Accueil des migrants : de quel côté penche l’opinion publique ?

Dans une interview au média Atlantico.fr, Jérôme Fourquet, responsable du département opinion publique à l'IFOP, commente les résultats du nouveau sondage de l'institut, selon lequel 61% des Français sont opposés à l'accueil de migrants. 

L'expert relève qu'il s'agit là du seuil le plus bas depuis la mise en place d'un baromètre sur le sujet en avril 2015. «Nous sommes retombés au niveau de novembre 2015 ou même de l'été 2016», explique Jérôme Fourquet. 

Ces deux périodes faisaient suite aux attentats de Charlie Hebdo et de Nice. Pour lui, un lien s'opère clairement dans l'opinion publique entre le contexte terroriste et la question migratoire. Quand la menace sécuritaire augmente, la propension à l'accueil se rétracte.

Le rejet d'une immigration économique déguisée ?

Il est à noter toutefois que le nouveau sondage de l'IFOP a été réalisé du 7 au 9 août, soit avant le dénouement de l'attaque de Levallois Perret. Or, la part de Français favorable à l'accueil des migrants est comparable à celle au lendemain des attaques terroristes de 2015.

D'autres éléments que la crainte de la menace terroriste dissuadent donc l'opinion publique française de soutenir une politique de la «porte ouverte», comme celle mise en place en Allemagne en 2015. «67% des migrants sont des hommes, marqueur d’une immigration aux motivations économiques, pour laquelle le devoir d’accueil fonctionne nettement moins bien, d’autant plus en période de chômage de masse», avance le docteur en histoire Guylain Chevrier, cité par Atlantico. C’est également vrai des mineurs isolés étrangers qui peuvent être pris en charge par les pouvoirs publics, mais sont en réalité très majoritairement majeurs à l’examen de leur situation, «ce qui relève donc aussi pour une part d’une immigration économique déguisée».

Ces dernières années, le nombre de demandeurs d’asile en France a explosé, passant de 57 000 en 2011 à 100 000 en 2016. Un phénomène qui n'est donc pas sans inquiéter l'opinion publique française, malgré l’affirmation par les pouvoirs publics français (mais aussi européens) d'une nécessité humanitaire d'accueillir des migrants.

Sans doute sensible à cette frilosité, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a d'ailleurs tenu à déclarer qu'il était nécessaire de faire une distinction entre réfugiés et migrants économiques, dans une interview publiée par le JDD le 6 août. 

Lire aussi : «Aucune coupe budgétaire n'est prévue pour l'accueil des migrants», promet le ministre de la Santé

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