Comment l’UE camoufle le terrorisme d’extrême-droite contre les musulmans

On a désormais la preuve par Europol elle-même que l’essentiel du terrorisme d’extrême-droite contre les réfugiés et les minorités en Europe est presque systématiquement et délibérément exclu des statistiques
Comment l’UE camoufle le terrorisme d'extrême-droite contre les musulmans
Le deux poids, deux mesures qui structure de A à Z la médiatisation, les discours, une bonne partie de la recherche ainsi que les politiques sur le terrorisme est désormais bien connu, quotidiennement visible, empiriquement vérifiable et amplement documenté.

Pour résumer, il consiste en une double déformation systématique de la réalité et de la diversité du terrorisme, que l'on réduit d'abord au terrorisme de type non-étatique (style al-Qaïda ou Daech) – produisant déjà une première et énorme distorsion dans la représentation du phénomène, le terrorisme étatique étant de loin le pire de tous – avant de restreindre une second fois les discours et représentations de ce terrorisme (exclusivement non-étatique donc) à l’une de ses variétés : le « djihadisme islamiste ».

Il en ressort une perception du phénomène grossièrement biaisée, faussée, déformée et surtout, parfaitement inexacte. Ce qui semble d’ailleurs être le but recherché.
Le « terrorisme », mot à géométrie variable

L’excellent et incisif journaliste américain Juan Cole a établi de façon concise et avec beaucoup d’humour la liste de ces deux poids, deux mesures, et tout un chacun peut régulièrement en observer la véracité.

Ainsi, les terroristes blancs ne sont en général pas des terroristes mais de simples « meurtriers » ou « criminels », alors que leurs homologues arabes et/ou musulmans, eux, sont immédiatement perçus et catégorisés comme « terroristes ». De même, les premiers sont toujours présentés comme des individus isolés sans aucun rapport avec quelque autre personne ou groupe, tandis que les « djihadistes » font inévitablement partie d’un groupe, voire d’un vaste complot « islamiste » planétaire, quand bien même il est évident que l’attaquant était lui aussi un individu parfaitement isolé, un loner coupé de tout.

Un terroriste blanc et/ou chrétien ne sera jamais présenté comme typique des blancs ou des chrétiens. Par contre, un Arabe sera toujours représentatif des prétendues tares de sa société d’appartenance supposée. Un musulman qui s’attaque à d’autres personnes en hurlant « Allahu Akbar » est ainsi automatiquement considéré comme caractéristique de la « maladie de l’islam », de sa soi-disant « violence innée ». On sommera alors tous les musulmans et leurs autorités spirituelles, imams et autres, de « dénoncer » son acte, de « faire entendre leurs voix », de « combattre la violence qui couve en leur sein ».

Par contraste, la religion chrétienne, les chrétiens en général et leurs autorités n’ont jamais, au grand jamais, quoi que ce soit à voir avec le terrorisme chrétien tel qu’exprimé par les meurtres de docteurs et d’infirmières qui pratiquent des avortements ou les attaques de cliniques et de centres de planning familial – actes assez répandus, et depuis longtemps, aux États-Unis, au point qu’ils ne surprennent plus personne tant ils sont devenus banals.

La culpabilité et la responsabilité collective ne s’appliquent donc que lorsque le terroriste est musulman. Remarquons d’ailleurs que l’expression « terrorisme christianiste » n’existe pas, contrairement au terrorisme « islamiste ».

En outre, les djihadistes sont toujours parfaitement décrits comme sains d’esprit et maîtres de leurs actes. Mais les autres, surtout ceux qui tuent ou cherchent à tuer des musulmans, sont en général présentés comme des fous, des détraqués et des cas cliniques qui relèvent avant tout de la psychiatrie.

Surtout, jamais l’on ne reliera les attaques des extrémistes d’extrême-droite à une culture collective, à certains discours dominants, à une idéologie (anti-immigrée, islamophobe, racialiste, nationaliste ou autre) pourtant construite et propagée de façon consistante par des idéologues comme Bat Ye’Or avec ses « théories » démentielles sur l’« Eurabia » et « l’islamisation » de l’Europe, des blogs comme Riposte Laïque ou Fdesouche, des grands médias comme Valeurs Actuelles, des intellectuels islamophobes comme Éric Zemmour ou Renaud Camus, et des figures politiques influentes comme Donald Trump, Geert Wilders ou Oskar Freysinger.

Jamais l’on ne tient, surtout pénalement, ces idéologies, discours, médias et dirigeants politiques comme au moins en partie responsables du terrorisme anti-musulmans et anti-immigrés, alors que l’on considère le « salafisme », « l’islamisme radical » (ou simplement « politique »), voire l’islam tout entier, comme sources, origines ou « antichambres » du djihadisme. Idéologies qu’il faut alors éradiquer, y compris en expulsant ceux qui les propagent (imams « radicaux ») et en fermant sur de simples suspicions et sans preuve aucune des lieux de culte.

L’utilisation du mot « terrorisme » et des termes qui lui sont associés (« radicalisation », « extrémisme », etc.) est donc toujours hautement sélective. Sa caractérisation et son traitement par nos États obéissent à une géométrie variable, et ses critères changent à volonté selon les attaquants et les victimes.
Un cas d’école emblématique : Dylann Roof

Les exemples sont légion. Un des plus criants : celui du jeune Américain de 19 ans Dylann Roof qui, le 18 juin 2015, tue en pleine messe neuf Africains-Américains dans leur église de Charleston (Caroline du Sud), afin de déclencher, selon des documents trouvés à son domicile, « une guerre des races » aux États-Unis.

Suprémaciste américain somme toute classique dans son idéologie et sa culture, Roof appartenait à la mouvance sudiste confédérée chrétienne. On retrouve rapidement chez lui quantité de documents, pamphlets, drapeaux, photos et manifestes suprémacistes et néonazis, y compris son propre site web The Last Rhodesian, où il pose fièrement en arborant les symboles de ces mouvements et explique ses motivations et modèles, comme l’apartheid et l’Afrique du Sud ségrégationniste.

Malgré tout cela, y compris sa propre confession concernant la motivation raciste et raciale de ses meurtres, les autorités états-uniennes et la plupart des grands médias occidentaux refusent de parler d’acte terroriste. Obama qualifie alors la tuerie de « senseless shooting » (fusillade insensée). Les grands médias tant européens qu’américains déploient des trésors d’inventivité linguistique (et d’hypocrisie) pour éviter d’avoir à décrire Roof pour ce qu’il est de toute évidence — un terroriste de type White Christian Supremacist — et au lieu de cela, le décrivent comme un meurtrier, un extrémiste, etc. et même, pour le New York Times, un Visiteur des Enfers !

Chose encore plus incroyable dans cette entreprise de déni collectif, le directeur du FBI lui-même, James Comey, refuse également de parler de terrorisme alors que cette attaque correspond en tout point à la définition de sa propre agence, dont elle pourrait même constituer un cas d’école.

On imagine aisément la différence de traitement médiatique, policier, politique et judiciaire si, au lieu d’un suprémaciste blanc chrétien et de ses victimes noires, le meurtrier avait été un Arabe musulman qui aurait exécuté neuf personnes blanches dans leur église en hurlant « Allahu Akbar » avant que la police ne retrouve chez lui des vidéos et textes d’allégeance à Daech !

Comment l’UE camoufle le terrorisme d'extrême-droite contre les musulmans
Dylann Roof a été jugé et condamné à mort en 2017, mais pour meurtres et « crimes de haine », pas pour terrorisme, ce dont il était pourtant bien l’auteur.

Voilà un exemple de la façon dont nos institutions médiatiques, policières, politiques et judiciaires nient et évacuent, y compris de leurs statistiques officielles, certaines formes de terrorisme non-« islamiste », même parmi les plus graves, tout en évitant de s’en prendre aux idéologies, aux leaders d’opinions (comme ceux précédemment cités, les Wilders, Trump ou Zemmour) et aux groupes (comme le Tea Party) qui créent et nourrissent ce terrorisme-là, de la même manière qu’ils le font avec le djihadisme et ses soi-disant « sources » dans le salafisme, les mosquées « radicales », les Frères musulmans et autres.
Malgré les mensonges des dirigeants et médias, la menace « djihadiste » reste à la baisse

Le dernier rapport d’Europol, « EU Terrorism. Situation and Trend 2017 », malgré sa rhétorique alarmiste (car il faut bien justifier ses budgets), montre que comme les années précédentes, cette menace terroriste avec laquelle on effraie nos populations tue en réalité très peu et que rien, aucune cause de mortalité, violente ou pas, ne tue moins que cela en Europe : 142 victimes en 2016 sur les 510 millions d’habitants des 28 pays de l’UE. On aimerait que toutes les autres causes de mort violente, des accidents aux homicides, soient à un si bas niveau.

On voit aussi à quel point nos dirigeants, médias, pseudo-experts en terrorisme et têtes parlantes des plateaux télé nous mentent à la fois sur l’ampleur et sur les tendances de cette menace. Alors que tous, tous les jours, martèlent qu’elle n’a jamais été aussi haute et ne cesse d’empirer, la réalité est exactement le contraire, comme le rappelle le rapport d’Europol : « Le total des 142 attaques confirme et poursuit la diminution du nombre des attentats entamée en 2014 (226 cas) et 2015 (211) » (p. 10).

Non seulement le nombre d’attentats réussis est faible, mais la proportion des attaques « djihadistes » par rapport au total l’est également (13 sur 142). Et les attentats dits djihadistes diminuent eux aussi, à la fois en nombre (de 17 en 2015 à 13 en 2016) et en victimes (de 151 en 2015 à 142 en 2016).

Et cela, jamais vous n’entendrez un responsable politique vous le dire, jamais vous ne verrez ces faits avérés faire la une des journaux ou des magazines, tant la gouvernance par la peur est indispensable aux gouvernants et l’hystérie paranoïaque autour du terrorisme utile à certains.

Encore plus intéressant : alors que l’on nous affirme que la menace djihadiste touche désormais tout le monde et qu’aucun pays n’est à l’abri, seuls 3 des 28 pays membres de l’UE (France, Belgique et Allemagne) ont subi un ou plusieurs attentats de ce type sur leur sol, réussis ou pas, dans la période étudiée (rapport Europol p. 49). La vaste majorité de l’UE, 25 pays sur 28, n’en ont subi aucun, même en considérant les attentats manqués ou déjoués, et ce malgré la situation syrienne et la guerre contre Daech qui, depuis deux ans, ont grandement exacerbé la menace.
Comment l’UE exclut de ses chiffres le terrorisme contre les musulmans, immigrés et réfugiés

Surtout, une lecture attentive du rapport nous apprend, au détour d’un paragraphe (p. 10), une autre chose proprement sidérante, confirmant ce que l’on suspectait déjà depuis un moment : à savoir que les États membres (à une exception près, la Hollande) ne considèrent pas « les assauts violents commis par des individus et groupes d’extrême-droite contre les demandeurs d’asile et les minorités ethniques en général » comme des actes terroristes ! Ils ne les incluent donc pas dans leurs chiffres, statistiques, communiqués et rapports. Même chose pour Europol, qui se base sur les données fournies par ces États membres. On en reste soufflé.

La justification expressément donnée par les auteurs du rapport se trouve dans une note de bas de page, qui elle-même renvoie à l’annexe méthodologique. Là (p. 54), on trouve (en la cherchant bien), la fameuse définition du « terrorisme » qui soi-disant justifierait que ce type d’attaques ne soient pas prises en considération.

Deuxième surprise : la définition – qui est d’ailleurs celle adoptée par les États membres de l’UE – ne justifie en rien une telle exclusion sélective des « assauts violents commis par des individus et groupes d’extrême-droite contre les demandeurs d’asile et les minorités ethniques en général ». Bien au contraire.

On y lit en effet qu’un attentat terroriste consiste en « un acte intentionnel qui, de par sa nature ou son contexte, pourrait gravement nuire à un pays ou une organisation internationale lorsqu’il est commis avec l’intention d’intimider une population, ou de forcer de façon illégitime un gouvernement ou une organisation internationale à faire ou à ne pas faire quelque chose, ou de déstabiliser ou détruire les structures politiques, constitutionnelles, économiques ou sociales d’un pays ou d’une organisation internationale. »

Donc la définition exacte, point par point, de ces « assauts violents commis par des individus et groupes d’extrême-droite contre les demandeurs d’asile et les minorités ethniques en général » !

Comment l’UE camoufle le terrorisme d'extrême-droite contre les musulmans
On sait ainsi que pour les autorités et les États membres de l’Union européenne, foncer dans une foule en hurlant « Allahu Akbar » est bien du terrorisme, mais brûler vifs des réfugiés syriens en incendiant leurs centres d’accueil (comme cela se produit régulièrement en Allemagne, en Suède et ailleurs), par exemple, n’en est pas.

L’exclusion de la catégorie « terrorisme » de ce type d’attentats contre les réfugiés et les minorités est totalement injustifiable. Elle aboutit dans les faits à camoufler la réalité et l’ampleur (qui, elle, va croissant, contrairement au « djihadisme » en diminution) du terrorisme contre ces groupes et populations. Elle fausse aussi totalement les statistiques, discours et perceptions publiques du phénomène.

Ce choix délibéré est encore plus grave et injustifiable compte tenu du contexte : une explosion vertigineuse du nombre d’attaques de ce type, d’ailleurs reconnue également par Europol : « Les réfugiés et minorités ethniques de l’UE font face à une violence accrue », et cette vague de crimes est destinée à « sévèrement intimider des segments de ces populations » (p. 8). Ce qui constitue selon sa propre définition et celle de l’UE l’une des motivations et l’un des critères suffisants pour classifier un crime comme « acte terroriste ».

Malgré cela, le rapport soutient qu’« il ne s’agit pas de terrorisme ou d’extrémisme violent. Ces crimes ne sont donc pas rapportés par les États membres et ne sont dès lors pas inclus dans les chiffres ». Ahurissant.

D’autant qu’un peu plus loin dans le rapport (encore dans une petite note de bas de page nécessitant un microscope pour être lue), on trouve ceci : « Selon le ministre de l’Intérieur allemand dans des déclarations aux médias, une moyenne de presque 10 attaques par jour ont été commises en 2016 contre des réfugiés ». Donc pour cette seule année, ce sont près de 3 500 attaques contre la seule population des réfugiés qui ont été commises, et autant d’actes terroristes potentiels exclus des comptes !

On ne peut qu’imaginer – à défaut donc de le connaître par manque de données accessibles – le nombre astronomique des attaques contre les autres minorités ethniques ou perçues comme telles en dehors des réfugiés, et à quoi ressembleraient les rapports Europol ou autres et les discours sur « la menace terroriste » dans nos sociétés — ses cibles et victimes principales, ses attaquants, ses idéologies, ses figures inspiratrices — si tout cela était inclus et communiqué par les États membres et leurs agences.

Mais il y a pire que cette distorsion et ce déni : on exonère ainsi les terroristes d’extrême-droite islamophobes, racistes, anti-immigrés et anti-réfugiés non seulement du label « terroriste », mais – ce qui est encore plus grave – des enquêtes et procédures judiciaires spécifiques avec circonstances aggravantes qui sont déclenchées contre suspects et coupables lorsqu’un crime violent, une agression, un meurtre, etc. est considéré comme un acte terroriste.

Ce terrorisme-là, dont le simple chiffre ci-dessus sur l’Allemagne suggère qu’il pourrait bien être le plus répandu de tous, se retrouve du même coup protégé de l’attention, des mesures spéciales et des politiques publiques dont il pourrait faire l’objet, à l’instar du « djihadisme ».

On a donc désormais la preuve par Europol elle-même que l’essentiel, voire la totalité, du terrorisme d’extrême-droite contre les réfugiés (musulmans et autres) et les minorités ethniques en Europe est presque systématiquement et délibérément exclu des comptes, statistiques, discours et rapports publics des États membres de l’UE. Ce qui revient par là-même à protéger ces terroristes-là des politiques anti-terroristes qui pourraient les cibler aussi durement que l’on cible leurs homologues djihadistes.



- Alain Gabon est professeur des universités et maître de conférences en Études françaises aux États-Unis. Il dirige le programme de français de l’Université Wesleyenne de Virginie et est l’auteur de nombreuses conférences et articles sur la France contemporaine et l'islam en Europe et dans le monde pour des ouvrages et revues universitaires spécialisés, des think tanks comme la Cordoba Foundation en Grande-Bretagne, et des médias grands publics comme Saphirnews ou Les cahiers de l'Islam. Un essai intitulé « Radicalisation islamiste et menace djihadiste en Occident : le double mythe » a été publié en septembre 2016 par la Cordoba Foundation.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Alter Info l'Information Alternative

« Terroristes musulmans » : des Norvégiens d’extrême-droite confondent des sièges avec des burqas

Les membres d’un groupe Facebook d’extrême-droite ont pris pour preuve de la prétendue « islamisation de la Norvège » une photo de sièges d’autobus vides qu’ils ont confondus avec des femmes portant la burqa
« Terroristes musulmans » : des Norvégiens d’extrême-droite confondent des sièges avec des burqas
Un groupe Facebook rassemblant des Norvégiens d'extrême-droite a suscité la dérision en ligne en confondant des sièges de bus vides avec des femmes portant la burqa.

Un membre évidemment confus du groupe, surnommé « Fatherland First » (la patrie d’abord), a posté une image de sièges de bus vides avec la question : « Qu'est-ce que les gens pensent de ça ? ».

Et il semble que les membres du groupe ont pensé que la photo représentait un bus rempli de femmes portant la burqa, preuve de la prétendue « islamisation de la Norvège », a rapporté le quotidien local de langue anglaise, Nettavisen.

Des membres du groupe d'extrême droite ont qualifié les sièges de bus bleu foncé d’« effrayants », « tragiques » et « terrifiants », tandis que d'autres se sont dits préoccupés par le fait qu'ils pourraient cacher des « armes et des bombes » sous leurs vêtements.

« Ça fait vraiment peur, ça devrait être interdit. Vous ne pouvez jamais savoir qui est en dessous. Peut-être des terroristes avec des armes », a écrit un membre particulièrement alarmiste du groupe.

« Expulsez-les de notre pays, celles qui ressemblent à des parapluies fermés. Nous vivons une époque effrayante », a écrit un autre utilisateur de Facebook qui n'avait manifestement pas regardé l'image correctement.

L'image des sièges vides et les réponses islamophobes qui ont suivi sa publication ont initialement été signalées par Sindre Beyer, un homme politique travailliste norvégien qui surveille les activités des 13 000 membres de ce groupe Facebook d'extrême-droite.

« Je suis choqué par la quantité de haine et de fausses nouvelles qui se déversent. La haine qui a été exprimée envers des sièges de bus vides montre vraiment à quel point les préjugés prennent le dessus sur le bon sens », a déclaré Beyer à Nettavisen.

« C'est la raison pour laquelle j'ai partagé ce post, afin que plus de monde puisse voir ce qui se passe dans les coins obscurs du web », a-t-il ajouté.

« Les gens voient ce qu'ils veulent voir, et ce qu'ils veulent voir, ce sont des musulmans dangereux. D'une certaine façon, c'est un test intéressant de la rapidité avec laquelle les gens arrivent à trouver des confirmations à leurs propres illusions », a déclaré Rune Berglund Steen, responsable du Centre norvégien contre le racisme.


Traduit de l’anglais (original).



Alter Info l'Information Alternative

L’empire russe rend la pareille

L'empire russe rend la pareille


    [Chose ahurissante,] La décision russe de réduire le personnel diplomatique US a été qualifiée d’« acte regrettable et injustifié » par le Département d'État. Ses représentants ont fait savoir qu'ils évalueraient la dernière mesure russe et penseraient à l’éventuelle riposte, tandis que Michael McFaul, l'ancien ambassadeur US, lance déjà des imprécations de problèmes inévitables, pas pour les autorités, mais pour le simple quidam russe.


    « Nous soupesons l'impact de pareille limitation et la manière dont nous répliquerons, » a-t-il été fait savoir à Washington dimanche. Vendredi, Rex Tillerson, secrétaire d'État, et John Tefft, ambassadeur US en Russie, ont exprimé leur « déception » à l'égard de la dernière décision russe. M. Tillerson a fait une déclaration qui a très étonné à Moscou. Selon lui, l’adoption à l'unanimité du projet de loi de sanctions au Congrès, a manifesté le souhait de voir la Russie prendre des mesures visant à améliorer ses relations avec les États-Unis d’Amérique.


    « Washington n'a jamais compris que ses méthodes de pression ne marchent pas avec la Russie, et que les sanctions ne peuvent guère aider à améliorer les relations, » ont répondu les responsables de l'ambassade de Russie aux USA.


    Fait intéressant, le nombre exact de diplomates US devant quitter la Russie n'était pas clair au début dans l’actualité. Au début, elle disait que plusieurs centaines d'entre eux devaient partir, puis leur nombre a été prévu entre 200 et 300. Plus tard, c’est le Président Poutine qui a donné le nombre exact. Lors d’une interview accordée à la chaîne de télévision Rossiya 1, il a dit que 755 Américains devront rentrer dans leur patrie : « Plus de 1000 employés – diplomates et techniciens – ont travaillé et travaillent toujours aujourd'hui en Russie ; 755 devront arrêter ce travail. »


    Dans l’ensemble de l'histoire des relations russo-US (y compris à l’ère soviétique), il n’y a jamais eu de coupe aussi drastique dans le nombre d'employés des bureaux de l'ambassade et du consulat des USA. Expulser des diplomates est certes pratique courante, mais à échelle bien plus réduite. Cette expulsion montre la fragilité des relations entre les deux pays. Pourraient-elles être pires ?


    Traditionnellement et de façon prévisible, Washington ne veut pas reconnaître sa responsabilité dans la crise des relations russo-US. Michael McFaul pense que les Russes n'avaient pas le droit de réagir pareillement. L'ancien ambassadeur a promis que les Russes du commun devront patienter bien plus longtemps avant de recevoir leurs visas US.


    M. McFaul met carrément sur le dos de la Russie la responsabilité de l’actuelle crise des relations entre la Russie et les États-Unis d'Amérique. De plus, il n'y a pas besoin de chercher de compromis : la Russie doit admettre ce qui se dit aux USA à propos d’événements et de leurs conséquences assurées, sinon la Russie sera déclarée ennemie.


    « Nous avons attendu longtemps que quelque chose change, nous espérions que la situation évoluerait. Mais visiblement, si ça doit changer, ce n’est pas pour bientôt, » a dit Poutine lors d'une récente interview.


    « Nous devrons, ce me semble logique, montrer que nous ne laisserons rien passer sans réagir », a ajouté le président.


    En même temps, le président russe a insisté sur le fait qu'au stade où en sont les choses, il n’était toujours pas favorable à restreindre les activités communes, car cela pourrait être « mal ressenti » aux USA. « Nous avons bien sûr notre mot à dire, et nous pouvons limiter les domaines de nos activités communes, ce qui sera mal ressentie dans le camp US, mais je ne pense pas que nous devrions le faire, car cela ne nuirait pas seulement aux relations russo-US en tant que telles, cela nous occasionnerait aussi des torts assurés, » a dit Poutine.


    Venant de Washington, les dernières informations indiquent que les USA ont basculé dans une politique hystérique de sanctions. Ils en imposent sans raison particulière. Ainsi, à cause de son peu d’empressement dans le règlement de la crise autour de la Corée du Nord, les Chinois seraient les prochains à faire les frais de l’hystérie US.


Pravda.Ru, Anton Kulikov, 31 juillet 2017

Original : www.pravdareport.com/russia/politics/31-07-2017/138294-usa_russia_sanctions_response-0/
Traduction Petrus Lombard



Alter Info l'Information Alternative

Le mouvement Hamas négocie une représentation politique en Algérie

Le Hamas et l’Algérie discutent de la possibilité d’accueillir certains de ses dirigeants et d’ouvrir un nouveau bureau dans l’accueillant pays du nord de l’Afrique.
Le mouvement Hamas négocie une représentation politique en Algérie
Le porte-parole du Hamas, Sami Abu Zuhri, a déclaré le 15 juillet qu’il avait personnellement demandé à l’Algérie d’accueillir certains dirigeants du Hamas. Il a déclaré que les dirigeants du mouvement sont toujours les bienvenus à leur arrivée en Algérie et que leurs visas ne nécessitent que quelques heures pour être attribués, contrairement à d’autres pays arabes où il faut parfois plus de deux mois d’attente. Il n’a pas nommé les dirigeants du Hamas bénéficiant d’un tel traitement en Algérie, ni le nom des pays arabes qui prennent beaucoup plus de temps pour traiter les visas.

Abu Zuhri lui-même s’est rendu en Algérie depuis le début de cette année, pour y rencontrer des dirigeants politiques algériens. Sa dernière réunion a eu lieu le 26 juillet, lors de sa rencontre avec l’Association algérienne des chercheurs musulmans et le Parti des travailleurs algériens pour discuter des moyens de soutenir le peuple palestinien.

Le responsable des relations extérieures du Hamas, Osama Hamdan, a déclaré à Al-Monitor: « Nous avons visité plusieurs fois l’Algérie à titre officiel et nous avons rencontré ses dirigeants. Le Hamas bénéficie d’un soutien officiel et public algérien, et l’Algérie a contribué au succès des convois pour lever le siège sur Gaza. « Hamdan a noté que le parti apprécie également l’absence de liens entre l’Algérie et Israël, ajoutant que « le Hamas a de bonnes relations avec tous Les partis politiques algériens, en particulier le Front de Libération Nationale au pouvoir ».

Des convois d’aide à l’étranger se sont rendus par mer à Gaza depuis 2009, transportant des secours pour les Palestiniens sous forme de nourriture et de médicaments. Pourtant, les convois n’ont pas réussi à briser le siège et à livrer leur aide directement à Gaza.

Le 19 juillet, des nouvelles ont circulé qu’une délégation du Hamas dirigée par Hamdan devrait se rendre en Algérie pour participer à des événements politiques et rencontrer des dirigeants de différents partis dans les prochains jours. Les visites du Hamas en Algérie sont approuvées par l’État et bénéficient d’une protection officielle.

Le journal financé par les Saoudiens, Asharq Al-Awsat, a signalé le 17 juillet que le Hamas cherchait un point de chute en Algérie pour qu’y soient hébergés ses dirigeants qui ont quitté le Qatar au début de juin. L’Algérie a reçu une demande officielle du Hamas pour mettre en place un bureau de représentation pour le mouvement sur son territoire, mais elle n’a pas encore répondu.

Les dirigeants du Hamas sont maintenant répartis entre la bande de Gaza, la Cisjordanie, le Liban, la Malaisie, le Qatar et la Turquie. Une source politique du Hamas a déclaré à Al-Monitor sous couvert de l’anonymat: « L’inclinaison du Hamas vers l’Algérie a précédé la dernière crise du Golfe car le mouvement s’est rendu compte de l’importance des pays nord-africains aux niveaux médiatique et politique. Le Hamas cherche à mobiliser plus de pays en faveur de l’expansion de son influence dans le monde, sans devoir compter sur un seul pays ».

Le Hamas a porté son attention sur l’Algérie après le 9 juin, lorsque le ministre israélien de la Défense, Avigdor Liberman, a exigé de l’ambassadeur des États-Unis aux Nations Unies, Nikki Haley, de faire pression sur le Liban pour expulser les dirigeants du Hamas venus du Qatar.

Professeur de science politique à l’Université Al-Ummah, Hussam al-Dajani a visité l’Algérie en 2006. Il a déclaré à Al-Monitor: « Le Hamas a commis une erreur lorsqu’il n’a pas accordé suffisamment d’attention à l’Algérie après avoir remporté les élections législatives en 2006, alors que les Algériens sont très proches des Palestiniens. Mais le mouvement a évolué depuis ses dernières élections internes en mai et a commencé à réévaluer ses liens régionaux pour élargir son cercle d’amis. Bien que l’Algérie et les territoires palestiniens soient géographiquement éloignés les uns des autres, la mondialisation rapproche le Hamas de l’Iran, de la Turquie et du Qatar malgré leur distance. La même chose peut s’appliquer à l’Algérie. »

Les discussions sur l’ouverture d’un bureau pour le Hamas en Algérie ont coïncidé avec les déclarations faites le 11 juillet par l’ambassadeur d’Arabie saoudite en Algérie, Sami Al-Saleh, décrivant le Hamas comme organisation terroriste. Les déclarations de Saleh ne sont pas très bien passées en Algérie, et Abu Zuhri lui a répondu le 14 juillet en disant que si le Hamas était un groupe terroriste, l’Algérie n’aurait pas souhaité la bienvenue à ses membres.

Izzat al-Rishq, membre du bureau politique du Hamas, a remercié l’Association algérienne des chercheurs musulmans d’avoir envoyé un convoi d’aide d’une valeur de 3 millions de dollars à Gaza le 18 juin.

Ahmed Youssef, ancien conseiller politique du vice-président du bureau politique du Hamas, Ismail Haniyeh, a déclaré à Al-Monitor: « L’Algérie pourrait faire face à des pressions exercées par le monde arabe et l’Occident si elle accueillait le Hamas sur son territoire, d’autant plus que les États-Unis étiquettent le Hamas comme groupe terroriste. Les islamistes algériens n’ont pas assez de pouvoir politique pour faire pression sur l’État pour prendre fait et cause pour le Hamas ».

Il a ajouté: «Je ne suis pas sûr que l’Algérie puisse abriter les dirigeants du Hamas malgré la grande sympathie des Algériens pour le Hamas et la cause palestinienne. Je m’en suis rendu compte que lorsque je vivais en Algérie entre 2004 et 2006. Pourtant , ce serait un refuge approprié pour les dirigeants du Hamas à l’étranger et cela leur épargnerait la dispersion dans des capitales arabes ».

Le chef du Mouvement algérien pour la Société de la Paix, Abdul Razzaq Muqri a déclaré le 20 juillet que l’accueil du Hamas en Algérie dépendra de l’approbation officielle. Dans un entretien avec le journal tunisien Al-Jarida le 22 juillet, l’analyste tunisien Ali al-Zarmadini a déclaré qu’il s’attendait à ce que l’Algérie ne permette pas aux dirigeants du Hamas de se déplacer librement à l’intérieur du pays, au cas où elle leur permette de s’y établir. L’Algérie n’est pas comme le Qatar, qui donnait aux dirigeants du Hamas une totale liberté.

Abdullah Abdullah, membre du Conseil révolutionnaire de Fatah et responsable du comité politique du Conseil législatif palestinien, a déclaré à Al-Monitor: « Si l’Algérie accepte d’accueillir certains dirigeants du Hamas, sa décision sera basée sur des considérations humanitaires après leur départ du Qatar suite à la crise du Golfe. Mais cette décision n’aura pas de dimensions politiques, et Fatah ne s’y arrêtera pas. L’Algérie est un allié historique pour le Fatah et l’Organisation de libération de la Palestine, et il ne remplacera pas cette alliance par le Hamas. Le Hamas devrait savoir que tout rapprochement avec un État étranger se produira dans le cadre de l’OLP, et non pas derrière son dos. »

L’Algérie sera-t-elle la prochaine étape pour le Hamas, malgré la distance qui sépare les territoires palestiniens et l’Algérie? Ou risque-t-elle de céder aux pressions étrangères et tournera-t-elle le dos aux dirigeants du Hamas?


Le mouvement Hamas négocie une représentation politique en Algérie
Adnan Abu Amer est doyen de la Faculté des Arts et responsable de la Section Presse et Information à Al Oumma Open University Education, ainsi que Professeur spécialisé en Histoire de la question palestinienne, sécurité nationale, sciences politiques et civilisation islamique. Il a publié un certain nombre d’ouvrages et d’articles sur l’histoire contemporaine de la Palestine.

28 juillet 2017 – Al-Monitor – Traduction : Chronique de Palestine


Alter Info l'Information Alternative

Les protestations pour Al-Aqsa nous ont unifiés, nous ont montré une nouvelle façon de résister à l’occupation

Cela fait deux semaines que trois jeunes hommes de Umm Al-Fahm ont tiré à l’intérieur du site Al-Aqsa, tuant trois officiers de police, et depuis, par conséquent, la mosquée a été fermée et les prières interdites. Peu après, le président palestinien Mahmoud Abbas a dénoncé l’attaque et a déclaré son « rejet de tout incident violent d’où qu’il vienne, en particulier dans les lieux de culte. »
Les protestations pour Al-Aqsa nous ont unifiés, nous ont montré une nouvelle façon de résister à l'occupation
Ses commentaires ont provoqué la colère de nombreux Palestiniens qui pensent qu’ils n’auraient pas dû condamner ce qui s’est passé, en particulier au vu des assassinats quotidiens de Jérusalémites par des soldats et des forces de sécurité israéliens.
Certains ont même craint que les commentaires d'Abbas donnent à Israël le feu vert pour tuer et abuser des Palestiniens, et prendre des mesures humiliantes contre eux et leurs lieux saints.
Compte tenu des pratiques agressives de la police armée contre les Jérusalémites, des intrusions répétées dans la mosquée Al-Aqsa et des provocations quotidiennes des fidèles à l'intérieur du site, Abbas n'aurait-il pas pu accuser Israël pour ce qui s'est passé ?
Y a-t-il un autre lieu de culte, n'importe où dans le monde, qui permet à des soldats lourdement armés d’y déambuler et de provoquer les sentiments des fidèles comme ça ?
Cette spirale d'événements nous a poussés, à Jérusalem, à repenser et à relancer notre lutte en tant que Palestiniens. C'est le moment de reconquérir nos droits, peu importe les positions de nos dirigeants qui nous ont maintes fois laissé tomber.
Avec les derniers incidents à Al-Aqsa, nous nous sommes trouvé un tournant important dans notre lutte en tant que peuple, loin du sectarisme qui a divisé notre mouvement.
Rester debout
Les prières, les protestations et les sit-in non-violents ininterrompus aux portes du Haram al-Sharif (le site d’Al-Aqsa) furent un autre tournant important pour le peuple palestinien.
Dès le premier jour de fermeture d’Al-Aqsa et d’interruption des prières, nous, Jérusalémites, avons commencé à agir. Nous avons continué nos sit-ins alors que les fidèles et les soldats s’affrontaient, faisant sept morts, en majorité des étudiants qui n’appartenaient à aucune faction ou parti. Ce qui les a unis, c’était leur droit à cette terre et leur droit à entrer librement dans la mosquée Al-Aqsa pour prier.
C’est la première fois en presque 50 ans que la mosquée Al-Aqsa a été fermée aux fidèles. Nous avons demandé aux Arabes, aux musulmans et plus largement à la communauté internationale de prendre une position ferme pour protéger Al-Aqsa et pour empêcher l’escalade. Mais Israël a continué d’appliquer des mesures plus strictes, toutes en violation du statu quo.
La nuit même qu’ils occupaient et fermaient Al-Aqsa, les véhicules militaires israéliens entraient entre 1 et 3 heures du matin, en l’absence des gardiens d’Al-Aqsa. Personne ne sait quels manuscrits ou documents ils ont pris dans les bibliothèques, ou ce qu’ils y ont mis. L’installation des portiques électroniques, à l’entrée d’Al-Aqsa, a suivi, le 17 juillet.
Pendant cette phase, Israël a systématiquement essayé de créer des divisions entre les citoyens palestiniens d’Israël et les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza et au-delà, par des déclarations fausses et provocantes dans les réseaux sociaux, suggérant que les portiques électroniques avaient été installés à la suite d’un arrangement avec les parties palestiniennes ou des pays arabes.
Le fait d’obliger les fidèles à entrer à Al-Aqsa en passant par ces portiques était-il le début d’une division temporelle et spatiale du Haram ? Ou le but était-il de nous habituer à être fouillés, comme nous le sommes aux checkpoints, dans les hôpitaux, les centres commerciaux, les bureaux de l’assurance maladie ou de la poste – et maintenant à la mosquée Al-Aqsa ?
Nous resterons debout aux portes d’Al-Aqsa, de la prière de l’aube (fajr) à celle de l’après-midi (dhuhr). Nous serons debout lorsque le cortège des funérailles de Abu Wajdi, un habitant mort de causes naturelles, sera arrêté aux portiques électroniques, au Haram. Il ne serait guère surprenant que les gardes arrêtent le défunt pour une fouille approfondie.
Nous serons debout aux portes d’Al-Aqsa comme nous sommes debout aux entrées des centres de détention pour voir nos familles. Retirez vos chaussures, retirez votre ceinture, retirez votre hijab, nous disent-ils avant que nous voyions nos proches, avant que nous allions prier.
Ils veulent que nous renoncions à aller à la Mosquée Al-Aqsa. Est-ce que sont les étapes finales de la conspiration contre Al-Aqsa ?
Un nouveau modèle de résistance
Il se peut que l’expérience de sit-in aux portes de Jérusalem et dans les rues de Jérusalem et le degré de solidarité montré pendant ces deux semaines de présence aux portes d’Al-Aqsa soient un indicateur de l’unité du peuple palestinien.
Il n’a pas besoin d’un gouvernement par intérim ou d’aucun gouvernement. Les Jérusalémites se sont rassemblés pour protéger Al-Aqsa sans avoir besoin d’un soutien extérieur.
Des repas, des boissons et de l’eau sont parvenus à tous ceux qui étaient postés aux portes du Haram. Personne ne sait qui les a distribués, ni comment.
La population de Jérusalem n’a pas eu besoin de réunions d’urgence du Conseil législatif ou du Conseil des ministres pour étudier la situation, proposer des recommandations et élaborer un plan d’actions pour résoudre le problème. La rue a dépassé tous les dirigeants existants et a fait entendre sa voix.
Je suis restée pour prier dans les rues, en face des portes et pendant les prières du vendredi. Lorsque j’ai eu fini mes prières, j’ai vu des rangées de fidèles, hommes et femmes, côte à côte. Il y eut parmi eux plusieurs chrétiens dont les photos ont circulé dans les réseaux sociaux.
La mission de Jérusalem de défendre Al-Aqsa n’a pas fait la distinction entre musulmans et chrétiens, ni entre religieux et athées. Elle n’a pas fait la distinction entre une faction et une autre. Nous n’avons entendu, dans les chants des fidèles, aucune déclaration se référant à une faction. Il n’y eut pas d’appel pour le Hamas, ni pour le Fatah. Nous étions unis en défense de Jérusalem.
Si nous gagnons ce conflit sur Al-Aqsa et si nous parvenons à nous affranchir de la peur qu’Israël a imposé pendant toutes ces années, comment pouvons-nous utiliser ce nouveau modèle de lutte palestinienne plus largement et remporter d’autres victoires contre l’occupation ?

Dr Inas Abbad est chercheur en sciences politiques, conférencière et militante politique àJérusalem-Est. Son article a été publié sur le site Web Middle East Eye le 28 juillet 2017.


Source:
http://www.ism-france.org/analyses/Les-protestations-pour-Al-Aqsa-nous-ont-unifies-nous-ont-montre-une-nouvelle-facon-de-resister-a-l-occupation-video--article-20373

https://french.palinfo.com/32577
@Copyright Le Centre Palestinien D'Information

Alter Info l'Information Alternative

Sanctions américaines contre la Russie : l’UE se dit prête à réagir pour protéger son économie

L'Union Européenne (UE) pourrait prendre des contres-mesures aux sanctions imposées par Washington à Moscou, si celles-ci contrevenaient à ses intérêts économiques. C’est du moins ce qu'affirme Jean-Claude Juncker, le président de la Commission Européenne, le 2 août après l'annonce de la promulgation par Donald Trump des sanctions votées par le Congrès américain. Ces sanctions pourraient en effet pénaliser les entreprises européennes travaillant avec la Russie dans le domaine des hydrocarbures. 

Notant que les Etats-Unis avaient pris en compte certaines remarques formulées auparavant par les Européens sur le sujet, Jean-Claude Juncker a néanmoins assuré que l'UE ne laisserait pas ces sanctions pénaliser les entreprises des pays membres. «Nous sommes prêts : nous devons défendre nos intérêts économiques vis-à-vis des Etats-Unis et nous le ferons», a expliqué le président de la Commission, cité par Reuters. Des contres-mesures pourraient «être prises en quelques jours», à l'en croire. 

Ces nouvelles sanctions anti-russes ont été votées à une majorité écrasante par les parlementaires américains, alors même que le président Donald Trump avait fait montre d'une certaine volonté de rapprochement avec Moscou lors de sa rencontre au G20 début juillet. Le président américain pouvait choisir de mettre son veto sur le texte ; mais s'il l'avait fait, il aurait suffi au Congrès de revoter à une majorité des deux tiers pour passer outre celui-ci – ce qui ne laissait donc guère de marge de manœuvre au chef d'Etat.

Le 26 juillet, après le vote du texte de sanctions par la Chambre des représentants américaine, la Commission européenne avait déjà exprimé son «inquiétude» à leur sujet, affirmant redouter leur possible impact sur les infrastructures transportant des ressources énergétiques en Europe, et donc sur l'indépendance énergétique de l'UE. Jean-Claude Juncker, alors, avait menacé les Etats-Unis d'agir «pour protéger les intérêts européens».

Après la promulgation des sanctions par Donald Trump, la première concernée, la Russie, a quant à elle martelé que celles-ci étaient illégales au regard du droit international. 

Lire aussi : Sanctions anti-russes signées par Trump : Moscou «ne pliera pas et ne rompra pas»

«Nous ne sommes pas vos ennemis» : après les menaces, Washington tente le dialogue avec Pyongyang ?

«Nous ne cherchons pas un changement de régime, nous ne cherchons pas la chute du régime, nous ne cherchons pas une réunification accélérée de la péninsule, nous ne cherchons pas une excuse pour envoyer nos troupes au nord du 38e parallèle», a déclaré le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson à la presse, à Washington, le 1er août. 

Malgré les menaces répétées de Washington d'un recours à une solution militaire pour mettre fin aux programmes balistique et nucléaire de Pyongyang, Rex Tillerson a semblé vouloir rassurer les Nord-Coréens : «Nous ne sommes pas vos ennemis... nous ne sommes pas une menace», a-t-il assuré. 

Pour autant, la Corée du Nord représente toujours selon lui une «menace inacceptable» pour les Etats-Unis, susceptible de provoquer une réponse de la part de Washington. Le secrétaire d'Etat a néanmoins affirmé espérer que les deux pays règlent leurs différends par la négociation. 

«Nous aimerions nous asseoir autour d'une table et avoir un dialogue avec eux, à propos d'un futur qui leur donnerait la sécurité et la prospérité économique», a-t-il déclaré.

Le chef de la diplomatie de l'administration Trump a toutefois prévenu que des négociations n'étaient possibles qu'à condition que Pyongyang comprenne qu'«il n'y a pas de futur dans lequel la Corée du Nord détiendrait l'arme nucléaire».

Tout en affirmant que seuls les Nord-Coréens étaient à blâmer pour le climat actuel de tensions, Rex Tillerson a appelé à ce que la Chine fasse pression sur son voisin pour mettre fin à ses ambitions nucléaires, ce qui était déjà la position officielle des Etats-Unis. 

Bien que Pékin ait coupé des liens économiques importants avec son voisin ces derniers mois, la position chinoise reste de chercher à résoudre la crise nord-coréenne par la diplomatie, une position similaire à celle prônée par Moscou. 

Les commentaires du secrétaire d'Etat interviennent moins d'une semaine après que Pyongyang ait annoncé avoir testé avec succès pour une seconde fois un missile balistique intercontinental (ICBM). Washington avait également décrit le projectile comme balistique, et avait menacé Pyongyang d'«options de réaction militaire» en réaction à ce test.

L'armée russe, s'appuyant sur les données de son système de détection de missiles, avait néanmoins estimé qu'il s'agissait probablement d'un missile balistique à portée intermédiaire (IRBM).

Lire aussi : Les Etats-Unis pourraient mettre en place des sanctions commerciales contre la Chine

Castaner trouve la tenue de Rihanna «un poil trop ample»… et se fait lyncher sur Twitter

Il avait opté pour la décontraction. Répondant à une interview au site de pop culture Konbini, le porte-parole du gouvernement, tombant la cravate pour l'occasion (ce qui déplairait selon lui au président), s'est laissé aller à une confidence d'un intérêt politique discutable, mais qui a tout de même su trouver un public inattendu.

Interrogé sur la visite de Rihanna à l'Elysée le 26 juillet, le secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement a déploré de ne pas avoir eu le temps de rencontrer la star. Stoïque, il a ajouté : «Finalement j'aurais été un peu déçu. Sa tenue était peut-être un poil trop ample.»

Une considération sans doute partagée silencieusement par certains admirateurs de la pop star, mais qui a surtout soulevé une levée de bouclier sur Twitter d'internautes jugeant cette remarque sexiste et déplacée. 

Lire aussi : Rihanna à l'Elysée : Benoît Hamon et des internautes morigènent Macron pour son sens des priorités

Ici, une utilisatrice du réseau social pointe du doigt «l'étroitesse d'esprit» du secrétaire d'Etat dont le style parfois abrupt peut déplaire

Là, une internaute reproche à Christophe Castaner de réduire Rihanna à un «objet sexuel». 

Certains sont plus sévères à l'égard du porte-parole du gouvernement, l'insultant ou le traitant de «beauf». 

L'intéressé, lui, n'a pour l'instant pas fait de déclaration sur cette «polémique» inopinée. 


Lire aussi : Un million d'euros de plus-value ? Muriel Pénicaud n'a pas fait une bonne affaire, selon Castaner

L’Union européenne refuse de reconnaître l’Assemblée constituante élue au Venezuela

L'Union européenne (UE) a fait savoir le 2 août, par la voix de sa haute représentante pour les Affaires étrangères Federica Mogherini, que l'Assemblée constituante fraîchement élue au Venezuela ne serait pas reconnue par l'UE, celle-ci ayant «durablement aggravé la crise au Venezuela». La représentante des 28 Etats membres de l'UE demande par ailleurs que l'«installation effective» de l'Assemblée constituante soit suspendue. L'UE appelle en outre le gouvernement du président Nicolas Maduro à prendre des mesures urgentes pour enrayer le cours des événements.

«L'Union européenne et ses Etats membres ne peuvent [...] pas reconnaître l'Assemblée constituante en raison de leurs préoccupations sur sa représentativité et sa légitimité effectives», souligne-t-elle. En cause notamment : l'Assemblée nationale vénézuélienne, dominée par l'opposition, n'a pas participé à l'élection du 30 juillet. L'opposition appelait à boycotter cette consultation, estimant qu'elle favorisait trop les chavistes (du nom d'Hugo Chavez, prédécesseur de Maduro, qui se réclame de son héritage).

Washington dénonce des élections «illégitimes», Moscou appelle à la retenue

Avant l'Union européenne, les Etats-Unis avaient déjà condamné ce scrutin, qualifiant ces élections d'«illégitimes» et Nicolas Maduro de «dictateur». Washington a par ailleurs gelé les avoirs du président du Venezuela aux Etats-Unis, une mesure rarissime pour un chef d'Etat en exercice.

«On se fiche de ce que dit Trump ! Ce qui nous importe, c'est ce que dit le peuple du Venezuela !», avait quant à lui réagi Nicolas Maduro après l'annonce des résultats de l'élection de la Constituante. Le président vénézuélien a en outre qualifié d'historique le scrutin auquel ont participé plus de huit millions d'électeurs, soit 41,5% du corps électoral (bien que chaque camp conteste les chiffres de l'autre).

De son côté, le ministère des Affaires étrangères russe avait, au lendemain de l’élection, appelé la communauté internationale à la retenue et avait déploré le boycott de l'élection par l'opposition.

Le scrutin vénézuélien avait été émaillé de violences, faisant de nombreux morts ce qui porterait à plus de 120 le nombre de victimes depuis le début de la crise au Venezuela en avril.

Lire aussi : «On se fiche de ce que dit Trump !» : Maduro se félicite de l'élection de la Constituante

Cent ans après la révolution d’Octobre, que faire du mausolée de Lénine ?

Le chef du Parti communiste russe Valeri Ziouganov a déclaré le 1er août que Vladimir Poutine lui avait promis que, tant qu'il resterait président, le corps de Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, resterait dans son mausolée de la Place Rouge de Moscou. 

Le locataire du Kremlin a été clair : personne ne touchera au corps du leader révolutionnaire, dont le mausolée attire chaque année des millions de visiteurs. «Tant que je serai là, il n'y aura aucune barbarie de ce genre sur la Place Rouge», a assuré le président russe au chef du parti communiste, qui a rapporté ces propos lors d'une conférence où plusieurs dirigeants de partis russes étaient réunis.

Selon Valeri Ziouganov, Vladimir Poutine a également rejeté les allégations selon lesquelles Lénine n'était pas enterré conformément aux rites orthodoxes. «En ce qui concerne la façon dont il a été enterré, le corps de Lénine repose, comme l'exige la tradition de l'Eglise chrétienne orthodoxe, à un mètre et demi au-dessous du niveau du sol», a fait savoir Vladimir Poutine au chef du parti communiste, toujours selon les dires de ce dernier.

L'héritage soviétique, un casse-tête ?

Le chef de la révolution bolchevique d'Octobre 1917, dont les communistes fêtent le centenaire cette année, a été enterré dans le mausolée de la Place Rouge à Moscou peu de temps après sa mort en 1924, bien que le tombeau de pierre actuel n'ait été érigé qu'en 1930. Durant des décennies, le mausolée et le culte de la personnalité de Lénine ont joué un rôle primordial dans l'idéologie communiste soviétique.

Plus de 25 années après la chute de l'URSS, le débat public sur l'exhumation du corps du chef de la révolution d'Octobre est plus que jamais d'actualité. Chaque année, à l'occasion de l'anniversaire de la Révolution, il est remis sur la table et divise toujours autant l'opinion. Faut-il en finir une bonne fois pour toute avec la symbolique soviétique ou, au contraire, considérer qu'elle fait partie intégrante de l'histoire du pays et que la supprimer serait une insulte à son passé, ses valeurs, sa culture ?

Le débat a commencé dès le milieu des années 1980. L'URSS était alors en pleine période de la perestroïka, système de réformes économiques et sociales mises en place par le dirigeant de l'époque, Mikhaïl Gorbatchev, qui visaient à libéraliser progressivement le système bureaucratique vieillissant. En 2017, le mausolée et le corps embaumé de Lénine sont toujours là.

Les mentalités évoluent

En avril dernier, un sondage d'Etat réalisé auprès de 1 600 personnes dans 130 villes russes révélait que près de 60% des Russes étaient favorables à ce que le corps de Lénine soit retiré du mausolée, afin d'être enterré au pied du mur du Kremlin où gisent près de 400 personnalités soviétiques, tels que des généraux, responsables politiques ou hommes et femmes ayant contribué au rayonnement de l'URSS, tels que Youri Gagarine, premier homme à s'être rendu dans l'espace.

La révolution bolchevique était un crime contre l'Etat

Par ailleurs, le 13 mars dernier, un député du parti libéral-démocrate de Russie (LDPR), Ivan Soukharev, avait demandé à la Douma de se pencher sérieusement sur le cas du mausolée de Lénine, estimant qu'en cette année du centenaire de la révolution bolchevique, il était temps pour la Russie de «clore définitivement le chapitre soviétique de son Histoire et cesser de vénérer la personnalité de son fondateur».

«La révolution bolchevique était, de fait, un crime contre l'Etat», avait affirmé le député. Et de poursuivre : «Aujourd'hui, nous vivons dans un pays complètement différent, mais les personnages du passé continuent d'être exhibés au centre de la capitale. Nous nous devons une bonne fois pour toutes de mettre fin à cette contradiction, c'est à dire, exhumer les dirigeants soviétiques pour les enterrer en conformité avec le rite orthodoxe. D'autant plus que l'Eglise partage entièrement cette position.»

Position de l'Eglise et désoviétisation

Il est vrai que cela était initialement le cas. En 2013, les représentants de l'Eglise orthodoxe russe avaient suggéré que le corps de Lénine soit retiré de la place centrale de la capitale, estimant que son exhibition était démesurée et n'avait plus rien à voir avec les traditions orthodoxes que valorise aujourd'hui Moscou. Mais ces dernières années, en raison notamment de la politique de désoviétisation menée par la Pologne et le gouvernement ukrainien issu de la Révolution Maïdan, la question du devenir de l'héritage soviétique a pris une autre résonance en Russie. 

Le processus de désoviétisation se transforme peu à peu en dérussification. Nous ne pouvons pas nous permettre de contribuer à ce genre d'idéologie

Dans ce contexte, le 16 mars dernier, le porte-parole principal de l'Eglise orthodoxe russe, Alexandre Chipkov, a publié une déclaration, expliquant qu'avant de déplacer le corps de la principale figure du communisme, la Russie et les pays de l'ex-URSS devaient se «désoviétiser», c'est à dire, en finir avec l'héritage soviétique et communiste, mais avait ajouté : «Or, nous constatons que chez nos voisins ukrainiens, le processus de désoviétisation se transforme peu à peu en dérussification. Nous ne pouvons pas nous permettre de contribuer à ce genre d'idéologie.» 

Le responsable religieux était même allé plus loin, suggérant que le gouvernement russe devait mettre en place «un moratoire sur la guerre contre les symboles politiques en Russie», qui est selon lui «source de destruction et de désunion» du pays.

En tout état de cause, le 1er août, Vladimir Poutine semble avoir tranché : tant qu'il sera au pouvoir en Russie, Lénine ne quittera pas son tombeau exceptionnel de la Place Rouge.

Lire aussi : Vladimir Poutine : il n’était pas nécessaire de démanteler l’Union soviétique

Moscou dément les informations de Reuters sur le nombre élevé de pertes russes en Syrie

Le porte-parole du ministère russe de la Défense Igor Konachenkov a démenti les informations exclusives de l’agence Reuters sur le nombre de militaires russes morts en Syrie. «Ce n’est pas la première fois que l’agence d’information britannique Reuters essaye de dénigrer par tous les moyens l’opération russe en Syrie qui vise à éradiquer Daesh et faire revenir la paix en Syrie», a déclaré le 2 août Igor Konachenkov, cité par RIA Novosti. «De nouveau, leurs sources sont des rumeurs, les réseaux sociaux et des conversations imaginaires», a-t-il noté.

«Il n’y a pas de tombes "secrètes" remplies de militaires russes morts en Syrie. Les tentatives de présenter de cette façon des personnes [enterrées] qui n’ont rien à voir avec les forces armées [russes] et l’opération en Syrie sont de purs mensonges», a martelé le représentant de la Défense russe.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, également interrogé sur le sujet par des journalistes, a invité les médias à se rapporter aux données officielles de l’Armée russe. «Si des citoyens russes se trouvent en Syrie en tant que volontaires [...], ce n’est pas l’œuvre de l’Etat et cela n’a rien à voir avec le ministère de la Défense», a-t-il déclaré.

Le 2 août, Reuters avait rapporté que 40 militaires russes avaient été tués en Syrie depuis le début de l’année 2017. Parmi eux, 17 seraient des soldats et 21 autres des contractuels privés, et l’identité des deux autres n'aurait pas été établie. L’article de Reuters citait comme sources des amis et parents anonymes des militaires décédés. Pour le ministère russe de la Défense, seuls dix militaires ont été tués sur cette période en Syrie.

L’ambassade russe en Syrie visée par des tirs d’obus

Le ministère russe des Affaires étrangères a annoncé dans un communiqué que l'ambassade de Russie à Damas avait été visée par des tirs d'obus le 2 août. Le ministère a ajouté que l'incident n'avait pas fait de victime.

«Deux obus sont tombés directement sur le territoire de la mission diplomatique russe», et deux autres ont explosé à proximité immédiate de l'enceinte du bâtiment, selon la diplomatie russe. D'après la même source, ces obus ont été tirés depuis des positions tenues par des groupes terroristes et n'ont pas fait de victime, mais de légers dégâts.

La Russie condamne fermement les «attaques terroristes» contre sa représentation diplomatique à Damas et espère que les capitales occidentales et le Conseil de sécurité de l'ONU vont se prononcer «dûment sur cet acte criminel», peut-on lire dans le communiqué.

L'ambassade russe dans la capitale syrienne a été la cible de tirs à de multiples reprises ces derniers mois. 

Lire aussi : Les forces russes déployées en Syrie pour garantir la trêve dans les zones de désescalade

La Russie mène en Syrie depuis le 30 septembre 2015 une campagne de bombardements aériens en soutien aux troupes terrestres de son allié, le président Bachar el-Assad, contre les groupes rebelles et terroristes.

Pour des raisons de sécurité, certains services de police français n’ont accès qu’à 20% d’Internet

Le Canard enchaîné a révélé le 2 août que les services de la Police judiciaire (PJ) et des Renseignements territoriaux (anciennement Renseignement généraux) ne pouvaient plus accéder qu'à 20% du contenu disponible sur internet, et ce pour des raisons de sécurité. Pour accéder à des contenus relevant de cette face «prohibée» de la Toile, ils sont tenus de demander une autorisation qui leur est normalement accordée dans les 24 heures. 

En place depuis le mois de mai, la mesure a été appliquée pour éviter la propagation du virus WannaCry qui avait infecté 200 000 ordinateurs dans le monde, dont certains du ministère français de l'Intérieur. Les autorités ont donc décidé de restreindre l'accès de la police à Internet le temps de sécuriser leur réseau informatique. 

Cette mesure a entraîné des protestations de la part du syndicat «Vigi ministère de l'Intérieur», qui a dénoncé sur Facebook un «filtrage internet inadapté», appelant l'administration à cesser d'«infantiliser» et de «fliquer» la police. Le syndicat a joint à son commentaire une capture d'écran montrant que les policiers de la PJ et des RT avaient accès aux sites de vente en ligne et de la banque Rothschild mais pas aux sites concernant Daesh, un «bloc identitaire» ou les black blocs. 

Lire aussi : Le «Jean-Claude Van Damme du Nord» volontaire pour représenter un syndicat policier à l'Elysée

France: le Parlement autorise Macron à réformer le droit du travail

France: le Parlement autorise Macron à réformer le droit du travail











Le Parlement français a donné mercredi un blanc seing au gouvernement pour réformer le droit du travail sans intervention des députés, un chantier prioritaire pour le président Emmanuel Macron qui espère favoriser l'emploi en accordant plus de flexibilité aux entreprises.

Un texte autorisant l'exécutif à légiférer par ordonnances pour réformer le code du travail a été adopté définitivement mercredi soir par un dernier vote du Sénat, la chambre haute du Parlement.
Selon cette méthode, décriée notamment par les syndicats, le Parlement ne débattra pas des textes mais sera seulement consulté au début et à la fin de la procédure.

La contestation pourrait alors se déplacer dans la rue alors qu'une partie de l'opposition dénonce "une loi de démolition sociale". Les syndicats CGT et SUD ont appelé à une journée d'actions le 12 septembre, tandis que la gauche radicale prévoit un "rassemblement populaire" le 23 septembre.
"L'essentiel de cette réforme est sans impact sur l'emploi, mais décrit un projet qui consiste à reprendre (...) les vieilles demandes, les vieilles lunes du patronat (...) depuis 20 ans", commentait récemment le président du syndicat CFE-CGC, François Hommeril.

Cette réforme, attendue d'"urgence" par le milieu patronal français, va plus loin que la très décriée "loi travail" qui avait déclenché l'an dernier en France la pire crise sociale sous un gouvernement de gauche, avec plusieurs mois de manifestations.

Son contenu est connu dans les grandes lignes : primauté des accords d'entreprise dans certains domaines, plafond obligatoire des dommages et intérêts pour licenciement abusif, autorisation de licencier pour les groupes dont l'activité en France n'est pas rentable, même s'ils sont florissants au niveau mondial -- ce qui est considéré comme un licenciement abusif aujourd'hui --, nouveaux contrats de travail qui permettent de licencier à la fin d'une mission...

Pour Emmanuel Macron, l'enjeu de cette réforme, centrale dans son programme présidentiel, est de réduire le taux de chômage en France, à 7% à la fin de son mandat en 2022, contre 9,4% prévu cette année.
Il s'agit également aussi de regagner la confiance de l'Allemagne, qui réclame depuis longtemps des réformes structurelles à la France. Or Paris a bien l'intention de continuer à former avec Berlin le duo de tête européen, à l'heure où l'allié américain prend ses distances et où la Grande-Bretagne a fait le choix du Brexit.

Le nouveau gouvernement compte mettre rapidement en oeuvre ces mesures, qui visent selon lui à "donner plus de liberté et plus de protection" aux entreprises et aux salariés.
Le ministère du Travail présentera les ordonnances aux organisations syndicales et patronales dans la semaine du 21 août, avant leur adoption fin septembre. Elles entreront en vigueur immédiatement, mais devront ensuite être ratifiées par le Parlement. M. Macron peut d'ores et déjà compter sur le soutien de l'Assemblée nationale, la chambre basse, où son parti détient une majorité écrasante.

https://www.lorientlejour.com/article/1065429/france-le-parlement-autorise-macron-a-reformer-le-droit-du-travail.html

Alter Info l'Information Alternative

Manque de transparence ? Assange reproche à Macron de ne pas s’en prendre frontalement à lui

Julian Assange, qui a encore fait parler de lui récemment en diffusant fin juillet sur WikiLeaks 21 075 mails authentifiés de l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron, a publié deux tweets en français, dans lesquels il interpelle et critique le chef d'Etat. 

«Macron veut-il mon arrestation ? Laissez-le assumer et dire, plutôt que de passer par un non-parti et ses Procureurs», a tweeté le 2 août le lancer d'alerte.

Le fondateur de WikiLeaks fait ici référence au communiqué de presse publié le 31 juillet par La République en marche (LREM), dans lequel le parti annonce qu'il va saisir le procureur de la République en réaction à la deuxième vague de diffusion de courriels par le site pro-transparence.

Visiblement remonté contre le président français, Julian Assange a également dénoncé dans un tweet la violation de la séparation des pouvoirs et l'atteinte à la liberté de la presse perpétrées selon lui par Emmanuel Macron. En cause notamment, peut-on le penser : la plainte déposée par le parti de la majorité présidentielle contre le site d'information La Lettre A, le 11 mai dernier, pour avoir utilisé dans des articles le contenu des premières fuites de WikiLeaks sur En Marche!.

Dans son communiqué du 31 juillet, le parti a de nouveau appelé à la vigilance sur le contenu de ces fuites, qui comportent selon lui de «nombreux faux s'ajoutant aux documents authentiques relevant du fonctionnement interne du mouvement».

Le 5 mai, peu avant le second tour de la présidentielle, WikiLeaks avait publié 71 848 courriels présentés comme étant issus du piratage des boîtes mail de l'équipe de campagne d'En Marche!. Le mouvement d'Emmanuel Macron avait alors dénoncé la présence de nombreux faux dans les documents tandis que le président François Hollande avait annoncé de son côté que des «procédures» allaient «entrer en vigueur». 

Le 31 juillet, le site a récidivé en diffusant 21 075 courriels de l'équipe de campagne, cette fois-ci annoncé comme formellement authentifiés, le tout accompagné d'un moteur de recherche permettant d'analyser plus facilement le contenu de ces fuites. Selon LREM, ces courriels seraient les mêmes que ceux publiés précédemment.

Lire aussi : Des cordons bleus et des blagues de slip : les internautes commentent le contenu des «Macronleaks»

Sanctions anti-russes signées par Trump : Moscou «ne pliera pas et ne rompra pas»

Plusieurs représentants des autorités russes ont réagi à l'annonce de la signature par le président Donald Trump des sanctions économiques contre la Russie, qu'avaient votées précédemment les parlementaires américains. Pour le porte-parole du Kremlin Dimitri Peskov, interrogé par la presse le 2 août, cette nouvelle ne change de facto rien aux relations russo-américaines. 

Interrogé par les journalistes sur la possibilité de nouvelle mesures de rétorsion que la Russie pourrait adopter, le porte-parole a répondu : «Quelles mesures de rétorsion ? Il n'y a rien de nouveau. Les mesures de rétorsion ont déjà été prises.»

En effet, la Russie avait ordonné le départ de 755 diplomates américains et des membre de leur personnel de son territoire sur les 1 200 en poste et annoncé la saisie de deux propriétés réservées à ces dignitaires, après le vote par le Congrès américain de ces sanctions, et avant, donc, la signature finale de Donald Trump.

Les nouvelles sanctions américaines à l'égard de Moscou ont été adoptées à des majorités écrasantes par les parlementaires américains des deux Chambres, malgré les réticences du président américain, de certains pays membres de l'Union Européenne et même de plusieurs grandes entreprises américaines qui jugeaient que certaines mesures pénaliseraient davantage l'économie américaine que russe. 

Lire aussi : Trump s'offre-t-il des sanctions anti-russes afin de ne pas passer pour «un agent des Russes» ?

Hassan Nasrallah rend hommage à l’insurrection d’Al-Aqsa et au Yémen

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, sur l'offensive contre les terroristes dans le Jurd Ersal, le 26 juillet 2017.

Transcription :
Avant d'entrer dans le sujet principal de mon propos de ce soir (l'offensive du Hezbollah contre les terroristes du Jurd Ersal), permettez-moi de mentionner rapidement quelques points.
Premièrement, depuis la position des Résistants et de la Résistance, nous félicitons et rendons les honneurs, les hommages et la gloire dus aux habitants d'Al-Qods (Jérusalem), de la Maison des Sanctités et de ceux qui y résident et résistent, aux habitants de la Cisjordanie et à tous les Palestiniens qui se sont empressés de se rendre dans la vieille ville pour défendre la mosquée d'Al-Aqsa, ce lieu saint, et ont imposé une nouvelle victoire en vérité, car ce que nous avons vu ces jours-ci constitue une véritable victoire, qui doit se poursuivre.
Ils ont imposé à l'ennemi le retrait des portiques électroniques et des nouvelles mesures qui visaient à imposer la souveraineté de l'ennemi israélien sur la mosquée Al-Aqsa (aux Palestiniens), à leur présence, à leurs prières, à leurs glorifications de Dieu, à leurs mains vides (face aux armes de l'ennemi), à leurs poitrines qui font face aux balles et aux grenades, ils ont façonné cette victoire. Et c'est une nouvelle expérience en tout cas, parmi les expériences des choix de résistance populaire, que ce soit dans son aspect militaire ou dans son aspect civil.
Deuxièmement, je souhaite également remercier notre cher frère dirigeant Sayed Abd al-Malik Badr al-Din al Houthi car dans son discours d'il y a quelques jours, il a déclaré très clairement et sans exagération qu'il se tenait, ainsi que tous les combattants (moudjahidines) et résistants du Yémen opprimé et abandonné, aux côtés du Liban, de la Syrie, de la Palestine, dans toute confrontation avec l'ennemi israélien, ce qui constitue une confirmation de l'équation de force que notre Communauté (islamique), les peuples de notre Communauté et les mouvements de Résistance dans notre Communauté souhaitent établir et confirmer. Nous lui adressons tous nos remerciements, ainsi qu'à tous nos chers (frères) patients et endurants de l'honorable Yémen.
Et bien sûr, il faut souligner la vérité, car nous, au Liban, nous étions occupés dans le Jurd d'Ersal, et la situation sécuritaire du pays ne nous permettait pas d'organiser des manifestations populaires (massives) à la hauteur de ce qui se passait à Al-Qods (Jérusalem), mais à travers tout le monde arabe et musulman, avez-vous trouvé des manifestations de soutien à Al-Qods, à Al-Aqsa, au peuple palestinien, aux habitants d'Al-Qods, plus grandes, plus massives et plus importantes que les manifestations populaires au Yémen ?
Je veux rappeler cette réalité, et appeler tous ceux qui ont une position erronée sur ce qui se passe au Yémen à reconsidérer leur position. [...]

Le Qatar commande 7 navires de guerre à l’Italie pour 5 mds d’euros

Le Qatar commande 7 navires de guerre à l'Italie pour 5 mds d'euros











Le Qatar a confirmé mercredi une commande de sept navires de guerre à l'Italie pour un montant de cinq milliards d'euros, au moment où ce petit émirat gazier est isolé par quatre pays arabes, dont trois du Golfe.

"Nous avons signé un contrat au profit des forces navales du Qatar en vue de l'acquisition de sept navires de guerre à l'Italie pour un montant de cinq milliards d'euros", a déclaré le ministre des Affaires étrangères du Qatar, cheikh Mohamed Abderrahmane Al-Thani, lors d'une conférence de presse à Doha avec son homologue italien Angelino Alfano.

Le ministre italien s'est félicité mercredi dans un tweet de ce contrat majeur de fourniture de sept navires par les chantiers italiens Fincantieri, un projet qui emploiera en Italie 1.000 personnes.

Le contrat porte sur sept navires de surface, dont quatre corvettes, un vaisseau amphibie et deux patrouilleurs.

En juin 2016, le groupe italien Fincantieri avait signé un contrat préliminaire d'un montant de quatre milliards d'euros avec le Qatar pour la construction de ces sept bateaux.

De son côté, la firme MBDA avait annoncé avoir signé un contrat d'un milliard d'euros pour équiper en missiles les unités navales commandées auprès de Fincantieri.

"Tous les navires seront entièrement construits dans les chantiers navals italiens de Fincantieri à partir de 2018, assurant six années de travail et un impact important sur les principales entreprises de défense italiennes", avait assuré le groupe Ficantieri.

Indépendamment des emplois en Italie, la commande officiellement confirmée mercredi démontre que le Qatar continue de faire affaire avec des pays occidentaux en dépit des sanctions dont il fait l'objet de la part de ses voisins arabes.

Le Qatar et les Etats-Unis avaient signé le 15 juin, en pleine crise du Golfe, un accord de 12 milliards de dollars pour la vente à Doha d'avions de combat F-15.

Le Pentagone n'avait pas livré de détails sur la vente qui, selon Bloomberg, concernerait 36 de ces appareils.

L'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis et l'Egypte ont rompu le 5 juin leurs relations diplomatiques avec le Qatar, qu'ils accusent de soutenir des islamistes radicaux, d'être derrière des actes de déstabilisation dans la région et, au-delà, de se rapprocher de l'Iran chiite, grand rival du royaume saoudien sunnite.

Ils ont imposé des sanctions économiques au Qatar et lui demandent, pour les lever, de satisfaire à 13 demandes, dont la fermeture de la chaîne de télévision Al Jazeera et d'une base militaire turque au Qatar.

Le Qatar rejette les accusations et refuse de satisfaire ces demandes.

Son ministre des Affaires étrangères a déploré mercredi l'intransigeance des adversaires de Doha lors de leur dernière réunion dimanche à Bahreïn où ils n'ont selon lui "manifesté aucune intention de résoudre la crise de manière pacifique".

De son côté, le ministre italien a souhaité une désescalade et une solution dans "le respect du droit international".


(©AFP / 02 août 2017 18h34)
https://www.romandie.com/news/Le-Qatar-commande-7-navires-de-guerre-a-l-Italie-pour-5-mds-d-euros/820447.rom

Alter Info l'Information Alternative

L’ambassade russe en Syrie visée par des tirs d’obus, pas de victimes

L'ambassade russe en Syrie visée par des tirs d'obus, pas de victimes











L'ambassade de Russie à Damas a été visée par des tirs d'obus mercredi, a annoncé le ministère russe des Affaires étrangères, ajoutant que l'incident n'avait pas fait de victime.

"Deux obus sont tombés directement sur le territoire de la mission diplomatique russe", et deux autres ont explosé à proximité immédiate de l'enceinte du bâtiment, a indiqué la diplomatie russe dans un communiqué. Selon la même source, ces obus ont été tirés "depuis les positions des groupes terroristes" et n'ont pas fait de victime mais de "légers dégâts".
L'ambassade russe dans la capitale syrienne a été la cible de tirs à de multiples reprises ces dernières années.

La Russie mène en Syrie depuis le 30 septembre 2015 une campagne de bombardements aériens en soutien aux troupes de son allié, le président Bachar el-Assad, et contre les groupes jihadistes.
La Russie condamne "fermement les attaques terroristes" contre sa représentation diplomatique à Damas et espère que les capitales occidentales et le Conseil de sécurité de l'ONU vont se prononcer "dûment sur cet acte criminel", ajoute le communiqué.

https://www.lorientlejour.com/article/1065404/lambassade-russe-en-syrie-visee-par-des-tirs-dobus-pas-de-victimes.html

Alter Info l'Information Alternative

Le totalitarisme analysé par Alain de Benoist. Au passé et au présent.

Bonjour. J'ai retranscris pour la communauté Agoravox cette brève interview de Alain de Benoist sur le totalitarisme, que j'ai trouvée claire, très synthétique, au large spectre de lecture et définition de ce qu'est le totalitarisme, particulièrement pénétrante intellectuellement, et hélas je le crois devenue "un peu" nécessaire à méditer.

Bon visionnage ou lecture à vous.
Et partagez, diffusez...

----

Retranscription :

X (it) :
Tu dis que les démocraties libérales sont toujours dans le risque de leur négation totalitaire. Donc, dans les démocratie libérales dans lesquelle nous vivons il est toujours possible d'un instant à l'autre ce déclic par lequel les démocraties libérales se transforment en un totalitarisme.

Alain de Benoist :

Oui, c'est un sujet un peu difficile évidemment. Je pense qu'on peut l'aborder de deux manières différentes.

La première manière, disons, c'est une réflexion sur la notion de totalitarisme. La notion de totalitarisme a été énormément employée depuis son apparition dans les années 20 et surtout les années 30, essentiellement pour décrire les deux phénomènes qu'ont été le communisme soviétique et le national socialisme, le nazisme. Mais on a assisté depuis quelques temps à un usage je dirais inflationniste du terme totalitarisme qui aujourd'hui est employé un peu à tort et à travers comme une sorte de mot attrape tout pour définir un petit peu n'importe quoi. Et cette banalisation du terme de totalitarisme finalement le vide de son sens dans une certaine mesure ; si tout peut être totalitaire rien n'est totalitaire. Donc je crois qu'il faut revenir à un petit peu pus de rigueur concernant ce terme.

Cela dit il y a deux grandes manières de définir le totalitarisme à mon sens. La première c'est par les moyens dont il use. la deuxième c'est par les fins qu'il vise ou les objectifs qu'il poursuit. Et on s'aperçoit que c'est surtout la première manière qui a été exploitée. C'est à dire, on va dire par exemple, que les régimes totalitaires ce sont des régimes qui suppriment le pluralisme des partis, qui reposent sur la mobilisation des masses par un parti unique, qui suppriment les libertés élémentaires, qui exigent l'embrigadement de la jeunesse, la suppression de la vie privée, qui emploient des méthodes de répression et de contrainte extrêmement fortes allant jusqu'à des camps de concentration le goulag eccetera, bien.

Mais en réalité cette description des régimes totalitaires est un peu une description ad hoc, c'est à dire que l'on part de la réalité historique - il y a eu des régimes de ce type - on essaye d'en définir les caractéristiques, et on revient sur l'ordre des moyens.

Ce n'est pas une démarche qui est sans intérêt, mais à mon avis c'est une démarche insuffisante. Car on perd de vue la finalité de tout ça ; pourquoi est ce que les régimes totalitairs mettent en oeuvre des moyens totalitaires. Pourquoi est ce qu'un certain de nombre de régimes recourrent à ce type de moyens. Ce n'est pas pour le plaisir, ou par simple perversion, ou parce que c'est plus commode - c'est d'ailleurs pas commode du tout.
Il y a une fin à cela. Et la fin, c'est de rendre la société aussi homogène que possible. Ca peut être l'objectif de faire apparaitre un homme nouveau.

Mais l'objectif à mon sens, il relève de ce que j'ai appelé l'idéologie du même. Lo stesso. C'est à dire qu'il faut faire disparaitre les disparités, les différences, ce qui distingue les individus et les groupes, pour faire en sorte que on rentre dans l'ère du même ; parce que le même c'est plus transparent, c'est plus mobilisable, et c'est un idéal. A mon avis un idéal détestable mais c'est un idéal bien entendu. Il faut qu'on aille vers le même au lieu d'aller vers le divers. Il faut qu'on aille vers l'un plutôt que d'aller vers le multiple.

Et c'est seulement lorsque l'on a compris que c'est cela la finalité du totalitarisme que l'on peut comprendre en quoi le totalitarisme n'est pas seulement un phénomène uniquement aberrant, circonscris étroitement dans l'histoire, mais un épisode d'un mouvement beaucoup plus ancien, beaucoup plus vaste, qui a des sources aussi bien religieuses que profanes, et qui est l'aspiration à la négation de la diversité, l'aspiration au même.

Et si l'on comprend cela alors on comprend que cette aspiration au même peut éventuellemnt se passer des moyens des régimes totalitaires. Elle peut s'exprimer sous différentes formes. Et c'est là où on est renvoyés à la société actuelle. Qui de toute évidence n'est pas une société totalitaire dans l'ordre des moyens. Nous sommes en train de parler vous et moi en ce moment, nous n'avons pas à craindre d'être mis demain en prison, déportés dans un camps de concentration, eccetera. Nous sommes dans une société de surveilance, dans une société où il y a des conctraintes bien entendu, mais c'est une société qu'en même temps on décrit comme hédoniste et permissive. Donc les choses sont assez complexes. Mais cette société, on voit bien que en même temps, elle tend à éradiquer les différences. Les différences individuelles et surtout les différences collectives. Dans le vaste mouvement de mondialisation où sont enagées aujourd'hui les démocraties libérales, on voit bien que ce qui fait obstacle, ce sont les valeurs partagées particulières, les cultures populaires enracinées, les modes de vie spécifiques, et que l'idéal de transformer la planète en un immense marché exige que toutes ces différences soient petit à petit éradiquées, et que seules subsistent les petites différences individuelles insignifiantes au regard de la mise en place de c ette logique du même, gouvernée par l'idéologie dominante qu'on appele la pensée unique ainsi de suite.

Alors c'est sous cet angle à mon avis, et ça c'est la deuxième approche que j'évoquais tout à l'heure, c'est sous cet angle que l'on peut déceler, dans la société où nous sommes, un penchant totalitaire. Qui n'est pas un penchant de l'ordre des moyens mais un penchant de l'ordre des fins.

Et enfin, ce que l'on peut dire comme observation adjacente, c'est que cette société en place aujourd'hui, société d'inspiration libérale et individualiste, se caractérise très fondamentalement par la disparition des repères. Les gens souffrent de ne pas pouvoir avoir des contextes de sens, des repères qui leur permettent de se guider, on a l'impression que tout s'effrite, que tout se défait. Or une telle société est infiniment vulnérable, parce que étant donné qu'elle n'a plus d'armature organique, qu'il n'y a plus cette socialité qui fournissait des cadres et des repères, elle peut aisément basculer dans quelquechose qui ressemblerait alors là à un totalitarisme au sens strict. L'auteur auquel je pense en disant cela c'est Anna Harendt. Anna Harendt a bien montré comment les régimes totalitaires ont manipulé des masses qui étaient d'une part en crise bien sûr, mais aussi qui étaient des masses relativement amorphes, que l'on pouvait mobiliser, la fameuse mobilisation des masses. que l'on pouvait mobiliser d'autant mieux qu'elles n'offraient plus elles n'avaient plus en elles ces éléments de régularité organique qui pouvaient faire obstacle, qu'elles étaient devenues en quelque sorte amorphes ; et par conséquent très mobilisables.

Donc, c'est un sujet qui est un peu complexe, mais il y a aujourd'hui une croyance assez répandue qu iest de dire bon la société actuelle elle est évidemment très imparfaite mais au moins elle nous prémunit contre le risque de verser dans le totalitarisme. Certains disent même il ne faut surtout pas la changer car si on la changeait on tomberait on risquerait de retomber dans les expériences totalitaires que nous avons connues dans le passé. Ca je crois que c'est un propos qui est très optimiste mais également très faux tout simplement. Les sociétés du type dans laquelle nous vivons sont au contraire très menacées de verser dans le totalitarisme, en mesure même des caractéristiques qui sont les leurs et non pas malgrès les caractéristiques qui sont les leurs.

2017, 9mns

Orphelins du djihad : à Mossoul, la Russie tente d’évacuer les enfants abandonnés par Daesh

L'information a été dévoilée par des médias arabes dans la foulée de la libération de Mossoul des combattants de Daesh, en juillet : après avoir fui la ville, les derniers djihadistes ont laissé derrière eux des dizaines d’enfants, dont certains de nationalité russe. Ils ont survécu aux combats pour le contrôle de la ville mais se sont retrouvés seuls, leurs parents ayant pour la plupart été tués.

L’agence de presse Al-Arabiya rapportait, le 23 juillet, que les autorités irakiennes avaient pris en charge un groupe de mineurs russes, «dans un état extrêmement préoccupant». Ceux-ci ont été placés sous surveillance médicale, d’après un représentant des autorités irakiennes cité par l’agence.

Parallèlement, selon des informations obtenues par RT, le parquet de la République russe de Tchétchénie s'est penché sur la demande d’une jeune Tchétchène du nom de Zalikha Akhachanova, qui cherchait à faire rapatrier son fils, parti il y a deux ans en Syrie avec son ex-mari. La femme a reconnu son enfant sur une vidéo diffusée sur YouTube par l’armée irakienne. «J’étais choquée. Je ne l’ai pas vu depuis deux ans, mais je l’ai tout de suite reconnu», a confié Zalikha à RT, ajoutant que, d’après les informations qu’elle avait reçues, son fils avait été retrouvé sain et sauf dans un orphelinat irakien.

Lire aussi : La coalition occidentale confirme l'utilisation de munitions au phosphore blanc en Irak et en Syrie

Mais il ne s'agit que d'un cas parmi de nombreux autres. Selon les informations de RT, la Russie est actuellement en train de négocier le retour sur son sol de 48 mineurs qui se trouvent actuellement dans des orphelinats irakiens. «La plupart des enfants ont perdu leurs parents à l'issue d'une guerre affreuse. […] Mais ils n’ont rien à voir avec la guerre en Irak, en Syrie ou ailleurs», a déclaré à RT Samikh Bino, un homme politique jordanien d’origine tchétchène, à l’origine de l'initiative visant à évacuer ces mineurs russes. Dirigeant de l’association «Amis de la république tchétchène en Jordanie», il agit en médiateur dans les négociations difficiles dans lesquelles interviennent des diplomates et des sénateurs russes, les pouvoirs tchétchènes, les autorités et les services de sécurité irakiens et jordaniens, ainsi que des représentants du Croissant-Rouge et de l’Unicef.

Lire aussi : L'ONU accuse Daesh d'avoir exécuté 163 civils à Mossoul, des enfants «forcés de participer aux combats»

Samikh Bino s’est intéressé au destin des jeunes Russes après la diffusion par une députée irakienne, Nadia Jubouri, d’une photographie poignante d’une jeune fille à la peau brûlée, retrouvée dans les ruines d’un bâtiment. La légende accompagnant la photographie mentionnait que ses parents étaient morts dans les combats, et qu’elle ne parlait que tchétchène. L'homme politique jordanien a alors décidé de retrouver, via ses contacts en Tchétchénie, la famille de l’enfant.

Lire aussi : Amnesty International soupçonne l'armée irakienne et la coalition de «crimes de guerre» à Mossoul

Un retour au pays truffé d’obstacles

Comme l'a expliqué Samikh Bino à RT, l’évacuation des enfants russes se fera en deux étapes : ils seront d’abord emmenés d’Irak en Jordanie, d’où ils seront rapatriés en Russie pour rejoindre leurs parents. La situation est rendue plus complexe par le fait que la majorité de ces «enfants de Daesh» rencontrent des problèmes de papiers : visas expirés, passeports annulés… ou absence complète de documents pour ceux qui sont nés sous l'Etat islamique. Pour confirmer les liens de parenté avec ceux qui les attendent en Russie, ils devront passer des tests ADN.

«Je ne peux pas vous dire pour l’instant quels seront les délais, mais je peux confirmer que nous ferons tout notre possible pour qu’ils puissent rentrer chez eux», a déclaré à RT l’activiste jordanien.

Lire aussi : A Mossoul, des soldats irakiens emploient la torture contre des prisonniers (IMAGES CHOQUANTES)

Sur les terres de Daesh contre leur gré

Les enfants ne seront pas les seuls à être évacués d’Irak. Certains parents les accompagneront dans leur voyage vers la Russie : il s’agit dans la plupart de cas de mères, forcées de partir avec leur mari vers les territoires tenus par les djihadistes en Irak ou en Syrie.

D’après les informations de RT, au moins cinq familles dont les parents souhaitent rentrer en Russie sont concernées. Nombreux sont ceux qui espèrent le retour de leurs proches, comme le couple Khamirine, de la République russe d’Ingouchie, dont la fille Makka s’est retrouvée seule en Irak avec ses quatre enfants. Son mari, qui l’a emmenée de force pour rejoindre Daesh, a été tué quatre jours après avoir rejoint les rangs de l'organisation djihadiste. Malgré ses efforts, Makka n'a pas été en mesure de regagner la Russie par elle-même.

Lire aussi : Daesh force des enfants et des handicapés à devenir kamikazes

Le père de Makka, Vakha Khamirine, s’est adressé directement à Vladimir Poutine, ainsi qu’au président de la Tchétchénie Ramzan Kadirov et à d'autres responsables russes. «Aidez-nous à sauver notre fille et nos petits-enfants, à sauver les nôtres et les enfants qui se sont retrouvés là-bas contre leur gré», a imploré Vakha.

Hormis les enfants russes, plusieurs mineurs d'autres pays se trouvent actuellement dans des orphelinats irakiens. Parmi eux, des Américains et des Européens. L'Unicef a expliqué à RT que le nombre exact de ces enfants présents à Mossoul et dans d’autres villes irakiennes et syriennes restait cependant très difficile à établir.

Au Yémen un million d’enfants menacés par une épidémie de choléra

Plus d'un million d'enfants en malnutrition seraient menacés par une épidémie de choléra dans certaines zones du Yémen, selon des déclarations du responsable de l'ONG Save the children au Yémen du 2 août 2017. L'organisation humanitaire prévoit d'envoyer des experts dans les zones les plus touchées.

Selon l'ONG, les enfants de moins de 15 ans de ce pays dévasté par la guerre civile depuis 2014, représentent déjà 44% des nouveaux cas de maladie et près de 32% des décès. Les affrontements et l'effondrement économique qui en a résulté ont placé des millions d'habitants au bord de la famine. 

D'après les prévisions de l'Oxfam, l'épidémie de choléra pourrait bientôt attendre le seuil de 600 000 personnes contaminées, ce qui constituerait «le plus grand chiffre jamais enregistré en une seule année depuis que les mesures existent», excepté pour le cas d'Haïti en 2011. 

L'épidémie de choléra a éclaté dans le pays en avril 2015, après le déclenchement du conflit opposant les rebelles chiites Houtis, alliés aux partisans de l’ancien président Ali Abdallah Saleh, aux forces loyales au président Abdrabbo Mansour Hadi. D'autres groupes armées d'inspiration djihadiste sont par ailleurs actifs dans le pays. La situation s'est aggravée avec l'intervention en 2015 d'une coalition arabe sous commandement saoudien aux côtés du camp loyaliste, qui a multiplié les bombardements, provoquant de nombreuses victimes et destructions. En deux ans ces combats auraient coûté la vie à 8 000 personnes et en auraient blessés 45 000 autres, selon l'ONU.

Le choléra, qui se développe au moyen de l'ingestion de la bactérie dans la nourriture et l'eau infectée par la bactérie vibrio cholerae, peut tuer en quelques heures si elle n'est pas traitée à temps. 450 000 personnes ont été infectées par cette maladie au Yémen depuis avril 2015 et 1 900 personnes en seraient mortes. Une «tragédie», selon Tamer Kirolos, représentant de Save the childrens au Yémen qui décrit pourtant une situation «facilement traitable» si les personnes avaient accès à des soins basiques. Selon les Nations Unies, 20,7 millions de Yéménites auraient besoin d'aide, sur une population de 28 millions de personnes. 

Lire aussi : Les terroristes islamistes reçoivent leurs armes de pays alliés des Etats-Unis, selon l'Iran

Texto polémique sur Simone Veil : plusieurs politiques demandent la démission de Sibeth Ndiaye

Des Républicains (LR) au Front national (FN) en passant par Debout la France (DLF), le SMS concernant le décès de Simone Veil attribué à la chargée de communication avec les journalistes de l'Elysée Sibeth Ndiaye, a causé l'indignation de plusieurs personnalités politiques.

Nadine Morano, ancienne ministre et députée européenne LR, a interpellé le président de la République sur le sort de cette proche d'Emmanuel Macron. «Si cette information est vraie, la maintiendrez-vous en poste à l'Elysée ?», l'a-t-elle interrogé sur Twitter.


«Si Sibeth Ndiaye a tenu ces propos sur Simone Veil, elle doit s'excuser auprès de la famille et des Français ou démissionner», a également commenté Daniel Fasquelle, député LR du Pas-de-Calais. 


Le député de l'Essonne et président de DLF Nicolas Dupont-Aignan a ironisé sur les propos attribués à Sibeth Ndiaye et a demandé à ce que «"la meuf soit fired", rapidement». 

«Indignité et vulgarité : Sibeth Ndiaye doit bien sûr démissionner», a de même prôné le vice-président du FN Florian Philippot. 

«Yes, la meuf est dead.» C’est par ces mots, envoyés par SMS, que Sibeth Ndiaye aurait répondu à un journaliste qui lui demandait si Simone Veil était bien décédée, selon le Canard enchaîné du 2 août. L'intéressée, qui avait précédemment déclaré «assumer de mentir pour protéger le président» a tenu à démentir avoir envoyé un tel message. 

Lire aussi : «Yes, la meuf est dead» : le SMS présumé de la conseillère de Macron sur la mort de Simone Veil

USA: des employés de McDonald’s accusés d’avoir caché du bacon dans des burgers vendus aux musulmans

Le 1er août, le conseil de l'Alabama pour les relations américano-islamiques (CAIR-Alabama) a contacté McDonald's après avoir reçu la plainte d'une famille musulmane.

Dans une vidéo envoyée à l'organisme, et relayée par l'antenne locale de la NBC, on entend la famille accuser les employés d'un restaurant de la célèbre chaîne de fast-food situé dans la ville de Decatur, d'avoir délibérément glissé du bacon dans les burgers au poulet qu'elle avait commandés, alors que la consommation de porc est prohibée par la tradition islamique.

Dans un court extrait de la séquence filmée par la famille, on entend une femme demander à une personne hors champ pourquoi ses 14 sandwichs au poulet contenaient du porc. Effectivement, de petits morceaux de bacon semblaient avoir été cachés entre la salade et le filet de poulet pané contenus dans les sandwichs.

«Sur la base des preuves en notre possession et au vu de l'essor sans précédent du sentiment anti-musulman aux Etats-Unis, nous sommes convaincus qu'il s'agissait d'un acte délibéré de fanatisme religieux et ethnique», a déclaré Khaula Hadeed, la directrice générale de CAIR-Alabama, citée par NBC.

«McDonald's devrait enquêter sur cet incident, identifier et licencier les employés responsables de cet incident et prendre des mesures pour satisfaire les préoccupations de cette famille américaine, en commençant évidemment par présenter des excuses», a-t-elle ajouté.

Jusqu'à présent, ni le siège de McDonald's ni le restaurant de franchise établi à Decatur n'ont répondu aux allégations de l'organisme musulman.

En juillet dernier, de l'autre côté de l'Atlantique, un Londonien de 36 ans avait été condamné à une peine de six mois de prison pour «agression» et «trouble à l'ordre public», en raison d'un acte de malveillance comparable. Il avait été arrêté pour avoir agressé une adolescente musulmane avec un sachet contenant une tranche de bacon

Lire aussi : Ces Texans s’exercent à tirer avec des balles au sang de porc pour «envoyer les musulmans en enfer»

«Ce maniaque de fils de p*** risque de déclencher une guerre» : Duterte se lâche sur Kim Jong-un

Usant de son langage fleuri habituel, Rodrigo Duterte a fait une nouvelle saillie à la télévision, visant cette fois le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, avant une réunion régionale sur la sécurité qui commence cette semaine à Manille.

Le ministre nord-coréen des Affaires étrangères est attendu dans la capitale philippine et la question des tirs de missiles de Pyongyang devrait figurer en bonne place dans les discussions.

Ne vous fiez pas à son visage, ce visage rondouillard qui a l'air sympathique

«Il joue avec des jouets dangereux, ce dingue, ne vous fiez pas à son visage, ce visage rondouillard qui a l'air sympathique», a déclaré Rodrigo Duterte, 72 ans, en évoquant le dirigeant nord-coréen.

«Ce maniaque de fils de pute, s'il fait une erreur, alors l'Extrême-Orient deviendra une terre aride. Il faut l'empêcher, cette guerre nucléaire, car si un conflit limité éclate ici, alors je vous dis les conséquences, le sol, les ressources. Je ne sais pas ce qu'il adviendra de nous. Nous ne pourrons plus rien semer de productif», a-t-il mis en garde.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Kim Jong-un fin 2011, les programmes nucléaire et balistique de la Corée du Nord, qui ambitionne d'avoir la capacité de porter le feu nucléaire sur le continent américain, avancent à grands pas, malgré les multiples sanctions de l'ONU.

Le 4 juillet, Pyongyang s'était félicité de la réussite du lancement d'un missile qu'il a présenté comme son premier missile balistique intercontinental. Fin juillet, les Nord-Coréens ont effectué un nouveau tir de missile, destiné selon eux à «envoyer un sévère avertissement aux Etats-Unis, qui multiplient les remarques insensées [et à agiter] frénétiquement des sanctions».

Lire aussi : Alain Soral annonce vouloir demander l'asile politique en Corée du Nord

A 96 ans, un ancien comptable SS d’Auschwitz jugé apte à être emprisonné

Un ancien comptable du camp d’Auschwitz, qui avait été condamné à une peine de quatre ans de prison en 2015 pour complicité dans l'assassinat de 300 000 personnes, a été jugé apte à être emprisonné, à condition que certaines conditions soient remplies, selon l'AFP.

Etant donné son grand âge (96 ans), Oskar Gröning, ancien SS, avait demandé à ce que sa peine soit commuée en sursis, demande que le parquet a rejeté. Les médecins ont conclu que son emprisonnement serait «en principe envisageable», si notamment le centre de détention est équipé pour prodiguer les soins médicaux appropriés au détenu, a fait savoir Kathrin Söfker, porte-parole du procureur de Hanovre à l'AFP.

En 2015, Oskar Gröning avait été condamné à quatre ans de prison pour «complicité» dans le meurtre de 300 000 juifs. Il avait pendant son procès présenté ses excuses et évoqué une «faute morale». Selon la porte-parole du parquet jointe par l'AFP, l'exécution de la peine n'a pas encore été ordonnée. Le parquet devra statuer sur ce point. 

Plusieurs anciens nazis, souvent cantonnés à des rôles subalternes, ont été jugés en Allemagne au cours des dernières années pour des faits similaires. Après la guerre, de nombreux anciens cadres nazis, occupant parfois des postes importants dans l'administration, ont pu vivre en Allemagne et terminer leur vie sans être inquiétés. 

Lire aussi : Commémoration de la rafle du Vel d'Hiv

Renaissance de l’Education Populaire

La culture permet de rendre créatif. La créativité va contre la finance.

Réseau La Grenaille : http://lengrenage.blogspot.co.uk/p/la-grenaille.html

Éducation populaire :

http://www.reseaueducationpopulaire.info/

http://www.education-populaire.fr/

http://www.reseau-salariat.info

La nationaliste ukrainienne Savtchenko, animatrice de téléphone rose dans sa jeunesse

A 21 ans, l’ancienne militaire ukrainienne et désormais femme politique Nadia Savtchenko, en quête de travail à l’époque, découvrait une annonce invitant pour emploi «une jeune fille avec une jolie voix capable de discuter de tous les sujets». Après une interview où elle a été invitée de lire à haute voix une page d’un roman érotique, Savtchenko a été embauchée comme animatrice de téléphone rose.

«Oui, je l’ai fait», a raconté la députée dans une interview au site d’actualité ukrainien Glavcom. «Je me suis dit : "Tu es une actrice, tu peux le faire." Et le salaire était confortable à l'époque – 100 dollars de l'heure», a-t-elle ajouté.

Dans la même interview, Nadia Savtchenko a également partagé d’autres détails croustillants de sa vie passée, des douches communes dans l’armée ukrainienne à sa participation (en tant qu’invitée) dans une émission-compétition de médiums à la télévision.

L’ancienne pilote ukrainienne, qui a décidé de se lancer en politique à son retour de détention en Russie, est connue pour ses sorties fracassantes. En mars, par exemple, lors d’un autre entretien télévisé, elle a affirmé que les juifs occupaient en Ukraine «80% du pouvoir» et assuré qu'elle était «contre les youpins».

Nadia Savtchenko, ex-pilote de l’armée ukrainienne, avait été condamnée en mars 2016 par le tribunal de la région de Rostov-sur-le-Don à 22 ans d’emprisonnement pour complicité dans le meurtre de deux journalistes russes en 2014, et pour avoir franchi la frontière russe de manière illégale. Deux mois plus tard, le 25 mai, Vladimir Poutine l’avait graciée, c'est ainsi qu'elle avait pu rejoindre l'Ukraine. Deux citoyens russes arrêtés et condamnés en Ukraine, Alexandre Alexandrov et Evgueni Erofeïev, avaient en retour reçu la possibilité de regagner la Russie.

Après sa libération et son retour en Ukraine largement médiatisé, Nadia Savtchenko a choisi de poursuivre une carrière politique. Elue députée en 2014, deux ans avant son jugement en Russie, elle s'est déclarée dès son retour prête à assumer les fonctions de présidente de l'Ukraine, en annonçant comme premier objectif de «rendre Donetsk et Lougansk à Kiev».

22,5% de la population allemande est issue de l’immigration, selon les autorités du pays

Après avoir sondé 1% de la population allemande, le bureau fédéral des statistiques du pays (Destatis) a révélé que 22,5% des 82,4 millions d'habitants de l'Allemagne étaient des immigrés de première ou de seconde génération, c'est-à-dire, selon la définition de l'organisme public, des personnes ayant au moins un parent né sans la nationalité allemande.

Ce qui représente une proportion d'une personne sur quatre et constitue aussi une augmentation significative du nombre d'habitants d'origine étrangère, soit de 8,5% de la population allemande issue de l'immigration. Destatis a déclaré qu'il s'agissait de «la plus grande augmentation [annuelle] depuis que ce nombre a commencé à être mesuré en 2005».

«Cette augmentation exceptionnelle est principalement due à la forte immigration, notamment celle des réfugiés en 2015 et 2016» est-il expliqué sur le site internet de l'institution

Environ 1,6 million de migrants sont arrivés en Union européenne entre 2014 et 2016, selon les estimations des autorités, menant à la crise migratoire la plus importante sur le continent depuis la Seconde Guerre mondiale. Cette vague migratoire a notamment été encouragée par la politique d'ouverture des frontières décidée en 2015 par la chancelière Angela Merkel.

Alors que les autres nations européennes restent bien l'origine principale des personnes issues de l'immigration en Allemagne, Destatis nous apprend que 2,3 millions de personnes en Allemagne sont originaires du Moyen-Orient (soit une augmentation de 51% par rapport à 2011). 

En outre, 740 000 habitants viennent d'Afrique, ce nombre ayant aussi augmenté significativement, d'environ 46%, depuis 2011. 

«La Turquie reste le principal pays d'origine mais perd de son importance depuis 2011», note enfin le bureau fédéral.

Lire aussi : «Tout va s'écrouler» : les tribunaux allemands submergés par les réclamations des demandeurs d'asile

Tisa, Tpp, Tafta, Ceta, Jefta : le libre-échange en quelques acronymes (VIDEO)

Alors qu'ils visent à «délivrer» le monde des frontières économiques, certains accords de libre-échange semblent plus controversés que d'autres.

Une des principales critiques émises à leur égard repose sur le fait que ces traités sont parfois négociés dans le plus grand des secrets.

Aux quatre coins du monde, les acronymes du libre-échange !

Avez-vous déjà entendu parlé du TiSA (aussi connu sous le nom d'ACS : Accord sur le commerce des services) ? Un potentiel accord sur le commerce des services pour lequel 50 «Etats» sont concernés, parmi eux : l'Union européenne, la Suisse ou encore le Canada...

En juillet 2015, Nicolas Roux, des Amis de la Terre, livrait à RT France son point de vue sur le TiSA. En septembre 2016, WikiLeaks publiait des documents secrets concernant les négociations de ce traité. 

Le nom du TAFTA (également connu sous l'acronyme TTIP) vous est plus familier ? En effet, le traité de libre-échange transatlantique négocié entre l'UE et les Etats-Unis a été à l'origine de nombreuses vagues de protestation. Il rencontre une opposition particulièrement virulente en Allemagne.

Si l'on vous dit TPP ? En voilà un qui a connu quelques retournements de situation : en février 2016, l'accord de partenariat trans-pacifique est signé entre 12 pays des régions Asie-Pacifique et Amérique. Mais, conformément à une promesse de campagne, Donald Trump signe en janvier 2017 un décret qui désengage son pays de l'accord. Ce devait être la plus grande zone de libre échange du monde.

Passons au CETA... Signé entre l'UE et le Canada, ce traité devrait être appliqué provisoirement dès le 21 septembre.

Voilà qui devrait réjouir les quelques millions de signataires d'une pétition adressée en février 2017 au Parlement européen.

Un dernier pour la route ? Comme évoqué en introduction, le JEFTA est un accord de libre-échange entre l'UE et le Japon, qui devrait lever les droits de douanes sur des produits alimentaires importés des pays de l'UE.

Résolution de la crise libyenne: L’initiative française vise à exclure le rôle de l’Union africaine (UA)

Résolution de la crise libyenne: L’initiative française vise à exclure le rôle de l’Union africaine (UA)











Le magazine Jeune Afrique a évoqué l’initiative française ayant permis une rencontre à Paris entre le président du Conseil présidentiel libyen, Fayez Al-Sarraj et le chef de l’armée, le maréchal Khalifa Haftar.

Ainsi, le président français Emmanuel Macron semble vouloir exclure tout rôle de l’Union africaine (UA) en Libye.

L’Algérie est l’un des pays qui appuie le rôle de l’UA dans le règlement de la crise libyenne. Une approche que partagent beaucoup de pays africains.

Jeune Afrique citant de sources diplomatiques africaines a indiqué que la France avait isolé l’Instance panafricaine et l’Italie en tant qu’une nation cruciale vu les considérations historiques.

En effet, son ministre des Affaires étrangères, Angelino Alfano et des médias du pays ont lancé une campagne contre l’initiative "macronienne".

Selon des observateurs, l’initiative française intervient dans la mesure où la France se sente coupable des événements ayant secoué et plongé la Libye dans le chaos. L’intervention militaire de l’Alliance atlantique contre le leader libyen, Mouammar Kadhafi a été parrainée par la France.

Paris entend désormais faire de la Libye un camp pour les migrants clandestins en vue de les empêcher d’atteindre le vieux continent (Europe).

http://www.echoroukonline.com/ara/articles/530474.html

Alter Info l'Information Alternative

Une zone morte géante couvre le fond du golfe du Mexique

Une zone morte géante couvre le fond du golfe du Mexique











Une des plus grandes régions «mortes» du monde s’est formée au fond du golfe du Mexique. Elle est la triste conséquence des activités de certaines entreprises américaines.

Une «zone morte» d'une taille impressionnante a fait son apparition au fond du golfe du Mexique à cause de la pollution aux nitrates dont sont responsables des entreprises américaines de produits carnés, peut-on lire dans un nouveau rapport diffusé par l'organisation de protection de la nature Mighty Earth.

«Durant la seule année 2016, environ 1.500 million de tonnes métriques de polluants azotés ont été rejetées dans le golfe du Mexique (à la suite des activités des entreprises de produits carnés)», a indiqué l'organisation Mighty Earth dans son rapport.

Et de préciser que ce chiffre est supérieur de 170% à la quantité de substances nocives qui ont été «déversées dans le golfe à cause des fuites de pétroles par les entreprises BP».

https://fr.sputniknews.com/insolite/201708011032489848-zone-morte-golfe-mexique/

Alter Info l'Information Alternative

Un ex-comptable d’Auschwitz de 96 ans déclaré apte à la détention

Un ex-comptable d'Auschwitz de 96 ans déclaré apte à la détention











Oskar Gröning, ancien SS et comptable d'Auschwitz de 96 ans, est apte à purger sa peine de quatre ans de prison en dépit de son âge, a appris mercredi l'AFP auprès du parquet allemand.

"Le parquet a rejeté une demande de la défense pour (commuer la peine) en sursis" a indiqué Kathrin Söfker, porte-parole du procureur de Hannovre.
Le parquet a pris sa décision en tenant compte d'une expertise médicale.
"Le médecin a conclu que l'emprisonnement est en principe envisageable si certaines conditions sont remplies," a précisé Kathrin Söfker. Le centre de détention devra notamment mettre à disposition équipements et soins médicaux appropriés.
"L'exécution de la peine n'a cependant pas encore été ordonnée," a précisé la porte-parole. "Le parquet devra encore statuer là-dessus."

En 2015, Oskar Gröning avait été condamné à quatre ans de prison pour "complicité" dans le meurtre de 300.000 juifs. Il avait pendant son procès présenté ses excuses et évoqué une "faute morale."
Plusieurs anciens nazis ont été jugés en Allemagne au cours des dernières années pour des faits similaires, illustrant la sévérité accrue, mais très tardive, de la justice allemande.

https://www.lorientlejour.com/article/1065361/un-ex-comptable-dauschwitz-de-96-ans-declare-apte-a-la-detention.html

Alter Info l'Information Alternative

«Trahison !» : malgré sa promesse, Macron coupe 300 millions de dotations aux collectivités locales

Révélée par Libération le 1er août et confirmée dans la foulée par France Info, l'annulation de 300 millions d'euros de dotation globale de fonctionnement (DGF) des communes, départements et régions, ne passe pas chez les intéressés.

Et pour cause, le chef de l'Etat avait promis, le 17 juillet lors de la Conférence nationale des territoires au Sénat, qu'il ne toucherait pas aux dotations en 2018. Emmanuel Macron s'exprimait peu après l'annonce de réduction de 13 milliards d'euros dans le budget alloué aux collectivités locales d'ici à 2022 par Gérald Darmanin.

«Nous ne procéderons pas par baisse brutale de dotation», avait-il alors lancé avant de poursuivre : «La logique budgétaire, c’est de couper les dotations en 2018, nous ne le ferons pas.»

«Une trahison et une déception»

«C'est une trahison et une déception», a réagi auprès de France Info le 2 août Olivier Dussopt, député PS de l’Ardèche et président de l’Association des petites villes de France. «Le président demande 13 milliards d’effort, c’est considérable. Et quelques jours après on découvre un décret supprimant des moyens pour des collectivités», a-t-il ajouté. 

Le président du Comité des finances locales André Laignel, a lui dénoncé un «mauvais coup» de la part du gouvernement auprès de Libération

«Ils nous avaient promis le dialogue, la transparence… A aucun moment on ne nous a averti de ce mauvais coup financier», a-t-il affirmé. 

Lire aussi : «Aucune coupe budgétaire n'est prévue pour l'accueil des migrants», promet le ministre de la Santé

Un informaticien très connu en Syrie exécuté en détention

Un informaticien très connu en Syrie exécuté en détention











Un informaticien syrien connu, Bassel Khartabil Safadi, a été exécuté en 2015 trois ans après son arrestation par les forces du régime en pleine guerre dans le pays, a annoncé sa veuve.

Grand défenseur d'un meilleur accès à internet en Syrie avant le déclenchement du conflit, Safadi est de père palestinien et de mère syrienne. Des rumeurs sur son exécution en détention avaient circulé en 2015.

"Les mots me viennent difficilement au moment où je m'apprête à annoncer (...) la confirmation de la peine de mort et l'exécution de mon mari Bassel Khartabil Safadi", a écrit Noura Ghazi Safadi sur sa page Facebook dans la nuit de mardi à mercredi.

"Il a été exécuté quelques jours après avoir été transféré de la prison d'Adra (près de Damas) en octobre 2015. C'est une fin qui sied à un héros comme lui", poursuit sa veuve qui avait épousé Bassel Safadi alors qu'il était en détention.

"C'est une perte pour la Syrie, c'est une perte pour la Palestine, c'est une perte pour moi", ajoute-t-elle.

Bassel Safadi avait été arrêté en mars 2012 dans la foulée de la répression menée par le régime du président Bachar el-Assad contre la révolte pacifique déclenchée un an plus tôt.

Des pétitions et des appels d'ONG comme Human Rights Watch et Amnesty avaient été lancées pour la libération de l'informaticien, exécuté à l'âge de 34 ans.

Ce dernier était très connu dans la communauté mondiale dite de l'internet libre (open internet), qui prône une utilisation non restreinte de la toile.

Son travail était d'autant plus important dans un pays régi par régime autoritaire depuis plus d'un demi-siècle et où la censure est reine. Internet n'a été introduit en Syrie que dans les années 2000 avec des restrictions imposées sur plusieurs sites.

En 2016, HRW avait souligné que la détention de l'informaticien "semble être la conséquence directe de son travail légitime et pacifique pour la promotion et la protection du droit à la liberté d'expression".

Bassel Safadi a notamment contribué à des projets dits "open source" comme Mozilla Firefox ou Wikipedia.
Ayant lancé à Damas en 2010 Aiki Lab -dédié aux technologies collaboratives-, il a "permis aux gens d'avoir de nouveaux instruments pour s'exprimer et de communiquer", écrivait le Guardian dans un portrait de lui en 2015.

De quoi inquiéter le pouvoir à Damas, d'autant plus que les réseaux sociaux ont été le moyen de communication privilégiée des militants anti-régime pour couvrir la révolte.
Celle-ci, durement réprimée, s'est transformée en guerre civile sanglante qui a fait plus de 330.000 morts.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a lui aussi confirmé l'exécution de Bassel Safadi.
Plus de 60.000 personnes ont été exécutées ou sont mortes sous la torture dans les geôles du pouvoir, selon l'ONG qui estime à plus de 200.000 le nombre des détenus aux mains du régime.

https://www.lorientlejour.com/article/1065347/un-informaticien-tres-connu-en-syrie-execute-en-detention-veuve.html

Alter Info l'Information Alternative

«Aucune coupe budgétaire n’est prévue pour l’accueil des migrants», promet le ministre de la Santé 

Interpellée par des élus communistes lors de la visite du centre de mise à l'abri pour migrants d'Ivry-sur-Seine, la ministre de la Santé Agnès Buzyn s'est engagée à maintenir la contribution de l'Etat pour l'accueil de ces populations. 

«Sous la responsabilité de mon ministère, il n'est prévu aucune coupe budgétaire», a-t-elle déclaré le 1er août, citée par France info

L'accueil des réfugiés est l'un des rares secteur à voir ses moyens augmentés dans le prochain budget. La Défense (-850 millions d'euros), l'Intérieur (-500 millions), les collectivités locales (-300 millions) devraient en revanche souffrir de baisses massives, tandis que le budget alloué aux migrants devrait lui bénéficier d'une manne de 200 millions d'euros, selon Libération

Ce portefeuille, qui avait déjà augmenté de 40% entre 2012 et 2016, passant de 387 à 540 millions d'euros, devrait donc s'élever à 740 millions d'euros. 

Lire aussi : «Trahison !» : malgré sa promesse, Macron coupe 300 millions de dotations aux collectivités locales

Dans son rapport publié en février 2017, la Cour des comptes présentait les dépenses totales effectuées pour les demandeurs d'asile et soulignait une hausse de 60% de cette somme, sur cinq ans. «Pour les demandeurs d'asile, le coût global s'élèverait à 990 millions d'euros environ en 2013, contre 626 millions d'euros en 2009», peut-on lire dans le texte, qui précise que cela représenterait une dépense de 13 724 euros par bénéficiaire. Chiffre auquel il faut ajouter un milliard d'euros alloué au traitement des demandeurs déboutés, qui représentent chacun une dépense moyenne de 5 528 euros, selon les données de la Cour des comptes.

Des dépenses qui ne sont pas prêtes de se tarir au vu des projets de l'exécutif en la matière. Lors d'une visite d'un centre pour réfugiés à Orléans le 27 juillet, Emmanuel Macron avait annoncé la création de centres d'examen pour migrants en Libye, destinés à différencier les migrants économiques des réfugiés. 

«D'ici la fin de l'année, je ne veux plus personne dans les rues, dans les bois», avait-il alors martelé, à propos de la présence de migrants non-accueillis dans les centres en France.

Le ministre de l'Intérieur a par ailleurs d'ores et déjà annoncé l'ouverture de deux centres pour demandeurs d'asile dans deux communes des Hauts-de-France afin d'accueillir et d'examiner la situation des migrants actuellement présents à Calais.

Lire aussi : La police proteste contre les coupes du prochain budget et pourrait manifester à l'automne

Amalgame Antisionisme Antisémitisme : les « Justes » musulmans oubliés »

« Il faut tout refuser aux Juifs comme nation et tout accorder aux Juifs comme individus. Il faut qu'ils ne fassent dans l'Etat ni un corps politique ni un ordre. Il faut qu'ils soient individuellement citoyens ». Discours du comte de Clermont-Tonnerre devant l'Assemblée « Nous ne cèderons rien à l'antisionisme », « L'antisionisme est la forme réinventée de l'antisémitisme ». Emmanuel Macron
Amalgame Antisionisme Antisémitisme : les « Justes » musulmans oubliés »

Deux affirmations antagoniques qu'il nous faut expliciter en traçant l'évolution de la communauté juive qui graduellement a pris ses distances du corps social pour une hypothétique communauté prise en charge non pas uniquement sur le plan religieux mais aussi sur le plan politique car il n'est un secret pour personne que le CRIF qui revendique - à tort d'après notamment les juifs non pratiquants - le monopole de parler au nom de tous les Juifs de France est de fait au fil des ans la caisse de résonance d'un Etat étranger (Israël) en France. On comprend de ce fait l'évolution du discours depuis le marquis de Clermont-Tonnerre et bien plus tard le général de Gaulle puis François Mitterrand pour qui la France n'a rien à voir dans sa responsabilité dans la rafle du Vel'd'Hiv. Ce ne sont plus uniquement que des citoyens français. Changement de décor avec Jacques Chirac qui ouvrit la voie à la repentance en 1995, Emmanuel Macron va plus loin, il invite le Premier ministre d'un Etat étranger à commémorer ensemble le souvenir de la rafle du Vel'd'Hiv. Jusqu'à François Mitterrand, les présidents qui se sont succédé avaient tous nié la responsabilité de la France et « Je ne ferai pas d'excuses au nom de la France. La République n'a rien à voir avec ça. J'estime que la France n'est pas responsable », avait déclaré le président socialiste en 1994.

« En juillet 1995, lit-on sur l'Express, Jacques Chirac est le premier président français à avoir reconnu la responsabilité française dans la déportation des Juifs ». Une position depuis reprise par ses successeurs. « Ce sont bien des policiers français qui sont alors allés chercher des Juifs. Vichy, c'était le gouvernement de la France ». « Je récuse les accommodements et subtilités de ceux qui prétendent que Vichy n'était pas la France », « Vichy, ce n'était certes pas tous les Français mais c'était le gouvernement de la France et l'administration de la France », a martelé le chef de l'Etat. « Ce fut l'oeuvre de la police française sous les ordres de Pierre Laval et du préfet René Bousquet ». « C'est la réalité et c'est un crime contre l'humanité. Je suis pour regarder notre passé en face, y compris dans les pages les plus sombres, pour dire la vérité que nous devons à nos concitoyens », avait-il martelé. C'est la culpabilité collective de toute la France et de tous les Français que professe ainsi Emmanuel Macron (1).

Entre les 16 et 17 juillet 1942, plus de 13.000 personnes, dont près d'un tiers étaient des enfants, ont été arrêtées à Paris et en banlieue pour être déportées. Effectuée à la demande du Troisième Reich, (…) les Juifs de nationalité française ont été exclus temporairement de cette rafle qui concerna essentiellement les Juifs, étrangers ou apatrides, réfugiés en France dont plus de quatre mille enfants, souvent français nés de parents étrangers. (…) Où était la souveraineté nationale française en 1942 ? A Berlin. Le gouvernement fantoche de Vichy n'avait en réalité aucune souveraineté, aucun pouvoir, et à ce titre, la personnalité juridique de la France (qui lui est consubstantielle) était, de facto, suspendue. (2)

L'historien israélien Shlomo Sand, professeur d'histoire à l'université de Tel-Aviv, agacé par l'invitation de Benjamin Netanyahu à la commémoration de la rafle du Vel'd'Hiv, mais plus encore par l'affirmation d'Emmanuel Macron, lui écrit : « Reprenant les mots d'Emmanuel Macron, selon qui ‘l'antisionisme est la forme réinventée de l'antisémitisme', Shlomo Sand se demande si ces propos avaient pour but de ‘complaire' au chef du gouvernement israélien, ou si ceux-ci relèvent ‘purement et simplement une marque d'inculture politique'. L'ancien étudiant en philosophie, l'assistant de Paul Ricœur a-t-il si peu lu de livres d'histoire, au point d'ignorer que nombre de Juifs, ou de descendants de filiation juive se sont toujours opposés au sionisme sans, pour autant, être antisémites ? Je fais ici référence à presque tous les anciens grands rabbins, mais aussi aux prises de position d'une partie du judaïsme orthodoxe contemporain », Tout d'abord, le sionisme n'est pas le judaïsme, contre lequel il constitue même une révolte radicale, explique l'historien. (…) La colonisation des territoires palestiniens a pourtant pu nourrir une opposition au sionisme jusque dans les rangs de la société israélienne, dont Shlomo Sand fait partie. « Je ne peux pas être sioniste. Je suis un citoyen désireux que l'Etat dans lequel il vit soit une république israélienne, et non pas un Etat communautaire juif. A votre avis, monsieur le Président : cela fait-il de moi un antisémite ? », conclut l'historien israélien. (3)

Non, l'antisionisme n'est pas un antisémitisme réinventé
C'est par ces mots que Sylvain Cypel réagit à la déclaration d'Emmanuel Macron : « Nous ne céderons rien aux messages de haine, à l'antisionisme parce qu'il est la forme réinventée de l'antisémitisme ». On ne sait si, par ces mots, le président Emmanuel Macron a simplement espéré gagner opportunément les faveurs de Benyamin Netanyahu, ou s'il a énoncé une conviction plus profonde. Mais dans les deux cas, il a eu tort. Quant au fond, l'assimilation de l'antisionisme à une nouvelle mouture de l'antisémitisme est une erreur funeste. Cette assertion est l'une des clefs de voûte depuis des décennies de la hasbara, la communication israélienne. (…) Il en va de même de l'idée selon laquelle l'antisionisme serait la version moderne de l'antisémitisme. D'abord parce que l'antisionisme n'est pas une idéologie très définie. Historiquement, il a consisté à récuser l'idée d'une solution nationaliste à la question juive. Aujourd'hui, il y a en Israël des gens qui se disent antisionistes par simple hostilité à une occupation des Palestiniens menée au nom même du sionisme » (4)
« D'autres se disent « post-sionistes » parce qu'à leurs yeux, l'ambition du sionisme étant la constitution d'un Etat juif, son existence annule d'autorité la nécessité du sionisme. Je connais enfin des Israéliens tout à fait sionistes qui sont si révulsés par la politique de Netanyahu qu'ils se disent honorés d'être traités d'« antisionistes » par un gouvernement d'extrême droite raciste et colonialiste. Ces derniers remplissent par exemple les rangs d'une ONG comme Breaking the Silence, qui regroupe des soldats dénonçant les crimes commis par leur armée contre des Palestiniens et dont plusieurs des dirigeants sont des officiers et aussi des juifs pieux. Ils ne sont pas antisémites. Ils sont même l'honneur d'Israël. (…) si le sionisme, comme le prône Netanyahu, consiste à exiger la reconnaissance d'Israël pour mieux empêcher le droit des Palestiniens à l'autodétermination, alors je suis antisioniste. Serais-je donc antisémite ? » (4)

Une vérité à marteler : l'antisionisme n'est pas de l'antisémitisme
Pour Théodore Herzl,le fondateur du sionisme cité par Hannah Arendt « Sionisme et judaïsme ne sont pas la même chose, mais deux idées différentes et sûrement contradictoires. Le sionisme n'est pas une oeuvre de bienfaisance. Nous avons besoin de Juifs de « qualité supérieure ». Cependant, je crois que l'antisémitisme, qui représente parmi les masses un courant puissant et inconscient, ne portera pas tort aux Juifs. « Les antisémites seront nos amis les plus dévoués et les pays antisémites nos alliés ». Les paroles de Theodor Herzl, fondateur de l'Etat juif en puissance, sont pour nous une révélation car on peut comprendre que le moteur de la politique israélienne a comme carburant l'antisémitisme des autres, cela rend les Israéliens plus forts tout en faisant condamner les contrevenants par la police de la pensée occidentale. Le terme antisémite fut utilisé pour la première fois en 1860 par l'intellectuel juif Moritz Steinschneider dans l'expression « préjugés antisémites » (« antisemitische Vorurteile »), afin de railler les idées d'Ernest Renan qui affuble les « peuples sémites, de tares culturelles et spirituelles ». (5)

L'amalgame entre antisionisme et antisémitisme
Le glissement qui s'est opéré a permis de passer de l'aspect ethnique à l'aspect religieux et partant d'arriver à l'antijudaïsme, excluant du même coup les Arabes. Manuel Valls lié à Israël d'une façon éternelle n'hésita pas lors d'un dîner du CRIF à insister sur l'équivalence : il y a l'antisionisme, c'est-à-dire tout simplement le synonyme de l'antisémitisme et de la haine d'Israël ». L'amalgame, écrit Eric Hazan, avec l'antisionisme, c'est-à-dire le refus de la politique actuelle d'Israël de quitter les territoires occupés depuis 1967, n'est pas l'antisémitisme. Les Palestiniens, qui sont eux aussi des Sémites, ne peuvent pas être contre eux-mêmes. D'un côté, il y a ceux qui défendent un Etat juif tout puissant ; de l'autre, des partisans d'un Etat commun où Juifs et Arabes vivraient en égaux. Entre les deux, la question de la souveraineté d'Israël. Mais sérieusement, qu'est-ce au juste que « l'antisionisme ? ». La réponse des dîners du CRIF repose sur deux assertions successives : l'Etat d'Israël parle au nom des Juifs du monde entier ; par conséquent, être « antisioniste », critiquer la politique israélienne, c'est dénigrer non seulement le gouvernement israélien, mais la population du pays et l'ensemble de tous les Juifs - c'est de l'antisémitisme. (…) Non, condamner la politique coloniale d'Israël n'a rien à voir avec l'antisémitisme (…) ».(6)

Enfin, signe d'une gangrène des mentalités, l'amalgame antisionisme-antisémitisme a été acté par le Parlement européen Le 1er juin, le Parlement européen a adopté une résolution « sur la lutte contre l'antisémitisme » appelant les Etats membres et les institutions bruxelloises à prendre des mesures supplémentaires pour combattre « les discours de haine et toutes les formes de violence à l'égard des citoyens juifs européens ». (…) Les cas d'antisémitisme « pourraient inclure le fait de prendre pour cible l'Etat d'Israël, conçu comme une collectivité juive ». (…) Dans un communiqué, le CRIF s'est félicité de l'adoption de la résolution par le Parlement européen, approuvant le fait qu'elle « identifie […] l'antisionisme à une nouvelle forme d'antisémitisme ». (7)
Les musulmans qui ont sauvé les Juifs
Les Juifs traqués et déportés étaient bien seuls ! A part les « sauveurs » peu nombreux. le Français était en général passif par peur lors de la déportation des Juifs, car il faut avoir à l'esprit l'ambiance de l'époque, l'extrême droite de Doriot le régime de Vichy tout concourt à désigner les Juifs les boucs émissaires et les rares personnes françaises qui sauvèrent les Juifs ont leur nom au mémorial israélien de Yad Vashem les « Justes parmi les nations » ont sauvé des Juifs pendant la guerre, souvent au risque de leur vie. 3.550 personnes ont été formellement identifiées comme Justes par Yad Vashem Le Mémorial de la Shoah, auquel la Fondation pour la Mémoire de la Shoah apporte un soutien financier, a réalisé, à proximité du Mur des Noms où sont gravés les noms des 76.000 Juifs déportés de France, sur le mur extérieur du Mémorial, en hommage aux 2.693 personnes reconnues « Justes parmi les nations » en France. (8)

Même en France, un monument des « Justes parmi les nations » de France a été inauguré par le président Jacques Chirac le 2 novembre 1997 dans la clairière des Justes de la forêt domaniale du Château de Ripaille, sur le territoire de la commune de Thonon-les-Bains en Haute-Savoie. Le 18 janvier 2007, Jacques Chirac et Simone Veil, présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et ancienne déportée, ont inauguré une inscription dans la crypte du Panthéon de Paris, en présence de nombreuses personnalités dont le prix Nobel de la paix Elie Wiesel. Il s'agit de l'« hommage de la Nation aux Justes de France », « Justes parmi les nations » ou héros anonymes qui ont sauvé des milliers de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Le titre de « Justes parmi les nations » a été décerné à cette date à 2.725 Français.

Nous allons dans ce qui suit relever le travail remarquable de « justes algériens » qui ont au péril de leur vie sauvé des Juifs et même des combattants alliés comme FTP Francs-tireurs partisans. Ceci nous est révélé par un document exceptionnel naturellement ignoré à la fois par les autorités israéliennes mais aussi françaises qui ont exclu ces Algériens de l'hommage qui leur est dû. Nous lisons un tract lancé par les émigrés algériens demandant de s'occuper des enfants juifs : « Hier à l'aube, les Juifs de Paris ont été arrêtés. Les vieux, les femmes et les enfants. En exil comme nous, travailleurs comme nous. Ils sont nos frères. Leurs enfants sont comme nos propres enfants - ammarach nagh. Celui qui rencontre un de ses enfants doit lui donner un abri et la protection des enfants aussi longtemps que le malheur - ou le chagrin - durera. Oh, l'homme de mon pays, votre coeur est généreux » - Tract rédigé en tamazigh circulant parmi les émigrés algériens kabyles lors de la rafle des Juifs le 16 juillet 1942 à Paris.

Les émigrés algériens - sous prolétariat français - pendant la colonisation avaient décidé d'aider les Juifs à s'enfuir et les ont cachés. Ce mot « Ammarach nagh », « Ce sont comme nos enfants » traduisant par-là le sacrifice à faire pour sauver des enfants juifs… qui sont comme nos enfants Pour montrer comment 100.000 Algériens de Paris ont traversé la Seconde Guerre mondiale. Aurélie Champagne du site « Rue 89 » écrit : « Les temps sont durs. Younès, le héros, vit du marché noir et nourrit sa famille restée en Algérie. Quand il se fait arrêter, il est contraint de passer un marché avec la police vichyssoise : il doit espionner la communauté maghrébine qui fréquente la Mosquée de Paris et son recteur, Si Kaddour Benghabrit. Le jeune homme découvre rapidement que le recteur protège des syndicalistes et délivre de fausses attestations de foi musulmanes à des familles juives. Il rencontre aussi Salim Halali, étoile des cabarets arabes, qui animent la vie festive de l'époque ». (9)
En parlant du recteur Si Kaddour Benghabrit, Benjamin Stora déclare : « Ah ! Que dire de ce personnage... Il est très proche de la cour du sultan du Maroc. Il est recteur, c'est un homme de foi, mais c'est surtout un homme politique. Dans Les Hommes libres, Benghabrit ne protège pas seulement les membres de sa communauté - alors que ‘tout le monde de gauche et l'univers syndical n'existent plus, que plus rien n'existe'. A part le préfet Jean Moulin qui a refusé d'obéir, tous les préfets et toutes les institutions ont accepté de collaborer ». Si Kaddour Benghabrit, le fondateur de la Mosquée de Paris, aura dirigé ce lieu religieux durant la période d'Occupation. (9)

Dans le film La Mosquée de Paris, une résistance oubliée, réalisé en 1991, Derri Berkani rapporte que durant la Seconde Guerre mondiale et l'occupation de la France par l'Allemagne nazie, la Mosquée de Paris sert de lieu de résistance pour les musulmans vivant en France. Les Algériens du FTP (Francs-tireurs partisans) avaient pour mission de secourir et de protéger les parachutistes britanniques et de leur trouver un abri. Les FTP ont par la suite porté assistance à des familles juives, des familles qu'ils connaissaient, ou à la demande d'amis, en les hébergeant dans la mosquée, en attente que des papiers leur soient fournis pour se rendre en zone libre ou franchir la Méditerranée pour rejoindre le Maghreb. Le docteur Assouline a comptabilisé 1.600 cartes alimentaires (une par personne) qu'il avait fournies à la Mosquée de Paris pour les Juifs qui y avaient trouvé refuge. A la mosquée, écrit Albert Assouline, il n'y avait pas de limite à l'hébergement (1.732 personnes au total de 40 à 44, les adultes dans les sous-sol, les enfants au-dessus). Des employés de la Mosquée de Paris établirent une série de faux documents, rédigés en graphie turque ancienne, et sauvèrent ainsi une centaine de personnes. Ces faits sont relevés dans l'ouvrage d'Annie Benveniste « Le Bosphore à la Roquette ». (10)

Voici le témoignage Annette Herskovits, elle-même « enfant cachée », lors de la Seconde Guerre mondiale : « La mosquée était le lieu de résistance composé de personnes issues de la région montagneuse de l'Algérie, la Kabylie. Le réseau kabyle communique dans leur langue, le berbère, le tamazight, ce qui rendait presque impossible l'infiltration. L'accès aux égouts de Paris était situé directement sous la mosquée, ce qui a fourni une voie pour s'échapper. (…) Une femme a témoigné être sortie de Paris sur une péniche, un Kabyle tenant la barre a pris des fugitifs cachés dans sa cargaison pour le sud de la France. Ainsi de là, les fugitifs pouvaient être introduits clandestinement en Algérie ou en Espagne. Le 16 juillet 1942, la police de Paris a entrepris d'arrêter 28.000 Juifs sur les ordres du gouvernement français collaborationniste de Vichy. Plus de 4.000 enfants âgés de 2 à 16 ans ont été parmi les personnes arrêtées. Le deuxième jour, un tract a été distribué à travers les hôtels misérables où vivaient les travailleurs algériens immigrés. Le tract, en tamazight, a été lu à voix haute pour les hommes pour la plupart analphabètes « Amm arrac nnagh » « Comme nos enfants ». (11)

La piétié musulmane pour l'humanité
On remarquera au passage, outre le sauvetage des Juifs, ces « invisibles » faisaient partie de la Résistance. Voilà encore un fait de bravoure à mettre à l'actif de « l'oeuvre positive des colonisés pour la France ». Ces Invisibles n'ont que faire de la reconnaissance en tant que « justes ; tsadikin » de la part de Yad Vashem. Ils ont fait leur travail dignement en accord avec leur honneur et leur religion. Il ne faut pas croire que ces faits de la part des musulmans est un fait isolé. Pour comprendre cette empathie naturelle des musulmans envers le genre humain et montrer que ce qui est arrivé en 39-45 n'est pas une singularité, rappelons-nous l'exemple de l'Emir Abdelkader. Et sa célèbre phrase quand il sauva plusieurs centaines de chrétiens lors des émeutes de Damas « Mes frères, votre conduite est impie ! Les chrétiens, tant qu'un seul de ces vaillants soldats qui m'entourent sera debout, vous ne les aurez pas, ils sont mes hôtes ». (12)

On sait que la Turquie fut sommée de livrer les Juifs étrangers. Nous voulons rapporter le dévouement admirable d'un consul turc en France qui prit tous les risques. C'était en mars 1942. Son père Beli Arbel exerçait alors les fonctions de consul général de Turquie à Marseille. « Un jour, quelqu'un que je ne connaissais pas est venu voir mon père et lui a dit qu'il fallait qu'il se rende en Corse ». Beli Arbel part sans hésiter et traverse la mer avec sa femme et son fils. (...) Alors qu'il vient d'arriver en Corse en ce printemps 1942, le petit Niel ignore tout des activités de son père, il a bien d'autres jeux en tête. Son père, lui, disparaît le matin en voiture et rentre le soir. Sa tournée doit rester discrète. Dans sa serviette, des passeports vierges à l'intention des Juifs de Corse qui devront faire l'objet d'une mesure de comptage par les autorités de Vichy. Sinistre besogne qui présage un départ sans retour pour l'Allemagne. Or, du fait que la Turquie reste neutre dans le conflit, les Juifs devenus citoyens turcs par naturalisation se retrouvent de facto « immunisés » par ce passeport dûment délivré par le consulat général de Marseille dont dépend la Corse, et par voie de conséquence, sauvés de la déportation qui s'intensifie depuis 1941. Les deux représentants de la République, le préfet de la Corse Paul Balley à Ajaccio et à Bastia le sous-préfet Pierre-Henry Rix prêtent leur concours attentif. (13)

Pïerre-Henry Rix confirme la naturalisation des Juifs de Corse au cours d'entretiens qu'il a eus en 1947 avec le général de Gaulle à La Boisserie. Il écrit : « Je lui ai raconté comment, grâce au chargé d'affaires permanent de Turquie à Vichy, M. Bedi Arbel, dans l'après-midi du 21 mars 1942, tous les Juifs de mon arrondissement furent dotés de la nationalité turque… Ainsi, quelques semaines plus tard, l'envoyé de Vichy pour les affaires juives repartait bredouille ». Dans son journal, Pïerre-Henry Rix, le sous-préfet de Bastia indique qu'il avait fait part au consul de Turquie de « certaines menaces » pesant sur les Israélites de son arrondissement. Tous les Juifs de la région de Bastia deviennent ottomans « (…) je lui ai cédé tous les Israélites de mon département, qui vont être déclarés sujets ottomans et qui échapperont à ce titre aux mesures vexatoires dictées par Vichy ». (12)
Dans la seule région de Marseille, le chiffre de 20.000 passeports est avancé. Le consul Beli Arbel disposait également de laissez-passer turcs pour traiter les cas les plus urgents. (…) Pour autant, grâce à ces vrais-faux passeports portant le sceau officiel de la Turquie et avec l'aide de l'administration française, la Corse n'a pas livré ses Juifs, contournant ainsi d'habile façon les lois de Vichy. Niel Arbel, le fils du consul, se dit fier de l'attitude de son père durant la guerre. Car « celui qui sauve une vie sauve l'humanité tout entière ». (13)
On sait qu'en 1943, l'Allemagne occupe l'Albanie. Les Albanais refusent aussi de donner les listes de Juifs albanais et étrangers. Ils les cachent, les intègrent à la population, leur apprennent les travaux des fermes ou les emploient dans leur petit commerce. « Nous étions des musulmans très pratiquants. C'était évident qu'il fallait aider les gens en difficulté et inconcevable de dénoncer des Juifs ». « Dans notre foi musulmane, sauver une vie c'est gagner le paradis. BESA est un fruit de Coran ». « Tous ceux qui frappent à ma porte sont une bénédiction de Dieu ». On estime de 600 à 1.800 Juifs réfugiés dans ce pays, souvent en route pour la Palestine. (14)

Le devoir humanitaire des dirigeants maghrébins
Le Maghreb a fait son devoir vis-à-vis des Juifs, notamment maghrébins. On dit que « Mohammed V était consterné par les lois raciales de Vichy. Les sujets juifs de Sa Majesté sont définis par leur foi et non par la race. Le roi entre publiquement en dissidence, selon une note du Quai d'Orsay, lorsqu'il déclare aux notables juifs invités à la fête du Trône « Je n'approuve nullement les nouvelles lois anti-juives et je refuse de m'associer à une mesure que je désapprouve. Il n'y a pas de Juifs il n'y a que des sujets marocains », avait répondu le roi au représentant de la France de Vichy avant de l'inviter à prévoir 150 étoiles jaunes pour la famille royale si cette disposition venait à être adoptée. Refusant tout contact avec l'administration, il invita ostensiblement tous les rabbins du Maroc à la fête du Trône en 1941 », rappelle Serge Berdugo. (15)

Un autre Juste méconnu :
Le professeur Ali El Okbi, médecin en 1941, rejoint en 1941 l'hôpital franco-musulman de Bobigny (…). Dès 1941, pendant l'occupation allemande, l'hôpital devient un centre de soins pour les résistants malades, organisé autour du docteur Ali El Okby et d'Ahmed Somia qui hospitalise les cas médicaux dans le service de pneumologie. André Meunier, interne en chirurgie, Alice Rollen, la pharmacienne, Abdelhafid Haffa, le concierge, et Georgette, son épouse, participent à cette activité avec la complicité active ou passive du personnel paramédical. Cette activité clandestine finit par se transformer en un groupe, la « Résistance hospitalière », lié d'abord puis intégré à la « Résistance de Bobigny et des communes voisines ». De plus, Ali El Okbi faisait parti du réseau « Etienne ». Ainsi de nombreux résistants, des soldats alliés, des évadés, des Juifs et des réfractaires au service du travail obligatoire (STO), décrété en 1943 par Vichy, menaçant des milliers de Français de partir en Allemagne, ont trouvé refuge et protection à l'hôpital Bobigny et échappé à la milice de Vichy et à la Gestapo, grâce à l'action responsable et courageuse des médecins de Bobigny. Ces derniers ont mis également leurs compétences médicales au service de la population locale, durement touchée par les privations de l'occupation et ont ainsi permis l'ouverture de l'hôpital à tous, sans distinction d'origine ou de religion. Au lendemain de la libération de Paris, en 1945, en reconnaissance de sa qualité de Résistant et de son assistance aux soldats alliés, Si Ali reçoit deux attestations décernées l'une par le général Dwight Eisenhower, commandant en chef des forces alliées en Europe, l'autre par son adjoint, le Britannique Arthur William Tedder. Pour les mêmes raisons, la médaille de chevalier de la Légion d'Honneur lui est attribuée, le 27 août 1954 ».(16)

La reconnaissance en tant que « justes » : Une injustice pour une non revendication
On peut s’étonner du fait que ces bons points soient distribués généreusement pour certains et totalement interdits pour des motifs divers dont le plus décisif : « cela ne présente pas un danger pour le sauveur » ? Il est important pour ceux qui sont en charge de ne jamais présenter ces actes de bravoure de la part des musulmans par contre parler ad nauseam de l’entrevue d’Hitler avec l’imam de la mosquée de Jérusalem est donné pour diaboliser toute une religion
Dans ce cadre comme nous lisons la contribution suivante qui revient sur le personnage du recteur de la mosquée de Paris : « Kaddour Ben Ghabrit, un Juste musulman oublié Le livre de Mohammed Aïssaoui permettra-t-il de faire avancer la reconnaissance de Kaddour Ben Ghabrit comme Juste des Nations ? L'auteur de " L'étoile jaune et le croissant " apporte quant à lui de nouveaux éclairages sur la personnalité du fondateur de la Grande Mosquée de Paris. Ben Ghabrit, avec l'aide de son imam Si Mohamed Benzouaou, aurait aidé des Juifs. Il aurait notamment fourni une fausse attestation au chanteur Salim Halali.. Un dossier est ouvert à la commission des Justes de Yad Vashem mais il manque de témoignages probants. Il cite notamment celui de Serge Klarsfeld, dont la mère a pu obtenir de faux papiers faisant d'elle une musulmane, celui du fils d'une infirmière juive (Oro Tardieu-Boganim), et surtout celui de Philippe Bouvard. Le journaliste-humoriste, qui jusqu'alors n'avait guère rappelé ses origines juives, évoque comment sa mère Andrée Gensburger, juive alsacienne, fit appel à Ben Ghabrit pour faire libérer son père adoptif, Jules Luzzato, arrêté par les Allemands ». (17)
« S'il n'existe aucun Juste musulman en France, Yad Vashem, dont la procédure de reconnaissance est particulièrement stricte, en a reconnu soixante (Bosniaques et Albanais), dont un Turc. Il s'agit du diplomate Selahattin Ülkümen (1914-2003), consul général à Rhodes en 1943 et 1944, Juste depuis 1989. D'autres musulmans, s'ils ne sont pas Justes, ont incontestablement sauvé des Juifs. Citons Necdet Kent, vice-consul à Marseille entre 1942 et 1945. L'action de Namik Kemal Yolga, ambassadeur de Turquie à Rome, Paris, Caracas, Téhéran, Moscou, est par contre contestée par certains historiens (notamment Esther Benbassa). Mentionnons également le rôle éminent d'Abdol Hussein Sardari, consul iranien de Paris en 1940, qui sauva 1200 juifs d'Europe en leur donnant la nationalité iranienne. Yad Vashem l'avait interrogé en 1978, trois ans avant sa mort, interrompant l'enquête initiée pour sa reconnaissance comme Juste ». (17)
Est-ce par empathie que l'Etat d'Israël demande justice ou exploite-t-il le filon de la culpabilité ad vitam aeternam de l'Occident, se voulant seul attributaire des millions de dollars de « réparation » à l'endroit des rescapés des camps de la mort ? La réalité est tragique : « En Israël, des dizaines de milliers de survivants de l'Holocauste vivent sous le seuil de pauvreté. C'est ce que révèle le quotidien Haaretz daté du 24 avril dernier. Selon ce journal, 66% des survivants de l'Holocauste vivraient avec moins de 3.000 shekels par mois (soit environ 600 euros) Un tiers d'entre eux vivent seuls, ne disposant par conséquent d'aucune compagnie. Yediot Aharonot ajoute que sur les 193.000 survivants de la Shoah vivant en Israël, 50.000 vivent dans la pauvreté et 1.000 meurent chaque mois ». (18)

On peut admettre que les Israéliens et non les Juifs reconnaissants ont intérêt à minimiser l'apport des musulmans qui ont sauvé les Juifs d'une mort certaine, Cependant, on ne peut pas comprendre que personne parmi les historiens n'ait essayé de comprendre pourquoi les musulmans des trois continents (Europe, Asie, Afrique), ont été amenés, certaines fois au péril de leur vie, à sauver des Juifs abandonnés à la machine de mort allemande. Les « Justes » musulmans oubliés ? Pourquoi ces indigènes n'ont pas vu leur nom dans le Mémorial français de la mémoire de la Shoah Ces musulmans qui ont aidé à alléger les souffrances des Juifs au moment de leur détresse n'attendent pas de médaille. Ils ont fait ce que leur conscience, leur tradition de secours aux malheureux, et leur religion leur ont dicté ». (19)


Notes :

1. http://www.lexpress.fr/actualite/politique/rafle-du-vel-d-hiv-emmanuel-macron-dans-les-pas-de-jacques-chirac_1927718.html  ;

2. Ph. Huysmans http://www.levilainpetitcanard.be/articles/edito/responsabilite-de-la-france-rafle-du-veldhiv_1506532087 (2)

3. https://francais.rt.com/international/41231-antisionisme-antisemitisme-shlomo-sand-macron  ;

4. Sylvain Cypel Orient XXI, Sylvain Cypel, 19-07-2017

5. C.E. Chitourhttp://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/une-verite-a-marteler-l-182110  ;

6. Eric Hazan http://www.liberation.fr/debats/2016/05/04/le-boycott-d-israel-n-est-pas-de-l-antisemitisme_1450552  ;

7. http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=TA&language=FR&reference=P8-TA-2017-0243  ;

8. https://fr.wikipedia.org/wiki/Juste_parmi_les_nations  ;

9. Aurélie Champagne : http://www.rue89.com/2011/09/27/les-hommes-libres-lhistoire-oubliee-des-arabes-occupes-22366527/09/2011  ;

10. http://mosquee-de-geispolsheim.over-blog.org/article-la-mosquee-de-paris-une-resistance-oubliee-1940-44-54521608.html 27 juillet 2010

11. http://kabylemag.com/2011/09/25/ces-kabyles-qui-ont-sauve-des-juifs-des-nazis/24.10.2006  ;

12. Pierre-Henry Rix :Par le portillon de La Boisserie. Nouvelles Editions Latines. 1974

13. http://www.corsematin.com/article/papier/mars-1942-les-juifs-de-corse-sauves-par-un-passeport-turc 10 septembre 2011

14. http://www.un-echo-israel.net/Des-Musulmans-sauvent-des-Juifs le 24 janvier

15. http://dafina.net/forums/read.php?48,95361 95478.

16. http://www.leaders.com.tn/article/2496-professeur-ali-el-okbi-15-juillet-1916-29-mai-1984  ;

17 :http://etoilejaune-anniversaire.blogspot.ca/2012/10/kaddour-benghabrit-juste-oublie.html
18. http://fr.sott.net/article/20938-50-000-survivants-de-la-Shoah-meurent-de-faim-en-Israel  ;

19. http://www.legrandsoir.info/an-nom-des-valeurs-humanitaires-de-l-islam-les-musulmans-qui-ont-sauve-les-juifs-des-massacres-d-hitler.html  ;
P.-S.


Article de référence http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5247901

Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Polytechnique Alger
 

Alter Info l'Information Alternative

Saboter pour de bon les relations entre USA et Russie

Saboter pour de bon les relations entre USA et Russie

 
 

    La stratégie que l’État profond des États-Unis entend mettre en œuvre pour saboter une fois pour toutes les possibilités de rapprochement entre USA et Russie, est en train de se révéler.
 

    Après des mois de débat sur la piètre qualité des relations entre les USA et la Russie, le G20 a donné aux deux dirigeants l’occasion de se rencontrer et de commencer à discuter des divers problèmes faisant face aux deux pays. Dans les jours qui ont suivi le sommet de Hambourg, le Kremlin et la Maison Blanche ont révélé que Poutine et Trump se sont rencontrés seuls à trois reprises pour parler de la manière d’améliorer leurs relations. La mise en vigueur du cessez-le-feu dans le sud de la Syrie, était donc le premier pas dans la nouvelle direction fixée par Washington et Moscou.
 

    Chose facilement prévisible, n'ayant pas apprécié cette perspective de coopération, l'État profond a aussitôt lancé ses grands médias contre Trump, car ses réunions répétées avec Poutine au G20, semblaient suggérer une sorte de collusion, comme si les dirigeants de deux puissances nucléaires n’avaient même pas le droit de se parler. Manifestement ennuyé par ces rencontres, le sabotage des relations entre la Russie et les USA a pris un tour nouveau. Le précédent cessez-le-feu en Syrie, obtenu par Kerry et Lavrov il y a un an, durant l'administration Obama, avait été saboté par l'attentat de l’armée de l’air US contre les troupes syriennes à Deir ez-Zor, qui avait tué et blessé plus d'une centaine de soldats syriens. Cette affaire laissait penser qu’il existait une sorte de collusion entre Washington et les terroristes, car elle avait permis à Daesh d’attaquer les positions gouvernementales. Moscou a immédiatement interrompu toute communication de militaire à militaire avec Washington, un arrangement qui avait été conclu entre Lavrov et Kerry avec le cessez-le-feu.
 

    Semblant cette fois-ci plus raffinée, la stratégie ne recourt certainement pas à l'action militaire. À la suite de l'incident à Deir ez-Zor, du bombardement de la base syrienne et de l’abattage du Su-22 syrien, toute autre provocation militaire US déclencherait une réaction sévère de la part du camp russe, au risque d’une escalade que même les militaires US ne semble pas disposés à risquer. Pour cette raison, il semble que l’approche choisie compte plus sur la législation que sur la force militaire.
 

    Le Sénat a voté d’une manière écrasante l’imposition de nouvelles sanctions, dont le principal objectif est de priver le Président Trump du pouvoir de mettre fin aux sanctions contre la Russie sans que Moscou fasse d'abord montre de bonne volonté pour résoudre les points de friction entre les deux pays. Parmi les points de discorde, il y a la situation en Ukraine et en Syrie, les armes nucléaires, le prétendu piratage des élections US et l'intention supposée de Moscou d'envahir les États baltes. Faux-fuyants, mensonges et désinformation semblent être la force motrice derrière le vote du Sénat. Le projet de loi finira sur le bureau de Trump, et il devra décider à ce moment-là s'il faut signer ou non. S'il signe, cela restreindra son autonomie de décision.
 

    Concernant la dernière mesure, il est difficile de savoir si Trump a personnellement ordonné à la CIA de cesser de financer les djihadistes qui combattent Assad en Syrie, ou s'il s'agissait d'un libre choix de la CIA, motivé par d'autres projets dont nous ne savons rien. En tout cas, il semble que cela ait singulièrement agité l'État profond, qui voit maintenant ses projets de déstabilisation de la Syrie fichus à l’eau, avec Moscou contrôlant pleinement la situation et le destin de la Syrie.
 

    Le rôle de l’État profond étant de toujours plus enrichir ses membres par l’intermédiaire du complexe militaro-industriel, il lui faut en permanence des ennemis des USA (voir ma série complète 1, 2, 3 et 4). Cela nécessite de grands investissements dans l'armement et dans les services de renseignement, deux éléments capitaux de l'État profond.
 

    En termes militaires, théorie 4+1 fait allusion aux quatre principaux défis, plus un cinquième, auxquels sont confrontés les USA : Russie, Chine, Iran, Corée du Nord, et terrorisme. Avoir quatre puissants ennemis, des puissances régionales sinon mondiales, comme la Chine et la Russie, crée les conditions nécessaires pour que les USA continuent à justifier leur présence dans des régions explosives comme le Moyen-Orient, l'Asie du Sud et l'Europe de l'Est. Dans toutes ces régions, la vigilance des USA est dirigée sur l'un de ces quatre défis. Le cinquième danger, le terrorisme, agit comme un acide qui érode lentement les libertés individuelles aux USA et chez ses alliés. Il justifie leur présence permanente dans des territoires historiquement hostiles, comme le Moyen-Orient, sous couvert de combattre le terrorisme, alors qu’en fait, ils poussent en avant leurs propres objectifs géopolitiques. L’essentiel étant la nécessité pour Washington de déployer sa machine de guerre sur toute la planète, dans l'espoir d'être en mesure d'influencer chaque problème grâce au pouvoir ou à la pression politique, économique et militaire. Le jeu final consiste à prolonger le plus longtemps possible l'agonie de l’ordre mondial unipolaire dominé par les USA, en rapide déclin, plutôt qu’un ordre mondial multipolaire plus juste et raisonnable.
 

Les alliés des USA préconisent le sabotage

 

    Avec la dernière proposition du Sénat, l'État profond veut éliminer le risque que Trump puisse de sa propre initiative abroger les sanctions contre Moscou et chercher à s’entendre avec la Russie. La réconciliation avec Moscou est vue avec une défiance particulière par deux alliés principaux des USA, Israël et l'Arabie Saoudite. Aucune autre capitale n’a de lobbies aussi influents à Washington que Riyad et Tel-Aviv. Il n'est donc pas surprenant que l'État profond, constitué de beaucoup de sympathisants des Saoudiens et des Israéliens, juge positif le sabotage des relations entre Washington et Moscou. Il est très probable que les lobbies israéliens et saoudiens ont dépensé des sommes considérables pour inciter les sénateurs et les membres du Congrès à adopter cette proposition.
 

    L'Arabie saoudite et Israël ont investi énormément d'argent et de poids politique dans le renversement d’Assad, et la tournure prise par la guerre en Syrie, risque de se retourner violemment contre eux. Israël se retrouve avec un État syrien renforcé par ses alliances avec le Hezbollah, la Russie, l'Iran, le Liban et l'Irak, susceptible de rendre vains ses espoirs de chaos contrôlé dans la région. Comme Israël, l'Arabie saoudite craint de voir reconstruire l'axe chiite s'étendant à travers l'Irak et la Syrie, de l'Iran à la Méditerranée. C'est un cauchemar pour ceux qui espéraient évincer Assad, prendre le contrôle de l'Irak et finalement submerger sous leur pouvoir toute la région du Moyen-Orient. Avec l'intervention de Moscou il y a presque deux ans, renouant avec la marche victorieuse contre Daesh et le terrorisme djihadiste, Assad nettoie une grande partie de la nation et inverse la tendance négative qui menaçait d’abattre la république baathiste.
 

    Le rapprochement entre Moscou et Washington est perçu comme un danger depuis Tel-Aviv et Riyad. C’est pourquoi l’hostilité des relations entre la Russie et les USA est devenue le point de ralliement de l’alliance entre libéraux et néocons des USA, ainsi qu’entre takfiristes d’Arabie saoudite et sionistes d’Israël.
 

Conclusions

 

    L’axe opposé à tout type de rapprochement entre Moscou et Washington, avait trouvé de nombreux sponsors au sein de la classe politique européenne ; c'est-à-dire jusqu'à ce que les conséquences des nouvelles sanctions deviennent claires. Trump a répété l'objectif des USA, devenir exportateur d'énergie et vendre du gaz naturel liquéfié à ses partenaires européens. L'un des effets directs des sanctions contre la Russie est d’interdire aux Européens de collaborer avec les entreprises énergétiques russes. Cela sabote le projet de gazoduc North Stream 2 et sans doute même celui de Turkish Stream. Les réactions politiques n'ont pas manqué en Europe et, tout naturellement, l'irritation a atteint le point critique (y compris à Moscou). Il semblerait aussi que la schizophrénie soit un trait typique des politiciens de l'ancien continent. Les États baltes craignent une menace inexistante d'invasion russe, pendant que se plaignant de l'ingérence US dans leurs projets énergétiques stratégiques, l'Allemagne et l'Autriche considèrent que c’est inacceptable.
 

    Divisé et inconsistant, l’Ouest se noie sous ses propres décisions discordantes. Stupidement, Trump a d'abord essayé d'apaiser l'État profond en proposant la tête de Flynn au plus offrant. Comme cela a simplement aggravé la situation, Trump a été amené à admettre que le camp russe bien avait essayé de pirater les élections. Pour parachever le désastre, sur la foi de preuves fictives d’attaque chimique contre des civils syriens par l’armée de l’air syrienne, des missiles ont été tirés sur la base aérienne de Shayrat en Syrie.
 

    Tous ces choix ont aggravé la situation initiale de la présidence, qui n’a plus de cartouches à tirer pour résister à la pression des sénateurs pour adopter de nouvelles sanctions. Espérant obtenir une sorte de concession de l'État profond, Trump a décidé de plier et d'obéir. Cela n'a pas marché et Trump lutte désormais pour sa survie politique.
 

    Il semble à présent évident que d’une certaine manière, les sénateurs républicains font chanter Trump : Tant qu'il ne renonce pas complètement à s’entendre avec la Russie, sa promesse électorale capitale, éliminer et remplacer l’Obamacare, sera juste un rêve qui lui causera de grands torts. Dans ce contexte, semblant moins préparé à affronter les faucons de Washington, Trump semble avoir perdu cette importante bataille politique.
 

    Il reste à voir l'efficacité de l'état profond dans le sabotage des tentatives de rapprochement entre Washington et Moscou. Il se pourrait qu’il obtienne exactement l’opposé, comme cela s’est déjà vu dans les nombreux échecs des plans stratégiques de Washington. Les néocons/libéraux et leurs alliés dans la région du Moyen-Orient, continuent d'affaiblir la sécurité US en renonçant s’associer contre le terrorisme, une chose qui profiterait certainement en premier lieu aux citoyens des États-Unis et calmerait la situation dans la région. Mais là encore, le chaos est toujours le choix privilégié de l'État profond, qui vise à influencer les événements en fomentant la violence et, par ce moyen, à faire progresser ses objectifs stratégiques. Nous ne pouvons qu'espérer qu’ils ont présumé cette fois-ci de leurs chances de réussite, et que les alliés européens, ou l'administration Trump, essaieront de survivre à cette nouvelle tentative de sabotage.
 

Strategic Culture Foundation, Federico Pieraccini, 31 juillet 2017

Original : www.strategic-culture.org/news/2017/07/31/sabotaging-russia-us-relations-for-good.html
Traduction Petrus Lombard


Alter Info l'Information Alternative

Militarisation de la péninsule scandinave : Il est temps de tirer le signal d’alarme

Militarisation de la péninsule scandinave : Il est temps de tirer le signal d’alarme
 

    Beaucoup a été dit à propos de l’accumulation de moyens militaires de l'OTAN dans les pays baltes et la Pologne – que Moscou perçoit comme de l’agitation provocatrice sapant la sécurité en Europe –, alors que la militarisation progressive mais régulière de la Scandinavie, n’a suscité que peu de remarque. Ce thème ne fait pas les manchettes et n'est pas au centre du débat public, mais étape après étape, la région se transforme en base de lancement d’attaques contre la Russie.
 

    Ørland, dans le sud de la Norvège, est en train d'être agrandie pour devenir la principale base de l’armée de l’air norvégienne. Elle abritera des F-35 Lightning fabriqués aux USA. Cet avion furtif deviendra la colonne vertébrale des forces aériennes de Norvège. La Norvège en a acheté 56. Le F-35 est un avion d’attaque, pas de défense. Capables de porter des bombes nucléaires, ces avions peuvent pénétrer profondément à l’intérieur du territoire russe pour frapper.
 

    Entraîner des Norvégiens à piloter des avions capables de porte des armes nucléaires, comme les ogives planantes B61-12, constitue une violation du Traité de non-prolifération (TNP [en français]) de 1968. L'article I du TNP interdit le transfert d'armes nucléaires vers des États n’en possèdent pas : « Tout Etat doté d'armes nucléaires qui est Partie au Traité s'engage à ne transférer à qui que ce soit, ni directement ni indirectement, des armes nucléaires ou autres dispositifs nucléaires explosifs, ou le contrôle de telles armes ou de tels dispositifs explosifs… » L'article II exige que « Tout Etat non doté d'armes nucléaires qui est Partie au Traité s'engage à n'accepter de qui que ce soit, ni directement ni indirectement, le transfert d'armes nucléaires ou autres dispositifs nucléaires ou du contrôle de telles armes ou de tels dispositifs explosifs ; à ne fabriquer ni acquérir de quelque autre manière des armes nucléaires ou autres dispositifs nucléaires explosifs… » Comment la Russie peut-elle être sûre que ces avions ne portent pas d'armes nucléaires, alors qu’il n’existe aucune sorte d’accord permettant de vérifier leur conformité avec le TNP ?
 

    Ørland est située près de Værnes, la base qui héberge 330 marines US. En mai, la base a accueilli l'exercice militaire biennal de l'OTAN « Arctic Challenge Exercise 2017 », impliquant plus de 100 avions de 12 nations. C'était la première fois qu'un bombardier stratégique US (B-52H) participait à des manœuvres.
 

    Le choix de la base a été soigneusement calculé pour garder les avions hors de portée des missiles russes Iskander (500 kilomètres), mais aucun point de Norvège n'est hors de portée des missiles Kalibr installés sur navires, avions et sur le littoral.
 

    En juin, le gouvernement norvégien a annoncé avoir pris la décision de prolonger jusqu'à 2018 la rotation des forces du corps de marine US stationné à Værnes. Cette mesure contredit la politique norvégienne qui a fait ses preuves, de ne pas déployer des bases militaires étrangères dans le pays en temps de paix.
 

    De plus, en juin, les USA, le Royaume-Uni et la Norvège, ont convenu en principe de créer une coalition trilatérale construite autour de l'avion P-8 de la marine, afin d’inclure des opérations communes dans l'Atlantique Nord, près des bases russes de la Flotte du Nord.
 

    Étant tenue de collaborer avec le système de défense antimissile balistique de l'OTAN, la Norvège installera son radar Globus II/III sur l'île de Vardøya, près de la frontière russe, à quelques kilomètres de la base de sous-marins stratégiques et de frégates de classe Fridtjof Nansen, équipées d'Aegis 5. La construction du radar est en cours. Le radar de Vardøya sera capable de distinguer les vraies ogives des factices. Un autre radar situé à Svalbard (dans l’Arctique), peut aussi être utilisé par les militaires US à des fins de défense antimissile.
 

    Des forces terrestres de Norvège sont stationnées en Lituanie, dans le cadre d'une force multinationale de l'OTAN sous commandement allemand.
 

    La Suède, un proche allié de l'OTAN, a renforcé son armée en gonflant fortement les dépenses. En décembre dernier, le gouvernement suédois a demandé aux autorités municipales de préparer des infrastructures de défense civile et des procédures en cas de guerre. Cette démarche a été motivée par le retour du pays à la « Stratégie de défense totale » de l'époque de la guerre froide. En septembre 2016, 150 soldats ont été mis en service permanent sur l'île de Gotland, pour « la défendre contre la Russie ». La Suède a maintenu une garnison militaire permanente sur Gotland pendant des centaines d'années, jusqu’à 2005. L'organisme suédoise des contingences civiles a ordonné de réviser 350 bunkers civils de l'île. Ces abris sont conçus pour protéger contre l’onde de choc et le rayonnement d'explosion nucléaire, ainsi que contre les armes chimiques et biologiques.
 

    En mars, Stockholm a annoncé avoir l’intention de réintroduire le service militaire obligatoire, abandonné en 2010. La conscription entrera en vigueur le 1er janvier 2018.
 

    La Suède a fait savoir en juin qu'elle souhaite se joindre à un « Corps expéditionnaire commun » sous commandement britannique. Il en découle que la participation de la Suède à une guerre générale en Europe, est tout sauf inévitable.
 

    Ce mois-ci, l'armée suédoise a annoncé son intention de participer avec l’OTAN à sa plus grande manœuvre militaire en 20 ans. Appelé Aurora 17, cet entraînement est prévu pour septembre. Les manœuvres se dérouleront dans tout le pays, mais elles se concentreront dans la vallée de Mälardalen, la région située autour des villes de Stockholm et de Gothenberg, et sur l'île stratégique de Gotland. Plus de 19 000 soldats suédois participeront avec 1435 soldats venus des USA, 270 de Finlande, 120 de France et entre 40 et 60 de chacun des pays : Danemark, Norvège, Lituanie et Estonie.
 

    En juin, le Président Poutine a prévenu  : « Si la Suède adhère à l'OTAN, nos relations en seront affectées de manière négative, car nous considérons que l'infrastructure du bloc militaire se rapproche maintenant de nous par le flanc suédois. »
 

    En juin 2016, la Finlande a participé aux manœuvres aéronavales BALTOPS de l'OTAN. C'était la première fois que les forces de l'OTAN s’entraînaient sur le sol finlandais (dans la région côtière de Syndale). À l'époque, le ministre des Affaires étrangères russes Sergei Lavrov, avait dit à son homologue finlandais, Timo Soini, que le Kremlin prendrait des mesures non spécifiées pour répondre à l’accroissement de l'activité de l'OTAN en région Baltique. Selon Lavrov, « Nous ne cachons pas notre attitude négative à l'égard de la progression de l'infrastructure militaire de l'OTAN en direction de nos frontières, pour entraîner de nouveaux États dans les activités militaires du bloc. »
 

    Tous ces faits et événements additionnés ensemble montrent qu’en sapant la sécurité en Europe, la militarisation de la Scandinavie progresse à pas de géant. Les médias russes ne poussent pas de tollé, mais les évolutions sont surveillées de près par Moscou. En visite en Finlande le 27 juillet, le Président Poutine a fait savoir que la Russie « garde l’œil sur certaine intensification de mouvements d’avions, de navires et de troupes militaires. Pour éviter des conséquences négatives, des situations que personne ne souhaite, nous devons maintenir le dialogue. » Il a aussi souligné sa volonté de dialogue avec les pays neutres qui bordent la Baltique, comme la Finlande qui ne fait pas partie de l'alliance militaire de l'OTAN.
 

    Les faits cités ci-dessus montrent que la gravité de la situation devrait suffire à en faire la priorité du Conseil OTAN-Russie. Mais ce n'est toujours pas le cas. L'année dernière, Frank-Walter Steinmeier, l’actuel président de l'Allemagne qui était ministre des Affaires étrangères à l'époque, a descendu en flamme l'OTAN qui « joue les durs, pousse des cris de guerre » et s’adonne à des provocations militaires à proximité des frontières russes. Il a appelé en faveur d’un accord de contrôle des armements entre l'Ouest et la Russie. Quinze autres membres de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), se sont associés à l'initiative de Steinmeier : France, Italie, Autriche, Belgique, Suisse, République tchèque, Espagne, Finlande, Pays-Bas, Norvège, Roumanie, Suède, Slovaquie, Bulgarie et Portugal.
 

    En fait, l’initiative de relancer le processus de négociation n'appartient pas à l'Allemagne. La proposition russe de discuter d'un nouveau traité de sécurité européen a été rejetée par l'Ouest. L’ébauche du document a été publiée en 2009. En mars 2015, la Russie s'est dite prête à entamer des négociations sur un nouvel accord concernant le contrôle des armes conventionnelles en Europe.
 

    Moscou n'a jamais écarté l'idée de lancer des pourparlers pour résoudre le problème. Moscou y est toujours disposée aujourd’hui. Le Conseil OTAN-Russie pourrait contribuer à lancer des discussions sur la question. Il ne l'a pas encore fait. En fait, rien n'est fait pour détendre les tensions en Europe et dans la péninsule scandinave. Pendant ce temps, la situation aggrave les malentendus et exacerbe les tensions.
 

Strategic Culture Foundation, Alex Gorka, 31 juillet 2017

Original : www.strategic-culture.org/news/2017/07/31/militarization-scandinavian-peninsula-time-ring-alarm-bells.html
Traduction Petrus Lombard


Alter Info l'Information Alternative

SOS ! Nounours sur un glaçon

SOS ! Nounours sur un glaçon

Alors que le contemplais distraitement mes branchouilles de coupes de rosiers en train de se consumer gentiment, la cloche du portail agitée avec vigueur me fit sursauter. La seule personne qui respire dans un voisinage de quelques centaines de mètres à la ronde était là, l'air plutôt revêche. Elle avait humé une fumée suspecte. Horreur! du CO2 se répandait dans l'atmosphère.

Elle tendit un index accusateur en direction du petit tas de braises. Assurément, j'empoisonnais l'air qu'elle respirait. Est-ce que je n'avais pas entendu parler du réchauffement de la planète? J'étais en train d'augmenter la pollution avec mon feu criminel. Savez-vous que c'est interdit?

Son caractère querelleur est connu. Je lui tournai donc le dos, fuyant la discussion. Elle fit semblant de ne pas comprendre que c'était ma manière de lui montrer la porte. Elle continua son sermon et son indignation montait crescendo. Et la montée des eaux dans le Pacifique qui commence déjà à submerger certaines îles et les malheureux réfugiés climatiques, cela vous laisse indifférente? Je n'avais donc pas pitié des pauvres ours polaires voguant sur des morceaux d'iceberg.

 


 

Et puis, et puis... Agacée, je lui ris au nez, ce qui lui cloua le bec et la fit déguerpir.

Nous voilà brouillées à mort. Tant mieux.

Je regroupai tranquillement les cendres et les restes du petit tas de braises qui viendraient nourrir de potasse mes futures courgettes. L'écologie est sauve. Ouf.

 

*

Ce petit incident m'a permis de comprendre à quel point une croyance aussi puissante qu'une religion est en marche. Tout y est, manque de discernement et d'esprit critique, psittacisme, certitude en béton armé. Les fidèles de la nouvelle religion sont farouchement persuadés que les discours des politiciens et de leurs relais médiatiques sont porteurs de LA vérité. Du coup, des armées de Torquemada fanatiques sont prêts à condamner tout hérétique au bûcher à la moindre déviation par rapport à la doxa officielle. L'inquisition est en marche.

L'instillation de la peur dans l'esprit des masses est un moteur capital de la politique. C'est l'arme préférée des gouvernants. Comme l'écrivait le journaliste américain Henry-Louis Mencken (1880-1956): "Tout l'objectif de la pratique politique est de faire en sorte que la populace ait, en permanence, quelque chose à redouter et donc qu'elle réclame bruyamment qu'on assure sa sécurité. On lui fait croire à toutes sortes de menaces et de maléfices, la plupart imaginaires".

Comme il est facile de faire avaler aux masses n'importe quelle baliverne. Un zeste d'émotion, une bonne dose de terreur sous la forme de prévisions apocalyptiques, une campagne médiatique efficace et répétitive et l'affaire est dans le sac.

C'est ainsi que la revue américaine Nation a publié le 18 avril 2017, un article de Juan Cole sous le titre : Cet autre gaz toxique qui tue des Syriens: les émissions de dioxyde de carbone. "Si Trump et ses sbires s'intéressaient vraiment aux enfants tués par des gaz toxiques, ils n'essaieraient pas de rejeter plus encore de CO2 dans l'atmosphère." (https://www.thenation.com/article/the-other-poison-gas-killing-syrians-carbon-dioxide-emissions)

Ciel, on reste sans voix face une telle dose de stupidité. Tant que les petits Syriens n'auraient à se protéger que du CO2 et pas des gaz méphitiques que le pays de M. Cole livre aux coupeurs de têtes anthropophages, nous serions pleinement rassurés pour eux. Mais, hélas, c'est bien la politique imposée à la Syrie par les Juan Cole américains qui nous fait trembler pour les enfants syriens.

Le lavage de cerveau de certains éditorialistes américains fonctionne donc à merveille et cela d'autant mieux qu'ils semblent ignorer que le CO2 n'est nullement un gaz toxique (à ne pas confondre avec CO). Bien au contraire, il est absolument essentiel à la vie sur terre. Sans CO2, pas d'arbres, pas de végétation, pas de micro-organismes…donc pas d'humains. D'ailleurs les scientifiques révèlent que durant certaines périodes glaciales, le taux de CO2 était trois à quatre fois supérieur à celui mesuré aujourd'hui, ce qui disculpe irréfutablement ce gaz des méfaits qui lui sont imputés.

Le CO2 est une molécule indispensable à la vie sur terre et elle existait dans la nature avant l'apparition de l'homme. Or, il est dorénavant si bien considéré comme un poison par les "réchauffistes" qu'ils oublient d'expliquer que tous les gaz composés de plus de trois atomes - ou de deux atomes s'ils sont différents - participent peu ou prou à un effet de serre, à commencer par la vapeur d'eau, dans la mesure où ils absorbent le rayonnement infra rouge.

Mais la nature, dont nous ignorons 90% de son mécanisme, semble absorber parfaitement les petites différences induites par l'activité humaine. Dans l'analyse des prétendus changements climatiques anthropiques des alarmistes professionnels, rien sur l'existence et les cheminements des courants marins, pourquoi des courants chauds et des courants froids; rien sur le mystère de l'apparition et la périodicité d'El Nino ou de la Nina; rien sur le mystère de leur circuit et sur celui leur disparition; rien sur l'énigme des différences de salinité entre des couches de l'eau de mer; rien sur le mystère de l'existence et sur les déplacements des zones de hautes et de basses pressions et sur le régime des vents qui en est la conséquence; et surtout rien sur le fonctionnement du soleil , sur son activité, sur les causes de la présence des taches, sur l'influence que peuvent avoir sur notre planète les orages magnétiques et les violentes explosions observées sur sa couronne; rien sur l'influence du cycle de onze ans de cet astre sur les températures terrestres, sur la couverture nuageuse et sur les vents de la stratosphère, ainsi que sur leur impact sur la troposphère.

Or, on sait que les périodes d'activité solaire "minimale" ont correspondu à la période appelée "petit âge glaciaire" des XVIe-XVIIe siècle. Mais , nos réchauffistes anthropiques, le nez collé sur le guidon au lieu de regarder le ciel, ne jurent que par les gaz à effet de serre d'origine carbonée et ils clament sans complexe que le réchauffement - si réchauffement il y aura, ce qui est loin d'être assuré - que le réchauffement donc sera bloqué si la concentration de gaz à effet de serre, et principalement de CO2, aura "diminué de 40 à 70% entre 2010 et 2050, et devra disparaitre d'ici 2100", afin d'ajouter une louche de terreur à leur potage.

On sait depuis l'enseignement de Socrate transmis par Platon que c'est toujours sous forme de savoir que se présente l'ignorance. Les réchauffistes anthropiques sont une incarnation saisissante de leur arrogante prétention - ou de leur cynisme.

Je reviendrai à la fin du texte sur les causes véritables de leur acharnement sur le malheureux CO2.

Et d'ici là tous les moyens de basse démagogie sont utilisés. Ah, le poncif des ours polaires ! Le malin Al Gore est le génial initiateur de la campagne ciblant le danger que courraient les si mignons ours polaires à cause d'un réchauffement climatique dont nous serions coupables. L'image d'un ours blanc juché sur un morceau de banquise à la dérive, c'est lui, c'était une idée lumineuse du staff d'Al Gore.

 


 

Ce pauvre nounours cramponné à son glaçon en a fait pleurer plus d'un dans les chaumières. Mais rien de plus simple que de réaliser une image parfaite avec Photoshop! D'ailleurs, personne ne s'est demandé où se trouvait le photographe de la jolie image, si bien cadrée, toujours la même, abondamment reprise par tous les médias. Elle est censée illustrer l'horrible catastrophe d'une pauvre bête qui allait mourir de faim sur son glaçon.

Or, tout éthologiste connaisseur de ce mammifère parfaitement adapté à son environnement, sait que les ours polaires peuvent nager sans difficulté deux cents kilomètres et qu'ils ne sont nullement gênés par une diminution, d'ailleurs saisonnière, de la glace polaire. S'il arrivait, dans la vraie vie, qu'un ours facétieux, un ours en chair, en os et en poils, réussisse à grimper sur un morceau de banquise à la dérive, ce ne peut être que par plaisir ou parce que son instinct lui a fait juger ce promontoire particulièrement propice à la chasse.

La population d'ours blancs, avait diminué, mais pas du tout à cause de la fonte saisonnière de la banquise, mais en raison d'une chasse intensive. Elle a si bien ré-augmenté que la traque est de nouveau ouverte à l'encontre de cette pauvre bête et aucun écolo-verdâtre ne réagit à ce massacre.

Al Gore, ex-vice-président des Etats-Unis, initiateur et gourou du réchauffement climatique - mais derrière lequel avance Goldman-Sachs - est bien à l'origine de l'hystérie qui a envahi la planète avec son documentaire Une vérité qui dérange (2006).

L'apocalypse était censée pour demain: la fonte d'un gigantesque glacier du Groenland, la banquise tant en arctique qu'en antarctique allaient fondre comme un esquimeau chocolaté sous l'équateur et augmenter le niveau global de la mer de... six mètres, pas moins - la hauteur d'un immeuble de deux étages! Les côtes de l'Europe et de l'Amérique sous les eaux, des millions de "réfugiés climatiques" en Europe même, le Gulf Stream refroidi par l'apport de toute cette eau glaciale. Tous ces malheurs en chaîne créeraient une situation dramatique dans les Etats côtiers du Vieux Monde .

Bref, le scénario du film Le jour d'après, qui décrit la catastrophe de New-York submergée par la glace. Ainsi, à en croire le pape de la religion du réchauffisme, le réchauffement du climat …produirait un froid glaciaire!

Et la faute à qui et à quoi ?A l'homme et à son usage des énergies fossiles qui produisent du CO2. Diminuons donc les rejets de ce pelé, de ce galeux. Il ne reste que "très peu de temps" pour agir pour la planète reprennent en écho afficionados du GIEC. Mais "nous avons les moyens de limiter le changement climatique", estime aujourd'hui encore Rajendra Kumar Pachauri, l'actuel président du Groupement intergouvernemental de recherche sur le climat, le complice et la caution "scientifique" d'Al Gore, avec lequel il a partagé le prix Nobel de la paix en 2007.

Tout cet échafaudage repose sur des "modèles" climatiques, des courbes et des graphiques d'apparence irréfutable. Mais, en douce, les réchauffistes prennent soin d'écarter les données qui ne confirment pas la doxa officielle. Ils se livrent même à des "ajustements" subreptices afin de maintenir le principe que nous vivons un réchauffement "sans précédent", afin de maintenir la pression sur les gouvernants et le bon peuple qui n'imaginent pas qu'il pourrait y avoir une intention malfaisante dans un organisme officiel parrainé par l'ONU.

Et pourtant...

Comme l'a révélé le Climategate bienvenu, la tricherie est partout. Un grand nombre de courriers électroniques envoyés par divers scientifiques "climato-alarmistes" ont été révélés. Mais la presse officielle s'est d'une timidité remarquable dans la couverture de révélations fracassantes.

Et pourtant...

On voit alors tous ces gourous réchauffistes discuter entre eux sur la meilleure façon de supprimer les opinions différentes des leurs. Ils demandent comment faire disparaître les observations qui les gênent. Ils complotent sur les procédés les plus efficaces destinés à intimider les éditeurs de revues scientifiques. Ils se demandent même comment manipuler les données d'observation.

L'objectif est clair: il s'agit d'être le plus terrifiant possible et de supprimer tout ce qui ne confirme pas leur pseudo théorie. Il n'en demeure pas moins qu'il s'agit de graves escroqueries à la fois scientifiques et politiques dont les conséquences sont dramatiques sur la carrière des chercheurs honnêtes, ainsi que sur les décisions politiques et économiques des Etats. Les manipulateurs auraient mérité d'être traînés devant les tribunaux. Mais rien.

Contrairement aux prévisions des "modèles" du GIEC, les variations constatées du niveau de la mer sont infimes et peuvent être causées par des modifications normales du niveau du sol, par une activité volcanique ou par un tremblement de terre. La preuve qu'il n'y a aucun danger à ce sujet, c'est qu'Al Gore a lourdement investi dans des propriétés en bord de mer et qu'il fait donc fi de sa propre propagande alarmiste de montée des eaux!

Toujours dans le même objectif de terroriser les populations, il s'agit pour le synode des réchauffistes d'attribuer au "réchauffement climatique anthropique" la responsabilité des tornades, des ouragans, des sécheresses, des inondations (Katrina, snif !), un printemps trop chaud, un été trop froid, alors que les scientifiques honnêtes relèvent que ces évènements ont toujours existé et n'ont rien à voir avec le CO2 rejeté par l'activité humaine. A les entendre, le réchauffement climatique serait la cause de tout et de n'importe quoi.

Comme le disait avec humour Vladimir Poutine, un peu de réchauffement ne nous déplairait pas. Il disait aussi que le climat obéit à des variations cycliques et que les hommes n'y peuvent rien.

Et pourtant, contrairement à Donald Trump, il ne s'est pas opposé aux conclusions de la grand messe de la COP21 présidée par un Laurent Fabius plus bouffi de prétention que jamais, n'ayant, évidemment aucune compétence scientifique en la matière et n'ayant pas cherché à en acquérir.

La Russie comprend qu'il est impossible d'arrêter un torrent furieux et qu'il arrivera un moment où le principe de réalité prévaudra. "Il faut savoir hurler avec les loups", écrivait Plaute. Sagesse reprise par notre Corneille:

Une vertu parfaite a besoin de prudence
Et doit considérer, pour son propre intérêt
Et les temps où l'on vit et les lieux où l'on est.

Contrairement aux prévisions alarmistes du GIEC, la température moyenne annuelle globale est stable depuis 1997, pas la moindre trace de réchauffement. Les niveaux océaniques n'ont monté que d'un millimètre et demi, ce qui est insignifiant et ne peut être attribué à aucune cause réellement isolable. Quant à la banquise australe, elle atteint des records de superficie. La somme des surfaces des deux banquises est à peu de chose près constante, même si la banquise boréale a légèrement et momentanément diminué.

Nous voilà pleinement rassurés pour les ours blancs... si les chasseurs de fourrure leur prêtent vie.

 

*

 

J'en viens à la géniale invention des financiers: la taxe carbone.

a

On entre cette fois dans le dur de l'opération.

En effet, l'escroquerie ne serait pas complète si elle n'avait pas débouché sur des manipulations financières. Je passe sur les magouilles de telle ou telle équipe de fricoteurs notamment du "milieu affairiste franco-israélien", qui en 2009 ont exploité "trois failles originelles ", qu'ils ont immédiatement reniflées, du système d'échange européen de droits à polluer sous la forme de bricolage sur la rétention de la TVA.

Un cerveau de l'une de ces escroqueries s'était candidement étonné: "La faille du système était énorme. Je me demande toujours comment des États ont pu mettre en place un machin pareil ". Les Etats devraient toujours prendre les filous pour conseillers. Les failles, ils ne vivent que de ça et ils sont infaillibles à les détecter.

Mais il est un escroc qui est loin d'être un pied nickelé, je parle d'Al Gore. Non content d'être à l'origine d'une hystérie climatique, habilement créée, alimentée, gonflée, entretenue avec une efficacité diabolique, ce pape du réchauffisme a réussi l'exploit de s'enrichir d'une manière phénoménale via des placements judicieux dans des entreprises qui bénéficient de la législation mise en place par la bourse américaine du carbone.

A partir du moment où les cours de la tonne carbone sont cotés en bourse, l'enfance de l'art a été de séduire suffisamment de complices bien placés afin de se constituer en une sorte de maffia parfaitement honorable en apparence. Ils ont alors pu utiliser leurs nombreux et bienveillants contacts dans les médias afin de diffuser des informations tantôt optimistes, tantôt pessimistes sur l'évolution des données climatiques grossièrement falsifiées. Une machination de haut niveau des cours de la tonne de carbone échangée sur le marché du Chicago Climate eXchange a permis à Al Gore, détenteur d'une part importante des fonds spéculatifs de ce marché, de réaliser de juteuses transactions à terme.

Dans cette escroquerie à plusieurs millions de dollars on trouve les habituels escrocs de Goldman Sachs qui sont à l'origine de la grande crise des subprimes de 2008, David Bloom son ex-directeur et surtout Henri Paulson, qui sera nommé Secrétaire du trésor des Etats-Unis et qui, en récompense des malversations des banquiers et sous le prétexte d'assurer le "sauvetage" de l'économie américaine (le plan Paulson), avait offert aux banques un bonus de sept cents milliards (je dis bien 700 milliards) dont elles refuseront de justifier l'utilisation

Voir L'agonie du dieu dollar .

Dans l'affaire de la cotation boursière de la taxe carbone, la même fine équipe était à l'œuvre.

C'est ainsi que, grâce à une efficace propagande sur une panique artificielle provoquée par un réchauffement climatique anthropique imaginaire, panique gérée avec astuce, persévérance et bénéficiant de complicités mondiales aussi nombreuses que diverses, on devient milliardaire.

a

 


Alter Info l'Information Alternative

L’armée syrienne affrontait l’EI longtemps avant que les Américains ne tirent leur premier missile

L'armée syrienne affrontait l’EI longtemps avant que les Américains ne tirent leur premier missile
L'armée syrienne affrontait l’EI longtemps avant que les Américains ne tirent leur premier missile
Robert Fisk, The Independent
 
Les survivants de cette armée et leurs familles vont vouloir que leur sacrifice soit reconnu et même récompensé
 
 fouad-fisk.jpg
 
Un an jour pour jour avant sa mort, le général Fouad Khadour est assis dans son quartier général à l'extérieur de Palmyre. Nelofer Pazira
 
Je n'aime pas les armées. Ce sont des institutions dangereuses. Les soldats ne sont pas des héros juste parce qu'ils se battent. Et je suis fatigué de répéter que ceux qui vivent par l'épée pourraient bien aussi mourir par l’épée. Mais si on compare les  40 000 civils tués à Mossoul par les Américains, les Irakiens et l’EI au cours des douze derniers mois, aux 50 000 civils abattus par les Mongols au XIIIe siècle à Alep – et que l’on se rend compte que l’influence des droits humains sur les aviateurs américains, la brutalité irakienne, et le sadisme de l’EI, n’a permis d’obtenir qu’une diminution de 10 000 morts  par rapport aux hordes mongoles - la mort semble parfois avoir perdu son sens.
 
Sauf quand on connait les victimes ou leurs familles. J'ai un ami dont la mère a été assassinée à Damas, dans le faubourg de Harasta, au début de la guerre syrienne, un autre dont le beau-frère a été enlevé à l'est de la ville et n’a jamais été retrouvé. J'ai rencontré une petite fille dont la mère et le petit frère ont été abattus par des tueurs d’al-Nosra dans la ville de Jisr al-Shughour, et un Libanais qui croit que son neveu a été pendu dans une prison syrienne. Et puis, ce mois-ci, dans le désert syrien oriental, près du village d'al-Arak, aux cabanes balayées par la poussière, un soldat syrien que je connaissais, a été tué par l’EI.
 
C’était, bien sûr, un soldat de l'armée du régime syrien. Il était général d’une armée constamment accusée de crimes de guerre par la même nation, les États-Unis, dont les frappes aériennes ont si généreusement contribué au massacre épouvantable de Mossoul. Mais le général Fouad Khadour était un soldat professionnel et il défendait les champs de pétrole de l'est de la Syrie : les joyaux de la couronne de l'économie syrienne. L’EI voulait s’en emparer et c’est pour ça qu’ils ont tué Khadour. La guerre dans le désert n'est pas une guerre sale comme tant des attaques perpétrées en Syrie. Quand j'ai rencontré le général à l'ouest de Palmyre, l’EI venait de conquérir l'ancienne ville romaine et de trancher, en public, la tête des civils, des soldats et des fonctionnaires qui n'avaient pas réussi à fuir.
 
Un an auparavant, le fils du général, également soldat, avait été tué en se battant à Homs. Fouad Khadour a simplement fait oui de la tête quand je l'ai mentionné. Il voulait parler de la guerre dans les montagnes brûlées par le soleil du sud de Palmyre, où il enseignait à ses soldats à se battre contre les attaques suicides de l’EI, à défendre leurs positions isolées autour de la station de pompage et de transmission électrique où il était basé, et à sauver les pipelines T4 sur la route de Homs. Les Américains, qui proclamaient que l’EI était une force « apocalyptique », se sont moqués de l'armée syrienne qui, selon eux, ne se battait pas contre l’EI. Mais Khadour et ses hommes combattaient l’EI bien avant que les Américains ne tirent de missile, et ils ont appris la seule leçon que les soldats peuvent apprendre lorsqu'ils sont confrontés à un ennemi aussi horrible: ne pas avoir peur.
 
Khadour a reconnu avoir eu de grosses pertes. Puis il m’a raconté, avec un calme horrifié comment, lors d'une attaque sur un groupe de grottes dans les montagnes, ses soldats avaient trouvé des vêtements de femmes laissés derrière par l’EI. Je ne comprends pas, ai-je dit. « Moi non plus je ne comprenais pas » répondit le général, « puis nous avons réalisé qu'ils appartenaient probablement aux esclaves sexuelles Yezidis que Daesh avaient enlevées en Irak ».
 
Par la suite, les Syriens, soutenus par de massives attaques aériennes russes contre l’EI, sont revenus à Palmyre et ont repris la ville, et j’ai à nouveau rencontré le général Khadour dans la bicoque en béton, située entre un château Mamelouke du XIIIe siècle et une chaîne de montagnes, qui lui servait de quartier général. Il avait conduit ses soldats dans Palmyre sous de constants tirs de mortier. Beaucoup d'entre eux étaient morts en marchant sur les mines que l’EI avait habilement placées sous des chemins de terre apparemment fréquentés. Khadour avait lui-même été blessé par des éclats de mines, même s'il faisait plus de cas des scorpions qui venaient le piquer la nuit dans sa cabane de béton.
 
Il était également indigné par les médias. « Une équipe de télévision est venu à Palmyre après la bataille », m’a-t-il dit, « et le journaliste nous a demandé de reconstituer les combats pour pouvoir dire qu’il était là pendant qu’ils avaient lieu ! » Et il secoua la tête tristement. Ce n'était pas une équipe de télévision occidentale, a-t-il ajouté. Il m’a dit que la guerre allait continuer, qu'il y avait encore beaucoup de combats à mener dans le désert. Nous avons pris une photo de lui assis en treillis dans la chaleur du désert près d'un écran de camouflage déchiré. Il avait l'air de bonne humeur, fatigué peut-être, un homme qui avait beaucoup appris sur le désert. Il lui restait exactement un an à vivre.
 
L’EI est revenu à Palmyre et a été repoussé une fois de plus et quelques mois plus tard, a commencé la grande bataille pour repousser Isis vers l'Euphrate. Je voulais parler à Khadour à nouveau. Il se battait maintenant à l'est de Palmyre dans les collines autour d'al-Arak. Un ami l'a appelé, alors qu’il prenait un bref congé, chez lui, près de Lattakia - oui, c’était un alaouite tandis que la plupart de ses hommes étaient des musulmans sunnites -, pour lui dire que je voulais le voir. Il ne lui restait plus que deux jours à vivre.
 
L'officier supérieur de Khadour portait le même nom de famille – c’était le général Mohamed Khadour, qui commande toute la région militaire de l'est - bien qu'ils ne soient pas de la même famille. Il m'a emmené dans les collines où Khadour a été tué. Voici ce qu’il m’a dit : «  Un collègue et moi-même parlions au téléphone à Fouad là où il était attaqué près du champ [de pétrole] Ramamin et nous sommes allés le voir pour parler de l'opération. Nous l'avons vu sur une colline en train d’organiser ses troupes à al-Arak. Il s'est dirigé vers la route où nous nous étions arrêtés et l’EI tirait des mortiers qui ont atterri près de nous. Ils savaient sur qui ils tiraient. Nous avons donné nos plans à Fouad. J'ai dit que nous devrions évacuer temporairement cette zone. Quand nous sommes remontés dans notre véhicule, Fouad est venu pour nous dire au revoir. Mais juste après notre départ, un réservoir de pétrole a explosé à côté de lui. Nous avons appris qu'il avait été touché à la main. J'ai essayé de l'appeler sur son téléphone et il a essayé de me répondre mais il n’arrivait pas à parler. Je voyais qu’il était en ligne parce que son nom était inscrit sur l'écran de mon téléphone. Ils l'ont amené à l'hôpital, il continuait à dire : « C'est juste ma main » et il était tout à fait conscient. Mais ils ont découvert qu'un éclat d'obus était entré dans son corps et avait transpercé ses poumons. Et puis son état s’est détérioré, sa respiration a commencé à faiblir et, une heure plus tard, il était mort. C’était un héros et un homme très courageux. »
 
Les ennemis du régime le nieront - car ils maudissent toute l'armée d'Assad - mais le fait est que le général Fouad Khadour est mort en combattant la même idéologie meurtrière que la Russie, l'Amérique et la France et d'innombrables pays Occidentaux considèrent comme leur pire ennemi. Le fait que tant d'armes de l’EI proviennent de l’Occident – comme me l’ont répété aussi bien le général Khadour vivant que le général Khadour mort – donne un tour cruellement ironique à cette histoire. Le tank qui a tiré sur Fouad Khadour était peut-être un tank syrien capturé au début de la guerre - ou un Abrams américain pris par l’EI à Mossoul en 2014 et amené en Syrie comme beaucoup d'autres tanks américains.
 
Mais la mort de Fouad Khadour signifie autre chose. C’est la perte d’un officier supérieur expérimenté de plus dans une armée qui a perdu environ 74 000 soldats. Il y a en effet beaucoup d’officiers parmi les soldats morts, parce que les commandants de terrain en Syrie sont en première ligne. Un autre officier supérieur a été tué lors d'un cessez-le-feu qui a échoué à Alep il y a deux semaines. J'ai rencontré un colonel syrien à Alep ce mois-ci qui, après mure réflexion, m’a dit que 200 personnes qu'il connaissait personnellement avaient été tuées dans la guerre, la plupart des soldats, et parmi eux son oncle. Les survivants de cette armée et leurs familles - s'ils « gagnent » cette guerre et si une victoire claire est possible quand autant de puissances étrangères sont impliquées, voudront que leur sacrifice soit reconnu et même récompensé.
 
L'importance de l'armée syrienne augmente chaque jour. Ce n'est plus la force armée corrompue et corruptrice qui a pourri au Liban pendant 29 ans, ni la force armée mal entraînée qui s’est confrontée à l'insurrection, au début, quand ses propres soldats faisaient défection. C'est maintenant l'armée arabe la plus aguerrie du Moyen-Orient, plus que l’armée irakienne qui a beaucoup moins de soldats professionnels.
 
Et c'est l'armée syrienne qui devra reconstruire la Syrie. Le général Fouad Khadour - et sa mort - font donc partie du futur autant que du passé de la Syrie.
 
The Syrian army were standing up to Isis long before the Americans ever fired a missile
 

Alter Info l'Information Alternative