberisation du travail, le candidat espère bien réduire le nombre de salariés en France : il faut développer l’auto-entrepreneuriat – Uber, Deliveroo, etc… Quoi de plus simple pour retirer aux Français l’accès à la Sécurité sociale ?

Le benjamin de la course pourra toujours promettre d’encourager « Uber » à respecter le modèle social… l’« essence » même d’Uber est de s’asseoir sur… ce modèle social (comme le confirme son business plan).

François Fillon promet de réduire les prises en charge de la Sécurité sociale, Emmanuel Macron promet de modifier son financement et de réduire le nombre d’ayant-droit : voilà qui va faire les choux (gras) de Bruxelles.

Alter Info
l’Information Alternative

Europe / Vers un mariage Bruxelles-Belgrade ?

La Serbie sera-t-elle bientôt un pays membre de l’Union Européenne ? C’est la question que l’on peut se poser après la victoire de l’ancien premier ministre Aleksandar Vucic à l’élection présidentielle, un homme de fer qui entend bien montrer la voie de Bruxelles à un pays pourtant proche de Moscou… Très large victoire pour le candidat pro Union Européenne en Serbie ! Aleksandar Vucic, nouveau président de la république de Serbie ! Avec 55 % des suffrages dès le 1er tour, son parti de centre droit (…)


Europe

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Jacques Sapir – L’Euro à l’origine de la crise de l’Union Européenne

L’économiste Jacques Sapir est venu nous présenter son dernier ouvrage intitulé : ”L’euro contre la France, l’euro contre l’Europe” aux Editions du Cerf. Selon son postulat de départ, l’euro est à l’origine de la crise que traverse l’Union européenne. Cette monnaie détruit les économies de la plupart des pays qui l’ont choisi, exacerbe les oppositions entre ces derniers, favorise la montée de pouvoirs tyranniques et constitue un danger pour l’état d’esprit européen. Ce constat est partagé par de nombreux (…)


Economie

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De Gaulle et l’UE, pourquoi la politique de la chaise vide ?

Qui étaient les pères fondateurs de la construction européenne et quelles en sont les origines ? François Asselineau nous démontre ici le processus qui a donné naissance à l’union européenne. Comme à son habitude chaque affirmation est sourcée, et le travail d’investigation est irréprochable. Documents et photos à l’appui. En complément d’information un excellent article de Novorossia Today qui nous apporte des pièces à charge. Un nazi devenu président de la (…)


Politique

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Finkielkraut : « Christine Angot n’a pas pété un câble, elle n’a pas de câbles »

« L’esprit de l’escalier », 26 mars 2017 sur RCJ. Alain Finkielkraut et Elisabeth Lévy reviennent sur l’intervention surréaliste de Christine Angot devant François Fillon dans L’Émission politique sur France 2, avant d’évoquer le cas de l’inquiétant président turc Erdogan. Pour le plaisir, revoir Christine Angot vs Fillon : A noter cette déclaration choc de Finkielkraut au sujet d’Erdogan : « Notre presse indiscrète, fouineuse, vigilante, a choisi (…)


Médias

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ANNIVERSAIRE DU TRAITÉ DE ROME La tentation d’une Europe à deux vitesses

«Les migrants d’aujourd’hui prennent les routes que les Européens ont ouvertes à l’époque de la colonisation. Une fois qu’une voie est tracée, elle est forcément à double sens. Les Français ont colonisé il y a cent ans des pays du Maghreb, du Moyen-Orient et d’Afrique subsaharienne, il est donc naturel que les habitants des anciens pays francophones viennent chez nous aujourd’hui!». Didier Raoult

ANNIVERSAIRE DU TRAITÉ DE ROME La tentation d'une Europe à deux vitesses
Il y a 60 ans six pays européens décidaient de mettre en commun leurs capacités pour créer une Europe économique après l’expérience de la Communauté du charbon et de l’acier. Deux hommes ont joué un rôle important dans le rapprochement des pays. Ce sont Robert Schumann et Jean Monnet, hommes politiques qui ont prôné inlassablement l’unité. Le traité de Rome est l’aboutissement, le 25 mars 1957, du processus de relance de la construction communautaire pour la création d’un grand marché commun consacrant la libéralisation des échanges, mais rejetant l’intégration supranationale. Six Etats: la France, la République fédérale d’Allemagne, l’Italie et les pays du Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg) mettent en place une union douanière à partir du 1er janvier 1959.

La cérémonie rituelle sans épaisseur

On a senti dans ces cérémonies comme une atmosphère de fin de règne: «Les discours, lit-on, se sont enchaînés sans interruption, revenant tous sur la nécessité d’une Europe unie, solidaire, régénérée. Le Premier ministre italien Paolo Gentiloni (Parti démocrate, centre gauche) a beaucoup insisté sur les questions sociales, la nécessité de réorienter l’UE vers la lutte contre la pauvreté et les inégalités. C’est Donald Tusk, président du Conseil européen, qui a eu les paroles les plus fortes. «Prouvez aujourd’hui que vous êtes les leaders de l’Union, que vous pouvez prendre soin de ce grand héritage que nous ont confié les héros de l’intégration européenne il y a soixante ans», a exhorté le Polonais, rappelant au passage avoir vécu plus de la moitié de sa vie derrière le rideau de fer, dans un pays «où il n’était même pas possible de rêver des valeurs européennes». Dans leur déclaration, les 27 se sont engagés à «agir de concert, si nécessaire à des rythmes différents et avec une intensité différente, tout en avançant dans la même direction, comme nous l’avons fait par le passé, conformément aux traités et en laissant la porte ouverte à ceux qui souhaitent se joindre à nous plus tard». Ils ont aussi réaffirmé que leur «Union est une et indivisible», en réponse explicite au Brexit. «L’Europe est notre avenir commun», conclut la déclaration» (1).

Une usure des récits politiques et un désamour pour Bruxelles

Thierry Chopin, directeur des études à la Fondation Schuman, interviewé par Sabine Syfuss-Arnaud met en garde sur la nécessité pour l’Europe de se reformer au risque de disparaître, il déclare: «On peut parler d’une usure des récits et discours politiques, qui ont justifié et légitimé jusqu’à une date récente la construction européenne aux yeux des citoyens. Après la réunification et la paix, la prospérité économique devait emporter l’adhésion des citoyens pour l’Union européenne. L’économie est devenue le coeur du projet européen, avec le marché unique et l’euro comme projets structurants. Si l’Europe n’a jamais été aussi riche, ce di cours ‘économique » s’est brisé sur la crise financière et économique et ses conséquences sociales et politiques. La construction européenne est, en effet, également le produit de logiques nationales, porteuses de visions et d’intérêts spécifiques. Si la France cherchait à renouer le fil de sa grandeur passée et l’Allemagne sa ‘rédemption » après le nazisme, le Royaume-Uni et les pays du Nord de l’Europe se plaçaient dans une pure logique «utilitariste «d’optimisation de leurs intérêts nationaux. Enfin, les pays du Sud de l’Europe ainsi que les pays du centre et de l’est étaient dans une logique de ‘sublimation », avec le passage rapide d’un système politique et économique à un autre: la démocratie libérale et l’économie de marché. Or, ces logiques nationales ont évolué.» (2)

«En dépit de spécificités nationales poursuit Thierry Chopin, le développement des populismes en Europe converge vers un certain nombre d’éléments identifiables que l’on retrouve à des degrés divers dans les différents États membres concernés. Cela se traduit par l’inscription dans les agendas politiques nationaux de discours basés sur un protectionnisme économique, culturel et identitaire. Les électeurs sont lassés de l’alternance unique entre les partis traditionnels de droite et de gauche et se tournent vers les partis populistes qui apparaissent souvent comme la seule alternative possible. Sur le plan économique, l’Union européenne est souvent perçue comme un cheval de Troie de la mondialisation. (…) La vie politique, au niveau de l’Union européenne, se réduit en effet de plus en plus à deux composantes: d’un côté, une composante technocratique et, de l’autre, le jeu diplomatique entre chefs d’État et de gouvernement au sein du Conseil européen La construction européenne a trouvé son sens pendant un demi-siècle en ancrant la paix et la démocratie sur le continent et en ouvrant aux entreprises européennes un marché domestique de taille comparable au marché américain. Il faut désormais lui apporter un prolongement politique et externe. L’Union doit se tourner vers un monde qui change rapidement, et s’adapter aux rapports de force politiques mondiaux en mutation.» (2)

Qu’est-ce que «l’Europe à plusieurs vitesses»?

L’affaissement du projet Europe a incité les pays fondateurs à revenir à leur format initial exit d’une façon indirecte les nouveaux pays, notamment les pays de l’Est. «L’expression ‘Europe à plusieurs vitesses » est généralement utilisée pour désigner une construction européenne dans laquelle tous les Etats membres ne participent pas à l’ensemble des politiques communes. Tout en partageant certaines valeurs et règles fondamentales, les Etats qui ne souhaitent pas prendre partie à l’une des politiques peuvent choisir de s’en exclure. L’Europe à géométrie variable» ou encore, de manière plus péjorative pour les tenants d’une Union intégrée, ‘Europe à la carte ». Si certains souhaitent qu’elle se développe davantage, «l’Europe à plusieurs vitesses» est déjà une réalité. En témoigne l’existence de la zone euro, ou encore l’espace Schengen, (…) Depuis le traité d’Amsterdam en 1997, les Etats membres peuvent aller encore plus loin dans l’intégration différenciée à travers la coopération renforcée. Cette procédure permet à un minimum de neuf Etats de poursuivre une politique commune sans y associer les autres membres de l’UE. (….) En l’état actuel des choses, sans aucune modification des traités, les coopérations renforcées pourraient être multipliées. Le problème est que sur certaines politiques communes déterminantes pour l’avenir de l’UE, les décisions doivent être prises à l’unanimité. C’est notamment le cas de la politique étrangère et de sécurité commune, La mise en place d’une ‘Europe à plusieurs vitesses » efficace pourrait aussi passer par un changement de traité, réadaptant le processus décisionnel au niveau européen. L’idée serait de laisser davantage la possibilité aux Etats membres qui le souhaitent de poursuivre des objectifs communs avec d’autres, sans pour autant engager l’UE dans son ensemble. (…) certains estiment que ‘l’Europe à plusieurs vitesses » creuserait les écarts entre Etats membres, qu’ils soient économiques ou politiques Elle pourrait même être discriminatoire et conduire à l’exclusion de certains pays, malgré eux, des politiques communes. Cette crainte est notamment présente à l’Est.» (3)

Les prémices de l’effritement

Les Vingt-Sept ont signé à Rome une déclaration qui trace l’avenir de l’UE dans un contexte de tensions, soixante ans après la signature du traité fondateur. «Il y aura un 100e anniversaire de l’UE», a prédit à cette occasion le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker à son arrivée. «Nous sommes en train d’ouvrir une porte que nul ne pourra refermer», dit Paul-Henri Spaak avant de signer le traité de Rome le 25 mars 1957, paraphrasant l’Apocalypse de Saint Jean. Ce futur sera fait d’unité, tout en laissant les États qui souhaitent avancer plus vite dans des politiques précises. C’est ce qu’il ressort de la dernière version de la déclaration de Rome dont L’Echo a eu connaissance. (…) La Pologne, échaudée lors du dernier sommet européen par le renouvellement du mandat du président du Conseil Donald Tusk, a menacé durant toute la semaine de ne pas signer la déclaration de Rome. La Première ministre Beata Szydlo était opposée à ce que le texte fasse référence à ‘l’Europe à plusieurs vitesses » voulue par la France, l’Allemagne et d’autres pays comme la Belgique qui veulent aller plus loin dans certains secteurs, comme la défense, la sécurité et l’économie. Les 27 se sont finalement engagés à «agir de concert, si nécessaire à des rythmes différents et avec une intensité différente, tout en avançant dans la même direction, comme nous l’avons fait par le passé, «Une Europe à plusieurs vitesses ne signifie nullement qu’il n’y a pas une Europe commune à tous», s’est efforcé de rassurer la chancelière allemande Angela Merkel devant la presse.» (4)

Le manque de solidarité

Alexandre Devecchio interviewé par Coralie Delaume et David Cayla fait un procès en règle de l’Union européenne qui pour lui a pris un mauvais départ. Au lieu d’une Europe des peuples c’est une entité économique supranationale. Pour lui le bilan de soixante ans de construction européenne est assez calamiteux, forcément. (..) Les deux années qui viennent de s’écouler ont vu se succéder deux événement majeurs. D’abord, la crise grecque de janvier à juillet 2015, qui s’est soldée par une mise en coupe réglée de la Grèce.(…) L’autre événement majeur est évidemment le Brexit, qui sera officiellement enclenché le 29 mars. Symboliquement, c’est un coup très dur pour l’Union européenne, (…) De plus, contre toute attente, l’économie du pays ne s’effondre pas. Le professeur britannique Robert Skidelsky a récemment expliqué pourquoi, dans une tribune parue dans la presse suisse: «La nouvelle situation créée par le Brexit est en fait très différente de ce que les décideurs politiques, presque exclusivement à l’écoute de la City de Londres, avaient prévu. Loin de se sentir dans une moins bonne situation (…), la plupart des électeurs du Leave pensent qu’ils seront mieux lotis à l’avenir grâce au Brexit. Justifié ou non, le fait important à propos de ce sentiment est qu’il existe.» En somme, les Britanniques ont confiance dans l’avenir, et cela suffit à déjouer tous les pronostics alarmistes réalisés sur la foi de modèles mathématiques. Or si la sortie du Royaume-Uni se passe bien économiquement, ça risque là encore de donner des idées aux autres pays.» (5)

«L’Union européenne est de moins en moins hospitalière poursuit l’auteur. Il cite des postures inadmissibles: «(…) D’autres s’adonnent carrément à l’injure tel Jeroen Dijsselbloem, le président néerlandais de l’Eurogroupe, affirmant toute honte bue le 21 mars: «Durant la crise de l’euro, les pays du Nord ont fait preuve de solidarité vis-à-vis des pays touchés par la crise. En tant que social-démocrate, j’accorde une très grande importance à la solidarité. Mais [les gens] ont aussi des obligations. On ne peut pas dépenser tous l’argent dans l’alcool et les femmes, et ensuite appeler à l’aide». (…) Le scénario d’une crise extérieure est aussi envisageable. Après tout, la crise financière de 2008-2009 est venue des États-Unis. Comment l’Allemagne, premier pays créancier au monde, absorberait-elle la perte de son épargne qui ferait suite à une déflagration financière mondiale? Que se passerait-il si une nouvelle crise touchait par exemple l’Italie ou si une brusque remontée des taux d’intérêt rendait de nombreux pays d’Europe du Sud à nouveau insolvables? (5)

Certains «eurosceptiques» pensent que le ver était dans le fruit, que la personnalité même des «Pères fondateurs» (Monnet, Schumann) souvent proches des États-Unis et/ou des milieux d’affaires portait en germes l’échec de l’Europe, qui ne pouvait être qu’un grand marché intégré un peu amorphe, une sorte de grande Suisse. Ce n’est pas notre avis. Il y a eu en effet, pendant toute l’époque gaulliste, un affrontement entre deux visions de l’Europe. Celle de Monnet et des autres «Pères fondateurs», désireux de fonder une Europe supranationale qui échappe aux «passions populaires» et soit confiée aux bons soins de techniciens. C’est elle qui s’est imposée,(…) Pourtant, il existait une autre conception de l’Europe, celle des gaullistes. Elle semble d’ailleurs connaître actuellement un regain d’intérêt puisque l’on entend parler à nouveau, si l’on tend l’oreille, «d’Europe européenne». Il s’agissait de bâtir une Europe intergouvernementale dont l’objet serait de coopérer dans le domaine des Affaires étrangères, de la Défense, de la recherche scientifique, de la culture. (…)) Après cet échec, le général de Gaulle n’a pas tout à fait renoncé au projet (…) Il a proposé à l’Allemagne d’Adenauer un traité bilatéral bien connu, le traité de l’Élysée.» (5)

L’avenir pour les optimistes

A côté de cette vision de larguer les pays en retard et qui coutent à l’Europe en proposant l’Europe à deux vitesses, il se trouve des intellectuels qui en appellent à une Europe de la défense Ainsi pour Patrice Franceschi: «Le salut de l’Europe et des nations passe par une puissance fédérale Il ne faut avoir peur ni du mot «Europe» en tant que tel, ni de celui d’«États-Unis» qui lui est associé. Nous ne devons plus être un peuple effrayé dirigé par des gens effrayés. Dans la crise existentielle que nous traversons – car tout est là et l’ensemble de nos problèmes en découlent. Les États-Unis d’Europe sont ce rêve réaliste. Ils permettent de dire à notre jeunesse «faisons de grandes choses ensemble» – exhortation d’une société vivante – plutôt que de simplement lui demander de bien vouloir «vivre ensemble» – exhortation d’une société malade. Les «États-Unis d’Europe» sont une construction politique; donc l’opposé de «l’Union européenne», construction économique qui a trahi tous nos espoirs. Les États-Unis d’Europe sont aussi le seul véritable projet de société novateur dont nous disposons. Projet de société qui, de surcroît, possède deux qualités: il surplombe la dialectique gauche-droite et peut permettre à chacun d’entre nous d’inscrire son parcours personnel dans un projet collectif redonnant du sens à sa vie individuelle. Il n’y a rien de plus important que cela. En vérité, le reste est secondaire.» (6)

Pour nous l’Europe dont on a parlé c’est celle de la conquête spatiale qui a permis à l’Europe de s’imposer dans la course à l’espace. Nous l’avons eu avec la fusée européenne Ariane.Nous l’avons vu avec le programme Rosetta qui a été une splendide réussite. A côté de ses prouesses, il en est d’autres, celle de la finance qui décide contre les peuples au point de placer l’un des leurs chez Goldman Sachs, celles des nationalismes chauvins comme celui de la Hongrie, de la Pologne qui interdisent toute entrée de migrants qui viennent mourir aux portes du supermarché européen. Et pourtant c’est en partie la politique désastreuse européenne qui a amené le chaos en Syrie et en Libye, mais ceci est une autre histoire.

1.http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/03/26/a-rome-l-union-europeenne-fete-ses-60-ans-et-s-offre-une-parenthese-ensoleillee_5100929_3214.html#EAOT jO9hjfcM4WEd.99

2.https://www.challenges.fr/monde/europe/60-ans-du-traite-de-rome-l-europe-peut-disparaitre-si-elle-ne-se-reforme-pas_462643#xtor=EPR-1-[ChaActu10h]-20170326

3.http://www.touteleurope.eu/actualite/qu-est-ce-que-l-europe-a-plusieurs-vitesses.html

4.http://www.lecho.be/economie-politique/europe-general/Les-dirigeants-europeens-ont-ouvert-la-porte-a-une-Europe-a-deux-vitesses/9876875?ckc=1&ts= 1490467244

5.Devecchiohttp://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/03/24/31003-20170324ARTFIG00330-anniversaire-du-traite-de-rome-l-union-europeenne-est-de-moins-en-moins-hospitaliere.php

6.http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/03/25/sept-questions-sur-le-traite-derome_5100680_3214.html# BxVmMTDtJQxmQ8W0.99

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Les médias rattrapent Macron par la culotte – Journal du mercredi 22 Mars 2017

Au sommaire de ce journal du mercredi 22 mars 2017 : 1) Islam / La mosquée de Fréjus toujours debout ; 2) Environnement / Les “sans papiers” du vin bio ; 3) Economie / Sortie de l’euro : pas si grave ? 4) International / Inde : gagner les élections contre l’islam ; 5) L’actualité en bref. Sauver le soldat Macron ! Voilà le défi que se sont fixés les grands médias du système. Après une prestation médiocre lors du premier débat de la présidentielle, les journalistes viennent à la rescousse du produit (…)


Politique

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EN BELGIQUE LE POISSON BELGICAIN POURRIT PAR LA TETE : ENCORE UN HAUT MAGISTRAT DANS LA TOURMENTE !

EN BELGIQUE LE POISSON BELGICAIN POURRIT PAR LA TETE : ENCORE UN HAUT MAGISTRAT DANS LA TOURMENTE !
# LA REPUBLIQUE D’EUROPE/ EN BELGIQUE LE POISSON BELGICAIN POURRIT PAR LA TETE : ENCORE UN HAUT MAGISTRAT DANS LA TOURMENTE !
 
LM pour LA REPUBLIQUE D’EUROPE/ 2017 03 15/
 
Après l’avocat général près la Cour d’appel de Bruxelles Jean-François Godbille (proche de la Cour belge et dirigeant d’un réseau de scouts d’extrême-droite, il était au milieu des années 90 proche de l’ex juge néofasciste Bastien, devenue député du FN), soupçonnés  début mars 2017de complicité de corruption dans l’Affaire internationale de corruption dite KAZAKHGATE, voici encore un de ces magistrats belgicains dans la tourmente …
 
Voici des « soupçons d’escroquerie autour de la prétendue agression de Karin Gérard par trois hommes à Bruxelles » ! Le parquet général compterait poursuivre Karin Gerard, présidente de Cour d’assises, pour faux et usage de faux et tentative d’escroquerie, expliquent nos confrères de Sudpresse. Le 5 janvier 2016, la présidente de chambre à la Cour d’appel de Bruxelles sortait le nez cassé et la lèvre éclatée des urgences de l’hôpital Saint-Pierre. Elle expliquait avoir été agressée et dépouillée de ses bijoux par trois individus, de type slave, à la sortie du Palais de Justice.
 
LE PARQUET DE BRUXELLES SERAIT AUJOURD’HUI ARRIVE A LA CONCLUSION QU’IL Y A TENTATIVE D’ESCROQUERIE
 
L’affaire avait déclenché une polémique autour de la « sécurité des magistrats » (sic).
Le parquet de Bruxelles avait en réaction mené une enquête et en serait aujourd’hui arrivé à la conclusion qu’il y a tentative d’escroquerie.
 
Le parquet général de Bruxelles avait ouvert une enquête à la suite des déclarations qu’a faites la présidente à la cour d’appel, Karin Gérard, une des plus hautes magistrates belges, au sujet de l’agression et du vol dont elle affirme avoir été victime le 5 janvier dernier, confirmant ainsi une information parue sur le site de la VRT et de la « Dernière Heure ». L’enquête sur cette agression supposée avait soulevé quelques doutes sur la véracité des déclarations de Karin Gérard et le parquet général devra à présent déterminer si une infraction a été ou non commise. Karin Gérard avait déclaré avoir été victime d’une agression le mardi 5 janvier dernier à la sortie du Palais de Justice. Elle avait décrit les auteurs présumés comme « trois individus de type slave ». Elle avait fait état de blessures – un nez fracturé et une commotion cérébrale – et du vol de ses bijoux. Le parquet de Bruxelles avait ouvert une enquête à la suite de ces déclarations mais avait indiqué « qu’aucun élément de l’enquête n’avait pu, à ce stade, confirmer les déclarations de la présidente à la cour d’appel ». Le parquet de Bruxelles a ensuite transmis une copie du dossier au parquet général, qui avait décidé d’ouvrir une enquête sur Karin Gérard elle-même.
 
Cette dernière a notamment déclaré le vol auprès de son assurance pour un montant de quelques milliers d’euros. « Les enquêteurs pensent que Karin Gérard a fait une fausse déclaration pour se couvrir au niveau de son assurance… sachant que la valeur des bijoux déclarés volés oscille entre 50.000 et 60.000 € ! À ce stade de l’enquête, leur hypothèse privilégiée pour expliquer les blessures de la magistrate ne serait autre qu’une mauvaise chute sous l’influence de l’alcool suivie ou non d’un vol », écrivait la DH.NET dès le 27 janvier. Des fuites ayant été visiblement organisées au Parquet général, « un conflit opposant, à la cour appel, la magistrature assise à la magistrature debout » (dit 7SUR7) …
 
Karin Gérard a conservé sa fonction et avait fait savoir via ses avocats « qu’elle maintenait ses déclarations et entreprendrait des poursuites judiciaires à l’encontre de quiconque avait porté atteinte à sa réputation » (sic). Selon la VRT, « Karin Gérard aurait à deux reprises au moins déposé plainte pour des faits de violences. Il s’agit à chaque fois d’enquêtes qui ont été classées sans suite ».
 
Comme le veut la procédure, le dossier a été transmis  au ministre de la Justice, Koen Geens et sera transmis dans les prochains jours à la  Cour de cassation. Celle-ci aura trois options: le non-lieu, une demande d’éléments complémentaires ou le renvoi à un juge de fond. Dans ce dernier cas, Karin Gérard risquerait la radiation à vie et la perte de sa pension.
 
LA « BARONNE » GERARD VITRINE MEDIATIQUE DE LA MAGISTRATURE BELGICAINE …
 
Magistrate depuis 1983, Karin Gerard est sans doute l’une des figures les plus médiatiques de la magistrature belge. « Elle est bien plus connue que les procureurs du Roi et autres procureurs généraux », dit la DH.NET. L’affaire Dutroux avait surgi et fait d’elle une vedette : « Tout le monde a encore en mémoire les interminables débats du dimanche où on refaisait le monde autour des dysfonctionnements de la justice et de la police. Karin Gérard est vraiment devenue une figure emblématique en expliquant, décrivant, vulgarisant le travail de ses collègues. Cette position lui vaut entre autres de devenir la première présidente du Conseil supérieur de la justice dont la mission était d’œuvrer notamment à la dépolitisation de la magistrature. Elle est considérée comme une véritable experte dans son domaine. Elle a été anoblie en 2004 et porte le titre de baronne ».
 
* Sur l’Affaire Gérard, lire sur LLB :
Soupçons d’escroquerie autour de la prétendue agression de Karin Gerard par trois hommes à Bruxelles
sur http://www.lalibre.be/actu/belgique/soupcons-d-escroquerie-autour-de-la-pretendue-agression-de-karin-gerard-par-trois-hommes-a-bruxelles-58c8e9aecd705cd98df3f8a0
et :
sur http://www.lalibre.be/actu/belgique/le-parquet-general-ouvre-une-enquete-a-charge-de-madame-karin-gerard-56b0e5f03570fdebf5ac04e4
 
* Sur l’Affaire Godbille lire sur LUCMICHEL. NET :
En complement de mon edito de ce matin sur les nouveaux rebondissements du Kazakhgate en Belgique (il y a aussi une instruction a Paris) …
sur http://www.lucmichel.net/2017/01/27/lucmichel-net-en-complement-de-mon-edito-de-ce-matin-sur-les-nouveaux-rebondissements-du-kazakhgate-en-belgique-il-y-a-aussi-une-instruction-a-paris/
 
LA REPUBLIQUE D’EUROPE/
PCN Wallonie-Bruxelles
 
* Venez liker la page officielle de
LA REPUBLIQUE D’EUROPE, la page officielle d’information
du PCN Wallonie-Bruxelles …
https://www.facebook.com/la.Republique.d.Europe/  
 

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Le populisme de Le Pen peut-il devenir le pierre d’achoppement pour la France?

Le populisme de Le Pen peut-il devenir le pierre d’achoppement pour la France?
Dans l’interview récente donnée à CBSnews par Marine Le Pen, la candidate à la présidentielle en France et le leader de l’extrême droite «Front National», qui d’après les derniers sondages est le leader de la joute électorale à côté d’Emmanuel Macron, a raconté de sa vision du futur de la France et des problèmes critiques pour la France et toute l’Europe. En dehors des déclarations populistes qu’il est temps de rendre à la France la grandeur ancienne, elle a mentionné son attitude envers la Russie et directement son leader Vladimir Poutine, ayant déclaré qu’elle ne croit pas du tout que la Russie représente une menace quelconque pour l’Europe, en appelant telles declarations comme une vaste escroquerie. Le Pen a dit de même qu’elle ne voit pas dans l’annexion de la Crimée le grand danger pour l’Europe, elle n’estime non plus que les actions de Poutine menacent les français.

L’interview de Marine Le Pen témoigne qu’elle se trouve en dehors de la réalité et ne comprend pas simplement les choses banales concernant la politique globale, ou elle ne reconnaît pas à dessein les faits évidents. Le dernier a l’air tout à fait logique, en prenant en considération que Moscou finance sa campagne électorale (on sait que la banque russe a donné son partis politique plus de 11 millions de dollars du crédit il y a trois ans).

Ainsi, il y a une situation peu attrayant en France et en toute Europe. En effet, si maintenant Marine Le Pen, comme le futur leader de la nation, est incapable de faire les conclusions évidentes concernant la politique actuelle de la Russie et personnellement du président Poutine, elle, en tant que le président de la France, peut manifester la même myopie politique dans les questions de la politique intérieure, ayant déclaré qu’en France il n’y a pas de problèmes sérieux sociaux, que le niveau de vie de la population ne tombe pas, que le chômage n’existe pas, et les problèmes du radicalisme islamique et de l’entraînement à la vie publique des minorités nationales, qui dans certaines régions de la France sont devenus déjà la plupart, n’existe pas du tout.

Celui-ci mérite l’attention spéciale parce que l’électorat stable de Le Pen vote pour elle puisqu’elle défend le principe «la France pour les Français» depuis de plusieurs années en trouvant que le problème principal de la France – la prédominance des migrants.

Néanmoins les slogans populistes dans le cadre de la campagne électorale sont seulement les slogans. Les électeurs ne peuvent pas toujours estimer autant leurs réalisations dans la vie sont réelles. En cas de la victoire Marine Le Pen aura une tâche de réaliser tout les 144 points des ses promesses, et en particulier, libérer la France de l’affluence des migrants.

Mais pour le moment les électeurs n’ont pas entendu comment Le Pen va décider ce problème, sans parler de celui quel sera la réaction des migrants «indésirables» eux-mêmes. Observeront-ils tranquillement ses tentatives d’en libérer la France? En prenant en considération que, par exemple, à Marseille les Français ethniques font la minorité, il est facile de supposer les conséquences des ambitions de Le Pen de réaliser ses promesses préélectorales en cas de son élection comme le président.

La France est le pays se distinguant par la culture spéciale politique. Il était toujours difficile de passionner les Français par les beaux slogans, mais peu irréalisables. Ils apprennent à l’école l’art de la conduite des discussions et de l’analyse des arguments de l’adversaire. C’est pourquoi en prenant en considération que la grande partie des Français ne se laisse pas influencer par les slogans populistes de Marine Le Pen, il est extrêmement important quand même que ceux qui hésitent ou écoutent fascinés les contes préélectoraux regarderont enfin raisonnablement les programmes préélectoraux des candidats et rendront compte autant le populisme politique de Madame Le Pen pourra être dangereux.

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Jean-Luc Mélenchon démasqué : il ne sortira pas de l’Union Européenne lors de son Plan B – Rome – 11 Mars 2017

Depuis de nombreux mois, Jean-Luc Mélechon ne cesse dire à qui veut l’entendre qu’il y une impérieuse nécessité « d’une autre Europe », et propose pour cela un Plan A (renégocier les traités, ce qui au passage est impossible car il faut l’unanimité des 28 pays membres pour cela, et que certains pays vont légitimement dire non car ce n’est pas leur intérêt) suivi d’un Plan B (sortir de l’Union Européenne si le Plan A échoue). Eh bien tout cela est faux, il a (…)


Politique

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Décryptage du programme de Jean-Luc Mélenchon sur la question européenne

Cette vidéo est une analyse précise du programme de Jean-Luc Mélenchon, texte à l’appui. Synopsis : Un grand merci à « Antho UPR » pour cette analyse très précise et irréfutable des impasses et des contradictions du programme européen de Jean-Luc Mélenchon. Ce programme consiste, si l’on y regarde de très près, à utiliser toutes les contorsions langagières et stylistiques possibles et imaginables pour esquiver la question centrale de la sortie de l’UE. L’objectif de tant d’ambiguïté est (…)


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Politique / Fillon : le putsch avorté – Journal du 6 mars 2017

Au sommaire du journal du 6 mars 2017 : 1) Politique / Fillon : le putsch avorté ; 2) Europe / Un colloque pour désislamiser l’Europe ; 3) Économie / Peugeot Citroën futur numéro 2 européen ? ; 4) Société / France : une natalité toujours plus faible ; 5) Europe / Irlande du Nord : la droite unioniste remporte les législatives ; 6) L’actualité en bref. Source : https://www.tvlibertes.com/2017/03/06/15526/politique-fillon-putsch-journal-6-mars-2017 ► Retrouvez l’actualité de la WebTV sur (…)


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Sécurité aux frontières : enquête sur le nouveau complexe militaro-industriel européen

L’afflux de migrants ? Un terrain de jeu pour tester de nouvelles technologies, des barrières « intelligentes » aux chiens robots en passant par les drones douaniers. La montée des droites extrêmes en Europe ? Une aubaine pour bâtir murs et barbelés à trois millions d’euros le kilomètre. Les groupes islamistes extrémistes ? Une perspective de « forts taux de croissance ». Ainsi va le business de la sécurité aux frontières, en plein essor depuis une décennie. Enquête sur ce nouveau complexe militaro-industriel de plus en plus influent en Europe.

Sécurité aux frontières : enquête sur le nouveau complexe militaro-industriel européen
Île de Lesbos, Grèce. À une portée de fusil des côtes turques, les flots agités de la mer Égée charrient, ce matin, des dizaines de rafiots surchargés d’hommes, de femmes et d’enfants. Trois bonnes centaines rien qu’en une demi-journée. Cris, embrassades, pleurs… Une matinée habituelle sur cette île à l’extrémité est de l’Europe, depuis que les guerres, les régimes autoritaires et l’instabilité qui a suivi les printemps arabes ont jeté des millions d’errants sur les route de l’exode.

Ces deux dernières années, les médias ont scrupuleusement relaté la plus grave crise migratoire que connaît notre continent depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale. Sous l’angle humain, bien sûr, en couvrant l’odyssée des réfugiés fuyant dictateurs et terroristes. Sous l’angle politique, ensuite, en exposant la difficulté des États de l’Union à agir de concert face à ces afflux massifs. Or, ce phénomène a rarement été traité sous l’angle économique : quel est le coût du renforcement des frontières de l’Union ? Quels industriels se sont révélés les grands gagnants de cette crise ? Les technologies de surveillance qu’ils commercialisent sont-elles même efficaces ?

L’Europe : un marché intérieur des technologies de sécurité

La crise migratoire européenne a révélé l’existence d’une gigantesque industrie de la sécurité des frontières. Elle représentait, en 2016, un marché annuel mondial de 18 milliards de dollars (16,9 milliards d’euros) et devrait totaliser, à l’horizon 2022, la bagatelle de 53 milliards de dollars (49,8 milliards d’euros). De la volonté de décourager l’immigration à la lutte contre les trafics, le terrorisme ou la piraterie, les « menaces » aux frontières sont multiples, et constituent autant de justifications à des dépenses supplémentaires. Une aubaine pour les industriels de la sécurité, américains et israéliens en tête.

La Commission européenne a admis son retard en 2012 dans un « Plan d’action » identifiant le secteur de la sécurité comme particulièrement porteur. Selon Bruxelles, « les entreprises américaines qui dominent le marché demeurent les plus avancées sur le plan technologique ». Il faut donc « établir un marché intérieur européen plus efficace pour les technologies de sécurité » en vue de tirer un meilleur parti, face à la concurrence étrangère, de ce marché en pleine expansion. Ce dernier constitue également, pour la Commission, un axe de relance de l’idéal européen. « Il faut à l’Europe une véritable Union de la sécurité », a martelé Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, devant le Parlement européen en avril 2016.

Le budget de Frontex multiplié par 38

Avec des coûts économiques immédiats pour les contribuables : en renforçant continuellement les moyens d’action de Frontex (l’agence européenne de garde-frontières et garde-côtes), la Commission a fait passer le budget annuel de cette police des frontières de 6,3 millions d’Euros en 2005 à 238,7 millions d’euros en 2016. Plus généralement, les États-membres ont injecté onze milliards d’euros depuis l’an 2000 aux fins de protéger les marges de l’Union [1]. Le résultat le plus flagrant, ce sont les centaines de kilomètres de murs et de barbelés déjà édifiés en bordure de l’espace de Schengen – et en particulier le long de la « Route des Balkans », la voie migratoire qui relie la Grèce à l’ouest de l’Europe.

Mais l’un des premiers murs à avoir été édifiés s’étend sur le versant méridional de l’Europe : la barrière qui materne l’enclave espagnole de Melilla, au Maroc. Depuis 2005, un barrage d’acier et de barbelés, surveillé par 650 agents de la Guardia Civil, serpente le long d’un tracé de onze kilomètres. « Il s’agit d’une triple barrière anti-intrusion. La troisième barrière mesure entre six et sept mètres, elle est inclinée à quinze degrés de façon à décourager quiconque de l’escalader !, explique le Colonel Juan Antonio Rivera, chargé de la visite. Je peux vous dire qu’il y a un “avant” et un “après”, ajoute-t-il. Seules 150 personnes sont passées cette année, contre plus de 2000 auparavant. » Le 17 février, près de 500 personnes ont cependant franchi les barrières qui encerclent l’enclave espagnole voisine de Ceuta.

Barrières anti-migrants : trois millions d’euros au kilomètre

Les autorités communiquent en revanche moins sur les coûts de modernisation de ce dispositif : 33 millions d’euros, soit trois millions d’euros au kilomètre ! Sans compter diverses dépenses de maintenance : un récent rapport du ministère de l’Intérieur espagnol les a évaluées à quatorze millions d’euros depuis 2005, soit 154 000 euros par an et par kilomètre !

Ces dépenses créent d’autant plus le malaise que les routes migratoires ne cessent d’évoluer, rendant souvent les murs obsolètes. Les migrants s’adaptent en effet en permanence au renforcement des contrôles frontaliers. Contrecoup de la fermeture de la route des Balkans suite à l’accord signé en mars 2016 entre l’Europe et la Turquie, l’Italie est ainsi redevenue une porte d’entrée majeure des réfugiés. « Vous ne pouvez pas arrêter les migrants !, confirme Wissam, un jeune réfugié syrien se préparant à traverser la mer Égée depuis la ville turque d’Izmir. Lorsque vous êtes en danger de mort, peu importe que vous empruntiez telle ou telle route, vous voulez simplement atteindre votre but – par tous les moyens. »

Fermer les frontières de l’Europe : 2000 milliards d’euros

Barricader l’Europe de murs ? La solution se révèle dès lors aussi extrême qu’absurde. Étendre l’enceinte de Melilla aux 7700 kilomètres de frontières terrestres de l’espace Schengen coûterait au moins deux mille milliards d’euros, soit l’équivalent du déficit de la dette publique française. Sans compter les 42 000 kilomètres de frontières maritimes et les coûts de maintenance. Un chiffrage sur lequel les partis populistes européens, à commencer par le Front National et sa présidente Marine Le Pen, se sont montrés étrangement silencieux.

Pour pallier les écueils des frontières terrestres, l’Europe a dès lors complété ces dispositifs de frontières d’un nouveau genre : les frontières électroniques. En 2002, l’Europe déployait un véritable « Big Brother des mers » : SIVE, pour « Système intégré de vigilance extérieure ». Le centre de commandement de SIVE se trouve dans la ville andalouse d’Algeciras, à l’ombre du rocher de Gibraltar. Avec ses caméras thermiques, ses capteurs, ses radars et ses satellites, SIVE est la première frontière virtuelle d’Europe, capable de détecter toute tentative d’intrusion à trente kilomètres. « Le dispositif s’étend de la ville de Tarragone, au sud de la Catalogne, jusqu’à la frontière portugaise, et inclut également les îles Canaries », explique Manuel Fuentes, un policier en charge de la surveillance des côtes, en couvant ses écrans de contrôle d’un œil alerte.

Des chiens-robots dotés d’un odorat artificiel

Des centaines de millions d’Euros ont été dépensés pour SIVE. Indra, le groupe d’électronique espagnol chargé d’équiper la Guardia Civil avec ses technologies de surveillance, s’est félicité de la chute de plus de 80% de l’immigration illégale empruntant le détroit de Gibraltar par rapport à l’année 2001 (en une décennie, des centaines de migrants ont également péri aux abords du détroit). Dans le sillage de SIVE, d’autres frontières virtuelles telles que Spationav, en France, le réseau de surveillance finno-suédois SUCFIS ou encore le « Sistema Integrado de Vigilância Comando e Controlo » (SIVICC), le long des côtes portugaises, ont vu le jour. Or, les statistiques compilées par le Conseil de l’Europe [2] démontrent que la majorité des migrants clandestins ont rejoint le continent par la voie aérienne, munis d’un visa, avant de passer dans l’illégalité à l’expiration de leur titre de séjour. À Algeciras, le policier Manuel Fuentes en convient lui-aussi : « Lorsque des gens fuient la famine ou la guerre, peu importent les obstacles que vous mettrez sur leur chemin, ils passeront… »

De nouvelles technologies se profilent pour corriger ces défaillances. L’étude des 321 projets financés, entre 2007 et 2013, sous l’égide du programme de recherche européen FP7-Sécurité est édifiante : ce dernier a promu le développement de chiens-robots dotés d’un odorat artificiel, d’outils d’analyse des comportements suspects, de capteurs de substances chimiques ou encore d’une architecture européenne intégrée de surveillance maritime…

Des drones pour remplacer les douaniers ?

Après les frontières terrestres et électroniques, l’Europe finance également des programmes de frontières aériennes. Ainsi, le programme de recherche Aeroceptor consiste à équiper des drones de surveillance aux frontières d’armes non létales, afin d’« immobiliser des véhicules non coopératifs ». Ses concepteurs n’ont pas souhaité s’exprimer sur la technologie envisagée pour neutraliser les cibles. De même n’ont-ils jamais évoqué les potentielles dérives auxquelles Aeroceptor ouvre la voie : le jour pourrait venir où de tels drones se verraient confiée une autonomie de décision au moment de diriger une arme contre des hommes.

Cette fuite en avant technologique a pourtant peu de chances d’être stoppée, tant les enjeux industriels qui se cristallisent autour des frontières européennes sont considérables. La sécurité des frontières s’affiche clairement comme un nouveau débouché pour les industriels de l’armement. Les budgets de défense des pays membres de l’Union européenne ont stagné voire baissé ces dernières années. En France, les fonds alloués à l’armée ont ainsi chuté de 20% en 25 ans. Or, dans le même temps, les dépenses publiques de sécurité intérieure ont connu un accroissement significatif : le budget hexagonal de sécurité intérieure a atteint plus de douze milliards d’euros en 2016 contre moins de dix milliards en 2003 – soit presque 25% d’augmentation en seulement quinze ans. À l’échelle européenne, le même poste de dépense a, quant à lui, triplé depuis 2010 pour atteindre plus de quatre milliards d’euros en 2016.

« On assiste à un recyclage de toute l’industrie militaire vers le civil »

Les industriels de l’armement ont rapidement saisi les opportunités que représentait cette nouvelle destination des dépenses publiques. « Nos perspectives commerciales avec l’armée française s’avéraient limitées… Nous nous sommes dès lors tournés vers des clients du secteur civil, tels que la police, qui conduit des missions de sécurité similaires. Les projections de croissance y sont considérables, de l’ordre de dix pour cent par an ! », admet un marchand d’armes exposant ses produits à Milipol, l’un des plus grands salons d’armement au monde qui se tient tous les deux ans en région parisienne.

Une lecture des rapports d’activité publiés par l’industriel britannique BAE Systems et l’italien Finmeccanica confirme ce glissement : il y est désormais question de commercialiser des « technologies duales » répondant tant aux besoins de l’armée que des forces de police, et de dégager davantage de « synergies » entre ces deux secteurs naguère cloisonnés. En clair, « on assiste à un recyclage de toute l’industrie militaire vers le civil », explique Claire Rodier, juriste au sein du Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti). Les récentes attaques terroristes, survenues en France, en Allemagne et en Belgique, vont encore amplifier ce phénomène.

Quand les entreprises rédigent les appels d’offres qu’elles remportent

Pour parvenir à leurs fins, les industriels influencent fortement Bruxelles au moyen d’un lobbying aussi discret qu’efficace. Depuis une quinzaine d’années, le monde de l’armement a tout simplement « institutionnalisé » ses méthodes de lobbying. En poussant à la création d’organes officiels au sein de la Commission et en y faisant siéger ses représentants, l’industrie de défense a poursuivi une véritable stratégie de noyautage. Il en va ainsi de l’Agence de défense européenne (EDA), créée en 2004 pour bâtir une Europe de la défense : les principaux lobbies européens de défense, à commencer par la puissante European Organization for Security (EOS, qui regroupe une quarantaine d’entreprises, de l’armement à l’électronique en passant par la cyber-sécurité), se vantent en effet d’avoir été à l’origine de la naissance de cet organisme censé, selon les mots de l’ancien directeur de l’EDA Javier Solana, permettre de « dépenser davantage ensemble » en matière d’armements.

De même pour le FP7-Sécurité : ce programme européen de recherche, doté de 1,4 milliards d’Euros, a été créé en 2004 à l’initiative d’un « Groupe de personnalités » abondamment composé de représentants de l’industrie. Puis en siégeant au sein de des commissions du FP7 entre 2007 et 2013, les industriels ont pu collaborer à l’écriture des appels d’offres… avant d’y répondre.

Les groupes islamistes extrémistes, facteurs de « croissance »

On devine la suite : « Les industriels tels qu’EADS et Thales gagnaient les appels d’offres à l’écriture desquels ils avaient participé ! », dénonce le sociologue autrichien Reinhard Kreissl, qui siégeait alors au sein de l’un de ces groupes d’experts. Il ne faut dès lors pas s’étonner des conclusions d’un rapport sur le fonctionnement du FP7 publié en 2014 à la demande du parlement européen : « La recherche en matière de sécurité a avant tout servi les intérêts de l’industrie plutôt que ceux de la société », dénoncent ses auteurs.

La protection des frontières européennes et la sécurité des cinq cent millions de citoyens qu’elles entourent ne constituent pas, en priorité, un projet politique et sociétal. L’enjeu se révèle avant tout industriel, dans un contexte de compétition économique accrue avec les États-Unis et Israël. Et au-delà de notre continent, c’est le monde entier qui apparaît comme un vaste terrain de jeu. « Des menaces persistantes provenant de groupes islamistes extrémistes vont générer, au cours de la prochaine décennie, de forts taux de croissance sur les marchés du Moyen-Orient et de l’Afrique », prédit déjà le cabinet d’études Strategic Defence Intelligence. Sur ce marché planétaire, les industriels européens peuvent se tailler la part du lion.

Cette enquête a été réalisée dans le cadre d’un projet associant plusieurs journalistes d’investigation européens, Security for Sale, coordonné par le media néerlandais De Correspondent. Elle a été écrite avec le soutien du Journalism Fund. Voir ici une page en anglais présentant le projet et les articles qui le composent.

[1] Ainsi que l’atteste « The Migrants Files », une enquête diligentée par une équipe de journalistes européens.

[2] [Preventing Illegal Immigration : Juggling Economic Imperatives, Political Risks And Individual Rights, Claude-Valentin Marie, Council of Europe, 2004

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LA GAUCHE FACE À L’EURO ET L’UNION EUROPÉENNE (le Frexit en vrille)

À gauche rien ne va plus. À gauche, toutes dénominations confondues, s’esbroufe une panoplie de groupes populistes dont le Programme commun est de réformer le mode de production capitaliste afin de le rescaper au bénéfice des riches,

LA GAUCHE FACE À L’EURO ET L’UNION EUROPÉENNE (le Frexit en vrille)
tout en jurant, la main sur le cœur, qu’ils veulent servir le « peuple » (sic). Prenez note que la problématique est identique à droite du caléidoscope politique français (FN et autres nationalistes chauvins). Tous s’entendent, sectes gauchistes, groupuscules opportunistes et « grands partis » de la gauche classique, pour se tenir en réserve de la République menacée, chacun espérant attirer sur lui le regard compassé de l’oligarchie financière qui décide de tout « électoralement » parlant. Chaque formation espère, angoissée, que les grands patrons la choisiront pour explorer de nouveaux marchés. La question poser et à résoudre selon ces affidés est de savoir s’il faut quitter la zone euro et l’Union européenne pour prospérer ?

Le grand capital français.

Il n’y a pas une réponse unique à cette question épique. Il y a autant de réponses qu’il y a de classes sociales en lutte au cœur de cette problématique de crise systémique du capitalisme. Pour le grand capital monopoliste, la réponse est sans équivoque. Non ! Il est hors de question d’abolir l’euro, ou de quitter l’Union. Les intérêts économiques du capital impérialiste mondial reposent sur l’intégration des capitaux, même si par moment les capitalistes européens, par l’entremise de leurs officiers politiques, s’inquiètent de l’invasion du capital chinois, par ailleurs bienvenu sur le vieux continent (1). Comprenez que les simagrées des fonctionnaires politiques de Bruxelles, de Berlin, de Paris et de Rome ne visent pas tant à restreindre cet apport de capital pékinois, qu’à obtenir la réciprocité en termes de facilité d’accès au marché chinois. Sous l’impérialisme déclinant, les flux de capitaux doivent s’entrecroiser sans s’entrechoquer, Donald Trump l’a compris et il est en marche vers le Pacifique Sud pour le faire comprendre aux investisseurs « communistes » (sic). Présentement, le capital européen et américain qui souhaite s’investir en Chine doit le faire en partenariat avec une entreprise chinoise qui conserve la majorité de l’actionnariat (2). C’est ainsi que l’Empire chinois s’approprie les procédés de fabrication et la technologie productiviste de ses concurrents occidentaux. Voilà l’enjeu des tergiversations en cours entre les trois grandes alliances impérialistes : États-Unis, Canada, Mexique – Chine, Russie – Union européenne.

Le retour en arrière, au capitalisme d’antan, n’est pas une option pour le grand capital mondial, Donald Trump le sait pertinemment. Ses tralalas isolationnistes ne sont que « spectacle médiatique » pour effrayer ses concurrents tétanisés. Il en est ainsi pour le grand capital français avec cette menace de Franxit. Récemment, un économiste révélait que la surcharge de 30 milliards d’euros que subirait le trésor français « correspond à l’écart de taux d’intérêt avec ceux pratiqués en Allemagne (ce que l’on nomme le « spread » dans le jargon économique). Avant l’Euro ce spread était en moyenne de 1,9 %, et s’établit autour de 0,4 % depuis 1992, grâce à l’euro ; la différence étant de 1,5 %, et la dette souveraine s’établissant à 2.160 milliards d’euros, c’est donc plus de 30 milliards d’euros de charge d’intérêts supplémentaire (dont le prolétariat français devrait s’acquitter). L’économiste poursuit, si l’on retient ce chiffre, cela veut dire que la part de la dette française (libellée en euros) détenue par des étrangers gonfle immédiatement de 20 % : soit 260 milliards de plus pour la dette publique (à 60 % dans des mains étrangères) et 90 milliards pour la dette privée (des entreprises françaises), ce qui se traduit par une charge supplémentaire de 13 milliards d’euros. L’économiste en chef de Natixis, Patrick Artus rajoute quant à lui l’effet sur la dette interbancaire qu’il estime autour de 50 milliards d’euros !» (3)

Il n’y a qu’une mince fraction du grand capital français qui peut espérer des bénéfices boursiers suite au Franxit, ceux qui détiennent majoritairement des bons du Trésor de l’État et ceux qui possèdent des placements dans les métaux précieux (or, argent) dont la cote montera en flèche suite au Franxit. N’ayez crainte cependant, le grand capital français peut bien menacer de quitter l’Union jamais il n’abandonnera les avantages d’être accroché à la locomotive allemande.

Le seul pays d’Europe qui s’en tirerait moins mal que les autres suite à la disparition de l’Euro et à l’éclatement de l’Union est l’empire industriel allemand. Avec son avance technologique, sa productivité du travail mécanisé et sa balance commerciale favorable, l’Allemagne cesserait de remorquer le reste de l’Europe endettée. L’empire industriel allemand devrait cependant faire ce que Donald Trump tente d’entreprendre – reprendre les négociations de libre-échange avec chaque pays individuellement, dans une position de négociation bien plus avantageuse, comme Trump l’a compris, la puissante Allemagne négociant avec chacun de ses partenaires et concurrents isolés, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie, France, conservant les avantages d’une monnaie forte sans les inconvénients de l’Union. Le seul mystère qui demeure est de comprendre pourquoi l’Allemagne n’adopte pas la tactique trumpiste ?

Petits capitalistes et petite bourgeoisie des services.

Les petits capitalistes non monopolistes, la petite bourgeoisie des services, les officiers politiques et médiatiques et l’industrie de l’ONG stipendiée sont les couches sociales qui pensent avoir un avantage à provoquer une sortie de l’Euro et de l’Union. Ce contingent social est numériquement important dans une société de consommation comme la France en décadence. Un sondage récent évalue à 26 pour cent le nombre de Français qui souhaitent revenir au « Franc », ce qui fait le plein des petits bourgeois et des petits capitalistes dans ce pays de services et de consommation moribond. Ces segments de classe constatent que l’économie est en crise, que le chômage progresse, que le pouvoir d’achat régresse, que les groupes sociaux contestent, que la morale digresse, que les thuriféraires politiques s’engraissent dans la caisse, que l’État ne parvient pas à stopper la débandade, et ils en blâment la monnaie unique, le marché commun, la trahison des patrons, la déliquescence des pouvoirs étatiques pourtant sur la voie du totalitarisme, et ils réclament plus d’État ce que le prolétariat ne veut pas.

Le petit bourgeois sait que le remède Franxit fera très mal à la classe au travail. Ainsi en Grande-Bretagne, la Livre sterling a perdu 10 % depuis l’annonce du Brexit et les actifs boursiers ont perdu 3,6 % et ce n’est pas terminé. L’emploi ne se rétablit pas outre-Manche pas plus qu’en France. « La dévaluation de la monnaie a un effet, considérable à terme, sur la consommation des ménages. Environ un quart de ce qu’ils achètent (1.200 milliard d’euros) est importé, soit au niveau global du pays un montant de 300 milliards d’euros par an. Ce serait donc 60 milliards de plus (20% de 300 milliards) que les ménages devraient sortir de leur portemonnaie pour acheter les mêmes biens, soit environ 2.000 euros par ménage et par an ! Conclusion (…) la véritable addition de la sortie de l’euro s’établit à 30 milliards d’euros (effet spread), auxquels il faut ajouter 13 milliards (effet dévaluation sur le montant de la dette) et 60 milliards (effet dévaluation sur les ménages). Total : 103 milliards d’euros (le cout immédiat du Franxit) » (4).

Les causes de la crise du capitalisme.

Même si la crise économique de l’impérialisme prend la forme d’une crise monétariste et boursière, au fond, la récession n’est pas causée par la financiarisation de l’économie, mais par l’incapacité du capital surabondant à se valoriser puis à se valider sur des marchés étriqués. Ce n’est pas en les restreignant davantage que l’on conservera le bébé tout jetant l’eau du bain. Il est vrai que la petite bourgeoisie, enfant chéri du grand capital international, a vécu du bon temps pendant quelques décennies, mais ce temps est révolu en même temps que les profits ont disparu. Ce n’est pas l’euro ou l’Union qui expliquent les pertes d’emplois, sauf 20 % environ pour délocalisation, le reste (80%) a pour cause la faible productivité comme en témoigne cet écrit « Depuis 1993, l’indice des prix des biens et services exportables a baissé de 5% en France et augmenté de 15% en Allemagne (OFCE 2015). De plus, 60% de l’écart de compétitivité de la France vis-à-vis de l’Allemagne résulte d’un manque de qualité (OFCE 2015) : si les entreprises exportatrices allemandes ont accru leurs prix et leurs marges, c’est en raison d’un gain de qualité et donc de productivité. Le prix des biens et services non échangeables s’est envolé en France (dans la construction, la restauration, l’hôtellerie, et les autres services de proximité), peut-être en raison d’un manque de concurrence, d’une règlementation trop exigeante » (5). Ce n’est pas le cas des capitalistes allemands qui parviennent à surexploiter leur prolétariat plus intensément que ne le fait le patronat français. Ce problème interne à l’économie de l’hexagone ne saurait se réguler par une dévaluation monétaire ou le rétablissement des barrières tarifaires, au contraire.

La classe prolétarienne et le Franxit, le Brexit et les autres exits.

Contrairement à ce que proposait Karl Marx lors d’une conférence à Bruxelles en 1848 (6), un prolétaire révolutionnaire n’a pas à défendre ou à rejeter le libre marché capitaliste ni à militer en faveur du réaménagement des règles de concurrence entre les factions capitalistes en guerre commerçante. Dans cette histoire d’alliance commerciale la classe prolétarienne est assise dans les estrades et regarde deux équipes d’esclavagistes s’affronter devant la petite bourgeoisie médusée, meneuse de claque de gauche comme de droite extrémiste, qui voudrait que le prolétariat encourage l’une ou l’autre des équipes qui, gagnante, viendra nous faire les poches – nous rançonnés et nous arrachés le surtravail et la plus-value, sans pour autant augmenté l’emploi qu’ils continueront à robotiser tout en intensifiant l’exploitation des survivants (7). Quel intérêt le prolétariat aurait-il à souhaiter que ce soit l’équipe des blancs plutôt que l’équipe des noirs qui gagne et le contraigne à l’esclavage salarié ?

La classe prolétarienne a intérêt à savoir laquelle de ces deux fausses solutions est inévitable : mondialisation impérialiste ou « démondialisation capitaliste à rebours et retour aux temps de la patrie finie et des colonies perdues » (8). L’une de ces voies est incontournable, car elle s’inscrit dans le sens de l’évolution du mode de production capitaliste moribond. Dans le sens de l’histoire, ce tunnel mortel dont il n’y a aucun espoir de s’échapper sinon de poursuivre pour surgir de l’autre côté afin de détruire l’ancien et de construire le nouveau mode de production prolétarien. C’ici là, le prolétariat doit résister par la grève et les occupations d’usines aux agressions menées contre ses conditions de travail et son pouvoir d’achat.

Notes

(1) http://www.courrierinternational.com/article/economie-les-investissements-chinois-seraient-les-bienvenus-en-europe et http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-165281-le-defi-chinois-au-marche-europeen-2059320.php
(2) « Avec 4000 milliards de dollars de réserves de change, la Chine est prête à mener une politique d’expansion internationale. Or, la dépréciation de la monnaie unique par rapport au yuan ne fait qu’accroitre la capacité financière de la Chine. De même, la faiblesse d’un certain nombre d’entreprises européennes, pénalisées par leur endettement, positionne les investisseurs chinois en situation de force pour le rachat d’entreprises sur le sol européen. » http://www.taurillon.org/forte-augmentation-des-investissements-chinois-en-europe
(3) http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-invites/ce-que-cache-la-banque-de-france-et-le-fn/
(4) http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-invites/ce-que-cache-la-banque-de-france-et-le-fn/
(5) http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-2-2/quest-ce-que-le-ceta-entre-lue-et-le-canada/
(6) Note d’Analyse, septembre 2014. http://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/2014-09-02-note-fs-deficitechange-ok.pdf et https://ecointerview.wordpress.com/
(7) Congédiements dans le monde en février 2017. https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/02/20/arrete-de-deconnex/
(8) http://www.pardem.org/programme/programme-complet-du-pardem et https://www.legrandsoir.info/les-defis-pour-la-gauche-dans-la-zone-euro.html

 

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CETA : ultime assaut antidémocratique avant la mort de l’Union Européenne ?

Le CETA et l’Union européenne : deux sujets très importants et « un débat extrêmement intéressant », pour reprendre les mots de conclusion prononcés par Jacques Sapir Source de la vidéo : Radio Sputnik – 24/02/2017 – durée 27:13 Les Chroniques de Jacques Sapir Le CETA, traité de libre-échange avec le Canada, a finalement été voté par le Parlement européen. Parmi les eurodéputés français, quatre groupes ont voté contre : le Front de Gauche, les écologistes, le Parti socialiste (…)


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L’Otan et l’Union européenne derrière le Décodex

L’Otan et l’Union européenne derrière le Décodex
L’état-major militaire de l’Union européenne a dévoilé son rôle dans la création d’un service du quotidien Le Monde visant à décrédibiliser des sites Internet, le Décodex.

Ce service, techniquement subventionné par Google et Facebook, entend lutter contre l’influence russe supposée en Occident en accusant les sites Internet contestant l’Otan de ne pas être sérieux et de relayer la « propagande » supposée de Moscou.

Plusieurs médias ont été choisis pour collaborer à ce projet. Ils sont tous français, la racine du mal étant, selon les promoteurs de la campagne, non pas Sputnik et Russia Today, mais le Réseau Voltaire.

Lire :

– « La lutte continue », brève en anglais de l’état-major militaire de l’Union, EU vs disinfo.eu, 13 février 2017.

https://euvsdisinfo.eu/la-lutte-continue/

– « La campagne de l’Otan contre la liberté d’expression », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 décembre 2016.

http://www.voltairenet.org/article194324.html

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Norbert Hofer (FPÖ, Autriche) : “Je remporterai la prochaine élection présidentielle” (subtitles : FR/DE/EN)

Norbert Hofer, troisième président du Parlement d’Autriche, est devenu mondialement célèbre en étant proche de remporter l’élection présidentielle autrichienne de 2016, avec 47 % des suffrages. Cette élection s’est déroulée dans un contexte inédit pour l’Autriche : un premier tour en avril 2016, un second tour en mai 2016 (annulé), un nouveau second tour prévu en octobre 2016 et annulé pour des raisons technique (la colle des enveloppes de vote par correspondance collait mal) et un scrutin final en (…)


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L’Europe et les réfugiés : stop à la guerre de frontières

L’Europe ne vit pas une crise de réfugiés et une crise humanitaire : ce qui est crise c’est la capacité des états de contrôler ses frontières et surtout le droit fondamental des gens de se déplacer par la planète pour trouver un lieu sûr où bâtir un avenir un futur personnel digne.

L’Europe et les réfugiés : stop à la guerre de frontières
L’Europe et les réfugiés : stop à la guerre de frontières

L’Europe ne vit pas une crise de réfugiés et une crise humanitaire : ce qui est crise c’est la capacité des états de contrôler ses frontières et surtout le droit fondamental des gens de se déplacer par la planète pour trouver un lieu sûr où bâtir un avenir un futur personnel digne. Au-delà du sentiment de solidarité qui nous frappe après d’avoir vu les images catastrophiques d’hommes, de femmes et des enfants au risque de leur vie à la Méditerranée ou en mourant de froid aux Balkans, cette crise a une racine politique et quelques responsables beaucoup clairs que nous voulons à signaler et combattre si vraiment nous voulons trouver des solutions.

Loin de l’image d’une avalanche humaine inabordable, la vérité c’est que plus de la moitié de demandeurs et demanderesses d’asile arrivés l’année arrivée en Europe provient seulement de cinq pays : la Syrie, l’Afghanistan, l’Irak, le Nigeria et l’Érythrée. Cinq crises concrètes, avec ses responsables respectifs. Pour comprendre le phénomène de l’arrivée des réfugiés, l’étude concrète de la situation de La Syrie devient nécessaire.

Les réfugiés syriens

Nous ne pouvons pas comprendre le problème des réfugiés en Europe sans entendre ce qui passe en Syrie, éjecteur principal de population de la planète, sans analyser le processus politique et social récent du pays.

Souvent le mouvement de solidarité voit les réfugiés seulement comme des individus qui ont besoin d’une aide, quand la réalité nous montre que l’élevé nombre de réfugiés c’est un des résultats d’une révolution populaire massacrée par la dictature de Bashar Al-Assad et ses alliés. Et jusqu’à ce que cette cause ne soit pas abordée les réfugiés continueront d’arriver en Europe. Des milliers d’activistes qui ont participé au mouvement populaire ont fini par fuir aux pays voisins et à l’Europe par l’amplitude de la violence du régime. Mais malgré leur exile, ils continuent d’être aujourd’hui une partie de cette révolution. Et ce qu’ils attendent c’est que nous les reconnaissons comme tels, non seulement comme récepteurs de notre aide humanitaire. Le rythme et les grandes vagues des flux migratoires répond parfaitement à la dynamique du conflit et aussi aux entre les différentes communautés.

L’histoire de l’Europe nous oblige à n’oublier jamais l’image de ces lutteurs républicains espagnols par la liberté et la révolution qu’en 1939 arrivaient en France par Le Pertus, après avoir laissé derrière beaucoup de morts et leurs futur et au lieu de l’accueil et la solidarité ils sont trouvés, à Argelès sur Mer, des camps de concentration et le mépris.

Aujourd’hui, en attendant un secteur important de la gauche se refuse encore à reconnaître que le premier responsable de cette catastrophe est le régime de Bashar Al-Assad. Le récit des réfugiés est parfaitement cohérent : le 90 % assurent qu’ils ont fui à cause de la persécution du régime et ses alliés. Si nous ne comprenons pas la Syrie, nous ne saisirons rien et nous resterons attrapés dans la rhétorique de l’avalanche et de l’antiterrorisme que les gouvernements européens promeuvent. À l’Afghanistan et à l’Irak, on vit l’instabilité que l’impérialisme, après l’invasion des deux pays, ont laissé

La distribution géographique des réfugiés syriens

L’Europe n’est pas non plus le récepteur principal des gens qui fuient. Globalement, l’année passée 362.000 personnes sont arrivées au continent. Dès 2011, quand les révoltes et des révolutions dans le monde arabe ont commencé i elles ont renversé des régimes comme celui de Kadhafi, qui convenablement financé par l’Italie faisait de bouchon des migrantes sous-sahariens, moins de 1,8 millions de personnes sont arrivés à l’Europe. Ce chiffre est parfaitement assumé pour un continent avec 500 millions d’habitants, avec certains des pays les plus riches du monde et qui a besoin de plus d’une jeune main-d’œuvre. Seulement la Turquie – qui dans le classement de PIB par habitant occuperait le lieu 27 de 28 pays de l’UE – accueille plus de 3,5 millions de réfugiés. Le Liban, un petit pays de seulement 4 des millions d’habitants a surpassé le million de réfugiés. Cela sans compter les 8 millions de déplacés internes qui ont été obligés à abandonner sa maison et continuent à l’intérieur de la Syrie sous les bombes. Non, la crise de réfugiés et humanitaire ne se trouve pas en Europe : elle est se trouve en Syrie et dans les pays voisins.

L’hypocrisie de l’UE

Les simagrées de l’UE et des états membres devant le mur et le veto migratoire de Trump sont hypocrisie pure. Il y a un an, l’Allemagne et Bruxelles avaient fermé la porte aux réfugiés avec l’accord de la honte avec la Turquie, par lequel, dans une période de pleine dérive autoritaire, le gouvernement de Recep Tayip Erdogan est devenu un mur pour éviter que les réfugiés essaient d’arriver à l’Europe. En échange de six milliards d’euros, l’Europe assure son silence sur la guerre contre les Kurdes, contre la gauche et contre la liberté de presse pour obtenir des pouvoirs exécutifs illimités.

Les plaintes de l’UE contre Trump sont pur bavardage, après que la politique de blindage des frontières a converti la Méditerranée en un grand cimetière. Plus de cinq mille morts reconnus 2016 (personne ne sait combien de morts réels il y a eu à la Méditerranée parce que beaucoup de corps ont été avalés sans laisser de trace ou ils ont été traînés par la mer à son point de départ. En résumé, il y a eu plus de morts que jamais.

La guerre de frontières contre les réfugiés

Habituellement, on parle techniquement d « une guerre » quand un conflit surpasse les mille morts dans un an. Ce qui passe à la Méditerranée est donc une guerre authentique contre la migration : la différence unique consiste en ce que les victimes sont toutes du même édit. C’est une guerre sur la terre qui est pratiquée par des palissades, des murs, des tranchées, des centres d’arrêt …. Et quand en utilisant aussi la mer comme une fosse des crocodiles, (les bateaux de l’OTAN) ou le dispositif de Frontex, l’agence européenne de vigilance de frontières. Les soldats sont des policiers, des armées et groupes paramilitaires. Et, comme toujours, il y a ceux qui font des affaires lucratifs : toute une industrie de la guerre de frontière, qui va depuis les entreprises espagnoles qui s’enorgueillissent être fabricants en exclusivité des barbelés de couperets jusqu’aux compagnies de sécurité privée à lesquelles est sous-traitée la vigilance des centres d’arrêt.

Il faut rappeler que l’Espagne a été le mauvais modèle qui maintenant les partenaires européens imitent . Les palissades de Ceuta et de Melilla, les 14 meurtres de la plage du Tarajal aux mains de la Garde Civile il y a trois ans et qui restent impunies (un ex-directeur général et maximal responsable du corps, Arsenio Fernández de Table a fini d’être convenablement récompensé avec un lieu dans le Conseil d’administration de Réseau Électrique de l’Espagne). Et surtout la politique d’externalisation du contrôle frontalier vers des États africains sans aucun type de garanties démocratiques – en charge aux fonds destinés à une coopération – pour freiner les immigrants avant qu’ils ne s’approchent pas aux frontières européennes.

Les causes de la politique européenne vers les réfugiés

En contrevenant ses propres lois et les traités internationaux qu’ils ont signés, les États européens violent le droit d’asile et répondent avec la guerre de frontières avec la frontière la plus inégale du monde : un vieux continent riche et en paix, entouré d’un jeune monde appauvri et en guerre. De plus, la frontière n’est pas seule un espace physique : ce sont des barrières légales, des préjugés policiers … une fois ont surpassé la tranchée la majorité portent une « frontière » sur ses épaules chaque fois qu’ils doivent sortir de sa maison, en faisant front au racisme institutionnel, aux contrôles policiers racistes dans le métro, à la discrimination dans l’accès aux services publics, au logement ou au travail.

C’est qui existe derrière ces politiques ce n’est pas le but e freiner l’immigration (tout le monde sait que c’est impossible) mais surtout trois objectifs : D’abord, une nouvelle justification pour les restrictions budgétaires : « ici il n’y a pas de place pour tout le monde, notre capacité d’accueil est limitée, les services publics ont un limite ». C’est le nouveau mantra et ces justifications ne servent de rien, toutes les études et l’expérience démontrent que l’immigration apporte plus richesse que celle que consomme. En deuxième lieu, le maintien d’une couche de main-d’œuvre sans droits (dans le cas de ceux sans papiers, comme les milliers de sous-sahariens qui travaillent à l’agriculture italienne) et vulnérable à la surexploitation. Et finalement le recul de droits et de liberté qui se justifie avec le prétexte de la lutte antiterroriste et qui se son traduit dans des mesures comme la loi-bâillon à l’état Espagnol ou l’état d’urgence permanent en France.

Ces lois, et pas l’arrivée de réfugiés en soi-même, sont celles qui expliquent la croissance de l’extrême droite en Europe, qui ne devient pas forte là où il y a plus de crise ou plus de réfugiés mais où ce discours politique s’impose, souvent, comme il passe en France de la main d’un gouvernement soi-disant de gauche et qui a aidé à Marine Le Pen à avoir des possibilités de gagner les présidentielles de ce printemps. Enhardie par le triomphe de Trump, et renforcée par Poutine, l’extrême droite est dans des conditions de s’imposer aussi en Hollande, alors qu’en Allemagne il triplerait les résultats électoraux le mois de septembre.

C’est par cela que la défense des droits des réfugiés n’est pas seule un problème humanitaire, éthique ou moral. C’est pas seulement une question de solidarité et d’empathie. Dans cette lutte joue l’avenir à tous.

Layla Nassar

Militante de Lucha Internacionalista (section à l’État espagnol de l’UIT-QI)

Le 10 février 2017

Alter Info
l’Information Alternative

Une censure historique au parlement européen

Une censure historique au parlement européen
Que peut-on vouloir vous cacher avec autant d’acharnement ?
 
Un débat sans précédent sur la question de la sécurité des vaccins avait été prévu le 9 février 2017 au sein même du parlement Européen. Cet évènement voulait provoquer une réflexion politique et scientifique sur des problématiques d’une urgence capitale, à savoir :
 

  • La transparence trop souvent manquante des études sur la vaccination
  • Les conflits d’intérêts des organismes chargés du contrôle des actes de vaccination, dont de nombreux membres travaillent pour, avec, ou sont récompensés par l’industrie pharmaceutique
  • La déclaration des accidents vaccinaux et leur prise en charge, souvent très défaillantes
  • Toute question scientifique d’intérêt autour de la vaccination.

En plus d’un débat, était prévu, la projection du film  Vaxxed, from Cover-Up to Catastrophe qui révèle la falsification de données sur les liens entre le vaccin ROR et l’autisme, par le Center for Disease Control, instance médicale suprême aux Etats-Unis. Ce film avait déjà été programmé et annulé à la hâte, dans le festival américain de cinéma Tribeca présidé par Robert de Niro, au Sénat Italien, et dans un grand cinéma Londonien.
 
Là encore, à Bruxelles, sa programmation, suivie d’un débat, qui avait été portée par des scientifiques et des parlementaires, vient d’être annulée à quelques jours de la date prévue. Cette censure fait suite à de nombreuses autres et s’ajoute à des amalgames et des calomnies de toutes sortes à l’encontre des chercheurs, politiques, lanceurs d’alerte et citoyens qui osent interroger un dogme, qui ne supporte ni études contraires, ni statistiques alarmantes, ni témoignages défavorables !
 
Ce musellement doit alerter le citoyen, l’usager de santé, le parent ou l’association que vous êtes! Soyez soucieux de vous préparer un autre avenir que LA VASTE MASCARADE DE DÉMOCRATIE EN SANTÉ dénoncée en 2016 par Thomas Dietrich, haut fonctionnaire poussé à la démission par sa probité.
 
Afin que vous parvienne cette précieuse information, j’ai le plaisir de vous informer qu’une diffusion  du film “Vaxxed” aura lieu à Paris le 13 février.
 
Note: Veuillez trouver ci-joint le programme de la journée à Bruxelles (espace Lumen à la place du Parlement…) et de la soirée à Paris
 
Informations Vaxxed Bruxelles https://www.facebook.com/suretevaccins
Informations Vaxxed Paris http://tinyurl.com/suretevaccinsparis
Information VAxxed à Londres: https://www.tickettailor.com/checkout/view-event/id/79383/chk/1ef2
 

Alter Info
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Primaire de la gauche – Voyages de Theresa May – Attentat au Québec : l’analyse de François Asselineau au 1er Févier 2017

Nota Bene : Le site officiel de l’UPR est : https://www.upr.fr. Pour de passionnantes conférences de François Asselineau, voir : https://www.upr.fr/conferences.


Politique

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Euro et dettes souveraines : François Asselineau dénonce un risque systémique suite à un défaut de paiement de l’Italie – 26 Janvier 2017

Cette vidéo est une séquence, que j’ai extraite de l’entretien donné par François Asselineau à Sud Radio le Jeudi 26 Janvier 2017, où il nous met en garde contre un risque systémique extrêmement grave : le défaut de paiement de l’Italie qui engendrera un cataclysme financier débouchant sur la désintégration de la zone euro et la ruine des pays européens, notamment des pus riches. Le prix Nobel d’économie Joseph E. Stiglitz a déclaré que « Ceux sont les pays qui sortiront les (…)


Economie

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Belgique: Etat d’exception sans état d’urgence.

Belgique: Etat d’exception sans état d’urgence.
Jean-Claude Paye, sociologue, auteur de L’emprise de l’image. De Guantanamo à Tarnac. Editions Yves Michel.
 
 
 
La « lutte contre le terrorisme » bouleverse en permanence l’environnement juridique. En Belgique, ce 1ier décembre 2016, la Chambre vient, dans l’indifférence générale, d’adopter la loi « modifiant le code pénal en ce qui concerne la répression du terrorisme », une législation qui accentue fortement la subjectivation du droit. En détachant l’incrimination de la matérialité de l’acte, les législations antiterroristes constituent une rupture dans l’écriture du droit pénal. Il s’agit moins de s’attaquer à des faits qu’à des intentions. Toute l’évolution législative va consiter à abstraire toujours d’avantage l’objet véritable de l’incrimination du terrorisme, son élément intentionnel, d’en faire une chose en soi détachée de la réalité des faits. C’est dans cette perspective, de mise en place d’incriminations politiques, qu’il faut lire les notions successives de participation, de préparation ou d’incitation « indirecte » au terrorisme, en Belgique ou dans tout autre pays membre de l’Union européenne.
Le 13 et 15 décembre 2016, l’Assemblée nationale et le Sénat français ont adopté la loi prolongeant l’état d’urgence jusqu’au 15 juillet 2017. Ce régime d’exception est en vigueur depuis les attentats du 13 novembre 2015 et a déjà été prorogé à quatre reprises. Si la France est engagée dans un état d’urgence devenu permanent, il n’existe pas dans la Constitution belge, de disposition analogue au régime de l’état d’urgence, tel qu’il résulte de la loi française de 1955. L’article 187 de la loi fondamentale prévoit au contraire que « la Constitution ne peut être suspendue en tout ni en partie ». Seul l’« état de guerre » est visé à l’article 167 de la loi fondamentale.

Des dispositions relevant de l’état d’exception.
Pourtant, suite aux attentats dans les deux pays, le gouvernement belge a bien adopté des dispositions relevant de l’état d’exception. Douze mesures ont été rendues publiques en janvier 2015[[1]]url:#_ftn1 et dix-huit en novembre de la même année[[2]]url:#_ftn2 , tel le retrait de documents d’identité pour les personnes, présentant « un risque pour l’ordre public ou la sécurité », la possibilité d’effectuer des perquisitions, de jour comme de nuit, pour les infractions terroristes ou le port du bracelet électronique pour les personnes fichées par les services d’analyse de la menace. Les perquisitions de nuit seront légalisées par la loi du 27 avril 2016.[[3]]url:#_ftn3 Elles sont désormais autorisées en cas d’association de malfaiteurs ou en cas d’organisation criminelle, s’il existe des « indices sérieux de possession d’armes prohibées ».
Cette loi crée aussi la base juridique pour une centralisation des banques de données des services de police et de renseignement concernant les combattants terroristes étrangers qui sont ou ont été résidents en Belgique. Cependant, cette liste est extensible, car dépendante de la subjectivité des opérateurs et de l’intention attribué aux personnes concernées. Ainsi, elle contiendra également des données de personnes qui ont « volontairement ou non » été empêchées de se rendre dans la zone de conflit ou qui ont « l’intention » de s’y rendre, et de personnes qui ne remplissent pas ces critères, mais « pour qui il existe certaines indications qu’elles pourraient être considérées » comme des combattants terroristes étrangers.[[4]]url:#_ftn4  
La différence entre l’Hexagone et la Belgique se mesure au nombre de perquisitions et d’assignations à résidence, proportionnellement beaucoup plus important en France, ainsi que du caractère administratif des mesures. C’est aussi dans la réduction des libertés publiques que la mise en place d’un état d’urgence a fait la différence, en permettant d’interdire régulièrement manifestations et rassemblements sur la voie publique.

Déplacement à l’étranger « à des fins terroristes ».
En ce qui concerne l’attaque contre les libertés privées, la Belgique a aussi été saisie d’une frénésie législative qui peut, dans certains cas, dépasser le modèle hexagonal. Présentée comme devant faire face à des attentats comme ceux de Charlie Hebdo à Paris et en rapport avec les mesures antiterroristes de janvier 2015, la loi du 20 juillet 2015[[5]]url:#_ftn5 incrimine les déplacements à l’étranger et le retour en Belgique « à des fins terroristes ». Elle modifie également les règles relatives à la déchéance de nationalité, en cas de condamnation pour infraction terroriste.
Ainsi, un nouveau comportement terroriste est inséré dans le Code pénal, à savoir le déplacement à l’étranger et le retour en Belgique, aux fins de commettre une infraction terroriste. Par ailleurs, les écoutes téléphoniques, en cours d’instruction, sont désormais autorisées pour ce type de délit. Enfin, toutes les infractions « terroristes » peuvent désormais mener à une déchéance de nationalité. Ces comportements seront punis indépendamment de la réalisation ou non de l’acte lui-même, puisque le but serait de « prévenir un résultat dommageable ». La législation ne se contente de s’attaquer aux organisations terroristes, mais poursuit également les « loups solitaires », des personnes qui agiraient de façon  isolée, mais qui seraient virtuellement liées au « terrorisme international ».
La possibilité, pour le juge, de prononcer la déchéance de la nationalité belge, est désormais étendue à toutes les infractions terroristes prévues par le Code pénal, en cas de condamnation, comme auteur, coauteur ou complice, à une peine d’emprisonnement d’au moins cinq ans sans sursis. Il existe toutefois une exception, pour le cas où la déchéance aurait pour effet de rendre le prévenu apatride.

Incitation « indirecte » au terrorisme.
Ensuite, la loi  du 3 août 2016 « portant sur des dispositions diverses en matière de lutte contre le terrorisme »[[6]]url:#_ftn6 rend punissable l’incitation au déplacement à l’étranger « à des fins terroristes », ainsi que le recrutement, pour voyager à l’étranger ou pour revenir en Belgique, « à des fins de terrorisme ». Auparavant, seule l’incitation ou le recrutement, afin de réaliser un “attentat terroriste,” étaient visés.
Surtout, la loi supprime un des éléments constitutifs de l’infraction existante, à savoir la nécessité qu’ « un tel comportement, qui préconise directement ou non la commission d’infractions terroristes, ‘’crée le risque’’ qu’une ou plusieurs de ces infractions puissent être commises ». Cette formulation, contenue dans la loi de 2013, provient de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention du terrorisme. On notera que cet élément constitutif de l’infraction n’est pas non plus repris dans l’infraction de « provocation publique au terrorisme », contenue dans le Code pénal français.
La loi du 3 août 2016 modifie profondément l’incrimination d’incitation au terrorisme,  contenue dans la loi du 18 février 2013[[7]]url:#_ftn7 . Celle-ci poursuivait le fait de diffuser ou mettre à la disposition du public un message, avec l’intention d’inciter, « directement ou indirectement », à la commission d’une infraction terroriste. L’incrimination d’incitation indirecte permet d’autonomiser l’écrit ou la parole émise de la réalisation de l’acte.
Auparavant, cette possibilité, offerte par la loi de 2013, avait été refusée, début 2008, par les parlementaires belges, majorité et opposition confondue, lors d’un contrôle de subsidiarité de la proposition de Décision cadre 2008/919/JAI du Conseil de l’Union européenne qui impose la poursuite de l’incitation au terrorisme. Pourtant, le texte qui a été adopté en 2013 n’est en rien différent de celui refusé en 2008[[8]]url:#_ftn8 . Le changement d’attitude du pouvoir législatif est symptomatique du chemin parcouru, en quelques années, dans le processus d’abandon des libertés fondamentales.
Dans le cadre de la loi de 2013, l’incitation indirecte au terrorisme était déjà d’une incrimination particulièrement floue, violant le principe de légalité. Le magistrat doit spéculer sur les intentions dissimulées de l’auteur, ainsi que la sensibilité subjective de ceux qui reçoivent ou peuvent recevoir le message. Le juge devait aussi déterminer si la diffusion du message « crée le risque » qu’une infraction terroriste aurait pu être commise, même si il n’y a pas eu de passage à l’acte. Il s’agit donc d’un élément purement subjectif qui ne doit être confronté à aucune objectivation.

Incitation au terrorisme comme délit d’opinion.
C’est pourtant cette évaluation qui est supprimée par la loi de 2016. La notion de risque ne serait donc plus nécessaire pour nommer, une parole ou un écrit, d’incitation indirecte au terrorisme, renforçant ainsi la possibilité de créer un pur délit d’opinion.
De même que son modèle, la loi française sur la provocation publique au terrorisme, le nouveau projet de loi viole la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention du terrorisme. Cette dernière est particulièrement explicite : « … Pour évaluer  » si un tel risque’’ est engendré, il faut prendre en considération la nature de l’auteur et du destinataire du message, ainsi que le contexte de l’auteur et du destinataire du message, ainsi que le contexte dans lequel l’infraction est commise…[[9]]url:#_ftn9  »
Ainsi, la parole ou l’écrit contesté sont en soi criminalisés, même s’ils ne conduisent pas, ni ne présentent aucun risque d’un passage à l’acte terroriste. Cette incrimination pourrait, par exemple, permettre de s’attaquer à une contestation radicale de la politique extérieure de Belgique, à une parole ou à des écrits qui encourageraient les populations syriennes à se défendre face aux bombardements des forces de l’OTAN sur leur territoire.
La commission de cette infraction requiert toujours un dol spécial, comme le précise l’usage des termes “avec l’intention d’inciter directement ou indirectement à la commission d’une infraction terroriste.” C’est une nouvelle fois, au détriment de tout élément objectif, l’aspect subjectif qui est valorisé.

La « participation » à un délit terroriste.
Le processus de subjectivation du droit pénal se poursuit. Le 1ier décembre 2016, la Chambre vient d’adopter le projet de loi « modifiant le code pénal en ce qui concerne la répression du terrorisme »[[10]]url:#_ftn10 . Le texte modifie la notion de participation à une organisation terroriste. Cette dernière incrimination, introduite par la loi du 19 décembre 2003, punit « toute personne qui participe à une activité d’un groupe terroriste ….en ayant connaissance que cette participation contribue à commettre un crime ou un délit du groupe terroriste.» La loi de 2016 remplace les mots « en ayant connaissance » par « en ayant eu ou en ayant dû avoir connaissance » et le verbe « contribue » par « pourrait contribuer ». L’élargissement de l’incrimination est considérable. Elle crée une notion de connaissance potentielle qui se substitue à un savoir réel. Tout dépendra d’un pouvoir très large d’appréciation du juge.
Une telle incrimination s’oppose à la sécurité juridique qui nécessite que, pour qu’un acte soit punissable, il faut que l’auteur soit en mesure de savoir, au moment où il agit, que cet acte constitue une infraction. Ainsi, la loi suggère qu’il vaut mieux s’abstenir de tout acte de solidarité envers des groupes engagés, sur le terrain, contre la politique internationale de la Belgique.
Les parlementaires viennent d’accepter ce qu’ils avaient auparavant refusé. Rappelons que, au cours des travaux parlementaires de la loi du 10 janvier 1999 “relative aux organisations criminelles”, une législation qui anticipe les lois antiterroristes, les mots “ou doit savoir” ont été omis de l’article qui incrimine la participation à certaines activités de l’organisation criminelle. Au cours de la discussion, il avait été indiqué que on « renversait ainsi la charge de la preuve », que le juge risquerait de se voir  accorder une marge d’appréciation trop étendue et qu’il soit conduit à déduire la culpabilité d’un suspect « in abstracto, sans référence à son vécu ».[[11]]url:#_ftn11

La « préparation » d’un délit terroriste.
La loi  de décembre 2016 prévoit aussi la poursuite des actes préparatoires à une infraction terroriste, actes qui consistent à « faciliter et rendre possible » l’exécution de l’action, mais « ne constituent pas des actes matériels de ladite infraction.» L’exposé des motifs précise que les actes préparatoires sont à distinguer de la tentative. Incriminer les premiers permettrait d’intervenir en amont à la commission de l’infraction, au stade préparatoire de l’acte. La tentative se caractérise, en revanche, par la manifestation d’actions extérieures qui forment un commencement d’exécution du délit.
Contrairement à la tentative qui porte sur des actes matériels, l’essentiel de la notion de préparation d’une infraction terroriste se fonde sur un élément subjectif, l’intention attribuée au prévenu. Ainsi, cette incrimination peut porter sur des actes qui peuvent n’avoir rien d’illégal, mais qui deviennent constitutifs d’une infraction, car ils sont couplés à une “intention” de commettre un acte terroriste.
Le gouvernement s’est inspiré des législations française et allemande. Mais, celles-ci prévoient une liste de comportements qui doivent être considérés comme des actes préparatoires. On notera que la loi française requiert la combinaison d’un acte préparatoire (le fait de détenir, de rechercher, de se procurer ou de fabriquer des objets ou des substances de nature à créer un danger pour autrui) avec un autre (par exemple : recueillir des renseignements sur des lieux visés par une action). Cette solution n’a pas été retenue, car considérée comme « trop restrictive ». En Belgique, c’est l’élément subjectif, l’intention criminelle attribuée à l’auteur, qui permettra de déterminer si l’action posée est illégale, sans aucune tentative, contrairement à la France, d’objectiver quelque peu l’incrimination des actes préparatoires.
La subjectivation du droit pénal belge peut, dans certains cas, dépasser son modèle hexagonal. L’attaque contre les libertés privées y est donc, au moins, aussi prégnante. La France garde seulement un avantage, en ce qui concerne le démantèlement des libertés publiques, grâce à l’installation d’un état d’urgence devenu permanent.
 
 
 

 


[[1]]url:#_ftnref1                « 12 mesures contre le terrorisme et le radicalisme », Document présenté en conférence de presse à l’issue du Conseil des Ministres du 16 janvier 2015, http://www.premier.be/sites/default/files/articles/PPT_16012015_d%C3%A9finitif.pdf
[[2]]url:#_ftnref2           « Les 18 mesures prises par le gouvernement pour lutter contre le terrorisme », Le Vif, le 19 novembre 2015,,http://www.levif.be/actualite/belgique/les-18-mesures-prises-par-le-gouvernement-pour-lutter-contre-le-terrorisme/article-normal-434835.html
[[3]]url:#_ftnref3                [3] Loi relative à des mesures complémentaires en matière de lutte contre le terrorisme, loi du 27 avril 2016 publiée le 9 mai 2016, http://www.ejustice.just.fgov.be/cgi/article_body.pl?language=fr&caller=summary&pub_date=16-05-09&numac=2016009200
[[4]]url:#_ftnref4                [4] http://www.legalworld.be/legalworld/content.aspx?id=97490&LangType=2060
[[5]]url:#_ftnref5           Loi du 20 juillet 2015  visant à renforcer la lutte contre le terrorisme, Moniteur belge, le 5août 2015, http://www.legalworld.be/legalworld/content.aspx?id=87148&LangType=2060  
[[6]]url:#_ftnref6                Projet de loi portant sur des dispositions diverses en matière de lutte contre le terrorisme, texte adopté en séance plénière, le 3 août 2016 DOC 54 1951/006  http://www.lachambre.be/FLWB/pdf/54/1951/54K1951006.pdf
[[7]]url:#_ftnref7           Loi du 18 février 2013 modifiant le livre II, titre Ierter du code pénal, Moniteur belge, le 4 mars 2013, http://www.ejustice.just.fgov.be/cgi_loi/change_lg.pl?language=fr&la=F&table_name=loi&cn=2013021801
[[8]]url:#_ftnref8           «Manuel Lambert, Jan Fermon, « L’incitation indirecte au terrorisme : un terme qui piège la liberté d’expression ? », Ensemble N° 78, avril 2013, http://www.asbl-csce.be/journal/Ensemble78droits51
[[9]]url:#_ftnref9           In « La lutte contre le terrorisme : l’urgence est mauvaise conseillère », Ligue des droits de l’Homme, le 17 juillet 2016, http://www.liguedh.be/les-documents-des-commissions-thematiques/2660-la-lutte-contre-le-terrorisme-lurgence-est-mauvaise-conseillere-
[[10]]url:#_ftnref10             Projet de loi modifiant le code pénal en ce qui concerne la répression du terrorisme, texte adopté en séance plénière, le 1ier décembre 2016, DOC 54 1579/013, http://www.lachambre.be/FLWB/PDF/54/1579/54K1579013.pdf
[[11]]url:#_ftnref11             Rapport Vandenberghe, Doc. parl., Sénat 1997-98, n° 1-662/4, pp.  13-14  et pp.  28-29.

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LA BCE DOIT URGEMMENT CONSULTER SES CAMBISTES !!

Tout comme DSK qui était à la fois avocat d’affaires (tout comme sa successeure) et Professeur d’Economie, le Jurisconsulte Maître René Ducret est surtout un économiste monétaire très écouté, jusqu’aux banques centrales et FMI, initiateur de diverses réformes et plans économiques, et qui était intervenu pour enrayer les deux crises spéculatives sur l’Euro. Il repart au créneau.

LA BCE DOIT URGEMMENT CONSULTER SES CAMBISTES !!
« Le Conseil des Gouverneurs, qui prend les décisions de la BCE, comprend donc les Gouverneurs de Banques Centrales. Lesquels ont à disposition leurs propres  »stratèges » :  »Chef-économiste », et rarement  »économiste monétaire ».

Mais jamais hélas une 3 ème catégorie appartenant à un monde à bien part et par trop cloisonné. Une catégorie avec laquelle on ne communique pas, l’on n’échange pas, et que l’on oublie même totalement, parce -dans toutes les banques- on l’enferme, dans les sous-sols et dans l’obscurité !!

Et pourtant c’est de très loin la plus importante de toutes !! Car c’est elle, et elle seule, qui fait le Marché des Changes, et fixe le cours des devises ! Ce sont les cambistes ! Rivetés à leurs écrans sur leurs  »tables des changes »

Ils sont d’autant plus redoutables qu’ils sont nombreux partout dans le Monde, et pas seulement dans les banques centrales : Dans doutes les banques du Monde ! Les Asiatiques sont particulièrement actifs sur le Marché des Changes, leurs 2 micro-états (Hong Kong et Singapour) étant 2 ème et 3ème mondiaux (derrière Londres et Neew-York), Tokyo 4 ème. Paris étant  »largué » à la 29 ème place juste devant Casablanca !

Et encore et surtout plus redoutables puisqu’ils sont là pour gagner de l’argent et que ce sont tous des spéculateurs, qui ont à disposition des machines infernales avec des effets leviers considérables, fantastiques même, qui agissent toutes de concert en même temps ! Ignorer leur existence et leurs intentions du moment est donc courir à la catastrophe monétaire, car leur puissance spéculative est telle qu’ils peuvent faire littéralement imploser une monnaie même de la plus grande valeur intrinsèque.

C’est ainsi que, depuis la création de l’Euro, la BCE a accumulé les erreurs grossières, et continue !

Après son lancement à quasi à 1,18 $ l’euro affichait rapidement une bonne santé à 1,45. Mais la 1ère erreur de la BCE a été que cette toute jeune monnaie ne pouvait se permettre d’avoir des taux d’intérêt bien moins attractifs que le Dollar.

Qui plus est la 2ème erreur était d’ouvrir ainsi la voie à la spéculation mondiale sur l’Euro, en offrant non seulement à tous cambistes mondiaux mais aussi à tous spéculateurs lambda un différentiel de taux en leur faveur !!

La 3ème erreur est de n’avoir pas vu venir, puis d’ignorer totalement cette spéculation.
OR, une fois les machines infernales spéculatives mises en marche, on ne peut plus les arrêter : c’est une spirale infernale de descente aux enfers ! Rappelons qu’il a fallu l’intervention concertée de TOUTES les grandes banques centrales pour casser cette spéculation sur l’Euro, chuté à …..0, 82 $ et qui sinon aurait implosé littéralement sous ce jeu purement spéculatif.

La 4ème erreur est de n’avoir jamais utilisé, lors de cette attaque spéculative, de la suivante, et de celle actuelle, la seule arme anti-spéculation redoutable, l’on peut dire atomique même, qui devient ensuite et surtout totalement dissuasive.
Arme jadis utilisée, entre autres, par la Banque de France : L’arme fatale et surprise des taux ! Consistant en une hausse très fugace -mais surprise- des taux qui ruine totalement en effet tous spéculateurs : Car elle leur enfonce très loin leur stop-loss de protection de par l’emballement des ordinateurs, et leur retourne leurs positions (avec leurs considérables effets-leviers), à des cours totalement …suicidaires !, leur ôtant radicalement l’envie d’y revenir un jour !

La 5ème erreur est de n’avoir jamais ainsi montré, ni dit, ni affiché, son attachement à sa monnaie, et à un euro fort. Or la crédibilité (venant du latin credere = confiance) d’une monnaie réside avant tout dans son attachement et sa défense par sa banque centrale.

La 6ème erreur est de penser qu’une monnaie faible peut relancer l’économie. C’est une grave erreur. Car d’une part nous ne produisons que peu de valeur ajoutée dans des produits dont le principal coût réside dans les matières premières se trouvant ainsi surpayées. Comme toutes les importations dont les produits pétroliers. Qui plus est toute notre industrie a hélas été très fortement délocalisée ! D’ailleurs les Suisses, dont le Franc fort s’est littéralement envolé, et est surévalué, n’ont jamais connu un tel boom dans leurs exportations !

La 7ème et grave erreur, là encore, est de penser à tort que les taux les plus bas, et même négatifs, vont relancer l’économie ! C’est oublier que, comme les lois juridiques, les lois économiques, ont, passé un certain seuil, des effets non seulement pervers, mais qui s’inversent totalement, comme nous l’a démontré en 1974 l’économiste Arthur Laffer avec sa célèbre courbe en forme de cloche.
Tout en rappelant que toutes les périodes de faste économique, dont les fameuses 30 glorieuses, ont toutes été dans des périodes de taux élevé, et que toutes les périodes de récession et déflation l’ont toutes étaient dans des périodes de taux bas !

Les taux négatifs et les QE sont là aussi des 8ème et 9ème erreurs fustigées par tous les économistes, d’autant que n’ayant apporté aucun fruit. L’on pourrait continuer les accumulations !

Mais là encore la BCE répète à nouveau les mêmes erreurs, et se fige dans des taux négatifs au lieu de -au moins- s’aligner sur la FED va relever les siens, et dont les taux sont déjà positifs. Résultat : Une 3ème vague de spéculation internationale a déjà très largement commencé déferler. Et va aller casser le support de la parité avec l’USD, (L’euro était hier à seulement 1,03 $) pour ensuite entamer une chute vertigineuse, sans frein. Entre les 2 premières attaques, l’euro s’était regonflé à 1,60 contre les grandes monnaies ($, Yen, CHF). Pour être aujourd’hui quasi à parité, perdant donc 60 FIGURES, ce qui est énorme en terme de change.

Autre conséquence importante : Voir ainsi sa monnaie décriée (et qui risque fort de voler en éclats) est une perte de crédibilité supplémentaire pour l’Union Européenne déjà mise à mal par le Brexit, et qui risque ainsi de voir se multiplier d’autres référendums sur le sujet qui vont devenir des enjeux électoraux. Car il n’y a pas que les spéculateurs qui sont aux aguets, mais aussi les détracteurs (de l’Europe) !. » conclut Maitre Ducret.

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Boycotter les juifs pour empêcher le boycott d’Israël

La semaine dernière, une banque allemande a annoncé la fermeture du compte d’une organisation des droits de l’homme juive en raison de son soutien au BDS. Quelle sera la prochaine étape ?

Boycotter les juifs pour empêcher le boycott d’Israël
L’organisation allemande Jüdische Stimme für gerechten Frieden in Nahost (JS) est une organisation sœur de Jewish Voice for Peace (JVP) aux États-Unis et appartient à la coalition Juifs Européens pour une Paix Juste (EJJP). Elle a été fondée en 2003.

Il y a trois semaines, cette organisation (dont je suis membre) a été scandalisée de recevoir une lettre de sa banque, la Banque pour l’économie sociale, basée à Cologne, faisant part de sa décision de fermer le compte de JS. Cette décision n’était pas motivée.

Toutefois, mardi dernier, la banque a finalement justifié son choix dans une nouvelle lettre envoyée par un porte-parole : JS soutient le mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS).

C’est la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale qu’une banque allemande ferme le compte d’une organisation juive. La banque semble avoir cédé aux pressions de Benjamin Weinthal, un correspondant du Jerusalem Post, qui mène une campagne visant à attaquer et délégitimer les groupes de solidarité avec la Palestine en Allemagne ces dernières années.

Weinthal a accusé à tort JS d’être une organisation « pro-Hamas » et « antisémite ». Le timing de son reportage a soulevé des questions au sein de notre organisation quant à la possibilité que la banque l’ait informé de la prochaine fermeture du compte avant même que nous nous rencontrions pour discuter de la situation, suite à la première lettre, le 2 décembre.

La banque a justifié sa décision par les actions BDS auxquelles JS a participé en Allemagne et a affirmé dans sa seconde lettre (envoyée mardi) que le « BDS cherche à déstabiliser l’État d’Israël ».

Cependant, la banque n’a trouvé aucune preuve permettant d’étayer son allégation sur le site du mouvement BDS : celle-ci repose sur une analyse de la Fondation Friedrich-Neumann, qui appartient au Parti libéral-démocrate allemand (un parti néolibéral de droite), et sur une analyse du sociologue Samuel Salzborn, un partisan du sionisme de droite qui a accusé l’ensemble de la gauche allemande d’antisémitisme. Ces deux analyses ont été citées dans la seconde lettre.

Qui sera le prochain ?

Les banques allemandes sont légalement autorisées à fermer les comptes de leurs clients sans avoir à motiver leur décision si elles respectent un préavis avant cette fermeture. Cependant, donner à un journaliste des informations sur le compte d’une organisation constitue une violation de la confidentialité.

En outre, la banque a publié un communiqué dans lequel elle qualifie JS d’organisation « antisémite », ce qui constitue une violation des lois allemandes sur la diffamation. Abraham Melzer, un activiste juif allemand, a récemment gagné un procès face à de telles accusations, qui reposaient uniquement sur sa critique des politiques de l’État d’Israël.

Comme la Banque pour l’Économie sociale se présente comme une banque progressiste et détient les comptes de nombreuses organisations de la société civile, l’indignation se propage rapidement en Allemagne. Plusieurs organisations pour la paix et la défense des droits de l’homme ont exprimé leur solidarité avec JS, comme Pax Christi, l’association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW) et la Ligue internationale des droits de l’homme. La banque devrait perdre certains de ses clients, lesquels envisagent de fermer leurs comptes en guise de protestation.

Il convient de noter que Federica Mogherini, haut-représentant de l’Union européenne (UE) pour les affaires étrangères, a confirmé que l’appel au boycott d’Israël est autorisé dans l’UE et qu’il n’existe aucune loi en Allemagne contre de tels appels. Des juristes de quinze États européens ont récemment publié un avis défendant le droit d’appeler au BDS.

La banque a néanmoins décidé de faire sa propre loi et d’imposer ses opinions politiques à ses clients. D’autres groupes politiques en Allemagne pourraient perdre leurs comptes bancaires aussi, si les banques choisissent de refuser des clients dont ils ne partagent pas les opinions politiques.

De la peur à la pression

Il existe un lien direct entre la montée des groupes de droite en Europe et aux États-Unis au cours des derniers mois et la décision de la banque.

Dans des interviews, le chef de la stratégie de Donald Trump, Steve Bannon, a exprimé le désir de lutter contre le BDS afin de se défendre contre des accusations d’antisémitisme. Marine Le Pen a utilisé exactement le même argument. Comment peut-elle être antisémite si elle s’oppose au BDS ? Le soutien aveugle aux politiques de l’État d’Israël est utilisé pour légitimer les groupes d’extrême droite.

Il est donc facile d’oublier que le BDS est un mouvement consacré aux droits de l’homme, à l’égalité et au droit international. De nombreux juifs du monde entier, y compris en Israël, soutiennent le BDS non seulement par solidarité avec la lutte palestinienne pour la liberté, mais aussi dans un effort pour éviter au judaïsme d’être assimilé au sionisme, et aux juifs du monde entier d’être tenus responsables des crimes commis par l’armée israélienne, juste parce qu’ils sont juifs.

L’une des raisons du renforcement du BDS est son impact profond sur le discours politique israélien. Le ministre israélien des Affaires stratégiques, Gilad Erdan, a demandé une liste noire de toutes les organisations soutenant le BDS.

La théologienne Isabel Phiri du Conseil mondial des Églises de Genève a récemment été expulsée d’Israël parce qu’elle était soupçonnée (à tort) de soutenir le BDS.

La crainte des autorités israéliennes de voir le BDS se propager se traduit directement en pressions sur les organisations internationales pour imposer les politiques répressives d’Israël en dehors du pays contre tout groupe soutenant le BDS, même si celui-ci est juif.

– Shir Hever est étudiant en master à l’université libre de Berlin, et économiste avec le Alternative Information Centre.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Photo : Une femme tient un drapeau palestinien tandis que passe un camion lors d’une manifestation contre le musicien américain Pharrell Williams près du GrandWest Casino où il était en concert au Cap, le 21 septembre 2015. Les partisans de la campagne BDS protestaient contre le partenariat entre le chanteur et l’important distributeur sud-africain Woolworths et ses importations israéliennes (AFP)

Traduction de l’anglais (original) par VECTranslation.

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Changement majeur de politique étrangère : L’Europe se tourne vers la Russie

Changement majeur de politique étrangère : L'Europe se tourne vers la Russie

Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, estime que les relations de l’Europe avec la Russie n’ont pas besoin de dépendre de la politique étrangère des États-Unis.
 

    Dans son entretien avec Euronews, le président de la Commission de l’UE a dit qu’il « aimerait avoir avec la Russie un accord qui aille au-delà du cadre ordinaire, en gardant à l’esprit que sans la Russie, il n’y a pas d’architecture de sécurité en Europe. » M. Juncker a souligné que « la Russie doit être traitée comme une grande entité, comme une nation fière. » Le président a souligné qu’il « aimerait avoir des discussions sur pied d’égalité avec la Russie. » Il pense que le président Obama a tort de dire que la Russie n’est qu’« une puissance régionale ».
 

    Il y a des raisons à ce que M. Juncker fasse une telle déclaration à ce moment précis.
 

    Avec Donald Trump au pouvoir, il faut s’attendre à ce que la politique européenne des États-Unis traverse des évolutions drastiques, et la période d’incertitude durera à Washington au moins jusqu’au 20 janvier.
 

    C’est aussi le moment où les politiciens dits « pro-russes » gagnent plus de poids sur le Vieux Continent. En fait, ils ne sont pas précisément en faveur de Moscou, mais plutôt pro-nationaux ; ils mettent leurs intérêts nationaux au premier rang de la liste de priorités. Pour eux, les intérêts du pays sont plus importants que les priorités des États-Unis ou de l’UE. Ils pensent que la normalisation des relations avec Moscou doit faire partie des projets de politique étrangère répondant aux intérêts nationaux.
 

    Il y a deux semaines, de tels dirigeants sont arrivés au pouvoir en Bulgarie et en Moldavie. L’image de l’UE a été écornée dans ces deux pays, où le public perçoit que le progrès économique est trop lent et voit l’échec de la lutte contre la corruption, en particulier par les dirigeants en faveur de l’UE.
 

    Le 27 novembre, François Fillon – un homme politique qui préconise le rapprochement entre la Russie et l’UE – a remporté la candidature du centre-droit à la présidence française. Sa victoire signifie qu’il y aura deux candidats « pro-russes », François Fillon et Marine Le Pen, à l’élection présidentielle d’avril 2017.
 

    En Autriche, l’élection présidentielle se déroulera le 4 décembre. Norbert Hofer, du Parti de la Liberté, a de bonnes chances de gagner. D’après ce qu’il a dit pendant la campagne électorale, s’il est élu président, il examinera le retrait de l’UE et visitera Moscou. Il a promis  : « …de montrer mon fort engagement en faveur du retrait des sanctions contre la Russie, car je suis fermement convaincu qu’elles les gênent les relations. »
 

    Si le référendum italien du 4 décembre dit « non » aux projets de grand remaniement du gouvernement, il sera possible que l’élection immédiate bénéficie au parti italien de la Ligue du Nord, qui préconise d’améliorer les relations avec la Russie. Son dirigeant, Matteo Salvini, s’est rendu à Moscou et en Crimée à plusieurs reprises, et il a demandé la levée des sanctions imposées par l’UE.
 

    Certains signes confirmant la tendance au changement de la politique de l’UE à l’égard de la Russie, sont en grande partie ignorés par la presse. Fin octobre, l’UE a relevé la limite du débit du gazoduc Opal de Gazprom en Allemagne, ouvrant ainsi la voie à l’accroissement du débit de Nord Stream et à ce que la voie de transit gazier contourne l’Ukraine. Dernièrement, le gazoduc Nord Stream-2 a reçu le soutien de Londres. Sigmar Gabriel, vice-chancelier allemand, est un fervent défenseur du projet.
 

    Il a été signalé récemment que de grandes compagnies occidentales, comme IKEA, Leroy Merlin, Mars, Pfizer, commencent à réinvestir en Russie. Elles injectent des milliards de dollars dans l’économie russe en attendant que la demande des consommateurs du pays grandisse.
 

    Des appels sont lancés pour répondre aux préoccupations européennes en matière de sécurité. Dernièrement, un grand groupe de dirigeants européens a demandé d’ouvrir le débat avec Moscou à propos d’un nouveau traité sur le contrôle des armements, dans le cadre de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). On trouve aussi un groupe de membres de l’UE qui ont commencé à contester ouvertement la politique des sanctions contre la Russie.
 

    Il y a des membres de l’OTAN qui expriment la volonté de développer la coopération militaire avec la Russie. En Turquie, un membre de l’OTAN, on fait savoir qu’on envisage de se tourner vers l’Organisation de coopération de Shanghai, dirigée par la Russie et la Chine, au lieu d’essayer « à tout prix » de rejoindre l’UE.
 

    Tous ces faits témoignent du fait que l’OTAN et l’UE ont commencé à se tourner vers Moscou. La période de froid dans les relations entre la Russie et l’Occident, cède la place à des approches plus pragmatiques. M. Juncker a dit l’évidence : Le rapprochement entre la Russie et l’Europe est l’une des tendances qui façonnent le paysage politique contemporain en Europe.
 

    Entre temps, l’idée de reconnaître la Russie en tant que puissance mondiale et de l’intégrer dans l’équation globale Etats-Unis-Russie-Chine, émerge au sein des experts US en politique étrangère. Dans ses récents commentaires sur « Morning Joe » de MSNBC, Zbigniew Brzezinski, un gourou bien connue de la politique étrangère, a dit : « Les USA doivent rassembler une coalition plus large, capable de s’occuper des problèmes mondiaux. Et dans cette grande coalition, les USA, la Chine et la Russie en évolution pourraient être prépondérants. » En fait, ce que M. Brzezinski suggère rappelle la conférence de Yalta, tenue en février 1945.
 

    Effectivement, l’organisation des pourparlers par les « trois grands » est la bonne solution pour aborder les questions mondiales : commerce, finances et architecture de sécurité mondiale. M. Trump écoutera-t-il les experts en politique étrangère ? Quoi qu’il en soit, le pivot de la Russie devient une tendance mondiale.
 

Strategic Culture Foundation, Peter Korzun, 1er décembre 2016

Original : www.strategic-culture.org/news/2016/12/01/europe-turns-towards-russia-major-foreign-policy-change.html
Traduction Petrus Lombard

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Pouvoir des lobbies en Europe : l’entretien avec CEO pour tout comprendre

Pouvoir des lobbies en Europe : notre entretien avec Laura Verheecke et Martin Pigeon, deux chercheurs de CEO, spécialistes de l’influence des lobbies à Bruxelles. Dans cette vidéo, vous apprendrez qui sont les lobbies en Europe, comment ils travaillent, comment ils influencent la loi et les décideurs, quelle est la meilleure manière de se mettre un décideur dans la poche. Vous apprendrez beaucoup sur les rouages de la Commission et du parlement européens. Vous apprendrez les dessous de (…)


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